Elfes – Tome 28 – Au royaume des aveugles : Olivier Peru et Stéphane Bileau

Titre : Elfes – Tome 28 – Au royaume des aveugles

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stéphane Bileau

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
Se pourrait-il que l’ultime défi de la jeune elfe blanche Alyana soit d’affronter son propre peuple ? Après avoir vaincu les géants et provoqué un raz-de-marée qui a tué des milliers de personne, Alyana n’est plus que l’ombre d’elle-même. Son cœur ne bat plus.

Quant à ses immenses pouvoirs, ils disparaissent. Elle désire seulement vivre en paix auprès des siens.

Mais rares sont les elfes blancs prêts à l’accepter, quelques uns veulent même profiter de sa faiblesse pour en finir avec elle.

Critique :
La Poisse est un orkelin que j’apprécie énormément et Alyana est une Elfe dont je devrais relire la saga car elle est complexe et à l’époque de l’album 18, je n’avais pas bien compris où les auteurs voulaient arriver avant de découvrir le tome 23 et d’apprécier l’histoire.

Maintenant que la saga Alyana est close, je la comprend mieux et l’apprécie tout autant.

Après les désastres survenus dans l’album 23 où Alyana, dans le but de sauver les Elfes Blancs, a fait presque pire, elle se retrouve sans pouvoir, affaiblie et en proie aux siens qui voudraient s’en débarrasser, surtout un grand sage.

Une fois de plus, cet album est rempli de faux-semblants, de manigances, de manipulations des foules, et de certains qui voudraient devenir calife à la place du calife, n’hésitant pas à violer les règlements mis en place dans la société des Elfes Blancs.

Quand on veut armer son peuple pour se défendre d’attaques qui n’ont pas lieu (mais qui pourraient, en poussant loin les hypothèses), on a déjà un pied dans la folie, dans le fascisme, dans la dictature, dans le contrôle absolu de tout. Un État ultra sécuritaire n’est pas une solution…

Cet album nous montrera qu’à force de manipuler pour armer ses soldats et tuer ceux qui se mettent en travers de la route, on va droit dans le mur en accomplissant toujours plus de fautes graves, en reniant tout ce qui compte dans la société des Elfes Blancs et à la fin, on devient comme ceux dont on voulait se prémunir : des assassins sans vergogne.

Une histoire classique de prise de pouvoir sur fond de folie sécuritaire, mais une fois de plus, elle est bien racontée, bien mise en scène, servie par des personnages qui ne sont pas manichéens, qui douteront, qui se fourvoieront et qui risqueront eux aussi de sombrer du côté obscur de la Force.

Si le premier tome de la saga était un peu faiblard (mais faudra que je le relise), les deux suivants avaient plus de punch et ce fut un réel plaisir de courir pour sauver ma peau aux côtés de La Poisse, mon petit orkelin vert et Alyana.

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois… Au Royaume des Elfes Blancs, les Orkelins ne comptent pas pour des prunes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°135].

Elfes – Tome 27 – Les Maîtres Ogham : Nicolas Jarry et Gianluca Maconi

Titre : Elfes – Tome 27 – Les Maîtres Ogham

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Gianluca Maconi & Benoît Bertrand

Édition : Soleil (19/08/2020)

Résumé :
Dans la vieille forêt de Torunn les clans elfes qui la peuplent ont une réputation de sauvagerie. Tant envers les étrangers qu’envers les clans rivaux.

Kaënn l’a appris à ses dépens. Alors qu’il était un jeune enfant, le maître ogham du clan des Hautes Frondaisons a tué son père avant de l’adopter et faire de lui un guerrier.

Kaënn sera déchiré entre la voie de l’honneur qui lui impose le respect de son maître et une voie plus funeste, celle de la vengeance.

Critique :
Les Elfes Sylvains ne sont pas des pacifistes, loin s’en faut !

Différents clans vivent dans le vieille forêt de Torunn et chacun des chefs peuvent défier un autre chef dans un combat à mort où le gagnant rafle tout : le domaine et le clan du vaincu.

Dans toute cette violence, il y a un point positif, c’est que le jeune Kaënn a été adopté par celle qui a décapité son père…

Tout est relatif, je sais…

Anybref, Kaënn est un ado tourmenté, en guerre contre le monde entier, avide de prouver ce qu’il vaut, avide de reconnaissance, de figure paternelle, maternelle…

Un ado, quoi ! Les boutons d’acné en moins et un sabre en bois pourvu d’oghams en plus.

Ogham ? Si les Nains gravent leurs épées, leurs haches, de runes magiques, les Elfes Sylvains gravent leur sabre de bois de signes magiques, appelés oghams. Ce qui rend leur sabre plus solide que le métal, sans avoir dû faire des trous dans la terre pour chercher des métaux. Tiens, on dirait des Hommes, ces Nains qui creusent partout.

