Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups : Jirô Taniguchi et Yoshiharu Imaizumi

Titre : Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups

Scénariste :
Dessinateur : Yoshiharu Imaizumi
Traduction : Thibaud Desbief

Édition : Kana (2006)

Résumé :
Le vieux Lobo, ou « The King », comme l’appelaient les Mexicains, était le terrible chef d’une étonnante meute de loups gris qui ravagea la vallée de Currumpaw pendant des années.

Tous les bergers et fermiers le connaissaient bien, et, partout où il passait avec sa fidèle meute, il semait la terreur, la colère et le désespoir chez les éleveurs.

Critique :
C’est par le plus grand des hasards que je suis tombée sur ce manga, alors que j’en cherchais un autre. Le mot « Loup » a attiré mon attention et il n’a pas traîné longtemps dans ma PAL.

Premier constat : les dessins sont superbes, loin des visages stéréotypés que l’on voit souvent dans les mangas.

Pas de visage avec des mentons effilés, pas de mèches de cheveux que l’on se demande comment elles tiennent, mais des graphismes réalistes et de beaux décors de la Sierra Navada.

Le récit est tiré de celui d’Ernest Thompson Seton, un peintre qui n’a pas trouvé du succès à Paris, avec sa toile sur les loups. On lui a parlé d’un loup, insaisissable, qui défie tous les chasseurs et qui tue le bétail, semblant comprendre les pièges qu’on lui tend.

Ce manga pourrait sembler partir sur le fantastique, avec ce loup, surnommé Lobo, qui semble comprendre tous les pièges mis en place par les hommes, même par Seton, alors que ce dernier prend moult précautions pour camoufler ses appâts empoisonnés ou ses pièges.

Combats titanesques entre un homme et des loups, dont un semble humain (ou loup-garou), tant il est intelligent, rusé et inattaquable. Le but de Seton était aussi de l’étudier, mais finalement, il passera plus de temps à piéger tout le coin qu’à étudier cette bande de 6 loups.

Ce que je reprocherai à ce manga, c’est le côté « bêtes sauvages » que l’on semble donner à ces loups. En voyant les tableaux de chasse de ces prédateurs, on aurait presque envie de crier haro sur les loups, et pourtant, j’ai tiqué, tant cela me semblait exagéré, limite abusé de sa race !

Deux loups qui, durant une nuit, égorgent 200 moutons, ça fait tout de même un sacré travail, non ? Comme si l’on voulait vraiment les considérer comme des animaux nuisibles, juste bons à abattre…

Par contre, là où le manga m’a frappé en plein coeur, c’est qu’il n’est pas avare en émotions dans sa dernière partie. J’étais à deux doigts de sortir le kleenex tant c’était émouvant, beau, violent et horrible à la fois.

On pourrait en vouloir à Seton d’avoir fait ce qu’il a fait, mais au moins, en voyant l’horrible et magnifique tableau sous ses yeux, il comprendra son erreur, la regrettera et essayera de rétablir les loups. Pas besoin de vous dire qu’il n’y a pas vraiment réussi, l’Homme ayant toujours peur du loup…

Finalement, si j’ai été sceptique au départ, ce manga m’a emporté et à balayé tout sur son passage, comme un ouragan (chantez, maintenant). L’auteur arrive bien à décrire la barbarie des êtres humains, leur cruauté et le fait qu’ils se foutent pas mal de la Nature. L’Homme est bien pire que les loups, et pourtant, ce sont eux qu’on a exterminés, éradiqués…

Une belle trouvaille que j’ai faite, avec ce manga…

PS : Comme les autres volumes concerneront d’autres animaux, je ne pense pas les chercher dans mes bouquineries, ce qui m’a attiré dans celui-ci, c’était les loups.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

My Home Hero – Tome 2 : Naoki Yamakawa et Asaki Masashi

Titre : My Home Hero – Tome 2

Scénariste : Naoki Yamakawa
Dessinateur : Asaki Masashi

Édition : Kurokawa (14/03/2019)

Résumé :
Au final, il n’existe aucune « bonne réponse » permettant à ma famille de rester en vie !! Tetsuo Tosu, humble employé d’une entreprise mais surtout grand amateur de romans policiers, assassine Nobuto Matori, petit ami de sa fille unique et adorée afin de la protéger.

