Lizzie Martin – Tome 7 – L’orpheline de Salisbury : Ann Granger

Titre : Lizzie Martin – Tome 7 – L’orpheline de Salisbury

Auteur : Ann Granger
Édition : 10/18 Grands détectives (18/06/2020)
Édition Originale : The murderer’s apprentice (2019)
Traduction : Jean-Baptiste Dupin

Résumé :
Mars 1870. Londres est recouvert de brouillard et de glace. Mais Ben Ross, inspecteur de Scotland Yard, a bien d’autres soucis que la météo lorsque le cadavre d’une jeune femme est retrouvée dans une poubelle derrière un restaurant de Piccadilly.

Ben doit dresser le portrait de la victime avant de comprendre comment et pourquoi elle s’est retrouvée là. Son enquête le conduit d’abord chez un bottier de Salisbury, puis chez un propriétaire terrien du Yorkshire.

Au même moment, Lizzie, l’épouse de Ben, secondée par Bessie, leur domestique à qui rien n’échappe, enquêtent sur une mystérieuse affaire de femme emprisonnée dans sa propre maison.

Tandis que Ben se lance dans une enquête de plus en plus complexe, Lizzie va découvrir une pièce essentielle du puzzle qui lui permettra de s’approcher au plus près de la vérité.

Critique :
Mais quelle idée j’ai eu d’aller dans le brouillard londonien, froid et humide, alors que dehors c’est grand soleil !

Les pauvres Ben et Lizzie auraient sans doute préféré nos températures estivales que celles qui fait grelotter Londres et ses habitants, sans compter qu’on ne voit pas le bout de ses doigts dans ce fog.

Une fois de plus, je retrouve de vieux amis, même si j’ai passé moins de temps avec eux qu’avec le couple Thomas Pitt & Charlotte.

D’ailleurs, ils leur ressemble un peu : un mari policier et une femme qui enquête. Sauf que Lizzie est plus tête brûlée que Charlotte.

Parfois, je me demande ce que Ben ferait sans sa femme pour mettre son nez là où il ne faut pas… Enfin, on pense toujours qu’elle fourre son nez dans les affaires des autres mais finalement, elle a eu raison d’aller se mêler de ce qui ne lui regardait pas.

Dans une atmosphère froide, humide et dans un brouillard à couper au couteau, Ben va enquêter sur la mort d’une jeune fille retrouvée dans le compost d’un restaurant. Pas facile de l’identifier mais Ben est perspicace, fouineur et tenace.

L’auteure nous introduit dans les belles demeures, là où les policiers sont priés de se présenter par la porte arrière, chez des bourgeois qui n’aiment pas voir des uniformes, car ça fait jaser dans le quartier, chez des gens qui regardent les policiers de haut et répondent agressivement à leurs questions.

Ces bourgeois qui n’aiment pas que leurs domestiques jouent aux commères…

Malgré sa ténacité et l’aide de son épouse, notre inspecteur Ben aura bien du mal à démêler cette pelote de laine car il n’a aucun indice, impossible de déterminer si les taches de sang sont de la victime ou d’un inconnu qui a saigné du nez. Les Experts de Londres n’existaient pas encore.

Ne vous attendez pas à un dénouement à la Hercule Poirot où il rassemble tout le monde dans le salon et expose le cheminement de sa pensée. Ben a eu du mal pour cette enquête et sans des témoignages tardifs, jamais il n’aurait trouvé la personne coupable (moi non plus). Heureusement, dans le récit, tout se tient.

On ne révolutionnera rien dans cette enquête mais retrouver Ben et Lizzie fut un plaisir, arpenter les trottoirs de Londres en fut un autre et comme j’ai pu râler de tout mon soûl sur certains bourgeois et sur le révérend Bastable : je suis comblée.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°278 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Jack l’Éventreur, le secret de Clifford Harrington : Patrice Dumas

Titre : Jack l’Éventreur, le secret de Clifford Harrington

Auteur : Patrice Dumas
Édition : Autoédité (07/08/2019)

Résumé :
En 1888, Clifford Harrington, sergent de la police londonienne, enquêta secrètement sur les meurtres de Whitechapel. La révélation de son journal, caché pendant plus d’un siècle, balaye toutes les théories.

Jack l’Éventreur, le secret de Clifford Harrington, n’est pas un énième livre consacré à l’affaire sordide qui enflamma Londres à la fin du XIXe siècle…

Il est le seul à avoir été écrit au moment des faits.

Suivez l’enquête de Clifford Harrington, jeune sergent dont les conclusions, en 1888, firent vaciller Scotland Yard.

Critique :
Encore un Xème roman fiction sur Jack The Ripper, pourrait-on dire.

Effectivement, il en existe une pléthore, de toutes les qualités littéraires que l’on peut imaginer.

Sans être dans le haut du panier, ce polar fiction sort pourtant du lot et au regard de tout ce que j’ai lu comme romans fictions sur Jack, celui-ci est dans le peloton de tête.

Une écriture qui n’essaie pas de faire de l’humour, pas d’utilisations de phrases neuneu, mais un texte fluide, simple, sans chichis, juste comme il faut.

Une intrigue qui commence en 1934, à une vente aux enchères et le jeune journaliste Ewan McNamara y acquiert une bibliothèque fin XIXème et dans la partie basse se trouvent des livres, dont un manuscrit datant de 1888, écrit par le sergent Sergent Clifford Harrington de la fameuse Division H de Whitechapel…

Une bibliothèque fin XIXe, en bon état. En haut, un rayonnage avec quatre tablettes ; en dessous, un rangement fermé par deux portes ornées de motifs floraux en bois de rose, citronnier, et ébène. Les livres figurant dans la partie basse sont cédés avec le lot. Estimation : de 20 à 30 guinées.

Le récit du sergent est tellement intéressant que j’en ai oublié totalement que c’était le jeune Ewan qui lisait ce manuscrit au coin du feu. Lorsqu’on est revenue en 1934, mon jet lag fut violent.

L’auteur réussi la gageure de « transplaner » son lecteur en 1888, dans les bas-fonds de Whitechapel, au cœur des crimes sordides. Une flopée de personnages historiques se pressent dans ces pages mais c’est le sergent Harrington qui sera le plus important.

