Sherlock Holmes : L’héritage (2013)

— Tout est parti de Sherlock Holmes. Sans lui, la criminalistique n’existerait pas.

Dieu que j’aime entendre ce genre de phrase ! « Sherlock Holmes : L’héritage » est un documentaire qui vous expliquera l’héritage scientifique laissé par Sherlock Holmes au fil du temps. Il est le père – ou le grand-père – de la criminalistique et de la science criminelle.

Ce reportage, je l’ai chopé dans un endroit pas très net, mais je m’en fou car il date d’il y a quelques années et je ne pense pas qu’il allait repasser à la télé dans les prochains temps.

Différents chapitres qui composent ce reportage : 

  • La science des poisons
  • Les empreintes digitales
  • Les traces de pas
  • Conan Doyle, détective

Dès le départ, j’ai été agréablement surprise de voir qu’ils consacraient le début de leur reportage à Sherlock de la BBC, la version moderne de Sherlock Holmes. L’avantage est que dans sa version moderne, il utilise très souvent les labos et on le voit !

Dans les version plus anciennes, cette manière d’enquêter était souvent montrée en vitesse, ou dans son final, quand Holmes a trouvé. L’avantage aussi de la série BBC, c’est qu’ils nous montrent ce que Sherlock analyse, voit, déduit.

Après, on quittera la série phare de la BBC pour passer à des images tirées d’autres films sur Holmes dont un acteur que je ne connais pas. Affublé du deerstalker et macfarlane ! Argh.

Le reportage n’est donc pas une pub déguisée pour la série avec le bô Benedict (même si la musique de la série illustrera tout le reportage) mais une pour cet acteur que l’on verra pour toutes les illustrations holmésiennes (il s’agit de l’acteur  Edward Cartwright).

Dommage, ils auraient pu panacher, il y a assez de films et série avec le détective de Conan Doyle.

Pour celui ou celle qui voudrait en apprendre un peu plus sur Sherlock Holmes, ce petit reportage est bien fichu car il mêle habilement les interviews de personnes, avec des images d’anciens films, des extraits de la série de la BBC.

Ces mélanges réalité/fiction sont toujours bien vu, un peu comme dans « Secret d’histoire ». Ils permettent, en tout cas, aux spectateurs de mieux comprendre certaines choses expliquées dans le reportage.

Les puristes pourront trouver qu’an final, ça fait un peu bordel, que les explications ne sont pas toujours structurées et qu’on pourrait avoir l’impression que celui qui a fait le plan du reportage avait bu ce jour là.

Cela n’empêche pas de passer un bon moment de visionnage, tout en apprenant des petites choses sur le détective de Baker Street car oui, il y a toujours matière à apprendre !

Très facile à regarder, ce reportage peut se voir en famille, ou avec Chouchou, pas du tout au fait de l’holmésologie ou du personnage. Bon, vu toutes les questions qu’il me posait, j’ai mis un temps fou à regarder ce reportage, mais c’est parce qu’il voulait en savoir plus ! On parie combien qu’il a déjà tout oublié ?? mdr

On ne parle pas que de Holmes non plus, dans ce reportage découpé en plusieurs chapitres, mais aussi de crimes réels ! Bon, ça fait un peu kitch ces vieilles images et je n’aurais pas été surprise d’entendre la voix de mon chez Pierre Bellemare.

Par contre, je ne sais pas comment les enquêteurs ont pu ne fut-ce que penser que le talium présent dans le corps du mort pouvait avoir été mis dans le thermos de thé du gars par des collègues facétieux qui lui auraient fait une plaisanterie pour rire et qu’elle aurait mal tournée…

Du vinaigre pour rire, oui, mais du talium ?? Putain, les mecs, cherchez la femme ou plutôt, l’épouse ! Bande de moule, va !

Il ne faut jamais élaborer des théories définitives avant d’avoir rassemblé et analysé tous les indices.

On apprendra aussi qu’en 1893, Hans Gross, un juge autrichien, lassé de voir les flics amener des suspects dont ils avaient extorqué des aveux bidons à coup de poing, écrivit un manuel à leur usage. On le dit déjà fort complet pour l’époque ! Dommage qu’il n’est pas traduit… Là, j’ai appris quelque chose.

On fera aussi la part belle à Edmond Locard et de son tout premier laboratoire de police scientifique inspiré par Sherlock Holmes, lui aussi. Cet homme est partout.

