Sonora – Tome 1 – La vengeance : Jean-Pierre Pécau & Benoît Dellac

Titre : Sonora – Tome 1 – La vengeance

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Benoît Dellac
Couleurs : Scarlett Smulkowski

Édition : Delcourt Neopolis (2017)

Résumé :
1851. Maximilien Bonnot débarque, avec d’autres aventuriers attirés par la fièvre du métal jaune, à San Juan del Sur, port de la côte pacifique, dernière étape avant San Francisco.

Voilà 3 ans que la ruée vers les champs aurifères a commencé, mais Max lui ne cherche pas d’or.

Héros torturé par son passé, et notamment par ce qu’il a vécu pendant la Révolution de 1848, il n’a plus qu’un seul but : se venger.

Critique :
La ruée vers l’or ! Un épisode important dans l’Histoire des États-Unis mais je ne l’avais jamais vu traité que de manière drôle, à la manière de Picsou ou de Lucky Luke.

Cet album avait titillé ma curiosité et vu qu’il était en seconde main pour pas cher, je ne risquais rien à l’acheter.

Dans le pire des cas, je l’aurais donné ou, avec un peu de chance, j’allais découvrir une nouvelle saga western pour mon plus grand plaisir.

Pas de déception, le plaisir fut au rendez-vous ! Bon, pas eu niveau des dessins des personnages, là, j’ai un tout petit peu moins aimé car il y a peu de plans larges, le dessinateur ayant préféré les plans serrés donnant peu de place aux décors environnants.

Dommage, j’apprécie toujours les plans plus larges mais sans doute le dessinateur (ou le scénariste) a préféré se concentrer sur les plans resserrés et les physionomies des différents visages.

L’album nous offrira tout de même quelques plans larges qui seront bien exécutés, que ce soit au niveau du trait ou celui des couleurs.

Du point de vue de l’histoire, il est simple : la vengeance ! Je ne spolie pas, tout est dans le titre. Maximilien Bonnot (sans sa bande – mdr) rêve de se venger et pour cela, il n’hésitera pas à passer du côté obscur, sans jamais vraiment franchir la ligne rouge tout à fait.

Prêt à tout pour assouvir sa soif de vengeance, mais il reste tout de même humain pour le reste. Le personnage n’est pas tout blanc ni tout noir mais oscille entre le gris clair et le gris foncé.

Sur un scénario classique, éculé, vieux comme le monde, les auteurs arrivent tout de même à nous servir un bon western, comme je les aime, avec des personnages intéressants, mystérieux, des lieux mal famés, des voleurs et des salopards, des magouilles en tout genre et la folie du métal jaune qui fait que les Hommes sont prêt à tout pour lui.

Mais il y a toujours la petite histoire insérée dans la Grande et c’est là que ça devient intéressant car en plus de vivre en partie la Ruée vers l’Or, nous aurons aussi un épisode de la révolution française de 1848…

Un western qui a potassé ses classiques mais qui nous les sert avec un autre sauce spaghetti qui ne manque pas de piquant.

J’ai hâte d’acquérir le suivant afin de voir ce que nous réserve l’histoire de vengeance de Maximilien Bonnot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

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Le casse – Tome 5 – Gold Rush : Luca Blengino & Antonio Sarchione

Titre : Le casse – Tome 5 – Gold Rush

Scénariste :
Dessinateur :

Édition :

Résumé :
Yukon. 1899… Hermès Coltrane, prestidigitateur de talent et ancien braqueur de trains, est rejoint par le jeune Mac, un ancien complice récemment évadé et dont la tête est mise à prix.

Ensemble, ils se lancent dans un voyage à travers le froid et la glace pour monter une équipe hors du commun.

Leur but : voler « The Stone », la plus grosse pépite d’or jamais découverte. Et la subtiliser au colonel Zondrick, l’homme qui, quelques années plus tôt, a détruit leur vie…

Critique :
Je dois avoir un faible pour le Klondike, moi, ces derniers temps, parce que je viens encore de passer la terrible Chilkoot Pass et de faire le voyage épuisant et frigorifiant jusque Cripple’s Junction, ville minière perdue dans le trou de cul glacé du monde !

Aujourd’hui je vais vous parler du vol du Youkounkoun ! Ah pardon, on me signale en régie qu’il a déjà été volé… et qu’en plus, c’était un diamant.

