Jack The Ripper : Intro

POLAR VIC - JackLondres… 1888. Vous arpentez les ruelles sombres, évitez les soulards qui vomissent tripes et boyaux dans ce qui sert de caniveau…

Le temps est humide, vous relevez un peu les pans de votre robe qui a pris l’humidité et vous faites tourner votre sac à main dans les airs. Si on peut appeler ça un sac à main, déjà.

Il y a de l’animation, mais peu de clients… Hormis ceux qui veulent que vous leur fassiez tout le programme pour un farthing (pièce en bronze valant 1/4 de penny, soit 1/48 de shilling ou 1/960 livre).

À ceux là, vaut mieux leur conseiller grivoisement d’aller se la tirer tout seul derrière un pub. Déjà que deux pences, c’est pas cher payé pour tirer son coup. Deux fois moins cher qu’un pain.

— Non, mais, y’s’prennent pour qui, eux ? Écarter mes cuisses pour un demi-pain, ça va pas la tête ?

Il fait de plus en plus sombre et le seul client de la soirée est bien loin, déjà. Vous sentez encore sur vos lèvres le goût de son zob qui n’avait plus été lavé depuis des lustres et qui avait des choses pas nettes sous la peau de son prépuce. Mais le foutre a eu largement le temps de sécher entre vos jambes.

Le client est rare ce soir, ils sont tous agglutinés sur les rives de la Tamise pour regarder le feu dévorer les entrepôts de la compagnie des Indes, à Chadwell. Vu les produits inflammables qui y étaient entreposés (gin, alcool), sont pas prêt de l’éteindre, ce feu de joie !

Au hasard d’une ruelle plus sombre, celle de Buck’s Row, alors que vos pas résonnent sur les pavés inégaux de la ville, vous entendez un souffle.

— Tu viens, chéri ? lui demandez-vous avec votre voix la plus sensuelle, ce qui n’est pas facile avec quelques dents en moins.

Il hésite, se retourne quelques fois – encore un timide ou un qui ne veut pas se faire surprendre – et s’approche de vous.

Un noble, sans aucun doute… Il porte un haut-de-forme et une longue cape noire de belle facture. Un sourire montre une rangée de dents bien blanches et soignées.

Voulant gagner plus, vous lui faites :

— Pour toi, ce sera deux shillings (1 shilling égale 12 pence ou 1/20 de livre). Si tu veux, je te le ferai avec les deux mains et la langue…

— Je vous préviens, fait-il d’une voix saccadée, j’en ai une longue.

— J’adore ça ! répondez-vous en faisant semblant d’être intéressée.

À vous, on ne la fait plus. Tous les hommes disent qu’ils en ont une grande et au final, vous vous retrouvez avec une p’tite saucisse Zwan version « Plateau Télé » dans la main et quand ils la mettent là où il faut, vous ne sentez rien.

Aucune de vos collègues arpenteuses n’est jamais tombée sur un Rocco Siffredi.

— Tu m’la montre ? lui faites vous en vous approchant de l’homme, la démarche aguicheuse, fermant votre bouche pour cacher vos dents noires.

Collée contre lui, vous ondulez un peu du bassin contre son pelvis et vous le sentez fouiller sous sa cape… à la recherche de sa petite bite, sans aucun doute, et intérieurement, vous soupirez parce que ça va encore aller très très vite.

— Allez, montre-moi ton grand bazar, que j’ai l’impression d’accoucher quand tu l’enlèveras d’entre mes jambes, lui proposez-vous grivoisement afin d’accélérer les choses et de rentrer vous réchauffer.

— Il est très très grand, murmure-t-il en se mouvant afin de se tenir dans votre dos.

Allons bon, pensez-vous, encore un adepte de l’entrée des artistes…

Ses mains remontent le long de votre corps et vous caresse la gorge. Ses mains refouillent la cape… Vous pensez qu’il va enfin vous sortir son petit engin… mais c’est un foulard rouge qu’il met à jour…

Un adepte du bondage ? Non, ce foulard, il le passe à votre cou, fait jouer l’étoffe contre votre gorge et soudain, il enserre votre cou. Vous mettez instinctivement vos mains à votre gorge, tentant de desserrer le foulard maudit qui vous coupe la respiration et vous écrase la trachée.

