Sherlock – Tome 3 – Le grand jeu : Mark Gatiss, Steven Moffat & Jay

Titre : Sherlock – Tome 3 – Le grand jeu

Scénaristes : Mark Gatiss & Steven Moffat
Dessinateur : Jay

Édition : Kurokawa (12/10/2017)

Résumé :
En manque d’enquêtes intéressantes, Sherlock s’ennuie. C’est alors qu’une étrange explosion a lieu à proximité du 221B. Suite à ses investigations, la police trouve une lettre à l’attention de Sherlock avec un téléphone portable rose à l’intérieur.

Là encore, et à l’instar de nombreuses affaires récentes, Moriarty se trouve derrière cette tentative d’intimidation.

Par la suite, prenant diverses personnes en otage à qui il fait mettre des ceintures d’explosifs, le malfaiteur fait passer des épreuves à Sherlock.

Critique :
Le grand jeu ? The full monty ? Heu, pas tout à fait car nous n’aurons pas droit à un strip-tease intégral de Sherlock et John…

Donc, on se calme mesdemoiselles et mesdames les ménagères de moins de 50 ans : vous ne verrez pas les plumeaux de ces messieurs.

J’ai beau avoir visionné plusieurs fois les épisodes de cette série, j’oublie toujours des tas de petits détails et le manga m’en a remis quelques uns en tête.

Comme je le dis depuis le début (mais vu qu’au fond de la classe, on ne suit pas, je le répète) : l’avantage de relire les épisodes télés en manga, c’est que l’on peut faire des arrêts sur image, sur dialogues, lire à son aise et ainsi, s’en imprégner d’une autre manière.

Et vu que l’épisode 3 de la saison 1 avait un rythme endiablé, passer à un slow ne fait de tort à personne, surtout pas à mon cerveau surmené.

Le scénario du manga colle toujours à celui de la série, au plus juste, mais on a quelques petits soucis dans les dessins des personnages et des expressions, une fois de plus.

Les dessins de Lestrade peuvent être confondus avec certains de John Watson, le nez de Sherlock Holmes n’est pas tout à fait conforme à la réalité et le pire sera pour James Moriarty qui, dessiné, perd toute son aura, toute sa morgue, toutes ses mimiques du visage qui font de lui un méchant bien plus angoissant que tous les anciens Moriarty réunis.

Ce sera mon seul bémol pour cet opus : la perte de l’intensité dramatique de la scène de la piscine municipale où Sherlock découvre QUI est Moriarty.

Dans la série, on monte en puissance, on découvrait, subjuguée, l’acteur qui jouait le rôle d’un Moriarty joueur, drôlement sarcastique, s’amusant de la situation, lançant des bons mots et nous montrant sa palette d’expressions du visage.

En manga, on perd tout ça…

Mais pour le reste, si vous voulez revivre cet épisode à un rythme plus lent, vous attarder plus longuement sur les dialogues, les situations, les pensées de Sherlock qui vont à la vitesse de la lumière, et bien, laissez-vous tenter, que diable !

Rien ne vous empêchera, ensuite, de revivre la scène intense de la piscine sur grand écran.

Vivement le suivant avec Irene nue devant un Sherlock sans voix et sans pensées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

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20. Sherlock Holmes : Les Six Napoléons – The Six Napoleons

SAISON 2 – [Le Retour de Sherlock Holmes] – ÉPISODE 7

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : David Carson
  • Scénariste : John Kane
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 20ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 20 août 1986 – ITV Network (20ème épisode diffusé); États-Unis : 19 mars 1987 – WGHB; France : 7 mai 1989 – FR3 (20ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 30 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … John Watson
    Colin Jeavons … Inspector Lestrade
    Eric Sykes … Horace Harker
    Emil Wolk … Beppo
    Gerald Campion … Morse Hudson
    Vincenzo Nicoli … Pietro
    Steve Plytas … Venucci Snr
    Marina Sirtis … Lucrezia
    Vernon Dobtcheff … Mendelstam
    Nadio Fortune … Beppo’s Cousin
    Jeffrey Gardiner … Mr. Sandeford
    Michael Logan … Josiah Brown

Le pitch ? Alors qu’il semble être simplement venu déguster un whisky soda et fumer un cigare au 221b, l’inspecteur Lestrade, confortablement installé dans un bon fauteuil, se décide à confier l’affaire qui le préoccupe.

Un individu vole puis fracasse des bustes de plâtre à l’effigie de Napoléon aux quatre coins de Londres, sans rien dérober d’autre.

Holmes sourit à la théorie de Lestrade qui s’engage évidemment sur de fausses pistes, et aux explications médicales de Watson sur la monomanie.

Cette affaire loufoque prend alors un tour tragique. Chez le journaliste Horace Harker, où un troisième buste a été détruit sous un lampadaire, un meurtre a été commis. La victime est un italien de la famille Venucci.

Intro : Qui veut la peau de Napoléon Bonaparte ? Du moins, qui peut le détester au point de rechercher tous ses bustes en plâtre pour les fracasser sur le sol ? Certes, je déteste cet homme, mais bon, fracasser ses bustes me semble un peu excessif.

Y’a rien à dire, les épisodes de la Granada sont tous plus réussis l’un que l’autre et cet épisode possède encore beaucoup d’humour grâce à la personne de Lestrade.

Une enquête qui, comme d’autres, paraît ne pas en être une, et qui, au final, se révèlera plus importante qu’il n’y paraissait au début, un peu comme avec « La ligue des rouquins ».

J’adore, d’ailleurs, dans cet épisode, une scène muette où la caméra tourne dans la pièce, passant d’un protagoniste à un autre, captant les regards et les non-dits, en attisant notre curiosité.

Certes, dans cet épisode, Scotland Yard et la police n’en ressortiront pas grandi…

Les épisodes avec Lestrade sont rares et c’est bien dommage qu’il n’apparaisse pas plus dans les récits canoniques, entrainant par là qu’on ne le voit pas souvent dans la série, alors qu’à lui tout seul c’est un personnage assez comique de par ses entêtements.

Dans l’affaire de Napoléon, Lestrade et Watson seront même assez complices, expliquant avec sérieux à Holmes ce qu’est la monomanie, tous deux formant une coalition taquine contre Holmes.

À un autre moment, c’était Holmes et Watson qui s’amusaient de voir Lestrade jetant subrepticement un œil sur les dossiers de Holmes, croyant être seul au 221B.

On fait semblant de rien, Lestrade ?

Malice dans la scène où Holmes, Watson et Lestrade attendent dans le noir que le criminel arrive sur les lieux. L’homme du Yard et le docteur s’ennuient. À cette époque, on ne chassait pas le Pokémon et on ne jouait pas avec son smartphone durant les moments d’attentes.

Alléluia ! Tout fier, Watson nous extrait un sac de bonbons de sa poche et l’offre à ses comparses. Lestrade est heureux, il veut en prendre un.

Pas de bol, voilà que Holmes, le visage tendu et contrarié, déclare d’un ton brusque : « Ce n’est pas le moment pour des berlingots ! ». Watson les remet à leur place, la mine déconfite.

Il n’y aura pas que pour les bonbons que nos deux hommes afficheront une mine déconfite, car nos deux hommes, une fois de plus, ont 36 fiacres de retard sur Holmes, qui lui, a déjà tout compris.

Non seulement Holmes a de la vivacité d’esprit, mais aussi d’action car, possédant sa cane à bout plombé, il peut bondir, tel un chat sur la souris, sur le dos du casseur de buste qui, entre temps, a cassé aussi la tête d’un des propriétaires du buste du nain de jardin conquérant.

Cet épisode possède de l’humour, de l’action, du mystère, du suspense, mais aussi une scène et un dialogue d’anthologie !

LA scène concerne la splendide performance de Holmes-Jeremy Brett dans la révélation finale où Holmes, empoignant la nappe posée sur la table, la tire brutalement et, tel un magicien, laisse vaisselle et couverts en place.

La dextérité et l’adresse sont des traits typiques du détective. Mais les traduire dans la réalité avec cette totale maestria est le fait de Jeremy.

LE dialogue concerne les louanges que Lestrade fait à Holmes (canoniques) :

Inspector Lestrade : We’re not jealous of you, you know, at Scotland Yard. No, sir, we’re proud of you.
[Holmes attend la suite de la phrase]
Inspector Lestrade : And if you come down tomorrow, there’s not a man from the oldest inspector to the youngest constable… who wouldn’t be glad to shake you by the hand.
Sherlock Holmes : Thank you!
[Moment d’humilité et d’émotions]
Sherlock Holmes : Thank you.

Dialogue canonique :
— Eh bien ! dit Lestrade, je vous ai vu entreprendre bien des affaires, monsieur Holmes, mais je n’en ai jamais vu de mieux conduite. Nous ne sommes pas jaloux de vous, à Scotland Yard… Non, monsieur, nous sommes au contraire très fiers de vous, et si vous y veniez demain, il n’y aurait pas un de nous, depuis le doyen des inspecteurs jusqu’au plus jeune de nos agents, qui ne serait heureux de vous serrer la main.
— Merci, dit Holmes, merci ! et tandis qu’il détournait la tête, il me parut plus ému que je ne l’avait jamais vu. Un instant après, il était redevenu le penseur froid et pratique que je connaissais.

Le visage de Holmes est magnifique à voir et durant quelques secondes, on peut apercevoir son trouble car il ne s’attendait pas à des louanges venant de Lestrade, et encore moins des louanges aussi émotionnelles.

L’acteur possédait sa propre sensibilité et elle s’est reflétée dans sa réaction face à Lestrade, les deux se mélangeant car elle aurait pu être celle de Holmes aussi.

La caméra nous offre donc un beau cadré sur le visage de Holmes, captant sans rien rater les changements fugaces de ses émotions.

Là, on peut dire que notre détective préféré perd de sa superbe, qu’il s’est laissé gagner par ses sentiments nous montrant un bref instant que ses yeux sont embués de larmes. Splendide moment !

Tout y est en retenue, bien entendu, et notre détective redeviendra bien vite la machine froide à calculer, la froideur prenant le pas sur la passion.

La scène, où Holmes casse le dernier buste est très bien filmée et e suspense sera à son comble, les deux autres ne sachant toujours pas à quoi s’attendre, Holmes adorant mettre en scène ses résolutions afin de surprendre et d’impressionner son public.

C’est son côté théâtral, on y est habité et on en redemande… On sait que Holmes a un côté cabotin, excentrique et facétieux. Il aime voir son « public » subjugué et l’entendre applaudir et crier bravo. Encore un peu, Holmes se mettrait à le saluer pendant que le rideau rouge du théâtre se baisserait.

J’ai déjà lu que de maintes façons, Jeremy Brett mêlait son caractère à celui du détective.

En agissant ainsi, il a pu à certains instants magnifier son propre enthousiasme naturel et sa sociabilité. Car pendant ce tournage, sa maniaco-dépression était au plus fort et ses collègues remarquaient ses brusques changements d’humeur.

Une fois de plus, une réussite dans la transcription fidèle de la nouvelle canonique, du mystère, du suspense, de l’humour, une enquête relevée et beaucoup de complicité entre les acteurs. Jouissif !!

La saison suivante, ce ne sera plus aussi bien, Brett, de par sa maladie, ne sera plus aussi bon, hélas et je dois avouer qu’après cette saison, je n’ai plus aucun plaisir à regarder les épisodes.