Lockard qui disait qu’un crime laissait toujours des traces et qu’on ne pouvait aller sur une scène de crime sans déposer quelque chose et emporter quelque chose.

Une des rares erreurs de Holmes sera dans le fait qu’avec la foulée d’un homme, on peut calculer sa taille. Impossible. On ne peut pas vraiment lui en vouloir…

Très instructif et agréable à regarder avec une tasse de thé ou de café, au choix.

Après avoir vu ce reportage, vous ne mettrez plus jamais en doute que Sherlock Holmes est bien l’inventeur de la criminalistique ! Oui, Sherlock Holmes est un modèle pour les enquêteurs actuels et passés. 

Le monde change, mais les théories de Sherlock Holmes et ses méthodes ne changeront jamais.

L’héritage de Sherlock Holmes, c’est le plaisir de découvrir la vérité.

Sherlock Holmes : L’héritage sur Daily Motion

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Publicités

Feuillets de cuivre : Fabien Clavel [LC avec Bianca]

Titre : Feuillets de cuivre

Auteur : Fabien Clavel
Édition : Actusf (06/11/2015)

Résumé :
Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d’une prostituée, premier d’une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l’âme mutilée par son passé et au corps d’obèse, l’inspecteur Ragon n’a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire.

À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l’éclaircie d’un esprit bienveillant… vite terni.

Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d’encre et de sang.

Critique :
Comment cataloguer ce roman  ?

On pourrait être tenté de le classer dans les OLNI, mais ce serait réducteur car il possède à la fois l’ADN d’un roman policier, un soupçon de SF, un zeste de fantasy, une pincée de fantastique, le tout saupoudré de steampunk.

En parlant de steampunk, je m’attendais à me trouver face à sa définition, c’est-à-dire une uchronie faisant référence à l’utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l’époque victorienne… Il n’en fut rien !

Ce roman policier, comme je le disais, est inclassable car il aborde trop de genres différents que pour être catalogué, sans compter toutes les références à d’autres choses dont je n’aurais même pas eu connaissance sans la postface.

Patchwork… C’est plus un nom qui lui convient car il commence comme un recueil de nouvelles, avec quelques enquêtes de Ragon, jeune gardien de la paix à Paris, de forte corpulence et n’aimant pas voir les cadavres.

Après quelques enquêtes qui placent le personnage de Ragon et le font évoluer, on passera ensuite à une sorte de feuilleton, avec un Méchant qui reviendra tourmenter Ragon et nous donner du plaisir avec des mises-en-scène digne des plus grands.

Sherlock Holmes disait que le crime était commun et la logique rare, au moins, ici, notre enquêteur Ragon aura un ennemi à la porté de son esprit brillant !

D’ailleurs, je cite Holmes en oubliant de vous dire que notre Ragon possède un peu du détective de Baker Street, parle de ses petites cellules grises comme un Hercule Poirot, pose les questions justes, tel un Columbo obèse et analyse les gens tel un Mentalist.

Si j’ai été déconcertée au début par le fait de me trouver face à des petites nouvelles, genre les aventures de Sherlock Holmes, je me suis vite mise dans le bain et j’ai suivi ces enquêtes qui possèdent toutes un fil rouge, donnant dans la seconde partie, la pelote de laine entière et le dessin du pull.

Je précise qu’avant de lire, je n’avais pas relu le résumé, me laissant porter par l’histoire, sans savoir où elle allait me mener, d’où ma surprise de me trouver face à des nouvelles et pas à un roman continu. Ensuite, j’ai compris…

Une première partie plus « policière » et une seconde avec le petit côté fantastique et le tout donne, au final, un bon moment de lecture, une lecture rafraichissante, me sortant de mes pantoufles littéraires habituelles.

Une fois de plus, cette LC avec Bianca a porté sur un roman qui trainait dans ma PAL depuis longtemps et elle fut réussie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N° 13 – Le Pouce de l’Ingénieur – lire un livre du genre « Steampunk »).

Tif et Tondu – Tome 16 – L’ombre sans corps : Tillieux & Will

tifettondu16

Titre : Tif et Tondu – Tome 16 – L’ombre sans corps

Scénariste : Tillieux
Dessinateur : Will

Édition : Dupuis (1970)

Résumé :
Nos amis détectives se rendent en Écosse pour aller passer deux semaines de vacances, et en chemin, ils s’arrêtent à Londres pour rendre visite à l’inspecteur Ficshusset, qu’ils ont déjà croisé dans une autre affaire.