Le récit de son enquête sur les crimes est prenant. À un moment donné, j’ai pensé que l’auteur voulait faire de l’augmentation de pages en consacrant une partie du récit à l’enquête du sergent Harrington sur le meurtre du prêteur sur gages, Samuel Boyd.

Aucun rapport dans l’affaire de Jack mais l’enquête était intéressante, bien faite. Puis, en avançant dans ma lecture, je me suis rendue compte que (shame on me) cette enquête n’était pas là « juste » pour augmenter les pages du roman. Au temps pour moi.

Par contre, désolée monsieur l’auteur, mais mon esprit est pervers et c’était trop facile, trop visible de deviner l’identité de Jack…

Si je n’ai pas deviné l’identité du coupable pour le meurtre de Samuel Boyd, en ce qui concerne l’identité de Jack, j’avais hésité entre deux personnes, puis une phrase m’a mise sur la voie et j’ai de suite trouvé qui c’était. Mince, ça gâche le plaisir.

Un bémol, j’ai trouvé le mobile que le coupable sert au sergent un peu léger (je préfère l’hypothèse de crimes « juste pour tuer » pour Jack), la théorie avancée par l’auteur n’est pas sans fondement, est logique et ma foi, pourquoi pas ?

Avant, j’aurais sans doute refusé cette théorie (Scotland Yard en rit, lui) mais au fur et à mesure de ce que je lis sur les meurtres de Whitechapel, elle devient une hypothèse sensée (mais pas qu’elle). En revanche, carton rouge sur le brouillard ajouté car j’ai toujours lu qu’il n’y en avait jamais eu, les nuits des crimes de Jack.

— J’étais passé une demi-heure avant, à l’endroit où j’ai découvert le cadavre, sans croiser personne. Il n’y avait pas âme qui vive dans le secteur. Il faut dire qu’avec le brouillard, on n’y voyait goutte.

On ne révolutionnera pas la fiction sur Jack The Ripper (la réalité la dépassera toujours) mais au moins, l’auteur a respecté les faits, les lieux, les personnages réels tout en créant d’autres qui étaient attachants.

Son hypothèse sur l’assassin n’est pas dénuée de sens et elle permet d’expliquer le pourquoi du comment on ne l’a jamais attrapé malgré que tout Whitechapel était à sa recherche.

Pour ma part, j’en ai une autre que j’apprécie beaucoup et qui pourrait expliquer aussi certaines choses.

Un roman qui se lit d’une seule traite, avec une tasse de thé ou un whisky…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°268 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Jacks – Pour qui sonne le glas à Londres ? : Benoit Chavaneau

Titre : Jacks – Pour qui sonne le glas à Londres ?

Auteur : Benoit Chavaneau
Édition : Ravet-Anceau (22/08/2016)

Résumé :
Agitation sur les berges de la Tamise où un sac poubelle renfermant les restes d’un corps démembré a été retrouvé.

Dépêché sur place par Scotland Yard, l’élégant inspecteur Shelley rencontre avec surprise sa nouvelle équipière : la Française Marie Altbauer, consultante stagiaire en martyrologie. Après un échange volcanique, l’enquête débute. Le médecin légiste est formel, la victime a été disséquée vivante.

La coupe est précise voire professionnelle. Selon Altbauer, ce geste vise à l’humiliation ultime du supplicié. Peu après, un deuxième puzzle humain est déniché près du Millenium de Londres.

La tuerie fait planer le spectre de Jack l’Éventreur au-dessus de la capitale anglaise. Il est temps pour la spécialiste d’établir le profil de bourreau.

Et de l’empêcher de recommencer.

Critique :
Lorsque dans la préface vous tombez sur un message rempli de promesses fait par l’auteur, je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis accrochée de suite et je paie pour voir (le message de la préface est à la fin de ma chronique)

Comme au poker, une fois l’argent posé sur la table, le joueur adverse m’a dévoilé son jeu et durant la partie, j’ai eu l’impression de voir de l’esbroufe et pas un beau jeu.

La main était riche de cartes fortes, mais mal utilisées.

Dans certains cas, je pars en cuisine avec mon bouquin tant il est intéressant mais là, durant une partie de ma lecture, j’ai pensé à ma lessive qui tournait, à la liste des courses, à regarder si la lessive n’était pas sèche au fil (entre temps, je l’ai mis sécher), à vérifier que ce n’était pas l’heure du repas du chat…

Soyons généreuse et commençons pas les bons côtés… On y apprend des tas de choses sur les techniques de tortures (Ida, reste avec nous) dans l’Histoire et certains m’ont fait crisper les orteils (le nerf dentaire) tant c’était affreux… Niveau martyrologie, il y a de quoi meubler les futurs repas en famille, le jour où l’on pourra réunir des grandes tables.

Problème ? La manière dont tout ce savoir est amené est maladroite et énervante puisqu’on dirait que la stagiaire à Scotland Yard, Socket (Marie Altbauer de son vrai nom) nous la joue à la Hermione Granger ou Lisa Simpson, avec moins de grâce qu’elles. Socket est énervante, mal calibrée en tant que personnage et son duo avec l’inspecteur Shelley, un espèce de dandy mal embouché, marche très mal.

On est loin des duos atypiques de Linley/Havers qui marchait si bien dans les romans d’Elizabeth George, malgré leurs différences de classe. Ici, c’est loupé sur toute la ligne, de plus, le Shelley pique une crise de nerf à un moment donné pour une connerie et c’est lui qui aurait mérité un blâme. Nous saurons ensuite le pourquoi du comment, mais en plus d’être un peu glauque, ça me semble surfait.

Et puis, on a un autre récit, celui de l’inspectrice Rachel Porter, sans que l’on sache ce qu’il advient, à ce moment là, de notre Socket et du chieur Shelley, qui bossent pourtant à Scotland Yard et qui ont croisé Rachel dans la partie avant.

Avec Rachel, ça a passé un peu mieux, même si je n’ai jamais vibré pour la plume de l’auteur, malgré ses feintes à deux balles, qui m’ont exaspérées (alors que dans d’autres récits, comme les Chroniques de St Mary’s, ça passe sans soucis).