Pour se coucher moins bête ce soir :

  • Napoléon n’a pas été choisi au hasard, sans cet épisode :  à cette époque, en Angleterre, la haine à son égard était encore vive.
  • Les Italiens eux aussi n’avaient pas les faveurs de Conan Doyle et apparaissaient comme un prolétariat et une pègre où s’immisce la Mafia.
  • La productrice June Wyndham Davies a choisi John Kane comme scénariste car elle avait beaucoup apprécié sa pièce de théâtre « Murder, Dear Watson ».
  • Eric Sykes est un acteur connu pour son registre comique. Il a beaucoup apprécié de jouer le rôle du journaliste Horace Harker, totalement désespéré et bouleversé par les événements. Son interrogatoire et son incapacité à rédiger un article sur sa propre mésaventure font une séquence tragi-comique. Le journaliste est finalement très drôle sous sa mine triste et désolée…

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

19. Sherlock Holmes : L’école du Prieuré – The Priory School

SAISON 2 – Le retour de Sherlock Holmes – ÉPISODE 6

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : John Madden
  • Scénariste : T. R. Bowen
  • Décorateur : Margaret Coombes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 19ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 16 juillet 1986 – ITV Network (19ème épisode diffusé); États-Unis : 12 mars 1987 – WGHB; France : 30 avril 1989 – FR3 (19ème épisode diffusé)
  • Durée : 52 min 10 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    Christopher Benjamin … Dr. Huxtable
    Alan Howard … Duke of Holdernesse
    Nicholas Gecks … James Wilder
    Michael Bertenshaw … Mr. Aveling
    Jack Carr … Reuben Hayes
    Brenda Elder … Mrs. Hayes
    Nissar Modi … Lord Arthur Saltire
    William Abney … Rivers

Le pitch ?
Docteur en philosophie et directeur de la prestigieuse école du Prieuré, à Mackleton dans le Nord de l’Angleterre, le Dr Huxtable s’évanouit en pénétrant dans le salon de Sherlock Holmes.

Dans tous ses états, il explique ensuite que le jeune Arthur Saltire, fils unique du duc de Holdernesse, grand et éminent aristocrate, qui était confié à sa garde, a disparu en même temps que son professeur d’allemand.

L’intervention du détective est inévitable devant la complexité et la gravité de l’affaire.

L’épisode concernant une disparition mystérieuse d’un enfant de 9 ans, il est sombre et grave et ils ont tout fait pour que cette gravité apparaisse à l’écran.

Déjà dans le générique on nous montrait subtilement la place vide sur le banc de l’école, les chaussures solitaires, les livres abandonnés… On sentait de suite que nous allions pénétrer dans un climat inquiétant, mais aussi intimiste.

Intro : On voit Watson entrouvrir la porte du 221b pour accepter une carte tendue par madame Hudson, mais il lui dit que pour le moment, Holmes n’est pas disponible. On voit ensuite Watson glisser la carte du visiteur dans la petite poche du gilet de Holmes et celui-ci s’en saisi, pour la ranger dans une autre.

Holmes faisait une sieste… Et Watson protégeait le repos de son ami.

Soudain, du bruit, le visiteur pousse la porte, il a les yeux hagards, la sueur sur le front et tout d’un coup, il s’écroule devant la cheminée de Holmes, sur son tapis (dans la nouvelle, c’est sur la peau d’ours).

Une fois son visiteur revenu à lui, Sherlock Holmes fait ses petites déductions sur cet homme qui est directeur d’un prestigieux établissement pour jeunes garçons de très bonne famille, mais notre détective lui annonce aussi qu’il est débordé de travail, qu’il ne pourra pas suivre  le Dr Huxtable, sauf si c’est vraiment une affaire importante…

Et elle l’est puisque le seul et unique héritier du duc de Holdernesse – Arthur Saltire – a disparu quelques nuits auparavant, et le professeur d’allemand aussi !

De plus, son père, alerté de la disparition de son fils unique, ne demande pas à la police de retourner tout, mais d’enquêter avec discrétion, la plus grande discrétion, car môssieur le duc n’aime pas les ragots ou que les gens parlent sur lui. Fatalement, en enquêtant ainsi, on n’arrive à rien !

Je vous vous parler aujourd’hui d’un épisode sombre, mais très bien réussi, possédant aussi des moments d’humour, qui deviendront de plus en plus rares ensuite, Jeremy Brett commençant sans doute à souffrir de maniaco-depression et le Watson de l’époque – Edward Hardwicke – avait entendu une remarque d’un technicien qui disait « Jeremy n’est pas lui-même aujourd’hui ».

Malgré tout, notre détective est toujours joué tout en finesse, ses petits sourires, ses mimiques discrètes, ses yeux pétillants, son énergie à parcourir la lande à la recherche d’indices…

Anybref, le premier moment d’humour est lorsque Holmes, ayant fait sa valise et étant habillé pour partir, croise dans le couloir une Mrs. Hudson chargée d’un pique-nique qu’elle a pensé à préparer :

— Comment avez-vous su ?
— L’expérience !

Aaaah, es grandes écoles privées réservées à l’élite aristocratique où ne fraye que le haut du tiroir, où l’on forme les élus de demain, les dirigeants, les Grands Hommes…

Les scènes tournées dans ce qui constitue l’école de l’élite est très bien rendue aussi, des tours, des vieilles pierres, des enfants en uniforme, qui se mettent au garde-à-vous lorsque vous entrer dans leur chambrée…

Un clivage entre classes sociales fortement marqué, d’ailleurs, l’arrivée du duc de Holdernesse provoque l’effervescence au Prieuré et le Dr Huxtable se hâte d’aller à sa rencontre pour ne pas le faire attendre.

À partir de ce moment, on va bien nous faire sentir que Holmes se fiche comme d’une guigne des puissants, des nobles, des monseigneur et des Monsignors (Il est l’or). Et il trouve que le duc aime un peu trop ne pas faire de bruit et qu’il ait demandé à la police de rester discrète.

Notre détective ne se comporte pas en carpette devant lui, il soutient ses regards, affiche des petits sourires ironique et lui lance quelques piques que le duc, pourtant issu d’une grand école, ne capte pas… Sa grâce est fâchée, même !

Holmes va lui en péter une belle dans les dents (de tirade, pas de poing) :

— Votre seul enfant a disparu, votre avenir, vos espoirs et même votre noble famille sont menacés d’être détruits. Qu’est-ce que la modestie face à cela ? Face à la vie d’un enfant ?

Non, Holmes n’aime pas les puissants, il ne les craint pas, n’a pas peur d’eux et on sent dans cette tirade tout le mépris qu’il a pour ce père qui ne cherche pas avec plus de fébrilité son seul et unique héritier !

En plus, il doit savoir, tout comme moi, que la fortune de ces puissants ne s’est pas faite parce que leur ancêtre a inventé et déposé le brevet du trombone ou de la fermeture éclair, mais en volant les autres, en pillant, en tuant, en magouillant…

C’est le cas ici puisque les ancêtre du duc de Holdernesse étaient des voleurs de vaches ! Il ferraient aussi les chevaux avec des fers reproduisant les sabots de la vache, masquant ainsi leurs traces dans la lande.

Pour ceux et celles qui ont lu la nouvelle, un détail ne sera pas passé inaperçu : on a modifié le personnage du duc de Holdernesse, le rendant intelligent et sensible !

Et tant mieux parce que le duc de ACD était décrit comme un vieil homme à l’esprit étroit, au physique ridicule avec sa barbe rousse descendant jusqu’à la poitrine et son immense nez.

Sans cette modification importante, nous n’aurions pas eu droit aux dialogues assez mouvementé entre Holmes et sa seigneurie qui ne devait pas avoir l’habitude de se trouver face à des gens qui n’étaient pas intimidé par lui et qui se foutaient pas mal de son rang social.

L’orgueilleux duc s’est senti froissé par l’impertinente ironie de Holmes et se faire tancer par un homme qui, socialement parlant, se trouve plus bas, a dû être horripilant !

Et pourtant… Si le duc est raide coincé au départ, fâché de la présence du détective sur l’enlèvement de son unique héritier, le duc et se montre peu coopératif, allant même jusqu’à s’adresser à lui par l’intermédiaire de son secrétaire, sa grâce ne tardera pas à comprendre que Holmes est un homme courtois, bien élevé, à la diction irréprochable et qu’il a dû fréquenter une très bonne école lui aussi.

De plus, sans même devenir copains comme cochon, le duc va apprécier la discrétion et le sentiment élevé de ses devoirs professionnels qui animent notre détective préféré.

Passons maintenant à l’enquête proprement dite, sur la lande déserte… Que Holmes et Watson vont sillonner à pied, à cheval et à vélo parce que contrairement à ce que pense le Dr Huxtable, Holmes bosse sur l’affaire et est bien décidé à la résoudre !

Et s’il s’est attardé sur les origines sombres de la famille du duc et amassé les ragots sur eux, c’est parce qu’il sait que tout est important. D’ailleurs, il va même expliquer au Dr Huxtable ce qu’il s’est passé la nuit et le mystère de la bicyclette unique disparue.

Le rythme de l’épisode est soutenu jusqu’à la fin, avec un suspense grandissant pour celui qui ne connaîtrait pas la fin…

Même pour celui qui sait tout, c’est toujours un plaisir de revoir cet épisode qui fait partie des très très bons (on mangera notre pain noir après).

L’amitié qu’il y avait entre Jeremy Brett et Edward Hardwicke et entre Holmes et Watson est très bien décrite dans une scène qui n’existe pas dans la nouvelle canonique mais qui se retrouve ici à l’initiative de Jeremy : Holmes et Watson après avoir suivi les traces de la bicyclette du prof d’allemand à travers la lande, se reposent un instant sur un promontoire rocheux.

Watson, ne comprenant pas pourquoi les traces de pneus disparaissent et reviennent se fait balancer un : « Watson, vous êtes brillant pour déceler l’évident »… et se tient coït.

De son côté, notre détective est plongé dans une intense réflexion, il est dans son monde et de ce fait, totalement hermétique à ce qui l’entoure. Notre brave docteur Watson tente vainement de lui faire comprendre qu’il meurt de faim et souhaite se rendre à l’auberge qu’il a repérée sur sa carte.

Las, pas de réponse, rien ne bouge du côté de la figure figée du détective. Notre docteur, n’écoutant que l’appel de son estomac, est même prêt à partir seul.

Miracle, Holmes sort soudainement de son mutisme contemplatif et lui dit :

— Mon cher ami, vous devez mourir de faim. Observez cette carte, vous verrez qu’il y a une auberge à 3 miles dans cette direction.

Mais putain, je viens de te le dire ! Non, Watson est trop bien élevé pour dire pareille chose. Alors que fait-il ? Presque soupirant, il opine de la tête d’un air las et suit son ami qui est déjà parti devant comme une flèche.

Cette idée de Jeremy a été reprise et travaillée par les scénaristes et donne au final un splendide moment d’interprétation, teinté d’humour et de sous entendus lourds de sens.

Tous ces moments d’intimité et de clins d’œil comiques donnent vie aux personnages et les rendent très attachants.

A l’auberge tant convoitée par Watson, Holmes fume une cigarette, tandis que son ami découvre avec dégoût, le plat que lui a servi l’aubergiste. D’un air ironique Holmes imperturbable lui demande si c’est bon… C’est dégueulasse !

Mais grâce à l’estomac de Watson, ils vont louer ensuite les deux chevaux de l’auberge et se rendre chez le duc, et c’est là, en partie, que la lumière va se faire dans le cerveau de Holmes. On dit quoi ? On dit « Merci Watson » !

Si le scénario a fait l’objet de modifications assez nombreuses par rapport à l’œuvre originale de Conan Doyle, le tout reste parfaitement cohérent et nous donne un final spectaculaire où la tension dramatique atteint son paroxysme dû à la mort du coupable qui était simplement renvoyé dans la nouvelle.

Pour moi, il méritait la pendaison, mourir de la sorte l’a soustrait à une comparution devant des juges, mais ça évite aussi un gros scandale !

Quant à notre duc qui ne voulait pas voir Holmes, qui ne voulait pas entendre ce que le détective avait à lui dire, il finira par lui témoigner toute sa confiance en lui signant un chèque de £12.000 alors que la récompense n’était que de 6.000. Preuve s’il en est que ce chèque est un témoignage de sa reconnaissance et non la simple rétribution de ses services.

Holmes ne se privera pas de l’empocher. Leurs regards se croiseront alors d’un air complice et cordial.

Encore un super épisode sans temps mort, où les personnages sont bien dans leurs rôles, où Jérémy n’a pas encore pris de poids à cause de ses médocs et où il jouait merveilleusement bien Holmes.

Je ne m’en lasse jamais de ces épisodes là !