Ce crime signe pour lui et pour sa femme, qui a découvert et accepté l’acte de son mari, le début d’une bataille sans fin contre l’organisation criminelle dont faisait partie Nobuto dans l’espoir de préserver leur foyer.

Critique :
Cela faisait plus d’un an que j’avais mis cette série manga en stand-by. Non pas qu’elle ne me plaisait pas, que du contraire, juste parce que je veux trop lire et que je n’y arrive pas.

Hop, 2022, bonne résolution, on reprend la saga et on lit le tome 2.

Le tome 1 percutait déjà fort, le 2 percute tout aussi fort et fait monter le rythme cardiaque.

Pfiou, suspense taillé au cordeau, violence, tensions fortes, mains moites et dialogues ciselés entre les différents protagonistes.

C’est ce qui fait la force de ce manga : les dialogues ! Non pas que l’on soit dans une punchline de fou, juste que les discussions entre le jeune Yakuza et ce brave monsieur Tetsuo Tosu sont fort réalistes.

Précisions que c’est le jeune yakuza qui mène l’interrogatoire, que Tosu souffre, qu’il tente de sortir de cette spirale infernale sans que sa famille ne passe l’arme à gauche et que le moindre faux pas, le moindre mensonge pas convaincant est synonyme de mort.

Le scénariste a donc ciselé chaque geste, chaque pensée, chaque réplique, afin que tout s’emboîte parfaitement, même s’il n’existe aucune bonne réponse…

Tetsuo Tosu est sur un fil, le moindre faux pas et c’est la chute ! Si les yakuzas apprennent que c’est bien lui qui a tué Nobuto, le mec violent de sa fille, l’organisation criminelle dont faisait partie ce connard de Nobuto va lui faire bouffer son acte de naissance à tel point qu’il entendra chanter les anges, le gugusse de Tokyo. Les autres vont le renvoyer tout droit à la maison mère, au terminus des prétentieux !

Bon, afin d’éviter une « nervousses brékdones », je vais souffler un coup, laisser diminuer les battements de mon cœur et ensuite, replonger dans le tome 3 !

Un manga bien pensé, bien dessiné, avec un scénario original, qui ne manque pas de profondeur (contrairement à ce que beaucoup pensent des mangas) et qui addictif à lire.

De plus, grâce à ce manga, vous saurez tout sur « Comment se débarrasser d’un corps mort encombrant »… Mieux que le trou au fond du jardin !

  • My Home Hero – T03 : Naoki Yamakawa et Asaki Masashi [Challenge Thriller & Polars N°128] [Mois du Polar – Février 2022 – N°10]‭ ‬[BABELIO]

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°124], Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°06] et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Japon).

Je suis un assassin (et je surpasse le héros) – Tome 1 : Hiroyuki Aigamo, Tozai et Matsuri Akai

Titre : Je suis un assassin (et je surpasse le héros) – Tome 1

Scénariste : Hiroyuki Aigamo
Dessinateur : Hiroyuki Aigamo

Édition : Doki Doki (14/10/2020)

Résumé :
Appelé avec ses camarades de classe dans un autre monde, Akira Oda se voit attribuer les caractéristiques d’un banal assassin du fait de sa discrétion. Mais ses compétences vont se révéler bien plus grandes que celles d’un héros.

Très vite, Akira commence à avoir des doutes sur le roi qui les a fait venir dans cet autre monde et il va devoir mettre en pratique ses compétences d’assassin pour élucider le mystère… et découvrir la conspiration qui est en train de se tramer !

Critique :
Au moins, les auteurs ne perdent pas du temps à tourner autour du pot, ils plongent leurs lecteurs directement dans le bain.

Rien à redire, c’est palpitant, intrigant et hautement addictif, ce premier tome.

Pour le moment, on ne sait pas tout des personnages principaux, les lycéens projetés dans un autre univers, mais je suppose que cela va venir au fil des tomes, selon leur importance.