Avec  un petit côté samouraï pour les dojos et les combats aux sabres, avec codes d’honneur et tout et tout, cet album reste dans le classique avec un ado (Kaënn) en bute avec ce monde où seul les plus forts gagnent, se cherchant un modèle, en désaccord avec les règles ancestrales et qui possède un maître d’armes assez spécial…

Si j’avais pensé qu’entre Kaënn et son maître D’Arn’Rör allait se jouer un remake Luke/Maître Yoda, je me suis fourrée le doigt dans l’oeil. D’Arn’Rör est politiquement incorrect et boit pour oublier son passé (on ne sait pas ce qu’il s’est passé), tandis que Kaënn se triture les méninges pour se souvenir de son passé qu’il a oublié ou occulté.

Une histoire classique, donc, mais racontée autrement, avec des surprises, des personnages qui ne vont pas là où on le penserait, qui ne font pas ce que l’on croit qu’il vont faire et puis, nul n’est à l’abri d’une magouille ou d’un mensonge dans ces albums et les auteurs aiment souvent nous surprendre, ce qui est toujours agréable, même si on s’était fourvoyé.

Des personnages intéressants, surtout dans le cas de Kaënn qui, n’ayant jamais cessé de critiquer les règles  de sa société, est bien obligé de les appliquer quand même, puisqu’il a promis de se venger. Tout le monde possède ses propres contrariétés en lui. Et puis, qui veut se venger doit creuser deux tombes…

Rien n’est simple dans la vie et rien n’est tout à fait blanc, ni tout à fait noir… Et il n’y pas de pire sourd que celui qui ne veut pas voir et de pire aveugle que celui qui ne veut pas entendre… Ou le contraire ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°124].

Atom Agency – Tome 2 – Petit hanneton : Yann & Olivier Schwartz

Titre : Atom Agency – Tome 2 – Petit hanneton

Scénariste : Olivier Schwartz
Dessinateur : Yann

Édition : Dupuis (16/10/2020)

Résumé :
Depuis la fin de la guerre, personne n’a revu Annette, la belle ambulancière : une héroïque « Rochambelle », cette unité féminine intégrée à la 2e division blindée du général Leclerc.

Cinq ans plus tard, c’est l’ébullition au 36 Quai des Orfèvres : le commissaire Vercorian est sur le point de coffrer l’ennemi public n°1.

Alors quand un ancien compagnon de la 2e DB vient lui demander son aide pour retrouver Annette, il se débarrasse de l’affaire en vantant les mérites de son fils, le détective privé de l’Atom Agency.

Critique :
Comme j’ai un gros faible pour les séries policières se déroulant dans les années 50-60, j’ai tout de suite matché avec la nouvelle bédé Atom Agency qui, de par ses personnages, a quelques airs de ressemblance avec Gil Jourdan, le rire débile de Libellule et les conneries de l’inspecteur Crouton en moins.

Atom est issu de la diaspora arménienne et les auteurs n’hésitent pas à nous immerger dans les coutumes de ce peuple dont nous savons peu en nous les montrant dans leur vie de tout les jour et en émaillant les dialogues de mots arméniens, certains traduits et d’autres pas car trop insultant (zut, j’aurais aimé).

Atom, fils de Tigran Vercorian, commissaire au 36, a du mal à trouver sa place et ses bons résultats dans l’enquête des bijoux de la Bégum lui ont valu de pouvoir ouvrir une agence de détective privé avec une secrétaire et un ancien catcheur.

Ce deuxième album commence avec des scènes de la seconde guerre mondiale puisque leur enquête sera de découvrir ce qui est arrivé à une infirmière apprécié de tous, Petit Hanneton, qui disparu totalement alors qu’elle conduisait son ambulance.

Les clients de Atom ne sont pas n’importe qui : Jean Gabin et Jean Marais qui ont fait la guerre et ont connu Annette, dite Petit Hanneton. Mais il n’y aura pas que cette enquête car d’autres mystères vont venir se greffer sur celle-ci et se poursuivront dans le tome 3, sans aucun doute.

Les auteurs ont planté le décor d’un Paris en 1950 de plus intrigant : des bouchers pas content qui s’expriment en louchébem, leur argot personnel pas toujours évident à comprendre, hormis « en loucedé » (en douce) que j’utilise souvent et « loufoque » passé dans le langage courant (fou), des sales gueules de bandits sorti du passé de son paternel, des flics qui courent après l’ennemi public n°1…

J’ai vraiment apprécié cette immersion dans une époque où les téléphones étaient à pièces dans les cafés, l’Internet inexistant, les habits différents et où tout le monde fume dans la salle du 36 ! Je suis non fumeuse mais ça ne me dérange pas les personnages de bédé qui fument, ça ne m’a jamais incitée à le faire.

