Francis Rissin : Martin Mongin

Titre : Francis Rissin

Auteur : Martin Mongin
Édition : Pocket (04/03/2021) – 672 pages

Résumé :
De mystérieuses affiches bleues apparaissent dans les villes de France, seulement ornées d’un nom en capitales blanches : FRANCIS RISSIN. Qui est-il ? Comment ces affiches sont-elles arrivées là ? La presse s’interroge, la police enquête, la population s’emballe. Et si Francis Rissin s’apprêtait à prendre le pouvoir, et à devenir le Président qui sauvera la France ?

Pour son premier roman, Martin Mongin signe un livre vertigineux. Un roman composé de onze récits enlevés, onze voix qui lorgnent tour à tour vers le roman policier, le fantastique, le journal intime ou encore le thriller politique, au fil d’une enquête paranoïaque sur l’insaisissable Francis Rissin. Avec une maîtrise rare, Martin Mongin tisse sa toile comme un piège qui se referme sur le lecteur, au cœur de cette zone floue où réalité et fiction s’entremêlent.

Autant marqué par l’art de Lovecraft, de Borges ou de Bolaño que par la pensée de La Boétie ou d’Alain Badiou, Francis Rissin est un premier roman inventif et inattendu, au propos profondément politique.

Critique :
Il est certains romans, encensés par les critiques diverses, quelles soient des journalistes, des libraires, des blogueurs ou des membres de Babelio, que l’on a absolument envie de lire, afin de vivre les mêmes émotions que les autres, de se prendre une claque littéraire, de vibrer…

Tout le monde le disait, cette histoire était délirante, folle, géniale…

Hélas, la malédiction se poursuit : je suis à contre-courant de la majorité, une fois de plus.

Non, ce livre ne m’a pas paru génialissime ou autres superlatif ou laxatif. Le pavé fut indigeste et il m’est resté sur l’estomac. Le problème est survenu dès les premières lignes… Mais je n’y ai pas attaché d’importance, sur Babelio, Kittiwake prévenait qu’il ne fallait pas se fier au premier chapitre.

Moi, j’aurais dû, parce qu’il a été le déclencheur de ma Bérézina littéraire. Entre nous, la suite n’a pas été plus prometteuse et ce fut une lecture pire que sur des montagnes Russes.

D’ailleurs, j’en suis sortie barbouillée, avec l’envie d’aller balancer ce livre directement dans une boîte à livre. Il était passé 23h lorsque je l’ai terminé, avec la langue pendante, après avoir sauté des lignes, des paragraphes, des pages.

Francis Rissin est un personnage que l’on n’arrive pas à cerner. Son portrait va être fait par différentes personnes, le cercle se resserrant de plus en plus sur l’homme énigmatique qu’il est. Le tout en 11 chapitres.

Chaque chapitre est différent du précédent, puisque l’on change de narrateur, de témoin, donnant un espèce de charivari de genres littéraires, passant d’une sorte d’étude universitaire à une enquête policière, une dystopie, un récit journalistique, une analyse de l’exercice du pouvoir, une confession…

N’en jetez plus, la coupe est pleine. La narration m’a semblé erratique et je me suis perdue totalement dans ce récit qui semblait n’avoir ni queue, ni tête, me donnant l’impression étrange que je ne lisais plus le même roman, mais plusieurs. Quel bordel !

Finalement, Francis Rissin est comme les personnages de François Pignon ou François Perrin (personnages de fiction créés par Francis Veber), il est légion. Il est partout et nulle part. Il existe sans exister.

Désolée, mais ma préférence à moi (merci Julien Clerc) ira aux François Pignon et Perrin, qui ont au moins eu le mérite de me faire passer de bons moments, là où Rissin ne m’a fait aucun bien.

Je pense qu’avec un tel roman, ça passe ou ça casse. Pas besoin de vous faire un dessin, chez moi, ça a cassé, je ne me suis pas laissée embarquer par le récit, je n’ai pas vibré, me demandant plusieurs fois ce que je foutais dans ce roman qui, clairement, ne me parlait pas.

Ils en parlent mieux que moi : Gruz / Kittiwake / paroles / motspourmots

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°17] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Délivre-nous du mal : Chrystel Duchamp

Titre : Délivre-nous du mal

Auteur : Chrystel Duchamp
Édition : L’Archipel (22/01/2022)

Résumé :
Commandant de police à Lyon, Thomas est chargé de retrouver Esther, mystérieusement disparue. Les mois passent et l’enquête s’enlise, tandis que d’autres femmes de la région s’évanouissent sans laisser de trace.

Jusqu’à ce que l’une d’elles soit retrouvée pendue dans une usine désaffectée, le crâne rasé et la langue arrachée. C’est le début d’une série de macabres découvertes.

Critique :
Délivre-nous du mal et ne nous soumets pas à la tentation ? Amen ?

Non, pas d’Église dans ce thriller, ni même de prêtre, malgré tout, laissez les enfants assez loin de ce récit qui est violent et glauque dans la mise en scène des cadavres.

Une femme a disparu. En France, on a le droit de disparaître, sans rien dire à personne.

