L’esprit des morts : Andrew Taylor

Titre : L’esprit des morts

Auteur : Andrew Taylor
Édition : Cherche Midi (09/06/2016)
Édition Originale : The american boy (2013)
Traducteur : Françoise Smith

Résumé :
Londres, 1819. Thomas Shield devient le professeur particulier d’un jeune Américain, Edgar Poe, et de son meilleur ami, Charles Frant, dont la mère, une femme séduisante et malheureuse, l’attire irrésistiblement.

Lorsqu’un homme est retrouvé mort et que tous les indices convergent vers la famille Frant, Thomas est emporté dans une spirale dont les conséquences risquent d’être lourdes pour lui.

Il décide alors de trouver le coupable mais le piège se referme au fur et à mesure qu’il cherche à s’en échapper. Quel est donc le lien entre ces macabres événements et le jeune Edgar Poe ? Thomas devra traverser bien des épreuves avant que la vérité soit enfin dévoilée…

Mêlant avec brio fiction et réalité, ce roman à l’intrigue haletante nous plonge dans l’atmosphère de l’Angleterre du XIXe siècle, où Edgar Allan Poe passa quatre années de son adolescence : l’agitation des rues londoniennes, les taudis de St Giles et Seven Dials, l’hypocrisie d’une bourgeoisie avide de pouvoir…

Un décor parfait pour un meurtre, des secrets de famille et une galerie de personnages loin d’être aussi respectables qu’ils voudraient le faire croire.

Critique :
La théorie de la relativité te dit que 15 minutes à attendre dans une administration passeront toujours moins vite qu’une heure à boire un verre avec des amis.

De fait, un pavé de 600 pages bourré d’action passera toujours plus vite qu’un court roman chiant de 100 pages.

Mais qu’en est-il de la longueur d’un pavé de 649 pages dans lequel on se fait chier comme un rat mort durant grosso modo les 50 premiers chapitres ??

Un calvaire ? Une horreur ? Une folie à lire ? Du masochisme ? Le tout à la fois, sans doute.

Certes, j’exagère un chouia en disant que je me suis faite chier car, rendons à César ce qui est à lui, les descriptions du Londres de 1819, la distinction nette entre les classes sociales, le racisme ambiant, le mépris pour les sans dents et les saloperies qui se passaient dans les public et private school sont très bien décrites.

Il en est de même pour le fait qu’on suspectera toujours plus vite un indigent ou un de l’Angleterre d’en bas qu’une personne bien née ou fortunée. Même dans les sans-grades, il y avait des grades et un valet de pied pourra se permettre de regarder un précepteur de haut si ce dernier tombe en disgrâce.

Rien que pour cela, le roman mériterait 5 étoiles. La recherche a dû être importante et le tout est amené de manière subtile. Les descriptions de quartiers miséreux est un vrai bonheur aussi.

Le problème est qu’entre le chapitre premier et le  chapitre 54, bon sang, il se passe peu de choses, c’est lent, laborieux et c’est avec un bonheur évident que l’on accueille la mort d’un personnage, pensant, erronément, que ça va bouger un peu plus.

Mais ça n’a pas bougé plus, hélas et plus d’une fois j’ai failli reposer le roman et l’oublier. J’ai persévéré, ça en valait un peu la peine pour les 30 derniers chapitres, mais sans que ce soit non plus un truc de fou.

Dommage car le roman avait tout pour me plaire, du potentiel, une écriture qui rendait justice à l’Angleterre de 1820, des personnages intéressants et une foulitude de petits détails sur la vie de cette époque-là.

Là, on va l’oublier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°4 et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019-Septembre 2019).

Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.

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Les mystères de Honeychurch – Tome 1 – Petits meurtres en héritage : Hannah Dennison [LC avec Bianca]

Titre : Les mystères de Honeychurch – Tome 1 – Petits meurtres en héritage

Auteur : Hannah Dennison
Édition : City Editions (31/10/2018)
Édition Originale : Murder at Honeychurch Hall (2014)
Traducteur : Raphaëlle Pache

Résumé :
Ridiculisée par la presse people, Kat Stanford abandonne son émission de télévision à succès pour se réfugier au fin fond dans la campagne anglaise. Sa mère vient d’acheter une vieille bicoque à Honeychurch, un domaine appartenant à une prestigieuse famille d’aristocrates aussi désargentés qu’excentriques.

Ah, les joies de la campagne ! Enfin, les joies, c’est vite dit… La maison de sa mère est une véritable ruine et son voisin est bien décidé à la faire déguerpir. Et puis, à peine arrivée, Kat est plongée dans un imbroglio mystérieux : une nurse disparaît et une domestique est retrouvée assassinée au fond du parc.

Quand elle apprend en plus que sa mère écrit des romans érotiques et que ce n’est pas du tout le hasard qui l’a conduite au domaine, Kate se demande ce qu’elle va encore découvrir en arpentant les sombres couloirs du manoir de Honeychruch…

Même à la campagne tout le monde a des secrets à cacher !

Critique :
J’adore les cosy mysteries, c’est frais, amusant, intriguant, bourré de mystères et des gens possédant un esprit de clocher mais ici, j’ai eu l’impression de boire un mojito sans citrons verts, sans menthe, sans sucre de canne, sans glace et surtout, sans rhum !

Oui, juste de l’eau pétillante et encore, elle était éventée et ne pétillait plus tellement.

Sans ma LC avec Bianca, j’aurais reposé ce roman assez vite car rien que dans les premiers dialogues, j’ai eu l’impression d’assister à des échanges totalement surréalistes entre Iris la mère et Kat sa fille.