Le monde dans lequel ils ont été projetés et plein de mystères, on sent les complots qui se trament derrière, mais cela reste encore flou.

Les dessins sont très agréables, j’ai apprécié le visage de Akira Oda, qui a reçu les compétences d’un assassin. Il est intelligent, rusé, posé et très perspicace. Oui, il surpasse le héros désigné.

Fonctionnant un peu à la manière d’un jeu vidéo où vous pouvez à tout moment afficher vos compétences, ce premier tome m’a emballé et j’ai hâte de découvrir la suite (faudra les acheter) afin de savoir ce qui se trame derrière toute ces mystères et ces complots.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°16].

Vinland Saga – Tome 23 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 23

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition originale :Vinland Saga, book 23 (2019)
Traduction : Xavière Daumarie
Édition : Kurokawa Seinen (09/08/2020)

Résumé :
La guerre de succession des Jomsvikings s’est achevée. Thorfinn et sa troupe s’apprêtent à repartir vers Miklagard, étape indispensable pour financer leur voyage vers le Vinland.

De son côté, Sigurd, le mari de Gudrid venu jusqu’à Jomsborg pour la retrouver, s’apprête à rentrer en Islande. Gudrid a promis qu’elle rentrerait avec lui.

De son retour dépend l’honneur de Sigurd. Pourtant, après avoir été au cœur d’une guerre sanglante, Sigurd a des doutes.

Gudrid et lui doivent-ils vraiment vivre l’existence que Halfdan, le père de Sigurd, a choisie pour eux ?

Critique :
QUOI ?? C’est fini ?? Plus de Vinland Saga après ce tome ?? Merde alors, je n’ai pas vu venir le coup…

Ou alors le tome suivant sera consacré au voyage vers le Vinland ? Parce que si tout se termine ici, on ne saura jamais si Thorfinn arrivera à réaliser son havre de paix ailleurs.

Ce tome 23 commence avec Sigurd, un personnage que je n’aimais pas au début, que je trouvais trop violent, trop irréfléchi et qui, au fil des tomes, va changer et nous montrer un autre visage, celui d’un homme qui a besoin avant tout de s’affranchir de son père.

Leur combat sera rocambolesque, les combats avec des chaînes, façon chevalier Andromède, étant un peu trop irréaliste que pour être vrai, mais ce n’est pas ça le plus important dans ce combat, c’est ce qui se passe ensuite.

De son côté, Thorfinn est revenu en Islande, dans son village, retrouver sa soeur, après son voyage à Miklagard (Byzance/Constantinople/Istanbul) où il a réussi à trouver de l’argent pour financer son voyage au Vinland.

Cette partie est un peu plus calme, hormis le retour où sa sœur pique une crise et où Gudrid a peur de croiser son ancien futur beau-père.

Si c’est le dernier tome, c’est dommage, car j’aurais aimé suivre Thorfinn et les siens s’installant au Vinland car c’est tout de même le but premier.

Mais si on doit en rester là, je retiendrai que sous ses abords de manga violent comportant bien des combats de vikings, c’est en fait une oeuvre humaniste qui nous parle de paix, de l’inutilité des combats et que devenir pacifiste est plus belle cause que de devenir un grand guerrier.

Thorfinn était une boule de violence, une graine d’assassin, un garçon qui allait mal finir et il a réussi à renverser la vapeur et à changer de tout au tout. Un beau personnage et le voir grandir et s’affranchir de tout ce que Askelad lui avait appris pour tuer était la plus belle victoire qu’il pouvait prendre sur ce guerrier.

Le manga comporte une autre histoire, se déroulant au Japon et intitulée « Bientôt viendra le temps des adieux ». Le dessin de Makoto Yukimura n’est pas encore aussi aboutit mais l’histoire raconte déjà l’inutilité des guerres entre l’empereur et le shogun.

Vinland saga, je l’ai découverte pas hasard, à la biblio, mais je ne regrette pas de l’avoir suivie, surtout qu’en commençant après tout le monde, je n’ai dû attendre que pour les tomes 21/22 et 23.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°101].