Peut-être, mais quand on part, on prend ses papiers, son argent (qu’on a retiré à la banque auparavant) et on ne laisse pas son chat enfermé dans sa chambre, sans manger et sans boire, non ? L’enquête principale commence ainsi, avec une femme qui est persuadée que sa soeur a été enlevée. L’enquête partira dans des directions inattendues…

Autant où son précédent roman « Le sang des Belasko » m’avait conquis à 100%, autant où celui-ci me laisse mitigée. Je suis partagée entre deux sentiments : j’ai apprécié certaines choses dans le récit, et pourtant, j’ai une sensation de vide en moi, comme si je n’avais pas accroché à cette lecture, ou accroché à moitié.

Le début était prometteur pourtant : le roman commence par des prologues qui se terminent abruptement, laissant le lecteur dans un suspense énorme, sans que l’on en sache plus pour le moment. Les dates ne sont pas les mêmes, la question sera de savoir comment ces trois prologues se rejoindront dans le récit. Pour le premier, on comprendra vite comment.

Ma sensation de vide durant ma lecture vient du fait que j’ai eu l’impression que cette histoire manquait de liant. L’épisode avec le petit village de Oingt est sans doute de trop dans ce récit.

J’avais commencé à décrocher un peu du récit et là, avec ce qui va suivre, j’ai eu l’impression de me retrouver face au fameux concept du « jumping the shark » (autrement dit, la scène qui va trop loin), même si elle faisait référence à un épisode historique réel. Dans le récit, par contre, c’est plus poussé que dans le fait divers réel.

Quant bien même cet épisode se rattache ensuite au récit central, ce qui me heurte, c’est que cela va trop loin dans la folie vengeresse et ça a fichu en l’air les messages importants que possédait ce récit, notamment sur la banalisation des viols, des féminicides, de toutes ces femmes battues que l’on n’écoute pas, dont on ne prend pas assez au sérieux les dépôts de plainte.

Comme si les personnages n’avaient pas été réalistes, ce qui est bizarre comme sensation, puisque notre policier peste sur l’administration qu’il doit faire, qu’il passe plus de temps au bureau que sur le terrain et qu’il lui semble s’être transformé en secrétaire.

C’est tout à fait le résumé de la fonction de policier ou d’enquêteur. Sans doute est-ce la manière dont c’est amené dans le récit qui l’a fait sonner faux. Idem avec les aveux de sa fille, qui semblent n’être là que pour rajouter du glauque au glauque, alors que cela n’apporte rien au récit, si ce n’est de l’eau au moulin de certain(e)s.

C’est un sentiment d’irréalité, de fausseté dans les monologues (ou dialogues) qui m’a attrapé à plusieurs moments et qui ont gâché cette lecture qui était prometteuse, car nous étions dans un polar qui n’avait rien de commun avec les habituels.

L’autrice sortait des sentiers battus en mettant de l’originalité dans la construction du récit et dans son contenu (mais pas dans les personnages, hélas). Elle avait réussi à piquer ma curiosité et je me demandais ce qui se cachaient derrière ces disparitions suspectes. Mon sentiment de départ était que cette lecture était prometteuse… Zut, loupé.

Le final, un peu bâclé, un peu trop rapide, laisse comme un goût d’inachevé, là où le final du « Sang des Belasko » était remarquable. Même si les derniers chapitres, sous forme de lettres, expliquent bien des choses, cela n’enlève rien au sentiment de gâchis qui m’a étreint durant une bonne partie du récit.

Pourtant, ce roman n’est pas à jeter aux orties, c’est ce qui fait que je suis, une fois de plus, le cul entre deux chaises, même s’il penchera plus du côté des « lectures qui ont foirées » alors que l’autre roman de l’autrice est dans mes coups de cœur.

Sans doute est-elle plus douée pour les polars psychologiques que dans les enquêtes policières avec des vrais flics.

J’essaierai son autre roman « L’art du meurtre » pour ne pas rester sur ma chute… Allez, en selle !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°191].

Sherlock vs Cthulhu – 02 – Les psychoses neurales : Lois H. Gresh

Titre : Sherlock vs Cthulhu – Tome 2 – Les psychoses neurales

Auteur : Lois H. Gresh
Édition : Ynnis (10/02/2021)
Édition Originale : Sherlock Holmes VS. Cthulhu: The Adventure of the Neural Psychoses (2018)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Le combat épique entre la logique froide de Sherlock Holmes et l’horreur indicible de Cthulhu continue !

La monstrueuse portée d’Amelia Scarcliffe va bientôt voir le jour, grouillant des hérauts de Cthulhu. Ses chants appellent la folie, la mort… mais aussi une fortune infinie. Et Moriarty fera tout ce qui est en son pouvoir pour mettre la main dessus, quitte à abattre les murs entre un monde d’horreurs indicibles et le nôtre.

Après l’affrontement entre Sherlock Holmes et l’Ordre de Dagon, d’affreuses créatures ont commencé à hanter la Tamise, tandis que la démence s’est emparée des rues de Whitechapel.

Alors que les hommes de main de Moriarty sèment la terreur en se confrontant aux membres de la secte, seuls Holmes et le docteur Watson peuvent remédier à la situation. Mais pourront-ils trouver l’origine de cette psychose avant que Watson n’en devienne la victime ?

