Agatha Raisin enquête – Tome 2 – Remède de cheval : M.C Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 2 – Remède de cheval

Auteur : M.C Beaton (Marion Chesney)
Édition : Albin Michel (01/06/2016)

Résumé :
Après la pluie, le beau temps ! Agatha Raisin est désormais bien installée dans son cottage de Carsely en compagnie de ses deux chats.

Cerise sur le pudding, le nouveau vétérinaire du village ne semble pas insensible à ses charmes.

Quand le beau véto succombe à une injection de tranquillisant destinée à un cheval rétif, la police locale conclut à un malencontreux accident.

Mais pour Agatha, dont le flair a permis de résoudre l’affaire de La Quiche fatale, il s’agit bien d’un meurtre. A l’étonnement de tous, le séduisant colonel James Lacey partage pour une fois l’avis de son entreprenante voisine.

Et nos deux détectives-amateurs se lancent dans une enquête bien plus périlleuse qu’ils ne l’imaginaient…

Critique :
Lire Agatha Raisin, c’est comme manger un paquet de chips : on sait que ce n’est pas de la véritable nourriture, mais on ne peut s’empêcher de retourner dans le paquet….

Certes, la mère Agatha est moins mauvaise pour la santé que les chips, mais ce n’est pas avec ce genre de lecture que vous allez vous nourrir intellectuellement.

C’est gras, riche en calories, et j’adore, tout simplement car c’est une lecture parfaite pour les vacances, lorsqu’on est au bord de la piscine à se faire rôtir la couenne.

Agatha ne change pas vraiment, elle est toujours aussi râleuse, jalouse, mal élevée, elle dit tout haut ce que d’autres auraient le bon sens de penser tout bas et elle n’hésite pas à mettre les deux pieds dans le plat.

Pourtant, notre quinquagénaire a déjà fait des efforts depuis qu’elle s’est installée dans les Costwolds et dans un charmant petit village où je pense que je me ferais chier comme un rat mort. Un peu comme Agatha, sauf qu’elle s’adapte tout de même à cette vie de village et des réunions des dames de la paroisse.

Ça se lit vite, très vite, d’une traite, avec un petit sourire durant sa lecture en découvrant les péripéties de notre chère Agatha qui a la diplomatie d’un éléphant éternuant dans un petit magasin de porcelaine.

Et puis, la voir se comporter comme une collégienne en chaleur devant son beau et séduisant voisin, James Lacey, se faire des films en s’imaginant l’épouser, l’embrasser, ou plus, si affinités.

Pas de bol, le séduisant militaire retraité est plus tenté pour jouer au Sherlock Holmes qu’au Rocco Sifredi…

Alors oui, ce n’est pas de la grande littérature, ni pour autant de la littérature de gare parce que c’est tout de même bien fichu, les personnages sont plaisants, Agatha sort de l’ordinaire, elle a un caractère à la Angela Merkel un soir de discussion importante lors d’un sommet européen, elle ne lâche rien, elle fonce bille en tête et c’est  pour cela qu’on l’adore, sans aucun doute.

Une lecture fort plaisante qui rempli son rôle : faire passer au lecteur un moment de détente fort agréable, sans se prendre la tête, les doigts de pieds en éventail et un ou deux mojitos à portée de main.

 

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Autopsie – Tome 1 – Whitechapel : Kerri Maniscalco

Titre : Autopsie – Tome 1 – Whitechapel

Auteur : Kerri Maniscalco
Édition : Milan (18/01/2017)

Résumé :
Audrey-Rose a toujours vécu dans l’opulence et le bonheur jusqu’à la mort de sa mère. Depuis, malgré la compagnie de sa tante et ses robes en soie, la jeune fille mène une vie secrète.

Contre l’avis de son père et les attentes de la haute société, Audrey-Rose passe beaucoup de temps dans le laboratoire de son oncle pour étudier la médecine légale, en compagnie de Thomas, un apprenti charmant, intelligent mais méprisant.

Elle passe ainsi ses après-midi à disséquer et à lire à travers les corps humains. Mais une série de meurtres perpétrés par un certain Jack l’Éventreur à Whitechapel vont l’accaparer.

Chaque corps est mutilé et les crimes sont de plus en plus horribles. Audrey-Rose et Thomas vont enquêter afin de découvrir le meurtrier…

Critique :
Comment arriver à écrire un roman rempli de fraicheur lorsque l’histoire se déroule dans une morgue où arrivent les victimes du célèbre Jack The Ripper ?

On pourrait penser que les pages vont être remplies de relents de corps en décomposition et d’odeurs de putréfaction des viscères…

Il n’en fut rien, et je me suis même surprise à pouffer de temps de rire avec les pensées ou répliques de l’héroïne, Audrey Rose Wadsworth, jeune fille qui, contrairement à ce que pourrait penser la gent masculine, possède un cerveau et sait l’utiliser.

Elle, sa difficulté est de concilier ses envies de découper des corps dans le cabinet de médecine légale de son oncle, alors qu’elle est une jeune fille de bonne famille et que son paternel a d’autres projets pour elle.

Ajoutons aussi la difficulté de se concentrer lorsque son tonton travaille avec un de ses étudiants, Thomas, un beau brun ténébreux qui a tout du fils de Sherlock Holmes tant il est aisé avec l’art des déductions et surprendra plusieurs fois la belle Audrey Rose en lui donnant l’impression qu’il a lu dans ses pensées.

Et pendant qu’elle ne sait pas trop si il lui fait de l’effet ou pas, un sinistre personnage s’en prend aux prostituées, les mutile, avant qu’elle ne se fassent découper dans la morgue de Tonton Wadsworth, aidé de sa charmante nièce.