Anybref, une bédé d’ambiance années 50 où les détectives font le boulot à l’ancienne, menant l’enquête, arpentant les trottoirs, cherchant un peu partout les indices et remontant la piste lentement mais sûrement.

Je serai au rendez-vous pour le tome 3, en espérant qu’il soit pré-publié dans mon cher Spirou du mercredi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°123].

La mort du petit cœur : Daniel Woodrell

Titre : La mort du petit cœur

Auteur : Daniel Woodrell
Édition : Rivages Noir (2002/2018)
Édition Originale : The Death of Sweet Mister (2001)
Traduction : Frank Reichert

Résumé :
Shuggie Atkins est un adolescent solitaire et obèse. Sa mère l’appelle son « petit cœur ». Son père le traite de « gros lard » et le force à s’introduire au domicile de grands malades pour y voler les « drogues » qui leur sont prescrites.

Shuggie accepte, pour l’amour de cette mère qui ne cesse de le provoquer sexuellement sans avoir l’air de s’en rendre compte.

Tout cela est supportable jusqu’au jour où Jimmy Vin Pearce, un grand et bel homme, surgit dans le paysage au volant d’une magnifique T-Bird…

Critique :
On pourrait renommer ce roman en « Chronique d’un anéantissement programmé d’un ado ».

Effectivement, ce roman noir est poisseux, il colle aux doigts, il est toxique, il est glauque, tout en restant assez pudique, sans sombrer dans le pathos et sans jamais porter de jugement.

La famille Atkins, ce serait du pain béni pour les services sociaux et tout ceux qui étudient les cassos car là, on est tombé chez des champions du monde !

Entre Red, le père qui traite son fils (si c’est bien son fils) Shuggi de gros lard et qui l’envoie cambrioler des maisons pour y voler des médocs et Glenda, sa mère, chargée de l’entretien du cimetière et qui ferait bander les morts tant elle joue de ses charmes avec tout le monde, même envers son fils… Quand je vous dis que c’est glauque !

Une fois de plus, les ingrédients étaient réunis pour me faire passer un bon moment avec ce roman noir bien serré, plus serré que le string de Glenda quand Red y fourre sa main.

L’Amérique profonde, l’univers particulier des Orzaks et un récit vu au travers des yeux d’un ado de 13 ans, un peu à la manière de « Un bikini de diamant » sauf que Shuggie n’est pas un innocent et qu’il a un regard cynique et sans illusions aucune sur le monde qui l’entoure.

Bardaf, encore une lecture où je suis passée à côté de tout ! Malgré le caractère ironique du récit, malgré le côté oppressant, malgré le comique de certaines situations (même elles ne prêtent pas à rire, dans le fond), je n’ai pas réussi à m’accrocher aux personnages et j’ai survolé la fin du roman, n’arrivant plus à me concentrer sur le récit.

Dommage parce que Woodrell est un auteur que je connais, dont j’apprécie les ambiances, la mise en scène des pauvres Blancs et qui m’avait fait vibrer avec ses autres romans (Un feu d’origine inconnue / Un hiver de glaceChevauchée avec le diable).

Il en fallait bien un qui au lieu de me coller aux doigts me tombe des mains.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°68] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Les disparus de Saint-Agil : Pierre Véry

Titre : Les disparus de Saint-Agil

Auteur : Pierre Véry
Édition : Folio Junior (2007)

Résumé :
Le dortoir de la pension Saint-Agil Mathieu, n° 95 pour ses amis, ne dort pas. Le surveillant général aux allures d’espion n’est pas en vue: vite, Mathieu gagne la salle de sciences où veille le squelette Martin.

C’est là le repaire de la bande des Chiche-Capon dont il fait partie avec le n° 22 et le N° 7. Tous les trésors sont cachés là. Dont un gros cahier témoin de leurs secrets.

Alors que Mathieu s’apprête à y inscrire quelques lignes, un léger crissement lui fait dresser la tête, avant de le précipiter vers le dortoir… Le lendemain, le n° 95 disparaît, premier des étranges événements qui allaient troubler la calme pension Saint-Agil.

Critique :
Quelle idée m’a prise de lire de la littérature jeunesse ?

Après deux lectures assez costaudes niveau violences, puisque l’une était sur les guerres entre catho et huguenots et l’autre sur une vengeance contre des membres du gang des Mara Salvatrucha, j’avais besoin d’un peu de douceur dans ce monde de brute.