Critique :
Cette fois-ci, c’est terminé, le troisième tome ne sera pas lu par moi ! La coupe est pleine, n’en jetez plus…

La lecture du premier tome avait déjà en dents de scie, celle du deuxième fut une catastrophe sans nom faite de soupirs et de sauts de pages.

Si dans le premier tome j’avais apprécié les 200 premières pages, ici, je ne saurais dire combien de pages j’ai vraiment appréciées… Celles consacrées au final, ce qui ne fait pas énormément de pages !

Qu’est-ce qui m’a bloqué dans ma lecture ? Je ne saurais trop le dire. L’auteur n’écrit pas comme un pied, il y avait de la logique dans sa narration, ce n’était pas erratique. Les personnages de Holmes et Watson, vus par l’auteur, ne m’ont jamais emballés, mais c’est une histoire de goût.

Pour tout dire, je me suis ennuyée dans le récit, rien ne trouvait grâce à mes yeux et ce fut donc laborieux d’arriver à la page 100. Après, je ne me suis plus embarrassée avec les scrupules, j’ai tracé la route jusqu’à l’affrontement final avec une sale bête et puis basta, j’ai refermé le livre et je ne perdrai pas mon temps à lire le troisième et dernier opus.

Autant où la trilogie consacrée à Holmes vs Cthulhu de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, autant celle-ci fait le contraire. Si le premier tome de l’autre trilogie ne m’avait pas emballé, les deux autres oui et j’avais terminé cette trilogie contente.

Ici, on part dans l’autre sens : ça commence moyen puis ça s’enfonce, alors, je n’ose imaginer pour le dernier tome !

Bah, sans rancune, ce n’était pas pour moi, j’ai assez de livres dans ma PAL pour m’offrir des frissons littéraires.

Je dois encore couver un virus littéraire parce qu’avec mes dernières lectures, c’est où ça passe (et donc, j’adore) ou ça casse et je passe royalement à côté. Pour le moment, pas d’entre deux, c’est tout ou rien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°62] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°74].

Les agents de Dreamland : Caitlín R. Kiernan

Titre : Les agents de Dreamland

Auteur : Caitlín R. Kiernan
Édition : Le Bélial’- Une Heure Lumière (27/08/2020)
Édition Originale : Agents of Dreamland (2017)
Traduction : Melanie Fazi

Résumé :
Juillet 2015. Dans les tréfonds ténébreux du Système solaire, la sonde New Horizons s’approche de Pluton.

Sait-on vraiment ce que la sonde va trouver auprès de la planète naine ? Aux États-Unis, deux agences de renseignement ont dépêché leurs meilleurs éléments en Arizona.

Lui, c’est le Signaleur, un homme désabusé n’attendant plus grand-chose de ce monde ; elle, c’est Immacolata Sexton, femme auréolée de sombres et terrifiantes légendes – si elle n’était pas humaine, le Signaleur n’en serait pas plus surpris que ça.

Leur mission conjointe : enquêter sur une secte dont on vient de retrouver les membres, morts, dans leur campement au fin fond du désert. Une jeune femme en a réchappé.

Persuadée d’être investie d’une mission sacrée, elle représente peut-être une bombe à retardement pour toute l’humanité.

Récit réinterprétant le canon lovecraftien au filtre des X-Files, Les Agents de Dreamland est un court roman à la puissance vénéneuse…

Critique :
De temps en temps, il m’arrive de passer totalement à côté d’une lecture et puis, exceptionnellement, il est des romans qui me tombent des mains car je n’y comprends rien…

La narration, chaotique, décousue, m’a fait perdre le fil du récit de nombreuses fois. Des phrases semblaient n’avoir ni queue, ni tête et certains chapitres semblaient être indépendant les uns des autres. Perturbant et frustrant !

Ajoutons à cette narration bordélique, un récit qui entretient tellement bien le flou, qu’il en devient brumeux, nébuleux, alambiqué et ce qui devait arriver arriva : je me suis perdue, tel David Vincent (Les Envahisseurs), par une nuit sombre, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva.

Moi qui avais adoré la série X-Files (celle des années 90), jamais je n’ai réussi à retrouver cette atmosphère de mystères dans cette novella.

Pourtant, la mission de ce duo m’avait attirée par son programme alléchant : ils avaient pour mission d’enquêter sur une secte dont on venait de retrouver les membres, morts, dans leur campement au fin fond du désert. Une jeune femme en avait réchappé. Persuadée d’être investie d’une mission sacrée, elle représentait peut-être une bombe à retardement pour toute l’humanité.

Les personnages m’ont semblé stéréotypés. Le Signaleur est un homme d’un certain âge, totalement désabusé et qui, pour ne pas changer, se noie dans l’alcool et sombre dans la misanthropie, quant à Immacolata Sexton, elle est tellement mystérieuse que l’on pourrait la croire issue d’une autre planète (les mystères ne seront pas levés).

De plus, cette novella brasse énormément de références culturelles, historiques, qui, comme dans la V.O, ne sont pas explicitées. À mon avis, je ne dois pas être la seule à être passée à côté de moult références, messages ou subtilités… Frustrant tout de même.

En tout cas, cette novella est plus déroutante que sombre, plus frustrante qu’effrayante, plus complexe que simple et après avoir piqué du nez plusieurs fois et fait des retours en arrière pour tâcher de comprendre ce que je n’avais pas compris, j’ai décidé d’avancer plein-gaz et de me retrouver, comme par magie, à la fin de ce labyrinthe narratif !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°26].

