Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles : Loïs H. Gresh

Titre : Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles

Auteur : Loïs H. Gresh
Édition : Ynnis (08/01/2020)
Édition Originale : Sherlock Holmes vs. Cthulhu : The Adventure of the Deadly Dimensions (2017)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Face à l’horreur indicible, l’esprit de déduction le plus brillant de tous les temps atteint ses limites.

Une série de meurtres macabres et terrifiants secoue Londres. Sur les lieux du crime, il ne reste rien d’autre qu’un tas d’ossements ainsi qu’une étrange sphère en os, sur laquelle des symboles arcaniques semblent avoir été gravés.

Le fils de la dernière victime demande l’aide de Sherlock Holmes et du docteur John Watson. Tous deux tentent alors de découvrir le fil conducteur qui pourrait unir les assassinats et confondre leurs responsables.

Mais à mesure qu’ils progressent dans leur enquête, la logique si chère au célèbre détective de Baker Street semble s’évaporer un peu plus au profit de l’inconcevable, à l’image de cette terrible machine tueuse que d’aucuns prétendent « vivante », ou des membres de cet « Ordre de Dagon », dont les cultes et rituels rivalisent de ferveur et d’horreur…

Et pour cause : que reste-t-il une fois qu’on a tout éliminé, y compris l’improbable ?

Critique :
Depuis longtemps, Sherlock Holmes est mis à toutes les sauces et affronte toutes sortes de créatures fantastique, comme si les meurtriers ordinaires ne lui suffisait pas.

Pourtant, ne disait-il pas que « Les crimes sont communs, la logique est rare. C’est donc sur la logique plutôt que sur les crimes que vous devez appuyer » ? (Les hêtres pourpres)

Le voici donc une nouvelle fois aux prises avec la sale bête de Lovecraft comme dans la trilogie de trilogie de James Lovegrove.

Dans le premier tome de la trilogie de James Lovegrove, j’avais ronchonné sur le fait que l’auteur n’amenait pas la rencontre entre Holmes et le côté éthéré de la meilleure manière, que ça manquait de réalisme, que c’était arrivé bien trop vite et de manière totalement inattendue.

Ici, c’est tout le contraire puisque c’est trop long ! Oui, jamais contente… Mais sur un récit de 480 pages, amener les créatures de la mer vers la page 400, ça donne des préliminaires vachement trop longs !

Les 200 premières pages se lisent vite, il y a du rythme, du mystère, Holmes cherche une explication logique sans vraiment la trouver et le lecteur ricane car lui, il sait de quoi il va retourner puisque le titre est assez explicite et qu’en plus, il a déjà croisé la route de la sale engeance qui dort dans la cité sous-marine de R’lyeh.

Malgré un bon rythme dans la première moitié du roman, mes plaintes seront pour les personnages de Holmes et Watson que je n’ai pas vraiment appréciés car je ne les reconnaissais pas.

Watson est geignard et nous rappelle sans cesse combien il aime amoureusement son épouse Mary, combien il aime Samuel, son gamin, né prématurément et les difficultés qu’ils ont eu pour le concevoir. Au bout de la 36 fois, on commence à saturer de la redondance.

Quant à Holmes, c’est un homme froid, je sais, qui ne montre pas ses émotions, ou alors, fugacement, mais ici, il a l’air de se foutre du sort du bébé de Watson comme de sa première paire de chaussettes. Plusieurs fois il y aura danger pour la femme et l’enfant de Watson et Holmes ne prendra même pas la peine de rassurer son ami, blessé, sur le sort des deux personnes les plus importantes pour lui. Cela ne lui rassemble pas.

Holmes fait prendre à son ami des risques énormes en toute connaissance de cause, hors dans le canon, il a toujours répugné à mettre son ami en danger et ne le faisait que parce que pas d’autre choix. La preuve avec cet extrait du « Ruban Moucheté’ et des « Trois Garrideb ».

— Savez-vous bien, Watson, dit Holmes, tandis que nous étions assis tous deux dans l’obscurité qui commençait, que j’éprouve quelques scrupules à vous emmener ce soir. Il y a nettement un élément de danger.
— Puis-je vous être utile ?
— Votre présence peut être inappréciable.
— Alors, c’est réglé, je viendrai…
— C’est très gentil de votre part.

— Vous n’êtes pas blessé, Watson ? Pour l’amour de Dieu, dites-moi que vous n’êtes pas touché !
Cela valait bien une blessure, beaucoup de blessures, de mesurer enfin la profondeur de la loyauté et de l’affection qui se cachaient derrière ce masque impassible ! Pendant un moment je vis s’embuer les yeux durs, et frémir les lèvres fermes. Pour la première fois de ma vie, je sentis battre le grand cœur digne du grand cerveau. Cette révélation me paya de toutes mes années de service humble et désintéressé. […]
— …Cela vaut mieux pour vous. Si vous aviez tué Watson, vous ne seriez pas sorti vivant de cette pièce. A présent, mon-sieur, qu’avez-vous à nous dire pour votre défense ?

Il est normal qu’un auteur qui reprend des personnages d’un autre en change un peu l’essence, qu’il les façonne à sa manière à lui, mais il ne faut pas changer la nature profonde de ces personnages et les rendre insensibles alors qu’ils peuvent l’être brièvement ou les rendre casse-pieds alors qu’ils ne le sont pas en vérité.

