Sept – Tome 13 – Sept Détectives : Herik Hanna & Eric Canete

Titre : Sept – Tome 13 – Sept Détectives

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Eric Canete

Édition : Delcourt (23/05/2012)

Résumé :
Londres, 1920. Une série de meurtres atroces frappe la ville.

À chaque nouvelle victime, non loin des corps, Scotland Yard retrouve une liste de sept noms : ceux des sept plus grands détectives connus de par le monde, invités à participer à l’enquête… par le tueur lui-même.

Sept détectives dans le salon de l’un d’entre eux, Ernest Patisson, détective Suisse installé là depuis peu.

Autour de lui, Adélaïde Crumble, institutrice retraitée ; Frédérick Abstraight, ex-inspecteur du Yard, qui a traqué en vain « l’égorgeur de Greenhill » ; Martin Bec, de la PJ française ; Richard Monroe, détective privé de Los Angeles ; le docteur Eaton « aide de camp » du plus grand détective du monde, Nathan Else, qui est bien évidemment présent à cette réunion hors du commun.

Aucun des ces fins limiers ne se doute de la raison de leur convocation chez Patisson, qui l’ignore lui-même…

Malgré le scepticisme général face aux menaces du criminel, ces derniers acceptent de relever le macabre défi.

Critique :
« 7 détectives », ou comment se prendre un bon coup de poing dans le plexus ! Je viens de finir de le lire et je suis encore sous le choc.

Pourtant, en ouvrant par curiosité cette bédé dans un magasin, j’avais passé mon tour, les dessins ne m’aguichant pas. C’est une connaissance qui l’avait lue qui me l’a vivement conseillé. J’ai écouté et j’ai bien fait.

Une seconde lecture ne serait pas pour me déplaire, afin de repérer ce que j’aurais pu manquer… Même si je ne suis pas séduite par les dessins, je le fus par le scénario bien fichu.

L’histoire se passe en juillet 1920. Depuis quelques semaines, une série de meurtres ont frappé la ville de Londres.

Trois meurtres ont eu lieu pour le moment, sans lien apparent, hormis une lettre, laissée à chaque fois, un simple chiffre 7 inscrit sur celle-ci et une liste, comme un appel, comme un défi, celui des 7 plus grands détectives connus à travers le monde…

Ces 7 détectives sont finalement réunis, dans la demeure d’un d’entre eux, afin d’en découdre avec celui qui a mis à défaut la police locale durant ces dernières semaines et qui a osé les défier sur leur propre terrain de jeu : le crime…

Première question que je me suis posée : qui est ce mystérieux narrateur qui nous signale que ces pages ne sont pas destinées à être lues ? On se doute que c’est l’un des témoins de cette enquête, il le dit lui-même plus bas. Mais la question sera, jusqu’à la fin : QUI ? (il nous sera dévoilé).

Bon sang, d’entrée de jeu je suis déjà en train de faire tourner les rouages poussifs de mes méninges en découvrant cette première page de la bédé couverte d’une écriture manuscrite.

Ensuite, nous passons aux dessins et par une présentation de nos sept protagonistes.

Tour à tour, chaque enquêteur se présente au capitaine MacGill, qui les a réunis, à ses confrères et à nous aussi également.

A la différence d’autres bédé, la présentation des personnages se fait sur des grandes planches, une page étant consacrée à chacun d’entre eux.

Les sept premières pages sont donc consacrées à nos détectives.

Dialogues croustillants, plongée dans l’ambiance, découverte du caractère de chacun et on imagine bien que l’affaire ne va pas être une partie de plaisir, sauf pour nous, le lecteur.

Sept personnages : trois Britanniques, une presque Écossaise, un Américain, un Suisse et un Français.

Sept personnages face à un meurtrier… du 7 contre 1.

A savoir que certains sont la copie de personnages de romans policiers : le docteur John Watson (nommé ici John Eaton) et Sherlock Holmes (nommé ici Nathan Else).

Le cadre est posé, les personnages se sont présentés et les crimes nous sont expliqués. Et les questions se multiplient.

Qui a commis ces crimes ? Pourquoi ? Pour quelle raison réunir ces 7 experts du crimes ? Pourquoi 7 ? Qui est ce fichu narrateur ?

Voilà un petit aperçu de toutes les réflexions qui m’ont submergées au fil des pages.

Je nageais dans le brouillard, comme les personnages eux-mêmes.

Au fil de ma lecture, les morts s’empilant comme des paquets aux pieds d’une femme un jour de soldes, j’entrevis une hypothèse qui se révéla payante.

Sans vouloir jeter le discrédit sur tous les auteurs de romans policiers, on peut dire que TOUS les scénarios possibles et inimaginables ont été écrits en ce qui concerne les coupables (surtout si on a lu Agatha Christie) : du majordome à la bonne, en passant par le jardinier, sans compter celui qui avait un alibi en béton armé, le narrateur, le détective lui-même, le flic, le mort qui se faisait passer pour mort, la victime qui s’est tuée sans le faire exprès, celui qui s’est suicidé faisant accuser un autre, celui qui n’avait aucun mobile,…

Bref, là-dessus, on ne pouvait pas vraiment me surprendre. Mais c’est grâce à Agatha Christie et ses coupables « que je n’ai jamais vu venir » que j’ai compris où se trouvait celui de l’album…

« Victoire ! me suis-je écriée. Eurêka ! Sabrons le champagne. Ah, tiens, il reste quelques pages à la fin »…

Remisons le champagne, le scénariste avait plus d’un tour dans son sac et c’est le final qui m’a collé ce formidable coup de poing dans le plexus.

Même si, a contrario et à tête reposée, cela fait du criminel un homme encore plus intelligent que le véritable Holmes ou que son clone, dans le livre.

Un coupable encore plus retors que… heu…que le plus grand des retors.

Je dirais même plus : diaboliquement retors, méphistophélique.

Pire : méphistophélèstique (cherchez pas dans le dico, je dois encore proposer ce néologisme à Larousse).

En quelques mots : « le scénariste m’a scier » (faute d’orthographe intentionnelle à « scier », pour ne pas dire qu’il m’a « tuer », même s’il ne s’appelait pas Omar… seuls les cancres du fond n’auront pas compris).

Je viens donc de lire une formidable enquête, un véritable jeu proposé par le meurtrier, dans lequel les 7 détectives se plongent à coeur joie dans l’enquête, tentant de résoudre cette série de crime tout en picolant, tout en chassant le dragon (fumer de l’opium) ou discutant avec la fée verte (absinthe). Oui, ils ont leurs petits travers !