Orcs & Gobelins – Tome 09 – Silence : Olivier Peru et Stéphane Créty

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 09 – Silence

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stéphane Créty

Édition : Soleil (19/08/2020)

Résumé :
Silence, le plus farouche et le plus redouté des combattants orcs n’est plus que l’ombre de lui-même… Bien décidé à ne pas mourir comme un misérable vieillard, il nous offre un dernier baroud d’honneur et ce sera sanglant !

Silence était autrefois un orc de légende, un des plus grands guerriers des Terres d’Arran, un de ceux que la mort refusait d’emporter à la fin des combats.

Aujourd’hui, son visage porte plus de rides que de cicatrices, le vieil orc n’a plus rien d’un tueur, il n’a même plus toute sa tête, il vient pourtant de reprendre les armes.

Une ancienne bataille inachevée s’est rappelée à lui et cette fois Silence compte bien la mener à son terme.

Quitte à finir sa vieille carcasse, autant le faire avec du sang dans la bouche et les genoux dans la boue plutôt qu’allongé sur un lit.

Critique :
Lorsque j’ai lu le résumé avant de commencer ma lecture, un horrible doute m’a saisi car le résumé ne m’était pas inconnu… Foutrediable, aurai-je acheté une bédé que j’avais déjà lue ??

Feuilletant l’album, je ne reconnaissais aucun dessins et donc, l’esprit un peu embrouillé, j’ai commencé ma lecture, suspicieuse.

Non, je n’avais jamais lu ce tome et je ne le possédais pas dans ma biblio…

Ce qui m’avait troublé, c’était cette sensation de « déjà-lu » : un vieux guerrier qui n’est plus que l’ombre de lui-même et qui va faire un baroud d’honneur accompagné de ses anciens guerriers et de jeunes recrues.

Le scénario de départ est éculé, plus réchauffé qu’une vieille soupe, mais comme toutes les histoires, le plus important est la manière dont on nous la raconte (et qu’on nous la dessine puisque c’est une bédé).

Olivier Peru n’est pas un manche avec sa plume et il a fait en sorte de rendre son scénario punchy, de l’entrecouper par un flash-back sur la jeunesse glorieuse de Yudoorm, un vieil Orc sur le retour que tout le monde appelle « Silence » car il ne hurlait pas durant les attaques, ce qui déstabilisaient ses adversaires, des culs verts comme lui ou d’autres ennemis.

Silence est touchant dans sa vieillesse qui lui fait voir les fantômes de sa famille et discuter avec, touchant dans sa manière de mener ses combats, sans jamais se précipiter, entraînant ses culs verts de mercenaires à sa suite, mais sans jamais oublier la stratégie, très souvent perfide et digne d’un coup de pute. Mais on ne gagne pas les batailles en étant réglo, surtout que l’adversaire ne la joue pas à la régulière non plus.

Les dessins de Stéphane Créty sont eux aussi au service de l’histoire, nous donnant à voir des décors sombres, écorchés, des châteaux battus par les vents et les flots, des Orcs aux dents pointues, du sang, bref, que du bonheur pour les yeux.

Durant tout le récit, on se demande contre qui le baroud d’honneur de Silence est dirigé et même les explications de Freill, son Gobelin et ami, ne nous éclaireront pas avant le moment final. Excellent, j’adore supputer et ne pas trouver.

Son adversaire était à sa hauteur, sorte de messie de secte pour frappadingues, grand manipulateur devant l’Éternel et le pire, c’est que les gens suivent les sectes ! Au moins, l’Église catholique ne me demande pas ce genre de sacrifices… Elle me fout même une paix royale, pour ne pas dire divine. Mdr

Une fois de plus, les auteurs se basent sur nos sociétés pour monter leurs scénarios et c’est une source intarissable d’histoires, de tacles, des piqûres…

Yudoorm, dit Silence, n’avait pas envie de se laisser mourir dans son lit et son baroud ultime était magnifique de stratégie. Les dessins sont magnifiques, les personnages attachants (Silence et Freill) et c’est avec regrets que je les ai laissés continuer leur route.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°131].

Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles : Loïs H. Gresh

Titre : Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles

Auteur : Loïs H. Gresh
Édition : Ynnis (08/01/2020)
Édition Originale : Sherlock Holmes vs. Cthulhu : The Adventure of the Deadly Dimensions (2017)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Face à l’horreur indicible, l’esprit de déduction le plus brillant de tous les temps atteint ses limites.

Une série de meurtres macabres et terrifiants secoue Londres. Sur les lieux du crime, il ne reste rien d’autre qu’un tas d’ossements ainsi qu’une étrange sphère en os, sur laquelle des symboles arcaniques semblent avoir été gravés.

Le fils de la dernière victime demande l’aide de Sherlock Holmes et du docteur John Watson. Tous deux tentent alors de découvrir le fil conducteur qui pourrait unir les assassinats et confondre leurs responsables.