Vos pieds s’agitent, l’un tape dans le mollet de votre agresseur, lui arrache un léger cri de douleur, mais son étreinte mortelle ne se desserre pas d’un millimètre.

Vous suffoquez… plus vous vous débattez et plus vous gaspillez votre précieux air. Il s’épuise, cet oxygène, carburant de votre vie.

Au lieu d’enfoncer son sexe dur dans votre intimité comme vous le pensiez, l’homme que vous avez croisé plongera ensuite sauvagement une lame de 30 cm dans votre ventre. Puis, il s’acharnera sur votre pauvre corps.

Mais cette suite du programme, vous ne saurez pas la raconter parce que vous êtes déjà morte depuis quelques secondes, étouffée… étranglée. La vie vous a déjà quittée…

Vous étiez Mary Ann Nichols et ce le 31 août 1888, on vous a retrouvée égorgée et éventrée à Whitechapel.

 

Hé oui, si je vous parlais de la saison de « Ripper Street » hier, ce n’était pas en toute innocence. J’avais envie depuis longtemps de me pencher sur Jack The Ripper et la tenue du « Mois Anglais » m’a fait sortir mes vieux dossiers pour l’occasion.

Mon reportage consacré à Jack The Ripper sera divisé en plusieurs épisodes afin de ne pas vous scier avec un texte énoorme.

Ceci était l’intro et ensuite, on commencera avec un article sur l’East End et puis nous passerons à la première victime que je viens de citer : Mary Ann Nichols.

Mes sources sont essentiellement :

– Hors Série Science & Vie N°263 – « 10 crimes historiques élucidés par la science ».
– Wiki pour les dates de naissance et pour avoir une vision globale de l’affaire.
– « Les grands crimes de l’histoire » de Bellemare en version numérique.
– Le reportage de France 5 « Qui est vraiment Jack L’Éventreur »(dossier Shepper).
– Le reportage de France 3 « L’ombre d’un doute : Jack L’Éventreur, son vrai visage ».

Je ne me suis pas appuyée sur mes futures lectures que seront « Jack l’éventreur démasqué : L’enquête définitive » de Sophie Herfort, ni sur « Le livre rouge de Jack L’éventreur » de Stéphane Bourgoin car je n’aurais jamais eu le temps de faire ces articles !

Pas de panique, ces deux auteurs étaient invités sur l’émission « L’ombre d’un doute : Jack L’Éventreur, son vrai visage », je sais donc QUI Herfort a sorti de son chapeau comme nom.

PS : Titine, pour ton challenge, considère tous les articles comme étant un seul élément… ou compte les séparément. C’est toi le chef, de toute façon ! 😉

PS 2 : Ceci n’est pas une étude réalisée en vue d’une publication universitaire ! Juste un « amusement » de ma part à rassembler un peu tout ce que j’ai lu, vu, entendu, sur l’affaire de Whitechapel. Je rédige le tout en vitesse pour avoir tout présenté pour le 30 juin.

Il existe de nombreuses informations sur l’Éventreur et elles sont souvent différentes, divergentes et contradictoires en ce qui concerne les suspects, les faits, ou le déroulement. À la fin, ayant entendu tout et son contraire, je ne savais plus trop à quel saint ma vouer, surtout dans les identités des gens qui avaient découverts les corps.

Il se peut que vous ayez lu ou vu « autre chose »… La vérité est de toute façon ailleurs.

Purgatoire des innocents : Karine Giebel

Titre : Purgatoire des innocents                      big_5

Auteur : Karine Giebel
Édition : Fleuve noir (2013)

Résumé :
Raphaël a passé des années en prison pour vols à main armée puis pour récidive. Pendant son absence, sa mère est morte de chagrin tandis que son jeune frère William prenait le même chemin que lui. Raphaël, à sa libération, entraîne celui-ci dans leur premier braquage en commun, une bijouterie de la place Vendôme, avec la complicité d’un jeune couple.

L’affaire tourne mal, un policier et une passante sont tués, et William est grièvement blessé.