L’inconvénient de ce livre, c’est la seconde moitié. Elle est trop longue, il y a d’autre intervenants dans le récit de Watson et j’ai ai sauté plusieurs tellement ça me pompait l’air. Trop is te veel ! Trop de digressions tuent le récit, le font sombrer, s’enliser et à force d’être trop verbeux, on perd l’attention du lecteur.

De plus, Holmes a beau avoir des preuves sous ses yeux qu’une entité fantastique d’un autre-monde est intervenue, il refuse de voir alors que lui même disait que « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité ».

La trilogie de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, peut-être que le tome 2 de cette nouvelle trilogie me plaira plus que ce premier tome qui n’est pas parvenu à me convaincre.

Dommage parce que les 200 premières pages s’étaient bien déroulées, hormis mes rouspétances sur les personnages de Holmes/Watson qui n’étaient pas comme je les aime d’habitude.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Les dossiers Cthulhu – Tome 3 – Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Tome 3 – Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (12/02/2020)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks – Sherlock Holmes and the Sussex Sea-Devils (2018)
Traduction : Arnaud Demaegd

Résumé :
utomne 1910. Voici longtemps que Sherlock Holmes et le docteur John Watson combattent R’luhlloig, l’Esprit Caché lié au professeur James Moriarty.

L’Europe glisse inexorablement vers la guerre, et un autre conflit, d’ampleur cosmique, approche de son point culminant ; en une seule nuit, les membres les plus éminents du Club Diogène connaissent une mort atroce, apparemment de leur propre main. Holmes soupçonne un espion allemand qui travaille pour R’luhlloig…

Retranché sur la côte anglaise, le duo est confronté à une nouvelle menace. Trois femmes ont disparu de la ville voisine de Newford.

D’après la légende, d’étranges créatures amphibies, habitant une cité bâtie au fond de l’eau, viennent sur la terre ferme tous les deux ou trois siècles chercher de nouvelles proies.

Le décor est planté pour l’ultime bataille qui verra s’opposer Sherlock Holmes et John Watson aux démons marins du Sussex, et peut-être à Cthulhu lui-même…

Critique :
Aah, le Sussex, rien que le nom de la région invite à des pensées grivoises…

Et Sherlock Holmes a pris sa retraite dans le Susse Sexe ! Il nous avait bien caché son jeu, le coquin…

Trêve de rigolade grivoise.

Certaines trilogies se bonifient au fil des tomes. Si le tome 1 m’avait moyennement emballé au niveau du méchant qui expliquait tout, j’avais mieux aimé le tome 2 dont le scénario était mieux élaboré.

Avec le tome 3, on termine en apothéose et je remercie ma copinaute Ida qui m’avait conseillé de poursuivre la lecture après la déception du N°1.

Holmes et le fantastique, ça passe ou ça se casse la gueule. Y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes…

Ici, pas de soucis, ça passe très bien car l’auteur a gardé la personnalité de Holmes, son côté froid, ses émotions refoulées, le côté analyseur, la machine à penser, celui qui nous cache tout et ne nous dit rien.

Je ne connais pas le canon Lovecraftien comme l’holmésien, donc, je ne me prononcerai que sur le second qui est respecté, tout en étant adapté puisque toutes les enquêtes de Holmes avaient un côté surnaturel que Watson a camouflé (dixit la trilogie).

Plusieurs enquêtes de Holmes se retrouvent dans ce dernier tome et toutes auront pour thème les créatures marines, version Lovecraft, bien entendu.

Si la première enquête de « La Confrérie de l’Amas Pulsatile » est à part par rapport au reste du récit, mais comme elle concerne aussi le surnaturel avec un truc pas net qui sort de l’eau, on peut dire qu’une sorte de tentacule de méduse la relie à l’enquête suivante, qui sera plus longue et aussi plus triste (je garde un chien de ma chienne à l’auteur pour ce qu’il a osé faire).

L’action brute ne prend pas le pas sur les déductions holmésiennes, notre détective court un peu partout, traque les indices, se déguise, ne dit rien à Watson (ni aux lecteurs), ne montre aucune émotion ou si peu, traque le surnaturel ou la main de l’Homme quand elle manipule.

Étant donné que nous sommes en 1910, on sent qu’un conflit est proche et qu’il opposera la perfide Albion à l’Allemagne. Les espions sont déjà dans la place et ça magouille de la soupe pas nette dans les arrières-cuisines.

James Bond se battait contre les Russes et Holmes se battra contre des Teutons, une fois de plus, mais sans gadgets, sans bimbo à forte poitrine, mais avec l’aide de Watson, toujours prêt à prendre des risques avec Holmes ou à défendre les jeunes femmes, tel un chevalier servant. Par contre, il devrait plus souvent écouter Holmes, ce dernier voit des choses que ni lui (ni nous) ne voyons.

Le pari était osé mais au fil des tomes, l’auteur s’est approché au plus près des personnages canoniques tout en les intégrant à un univers qui ne fut jamais le leur puisque jamais Holmes ne dû se battre contre des vraies choses surnaturelles, dans le canon.

Un dernier tome qui est au-dessus des deux autres tant j’ai trouvé les personnages plus justes dans leurs comportements. Impossible de s’ennuyer durant la lecture, même si la partie avec le U-Bot pourra sembler longue à certains.

En plus, l’auteur nous propose une vraie fin. La trilogie est close et on ne verra pas fleurir 36 tomes juste pour faire du fric facilement. Pas de risques de sombrer après un tome aussi réussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°288, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°21].

Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne Fantasy (2019)
Édition Originale : Ravencry (2018)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Quatre années se sont écoulées depuis que la Machine de Nall a repoussé les Rois des profondeurs à l’autre bout de la Désolation, mais alors qu’ils font pleuvoir le feu du ciel, des forces plus sombres encore conspirent contre la république.

C’est dans ce contexte troublé qu’un nouveau pouvoir émerge : un fantôme dans la lumière, qu’on surnomme la Dame lumineuse, et qui se manifeste sous forme de visions. Le culte qui la vénère prend de plus en plus d’ampleur.

Lorsque le caveau ésotérique de Corbac est profané, un objet d’une puissance terrible y est dérobé, et Galharrow et ses Ailes noires sont chargés de découvrir lequel des ennemis de Valengrad s’en est emparé.

Pour sauver la cité, Galharrow, Nenn et Tnota devront s’aventurer dans le lieu le plus retors et le plus dangereux qu’ils ont jamais visité : le cœur même de la Désolation.

Critique :
La dark fantasy et le western font-ils bon ménage ? Oui, assurément, sauf si l’auteur aurait la mauvaise idée de faire foirer l’attelage.

Pas de panique, ici, le mélange est réussi et c’est un vrai plaisir de refaire une incursion dans la fantasy après autant d’année sans y mettre les pieds.

D’ailleurs, c’était avec le premier tome de Blackwing que j’avais remis le pied dans l’étrier fantasy et l’univers développé m’avait tellement plu que je n’avais pas eu envie de tout foutre en l’air avec un autre titre de fantasy.

Le seconde tome est souvent un exercice difficile car tout le monde vous attend au tournant, cherchant la faute, l’erreur, le manque de profondeur scénaristique ou l’excès de confiance qui fait parfois trébucher les auteurs.

Le plus grand péril est de nous refaire un remake du tome 1. L’autre écueil à franchir est celui de la surprise qui n’est plus au rendez-vous puisque nous avons découvert l’univers fantasy western. Faut être équilibriste de talent pour continuer de passionner ses lecteurs et l’auteur a parfaitement réalisé son marché sur la corde raide, sans chuter ou finir pendu.

Nous sommes 4 ans après les faits et Ryhalt Galharrow est toujours le chef des Ailes Noires. Ses amis Nenn et Tnota sont toujours là, ils sont toujours bourrus et bourrins, dur à cuire et attachants.

Même Ryhalt et ses vagues à l’âme, son entêtement, son blues, est un devenu un ami avec lequel on aimerait aller boire une pinte de mauvais alcool. Avec de bons personnages travaillés, la moitié du job est déjà fait. Le méchant est réussi aussi. What’else ?

Dans le tome 1, Ryhalt faisait le boulot parce qu’il n’avait pas le choix, maintenant, on sent qu’il a envie de défendre la cité de Valengrad, que le sacrifice d’Ezabeth ne doit pas rester vain et là, on a des tas de choses qui grouillent, qui rampent, qui attendent leur heure, bref, on s’est reposé durant 4 ans et on a baissé la garde…

Le scénario est copieux entre des zombies, des capuchons jaune qui vénèrent la Dame de Lumière (secte religieuse ?), un Blitz comme Londres en subit un durant les deux guerres, des magouilles, des taxes abusées sa mère, le pouvoir en place qui n’écoute pas ses sujets qui grognent, la révolte qui arrive, les trahisons, le vol d’une relique appartenant aux Rois des profondeurs et un l’envie pour certains d’être calife à la place de tous les califes. Je n’ai rien oublié ?

L’univers développé par l’auteur est un mélange habile entre du western et de la dark fantasy, ce qui change des romans traditionnels à tendance médiévale et lui donne un nouveau souffle : oui, c’est possible de créer un univers à partir d’une Désolation, sorte de désert rempli de saloperies qui vous boufferont, le tout né après une apocalypse dantesque afin de mettre au dodo les Rois des Profondeurs.

Oui, c’est sombre… Oui, c’est violent et même gore. La dark fantasy, ce n’est pas chevaucher des licornes roses bonbons.

Vaut peut-être mieux éviter de lire ce genre de littérature si vous êtes dépressifs car ici, tout n’est que tristesse, désolation, morts violentes, tragique, drame… Ajoutez tous les adjectifs que vous voulez du moment qu’ils sont synonymes de drame. Même Ryhalt se refuse au bonheur car il estime qu’il ne le mérite pas (parfois, on a envie de lui coller des baffes).

Une lecture dépaysante, chahutée parce que dans ce monde, rien n’est tranquille, c’est sombre, rythmé, couillu, alcoolisé et épique.

Ed McDonald n’est pas tombé dans les pièges de la facilité ou du remake de son premier tome, il a su poursuivre son univers et pousser ses personnages encore plus loin, il a continué à développer son monde post-apo western dark fantasy sans se vautrer dans la facilité. Son scénario est élaboré et si tout semble être disparate au départ, tout finira pas se lier, telle une sauce épaisse et goûteuse qui décape le palais.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°260, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°16] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Lonesome – Tome 2 – Les Ruffians : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 2 – Les Ruffians

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (25/10/2019)

Résumé :
Dans un coin reculé de l’Arkansas, la secte du sinistre Markham fait régner la terreur. Jusqu’au jour où un cavalier sans nom arrive dans la région…

Des prairies enneigées de l’Ouest jusqu’aux ruelles sombres de New York, sa quête de vengeance l’entraînera dans un affrontement dantesque, aux frontières du surnaturel et de l’horreur.