Mais à mesure qu’ils progressent dans leur enquête, la logique si chère au célèbre détective de Baker Street semble s’évaporer un peu plus au profit de l’inconcevable, à l’image de cette terrible machine tueuse que d’aucuns prétendent « vivante », ou des membres de cet « Ordre de Dagon », dont les cultes et rituels rivalisent de ferveur et d’horreur…

Et pour cause : que reste-t-il une fois qu’on a tout éliminé, y compris l’improbable ?

Critique :
Depuis longtemps, Sherlock Holmes est mis à toutes les sauces et affronte toutes sortes de créatures fantastique, comme si les meurtriers ordinaires ne lui suffisait pas.

Pourtant, ne disait-il pas que « Les crimes sont communs, la logique est rare. C’est donc sur la logique plutôt que sur les crimes que vous devez appuyer » ? (Les hêtres pourpres)

Le voici donc une nouvelle fois aux prises avec la sale bête de Lovecraft comme dans la trilogie de trilogie de James Lovegrove.

Dans le premier tome de la trilogie de James Lovegrove, j’avais ronchonné sur le fait que l’auteur n’amenait pas la rencontre entre Holmes et le côté éthéré de la meilleure manière, que ça manquait de réalisme, que c’était arrivé bien trop vite et de manière totalement inattendue.

Ici, c’est tout le contraire puisque c’est trop long ! Oui, jamais contente… Mais sur un récit de 480 pages, amener les créatures de la mer vers la page 400, ça donne des préliminaires vachement trop longs !

Les 200 premières pages se lisent vite, il y a du rythme, du mystère, Holmes cherche une explication logique sans vraiment la trouver et le lecteur ricane car lui, il sait de quoi il va retourner puisque le titre est assez explicite et qu’en plus, il a déjà croisé la route de la sale engeance qui dort dans la cité sous-marine de R’lyeh.

Malgré un bon rythme dans la première moitié du roman, mes plaintes seront pour les personnages de Holmes et Watson que je n’ai pas vraiment appréciés car je ne les reconnaissais pas.

Watson est geignard et nous rappelle sans cesse combien il aime amoureusement son épouse Mary, combien il aime Samuel, son gamin, né prématurément et les difficultés qu’ils ont eu pour le concevoir. Au bout de la 36 fois, on commence à saturer de la redondance.

Quant à Holmes, c’est un homme froid, je sais, qui ne montre pas ses émotions, ou alors, fugacement, mais ici, il a l’air de se foutre du sort du bébé de Watson comme de sa première paire de chaussettes. Plusieurs fois il y aura danger pour la femme et l’enfant de Watson et Holmes ne prendra même pas la peine de rassurer son ami, blessé, sur le sort des deux personnes les plus importantes pour lui. Cela ne lui rassemble pas.

Holmes fait prendre à son ami des risques énormes en toute connaissance de cause, hors dans le canon, il a toujours répugné à mettre son ami en danger et ne le faisait que parce que pas d’autre choix. La preuve avec cet extrait du « Ruban Moucheté’ et des « Trois Garrideb ».

— Savez-vous bien, Watson, dit Holmes, tandis que nous étions assis tous deux dans l’obscurité qui commençait, que j’éprouve quelques scrupules à vous emmener ce soir. Il y a nettement un élément de danger.
— Puis-je vous être utile ?
— Votre présence peut être inappréciable.
— Alors, c’est réglé, je viendrai…
— C’est très gentil de votre part.

— Vous n’êtes pas blessé, Watson ? Pour l’amour de Dieu, dites-moi que vous n’êtes pas touché !
Cela valait bien une blessure, beaucoup de blessures, de mesurer enfin la profondeur de la loyauté et de l’affection qui se cachaient derrière ce masque impassible ! Pendant un moment je vis s’embuer les yeux durs, et frémir les lèvres fermes. Pour la première fois de ma vie, je sentis battre le grand cœur digne du grand cerveau. Cette révélation me paya de toutes mes années de service humble et désintéressé. […]
— …Cela vaut mieux pour vous. Si vous aviez tué Watson, vous ne seriez pas sorti vivant de cette pièce. A présent, mon-sieur, qu’avez-vous à nous dire pour votre défense ?

Il est normal qu’un auteur qui reprend des personnages d’un autre en change un peu l’essence, qu’il les façonne à sa manière à lui, mais il ne faut pas changer la nature profonde de ces personnages et les rendre insensibles alors qu’ils peuvent l’être brièvement ou les rendre casse-pieds alors qu’ils ne le sont pas en vérité.

L’inconvénient de ce livre, c’est la seconde moitié. Elle est trop longue, il y a d’autre intervenants dans le récit de Watson et j’ai ai sauté plusieurs tellement ça me pompait l’air. Trop is te veel ! Trop de digressions tuent le récit, le font sombrer, s’enliser et à force d’être trop verbeux, on perd l’attention du lecteur.

De plus, Holmes a beau avoir des preuves sous ses yeux qu’une entité fantastique d’un autre-monde est intervenue, il refuse de voir alors que lui même disait que « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité ».

La trilogie de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, peut-être que le tome 2 de cette nouvelle trilogie me plaira plus que ce premier tome qui n’est pas parvenu à me convaincre.