Leur cavale devient pour Raphaël une véritable course contre la montre : il faut sauver son frère. Les quatre fuyards atterrissent à quelques heures de Paris, et trouvent le numéro d’une vétérinaire, Sandra, qu’ils prennent en otage chez elle, dans sa ferme isolée, et forcent à soigner William. Sa vie contre celle du braqueur. C’est dans cet état d’esprit que Sandra doit opérer dans son salon, sans trembler, elle qui n’est pas chirurgienne.

Mais les jours passent et William n’est toujours pas en état de reprendre la route. Et lorsque le mari de Sandra prévient sa femme de son retour, tous attendent. Les uns de le prendre également en otage et Sandra d’être sauvée… ou peut-être autre chose…

Critique : 
Une fois de plus, madame Giebel vient de me lessiver, de m’essorer, me broyer, me concasser, me laminer, me laissant à la fin dans un état pitoyable, les larmes aux yeux.

Ceci est un livre fort, pas conseillé aux gens sensibles… Sauf si ils veulent passer à un autre genre.

Une écriture qui fait mouche, des phrases qui claquent, un scénario qui ne vous laisse aucun répit, un huis-clos oppressant qui fera basculer toutes vos certitudes…

C’est ça la marque de fabrique de cette auteure : d’une situation bien claire telle que « Quatre braqueurs, dont un blessé grave, qui viennent de réussir le casse du siècle – qu’à côté le Glasgow-Londres commence à rougir – et qui se réfugient chez une pauvre vétérinaire seule durant quelques jours, l’obligeant à recoudre le blessé et lui menant la vie dure » l’auteure peut changer toutes les cartes et vous faire chavirer dans un scénario qui fera capoter totalement vos petites certitudes du départ, vos empathies sur les personnages et toussa toussa…

Sérieux, quel serait le comble pour une bande de braqueurs, une bande de loups enragés, prêt à tout parce qu’ils ont des millions en bijoux, un blessé dont le frère ne veut pas le laisser dans cet état, et qui font irruption dans une bergerie où une femme – faible mouton – se trouve toute seule durant quelques jours, son mari étant absent ??

Le comble du comble pour ces loups affamés et sans émotions, infiltrés dans une bergerie serait que… Non, laissez tomber, vous ne trouverez pas !

Madame Giebel excelle dans l’art de nous rendre sympathiques des personnages qui seraient détestables de prime abord. J’avais déjà tremblé pour Marianne dans « Meurtre pour rédemption », alors qu’elle était une criminelle recluse, et ici, j’ai tremblé pour des êtres que je n’aurais pas voulu croiser au détour d’une bijouterie ou d’une banque.

Le huis-clos est oppressant, tendu, mais le dernier quart est le plus dur à lire, c’est celui qui fait le plus mal, la violence abjecte devant notre lot permanent dans ces pages.

« La douleur est une bonne compagne, fiston. Parce qu’elle est la plus fidèle qui soit. »

Certains hurleront à la surenchère de violence, mais moi, je dis « non, elle est logique » et on nous laisse souvent imaginer ce que fut le calvaire plutôt que de nous l’écrire.

Et ce n’est que le début, les prémices d’un jeu qui ne connaît qu’une issue. Un jeu dont il a truqué les règles, où la proie n’a aucune chance. (…) Il lui enlèvera tout ce qu’elle a. Absolument tout. La mettra à nu, l’écorchera vive. Jusqu’à ce qu’il ne reste que son essence. Puis jusqu’à ce qu’il n’en reste rien.

Moi, j’ai vibré, j’ai tremblé, j’ai espéré… et quelques larmes j’ai versé.

Il est des personnages de ce livre que je ne suis pas prête d’oublier de sitôt.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

Terminus Elicius : Karine Giebel

Titre : Terminus Elicius                                            big_4

Auteur : Karine Giebel
Édition : Pocket (2008)

Résumé :
Istres-Marseille. Pour Jeanne, la vie est ponctuée par cet aller-retour ferroviaire quotidien entre son travail de gratte-papier au commissariat et la maison de sa mère.

Elle attend néanmoins qu’un événement vienne secouer le fil de son existence: un regard, enfin, du capitaine Esposito?

La résolution, peut-être, de cette affaire de serial killer qui défraie la chronique phocéenne?