Or ici, on va tenter de voler le plus grosse pépite d’or jamais trouvée dans le Yukon : « The Stone », 50kg d’or le plus pur et certains aimeraient bien faire d’elle une Rolling Stone, c’est à dire la chouraver pour devenir riche, rouler le terrible Zondrik pour se venger de lui, et accessoirement, inscrire leurs noms dans l’Histoire.

Pour ça, faut réussir le casse du siècle et ne pas la jouer comme le cambrioleur Dortmunder dans « Pierre qui roule », justement.

Ce qui m’a attiré dans cette bédé, c’est avant tout sa couverture, le fait que cela se déroule aux États-Unis, les dessins, que j’ai trouvé très réalistes, les couleurs sépia de certaines cases.

Emballé c’est pesé et j’ai été embarquée dans une aventure folle, folle, folle, une sorte de casse à la Ocean Eleven, avec moins de monde, mais tout aussi bien détaillée, aussi extravagante.

Les personnages des voleurs sont sympathiques, trainent derrière eux un passé trouble, mais j’ai éprouvé de l’affection pour eux.

Zondrik, le proprio de la plus grosse pépite d’or, est – contrairement à Zorglub – un véritable salopard de la pire espèce et l’ombre de son Z plane, telle celle d’un sadique psychopathe lâchée dans la nature. Lui, les voleurs ou toute personne qui ne lui revient pas, il lui tranche la tête avec une véritable guillotine !

Beaucoup de violence et d’adrénaline dans cette bédé, de l’action, de l’intelligence, des tours de magie et d’illusion, car, même si la magie n’existe pas en tant que telle, le but du jeu consiste seulement à faire voir aux gens ce que vous voulez qu’ils voient.

Et le coup était parfaitement réussi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Lucky Luke – Tome 35 – Le Klondike : Morris, Léturgie & Yann

Titre : Lucky Luke – Tome 35 – Le Klondike

Scénariste : Jean Léturgie & Yann Lepennetier
Dessinateur : Morris

Édition : Lucky Comics (2005)

Résumé :
Jasper l’ancien valet de Waldo Badminton disparaît alors qu’il est au Klondike. Lucky Luke et son vieil ami Waldo partent à sa recherche en passant par le fameux et terrible Chilcoot Pass.

Leur enquête les amène à suspecter Soapy Smith qui rançonne les chercheurs d’or du Klondike, ainsi que Mattie Silks, une femme plutôt attirée par l’argent.

Critique :
Le klondike est un endroit fort connu pour celui ou celle, qui, comme moi, a lu la jeunesse de Picsou car ce dernier y avait participé, lors de cette fameuse la ruée vers l’or qui eut lieu en 1896, et notre canard, à force d’acharnement, y avait trouvé la fortune.

Si l’album « Les Dalton dans le blizzard » ne manquait pas d’humour et de flegme du mounties qui aidait Luke à les récupérer, celui-ci n’aura que la neige en commun avec son prédécesseur publié aux éditions Dupuis.

Si l’humour est présent, il n’est pas présent à forte dose et le mounties de cet album est d’une imbécilité à faire peur.

Personne ne saura jamais pourquoi il ne voulait pas que Lucky Luke fasse le voyage jusqu’au klondike, mais ce running gag n’a de gag que le nom parce que hormis sa dernière apparition assez drôle, pour le reste, il ne l’était pas.

De plus, nous sommes dans des albums politiquement correct où Lucky Luke mâchouille son brin d’herbe et boit des limonades ou autres boissons soft.

Nous retrouvons une vielle connaissance, Waldo Badminton aperçu dans l’album « Le pied-tendre » et ce dernier est sans nouvelle de son valet, parti chercher de l’or dans cette contrée inhospitalière qu’est celle du Klondike.

Si vous pensiez que la case avec tout ces explorateurs du dimanche (et des autres jours de la semaine) franchissant Chilcoot Pass était exagérée, attendez-vous à une rude surprise à la fin de l’album où se trouve publiée la photo originale.

La ruée vers l’or du klondike…. beaucoup y ont été, beaucoup ont dû y trouver les engelures, le froid ou la mort, et peu ont trouvé de l’or. De plus, le tout n’était pas tant de le trouver que de ne pas se faire délester ensuite.

Niveau des méchants, on en a un beau d’une grande envergure, inventeur d’une belle arnaque afin de délester les pauvres mineurs de leur trésor aurifère. Là, je lui tire mon chapeau, on aurait pas pu inventer mieux pour profiter de la crédulité des hommes !