En tout cas, le défi méritait d’être relevé et il est fait de manière brillante…Aussi bien par les détectives que par le scénariste, aussi retors que son criminel.

L’intrigue est prenante et bien ficelée, nous poussant à jouer avec nos détectives.

Tenter de repérer des indices qui pourraient trainer sur chaque page, sur chaque case, lancer des hypothèses, validées ou non par la suite de l’aventure, sans compter qu’il y a toujours une dose de surprise et d’imprévu.

Pour l’amatrice d’enquêtes policières que je suis, c’est jouissif. le pied intégral.

Je suis sûre que les amateurs d’enquêtes apprécieront celle-ci. Il n’y a pas à dire, le scénariste a dû se lever de bonne heure pour nous pondre un scénario d’une telle densité.

Tout est pensé, rien n’est laissé au hasard, tout se tient, bref, un régal !

Ici, le chiffre 7 n’est pas être un simple accessoire, une contrainte créée par le concept de cette série (14 albums de la série « 7 »).

Le 7 a toute son importance et vous remarquerez (ou un détective vous le fera remarquer) toutes les possibilités infinies du chiffre 7 dans cette bédé. Moi-même j’en avais loupé assez bien.

Le 7, c’est une véritable raison d’être dans le scénario, une sacré contrainte aussi pour le meurtrier (et le scénariste !) et une autre encore plus difficile à mettre en oeuvre pour la fin.

C’est une des raisons qui me font dire, à tête reposée, que le criminel aurait eu du mal à tout mettre en oeuvre. Mais vu que j’ai dit qu’il était plus que retors, diabolique, même… Oui, on peut lui laisser le bénéfice du fait qu’il était tout à fait capable de mettre tout en oeuvre.

Dans les nombreuses qualités de cet album, je mettrai en avant sa précision, avec le fait, notamment, que tout soit expliqué et tout est justifié sans qu’il y ait la moindre incohérence. du grand art, sans aucun doute. Diabolique, je vous le disais.

Autre détail qui a son importance pour ce genre de récit : la qualité de l’écriture, l’ambiance so british, les nombreuses surprises, la densité du récit, le fait que tout ait un lien, que tout se tienne,…

Chaque personnage est traité avec une minutie chirurgicale, les dialogues sont de grande qualité et mention spéciale à ces quelques pages de texte pur, sans la moindre case illustrée, où le narrateur expose les réflexions du groupe, l’avancée de l’enquête, comme si nous nous trouvions nous-même en possession de son carnet secret.

L’album fait 64 pages, et non, il n’est pas lourd. La lecture mettra plus de temps qu’un album classique, mais vu la qualité du récit, le clore au bout de 46 pages aurait été une hérésie, un crime.

Un grand moment de lecture, une sacrée claque, un véritable coup de pied dans mon postérieur, et une mâchoire qui est descendue de trois étages dans les « deux fois sept » dernières pages…

A l’avenir, avant de grimacer et de médire devant les dessins d’une bédé, je tournerai sept fois ma langue dans ma bouche…

 

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Meurtres en majuscules : Sophie Hannah [Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot 1] : Sophie Hannah

Titre : Meurtres en majuscules [Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot 1]

Auteur : Sophie Hannah
Édition : du Masque (10/09/2014) / Livre de Poche (10/07/2015)
Édition Originale : The monogram murders (2014)
Traducteur : Valérie Rosier

Résumé :
Et dire que Hercule Poirot voulait prendre des vacances pour reposer ses petites cellules grises en surchauffe !

Pour cela, au lieu de prendre le large, il choisit de se réfugier incognito dans une pension londonienne. Et voici que l’aventure frappe à sa porte, alors qu’il souhaitait se mettre au vert.

Trois cadavres, le même jour, dans le même hôtel, dans trois chambres différentes, assassinés de la même façon et retrouvés avec un bouton de manchette dans la bouche !

C’est trop tentant pour Hercule Poirot, qui s’immisce joyeusement dans l’enquête de l’inspecteur Catchpool… à la grande joie de ce dernier.

Critique :
Afin de célébrer la rencontre Belgique/Angleterre de ce 28 juin, il me fallait un roman où un Belge tient tête à la Perfide Albion et qui de mieux que mon compatriote Hercule Poirot aurait pu accomplir le traditionnel 1-0 ?

Un Hercule Poirot oui, mais hélas pas de ma chère Agatha Christie… Et son style à elle était inimitable, inégalable et ses solutions introuvables tant elles étaient brillantes et hors codes du polar.

Pourtant, Sophie Hannah a réussi à rentrer dans les pantoufles de la mère Agatha en ce qui concerne son personnage et ses ambiances so british.

Donc, je ne vais pas bouder mon plaisir de retrouver mon cher Poirot dans une nouvelle enquête, aidé en cela par Deadpool !

Ah non, pardon, je confonds, il est aidé par Catchpool, de Scotland Yard, un gars un peu coincé, n’aimant pas voir des morts suite à un traumatisme enfantin et possédant ce fameux sens de l’honneur des anglais qui fait tellement soupirer Poirot.

Ça va me causer des ennuis, mais je n’ai pas réussi à trouver la solution des trois meurtres dans trois chambres d’hôtel et durant toute l’enquête, je me suis faite balader, promener et finalement entubée, le tout royalement !

Là, sûr que Holmes va soupirer devant mon manque flagrant d’observation et de collecte de tous les indices semés au gré de l’enquête de son collègue Poirot.

D’ailleurs, j’ai trouvé ce premier roman mettant en scène Hercule bien plus élaboré que le suivant, qui possédait une intrigue moins tarabiscotée que celle-ci qui, elle, bouscule le lecteur et les codes habituels du roman policier.

En prime, dans le second opus (La mort a ses raisons), je ne retrouvais pas mon Poirot habituel, il était changé par rapport à celui de dame Christie, une sorte de Canada Dry comparé au véritable qui lui, était un pur malt belge ! Oui, on produit du whisky en Belgique et paraît qu’il est extra (pub gratuite).

Même si notre petit détective ne sera jamais la copie conforme A.O.C de celui de A. Christie, cela va sans dite, mais au moins, ici, il fait plus vrai avec ses petites manies bien connues des habitués.