Alors qu’ils pensent être tranquilles pour dîner et discuter, un mystérieux coup de téléphone les dérange, à priori une erreur.

Pendant ce temps en ville, une voiture conduit toute seule, les ballons bougent et les cabines téléphoniques aussi … l’homme invisible est-il parmi nous ?

Toujours est-il qu’il semble en vouloir à l’inspecteur Ficshusset… et semble également des problèmes de communications …

tifettondu16_plCritique :
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ! Et Maurice Tillieux, au scénario, va nous le démontrer avec brio et avec beaucoup de mystère !

Tif et Tondu, je les avaient découvert dans les vieux magazines Spirou de mon père datant des années 70.

Toute jeune lorsque j’avais lu pour la première fois cette aventure publiée sous forme de feuilleton toutes les semaines, j’avais eu un peu peur, je l’avoue.

Ici, après moult relecture, je n’ai plus peur mais c’est toujours un plaisir de retrouver nos deux enquêteurs qui, cette fois-ci, sont sur le sol britannique.

Pour celui ou celle qui découvre la bédé pour la première fois, il est bien entendu qu’il va se demander quelle est cette mystérieuse ombre sans corps, ou au départ, qui est cet homme invisible qui ne s’exprime que par des borborygmes et qui à l’air d’en vouloir à l’inspecteur Ficshusset de Scotland Yard.

Humour anglais, mystères, suspense, enquête, traque, attaques, coups sur la tête, flegme britannique en toute circonstance (Keep calm, quasi) bien que caricatural.

Le scénariste ayant changé (Tillieux en lieu et place de Rosy), on pourrait s’attendre à des personnages différents mais il n’en fut rien, nos deux amis sont égaux à eux-mêmes et l’humour de Tif (le chauve) est toujours aussi lourd et c’est ce qui fait son charme.

— Voici vos papiers, messieurs ! La Transcar vous souhaite bonne route en Grande-Bretagne et vous rappelle aimablement qu’on y roule à gauche !
— Je sais ! Ici, les femmes qui conduisent sont à gauche même si elles sont adroites… Ha, ha, ha ! Amusant, non ?
— Je n’ai jamais rien entendu de plus drôle, monsieur.
— Alors tu montes ou tu continues à promouvoir l’esprit français ?
— Je trouvais ça amusant, moi.
— Ça en fait toujours un.

Une aventure qui ne manque pas de rebondissements et de situations cocasses en tout genre, surtout avec le policier qui se fait attaquer par un régime de bananes… mais nos deux amis ont toujours la solution pour tout faire rentrer dans l’ordre.

Toujours un plaisir !

Ah oui, n’oubliez pas, en Angleterre, on roule à gauche !! N’est-ce pas, Tif ?

Étoile 4

Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

keep-calm-and-read-for-the-english-month-2.jpg

Revival : Stephen King [LC avec Stelphique]

Revival - Stephen King

Titre : Revival

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (Septembre 2015)

Résumé :
Il a suffi de quelques jours au charismatique Révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité.

Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu’à ce qu’il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot « Revival » a plus d’un sens… Et qu’il y a bien des façons de renaitre !

Revival - SKCritique : 
Entre le King et moi, ce ne fut pas toujours « Love me tender » mais comme une vieille histoire d’amour, je reviens souvent vers lui.

Le King, c’est un vieil amant qui me fit atteindre des sommets de plaisir littéraire avec sa plume.

« La vie est une roue et elle revient toujours à son point de départ ».

Là, je suis embêtée parce que en lisant ce King, mon cœur n’a pas fait Bong, ni même Boum.

Non pas que ce King soit de la daube, non, n’exagérons pas, ce serait mentir, mais il lui manque un petit je-ne-sais-quoi pour qu’il ait l’étoffe des Grands Romans du King.

C’est comme une praline que tu adores et là, tu as l’impression qu’elle n’est pas tout à fait comme d’habitude.  Y aurait-il quelques gouttes d’huile de palme cachée ?