Pour se coucher moins bête : 

      • Jeremy qui chanta comme soliste dans le chœur d’Eton où il fit ses études et qui était passionné de musique, apprécia beaucoup la bande son de Patrick Gowers et la participation du chœur de Winchester Abbey.
      • Cet épisode serait, selon Michael Cox, producteur puis producteur exécutif de la série, la seule adaptation filmée de la nouvelle de Doyle en soixante ans. Celle-ci a cependant fait l’objet d’adaptations radiophoniques.
      • Les tournages en extérieurs eurent lieu dans le Derbyshire qui offre de magnifiques paysages.
      • La propriété qui servit de cadre à l’école est Haddon Hall près de Bakewell et le fastueux château qui devint Holdernesse Hall est celui de Chatsworth, propriété du duc et de la duchesse de Devonshire.
      • Cet épisode est le préféré d’Edward Harwicke : « C’est le meilleur film que nous ayons fait. John Madden était un très bon réalisateur. La mise en scène d’un film doit être organique – le texte, l’action et l’image ne doivent former qu’un élément. Tom Sheppard a conçu le scénario comme une unité à part entière. »

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

18. Sherlock Holmes : L’Homme à la Lèvre Tordue – The Man with the Twisted Lip

SAISON 2 – [Le retour de Sherlock Holmes] – ÉPISODE 5

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : Patrick Lau
  • Scénariste : Alan Plater
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 18ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 13 août 1986 – ITV Network (18ème épisode diffusé); États-Unis : 5 mars 1987 – WGHB; France : 23 avril 1989 – FR3 (18ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 35 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    Eleanor David … Mrs. St Clair
    Clive Francis … Neville St Clair
    Denis Lill … Inspector Bradstreet
    Patricia Garwood … Kate Whitney
    Terence Longdon … Isa Whitney
    Rosalie Williams … Mrs. Hudson
    Albert Moses … Lascar

Le Pitch ?
À intervalles réguliers, Holmes disparaît sans prévenir. Cette fois, Watson n’apprécie pas car il l’attend vainement. Il accepte alors d’aider son amie Kate, en allant chercher son mari, fumeur d’opium invétéré, au Bar de l’Or, Upper Swandam Lane.

Sur place, il est agrippé par un vieillard repoussant qui s’avère être… Holmes méconnaissable. Le détective enquête incognito sur la mystérieuse disparition de Neville Saint Clair, un journaliste qui travaille dans la City et dont seuls les vêtements ont été retrouvés dans la Tamise.

Or sa femme l’avait entrevu à la fenêtre d’une taverne d’un quartier populaire, victime apparemment d’une agression.

Mme Saint Clair revient sur les lieux, escortée par la police qui arrête un mendiant à la lèvre tordue, du nom de Boone, si répugnant mais si habile à la répartie qu’il gagne beaucoup d’argent.

Holmes reste très pessimiste sur le sort de Neville, mais sa femme est persuadée qu’il n’est pas mort, car elle vient de recevoir un mot écrit de sa main.

Intro : Un homme fait la manche, il est sale, mal en point, récite du Shakespeare et les élégants monsieur de la City lui remplissent sa sébile.

Les affaires marchent plutôt bien pour le mendiant Boone…

Pendant que les pièces tintent pour Boone, un homme élégant se dirige vers une ruelle assez mal famée.

Du côté du 221b, Watson est de mauvais poil car il devait dîner avec Holmes et ce dernier est parti avec une cliente.

S’asseyant devant le feu et pensant passer une soirée à lire le journal devant le feu, le brave docteur est dérangé par l’arrivée d’une dame, on le voit râler, puis changer de tête en tombant nez à nez avec une connaissance.

Allez hop, puisqu’on m’a signalé le mois dernier que je faisais dans le glauque du bush australien, dans les bas fonds des États-Unis ainsi que les poubelles de l’histoire d’Argentine, je vais donc me pencher un peu sur le « garbage » de la bonne société victorienne !

Pas de ma faute si cet épisode se penche un peu sur l’envers du décor de Londres à l’époque de sa reine Victoria et que l’on quitte quelque peu les beaux salons londoniens où les nobles et les riches boivent leur thé avec le petit doigt en l’air et la cuillère en argent posée délicatement sur la sous-tasse…

ENFIN, Sir Arthur Conan Doyle va envoyer son détective dans les bas-fonds londoniens et nous balader dans quartiers miséreux et mal famés de l’East End, là où Jack a fait son Ripper…

Anybref, là où c’est glauque à souhait et où on aura envie de se laver les main après avoir vu l’épisode ! Ou de se gratter si on pense qu’il pouvait y avoir des petites bêbêtes dans les vêtements de Boone.

Encore un épisode que j’adore, non seulement parce que l’on nous montre autre chose que des beaux salons et qu’on aperçoit Londres telle qu’on la voit peu souvent dans les aventures de Holmes.

[Il faut lire « Le peuple d’en bas » de Jack London]

Londres nous présente un visage à la Janus, avec, d’un côté, la bourgeoisie et les nobles, ceux qui pètent dans la soie et de l’autre, les miséreux qui vivent dans des taudis, dont Boone est le plus cruel exemple.

Dans ces ghettos où s’entassent hommes, femmes et enfants, il est dangereux de s’aventurer pour qui est étranger ou bien habillé. Mme St Clair en fera l’expérience.

Les images étranges de la caméra, les sons déformés lui font vivre un cauchemar éveillé, marchant au hasard, tiraillée et bousculée.

Le passage de la fumerie d’opium où Watson pénètre afin de récupérer le mari opiuman de son amie est assez glauque, on voit des hommes avachis comme des lavettes, la bave aux lèvres, les yeux dans le vague, et avec des places à louer dans leur tête.

Et puis, on sursaute lorsqu’une main agrippe Watson par le devant de son manteau et que l’on découvre  notre vieil ami à nous, Holmes.

— Vous croyez que j’avais ajouté l’opium à la liste de mes petites faiblesses ?

Si Holmes est en forme dans cet épisode et qu’il a de belles réparties, on dirait que Watson nous la joue femme délaissée, boudant toujours pour son dîner raté, et suivant Holmes un peu comme s’il subissait l’affaire, avec des pieds de plombs, ronchonnant plus tard sur le fait que Holmes ne l’a laissé dormir que 2 heures.

— Un vrai parangon de la vertu ! [Watson après que Holmes lui eut décrit le parfait monsieur Neville St Clair].
— Watson, cette pointe de scepticisme dans votre voix ne vous honore pas.

Il est un fait que vivre avec un type comme Holmes ne doit pas être de tout repos car lorsque ce dernier est sur une enquête, il ne s’intéresse plus à rien d’autre qu’à son affaire et les autres n’ont qu’à suivre le mouvement.

Holmes lui-même suivant le mouvement de madame St Clair qui a tout d’une femme remarquable et pas d’une pleurnicheuse, une femme de caractère, déjà qu’elle avait osé entrer dans Upper Swandam Lane, rue vachement mal famée !

D’ailleurs, Holmes mettra en garde Watson qui voulait se montrer galant et qu’elle ne lui cède pas sa place pour le souper léger :

— Watson, c’est une femme qui sait ce qu’elle veut, vous lui tenez tête à vos dépens.

Oui, Holmes mènera la danse durant tout l’épisode, nous laissant un Watson suivant le train, un peu en retrait, boudeur face  à un Holmes qui se moque de tout le reste, en ce compris des heures réglementaires de sommeil, sans compter que ce pauvre Watson a dû dormir dans une chambre enfumée puisque Holmes a fumé comme une cheminée pour tenter d’avoir l’illumination sur la disparition mystérieuse de Neville St Clair.

La scène qui suivra sera directement inspirée par un dessin de Sidney Paget qui avait dessiné Holmes méditant, la pipe en bouche, toute une partie de la nuit, les yeux clos, assis en position du lotus sur une pile de coussins, le tout filmé dans un halo de lumière quasi mystique.

Jeremy apprécia particulièrement de jouer Holmes en méditation car lui-même avait a été un adepte de la méditation toute sa vie. Voilà une autre facette qui les réunissait. Et la méditation, ça marche pour résoudre une affaire étrange de disparition !

La scène du réveil de Watson est drôle car Holmes, habillé de pied en cap, lui chatouille le pied qui dépasse du lit et lui balance un :  » Je vous ai réveillé pour vous demander si vous pourriez envisager la possibilité de vous lever ».

Watson demande l’heure (il est 6h du mat’), se plaint qu’il ne l’a laissé dormir que 2h et lui demandera si la vie de quelqu’un est en jeu.

La réponse est non, mais quand Watson demandera à Holmes s’il  ne peut pas aller vérifier sa théorie un peu plus tard, il lui sera répondu « Je vous attends en bas dans 5 minutes ».

Le silence de Watson sera éloquent, pourtant, Holmes n’hésitera pas à s’auto-flageller tout en menant de main de maître l’attelage à un cheval de sa cliente :

— Watson, vous êtres en compagnie d’un des plus grands idiots d’Europe. Je mériterais qu’on m’envoie d’ici à Charing Cross à coups de pieds !

Dans cet épisode rythmé qui nous montre une facette du Grand Londres peu reluisante, on nous fait voir aussi que le respect des convenances et de la bonne moralité sont primordiaux, sans oublier que la pression sociale étaient telles à l’époque que certains auraient préférés mourir ou rester en prison plutôt que de faire retomber sur sa famille la honte de leur activité de mendiant.

Oh les regards méprisants, désapprobateurs, de l’inspecteur Bradstreet et du brave docteur Watson devant Boone, quand ce dernier leur explique combien il gagne par année… et en sachant ce qu’ils savent sur son identité réelle !

Par contre, pas de jugement du côté de Holmes qui lui est heureux d’avoir résolu ce mystère insondable et qui est fasciné par cet homme qui a fait du théâtre et qui, comme  lui, savait se grimer et jouer un rôle.

Sans doute y voyait-il le reflet de son anticonformisme, de son art du déguisement, de son désir d’être libre, de ne dépendre de personne, de fuir la routine et les convenances pour vivre une aventure exceptionnelle.

Si Jeremy Brett avait, tout comme Holmes, un certain talent pour se déguiser et se rendre particulièrement laid et repoussant, on peut dire que l’acteur qui joue Boone a montré un égal talent, si pas mieux !

Un super épisode que je ne me lasse jamais de regarder ou de lire, même en sachant la solution de l’énigme, car c’était tellement bien trouvé !

De plus, on a quelques dialogues drôles et des réparties amusantes de Holmes envers Watson.

D’ailleurs, en arrivant à la prison où était détenu le mendiant Boone, l’inspecteur Bradstreet leur annonça, en se frottant les yeux, que le mendiant dormait encore et Watson de répliquer, des reproches dans la voix « À cette heure-ci, tout le monde dort encore ! ».

J’adore !

Pour ce coucher moins bête au soir :

  • L’intérieur de la fumerie d’opium a été reconstitué en studio à Manchester.
  • On assiste à un exemple typique du caractère holmésien, que l’on retrouve également au début du « Manoir de l’Abbaye ». L’actrice Patricia Garwood, qui joue Kate Whitney, l’amie de Watson, est la femme du scénariste Jeremy Paul.
  • Le côté shakespearien du personnage de Boone est souligné par la magnifique scène finale, ajout des scénaristes, où St Clair, jetant les vêtements de Boone au feu, récite un extrait de la tirade d’Horatio à la mort d’Hamlet.
  • Cet acte d’expiation par les flammes ressemble à un bûché funèbre. Il s’agit bien d’une partie intime de lui même que St Clair a sacrifiée.

16. Sherlock Holmes : Le Rituel des Musgrave – The Musgrave Ritual

SAISON 2 [Le Retour de Sherlock Holmes] – ÉPISODE 3

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : David Carson
  • Scénariste : Jeremy Paul
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 15 ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 30 juil. 1986 – ITV Network (16ème épisode diffusé); Etats-Unis : 19 fev. 1987 – WGHB; France : 2 avril 1989 – FR3 (15ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 35 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    James Hazeldine … Richard Brunton
    Michael Culver … Sir Reginald Musgrave
    Johanna Kirby … Rachel Howells
    Teresa Banham … Janet Tregallis
    Ian Marter … Inspector Fereday
    Patrick Blackwell … Tregallis

Le pitch ? Alors qu’il envisageait un weekend ennuyeux au château de Hurlestone dans le Sussex, chez son ancien camarade de collège, Sir Reginald Musgrave, Sherlock Holmes est confronté à une énigme mystérieuse.