Dommage parce que les 200 premières pages s’étaient bien déroulées, hormis mes rouspétances sur les personnages de Holmes/Watson qui n’étaient pas comme je les aime d’habitude.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Les dossiers Cthulhu – Tome 3 – Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Tome 3 – Sherlock Holmes et les démons marins du Sussex

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (12/02/2020)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks – Sherlock Holmes and the Sussex Sea-Devils (2018)
Traduction : Arnaud Demaegd

Résumé :
utomne 1910. Voici longtemps que Sherlock Holmes et le docteur John Watson combattent R’luhlloig, l’Esprit Caché lié au professeur James Moriarty.

L’Europe glisse inexorablement vers la guerre, et un autre conflit, d’ampleur cosmique, approche de son point culminant ; en une seule nuit, les membres les plus éminents du Club Diogène connaissent une mort atroce, apparemment de leur propre main. Holmes soupçonne un espion allemand qui travaille pour R’luhlloig…

Retranché sur la côte anglaise, le duo est confronté à une nouvelle menace. Trois femmes ont disparu de la ville voisine de Newford.

D’après la légende, d’étranges créatures amphibies, habitant une cité bâtie au fond de l’eau, viennent sur la terre ferme tous les deux ou trois siècles chercher de nouvelles proies.

Le décor est planté pour l’ultime bataille qui verra s’opposer Sherlock Holmes et John Watson aux démons marins du Sussex, et peut-être à Cthulhu lui-même…

Critique :
Aah, le Sussex, rien que le nom de la région invite à des pensées grivoises…

Et Sherlock Holmes a pris sa retraite dans le Susse Sexe ! Il nous avait bien caché son jeu, le coquin…

Trêve de rigolade grivoise.

Certaines trilogies se bonifient au fil des tomes. Si le tome 1 m’avait moyennement emballé au niveau du méchant qui expliquait tout, j’avais mieux aimé le tome 2 dont le scénario était mieux élaboré.

Avec le tome 3, on termine en apothéose et je remercie ma copinaute Ida qui m’avait conseillé de poursuivre la lecture après la déception du N°1.

Holmes et le fantastique, ça passe ou ça se casse la gueule. Y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes…

Ici, pas de soucis, ça passe très bien car l’auteur a gardé la personnalité de Holmes, son côté froid, ses émotions refoulées, le côté analyseur, la machine à penser, celui qui nous cache tout et ne nous dit rien.

Je ne connais pas le canon Lovecraftien comme l’holmésien, donc, je ne me prononcerai que sur le second qui est respecté, tout en étant adapté puisque toutes les enquêtes de Holmes avaient un côté surnaturel que Watson a camouflé (dixit la trilogie).

Plusieurs enquêtes de Holmes se retrouvent dans ce dernier tome et toutes auront pour thème les créatures marines, version Lovecraft, bien entendu.

Si la première enquête de « La Confrérie de l’Amas Pulsatile » est à part par rapport au reste du récit, mais comme elle concerne aussi le surnaturel avec un truc pas net qui sort de l’eau, on peut dire qu’une sorte de tentacule de méduse la relie à l’enquête suivante, qui sera plus longue et aussi plus triste (je garde un chien de ma chienne à l’auteur pour ce qu’il a osé faire).

L’action brute ne prend pas le pas sur les déductions holmésiennes, notre détective court un peu partout, traque les indices, se déguise, ne dit rien à Watson (ni aux lecteurs), ne montre aucune émotion ou si peu, traque le surnaturel ou la main de l’Homme quand elle manipule.

Étant donné que nous sommes en 1910, on sent qu’un conflit est proche et qu’il opposera la perfide Albion à l’Allemagne. Les espions sont déjà dans la place et ça magouille de la soupe pas nette dans les arrières-cuisines.

James Bond se battait contre les Russes et Holmes se battra contre des Teutons, une fois de plus, mais sans gadgets, sans bimbo à forte poitrine, mais avec l’aide de Watson, toujours prêt à prendre des risques avec Holmes ou à défendre les jeunes femmes, tel un chevalier servant. Par contre, il devrait plus souvent écouter Holmes, ce dernier voit des choses que ni lui (ni nous) ne voyons.

Le pari était osé mais au fil des tomes, l’auteur s’est approché au plus près des personnages canoniques tout en les intégrant à un univers qui ne fut jamais le leur puisque jamais Holmes ne dû se battre contre des vraies choses surnaturelles, dans le canon.

Un dernier tome qui est au-dessus des deux autres tant j’ai trouvé les personnages plus justes dans leurs comportements. Impossible de s’ennuyer durant la lecture, même si la partie avec le U-Bot pourra sembler longue à certains.

En plus, l’auteur nous propose une vraie fin. La trilogie est close et on ne verra pas fleurir 36 tomes juste pour faire du fric facilement. Pas de risques de sombrer après un tome aussi réussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°288, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°21].

Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau : Ed McDonald

Titre : Blackwing – Tome 2 – Le Cri du corbeau

Auteur : Ed McDonald
Édition : Bragelonne Fantasy (2019)
Édition Originale : Ravencry (2018)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
Quatre années se sont écoulées depuis que la Machine de Nall a repoussé les Rois des profondeurs à l’autre bout de la Désolation, mais alors qu’ils font pleuvoir le feu du ciel, des forces plus sombres encore conspirent contre la république.

