7. Sherlock Holmes : Le Cycliste Solitaire – The Solitary Cyclist

Sherlock Holmes :  Le Cycliste Solitaire  – The Solitary Cyclist

SAISON 1 – ÉPISODE 4

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Adaptation : John Hawkesworth
  • Réalisateur : Paul Annett
  • Scénariste : Alan Plater
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 1er épisode tourné
  • Série 1 : 4/7
  • 1ère diffusion : Angleterre : 15 Mai 1984 – ITV Network (4ème épisode diffusé); Etats Unis : 4 avril 1985 – WGBH; France : 25 décembre 1988 – FR3 (1er épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 10 sec

  •   Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. Watson
Barbara Wilshere …  Violet Smith
John Castle …  Carruthers
Michael Siberry …  Woodley
Ellis Dale …  Williamson
Sara Aitchison …  Sarah Carruthers
Simon Bleakley …  Peter
Penny Gowling …  Mrs. Dixon
Stafford Gordon …  Landlord
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Miss Violet Smith fait irruption au 221b Baker Street pour demander de l’aide à Sherlock Holmes, sur le point de réaliser une expérience chimique délicate.

Sa vie a été bouleversée depuis que deux amis de son oncle Ralph, Carruthers et Woodley, lui ont appris qu’elle était son unique héritière, mais que malheureusement il était mort dans la misère en Afrique du Sud.

En guise de compensation, Robert Carruthers lui propose de l’héberger et devenir professeur de piano de sa fille, à Chiltren Grange, pour un généreux salaire.

Chaque week-end, rentrant à bicyclette chez elle, Miss violet a remarqué, sur une portion de route déserte, un cycliste à barbe noire qui la suit à distance depuis quelques temps et qui déjoue ses tentatives de le voir de plus près. 

Une fois de plus, l’intro est mystérieuse à souhait et plante le décor : une forêt de sapins, un chemin forestier en bon état, une jolie cycliste qui roule.

Bucolique ? Pas vraiment car la caméra nous montre un homme sur un vélo, caché dans une trouée de sapins.

Un autre adepte de la pédale ? On aurait de sérieux doutes en le voyant vérifier que son révolver est bien chargé avant de se lancer derrière la jolie jeune fille.

Doux Jésus, il la suit ! Pas discrètement, en plus. Genre 10 mètres derrière la jeune fille.

Et je ne vous parle même pas de son allure générale : chapeau melon, lunettes noires, grosse barbe fournie.

Ensuite, le plan nous montre la cycliste roulant dans les rues de Londres.

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Comme d’habitude, après cette intro qui plonge le spectateur dans l’expectative, nous retrouvons nos deux compères à Baker Street où nous retrouvons Holmes devant sa paillasse du parfait petit chimiste, jouant avec sa cornue.

Faut pas le déranger et ça va le faire râler que madame Hudson, sa logeuse, vienne lui signaler qu’une jeune fille désire le voir.

Madame Hudson l’a prévenu, elle est obstinée, la demoiselle et elle se permet même de faire irruption dans l’appart de nos deux gaillards.

Puisque l’expérience chimique est interrompue, Holmes se lève en bougonnant  et va vers la demoiselle qui se présente : Violet Smith.

De nouveau nous avons droit à une séance de déduction de la part de Holmes qui sait se montrer courtois envers le beau sexe.

Il ne se prive pas d’examiner les mains et les doigts de la demoiselle… Non, pas pour les renifler comme si c’était des Fingers, juste pour vérifier une hypothèse.

Il pensait la demoiselle dactylographe, mais il a compris qu’elle était pianiste.

La scène est amusante car ensuite, Watson examinera, lui aussi, les mains de la jolie demoiselle.

À croire qu’ils vont la demander tous les deux en mariage !

Dans cette scène de l’examen des mains de Violet Smith par Sherlock Holmes, Jeremy a voulu montrer que le détective cachait sa sensibilité, derrière le masque du professionnel qui en déduit qu’elle est pianiste.

On ressent son trouble dans ce contact délicat, presque caressant et sensuel de la main de la jeune fille et de l’effleurement de son visage.

Dommage, toute cette scène ne se finira pas par une scène de galipettes !

Tout au long de la série, l’acteur cherchera à montrer ce qu’il nommait des « fêlures holmésiennes », les traduisant par des expressions ou des gestes qui trahissent la sensibilité refoulée du détective, son émotion à la musique ou au désarroi de ses des clients.

Non, Holmes n’est pas qu’une machine à penser et nous le voyons ici.

Cela ne l’empêchera pas de faire une petite grimace lorsque la demoiselle lui apprendra qu’elle se mariera à la fin de l’été.

Ici aussi le récit est rempli de mystère : une jeune fille qui vit seule avec sa maman, pas de famille, hormis un oncle en Afrique du Sud.

Un avocat la contacte et lui présente deux hommes : Monsieur Woodley – une sale gueule – et monsieur Carruthers – distingué.

