Les aventures du fils de Sherlock Holmes racontées par le Dr. Watson : Dr Watson

Titre : Les aventures du fils de Sherlock Holmes racontées par le Dr. Watson

Auteur : Dr Watson
Édition : PRNG (2019) / De Varly (01/03/2020)
Édition Originale : The Adventures of the Son of Sherlock Holmes (1910)
Traduction :

Résumé :
Quel est le lecteur qui ne se souvienne d’avoir suivi avec un intérêt parfois passionné le récit des aventures du célèbre Sherlock Holmes ? Mais voici plus de dix ans que le génial policier a cessé d’étonner les deux mondes par ses exploits prodigieux.

Hâtons-nous de les rassurer : Sherlock Holmes n’est pas mort. Il a eu la bonne fortune d’entrer en possession d’un héritage qui en fit, presque du jour au lendemain, un des plus riches propriétaires du Royaume-Uni.

Depuis lors, son existence se passa dans son manoir, au milieu de ses vastes domaines dans le Comté de Devon, où il goûte un repos bien gagné, après tant d’années d’une existence aventureuse, où sa vie fut si souvent à la merci du moindre incident.

Il y mène l’existence du gentilhomme, partagé entre la gestion de son bien et l’éducation de ses enfants.

Son fils aîné, qui porte le nom de Sherlock, comme son père, vient d’atteindre sa vingt-sixième année . il est sorti depuis trois ans du Collège of Physicians und Surgeons avec le grade de docteur en médecine.

Très répandu dans la société élégante de New-York, où le grand renom de son père et sa fortune, et les manières affables du jeune homme lui ont valu le meilleur accueil, il va y trouver matière à d’intéressantes études et les aventures ne vont pas lui manquer.

Ce sont quelques-unes de ces aventures, racontées par le docteur Watson — qui se fait l’historiographe du fils après avoir été celui du père — que le lecteur va lire.

Il pourra se convaincre que, si Sherlock Holmes a disparu de la scène, son génie, comme son nom, va revivre dans son fils, en qui s’annoncent déjà toutes les qualités qui font les grands détectives…

Critique :
Ce roman de 200 pages comporte trois nouvelles. C’est le format qui convient le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes qui sont plus rapides que celle d’Hercule Poirot.

Ici, le Sherlock qui enquête est le fils du célèbre détective du 221b Baker Street.

S’il possède l’intelligence de son père, il lui manque malheureusement son charisme et sa prestance. Là, j’ai souvent eu l’impression d’être face à un gamin riche et gâté qui aurait peut-être eu besoin d’une bonne fessée de temps en temps.

Quant à ce pauvre Watson, il n’a pas le plus beau rôle car il fait figure de l’homme qui doute de tout, même de l’innocence du fils de son meilleur ami.

Sans compter que dans la première affaire, il n’a pas été très futé, notre brave docteur Watson ! J’avais compris le truc bien avant lui, il était tellement flagrant qu’il m’avait sauté à la gueule et mordu le nez.

Avant d’aller plus loin, je tiens tout de même à m’insurger contre l’édition lue qui était bourrée de coquilles en tout genre : faute de frappe, oubli de lettre, erreur d’espacements au niveau de la ponctuation (oubli d’un espace après la virgule, oubli de l’espace après le point, oubli de l’espace avant le point d’exclamation – et souvent dans les dialogues, un espace entre le mot et la virgule,…) ou présence de point final au milieu d’une phrase et j’ai même eu un S majuscule fait avec le sigle $ (dollar) et ce n’était pas un jeu de mot. Sur un clavier AZERTY, ils ne sont pas l’un près de l’autre, pourtant.

À une moyenne de 2 à 3 coquilles par pages, multiplié par 200 pages, ça en fait beaucoup. Alors oui, nous faisons tous des fautes d’inattention dans nos chroniques, j’en retrouve toujours dans les miennes, même après relecture, j’en loupe des tonnes aussi, mais le prix de cet ouvrage étant de 17€, je l’ai trouvée saumâtre !

Passons au point plus agréable maintenant que l’abcès est percé : les trois nouvelles sont bien conçues point de vue enquête et résolution. On ne cassera pas la baraque, mais elles étaient bien fichues.

Rien d’exceptionnel, des enquêtes de bonne facture, correctes, sans jamais posséder des résolutions qui déchirent puisque j’ai vu venir bien des trucs et astuces, contrairement à Watson. Hors ce dernier ne doit jamais être plus bête que le lecteur, mais à son niveau !

Se déroulant en Amérique, à New-York pour être plus précise, ces nouvelles manquaient des épices anglais traditionnels, ceux dans lesquels ont baigné Holmes et Watson, formant un duo complémentaire et équilibré.

Le fiston, bien que très intelligent et fougueux, n’atteint jamais le charisme de son père (dont on ne saura rien, même pas le nom de son épouse), semble être une pâle copie. Son immigration aux États-Unis n’apporte rien, à mon sens, aux récits des enquêtes qui auraient eu plus d’ancrage, de poids, de sel, si elles avaient été en Angleterre.

Pas tout à fait une réussite, pas tout à fait un échec, c’est le cul entre deux chaises que j’ai terminé ce recueil de nouvelles qui dataient de l’an 1910…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°313].