Héritier d’une vieille famille, Musgrave a surpris en pleine nuit son maître d’hôtel Brunton qui examinait le « rituel des Musgrave », un vieux texte familial de questions et réponses, qui permet de déterminer un endroit du domaine.

Selon Holmes, Brunton, est un personnage singulier, instruit, très érudit, finalement plus intelligent que son maître, qui s’était étrangement satisfait de ce poste subalterne.

Or il a disparu et la femme de chambre, Rachel Howells, son ancienne fiancée, a un comportement hystérique, puis disparaît à son tour.

Les recherches restent vaines, on ne repêche qu’un sac rempli de morceaux de ferraille rouillés dans le lac.

Intro : Un homme, fébrile. Au loin, ♫ un cavalier qui surgit hors de la nuit, cours vers le grand chêne au galop… ♫ Oh, z’ai cru voir un mousquetaire ? Oui, j’ai bien vu… Sherlock Holmes contre d’Artagnan ??

Non, non, non, un homme revient parmi nous, ce n’était qu’une extrapolation de son esprit.

Ce qui ne l’est pas, par contre, c’est l’arrivée d’une jeune femme au regard lubrique, concupiscent. Elle se poste, debout, devant cet homme assis dans le foin (celui qui avait des visions).

Là, c’est moi qui en ait car la demoiselle soulève sa robe afin de montrer la fente de sa tirelire au monsieur qui, là-dessus, n’a qu’une seule envie : lui fourrer sa pièce dedans !

Niveau quête, ça a bien quetté, on a vu des brindilles de foin tomber entre les planches disjointes, nous et une femme au regard sombre, on les a vu l’un sur l’autre, mais on ne verra rien de plus…

Un coupé tiré par deux chevaux… Dedans, Holmes et Watson. Notre docteur a l’air enchanté et Holmes, enrhumé et de mauvaise humeur. Seul Watson à l’air content d’aller passer quelques jours chez Sir Reginald Musgrave, un ancien camarade de collège de Holmes.

Sherlock est ronchon, il peste sur Watson qui lui demande de ranger ses brols et lui apprend qu’il a pris sa malle au vieux dossiers, ceux d’avant l’arrivée de biographe.

Watson aimerait les voir, mais Holmes, résolument de mauvais poils, pose ses deux pieds sur la malle aux secrets !

Premier à nous montrer notre détective préféré en proie à ses humeurs sombres mais tout à fait canoniques puisque Sir Arthur Conan Doyle avait décrit son héros d’un naturel maniaco-dépressif, passant de périodes d’abattement à celles d’excitation dès qu’une énigme pointait le bout de son nez.

Un dialogue m’a fait rire. Entré dans la cour du château de Musgrave, Holmes, toujours sa couverture sur le dos, demande à son ancien camarade :

— Comment se porte votre épouse ?
— Mais, Holmes, je ne suis pas marié !
— Quelle sagesse !

Ah tiens, le majordome si intelligent qui accueille Holmes et pour qui se dernier a de la sympathie, c’est Brunton, celui qui jouait à la bêbête à deux dos avec la demoiselle…

Jeremy Brett nous met en scène un Holmes en proie à l’ennui, d’ailleurs, dans une scène, Watson, bien habillé pour le repas du soir, passe devant la chambre de Holmes où la porte est grande ouverte.

Ce dernier étant occupé dans la salle de bain (ou ce qui y ressemble) et notre docteur, voyant la malle aux anciennes affaires posée à même le sol, se rue dessus à pas de loup, un sourire de gosse affiché sur le visage.

Mais au moment de l’ouvrir, il aperçoit, sur la table basse, tout le nécessaire à Holmes pour s’injecter la solution à 7% de cocaïne. Ça lui refroidit ses ardeurs direct.

Durant tout le repas, Holmes sera hilare pour un rien. Un bien mauvais convive.

Cet épisode prend quelques largesses avec le canon holmésien car dans ce dernier, Le Rituel de Musgrave était une histoire que Holmes racontait à Watson, une ancienne affaire qu’il avait résolu quand il était jeune.

Dans le canon, Watson avait demandé que Holmes range ses affaires et ce dernier, afin d’y échapper, avait exhumé sa malle aux anciennes affaires, celles de ses premiers enquêtes…

Curieux et avide d’en apprendre plus sur les débuts de son détective de colocataire, Watson avait laissé tomber la corvée de rangement car impossible pour résister  à écouter son ami lui raconter l’histoire du rituel des Musgrave…

Pour les besoins de la série, il fallait inclure Watson dedans et il était difficile de rajeunir Jeremy Brett.

Donc, le scénariste, Jeremy Paul, a pris quelques libertés avec le texte original, et il l’a bien fait, corrigeant par là même une incohérence dans la nouvelle de ACD qui basait un point essentiel de déduction sur la hauteur d’un chêne, sans tenir compte de l’évolution de sa taille au cours des siècles.

Dans la série télé, la chose a été résolue de manière intelligente et subtile ! Je ne vous dira pas comment. Na !

On retrouve dans cet épisode que j’aime beaucoup des ingrédients chers à Conan Doyle : un rituel secret, un trésor, une découverte historique, une enquête sur fond d’Histoire, presque un roman d’aventure qui aurait bien été au Club Des Cinq.

Il y a du mystère, une disparition du majordome, inexplicable, majordome qui était talentueux et qui aurait pu exercer un autre métier plus prestigieux que celui-là.

Tout ces ingrédients réunis et habillement cuisinés nous donnent un épisode qui a du peps, de l’intrigue, du mystère, du suspense, et notre Holmes va se remuer le cul après être resté apathique sous sa couverture tout en ricanant nerveusement pour un oui ou pour un non.

L’acteur, en tout cas, joue bien le rôle du maniaco-dépresif et le tout est traduit par des jeux de physionomie, des mimiques, des yeux éteins, des regards lointains et par son habillement car comme le disait Sherlock de la BBC « Je suis malade, j’ai une couverture »

Connaissant maintenant les problèmes de santé de Jeremy Brett (bipolaire), je me dis qu’il n’a pas dû trop chercher pour nous jouer de manière convaincante un Holmes abattu et en proies à ses démons.

C’était ses propres démons qui étaient là, et pas vraiment ceux de Holmes.

Mais comme je vous le disais, Holmes pouvait passer de l’abattement le plus total à de l’énergie pure, pire que s’il avait bu 36 Raide Boule ! Une fois que le majordome a disparu, notre détective se transforme en général et mène ses troupes à la baguette et au pas de charge !

La logique est sienne et Holmes va se livrer à ce brillant exercice et son intelligence va niquer le rituel des Musgrave en le résolvant Il interrogera même, tel un maître d’école sévère, Musgrave et Watson sur les résultats de leurs calculs trigonométriques.

Remonté à balles de guerre, c’est au pas de charge qu’il va arpenter le parc du château, boussole en main, suivant les indications du rituel, dictées par Watson, qui peine à la suivre, tant il marche vite, brandissant sa cane pour inciter ses deux bras cassés à le suivre.

Si l’enquête est excellente, le tout reste tout de même sordide car on ne saura jamais si le bois est tombé tout seul où s’il a reçu un coup de main humain… Accident ou crime délibéré (vengeance), on le laisse à votre appréciation.

On a aussi l’appât du gain, la traitrise, le foutage de gueule de Brunton envers cette pauvre Rachel qu’il a utilisé juste pour arriver à ses fins et qui ne se gênait pas pour aller quetter avec une autre ensuite.

Mais malgré ces aspects sordides de l’histoire – l’Homme n’est pas un modèle de vertu – l’épisode est aussi rempli de situations burlesques et la chasse au trésor aurait pu avoir la musique de Benny Hill en arrière-fond.

On aura même une scène où Holmes va appliquer sa méthode, se mettant à la place du majordome et, sachant que ce dernier est aussi intelligent que lui, va imaginer comment il aurait lui-même procédé. Holmes, presque en transe, va visualiser clairement la scène du drame dans un flash back.

Bref, une fois de plus, un excellent épisode où Holmes nous donne toute la mesure de son talent, mais aussi celle de son mal-être, lui qui ne vivait que pour résoudre des énigmes et dont l’esprit se rebellait à la stagnation.

Jeremy Brett faisait très bien passer cela dans son personnage et le voir abattu en début d’épisode, en proie à ses démons, fait mal au coeur, mais tout le plaisir est de le voir revivre une fois que l’enquête pointera le bout de son nez.

Pour se coucher moins bête ce soir :

  • Le script remporta l’Award Edgar Allan Poe du meilleur épisode TV pour « Mystery! » à New York en 1988.
  • Le texte du rituel diffère entre la version anglaise et la version américaine de la nouvelle.
  • Jeremy Paul, le scénariste, a utilisé la version américaine, plus courte et où il n’y a pas de référence de date.
  • La demeure de Sir Reginald Musgrave est Baddesley Clinton, un manoir médiéval du Warwickshire.

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

15. Sherlock Holmes : Le Manoir de l’Abbaye – The Abbey Grange

SAISON 2 [Le Retour de Sherlock Holmes] – ÉPISODE 2

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : Peter Hammond
  • Scénariste : Trevor R. Bowen
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 14ème épisode tourné et le 1er avec Edward Hardwicke
  • 1ère diffusion : Angleterre : 6 août 1986 – ITV Network (15ème épisode diffusé); Etats-Unis : 12 fev. 1987 – WGHB; France : 26 mars 1989 – FR3 (14ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 25 sec

Distribution :

  • Jeremy Brett … Sherlock Holmes
  • Edward Hardwicke … Dr. John Watson
  • Anne-Louise Lambert … Lady Mary Brackenstall
  • Conrad Phillips … Sir Eustace Brackenstall
  • Oliver Tobias … Captain Croker
  • Paul Williamson … Inspector Hopkins
  • Nicolas Chagrin … Mr. Viviani
  • Zulema Dene … Theresa Wright

Le pitch ?
Sherlock Holmes réveille son ami et lui demande de l’accompagner à Abbey Grange, dans le Kent.

L’inspecteur Hopkins sollicite d’urgence son aide, car Sir Eustache Brackenstall a été sauvagement assassiné, tandis que son épouse aurait été ligotée.

Mais, sur les lieux, Hopkins ne parle plus que d’un banal cambriolage par trois criminels bien connus, le trio Rendall qui a déjà sévi dans les environs.

Lady Mary Brackenstall, une Australienne mariée Sir Eustache depuis un an, les a formellement identifié.

Elle se plaint d’abord de cet ivrogne invétéré, avant de raconter comment elle a été assaillie par trois hommes, frappée et attachée, puis s’est évanouie. Son mari est alors survenu et a reçu un terrible coup de tisonnier.

Bien qu’il soit l’épisode 2 de la saison 2, c’est par cet épisode que les producteurs ont commencé la nouvelle saison du « Retour de Sherlock Holmes » afin que Jeremy Brett s’habitue à son nouveau Watson : Edward Hardwicke.

Il était vital  que le nouveau Watson soit parfaitement dans son rôle afin d’être crédible lors de l’épisode qui devait ouvrir la saison : « The Empty House ».

Pour ceux qui n’étaient pas là lorsque j’en ai parlé en juin 2016, ou qui était au fond à côté du radiateur, sachez que le Docteur Watson a changé entre la première saison et la deuxième et que l’on est passé de David Burke (à gauche) à Edward Hardwicke (à droite).

C’est la raison pour laquelle notre bon docteur se tient un peu en retrait par rapport à Holmes et a peu de lignes de dialogue.

Intro : Un bel attelage de deux chevaux blancs trottent dans la noirceur de la nuit, à leur côté, un homme sur son cheval et tous pénètrent dans la cour. Ce sont les flics qui arrivent à Abbey Grange, dans le Kent car on vient de leur signaler la mort de Sir Eustache Brackenstall.