Pour le reste, l’album se lit, sans jamais atteindre la quintessence de certains, ceux qui étaient édités chez Dupuis, où le talent de Goscinny, même bridé, était inégalé et sera inégalable (hormis chez Franquin, mais nous ne sommes pas dans le même registre).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Les frères Sisters : Patrick deWitt

Frères Sisters, les - Patrick deWitt

Titre : Les frères Sisters

Auteur : Patrick deWitt
Édition : Actes Sud (2012)

Résumé :
Oregon, 1851. Eli et Charlie Sisters, redoutable tandem de tueurs professionnels aux tempéraments radicalement opposés mais d’égale (et sinistre) réputation, chevauchent vers Sacramento, Californie, dans le but de mettre fin, sur ordre du « Commodore », leur employeur, aux jours d’un chercheur d’or du nom de Hermann Kermit Warm.

Tandis que Charlie galope sans états d’âme – mais non sans eau-de-vie – vers le crime, Eli ne cesse de s’interroger sur les inconvénients de la fraternité et sur la pertinence de la funeste activité à laquelle lui et Charlie s’adonnent au fil de rencontres aussi insolites que belliqueuses avec toutes sortes d’individus patibulaires et de visionnaires qui hantent l’Amérique de la Ruée vers l’or.

15bdaf4842c9b5ab4019b53795f8801aCritique :
Si je vous dis « Brothers Sisters », vous me répondez quoi ? Non, ce n’est pas un nom de positions sexuelle tarabiscotée, c’est le nom de famille de deux frères et ce ne sont pas des funambules de cirque !

Les frères Sisters sont deux drôles d’oiseaux : l’un est mince (Charlie) et l’autre a du bide (Eli), l’un est teigneux et l’autre un peu moins, mais ce sont tout deux les rois de la gâchette et leur métier parle pour eux : tueurs professionnels pour le compte du Commodore. Un métier qui ne connait pas la crise.

— C’est lequel des deux qui parle ? Le méchant ou le gros ? Je ne veux pas parler au méchant.

« C’est un ami à vous ?
— Oui, et j’en suis fier.
— J’espère que vous lui avez fait vos adieux. Il sera mort dans moins d’une minute. »

Quand je vous disais qu’Eli le bedonnant était moins teigneux que son frère Charlie, je vous ai un tout petit peu édulcoré l’affaire : certes, il a du bide, c’est un doux rêveur et un branleur (dans le sens premier du terme) mais il tout à fait capable de vous loger une balle entre les deux yeux sans plus d’émotion que s’il se torchait le cul.

Je me levai dans l’idée de continuer à mutiler le corps, de lui vider mon chargeur dans l’estomac, mais, fort heureusement, je changeai d’avis. J’avais le pantalon toujours baissé, et après avoir recouvré quelque peu mon calme, je me saisis de mon organe pour me compromettre. Quand j’étais jeune homme, et que mes accès de colère devenaient incontrôlables, ma mère me conseillait d’utiliser cette méthode afin de retrouver l’apaisement – technique qui, depuis, m’a été fort utile.

Mon être profond commença à se dilater, comme c’était toujours le cas avant la violence; mon esprit s’obscurcit, et j’eus la sensation qu’un flacon d’encre noire se déversait en moi. Mon corps résonnait, j’étais parcouru de frissons des pieds à la tête, et je devins quelqu’un d’autre, ou plutôt j’endossai mon autre moi.

Charlie, lui, c’est le gars qui a tué des gens pour un regard de travers ou pour une parole malheureuse… Aucun état d’âmes et son crédo c’est alcool et prostituées. Et les flingues, aussi.

Leur mission du moment ? Flinguer un mec qui a volé le Commodore. Quoi ? Juste abattre un petit chercheur d’or ? Ce Hermann Kermit Warm ? Ben oui… Fastoche ! Heu, n’oubliez pas la foutue loi de Murphy, les gars…

Une lecture jubilatoire, voilà comment je pourrais résumer cet espère de road movie de l’Oregon jusqu’en Californie qui, en plus de me faire passer un excellent moment de lecture, m’a fait sourire et je me suis même attachée à ces deux tueurs aux caractères bien trempés.

Désolée, mais oui, j’ai apprécié le bedonnant Eli qui s’inquiète pour son cheval et même le Charlie qui, sous ses dehors de tueur implacable, aurait bien un p’tit coeur qui battrait pour son cadet.