L’île du docteur Moreau (BD) : Dobbs, Fabrizio Fiorentino et H. G. Wells

Titre : L’île du docteur Moreau (BD)

Scénaristes : Dobbs et H. G. Wells
Dessinateur : Fabrizio Fiorentino

Édition : Glénat (2017)

Résumé :
Unique survivant d’un naufrage, Edward Prendick est secouru par Montgomery, l’assistant d’un certain Docteur Moreau.

Depuis une dizaine d’années, sur leur île isolée du monde, les deux scientifiques se livrent à de terribles expériences, greffant et modifiant génétiquement des animaux pour les rendre doués de conscience et de parole.

Sur place, les « Hommes-bêtes » obéissent à un ensemble de règles bien précises, la Loi, leur interdisant tout comportement primitif, et vénèrent Moreau tel un dieu. Mais Prendick découvrira bien vite que les pulsions animales de ces créatures sont loin d’être oubliées…

Interrogeant les questions de l’identité et de la dignité animale, le troublant et visionnaire L’Île du Docteur Moreau n’a rien perdu de sa pertinence. Retrouvez ce classique de la science-fiction aujourd’hui en BD !

Critique :
Chaque année, le Mois Anglais me permet de découvrir des classiques et Wells en fait partie intégrante.

Ne connaissant la réputation de la terrible île du docteur Moreau que par ouï-dire, j’ai posé le pied sur cette plage qui n’avait rien d’ensoleillé, coquillages et crustacés…

La première chose qui frappe dans cette adaptation, c’est la qualité des dessins, des couleurs. Là, on est dans le haut du panier. Ils sont réalistes et précis.

L’histoire est connue de tout le monde, sans doute mal ou pas dans les détails. Sachez juste que Prendick, un beau blond, est l’unique survivant d’un naufrage. Il est recueilli par Montgomery et à cause du capitaine du navire qui le foutra à l’eau, Montgomery sera contraint de le faire venir sur l’ile de ce fameux docteur Moreau.

On ne le répètera jamais assez : science sans conscience n’est que rune de l’âme ! La créature du docteur Frankenstein en était déjà un bel exemple, mais ici, on a franchit un autre palier et voulant jouer à Dieu et les créatures hybrides du docteur pourraient se retourner contre lui.

Ce qui choque dans cet album, ce sont les expérimentations du docteur et ses créatures, dont on ne sait trop si elles sont plus bêtes que humaines ou le contraire.

L’animalité reste en elles, comme elle se trouve cachée en nous, quelque part, surgissant souvent dans les moments les plus extrêmes de nos existences (guerres, agressions ou achat de PQ avant un confinement).

Si l’histoire ne dira pas comment ces expériences ont pu avoir lieu, on a tout de même un aperçu de la salle d’opération de ce docteur fou et ça ne donne pas envie d’aller y faire un tour.

Prendick n’est pas un personnage lisse, s’il critique les autres de ne pas traiter les hommes/bêtes correctement, il n’hésitera pas, plus tard, à leur tirer dessus, la peur prenant le dessus sur son humanité.

Une belle adaptation qui me donne envie de plonger dans le roman original (que je possède, en plus) afin de voir ce qui a été passé à la trappe pour faire tenir le tout en 56 pages. En tout cas, les ambiances horribles sont bien présentes dans la bédé et elles donnent des frissons durant la lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°311], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°64], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°00] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Tu mourras moins bête – Tome 1 – La science, c’est pas du cinéma ! : Marion Montaigne

Titre : Tu mourras moins bête – Tome 1 – La science, c’est pas du cinéma !

Scénariste : Marion Montaigne
Dessinateur : Marion Montaigne

Édition : Ankama (2011)

Résumé :
Si vous avez toujours rêvé de manier le sabre laser ou de rétrécir vos gosses, réveillez-vous : le cinéma, c’est pipeau et compagnie !

Si vous aussi vous ne voulez pas mourir bête, découvrez le blog de vulgarisation scientifique en BD de Marion Montaigne : la célèbre Professeure Moustache y épluche les aberrations scientifiques qui peuplent vos films et séries préférées.

La science, ce n’est peut-être pas du cinéma, mais avec la Prof Moustache, c’est terriblement drôle !

Critique :
N’ayant pas encore eu l’opportunité de lire le premier tome de vulgarisation scientifique de Marion Montaigne, je l’ai commandé à la librairie et j’ai pris le temps de le déguster pour faire durer le plaisir le plus longtemps possible.

Mais c’est comme des bonbons, on se dit que c’est le dernier, puis on en ajoute un autre, puis un autre et au final, alors qu’on s’était promis de lire une historiette chaque soir, on dévore les 3/4 de l’album d’un coup avant d’arriver à le poser.

Le Professeur Monstache s’attaque aux conneries que le cinéma peut nous offrir et je ne parle pas des scénarios sur la moitié d’un ticket de métro, mais des choses toutes simples comme les armes à feu : blessures par balles, manière dont les héros du cinéma utilise les armes à feu et les incohérences innombrables (moins évidentes à repérer que le fait qu’ils tirent à tire-larigot sans jamais recharger).

Le cinéma de SF y passera aussi, ainsi que les séries, avec nos chers Experts et autres séries télés qui ne s’embarrassent pas du réalisme.