Où c’est que le bât a blessé ? C’est là que les Romains s’empoignèrent, que les Athéniens s’atteignirent et que les Parthes partirent parce que je ne sais pas où. C’est fugace, mon petit Fougasse.

Le début du roman est assez lent mais cela ne m’a pas dérangée car le King plante ses personnages principaux et secondaires et arrose le tout afin de les faire grandir et évoluer.

J’ai aimé ces passages avec le petit Jamie Morton, 6 ans, petit garçon charmant, attachant, espiègle et jouant avec ses petits soldats début des années 60. Une famille américaine moyenne, des parents normaux. Une famille bien dépeinte, une fois encore.

Quant au révérend Charles Jacobs et bien, c’est un homme d’église comme je les apprécie alors que le résumé laissait présager un prédicateur zélé digne d’une secte puisqu’il était dit dans le 4ème de couverture qu’il avait « ensorcelé les habitants de Harlow (Maine) en quelques jours ».

Maudit 4ème de couverture qui nous fait interpréter des trucs qu’il ne faut pas !

Alors que Charles Jacobs est juste un homme charismatique avec une jolie épouse et un petit garçon qui sera la coqueluche des autres enfants. Bref, rien d’un zinzin ou d’une grenouille de bénitier, le révérend ! J’avais même pas envie de le bouffer, c’est dire comme j’appréciais le personnage.

Le Terrible Sermon qu’il prononça un jour était bien écrit, il reflétait bien le discours d’un homme qui doute, qui souffre, qui perd la Foi, mais le problème est qu’il n’y avait personne dans l’assemblée pour lui répondre et réfuter une partie de ses paroles.

— Qu’elle ait été à jeun ou pleine comme une barrique, ça ne change rien. Mario Andretti lui-même n’aurait pas pu éviter cette collision. Le révérend Jacobs a eu raison sur un point : les gens veulent toujours trouver une raison aux malheurs de la vie. Des fois, il n’y en a pas. 

J’aurais aimé une joute verbale entre un qui croyait toujours et lui qui ne croyait plus. Là, c’est trop facile d’accuser son chien d’avoir la rage parce qu’on veut le noyer. Le coupable de son ire était mal choisi. Anybref !

Ensuite, dans la seconde partie, ça se corse, on prend de la vitesse avant de ralentir un peu pour ensuite relancer la machine, telle une fusée propulsée par un ouragan rempli d’éclairs et pas au chocolat.

Malgré le style du King, malgré ses personnages travaillés, malgré ses piques traditionnelles contre les citoyens des États-Unis, malgré son fil conducteur, malgré sa charge contre la bêtise des gens qui, quand la médecine ne sait plus rien faire, sont prêt à se tourner vers le grand n’importe quoi (mais je peux les comprendre), malgré ce beau portrait musical des Sixties, malgré le final terrible et terrifiant de par ses conséquences (pas par ce que le King décrit), le tout manquait de sel et de piment.

Outre le fait d’être réservés par nature et par éducation, les Yankees ont aussi tendance à se complaire dans les préjugés de race et de religion. Trois ans plus tard, au collège de Gates Falls, j’ai entendu un de mes professeurs dire à un autre sur un ton d’incompréhension indignée : « Mais enfin, pourquoi être allé assassiner ce révérend King ? Pour l’amour du ciel, c’était un bon nègre ! »

Qui a dit « un bouquin branché sur courant alternatif » ? Lehane-Fan, merci ! C’est ce que je cherchait et tu as mis les doigts dans la prise afin de m’éclairer !

Le pire, c’est que JAMAIS la lecture ne m’a ennuyée, jamais je n’ai décroché, j’ai lu le roman avec passion, je me suis attachée à Jamie Morton, j’ai eu mal pour lui quand il était enfoncé dans sa merde, j’ai aimé le suivre, je me suis attachée au révérend Jacobs, j’ai aimé l’histoire, le scénario, la plume, la charge contre ces religieux qui n’ont de religieux que le nom, ces marchands du Temple qu’un jour, un certain Jésus foutu dehors à grand renforts de coup de pieds au cul…

Malgré tout ça, il manque un truc (et je suis incapable de vous dire quoi précisément) pour que ce roman aille trôner avec les autres au Panthéon des romans du King.

J’ai dû faire un court-circuit quelque part parce que je n’ai pas joui avec lui comme d’habitude.