Quand au cadet, lui, il a le cœur qui bat dès qu’une donzelle lui fait les yeux doux et voilà que notre caïd lui refile son pognon ! Un peu comme Dortmunder, ils ne gardent jamais longtemps leur fric, ces deux là.

Un roman où les dialogues ont de la profondeur, même si on ne le dirait pas à les voir sortir des bouches de nos deux frangins tueurs, une plume qui fait mouche, qui fait sourire, poétique, amusante, qui vous emporte au temps des ruées vers l’or et de la folie des hommes pour les pépites jaunes.

Je repensai au prospecteur perclus de tics, au prospecteur au poulet, et au prospecteur mort, au crâne défoncé, et dis,  » J’ai l’impression que la solitude des grands espaces n’est guère propice à la santé. « 

Un roman bourré des cadavres, où la vie d’un cheval a plus d’importance que celle d’un homme et où les femmes sont quasi toutes des putains, hormis la mère, une sainte.

Un roman où les hommes puent comme dis chacals mais lueur d’espoir, Eli vient de découvrir les miracles de la brosse à dent !

Assis devant la cuvette, je sortis ma brosse à dents et ma poudre et Charlie, qui n’avait pas vu mon attirail jusqu’alors, me demanda ce que je fabriquais. Je lui expliquai, et lui fit une démonstration, après quoi j’inspirai profondément : « C’est très rafraîchissant pour la bouche », lui dis-je.
Charlie réfléchit. « Je n’aime pas ça, rétorqua-t-il. Je trouve ça idiot.
— Pense ce que tu veux. Notre docteur Watts m’a dit que mes dents ne se gâteront jamais si j’utilise cette brosse comme il faut. »
Charlie demeura sceptique. Il me dit que j’avais l’air d’une bête enragée avec ma bouche pleine de mousse. Je répliquai que je préférais avoir l’air d’une bête enragée quelques minutes par jour plutôt que d’avoir une haleine fétide toute ma vie, ce qui marqua la fin de notre conversation sur la brosse à dents.

Un western original, le portrait de deux frères attachants (malgré les cadavres qu’ils sèment à la pelle) dont un, Eli, voudrait se ranger des voitures et laisser Charlie poursuivre le boulot seul…

Autant j’aspirais à la vie tranquille de commerçant, autant Charlie souhaitait continuer à vivre entre passions et violence perpétuelles mais sans plus s’engager personnellement, donnant ses instructions à l’abri d’un rideau de sbires bien armés tandis qu’il se prélasserait dans des chambres au doux parfum où des femmes bien en chair lui verseraient à boire et ramperaient par terre pareilles à d’hystériques nourrissons, le derrière à l’air, frissonnantes de rires, d’eau-de-vie, et de fourberies.

Charlie pourrait dire comme Qui-Vous-Savez : « Eli, Eli, lama sabachthani ? » (à vos wiki ! Je parie mon string brésilien rouge que personne n’en connait la signification sans l’aide d’un ordi – MDR).

Le grincement d’un lit qui gémit sous le poids d’un homme qui ne trouve pas le sommeil est le son le plus triste que je connaisse.

Les femmes ne cessaient de s’approcher de moi et de me titiller en s’asseyant sur mes genoux jusqu’à ce que mon organe s’engorge. Après quoi, éclatant de rire, elles s’écartaient pour aller retrouver mon frère ou Mayfield. Je me souviens m’être levé pour remettre en place mon appendice enflé, et avoir remarqué que mon frère et Mayfield étaient congestionnés eux aussi. Ainsi nous étions là, autour d’une table à débattre, en gentlemen civilisés, des événements du jour, avec de palpitantes érections.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Cow-Boys coucher soleil

 

[Série] Deadwood – Saison 1 : Une série qui te dégommera plus vite que ton ombre

« Deadwood » est une série télévisée américaine en 36 épisodes de 50 minutes, créée par David Milch d’après le roman homonyme de Pete Dexter et diffusée entre le 21 mars 2004 et le 27 août 2006 sur HBO.

C’est une série « western » qui se déroule entre 1876 et 1877 à Deadwood, dans le Dakota du Sud.

La série se base sur des faits et des personnages réels – bien entendu, des éléments de fictions sont injectés.