Baker Street : Sherlock Holmes entre dans la chambre du docteur Watson et le secoue gentiment, lui disant :

— Come Watson, come. The game is afoot.

Et comme ce dernier fait mine de se rendormir, il lui dit, plus impérativement, de s’habiller et de venir avec lui.

Dans le train qui les emmène dans le Kent, Holmes reproche, une fois de plus à Watson, de ne pas présenter ses récits comme des cas scientifiques, mais de les romancer. Le brave docteur lui dit qu’il peut écrire s’il le souhaite et Holmes lui dit qu’il le ferra, lorsqu’il ne sera plus en activité (il le fit pour deux aventures, mais ce n’était pas un excellent conteur, il le remarquera lui-même).

Voici un épisode comme je les aime : fidèle au récit canonique, avec une jolie jeune femme qui explique tout à Holmes, lui disant qu’on l’a fait se déplacer pour rien, ce n’est qu’une horrible affaire de cambriolage, le tout devant les yeux d’un Watson attendrit par la jolie dame qui a été blessée par les trois cambrioleurs.

Jeremy Brett est en forme, du moins, dans son rôle de Holmes et je laisse pas transparaître à l’écran son mal être après le décès de son épouse et la défection de son ami, David Burke.

Sa santé était déjà précaire, mais rien ne le montre, il bouge, ne reste pas en place, escalade le manteau de la cheminée (pas de doublure cascade, il n’en voulait pas), observe les trois verres de porto, examine les traces de cire sur le tapis…

Il nous offre, une fois de plus, un Sherlock Holmes affuté, à l’acuité aiguisée, aux sens exacerbés, toujours à la recherche de la vérité.

Brett a beaucoup de texte à dire, d’explications, d’analyses longues et compliquées. Vu que Edward hardwicke débute dans le rôle de Watson, c’est à Brett qu’incombe la majorité du script.

Toujours en action, Jeremy escalade le manteau de la cheminée, avec une agilité féline – car, comme je vous l’ai déjà dit, il ne faisait jamais appel à une doublure.

Tout comme Columbo, Holmes cherche le petit détail qui cloche, le truc qui qui ne va pas, le détail minuscule et il a failli passer à côté ! Heureusement qu’il est le meilleur.

Sauf pour faire parler les femmes…

L’épisode fait aussi partie de mes préférés : Brett, malgré sa maladie, n’a pas encore commencé à avoir le visage gonflé suite à la prise de ses médicaments, il est toujours agile, malgré son âge et j’aime la manière dont il donne vie à Holmes, ses mimiques, ses mouvements de mains, la position de ses doigts, ses petits sourires en coin.

Et puis, comment rester insensible à une histoire d’amûr ?

Holmes restera insensible, lui, se dégageant même de l’étreinte de la belle Mary Fraser, Lady Brackenstall, lorsqu’elle se jettera dans ses bras pour le remercier.

Un épisode où Holmes nous dira qu’il a parfois fait plus de tort en arrêtant le coupable et qui s’érigera en juge, avocat, tandis que Watson se fera jury.

Et on termine l’épisode sur un verre bu devant la cheminée, avec un sourire en coin de Holmes envers Watson qui sourit, lui aussi, satisfait de sa journée.

Pour ne pas se coucher idiot !Beaucoup d’évènements eurent lieu et pesèrent sur la saison 2 qui failli ne pas avoir lieu… Le tournage reprit en 1985.

  • Décès de l’épouse de Jeremy Brett quelques mois auparavant, ce qui donna lieu à son incertitude à continuer la série;
  • Départ de David Burke (le Watson précédent), parti s’installer avec sa femme, l’actrice Anna Calder-Marshall et leur jeune fils, à Stratford pour jouer à la Royal Shakespeare Company;
  • Les changements de productions

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sherlock – The Abominable Bride [Série]

Article publié ce jour en hommage à la date – présumée – de la naissance de Sherlock Holmes (06 janvier 1854 mais personne n’en est sûr, juste une histoire de déductions).

Chronique garantie sans spolier !

Pour ceux qui ont lu le canon holmésiens, il y a une Untold Stories mentionnée par Watson qui porte le titre de « Ricoletti of the club foot and his abominable wife ».

Une Untold Stories, pour les néophytes, c’est une enquête de Sherlock Holmes, mentionnée dans les écrits de Watson, mais pour lesquels les lecteurs n’ont jamais eu le compte-rendu.

Et cet épisode de la série Sherlock de la BBC a utilisé cette enquête mentionnée par Watson, mais jamais contée par lui, comme base pour cet épisode spécial Nouvel An.

Mais il ne se base pas que sur ça… Il y a aussi Le Manoir de l’Abbaye, Le problème final et Les 5 pépins d’orange…

J’attendais avec impatience ce nouvel épisode de Sherlock BBC et me posais bien des questions sur le « truc » puisque Steven Moffat et Mark Gatiss avaient décidé de plonger le détective dans sa véritable ère qui est la victorienne alors qu’ils nous l’ont si bien transposé au 21ème siècle.

Premières impressions : décors magnifiques, excellent rendu d’un Londres en 1895 (même si je n’ai pas vu les photos sous la neige que j’avais pu voir en avant-première, sans doute été coupées au montage), Watson marrant avec sa moustache, Holmes sexy avec ses cheveux plaqués en arrière, Mycroft obèse à mort, madame Hudson délicieusement rétro et Lestrade horrible avec ses rouflaquettes.

Je ne dirai rien en ce qui concerne Molly Hooper, à vous de voir l’épisode !

J’ai aimé le côté rétro de l’épisode, la moustache que Watson doit se laisser pousser pour que les gens le reconnaissent, les attitudes prises par les deux protagonistes, et dessinées un jour par Sidney Paget, ainsi que toutes les références au canon holmésien, qui doivent pas être connues pour être appréciées.

Notre Sherlock porte plus souvent l’horrible deerstalker que le haut-de-forme car il doit être conforme au personnage… Pourtant, l’est sexy en diable avec le haut-de-forme…

Il y a aussi une sorte de comique dans l’épisode, un soupçon de burlesque, un petit côté « je me moque de moi-même » qui m’a fait sourire plusieurs fois et j’avoue avoir eu quelques éclats de rire.

Les dialogues sont assez mordants et ça balance de tout les côtés !

J’ai pouffé de rire avec les paris un peu « morbides » que prennent Sherlock et son frère Mycroft, tout occupé à se gaver comme une oie avant les fêtes de Noël.

L’épisode est vif, nerveux, on ne s’embête pas, on ne sait plus où donner de la déduction tant le problème à l’air insoluble.

L’enquête a un petit côté fantastique avec la mariée morte, qui se relève de sa table de morgue pour aller assassiner son mari et je me suis demandée durant tout l’épisode comment elle avait fait ! Une fois que j’ai eu la solution, je me sentais moins bête mais j’avais pas trouvé, tiens.

Les petits procédés de caméra m’ont beaucoup plu aussi : Lestrade, dans le salon de Holmes, lui raconte la fusillade (qui ne fit pas de mort, juste une suicidée) et le salon est transposé dans la rue, comme si nos amis étaient les spectateurs en direct de la scène.

Sherlock est pareil à lui-même, imbuvable à certains moments, arrogant, fat, il balance des tas d’horreurs à Watson, des piques, des sarcasmes, mais se fera clouer le bec par une Mary Morstan décidément bien en forme.

Dommage que l’explication finale n’ait pas été plus exploitée parce que nous avions un sujet jamais traité dans le canon, des aspects politiques et de vie que Conan Doyle avait laissé dans l’ombre, se concentrant plus sur les enquêtes que sur la vie des gens sous le règne de Victoria.

Ok, c’est pour lancer la nouvelle saison, je ne dis pas, mais merde, ils n’auraient pas dû laisser cette chose importante en plan, je trouve. Merde, « ça » compte pas pour des prunes quand même.

De plus, sur la fin, j’avais un peu l’impression de me trouver dans « Les cigares du Pharaon » d’Hergé ou dans une réunion du Ku-Klux-Klan qui aurait décidé de porter les couleurs du RSCA d’Anderlecht (seuls les Belges capteront).

Ceci ne sera que ma seule critique, qui est plus un regret et une constatation qu’une critique pure et dure. Le cliché était un peu gros, les gars…

En résumé, je ne suis pas déçue de mon visionnage, depuis le temps que je l’attendais et j’avais même évité toutes les vidéos pour rester vierge avant…

J’ai pris mon pied, tiens ! Franchement, j’ai bien aimé la manière dont ils ont introduit et expliqués tout ça pour la prochaine saison… Le tout est cohérent, à mon humble sens, malgré les petites erreurs sur la fin.

Allez, je vais reprendre la DeLorean de Doc et refaire un bon dans le temps, moi, pour me replonger dans cette ambiance délicieusement victorienne.

— Watson, the game is afoot !

Étoile 4

Le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « A year in England » chez Titine.

Juste pour le fun :

9. Sherlock Holmes : L’Interprète Grec – The Greek Interpreter

Sherlock Holmes : L’Interprète Grec – The Greek Interpreter

SAISON 1- ÉPISODE 9 (Série II)

  •     Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •     Adaptation : John Hawkesworth
  •     Réalisateur : Alan Grint
  •     Scénariste : Derek Marlowe
  •     Décorateur : Margaret Coombes
  •     Musique : Patrick Gowers
  •     9ème épisode tourné
  •     Série 2 : 2/6
  •     1ère diffusion : Angleterre : 1er sept 1985 – ITV Network (9ème épisode diffusé); Etats Unis : 6 février 1986 – WGBH; France : 19 février 1989 – FR3 (9ème épisode diffusé)
  •     Durée : 50 min 25 sec

  •  Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Charles Gray …  Mycroft Holmes
Alkis Kritikos …  Mr. Melas
Anton Alexander …  Paul Kratides
George Costigan …  Wilson Kemp
Nicholas Field …  Harold Latimer
Victoria Harwood …  Sophy Kratides
Rita Howard …  Mrs. Stern
Oliver Maguire …  Inspector Gregson

Le pitch ?
Pour la première fois, le docteur Watson entend Sherlock Holmes évoquer sa famille et lui révéler l’existence de son frère de 7 ans son aîné, Mycroft.

Ce dernier plus habile que lui, mais moins doué d’énergie, les invites au Club Diogène pour leur soumettre l’affaire étrange d’un interprète grec.

Monsieur Melas a été engagé par un certain Harold Latimer pour servir d’interprète entre un grec et deux anglais qui les retiennent, lui et sa sœur contre leur volonté.

Conduit de force, les yeux bandés dans un lieu secret, il a été témoin des sévices infligés au grec, qui par son refus obstiné de signer un document met sa vie en danger.

Un port, la nuit… Un homme dans la rue, bagage à la main. Un certain monsieur Latimer vient le chercher et l’emmène vers sa voiture, tirée par deux chevaux (oui, une deux chevaux !!) et boum, il assomme l’homme !

Baker Street, la rue animée.

Le prologue est laissé à Watson qui nous dit que Sherlock Holmes n’a jamais parlé de sa famille et qu’il avait fini par croire qu’il était orphelin. Nous aussi, tiens.

Jusqu’à ce que Holmes lui parle de son frère !!

Baker Street, intérieur… Un bordel de papier est étalé dans l’appartement (ce n’est ni la première ni la dernière fois).

Et voilà que Holmes nous parle de sa mamy, qui était la sœur du peintre Vernet et enchaîne sur son frère Mycroft qui possède les mêmes qualités que lui, Sherlock reconnaît même qu’il lui est supérieur dans le don d’observation.

C’est dans ce dialogue que Holmes lui dit qu’il déteste la fausse modestie, Watson ayant pensé, à tort, que son détective d’ami faisait son modeste…

– Mon cher Watson, dit-il, je ne saurais être d’accord avec ceux qui rangent la modestie parmi les vertus. Pour le logicien, toutes les choses doivent être exactement ce qu’elles sont, et se sous-estimer soi-même, c’est s’écarter de la vérité, autant qu’exagérer ses propres mérites. Donc, quand je dis que Mycroft a des facultés d’observation supérieures aux miennes, vous pouvez croire que je dis à la lettre l’exacte vérité.