Un récit que j’ai apprécié, c’est celui attribué au Jack The Ripper de 1888. En effet, la théorie est plausible, cela aurait pu se dérouler de la sorte et cela expliquerait les différences entre les assassinats des prostituées. Leur reproduction de nos jours est sans doute plus rocambolesque et beaucoup trop longue, ce qui donne des creux dans le rythme de l’histoire.

Arrivée à la fin, lorsque l’on fait la somme de tous les récits (celui non loin du parc Kruger, en début de roman, celui de Soket et Shelley et le dernier vécu par Rachel), on a enfin l’explication de tout ces crimes, les mobiles…

Ouf, il était temps de tirer un trait sur tout cela, même si je reste avec des questions sans réponses, notamment quand au pourquoi de Janus, son rôle exact, son degré d’implication, tout cela est un peu flou. En poussant son cerveau dans les tours, on se doute, mais sans qu’on ait une certitude.

Il y avait du bon, dans ce roman, mais à force de vouloir y faire entrer trop de choses, en brossant des personnages un peu par-dessus la jambe, sans les approfondir, sans leur donner une épaisseur, en les faisant agir comme des idiots sans cerveau ou des imbéciles dédaigneux, en faisant d’eux des caricatures, il n’y aucun attachement avec eux, zéro empathie et on lit le roman d’un oeil distrait, avec le cerveau qui gambade ailleurs.

Dommage, il y avait des bons ingrédients qui auraient mérité une cuisine plus précise, plus respectueuse des produits, avec une cuisson à une température différente pour ne pas dénaturer les quelques aliments nobles qui se trouvaient sur la table.

Si on a un morceau de foie gras, on ne le traite pas de la même manière qu’un Big Mac de chez MacDo, sinon, cette petite perle se retrouvera gâchée sous une sauce épaisse, écœurante et qui n’a pas de goût.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°257 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Il y a des sujets qui sont pour l’auteur de romans noirs comme les figures imposées du patinage artistique : le double salto, double axel… Jack l’Éventreur est de celles-ci pour l’auteur de thrillers. Et Dieu sait qu’elle fut pratiquée ! Des centaines d’essais et de romans ont été écrits sur le plus célèbre tueur en série de l’histoire.

Pour autant, à quelques exceptions près, il faut reconnaître que la majeure partie de ces ouvrages se sont contentés d’éclairer et de suréclairer les mêmes questions, les mêmes thèmes, dans toutes les couleurs mais sous le même réverbère. 

C’est pourquoi j’ai souhaité prendre le parti absolument inverse. Aller fouiller dans l’ombre, dans le plus obscur des tripes de Jack. Je voulais écrire un roman qui serait avant tout l’expression contemporaine d’un mode opératoire.

Pour ce faire, je suis donc retourné aux sources, dans les archives historiques, dans les dossiers d’autopsies manuscrits, les rapports de police, dans les plans d’urbanisme de 1888… pendant près de trois ans.

J’ai ouvert grand les yeux dans l’ombre. Et j’ai réfléchi… Et j’ai trouvé des choses imprévisibles, inattendues. Ces trouvailles m’imposaient d’écrire non pas un mais deux romans, comme autant de métaphores narratives de la même réalité historique. Bienvenue dans le côté obscur des Jacks…

 

Les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes – T01 – Les revenants de Whitechapel : George Mann

Titre : Les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes – T01 – Les revenants de Whitechapel

Auteur : George Mann
Édition : Eclipse Fantastique (2011)
Édition Originale : The Affinity Bridge (2008)
Traduction : Pierre-Paul Durastanti

Résumé :
Bienvenue dans un Londres victorien, étrange et dangereux. Chaque jour, de nouvelles découvertes technologiques viennent améliorer la vie des Londoniens : des dirigeables sillonnent le ciel alors que des automates sont à leur service.

Mais sous le vernis du progrès se cachent de sombres événements.

Sir Maurice Newbury et sa charmante assistante Miss Veronica Hobbes doivent enquêter sur le crash d’un dirigeable et la disparition de son pilote automate, tout en investiguant sur les apparitions mystérieuses d’un policier fantôme à Whitechapel…

Critique :
Londres… Mais un Londres steampunk avec des dirigeables, des automates, des machines à vapeur et une bonne dose de fantastique avec des revenants (morts-vivants), un spectre de policier et des automates qui agissent bizarrement.

Le steampunk et moi, on n’est guère habitué ensemble mais ici, entre le roman et moi, ça a matché directement.

Je dirais même plus, ce roman aurait pu avoir lieu avec un Sherlock Holmes car il n’aurait pas dépareillé dans cette où son sens de la déduction et sa science du crime auraient fait mouche.

Sir Maurice Newbury, qui a une addiction au laudanum, travaille dans un musée comme anthropologue et il bénéficie de l’assistance de la charmante Miss Veronica Hobbes.

Mais ceci n’est qu’une couverture car en réalité, il est agent de sa Très Gracieuse Majesté Victoria, ou, pour faire plus court, un agent de la Couronne (et pas dentaire).

Notre duo est bien assorti, sympathique, n’ont pas froid aux yeux et s’y ajoute un inspecteur de Scotland Yard, Bainbridge, qui aurait mérité un peu plus de traitement car il se révélera un atout important dans l’enquête et je l’avais sous-estimé un peu, ce qui est dommageable car il n’a rien d’une cinquième roue du fiacre.

De l’action, du rythme, du suspense, du mystère, des revenants qui puent de la gueule et qui font plus de dégâts dans Whitechapel que ne le fit Jack The Ripper, un spectre de policier qui s’en prend à des habitants du coin et un accident de dirigeable, hautement suspect, puisque l’automate qui le conduisait a disparu.

Non, impossible de s’emmerder dans ce récit qui pulse et qui comporte des tas de petites affaires dans l’affaire, notamment quelques détails sur la vie privée de nos deux enquêteurs, sans que cela prenne le pas sur l’histoire ou ne la dénature. Ici, tout est important, tout se rattache ensemble.

Les descriptions de la ville de Londres sont très bien faites, sans longueurs excessives,  la séparation des classes aussi, les dialogues sont enlevés, pas neuneu et les actions des personnages sont fort visuelles, comme pour un scénario.