Marion Montaigne répond à bien des questions, toujours avec humour, toujours en vulgarisant la science et même une brêle dans le domaine sera capable de comprendre que les sabres lasers dans Star Wars, c’est matériellement impossible !

Les dessins sont dans un style épuré, par trop de décors, les visages ne sont pas les mieux faits, mais avec l’auteure, ça passe tout seul car ils sont drôles, amusants et j’adore ce côté minimaliste de l’album.

À ne pas lire si vous n’avez pas envie de vous gâcher vos soirées télés en repérant tout ce qui est impossible, dorénavant… Moi, c’est une de mes petites marottes devant la télé et je m’extasie toujours avec ironie devant ces femmes qui se réveillent coiffées et maquillées ou ces gens qui dorment avec les rideaux et tentures grands ouverts !

Ben maintenant, je pourrai étaler ma science au lieu de repérer des petits détails insignifiants et pourrir les soirées télés de tout le monde ! Mhouhahahaha !

Ah merde, avec la covid, le confinement, le déconfinement, bref, avec ce brol de merde, je ne pourrai pourrir les soirées télé que de mon homme… Là, c’est moins drôle…

Dans la combi de Thomas Pesquet : Marion Montaigne

Titre : Dans la combi de Thomas Pesquet

Scénariste : Marion Montaigne
Dessinateur : Marion Montaigne

Édition : Dargaud(24/11/2017)

Résumé :
Le 2 juin 2017, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale.

La réalisation d’un rêve d’enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour.

Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour, sa marque de fabrique, le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu’à sa mission dans l’ISS et son retour sur Terre.

Critique :
Ou, de novembre 2016 à juin 2017, j’étais cachée dans une grotte au Boukistan oriental soit je souffre précocement d’Alzheimer car je n’ai aucun souvenir d’un français ayant été dans la station orbitale ISS durant 6 mois !

Pourtant, le battage médiatique devait être là pour me le faire savoir, mais non, rien de rien, zéro souvenir.

Pas de panique, avec la bédé de Marion Montaigne, j’allais tout savoir sur ce grand voyage, sa préparation, bref, elle allait me raconter, avec humour, la vie de l’astronaute Thomas Pesquet avant, pendant et après son départ sur la station spatiale internationale.

Lorsque les scientifiques causent à la télé (ou dans des journaux), j’ai souvent l’impression qu’ils parlent une autre langue que la mienne car je n’y comprend pas grand-chose ! Avec Marion Montaigne, je comprend tout puisqu’elle vulgarise la science et je comprend tout !

C’est bourré d’humour, de trucs croustillants, de choses scatologiques (mais faut bien que l’on sache comment on fait ses besoins dans une station orbitale), mais c’est surtout hyper bien mis en page et bougrement intelligent !

Oui, on peut s’instruire en rigolant, ça rentre même mieux là où ça doit rentrer, c’est-à-dire dans la tête (et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit mais que vous avez pensé, bougre de petits obsédés !).

Vulgarisation ne veut pas dire que l’on va niveler par le bas ou nous prendre pour des crétins congénitaux. Non, cela veut juste dire qu’on va mettre toutes ces infos rébarbatives et lourdes à digérer à notre niveau, nous qui ne sommes pas astronautes, même si nous avons tous et toutes été de nombreuses fois dans la lune.

Ça se lit tout seul, ça se dévore, les dessins sont bourrés de petits détails qui font rire (on retrouve madame Pichon, bien connue), les dialogues ne sont pas neuneus, sont composés de running gags (Ah, Youri !) et de petites anecdotes très instructives qui peuvent être ressortie à l’occasion d’un repas en famille (ok, pour le moment, c’est un peu loupé avec le covid).

J’ai fait durer mon plaisir sur plusieurs jours afin d’en profiter un maximum et c’est avec un sourire immense que j’ai refermé cette bédé où, une fois de plus, le talent de conteuse de Marion Montaigne ne s’est pas démenti.

 

Apocalypse cognitive : Gérald Bronner

Titre : Apocalypse cognitive

Auteur : Gérald Bronner
Édition : Presses Universitaires de France (06/01/2021)

Résumé :
La situation est inédite. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons disposé d’autant d’informations et jamais nous n’avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l’humanité.

Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d’informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention.

Nos esprits subissent l’envoûtement des écrans et s’abandonnent aux mille visages de la déraison. Victime d’un pillage en règle, notre esprit est au coeur d’un enjeu dont dépend notre avenir.

Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l’humanité. L’heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonnée ?

De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d’échapper à ce qu’il faut bien appeler une menace civilisationnelle.

Critique :
Voilà une lecture qui rempli bien le cerveau et qui le rempli intelligemment.

J’avais du temps de cerveau disponible et je ne l’ai pas donné à une boisson gazeuse où à une chaîne de télé qui est souvent en tête des audiences.

Oui, cet essai est copieux mais sans jamais devenir indigeste. Malgré tout, je l’ai lu sans me presser afin de tout bien digérer (et en allant vérifier des mots au dico).

L’Homme n’a jamais eu autant de temps de cerveau disponible. Mais qu’en fait-il ? Le rempli-t-il de manière intelligente ou pas ?

Le consacre-t-on aux sacro saints écrans (et réseaux sociaux) ou à autre chose qui va nous élever ? Je vous le donne en mille, on se consacre tellement aux écrans que notre temps de sommeil a diminué.

