Sherlock Holmes : L’héritage (2013)

— Tout est parti de Sherlock Holmes. Sans lui, la criminalistique n’existerait pas.

Dieu que j’aime entendre ce genre de phrase ! « Sherlock Holmes : L’héritage » est un documentaire qui vous expliquera l’héritage scientifique laissé par Sherlock Holmes au fil du temps. Il est le père – ou le grand-père – de la criminalistique et de la science criminelle.

Ce reportage, je l’ai chopé dans un endroit pas très net, mais je m’en fou car il date d’il y a quelques années et je ne pense pas qu’il allait repasser à la télé dans les prochains temps.

Différents chapitres qui composent ce reportage : 

  • La science des poisons
  • Les empreintes digitales
  • Les traces de pas
  • Conan Doyle, détective

Dès le départ, j’ai été agréablement surprise de voir qu’ils consacraient le début de leur reportage à Sherlock de la BBC, la version moderne de Sherlock Holmes. L’avantage est que dans sa version moderne, il utilise très souvent les labos et on le voit !

Dans les version plus anciennes, cette manière d’enquêter était souvent montrée en vitesse, ou dans son final, quand Holmes a trouvé. L’avantage aussi de la série BBC, c’est qu’ils nous montrent ce que Sherlock analyse, voit, déduit.

Après, on quittera la série phare de la BBC pour passer à des images tirées d’autres films sur Holmes dont un acteur que je ne connais pas. Affublé du deerstalker et macfarlane ! Argh.

Le reportage n’est donc pas une pub déguisée pour la série avec le bô Benedict (même si la musique de la série illustrera tout le reportage) mais une pour cet acteur que l’on verra pour toutes les illustrations holmésiennes (il s’agit de l’acteur  Edward Cartwright).

Dommage, ils auraient pu panacher, il y a assez de films et série avec le détective de Conan Doyle.

Pour celui ou celle qui voudrait en apprendre un peu plus sur Sherlock Holmes, ce petit reportage est bien fichu car il mêle habilement les interviews de personnes, avec des images d’anciens films, des extraits de la série de la BBC.

Ces mélanges réalité/fiction sont toujours bien vu, un peu comme dans « Secret d’histoire ». Ils permettent, en tout cas, aux spectateurs de mieux comprendre certaines choses expliquées dans le reportage.

Les puristes pourront trouver qu’an final, ça fait un peu bordel, que les explications ne sont pas toujours structurées et qu’on pourrait avoir l’impression que celui qui a fait le plan du reportage avait bu ce jour là.

Cela n’empêche pas de passer un bon moment de visionnage, tout en apprenant des petites choses sur le détective de Baker Street car oui, il y a toujours matière à apprendre !

Très facile à regarder, ce reportage peut se voir en famille, ou avec Chouchou, pas du tout au fait de l’holmésologie ou du personnage. Bon, vu toutes les questions qu’il me posait, j’ai mis un temps fou à regarder ce reportage, mais c’est parce qu’il voulait en savoir plus ! On parie combien qu’il a déjà tout oublié ?? mdr

On ne parle pas que de Holmes non plus, dans ce reportage découpé en plusieurs chapitres, mais aussi de crimes réels ! Bon, ça fait un peu kitch ces vieilles images et je n’aurais pas été surprise d’entendre la voix de mon chez Pierre Bellemare.

Par contre, je ne sais pas comment les enquêteurs ont pu ne fut-ce que penser que le talium présent dans le corps du mort pouvait avoir été mis dans le thermos de thé du gars par des collègues facétieux qui lui auraient fait une plaisanterie pour rire et qu’elle aurait mal tournée…

Du vinaigre pour rire, oui, mais du talium ?? Putain, les mecs, cherchez la femme ou plutôt, l’épouse ! Bande de moule, va !

Il ne faut jamais élaborer des théories définitives avant d’avoir rassemblé et analysé tous les indices.

On apprendra aussi qu’en 1893, Hans Gross, un juge autrichien, lassé de voir les flics amener des suspects dont ils avaient extorqué des aveux bidons à coup de poing, écrivit un manuel à leur usage. On le dit déjà fort complet pour l’époque ! Dommage qu’il n’est pas traduit… Là, j’ai appris quelque chose.

On fera aussi la part belle à Edmond Locard et de son tout premier laboratoire de police scientifique inspiré par Sherlock Holmes, lui aussi. Cet homme est partout.

Lockard qui disait qu’un crime laissait toujours des traces et qu’on ne pouvait aller sur une scène de crime sans déposer quelque chose et emporter quelque chose.

Une des rares erreurs de Holmes sera dans le fait qu’avec la foulée d’un homme, on peut calculer sa taille. Impossible. On ne peut pas vraiment lui en vouloir…

Très instructif et agréable à regarder avec une tasse de thé ou de café, au choix.