1. Diffusion :

En France, la série a été diffusée à partir du 16 février 2006 sur Canal+, puis rediffusée en 2012 sur AB1, sur la chaîne Action en septembre 2013, en Suisse à partir du 2 janvier 2007 sur la TSR et depuis le 3 janvier 2011 au Québec.

Après la troisième saison, la série a officiellement été annulée, même si 2 téléfilms ont été envisagés comme conclusion. Ils ne verront jamais le jour.

SethBullock et Al Swearengen

2. Synopsis :

 1876, la guerre de Sécession est peut-être terminée, mais elle a laissé le Nouveau Monde exsangue.

Commence alors la plus grande ruée vers l’or que connaîtra le pays à la suite de la découverte en 1864 par le général Custer de filons dans les Black Hills.

Elle resta secrète pendant dix ans, car le gouvernement américain ne voulait pas d’un exode au sein de territoires sacrés et attribués par traité aux Indiens, mais celui-ci change son fusil d’épaule devant l’état de l’économie, au risque d’un conflit ouvert avec certaines tribus comme les Sioux ou les Cheyennes.

Sous la conduite de leurs chefs Sitting Bull, Crazy Horse et Red Cloud, ceux-ci ont d’ailleurs bien tenté de résister, voire de refouler les intrus.

Le plus célèbre des affrontements étant sans conteste le  » Custer’s Last Stand » qui vit le massacre du général Custer et de ses 250 soldats à Little Big Horn.

C’est exactement une semaine après ce dernier grand fait d’arme du peuple amérindien que Deadwood commence.

À la fin des années 1870, la petite ville de Deadwood, située dans le Dakota du Sud, est devenue un endroit sans foi ni loi où se retrouvent tous ceux que la fièvre de l’or a attirés dans les Black Hills.

On y croise plusieurs personnalités historiques, telles que Wild Bill Hickok, Calamity Jane, Seth Bullock, Al Swearengen et Wyatt Earp.

1876. Seth Bullock a quitté le Montana avec son ami Sol Star pour ouvrir son business à Deadwood, Dakota du Sud.

Ce camp, formé depuis 6 mois en toute indépendance, va devoir faire face à l’agrandissement constant de sa population et à l’évolution politique qui va placer Al Swearengen, son leader officieux, au cœur de beaucoup de tourments qu’il se crée souvent lui-même.

3. Distribution :

  • Timothy Olyphant : Seth Bullock
  • Ian McShane : Al Swearengen
  • Molly Parker : Alma Garret
  • John Hawkes : Sol Star
  • Paula Malcomson : Trixie
  • Robin Weigert : Calamity Jane
  • Powers Boothe : Cy Tolliver
  • Kim Dickens : Joanie Stubbs
  • Alice Krige : Maddie (saison 2 uniquement)
  • Brad Dourif : Doc Cochran
  • Dayton Callie : Charlie Utter
  • William Sanderson : E.B. Farnum
  • Garret Dillahunt : Jack McCall (saison 1), Francis Wolcott (saison 2)
  • Jim Beaver : Whitney Ellsworth
  • W. Earl Brown : Dan Dority
  • Sean Bridgers : Johnny Burns
  • Titus Welliver : Silas Adams
  • Anna Gunn : Martha Bullock (en) (à partir de la saison 2)
  • Josh Eriksson : William Bullock (saison 2 uniquement)
  • Sarah Paulson  : Alice Isringhausen (à partir de la saison 2)
  • Bree Seanna Wall : Sofia Metz
  • Leon Rippy : Tom Nuttall
  • Jeffrey Jones : A. Walter « A.W. » Merrick
  • Keone Young : Mr Wu
  • Larry Cedar : Leon
  • Peter Jason : Con Stapleton
  • Geri Jewell : Jewel
  • Michael Harney  : Steve
  • Keith Carradine : Wild Bill Hickok (saison 1 uniquement)
  • Ray McKinnon : Révérend Smith (saison 1 uniquement)
  • Peter Coyote : Général George Crook

4. Épisodes :

Première saison (2004)

  1. Deadwood (Deadwood)
  2. Eaux troubles (Deep Water)
  3. Jusqu’au bout du filon (Reconnoitering the Rim)
  4. Le prix du silence (Here Was a Man)
  5. Le Procès de Jack McCall (The Trial of Jack McCall)
  6. Épidémie (Plague)
  7. Le Retour de Bullock (Bullock Returns to the Camp)
  8. La Souffrance des petits enfants (Suffer the Little Children)
  9. Pas d’autres enfants (No Other Sons or Daughter)
  10. Monsieur Wu (Mr. Wu)
  11. Des bottes faites pour marcher (Jewel’s Boot is Made for Walking)
  12. Les Cavaliers (Sold Under Sin)