Pourquoi son frère n’est-il pas connu en tant que détective ?? Parce qu’il n’est pas un homme de terrain, il ne sort jamais ses rails « Pall Mall / Whitehall ».

C’est son frère qui a fondé le Diogene’s Club.

– Le club Diogène est le plus étrange de Londres et Mycroft est un de ses membres les plus étranges. […] Il y a à Londres, vous le savez, beaucoup d’hommes qui, les uns par timidité, les autres par misanthropie, ne recherchent nullement la société de leurs semblables. […] C’est pour la commodité de ces gens-là que le club Diogène a été formé, et il compte, maintenant, les hommes les plus asociaux, les plus ennemis des clubs qui soient à Londres. On ne permet à aucun membre de se préoccuper d’un autre. Sauf dans la salle des Étrangers, il est interdit de parler, dans quelques circonstances que ce soit, et trois infractions à cette règle, si le comité en est informé, peuvent entraîner l’exclusion du bavard. Mon frère fut l’un des fondateurs et j’ai moi-même trouvé dans ce club une atmosphère éminemment sédative.

Le côté drôle de la scène, c’est la tête de Watson qui vient d’apprendre que Holmes avait une famille et que oui bien sûr il veut le rencontrer, ne fut-ce que pour vérifier qu’il existe !!

Dans cette série, les robes des dames sont magnifiques, le costume noir et haut-de-forme de Holmes est superbe, mais alors, les décors, purée, la classe !

Sexy le Sherlock en habits et haut-de-forme ! Plus élégant que le deerstalker et le macfarlane !!

Surtout le Diogene’s Club ! Des boiseries partout et une bibliothèque à vous faire tomber raide mort !

Cet épisode, je l’apprécie surtout pour une scène : Mycroft Holmes, assis sur une escabelle dans le bow-windows, aussi large que Sherlock est mince, la figure rougeaude et bon enfant.

Il invite son cadet à le rejoindre sur l’escabelle en face et tout deux vont se livrer à un exercice de déduction sur un type dans la rue. Un vrai match de tennis, chacun en ajoutant ou corrigeant l’autre, sous les yeux ébahis de Watson.

Pour moi, c’est un pur moment de bonheur !

C’est Charles Gray qui joue le rôle de Mycroft, rôle qu’il connait bien puisqu’il avait déjà interprété ce rôle en 1976 dans le film « The seven-per-cent solution » tiré du roman de Nicholas Meyer (traduit en français sous le titre « Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express).

Charles Gray était taillé pour interpréter Mycroft. Il a le profil physique, décrit dans le canon comme corpulent, au visage massif, au regard d’acier et au sourire énigmatique passant de l’aménité à la dureté.

Et cet Holmes là excelle tout aussi bien que son célèbre cadet, dans l’art de la déduction, comme en témoigne leur joute devant la fenêtre.

Leurs rapports sont très complices, faits d’émulation intellectuelle et de tendresse fraternelle.

Lorsque Mycroft s’avance pour accueillir monsieur Melas, Sherlock émerge de sa large stature, donnant l’impression que le jeune frère s’échappe de l’ombre envahissante de son aîné pour prendre la prérogative.

Après ce petit échauffement, Mycroft parle à son frère de Monsieur Melas, interprète grec, à qui il est arrivé une bien curieuse affaire !

Ici, beaucoup de moments angoissants, surtout lorsque monsieur Melas raconte comment il a été emmené un soir, par un mystérieux individu pour se retrouver à faire le traducteur entre deux hommes anglais et un grec dont le visage était quasi tout bandé.

La pièce est remplie de meubles couverts de draps afin de les protéger des poussières… ambiance !

Si Latimer a encore quelques airs de gentleman, son complice, Kemp, a tout de la gueule du truand sadique.

— Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?? Quelque chose qui n’va pas ? Elle ne te revient pas ?

Melas a aussi une paire de couilles, parce qu’il a testé les deux salopards en ajoutant quelques petits mots grecs dans les questions qu’il devait poser au pauvre gars, et, ne voyant aucune réaction de leur part, en a conclu qu’ils ne pétaient pas un mot de la langue du pays de la feta.

Alors, tout en répétant sans cesse « Vas-tu signer le document ? », il converse avec le pauvre hère qui, incapable de parler, doit tout écrire sur un petit tableau.

Durant tout l’interrogatoire, l’inquiétant Kemp affiche en permanence un sourire narquois, avec ses petits yeux presque enfantins écarquillés derrière ses lunettes rondes à la Harry Potter qui aurait sombré du côté obscur de la Force.

Son langage caustique et son rire sadique renforcent la gêne et le coté sordide de l’histoire.

L’équipe du film a gardé les dialogues entre les interlocuteurs anglais et grecs dans leurs langues maternelles, ce qui donne plus de réalisme en accentuant le côté énigmatique, l’impossibilité de communiquer et de se mettre d’accord.

Melas, d’ailleurs, lorsqu’il parle anglais, a une pointe d’accent ! Oui, j’ai visionné en V.O STFR.

Notre Melas (qui était dedans) étant en train d’en apprendre de plus en plus sur cet énigmatique prisonnier lorsqu’une dame fit irruption dans le salon, se plaignant qu’elle s’emmerdait (bon, pas en ces termes, je vous l’accorde)…

Le prisonnier se lève et hurle « Sophiaaaaaa » (sans le côté débile d’un « Adriiiiiaaaaannne »).

Melas touchera 5 souverains pour oublier cette soirée et, après deux heures de trajet dans la voiture aux fenêtres masquées, il se fera déposer sans ménagement devant chez lui.

Ces moments angoissants et très mystérieux seront contrebalancés par un Sherlock qui réveillera brusquement Mycroft, endormi durant le récit !

Petite mention spéciale à la phrase que nous sort Mycroft, avec un petit sourire d’excuses, presque :

— Sherlock est l’énergique de la famille !

Comme toujours, beaucoup de mystères entourent cette aventure : que fait ce grec en Angleterre, qui est cette femme qui semble le connaître, pourquoi le retient-on prisonnier, pourquoi veut-on lui faire signer un document à tout prix…

Tiens, ça va même faire sortir Mycroft de ses rails : il vient rendre visite à Sherlock car il a obtenu des réponses à ses petites annonces (qui n’étaient pas matrimoniales !).

Beaucoup de scènes de rues, aussi, avec Sherlock qui passe à la boutique de livres en bas de chez eux, des enfants qui courent un peu partout, des fiacres, des charrettes de foin.

Ça fleure bon l’ambiance victorienne !

On court beaucoup et on s’énerve aussi, surtout Sherlock qui, ayant été prévenir Scotland Yard, doit attendre l’arrivée d’un mandat dûment signé pour aller dans la maison des deux salauds afin de récupérer Melas et le sieur Kratides.

Ben oui, le pauvre traducteur s’est de nouveau fait enlever…

Rhôôôô, la petite pique que lance Mycroft à Sherlock quand celui-ci dit que la sœur de Kratides n’a pas dû se faire enlever, mais suivre les deux truands de son plein gré.

— Vous avez toujours la même opinion des femmes ?
— Dans ce cas, j’ai peur que ce soit justifié.

Le final dans le train ne se trouve pas dans la nouvelle canonique et c’est bien dommage parce qu’il vaut son pesant de tabac !!

Une poursuite pareille, c’est génial sans sombrer dans le jamesbondien.

Holmes qui fume dans un wagon où il est marqué que c’est interdit et Mycroft qui a dû courir pour monter dans le train, hurlant :

— Je ne suis pas fait pour courir, Sherlock !

« Fumer est strictement interdit dans ce compartiment »…!

J’aime bien Mycroft, parce que sous ses airs de gros ours débonnaire, il a de la suite dans les idées et, sans en avoir l’air, sera utile dans le final, même si, dans le compartiment, il dormait à poings fermés !

La soeur Kratides, c’est toute la froideur faite femme et Holmes aura raison de dire que « Ce n’est pas un crime d’avoir un cœur de pierre et aucune once de compassion ».

Holmes l’aura même dans ses bras, quand, à la fin, la pauvre choutte aura un peu peur…

Mon avis final ?
De la tension dramatique à la louche, du mystère, des questions, du stress et des grosses touches d’humour.

Les rapports entre les deux frères Holmes offrent des moments très amusants.  Il en est de même entre Watson et Holmes.

De plus, dès le début de l’épisode, on découvre un pan de la vie privée de Sherlock Holmes, ce qui est fort rare, avec l’existence de son frère aîné.

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« Ce n’est pas un crime d’avoir un coeur froid et aucune once de compassion »

♫ I’m poor lonesome consulting detective ♪

Quelques petites vidéos :

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

8. Sherlock Holmes : Les Hêtres-Rouges – The Copper Beeches

Sherlock Holmes : Les Hêtres-Rouges – The Copper Beeches

SAISON 1 – ÉPISODE 8 (Série II)                                                 big_4

  •     Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •     Réalisateur : Paul Annett
  •     Scénariste : William Craig
  •     Décorateur : Michael Grimes
  •     Musique : Patrick Gowers
  •     8ème épisode tourné
  •     Série 2 : 1/6
  •     1ère diffusion : Angleterre : 25 août 1985 – ITV Network (8ème épisode diffusé); Etats Unis : 27 février 1986 – WGBH; France : 12 février 1989 – FR3 (8ème épisode diffusé)
  •     Durée : 51 min 20 sec

  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Natasha Richardson …  Violet Hunter
Joss Ackland …  Jephro Rucastle
Lottie Ward …  Mrs. Rucastle
Patience Collier …  Miss Stoper
Angela Browne …  Mrs. Toller
Peter Jonfield …  Toller
Michael Loney …  Fowler
Rachel Ambler …  Alice

Le pitch ?

Sherlock Holmes broie du noir en fumant sa pipe. Il se lamente sur la déchéance de son art qui a atteint le « point zéro » avec une demande de conseil pour un emploi…

Cependant il daigne écouter Miss Violet Hunter, et son récit commence à l’intriguer.

La jeune femme lui confie son étonnement et son inquiétude, à propos du poste de gouvernante qu’Edward Rucastle lui propose aux Hêtres-Rouges, sa maison proche de Winchester.

Son employeur lui offre des gages très élevés en échange d’exigences bien particulières. Elle devra porter certaines robes choisies par lui, s’asseoir à une place précise et surtout couper sa magnifique chevelure, condition sine qua non pour obtenir la place.

Se refusant tout d’abord à sacrifier ses longs cheveux roux, la jeune femme finit par s’y résoudre et est engagée. Holmes décide de rester vigilant.

— MYSTÈÈÈÈRE ! comme le disait un magicien célèbre.

Une maison de campagne, la nuit… Un homme fait le mur. Pas pour en sortir, mais pour y entrer. Pas de bol pour lui, Médor le cador était lâché et le mec cavale en sens inverse pour repasser le mur plus vite qu’un perchiste aux J.O !

Ça vous met déjà dans l’ambiance ! Et que personne ne rouspète sur le fait que le toutou galope moins vite que le monsieur. Ce qui est impossible ! L’homme est un animal qui a de l’endurance à la course mais niveau rapidité, on est des escargots face à un chien.

Baker Street, un brouillard à couper au couteau tellement il est épais. Watson a un air mutin, le genre de sourire qui donnerait l’impression qu’il a fait des galipettes toutes la nuit tandis que Holmes, lui, tire une tête d’un qui aurait dû entendre les grincements de matelas toute la nuit.

Au temps pour moi, le sexe n’a rien à voir là-dedans !

Holmes se lamente sur le fait que Watson embellisse ses affaires, qu’il met en valeur le superflu.

Que le crime est commun mais la logique rare, que le criminel a perdu toutes ambitions, toute originalité.

Bref, il râle aussi parce qu’il n’a pas d’affaires, qu’on lui demande de retrouver des crayons disparus (ils se sont taillés, sans doute) ou si on doit accepter un poste de gouvernante ou pas.

Pourtant, s’il savait que cette innocente question allait déboucher sur une affaire sérieuse, il n’aurait pas pris cet air condescendant devant la jeune fille qui est venue lui raconter son étrange entretien d’embauche.