Si l’écriture est assez simple, elle n’a rien de simpliste et on s’immerge très vite dans le Londres de 1888, même sans devoir avoir recours au bon vieux smog et autres phénomènes climatologiques qui font le charme de Londres.

Par contre, pour ce qui est de la description des toilettes de ses dames, nous en avons pour nos sous, sans pour autant que Audrey Rose et les autres ne nous parlent que de chiffons et de robes à la mode dans les salons de thé.

Les personnages sont agréables à suivre, on se pique d’amitié pour eux, surtout pour Thomas qui, sous ses dehors de vaniteux et de prétentieux cache quelques blessures. J’avoue que j’aurais bien craqué pour lui aussi, mais moi, n’étant pas sous le joug des principes de la bonne société victorienne, je lui aurais sauté dessus !

Niveau crimes de celui que la presse surnomma Jack The Ripper (après réception de lettres dont nous n’aurons jamais la certitude qu’elles étaient de sa main), ils sont presque copies conformes des vrais, l’auteur ayant pris quelques libertés avec la réalité pour qu’elle colle avec son récit de fiction (il s’en explique à la fin).

Sans devenir LE romans de l’année, ce polar victorien avait tout pour me plaire et il a rempli son office en me donnant quelques heures de lecture qui m’ont emportées ailleurs, dans un Londres qui souffrait aussi dans sa chair, comme celui de notre époque contemporaine, vu les dernières actualités tragiques de ce mois de juin.

Mais au moins, durant ces heures, je ne pensais plus qu’à l’enquête d’Audrey Rose et de Thomas, arpentant, en leur compagnie, quelques ruelles sombres ou de beaux parcs lumineux, ou carrément l’asile de Bedlam, portant des jolies toilettes à la mode, buvant du thé avant de disséquer un cadavre, me laissant séduire par le beau jeune homme tout en prenant des cours de médecine légale.

Si l’on veut un récit policier bien ficelé (même si j’avais compris qui était le tueur), qui n’a rien de glauque, en apprendre plus sur les balbutiements de la médecine légale, du féminisme, de la place de la femme dans cette société où nous avions autant de droit qu’un enfant de 12 ans… Alors, ce roman est fait pour vous !

Lorsque le tome 2 sortira, je foncerai à la librairie pour me l’offrir car je ne m’étais pas trompée en tombant dessus au détour d’un rayon.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Hôtel Transylvanie 1 [Films Animation]

Hôtel Transylvanie (titre original : Hotel Transylvania) est un film américain réalisé par Genndy Tartakovsky, sorti en 2012.

Fiche technique :

  • Titre original : Hotel Transylvania
  • Titre français : Hôtel Transylvanie
  • Réalisation : Genndy Tartakovsky
  • Scénario : Peter Baynham et Robert Smigel, d’après une histoire de Todd Durham, Dan Hageman et Kevin Hageman

Synopsis : Bienvenue à l’Hôtel Transylvanie, le somptueux hôtel de Dracula, où les monstres et leurs familles peuvent enfin vivre leur vie, se détendre et faire « monstrueusement » la fête comme ils en ont envie sans être embêtés par les humains.

Pour l’anniversaire de sa fille, la jeune Mavis, qui fête ses 118 printemps, Dracula invite les plus célèbres monstres du monde – Frankenstein et sa femme, la Momie, l’Homme Invisible, une famille de loups-garous, et bien d’autres encore…

Tout se passe très bien, jusqu’à ce qu’un humain débarque par hasard à l’hôtel et se lie d’amitié avec Mavis…

Ce que j’en ai pensé : Les mauvais coucheurs vous diront que c’est téléphoné, trop sucré, trop rempli de bons sentiments sur l’acceptation des autres et de la tolérance. Bref, certains pourraient trouver ça niais ou que la relation romantique entre notre jeune touriste américain et la fille chérie du comte Dracula est sans alchimie.

Moi, je laisse les mauvais coucheurs dehors et je vous dit, sans mentir, que j’adore voir et revoir ce film d’animation. Oui, les situations sont du déjà-vu, mais la mise en scène me fait rire et me divertit, ce qui me comble de joie lorsque j’ai le moral en baisse.

Dracula a une fille, il la chérit plus que tout, lui interdisant même d’aller voir le monde qui l’entoure, allant mêle jusqu’à lui en brosser un portrait peu flatteur, quitte à mentir ou travestir la réalité.

Alors, quand un jeune touriste américain débarque dans l’Hôtel réservé à des monstres, le jour de l’anniversaire de la fille chérie, pensez bien que ça va foutre un bordel pas possible.

Situations cocasses, dialogues au poil et quiproquos drôles et marrants.

Voir ce vampire de père faire tout pour que sa fille ne sache pas que cet étrange arrivant est un humain et ensuite, éviter qu’elle ne tombe amoureuse de cet humain qu’elle prend pour un monstre est cocasse et me fait toujours passer du bon temps.

Les codes du fantastiques sont tous présent, mais inversés puisque ici, ce sont les êtres humains qui sont les monstres.

Bref, on est toujours le monstre d’un autre.

Alors, même si tout est cousu de fil blanc, voir ce dessin animé est toujours un plaisir, surtout les petits détails dans le grand hall de l’Hôtel (genre le petit loup-garou qui pisse au fauteuil, le couple de puce qui passe sa nuit de noce, les armures qui se déglinguent et les têtes coupées faites par les Jivaros…).