Critique :
♫ I’m poor lonesome cow-boys ♪ ne résonnera jamais à la dernière image de cette série car si notre homme est lonesome (seul), il n’a rien d’un cow-boy mais plus d’un vengeur.

Un vengeur sans nom, dont on ne sait pas grand-chose du passé, sauf qu’il a un pouvoir occulte.

Dans ce tome 2, Swolfs nous donnera un peu plus de détails sur le passé de ce Blondin sans nom, tout en lui faisant poursuivre sa quête de vengeance.

Oui, Blondin… Car comme celui de Sergio Leone, il est un personnage sans nom…

Notre homme emprunte aussi à ce cher Durango, puisqu’il en a un peu les traits physiques (en moins beau), sa grande dextérité aux armes, une arme que les autres n’ont pas, sans oublier cette manière toute belle d’échapper à la Mort encore et encore.

En fait, moi qui ait lu différentes sagas de Swolfs telles que Le Prince De La Nuit, Durango, Légende, un peu Dampierre et maintenant Lonesome, je reconnais dans les traits de certains personnages d’autres croisés ailleurs.

Lonesome emprunte même un peu de l’histoire d’un autre personnage de l’auteur, James Healer puisque, comme lui, il a été recueilli et élevés par des Indiens, suite à l’assassinat violent de ses parents. Et, tout comme lui, il a des capacités de médium.

Anybref, après cette minute culturelle à petit prix, passons au scénario : rien à redire, il est bon.

Basique, certes, puisque nous sommes sur une histoire de vengeance, mais pas que ça puisque le fond historique est celui de la Guerre de Sécession qui ne s’est pas encore déclarée mais dont le feu couve.

Haranguant ses partisans, un politicien prendra, comme d’autres de nos jours, de sérieux raccourcis pour déclarer que leurs esclaves sont mieux lotis que les ouvriers dans les usines du Nord et que eux, Sudistes, appartiennent à la race des Normands, dignes descendants de Guillaume le Conquérant.

Ceux aux talons qui claquent et aux bras tendus des années 30/40 n’avaient pas la primeur de ce genre de discours haineux et basé sur les races pures ou impures. L’Histoire est un éternel recommencement.

Les dessins sont toujours très bien réalisés, même s’ils me font penser à d’autres séries. Les cases sont lumineuses, les dessins rendent l’action fluide.

Si le scénario du premier tome était plus percutant et moins prévisible que celui-ci, on reste tout de même sur un bon album western qui respecte les codes.

Cet album clôt une partie du cycle et nous montre la future orientation scénaristique que la série va prendre puisque notre Vengeur Sans Nom en a terminé avec sa vendetta personnelle ici et va aller ailleurs car après avoir dézingué l’homme de main, il lui faut aussi le commanditaire.

Je serai à ses côtés !

Lonesome, Tome 1 – La piste du prêcheur

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°125 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K : Jijé & Lob

Titre : Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K

Scénariste : Jacques Lob
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1986)

Résumé :
Un soir de pluie torrentielle. Jerry et Sancho sont hébergés chez une famille de paysans noirs.

La nuit, une attaque est organisée par des cavaliers vêtus de blanc, porteurs de cagoules. L’intervention armée de nos amis les surprennent et ils sont mis en fuite.

Qui sont ces hommes qui en veulent aux populations noires du comté?…

En ville, Jerry et Sancho mènent leur enquête; ce qui a le don « d’ennuyer » certains édiles locaux.

Un adjoint du shérif, pourtant, veux les aider. Il leur raconte l’histoire du Ku-Klux-Klan, les expéditions punitives contre les anciens esclaves, les maisons brûlées, les tortures et les lynchages.

Critique :
Il fallait bien qu’un jour il les affronte, ces encagoulés qui terrorisaient les Noirs : le Ku-Klux-Klan.

Il pleut à verse et nos deux amis frappent à la porte d’un petite masure et demande l’hospitalité.

Le couple qui y habite semble terrorisé et on comprendra pourquoi en plein milieu de la nuit lorsque surgiront, au galop, non pas Zorro mais le K.K.K

C’est à un sacré morceau que Jerry et Pancho vont s’attaquer car sous les cagoules, ce n’est pas la plage, mais souvent des notables…

La ville n’apprécie pas tant que ça les personnes de couleurs et qu’un candidat aux élections pour le poste de maire veuille leur donner le droit de vote, ça leur fait avaler leur whisky de travers.

Les dessins sont sombres, tout comme l’ambiance de cet album, mais pourtant, il est bon, même s’il se contentera de survoler le problème puisque avec l’aide de Jerry, tout s’arrange toujours, ce qui n’est pas le cas IRL.

Véritable enquête dans les hautes sphères, enquête qui dérange, enquête hautement dangereuse pour la santé, Jerry Spring va se transformer, une fois de plus, en enquêteur démêlant patiemment la bobine de laine afin de mettre à jour le vrai visage des encagoulés et ramener un peu de sérénité sur la ville.

Un bel album avec un scénario correct, étayé, bourré de suspense et de mystère, d’aventures, de pièges, de pluie, de croix en feu et d’Hommes Blancs tout puissants face au pauvre Homme Noir qui n’avait aucun pouvoir, sauf celui de fuir et de se taire, bien entendu.