Vinland Saga – Tome 22 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 22

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura
Édition originale : Vinland Saga, book 22 (2018)
Traduction : Xavière Daumarie
Édition : Kurokawa Seinen (05/12/2019)

Résumé :
Malgré les nombreux assauts des forces alliées de Thorkell, la forteresse de Jomsborg reste imprenable.

Grâce à un passage secret, Thorfinn est parvenu à s’y infiltrer pour libérer Gudrid, retenue en otage par Floki. Mais il se retrouve face à l’enthousiaste Garm, bien décidé à avoir son duel à mort.

Forcé au combat, Thorfinn va-t-il devoir renoncer à son serment et tuer à nouveau, sous le regard accusateur de Hild ?

De son côté, Sigurd, qui a suivi Thorfinn dans la forteresse pour récupérer sa femme, se retrouve au centre du combat lorsqu’il prend Baldur en otage en force les Jomsvikings à ouvrir la porte de la forteresse pour laisser entrer l’armée de Thorkell…

Critique :
Et voilà, j’avais oublié de suivre les sorties et j’en avais loupé deux… Alors que le tome 21 m’avait laissé dans un suspense de fou.

Bon, ce n’est pas encore cette fois-ci que notre Thorfinn arrivera au Vinland…

Je vais finir par croire que tel Moïse, il n’arrivera jamais dans la Terre promise car son auteur et père littéraire veut ajouter des tomes.

Quand on a de la qualité scénaristique, je ne vais pas trop me plaindre.

On avait laissé Thorfinn aux prises avec Garm, l’espèce de dégénéré de la lance, le tueur fou, l’azimuté du cerveau, qui voulait absolument un combat à mort avec Thorfinn puisque pour Garm, le gagnant est celui qui survit au combat (parce qu’il a tué son adversaire).

Hors pour Thorfinn, c’est celui qui survit et qui ne tue pas son adversaire qui gagne… Notre gamin devenu adulte a compris que la vie avait un prix et que la gaspiller en combats vains et inutiles était totalement puéril.

Le paradis promis n’existe pas et l’auteur nous l’illustrera magnifiquement bien avec un guerrier qui meurt heureux, persuadé d’entrer au Valhalla et qui ne voit que du noir car il n’y a rien qui l’attend après un valeureux combat et une mort les armes à la main.

On a assez bien de cases remplies d’action et de combats puisqu’en plus des acrobaties de notre Thorfinn qui essaie de gagner le combat contre Garm sans le tuer, on a aussi la forteresse de Jomsborg qui ploie sous l’assaut des guerriers de Thorkell.

Serait-ce la fin des Jomsvikings ? Floki, le chef, va-t-il plier le genou devant la montagne de muscle qu’est le puissant guerrier Thorkell (qui me fait toujours rire) ?

Bon, là, faut avouer que le mangaka abuse un peu de la force herculéenne de Thorkell, mais le personnage est ainsi depuis le début et malgré les incohérences, il est drôle, faut bien l’avouer.

Malgré les scènes de combats et de violences, certains personnages principaux ou secondaires font preuve de clairvoyance (Baldur, Sigurd, des guerriers des camps ennemis et même Garm dont on découvre un peu de son passé) et l’auteur nous livre de grands moments de profondeur en nous démontrant l’absurdité de ce combat.

Merci à Gudrid de nous faire relâcher un peu la tension sur le final.

Une fois de plus, c’est un tome de transition avant le grand départ vers le Vinland (j’espère), un pas de plus pour Thorfinn pour abandonner ce que l’on veut qu’il soit, pour prendre le pouvoir avant de le laisser, tout en essayant d’instaurer la paix entre les peuples et de respecter l’engagement qu’il a pris de ne plus prendre de vie.

Anybref, un excellent tome de transition sur l’absurdité des guerres. Même si nous le savions déjà, ça fait toujours du bien de nous le rappeler.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°97].

Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 1 – Le diadème de la princesse de Lamballe : Takashi Morita et Maurice Leblanc

Titre : Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 1 – Le diadème de la princesse de Lamballe

Scénariste : Takashi Morita
Dessinateur : Takashi Morita
Édition Originale : Kaitô Lupin Den, Aventurier, book 1 (2013)
Traducteur :Fabien Nabhan

Édition : Kurokawa Seinen (2015)

Résumé :
L’histoire de ce volume, Le Diadème de la princesse, est donc une pièce de théâtre qui avait été écrite alors que Lupin commençait à connaître le succès. De nos jours, cela aurait probablement donné lieu à un film au cinéma.

Une pièce classique dans son déroulement car écrite pour attirer les gens ne connaissant pas encore le personnage, elle reste néanmoins intéressante parce qu’il s’agit de la première apparition de Victoire dans la série mais également parce qu’une partie de l’enfance de Lupin y est décrite.

J’espère que vous apprécierez les nombreux détails qui sont présentés dans cette première aventure, et notamment la façon dont est représentée l’Europe du début du XXe siècle.

Critique :
Ce premier tome de ce manga, je l’avais déjà découvert et lu il y a quelques années, mais je ne l’avais jamais chroniqué et pire, même pas intégré à ma bibliothèque en ligne !

Je me suis donc replongée dedans car j’avais tout oublié.

À l’époque, je n’avais même pas pensé que la princesse de Lamballe ait vraiment existé…

La Révolution Française n’a jamais été enseignée aux petits cancres que nous étions puisque ce n’était pas notre Histoire.

Grâce à Secret d’Histoire spécial sur Marie-Antoinette, je sais depuis le sort horrible réservé à cette pauvre femme. On se couche moins bête de la manière que l’on peut.

Premier constat : le style est assez cartoonesque, surtout dans les expressions exagérées des personnages dont certains sont des caricatures ambulantes.

Pour celui qui n’est pas habitué au style des mangakas, certaines choses pourraient les déstabiliser, comme les « brille » écrit 36 fois devant des bijoux, la tête bizarre du juge d’instruction et autres petites choses habituelles dans les mangas.

Je m’insurgerai toujours sur leur méthode pour dessiner des chevaux, comme s’ils n’en avaient jamais vu, leur donnant de gros poitrails, dessinant le collier de chasse fort haut sur l’encolure, sans oublier que tous les personnages tiennent leurs rênes très très longues alors que nous ne sommes pas en monte western.

Les décors, par contre, sont détaillés.

Les personnages, eux, sont assez typés, à la limite de la dichotomie. D’un côté, la gentille Sonia Krichnoff d’origine modeste, opposée à sa maîtresse, l’orgueilleuse Germaine Gournay-Martin, fille d’un millionnaire qui collectionne les peintures, que Lupin prend un malin plaisir à dévaliser.

Un juge d’instruction bête comme ses pieds, un flic, Ganimard, obsédé par Lupin mais intelligent. Par contre, on lui a fait une tête de mourant, quasi de crâne tant on voit l’os de sa mâchoire ressortir et être souligné d’un gros trait noir. Je ne vous parlerai pas de la tronche du juge d’instruction, on dirait qu’il porte un masque tant son visage est lisse et bizarre.

Sans être Sherlock Holmes, on comprend très vite qui est le Duc de Charmerace, de retour d’Antarctique après 7 ans d’absence (comme Hibernatus ? Non, dommage) et prêt à épouser la peste richissime de Germaine. On s’amusera devant tout les autres qui ne se rendent compte de rien.

On a du rythme, de l’action, de l’amusement et l’Arsène Lupin de ce manga est sexy en diable, à la manière d’un Sebastian (Black Butler), mais avec un sourire plus taquin, plus orgueilleux, plus « je suis le plus grand ».

L’avantage, c’est que l’histoire se termine dans ce tome, le suivant étant consacré à une autre affaire. Dans le pire des cas, si vous n’aimez pas, vous ne devrez pas vous coltiner un autre opus pour savoir qui a fait quoi et où.

Autre avantage, c’est que même si vous ne savez rien de Arsène Lupin, vous le devrez pas réviser votre Wiki avant de plonger dans ce manga car il vous dira ce qu’il faut savoir sur le gentleman cambrioleur, et en images !