En plus, on parlait de ce roman dans « Le polar pour les Nuls » et ma curiosité m’a poussée à le lire.

Ma curiosité à été récompensée car même si nous étions dans de la littérature jeunesse, l’auteur ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles ou des mous du cerveau.

D’ailleurs, malgré ma grande expérience, je n’ai même pas vu venir le coupable !

1914, dans un pensionnat français, à la veille de la Première Guerre Mondiale, mais ça, les gosses ne s’en doutent pas encore, juste quelques adultes qui le craignent.

Nos gosses, eux, ont d’autres préoccupations et pour certains du groupe des Chiche-Capon (Mathieu Sorgues, Philippe Macroy et André Baume), c’est l’Amérique, l’Amérique, ils veulent la voir, et ils l’auront. Même si ça risque d’être difficile de faire le mur car l’univers est quasi carcéral, dans ce pensionnat.

Puis, N°95 disparaît… Mathieu Sorgues. Putain, il serait déjà parti pour l’Amérique ?? Puis un accident mortel à lieu dans les escaliers, puis un autre élève disparaît, puis encore un autre. Il y a quelque chose de pourri à Saint-Agil !

Du mystère, une ambiance collège des temps passés bien restituée, des garçons insouciants, des profs comme on n’en voit plus, des surveillants qui ont tout des matons de prison, du suspense, une enquête menée par un véritable Sherlock Holmes en culottes courtes, des déductions et des fausses-pistes.

Tout le monde est suspect, les théories les plus folles peuvent être échafaudées, surtout avec tout ce qu’on raconte dans les journaux, les espions pourraient déjà être dans la place…

Et puis, qu’est-ce qui se passe, non pas dans cette putain de boite de cassoulet, mais dans la salle des Sciences Naturelles qui a été choisie par nos compères pour être le siège de leur rassemblements nocturnes ? Si seulement le squelette Martin pouvait parler, il dirait peut-être ce qui a poussé nos gamins à disparaître les uns après les autres…

Nous sommes dans de la littérature jeunesse, mais en 1935, Pierre Very a écrit de la grande littérature jeunesse, avec des dialogues percutants, bien écrits, simples sans être simplistes, nous proposant une galerie de personnages étoffés, parfois à la limite de la caricature mais sans jamais y sombrer.

C’est frais, cocasse, amusant, bourré de mystère et de suspense, des embrouilles pour le plus grand plaisir des lecteurs, de la naïveté (à cette époque, vous pensez bien…), de l’amitié, de la débrouille.

Ajoutons à cela une atmosphère sombre car dans peu de temps la guerre sera déclarée, le tout dans une certaine excitation puisque tout le monde pense encore que ce conflit ne durera pas plus de 3 mois…

Bref, un petit cocktail policier à siroter sans modération.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°193.

 

Le Scorpion – Tome 12 – Le mauvais augure : Enrico Marini & Stephen Desberg

Titre : Le Scorpion – Tome 12 – Le mauvais augure

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Enrico Marini

Édition : Dargaud (15/11/2019)

Résumé :
Nelio Trebaldi, le Scorpion, les différentes familles…, tous souhaitent ardemment découvrir le secret de la fortune des Trebaldi.

Afin de trouver réponse à ses questions, le Scorpion part en compagnie du Hussard et de son soi-disant fils Charles-Henri en direction du château de Tarquinio, demeure ancestrale de la riche famille.

Mais tout ne se passe pas comme prévu : le Chevalier de Trèfle, l’assassin des Trebaldi, s’intéresse de près à cette histoire et à l’art divinatoire de la lignée. Il enlève Charles-Henri et propose un marché au Scorpion : en échange de la vie de l’enfant, il lui ouvrira les portes du château.

Du côté des neuf familles, la situation dégénère également. Désireux de venger la mort de son père assassiné par un Delamorley, la folie d’Ursus Latal ne s’arrêtera que lorsque justice sera rendue.

Les réponses tant attendues sont à présent toutes proches. Encore faut-il pouvoir les saisir…

Critique :
Comment les Trebaldi ont-ils pu garder la main mise sur toutes les autres familles de Rome pendant des siècles ?

D’où vient leur fortune ? Cette famille qui possède le pouvoir, le savoir et l’argent cache-t-elle un trésor fabuleux ? Un secret bien gardé ?

Il n’y a pas que vous qui souhaitez le savoir… Prenez un ticket et faites la file. N’oubliez pas des armes, aussi car les nobles sont jamais que des bandits en col amidonné.

Ah, mon Scorpion ! 5 ans que j’attendais la suite ! Bon sang que c’est long, 5 ans, sans avoir de nouvelles de mon Italien sexy, de mon sombre héros, de mon bâtard préféré.