Rassurez-vous, ceux ou celles qui ont le nez sur leurs écrans non stop ne sont pas responsables à 100%, les entreprises qui ont fait de nous leur produit savent ce qu’il faut faire pour monopoliser notre attention.

Grâce à nous, ils gagnent un pognon de dingue (mais moins que le groupe Carrefour, tout de même), pompent nos données, que nous leur avons données sans sourciller alors que nous nous hurlions si le Gouvernement nous en demande le quart de la moitié du tiers. Hors nos Gouvernements ne sont pas des entreprises…

Il serait difficile de résumer cet essai, j’aurais l’impression d’oublier des tas de trucs importants. Déjà rien qu’en écoutant son auteur en parler à La Grande Librairie, mon cerveau avait déjà doublé de volume et j’avais été me coucher moins bête. La lecture me l’a rempli encore plus et je me dois de digérer tout ça à mon aise.

J’ai beau apprécier les lectures instructives et les études du comportement humain (qui n’hésite pas à se contredire), mais je ne voudrais pas lire ce genre d’essai tous les jours car je pense que mes cellules grises surchaufferaient devant tant de données instructives. En fait, c’est épuisant, mentalement parlant, j’ose le dire.

Un essai qui associe la sociologie à la neurobiologie, qui parle des contradictions humaines (on veut des programmes instructifs mais on regarde TF1), de ce que nous faisons de notre temps de cerveau disponible et qui est sans concession car nous ne sortirons pas grandi de cette étude au scalpel.

Un essai copieux, un menu 5 étoiles, avec entrée plat et dessert, une lecture hautement nourrissante pour mon petit cerveau et qui me donnera matière à réfléchir car j’ai envie d’en parler autour de moi et d’expliquer aux gens pourquoi malgré notre désir de regarder ARTE, nous allons sur TF1…

PS : Étymologiquement parlant, le mot « apocalypse » n’a rien à voir avec la signification qu’on lui donne de nos jours…

Il faut lire ce livre pour le savoir ou alors, demander à Wiki…

L’Anomalie : Hervé Le Tellier

Titre : L’Anomalie

Auteur : Hervé Le Tellier
Édition : Gallimard Blanche (30/08/2020)

Résumé :
«Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension.»

En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte.

Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.

Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L’anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe.

Critique :
Voilà un roman audacieux et qui change de l’ordinaire !

Une sorte de melting-pot entre un roman noir, de la SF, de l’anticipation et roman normal, pourvu de multiples personnages, puisqu’ils seront 11 à nous faire vivre cette expérience de folie de l’intérieur.

C’est déjà en sois une anomalie qu’un roman de la catégorie Blanche commence comme un roman Noir des années hard-boiled avec un assassin insaisissable, avant de basculer dans la littérature dite conventionnelle, puis de flirter ouvertement avec la SF/Anticipation, le tout en changeant sa manière d’écrire selon les personnages, qui, je vous le rappelle, sont nombreux et pourraient faire se crasher le roman.

Pari osé, pari risqué mais pari relevé (Mongénéral, vous m’excuserez pour l’emprunt).

Oui, les différents personnages sont tous et toutes étoffés, sans que l’auteur ait dû écrire des chapitres entiers pour nous les présenter. Chacun à sa manière est différent des autres et tous sont bien typés, pas moyen de confondre l’un avec l’autre.

Comment accepter inacceptable ? Comment réagirions-nous si pareille anomalie nous arrivait ? Comment notre famille, nos amis, nos conjoints(tes) réagiraient devant ce qui ressemble à… À de l’impossible !

Mais l’impossible a eu lieu et maintenant, il faut aller jusqu’au bout de cette anomalie qui risque de déstabiliser bien des familles, touchées ou non en son sein, car elle soulève bien des questions, autant scientifiques que religieuses, financières, juridiques et… éthiques.

Et tac, l’auteur s’en donne à coeur-joie, passant en revue tous les problèmes soulevés, avec humour, même, lorsque les différents représentants des cultes entreront dans la danse, voyez comme ils pensent et riez… Jaune !

Un roman décoiffant, époustouflant, qui change de la popote habituelle, car là, c’est le genre de menu qu’on ne nous sert pas régulièrement en littérature. Il est copieux sans être indigeste, varié, goûteux et à le mérite de faire décoller les lecteurs dans des cieux peu explorés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°147].

 

L’île du Diable – Inspectrice Sarah Geringën 03 : Nicolas Beuglet

Titre : L’île du Diable – Inspectrice Sarah Geringën 03

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO Thriller (19/09/2020) / Pocket Thriller (03/09/2020)

Résumé :
Où, après l’affaire du Vatican qui l’a menée en prison, Sarah Geringën, l’inspectrice norvégienne, ancienne des forces spéciales, se retrouve confrontée à un meurtre qui va l’ébranler au plus profond de son être, réveillant la douleur d’un passé aux multiples zones d’ombre.

Critique :
Sarah Geringën est de retour en mode warrior.

À peine sortie de prison où elle était détenue alors qu’innocente, notre inspectrice pas tout à fait réintégrée dans la police doit enquêter sur un meurtre horriblement dégueulasse, le tout en stoemelings (prononcer stoumelinnks), comme on dit à Bruxelles (en cachette).