Après avoir vu ce reportage, vous ne mettrez plus jamais en doute que Sherlock Holmes est bien l’inventeur de la criminalistique ! Oui, Sherlock Holmes est un modèle pour les enquêteurs actuels et passés. 

Le monde change, mais les théories de Sherlock Holmes et ses méthodes ne changeront jamais.

L’héritage de Sherlock Holmes, c’est le plaisir de découvrir la vérité.

Sherlock Holmes : L’héritage sur Daily Motion

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Publicités

La Science de Sherlock Holmes – Les débuts de la science criminelle : E.J. Wagner

Titre : Science de Sherlock Holmes : Les débuts de la science criminelle

Auteur : E.J. Wagner
Édition: Le Pommier

Résumé :
Angleterre, début du XXe siècle : tandis que l’ombre de Jack l’Éventreur plane encore sur Londres, sir Arthur Conan Doyle assiste avec passion à la naissance de la science criminelle.

Le Maître en est persuadé : la science a un rôle crucial à jouer dans le système judiciaire…

Tel est le premier fondement de La science de Sherlock Holmes.

Qu’il se mêle de poison, de cendres de tabac ou de traces de pneus, le célébrissime détective fait en effet preuve d’un véritable esprit scientifique.

L’ouvrage explore cet aspect fascinant de sa carrière, en montrant combien ses enquêtes reposaient sur les dernières découvertes scientifiques de l’époque.
Le livre constitue ainsi une introduction de qualité aux différents domaines de la police scientifique, de la médecine légale à l’expertise des écritures, en passant par la balistique, l’analyse des empreintes digitales ou la toxicologie.

Une postface de Patrick Rouger, coordinateur de Police technique et scientifique, nous présente les outils que la police scientifique actuelle mettrait à la disposition de Sherlock Holmes s’il revenait enquêter au XXIe siècle.

Extrait :

Londres, 1887. Entrelacs d’étroites rues pavées où le fracas des fiacres pressés se mêle au vacarme des pubs enfumés. Hommes arborant barbes, capes et cannes au pommeau d’argent.

Méli-mélo de curiosités offert dans d’immenses musées aux regards de dames voilées, drapées dans des manteaux de fourrure, discrètement parfumées de lavande – des dames dont le maintien rigide suggère qu’elles savent l’étreinte de leur mari rare et révérencieuse, et celle de leur corset ferme et constante.

Filles des rues imbibées de gin, sans toit, malades, avec sur elles tous les vêtements qu’elles possèdent, démangées de vermine, se mouvant d’un pas lourd – vers le pub, l’asile, l’hôpital, le fleuve…

Le fleuve, c’est la bourbeuse Tamise, dont les forts courants remuent la vase des profondeurs, dont les eaux lentes pénètrent la ville, seule force motrice des péniches qui apportent l’indispensable charbon.

Des essaims de gamins des rues farfouillent les berges pour récupérer ce qu’ils peuvent – bois, charbon, pièces de monnaie – et récoltent bien souvent le choléra, charrié par les eaux usées qui se mêlent dans toute leur impureté à celle du fleuve.

La ville grouille de vendeurs des rues, de charretiers, de chevaux, de voleurs à la tire, de ramoneurs et de bonnes d’enfants, précieuses ou miséreuses.

On y trouve des parcs raffinés et des abattoirs bruyants, des logements ouvriers et des demeures majestueuses, tous enveloppés dans des nappes de brouillard épais, illuminés par l’éclairage au gaz.

On y trouve de grands hôpitaux, St Mary’s, Guy’s, St Bart’s, leurs amphithéâtres, leurs laboratoires aussi, où l’on mène parfois de bien macabres recherches, tous stores baissés, à l’abri des regards de la foule.

Dans la première des aventures de Sherlock Holmes, Une étude en rouge, on pénètre derrière ces stores pour voir Stamford, une vieille connaissance de Watson, conduire ce dernier vers le laboratoire où va bientôt se sceller la plus célèbre amitié de la littérature policière.

Critique :

Mon détective préféré et les débuts de la science criminelle… certains auteurs devaient connaître mes goûts pour me pondre une chose pareille, me voyant déjà saliver devant leur ouvrage.

Oui, j’aime Sherlock Holmes et oui, j’aime la science criminelle, ainsi que la médecine légale et la police scientifique (la vraie, pas celle qui à partir d’une mauvaise photo de trois pixels arrive à vous sortir une plaque d’immatriculation lisible ou la forme du plombage de la dernière molaire du suspect…).

Non, parler de cadavres à table ne me répugne pas. Mon entourage, oui…

Bref, même si vous ne connaissez pas Sherlock Holmes, vous savez qu’il était fortiche comme détective et qu’il est connu pour ses qualités de déduction, sa passion pour la chimie ainsi qu’un intérêt plus qu’intéressé pour la science.