Avec une mère aussi bizarre et spéciale, moi, à la place de Kat, je foutrais le camp très loin sans me retourner. Mais on dirait qu’elle nous la joue petite fille qui veut raisonner sa maman et qui accepte que cette dernière lui balane tout au visage sans qu’elle réagisse vraiment.

Dans les petits villages, pas besoin de venir de la Syrie pour être qualifié d’étranger qui dérange, suffit de venir de la capitale (Londres) ou d’une autre ville et on est déjà catalogué « pas d’ici ». Autrement dit, si vous n’avez pas un arbre généalogique qui remonte à Henry VIII dans le village, vous ne serez pas le bienvenu.

Sincèrement, j’ai eu l’impression de regarder une série estampillée TF1, le genre de programme fait pour tout le monde où l’on ne doit pas trop réfléchir, pour ne pas dire qu’on peut accorder des vacances méritées à son cerveau.

Ma foi, ça tombait bien, lire ce bouquin avec une putain de migraine qui vous vrille les tempes est salutaire car personne ne voulait bosser dans ma caboche.

Si les personnages sont insignifiants, trop caricaturaux, peu développés, fades, inintéressants, le scénario, lui, se traîne en longueur entre les péripéties qui arrivent aux personnages et les querelles de clocher.

Anybref, on s’y ennuie un peu et j’aurais bien pris le chandelier, la clé anglaise, le révolver, le poignard ou la corde pour assassiner n’importe qui dans la véranda, la bibliothèque ou la cuisine tant l’inactivité commençait à me peser et que les niaiseries des personnages commençait à me courir sur le haricot.

Ah, enfin, un cadavre, on va pouvoir enquêter avec Kat et sa mère… Non ? Ben non, on laissera le soin d’enquêter au Columbo local car il lui a piqué son imper beige et sa chemise tachée.

Tel Hercule Poirot, il réunira tout le monde dans le grand salon pour nous expliquer tout mais sans trouver le coupable, qui, tel un con, viendra tenter de faire taire le personnage qui comprend tout à un moment donné. Stupide.

Le pire, c’est que une fois terminé ma lecture, je me suis rendue compte que Bianca en avait déjà fait une fiche et que c’était le Tome 2 que l’on devait lire ensemble.

Quand je vous dit que mon cerveau était en vacances !

Allez, c’est pas que j’ai envie, mais puisque j’avais promis une LC, je me devais donc rempiler de suite avec ces personnages. On s’est déjà suicidé de 12 coups de couteau dans le dos pour moins que ça…

Heureusement, ma chère Bianca a eu pitié de mon parquet en chêne massif et m’a abjuré de ne pas lire la suite car elle était moins bien que le premier tome, qu’elle avait aimé, elle ! Donc, j’en ai été dispensée, youpie !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – fiche N°2.

Surface : Olivier Norek

Titre : Surface

Auteur : Olivier Norek
Édition :

Résumé :
Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.

Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier… Comment se reconstruire dans de telles conditions ?

Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier…

Critique :
Étrange, ce dernier roman de Norek.

Contrairement à son avant-dernier roman, pas de faits de société avec des migrants ou autres et pas non plus d’enquête sur fond de magouilles politiques ou autres.

Un whodunit dans sa plus simple expression : QUI a enlevé et tué trois enfants il y 25 ans ? Un whodunit cold case ? Envoyez la musique, comme dans la série.

Oui mais attends, là, il y a un problème, non ? C’est Olivier Norek qui est à la barre, pas Tartempion ou tout autre auteur spécialisé dans le whodunit ! Donc, il y a anguille sous roche…

Mon cher Olivier, je n’irai pas par quatre chemins : tu as osé défigurer une femme ! Nous avions déjà un contentieux chat, un contentieux enfant de migrant dans un canot et maintenant, tu rajoutes une étable avec des animaux en feu, en plus de la femme défigurée ! Là, ta facture va être plus que salée. T’as des couilles, mec !

Oui, il a des couilles, cet auteur, parce que, une fois de plus, il prend un virage à 180° et reprend une autre direction, remettant tout sur la table pour autopsie, ne se contentant pas de continuer dans la même veine, celle qui lui réussissait si bien. Faut oser, faut y arriver aussi…

On parle du beau Norek alors oui, pour sûr, ce sagouin y est arrivé ! Il est arrivé tout de même à glisser quelques problèmes sociétaux et pas rien que le côté esprit de clocher des petits villages, le tout en nous proposant un dépaysement total et des personnages forts, travaillés, humains, des flics avec qui on aurait envie de bosser.

Sans parler de l’humour, toujours présent et de sa manie d’enterrer des collègues auteurs, ou de tuer un certain Lebel… mdr

De plus, avec Norek, jusqu’au bout on peut avoir des surprises, comme avec le fameux bonbon Kiss Cool et son terrible double effet, celui qui te coupe la chique et qui te donne une fois de plus l’envie folle de le poursuivre pour taper dessus.

Une réussite, une fois de plus, un roman différent des autres, aux antipodes de tout ce que je pouvais penser. Un roman difficile à lâcher, un roman avec des émotions, avec de la reconstruction, de la confiance perdue que l’on doit retrouver, une équipe qu’il faut coacher alors qu’on est face à des flics qui n’ont pas l’habitude de ce genre d’affaire.

Ce roman devrait porter un bandeau-titre rouge où l’on noterait « Attention, hautement addictif, n’oubliez pas de manger, bouger, vous hydrater pendant la lecture » afin de mettre en garde les futurs lecteurs car on a du mal à le lâcher.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Le chant de l’assassin : R.J. Ellory

Titre : Le chant de l’assassin

Auteur : R.J. Ellory
Édition : Sonatine (23/05/2019)
Édition Originale : Mockingbird Songs (2015)
Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
Tout le monde a un secret. Condamné pour meurtre, derrière les barreaux depuis plus de vingt ans, Evan Riggs n’a jamais connu sa fille, Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive.