L’attente en valait-elle la peine ? Oui, trois fois oui, même si la final de cet album induit que nous en aurons encore au minimum un… Ou plus, si affinités. Tant que l’attente n’est pas aussi longue.

Pour se faire pardonner, les auteurs nous offrent un album de 64 pages aux couleurs chatoyantes et aux dessins sublimes, comme toujours. Les personnages sont bien esquissés, dans tous les sens du terme, les chevaux sont magnifiques, surtout celui du Scorpion et les images ont tout d’aquarelles.

Lorsqu’il s’agit de donner vie à des combats, le tout est dynamique et une attention est portée sur les expressions des différents personnages. Le dessin n’est pas statique mais tout dans le mouvement.

Niveau scénario, les multiples rebondissements m’ont fait passer un excellent moment, mais on fait monter ma tension d’un cran.

Une tension qui monte aussi (et pas dans le pantalon du Scorpion), c’est celle entre lui et son ami de longue date, le Hussard, qui lui reproche son égoïsme, son manque de cœur, d’empathie, envers son fils. Mais l’est-il vraiment, son fils ?

Le Scorpion a aimé bien des femmes, en a couchées dans son lit, les a prises dans toutes les positions et 3 d’entre toutes celles-là ont toujours été les plus amoureuses, même si de toutes, je préférerai toujours Mejaï, plus franche que les deux autres.

Dans la continuité des autres albums, les auteurs résolvent ici un vieux mystère sur la fortune des Trebaldi, le tout sur fond de guerre des familles pour le pouvoir absolu envers les autres familles puissantes de Rome.

De l’action, des magouilles, des secrets de famille, des assassinats, de la divination, des règlements de comptes, bref, rien de neuf sous le soleil, mais c’est tellement bien raconté qu’on a l’impression de découvrir les bassesses de l’âme humaine pour la première fois.

Mon Scorpion, ne met pas trop de temps à venir me voir. Sinon, pour patienter, je vais me refaire l’intégrale de tes aventures car elles m’ont toujours passionnées, diverties et en plus, j’apprenais des choses avec toi…

Sans compter que tu as une paire de fesses des plus tentantes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°126.

Inspectrice Sarah Geringën – Tome 2 – Complot : Nicolas Beuglet

Titre : Inspectrice Sarah Geringën – Tome 2 – Complot

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO Thriller (16/05/2018) / Pocket Thriller (13/06/2019)

Résumé :
Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière.

Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies…

Étayé par les dernières découvertes de la science et de l’histoire, Complot explore les secrets premiers de l’humanité.

Critique :
Un crime horrible sur une île peuplée d’oiseaux, dans un archipel isolé de la Norvège et ce n’est pas Madame-Tout-Le-Monde qui gît là…

Ce n’est ni un meurtre banal… Là, un truc pareil, c’était du jamais vu !

L’auteur a cette manière bien à lui d’happer son lecteur dès la première ligne et de ne plus lui lâcher la main jusqu’à la fin, quand il le dépose sur le rivage, le souffle coupé.

Non seulement il nous dépose sur une scène de crime des moins banales mais en plus, il nous fait passer du froid au chaud en peu de temps, nous invitant à le suivre, au plutôt, à suivre ses personnages, sur la piste du complot et des secrets enfouis.

Rassurez-vous, il ne le fait pas à la manière d’un Da Vinci Code, même si dans ce dernier, tout n’était pas à jeter et que Dan Brown avait eu le mérite de me faire réfléchir.

Et bien, Nicolas Beuglet a poussé le vice encore plus loin et a fait fumer mes méninges tout en me procurant un plaisir monstre à lire les révélations divulguées dans son roman.

Réalistes, les révélations, en plus. Qui donnent à réfléchir et à pousser la réflexion encore plus loin que l’auteur l’a poussée (et il a poussé loin, déjà).

Heureusement que la religion catholique, comme le dit un de ses personnages, est complaisante envers la critique et la caricature, sinon, il y aurait déjà des menaces de mort sur sa personne, vu ce qu’il avance à un moment donné. Toujours en étant réaliste avec les données que l’on possède, l’auteur extrapole mais il le fait avec brio.

À ce titre, je voulais remercier l’Église catholique, et plus généralement le christianisme contemporain, qui, malgré tous les reproches que l’on peut lui faire, est une des rares institutions à subir la critique ou la parodie avec tolérance.

Que l’on soit d’accord ou pas d’accord avec lui, cela a le mérite d’être posé et d’y apporter des réponses (ou pas, car on ne sait pas tout) ou du moins, une discussion entre gens civilisés.