« Vous êtes si belle, Jeanne Si touchante et si belle. » Ce soir-là, une lettre, glissée entre deux banquettes, semble combler toutes ses espérances. Un peu trop, même.

Car derrière le mystérieux soupirant se cache le meurtrier tant recherché par la police.

Commence alors une correspondance amoureuse qui, pour Jeanne, n’aura de terminus qu’au bout de l’enfer…

Critique : 
Ma vision des trains se résumait à deux choses : les nombreux retards de la SNCB (certains trajets sont moins rapide en 2014 qu’en 1934, c’est vous dire) ou Jean Lefebvre dans la 7ème compagnie et ses chipoteries dans la loco afin de trouver les freins, ponctuées de sifflet de cette même loco, additionné de « Non, c’est pas ça. Ça, c’était « touche pas à ça, p’tit con ». C’est vous dire que je m’y connaissais, en réseau ferroviaire !

Maintenant, je pourrai frissonner en repensant aux petits mots glissés à côté du siège de Jeanne, personnage central du roman de Giebel.

Premier point qui m’a saisi lors de ma lecture, c’est que le personnage principal, Jeanne, n’est pas vraiment le genre de personnage que je m’attendais à trouver. On est loin d’un personnage habituel (le personnage fort).

Voyez pas vous-même : elle vit encore chez sa mère qui est limite castratrice, bien qu’elle travaille au commissariat de Marseille, elle n’a pas de vie sociale car pas de relations amicales avec ses collègues, dans le train, elle s’assied sur un siège solitaire.

En plus, elle a des tocs, parle toute seule ou plutôt à son autre moi et rase presque les murs. Bref, une femme transparente – ce qui m’a déstabilisée – m’attendant à une femme plus dans les normes.

Le visage de Jeanne se crispa de colère. je ne lui parlerais plus jamais ! Plus jamais ! Et je ne trahirais pas Elicius ! Le double continua à protester. Avec véhémence. Et Jeanne essaya de ne plus entendre sa voix… Depuis des années, elle essayait de ne plus l’entendre. En vain. Parfois, elle avait envie de le tuer. Tuer l’autre. Même si l’issue du combat était fatale. Pour ne plus l’entendre. Pour oublier, aussi ? Mais depuis quand la chose avait-elle envahi son âme ? Elle ne s’en souvenait pas.

Par contre, c’était une merveilleuse idée de la faire ainsi, la Jeanne, parce que cela faisait d’elle une personne plus facilement impressionnable, ce qui ajoutait un « truc » en plus dans le déroulement de l’histoire et ce fut une surprise bien agréable !

Surprise aussi que dès la deuxième lettre, le mystérieux Elicius lui avoue d’emblée qu’il est le meurtrier qui sévit dans la région et dont les policiers du commissariat de Jeanne cherche désespérément à arrêter.

« Hier soir, j’étais avec une autre femme que vous. Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle. Juste le temps de la tuer… »

Y a pas à dire, l’auteur a vraiment le don de me surprendre et de me mettre sur mon fondement sans perte de temps inutile. Je ne m’attendais pas à cette révélation, pensant que Elicius allait jouer un peu plus avec Jeanne avant de tout révéler. Ben non, et ce fut encore plus jouissif.

Le roman est court, juste 250 pages : pas de temps mort. Suivre les pensées, les interrogations, les angoisses, les joies et la vie minable de Jeanne furent un moment fort, impossible de décrocher.

Tandis que l’inspecteur Esposito ne sait plus où donner de la tête avec les meurtres qui se succèdent sans qu’il semble y avoir un mobile apparent ou des points communs entre les victimes, le cœur de Jeanne vibre d’amour pour son mystérieux Elicius qui sait lui parler et trouver les mots qu’il faut.

« Vous n’avez pas conscience de votre beauté, Jeanne. On dirait même que vous faites tout pour la cacher. De quoi avez-vous donc peur ? Peur que l’on vous regarde ? Que l’on vous trouve belle ? Parce que vous êtes belle, Jeanne ».

Mais Jeanne ne nous livre pas toute sa vie, il reste des parts d’ombre et on s’interroge : comment tout cela va-t-il évoluer ? Se terminer ? Et les pages défilent plus vite, l’adrénaline nous faisant lire plus rapidement, avec fébrilité.