Le jour où son compagnon de cellule, Henry Quinn, un jeune musicien, sort de prison, il lui demande de la retrouver pour lui donner une lettre.

Lorsqu’Henry arrive à Calvary, au Texas, le frère de Riggs, shérif de la ville, lui affirme que la jeune femme a quitté la région depuis longtemps, et que personne ne sait ce qu’elle est devenue.

Mais Henry s’entête. Il a fait une promesse, il ira jusqu’au bout. Il ignore qu’en réveillant ainsi les fantômes du passé, il va découvrir un secret que les habitants de Calvary sont prêts à tout pour ne pas voir divulguer.

Avec ce retour aux sources qui évoque par bien des aspects Seul le silence, R. J. Ellory nous livre un roman magistral, d’une puissance émotionnelle rare. Un de ses plus humains, un de ses plus sombres aussi.

Critique :
Combien d’emmerdes tous les personnages de ce livre auraient pu s’éviter s’il avait mis une capote ? Des tas !

Si les parents Riggs (à ne pas confondre avec les frères Gibbs) en avaient mis une, Carson ne serait pas né et leur vie eut été différente. Bougrement différente.

Si Evan Riggs, le fils cadet en avait portée une sur son manche de guitare, on n’en serait jamais arrivé là non plus.

Que de vies épargnées, que de destins préservés, que de gens non fracturés il y aurait eu, avec ce petit morceau de caoutchouc placé au bon endroit au bon moment.

Oui, ce roman, en plus d’être puissant, émotif, foutrement bien écrit, est une ode au port de la capote. Sortez couvert !

D’un autre côté, si tout le monde, dans ces pages, était sorti avec le pardessus anglais sur le grand ridé, le récit aurait été chiant comme la pluie qui tombe sur Londres.

Ellory, bon sang de bordel de merde, une fois de plus, tu m’as emmené en Amérique d’une manière magistrale, alors que tu es un Anglais pur beurre (tu permets que je te tutoie, dis ?)…

Cette Amérique profonde du West Texas, tu nous en parles comme un vrai Yankee natif de ce trou du cul du trou du cul de ce que l’on nomme affectueusement The Lone Star State.

Les personnages, tu les crées avec amour, tu les tortures, tu les tritures, tu les détruis, tu nous les fais haïr ou aimer, mais tu le fais avec brio, maestro.

Ils sont bourrés de défauts, se déchirent, s’aiment sans savoir se le dire, se détestent, l’un jalouse l’autre, se font des misères et des sales coups, mais on ne parvient jamais à les détester tout à fait, même si Carson n’aura pas ma sympathie. Evan oui…

Certes, niveau émotions, je n’ai pas réussi à retrouver celles ressenties durant ma lecture de « Papillon de nuit » (Candlemoth), mais j’ai passé un excellent moment en compagnie des frères Riggs (toujours rien à voir avec les frères Gibbs) qui avaient tout pour me faire accrocher au récit, telle une moule à son rocher.

Il faut dire que tu as l’art pour harponner ton lecteur, l’air de rien, avec des choses simples comme une lettre à remettre à Sarah, la fille de son pote de cellule.

Henry Quinn a tout pour faire un bon facteur car jamais il n’a lâché sa mission de donner cette lettre à qui de droit. Il a foutu un beau bordel, mais si la Poste faisait comme lui, le courrier arriverait avant 8h du matin.

Une fois de plus Ellory a su se renouveler sans tout à fait changer ce qui fait son fonds de commerce : les États-Unis, des retours entre le présent (1970) et le passé (1930/1940), des personnages forts, réalistes, un récit qui scotche, qui émotionne, différent des autres romans tout en restant de sa patte, du suspense à petites doses, des secrets enfouis, une petite ville où tout se sait, du rural noir, une famille unie puis déchirée et la folie qui s’empare de certains.

Un Anglais qui parle aussi bien de l’Amérique, moi, ça me botte !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

 

[FILMS] Harry Potter et la Chambre des secrets de Chris Columbus (2002)

Harry Potter et la Chambre des secrets (Harry Potter and the Chamber of Secrets) est un film fantastique britannico-américain réalisé par Chris Columbus, sorti en 2002.

Il est adapté du roman du même nom de J. K. Rowling et constitue le deuxième volet de la série de films Harry Potter. Il est précédé par Harry Potter à l’école des sorciers et suivi par Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban.

Synopsis : 
Alors que l’oncle Vernon, la tante Pétunia et son cousin Dudley reçoivent d’importants invités à dîner, Harry Potter est contraint de passer la soirée dans sa chambre.

Dobby, un elfe, fait alors son apparition. Il lui annonce que de terribles dangers menacent l’école de Poudlard et qu’il ne doit pas y retourner en septembre. Harry refuse de le croire.

Mais sitôt la rentrée des classes effectuée, ce dernier entend une voix malveillante.

Celle-ci lui dit que la redoutable et légendaire Chambre des secrets est à nouveau ouverte, permettant ainsi à l’héritier de Serpentard de semer le chaos à Poudlard.

Les victimes, retrouvées pétrifiées par une force mystérieuse, se succèdent dans les couloirs de l’école, sans que les professeurs – pas même le populaire Gilderoy Lockhart – ne parviennent à endiguer la menace.

Aidé de Ron et Hermione, Harry doit agir au plus vite pour sauver Poudlard.