Deuxième saison (2005)

  1. Bienvenue à Deadwood – 1ère partie (A Lie Agreed Upon – Part 1)
  2. Bienvenue à Deadwood – 2ème partie (A Lie Agreed Upon – Part 2)
  3. Argent neuf (New Money)
  4. Le Caillou (Requiem for a Gleet)
  5. Complications (Complications)
  6. Quelque chose d’extrêmement onéreux (Something Very Expensive)
  7. E.B. à l’Index (E.B. Was Left Out)
  8. Enfantillages (Childish Games)
  9. Fusion et capital – 1ère partie (Amalgamation and Capital)
  10. Fusion et capital – 2ème partie (Advances, None Miraculous)
  11. Funérailles (The Whores Can Come)
  12. Le Garçon qui parle à la terre (Boy the Earth Talks To)

Troisième saison (2006)

  1. Dis à ton dieu de se préparer pour le bain de sang (Tell your God to Ready for Blood)
  2. Je ne suis pas le type bien pour lequel vous me prenez (I Am Not the Man You Take Me For)
  3. La couleur de l’argent (True Colors)
  4. Confiance et crédit (Full Faith and Credit)
  5. Un monstre à deux têtes (A Two-Headed Beast)
  6. Un gros filon (A Rich Find)
  7. De la cannelle pour les caïds (Unauthorized Cinnamon)
  8. Le sourire de Léviathan (Leviathan Smiles)
  9. Talents cachés (Amateur Night)
  10. Palpitations (A Constant Throb)
  11. Position de force (The Cat Bird Seat)
  12. Il veut une belle histoire (Tell Him Something Pretty)

5. Ce que j’en ai pensé :

Voilà une série western qui ne s’adresse pas aux petits n’enfants ! On est loin, trèèès loin de « La petite maison dans la prairie » ou de « Docteur Queen » et autre « Bonanza ».

Ici, ça sent le sang, la sueur, le crachat, la pisse et la merde qui débordent du pot de chambre, le sperme après une nuit de fornication avec les prostituées.

Ici, ça empeste le whisky frelaté et ça pue les chaussettes trouées dans des bottes crottées de boue et jamais enlevée depuis dix ans, sans parler d’autres matières odorantes que je ne vous décrirai pas, mais en aucun cas, ça ne sentira la délicieuse odeur des herbes de Provence.

D’ailleurs, les cow-boy, pas lavés, reconnaissent le sens de leur caleçon long dans le fait que devant, il est jaune et derrière, brun.

Le Blondin de Sergio Leone est loin… Ici, c’est pas pour les fillettes et le premier qui a un cadavre encombrant le donnera aux cochons.

Laissez tomber vos souvenirs du far-west à papa ou à John Wayne, le gentil qui gagne toujours. Oubliez de suite les belles chevauchées à travers les grands espaces et mettez de côté les duels à la Lucky Luke.

Cette série a pour fonction de mettre en avant les pouilleux de colons que voulaient faire fortune ou rêvaient d’une vie meilleure…

Nous sommes face à leur ordinaire dans leur vie de misère. Cette vie qui les a jetés sur les routes et les a conduit au milieu d’étendues désertiques où tout était à construire, à imaginer, à faire sortir de terre.

Le pitch du départ ? Seth Bullock était un ex-shérif dans une ville du Montana. Lui et son acolyte, Sol Star, viennent de débarquer à Deadwood – pas pour la fièvre de l’or – mais pour y ouvrir une quincaillerie et profiter justement du boom économique de la région.

Dans les scénarios excellents, il y a d’une part les personnages ayant réellement existé, des faits basés sur des faits historiques connus, et d’autre part, il y une grosse part de fiction.

La dénommée « Trixie », prostituée de son état, aurait vraiment – ainsi qu’on le voit au début de la série – tiré une balle dans la tête d’un client qui la battait.

Niveau personnages célèbres ou ayant existé, Bill Hickok (Buffalo Bill) a bel et bien existé, tout comme Calamity Jane, Wyatt Earp ou le sheriff Seth Bullock, qui ouvrit effectivement une quincaillerie dans le Dakota du Sud en 1876.