J’avais deviné un tout petit morceau du mobile, pas « toute l’affaire », loin de là, et puis hop, j’ai encore ei droit à des surprises à la fin !

Une belle écriture, un scénario bien pensé, bien pesé, un personnage central différent de ce que l’on pourrait croire, un récit bien rythmé et des palpitations cardiaques avec Jeanne, dans le train.

Madame Giebel vient encore de me faire passer un bon moment !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et  Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix marseillais du polar).

 


[Série] The Mentalist : une série qui vous ausculte les pensées

The Mentalist est une série télévisée américaine créée par Bruno Heller et diffusée depuis le 23 septembre 2008 sur le réseau CBS.

Mentalist… C’est quoi ce truc ? C’est « Quelqu’un utilisant l’acuité mentale, l’hypnose et/ou la suggestion… Maître dans l’art de manipuler la pensée et le comportement ».

Un mentaliste peut donc utiliser diverses méthodes telles que l’illusionnisme, la lecture à froid, l’hypnose ou encore la psychologie.


Synopsis de la série :
L’unité des crimes majeurs du California Bureau of Investigation (CBI), dirigée par Teresa Lisbon, enquête sur des crimes, avec la collaboration de Patrick Jane, consultant pour le CBI, utilisant ses facultés de mentalisme.

Patrick Jane dispose d’un sens très fin de la psychologie et de son mental (lecture froide, hypnose, etc). Il ne s’agit pas d’un pouvoir car il a aussi été prestidigitateur. Sa carrière de voyant lui a également permis d’acquérir des connaissances pointues en matière d’analyse psychomotrice. Tous ses talents rassemblés lui permettent d’être plus précisément un mentaliste, ce qui lui vaut d’être également un manipulateur très efficace pour résoudre les enquêtes.

Cependant, c’est sur le cas particulier de John le Rouge (Red John), un tueur en série qui signe toujours ses meurtres par un smiley dessiné avec le sang de ses victimes sur les murs, que se centre leur attention. John le Rouge a tué la femme et la fille de Patrick Jane, qui autrefois se faisait passer pour un médium et s’était moqué du tueur…

Acteurs principaux :
Simon Baker  : Patrick Jane (V.F : Thierry Ragueneau)
Robin Tunney  : Teresa Lisbon (V.F : Cathy Diraison)
Tim Kang : Kimball Cho (V.F : Stéphane Pouplard)
Owain Yeoman  : Wayne Rigsby (V.F : Thibaut Belfodil)
Amanda Righetti  : Grace Van Pelt (V.F : Stéphanie Lafforgue)


Pour tout vous avouer, lorsque cette série a commencé à être diffusée, je ne l’ai pas regardée. Pourquoi ? Pas envie, tout simplement… Ne me demandez pas pourquoi car le pitch était plus qu’intéressant. Manque de temps, une fois de plus et puis, on y pense plus.

Et puis, un soir, alors qu’il n’y avait rien à la télé (Comme d’habitude), je suis tombée sur un épisode de la saison 4 au cours d’un zapping. Pourquoi pas ?

C’est là que le charme a opéré. Non seulement j’ai regardé l’épisode, mais je me suis surprise à apprécier la série puisque j’ai regardé l’épisode suivant, diffusé à la suite de l’autre et que la semaine suivante, j’étais fidèle à mon poste…

Mais bon, j’avais pris le train en cours de route et il me manquait beaucoup de choses.

En parfaite petite pirate que je suis, j’ai téléch…. Heu, j’ai acquis la première saison et je l’ai visionnée avec un certain plaisir, pour ne pas dire un plaisir certain.

La Première Chaîne Belge (RTBF) diffuse en ce moment la saison 5 tous les jeudis et, bien qu’ayant raté quelques épisodes, je la visionne tout en continuant de découvrir la première saison sur mon PC.

Ici, je me contenterai de vous parler de la saison 1 en général, sans développer une critique pointue pour chaque épisode.

– Alors, docteur Belette, votre diagnostique ? Point de vue des personnages… Du héros principal, Patrick Jane ?