Fiche technique :

  • Titre francophone : Harry Potter et la Chambre des secrets
  • Titre original : Harry Potter and the Chamber of Secrets
  • Réalisation : Chris Colombus
  • Scénario : Steven Kloves, adapté du roman de J. K. Rowling
  • Date de sortie : 4 décembre 2002
  • Durée : 2h41mn (version cinéma) / 2h54mn (version intégrale blu-ray)

Distribution : 

  • Daniel Radcliffe : Harry Potter
  • Emma Watson : Hermione Granger
  • Rupert Grint : Ron Weasley
  • Richard Harris : Albus Dumbledore
  • Kenneth Branagh : Gilderoy Lockhart
  • Robbie Coltrane : Rubeus Hagrid
  • Maggie Smith : Minerva McGonagall
  • Alan Rickman : Severus Rogue
  • Tom Felton : Drago Malefoy
  • Bonnie Wright : Ginny Weasley
  • Alfred Enoch : Dean Thomas
  • James Phelps : Fred Weasley
  • Oliver Phelps : George Weasley

Ce que j’en ai pensé :
Oui, je sais, je suis terrible ! J’ai lu et regardé les trois premiers volets de la saga Harry Potter.

Quel intérêt, me direz-vous, quand on a encore toute l’histoire en tête ?

Tout simplement le plaisir de revoir un film que l’on adore, de passer du temps avec des personnages que l’on adore, avec leurs visages poupins, ceux de gosses, encore, surtout Emma Watson.

Le plaisir aussi de retrouver Kenneth Branagh dans le rôle de Gilderoy Lockhart qui lui allait comme un gant.

Et de voyager dans la voiture volante de Arthur Weasley !

Le tout après avoir croisé un Dobby qui ressemble à un Poutine et vu un magnifique gros gâteau léviter sans que l’on puisse l’éviter.

Pour le match de Quidditch, toujours aussi impressionnant et qui donne envie que ce sport existe en vrai car plus passionnant que le foot et là au moins, les joueurs ne geignent pas au moindre coup !

Même si, dans celui-ci, il y a eu interférence de l’elfe de maison…

Pour la visite de la maison des Weasley, nommée le Terrier et qui va permettre à Harry de passer des vacances agréables à partir du moment où il arrivera chez les Weasley.

Parce que le passage sur le chemin de traverse ne va pas nous présenter avec émerveillement une rue remplie d’échoppes remplies d’articles pour sorciers mais nous plonger au cœur d’une rue malfamée et nous présenter des sorciers adeptes de la magie noire, et qui vouent une haine intense envers les nés-modlus.

L’allée des embrumes fait nettement moins rêver. On sent que l’on arrive un cran au-dessus du premier film/tome, que l’on monte d’un échelon dans la noirceur de l’âme humaine, ou sorcière.

Pour le Basilic qui ne pousse pas en pot, qui a une sale gueule, une mauvaise haleine et ressemble à s’y méprendre à un rejeton de Godzilla !

Et puis aussi parce que Columbus offre un film familial, malgré la noirceur déjà présente dans ces pages, de plus, il est assez fidèle au roman, même si on sait qu’il y a des coupes.

Et aussi parce que ce deuxième film va nous présenter de nouveaux décors (waw), de nouveaux personnages, et qu’il va commencer à aborder certains thèmes principaux de la saga : le racisme, l’extrémisme, la peur de l’autre, la division, la quête d’identité, la politique, l’oppression du fort sur le faible…

Et puis parce que merde, j’adore ce film !

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Les mal-aimés : Jean-Christophe Tixier

Titre : Les mal-aimés

Auteur : Jean-Christophe Tixier
Édition : Albin Michel (27 février 2019)

Résumé :
1884, aux confins des Cévennes. Une maison d’éducation surveillée ferme ses portes. Des adolescents décharnés quittent le bagne sous le regard des paysans qui sont aussi leurs geôliers.

Quinze ans plus tard, l’ombre du bâtiment plane toujours. Les habitants ont beau feindre de l’ignorer, les terribles souvenirs qu’il contient continuent d’étouffer leur communauté.

Aussi, lorsqu’une jument se putréfie ou qu’un troupeau de chèvres est décimé par une maladie, il faut des responsables. Les habitants, tous coupables ou complices de monstruosités, s’accusent du mal qui rôde.

Dans ce chaos, c’est aussi l’itinéraire de Blanche, une jeune-fille abusée par son oncle, qui tente d’échapper au fatalisme et à la violence à laquelle elle est destinée.

Nous sommes aux confins des Cévennes, là où la religion règne en maître. Là où la terre est dure et le climat rude.

Critique :
Voici un rural noir dans lequel je n’ai pas su m’identifier puisqu’en 1901, je n’étais pas née ! Mon grand-père non plus et il n’a pas dû me raconter cette vie-là.

De plus, en ce temps-là, c’était la Troisième République chez vous, celle qui allait instaurer la séparation de l’Église et de l’État, ce qui fait vachement enrager le curé du cru.

Il a beau ne pas se dérouler à mon époque, ce rural noir m’a pris à la gorge et aux tripes tant l’atmosphère était à la fois envoutante et horriblement oppressante.

Dans ce patelin reculé des Cévennes, on croit autant à Dieu qu’au Diable et on a tendance à invoquer plus vite le Malin que le Divin : « Le Diable, le Malin et le Démon », c’est leur sainte trinité, à ces pauvres hères non instruits et qui doivent subir les affres du climat, qu’il soit trop froid, trop chaud, trop sec ou trop humide.