Trois étoiles quand même parce qu’il ne manquait pas grand-chose pour en faire un Grand, mais sans ce petit truc qui manque, ÇA le fait un peu moins !

La curiosité est une terrible chose, mais c’est une chose humaine. Tellement humaine.

— Ils ne viennent pas ici pour voir la réalité, Jamie, ils veulent du fantastique.

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

index LC

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Ce mois ci, on a décidé de se faire le King sur le grill !!!!! Revival nous paraissait tout indiqué vu qu’il a déjà le conducteur !!!!!

Synopsis :
La foudre est-elle plus puissante que Dieu ?

Il a suffi de quelques jours au charismatique Révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité.

Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu’à ce qu’il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot « Revival » a plus d’un sens… Et qu’il y a bien des façons de renaître !

Addiction, fanatisme, religion, expérimentations scientifiques… un roman électrique sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir. Hommage à Edgar Allan Poe, Nathaniel Hawthorne et Lovecraft, un King d’anthologie.

Les personnages :
Jamie et le révérend Charles Jacobs ont un destin lié, mieux connecté, on dirait ! Une sorte d’attraction qui va au delà de la raison, du raisonnable et de la religion. Un môme avec des yeux fascinés, le révérend en avait de la chance, mais la foudre s’en est mêlée, et leur histoire en a souffert….

Ce que j’ai ressenti :…Un roman au courant contagieux !
Le coup de foudre vous y croyez, vous ???!!!! Et la foudre plus puissante que Dieu ? Stephen King nous emmène entre les deux, dans un entre-deux électrique et électrisant, préparez vous à voir des éclairs partout !!!

« Vous pouvez faire confiance au Rev’. »

Il n’y a que le King pour créer une histoire teintée de religion communicatrice, d’électricité conductrice, de fanatisme magique, d’expériences au delà du réel…. Il n’y a que lui aussi pour nous emporter dans son monde, dans une lenteur calculée, dans son Amérique Rock’n’roll, avec des personnages charismatiques.

Il n’y a que lui également pour rendre hommage comme personne à ses auteurs qui ont révolutionner la littérature d’un doux frisson de frayeur.

Alors, oui ce livre est un exemple révélateur de son immense talent, bien sur qu’il y avait tous les ingrédients qui font tout son succès, et que je suis super heureuse de posséder ce nouvel opus avec cette couverture si magnifique !!!

Je ne peux quasiment rien reprocher à cette histoire, mais je ne sais pas, il m’a manqué le « petit quelque chose » pour que ce soit le coup de cœur, avant de faire naitre le coup de foudre. J’ai trop attendu cette fameuse fin, 400 pages avant d’atteindre le dénouement pour le fameux « Il s’est passé quelque chose »…

C’est ce temps d’attente que je regrette, j’ai l’habitude que le King prenne son temps, ce n’est pas cela qui m’a dérangée, mais d’habitude, il nous le fait languir en nous appâtant avec cette touche personnelle dont il a le secret, et là, je suis restée frustrée malgré cette super fin!

Peut être, de n’avoir pas eu de réelle explication sur cette électricité justement, oui peut être, que ça vient de là, elle arrive trop de nulle part, on ne sait pas d’où le Rev’ la prend sa source, cette fascination dévorante…..

« Ils ne viennent pas ici pour voir la réalité, Jamie, ils veulent du fantastique. »

Tout de même, ce tour d’horizon de la religion et ses dérives est à faire avec notre auteur chouchou ! Il connait tellement les tours et détours de certains prédicateurs qu’il arrive à nous éclairer sur les failles et gouffres dont certains arrivent à faire naitre à l’ombre de leurs obscures palabres.

Le Sermon a quelque chose de fascinant, moi je vous le dis !!!. Le rock’n’roll (et son packaging !) a aussi une place de choix au sein de ses pages, comme musique de fond en MI,  il accompagne à merveille!

On se plait vraiment à se perdre dans ses lieux guidé par le Maitre, on veut toucher de près cette énergie guérisseuse, on se laisse prendre au jeu de cette électricité bienfaitrice!