Et puis, le final est comme je les aime chez Hercule Poirot avec tout le monde rassemblé devant le petit homme et sa belle moustache pour enfin apprendre que le coupable était le colonel Moutarde dans la bibliothèque avec le chandelier, mais ne version plus élaborée, plus recherchée, plus poussée et à laquelle vous n’auriez jamais pensé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les dossiers Cthulhu – Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (14/02/2018)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks – Sherlock Holmes and the Shadwell Shadows (2016)
Traducteur : Arnaud Demaegd

Résumé :
Automne 1880. Le Dr John Watson rentre d’Afghanistan. Blessé et prêt à tout pour oublier son passé, Watson voit sa vie changer lorsqu’il rencontre Sherlock Holmes.

Le détective enquête sur une série de décès survenus dans le quartier londonien de Shadwell.

Des victimes qui semblent mortes d’avoir été affamées pendant des semaines ont été retrouvées, alors qu’elles ont été vues en bonne santé à peine quelques jours plus tôt…

Holmes établit un lien entre les morts et un sinistre baron de la drogue qui cherche à étendre son empire criminel. Cependant, Watson et lui sont bientôt obligés d’admettre que des forces sont à l’œuvre dont la puissance dépasse l’imagination.

Des forces que l’on peut invoquer, à condition d’être assez audacieux ou assez fou…

Critique :
Qu’as-tu lu ? Le Chtulhu ? Le cul qu’à lu ? Non, le Cul-Tu-Lu ! Et Sherlock Holmes…

En fait, on aura plus de Holmes que de Cthulhu car ce dernier sera cité mais jamais présenté à nos yeux avides ou révulsés.

Prendre le canon, en faire des confettis et le réécrire est un exercice qui peut se révéler casse-gueule s’il n’est pas bien réalisé.

Si à cette opération périlleuse vous ajoutez une confrontation de Holmes avec le fantastique, vous risquez de vous retrouver sur une planche savonnée et inclinée au-dessus d’une mer infestée de requins à jeun !

L’auteur doit aimer vivre dangereusement ou avoir eu envie d’assouvir ses fantasmes littéraires les plus fous. Beaucoup ont essayés et tous n’y sont pas arrivés.

Verdict de l’autopsie ? Ça aurait pu casser, ça a passé, mais à un certain moment, j’ai eu l’impression tout de même qu’on avait sorti les forceps ou la vêleuse car le truc était quand même gros à passer.

On se serait bien passé de la cantinière de Watson, du manuscrit qu’il n’a jamais osé écrire et qu’il rédige une fois qu’il est âgé, sur la fin de sa vie, pour confier, tenez-vous bien, à Lovecraft, l’auteur américain à qui il va demander de les enfermer dans un coffre et de jeter la clé car Watson veut exorciser littéralement ce qu’il a vécu au début de sa collaboration avec Holmes. On lui dirait bien de l’écrire et de le brûler ensuite !

Je ne m’attends pas que ces récits soient publiés. Au contraire, il est impératif qu’ils ne voient jamais le jour. J’ai l’intention de les confier aux soins d’un auteur américain du nom de Lovecraft. […] Lovecraft saura quoi faire de ces livres, à savoir les enfermer dans un coffre-fort dont il jettera la clé. Il n’est même pas utile qu’il les lise. Je veux simplement les extirper de moi, pour ainsi dire ; comme un chirurgien procède à l’ablation d’un organe malade. Avant de mourir, je souhaite me débarrasser de leur poids cumulé, de la gangrène que constitue leur présence dans mon âme. Ceci est donc une sorte d’exorcisme littéraire.

Anybref… Une fois passé cette intro qui m’a fait froncer les sourcils, j’ai entamé le récit réécrit de la rencontre Holmes/Watson et de ce côté là, je n’ai rien à redire, l’auteur a maitrisé ses personnages et la nouvelle version est tout à fait dans la ligne de ce qui va se dérouler ensuite.

Comme je le disais, l’exercice de la confrontation de Holmes et du fantastique est périlleuse, foire souvent, réussi rarement, surtout si le fantastique se révèle être du véritable surnaturel et pas de faux, comme dans le Chien des Baskerville, par exemple.

Une partie de l’enquête est bien contée, réaliste pour Holmes, avec un Watson aux avants-postes et pas en train de jouer les remplaçant sur le banc de touche ou le benêt de service.

On a du suspense, des morts mystérieuses, un méchant avec de l’envergure et on aurait pu continuer sur ce terrain là et puis, le surnaturel est entré en jeu et j’ai trouvé que l’auteur n’amenait pas la rencontre entre Holmes et le côté éthéré de la meilleure manière. Ça manquait de réalisme, c’est arrivé bien trop vite et de manière totalement inattendue.

Pourtant, pour le reste, le côté fantastique avec ses créatures sorties de je ne sais où passe assez bien et la créature qui m’a fait soupirer était une réelle, en la personne d’un certain professeur. Il allait bien dans le rôle et pour l’explication finale, mais j’aurais préféré un autre méchant que l’habituel canonique.

Au final, malgré ces bémols, j’ai tout de même trouvé le roman bien fichu et la sauce a pris entre Holmes et les créatures qui avaient tout des envahisseurs reptiliens de la série V ou de la créature version fog londonien tout noir.

Pas de coup de cœur mais le roman n’est pas à balancer dans le talus car il avait ses points forts et à souffert à cause de cette manie qu’on les auteurs de prendre la malle en fer blanc ou la cantinière de Watson ou de nous faire le coup du récit jamais raconté et qui tombe dans les mains d’une personne qui en hérite.

Minime, je sais mais l’auteur aurait pu trouver autre chose que Watson l’écrivant pour l’envoyer à un auteur qui devra l’enfermer… Ce n’est pas vraiment plausible si on désire réellement que ce récit ne soit jamais publié.

Mais là où le bât a blessé vraiment, c’est lorsque Holmes est mis devant ce qui règne dans l’obscurité et dans l’univers. Ça manquait un peu de réalisme dans la manière dont c’est amené.

Pour le reste, j’ai apprécié l’aventure, le mystère, le fantastique, les monstres des profondeurs, les incursions dans les bas-fonds londoniens, le suspense était bien dosé, les personnages réalistes par rapport au récit et assez fidèles canoniquement parlant, quant au final, il était enlevé et bourré d’adrénaline.