Le diable. Les gens de la campagne ont toujours eu besoin d’attacher un mot ou une présence à chaque acte qui leur échappe. Une vie passée à craindre, à s’en remettre à des forces supérieures, comme des gosses craintifs et immatures qui n’ont pas encore saisi que la vie n’attend que d’être empoignée, fermement, comme une force brute toujours prête à se rebeller, dont il faut tenir la bride au plus court.

La terre est rude et travailler au bagne, cette maison dite « d’éducation », et bien, ça met du beurre dans les épinards pour les habitants de ce patelin, ou du lard sur le morceau de pain sec. Lorsque ce dernier a fermé en 1886, beaucoup ont perdu un statut et des revenus.

Le bagne, parlons-en… L’auteur aurait pu se répandre dans tous les supplices qui furent imposés à ces pauvres gosses, placés là suite à un vol, un braconnage, du vagabondage, des attentats à la pudeur…

L’intelligence a été de ne pas s’appesantir dessus et de nous expliquer en peu de mot, à travers les pensées d’un pensionnaire quittant ce lieu maudit, ce que furent ces années d’horreurs, de brimades, de privations et d’abus en tout genre.

De toute façon, à chaque début de chapitre, l’auteur nous présente un billet d’écrou des pensionnaires, avec leurs noms, leurs condamnation et leur cause de sortie : tous mort dans la première ou deuxième année de leur incarcération. Plus besoin de nous faire de dessins et d’en rajouter, tout est dit.

Je me demande si ce n’est pas encore pire de laisser le lecteur imaginer ce que ces gamins ont subi plutôt que de nous le décrire. En tout cas, ça donne des sueurs froides dans le dos, surtout en calculant leur âge lors de leur jugement, les années auxquelles on les condamnait pour si peu et l’âge de leur décès. La salive est parfois dure à avaler.

Dans ce rural noir que j’ai eu du mal à lâcher, l’auteur nous offre une analyse juste et des portraits réalistes de ces gens habitant la campagne profonde, ceux qui pensent directement à des malédictions au moindre pépin et sont toujours prompt à accuser les autres, surtout si cela peut détourner l’attention de leurs propres fautes à eux.

On pénètre dans du glauque, dans des esprits étroits, dans la petitesse des actes humains, dans leurs envies, leurs jalousies, leurs bassesses pour gagner quelques sous… Sans oublier que les femmes, en ces temps-là, sont soumises à leurs maris, à leurs pères et que dans ces contrées reculées, ils ne sont pas prêts à passer le commandement.

Toutes les filles de la campagne, sans exception, sont ainsi. Soumises à la vie, soumises aux hommes. Elles ne soupçonnent pas le pouvoir incroyable qu’elles exercent sur eux, et sont incapables d’imaginer qu’ailleurs, d’autres filles, parfois moins belles, mais surtout moins mièvres, prennent leur existence en main pour briser le carcan patiemment imposé par la gent masculine au cours des siècles voire des millénaires passés.

Horrifié, on assiste à tout ce qu’ils (ou elles) sont capable de faire à leur prochain, comme si, tout compte fait, ils ne craignaient pas tant que ça ce Dieu qui doit les juger à l’heure de leur mort.

Comme on dit en wallon : Mougneû d’bon Dieu èt dès tchiyeu d’jiale (des mangeurs de bon Dieu et des chieurs de diable = mon orthographe wallonne a toujours été nulle).

Le récit fait la part belle à une multitude de personnages, qui reviendront au fil des pages, tous avec leurs part d’ombre et leurs non-dits, ces secrets qu’ils ont enterrés après la fermeture du bagne, et même avant.

Qu’est-il arrivé au P’tiot, un gamin évadé du bagne ? Pourquoi personne ne veut en parler même 17 ans après la fermeture du bagne ? Pourquoi une telle chape de plomb ?

Seuls Blanche et Étienne, deux jeunes, semblent ne pas porter la trace du péché des autres et pour eux, j’ai ressenti une forte empathie car ils sont bien les seuls à être innocents, comme le simple d’esprit, Géraud. Par contre, ce qu’ils subissent…

Un roman noir rural dont la plume de l’auteur vous happe dès les premières lignes, vous subjugue et dont on a dû mal à reposer le livre, tant le récit nous tient en haleine alors que le rythme est assez lent et les mystères levés dans le dernier tiers du roman.

La justesse des portraits brossés, tout en finesse, même s’ils sont rugueux comme une pierre ponce, le réalisme dans leurs actions et leurs pensées, ce côté religieux poussé chez ces gens où l’instituteur et le curé tiennent la place la plus haute dans le village et cette aura de mystère qui entoure ce bagne vide depuis 17 ans et qui, malgré son abandon, continue à faire de l’ombre à tous ces biens pensants.

Même les tombes du cimetière attenant au bagne sont maudites, évitées comme la peste, tant ce lieu fait peur et est porteur de toute une flopée de malédictions qui pourraient vous tomber dessus, comme si la porte menant aux Enfers se trouvait sous les tombes de ces gamins morts sous les coups, les privations, le travail harassant ou autre.

Elle regarde une nouvelle fois le bagne. Le bâtiment n’a pas changé depuis ce jour. Même le feu n’en viendrait pas à bout, se dit-elle.
— Leurs âmes à ces gosses, elles dormaient tranquillement au cimetière. Elles nous laissaient en paix. Mais l’a bien fallu que quelque chose les réveille, accuse Léon.

En tout cas, je suis heureuse d’avoir reçu ce roman en avant-première grâce à l’opération Masse Critique de Babelio et je les remercie pour cet envoi, ainsi que l’auteur pour les mots qu’il a inscrits sur ces pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Un avion sans elle : Michel Bussi [LC avec Stelphique]

Titre : Un avion sans elle

Auteur : Michel Bussi
Édition : Pocket (07/03/2013)

Résumé :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ?

Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…

Critique (celle de Stelphique juste sous la mienne):
Si vous êtes à la recherche d’un bon page-turner, d’un roman qui vous colle aux doigts car vous ne pouvez plus le lâcher avant de savoir le mot de la fin, ce livre est fait pour vous.

Certes, on me dira que ce n’est pas un possible Goncourt, que c’est juste un thriller bien foutu, addictif, le genre qui est excellent pour emmener à la plage.

Effectivement, on ne va pas révolutionner la littérature et ci ce roman est parfait pour lire sur une plage, je préciserai, néanmoins, qu’il vaut mieux le lire de préférence là où il n’y a pas de marées, c’est plus prudent.

Je ne voudrais pas avoir sur la conscience la noyade de Babéliottes qui auraient suivi mon conseil et, plongés dans cette lecture, en auraient oublié que la mer, elle monte !

Ce qui joue sur l’addiciton, c’est la manière dont est construit le récit car dès les premiers moments, on se sent happé par le mystère avec les dernières lignes écrites par le détective, Crédule Grand-Duc, avant qu’il ne se tire une balle dans la tête.

Oui, moi aussi je trouve qu’il devrait y avoir des lois afin d’interdire à des auteurs de nommer leur personnage avec des noms qui ne font pas sérieux, qui ressemblent à un totem scout et qui, selon moi, enlève le caractère sérieux au récit en donnant au lecteur l’impression que le détective principal est un bouffon.

Tant que j’en suis à vous parler des personnages, mon autre coup de clavier ira au fait que certains étaient plus que caricaturaux (Malvina, Marc et Lylie, surtout) et trop figés dans leur comportement, comme si les événements, les faits, ne les changeaient pas un peu au fil de l’histoire.

De plus, on se retrouve avec un combat des méchants riches contre les gentils pauvres. D’accord, les riches ne sont pas des adorables Bisounours, ils n’ont pas fait leur fortune en bouffant des arc-en-ciel et en chiant des papillons, mais bon, un chouïa de modération et moins de clichés auraient apporté un peu plus de nuances aux personnages et à leurs situations sociales.

Anybref, je ne vais pas non plus bouder mon plaisir de ce triple looping sans les ceintures attachées et sans parachutes non plus car l’auteur a construit son récit de manière à nous tenir en haleine durant 570 pages, sans que l’on s’emmerde une seule seconde, jouant avec le suspense en coupant habillement le fil de l’histoire pour revenir sur un autre point, un autre protagoniste.

Niveau mystère, on est servi comme en première classe, il n’y a pas de gras, pas trop de sucre, tout est dosé, même si Bussi rajoutera de la crème chantilly sur le final, juste pour nous voir y foutre nos doigts dedans et les relécher avec gourmandise. Il nous le devait bien, après nous avoir balancé dans des tas de trous d’air et de cabine dépressurisée.

Alors oui, ce ne sera pas la révolution dans la littérature, la plume de l’auteur étant « normale » (comme un ancien président, mais en mieux), sans fioritures, sans poésie. Une écriture simple qui ira droit au but, c’est déjà pas mal, je trouve.

Niveau construction, c’est bien agencé, le suspense est maintenu et les révélations fracassantes se feront au fur et à mesure, après quelques coups de mystères qui deviendront des coups de tonnerre lorsque nous en saurons plus.

Malgré le fait de la construction et du mystère bien caché, j’ai tout de même compris ce que l’auteur avait derrière la tête et ce que Crédule Grand-Duc avait vu, par le plus grand des hasards, après 18 ans d’enquête. Moi, je ne l’avais pas vu, n’ayant pas le journal sous les yeux, mais j’ai compris à un moment donné que…

Un livre que j’ai dévoré, tel Lance Armstrong lancé comme un fou dans le Mont Ventoux et qui n’a même pas remarqué que ça montait un peu. Ma pauvre binômette de LC, ma fée Stelphique, a fini sa lecture, dégoutée par mon rythme de malade (comme d’habitude) et pas aussi conquise par le roman qu’elle l’aurait souhaité. Nous avons les mêmes reproches…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Synopsis : 

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…


Ce que j’ai ressenti :

  • Un vol plutôt réussi…

On peut dire que Michel Bussi m’a encore bien eu avec ce thriller! Cette histoire d’avions et les ailes de son intrigue m’ont transportée dans une affaire de famille fracassante. Ailes et Elle.

ELLE, c’est une Libellule qu’on voudrait s’arracher. Elle, cet être fragile aux ailes abîmées, volette frénétiquement, d’un secret à un autre plus lourd encore… Elle qui cherche à se construire entre ses deux partis, qui se disputent la lumière au fond de ses yeux bleus. Elle, qui porte deux possibles, deux chemins diamétralement opposés, deux choix du cœur.

Alors, cette expédition vers la Vérité ne se fera sans quelques heurts et sacrifices… Un page-turner efficace!