Par contre, Bullock ne fut jamais ami du légendaire Bill qui mourut assassiné le lendemain de son arrivée à Deadwood en provenance d’Helena dans le Montana.

Mais il devint le premier représentant de la loi dans cette cité en construction.

Al Swearengen occupa bien la fonction de tenancier d’un bordel baptisé le « Gem Theater » pendant 22 ans. Homme d’affaires prospère à l’époque de la ruée vers l’or, bien qu’il ne se lança jamais dans l’activité minière.

En 1876, contrairement à la série, il ne possédait qu’un petit établissement et non un hôtel vaste et toujours bondé de monde. Ce sera plus tard.

Approximations réelles et voulues qui ne nuiront pas au déroulement du récit.

Par ailleurs, certains personnages sont purement inventés… Il faut bien en ajouter pour le plaisir du téléspectateur qui ne sait pas encore qu’il ne verra jamais la fin de cette série géniale.

Comme je vous le disais, il y a eu un arrêt brutal après la troisième saison, la quatrième et dernière saison prévue à l’origine ayant été annulée par la chaîne HBO, pour cause de budget, le nombre d’acteurs engagés étant trop important, donc trop coûteux.

Ils avaient bien parlé de deux films pour clore la série, mais on l’aura dans le baba ! Dommage de finir ainsi… Bande de salauds, va !

Malgré ce gros bémol, « Deadwood » est une sacrée putain de série que je classe dans les « plus mieux », surtout la première saison.

Le mythe de l’Ouest Américain est revisité Enfin, le mot « revisité » est peut-être inopportun puisque nous avons droit à une série qui est sans doute plus proche de ce que furent ces années que ne le seront jamais tous les westerns spaghettis familiaux.

Tous les codes du far-west sont là, mais sublimés. Non, à cette époque là, tout n’était pas tout rose et on est loin du rêve américain.

Deadwood, c’est le monde en devenir, c’est une société en quête de la célèbre « Frontière ».

Pour mémoire, la Frontière (the Frontier) ou Mythe de la Frontière est la ligne marquant la zone limite de l’implantation des populations d’origine européenne dans le contexte de la conquête de l’Ouest. Elle est l’un des mythes historiques des États-Unis. L’utilisation du mot « frontier » désignant « une région aux confins d’un territoire civilisé » est une acception nord-américaine. Elle désigne donc plus un front pionnier qu’une frontière telle qu’on l’entend

Dans « Danse avec les loups », Kevin – Lieutenant John Dunbar – Costner était le témoin impuissant de la disparition de la Frontière, mais dans Deadwood, les personnages en sont les artisans de sa disparition. On change de point de vue (images du monde).

Deadwood, ce n’est pas que le titre d’une série, c’est aussi LA plus célèbre des villes minières qui poussèrent à l’époque comme des champignons dans la région.

Celle-ci n’a pas deux mois d’existence que grouillent déjà en son sein plus de dix milles personnes aussi avides de faire fortune que prêtes à tout pour y arriver.

La justice et les lois du gouvernement de l’Union n’ont pas droit de cité et tout est encore permis dans cette ville, du moment que l’on sache manier son colt.

Non, ceci n’est pas une blague. La ville de Deadwood était bien ainsi à l’époque. Là, rien de fictionnel, juste la dure réalité des choses de l’époque.

Son créateur, David Milch (de la série, pas de la ville !) et les scénaristes se sont donc appuyés sur ces faits historiquement exacts pour développer cette sorte docu-fiction version série télé, puisque s’y croisent personnages historiques tels que Wild Bill Hickock ou Calamity Jane.

En vrac, on a aussi des pionniers, des aventuriers, des margoulins, des escrocs, des chercheurs d’or et même des idéalistes…

Toute cette populace a colonisé et peuplé le territoire, ils l’ont maté, un peu apprivoisé puis l’ont exploité pour faire fortune ou pour connaître la ruine.

Ici, la pratique du pot-de-vin n’inspire aucune mauvaise conscience et cette manie participait même à la bonne administration de la ville et à la bonne gestion des entreprises.

Seth Bullock était un ex-shérif dans une ville du Montana. Lui et son acolyte, Sol Star, viennent de débarquer à Deadwood – pas pour la fièvre de l’or – mais pour y ouvrir une quincaillerie et profiter justement du boom économique de la région.

On ne perd pas de temps à Deadwood : le premier épisode nous plonge dans le bain de boue des rues dégueu et on fait connaissance avec ce que je nommerai « les notables » qui sont déjà bien établit dans cette ville de perdition.

Retenez bien le nom d’Al Swearengen (joué par Ian McShane, illustre inconnu chez nous) car son talent crève l’écran à chaque plan de la caméra. Nous sommes face à un homme au passé trouble qui, avec son saloon, contrôle de fait une ville perdue.

Tout l’attrait de la série c’est que son producteur a voulu démontrer (et à réussi) que « Ordo ab chaos » : comment l’ordre ainsi qu’une civilisation ont réussi à pousser sur un champ qui avait tout du chaos.

Le chaos ne peut pas « rester, continuer, durer » comme on dit chez nous, à Bruxelles, à un moment donné, il finira par se faire niquer par l’ordre. Même les habitants de Deadwood le savent.

Deadwood, ce n’est pas que des colt, c’est aussi une étude de l’Amérique.

À comparaison égale, on pourrait dire que la série peut donner la main à la série « Rome » : nous nous retrouvons face à une plongée dans l’Histoire, à une tentative d’examen d’une époque révolue, même si pour les besoins du récit certains faits historiques furent gommés ou tronqués.

Niveau décors, costumes ou jeu des acteurs, tout y est précis et magnifique.

L’acteur Ian McShane qui incarne le salaud Al Swearengen, personnage détestable au possible, le genre de gars que l’on voudrait tuer sur place, est superbe.  Sans lui, Deadwood ne serait pas la même… Un peu comme « Game of thrones » doit beaucoup au détestable Joffrey Baratheon.

Timothy Olyphant qui joue le rôle de Seth Bullock est forme avec lui un tandem détonnant de par leurs caractères que tout opposent et pourtant…

La relation entre les deux hommes est importante dans la série car elle constitue le principal socle de la narration.

Bon, Deadwood est une série violente, comme je pense avoir réussi à vous faire comprendre…

Ses décors et ses costumes sont réalistes et le langage est ordurier ! Faites sortir les enfants de la pièce sinon, ils amélioreront leur langue de Lincoln en apprenant des mots très fleuris tels que « fuck » ou « cocksuckers ».

On peut dont aller « se faire mettre » de différente manière… amis de la poésie, bonjour !

Je ne suis pas spécialisée dans les gros mots de l’époque, mais certains commentateurs sur le Net ont signalés qu’ils n’étaient pas d’A.O.C mais plus contemporains qu’autre chose.

Un peu dommage de ne pas avoir conservé les mots insultant de l’époque et d’avoir mis dans la bouche de Mister Wu le très grossier « cocksucka », le faisant répéter comme un perroquet savant ce mot dont on pourrait croire qu’il est le seul qu’il ait appris depuis son arrivée sur le sol américain.

Sans doute pour ne pas faire rire les téléspectateurs qui se bidonneraient bien en entendant dans la langue de Molière des « Sacrebleu » et autre mots qui ne sont plus insultants de nos jours.

Je ne sais pas ce qu’en ont pensé les gens de la censure, mais ils ont dû en avaler de travers !

Ce qui me fait embrayer avec cette petite chose que j’ai appris dernièrement :  le cinéma américain de l’entre-deux-guerres avait dû se soumettre à une censure morale des plus strictes, obligeant de fait Hollywood à donner une image plus lisse de cette période, jusqu’à donc en oblitérer l’aspect outrancier et ultra ordurier du langage.

Mais ne boudons pas notre plaisir : le scénario est fin, très riche, les personnages bien travaillés et complexes.

 
Même la ville qu’ils construisent a une âme… Deadwood, qui n’est à l’origine qu’un camp, occupe une place centrale et passionnante dans les saisons deux et trois.

Lors du visionnage de la série, on sent déjà le germe du futur capitalisme américain.

Les scénaristes ne se sont d’ailleurs pas privés pour nous faire découvrir les liens entre le monde politique et les « gangs » ont pu se perpétuer et comment la violence a toujours joué un rôle.

Toute cette joyeuse colonie va devoir apprendre à se réguler elle-même, à trouver des modes de fonctionnement pour que certains s’enrichissent et s’emparent du pouvoir au détriment des autres.

Bref, une série réaliste qui nous entraînera, durant trois saisons, dans la transformation d’un monde anarchique en une société qui comprend le besoin de se policer.