J’aime aussi le changement qui s’opère dans ce père : lui qui n’aime que s’amuser calmement, le jeune Jonathan va lui montrer comment se marrer avec des tables et l’amener progressivement à changer.

Oui, j’adore regarder ce film d’animation lorsque je suis crevée et que mon cerveau ressemble à de la gelée de groseille. J’en ai toute une collection, et un jour, si vous êtes sage, je vous parlerai de la quadrilogie de Ice Age !

Le Challenge Halloween chez Lou & Hilde et Le « Challenge US » chez Noctembule.

CHALLENGE - US

Une terre d’ombre : Ron Rash

Titre : Une terre d’ombre                                          big_5

Auteur : Ron Rash
Édition : du Seuil (2014)

Résumé :
Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère — revenu de la Première Guerre mondiale amputé d’une main —, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d’un vallon encaissé que les habitants de la ville considèrent comme maudit : rien n’y pousse et les malheurs s’y accumulent.

Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu’une sorcière.

Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d’une flûte en argent.

L’action va inexorablement glisser de l’émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l’ignorance et à la peur d’une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre.

La splendeur de la nature, le silence et la musique apportent un contrepoint sensible à l’intolérance, à la xénophobie et à un patriotisme buté qui tourne à la violence aveugle.

Petit plus : Après « Le Monde à l’endroit » (Seuil, 2012), « Une terre d’ombre » prolonge une réflexion engagée par l’auteur sur la folie guerrière des hommes, tout en développant pour la première fois dans son œuvre romanesque une histoire d’amour tragique qui donne à ce récit poignant sa dimension universelle.

Critique : 
Il est des livres que l’on dévore, voulant à tout prix découvrir l’entièreté de l’histoire, respirant à peine… tout en se disant que lorsqu’il sera terminé, on en sera peinée.

Ce fut le cas ici. Dévoré en un jour, incapable de le lâcher, mais triste de l’avoir terminé, triste de quitter certains personnages tout en ayant envie d’en passer d’autre à la broche à rôti.

États-Unis, 1918. Sur le Vieux Continent, celle que l’on nomme déjà la Der des Der bat toujours son plein, remplissant les fosses communes, dressant les hommes l’un contre l’autre, éveillant des haines contre l’ennemi : le boche, le casque à pointe, le teuton…

Laurel Shelton et son frère Hank vivent dans une petite ferme isolée au fond d’un vallon tellement encaissé que le soleil ne luit que quelques heures en été. Rien ne pousse, ou si peu. Pour eux, la vie n’est pas facile, surtout que Hank a laissé une main dans les tranchées en France.

Pour les habitants de Mars Hill, cette terre est maudite et ceux qui y vivent aussi. Surtout que Laurel porte une tache de naissance un peu disgracieuse et que tous la croient sorcière et se signent presque à son passage. Bref, le frère et la sœur sont des bannis, des exclus, des parias et on verse du sel à l’entrée de leur domaine.

Bienvenue à « Préjugés Hill » où les habitants de la ville ont des esprits aussi étroits que le chas d’une aiguille et la plupart sont rempli d’amertume.

Entre le sergent recruteur qui se fait regarder de travers parce qu’il n’est pas allé casser du boche, ceux qui se gaussent de lui mais n’ont pas eu les couilles de traverser l’océan pour mater les casques à pointes, ceux qui en sont revenus et déclarent que ce n’est qu’une vaste boucherie pour gagner quelques arpents de boues et cette haine de l’Allemand qui tout doucement s’installe.

La vie misérable de Laurel avait l’air toute tracée jusqu’à ce qu’elle croise Walter, un jeune homme mal en point, muet et jouant de la flûte comme un dieu. Entre eux va se développer quelques chose de fort, de beau…

Ami du trépidant, va t’amuser dans un thriller ou revisionne l’intégrale de « 24h chrono » parce que ici, l’action est peu présente, mais ce n’est pas ce que l’on cherche dans un roman de Ron Rash.

Nous sommes face à un récit râpeux comme un vieux vin, long en bouche et avec des senteurs douces et sucrées de miel. Oui, dans toute cette misère, l’auteur nous construit une histoire d’amour qui ne tournera pas à la guimauve, évitant la mièvrerie et émerveillant son lecteur.

Amis du tragique, bonjour. N’étant pas dans un Harlequin, vous vous doutez que la tragédie nous guette.

L’imbécilité de l’homme qui craint ce qu’il ne connait pas, qui a besoin d’un bouc émissaire pour expurger ses propres fautes, qui veut jouer au dur parce qu’il veut montrer qu’il en a dans le froc et se faire un boche, puisqu’il n’est pas allé le faire sur le front en Europe.

Vous me direz que nous sommes un siècle plus tôt, dans un coin des Appalaches en Caroline-du-Sud, qu’il est donc normal d’avoir l’esprit plus étroit que le cul d’une pucelle qui subirait les assauts d’un troll… (étroit pour le troll, bien entendu !)

Oui, mais le problème est que l’être humain traine cette tare depuis la nuit des temps et que si un conflit revenait sur notre continent, beaucoup se comporteraient comme les habitants aussi bêtes que méchants de la ville de Mars « Préjugés » Hill.

On traquerait l’ennemi, se moquant bien qu’il soit vieux et inoffensif puisqu’il est moins dangereux de s’attaquer à lui qu’à un bataillon de militaires armés ! Oui, l’homme est un peu couard…

Un roman tout en finesse, sans mièvrerie, une écriture qui claque comme un coup de fusil dans la nuit et une manière de dénoncer les dommages collatéraux d’une guerre qui se déroule pourtant de l’autre côté de l’océan, sur l’accueil haineux des étrangers sur le sol du pays, sur la folie des hommes et les superstitions bêtes (qui survivent toujours en 2014 !).