– Je dois vous avouer que Patrick Jane, le « mentalist », est mignon à croquer et que je commettrais bien le péché de chair avec lui. Ce joli blondinet a un sourire qui me fait fondre, je le croquerais bien tout cru en hurlant « Patriiiick » tout en arrachant son costume trois pièces avant de me ruer sur son service trois-piè…

– Heu, les lecteurs voudraient peut-être un avis plus professionnel et moins personnel…

– Oh, pardon ! Hors tout fantasmes personnels, j’avoue que le personnage est mystérieux et qu’il est intrigant. Ce bel animal est doté de facultés d’observation et de déduction exceptionnelles, il utilise notamment des techniques de lecture froide ou d’hypnose pour l’interrogatoire d’un témoin, quand ce n’est pas carrément celles du pickpocket ou du cambrioleur qui ouvre toutes les serrures… Ceci afin d’élucider des meurtres. Sous couvert de ses sourires bienveillants, il sonde tout le monde; sous couvert de vous réconforter en vous posant la main sur l’épaule, il vous analyse et vous passe à la moulinette. Ou pire, il vous hypnose afin de vous tirer les vers hors du nez.

Il n’a aucune gêne à vous dire tout haut le résultat de son analyse sur vous. Ses déductions sont parfois holmésiennes car basées sur des détails physiques (des mains de joueur de guitare, par exemple), ou souvent sur des analyses plus intuitives, comme des coups de sondes.

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Sa personnalité fait penser à d’autres personnages du petit écran :

  •  Au Dr House pour son ardeur à résoudre le problème;
  •  À l’inspecteur Murdoch (Murdoch Mysteries);
  •  Au Hercule Poirot d’Agatha Christie;
  •  Au héros de la série « Life » (Damian Lewis);
  •  À Monk (tous les deux ont le même don de déduction et leurs femmes ont été assassinées);
  •  Un peu de « Lie to Me »;
  •  Un soupçon du lieutenant Columbo (comme le lieutenant, Jane pose parfois des questions que l’on pourrait croire « à la con », hors, il n’en est rien / Pour le fait que les enquêtes se déroulent dans les milieux huppés et pour sa voiture ancienne et française, une Citroën DS);
  • À la série « Psych » : Enquêteur malgré lui » (série télévisée apparue quelques années avant Mentalist dont le personnage – Shawn Spencer – est consultant pour la police, qui a un talent d’observation très développé pour remarquer tous les détails et qui prétend être médium – une série que je n’aime pas du tout).

De plus, tous les personnages de toutes ces séries ont pour inspiration le personnage de Sherlock Holmes (le Holmes des romans d’Arthur Conan Doyle)  et même Bruno Heller, le créateur de la série, déclare qu’il considère Jane comme le nouveau Sherlock Holmes.

The Mentalist s’est aussi inspirée du célèbre ouvrage du père du roman policier français, Émile Gaboriau, intitulé « L’Affaire Lerouge » dont l’adaptation télévisée avait été diffusée par la Société Radio-Canada entre 1964 et 1965 (ces infos là viennent du Net).

De plus, Patrick Jane a de multiples talents, dont celui de pouvoir compter les cartes dans un Casino et de contrôler les dés pour faire 6/6 à chaque lancé.

Pour ce qui est des interrogatoires ou des questions à poser aux témoins ou à la famille, Patrick ne met pas de gants, il leur rentre dans le lard et est bien souvent odieux, mais au contraire du docteur House, il le fait avec le sourire.

Au sein de l’équipe, Jane est très à l’aise et apporte une aide précieuse dans chaque affaire, malgré ses excentricités. Ses collègues le suivent souvent des ses excentricités, en soupirant, mais ils le suivent.

Toujours élégant, le sourire ravageur et charmeur, rempli d’idées loufoques qui payent…

Cependant, derrière son assurance apparente, il se sent responsable de la mort de sa famille et ne poursuit qu’un but : parvenir un jour à retrouver la trace de John le Rouge pour le tuer.

Les scénaristes nous le montrent aussi parfois avec les larmes aux yeux, avant qu’il ne se reprenne très vite. On sent la faille sous la carapace.