Revival est à lire, forcement, pour tout fan, même s’il faut s’armer de patience avant de voir où veut nous emmener le Roi de l’épouvante!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

 

Frankenstein ou Le Prométhée moderne : Mary Shelley [Impressions de lecture]

Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 100) : Prise aux tripes
Plongée dans ce roman que j’avais dévoré il y a plus de 20 ans et dont je ne me souvenais plus que des grandes lignes. Les wagons ont été accrochés direct et je l’ai redécouvert. Calme au départ, et puis, le récit commence à prendre forme, à s’épaissir. La création… ou quand l’homme veut se faire l’égal de Dieu.

Impressions de Stelphique (page 1 à 110) : Surprise…
Frankenstein le savant fou, déjà c’est une surprise… Et puis Exit aussi la créature verte… Je crois qu’il fallait que je lise ce Classique pour m’en faire ma propre idée !!!
Je ne le vois pas du tout comme ça dans mon esprit, et je ne pensais pas que l’œuvre serait écrite de cette façon aussi….
Ouais, Surprise c’est le mot !!!!! Allez je vais voir ce qu’il a dire maintenant !!!!! 😉

Impressions du Cannibal Lecteur (page 101 à fin) : Mal aux tripes
Oui, mal aux tripes de voir comment Frankenstein a abandonné sa créature, celle pour qui il avait donné deux ans de sa vie. Mal de voir comment cet homme créé de toutes pièces fut rejeté et mal de voir comment il a tourné. Mes frissons furent de dégoût devant tout ces morts inutiles, tout ça pour la mégalomanie d’un homme.

Impressions de Stelphique (pages 101 à fin) : Dubitative.
Cette deuxième partie me laisse un peu perplexe. Je me suis un peu ennuyée dans ce milieu de roman, mais la fin a au moins le mérite de remonter tout ça ! Une lecture en demi teinte, loin des frissons que j’en attendais…

Frankenstein ou Le Prométhée moderne : Mary Shelley

 Titre : Frankenstein ou Le Prométhée moderne

Auteur : Mary Shelley

Édition: Marabout (1964) / J’ai Lu (1993 – 1997 – 2005) / Presse Pocket(2000) / LP (2009)

Résumé :
Victor Frankenstein, scientifique genevois, est recueilli sur la banquise par un équipage faisant route vers le Pôle Nord.

Très tourmenté, il livre son histoire au capitaine du bateau : quelque temps auparavant, il est parvenu à donner la vie à une créature surhumaine.

Mais celle-ci sème bientôt la terreur autour d’elle…

Critique :
Tout d’abord, remarquons que ce roman a été écrit par une femme. À l’époque (1818), ce n’était pas rien ! Voilà, c’était la minute féministe…

Moi aussi, lorsque j’ai décidé de lire ce livre (les années 1990), je croyais tout savoir sur Frankenstein.

Et bien, comme on dit chez nous, j’aurais mieux fait de laisser croire les bonnes sœurs, elles sont quand même là pour ça…

J’avais tout faux ! Mais vraiment tout faux. Une claque que je me suis prise dans la figure. Mon jeune âge de l’époque était sans doute la cause.

Maintenant, je sais qu’il ne faut pas confondre le Professeur Frankenstein et la créature du Professeur Frankenstein, cette même créature composée de divers fragments de cadavres.

Oui, je croyais tout savoir, je ne savais rien et je sais qu’on ne sait rien…

Fichtre, quel livre. Il a remis mes pendules à l’heure.

Mary Shelley n’est pas tout à fait contemporaine à Conan Doyle, pourtant, son livre a un petit rapport avec Sherlock Holmes et c’est une amie qui m’a ouvert les yeux dernièrement.

Quel rapport ? me demandez-vous…

La science, bande de béotiens !

L’incroyable génie de ce professeur Frankenstein qui aura été capable de faire vivre des bouts de chair cousus grâce à des décharges électriques.

La morale de ce livre pourrait se traduire par une phrase de Rabelais : «science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Pour être encore plus clair, les scientifiques doivent réfléchir aux conséquences de leurs actes plutôt qu’à la gloire. Ce que le professeur ne fit pas… et qui paya les pots cassés ? Sa pauvre créature. Oui, pauvre créature, je le dis haut et fort.

Moi qui croyait le connaître et moi qui « pensais » la haïr, et bien, ce fut tout le contraire. Non, la créature n’est pas à blâmer, mais son créateur, oui !

Tout comme Icare, le professeur Frankenstein a voulu s’approcher de Dieu, mais en créant ce « monstre », ses ailes ont brûlé et il s’est écrasé au sol.