Mon seul bémol sera pour l’inspectrice Sarah Geringën que j’ai trouvée froide, distante et avec qui j’ai eu du mal à entrer en phase. Je la trouve aussi trop Wonder Woman, même si, contrairement au personnage du professeur Langdon (Da Vinci Code), elle a les références pour exécuter toutes ces cascades ou combats puisqu’elle est une ancienne militaire.

Mais je pinaille…

Un thriller qui ne se contente pas de faire courir ses personnages et ses lecteurs dans tous les sens, qui ne se contente pas de nous donner des émotions fortes avec des sauts dans le vide ou de l’adrénaline, mais qui nous donne à réfléchir, qui pose des questions, qui apporte des réponses (on sent la recherche de l’auteur) et qui jette un rocher énorme dans la mare aux canards.

Rien que pour cela il restera dans ma mémoire jusqu’à ce que Aloïs Alzheimer passe pour faire le ménage par le vide.

Quand on ne peut pas battre une idée, on la récupère et on la modifie pour qu’elle soit conforme à la nouvelle idéologie.

[…] elle se demandait dans quelle mesure un ordre opprimé pouvait rétablir la justice sans violence. Puisque, par définition, le groupe qui domine exerce une violence sur le dominé, comment ce dernier peut-il se libérer sans affrontement ?

Sarah détestait avoir affaire à des politiciens hauts placés. Non pas qu’elle soit intimidée ou méfiante à leur égard. C’était seulement qu’ils exigeaient tous des résultats immédiats, nets et clairs, alors qu’un crime et sa résolution n’étaient faits que de temps et de nuances.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°119.

Ceux qui ont lu le livre comprendrons…

Holmes (1854/+1891?) – Tome 5 – Le frère aîné : Luc Brunschwig & Cécil

Titre : Holmes (1854/+1891?) – Tome 5 – Le frère aîné

Scénariste : Luc Brunschwig
Dessinateur : Cécil

Édition : Futuropolis (09/10/2019)

Résumé :
4 mai 1891. Sherlock Holmes disparaît aux chutes de Reichenbach, entraînant avec lui dans la mort son plus grand ennemi, le professeur Moriarty.

Effondré, le docteur Watson ignore alors qu’il va se lancer dans une incroyable enquête, qui va tout lui révéler de son ami le détective et de sa famille.

Critique :
Décidément, cette saga reste toujours dans les hauteurs niveau scénario et dessin !

Niveau délai d’attente entre deux albums aussi puisque le tome 4 datait d’octobre 2015, pour une série entamée en 2006.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

OUI car comme je vous le disais, les dessins sont exécutés de main de maître, les couleurs changent selon que nous sommes dans le présent ou le passé (gris/sépia) et le scénario est des plus relevé.

Là, on est arrivé à un tournant majeur dans l’Histoire de Sherlock Holmes, on sent que l’on va entamer bientôt le final et la théorie proposée par les auteurs est plausible, crédible, bien amenée et les personnages font des choix tels qu’ils auraient pu les faire dans la réalité littéraire.

Pas de truc folklorique, pas de choses folles ou capillotractées. Non, ici, tout est maîtrisé, pensé, pesé et les auteurs s’appuient toujours sur des faits plausibles sans jamais sombrer dans le futile.

Le scénariste sait comment jouer avec le présent et le passé, il alterne les phases avec brio afin de tenir le lecteur en haleine et ne pas faire retomber le suspense. Le choix des personnages est bien pensé et leurs comportements sont en adéquations avec ce que l’on sait d’eux, sauf pour les parents de Holmes, mais là, ils ont le champ libre tout en restant dans la cohérence de gens issus de la petite bourgeoisie.

Les dessins sont eux-aussi maîtrisés, les couleurs donnant en alternance des tons chauds (sépia) ou froid. On ne s’en lasse pas de les regarder, même après la lecture de l’album.

Anybref, tout est millimétré dans cet album et dans cette saga, c’est riche au niveau scénaristique comme au niveau des dessins et des coloriages.

Une saga qui met en scène ce qui se passe après la mort de Holmes dans les chutes, le 4 mai 1891 (et pas le 4 mars comme vu dans des résumés), qui explore son enfance, les secrets de famille, le tout sans jamais sombrer dans le grand n’importe quoi.

Un must qui n’a qu’un défaut… Non deux… L’attente entre deux albums et la hauteur de ces albums qui vous obligent à les ranger dans des étagères à part puisqu’ils sont plus hauts que ceux des éditions Soleil.

Mais tout ça est plus que pardonnable au vu de la qualité de cette série.