Ce que j’apprécie aussi, c’est que les scénaristes ne jouent pas sur une relation sentimentale avec son chef, Teresa Lisbon. On ne sent pas qu’elle le regarde avec des yeux d’amoureuse transie et, ma foi,  je serais contre une relation entre eux deux.

Sans oublier que notre Mentalist est un grand buveur de thé… Il a même un charme soo british, je trouve…

Agent-Teresa-Lisbon-The-Mentalist-tv-female-characters-15317910-682-1024En ce qui concerne le personnage de la « chef » du CBI – Teresa Lisbon – il est plus que bien campé.

Loin d’être une cruche, c’est une jeune femme autoritaire, attachée aux règles et aux procédures, mince et athlétique, parfois agacée par le comportement de Jane et ses méthodes peu conventionnelles.

Elle respecte la loi, elle, ce qui tout le contraire de Patrick.

Cependant elle a constaté que les analyses de celui-ci étaient pertinentes et c’est à cause de cela qu’elle a pris la décision de l’emmener avec elle sur le terrain.

Elle est le garde-fou de Jane et fait de son mieux pour l’empêcher de faire des folies, mais ce n’est pas demain la veille que Patrick Jane va obéir, ce qui fait qu’elle est régulièrement obligée de le couvrir auprès de son supérieur hiérarchique.

Lisbon et Jane forment un duo de charme : c’est un duo professionnel et efficace.

Pas de roucoulades entre eux et c’est tant mieux. Lisbon est souvent caustique avec Patrick et n’hésite pas à lui envoyer des piques.

Souvent il lui fait hausser les sourcils ou soupirer d’exaspération… Tout comme le directeur du CBI, monsieur Minelli.

Lisbon a sous ses ordres trois agents : Kimball Cho, Wayne Rigsby et Grace Van Pelt.

Ce sont des personnages auxquels je me suis vite attachée. Ils ont beau avoir regardé Patrick comme une bête de foire au départ, ils ont vite compris qu’il était utile dans la résolution de leurs affaires criminelles.

Wayne Rigsby a une carrure imposante mais c’est une personne aimable et attachante.

Dès l’arrivée de la nouvelle recrue – Grace Van Pelt – il est sous le charme de cette belle grande rousse.

Mais, grand timide, il n’ose pas lui avouer ses sentiments, se montrant souvent gêné et maladroit avec elle. Un malaise qui amuse beaucoup ses coéquipiers, tout particulièrement Jane.

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Kimball Cho est l’inspecteur le plus discret de l’équipe. Derrière son calme apparent, il sait se montrer acerbe et caustique.

Fin stratège et pédagogue, c’est souvent à lui que revient la lourde tâche de mener les interrogatoires.

Il est également celui qui a le plus de recul sur le comportement de Jane et qui semble être le plus amusé par sa personnalité étonnante.

Dans la saison 2, on apprend que non seulement il a fait son curieux en lisant les dossiers de ses collègues (ce qui est interdit), et qu’il a fait partie d’un gang…

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mentalist2-grace-van-peltGrace Van Pelt est la nouvelle recrue de l’équipe de Lisbon et spécialisée en informatique, ce qui lui vaut d’être souvent « coincée » au bureau, mais elle rêve d’accompagner plus souvent ses collègues sur le terrain.

Au cours des enquêtes, elle prendra conscience de ce qu’elle ressent pour Rigsby.

Prudente, elle jouera à celle qui ne s’en rend pas compte, ne souhaitant pas être entraînée dans une histoire sentimentale avec un collègue de bureau.

C’est une jeune femme croyante et sensible au domaine du paranormal, elle s’accroche parfois avec Jane, qu’elle trouve trop rationnel et trop cynique.


Personnages récurrents :
John le Rouge (Red John dans la version originale) est un tueur en série ayant commis près de trente meurtres y compris celui de la femme et la fille de Patrick Jane cinq ans avant qu’il rejoigne le CBI. Il signe tous ses crimes avec un smiley tracé à l’aide du sang et du doigt de sa victime…

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Lors de la visualisation de la saison 1, j’ai donc appris que Patrick Jane se faisait passer autrefois pour un « médium » et profitait de la crédulité des gens pour se faire un max de fric.