Qui a chantonné ♫ non, non, rien n’a changé ♪ ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°86 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Lectio Letalis : Laurent Philipparie

Titre : Lectio Letalis

Auteur : Laurent Philipparie
Édition : Belfond (17/01/2019)

Résumé :
Oserez-vous tourner les premières pages du LECTIO LETALIS ?

Paris. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.

Bordeaux. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat atypique d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.

Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut, dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Un livre et des oiseaux qui tuent, personne ne pourrait y croire. Mais sous la plume de Laurent Philipparie, capitaine de police, tout est si vrai que c’en est effrayant.

Critique :
Un livre qui tue ? Comme le grimoire interdit dans « Le nom de la rose » où en fait, c’était… Ah ben non, je ne vais pas vous divulguer comment le livre tuait de ce roman d’Umberto Eco !

Dans quel autre cas un livre pourrait-il nous pousser au suicide ? J’ai bien des pistes, mais pour cela, il faudrait que je balance des noms d’auteurs ou des titres de livres, et là, je serai muette comme une carpe.

La seule chose que je peux divulguer, c’est que je remercie NetGalley pour l’envoi de ce livre que la curiosité m’avait fait cocher dans leur catalogue.

Niveau marketing, l’auteur et les éditions Belfond ont bien fait leur job car ils nous proposent un titre des plus aguicheur tant il paraît bourré de mystère ou tiré d’une formule magique de Harry Potter et la couverture est plus que réussie. On le veut !

Verdict ? Mitigée. Je ne ferai pas de la critique complaisante, ce n’est pas le genre de la maison, donc, autant le dire de suite, j’ai eu l’impression de tourner en rond dans les premières parties, celles qui mettent tout en place, celles qui devraient distiller le mystère et le suspense.

Disons-le clairement, un certain côté fantastique a failli me faire tourner les talons tant il semblait peu crédible et mal abordé. Pourtant, j’aime le fantastique.

Là où je me suis embourbée aussi, c’est dans le style d’écriture de l’auteur qui était un peu trop imagé à mon goût, qui paraissait fort simpliste et j’ai eu cette sensation que je n’avançais pas dans l’histoire tant tout paraissait obscur et mal mis en scène, avec bien trop de répétitions sur les souffrances de certains personnages principaux, leurs haines, leurs obsessions.

À l’entrée du virage, le roadster manqua de perdre l’équilibre. Gabriel n’était plus en état de piloter. Sur le chemin du retour, la haine avait refait surface, sourde, incontrôlable…

D’habitude, trop obnubilé par ses démons, Gabriel ne s’associait jamais à la liesse collective ; il se contentait d’y puiser l’énergie de poursuivre son propre combat.

Mettre un seul neurone dans cette affaire risquait de l’emporter vers ses vieux démons.

Ses cheveux maintenant noués en queue-de-cheval dégageaient sa figure d’ange.

Les mèches de cheveux collées à sa peau dessinaient de fines arabesques.

Ses cheveux ruisselaient sur ses épaules.

Dommage que tout cela ait été amené de manière si malhabile. Là où le bât blesse de nouveau, c’est que, une fois de plus, le lecteur se trouve face à des flics torturés, au passé très lourd ou au caractère très entier qui donnent plus l’impression d’être des caricatures d’eux-mêmes que des personnages réalistes.

Pourtant, l’auteur est policier, il doit savoir de quoi il parle… Si ce genre de flics existent en vrai, je ne voudrais pas vivre dans leur tête. Et si un ancien SDF peut devenir policier, tant mieux pour sa réhabilitation, mais j’ai un peu coincé là-dessus.

Les parties suivantes sont plus intéressantes (après le chapitre 15), ça bouge, l’adrénaline monte, on entre mieux dans le vif du sujet et l’écriture me paraissait moins fade.

Même si on retrouve encore un peu trop de mots bateau tels que « démon(s) » pour qualifier le méchant de l’histoire, qui lui, est foiré tout à fait car il a encore moins de relief que les autres personnages, il débarque tel un cheveu dans la soupe et son portrait est tellement peu réaliste qu’il en deviendrait risible.

Albert Modéas descendit au compartiment machines. Ses pas claquaient dans l’escalier métallique comme les sabots d’un démon.

— Mes frères ! Nous avons passé ces dix dernières années à le chercher ! J’ai invoqué les démons, offert de nombreuses vies en sacrifice pour qu’il nous revienne !

— Il parle de morts et d’un démon dans la salle des machines. Ils le logeraient depuis deux jours.

Les Apprentis, c’était ainsi qu’ils s’appelaient, lui avaient révélé l’existence d’une force fabuleuse. Celle qui gouverne le monde. Un pouvoir capable de contrôler tous les pouvoirs.

Anybref, même si mon esprit cartésien a bloqué pour quelques trucs fantastiques mal abordés, j’ai tout de même ressenti le suspense dans le final, l’adrénaline a monté dans les derniers chapitres, mais je n’ai pas ressenti ce que je cherche dans un thriller : cette poussée qui vous donne envie de rester éveillée toute la nuit ou cette force qui vous empêche de poser le livre sur la table, cette puissance qui vous sort totalement de votre vie réelle pour vous emporter ailleurs.