Holmes (1854/+1891?) – Tome 1
Holmes (1854/+1891?) – Tome 2
Holmes (1854/+1891?) – Tome 3 (à rapatrier sur le blog)
Holmes (1854/+1891?) – Tome 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°117 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

 

Le baiser de l’ogre : Elsa Roch

Titre : Le baiser de l’ogre

Auteur : Elsa Roch
Édition : Calmann-Lévy Noir (09/10/2019)

Résumé :
Paris, en pleine nuit. Amaury Marsac, chef de groupe à la Criminelle, découvre dans le hall d’un immeuble sa plus jeune équipière, Lise Brugguer, gisant entre la vie et la mort.

Près d’elle, un cadavre d’homme à la tête explosée, mais pas d’arme.

Avant de sombrer dans l’inconscience, Brugguer lui révèle qu’elle a une fille de trois ans, qui est peut-être en danger, et que lui, Marsac, doit veiller sur elle.

Marsac est stupéfait d’apprendre l’existence de cette enfant. Et quand il la rencontre, petite fille muette aussi mystérieuse qu’attachante, la protéger devient son obsession.

Mais pourquoi Brugguer était-elle dans ce hall ? Quelles étaient ses relations avec la victime, vermine criblée de dettes ? Et qui pourrait en vouloir à cette petite fille ?

Marsac va devoir démêler les faux-semblants et déterrer les secrets du passé de son équipière pour percer la vérité. Et vaincre l’Ogre…

Critique :
Comment savoir si, à la fin d’une lecture, on a aimé ou pas ? Comment savoir si l’histoire que l’on vient de lire était super ou pas ?

Tout simplement en me projetant dans le futur et en me posant cette question : lorsque je ferai un bilan littéraire, me souviendrai-je encore de ce roman, des émotions ressenties ? Que garderais-je en mémoire ?

Car oui, il est des romans que l’on a adoré, des thrillers ou policiers que l’on a dévoré et à la fin de l’année, on n’en a gardé aucun souvenir. C’est terrible, l’épreuve des souvenirs littéraires, pour certains romans car ils ne passent pas le cap alors que d’autres, lu il y a plus de 30 ans, résonnent encore dans la mémoire, même si elle en a gommé des détails.

Donc, lorsque après une lecture je me retrouve en train de me questionner sur mon ressenti, déjà, ça sent mauvais dans l’air.

Une fois de plus, je me retrouve le cul entre deux chaises face à un roman que je n’ai pas détesté, que j’ai lu sans m’ennuyer, où j’ai ressenti des émotions mais où des détails m’ont chiffonné dès le départ.

Alors, une inspectrice retrouvée à côté d’un type assassiné, elle-même blessée et qui demande à son chef de ne rien dire aux autres membres de l’équipe de sa présence blessée sur les lieux d’un crime et que ce chef accède à sa demande, moi j’appelle ça de la folie, du vice de procédure.

Bref, une grosse couille dans le pâté et du pain béni pour un avocat de la défense qui mettrait la main sur ce genre d’irrégularité au moment du procès.

Certes, nous apprendrons après le pourquoi du comment de cette demande folle, mais sur le moment, je n’ai pas compris pourquoi le chef Marsac accédait à toutes ses demandes un peu folles, surtout que ça le mettait en porte-à-faux avec les autres membres de l’équipe qui partaient perdants en analysant la scène de crime et allaient perdre aussi un temps de fou. Pour moi, il y a des blâmes qui auraient dû tomber.

Pourtant, une fois passé ces quelques incohérences (il y en avait d’autres), j’ai apprécié la plume de l’auteur qui n’a rien de simpliste, la preuve en est que j’ai dû aller vérifier quelques mots au dico, que l’auteure utilise trois fois le mot « anamnèse » (faudra que je le replace, celui-là) et qu’elle ne se contente pas de construction de phrases banales telles que  « sujet-verbe-complément ». C’est plus recherché chez elle.

J’ai apprécié aussi les secrets enfouis, que Marsac va déterrer au fur et à mesure, l’ombre d’un danger qui plane sur son inspectrice blessée, leurs incursions dans le monde des salons de massages et de tout ce qu’ils cachent derrière les paravents, l’horreur de la pédopornographie (qu’on m’apporte un flingue),…

Mais surtout, surtout ce que j’ai le plus aimé et qui restera dans ma mémoire, c’est la petite Liv, une gamine de 3 ans souffrant du trouble du spectre de l’autisme.

Lorsque je ferai mon bilan et que je passerai en revue tous les livres lus cette année, c’est le personnage de Liv qui restera dans ma mémoire pour ce roman.

C’est elle qui m’a marqué, même si elle ne parle pas, car sa présence était lumineuse et à la limite, la résolution de l’enquête, je m’en fichais pas mal, tant que l’auteure me faisait passer du temps avec l’enfant.

Sans elle, le roman serait oublié car rien dans sa résolution n’est exceptionnel. Mais Liv, elle, elle est exceptionnelle !