C’est dans ce contexte troublé qu’un nouveau pouvoir émerge : un fantôme dans la lumière, qu’on surnomme la Dame lumineuse, et qui se manifeste sous forme de visions. Le culte qui la vénère prend de plus en plus d’ampleur.

Lorsque le caveau ésotérique de Corbac est profané, un objet d’une puissance terrible y est dérobé, et Galharrow et ses Ailes noires sont chargés de découvrir lequel des ennemis de Valengrad s’en est emparé.

Pour sauver la cité, Galharrow, Nenn et Tnota devront s’aventurer dans le lieu le plus retors et le plus dangereux qu’ils ont jamais visité : le cœur même de la Désolation.

Critique :
La dark fantasy et le western font-ils bon ménage ? Oui, assurément, sauf si l’auteur aurait la mauvaise idée de faire foirer l’attelage.

Pas de panique, ici, le mélange est réussi et c’est un vrai plaisir de refaire une incursion dans la fantasy après autant d’année sans y mettre les pieds.

D’ailleurs, c’était avec le premier tome de Blackwing que j’avais remis le pied dans l’étrier fantasy et l’univers développé m’avait tellement plu que je n’avais pas eu envie de tout foutre en l’air avec un autre titre de fantasy.

Le seconde tome est souvent un exercice difficile car tout le monde vous attend au tournant, cherchant la faute, l’erreur, le manque de profondeur scénaristique ou l’excès de confiance qui fait parfois trébucher les auteurs.

Le plus grand péril est de nous refaire un remake du tome 1. L’autre écueil à franchir est celui de la surprise qui n’est plus au rendez-vous puisque nous avons découvert l’univers fantasy western. Faut être équilibriste de talent pour continuer de passionner ses lecteurs et l’auteur a parfaitement réalisé son marché sur la corde raide, sans chuter ou finir pendu.

Nous sommes 4 ans après les faits et Ryhalt Galharrow est toujours le chef des Ailes Noires. Ses amis Nenn et Tnota sont toujours là, ils sont toujours bourrus et bourrins, dur à cuire et attachants.

Même Ryhalt et ses vagues à l’âme, son entêtement, son blues, est un devenu un ami avec lequel on aimerait aller boire une pinte de mauvais alcool. Avec de bons personnages travaillés, la moitié du job est déjà fait. Le méchant est réussi aussi. What’else ?

Dans le tome 1, Ryhalt faisait le boulot parce qu’il n’avait pas le choix, maintenant, on sent qu’il a envie de défendre la cité de Valengrad, que le sacrifice d’Ezabeth ne doit pas rester vain et là, on a des tas de choses qui grouillent, qui rampent, qui attendent leur heure, bref, on s’est reposé durant 4 ans et on a baissé la garde…

Le scénario est copieux entre des zombies, des capuchons jaune qui vénèrent la Dame de Lumière (secte religieuse ?), un Blitz comme Londres en subit un durant les deux guerres, des magouilles, des taxes abusées sa mère, le pouvoir en place qui n’écoute pas ses sujets qui grognent, la révolte qui arrive, les trahisons, le vol d’une relique appartenant aux Rois des profondeurs et un l’envie pour certains d’être calife à la place de tous les califes. Je n’ai rien oublié ?

L’univers développé par l’auteur est un mélange habile entre du western et de la dark fantasy, ce qui change des romans traditionnels à tendance médiévale et lui donne un nouveau souffle : oui, c’est possible de créer un univers à partir d’une Désolation, sorte de désert rempli de saloperies qui vous boufferont, le tout né après une apocalypse dantesque afin de mettre au dodo les Rois des Profondeurs.

Oui, c’est sombre… Oui, c’est violent et même gore. La dark fantasy, ce n’est pas chevaucher des licornes roses bonbons.

Vaut peut-être mieux éviter de lire ce genre de littérature si vous êtes dépressifs car ici, tout n’est que tristesse, désolation, morts violentes, tragique, drame… Ajoutez tous les adjectifs que vous voulez du moment qu’ils sont synonymes de drame. Même Ryhalt se refuse au bonheur car il estime qu’il ne le mérite pas (parfois, on a envie de lui coller des baffes).

Une lecture dépaysante, chahutée parce que dans ce monde, rien n’est tranquille, c’est sombre, rythmé, couillu, alcoolisé et épique.

Ed McDonald n’est pas tombé dans les pièges de la facilité ou du remake de son premier tome, il a su poursuivre son univers et pousser ses personnages encore plus loin, il a continué à développer son monde post-apo western dark fantasy sans se vautrer dans la facilité. Son scénario est élaboré et si tout semble être disparate au départ, tout finira pas se lier, telle une sauce épaisse et goûteuse qui décape le palais.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°260, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°16] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Lonesome – Tome 2 – Les Ruffians : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 2 – Les Ruffians

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (25/10/2019)

Résumé :
Dans un coin reculé de l’Arkansas, la secte du sinistre Markham fait régner la terreur. Jusqu’au jour où un cavalier sans nom arrive dans la région…

Des prairies enneigées de l’Ouest jusqu’aux ruelles sombres de New York, sa quête de vengeance l’entraînera dans un affrontement dantesque, aux frontières du surnaturel et de l’horreur.