L’avantage, c’est que l’on visualise bien les cascades que notre pauvre Sir Maurice Newbury va devoir réaliser, déjà qu’il a encaissé quelques sales coups dans cette enquête.

Le côté prégnant des machines à vapeur, automates, dirigeables sont parfaitement bien intégrés aux décors, à la ville de Londres, à tel point qu’on les croirait réels, comme s’il était normal de circuler dans un fiacre à vapeur, sans besoin de chevaux pour le tirer.

Même la reine Victoria, dans un état jamais vu, passe très bien dans sa version steampunk.

Sans en faire trop, l’auteur incorpore quelques réflexions dans son récit, qui valent toujours pour notre époque, et se permet aussi de jouer avec ses lecteurs jusqu’au bout.

Voilà un roman policier steampunk comme j’aimerais en lire plus souvent car il est difficile à lâcher une fois que l’on a commencé sa lecture, les enquêtes sont complexes, différentes, les personnages intéressants, sympathiques.

Il est juste dommageable que les aventures suivantes n’aient pas été traduites en français car j’aurais bien aimé arpenter ce Londres steampunk avec Sir Maurice Newbury et  Miss Veronica Hobbes afin de voir ce que l’avenir allait leur réserver.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°250 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Blake et Mortimer – Tome 06 – La Marque jaune : Edgar P. Jacobs

Titre : Blake et Mortimer – Tome 06 – La Marque jaune

Scénariste : Edgar P. Jacobs
Dessinateur : Edgar P. Jacobs

Édition : Lombard (1956) / Blake et Mortimer (1987)

Résumé :
Depuis quelques temps déjà, Londres ne baigne plus dans la sérénité. Pourquoi ?
La faute en revient à un homme,  » La marque Jaune » qui menace de plus en plus la sécurité des citoyens et nargue les forces de l’état en leur indiquant quel délit il projette de faire et à quel moment.

Nous nous retrouvons donc à une heure du matin, à Big Ben sous une pluie battante…

Là, des hommes sont en train de deviser et discuter à propos de ce mystérieux individu qui a prévenu qu’il volerait la couronne royale. Quand soudain ….
Plus de lumière, le garde surveillant l’entrée, évanoui… la couronne volée !

Qu’a t-il pu se passer ? Blake est immédiatement mis sur l’affaire et en informe son ami le professeur Mortimer. Il faut dire que ce dernier est bien placé pour émettre un avis tant l’intelligence de leur adversaire semble inouïe !

Critique :
Cela faisait des années que je n’avais plus relu un Blake et Mortimer… Il est un fait que, dans ma collection de bédés, ce sont des albums que je relis le moins souvent, contrairement à des Astérix, pour ne pas le citer.

Une fois en main, l’album pèse son poids et il n’est pas avare en pages puisqu’il est composé de 96 planches !

Les dessins « ligne claire », chère aussi à Hergé, font toujours des merveilles sur mes petits yeux, les détails sont foisonnants et les différents visages remarquablement exécutés.

Si les dessins d’Edgar P. Jacobs sont détaillés, il en va de même pour son scénario et ses bulles (phylactères), qu’elles soient de dialogues ou explicatives. Et c’est lourd, très lourd !

Dans un soucis de tout vouloir nous expliquer, l’auteur multiple les grands cadres avec des textes, ce qui pourraient faire fuir (ce qui fera fuir) les lecteurs peu habitués à ce genre de narration copieuse, à cette cuisine réalisée au beurre, à la crème, aux oeufs, au louchée de sucre…

C’est savoureux, ça ne laissera pas une dent creuse, on a de quoi s’occuper pour toute une longue soirée, alanguie sur sa terrasse et on aura encore des restes pour le petit-déj du lendemain, mais quand c’est trop lourd, et bien, c’est trop lourd ! (les philosophes ont du soucis à se faire, j’arrive avec mes grandes pensées profondes).

Mes souvenirs de cet album étaient pourtant bons… Si ma mémoire est une passoire, elle garde pourtant les émotions ou sensations ressenties de mes lectures passées et mon subconscient se réjouissait, tel un jeune chiot, de cette relecture.

Sans aucun souvenirs par contre du « coupable », je n’ai pas mis longtemps à le retrouver, sa perfidie se portant sur son visage et peu de temps après, un nom a réveillé le reste et je savais qui se cachait sous le masque de l’Ombre Jaune, ce génie du crime, ce Napoléon de la cambriole (et pas Edgard de la cambriole) qui est arrivé à barboter les bijoux de la couronne gardés dans la Tour de Londres ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Le capitaine Francis Blake de l’Intelligence Service et de son ami le professeur Philip Mortimer sont sur l’enquête car en plus d’avoir réalisé des cambriolages spectaculaires, d’avoir mis les gardes hors d’état de nuire, la Marque Jaune a enlevé quatre personnes et si on ne trouve pas le mobile, impossible de trouver le coupable.

Le récit est dense, bourré de fantastique, de science-fiction et de bons sentiments anglais, comme nous les connaissons à travers la littérature qui fait la part belle à leurs travers, justement, dont l’un est de se considéré comme mieux élevés que les autres nations, plus calmes, plus mieux, plus anglais, quoi !

Autant où j’avais apprécié la lecture de l’album plus jeune, autant je suis plus critique en ayant pris de la bouteille car rien n’est plus frustrant et téléphoné que le Méchant qui explique tout à son prisonnier, donnant du temps aux autres pour intervenir ou au prisonnier pour renverser la situation.

On en arrive même à se dire que sans les explications du Méchant, une partie de l’enquête serait restée dans le flou.

Si le graphisme « ligne claire » de l’album est une oeuvre d’art, si les cases regorgent de détails et que les visages des personnages sont d’un beau réalisme, il y a, selon moi, trop de bla-bla, ce qui ralentit la lecture et la fait durer, durer, mais durer… Sans doute mieux qu’un gel de chez ©Durex pour retarder l’éjaculation… Désolée, mais à un moment donné, il faut quand même conclure !