Si ça s’arrêtait là, encore, ça irait. Mais Mary Shelley va plus loin en montrant que la créature elle-même est une victime de la mégalomanie du professeur.

Elle souffre, cette créature, d’être fuie par les humains. Sa souffrance suinte de toutes les pages du roman. J’ai eu mal avec elle. Oui, elle a tué… mais le professeur l’avait abandonné à son triste sort. Que pouvait-elle faire ?

Donc, à la différence : Conan Doyle en bon médecin, prône la science et Mary Shelley en dénonce les mauvais aspects. Et elle a eu bien raison.

Deux visions différentes d’une même force…

Mettez vos a priori sur le côté, laissez croire les bonnes sœurs et ne pensez pas tout savoir d’une œuvre avant de vous être penchée dessus parce que ce roman vous remettra à votre place.

Un livre de plus qui m’a marqué au fer rouge.

Titre participant au Challenge « La littérature fait son cinéma – 2ème année » chez Kabaret Kulturel en au Challenge « Les 100 livres à lire au moins une fois » chez Bianca.

Des fleurs pour Algernon : Daniel Keyes

 Titre : Des fleurs pour Algernon

Auteur : Daniel Keyes
Édition: J’ai Lu

Résumé :
Algernon est une souris de laboratoire, Charlie Gordon un simplet employé aux médiocres besognes. Tous deux vont emprunter, grâce à une découverte du docteur Strauss et du professeur Nemur, le chemin vers l’intelligence.

Suivi par la psychologue Alice Kinnian dont il tombe rapidement amoureux, Charlie va faire de grands progrès sur le plan intellectuel.

Ainsi, au terme du troisième mois de traitement, il consigne dans son journal, originellement intitulé CONTE RANDU : J’ai téléphoné à Landsdoff au New Institute for Advanced Study, au sujet de l’utilisation des paires d’ions produites par effet photo-nucléaire, pour des recherches exploratoires en biophysique.

La progression est fulgurante. Mais le plus dur est à venir, et la découverte du monde qui l’entoure sera sans concession.

Puis soudain le rêve s’effondre, Algernon décline et finit par mourir.

Petit plus : A rapprocher de Quotient intellectuel à vendre de John Boyd, cette fable émouvante conviendra autant aux jeunes lecteurs avides de découvertes qu’aux amateurs qui seraient passés à côté de ce livre aujourd’hui classique.

Il obtint en effet le prix Hugo en 1960 et fut porté à l’écran par Ralph Nelson en 1968 sous le titre de Charly.

Critique : 
« Un bon livre, c’est un livre qui te fait mal quand tu le refermes. »

Cette année 2012 est un bon millésime car riche en « coups de coeur »  littéraires.

Ces coups de coeur, je les dois aux critiques sur Babelio, qui m’ont données envie d’enrichir ma bibliothèque, mais aussi à certains membres qui m’ont conseillé des livres dont ils se doutaient qu’ils me procureraient des heures de plaisir.

Et bien, ce livre, c’est aussi grâce aux bonnes critiques lues sur Babelio et surtout grâce au fait que Métaphore me l’ai recommandé comme j’hésitais avec un autre titre.

Cette oeuvre de science-fiction (que je n’aurais eu l’idée de lire), je l’ai acquise et lue dans le cadre du challenge « Romans Cultes » organisé par Métaphore.

C’est grâce à son challenge que j’ai découvert cette pépite.

« Des fleurs pour Algernon » fera, lui aussi, partie de ces romans qui me hanteront encore longtemps après avoir tourné la dernière page.

Pourtant, ma première impression, en commençant ma lecture, fut un écarquillement des yeux pas possible.

En effet, sur la première ligne, je venais de lire « Conte randu » et je me suis dit qu’il devait y avoir une grève des correcteurs, le jour où le livre fut édité.

La deuxième ligne me fit tiquer aussi sur une faute d’orthographe énorme et là je me suis dit qu’il devait y avoir une subtilité que je n’avais pas vu, étant donné que j’avais commencé ma lecture en buvant mon premier café, au réveil.

Ok, c’est Charlie Gordon, le « héros » qui nous parle et vu qu’il est arriéré mental, ces fautes d’orthographe sont normales.

Le personnage de Charlie est sympathique, on aurait presque envie de gueuler sur tous ceux qui se moquent de lui, sans que Charlie s’en rende compte.