Une lecture en demi-teinte, je m’attendais à mieux, la faute sans doute à une écriture un peu trop imagée, des répétitions sur les démons intérieurs ou extérieurs des personnages à ne plus en finir, des obsessions sur une ancienne affaire dont on ne saura pas plus, un Méchant mal travaillé, mal servi et des personnages pour lesquels je n’ai pas eu de grande empathie car pas assez explicités, sans reliefs, aux portraits trop lisses, trop habituels.

Pourtant, il y avait matière à faire un super thriller avec un pitch plus rare qu’est celui du livre tueur. L’idée était originale car différente de celle du roman de Umberto Eco et j’aime assez ce contexte du livre qui vous tue.

Les passages sur les sectes sont bien traités, même si je ne comprendrai jamais rien à cet endoctrinement et alors que nous avons des passages très simplistes, nous en avons d’autres avec de beaux moments d’écriture, avec des réflexions vraies, puissantes, le tout cohabitant comme si deux personnes avaient co-écrit le texte ou comme si l’écriture manquait encore de maturité car l’auteur se cherche et n’a pas encore défini son style à lui.

« Peut mieux faire car a du potentiel mais ne le développe pas correctement », comme pourrait écrire un prof sous un travail rendu par un élève prometteur mais qui doit s’améliorer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Malefico [Saga Marcus et Sandra 2] : Donato Carrisi [LC avec Bianca]

Titre : Malefico [Saga Marcus et Sandra 2]

Auteur : Donato Carrisi
Édition : Le Livre de Poche Thriller (31/08/2016) – Calmann-Lévy (16/09/2015)
Édition Originale : Il cacciatore del buio (2015)
Traducteur : Anaïs Bouteille-Bokobza

Résumé :
Marcus est un pénitencier. Un prêtre capable de déceler le mal enfoui en nous. Mais il ne peut pas toujours lui faire barrage.

Sandra est enquêtrice pour la police. Elle photographie les scènes de crime. Et ferme parfois les yeux.

Face à la psychose qui s’empare de Rome, ils vont unir leurs talents pour traquer un monstre. Ses victimes : des couples. Une balle dans la nuque pour lui. Une longue séance de torture pour elle.

Quel est l’être maléfique qui ne tue que des jeunes amoureux ?

Critique :
Malefico et Diabolo sont dans un bois où deux amoureux se bécotent sur les sièges de le voiture avant de passer à la vitesse supérieure.

Diabolo s’en va, qui reste-t-il ? Melefico ! Et dites adieu au gentil couple d’amoureux qui voulait s’envoyer en l’air dans un petit coin tranquille. Z’avaient qu’a aller dans un hôtel, na !

Un polar avec des relents ésotériques, cela faisait longtemps…

Avant d’aller plus loin, on va mettre de côté le Da Vinci Code et son auteur car ici, nous allons voler (prier ?) bien plus haut que ça, avoir plus de profondeur et de réalisme dans les personnages et éviter de coller une filiation à Pierre, Paul, Jacques, Jésus… Ésotérique certes, mais du haut de gamme.

Tout en respectant les codes du thriller  afin de rendre ses lecteurs addict, l’auteur arrive tout de même à proposer autre chose que l’habituelle soupe, nous servant des personnages marquants, une intrigue qui tient la route, qui sent le souffre tout en restant dans notre monde à nous et en nous balançant quelques changements de plats qui ont ravi mes papilles littéraires.

Attention, c’est sombre ! Violent, aussi… Et on se pose des tas de questions sur la finalité de ces meurtres, sur leur mobile, sur l’assassin, sur son modus operandi (il est horrible), sur les complicités, et ce ne sera que petit à petit que l’auteur dévoilera son jeu, tout en se réservant quelques gros atouts dans sa manche.

Le final m’a fait poser le livre sur la table afin de mieux le digérer, afin de pouvoir y réfléchir, pour l’assimiler, l’avaler…. Parce que oui, c’est fort de café tout en restant dans une réalité banale mais horrible.

Comme quoi, on peut encore écrire des thriller sur le Mal, le Bien, le Vatican, l’Église et les tueurs en série tout en se renouvelant, tout en proposant une intrigue convaincante, basée sur certains faits réels, des lieux existants dans la Ville Éternelle, avec des meurtres un peu gore mais sans voyeurisme, avec des complicité mais sans complot international et proposer un récit addictif sans pour autant sortir les effets spéciaux et la pyrotechnie.

Allumer le feu (oui), pour faire danser les diables et les dieux (en effet), mais en restant dans le réel et sans entrer dans la science-fiction de bas étage comme il aurait été facile de faire.

Mais Carrisi n’a pas fait dans la facilité et, une fois de plus, il me subjugue, me conquiert, me séduit et prend place dans mon panthéon des auteurs que j’apprécie.

Quoique, vu ses écrits, il devrait entrer dans mon pandémonium !

Et ce n’est pas Bianca qui va me contredire !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Une histoire des loups : Emily Fridlund

Titre : Une histoire des loups

Auteur : Emily Fridlund
Édition : Gallmeister (17/08/2017)

Résumé :
Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne.

Bientôt alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas.

L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Critique :
Comment faire la chronique d’un roman où l’on a pas réussi à rentrer dans l’histoire, que l’on a survolé en soupirant, en sautant des lignes, des paragraphes, des pages, des chapitres entiers ?