Anybref, me revoici, une fois de plus, le cul entre deux chaises car, malgré les blas-blas et les tracas de nos deux compères, cette redécouverte s’est bien passée, j’ai eu de quoi nourrir mon cerveau de lettres et de phrases et si à un moment donné, j’aurais bien cravaché tout ce petit monde pour qu’il avance un peu plus vite, je me suis tue car avec cet album, on en avait pour son argent et pour des heures de lecture garantie.

Ça a sans doute mal vieilli, ce qui était la norme dans les années 50 ne l’est plus en 2020 (presque 70 ans, bigre !) et pourtant, la bédé garde tout son charme et est digne de faire partie de la biblio d’un bédéphile qui se respecte où tous les genres littéraires se côtoient.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°237 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Fresque murale que l’on peut admirer à Bruxelles

Scotland Yard – Tome 1 – Au cœur des ténèbres : Dobbs & Stéphane Perger

Titre : Scotland Yard – Tome 1 – Au cœur des ténèbres

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Stéphane Perger

Édition : Soleil (04/07/2012)

Résumé :
Londres, 1890. L’inspecteur Tobias Gregson est une des valeurs montantes du Yard.

Mais sa carrière serait accélérée s’il n’était pas considéré comme un humaniste trop sensible et avant-gardiste, et surtout s’il n’avait pas pour fonction principale d’être le défouloir quotidien de son supérieur Lestrade.

Alors lorsqu’un transfert de prisonniers ne se passe pas comme prévu, Gregson se retrouve au placard.

Un blâme qui va vite se transformer en opportunité afin de démontrer sa vraie valeur aux yeux du patron des patrons, le commissionner Fix.

À la tête d’une équipe atypique réunissant un gamin des rues, ancien informateur de Sherlock Holmes, un médecin psychiatre aux méthodes atypiques ainsi que son étrange assistante, Gregson va faire alliance avec le diable : coopérer avec la pègre londonienne pour traquer deux fous extrêmement dangereux qui ont profité du fiasco de l’opération de transfert pour se volatiliser.

Deux aliénés mentaux qui vont apprendre aux citoyens de Londres la signification du mot terreur. À leurs côtés, plongez à votre tour au cœur des ténèbres…

Critique :
Londres, décembre 1889… Décidément, je suis abonnée au Londres de l’époque de Jack l’Éventreur, moi. Et, une fois de plus, me voici plongée dans des crimes sordides.

Oui, j’aime ça…

Ici, point d’élément fantastique, point de van Helsing, chasseurs de vampires ou de toute autre créature de la nuit aux dents longues et pointues.

Non, pas de ça, même si le criminel est digne d’un Dracula point de vue des sentiments… C’est vous dire son empathie envers ses victimes. Un sadique de la pire espèce.

Par contre, point de vue références littéraires de l’époque, ça foisonne ! En ce qui concerne la plupart, je les ai tous croisé dans le canon holmésien.

Que du beau linge : l’inspecteur Lestrade (en version moins sympa que dans les aventures de Sherlock Holmes originales), l’inspecteur Gregson (défouloir de Lestrade, ici, sinon, il apparaît dans quelques récits de Sherlock Holmes), Bradstreet, le colonel Moran, âme damnée du professeur Moriarty (cité mais pas croisé), Wiggins, ancien des « Baker Street Irregulars », employé par Sherlock Holmes (cité lui aussi, mais non présent).

Pour le reste de la littérature, citons le docteur Seward qui est présent dans Dracula de Bram Stoker, présent aussi dans la bédé, aux côtés du commissioner Fix, discutant d’un certain Phileas Fogg.

Dernière référence, l’assistante du docteur Seward, Faustine Clerval, était présente dans « Mister Hyde contre Frankenstein ».

Que des têtes connues !

Mais que font-ils, tous ces gens connus, dans cette bédé ?

Et bien, vu que deux criminels jugés extrêmement intelligents et tout aussi extrêmement dangereux ont joués les filles de l’air, une partie de ces personnages vont atteler à les retrouver en menant une enquête et quelques investigations avec l’aide de la pègre londonienne.

Mariage contre-nature ? Oui, mais la pègre préfère coopérer avec la maison poulaga, dans son intérêt. Enfin, la coopération ne se fera qu’avec Gregson.

Vous pourriez penser que l’intrigue n’est donc pas d’une folle originalité puisque consacrée à une évasion et à des meurtres. Croyez-moi, il n’en est rien.

La narration devient rapidement captivante, surtout vu la manière dont le livre commence : deux filles poursuivies dans Hyde Park, munies d’un collier fort étrange… et d’un type qui vous ficherait les chocottes si vous le croisiez !

Le scénariste se base aussi sur des luttes internes au Yard, sur Lestrade qui déteste Gregson et qui a Wiggins en horreur, sur la traque des deux prédateurs avec l’aide d’un médecin psychiatre, sur cette alliance contre-nature avec la pègre, sur cette foule de personnages qui restent tout à fait crédibles et séduisants.

Un récit qui se dévore.

Et le graphisme de Stéphane Perger ?

Une sacrée surprise ! M’attendant à des dessins « habituels », dirais-je, quelle ne fut pas ma stupéfaction en découvrant des dessins aux lavis et en aquarelle…

Spécial, mais au bout de deux pages, j’étais dedans. Ce genre de dessins donnent des ambiances différentes de celles auxquelles je suis habituée.

Cela donne de la lumière sur certaines scènes tandis que d’autres sont plus sombres. Certaines scènes sont même dénuées de décor, ne gardant que le personnage et un fond « uni ». Cela renforce les expressions des personnages, le lecteur n’étant pas distrait par les décors.

Le seul bémol à l’époque ? Ben, c’est que le second tome n’était pas paru ! Oui, j’avais grand envie de lire la suite, même si l’auteur n’avait pas terminé l’album par un cliffhanger comme j’aurais pensé qu’il le ferait.

Pas un sadique, l’homme. Merci à lui.

La critique de ce premier album, je l’avais posté sur mon site, maintenant, je la rapatrie sur le blog, je fais du regroupement de fiches et vous trouverez la chronique du tome 2 à cet endroit : Scotland Yard – Tome 2 – Poupées de sang.