Si l’auteur publie les deux autres récits et qu’ils sont traduit, je serai au poste afin de voir les évolutions (ou pas) de nos deux héros qui devraient de nouveau se retrouver confrontés aux créatures divines et comment tout cela va être amené.

Un roman à déconseiller aux esprits cartésiens, aux allergiques au fantastique, aux adeptes du canon holmésiens pur et dur.

Pour ceux qui sont ouverts au fantastique et veulent voir Holmes dans une enquête inhabituelle, le roman pourrait leur procurer du plaisir. de mon côté, je ne regrette pas de l’avoir découvert.

Pour la cotation, un 2,5 aurait été vache, un 3 un peu trop large… Comptons un 2,75 pour la possibilité d’amélioration et en encouragement pour avoir osé réécrire le canon et confronter Holmes aux bestioles qui auraient eu plus leur place chez Lovecraft que chez Doyle (même dans ses mondes perdus). 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Jack l’Éventreur – L’invention du serial killer : Faits divers à la Une ARTE (2017)

1888 : une série de crimes terrorise Londres. Alors que l’enquête piétine, les policiers de Scotland Yard reçoivent une lettre du présumé tueur.

La presse populaire s’empare alors de l’affaire et façonne une figure mythique et maléfique qui marque le XXe siècle.

Dans le quartier malfamé de White Chapel surgit « Jack l’Éventreur », le premier tueur en série de l’Histoire.

Jack the ripper est rapidement devenu un mythe repris dans la littérature – une centaine d’œuvres de fictions s’en sont emparées.

Et en langue anglaise, on compte plus d’une centaine d’ouvrages de non-fiction qui entend remonter l’histoire de cet assassin – ce qui fait de lui l’un des tueurs les plus étudiés.

Bien évidemment la littérature d’horreur profita amplement de ce personnage…

Ce que j’en ai pensé :
Vision du Londres ancien, vu d’en haut, c’est surprenant. Non, pas filmé avec un drone, mais sans doute d’un ballon…

Dans ce reportage, d’entrée de jeu, ils ajoutent Martha Tabram aux victimes de l’Éventreur…

La question reste ouverte de savoir si, oui ou non, elle faisait partie des crimes de l’Éventreur.

Dans le reportage, ils ne le soulignent pas, ce qui est une erreur, selon moi. Il faut informer le téléspectateur, pas toujours au fait de l’histoire, que cette victime ne fait pas l’unanimité au sein des Ripperologues.

Assez bien d’images d’archives dans ce reportage : on voit des fiacres et lourdes voitures tirées par des chevaux passant sur Tower Bridge (post 1888 puisque, si sa construction commença en 1886, Tower Bridge ne  fut ouvert au public que le 30 juin 1894).

D’ailleurs, durant tout le reportage, peut d’images tirées de films avec Jack seront présentées !

On nous montrera des illustrations de l’époque, parues dans les journaux ou le Police News, ou des images de Londres, tournées début du siècle ou dans les années 70, vu les couleurs.

Ce qui n’est pas plus mal, les films ne donnant pas toujours une vision correcte des meurtres et de ce fait, l’imagerie populaire a fait comme avec Holmes, l’affublant toujours de cet horrible deerstalker tout comme elle ajoute un chapeau haut-de-forme à Jack.

Pas trop de détails dans les mutilations, faudrait pas non plus dégoutter le téléspectateur lambda… de plus, le reportage ne faisant que 25 minutes, faut se concentrer sur le principal.

Les deux réalisateurs reviennent aussi sur la misère qui régnait dans ce pays riche, sur le fait qu’on pris conscience que les pauvres n’étaient pas toujours responsables de leur misère et que si prostituées il y avait, la plupart des clients des bordel étaient des bourgeois !

À l’immoralité des pauvres répond la perversité des bourgeois.

Robert Louis Stevenson a bien souligné le fait qu’une personnage respectable pouvait devenir une personne abjecte réalisant les pires choses lorsqu’il écrivit Docteur Jekyll et Mister Hyde.

On apprendra aussi que si le cinéma a toujours ajouté du fog à ses représentations des meurtres de 1888,ces jours-là, il n’y en avait pas ! Ce fait météorologique là, j’en avais connaissance, mais c’est bien qu’ils le soulignent pour les non-initiés.

Le fog représentait les pathologies résultant de l’industrialisation de la ville et le fait que Jack en était le rejeton, de cette société industrielle.

Un petit reportage un peu trop court (c’est toujours trop court), qui a eu l’intelligence de ne pas illustrer ses dires avec des scènes tirées des multiples films afin de ne pas embrouiller son monde.

Pour celui ou celle qui voudrait juste en savoir un peu plus ou se remettre les idées en place, c’est génial.

Et pour celui ou celle qui en sait déjà beaucoup (mais on ne sait jamais assez), le reportage est intéressant aussi parce qu’il donne une autre vision des ruelles de Londres, même si les images d’archives sont sans doute, pour la plupart, post 1888 dès qu’on a une caméra qui tourne.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes revient : André-Paul Duchâteau

Titre : Sherlock Holmes revient

Auteur : André-Paul Duchâteau
Édition : Claude Lefrancq (01/01/1992)

Résumé :
La belle Janet Fields,comédienne de son état, a reçu un message lui annonçant qu’elle sera assassinée en cours de représentation.

Mais Sherlock Holmes aime trop l’art pour permettre un tel sacrilège… Raffles lance un défi ‘à Holmes : il commettra un forfait légitime et le grand détective ne pourra l’en empêcher ni le démasquer…

Avant de revoir la belle Janet Fields dans un rôle de composition fort différent, le Dr Watson nous amènera chez un écrivain aux têtes multiples…

Critique :
André-Paul Duchâteau est le scénariste de Ric Hochet, une bande dessinée que j’adore, du moins, dans les 19 premiers titres.

Ce scénariste s’est aussi attaqué à Sherlock Holmes et je n’ai pas vraiment apprécié la saga qu’il avait publiée dans les années nonante (80+10) aux éditions Lefranq, dans leur collection Bdétectives.

Ce petit roman regroupant 4 nouvelles écrites par Duchâteau, je l’avais acheté en 1996, lors de sa sortie et après 22 ans, je n’avais plus aucun souvenir de ce que j’avais éprouvé comme sentiments de lecture à l’époque.

Le Mois Anglais de 2018 était donc une bonne occasion pour ressortir de mes étagères ces nouvelles de mon détective préféré, me permettant ainsi d’augmenter les chroniques apocryphes sur Sherlock Holmes.