Impossible me direz-vous…

Je vais tout de même essayer : déjà au départ, j’ai eu du mal à m’attacher à Madeline, la narratrice, dont je trouvais le récit décousu, inintéressant, et dont j’ai eu envie quelques fois de lui coller une claque pour la faire réagir.

De toute façon, pas moyen de m’attacher aux autres personnages du livre, même au gamin de 4 ans, Paul, que j’aurais aimé balancer dans le lac… Rien de moins !

Pire, je n’aurais pas dû relire le premier tome de Soeur Marie-Thérèse des Batignolles (Maëster) car le petit Paul, je le voyais avec la tronche du petit Attila que l’on croise dans la bédé et je vous jure que ça ne le mettait pas en valeur !

Les loups, que je cherche encore, même si j’ai capté que c’était une métaphore et que les loups de l’histoire devaient être l’Homme qui, comme tout le sait, est un loup pour l’Homme.

Le récit m’a donné une impression de froideur, comme si l’auteur me tenait volontairement à distance de son récit, me fermant la porte d’entrée, survolant des sujets qui auraient sans doute mérité un traitement plus en profondeur.

Autant j’apprécie les romans où les époques s’alternent dans les chapitres, autant ici j’ai trouvé les allers-retours lourds, pénibles, chiants et la plupart n’étaient même pas indispensables, sans parler des circonlocutions (ou l’art de tourner autour du pot) et des faits qui étaient anecdotiques et qui n’apportaient rien à l’histoire.

J’avais eu ouïe dire que j’allais me retrouver face à roman très psychologique et je m’attendais à un suspense à couper au couteau, plus tendu que le soutif de Lolo Ferrari après s’être faite regonfler les nibards, ou à une atmosphère épaisse comme un discours d’un politicien pris les doigts dans le tiroir-caisse,  et au final, comme disait l’autre, ça a fait « Pchitt ».

Oui, l’histoire dramatique de Paul, petit garçon embarqué dans une histoire bien tordue c’est révélée être d’une banalité affligeante, ou alors, c’est la manière de la raconter qui était mauvaise et de ce fait, je n’ai pas réussi à pénétrer dans cette histoire.

Chronique d’un drame annoncé, somme toute.

Mon drame a moi c’est de finir déçue par un roman de l’écurie Gallmeister, déçue par un roman que j’avais coché (stabiloté, même !) dans cette rentrée littéraire de septembre 2017 et dont j’attendais beaucoup.

Allez, au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Les infâmes : Jax Miller [LC avec Stelphique]

infames-les-jax-millerTitre : Les infâmes

Auteur : Jax Miller
Édition : Ombres Noires (2015)

Résumé :
Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère.

En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

SKULL - Game OverCritique :
Quand noir c’est noir et qu’il te reste même plus l’espoir, moi j’ai du mal à croire au gris de l’ennui…

Ami lecteur, si tu veux du bonheur, n’ouvre pas ce roman, il est rempli de noir, de désespoir, de violence et d’alcool pour aider à oublier le gris de la vie, de vies de merde et tout ce qui fait que la vie est vraiment pourrie pour certains.

Freedom Olivier à décroché le gros lot à la loterie merdique de la vie : de jeune fille bien qui a terminé ses études major de sa promotion, là voilà serveuse dans un bouge infâme pour motards roulant les mécaniques et éclusant l’alcool comme d’autres boivent de la flotte.

Freddom, tu t’en doutes, ce n’est pas son vrai nom. Le programme de protection des témoins lui a changé et elle a choisi celui-là, tu sauras plus tard pourquoi. Mais quand je te dis que sa vie est pourrie de misère, d’envie de suicide et d’alcool, je suis encore gentille. Sa vie est une horreur depuis de nombreuses années.

D’entrée de jeu, Freedom frappe fort puisqu’elle se présente et qu’elle t’envoie dans les gencives un uppercut maousse kosto « J’ai tué ma fille ».

Comment tu veux arriver à apprécier un personnage principal qui te balance ça dans les incisives ? Et bien, en vérité je te le dis, Freedom Oliver, tu vas l’apprécier, même dans ses délires de femme bourrée, même dans son côté borderline, dans tout, tu vas apprécier cette bonne femme qui a été brisée par la vie, mais surtout, par des êtres humains et des mauvais choix.

Après, pour elle, tout est parti en couille.

De toute façon, quand tu vois les personnages qui hantent ces pages, tu te dis que Freedom Oliver, c’est un ange, un agneau, comparée à certains, dont ses beaux-frères qui  n’ont de beaux et de frères que le nom. Quant à la mère de ces bâtards, l’espèce de grosse truie de 300 kg, on se surprend à avoir envie qu’elle s’étrangle avec son cubi de vin.

Que du sombre dans ces pages, que du désespoir, des vies de merde, et pourtant, dans le fond de ce putain de tunnel sans fin, tout au bout, brille une loupiote : l’espoir qui a réussi à se faufiler dans toute cette noircitude (néologisme offert en cadeau).

Un roman noir, très noir, où trainent en effet des paumés magnifiques, des flics indélicats et véreux, des dégénérés de mecs et, pire que tout ça, un dangereux fanatique religieux qui a tourné les Écritures dans son sens… À se demander si le plus pire ce n’est pas Virgil Paul, le prédicateur qui dit que Dieu lui parle.

Freedom va devoir accomplir un putain de dangereux périple pour retrouver ses enfants qui sont adultes… Ses enfants qu’elle a dû abandonner. Une véritable odyssée sans véritables héros pour l’aider..