L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888 : Céka & Benjamin Blasco-Martinez

Titre : L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888

Scénariste : Céka
Dessinateur : Benjamin Blasco-Martinez

Édition : Delcourt Histoire & histoires (18/04/2018)

Résumé :
Comment un rescapé des pogroms russes, arrivé en Angleterre avec sa famille, est devenu le plus célèbre psychopathe de l’ère victorienne ? Rencontrez l’homme qui se cache derrière Jack l’Éventreur…

1888. Londres. Un mystérieux assassin s’attaque aux prostituées de Whitechapel. Les corps sont atrocement mutilés. Qui est capable de telles horreurs ?

Scotland Yard échoue à arrêter celui qui devient le plus célèbre tueur en série de l’histoire.

Un châle maculé de traces ADN nous permet de révéler, plus d’un siècle après l’affaire, l’identité du fameux Jack l’Éventreur et ce qui le poussait à tuer…

Critique :
Enfer et damnation, encore cet Aaron Kosminski et cette stupide histoire de châle bourré de traces d’ADN que j’avais lue dans le roman de Russell Edwards : « Naming Jack The Ripper » (Jack l’éventreur démasqué) !

Bardaf, après quelques cases, lors de la découverte d’un châle dans une vieille malle au grenier, j’ai compris qu’on allait nous proposer cette théorie tout ce qu’il y a de plus loufoque.

Mais bon, le vin était tiré, il fallait le boire, ou plutôt, la bédé était commencée, fallait l’achever.

Juste après cette découverte, les auteurs basculent sur la nuit du 31 août 1888 avec Mary Ann Nichols, ivre et rencontrant son tueur. Par contre, ils oublient de parler de l’incendie sur les docks…

Les dessins ont su donner à ce récit l’atmosphère qu’il lui fallait en présentant, avec réalisme, des bans de brume typiquement londonienne, même si, durant les meurtres, il n’y avait ni fog, ni smog, ni brouillard.

Les clichés cinématographiques ont la vie dure et effectivement, ça vous plonge encore mieux dans les rues miteuses de Whitechapel si vous ajoutez ces effets spéciaux que sont les brouillards de l’époque victorienne.

La lumière des quelques réverbères est elle-même noyée dans la brume, tamisant la lumière, lui donnant une autre aura, plongeant un peu plus le lecteur dans l’ambiance de 1888 et de ses meurtres. Rien à redire, j’ai aimé les décors.

Les meurtres sont violents, sordides, le sang gicle, bref, on s’y croirait ! Les couleurs, style aquarelles, mettent bien en scène l’histoire, que ce soit au niveau des meurtres ou des événements qui l’entourent puisque nous allons pénétrer au coeur de la vie de Kosminski.

Là où j’ai trouvé que l’on manquait de réalisme, c’est lorsque notre garçon coiffeur, le fameux Aaron Kosminski est vêtu d’un haut-de-forme et d’une belle redingote lorsqu’il quitte son boulot. Apparemment, les apprentis coiffeurs savaient se vêtir. On vit piteusement mais on s’habille en grand seigneur.

Pour mieux comprendre les mobiles du tueur de Whitechapel, les auteurs le mettent en scène dans ce qui fut son passé, avant qu’il n’arrive en Angleterre, quand il était dans son village en Pologne, sous occupation Russe.

Et les Russes, ils s’en prenaient aux Juifs Polonais… Non, rien n’a changé, les boucs émissaires sont toujours les mêmes.

Mettant en scène ce qui aurait pu être la vie de Kosminski, les auteurs lui ont donné une vie, un mobile, un regard un peu fou, dans les tons bruns-rouges des plus troublants et flippants. On frôle même parfois des regards méphistophéliques.

Leur tueur, vu ses yeux fous et son comportement a tout d’un tueur crédible, mais on ne me fera pas gober le test ADN que Russel Edwards a réalisé sur le châle trouvé aux côtés du cadavre de Catherine Eddowes et (sois-disant) volé par un policeman à l’époque (celui arrivé le premier sur les lieux du crime) pour l’offrir à sa femme.

Un truc plein de sang et de coups de couteau, dans la bédé… Quelle femme voudrait de ça ? Là, je n’y crois pas un instant, je n’y ai jamais cru, encore moins en lisant le roman de Edwards, mais la bédé est plus centrée sur les meurtres de 1888 que sur les tests ADN réalisé sur le châle et au final, moi qui pensais soupirer et ronchonner, et bien, c’est tout le contraire qui s’est passé.

La manière d’aborder le sujet, les dessins, la mise en scène, le découpage (si je puis me permettre), les couleurs aquarelles dans les tons qui rendent justice à l’ambiance glauque des rues de Whitechapel, tout ces détails réussis ont fait pencher la balance vers le plaisir livresque, alors que c’était des plus mal barré au départ.

Les auteurs ont bien réussi leurs coups et on a vraiment l’impression d’être face à un potentiel tueur, même si, dans le fond, ce serait trop facile et que de toute façon, pour moi, Jack l’Éventreur doit rester à jamais sans identité, le mythe s’effondre toujours quand on sait.

Une réussite. En mettant de côté le fait que ce châle soit vraiment celui trouvé sur Catherine Eddowes ! Cette vente aux enchères avait attisée la curiosité de cerains Ripperologues mais personne n’a pris cette histoire au sérieux car tous doutaient de l’authenticité de ses origines.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

L’Affaire Jack l’Éventreur : Christian Coudurier

Titre : L’Affaire Jack l’Éventreur

Auteur : Christian Coudurier
Édition : Publibook (12/01/2000)

Résumé :
En 1887 et 1888, sous le règne de Victoria, l’Angleterre allait connaître une flambée de violence sans précédent (…).

Au début de l’année 1888, la presse s’intéressa soudain aux « crimes de l’East-End ».

Ces assassinats sont ceux du plus notoire des serial-killers de l’Histoire de l’Angleterre : Jack l’Éventreur.

Critique :
Voilà un petit livre qui, sans trop entrer dans les détails, donne une vue d’ensemble de l’affaire Jack The Ripper.

Pour celui ou celle qui voudrait en savoir plus, je conseillerai toujours « Le livre rouge de Jack l’Éventreur » de Stéphane Bourgoin qui est archi complet et sans théories foireuses.