Vu mes précédentes déconvenues, c’est avec beaucoup de circonspection que j’ai entamé ma lecture.

Verdict docteur ? Faudra pas le piquer ! Il est tout ce qu’il y a de plus correct et Holmes s’épanouit toujours mieux dans le format des nouvelles que dans celui des romans de longues haleine.

Je soulèverai tout de même un point qui me hérisse les poils (avant épilation) : le docteur Watson qui appelle Holmes par son prénom ! Crémildiou, quelle hérésie !

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Défi à Sherlock Holmes : Béatrice Nicodème

Titre : Défi à Sherlock Holmes

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Fleuve Noir (12/09/1999) / Hachette Jeunesse (2012)

Résumé :
Londres à la fin du XIXe siècle…
Une série de crimes particulièrement atroces tient la police en échec. Et voilà que le mystérieux assassin va jusqu’à lancer un défi à Sherlock Holmes en personne !

Une femme de la haute société, la bonne d’un prêtre, une couturière un égyptologue de renom, mais qui seront les prochaines victimes ?

Critique :
Cela faisait plus de 20 ans que j’avais lu ce petit apocryphe holmésien et la seule chose qui était restée dans ma mémoire, était le fait que je l’avais apprécié.

Hormis la dernière ligne du final qui m’avait fait chaud au coeur, je ne me souvenais plus du tout de l’intrigue.

Le Mois Anglais est là pour me faire sortir de mes étagères des pastiches holmésiens lus au siècle dernier. Ce n’est pas comme si j’avais une PAL énorme et urgente non plus *rire jaune*

Mon verdict ? Le roman a bien passé les âges et mon appréciation est toujours enthousiaste car cela reste un pastiche de bonne facture comparé à ce que j’ai déjà lu (et j’en ai lu des tas).

Canoniquement parlant, le Sherlock Holmes et le Docteur John Watson de l’auteure sont conformes, hormis quelques ajustements dont je ne divulguerai rien, mais qui, traités ainsi, restent plausibles pour moi.

Certains hurleront à l’hérésie, mais c’est un sacrilège qui ne l’est pas à mes yeux.

— Les femmes sont vraiment les créatures les plus retorses qui existent. Exception faite de Mary Morstan, bien entendu !
— Vos sarcasmes, mon cher Holmes…
— Pardonnez-moi, Watson : Irene Adler m’a guéri à jamais du désir de me lier avec une femme, et c’est ce qui me rend parfois amer. Mais c’est vous qui êtes dans le vrai, bien sûr. Quant à moi, mon métier m’interdit de laisser mon coeur gouverner mon cerveau.

L’écriture n’est pas moderne et s’inscrit bien dans l’époque où les faits se déroulent, c’est-à-dire en janvier 1889. Sans pour autant adopter un style victorien ampoulé et rigide, Béatrice Nicodème nous propose un style d’écriture à la Conan Doyle, dilué dans son encrier personnel.

D’ailleurs, durant tout le récit, l’auteure fait souvent référence à des aventures canoniques de nos deux amis de Baker Street, sans que cela importune la lecture avec une tonne de renvois en bas de page.

Ça se lit sans peine, assez vite, hélas, sans pour autant être une écriture bas de gamme. Le genre de roman à emporter sur la plage, n’en déplaise à certaines ! mdr

L’enquête n’est pas simple, mais elle est rondement menée, avec un Holmes qui se livre à moult déductions pour mon plus grand plaisir, qui doute, qui se trompe avant de retomber sur ses pieds.

— Que voulez-vous dire ? Vous doutez, maintenant ?
— Je doute toujours de ce qui n’est pas prouvé. J’ai besoin de voir pour croire. Et jusqu’à présent, ce que j’ai vu…

Une enquête bourrée aussi de déguisements, d’Irregulars, d’un Watson qui a quitté le 221B pour un autre logement où il vivra avec Mary Morstan après l’avoir épousée, d’un Méchant insaisissable et mystérieux, d’une femme belle, intrigante et intelligente…

— Cette enquête débute de bien étrange façon. C’est pourquoi elle devrait être facile à mener : plus une chose est bizarre, moins elle recèle de mystère. Ce sont les crimes banals qui sont difficiles à élucider.
Ce en quoi, pour une fois, le grand détective se trompait.

— Ah, mademoiselle Saint-Cyr, jamais je n’aurais cru possible de rencontrer une femme qui possède une intelligence masculine ! Vous avez vu juste, tellement juste !

Mon seul bémol viendra pour le mobile des crimes… De deux choses l’une : où le mobile est trop exagéré, trop mou, ou alors, la dent est dure ! Quoiqu’il en soit, c’est trop mou ou trop dur… N’y voyez aucune pensée grivoise.

J’ajouterai aussi que le nom du mystérieux adversaire de Holmes était un poil un peu risible : Le Cancrelat ! Si je devenais devenir une criminelle d’envergure, si j’avais des envies de défier LE plus grand détective, je me choisirais un pseudo un peu plus grandiose. Pas vous ?

Malgré ces petites choses (pour certains, elle sont grandes), mon plaisir de relecture n’a pas été entamé et c’est avec un grand sourire que j’ai reposé cet apocryphe dans mon étagère, bien contente de l’avoir relu afin de garder une trace de mes impressions pour la postérité (celle de qui ? Je ne sais pas. La mienne, sans doute).

Ce n’était que mon avis mais j’ai été contente de vous le donner.

— La déduction seule mène à la vérité.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

[FILMS] The Limehouse Golem – Golem, le tueur de Londres : Juan Carlos Medina (2017)

Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem, litt. « Le Golem de Limehouse ») est un film d’horreur britannique réalisé par Juan Carlos Medina, sorti en 2016.

Il s’agit de l’adaptation du roman Le Golem de Londres (Dan Leno and the Limehouse Golem) de Peter Ackroyd (1994).

Synopsis : 
Dans le Londres des années 1880. Une série de meurtres sanglants et cruels secouent le quartier glauque de Limehouse.

L’opinion publique met en évidence que ces crimes ne peuvent avoir été commis que par le monstre Golem, un monstre des légendes hébraïques d’Europe centrale.

La police britannique, Scotland Yard envoie John Kildare, l’un de ses meilleurs détectives, pour tenter de démasquer le coupable au sein d’un music-hall.