Pas le temps de s’arrêter pour boire un café, lorsqu’on plonge dans ce roman mettant en scène notre inspectrice toujours aussi pressée et qui voudrait avoir les résultats avant de les demander, qui ne laisse pas toujours les autre s’exprimer, qui est têtue comme une mule et qui commençait à me courir sur le haricot avec son sentiment de culpabilité dont elle n’avait aucun souvenir.

Le problème avec les roman qui pulsent et qui ne font que 300 pages, c’est qu’ils laissent peu de place pour le développement des nouveaux personnages introduits dans ce dernier opus de la trilogie.

De plus, après un an d’emprisonnement, Sarah Geringën n’a aucun soucis à revenir dans la vie civile, comme si cette peine de prison, alors qu’elle était innocente, ne lui a pas porté préjudice. Soit elle est très forte, soit elle cache toujours bien son jeu, comme elle le fait souvent.

Après une enquête menée à toute vitesse, sans temps mort, après toutes les baffes que l’on se prend dans la gueule, l’auteur revient à du plus calme sur la fin, afin de reposer son lecteur, le mettre en confiance, juste avant de lui refoutre une claque magistrale.

Dans ce roman, des claques, j’en ai prise quelques unes ! Je vais porter plainte, tiens, parce que je me suis encore faite avoir et que j’ai rien vu. J’en ai pris aussi dans les références à la fin du roman : moi qui pensais avoir pris des claques avec de la fiction et bien non, les claques étaient véridiques.

Si le précédent opus, Complot, développait des thématiques très fortes, celui-ci s’en éloigne sans toutefois se contenter d’un crime banal ou de thématiques sans forces. Ce qui est soulevé dans ce roman est costaud, à la limite de la nausée et le pire, c’est que c’est vrai et que nous n’en savions rien.

Par contre, si le final est un peu plus calme, il me reste toujours des questions sans réponses, notamment sur le financement de la base, sur l’engagement du personnel et sur ce qu’il advient de cette base perdue après tout ça : elle est toujours là ou pas ? Bref, quelques pages d’explications en plus n’auraient pas été du luxe.

Malgré mes quelques petits bémols, ce thriller reste addictif et il est difficile de le lâcher tant l’auteur réussi à captiver son lecteur dès les premières lignes. Dans ce thriller, il y a des émotions, de la profondeur, de la nausée pour certains faits Historiques, de la science sans conscience, de la folie humaine, le tout mis en scène d’une manière précise, le tout taillé au scalpel pour éviter le superflu.

Un peu de superflu aurait été intéressant afin d’étoffer un peu certains portraits, certaines situations, certaines théories et avoir le fin mot de l’histoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°120].

Stranger Things – Saison 01 – La série qui ♫ Strangers things the night ♪

Synopsis :
Le 6 novembre 1983 dans la petite ville d’Hawkins dans l’Indiana, le jeune Will Byers rentre chez lui après une partie de « Donjons & Dragons » lorsqu’il disparaît dans des conditions mystérieuses.

En enquêtant sur sa disparition, ses amis Dustin, Lucas et Mike rencontrent Eleven (Onze), une jeune fille en fuite aux capacités télékinésiques qui pourrait bien les aider à retrouver Will et percer les mystères de la ville d’Hawkins.

En parallèle, des événements étranges prennent place dans la maison des Byers, tandis que le chef de la police, Jim Hopper, commence à avoir des soupçons sur l’implication du laboratoire national d’Hawkins dans la disparition du jeune garçon.

Pour obtenir les réponses à leurs questions, la famille du jeune Will, ses amis et la police locale devront faire face à des forces terrifiantes et mystérieuses afin de le retrouver.

  • Épisode 1 : La Disparition de Will Byers
  • Épisode 2 : La Barjot de Maple Street
  • Épisode 3 : Petit papa Noël
  • Épisode 4 : Le Corps
  • Épisode 5 : La Puce et l’acrobate
  • Épisode 6 : Le Monstre
  • Épisode 7 : Le Bain
  • Épisode 8 : Le Monde à l’envers

  • Réalisateurs : Matt Duffer – Ross Duffer
  • Acteurs : Winona Ryder, David Harbour , Finn Wolfhard, Millie Brown, Gaten Matarazzo, Caleb McLaughlin, Natalia Dyer, Charlie Heaton, Noah Schnapp, Joe Kerry, Cara Buono, Matthew Modine, Shannon Purser
  • Genre : Fantastique, Drame, Thriller
  • Série : Stranger Things
  • Nationalité : Américain
  • Chaîne TV : Netflix
  • Date de sortie : 15 juillet 2016
  • Durée : 55min/épisode

Ce que j’en ai pensé :
Bon sang, j’ai adoré cette série, je l’ai regardé en flippant ma race et je n’en ai même pas parlé !

Alors que je suis pour le moment sur la saison 2, je me suis dit qu’il était temps de vous donner envie de la voir…

Vous aviez adoré le film « Les Gonnies » où une bande de gamins résolvait ce que des adultes avaient été incapables de faire ?

L’ambiance amitié forte dans le livre « ÇA » vous avait fait chaud au coeur et vous aimeriez la revivre à nouveau ?