Critique :
♫ I’m poor lonesome cow-boys ♪ ne résonnera jamais à la dernière image de cette série car si notre homme est lonesome (seul), il n’a rien d’un cow-boy mais plus d’un vengeur.

Un vengeur sans nom, dont on ne sait pas grand-chose du passé, sauf qu’il a un pouvoir occulte.

Dans ce tome 2, Swolfs nous donnera un peu plus de détails sur le passé de ce Blondin sans nom, tout en lui faisant poursuivre sa quête de vengeance.

Oui, Blondin… Car comme celui de Sergio Leone, il est un personnage sans nom…

Notre homme emprunte aussi à ce cher Durango, puisqu’il en a un peu les traits physiques (en moins beau), sa grande dextérité aux armes, une arme que les autres n’ont pas, sans oublier cette manière toute belle d’échapper à la Mort encore et encore.

En fait, moi qui ait lu différentes sagas de Swolfs telles que Le Prince De La Nuit, Durango, Légende, un peu Dampierre et maintenant Lonesome, je reconnais dans les traits de certains personnages d’autres croisés ailleurs.

Lonesome emprunte même un peu de l’histoire d’un autre personnage de l’auteur, James Healer puisque, comme lui, il a été recueilli et élevés par des Indiens, suite à l’assassinat violent de ses parents. Et, tout comme lui, il a des capacités de médium.

Anybref, après cette minute culturelle à petit prix, passons au scénario : rien à redire, il est bon.

Basique, certes, puisque nous sommes sur une histoire de vengeance, mais pas que ça puisque le fond historique est celui de la Guerre de Sécession qui ne s’est pas encore déclarée mais dont le feu couve.

Haranguant ses partisans, un politicien prendra, comme d’autres de nos jours, de sérieux raccourcis pour déclarer que leurs esclaves sont mieux lotis que les ouvriers dans les usines du Nord et que eux, Sudistes, appartiennent à la race des Normands, dignes descendants de Guillaume le Conquérant.

Ceux aux talons qui claquent et aux bras tendus des années 30/40 n’avaient pas la primeur de ce genre de discours haineux et basé sur les races pures ou impures. L’Histoire est un éternel recommencement.

Les dessins sont toujours très bien réalisés, même s’ils me font penser à d’autres séries. Les cases sont lumineuses, les dessins rendent l’action fluide.

Si le scénario du premier tome était plus percutant et moins prévisible que celui-ci, on reste tout de même sur un bon album western qui respecte les codes.

Cet album clôt une partie du cycle et nous montre la future orientation scénaristique que la série va prendre puisque notre Vengeur Sans Nom en a terminé avec sa vendetta personnelle ici et va aller ailleurs car après avoir dézingué l’homme de main, il lui faut aussi le commanditaire.

Je serai à ses côtés !

Lonesome, Tome 1 – La piste du prêcheur

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°125 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

 

Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K : Jijé & Lob

Titre : Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K

Scénariste : Jacques Lob
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1986)

Résumé :
Un soir de pluie torrentielle. Jerry et Sancho sont hébergés chez une famille de paysans noirs.

La nuit, une attaque est organisée par des cavaliers vêtus de blanc, porteurs de cagoules. L’intervention armée de nos amis les surprennent et ils sont mis en fuite.

Qui sont ces hommes qui en veulent aux populations noires du comté?…

En ville, Jerry et Sancho mènent leur enquête; ce qui a le don « d’ennuyer » certains édiles locaux.

Un adjoint du shérif, pourtant, veux les aider. Il leur raconte l’histoire du Ku-Klux-Klan, les expéditions punitives contre les anciens esclaves, les maisons brûlées, les tortures et les lynchages.

Critique :
Il fallait bien qu’un jour il les affronte, ces encagoulés qui terrorisaient les Noirs : le Ku-Klux-Klan.

Il pleut à verse et nos deux amis frappent à la porte d’un petite masure et demande l’hospitalité.

Le couple qui y habite semble terrorisé et on comprendra pourquoi en plein milieu de la nuit lorsque surgiront, au galop, non pas Zorro mais le K.K.K

C’est à un sacré morceau que Jerry et Pancho vont s’attaquer car sous les cagoules, ce n’est pas la plage, mais souvent des notables…

La ville n’apprécie pas tant que ça les personnes de couleurs et qu’un candidat aux élections pour le poste de maire veuille leur donner le droit de vote, ça leur fait avaler leur whisky de travers.

Les dessins sont sombres, tout comme l’ambiance de cet album, mais pourtant, il est bon, même s’il se contentera de survoler le problème puisque avec l’aide de Jerry, tout s’arrange toujours, ce qui n’est pas le cas IRL.

Véritable enquête dans les hautes sphères, enquête qui dérange, enquête hautement dangereuse pour la santé, Jerry Spring va se transformer, une fois de plus, en enquêteur démêlant patiemment la bobine de laine afin de mettre à jour le vrai visage des encagoulés et ramener un peu de sérénité sur la ville.

Un bel album avec un scénario correct, étayé, bourré de suspense et de mystère, d’aventures, de pièges, de pluie, de croix en feu et d’Hommes Blancs tout puissants face au pauvre Homme Noir qui n’avait aucun pouvoir, sauf celui de fuir et de se taire, bien entendu.

Qui a chantonné ♫ non, non, rien n’a changé ♪ ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°86 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.