Ici, l’auteur abordera les théories foireuses et en peu de mots, expliquera pourquoi elles ne tiennent pas la route.

Malheureusement, en leur temps, elles firent fureur et certaines ont encore de beaux jours devant elles car dès que l’on parle de complot, certains deviennent comme une chienne de ma connaissance (Nikita, si tu me lis) devant sa gamelle que l’on va remplir (elle tourne sur elle-même, langue pendante, sourire béat).

La seule chose qui m’a dérangé, dans le récit, c’est la mise en majuscules des noms propres des gens et des villes. À la longue, on a l’impression qu’on nous crie sans cesse dessus.

De plus, l’auteur laisse penser que les lettres reçues sont belles et bien celles de Jack l’Éventreur alors que la « From Hell », la « Dear Mister Lusk » ou la carte « Saucy Jacky » sont considérées comme « pouvant être de l’Éventreur lui-même » car il reste et restera toujours un doute quant à leur authenticité !

Déjà que tous les Ripperologues ne sont pas d’accord sur le nombre de victimes… Faut tout prendre avec le doute, dès qu’on s’intéresse à Jack.

C’était court, c’était bref, l’essentiel était dit et pour celui ou celle qui voudrait en savoir un peu plus sans trop entrer dans les détails, ce petit livre est parfait, il fait le job, mais rien de plus.

Pas une lecture indispensable, je n’ai rien appris de neuf sous le soleil, ceux qui connaissent l’histoire peuvent zapper ce récit ou bien faire comme moi, le lire juste pour le plaisir ♫

Je ne plaindrai pas de cette lecture, vu toutes les horreurs sur le sujet que j’ai déjà pu lire dans ma vie, celui-ci est dans le haut du panier (mais plus bas que le livre de Bourgoin et celui de Sophie Herfort).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

J’étais Jack l’Éventreur : Claude Ferny

Titre : J’étais Jack l’Éventreur

Auteur : Claude Ferny
Édition : Florent Massot (16/01/1996)

Résumé :
« Toutes les nuits, des cauchemars me faisaient haleter. En rondes lubriques, des femmes enlacées dansaient dans mon cerveau sur des collines de fumier. Elles me harcelaient de leurs gestes provocants et de leurs sarcasmes. Je me persuadai que je n’arriverais à recouvrer un sommeil réparateur qu’après que j’aurais au moins, de mes propres mains, tué une femme »

Le roman « J’étais Jack l’Éventreur » nous retrace l’itinéraire d’un tueur conscient de sa folie, éprouvant une haine féroce envers la gent féminine.

Un roman sanglant qui retrace les agissements de celui qui deviendra l’illustre psychopathe.

Critique :
J’hésite entre le qualifier de diarrhée ou incontinence verbale…

La meilleure solution aurait été de placer Charley Dorsett sous camisole de force ou de lui tirer une balle directement, mais non, on lui a donné une plume pour qu’il nous raconte tout.

Ne me demandez pas la référence à Jack The Ripper.

Son nom se trouve dans le titre mais ça s’arrête là.

Certes, on a un Jack dans le récit qui tue des femmes qui lui doivent des sous ou qui ont tenté de le gruger, mais les noms ne correspondent pas aux victimes de 1888, pas plus que les femmes que le docteur maléfique va assassiner, tout ça parce qu’il voit la plupart des femmes comme des chiennes.

Oui, mesdames, nous sommes des chiennes pour cet homme qui ne rêve que de pureté, même dans l’acte sexuel. Entre nous, il est tellement lunatique que, lorsqu’il trouve des femmes plus pures que les autres, il les tue ou il les chasse car il a toujours un prétexte pour nous vilipender.

J’adjurai Dieu de me permettre de rencontrer enfin une femme pure, une femme que je pourrais aimer et posséder pieusement, avec toute la ferveur qui doit s’attacher au plus noble des actes, à celui par lequel se perpétue la vie.

Tout ça parce qu’une fille qui s’était intéressée à lui s’est faire fourrer la taupinière par un autre furet que le sien. Qu’il ne la ramène pas, ce crétin ne comprenait même pas que la fille désirait qu’il jouasse au docteur avec elle.

Là-dessus, lorsqu’il la surprend en train de se faire gâter la bonbonnière par le caramel dur de son copain de classe, il pète une durite et voit toutes les femmes avec des gueules de chiennes.

Une autre chose m’a ennuyé durant ma lecture : nous sommes un peu avant 1889 et la médecine a l’air d’être super avancée, surtout en gynécologie et en obstétrique.

— Mais si vous affirmez à Bruce que vous êtes fou, il ne voudra jamais vous croire. En principe, un psychiatre croit seulement à la folie des gens qui se jurent sains d’esprit.

Rien de cohérent, rien de concret, des mobiles bancals, un médecin qui trucide et ses pensées qui ne m’ont fait que soupirer et bailler.

Anybref, une lecture à oublier, tellement à oublier que j’en avais oublié ma conclusion, c’est vous dire la motivation pour écrire cette chronique ! Ainsi que sa cotation et les logos !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jack l’éventreur – Le retour : Gilles Vincent

Titre : Jack l’éventreur – Le retour

Auteur : Gilles Vincent
Édition : Paul & Mike (02/04/2015)

Résumé :
Quand Michael Connors, quatorze ans, son frère Vel, leur amie Rose et leur chat Wilde, matou au Q.I. de chat-policier, débarquent à Londres chez leur Tante Augusta, le corps sans vie d’une femme de chambre vient d’être retrouvé.

Elle est la seconde victime d’un mystérieux assassin qui terrorise la ville.

Cent vingt-cinq ans après la célèbre affaire Jack l’Éventreur, l’ombre d’un tueur rôde à nouveau dans le quartier de White Chapel. La police est tenue en échec ; la peur gagne les esprits.

Les trois adolescents, aidés de Wilde et Wallace – un vieux chat de gouttière au caractère bien trempé – vont se lancer à la poursuite du serial killer.

Ils vont affronter un ennemi inattendu, sinistre imitateur du célèbre Jack l’Éventreur.