Les années 80 sont vos années de références parce que pour vous, qui étiez jeunes à ce moment-là, c’étaient des années parfaites ? (même si nous savons qu’elles ne l’étaient pas).

Le côté fantastique ne vous fait pas peur et de temps en temps, ça ne vous dérange pas de frissonner devant une série si celle-ci est excellente ?

Alors, nom d’une pipe, foncez voir Stranger Things ! Mon p’tit n’veu de 7 ans l’a vue et ça ne l’a pas traumatisé… Moi j’ai angoissé quand même.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est le côté amitié qui lie les 4 garçons et qui fait que lorsque l’un d’entre eux disparaît mystérieusement, les 3 autres font tout ce qu’ils peuvent pour le retrouver, tentant d’alerter les adultes qui ne les écoutent pas… Fatalement, quand on parle d’une créature mystérieuse, ça fait sourire les adultes.

Nos 4 gamins sont un peu les loosers de l’école, ils aiment les sciences, ne sont pas les plus populaires, bref, il est facile de s’identifier à eux, même si on est une femme.

Jonathan, le frère de Will Byers, le gamin qui a disparu, n’est pas le mec le plus populaire du bahut non plus, pourtant, jamais il ne lâchera l’affaire, continuant dans relâche à chercher son petit frère.

L’ambiance est tendue, plus tendue que la corde d’un string prêt à lâcher et j’avoue avoir sursauté souvent durant le visionnage des 8 épisodes qui constituent la saison 1 car Will Byers ne sera pas le seul à disparaître.

Autant vous dire que j’aurais préféré regarder la série le matin, au grand jour, plutôt que le soit avant d’aller faire dodo… Le suspense est maîtrisé, les effets spéciaux aussi et l’angoisse monte, monte…

Le mystère s’épaissi aussi avec l’apparition d’une jeune fille prénommée Eleven (j’ai regardé la série en V.O STFR) qui semble sortir d’un laboratoire d’expérience scientifique (Stephen King n’est pas loin) car elle possède des pouvoirs de télékinésie.

Il m’est impossible de vous parler de tout ce qui est arrive dans cette série car chaque épisode est un petit bijou de suspense, de mystère, d’action, de fantastique, d’horreur, d’amitié, d’aventures, de peurs, de questionnement…

L’amitié entre les gamins manquera de voler en éclat plusieurs fois, le danger sera à chaque coin de rue, dans tous les murs et il ne sera pas que fantastique, mais aussi humain car ceux qui ont laissé échapper une telle créature veulent à tout prix la récupérer, ainsi que leur cobaye Eleven.

Une série fantastique où la disparition d’un gamin sera résolue par ses copains, un côté fantastique qui s’intègre bien dans le scénario, des personnages intéressants, bien campés, autant dans les enfants que dans les adultes et l’angoisse qui est présente dans tous les épisodes.

J’ai adoré et c’est pareil pour la saison 2 (qui m’angoisse un peu moins)…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°35].

 

Burton & Swinburne – T01 – L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack : Mark Hodder

Titre : Burton & Swinburne – T01 – L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack

Auteur : Mark Hodder
Édition : Bragelonne Steampunk (2013)
Édition Originale : Burton & Swinburne, book 1: The Strange Affair of Spring Heeled Jack (2010)
Traduction :

Résumé :
Londres,1861

Sir Richard Francis Burton
Un grand explorateur et un érudit de talent. Sa réputation a été salie et sa carrière ruinée. Il est dans de sales draps.

Algernon Charles Swinburne
Un jeune poète prometteur et avide de sensations fortes, disciple du marquis de Sade. Le cognac causera sa perte. C’est le cadet de ses soucis.

Les deux hommes sont au cœur d’un empire déchiré par les conflits. D’extraordinaires machines envahissent un monde soumis à des lois des plus répressives. Tandis que certains défendent une société fondée sur le génie créateur, d’autres repoussent les limites de la conscience en ayant recours aux drogues, à la magie et à l’anarchie.

Lorsque des loups-garous terrorisent l’East End londonien et que des jeunes filles deviennent la proie d’une effroyable créature nommée Spring Heeled Jack, le duo n’a plus d’autre choix que d’agir. Au plus vite.

Tous deux se trouvent confrontés à l’un des événements les plus décisifs de cette époque. Mais la pire de leurs découvertes pourrait bien provoquer la fin du monde tel qu’ils le connaissent…

Quand une poignée d’hommes change l’Histoire, l’Histoire change tous les autres.

Critique :
Ça, c’est du steampunk digne de ce nom ! Moi qui me plaignais de ne pas avoir eu mon compte avec « Cuits à point », voilà que ce roman m’en offre à toutes les pages.

Des machines volantes, des fiacres à vapeur, des chevaux démesurés, un smog noir comme de la suie, des lévriers qui portent le courrier, des perroquets qui délivrent des messages vocaux (ils ajoutent aussi des insultes allant de bouffon à va enfiler une chèvre)…

Ce Londres n’est pas ordinaire car il est sous la coupe des Technologistes, des Libertins, des Débauchés et des Eugénistes.

Les Technologistes vous inventent des tas d’appareils aussi fous les uns que les autres (la chaise volante, des vélos vapeurs) et les Eugénistes jouent à science sans conscience en créant des monstruosités mi-animale, mi-homme ou en changeant la nature des animaux (les perroquets qui délivrent des messages). Je me contenterai du Chat Spoussière qui semble être une invention magnifique.