Oh, libellule
Toi, t’as les ailes fragiles,
Mais, moi, j’ai la carlingue froissée…

  • Des turbulences nommées Désir…

Le désir peut prendre plusieurs formes, et ne se contrôle pas, la plupart du temps… Michel Bussi explore toutes les lignes du désir, quitte à frôler des lignes ambiguës, qui pourrait mettre mal à l’aise. Des frontières dans les mœurs, entre les pays, au sein de la famille, au cœur de l’amour: un vol plané au dessus des sentiments humains qui n’était pas de tout repos…

Et peut être à trop vouloir que le lecteur choisisse un « camp », j’ai trouvé que certains éléments manquaient de subtilités et tiraient beaucoup en longueurs… Et il a eu aussi des scènes qui m’ont un peu dérangée, même si elles servent l’intrigue, j’ai été un peu déçue par ses turbulences : les riches trop riches avec le mauvais rôle, les pauvres trop pauvres avec le meilleur rôle, l’héroïne trop parfaite que tout le monde envie, les méchants trop méchants et prêts à tout…

Finalement, on me l’avait fortement conseillé mais, ça ne sera pas le coup de cœur attendu de mon coté, sans doute parce que j’avais trop d’attentes…

« Ils auraient dû se méfier, il faut toujours se méfier des sourires. »

  • Heureusement, j’ai pris l’avion avec elle… 

Je parle bien sûr, de ma binômette, qui, comme de par hasard, l’a lu sans escale, et à vitesse grand V !

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture puisqu’il était partagé, mais ça ne sera pas, un de ceux qui m’auront marqué. J’ai été surprise par le twist final, comme d’habitude, ça c’est l’élément qui caractérise les thrillers de cet auteur, et à chaque fois, je salue cette originalité.

Il y avait quand même, une curiosité permanente pour cette petite libellule et des petits instants de poésie qui ont rendu ce voyage agréable…

« Le cerf-volant comme un fil tendu entre tous les enfants de la planète : juste un peu de vent, rien besoin d’autre. 
L’art d’apprivoiser le ciel, juste pour rire. »

Ma note Plaisir de Lecture    7/10

Ekhö monde miroir – Tome 8 – La Sirène de Manhattan : Christophe Arleston & Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö monde miroir – Tome 8 – La Sirène de Manhattan

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (29/08/2018)

Résumé :
Retour à la Grosse Pomme pour cette aventure qui voit la belle Fourmille habitée par l’esprit d’un sommelier assassiné. Une enquête qui se déroule dans les milieux du vin.

Des très chics restaurants de Manhattan aux fantasmatiques égouts, repaires, comme chacun sait, de crocodiles terribles et de créatures d’outre-monde, Yuri et Fourmille affrontent un ennemi inattendu et redoutable…

Critique :
Cet album des aventures de Fourmille et Yuri ne nous fera pas voyager dans Ekhö puisque nous sommes de retour à New-York, à Manhattan, pour être précis, où notre Fourmille va se retrouver habitée par un très grand sommelier.

Si le sommelier l’habite (pardon), c’est qu’il est raide mort… Mais qui a pu tuer un sommelier et surtout, pourquoi ?

C’est ce que notre duo d’enquêteurs, aidé d’un Preshaun, vont devoir trouver et comme vous le savez, peut importe la bouteille, pourvu qu’on ait l’ivresse.

Le tome 6 était un peu en deçà des autres et je vais devoir ajouter que le tome 8 aussi.

L’enquête est intéressante, Fourmille est souvent habitée par l’âme du sommelier, mais il manquait au tableau de Preshaun Sigisbert et, sans lui, il manque quelqu’un.

Il a été remplacé par le Preshaun Van Piperzeel mais je trouve qu’il n’a pas la même saveur que Sigisbert. D’ailleurs, on ne parle même plus de ce qui se passe lorsqu’un Preshaun manque de thé… Bheu, c’est le fil rouge, pourtant.

Quand aux motivations du Grand Méchant, je dirai bof bof, j’ai connu mieux, Arleston m’a habitué à beaucoup mieux et je n’ai pas retrouvé le scénariste génial qui m’a enchanté au début de la série Ekhö.

Le seul moment que j’ai bien aimé, c’est le survol du Central Park version Ekhö…  Avec un rappel de ce qu’avait vécu Yuri une fois, dans ce parc où il ne faut pas trainer une fois la nuit tombée.

Anybref, ce n’est pas que cet album ne soit pas bon, mais j’ai une nette préférence pour les premiers qui avaient plus d’humour, de peps, de Preshaun, de références à notre monde, mais sous forme miroir.

À noter les petits clins d’oeil à King Kong et à une référence au combat titanesque entre Godzilla et le Kong, version « autres animaux ».

En espérant que le suivant soit plus intéressant et que nos deux amis explorent un peu plus ce monde fascinant qu’est Ekhö.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Ekhö Monde miroir – Tome 6 – Deep South : Christophe Arleston & Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö Monde miroir – Tome 6 – Deep South

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (12/04/2017)

Résumé :
À New York, la bomba latina Soledad vient de sortir un disque pour gramophone qui lui vaut les foudres d’un groupuscule presbytérien mené par le très médiatique révérend Fox.

On ne pardonne pas à la chanteuse de militer pour le choix en matière d’avortement.

Agressée lors d’un show-case, elle se réfugie chez son agent, Fourmille Gratule.

Fourmille va accompagner Soledad et son groupe dans une tournée mouvementée qui les emmènera vers le sud jusqu’à la Nouvelle-Orléans.

Critique :
♫ En mi soledad ♪ Laisser glisser… ♪ En mi soledad ♪

Non, ici il n’est pas question d’Opispo mais de la chanteuse Soledad (comme le titre d’Opispo) qui a des soucis avec la ligue de La Foi, un espèce de groupuscule qui prône des tas de choses en contradictions avec les paroles de la chanteuse et de son mode de vie.

Ceux de La Foi veulent laver plus blanc que blanc et être plus catholique que le pape, si tant est qu’il y ait un pape sur le monde miroir d’Ekhö…

Ce tome revient sur la fusion thaumique entre Yuri et Fourmille et notre Preshaun Sigisbert de Motafiume voudrait avoir plus de détail sur cette fameuse nuit, ce que Yuri ne veut pas lui révéler, bien entendu.