Fiche technique :

  • Titre original : The Limehouse Golem
  • Titre français : Golem, le tueur de Londres
  • Réalisation : Juan Carlos Medina
  • Scénario : Jane Goldman, d’après le roman « Le Golem de Londres » (« Dan Leno and the Limehouse Golem ») de Peter Ackroyd
  • Genres : horreur / policier
  • Durée : 105 minutes
  • Dates de sortie :
    • Canada : 1er juillet 2017
    • France : 31 mars 2017; 23 janvier 2018 (DVD)
    • Royaume-Uni : 1er septembre 2017
    • Québec : 13 octobre 2017

Distribution :

  • Bill Nighy : l’inspecteur John Kildare
  • Olivia Cooke : Elizabeth Cree
  • Amelia Crouch : Elizabeth jeune
  • Douglas Booth : Dan Leno
  • Adam Brown : M. Gerrard
  • Daniel Mays : George Flood
  • Sam Reid : John Cree

Ce que j’en ai pensé :
Afin de célébrer dignement la Saint-Valentin, il nous fallait un film un peu gore, avec du sang et des meurtres.

C’était ça ou le chef-d’œuvre du film romantique « The Addams Family » que j’avais revu il y a peu.

Allez hop, on s’encanaillera avec le Golem qui, en anglais, est de Limehouse et en français, de Londres.

Cherchez pas, docteur !

Les ambiances victoriennes sont reproduites correctement, aussi bien niveau vêtements que pour les ruelles sombres et mal éclairées des dock et des quartiers mal famés.

On passera bien entendu plus de temps dans des intérieurs que des extérieurs, c’est-à-dire dans des maisons « bourgeoises », au poste de police, dans les cachots, des des taudis où au music hall, le cabaret de Dan Leno.

En ce qui concerne les acteurs, je les ai trouvé bien dans leurs rôles, à leur place, chacun ayant des petites choses à cacher, des petits secrets, certaines étant même des gros secrets pas très jolis jolis !

La construction du film est agencée de la sorte que le téléspectateur découvrira les meurtres d’une manière originale : pendant que l’inspecteur John Kildare (l’épatant Bill Nighty) de Scotland Yard demande un échantillon de l’écriture des principaux suspects, il l’imagine en train de tuer les prostituées, le rabbin ou le couple de tailleurs.

Ce qui, bien entendu, vous embrouillera bien l’esprit pour tâcher de savoir QUI est le Golem de Londres qui tue violemment tous ces gens qui n’ont rien en commun.

L’enquête piétine et comme bouc émissaire, on a donc parachuté le détective John Kildare de Scotland Yard, ainsi, s’il se plante, le détective maison ne sera pas inquiété et on pourra casser du sucre sur le dos de John Kildare, l’enquêteur qui a ses propres démons et quelques rumeurs qui lui collent au cul, dont celle de préférer la frite à la moule, si vous voyez ce que je veux dire.

Niveau meurtres, c’est bien gore, mais pas trop, les détails les plus horribles ne seront montrés que peu de temps, les esprits les plus impressionnables peuvent donc le regarder et fermer les yeux durant quelques secondes, si c’est nécessaire.

Niveau scénario, il est alambiqué et à la fin, j’ai dû faire marcher mes petites cellules grises pour tâcher de comprendre si j’avais bien tout compris !

Parce que l’enquête du Golem tourne souvent autour du pot, qu’on en a une autre qui s’ajoute  (l’empoissonnement – ou pas – de John Cree par son épouse,  la magnifique Elisabeth « Lizzie » Cree, ancienne gloire du cabaret de Leno) et que le détective John Kildare aurait sans doute eu besoin de quelques leçons de mon cher… Lock Holmes (jeu de mot facile) afin de se concentrer un peu plus sur les indices et non sur le futile !

Certains pourraient même dire que la découvert de ce qui ressemble au journal du tueur était plus que providentielle et digne d’une chance de pendu. Mais bon, je ne vais pas pinailler !

Le jeu de piste est excellent, j’ai douté tout le temps, accusé tout le monde, me suis plantée dans tous les cas de figure, me suis bien faite avoir, et je ne serai pas la seule, mais j’ai quand même dû expliquer quelques trucs à Chouchou qui ne comprenait pas l’effroi affiché sur le visage de John Kildare…

Je pense que j’ai tout compris, tout capté, mais il me restera toujours un doute, surtout avec la scène finale, assez violente, mais que j’avais vu venir parce que j’avais dit, à voix haute (dans mon salon, je peux causer) « J’espère qu’ils n’ont pas oublié la sécurité » et puis bardaf, ce fut l’embardée…

Sans être révolutionnaire, le film se regarde avec plaisir, sous le plaid, un bon kawa à la main, serrés l’un contre l’autre.

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Une étude en rouge – Dossier complet de la première enquête de Sherlock Holmes rassemblé par le dr Watson et transmis à Conan Doyle

Titre : Une étude en rouge – Dossier complet de la première enquête de Sherlock Holmes rassemblé par le dr Watson et transmis à Conan Doyle

Auteur : Simon Goodenough
Édition : Ramsay (1983)

Résumé :
Il s’agit d’un dossier composé de 4 objets et de 61 documents (notes de Watson, photos, cartes, télégrammes, etc) qui retrace l’aventure complète : Une étude en rouge (A Study in Scarlet).

Voir sommaire pour la liste complète des éléments.

Critique :
Imaginez que vous teniez entre vos mains le dossier avec toutes les notes dactylographié du docteur Watson, avec les différents télégrammes envoyés, les photos de l’enquête (indices, cadavre,…), la fameuse bague retrouvée…

Le pied, non ?

Évidemment, ce genre d’ouvrage ne s’adresse qu’aux zinzins dans mon genre qui collectionnent TOUS les trucs sur Sherlock Holmes !

Faites pas semblant, je sais qu’il y a des aussi zinzins que moi qui me lisent.

Anybref…

Se situant entre le manuscrit originel de Watson et l’objet de collection, cet ouvrage se lit comme le roman éponyme, puisque Watson, à l’aide de sa machine à écrire, nous raconte son retour de la guerre, sa rencontre avec Stamford, celle avec Holmes, leur enquête, ainsi que des tas de feuillets relatifs à un véritable dossier tel que le docteur l’aurait monté avant de le transmettre à son agent littéraire, Conan Doyle.

La liste est exhaustive, je vous transmet d’ailleurs, en bas de mon article, tout ce qui se trouve dans ce dossier et que je ne me lasse pas de découvrir encore et encore !