Violet Hunter va lui soumettre une affaire, qui, vu de près, n’a pas l’air si terrible… Quoique !

L’entretien qu’elle a passé chez une placeuse était pour le moins suspect. Elle entre dans le bureau et l’homme présent au côté de la placeuse dit d’emblée qu’elle est superbe, lui fait des sourires et à des exigences qui ferait penser que le mec est un mac en mal de prostituées pour son bordel.

Monsieur Rucastle à tout du chien en chaleur ! Il lui tourne autour, tout sourire et ne se prend pas pour de la merde, non plus. Monsieur est imbu de son gnome de 6 ans…

– Bah ! interrompit-il. Tout cela n’a rien à voir avec la question. Ce qu’il importe avant tout de savoir, c’est si vous possédez ou non les allures et le maintien d’une femme du monde. Voilà la seule chose qui compte à mes yeux. Si vous ne possédez pas cela, vous êtes inapte à faire l’éducation d’un enfant appelé peut-être à jouer plus tard un rôle considérable dans l’histoire de son pays.

Il lui offre même 100£, le double du salaire, pour un poste de gouvernante, mais faut que la jeune fille sacrifie son ample et belle chevelure et porte les robes qu’on lui dira de porter et pose son cul là où on lui dire de le mettre…

Tenez, en voici la preuve ! [Extrait de la nouvelle écrite]

– A la bonne heure. Ainsi, tenez, un exemple. Nous sommes un peu maniaques, voyez-vous, un peu maniaques, oui… mais nous avons bon cœur tout de même. Eh bien ! si l’on vous demandait de porter une robe à notre convenance et qui vous serait fournie par nous, vous n’auriez pas d’objection à satisfaire notre petite fantaisie, hein ?
« – Non, répondis-je, profondément surprise malgré tout.
« – Et si l’on vous demandait de vous asseoir ici, ou là, vous n’en seriez pas contrariée, non plus, n’est-ce pas ?
« – Oh ! non !
« – Ou encore de vous faire couper les cheveux avant de venir chez nous ?

Oui, ça jette un froid sur la jeune fille qui a de très beaux cheveux !

Monsieur Rucastle et son épouse

J’adore la tête de la placeuse, ses mimiques, ses petites phrases pour ne pas froisser le client, qui, comme tout le monde le sait, à toujours raison.

La vieille mal baisée est même très en colère sur Violet qui vient de refuser un poste à 100£/an car cela lui a fait perdre le banknote que le souriant Rucastle lui avait donné.

Holmes, qui ronchonnait au départ, sent un truc louche et dangereux là-dessous.
– Un danger ? Quel danger prévoyez-vous donc ?
Holmes hocha gravement la tête.
– Ce ne serait plus un danger si nous étions à même de le préciser, répliqua-t-il. Mais, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, passez-moi une dépêche, et j’accours aussitôt.

Malgré tout cela, Holmes congédie la demoiselle de manière assez cavalière en lui désignant la porte lorsqu’elle a fini son histoire et qu’il lui a conseillé de prendre la place (la demoiselle avait refusé, mais maintenant, elle veut accepter tout de même, Mr Rucastle l’ayant relancée).

On dégage !

— Je ne permettrais jamais à ma sœur d’accepter un tel poste, dira tout de même Holmes à Watson dans la série, une fois la jeune fille partie.

(– Mon Dieu, mademoiselle, je vous avoue franchement que ce n’est pas la situation que je choisirais pour ma sœur, si j’en avais une.) [dans le texte canonique et en présence de la demoiselle].

Quand la demoiselle envoie un télégramme, Holmes vole à son secours !

Nous aurons droit à quelques autres répliques holmésiennes durant le trajet e train :

– Des faits ! Il me faut des faits à l’appui ! On ne peut fabriquer de briques quand on n’a pas de terre à sa disposition.

 [Et sa réflexion sur les maisons isolées dans la campagne qui ne lui inspire rien de bon]

– Savez-vous bien, Watson, me dit-il, que c’est un des travers des esprits comme le mien de ne jamais envisager les choses que du point de vue qui me préoccupe ? Quand vous regardez ces habitations éparpillées, vous êtes frappé par leur côté pittoresque. Quand je les regarde, moi, la seule chose que j’éprouve est le sentiment de leur isolement et de la facilité avec laquelle les crimes peuvent s’y commettre en toute impunité.

– Grand Dieu ! m’exclamai-je. En quoi ces vieilles demeures peuvent-elles vous faire penser à des crimes ?

– Elles m’inspirent toujours une sorte d’horreur indéfinissable. Voyez-vous, Watson, j’ai la conviction (conviction basée sur mon expérience personnelle) que les plus sinistres et les plus abjectes ruelles de Londres ne possèdent pas à leur actif une aussi effroyable collection de crimes que toutes ces belles et riantes campagnes.

– Mais c’est abominable ce que vous me dites là !

– Et la raison est bien évidente. La pression qu’exerce l’opinion publique réalise ce que les lois ne peuvent accomplir. Il n’est pas de cul-de-sac si infâme et si reculé où les cris d’un enfant martyr ou les coups frappés par un ivrogne n’éveillent la pitié et l’indignation des voisins, et là toutes les ressources dont dispose la justice sont tellement à portée de la main qu’il suffit d’une seule plainte pour provoquer son intervention et amener immédiatement le coupable sur le banc des accusés. Mais considérez au contraire ces maisons isolées au milieu de leurs champs et habitées en majeure partie par de pauvres gens qui n’ont autant dire jamais entendu parler du code, et songez un peu aux cruautés infernales, aux atrocités cachées qui peuvent s’y donner libre cours, d’un bout de l’année à l’autre, à l’insu de tout le monde. Si la jeune fille qui nous appelle à son secours était allée habiter Winchester, je n’aurais jamais eu aucune crainte à son égard. C’est parce qu’elle se trouve à cinq milles dans la campagne que je ne me sens pas tranquille. Et cependant, il est évident qu’elle n’est pas personnellement menacée.

Mon verdict ?

Du mystère, de l’action, quelques belles réparties canoniques, j’adore cet épisode, en série ou en nouvelle.

On ne sait pas pourquoi Mr Rucastle a absolument voulu avoir mademoiselle Hunter alors que d’autres gouvernantes avaient plus de références ou de compétences qu’elle.

Mais dès qu’elle est entrée dans le bureau, c’est elle qu’il voulait et à n’importe quel prix ! Tout en restant intransigeant sur ses demandes : porter de temps en temps des vêtements qu’on lui dira de mettre, s’asseoir là où on lui dira de se mettre et couper ses cheveux !

Ce que j’apprécie aussi, c’est que, tout comme la Violet Smith du « Cycliste solitaire », elle a beau être une jeune femme, ce n’est pas une potiche pour autant !

Elle aussi se pose des questions lorsqu’elle a reçu l’ordre de s’asseoir durant une heure sur le petit divan dans le bow-windows, tandis que Rucastle la fait rire aux larmes pour que le temps lui semble moins long.

Dans sa robe bleue électrique qu’elle doit porter, elle réfléchit et la fois suivante, elle cache un petit miroir dans le creux de sa main afin de voir ce qui se déroule dans son dos.

Elle n’a pas froid aux yeux non plus quand elle passe une porte habituellement fermée à clé afin d’aller voir ce qu’il y a dans la tourelle du manoir.

C’est grâce à la témérité de sa cliente que Holmes récoltera des faits afin de fabriquer ses briques lorsqu’il la retrouvera à l’auberge du Cygne Noir. Pas pour une partie de jambes en l’air, voyons ! Parce que la demoiselle s’est sentie en danger.

La demoiselle n’hésite pas non plus à faire ce que Holmes lui demande de faire, puisque les Rucastle sont de sortie au soir.

Oui, elle a du cran, ce n’est pas une pleurnicheuse et c’est bien dommage que Holmes l’oublie aussi vite.

[Extrait du canon] « Quant à Mlle Violet Hunter, mon ami Sherlock Holmes,contrairement à ce que j’avais prévu, se désintéressa d’elle complètement dès que l’énigme dans laquelle elle avait joué un rôle si prééminent fut solutionnée ».

Il devrait lui être reconnaissant, de par sa demande de conseils, elle lui a apporté une belle affaire sur un plateau !

Bien sûr, il y a des petits couacs dans la série : notamment le chien méchant des Rucastle !  Ce chien que l’on affame pour le rendre plus teigneux et qui ne répond qu’aux ordres de Toller, l’homme à tout faire.

Lorsqu’il attaque une personne, on voit de suite que le chien de fait que jouer… Le sang sur les vêtements de la victime ressemble plus à de l’encre rouge qu’à de la vraie hémoglobine.

Mais on oublie vite ces petits défauts car l’esprit est concentré sur l’épisode et le suspense est au rendez-vous, ainsi que les questions sur le pourquoi du comment Violet doit faire tout ça chez ses employeurs.

La complicité entre Holmes et Watson est bien présente et on sent que les deux acteurs ne doivent pas faire semblant, ils s’entendent bien et s’apprécient mutuellement.

Il faut entendre Watson dire d’un ton docte, à la jeune Violet, lorsqu’ils sont à l’auberge et qu’elle disait qu’elle aimerait comprendre :

— On ne peut théoriser sans informations. (Ce qui fera sourire Holmes qui allait répondre la même chose à la jeune fille).

Le dialogue final entre Holmes et Watson est amusant aussi. Notre bon docteur lui lit, à voix haute, le texte qu’il a écrit sur cette enquête, terminant sur du grandiloquent…

Or, souvenez-vous, au début, Holmes lui reprochait de s’attarder sur le sentimental et non sur la logique…

Pour mémoire : [Les crimes sont fréquents, la logique est rare. Donc, c’est sur la logique qu’il faut insister, et non sur les crimes. Vous n’avez fait qu’une série de contes avec ce qui aurait dû être une suite de conférences].

— Verdict ? (demande Watson)
— Un compte-rendu admirable, Watson.
— Point trop de vie et de légèreté selon vous ?
— Je m’en remet bien humblement à votre jugement littéraire…

La mimique de fin de Holmes veut tout dire… Watson pavane, mais Holmes se moque.

La vidéo de leur échange final…

Petites vidéos marrantes :

Challenge « Victorien » chez Camille, Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda et Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

7. Sherlock Holmes : Le Cycliste Solitaire – The Solitary Cyclist

Sherlock Holmes :  Le Cycliste Solitaire  – The Solitary Cyclist

SAISON 1 – ÉPISODE 4

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Adaptation : John Hawkesworth
  • Réalisateur : Paul Annett
  • Scénariste : Alan Plater
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 1er épisode tourné
  • Série 1 : 4/7
  • 1ère diffusion : Angleterre : 15 Mai 1984 – ITV Network (4ème épisode diffusé); Etats Unis : 4 avril 1985 – WGBH; France : 25 décembre 1988 – FR3 (1er épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 10 sec

  •   Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. Watson
Barbara Wilshere …  Violet Smith
John Castle …  Carruthers
Michael Siberry …  Woodley
Ellis Dale …  Williamson
Sara Aitchison …  Sarah Carruthers
Simon Bleakley …  Peter
Penny Gowling …  Mrs. Dixon
Stafford Gordon …  Landlord
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Miss Violet Smith fait irruption au 221b Baker Street pour demander de l’aide à Sherlock Holmes, sur le point de réaliser une expérience chimique délicate.

Sa vie a été bouleversée depuis que deux amis de son oncle Ralph, Carruthers et Woodley, lui ont appris qu’elle était son unique héritière, mais que malheureusement il était mort dans la misère en Afrique du Sud.

En guise de compensation, Robert Carruthers lui propose de l’héberger et devenir professeur de piano de sa fille, à Chiltren Grange, pour un généreux salaire.

Chaque week-end, rentrant à bicyclette chez elle, Miss violet a remarqué, sur une portion de route déserte, un cycliste à barbe noire qui la suit à distance depuis quelques temps et qui déjoue ses tentatives de le voir de plus près. 

Une fois de plus, l’intro est mystérieuse à souhait et plante le décor : une forêt de sapins, un chemin forestier en bon état, une jolie cycliste qui roule.