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La première partie du récit (et la troisième) est consacrée au récit de Sir Richard Francis Burton et de l’enquête complètement folle (et super dangereuse) qu’il va mener seul, traquant Spring Helled Jack, avant de s’adjoindre les services de Algernon Swinburne, disciple du marquis de Sade (fessez-le, il adore ça. Fouettez-lui les fesses et il sera aux anges) et totalement barré.

Les duos, ça marche ou ça foire et dans ce cas-ci, ça marche du tonnerre de dieu. D’ailleurs, j’ai regretté que l’on n’ait pas droit à plus de Swinburne car ce personnage est décalé, drôle, fou, déjanté.

Le grand inconnu observa Burton.
— Nom de nom ! vous revenez de la guerre ? Vous êtes tombé dans un escalier ?
— En effet, intervint Swinburne en croisant les jambes. Dans l’escalier d’un bordel.
— Dieu du ciel !
— Ils l’ont jeté dehors, poursuivit le poète. Ils ont prétendu qu’il avait des goûts trop exotiques.
— Ér… Érotiques ? bafouilla l’homme.
— Non. Exotiques. Je suis certain que vous connaissez la signification de ce mot.
Swinburne fit un bruit qui évoquait le sifflement d’une canne dans l’air.
— Euh… bien sûr. Bien sûr que je le connais.
Burton esquissa un sourire féroce. On aurait dit le diable en personne.
— Algy, espèce d’idiot ! souffla-t-il.
L’inconnu se racla la gorge une, deux puis trois fois avant de reprendre la parole.
— Éro… je veux dire exotique, hein ? Ça alors ! Ben, dites donc ! Taïaut !
— Connaissez-vous le Kama Sutra de Vatsyayana17 ? lui demanda Swinburne.
— Le… euh… Ka… Kama…
— C’est un ouvrage qui vous guide à travers l’art de faire l’amour. Ce monsieur vient d’en entreprendre la traduction à partir de l’original écrit en sanscrit.
— La… la… l’art de f…
L’homme déglutit avec un bruit de gorge.

Si Burton a tout d’un Bud Spencer pour la carrure et le maniement des poings, dans le rôle de Swinburne, je verrai bien le mignon Q de James Bond : Ben Whishaw, même si sa chevelure n’est pas rousse.

La deuxième partie du récit est de Spring Helled Jack et va apporter les éclairages nécessaires aux énigmes qui parsème la première partie.

Là, on va tout comprendre. Entrer dans les pensées de Spring Helled Jack, connaître le mobile de toutes ces agressions de jeunes filles, nous donnera de l’empathie pour ce personnage qui a sombré du côté super obscur de la Force.

Pas de manichéisme, tout le monde n’est pas tout blanc ou tout noir et nous avons une multitude de nuances dans les personnages.

N’oublions pas que la plupart des personnages de ce roman ne sont pas fictifs mais ont réellement existé (Burton, Swinburne, Oscar Wilde, John Hanning Speke, Laurence Oliphant, Richard Monckton Milnes, Isambard Kingdom Brunel, Florence Nightingale et Henry de La Poer Beresford), même si ce qui leur arrive dans ce roman est fictif.

Ce roman de steampunk fantastique et uchronique (ben oui, Victoria a régné sur l’Angleterre et n’est pas morte assassinée) est tout simplement DÉJANTÉ ! Tout en étant parfaitement maîtrisé, le scénario est bourré de rebondissements, de questionnements, de mystère, de suspense, d’aller et retour dans la ligne du temps et jamais on ne se perd.

La société victorienne qui ne l’est pas (Victoria est morte jeune, assassinée à la JFK, suivez nom d’une pipe) est décrite dans ses moindres recoins. Mention spéciale à la fumée noire qui salope tout et qu’on ne voudrait pas respirer…

Nous avons beau être à l’ère des machines à vapeur, des fauteuils volants, des loups-garous et des chats aspirateur, pour le reste, elle est telle que nous la connaissons avec son clivage entre les classes sociales, ses quartiers pauvres, son Whitechapel, ses coins mal famés, ses enfants qui bossent dur, ses pubs, les confrérie selon les métiers.

Oui, c’est un roman déjanté, fou, atypique mais tout est à sa place et si on se laisse entraîner dans ce monde de machines à vapeur, de loups-garous et autres trucs louches, je vous garantis que le plaisir littéraire sera au rendez-vous et que ces 504 pages seront vite dévorées sans que vous voyez le temps passer.

Chaque fois que nous sommes confrontés à un choix, ce qui arrive chaque minute de chaque jour, nous prenons une décision et nous en subissons les conséquences dans le futur. Mais que deviennent les choix que nous avons écartés ? Sont-ils comparables à des portes restées closes ? Mènent-ils à des avenirs parallèles ? Dans quelle mesure notre présent serait-il différent si nous pouvions, une fois seulement, revenir en arrière et ouvrir la porte A au lieu de la porte B ?
(Henry de La Poer Beresford)

— La société ne veut pas d’hommes en harmonie avec leur nature profonde, mais des citoyens modelés selon ses désirs. Des esclaves obéissants.