Un jour, alors qu’il était interrogé sur John le Rouge, un tueur en série sanguinaire qui signe ses crimes d’un smiley ensanglanté, il le dépeint en lui prêtant de fausses caractéristiques et en se moquant de lui.

Ne jamais se moquer publiquement d’un serial-killer : celui-ci se venge des propos qu’il juge insultants en assassinant la femme et la fille de Jane.

En rentrant chez lui, Jane découvre la situation mais aussi un mot du tueur épinglé sur la porte, le prévenant qu’il n’aurait pas dû se moquer de lui et de par son acte barbare, il lui prouve le sérieux de ses actes.

Sa vie vient de basculer et c’est ce qui l’a décidé à devenir consultant pour le CBI sous la responsabilité de Teresa Lisbon afin de se servir de ses dons pour aider la police et traquer les criminels dans des affaires de meurtres.

Dans un épisode, nous apprendrons aussi que Patrick a été interné dans un hôpital psychiatrique.

Les scénarios des épisodes sont de factures classique, pas toujours de coups de pied dans les fesses au final mais ils sont plaisants et j’ai réussi à découvrir quelques coupables.

S’ils ne possèdent pas de preuves concluantes pour inculper un coupable, Jane n’hésite jamais à piéger le (la) coupable. Tout son talent se trouve dans les mises en scène des pièges. Je vous avoue que pour certains épisodes, je n’avais pas vu venir le piège et j’avais marché à fond dedans.

La série a de l’humour, pas d’éclat de rire, mais certaines réparties m’ont fait pousser des éclats de rire tant c’était bien répondu.

J’ai apprécié aussi que John Le Rouge ne soit pas cité dans tous les épisodes, mais juste de temps en temps.

Le final de la première saison est un cliffhanger pour la suivante, Patrick étant passé à peu de mètres du fameux John Le Rouge…

En bref, une série sympa et agréable à suivre, sans se prendre la tête, elle me détend bien et la personnalité de Patrick Jane y est pour beaucoup. Il est aussi hors-norme qu’un docteur House (mais en version souriante et aimable) ou qu’un Sherlock Holmes puisque s’il ne peut plus travailler au CBI et résoudre des enquêtes, il n’a plus de but dans la vie.

On se doute aussi que Patrick est surtout là pour traquer le serial-killer et le descendre s’il a la  chance de l’avoir devant lui. C’est son Moriarty à lui et John apprécie que Patrick soit à le pister, ça doit lui changer son ordinaire.

Ce fait, je l’ai surtout compris lors du visionnage d’une partie de la saison 2… Le dossier Red John avait été retiré à l’équipe de Lisbon et confié à celle de Sam Bosco. Je ne dirai rien de plus, hormis que j’avais compris le pourquoi de certaines choses arrivées au sein du CBI.

La série se laisse regarder avec plaisir.

Petits clins d’œil :
Comme je le signalais plus haut, Patrick Jane roule dans une voiture française : une Citroën DS en hommage à la série Columbo dans laquelle le lieutenant conduit une Peugeot 403.

Dans les deux premières saisons, il s’agit d’un modèle gris de type export provenant des États-Unis (avec phares avant fixes et non-protégés, grilles de climatisation à la place des clignotants avant, ceux-ci étant placés sous le pare-choc, et doubles feux arrières ronds), appartenant à la production de la série.

Dans l’épisode 16 de la Saison 1, lorsque Jane et Van Pelt se retrouvent seuls et discutent, juste après que Van Pelt prononce la phrase : « Voilà la liste de tes clients », il est possible de voir sur l’écran d’ordinateur de cette dernière, divers noms, dont ceux de : Kenny King, James Dean, Rob Johnson, Don Goodman, Allan Davis ou encore Megan Fox. Il y apparaît aussi le nom de nombreux assistants et autres « travailleurs de l’ombre » de la série non-crédités au générique de Mentalist.

Idem dans l’épisode 16 de la Saison 3 : alors que Jane demande à l’expert des empreintes digitales du CBI s’il a identifié l’empreinte qui correspondait à celle trouvée sur les lieux du crime, celui-ci lui répond que n’étant pas David Caruso (interprète de Horatio Caine dans la série Les Experts : Miami) cela devrait prendre plus de temps.