Ses forces, ses faiblesses, sa méthode, son flegme, son art de la cambriole, son côté bravache et on vous présentera même une partie de son enfance. Ses parents ne pétaient pas dans la soie, comme vous pouvez le deviner.

Anybref, un manga assez dense, avec de l’action, de l’amûr, de la grandiloquence guimauvienne dans les dialogues, un peu trop de bons sentiments pour être honnête, trop de larmes dans les yeux de la pauvre Sonia, mais ça fait passer un agréable moment, sans se prendre la tête.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°182 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°27].

 

Vinland Saga – Tome 16 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 16

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (12/05/2016)

Résumé :
Alors que Thorfinn, Einar et Leif se préparent à partir pour la Grèce, première étape de leur expédition au Vinland, ils sont forcés de quitter l’Islande précipitamment en emmenant Gudrid, qui, incapable de renoncer à ses rêves de découverte du Monde et d’endosser le rôle d’épouse rangée que lui impose la tradition, a poignardé Sigurd lors de leur nuit de noces.

Leur voyage à peine commencé, les imprévus à gérer pleuvent : fugitive, bébé, chien, poursuivants, ours tueur?

La situation se complique encore davantage lorsque Thorfinn se retrouve face à face avec l’enfant d’un homme qu’il a assassiné sur les champs de bataille ?

Critique :
Comme le disait si bien madame Musquin (le père Noël est une ordure) : « Allez hop, à Créteil » mais ici, on remplacera par « Allez hop, en Grèce ».

Heureusement, si nos amis vont vivre quelques aventures périlleuses en mer et sur terre, jamais ils ne se retrouveront coincés dans un ascenseur à jouer de la trompette en plastique pour appeler à l’aide ou à dévisser le panneau de commande de l’ascenseur avec un tournevis pour enfant.

On se demande d’ailleurs ce qu’aurait fait Gudrid avec un tournevis en plastique… Aurait-elle su poignarder son mari Sigurd juste avant qu’il ne consomme la nuit de noce ? M’est avis que ça aurait fait moins mal à la jambe mais encore plus à son égo.

Parlons-en, de Gudrid, cette jeune veuve qui ne rêve que d’une chose, être marin et qui lutte contre sa condition de femme qui la place dans un carcan « Cuisine-enfants » (ne manque que l’Église et on reproduit les 3 K chers aux nazis) alors que elle a plutôt envie de faire la révolution féminine d’une manière moins disciplinée que sa future belle-mère qui a tout d’une cynique.

Leur bateau n’est pas un fameux trois mats, hissez haut, Santiano, d’ailleurs, Gudrid a eu si mal au cœur sur la mer en furie, qu’elle a vomi son quatre-heures et son minuit aussi.

Passant par les iles Féroé et les îles Shetland pour finir à Bergen en Norvège, nos amis n’auront pas une minute de répit tant les aventures et les mésaventures vont se succéder à un rythme infernal. Le pire sera sans doute le changement d’une couche à un bébé dont tout le village a été massacré.

On sent que l’on se dirige vers un autre arc narratif, une fois de plus, qu’on change de cap, comme on l’a fait souvent durant 16 tomes, mais toujours en restant réaliste et crédible, même si le magaka a plus d’une fois surpris son lectorat.

Et moi, j’aime les surprises et ne pas trop savoir où un auteur n’emmène ! Ici, je suis gâtée niveau mystères et suspense, surtout qu’on est poursuivi par un Sigurd qui a la haine et qu’un nouveau personnage féminin vient de faire son apparition, nous laissant sur un cliffhanger de malade.

M’en fous, j’ai le tome suivant !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°21.

Vinland Saga – Tome 15 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 15

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa Sheinen (12/11/2015)

Résumé :
Thorfinn et Einar, enfin libres, retournent avec Leif Eriksson en Islande, terre natale de Thorfinn, dans l’espoir d’y trouver le financement nécessaire à leur établissement d’une colonie au Vinland.

Seul Hafdan, l’homme le plus riche de la région, aurait les moyens de financer leur expédition. Si l’homme semble intéressé par l’exploitation du Vinland, il ne voit pas d’un bon œil l’absence de garanties de Thorfinn.