— Dieu du ciel ! cette affaire est vraiment trop étrange ! Que s’est-il passé dans le bois ?
— Il m’a raconté des choses sans queue ni tête. Il a dit que j’appartenais à l’époque victorienne.
— Qu’est-ce que cela signifie ?
— Je n’en ai pas la moindre idée, mais je suppose qu’il y a un lien avec le nom de notre défunte reine. Il a dit que si nous l’empêchions de faire ce qu’il à faire, tout resterait ainsi. Il a dit qu’il avait besoin de réparer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°291 et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°23]

Blake et Mortimer – Tome 13 – L’affaire Francis Blake : Jean Van Hamme, Ted Benoît et Edgar P. Jacobs

Titre : Blake et Mortimer – Tome 13 – L’affaire Francis Blake

Scénariste : Jean Van Hamme
Dessinateur : Ted Benoît

Édition : Blake et Mortimer (1996)

Résumé :
Francis Blake, le chef du MI5 est-il devenu un traître à sa patrie? Le fait est qu’un espion étranger a infiltré les Services Secrets britanniques. Blake démasqué, commence une véritable chasse à l’homme où le Capitaine est devenu l’ennemi public numéro 1.

Mortimer, de son côté ne peut admettre cette trahison, et tente de garder sa confiance envers son vieil ami.

Le savant se rend à un congrès en Écosse où il se rend compte une nouvelle fois qu’il ne fait pas se fier aux apparences…

Critique :
La première fois que j’avais vu la couverture de l’album, j’étais tombée des nues.

Quoi ? Francis Blake en train de boire un verre avec Olrik, le Grand Méchant qui revient toujours ?

Olrik, ce Joe Dalton (en version sérieuse) qui rate toujours son coup, lui qui aimerait devenir Calife à la place du Calife et qui pourrait clore chacune de ses aventures par un « Caramba, encore raté ! »… Et Blake qui boit avec…

Edgard P. Jacobs n’était déjà plus, mais d’autres ont pu reprendre sa série mythique et que l’on aime ou pas, certains albums de l’après ne sont pas si mal que ça, en voici la preuve.

Je marmonnais dans ma barbe que « La Marque Jaune » était truffée de lourdeur, de dialogues énormes et de Méchant qui explique tout, nous tartinant sa vie sur des phylactères et des phylactères ? Ici, ce n’est pas le cas.

Jean Van Hamme n’est pas un scénariste à la petite semaine, il est le père de Largo Winch, de XIII, de Lady S, de Thorgal, pour ne citer que les plus connus et son fils, Thomas, est plaisant à regarder (il présente des émissions sur la chaîne Belge de RTL).

Donc, mon cher compatriote, au lieu de s’enliser dans des parlotes inutiles, il fait avancer son récit à un bon rythme et évite le côté fantastique ou science-fiction pour nous offrir un mélange entre de l’espionnage et une enquête qui nous fera voyager dans l’Angleterre pour finir par sauter par-dessus le mur d’Adrien, avant de plonger d’une falaise.

Pourquoi toutes ces péripéties ? Mais enfin, vous ne le saviez pas ? On accuse le capitaine Francis Blake d’être un agent double ! Et il avoue sa forfaiture en s’enfuyant avec l’espion que le MI5 venait d’arrêter.

Cet Anglais, vraiment, oser tromper sa patrie, son pays, sa reine ! Un étranger, les Anglais auraient compris, mais pas un des leur. Tout fou le camp, ma bonne dame.

Les personnages sont conformes aux originaux, même si je n’ai pas pris la peine de relire tous les véritables albums pour corroborer les faits…

La preuve en est que lorsqu’on annonce à Blake que son copain Mortimer est mort, noyé, après avoir sauté dans la mer, à plus de 60 mètres de hauteur, notre Blake insulte Olrik d’un « Misérable », montrant par là toute sa flegme et son éducation anglaise, là où un autre aurait utilisé des « sale enculé de ta mère de fils de pute de ta race que je vais te niquer ».

Blake et Mortimer sont un peu coincés sur les bords, ce sont des gentlemans et même lorsqu’on tire vers des bandits qui veulent notre peau, on vise à côté pour ne pas les tuer… Dans les éditions anciennes, j’aurais compris, la censure était là, mais dans les années 90, elle sévissait toujours et ailleurs que chez Dupuis ?

Oui, j’aurais aimé un Francis Blake éructant des insultes aussi colorées que celles du capitaine Haddock, mais un bon anglais ne s’abaisse pas à si bas. Dommage, ça donnerait un peu plus de réalisme et d’épaisseur à nos deux hommes.

Une enquête qui ne manque pas de rythme, où l’on voyage beaucoup en Angleterre, Mortimer donnera même des coups de pédale, la présence d’une « cousine » de Blake qui n’a pas froid aux miches (pour une fois qu’on a un personnage féminin qui n’est pas une bonniche), des agents doubles, des traîtres, du suspense et un scénariste qui a joué aussi avec ses lecteurs, ajoutant du peps dans certaines scènes.

Pour se coucher moins bête au soir : Sur le dos de la première édition figurait le nom d’Edgard P. Jacob sans le « d’après » qui a été rajouté par la suite à la demande des héritiers qui craignaient une confusion des lecteurs qui auraient pu penser que c’était un inédit d’E.P. Jacobs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°256 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).