Un roman aussi sombre que le vallon qu’il décrit, aussi dur et sans pitié que lui mais traversé aussi par des rayons de soleil avant que l’obscurité ne reprenne ses droits.

La nuit est tombée sur le vallon et on referme le livre avec une étrange sensation dans la gorge, comme si un nœud s’y était installé.

Merci Laurel, Hank, Walter et Slidell…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015),Challenge « Polar Historique » de Sharon, Le « Challenge US » chez Noctembule, « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.

Au lieu-dit Noir-Etang… : Thomas H. Cook

Titre : Au lieu-dit Noir-Etang…                                  big_4

Auteur : Thomas H. Cook
Édition : Seuil (2012) / Points (2013)

Résumé :
Dans une petite ville de Nouvelle-Angleterre, en 1926, le jeune Henry découvre la relation adultérine qu’entretiennent deux de ses professeurs.

La solitude de M. Reed, marié et père de famille, l’intrigue ; tout comme le fascinent la beauté et le caractère passionné de Mlle Channing.

Henry va être le témoin complice et muet de la tragédie qui se noue au lieu maudit appelé Noir-Étang. Du coup, l’idéal de vie digne et conventionnelle que prône son père lui semble être un carcan.

« Peut-être que nous sommes tous limités,aussi tourmentés les uns que les autres par des amours conflictuelles, essayant, du mieux que nous le pouvons de trouver une place entre la passion et l’ennui, l’extase et le désespoir, la vie à laquelle nous ne pouvons que rêver et celle qui nous est insupportable ».

Il voit en eux « deux figures romantiques, des versions modernes de Catherine et de Heathcliff « . Mais l’adultère est mal vu à l’époque, et après le drame qui entraine la chute de Chatham School, le lecteur ne peut que se demander, tout comme le procureur : « Que s’est-il réellement passé au Noir-Etang ce jour-là ? »

Critique :
« Le mal contre lui-même se retourne » est une expression qui illustre bien ce roman noir que je viens de terminer, toute retournée. Sherlock Holmes avait raison, les sentiments, ça ne donne rien de bon !

Au départ, j’ai eu un peu de mal avec le roman, n’arrivant pas à m’immerger dans son histoire qui était aussi calme que la surface d’un étang… Mais tout le monde sait qu’il n’y a rien de plus traître que la surface calme d’un plan d’eau.

La surface de l’eau a commencé à clapoter, l’eau s’est agitée, comme si un monstre nageait sous sa surface, elle a commencé à bouillonner, se transformant en torrent boueux, nous donnant à la fin un tsunami qui balaiera tout sur son passage, nous laissant sans oxygène.

« Avec le temps, on oublie la douce exaltation qui nous saisit la première fois que l’on s’adresse à vous comme à un adulte. Moi, ce fut ce que je ressentis à cet instant-là : une douce exaltation, la sensation qu’une partie de mon enfance venait d’être arrachée et mise de côté, que l’homme en dessous recevait la permission de commencer à respirer tant bien que mal ».

Oui, le début du roman est lent, à tel point j’aurais presque souhaité qu’un cadavre tombe du ciel afin de réveiller tout le monde. Mais l’histoire prendra le temps de se mettre en place, nous présentant les différents protagonistes, les laissant se renifler, faire connaissance…

L’auteur est un malin, il sait comment capter l’attention et la curiosité de son lecteur en mélangeant le passé avec le présent : Henry, en 1926, qui nous raconte en direct ce qu’il voit dans la ville de Chatham; Henry, adulte, qui se souvient de toute l’affaire et Henry, vieux, toujours en train de ressasser cette histoire. Sans compter les extraits des minutes du procès…

Quel procès ? C’est ce que nous découvrirons durant la lecture, passant sans cesse d’une époque à l’autre.

Au bout d’une cinquantaine de pages, tel un poisson voyant un ver se trémousser au bout de son hameçon, j’ai été captivée, me demandant ce qui avait bien pu se passer dans cette foutue boite de cassoulet la nuit du 5 au 6… Pardon, je m’égare ! Qu’est-ce qui avait bien pu se passer dans cette foutue ville de Chatham ? Pourquoi un procès ?

Que s’est-il donc déroulé de si grave ? Henry a vu deux de ses professeurs se rapprocher un peu trop selon les convenances de cette époque et il fut un complice, témoin muet de ce qui ressemble fort à une future tragédie en devenir… Une sorte d’histoire dont on sent qu’elle sera plus tragique que celle de Catherine et Roméo ou d’Heathcliff et Juliette (vous composez les couples que vous voulez !).

« Ce fut à cet instant que je mesurai pour la première fois la profondeur de ce qu’ils en étaient venus à éprouver l’un pour l’autre. ça avait émergé lentement, graduellement, ça s’était construit de jour en jour, de parole en parole, de regard en regard jusqu’à ce que, finalement, ça brise la surface de leur éternel respect des convenances et flamboie irrésistiblement entre eux, transformant la moindre démonstration d’amitié en ruse d’amants ».

Pas moyen de le savoir avant d’aborder la page 300. C’est là que toute l’horreur va se mettre en branle, et lorsqu’on découvre quelle chose « insignifiante » cette tragédie est partie, on a envie de pleurer devant ce terrible gâchis.

L’enfer était pavé de bonnes et de mauvaises intentions… J’en ai eu des frissons alors que je lisait au soleil.