Pourtant, pour fêter les noces de son fils avec le belle-sœur de Leif qui préférerait quant à elle partir à la découverte du Monde, Hafdan fait un étrange cadeau à Thorfinn.

Critique :
Pour aller au Vinland, faut des pépettes pour acheter un bateau et monter une expéditions et à cette époque là, les sites de crowdfunding n’existaient pas et donc, Thorfinn et Einar vont devoir aller en demander à un riche propriétaire en Islande parce que quand on a tout fini, le financement participatif, on n’a quand même rien inventé de mieux !

Halfdan est un salopard et sa technique est toujours usitée de nos jours : il suffit de prêter de l’argent à un fermier déjà en difficulté et d’attendre qu’il ne sache pas payer sa dette pour saisir ses bâtiments et ses terres.

Évidemment, du temps des fiers vikings, les exploitation étaient moins imposantes que celle de notre siècle, mais la technique, elle, elle n’a pas changé. Elle est simple et peut rapporter gros.

Notre Thorfinn, apaisé, rasé de près et les cheveux plus court que ceux qu’il portait avant et avec lesquels il se serait fondu dans le paysage à Woodstock, recherche un financement pour son voyage au Vinland tandis que le sombre Halfdan pense plutôt aux possibilités de business que le mariage de son fils, Sigurd, va lui rapporter en épousant une soeur de Leif car ce dernier possède une ferme au Groenland.

On quitte le monde des combats pour entrer dans un monde qui a tout de celui d’un banquier véreux qui calcule aussi bien qu’il manie la chaîne. Si vous vous souvenez du chevalier Shun, le Chevalier de Bronze d’Andromède (Saint Seiya) et bien, Halfdan manie la chaîne comme lui !

De nouveau, on est face à un tome transitoire qui va lancer un nouvel arc narratif, mais pas vers le Vinland, comme on pourrait le penser, mais vers un autre pays afin de récolter des sous et de pouvoir monter une expédition pour le pays de Trump !

On se doute aussi que les manigances de Halfdan porteront à conséquences, même si nos amis ne le savent pas encore et que seule Gudrid, la nouvelle épouse de Sigurd, est au courant des projets du sordide Halfdan.

Arrivera-t-elle à les prévenir et à partir avec eux, elle qui ne rêve que de naviguer et qui, à cause de son statut de femme, est condamnée à se marier, faire des gosses et tenir la maison ? Mais que fait le MLF ??

Une fois de plus, le suspense et le mystère sont au rendez-vous !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°17.

Vinland Saga – Tome 14 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 14

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa Seinen (12/03/2015)

Résumé :
L’armée du roi Knut a débarqué au domaine de Ketil. Loin de s’avouer vaincu, Ketil a rassemblé ses troupes pour défendre sa ferme. Mais sans une réelle formation militaire, les paysans sont loin d’être de taille face aux redoutables Jomsvikings.

Une folie meurtrière s’abat sur la ferme. De leur côté, Thorfinn et Einar, qui ont enfin gagné leur liberté, décident de tout quitter avec Leif pour fonder, au Vinland, un pays où règnera la paix.

Si Einar est tenté de partir sans un regard en arrière, ce n’est pas le cas de Thorfinn. Ce dernier reste furieux contre Maître Ketil depuis que celui-ci a tué… [no spolier]

Critique :
Je pourrais vous chanter ♫ dans la vallée, hoho, de Dana ♪ mais comme on est dans la ferme de Ketil, ça va pas le faire !!

En plus, ici, pas d’armées de Cimériens prêts à croiser le fer, juste des Jomsvikings, la crème des guerriers face à des ouvriers de ferme qui ne savent pas encore qu’ils ne feront pas le poids. Ne nous leurrons pas, ce serait irréaliste.

Beaucoup d’événements dans ce tome, entre le maître, Ketil, qui a pété un câble et nous la joue limite Jack Torrance dans Shining, son fils ainé, Thorgeir le guerrier, qui veut la guerre et tuer le roi Knut et son frangin Ormar (Sharif ? Sy ? Non) lui, veut juste se prosterner aux pieds de son roi et demander la réédition…

Bref, personne n’est d’accord avec personne, mais en attendant, le sang inonde la vallée de Ketil.