Nous en avons la preuve dans « Une étude en rouge » où la rencontre entre Holmes et Watson se déroule dans le laboratoire de l’hôpital Saint Barts’, Holmes tout heureux car il venait de mettre au point un réactif qui n’était précipité que par l’hémoglobine.

Léger inconvénient pour l’holmésien qui voudrait retrouver son détective fétiche dans cet ouvrage, et bien, il est peu présent malgré le fait que l’auteur se soit évertuée à mettre en relation les enquêtes du fameux locataire du 221b avec les avancées scientifiques de son époque (relevant même les quelques fautes dites par Holmes sur certains faits, tel les machines à écrire ou le réactif précipité par l’hémoglobine).

Certes, les références à Holmes sont là et bien là mais n’escomptez pas qu’elles occupent la majorité des pages.

Oh, attention, je ne regrette rien ! Que du contraire, ce genre de livre, c’est du petit lait pour moi.

Les treize chapitres thématiques nous éclairent sur les grands domaines ainsi que les avancées dans la science criminelle. A la fin de chaque grand chapitre, un récapitulatif de « ce qu’il reste » de nos jours.

Non, non, la science criminelle dont on nous parle n’est pas imbuvable !

Le livre est truffé de petites anecdotes, d’expériences ou d’enquêtes criminelles réelles (menées à la fin du 19ème siècle ou au début du 20ème siècle, au Royaume-Uni, en France ou Allemagne) de la manière dont elles furent (ou pas) résolues et de ce qu’il en a découlé comme avancée…

Et tout se déroule dans le temps, hormis quelques unes qui ont eu lieu dans les années 40.

Facile à lire, agréable à découvrir, j’avais les yeux émerveillés, me goinfrant de tous les détails.

Ah, que de progrès ont été réalisés, que ce soit dans la médecine légale (autopsie réalisées dans de meilleures conditions, recours à l’entomologie, à la toxicologie), dans l’étude de la balistique, sans oublier le fameux fichage des criminels (Bertillon et surtout Locard), dans l’étude des scènes de crime, dans le recours aux experts… (qui n’étaient pas de Miami, de Las Vegas ou de Manathan).

Last but not least, le dernier chapitre sera consacré à tout ce qui concerne les croyances et superstitions de l’époque. Un régal !

D’ailleurs, j’en ai appris une bien bonne : dans le but de calmer les spasmes du gros intestin, un médecin préconisait l’usage de la nicotine, sous forme de fumée et introduite… Hé oui !

Zéro pointé aux puristes qui ont pensé que la fumée était introduite par la bouche. Pour soigner le gros intestin, on attaque par le bas et la fumée était introduite dans le rectum, dirigée soit par un entonnoir ou par un soufflet, quand ce n’était pas par l’introduction d’un cigare dans le fondement, bout incandescent fiché en plein dedans… plus facile pour l’introduction de la fumée.

Dingue, non ?

Une autre ? On disait que l’onanisme provoquait, entre autre, la phtisie, le ramollissement du cerveau, la démence, la folie et la dégénérescence précoce…

Rassurez-vous, ce ne sont là que les conneries de la médecine de l’époque et je me dis que, de nos jours, rien n’a changé quand on nous vante les mérites de la carotte pour soigner des cancers.

Bref, pour ceux et celles qui ont envie de découvrir les balbutiements de la science criminelle, sans un expert qui ôte ses lunettes noires toutes les deux minutes, ce livre est fait pour vous.

Ou tout simplement par curiosité…

La postface (rédigée par un expert contemporain, excusez du peu) est consacrée aux outils (en particulier la génétique) dont notre cher Sherlock Holmes disposerait s’il œuvrait de nos jours.

Rien à redire sur l’auteur, on sent qu’elle a mis les main dans le sang et dans les tripes, plongeant dans des archives criminelles comme d’autre plongent dans les eaux turquoises, nous faisant croiser la route de personnages réels tels Vidocq, Bertillon ou Locard.

Ok, Sherlock Holmes est un peu relégué au second plan par rapport à la science criminelle, mais l’auteur ne l’oublie pas et on sent que là aussi, elle connait son sujet.

Vous l’aurez compris, j’ai trouvé ce petit livre scientifique PA-SSIO-NNANT !

Pas besoin d’avoir regardé tous les épisodes des experts pour comprendre et dans le pire des cas, il y a un glossaire pour les mots que vous n’auriez pas capté.

Titre participant aux challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia, à « Polar Historique » de Samlor et « Thrillers et polars » de Liliba.

CHALLENGE - Sherlock Holmes

CHALLENGE - 77158541_pCHALLENGE - Polar historique