Christmas pudding : Nancy Mitford

Titre : Christmas pudding

Auteur : Nancy Mitford
Édition : 10-18 (09/11/2017)
Édition Originale : Christmas Pudding (1932)
Traducteur :

Résumé :
Un Noël à la campagne dans le Gloucestershire.

La perspective est séduisante pour un groupe de jeunes mondains un peu las de la routine londonienne, qui décident de séjourner à proximité du domaine de Lady Bobbin et de ses enfants.

Multipliant péripéties invraisemblables et dialogues mordants, Nancy Mitford dresse un portrait décalé de la société anglaise dans les années 1930.

Critique :
Comme le disait si bien monsieur Preskovic (celui des doubitchous) : « Vous être caustique ».

Caustique est le mot qui résume le mieux cette satire qui tire à boulets rouges sur l’aristocratie anglaise et sur les gens qui n’ont aucun talent, si ce n’est de ne rien faire et de se complaire dans l’oisiveté.

Nancy Mitford sait de quoi elle parle étant elle-même issue de la grande bourgeoisie anglaise.

Alors, elle les brocarde, les mets en scène avec humour, certes, mais en trempant la plume dans l’acide car tout est toujours cynique.

Dans ces pages, il ne faut pas chercher une intrigue, tout le sel de l’affaire se trouve dans les dialogues et prises de positions de certains personnages, dans leur orgueil qui ne les fait s’intéresser à rien d’autre qu’à leur nombril, à la chasse ou à faire un beau mariage et n’avoir pour mission que de faire un héritier mâle à son mari.

Nos jeunes gens ont tous fait Eton, au moins, feront Oxford, sans aucun doute, mais ne sont apte à ne savoir rien faire de leur dix doigts et n’ont pas l’intention de faire quelques chose avec, si ce n’est se les tourner. Zéro effort mais maxi confort.

Dans un roman noir, nous aurions été en compagnie de pareils incultes sortant des inepties à tour de bras, la seule différence étant que dans le roman noir, nous aurions été assis avec des assistés sociaux, chômeurs professionnels, magouilleurs en tout genre. La différence de classe aurait été un gouffre, mais les pensées les mêmes.

Les personnages dans cette satire, qui pourrait tout avoir de la pièce de théâtre, sont souvent des incultes de chez incultes, pensant que le socialisme est le truc le plus abject qui existe sur terre, tout comme les bolcheviks qu’ils voient partout et qu’ils accusent de tout les malheurs de la région.

Avec de pareilles personnes assissent devant moi, je quitterai la table en soupirant devant tant de bêtise et lieux communs réunis ensemble, mais dans ce roman, c’est amusant et terriblement jouissif.

Je n’avais jamais lu Nancy Mitford, maintenant que c’est fait, je compte bien aller un peu plus loin dans la découverte de ces écrits et, qui sait, je pourrais recroiser la routes de ces dandys fabuleux, de ces oisifs magnifiques, de ces demoiselles courant le bal pour trouver chaussure à leur pied, de cette dame uniquement préoccupée par la chasse à la pauvre bête qu’elle ne peut assouvir pour cause de fièvre aphteuse.

Encore un coup des bolcheviks, assurément.

Un roman possédant des dialogues croustillants, caustiques, sarcastiques. Un pudding rempli de tous les bons ingrédients et bien plus digeste que le véritable Christmas Pudding !

Oui, je sais, c’est tout moi, ça, de lire, en juin, un roman se déroulant à Noël, dans les frimas de l’hiver alors que je suis moi-même sous le soleil, les doigts de pieds en éventail…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

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Colza mécanique : Karin Brunk Holmqvist

Titre : Colza mécanique

Auteur : Karin Brunk Holmqvist
Édition : Mirobole (20/04/2017)

Résumé :
Restés célibataires, les deux frères Henning et Albert, 68 et 73 ans, habitent une petite maison à la lisière d’un village en pleine campagne suédoise.

Leur paisible routine est brisée net lorsque la maison d’à côté est transformée en centre de désintoxication pour femmes alcooliques.

Puis quand, à la suite d’un malentendu, des médias à l’imagination fertile prennent le champ de colza voisin pour un lieu de débarquement extraterrestre.

Des jeunes femmes vulnérables d’un côté, des journalistes en délire de l’autre…

Propulsés au rang de superstars, les deux vieux garçons vont devoir garder la tête froide.

Critique :
Comment est-ce possible de passer un excellent moment de lecture dans un roman où il ne passe pas grand-chose, surtout durant les 100 premières pages où nous faisons connaissance avec les deux personnages principaux que sont les deux frères Andersson : Henning et Albert, respectivement 68 et 73 ans ??

Sans doute le côté satyre sociale, l’humour, la finesse des différents portraits brossés dans ces 251 pages.

On ressent bien le côté rural de ce petit village de Suède, avec son épicière toujours en train de râler sur tout et de colporter des ragots, elle qui est si crédule.

Du côté de nos deux papys célibataires, c’est pas l’hygiène qui prime, mais l’humour et les relations tranquilles avec le châtelain du coin, auquel ils donnent un petit coup de main dès qu’il a besoin d’eux.

Après cette installation de nos compères et de leur vie tranquille dans ce petit village, ça va bouger un peu avec l’ouverture d’un centre de désintoxication pour femmes alcooliques et l’apparition d’un crop circle dans un champ de colza, comme si un engin extra-terrestre s’y était posé ! Mulder, rapplique vite !!

Quand tout le monde court dans tous les sens et devient un peu zinzin, seuls nos deux frères conservent leur flegme, voulant juste être en paix et pouvoir pisser dehors tranquille.

J’ai aimé le côté philosophique de ces deux vieux qui vivent chichement, dans un total dénuement, presque, mais qui ne demande rien de plus que du tabac à chiquer et de la nourriture simple. Et surtout, de partir ensemble pour le grand voyage car si un frère partait avant l’autre, ce serait une catastrophe pour le survivant.

Un roman qui ne possède pas un rythme haletant, dans lequel il ne se passe rien d’exceptionnel, mais un roman qui fleure bon la campagne suédoise et le feel-good car des papets de la sorte, on aimerait en croiser plus sur sa route.

Prévoyez tout de même les lingettes désinfectantes, ici, on se cure les ongles avec la fourchette avant de la piquer dans la viande….

Une belle petite leçon de vie de la part de deux vieux qui vivent avec le minimum alors que nous, il nous fait le maximum pour survivre.

Un vrai plaisir de lecture qui fait du bien par où il passe et qui se lit tranquille, avec un ou deux mojitos dans la main.

On dit « Merci qui ?? » On dit merci aux éditions Mirobole !!