Thorfinn a essayé lui aussi d’avoir un entretien avec le roi, mais ce dernier étant plus occupé qu’un président en grand meeting et tout aussi hautin que celui que je vise, a laissé ses sbires s’occuper du cas de notre grand blond qui tente de trouver sa voie dans la non-violence, mais on peut dire qu’il encaisse !

Une fois de plus, on a de l’action, des personnages qui évoluent, ou du moins, qui tentent d’évoluer, on a des dialogues pas piqué des hannetons, des personnages qui veulent la même finalité, mais utilisent une méthode diamétralement opposée et des dessins toujours aussi géniaux.

La rencontre au sommet entre Thorfinn et le roi Knut est un grand moment et niveau évolution, certains personnages prennent du galon. De plus, Thorfinn a des paroles pleines de bons sens et on aimerait que les dirigeants en aient les mêmes.

Bref, si ce tome termine l’arc narratif de l’esclavage de Thorfinn dans la ferme de Ketil au Danemark d’une manière magistrale et la suite ne peut que nous promettre du bon, si le train du récit continue de suivre les mêmes rails.

Une saga que je suis contente d’avoir découverte et je compte bien aller au bout le plus vite possible…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°12.

Vinland Saga – Tome 13 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 13

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (13/11/2014)

Résumé :
Thorfinn a tourné le dos à sa vie de mercenaire et aspire aujourd’hui à une vie de non-violence. mais après la fuite avortée de Gardar et Arneis, qui s’est soldée par la mort de plusieurs des hommes du Serpent ainsi que de Gardar lui-même.

Arneis , Throfinn et Einar sont ligotés et enfermés dans la grange pour attendre leur châtiment.

Quelques jours plus tard, Maître Ketil revient clandestinement à la ferme au bord du bateau de Leif, après que le roi, bien décidé à le déposséder de ses richesses l’a accusé de haute-trahison.

Lorsqu’il apprend le sort d’Arneis, Ketil sombre dans une folie meurtrière et décide d’entrer en guerre contre le roi Knut…

Critique :
NON ?? Ben si, l’auteur a osé… Rien que pour cela, je le maudis car c’est très vache, le coup qu’il a fait à un personnage que j’appréciais beaucoup, même si c’est sa mort qui va décider Thorfinn à chercher le Vinland, cette terre vierge de tout et d’en faire un pays où la violence, l’esclavage, les meurtres, la guerre, n’existeront pas.

Le monde des Bisounours existe peut-être, mais en attendant de jouer à Christophe Colomb sur les terres de Trump, va falloir sauver sa peau parce que le roi Knut a attaqué la propriété de maître Ketil et que ça chauffe pour les miches de certains.

Knut, le roi Anglais qui vient des pays nordiques a bien évolué dans cette saga et est passé de couillon pleurnicheur à roi sans merci, prêt à tout pour remplir ses coffres, quand à maître Ketil, qui était un esclavagiste que j’appréciais car modéré, il est descendu dans mon estime lorsqu’il a pété un câble sur Arneis…

Deux autres qui ont pétés des câbles, ce sont ses deux fils, Thorgeir et Ormar. Si Thorgeir est un fana de la guerre et des combats, s’il a fait partie de l’armée du roi Knut, le voici bien décidé à ce que son roi ait un aller simple pour le terminus des prétentieux et il est décidé aussi à entraîner son frangin couillon et pleutre dans ce régicide.

Les dessins sont magnifiques et, pour une fois, je ne me plains pas que dans ce manga, toutes les tronches des personnages se ressemblent ou me font penser à d’autres d’une série concurrente.

Niveau psychologie des personnages, ils sont toujours aussi fouillés et évoluent au fil des pages, le blondin excité s’étant calmé alors que son pote Einar a soudainement la haine qui l’étreint et on peut le comprendre.

Ce tome sonne le glas du statut d’esclave de nos deux amis, Thorfinn et Einar et je suis impatiente de voir vers quels nouveaux flots les tomes suivants vont nous emmener.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019- juillet 2020) – N°10.