Mais la plus terrible des surprises est parfois au rendez-vous car la vérité n’est jamais celle qu’on attend…

Et si Jack l’Éventreur n’avait pas dit son dernier mot ?

Critique :
Je n’ai rien contre la littérature jeunesse, j’en consomme, sans honte, mais il y a la littérature jeunesse et celle qui prend les lecteurs pour des quiches !

Que deux gamins et une gamine mènent l’enquête, je ne dis rien, c’est un postulat qui me plait.

Par contre, que Miss Margaret Higgins, une espèce de Sherlockette en vieilles dentelles, amie de Sir Archibald Forsythe, le directeur de la police chargé de l’enquête, divulgue toutes ses infos aux trois gosses, comme s’ils étaient de véritables enquêteurs, ça ne passe plus.

Forsythe raccrocha brusquement, et songea que cette vieille chouette de Margaret Higgins pouvait bien lui rendre service. Plus d’une fois, il l’avait sortie d’affaire, sans doute même lui avait-il sauvé la vie. Sorte de Sherlock Holmes en jupons, Margaret Higgins était une emmerdeuse aux manières d’éternelle vieille fille, c’est sûr, mais une détective hors pair qui – Forsythe ne l’avait pas oublié – avait depuis longtemps sa théorie personnelle sur la fameuse affaire de Jack l’Éventreur.

— La fumée ne vous dérange pas, très chère ?
Il aurait bien ajouté « Sherlock Holmette, » « Herculine Poirot » ou quelque chose de ce genre, mais il préféra se taire car ce qu’elle avait à lui dire, pour peu qu’il sache lui poser les bonnes questions, cette vision des choses qui n’appartenait qu’à elle, il ne voulait surtout pas en perdre une miette.

La coïncidence est tout de même bien fichue, le directeur de la police connait la tante des gamins et passe chez elle avec sa Miss Higgins pour parler des meurtres. On nage en plein surnaturel, je trouve. Mais j’avais encore rien vu, j’ai eu pire ensuite, dans le surnaturel !

Au moment précis où Allister Mac Brain déposa le dessert sur la table – un imposant pudding aux pommes encore fumant – tante Augusta s’adressa à Miss Higgins qui, depuis le début du repas, n’avait pas prononcé trois mots.
— Nous parlons, nous parlons, mais si vous nous exposiez votre version de l’affaire. Trois meurtres en moins de trois jours, j’imagine qu’après une carrière comme la vôtre, vous avez bien une idée là-dessus. D’autant qu’il m’a semblé comprendre que vous avez une hypothèse toute personnelle sur les crimes de Jack l’Éventreur. C’est bien cela ?

— Je peux prendre des notes, m’dame ? Ça m’aidera, après, dans mes investigations.
— Parce que toi aussi tu mènes l’enquête ? s’étonna l’ancienne détective de Scotland Yard.
— En fait, je ne suis pas tout seul. Il y a Michael, mon frère, et Rose, notre amie. Et puis, ça n’est pas la première fois. Au printemps dernier, en France, on a démasqué la Bête du Gévaudan 1. C’était pas rien, je…
— Je vois à ton carnet, l’interrompit Miss Higgins, que tu as déjà pris des notes. Si ce sont des remarques concernant l’affaire qui nous occupe, tu peux nous en parler. Je suis sûre que c’est intéressant.

Même leur tante, chez qui ils sont en vacances durant une semaine, leur expliquera au moment de leur arrivée, tout ce qu’il y a à savoir sur les crimes horribles qui ont eu lieu dans le quartier, depuis quelques jours. L’aîné des gamins va sur ses 14 ans… Heu ?

Le chat qui parle (en zozotant), ça passe moins bien aussi. Enfin, non, il ne parle pas vraiment, les gens entendent des miaulements, mais les trois gosses, eux, ils le comprennent, ainsi que tout ce que miaulent les autres matous.

Oui, moi aussi je comprends le langage chat, mais ils ne font pas des phrases avec le sujet, verbe et complément ! Généralement, les miaulements veulent dire « Faim » ou « Donne-moi à bouffer » ou « On veut du lait », à la rigueur « Laisse-moi rentrer à la maison », la plus longue phrase étant « Tu peux nous refiler les foies de volaille cuit dans du riz comme tu donnes aux chiens, on bouffera même les rondelles de carottes ».

Mais jamais au grand jamais je n’ai encore réussi à charger un des minous à enquêter, à voler des fanions de la police, à récupérer des pièces à convictions, à suivre un suspect de sa propre initiative, à prendre le bus, ni à trouver un trou de ver qui vous conduit directement le 30 septembre 1888, le soir de l’assassinat de Catherine Eddowes, dans un cimetière… Hein ?? Dans un cimetière ?

Eddowes fut tuée à Mitre Square et retrouvée contre une palissade donnant sur l’arrière d’un immeuble. Ok, ferme les yeux, ça va passer… La touche fantastique et les voyages dans le temps, ça passe ou ça casse. Ici, ça casse car le voyage temporel ne sert pas à grand-chose, mais ceci n’est que mon humble avis.

Ce qui ne passera pas, c’est le fait que la Higgins, en observant les yeux d’une des femmes décédées, y ai décelé la plus intense des surprises. Pitié, n’en jetez plus !

— Vous savez, Archibald, on dit qu’une personne garde dans sa rétine la dernière image perçue avant de mourir.
— Et alors, vous y avez vu de l’effroi ? Quoi de plus naturel, vu les circonstances.
— Non, pas de l’effroi, Archibald, mais la plus intense des surprises.

— Bon, vous venez, les deux belettes cendrées. Z’ai de l’éducation, moi. Pas question que z’me goinfre sans vous.

Anybref, vous l’aurez compris, ce sera la lecture pas super du mois (je reste polie), qui ira rejoindre les lectures à oublier de l’année et qui ne me laissera qu’un souvenir de n’importe quoi, comme si les jeunes à qui cette littérature est destinée étaient des crétins à qui ont peut tout refourguer, tout faire avaler, l’auteur prenant ses aises avec le réalisme afin de faciliter au possible l’enquête de ses jeunes héros.

Yapuka trouver un meuble bancal à caler et ce sera parfait !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.