Il y a de quoi passer du temps dans la découverte de ce dossier et de se donner l’impression qu’on l’a dérobé en douce dans un des tiroirs du Dr Watson !

Une douce sensation d’euphorie s’insinue en vous et dans mon cas, je ne me sens plus…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

4 éléments dans des petits sachets collés au rabat de la couverture intérieure :
– Une alliance dorée
– Une étiquette de tissu (J. Underwood & Sons – Hatmakers)
– Une carte de visite de Sherlock Holmes
– Un petit comprimé blanc
61 documents papier :
– Feuillet de séparation / introduction (Documents et réminiscences… John H. Watson)
– Lettre de Simon Goodenough aux Editions Ramsay (5 janvier 1893)
– Lettre de John Watson à Conan Doyle (10 janvier 1886)
– États de service de John H. Watson
– Article du Times (29 juillet 1880)
– Carte « The Helmund to Kandahar »
– Article sur les maladies courantes de l’Inde
– Notes du samedi 1er mai au 19 décembre 1880 (8 pages)
– Lettre du gérant du Strand Hotel au Dr. Watson
– Notes de John Watson du lundi 10 janvier 1881 (8 pages)
– Notes de John Watson « Lorsque nous arrivâmes… » (8 pages)
– Notes du mardi 11 au vendredi 14 janvier 1881
– Carte de Londres pliée en deux
– Lettre de John Watson à Stamford (30 janvier 1881)
– Notes de John Watson du samedi 5 février 1881 (8 pages)
– Notes de John Watson du dimanche 6 février (Sherlock Holmes – ses limites)
– Notes de John Watson du mardi 8 février au vendredi 4 mars 1881 (4 pages)
– Extrait de « Le livre de la vie » (pages 87-88)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars 1881 (8 pages)
– Lettre de Tobias Gregson à Sherlock Holmes (4 mars 1881) [dans une enveloppe bleue à l’adresse de SH]
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « Le billet de Gregson… »
– 2 photos d’empreintes de pas sur 4 pages
– 1 Photo du corps d’Enoch Drebber
– Lettre de la Guion Line à E.J. Drebber (28 février 1881)
– Compte rendu de police par l’agent Rance du 4 mars 1881 (8 pages)
– 1 photo de l’inscription « RACHE »
– Télégramme de Gregson à la police de Cleveland, Ohio (4 mars)
– Extrait de la monographie sur les empreintes de pas, par Sherlock Holmes : Impressions pedestres, 1879 (4 pages)
– Extrait de la monographie sur les cendres de tabac, par Sherlock Holmes : Cendres aux cendres, 1880 (4 pages)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « Nous quittâmes Lauriston… »
– Notes de John Watson (suite) (8 pages) « vers la rue… »
– Circonstances des faits n°250 (page pliée, plus longue que les autres pages)
– Extrait du Manuel d’instruction de la Police Métropolitaine, 1871 (4pages)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « Nos efforts du matin… »
– Petite annonce de l’Evening Standard « Trouvé … une alliance en or… » (4 mars 1881)
– Article de l’Evening Standard « Mystérieux assassinat à Brixton » (4 mars 1881)
– Notes de John Watson du vendredi 4 mars (suite) (8 pages) « L’effet de surprise… »
– Article du Daily Telegraph « Le Mystère de Brixton, un grave danger pour la société » (5 mars 1881)
– Article du Standard « Mystère de Brixton, la loi bafouée » (5 mars 1881)
– Article du Daily News « Le Mystère de Brixton, réglement de comptes politique » (5 mars 1881)
– Notes de John Watson du samedi 5 mars 1881 (8 pages) [dont interrogatoire de Mme Charpentier]
– Reçu de John Underwood & Sons, Hatmakers pour Mr Enoch Drebber
– 1 photo des bagages de Drebber et Strangerson
– Rapport de la Police Métropolitaine des 4 mars (Gregson) et 5 mars (Lestrade) 1881 (8 pages)
– Rapport de la Police Métropolitaine du 5 mars 1881 suite (1 page)
– Télégramme de Lestrade à la police de Liverpool
– 1 photo du cadavre de Strangerson
– Télégramme de Cleveland à Drebber
– Notes de John Watson du samedi 5 mars (suite) (8 pages) « Quand Lestrade eut fini… »
– 1 photo de Jefferson Hope
– 1 page de couleur blanche annocant la retranscription du journal de Jefferson Hope
– Journal de jefferson Hope (8 pages)
– 1 photo de John Ferrier
– 1 notice de la mort de John Ferrier le 4 août 1860
– Notes de John Watson du samedi 5 mars (suite) (1 page) « Quand nous fûmes remis de la lutte… »
– Transcription de la déclaration de Hope (8 pages)
– Notes de John Watson du samedi 5 mars au mardi 8 mars 1881 (4 pages)
– Notes de John Watson du lundi 7 mars 1881 (8 pages) « Discuté de l’affaire avec Holmes… »
– Télégramme de Sherlock Holmes à la police de Cleveland, Ohio (4 mars 1881)
– Télégramme de la police de Cleveland à Sherlock Holmes (4 mars 1881)
– Article de l’Echo « Mystère du double assassinat, Vengeance romantique » (7 mars 1881)

 

Sherlock – Tome 3 – Le grand jeu : Mark Gatiss, Steven Moffat & Jay

Titre : Sherlock – Tome 3 – Le grand jeu

Scénaristes : Mark Gatiss & Steven Moffat
Dessinateur : Jay

Édition : Kurokawa (12/10/2017)

Résumé :
En manque d’enquêtes intéressantes, Sherlock s’ennuie. C’est alors qu’une étrange explosion a lieu à proximité du 221B. Suite à ses investigations, la police trouve une lettre à l’attention de Sherlock avec un téléphone portable rose à l’intérieur.

Là encore, et à l’instar de nombreuses affaires récentes, Moriarty se trouve derrière cette tentative d’intimidation.

Par la suite, prenant diverses personnes en otage à qui il fait mettre des ceintures d’explosifs, le malfaiteur fait passer des épreuves à Sherlock.

Critique :
Le grand jeu ? The full monty ? Heu, pas tout à fait car nous n’aurons pas droit à un strip-tease intégral de Sherlock et John…

Donc, on se calme mesdemoiselles et mesdames les ménagères de moins de 50 ans : vous ne verrez pas les plumeaux de ces messieurs.