Plus marquante que le chef Marsac, toujours endeuillé par la disparition de sa petite sœur, tel le commissaire Erlendur (qui cherche encore et encore son petit frère  dans les romans de l’auteur Arnaldur Indriðason).

Une fois de plus, c’est un personnage féminin qui est réussi et qui me marquera durablement. Girl Power !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°116.

 

Les vieux fourneaux – Tome 5 – Bons pour l’asile : Wilfrid Lupano & Paul Cauuet

Titre : Les vieux fourneaux – Tome 5 – Bons pour l’asile

Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Paul Cauuet

Édition : Dargaud (09/11/2018)

Résumé :
Retour à Paris pour Antoine, Mimile et Juliette. Le plan est simple : ramener Juliette auprès de sa mère, puis filer au Stade de France pour assister au match de rugby France-Australie. C’est du moins ce qui est prévu…

Mais, désireuse de voir son père et son grand-père se rabibocher, Sophie les oblige à s’occuper ensemble de Juliette jusqu’au lendemain. Mimile ne peut donc compter que sur Pierrot pour l’accompagner au match.

Or, Pierrot l’anarchiste mène un nouveau combat : il s’est engagé en faveur des migrants.

Alors vous pensez bien qu’assister à un match opposant la France, qui refuse d’accueillir les migrants, à l’Australie, qui ne pense qu’à les entasser dans des camps, bafouant ainsi les droits de l’homme, c’est hors de question !

Mimile n’a plus pour seule compagnie que ses désillusions… Et si lui aussi était bon pour l’asile ?

Critique :
Nos vieux anarchistes seraient-ils bons pour l’asile ?

Non, pas tout de suite, ils ont encore bien des revendications à faire, notamment sur les banques Suisses qui facilitent l’évasion fiscale et sur l’accueil des migrants qui n’est pas humain.

— La mairie a fait installer des cailloux pour empêcher des migrants de dormir sous un pont. Tu te rends compte de la bêtise, un peu ? 

Beaucoup d’humour et d’humanité, dans ce 5ème tome qui arrive toujours à faire mouche et à parler de sujets qui dérangent, le tout avec des dialogues qui piquent juste où il faut.

— On est 500 millions de guignols en Europe et on veut nous faire croire qu’on ne peut pas accueillir 1 millions de pauvres gens ? Ça fait même pas 1 par village ! 

Nos Vieux ont vieillis, ils prennent de l’âge et les dernières cases m’ont émues. En fait, une grande partie de l’album m’a ému, tout en me faisant sourire.

Les dialogues sont cyniques, piquants, bourrés de vérités, toutes simples, en plus, mais ça fait du bien de les dire, de les lire et dans les bouches de nos petits vieux anars, elles prennent encore plus de saveur et de croustillant.

— Disons qu’on a estimé qu’après avoir habillé les nazis des bottes à la casquette, Hugo Boss pouvait bien fournir quelques costumes gratis à des nécessiteux basanés. C’est de bonne guerre.

— Alors je dois aller faire quoi, Mimile au stade de France ? Encourager qui ? La France, qui refuse d’accueillir les pauvres gens, ou l’Australie, qui crée des camps de concentration dans des îles qu’elle a défoncées à coup de bulldozers ? 

On en apprendra un peu plus sur notre vieux fou de Pierrot que l’on verra quelques années plus tôt et où, malgré le fait qu’il se carre tout dans l’oignon, sait écouter les gens et les aider sans leur montrer.

Une fois de plus, une réussite intégrale, un tome qui n’est pas sous les autres, un tome qui aborde d’autres problématiques de nos sociétés sois-distantes civilisées et humanistes mais qui ne tolère que les étrangers plein de fric et pas les miséreux.

— On a réfléchi, et on s’est dit : quand c’est le Qatar qui rachète les musées, les plages privées et les clubs de foot, personne ne crie à l’invasion arabe. Tout le monde est content. Donc ce ne sont pas les étrangers qui font peur, ce sont les étrangers pauvres.

— C’est spectaculaire, la France : dès que tu portes une cravate, y a plus un flic qui te demande tes fafiots. 

Ces petits vieux ont plus d’un tour dans leur sac et j’espère qu’ils continueront encore longtemps à me faire sourire, rire, à m’émouvoir, à nous faire réfléchir et, qui sait, un jour, peut-être qu’ils changeront nos sociétés.

— Depuis la nuit des temps, notre pays enracine son union nationale dans la défaite. Alésia, Azincourt, Pavie, Waterloo,Sedan, Traflagar, Diên Biên Phu… C’est un concept purement français. C’est même peut-être ça, la France. On se trouve glorieux dans la défaite, ce qui nous rend quasi invincibles.