On sent bien dans ce tome que Yuri voudrait avouer ses sentiments à Fourmille, mais celle-ci n’en a cure, ne voit rien venir ou préférerait l’utiliser comme un sex-toys grandeur nature ce qui fait que notre roux préféré va aller voir ailleurs sur l’herbe est plus verte, emportant avec lui ses petits oiseaux bleus gazouilleurs.

N’oubliez pas que sur le monde miroir d’Ekhö, l’électricité n’existe pas et que ce monde, miroir du nôtre, utilise les animaux (dragons et autres bêtes fantastiques) pour se déplacer ou communiquer.

Comme tout le stock d’album de Soledad a été vandalisé, Fourmille a l’idée géniale de partir en tournée avec elle et d’enregistrer on live ! Et on descend dans l’Amérique profonde, celle du Sud et des rednecks.

Les dessins sont magnifiques, les couleurs chaudes et profondes, mais je trouve qu’Arleston donne le sentiment de survoler un peu différent sujet sans vraiment l’approfondir.

Que ce soit avec les espèces d’illuminés de la foi, les groupuscules religieux, les gens qui voudraient nous faire revenir en arrière, le viol, tout est survolé en peu de temps et on passe vite à autre chose, comme si nous étions encore à l’époque de la censure et qu’il ne fallait pas trop s’attarder sur certains sujets sensibles.

Certes, nous sommes dans de la bédé humoristique, mais malgré tout, il n’y a pas de mal à shooter là où ça fait mal puisque l’on aborde certains travers de nos sociétés.

Une fois de plus, Fourmille va prendre l’âme d’un mort et devenir lui, parlant comme lui, ce qui était assez chiant à cause de tous les « fuck’n » utilisés.

Un tome aux paysages somptueux, avec des Preshaun bien présent mais un tome en deçà de ce que j’ai connu. De plus, fallait pas être grand clerc pour deviner le truc avec le révérend Fox, ça m’a sauté aux yeux tellement le truc est éculé de chez éculé.

Malgré tout, on passe un bon moment de lecture, mais je trouve que l’on joue moins avec les sauts de personnalité de Fourmille, que son enquête sur le révérend Fox est  trop rapide et que le secret de Soledad, on s’en doutait un peu.

Notre Yuri est peu présent puisqu’il s’est éloigné de Fourmille et tente, tout seul de son côté, de monter un truc avec des petits oiseaux bleus permettant de transmettre des messages : Touïte.

Un album en demi-teinte par rapport aux précédents qui avaient placé la barre très haute.

Cela ne n’empêchera pas de découvrir avec plaisir la suite des aventures thaumique de Fourmille et Yuri et de voir si Sigisbert va trouver matière à son étude…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

Agatha Raisin enquête – Tome 03 – Pas de pot pour la jardinière : M. C. Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 03 – Pas de pot pour la jardinière

Auteur : M. C. Beaton
Édition : Albin Michel (02/11/2016)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 03 : And the Potted Gardener (1994)
Traducteur : Esther Ménévis

Résumé :
De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village.

Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s’annonce déjà comme son triomphe.

Mais une Agatha Raisin ne s’incline pas avant d’avoir combattu (quitte à se livrer à l’une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) !

C’est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs.

De toute évidence, Agatha n’était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

Critique :
♫ Savez-vous planter les corps ♪ À la mort, à la mort ♪ Savez-vous planter les corps ♪ À la mode des Cotswolds ?

♪ On leur plante d’abord la tête ♪ À la mort, à la mort ♪ Puis on leur attache les jambes ♪ À un crochet au-dessus ♪

Bon sang, y’a pas à dire, mais avec Agatha Raisin, tout devient dangereux, que ce soit la cuisine ou le jardinage !

Dire que j’aime jardiner… On ne se rend pas toujours bien compte des risques que l’on prend en plantant des fleurs ou des légumes dans son lopin de terre.

En ce qui concerne la mère Agatha, qui s’en revient de vacances, elle voit rouge car son voisin James Lacey est lascif auprès de la nouvelle voisine, une belle femme liftée comme un camion volé, appréciée de tout le village ET jardinière hors pair…

Agatha détestant jardiner va s’y mettre aussi dans l’unique but de récupérer son James, jardinier lui aussi ! Elle aimerait sans doute que James lui tonde sa pelouse, qu’il lui laboure sa motte, qu’il lui défrise le cresson en y plantant une carotte…

Anybref, une fois de plus, la tornade Agatha va mettre ses godillots dans le plat, dire tout haut ce qu’elle ferait mieux de penser tout bas, pester, tricher, magouiller, faire des crises de jalousie et… enquêter sur l’assassinée que l’on a retrouvé la tête plantée dans un gros pot de terre. N’oubliez pas de bien arroser.

Un roman policier qui se lit sans prétention, les doigts de pieds en éventails au bord de la piscine (si une journaliste savait ça, elle se lamenterait que j’emmène de l’Agatha Raisin dans mes valises).

Le cadavre mettra un peu plus de temps pour arriver, mais pour nous faire patienter, l’auteur nous fera vivre du grand Agatha et nous offriras quelques petits mystères avec les jardins des gens charcutés, agressés, roundupisés par un mystérieux vandale alors que le concours horticole va bientôt commencer et où Agatha a l’intention de briller, même s’il lui faut tricher.

Certes, le niveau ne vole pas plus haut que le derrière d’un rhododendron (j’ai changé le cochon en plante pour rester dans le thème), mais c’est une lecture plaisante, divertissante, apaisante, même, pour les cerveaux surchargés ou en vacances (et sans l’offrir à une boisson gazeuse).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°53 – Les Trois Garrideb – lire le troisième tome d’une saga).