J’ai beau avoir visionné plusieurs fois les épisodes de cette série, j’oublie toujours des tas de petits détails et le manga m’en a remis quelques uns en tête.

Comme je le dis depuis le début (mais vu qu’au fond de la classe, on ne suit pas, je le répète) : l’avantage de relire les épisodes télés en manga, c’est que l’on peut faire des arrêts sur image, sur dialogues, lire à son aise et ainsi, s’en imprégner d’une autre manière.

Et vu que l’épisode 3 de la saison 1 avait un rythme endiablé, passer à un slow ne fait de tort à personne, surtout pas à mon cerveau surmené.

Le scénario du manga colle toujours à celui de la série, au plus juste, mais on a quelques petits soucis dans les dessins des personnages et des expressions, une fois de plus.

Les dessins de Lestrade peuvent être confondus avec certains de John Watson, le nez de Sherlock Holmes n’est pas tout à fait conforme à la réalité et le pire sera pour James Moriarty qui, dessiné, perd toute son aura, toute sa morgue, toutes ses mimiques du visage qui font de lui un méchant bien plus angoissant que tous les anciens Moriarty réunis.

Ce sera mon seul bémol pour cet opus : la perte de l’intensité dramatique de la scène de la piscine municipale où Sherlock découvre QUI est Moriarty.

Dans la série, on monte en puissance, on découvrait, subjuguée, l’acteur qui jouait le rôle d’un Moriarty joueur, drôlement sarcastique, s’amusant de la situation, lançant des bons mots et nous montrant sa palette d’expressions du visage.

En manga, on perd tout ça…

Mais pour le reste, si vous voulez revivre cet épisode à un rythme plus lent, vous attarder plus longuement sur les dialogues, les situations, les pensées de Sherlock qui vont à la vitesse de la lumière, et bien, laissez-vous tenter, que diable !

Rien ne vous empêchera, ensuite, de revivre la scène intense de la piscine sur grand écran.

Vivement le suivant avec Irene nue devant un Sherlock sans voix et sans pensées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Sherlock Holmes – Tome 4 – Le Défi d’Irene Adler : Ced [La BD dont vous êtes le héros]

Titre : Sherlock Holmes – Tome 4 – Le Défi d’Irene Adler

Auteur : Ced
Édition : Makaka (02/12/2016)

Résumé :
Irène Adler ouvrant sa propre agence de détective, à Londres… Sherlock Holmes demeure flegmatique en apprenant la nouvelle, mais ne devrait-il pas prendre cette concurrence au sérieux ? Il le saura bientôt, car un meurtre et un enlèvement viennent de se produire.

Entrez dans la peau de Holmes ou d’Adler et résolvez ces enquêtes.

Jouez seul ou lancez un défi à un autre lecteur et tentez d’être le meilleur détective !

Critique :
Déjà le 4ème tome pour cette collection où vous résolvez des enquêtes comme le célèbre détective de Baker Street !

Dans les tomes 1 et 2, vous pouviez être soit Holmes, soit Watson ; dans le 3ème, vous aviez aussi la possibilité d’incarner Moriarty en plus des autres et maintenant, j’avais le choix entre Irene ou Holmes.

J’ai choisi Irene.

Véritable jeu d’observation, cette bédé ne vous demande qu’une feuille de papier et un crayon afin de noter les indices récoltés ou, dans ce cas-ci, les cartes de visite d’Irene Adler qui font monter vos points en fin de volume.

Que le match commence !

Le livre débute avec une touche d’humour lorsqu’Irene annonce à Holmes, au 221b, qu’elle va devenir Détective Consultante comme lui… Un crime vient d’arriver, Lestrade a besoin de Holmes qui se rend sur les lieux avec la belle Irene.

Suivez les chiffres indiqués, il est impossible de vous perdre dans le récit, notez et observez bien chaque détails, car le diable se dissimule dedans, c’est bien connu !

Ayez l’oeil, et le bon, car il y a parfois des petits chiffres dissimulés dans des cases et qui vous fournirons des indices importants.

Avec vos petites cellules grises, vous résoudrez quelques messages codés, en plus, qui vous mèneront à des cases bonus, vous permettant d’engranger des points et de battre votre adversaire, puisque vous pouvez jouer à deux, l’un entrant dans la peau de Holmes et l’autre dans celle d’Irene.

Les dessins sont drôles, je les apprécie toujours autant et le mélange des cases ne vous permet pas de découvrir la solution avant, ou alors, si vous y arrivez, ce sera à l’insu de votre plein gré !

Mais je déconseille tout de même de le faire, c’est tellement plus gai de trouver sois-même la solution de l’enquête, quitte à faire des erreurs.

Si dans les premiers tomes, je faisais des fautes et que je ne résolvais pas les trois points de l’enquête, ici, j’ai fait un sans faute avec les noms des coupables, le mobile et l’arme du crime, bien que j’ai séché sur l’endroit où était détenu Watson, dans la seconde enquête, car c’était vache (mais bien trouvé).

Alors, envie de vous frotter au grand détective ?

Mais non, pas sexuellement, bande de sauvages ! Je parlais de vous mesurer à son intelligence et à sa science de la déduction…

Vous pouvez même être LUI durant quelques heures, ou mieux, être ELLE, THE WOMAN… Ou l’un et puis l’autre et ainsi découvrir les pensées du grand homme à l’idée d’avoir Irene pour concurrente.

— Je constate d’ailleurs que votre carte de visite mentionne votre nom de jeune fille.
— Ce n’est que mon nom professionnel, je suis toujours mariée. Ne vous faites pas d’illusions !
— Je ne m’en faisais aucune !
— Mmm… Tiens, vous avez toujours mon portrait ?
— Simple souvenir, au même titre que toutes les autres vieilleries de cette pièce.

— Holmes, vous voilà enfin !
— Lestrade.
— Mais qui ? (en voyant Irene Adler descendre du fiacre derrière Holmes)
— Irene Adler, détective concultante.
— … Parce que vous êtes deux, maintenant ? Je rêve où votre Docteur Watson a bien changé ?
— Le topo, Lestrade.

Je viens encore de passer des bons moments en découvrant ces deux enquêtes et vu que je perds la mémoire, je peux aisément reprendre les premiers tomes et m’amuser de nouveau avec eux, en changeant de personnages à l’envi.

Les plaisirs sont infinis, avec cette collection !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.