Et toi, pauvre lecteur, tu la suivras dans son périple fou, dans son odyssée flamboyante, dans sa quête, dans son envie de rédemption, dans sa rage de mère qui ne veut que la vengeance.

Tu la suivras dans ses combats, tu prieras pour qu’elle y arrive, tu remercieras l’auteur d’avoir pensé à lui envoyer des gens pour l’aider dans sa tâche et à la fin, tu poseras le livre, secoué, laminé, mais avec cette lueur d’espoir qui brillera aux fonds de tes yeux.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi :
Ce livre nous tentait depuis sa sortie avec ma chère binôme, mais faute de temps, et toujours plus de tentations livresques chaque jour passant, on ne lui a pas trouvé une place avant, dans notre planning….Réparation faite… 😉

Synopsis :
Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère.

En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.

Ce que j’ai ressenti :… Une fureur contagieuse…
Freedom… Sentez un peu ce brin de liberté dans votre face… Ah, mais vous allez me dire qu’il y a un certain relent de vapeur nauséabonde, et je vous répondrai « mais à quoi tu t’attendais avec un titre pareil ??!!!!

Exit la féérie, bienvenue au Kentucky ! Une plongée spectaculaire dans les bas-fond de la nature humaine, et prends toi un bon verre pour accompagner le tout, c’est un sacré rodéo d’émotions fortes qui t’attend en ouvrant ses pages….

– Est-ce qu’il y a encore des gens normaux ?

Les infâmes : mais que de promesses tenues avec ce titre évocateur… Ils ont tous un grain, sont tous difficilement appréciables et forcement tous un peu bourrés, voire sacrement barrés…. Pas vraiment une ballade calme en ces lieux perdus de l’Oregon, ni de rencontres charmantes sont au programme…

Infamies, affamés, fin fanatique, forme fatale de folie : un bien sombre panorama de l’Amérique profonde… Jax Miller nous fait un tour d’horizon sociétal américain avec une certaine fureur, un grand talent, et une belle dose d’humour noir, et on comprend ce titre gagné pour ce premier roman dynamique et déjanté !

– Je bois pas d’eau . Les poissons baisent dedans.

S’il est évident qu’on ne se prend pas beaucoup d’affection de prime abord avec cette dame (cf, le prologue bien frappé ), avec le temps, j’ai été souvent fan de ses répliques, et je me suis attachée à ce bout de femme, qui décide d’avancer coûte que coûte, au mépris des lois, du danger, ou de la raison…

L’auteure ne prend pas le parti de créer une simple intrigue policière avec un enquêteur plus ou moins lisse, non, elle envoie une mère folle furieuse, complètement désaxée, et avec cet instinct presque animal de protéger sa progéniture dans un road-trip qui vous retourne à peu près chaque particule de votre corps et de votre esprit !

Et avec sa détermination, on la suit dans ses dangereuses péripéties, sur sa moto, bravant même l’univers pour retrouver sa fille, et même si le voyage est une horreur de tension et d’angoisse pour Freedom, nous, pauvres lecteurs, on se laisse prendre par ce roman d’une noirceur infamante, avec cette plume impertinente…

Un régal à lire !!!

« Tout ce que je sais, c’est qu’il faut que je reste en mouvement; que je bouge. Sinon, je sauterai. Je m’écraserai. Je mourrai. »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

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L’Évangile du serpent – Les Prophéties I : Pierre Bordage [LC – Impressions de lecture]

Évangile du serpent - Bordage Pierre

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 335) : Moteur diesel…
Ahlàlà, je dois avouer qu’au départ, j’ai cru qu’Yvan m’avait vendu du vent ! Les 120 premières pages où l’auteur plante son décor me semblaient longues, mais longues, comme si mon esprit était ailleurs. Et puis, tout à coup, paf ! Le moteur diesel était chaud et ce fut l’explosion ! Que les pilotes de F1 dégagent de là, je suis à 400 à l’heure !

Impressions de lecture de Stelphique (pages 1 à 335) : Un serpent serpentant sur le serpentin du monde…
Les Serpents ça serpentent, ça prend son temps, prenant des virages et d’autres angles de vues…. Bref, c’est l’impression que ça donne… Une lecture qui traine, exploite des chemins détournés… On suit ce quatuor de personnages avec leurs quotidiens, leurs espoirs, leurs galères… Bon début de mise en place pour une trilogie qui promet de jolies choses….

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 336 à 675) : Moteur à explosion…
Nom de Dieu que je suis contente d’avoir découvert ce livre qui tape là où ça fait mal mais sur les bonnes personnes, les bons gouvernements… L’auteur jamais ne sombre dans l’écueil d’accuser les religions ou un Dieu, un Être suprême ou l’Architecte du Grand Univers (je ne sais comment le nommer) de tous les maux de la terre. Si les gens pouvaient le comprendre, ce serait un grand pas pour l’humanité.

Impressions de Stelphique (pages 335 à fin) : Une grosse impression de longueurs…
Alors ce n’est pas que je m’ennuie, mais j’ai du mal à saisir où va nous mener cette histoire… Je me demande vraiment au cours de toutes ses pages : « Mais quand Est-ce qu’il vont se rejoindre ???!!! » C’est le seul bémol, car vraiment on sent une qualité d’écriture de et de visions politiques et sociales très intéressantes !