Un roman dont la fin est aussi sombre que son étang…

Une phrase me frappa à jamais : « La vie ne vaut d’être vécue qu’au bord de la folie ». Je me souviens qu’une exaltation farouche gonflait mon cœur à mesure que je lisais et relisais cette phrase dans ma chambre, et qu’il me semblait qu’elle illuminait tout ce que j’avais ressenti jusqu’alors. Aujourd’hui encore, je suis frappé de constater que nulles ténèbres n’avaient jamais surgi d’une flamme aussi vive.

« Au cours de toutes les années qui se sont écoulées depuis, j’ai connu mon lot de peurs, d’incertitudes et de peines, mais je ne crois pas les avoir jamais revues si entremêlées, la terreur si délicatement combinée à la douleur, la douleur si inséparablement liée à la détresse que, au final, l’impression donnée était celle d’être au comble de la peur, de l’angoisse et de la confusion. C’était ce que je percevais sur [son] visage. C’est ce que je vois toujours quand je repense à elle. C’était clair et éclatant. Elle portait toute la misère du monde sur ses épaules. N’importe qui l’aurait compris. Cela sautait aux yeux. Le seul mystère, c’était de savoir pourquoi son désespoir, si profond, si terrible, ne m’émouvait absolument pas ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Le « Challenge US » chez Noctembule et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle. (Prix Edgar Allan Poe 1996 -Prix du meilleur polar des lecteurs de Points 2013)

Sherlock Holmes et le fantôme de l’opéra : Nicholas Meyer

Titre : Sherlock Holmes et le fantôme de l’opéra

Auteur : Nicholas Meyer
Édition: Archipoche (2010)

 
Résumé :
Sherlock Holmes, coulant des jours heureux dans sa retraite du Sussex, est pressé de questions par son ami Watson… Que s’est-il passé durant ces deux années où le détective est sensé avoir disparu dans les chutes de Reichenbach ? Et où est-il allé ?

1891. Alors que toute l’Angleterre le croit mort et enterré Sherlock Holmes, fin mélomane, vivote à Paris en donnant des cours de musique sous un nom d’emprunt.

Apprenant que le prestigieux orchestre de l’Opéra recrute un violoniste, il parvient à se faire engager. Mais, très vite, il découvre que le Palais Garnier est le théâtre d’évènements étranges.

Le fantôme de l’opéra existerait-il ? A défaut, comment expliquer les accidents qui y surviennent ? Et les voix que chacun dit entendre résonner dans le labyrinthique édifice ?

Chargé de protéger une jeune soprano, le célèbre détective va se lancer dans une chasse à l’homme à travers le Paris nocturne et souterrain. Une course contre la montre … et la police française.

Critique :

Mais que diable à donc pu faire Sherlock Holmes durant les trois années que durèrent le Grand Hiatus ? Si vous voulez la réponse qu’il donna à Watson, je vous invite à aller lire la nouvelle « The Empty House » (la maison vide) dans le canon holmésien (recueil intitulé « Résurrection de Sherlock Holmes »).

Pour ceux qui seraient sceptiques (comme la fosse, mais ça s’écrit pas pareil), je les invite à lire ce petit roman de Nicholas Meyer.

An de grâce 1891. Toute l’Angleterre le croit mort et enterré. Toute ? Oui, toute !

Mais Sherlock Holmes n’est pas tombé dans les chutes de Reichenbach et, en fin mélomane qu’il est, il se retrouve à Paris, donnant des cours de musique sous un nom d’emprunt jusqu’à ce qu’il apprenne que le prestigieux orchestre de l’Opéra recrute un violoniste.

Le voilà engagé… Un travail pépère ? Que nenni ! Déjà que l’Opéra Garnier va engager une certaine soprano de notre connaissance et qui va donner quelques bouffées de chaleur au détective.

Toute l’Angleterre le croyait mort, et bien maintenant, on peut dire qu’une femme, LA femme, sait que non (elle résiste encore et toujours à son charme… mais pour combien de temps ?) : Irène Adler is back !

Patatras, si Holmes croyait se la couler douce tout en admirant la belle Irène, c’est rappé parce que le Palais Garnier est le théâtre d’évènements étranges.

Il y a un fendu pantôme ! Pardon, je parlais d’un fantôme et il n’est pas pendu. Par contre, faudra revoir la police d’assurance de l’opéra… Tout ces accidents qui y surviennent, ça fait mauvais genre.

Tiens, Jeanne d’Arc est revenue ? Oui, certains entendent des voix résonner dans le labyrinthique édifice…

Un vrai délice, ce pastiche ! Sherlock Holmes, Irène Adler… What’else ? Heu, des détails cocasses et coquins ? Ok, je sors.

Notre détective préféré qui est chargé de protéger la belle soprano,  une chasse à l’homme à travers le Paris nocturne et souterrain, une course contre la montre sans produits dopants… et le fantôme de l’opéra.

Un excellent moment de lecture, un Holmes plus humain, avec un coeur qui fait « boum, boum », de l’aventure avec un grand A, jubilatoire. Surtout la dernière phrase… hé, hé, hé, y’en a deux qui n’ont pas dû s’emmerder.

Bon, je ne connais rien au fantôme de l’opéra, donc, je ne puis me prononcer sur la justesse ou non de ce mythe (pour les mythes, je conseille la lavande, ça sent meilleur que la naphtaline), mais que ce soit au niveau de l’écriture, de l’histoire, rien à dire.

Du rythme et c’est trépidant dans la course-poursuite.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

 

Orgueil et préjugés : Jane Austen

Titre : Orgueil et préjugés

Auteur : Jane Austen

Édition : Livre de Poche (2011)

Résumé :

Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen.

Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ?

Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

Critique :

Voilà un livre qui a failli faire de moi une serial-killeuse ! Pourquoi ? Mais parce que j’ai eu très souvent eu envie de commettre des meurtres durant ma lecture, pardi !

Rassurez-vous, j’ai apprécié ce livre dont une connaissance m’avait recommandé la lecture. Mais bon, les Classiques et moi, cela fait deux… Mes penchants naturels m’entraînant plutôt vers les polars, la bit-lit ou la fantasy.

Pourtant, n’écoutant que mon courage, j’ai entamé la lecture, plus sceptique que la fosse du même nom mais qui s’écrit pas pareil…

Conquise je fus, mais ce fut aussi la part belle pour les pulsions criminelles qui se sont réveillées lors de ma lecture.

La faute à qui ? A certains personnages… Je vous explique :

– Mrs Benner, la mère, souffrant des nerfs de manière imaginaire, mais sortant ce prétexte à tout bout de champs, futile, un peu bêbête, chiante, fofolle, bref, une mère qui me donnait envie de faire irruption dans le livre et de la dézinguer.

– Mr Collins, le pasteur chieur, qui, même avec tous les éléments sous son nez ne voit rien, confondant les « non » avec les « oui ». Plus casse-pied que lui, tu meurs. Un monument de prétention ridicule, de courbettes et de léchage de bottes. Véritable plaie.

A chaque fois qu’il ouvrait la bouche, je l’aurais bien étranglé ou enfoncé un bâillon dans le fond de sa gorge.

– Lydia Bennet, une des soeurs plus jeune, totalement fofolle, prête à tout, écervelée au possible, devenant une véritable chienne en chaleur dès qu’un homme en uniforme passe à proximité…

« Lydia, reviens, stupide cruche, je ne viens pas de dire qu’il y avait un militaire qui passait dans ma critique !! ».

Bref, une vraie petite dinde, comme je vous le disais plus haut et elle ne se rendra même pas compte de sa conduite détestable, ni du mal qu’elle aura fait à sa famille… Encore une que j’aurais bien baffé avec grand plaisir et sa mère avec, parce que ensuite, lors du retour de Lydia, elle se comportera encore plus de manière totalement irréfléchie.

– Lady Catherine de Brough est une pétasse pédante, se prenant pour le nombril du monde, donnant des leçons et des conseils à tous (des ordres, surtout, déguisés en conseils et avis éclairés) comme si elle avait la science infuse et la connaissance ultime. Mâdâme sait tout mieux que tout le monde…

Le genre de personne que nous avons tous connu dans notre vie et qui me donnait envie de passer à la guillotine, rien que ça ! Vieille folle, va, agrippée à ses principes comme une moule à son rocher.

Elle fera l’erreur de trop et… non, je ne l’ai pas éventrée, pour cette outrecuidance ultime, cette ingérence absolue, bien que l’envie ne m’ait pas manquée… mais cela aura eu une conséquence positive.

– Miss Bingley : petite vaniteuse, tournant autour de Darcy comme une mouche autour d’un pot de miel, se prenant elle aussi pour le centre du monde, moqueuse, une sale petite peste que j’aurais bien aimé pousser du haut des escaliers… le genre d’amie que l’on ne souhaite pas, hormis à sa pire ennemie.

– Whickam est quant à lui un opportuniste qui, telle la chanson de Dutronc, retourne sa veste et drague tout ce qui pourrait lui servir… Juste bon à pendre…

– Jane Bennet, la douce et gentille Jane… non, pas d’envie de meurtre sur elle, je l’aimais bien, même si elle est trop gentille. Incapable d’avoir une langue de vipère, de penser que les gens sont mauvais, même si on le lui met sous le nez, cherchant des excuses pour excuser le comportement de la personne. Cette fille aurait trouvé des excuses aux plus grands bouchers de l’Histoire. Malgré tout, je l’ai bien aimé.

Mes préférences iront à Elizabeth Bennet, à Fitzwilliam Darcy, à Mr Bingley et au pauvre Mr Bennet qui a épousé sa cruche de femme.

Pour ce qui est de ma critique de l’oeuvre, je dirais que même si c’est un livre où ne règne pas une action trépidante, sans suspense à proprement parler, je ne me suis embêtée en le lisant, tournant les pages en rythme.

La société de l’époque y est décrite avec une certaine férocité, une ironie mordante qui n’était pas pour me déplaire.

Et, malgré mes envies de passer certains personnages à la moulinette, sans eux, le livre aurait été moins bon. Ils en sont le sel, les épices, on réagit en les écoutant, bref, ils ont leurs raisons d’être.

Mon seul regret ? Oui, il y en a un et de taille : ne pas avoir lu ce livre plus tôt !!!

Livre lu dans le cadre du Challenge « La littérature fait son cinéma – 2ème année » chez Kabaret Kulturel. Participe aussi au challenge « Les 100 livres à avoir lu au moins une fois » chez Bianca.

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Mercy Thompson 5 – Le grimoire d’argent : Patricia Briggs

Titre : Le grimoire d’argent

Auteur : Patricia Briggs
Édition : Milady (2010)

Résumé :

Mercy ne cracherait pas sur quelques jours de vacances. Après avoir passé les derniers mois à tenter d’échapper aux griffes de la Reine des Vampires, elle découvre que le grimoire des faes est tombé dans de très mauvaises mains : les secrets qu’il renferme sont sur le point d’être révélés.

Ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Non contente de devoir régler cette crise majeure, Mercy a des problèmes personnels : sa maison a brûlé, son ami Samuel file un très mauvais coton et on lui reproche les dissensions apparues au sein de la meute.

Elle va devoir faire preuve de la plus grande diplomatie… pas facile quand on est sous pression !

Critique :

Bien que ce cinquième tome commence plus lentement que les autres, je ne me suis pas ennuyée.

Certes, l’enquête de Mercy passe au second plan, mais l’auteur nous en apprend un peu plus sur le monde des faes et surtout sur Samuel, le loup-garou, qui traverse une grosse crise de dépression.

Appréciant beaucoup Samuel, cela m’a fait mal de le découvrir dans cet état.

Son loup a pris le pouvoir et il reste dans cette forme, avec tous les dangers que cela comporte pour les autres, même pour Adam, puisque Samuel aime bien Mercy. La testostérone est encore bien présente.

Mercy, fidèle à elle-même, s’occupe de tout résoudre : elle prend Samuel chez elle, elle aide Adam dans ses problèmes de meute, enquête sur la disparition du fae, de sa caravane qui a explosé,… Bref, seule une femme a la capacité de résoudre autant de problèmes à la fois.

Evolution aussi du point de vue relationnel entre Mercy avec Adam…. ça m’a fait plaisir, tiens.

Adam n’a pas l’air, mais dans le fond, il a un coeur et sa sensibilité est bien présente. Un homme comme lui, on en redemande. Maniant avec brio la fermeté avec ses loups, la douceur avec sa fille et mélangeant les deux pour Mercy.

Ce que j’ai apprécié, c’est qu’il doute. Oui, Adam a peur d’échouer dans sa relation avec Mercy et du fait que c’est un dur à cuire, sa carapace s’effrite. Ce qui n’est pas bon lorsqu’on est un Alpha.

Lorsqu’Adam se retrouve seul avec Mercy, il se dévoile plus, et, même s’il reste un dominant, il essaye de faire en sorte de satisfaire ses désirs.

Je n’approfondirai pas cette partie du roman, laissant la chose à Adam, si vous voyez ce que je veux dire…

Bref, vous comprenez que je ne me suis pas embêtée avec tout ce qui se passe entre les différents personnages, les problèmes de meute, Mercy qui doit se faire respecter,…

Pour finir, j’en avais oublié l’enquête au sujet de la disparition du fae. Et tout à coup, bardaf, ça revient et l’enquête prend un autre tournant. Suspense, suspense !

Le final est grandiose, inattendu. Une belle évolution du personnage, une belle évolution du style de l’auteur.

Pas de regret d’avoir commencé la série.

Titre participant au Challenge « Totem » organisé par Lili Galipette et « Thrillers et polars » de Liliba.

 

Mercy Thompson 3 – Le baiser du fer : Patricia Briggs

Titre : Le baiser du fer

Auteur : Patricia Briggs
Édition : Milady (2009)

Résumé :

« Je retroussai mes babines pour lui donner une bonne vue de mes crocs. J’avais beau ne pas peser plus de quinze kilos sous ma forme de coyote, j’étais néanmoins un prédateur… »

La forme de Mercy Thompson est peut-être changeante, mais ce n’est pas le cas de sa loyauté. Lorsque son ancien patron et mentor est arrêté pour meurtre et abandonné par les siens, Mercy est la seule à vouloir l’innocenter, qu’il le veuille ou non.

Le coeur de Mercy , quant à lui, est à l’image de la nature de sa propriétaire : partagé. il balance entre deux loups-garous. Or, ces derniers ne sont pas réputés pour leur patience, et si elle ne parvient pas à faire un choix, Sam et Adam s’en chargeront peut-être pour elle…

Critique :

Plusieurs meurtres ont eu lieu dans la réserve des Faes et puisque c’était grâce à une arme Fae que Mercy avait réussi à envoyer le vampire André bouffer les pissenlits par la racine (dans le tome précédent), et bien, ils lui demandent d’éponger sa dette et d’utiliser son flair de coyote pour tenter de retrouver  la piste de l’assassin.

Et puisqu’un Lanister… heu, une Thompson paie toujours ses dettes, Mercy va aller coller sa truffe de coyote dans les maisons où ont eu lieu les meurtres, cherchant à isoler une odeur connue.

Tout baigne ? Avec Mercy dans les parages ? NON ! Déjà qu’elle voit des choses qu’elle n’aurait pas dû voir, voilà que de ce petit « reniflage » de piste va découler un nom…

Ensuite, tout va foirer suite au meurtre dont la victime – qui, en plus d’être celui que Mercy a donné le nom à Zee et Oncle Mike – est un humain appartenant à la BFA (le bureau des affaires aux Faes).

Zee se retrouve donc accusé, emprisonné et abandonné par son propre peuple, les Faes ! C’est beau la fraternité ! A croire que ça les arrange bien que l’on accuse Zee et que personne ne fouille dans leurs petites affaires.

Mais attendez, la grosse erreur c’était de penser que Mercy aller rester les bras croisés ! Non, mais, vous ne la connaissez, pas, vous !

Là, c’est sûr qu’elle va fourrer sa truffe et son nez partout dans le but de sauver Zee, son ami.

Pour le sortir de là, elle doit trouver l’assassin des Faes et celui du connard de la BFA.

Une partie de plaisir ? Non, car c’est sans compter l’univers impitoyable de  Daaalllaaaaassss, heu, des Faes ! En plus, leurs Seigneurs Gris sont sans pitié et Mercy a toujours l’art et la manière de foutre tout le monde en rogne et de n’en faire qu’à sa tête.