Évidemment, il est toujours plus facile de se moquer de ceux qui ne savent pas se défendre, cela nous rend plus fort…

Charlie ne veut qu’une chose, devenir « un telligent ». La science le fera, mais les rêves, une fois qu’ils sont réalisés, ne sont pas toujours agréables et Charlie va le découvrir à ses dépends.

Puisque son QI se développe, Charlie va tout doucement se rendre compte que les autres se moquaient de lui, qu’il peut éprouver de la colère, que lui aussi peut devenir condescendant envers les autres parce qu’ils n’ont pas un esprit aussi vif que le sien.

Voilà donc un roman qui m’a pris aux tripes, me laissant à la fin avec une boule dans la gorge parce que l’issue est tout tracée.

J’ai suivi l’évolution de Charlie, son retour dans son passé, dans ses souvenirs qui sont remontés à la surface durant l’augmentation de son QI, j’ai souffert avec lui en découvrant que sa mère, après avoir fait comme si son fils était « normal », a tout fait pour le rendre intelligent, préférant se dire que c’était de la paresse plutôt qu’une déficience mentale.

Le début est fort prenant, on remarque de suite l’amélioration de Charlie en lisant ses billets où les fautes s’estompent, où les phrases deviennent de plus en plus construite.

L’homme ayant toujours eu peur de ce qu’il ne connaît pas, de ce qui est différent de lui, voilà que les collègues de travail de Charlie ont peur de lui, ne veulent plus le voir, son niveau d’intelligence étant tellement élevé, qu’ils se sentent en infériorité devant lui.

Et vu qu’ils s’élevaient en écrasant un plus faible, une fois que le faible d’esprit devient un génie, ça les rabaissent.

Le pire c’est que Charlie devient comme eux, regardant les autres qui sont moins vifs d’esprit que lui, avec supériorité, changeant de personnalité, perdant même son sourire qu’il affichait tout le temps auparavant.

Si une partie du livre peut sembler moins importante, je l’ai lue avec avidité parce que elle signifiait aussi la révolte de Charlie qui en avait marre de ne pas être traîté en être humain et sa fuite, avec Algernon.

Arriéré avant, cobaye ensuite, il se révoltait contre ceux qui le considérait comme leur « propriété », comme s’ils lui avaient donné naissance. Ils traitaient Charlie comme Algernon, la souris blanche devenue intelligente, elle aussi, suite à une manipulation scientifique.

L’auteur ne s’appesantit pas non plus sur la vie de misère de Charlie, distillant plutôt tout cela dans les rapports écrits par Charlie, lorsqu’il se souvient et comprend. Je pense que c’est encore pire de cette manière. On a mal avec lui.

La fin est prenante, vous collant une boule dans la gorge lorsque Charlie se rend compte que le processus s’inverse…

Je l’ai terminé avec les larmes aux yeux, tant je m’étais attachée au personnage et tant il est déprimant de se rendre compte de sa déchéance.

C’est comme lorsqu’une personne atteinte d’Alzheimer se rend compte, dans un bref moment de lucidité, qu’elle perd les pédales… ça lui fait mal et aux autres aussi.

Ce livre a beau être de la science-fiction, il illustre de belle manière les dangers de la science ou de la médecine, lorsqu’elle utilise son savoir à mauvais escient.

Comme le disait Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et c’est la vie et l’âme de Charlie qu’ils ont ruiné, même si le fait de devenir aussi intelligent était son rêve. Ceci dit, l’enfer est pavé de bonnes intentions…

Le mal était plus fort que le bien qui fut fait et, ma foi, ils auraient mieux fait de lui ficher la paix, à Charlie !

Après un roman pareil, un de ceux qui me hantera longtemps après que la dernière page se soit tournée, il me faut lire un roman simple, un roman avec un meurtre ou un truc léger, une lecture qui ne prendra pas la tête, qui ne me nouera pas les tripes, ne me causera pas de l’humidité dans les yeux, un truc du genre…

Lire un Harlequin ? Non, j’ai dit « divertissant », pas « abrutissant » ! Oh, vite, un San-Antonio !

Lu dans le cadre des challenges « Romans Cultes » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret KulturelParticipe aussi au challenge « Les 100 livres à avoir lu au moins une fois » chez Bianca.