Bucolique ? Pas vraiment car la caméra nous montre un homme sur un vélo, caché dans une trouée de sapins.

Un autre adepte de la pédale ? On aurait de sérieux doutes en le voyant vérifier que son révolver est bien chargé avant de se lancer derrière la jolie jeune fille.

Doux Jésus, il la suit ! Pas discrètement, en plus. Genre 10 mètres derrière la jeune fille.

Et je ne vous parle même pas de son allure générale : chapeau melon, lunettes noires, grosse barbe fournie.

Ensuite, le plan nous montre la cycliste roulant dans les rues de Londres.

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Comme d’habitude, après cette intro qui plonge le spectateur dans l’expectative, nous retrouvons nos deux compères à Baker Street où nous retrouvons Holmes devant sa paillasse du parfait petit chimiste, jouant avec sa cornue.

Faut pas le déranger et ça va le faire râler que madame Hudson, sa logeuse, vienne lui signaler qu’une jeune fille désire le voir.

Madame Hudson l’a prévenu, elle est obstinée, la demoiselle et elle se permet même de faire irruption dans l’appart de nos deux gaillards.

Puisque l’expérience chimique est interrompue, Holmes se lève en bougonnant  et va vers la demoiselle qui se présente : Violet Smith.

De nouveau nous avons droit à une séance de déduction de la part de Holmes qui sait se montrer courtois envers le beau sexe.

Il ne se prive pas d’examiner les mains et les doigts de la demoiselle… Non, pas pour les renifler comme si c’était des Fingers, juste pour vérifier une hypothèse.

Il pensait la demoiselle dactylographe, mais il a compris qu’elle était pianiste.

La scène est amusante car ensuite, Watson examinera, lui aussi, les mains de la jolie demoiselle.

À croire qu’ils vont la demander tous les deux en mariage !

Dans cette scène de l’examen des mains de Violet Smith par Sherlock Holmes, Jeremy a voulu montrer que le détective cachait sa sensibilité, derrière le masque du professionnel qui en déduit qu’elle est pianiste.

On ressent son trouble dans ce contact délicat, presque caressant et sensuel de la main de la jeune fille et de l’effleurement de son visage.

Dommage, toute cette scène ne se finira pas par une scène de galipettes !

Tout au long de la série, l’acteur cherchera à montrer ce qu’il nommait des « fêlures holmésiennes », les traduisant par des expressions ou des gestes qui trahissent la sensibilité refoulée du détective, son émotion à la musique ou au désarroi de ses des clients.

Non, Holmes n’est pas qu’une machine à penser et nous le voyons ici.

Cela ne l’empêchera pas de faire une petite grimace lorsque la demoiselle lui apprendra qu’elle se mariera à la fin de l’été.

Ici aussi le récit est rempli de mystère : une jeune fille qui vit seule avec sa maman, pas de famille, hormis un oncle en Afrique du Sud.

Un avocat la contacte et lui présente deux hommes : Monsieur Woodley – une sale gueule – et monsieur Carruthers – distingué.

Ces deux messieurs lui signalent la mort du tonton, qui ne lui laisse rien, mais puisque les deux hommes l’ont bien connu et que monsieur Carruthers a besoin d’une préceptrice pour apprendre le piano à sa fille, il est prêt à engager la demoiselle pour 100£ par an.

Ce qui équivaut au double de salaire prévu pour la fonction. Holmes renifle déjà du louche. Nous aussi.

Surtout que la tronche du sieur Woodley n’inspire pas confiance et on se demande pourquoi, par pure amitié, le Carruthers engagerait pour le double du salaire pratiqué, cette jeune demoiselle, nièce de son ami mort sans le sou.

Violet Smith n’est pas une faible femme, une demoiselle qui s’inquiète pour un rien, mais elle trouve tout de même bizarre de ce faire suivre par un cycliste solitaire en pleine forêt alors qu’elle se rendait à la gare pour prendre le train pour Londres.

Si la jeune fille vit chez Carruthers la semaine pour donner des cours de piano à sa fille, elle rentre le week-end chez sa mère.

Et ce cycliste la prend en filature aussi bien entre son trajet de Chiltren Grange à la gare de Farnham, qu’en sens inverse, de la gare de Farnham à Chiltren Grange.

Si la demoiselle ralentit, lui aussi, elle accélère, il fait de même, elle s’arrête, lui aussi.

Elle a même essayé de le surprendre, accélérant et puis s’arrêtant net après la boucle de la route, mais le mystérieux barbu avait disparu.

Lorsque je disais que la demoiselle n’était pas une faible femme, cela se vérifie aussi à la manière dont elle a tenu tête à l’infâme Woodley qui lui a fait des avances déplacées et quasi impérieuses.

Comme si elle avait envie de l’épouser ! C’est un rustre qui pense que lorsqu’une femme dit « non » ou ne veut pas quelque chose, c’est qu’en fait, elle le désire ardemment.

C’est vous dire sa manière de penser de la gent féminine ! Carruthers est un gentleman, lui.

J’aime cet épisode pour la femme forte qu’il nous présente : Violet Smith.

Il met aussi en avant Watson à qui Holmes confie la tâche, samedi, d’aller surveiller le passage à vélo de Violet et essayer d’en apprendre un peu plus sur son mystérieux suiveur.

Le docteur Watson est comme nous, il a un esprit brillant, mais il n’est rien comparé au Maître.

Il se planque dans les bois, observe la jeune Violet se faire suivre et essaye d’apercevoir la tronche du barbu, mais il est trop loin. Par contre, il a trouvé le nom du propriétaire de ce petit bois.

Notre ami est persuadé qu’il a bien fait et, tout content de ses investigations lorsqu’il est de retour à Londres, raconte à Holmes ce qu’il a découvert.

S’attendant – ou espérant – des félicitations, il est tout dépité lorsque le détective lui réplique qu’il en aurait appris bien plus en allant au pub, là où tous les ragots ont lieu.

— J’ai bien fait ??
— NON !

En plus d’avoir du mystère et des trucs louches qui se passent sur les chemins forestiers, il y a toujours une pointe d’humour dans les échanges entre Holmes et Watson.

Le regard que Holmes lance à Watson quand celui-ci, tout guilleret, attends le susucre qu’il n’aura jamais car il mal négocié sa mission.

Le regard aussi de Holmes, soupirant, hésitant à lui dire qu’il a tout foiré et puis décidant, tout de même, de le lui dire.

Un autre moment drôle est quand Holmes décide d’aller à Farnham lui-même pour enquêter. Watson, assis dans le fauteuil, murmure, avec quelque ironie :

— Essayez le pub, c’est une mine d’information.

Holmes, qui a l’ouïe fine, entend le murmure sarcastique et répond :

— Merci Watson ! C’est une info capitale !

Cet épisode a beau être le premier tourné de toute la série, on sent déjà la complicité entre Jeremy Brett (Holmes) et David Burke (Dr John Watson).

Le pub est haut en couleur… Un homme, visiblement éméché, et portant la croix, a bien du mal à monter sur son cheval !

Notre détective interroge, l’argent délie toutes les langues, c’est bien connu mais il se retrouve face-à-face à l’infâme Woodley, peu apprécié par les gens du cru.

Les déductions, c’est bien, l’action, c’est encore mieux ! Holmes sait se battre et il le prouve… sauf que nous sommes dans une série tout public et que les scènes de combats sont pitoyables au possible !

Nous assistons donc à un combat de boxe (à mains nues) entre le gentleman qu’est Holmes et l’infâme Woodley.

Hors, en boxe, il y a des règles qui doivent être respectées et vu que l’adversaire est un rufian, les règles, il s’essuie le derrière avec !

Holmes fait mouliner ses poings dans tous les sens, ce qui donne un caractère burlesque à la scène, pareil pour son jeu de jambes qui ressemble plus à celui d’un ballet de danse classique que d’un combat de boxe.

J’ai lu que c’était Jeremy Brett himself qui avait assuré la chorégraphie des pas de danse, prouvant son sens de l’humour et de la dérision.

La scène est cocasse et drôle : un petit coup envoie Holmes reculer à l’autre bout de la pièce ! Un autre envoie l’infâme Woodley rouler sur une table, KO… Oui, c’est très rapide !

Le tout sous les « ohh » et « ahh » de l’auditoire qui applaudira Holmes pour le KO car personne dans le petit village n’aime le rouquin Woodley. C’est un rustre et un mal poli.

Anecdote : Les applaudissements à la fin du spectacle sont une idée du réalisateur.

Au final Sherlock Holmes en revient amoché, mais non pas peu fier de sa prestation.

Par contre, pour son petit bobo au-dessus du sourcil, il se fait soigner comme un petit garçon par maman Watson !

Il ira même jusqu’à regarder le résultat dans le miroir. Ouf, sa sexy-face est toujours aussi belle.

Mon avis : Bien que dans le canon, nos deux héros aient commencé très jeunes (27 ans pour Holmes dans « Une étude en rouge » et 30 pour Watson, à quelques années près) et que les acteurs face à nous soient tout de même bien plus âgés (Brett a 51 ans et mourra 11 ans plus tard – David Burke en a 50), ils ont réussi à insuffler du dynamisme dans la série, ils débordent d’énergie donnent aux épisodes toute leur énergie.

C’est tonique et divertissant. On est loin des vieux croulants souvent interprétés à l’écran.

Si le début de l’histoire est conventionnel avec une intrigue mystérieuse et une enquête à mener, cela n’empêchera pas la suite d’être drôle.

Ici, tout le mystère réside dans le fait que l’on ne sait pas pourquoi on suit Violet, ni qui !

solitaryLa musique, adaptée aux événements qui se déroulent sous nos yeux, donne une dimension tragique à l’histoire.

En effet, il y une accumulation de périls autour de la jeune fille : Woodley et sa violence, on pourrait presque penser qu’il va la culbuter sur la table, l’attitude de Carruthers, qui la défend mais qui semble avoir peur de Woodley.

Ce Carruthers, homme riche, qui n’a même pas un attelage avec des chevaux !

Sans parler du mystérieux cycliste à la barbe noire et d’autres choses que je ne divulguerai pas.

Voir ces épisodes, c’est plonger dans un autre siècle, découvrir les toilettes des dames, les beaux costumes de ces messieurs qui vont chez le barbier pour se faire raser.

Les décors sont superbes et j’aime revoir Baker Strett, qui, bien que différent de mon interprétation personnelle, est tout de même bien réalisée.

Holmes est un homme de déduction mais aussi un homme d’action et il n’hésite pas à ordonner à Watson d’arrêter le cheval sans conducteur et qui galope seul, tirant la charrette dans laquelle Violet était dedans.

tumblr_lq2gn1rMho1qa7pfco1_500Nous retrouverons aussi de l’humour à la fin de l’épisode, dans l’expérience ratée de chimie qui manquera d’asphyxier nos deux héros.

Vu la fumée qui sort de Baker Street par la fenêtre qu’ils ont ouvert de toute urgence, des gens ont même appelés les pompiers !

Anecdotes : Les tournages ont eu lieu à Cheshire Willington Hall, un hôtel près de Tarporley pour Chiltern Grange, la maison de Carruthers.

Les poursuites en bicyclette et en calèche près de Charlington Hamm se passent dans la magnifique forêt de Delamere.

L’extérieur du Pub est en réalité la partie élisabéthaine bâtie en 1581, du manoir d’Adlington Hall près de Macclesfield.

L’acteur qui interprète Carruthers, John Castle, est l’acteur qui jouait n°12 dans la série « Le Prisonnier », puis plus récemment il apparait dans les séries anglaises policières « L’inspecteur Morse » et « Wycliffe ».

Michael Cox disait qu’il serait toujours reconnaissant envers le metteur en scène Paul Annett. Il accomplit le dur travail de montrer à Jeremy et David Burke, comment ils devaient jouer leurs rôles, à quoi ils devaient ressembler, quelles sortes de vêtements ils devaient porter, quels rapports ils devaient entretenir…

Il évita beaucoup d’erreurs à Jeremy qui avait tendance à en faire trop, en accentuant les traits de son personnage, s’il n’était pas remis sur les rails et dirigé fermement.

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Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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