Le style de l’auteur est simple (sans être péjorative), agréable à lire, elle utilise des mots de tous les jours et nous saupoudre le tout d’humour dans les réflexions de Mercy.

De l’action, de la réflexion, du suspense, un bon cocktail qui ne se prend pas la tête. Si vous cherchez de la haute littérature ou le Goncourt, allez voir ailleurs !

J’avoue que je n’avais pas trouvé le nom du coupable ! Un point Bonux en plus pour ce tome qui m’a fait pousser un « Oh, merde, c’était… ».

C’est aussi dans ce tome 3 que Mercy va mettre fin à ce léger triangle amoureux entre Samuel et Adam (triangle amoureux moins hard que chez la tueuse de vampire Anita Blake).

Bref, une chouette enquête policière au pays, non pas de Candy, mais des loups-garous et des faes, les vampires étant aux abonnés absents dans ce tome.

Titre participant au Challenge « Totem » organisé par Lili Galipette  et « Thrillers et polars » de Liliba.

Premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 4 : Aux portes de l’enfer : Andrew Lane

Titre : Premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 4 : Aux portes de l’enfer

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion

Résumé :

Tout en enquêtant sur les manigances de l’infecte gouvernante du manoir Holmes, Sherlock doit faire face à la soudaine disparition de Crowe et Virginia.

Pour les retrouver, il parcourt les grandes plaines hostiles d’Écosse, à la merci de ses habitants les plus terrifiants.

Critique : 

« Chouette » me suis-je dit en apprenant la sortie de ce quatrième tome des premières aventures de mon futur détective préféré.

C’est donc avec plaisir que je me suis plongée directement dans la suite de ses aventures, en espérant que l’on verrait un peu plus la jolie Virginia et de son père, mentor et professeur de Sherlock, monsieur Crowe.

Ah, une bonne nouvelle : on sait ENFIN ce que cette fichue gouvernante (et je reste polie) manigançait à Holmes Manor.

C’est Sherlock qui résoudra l’affaire qui a un léger goût de l’affaire canonique de Charles Auguste Milverton.

Belle réussite, mais je m’étonne toujours de ces truands qui racontent leur vie, leurs buts, leurs projets à voix haute, discutant avec leur complice comme nous parlerions de la pluie et du beau temps.

Dans mon imagination fertile, je m’attendais à une autre « raison » que celle donnée par l’oncle de Sherlock sur le pouvoir de la gouvernante sinistre.

Mais en y repensant à tête reposée et en remplaçant le tout dans l’époque et son contexte, je comprends que cela lui ait fichu les chocottes, à tonton Holmes.

Comme dans un roman précédent, il n’y a pas qu’une seule aventure dans le roman et c’est la disparition de monsieur Crowe et de sa fille Virginia qui va entraîner Sherlock et Matthew dans les plaines hostiles de l’Écosse à la merci de ses habitants les plus terrifiants… Et à côté d’eux, Heathcliff fait petit joueur.

Sherlock se retrouve une fois de plus « seul » pour résoudre le problème de la fuite de son mentor, aidé juste par son ami Matthew puisque Stone a disparu lui aussi.

Il s’affirme, peaufine sa future méthode, apprend un peu plus sur la société et sur le manque de logique des gens.

Son sentiment pour Virginia s’affirme aussi, le rendant un peu jaloux, lui faisant découvrir des émotions et des sensations qu’il ne connaissait pas, lui faisant peur aussi parce quand on aime, on est dépendant de cette personne.

Il y a même une scène pour laquelle j’aurais vendu père et mère au diable pour la lire (mon âme ne vaut pas grand-chose) ! La belle américaine n’a pas froid aux yeux et j’avais un sourire béat en lisant le passage (non, pas de sexe ! Mais vous ne pensez qu’à ça !).

Sherlock n’étant pas infaillible, il fera des erreurs assez énorme durant son périple qui lui seront reprochées par son mentor et pour un amoureux de la logique, notre Sherlock fera aussi preuve d’un manque total de discernement…

Je m’explique : lorsqu’on a des truands aux fesses et qu’on est dans les bois, on se terre dans un terrier de lapin (oups, pardon madame Lapine) ou de renard (mes excuses, monsieur Fox) si on veut plus de place, mais en aucun cas on ne va se cacher dans une petite maison abandonnée dans les bois et on ne fait encore moins du feu !

Désolé, là, c’est digne d’un garçon sans cervelle !

On me rétorquera que s’ils s’étaient planqués tous les deux dans un terrier, l’aventure n’aurait pas pu poursuivre son cours avec ses rebondissements…

Bref, Sherlock est en période d’essai, fait des erreurs, analyse la société et l’auteur se donne la peine de nous écrire les pistes qui nous donnerons le détective que nous connaissons dans les écrits de Sir Arthur Conan Doyle.

Ce qui me chagrine un peu, c’est qu’il se sorte si vite des situations les plus difficiles. L’auteur prend parfois des raccourcis faciles. Faire durer la difficulté n’aurait pas été plus mal, cela aurait fait plus sérieux.

Mon coup de gueule ?

Le premier est une scène de torture sur mon pauvre futur détective.

Le second est pour avoir fait une fin à la « cliffhanger » qui me donne envie de fouetter l’auteur ! Et le cinquième tome va emmener Sherlock sur une certaine Gloria Scott…

Ceux qui trouvaient que les aventures de Sherlock s’enchainaient très (trop ?) vite auront une autre pierre à mettre à leur édifice !

Titre participant aux Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor et  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict.