American Vampire : Scott Snyder & Rafael Albuquerque

Titre : American Vampire

  • Tome 1 – Sang neuf
  • Tome 2 – Le Diable du désert
  • Tome 3 – Le Fléau du Pacifique
  • Tome 4 – Course contre la mort
  • Tome 5 – La Liste Noire
  • Tome 6 – Une Virée en Enfer
  • Tome 7 – Le Marchand Gris

Scénariste : Scott Snyder
Dessinateur : Rafael Albuquerque

Édition : Urban Comics Editions (2013)

Résumé :
Amérique, fin du XIXe siècle. Le bandit Skinner Sweet est freiné dans sa tentative d’évasion par un vampire venu d’Europe. Laissé pour mort, il revient à la vie et découvre qu’en plus d’être l’un d’entre eux, il est aussi la plus puissante, la plus rapide et la plus redoutable des créatures de la nuit.

Plus d’un siècle plus tard, à Los Angeles, il contamine à son tour la jeune Pearl Jones afin d’en faire le second vampire d’une nouvelle espèce sur le continent, capable de marcher sous le soleil.

Critique :
Vous en avez marre des vampires qui sentent bons la cannelle ou la cocotte bon marché ?

La saga Twoilette (Twilight) vous est sortie par les trous de nez et ça vous a fait chier que dans toutes les adaptations qui ont suivies, les vampires ils étaient gentils, beaux, sexys et qu’ils ne suçaient que du sang de biche ou de SDF ?

Vous aimez les vampires sanglants, dégueux, vaches, sadiques, assoiffés de sang et sans scrupules aucun ?

Alors, la saga American Vampire est faite pour vous car les vampires que l’on croise ne sont pas des enfants de cœur, bien que certains soient plus clean que d’autres. Mais malgré tout…

American Vampire a été créé par Scott Snyder et Stephen King (il est aux commandes du scénario du tome 1) et puisque nos deux hommes détestaient la série Twilight, ils ont fait en sorte de s’en écarter et de revenir aux sources, tout en changeant quelques données dans les règles du jeu.

Le seul bémol à déplorer de la patte du King dans ce comics, c’est que le comics n’est pas l’univers du King et que ça cafouille un peu au départ dû au fait que Snyder et King ont écrit chacun une moitié d’épisode, ne s’occupant (chacun de leur côté) QUE d’un moment précis de la chronologie.

Cela fait un peu perdre le rythme de lecture dans le premier tome, mais malgré tout, le plaisir est bien là d’être en compagnie de VRAIS vampires.

Oui, Snyder a rendu aux vampires leurs lettres de noblesse car dans ces pages, ils les a voulu terrifiants, sauvages et bestiaux, tels que dépeints dans les films qu’il apprécie (Near Dark, The Lost Boys et Let the Right One In).

Quand je vous parlais de changer les règles du jeu, c’est parce que si les vampires originaires de la vielle Europe (les carpatiens) ne savent pas rester au soleil sans protections, le nouveau vampire américain (Skinner Sweet) peut, lui, marcher en plein jour !

Skinner Sweet est un ancien bandit devenu vampire sans que son créateur n’ait voulu le faire. Skinner a un seul péché mignon : les bonbecs sucrés ! Pour le reste, c’est un véritable fils de pute, un sadique, un vrai vampire méchant, mais on s’attache à lui, à sa dégaine et à ses petits sourires en coin.

Si vous commencez la série, elle vous rendra accro, mais un conseil, soyez bien attentif parce que les scénarios sautent d’une période à l’autre, ou parfois, reviennent sur ce qu’il s’est passé 24h avant ou 1 mois. Il faut bien suivre si on ne veut pas perdre son fil.

Nous commençons le récit dans les années 20, dans le cinéma et nos différents scénaristes (Snyder se fait aider par d’autres) s’amusent à revisiter les principales époques de l’Histoire américaine telles que celle de la marche vers l’Ouest, les guerres indiennes, la Grande Dépression de 1929, la ville de Las Vegas qui commence à s’ouvrir, la Guerre du Pacifique ou les fifties avec un personnage qui a tout d’un James Dean.

N’allez pas croire qu’ils abordent ces époques juste pour le plaisir, non, ils mettent aussi l’accent sur les problèmes liés à ces époques, comme la place de la femme, la mort du cinéma muet, l’avènement d’Hollywwod, la politique du « si tu veux jouer dans mon film, suce-moi la bite », les discriminations raciales, la politique de l’époque,…

J’ai apprécié les dessins et le graphisme de Rafael Albuquerque, la manière dont il crée ses décors, celle dont il dessine ses personnages, humains ou vampires, les couleurs des cases,…

Voir évoluer tout ce petit monde est un plaisir de fin gourmet car on découvre leur passé, leurs erreurs, leurs liens, on découvre de nouveaux personnages et on n’est jamais sûr que ce soit un ange ou un fils de pute… Ou les deux en même temps !

Peu de temps mort dans les albums que je viens de lire (7) et j’ai hâte de découvrir la suite du nouvel arc avec le fameux marchand gris qui est bien plus terrible que les vampires et qui serait même leur seul prédateur…

On devrait se réjouir, mais voir mes vampires préférés maltraités, ça me fait mal au cœur car je me suis attachée à certains et je n’aimerais pas les perdre en cours de route.

Bref, si tu veux des vrais vampires, des vrais suceurs de sang sans scrupules, ouvre ce comics et découvre une partie de l’Histoire des États-Unis en compagnie de tes amis les vampires… Ou de tes ennemis…

C’est foutrement addictif…

Collier d’ail et crucifix non fournis !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

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Le Cauchemar de Dracula – Horror of Dracula : Terence Fisher (1958) [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 28/52]

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Le Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula) est un film britannique réalisé par Terence Fisher, sorti en 1958. C’est le premier film de la saga Dracula réalisé par le studio Hammer Films dont la suite est « Les Maîtresses de Dracula ».

Résumé : Jonathan Harker se rend dans les Carpates chez le comte Dracula qui l’a engagé comme bibliothécaire.

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Fiche technique :
Réalisation : Terence Fisher (réalisateur britannique)
Scénario : Jimmy Sangster d’après le roman de Bram Stoker
Durée : 72 minutes (version française), 82 minutes (version anglaise)
Langue originale : anglais

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Distribution :
Christopher Lee : Comte Dracula
Peter Cushing : Docteur Van Helsing
John Van Eyssen : Jonathan Harker
Melissa Stribling : Mina Holmwood
Michael Gough : Arthur Holmwood
Carol Marsh : Lucy Westenra
Valérie Gaunt : la femme vampire
Janina Faye : La petite Tania
Barbara Archer : Inga, la servante

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cauchemar-de-dracula-tumblr_nw4d5smzbo1t0t5m3o1_500Ce que j’en ai pensé : Délicieusement rétro et kitch !
Comme vous le savez, je suis toujours  à la pointe de l’actualité et aujourd’hui, je vais vous parler d’un film qui n’est pas encore sorti sur vos écrans, réalisé par une petite boite de production, la « Hammer Films », avec deux acteurs plein d’avenir que son Christopher Lee (Dracula) et Peter Cushing (Van Helsing).

Tiens, je les verrais bien dans les rôles de Holmes, ces deux là… Même d’un Henry Baskerville ou d’un Mycroft Holmes (blague pour les holmésiens).

Sorti en 1958, ça pue le kitch et les effets spéciaux à la noix… Mais j’aime me faire ce genre de soirée Ciné-Club rétro pour moi toute seule.

Alors, d’emblée, si le film se base sur le roman de Stoker, bien des choses ont été changées en cours de route. Déjà le fait que Jonathan Harker (John Van Eyssen) sache très bien où il met les pieds : dans le château d’un vampire !

Le scénariste Jimmy Sangster ayant du condenser 546 pages dans un long métrage de 1h22, il a supprimé une quantité de personnages et d’intrigues secondaires qui épaississait le roman de Stoker : Renfield et Quincey Morris n’existent pas, la tempête sur les côtes britanniques non plus, idem pour le quotidien du Docteur Seward….

Si vous voulez voir un excellent Dracula, je vous conseille la version de Francis Ford Coppola (1992) avec Gary Oldmand dans le rôle titre.

Ici, l’intrigue est épurée au maximum, elle va droit à l’essentiel et se focalise sur trois lieux : le château du Comte, la demeure des Holmwood et le cimetière.

Anybref ! Si notre Harker sait qu’il est dans le château d’un vampire, il reste pour le moins un grand naïf en pensant que la jolie fille qui l’aborde est vraiment une prisonnière du château et lorsque celle-ci se pend à son cou pour lui demander de la sauver, notre naïf lui répond gentiment, avec assurance qu’il va la sortir de là !

Putain, le con, on dirait un marchand de chaussures qui vous assure qu’il va aller vous chercher le soulier que vous aimez en pointure 39 ! Bien évidemment, il se fait mordre !

Ce que j’adore, dans ces films, ce sont les incohérences : en une morsure, Harker va devenir vampire !

Et attention, niveau grosses incohérences, vous n’avez rien vu ! Alors qu’il sait qu’il ne lui reste que quelques heures avant la tombée de la nuit, il cherche la crypte pour trouver le comte et il se souvient qu’en arrivant, il a vu une porte…

Ben oui les gars, si vous cherchez la crypte où repose Dracula (Christopher Lee) le jour, pas la peine de retourner son château ou de s’enfoncer loin dans les souterrains, vous poussez simplement la porte qui se trouve à gauche, lorsque vous êtes face à la porte d’entrée du château.

Oui, faut juste pousser ! Pas fermée à clé, rien du tout. Dracula et sa meuf reposent dans leur caveau, sans couvercles, alors qu’il y a des fenêtres à vitraux dans la crypte… Heu ??

Tiens, nos vampires respirent… déjà que ce n’est pas possible de les voir respirer la nuit, le jour, quand ils dorment du sommeil des morts, c’est encore moins possible !

Au fait, grouillez-vous parce que dans les Carpates, la nuit tombe à une vitesse hallucinante !

Dracula en fuite, c’est l’ami de Jonathan Harker qui va se lancer à sa poursuite : le docteur Van Helsing (Peter Cushing). Mais avant, faut planter un pieu dans le corps de Harker le Vampire.

Pauvre Christopher Lee, dans ce rôle, il a eu 6 lignes de dialogues et puis c’est tout ! Juste ouvrir la bouche et montrer ses canines, c’est tout ce qu’on lui a demandé. Heureusement qu’il a mis à profit sa haute silhouette pour donner du poids à son personnage et utilisé ses origines aristocratiques donner de la prestance au personnage.

Autre choses importantes qui changent, ce n’est pas de Mina dont Dracula est tombé in love, d’ailleurs, il ne tombe in love de personne, il veut juste se faire la fiancée de Harker : Lucy (Mina dans le roman).

La Mina (Melissa Stribling) dans le film, elle, c’est l’épouse d’Arthur Holmwood (Michael Gough), le frère de Lucy (Carol Marsh).

Et puis, nous ne trouvons pas à Londres, comme pour le roman, mais dans un pays de langue germanique puisqu’ils iront à la Frederickstrasse (Friedrichstrasse ?) et que tout ceux qui ont vu un épisode de l’inspecteur Derrick connaissent.

Un acteur qui est mauvais, c’est celui qui joue le rôle d’Arthur Holmwood ! Nom de dieu, mais qu’il est à chier, dans le film !

Alors que sa femme est enlevée par Dracula et que lui et Van Helsing sont à sa poursuite, il n’a pas l’air de paniquer plus que ça, on dirait juste qu’il se dépêche juste pour ne pas arriver en retard à l’église (humour pour un des fils de l’ex nain de jardin).

Autant il y avait de la profondeur dans le roman et dans le film de Coppola, autant il y en a moins dans celui-ci, que je trouve trop épuré de ce qui faisait sa grandeur.

Par contre, si le romantisme est absent, l’érotisme, lui, il est bien présent ! Enfin, si on s’en réfère à son année de sortie, 1958 !

La femme vampire dans le château était belle et possédait des formes voluptueuses, de quoi satisfaire les mains d’un honnête homme… Elle savait charmer et user de ce que la nature l’avait pourvue !

Dracula possède une élégance dominatrice et voir comment Lucy se trémousse dans son lit en l’attendant, on se dit que si c’était un être de chair et de sang qui entrait dans sa chambre, il aurait de fait une solide érection devant l’appel plus qu’explicite de la dame.

Les victimes du comte sont plus que consentantes ! Le sourire chargé de concupiscence que Mina Holmwood a après qu’elle ait rencontré le comte…Son mari aurait sans doute aimé voir le même en allant se mettre au lit…

Tout ça, c’était des mœurs interdites par la société victorienne (époque où se déroulent les faits) ou de celle des années 50 (année de sortie du film) puisque la révolution sexuelle sera pour les années 60.

Je terminerai en ajoutant que le film est bien entendu un combat entre le Bien (Van Helsing, un scientifique) et le Mal, représenté par Dracula, un vampire, une créature surnaturelle qui a des pulsions interdites (on ne boit pas le sang des gens, c’est mal élevé).

Autant dans le film de Coppola on ressentait l’amour que porte Dracula à Mina, autant ici il n’est doté qu’aucune empathie. Par contre, Van Helsing, il est prêt à tout pour détruire Dracula et lui, il a un portrait plus ambigu, moins lisse.

Si le film est considéré comme un classique et marque une apparition importante du comte vampire au cinéma, il n’en reste pas moins que nous nous trouvons devant un film au charme suranné et un peu kitch.

Étoile 3,5

Anecdotes sur le film :
En 1957, le succès de Frankenstein s’est échappé encourage la firme britannique Hammer Films Productions à ressusciter une autre icône du fantastique : Dracula. Le studio négocie un deal avec les américains d’Universal, détenteurs des droits du roman de Bram Stoker. Ces derniers autorisent la Hammer à produire leur film, en échange de l’exploitation internationale.

Avec le temps le film fut reconsidéré comme une œuvre importante dans le cinéma fantastique et britannique. Le bal des vampires parodiera les œuvres de Terence Fisher. Dans Vampire vous avez vampire ? Roddy McDowall incarne Peter Vincent, contraction de Vincent Price et Peter Cushing. Francis Ford Coppola rendra hommage au Cauchemar de Dracula, via certaines scènes de son adaptation. Dans Vampires, John Carpenter transpose la dualité Van Helsing-Dracula, à travers Jack Crow et Valek. Certains éléments sont aussi présents dans les jeux vidéo Castlevania. La 1ère apparition de Dracula fut reprise dans Gremlins 2 : la nouvelle génération et Sleepy Hollow : la légende du cavalier sans tête, dans lequel joue Lee.

Anecdotes du tournage :
Totalement aveuglé par ses lentilles de contact, Christopher Lee manqua plusieurs fois ses prises durant le tournage.

Dans la séquence finale, c’est à Peter Cushing que vint l’idée de se jeter sur les rideaux pour les arracher, contre celle, plus banale, de les tirer pour dévoiler le soleil, comme le prévoyait le script.

Lors d’une prise de la séquence où Dracula enterre l’héroïne, Christopher Lee, perdant l’équilibre, chuta sur la cascadeuse qu’il venait de basculer dans la fosse.

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016, le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde.

Fables – Tome 6 – Cruelles saisons : Bill Willingham & Mark Buckingham

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Titre : Fables – Tome 6 – Cruelles saisons

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Mark Buckingham & Tony Akins

Édition : Panini France (2008)

Résumé :
Il était une fois…

Après avoir réussit à gagner la Bataille sans éveiller les soupçons des Communs, les Fables se consacrent à la réparation des dégâts, tout en interrogeant l’agent de l’Adversaire et en suivant de près l’accouchement de Blanche Neige.

Tandis que Bigby Wolf, le père des enfants à naître, rend visite à un vieil ami avec lequel il évoque une guerre ancienne et meurtrière, et que le maire de Fableville prend conscience de la dure réalité de ses fonctions, Blanche Neige donne naissance dans la douleur… et la surprise…

Petit Plus : « Fables – Cruelles Saisons » regroupe les épisodes 22 et 28-33 de la légendaire série Vertigo de Bill willingham, illustré par Mark Buckingham, Steve Leialoha, Tony Akins et Jimmy Palmiotti.

fables-tome-6_-plancheCritique :
Chouette, mon Bigby préféré est mis à l’honneur avec une partie de sa vie durant la Seconde Guerre Mondiale, derrière les lignes ennemies, infiltrant l’ennemi SS dans son château !

Et si nous avions perdu, dans les tomes précédents, les annexes avec des informations sur les personnages des contes, nous aurons juste après la fin de la mission de Bigby, quelques notes explicatives sur cette histoire et les libertés prises par l’auteur.

Ensuite, retour dans le présent avec Blanche qui accouche, les élections qui ont lieu et des morts mystérieuses qui donneront lieu à une révélation coup de poing.

Une fois de plus, le scénario et l’univers des Fables sont maitrisés, soignés, remplis de mystères de suspense et de tous les codes qui régissent la vie des Fables à Fableville ou à la Ferme.

Pas le temps de se faire les ongles durant la lecture, les dialogues s’enchainent, pas ou peu de temps mort, de l’humour, des intrigues, des Fables qui se font tuer, d’autres qui mettent les voiles et un nouveau maire qui a promis un peu trop vite que demain, on balancerait des sorts gratis.

Et puis, que de changements dans cet album avec la prise des nouvelles fonctions de la Belle et la Bête qui se rendent compte que le cadeau était empoisonné et que le boulot de Blanche était plus que laborieux (celui de Bigby aussi), mais elle avait eu le temps d’acquérir de l’expérience, elle.

Au final, c’est un tome assez triste car il y a des changements radicaux dans l’univers des Fables et à Fableville et on se doute que rien ne sera plus comme avant…

Pour résumer cette série, je dirais que ses intrigues sont complexes, bien maitrisées, bien menées, que les rebondissements sont présents, pas à toutes les pages mais qu’ils ont l’art de vous surprendre et de relancer l’affaire de plus belle.

Les personnages sont attachants, terriblement humains même en étant immortels, car nos travers se retrouvent chez eux aussi. De plus, ils ne sont pas figés, ils évoluent, on pourrait en aimer un et le découvrir en beau salaud et en détester un autre et voir que tout compte fait, il est fréquentable.

L’ambiance est sombre, loin des licornes ou des Petits Poneys qui bouffent des arcs-en-ciel pour chier des papillons…

Je poursuis donc ma route avec ces contes revisités pour mon plus grand plaisir !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Cow-Boys coucher soleil

Fables – Tome 4 – Le dernier bastion : Bill Willingham & Mark Buckingham

Fables - T4 - Le dernier bastion

Titre : Fables – Tome 4 – Le dernier bastion

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Mark Buckingham – Russell Philip Craig – Hamilton Craig

Édition : Panini France (2007)

Résumé :
Raconté par Boy Blue, Le Dernier Bastion décrit les conditions dans lesquelles le Prince Charmant, Barbe-Bleue et les autres Fables ont quitté leurs royaumes, ravagés par la guerre.

Dans le feu d’un dernier combat sanglant surgit une jeune fille tout de rouge vêtue qui va briser à jamais le cœur de Boy Blue… Pendant ce temps, la communauté de Fableville tremble.

La présence de gobelins à la solde de l’Adversaire autour du passage entre le monde des Fables et le nôtre n’augure rien de bon.

Et qui sont ces hommes en noir qui ressemblent étrangement à Pinocchio et harcèlent Jack ?

9782365770651_p_1Critique : 
Waw, je viens de sortir retournée de cette lecture car si j’en ai appris un peu plus sur l’invasion du monde des Fables par l’Adversaire, je suis encore loin de tout savoir !

Mais j’adore quand on me titille la curiosité de la sorte et quand on me surprend alors que je suis bien installée dans mon confort de lecture.

Boy Blue n’a pas trop le moral et puisqu’on lui demande si gentiment, il va nous conter l’histoire du dernier bastion, ce dernier refuge des Fables avant qu’elles ne quittent définitivement leur monde pour arriver dans le nôtre.

L’auteur est une peau de vache, bien qu’il nous dévoile un peu plus sur cette guerre et ce qui se passa durant le dernier bastion, cette sorte de Fort Alamo qui est prêt à tomber au mains de l’Adversaire, il ne nous dit pas tout non plus, juste assez pour nous satisfaire, mais sans nous gaver ou tout nous dire.

De plus, il introduit aussi trois personnages bien chelous dans Fableville avec des airs des M.I.B, la démarche de Will Smith en moins.

Hélas, il y a toujours un dessinateur dont je n’aime pas ce qu’il nous fait de Bigby (pas de nom), mais pour le reste, ça bouge, c’est rempli de souvenirs, de suspense et de sacrifices de certains aussi pour que d’autres puissent s’enfuir et vivre.

Le tout entrecoupé de la campagne électorale de notre Prince Charmant qui se verrait bien maire à la place du maire de Fableville. En tout cas, comme tout bon politicien, il baratine beaucoup.

Depuis le temps que je dirige cette ville, je manie le double langage à la perfection.

Rien à dire, c’est addictif cette série !

— Passe au large des pylônes, bon sang ! Tu veux faire le boulot de l’ennemi à sa place et nous couler ?
— Ben non cap’tain ! Mais le bateau est surchargé et plus délicat à manier qu’une putain vérolée.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Lone Ranger

Fables – Tome 3 – Romance : Bill Willingham & Mark Buckingham

Fables - T3 - Romance

Titre : Fables – Tome 3 – Romance

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Mark Buckingham – Medina Lan – Talbot Bryan – Medley Linda

Édition : Panini France (2007)

Résumé :
Dans l’univers des Fables, les histoires finissent rarement bien.

Exilés de leur pays des merveilles, les Fables ont été contraints de se fondre dans la banale réalité du monde des Communs. Mais l’amour n’en frappe pas moins à leur porte, avec son lot de souffrances, de trahisons et de crises de jalousie.

Cupidon va même décocher ses flèches à deux des Fables les plus réfractaires aux élans de la passion. Vont-ils vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants… ou mourir prématurément ?

PlancheA_170909Critique : 
♫ C’est un beau roman, c’est une belle histoire ♪ C’est une romance d’aujourd’hui ♫

Dans les contes, ça se termine toujours pas « Ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours » mais dans l’univers des Fables, nous sommes loin de la magie de l’amour à la sauce Disney.

Nous commençons ce tome par un petit aparté pour nous présenter les contes folkloriques de Jack qui ont tout l’air de déboires…

Ensuite, ne vous fiez pas au titre qui pourrait vous faire penser à de la guimauve romantique, nous en sommes loin !

Déjà, nous sommes dans la merde avec un journaliste qui souhaite publier un article fracassant sur nos Fables, révélant leur véritable nature de… Vampire ! Heu oui, il s’est un peu planté, le mec, n’empêche qu’il faut à tout prix le stopper.

Nos personnages principaux vont révéler un peu plus leur véritable nature, on va découvrir des traitres, des Fables qui jouent au double jeu et qui sont prêtes à tout pour arriver à leur fin.

Les dialogues sont toujours au top, correspondant bien aux personnages, à sa personnalité propre.

Il y a juste une chose qui m’a dérangée : les dessins ! Nous passons à plusieurs dessinateurs et il y en a un dont je déteste son interprétation des personnages et le pire est ce pauvre Bigby qui a l’air d’avoir de lèvres perpétuellement rentrées.

Hormis ce petit bémol qui pour moi en est un grand, la qualité du scénario, des dialogues et le mystère qui entour la prise du monde des Fables par l’Adversaire sont toujours de haute facture et il m’en faudrait plus que je m’arrête en si bon chemin.

Maintenant que le coupable s’est désigné, je peux donc accuser Actu du Noir (Jean-Marc Laherrère) de ma dépendance à cette série. Merci à lui.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Eagle+flag

Fables – Tome 2 – La ferme des animaux : Bill Willingham & Mark Buckingham

Fables - T2 - La ferme des animaux

Titre : Fables – Tome 2 – La ferme des animaux

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Mark Buckingham

Édition : Semic Book (2004 / Panini France (2009)

Résumé :
Depuis qu’ils ont été chassés de leurs Royaumes par l’Adversaire, les Fables non humains vivent à la Ferme. Dans cette vaste propriété du nord de l’État de New York, ils sont à l’abri des regards inquisiteurs des Communs.

Mais après des siècles d’isolement, les Fables de la Ferme sont au bord de la révolte, encouragés par les discours enflammés de Boucle d’Or et des Trois Petits Cochons.

Et quand Blanche Neige et Rose Rouge découvrent leur projet de libération des Royaumes, les responsables de la Ferme sont prêts à tout pour réduire les deux femmes au silence !

fables_tome_2_0Critique : 
— Qui a tué le Petit Cochon de la fable ?
— C’est le Grand Méchant Loup !!
— Impossible, le shérif de Fableville n’était pas présent, il est persona non grata à la ferme des Fables et de plus, le Cochon avait squatté le canapé chez lui à New-York et il en était revenu en un seul morceau. Alors qui ??
— Ben, on sait pas, va falloir enquêter, non ?

Oui ma chère Blanche-Neige, va falloir enquêter sur la décapitation de Colin le Cochon et sur le pourquoi du comment les Fables non humaines de la Ferme se regroupent toutes pour discuter dans la grange.

Ah, faudrait aussi retrouver le reste du corps du Petit Cochon parce que pour le moment, nous n’avons que sa tête…

Comme quoi, on a beau avoir dormi chez le Grand Méchant Loup durant des lunes, on se rend compte que les risques, ils étaient tapis chez les siens !

Notre Blanche-Neige est seule pour cette enquête qui se déroulera en vase clos à la Ferme où on a regroupé toutes les Fables non humaines et notre amie ne pourra pas compter sur son Méchant Loup de shérif et encore moins sur sa sœur, Rose Rouge.

— Ils ont tout le confort, ces cochons. On dirait de vraies personnes.
— Nous sommes de vraies personnes.

Une fois de plus, le scénario se tient, on ne s’embête pas, on découvre, horrifiée, que Boucle d’Or se tape Petit Ours car il en a une grande, on croise de vieilles connaissances de Kipling ainsi que ceux d’autres Fables plus ou moins connues.

Les annexes sont toujours les bienvenues en fin de tome pour en apprendre un peu plus sur les multiples personnages de contes qui se baladent dans ces pages.

Le final, lui, est prenant et se termine par un cliffhanger qui fait peur.

J’adore cette série en tout cas.

— Ce qui est fait est fait, Posey. On ne peut pas remettre de la fiente dans une oie. 

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires, Challenge « Totem » par Liligalipette (loups) et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Elementary

Fables – Tome 1 – Légendes en exil

Fables - Tome 1 - Légendes en exil

Titre : Fables – Tome 1 – Légendes en exil

Scénariste : Bill Willingham
Dessinateur : Lan Medina

Édition : Semic (2004) / Panini France (2009) / Urban Comics (2012)

Résumé :
A Fableville, où les personnages de contes de fées cohabitent avec les New-Yorkais, la question est sur toutes les lèvres. Mais seul Bigby, le Grand Méchant Loup, peut résoudre l’énigme et, avec l’aide de Blanche Neige, empêcher la communauté des Fables de voler en éclats.

Petit Plus : « Fables : légendes en exil » rassemble les cinq premiers épisodes de la célèbre série.

Fables-1Critique :
Ne me demandez pas sur quel blog j’avais lu les chroniques de ce comics, je ne saurais plus vous le dire.

Un blâme que je mérite, pour ne jamais écrire qui me conseille quoi et ne pas savoir, lors de ma chronique, rendre à César ce qui appartient à César.

S’il se reconnaît, je lui dis « merci » parce que je viens de découvrir une série qui me semble prometteuse et puisque la biblio les possède tous… What’else ?

Imaginez que les créatures de vos contes de fées soient réunies dans la ville de New-York !

Oui, vous avez bien lu ! Blanche-Neige est une adjointe au maire des plus coriace, la Belle et sa Bête ont des problèmes conjugaux, le Prince Charmant est beau gosse mais saute sur tout ce qui bouge et qui est jolie, le Méchant Loup héberge un des Trois Petits Cochons chez lui…

Quand à Blanche-Neige, elle gère Fableville en tant qu’adjointe au maire.

De quel droit se permet-elle de critiquer la vie privée des gens après ce qu’on raconte de sa petite aventure salace avec les sept nains ?… (La Belle à propos de Blanche-Neige)

Mais qu’est-ce qu’il s’est passé pour que ces Fables débarquent dans notre monde ??

L’Adversaire les a attaqué, chassé, décimé et, la mort dans l’âme (et les poches presque vides), ils se sont réfugiés en cachette dans notre monde.

Un par un, nos royaumes épars tombèrent sous le joug de l’adversaire, englouti dans son empire de plus en plus grand. Si nous nous étions alliés assez tôt, peut-être aurions-nous pu l’arrêter. Quand nous réalisâmes qu’il n’entendait pas conquérir que les autres royaumes des autres, mais qu’il les convoitait tous, il était trop tard. Il était déjà trop puissant.

Jadis, nous vivions dans mille royaumes distincts, éparpillés sur une centaine de mondes magiques. Nous étions rois, cordonniers, sorciers ou sculpteurs. Nous avions nos pécheurs, nos saints et nos fieffés arrivistes et du plus grand seigneur à la plus humble paysanne, nous ne nous connaissions pas pour la plupart. Il fallut une invasion pour nous unir.

Et là, un crime horrible vient d’avoir lieu et notre Grand Méchant Loup (à visage humain) va mener l’enquête. Normal, il est le shérif…

L’auteur, Bill Willingham, n’a pas cherché à faire table rase des contes du passé, ou à tout changer, non, il a introduit l’attaque du monde des Fables par un Assaillant et il les a transposé dans notre monde, leur inventant une nouvelle vie, une vie de réfugiés, une vie qui n’est pas faite pour certains, une vie traumatisante pour ces êtres quasi immortels qui ne vieillissent jamais.

J’ai aimé l’humour corrosif dans les répliques que certains s’envoient à la gueule, les soucis bien terre-à-terre de certains couples, le fait que les personnages soient détournés, mais tout en restant cohérents dans leurs actions.

L’enquête est bien menée et j’ai été eue à la fin parce que je ne m’y attendais pas du tout ! Pas le temps de s’embêter car tout l’album n’est pas dévolu à l’enquête sur la mort sanglante de Rose-Rouge mais il sert aussi à nous présenter une partie des protagonistes et de leur organisation au milieu des Communs (nous) qui n’avons pas connaissance de leur existence.

Par contre, j’ai eu du boulot pour retrouver parmi les nombreuses allusions référencées celles que je connaissais. Ben j’en connaissais pas beaucoup ! Bon amusement à vous pour toutes les dénicher dans les décors.

Ma seule critique sera pour les couleurs qui ne sont pas terribles et je trouve ça un peu mesquin lorsque l’on voit le prix des livres.

— Les femmes portent des décolletés pour distinguer les gentlemen des chiens. Les rares hommes qui vous regardent dans les yeux, même face à des seins comme les miens, ont un potentiel.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Eagle+flag

The Hateful Eight – Les 8 salopards : Tarantino [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 2/52]

Les Huit Salopards, ou Les Huit Enragés au Québec (The Hateful Eight), est un film américain réalisé par Quentin Tarantino, sorti en décembre 2015.

1. Synopsis :
Quelques années après la guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth fait route vers la ville de Red Rock où il doit livrer à la justice sa prisonnière, Daisy Domergue. Ils rencontrent sur la route le major Marquis Warren un ancien soldat de l’Union devenu lui aussi chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock.

Alors qu’ils sont surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans un relais de diligence où se trouvent déjà quatre autres personnes : Bob, qui s’occupe du relais en l’absence de la propriétaire, Oswaldo Mobray, le bourreau de Red Rock, le conducteur de troupeaux Joe Gage, et le général confédéré Sanford Smithers. Coincés par la tempête, les huit voyageurs vont s’engager dans une série de tromperies et de trahisons.

2. Distribution :

  • Samuel L. Jackson : le major Marquis Warren « le Chasseur de primes » (the Bounty Hunter)
  • Kurt Russell : John Ruth « le Bourreau » (the Hangman)
  • Jennifer Jason Leigh : Daisy Domergue « la Prisonnière »
  • Walton Goggins : Chris Mannix « le Shérif »
  • Demián Bichir : Bob « le Mexicain » / Marco le Mexicain
  • Tim Roth : Oswaldo Mobray « le Court-sur-pattes » (the Little Man) / Hicox l’Anglais (English Pete Hicox)
  • Michael Madsen : Joe Gage « le Cowboy » / Joe la Grogne (Grouch Douglas)
  • Bruce Dern : le général Sanford Smithers « le Confédéré » (the Confederate)
  • James Parks : O. B. Jackson, le cocher
  • Channing Tatum : Jody Domergue

Au sujet du scénario, Tarantino explique qu’il lui a été surtout inspiré par des séries télévisées comme Bonanza, Le Virginien et Le Grand Chaparral dans lesquelles les héros étaient régulièrement pris en otage par une bande de hors-la-loi.

« Qu’est-ce qui se passerait si je tournais un film avec seulement ces derniers personnages ? Pas de héros. Juste un groupe de méchants dans une pièce, se racontant tous des histoires qui peuvent être aussi bien vraies que fausses. Enfermons ces gars ensemble dans une pièce avec un blizzard à l’extérieur, donnons-leur des flingues, et voyons ce qui se passe. » — Quentin Tarantino

Ce que j’en ai pensé :
J’avais hâte de le voir, la B.O était prometteuse, la première affiche, celle du chariot qui roule et qui laisse des traces de sang derrière lui était magnifique.

Cette affiche était un clin d’œil à celle de La Chevauchée fantastique de John Ford sorti en 1939.

L’attelage des 6 chevaux sera bien présent, mais il tirera une diligence privative et pas un chariot comme au temps des pionniers…

Le début m’emballait bien, le générique défilait sur fond de christ en croix recouvert de neige, puis, une diligence tirée par 5 chevaux noirs et 1 blanc passait dans ce somptueux paysage enneigé. Le début était magique.

Où ça commence à refroidir, c’est quand la diligence qui abrite John Ruth – The Hangman – (Kurt Russell) et sa proie Daisy Domergue qu’il emmène pour faire pendre à Red Rock, s’arrête devant la silhouette de Samuel L. Jackson – Major Marquis Warren,  le Chasseur de primes qui ne ramène que des morts, lui.

Bon, les gars, ça caille, il neige, il y a un blizzard qui se pointe, les chevaux sont bien chauds et voilà que vous causez durant de longues minutes, refroidissant par là les muscles des canassons…

Et puis, notre chasseur de primes et son tas de cadavres, sans cheval, car mort d’épuisement, il les a transporté comment, ses corps morts ?? Et comment il fait pour rester aussi propre alors qu’il a chevauché tellement qu’il en a tué son bourrin ??

Passons… ça cause déjà beaucoup, pour pas grand-chose et ça va causer encore plus lorsqu’ils vont croiser la route de Chris Mannix, le futur Shérif de Red Rock (qu’il dit).

Le gros défaut du film, c’est qu’il est long et qu’il possède de grands moments de parlotte pour rien !

À croire que c’est à celui qui fera le plus de reproches aux autres ! Il faut dire que le chasseur de primes est Noir et Nordiste tandis que le futur shérif est un ancien renégat Sudiste. Et on n’est même pas sûr que ce soit bien le futur shérif…

Trois hommes, trois salopards, déjà, en train de se crêper le chignon comme des gosses à la maternelle ! Le dialoguiste devait être un qui bossait au rabais ! C’est pas du Audiard…

Le film qui nous montre quelques grands espaces neigeux va vite se concentrer sur le contenu de la diligence avant de nous préparer au huis-clos que sera la mercerie de Minnie où nos hommes et la femme prisonnière vont aller se réfugier.

Dans le même endroit, nous rassemblons un chasseur de primes suspicieux (Kurt Russel); sa proie édentée (Jennifer Jason Leigh), la gueule en sang à force de se prendre des coups parce qu’elle ne sait pas fermer sa gueule et à côté de qui, Jack The Ripper ferait office d’enfant de cœur.

Le futur shérif qui est donc un renégat Sudiste; le chasseur de primes Nordiste, Noir avec sa lettre de Lincoln (Samuel L. Jackson); un général Sudiste (qui s’y trouvait déjà), raciste comme pas deux; un Bourreau anglais venu en renfort caisse pour squetter des cous (les briser) à Red Rock; un cow-boy taciturne et un Mexicain basané un peu bizarre qui dit s’occuper de la mercerie durant l’absence de Minnie.

Un huis-clos qui sera assez épais, limite endormant, alors qu’il y avait moyen de faire mieux.

Je voulais de l’action, mais j’ai eu du bla-bla à en avoir une indigestion, des dialogues qui ne volaient pas très haut, creux, je trouve, car on pouvait faire plus fort avec moins de paroles. À croire que tout le monde voulait s’entendre parler !

Les piques étaient nulles, sans talent aucun. Tarentino aurait dû choisir le dialoguiste qui écrit les répliques du nain génial Tyrion ou les dialogues de la série GOT ! Là on aurait eu des dialogues percutants au lieu de boire le calice jusqu’à la lie.

Quand à la bande son de Morricone, je l’ai connu bien plus inspiré que ça ! C’était fadasse comme les dialogues !

Et puis, sur la fin, on se remue le cul, ça bouge un peu, mais trop de sang et de violence tue le sang… J’en baillais d’ennui, je vous jure., malgré les crânes qui explosent et le sang qui gicle.

Puisqu’il était dans le gore, Tarentino aurait pu pousser la véracité jusqu’au bout et faire en sorte que le pendu se vide les intestins et la vessie sur le plancher.

Ma seule consolation sera pour le jeu des acteurs, que je salue, parce qu’ils sont tous monumentaux et, comme dans un Cluedo, on cherche qui est le traitre !

Je salue la sagacité du Major Marquis Warren qui a fait les bonnes déductions qui s’imposaient. Un p’tit Sherlock dormait en lui…

Moralité de l’affaire ? Si vous avez 2h47 à perdre dans votre vie – à vous de voir – mais moi, je suis contente de ne pas avoir payé pour aller le voir, ça m’aurait fait mal.

À la limite, j’aurais fait de la broderie que j’aurais été gagnante !

(Et va falloir que je trouve une autre image pour illustrer l’ennui ressentit dans le prochain film dont je vous parlerai ! Une nouveauté aussi… L’année ciné commence mal – mdr)

Vous voulez un western ? Tapez-vous « Le bon, la brute et le truand », matez-vous « Once upon a time in the west », encanaillez-vous avec « The magnificent seven » mais allez voir ailleurs pour « The Hateful height ».

Étoile 2

Challenge « Victorien » chez Arieste, Le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Film De La Semaine 2016 (#LeFilmDeLaSemaine2016).

[Série] Deadwood – Saison 1 : Une série qui te dégommera plus vite que ton ombre

« Deadwood » est une série télévisée américaine en 36 épisodes de 50 minutes, créée par David Milch d’après le roman homonyme de Pete Dexter et diffusée entre le 21 mars 2004 et le 27 août 2006 sur HBO.

C’est une série « western » qui se déroule entre 1876 et 1877 à Deadwood, dans le Dakota du Sud.

La série se base sur des faits et des personnages réels – bien entendu, des éléments de fictions sont injectés.

1. Diffusion :

En France, la série a été diffusée à partir du 16 février 2006 sur Canal+, puis rediffusée en 2012 sur AB1, sur la chaîne Action en septembre 2013, en Suisse à partir du 2 janvier 2007 sur la TSR et depuis le 3 janvier 2011 au Québec.

Après la troisième saison, la série a officiellement été annulée, même si 2 téléfilms ont été envisagés comme conclusion. Ils ne verront jamais le jour.

SethBullock et Al Swearengen

2. Synopsis :

 1876, la guerre de Sécession est peut-être terminée, mais elle a laissé le Nouveau Monde exsangue.

Commence alors la plus grande ruée vers l’or que connaîtra le pays à la suite de la découverte en 1864 par le général Custer de filons dans les Black Hills.

Elle resta secrète pendant dix ans, car le gouvernement américain ne voulait pas d’un exode au sein de territoires sacrés et attribués par traité aux Indiens, mais celui-ci change son fusil d’épaule devant l’état de l’économie, au risque d’un conflit ouvert avec certaines tribus comme les Sioux ou les Cheyennes.

Sous la conduite de leurs chefs Sitting Bull, Crazy Horse et Red Cloud, ceux-ci ont d’ailleurs bien tenté de résister, voire de refouler les intrus.

Le plus célèbre des affrontements étant sans conteste le  » Custer’s Last Stand » qui vit le massacre du général Custer et de ses 250 soldats à Little Big Horn.

C’est exactement une semaine après ce dernier grand fait d’arme du peuple amérindien que Deadwood commence.

À la fin des années 1870, la petite ville de Deadwood, située dans le Dakota du Sud, est devenue un endroit sans foi ni loi où se retrouvent tous ceux que la fièvre de l’or a attirés dans les Black Hills.

On y croise plusieurs personnalités historiques, telles que Wild Bill Hickok, Calamity Jane, Seth Bullock, Al Swearengen et Wyatt Earp.

1876. Seth Bullock a quitté le Montana avec son ami Sol Star pour ouvrir son business à Deadwood, Dakota du Sud.

Ce camp, formé depuis 6 mois en toute indépendance, va devoir faire face à l’agrandissement constant de sa population et à l’évolution politique qui va placer Al Swearengen, son leader officieux, au cœur de beaucoup de tourments qu’il se crée souvent lui-même.

3. Distribution :

  • Timothy Olyphant : Seth Bullock
  • Ian McShane : Al Swearengen
  • Molly Parker : Alma Garret
  • John Hawkes : Sol Star
  • Paula Malcomson : Trixie
  • Robin Weigert : Calamity Jane
  • Powers Boothe : Cy Tolliver
  • Kim Dickens : Joanie Stubbs
  • Alice Krige : Maddie (saison 2 uniquement)
  • Brad Dourif : Doc Cochran
  • Dayton Callie : Charlie Utter
  • William Sanderson : E.B. Farnum
  • Garret Dillahunt : Jack McCall (saison 1), Francis Wolcott (saison 2)
  • Jim Beaver : Whitney Ellsworth
  • W. Earl Brown : Dan Dority
  • Sean Bridgers : Johnny Burns
  • Titus Welliver : Silas Adams
  • Anna Gunn : Martha Bullock (en) (à partir de la saison 2)
  • Josh Eriksson : William Bullock (saison 2 uniquement)
  • Sarah Paulson  : Alice Isringhausen (à partir de la saison 2)
  • Bree Seanna Wall : Sofia Metz
  • Leon Rippy : Tom Nuttall
  • Jeffrey Jones : A. Walter « A.W. » Merrick
  • Keone Young : Mr Wu
  • Larry Cedar : Leon
  • Peter Jason : Con Stapleton
  • Geri Jewell : Jewel
  • Michael Harney  : Steve
  • Keith Carradine : Wild Bill Hickok (saison 1 uniquement)
  • Ray McKinnon : Révérend Smith (saison 1 uniquement)
  • Peter Coyote : Général George Crook

4. Épisodes :

Première saison (2004)

  1. Deadwood (Deadwood)
  2. Eaux troubles (Deep Water)
  3. Jusqu’au bout du filon (Reconnoitering the Rim)
  4. Le prix du silence (Here Was a Man)
  5. Le Procès de Jack McCall (The Trial of Jack McCall)
  6. Épidémie (Plague)
  7. Le Retour de Bullock (Bullock Returns to the Camp)
  8. La Souffrance des petits enfants (Suffer the Little Children)
  9. Pas d’autres enfants (No Other Sons or Daughter)
  10. Monsieur Wu (Mr. Wu)
  11. Des bottes faites pour marcher (Jewel’s Boot is Made for Walking)
  12. Les Cavaliers (Sold Under Sin)

Deuxième saison (2005)

  1. Bienvenue à Deadwood – 1ère partie (A Lie Agreed Upon – Part 1)
  2. Bienvenue à Deadwood – 2ème partie (A Lie Agreed Upon – Part 2)
  3. Argent neuf (New Money)
  4. Le Caillou (Requiem for a Gleet)
  5. Complications (Complications)
  6. Quelque chose d’extrêmement onéreux (Something Very Expensive)
  7. E.B. à l’Index (E.B. Was Left Out)
  8. Enfantillages (Childish Games)
  9. Fusion et capital – 1ère partie (Amalgamation and Capital)
  10. Fusion et capital – 2ème partie (Advances, None Miraculous)
  11. Funérailles (The Whores Can Come)
  12. Le Garçon qui parle à la terre (Boy the Earth Talks To)

Troisième saison (2006)

  1. Dis à ton dieu de se préparer pour le bain de sang (Tell your God to Ready for Blood)
  2. Je ne suis pas le type bien pour lequel vous me prenez (I Am Not the Man You Take Me For)
  3. La couleur de l’argent (True Colors)
  4. Confiance et crédit (Full Faith and Credit)
  5. Un monstre à deux têtes (A Two-Headed Beast)
  6. Un gros filon (A Rich Find)
  7. De la cannelle pour les caïds (Unauthorized Cinnamon)
  8. Le sourire de Léviathan (Leviathan Smiles)
  9. Talents cachés (Amateur Night)
  10. Palpitations (A Constant Throb)
  11. Position de force (The Cat Bird Seat)
  12. Il veut une belle histoire (Tell Him Something Pretty)

5. Ce que j’en ai pensé :

Voilà une série western qui ne s’adresse pas aux petits n’enfants ! On est loin, trèèès loin de « La petite maison dans la prairie » ou de « Docteur Queen » et autre « Bonanza ».

Ici, ça sent le sang, la sueur, le crachat, la pisse et la merde qui débordent du pot de chambre, le sperme après une nuit de fornication avec les prostituées.

Ici, ça empeste le whisky frelaté et ça pue les chaussettes trouées dans des bottes crottées de boue et jamais enlevée depuis dix ans, sans parler d’autres matières odorantes que je ne vous décrirai pas, mais en aucun cas, ça ne sentira la délicieuse odeur des herbes de Provence.

D’ailleurs, les cow-boy, pas lavés, reconnaissent le sens de leur caleçon long dans le fait que devant, il est jaune et derrière, brun.

Le Blondin de Sergio Leone est loin… Ici, c’est pas pour les fillettes et le premier qui a un cadavre encombrant le donnera aux cochons.

Laissez tomber vos souvenirs du far-west à papa ou à John Wayne, le gentil qui gagne toujours. Oubliez de suite les belles chevauchées à travers les grands espaces et mettez de côté les duels à la Lucky Luke.

Cette série a pour fonction de mettre en avant les pouilleux de colons que voulaient faire fortune ou rêvaient d’une vie meilleure…

Nous sommes face à leur ordinaire dans leur vie de misère. Cette vie qui les a jetés sur les routes et les a conduit au milieu d’étendues désertiques où tout était à construire, à imaginer, à faire sortir de terre.

Le pitch du départ ? Seth Bullock était un ex-shérif dans une ville du Montana. Lui et son acolyte, Sol Star, viennent de débarquer à Deadwood – pas pour la fièvre de l’or – mais pour y ouvrir une quincaillerie et profiter justement du boom économique de la région.

Dans les scénarios excellents, il y a d’une part les personnages ayant réellement existé, des faits basés sur des faits historiques connus, et d’autre part, il y une grosse part de fiction.

La dénommée « Trixie », prostituée de son état, aurait vraiment – ainsi qu’on le voit au début de la série – tiré une balle dans la tête d’un client qui la battait.

Niveau personnages célèbres ou ayant existé, Bill Hickok (Buffalo Bill) a bel et bien existé, tout comme Calamity Jane, Wyatt Earp ou le sheriff Seth Bullock, qui ouvrit effectivement une quincaillerie dans le Dakota du Sud en 1876.

Par contre, Bullock ne fut jamais ami du légendaire Bill qui mourut assassiné le lendemain de son arrivée à Deadwood en provenance d’Helena dans le Montana.

Mais il devint le premier représentant de la loi dans cette cité en construction.

Al Swearengen occupa bien la fonction de tenancier d’un bordel baptisé le « Gem Theater » pendant 22 ans. Homme d’affaires prospère à l’époque de la ruée vers l’or, bien qu’il ne se lança jamais dans l’activité minière.

En 1876, contrairement à la série, il ne possédait qu’un petit établissement et non un hôtel vaste et toujours bondé de monde. Ce sera plus tard.

Approximations réelles et voulues qui ne nuiront pas au déroulement du récit.

Par ailleurs, certains personnages sont purement inventés… Il faut bien en ajouter pour le plaisir du téléspectateur qui ne sait pas encore qu’il ne verra jamais la fin de cette série géniale.

Comme je vous le disais, il y a eu un arrêt brutal après la troisième saison, la quatrième et dernière saison prévue à l’origine ayant été annulée par la chaîne HBO, pour cause de budget, le nombre d’acteurs engagés étant trop important, donc trop coûteux.

Ils avaient bien parlé de deux films pour clore la série, mais on l’aura dans le baba ! Dommage de finir ainsi… Bande de salauds, va !

Malgré ce gros bémol, « Deadwood » est une sacrée putain de série que je classe dans les « plus mieux », surtout la première saison.

Le mythe de l’Ouest Américain est revisité Enfin, le mot « revisité » est peut-être inopportun puisque nous avons droit à une série qui est sans doute plus proche de ce que furent ces années que ne le seront jamais tous les westerns spaghettis familiaux.

Tous les codes du far-west sont là, mais sublimés. Non, à cette époque là, tout n’était pas tout rose et on est loin du rêve américain.

Deadwood, c’est le monde en devenir, c’est une société en quête de la célèbre « Frontière ».

Pour mémoire, la Frontière (the Frontier) ou Mythe de la Frontière est la ligne marquant la zone limite de l’implantation des populations d’origine européenne dans le contexte de la conquête de l’Ouest. Elle est l’un des mythes historiques des États-Unis. L’utilisation du mot « frontier » désignant « une région aux confins d’un territoire civilisé » est une acception nord-américaine. Elle désigne donc plus un front pionnier qu’une frontière telle qu’on l’entend

Dans « Danse avec les loups », Kevin – Lieutenant John Dunbar – Costner était le témoin impuissant de la disparition de la Frontière, mais dans Deadwood, les personnages en sont les artisans de sa disparition. On change de point de vue (images du monde).

Deadwood, ce n’est pas que le titre d’une série, c’est aussi LA plus célèbre des villes minières qui poussèrent à l’époque comme des champignons dans la région.

Celle-ci n’a pas deux mois d’existence que grouillent déjà en son sein plus de dix milles personnes aussi avides de faire fortune que prêtes à tout pour y arriver.

La justice et les lois du gouvernement de l’Union n’ont pas droit de cité et tout est encore permis dans cette ville, du moment que l’on sache manier son colt.

Non, ceci n’est pas une blague. La ville de Deadwood était bien ainsi à l’époque. Là, rien de fictionnel, juste la dure réalité des choses de l’époque.

Son créateur, David Milch (de la série, pas de la ville !) et les scénaristes se sont donc appuyés sur ces faits historiquement exacts pour développer cette sorte docu-fiction version série télé, puisque s’y croisent personnages historiques tels que Wild Bill Hickock ou Calamity Jane.

En vrac, on a aussi des pionniers, des aventuriers, des margoulins, des escrocs, des chercheurs d’or et même des idéalistes…

Toute cette populace a colonisé et peuplé le territoire, ils l’ont maté, un peu apprivoisé puis l’ont exploité pour faire fortune ou pour connaître la ruine.

Ici, la pratique du pot-de-vin n’inspire aucune mauvaise conscience et cette manie participait même à la bonne administration de la ville et à la bonne gestion des entreprises.

Seth Bullock était un ex-shérif dans une ville du Montana. Lui et son acolyte, Sol Star, viennent de débarquer à Deadwood – pas pour la fièvre de l’or – mais pour y ouvrir une quincaillerie et profiter justement du boom économique de la région.

On ne perd pas de temps à Deadwood : le premier épisode nous plonge dans le bain de boue des rues dégueu et on fait connaissance avec ce que je nommerai « les notables » qui sont déjà bien établit dans cette ville de perdition.

Retenez bien le nom d’Al Swearengen (joué par Ian McShane, illustre inconnu chez nous) car son talent crève l’écran à chaque plan de la caméra. Nous sommes face à un homme au passé trouble qui, avec son saloon, contrôle de fait une ville perdue.

Tout l’attrait de la série c’est que son producteur a voulu démontrer (et à réussi) que « Ordo ab chaos » : comment l’ordre ainsi qu’une civilisation ont réussi à pousser sur un champ qui avait tout du chaos.

Le chaos ne peut pas « rester, continuer, durer » comme on dit chez nous, à Bruxelles, à un moment donné, il finira par se faire niquer par l’ordre. Même les habitants de Deadwood le savent.

Deadwood, ce n’est pas que des colt, c’est aussi une étude de l’Amérique.

À comparaison égale, on pourrait dire que la série peut donner la main à la série « Rome » : nous nous retrouvons face à une plongée dans l’Histoire, à une tentative d’examen d’une époque révolue, même si pour les besoins du récit certains faits historiques furent gommés ou tronqués.

Niveau décors, costumes ou jeu des acteurs, tout y est précis et magnifique.

L’acteur Ian McShane qui incarne le salaud Al Swearengen, personnage détestable au possible, le genre de gars que l’on voudrait tuer sur place, est superbe.  Sans lui, Deadwood ne serait pas la même… Un peu comme « Game of thrones » doit beaucoup au détestable Joffrey Baratheon.

Timothy Olyphant qui joue le rôle de Seth Bullock est forme avec lui un tandem détonnant de par leurs caractères que tout opposent et pourtant…

La relation entre les deux hommes est importante dans la série car elle constitue le principal socle de la narration.

Bon, Deadwood est une série violente, comme je pense avoir réussi à vous faire comprendre…

Ses décors et ses costumes sont réalistes et le langage est ordurier ! Faites sortir les enfants de la pièce sinon, ils amélioreront leur langue de Lincoln en apprenant des mots très fleuris tels que « fuck » ou « cocksuckers ».

On peut dont aller « se faire mettre » de différente manière… amis de la poésie, bonjour !

Je ne suis pas spécialisée dans les gros mots de l’époque, mais certains commentateurs sur le Net ont signalés qu’ils n’étaient pas d’A.O.C mais plus contemporains qu’autre chose.

Un peu dommage de ne pas avoir conservé les mots insultant de l’époque et d’avoir mis dans la bouche de Mister Wu le très grossier « cocksucka », le faisant répéter comme un perroquet savant ce mot dont on pourrait croire qu’il est le seul qu’il ait appris depuis son arrivée sur le sol américain.

Sans doute pour ne pas faire rire les téléspectateurs qui se bidonneraient bien en entendant dans la langue de Molière des « Sacrebleu » et autre mots qui ne sont plus insultants de nos jours.

Je ne sais pas ce qu’en ont pensé les gens de la censure, mais ils ont dû en avaler de travers !

Ce qui me fait embrayer avec cette petite chose que j’ai appris dernièrement :  le cinéma américain de l’entre-deux-guerres avait dû se soumettre à une censure morale des plus strictes, obligeant de fait Hollywood à donner une image plus lisse de cette période, jusqu’à donc en oblitérer l’aspect outrancier et ultra ordurier du langage.

Mais ne boudons pas notre plaisir : le scénario est fin, très riche, les personnages bien travaillés et complexes.

 
Même la ville qu’ils construisent a une âme… Deadwood, qui n’est à l’origine qu’un camp, occupe une place centrale et passionnante dans les saisons deux et trois.

Lors du visionnage de la série, on sent déjà le germe du futur capitalisme américain.

Les scénaristes ne se sont d’ailleurs pas privés pour nous faire découvrir les liens entre le monde politique et les « gangs » ont pu se perpétuer et comment la violence a toujours joué un rôle.

Toute cette joyeuse colonie va devoir apprendre à se réguler elle-même, à trouver des modes de fonctionnement pour que certains s’enrichissent et s’emparent du pouvoir au détriment des autres.

Bref, une série réaliste qui nous entraînera, durant trois saisons, dans la transformation d’un monde anarchique en une société qui comprend le besoin de se policer.