Ces deux messieurs lui signalent la mort du tonton, qui ne lui laisse rien, mais puisque les deux hommes l’ont bien connu et que monsieur Carruthers a besoin d’une préceptrice pour apprendre le piano à sa fille, il est prêt à engager la demoiselle pour 100£ par an.

Ce qui équivaut au double de salaire prévu pour la fonction. Holmes renifle déjà du louche. Nous aussi.

Surtout que la tronche du sieur Woodley n’inspire pas confiance et on se demande pourquoi, par pure amitié, le Carruthers engagerait pour le double du salaire pratiqué, cette jeune demoiselle, nièce de son ami mort sans le sou.

Violet Smith n’est pas une faible femme, une demoiselle qui s’inquiète pour un rien, mais elle trouve tout de même bizarre de ce faire suivre par un cycliste solitaire en pleine forêt alors qu’elle se rendait à la gare pour prendre le train pour Londres.

Si la jeune fille vit chez Carruthers la semaine pour donner des cours de piano à sa fille, elle rentre le week-end chez sa mère.

Et ce cycliste la prend en filature aussi bien entre son trajet de Chiltren Grange à la gare de Farnham, qu’en sens inverse, de la gare de Farnham à Chiltren Grange.

Si la demoiselle ralentit, lui aussi, elle accélère, il fait de même, elle s’arrête, lui aussi.

Elle a même essayé de le surprendre, accélérant et puis s’arrêtant net après la boucle de la route, mais le mystérieux barbu avait disparu.

Lorsque je disais que la demoiselle n’était pas une faible femme, cela se vérifie aussi à la manière dont elle a tenu tête à l’infâme Woodley qui lui a fait des avances déplacées et quasi impérieuses.

Comme si elle avait envie de l’épouser ! C’est un rustre qui pense que lorsqu’une femme dit « non » ou ne veut pas quelque chose, c’est qu’en fait, elle le désire ardemment.

C’est vous dire sa manière de penser de la gent féminine ! Carruthers est un gentleman, lui.

J’aime cet épisode pour la femme forte qu’il nous présente : Violet Smith.

Il met aussi en avant Watson à qui Holmes confie la tâche, samedi, d’aller surveiller le passage à vélo de Violet et essayer d’en apprendre un peu plus sur son mystérieux suiveur.

Le docteur Watson est comme nous, il a un esprit brillant, mais il n’est rien comparé au Maître.

Il se planque dans les bois, observe la jeune Violet se faire suivre et essaye d’apercevoir la tronche du barbu, mais il est trop loin. Par contre, il a trouvé le nom du propriétaire de ce petit bois.

Notre ami est persuadé qu’il a bien fait et, tout content de ses investigations lorsqu’il est de retour à Londres, raconte à Holmes ce qu’il a découvert.

S’attendant – ou espérant – des félicitations, il est tout dépité lorsque le détective lui réplique qu’il en aurait appris bien plus en allant au pub, là où tous les ragots ont lieu.

— J’ai bien fait ??
— NON !

En plus d’avoir du mystère et des trucs louches qui se passent sur les chemins forestiers, il y a toujours une pointe d’humour dans les échanges entre Holmes et Watson.

Le regard que Holmes lance à Watson quand celui-ci, tout guilleret, attends le susucre qu’il n’aura jamais car il mal négocié sa mission.

Le regard aussi de Holmes, soupirant, hésitant à lui dire qu’il a tout foiré et puis décidant, tout de même, de le lui dire.

Un autre moment drôle est quand Holmes décide d’aller à Farnham lui-même pour enquêter. Watson, assis dans le fauteuil, murmure, avec quelque ironie :

— Essayez le pub, c’est une mine d’information.

Holmes, qui a l’ouïe fine, entend le murmure sarcastique et répond :

— Merci Watson ! C’est une info capitale !

Cet épisode a beau être le premier tourné de toute la série, on sent déjà la complicité entre Jeremy Brett (Holmes) et David Burke (Dr John Watson).

Le pub est haut en couleur… Un homme, visiblement éméché, et portant la croix, a bien du mal à monter sur son cheval !

Notre détective interroge, l’argent délie toutes les langues, c’est bien connu mais il se retrouve face-à-face à l’infâme Woodley, peu apprécié par les gens du cru.

Les déductions, c’est bien, l’action, c’est encore mieux ! Holmes sait se battre et il le prouve… sauf que nous sommes dans une série tout public et que les scènes de combats sont pitoyables au possible !

Nous assistons donc à un combat de boxe (à mains nues) entre le gentleman qu’est Holmes et l’infâme Woodley.

Hors, en boxe, il y a des règles qui doivent être respectées et vu que l’adversaire est un rufian, les règles, il s’essuie le derrière avec !

Holmes fait mouliner ses poings dans tous les sens, ce qui donne un caractère burlesque à la scène, pareil pour son jeu de jambes qui ressemble plus à celui d’un ballet de danse classique que d’un combat de boxe.

J’ai lu que c’était Jeremy Brett himself qui avait assuré la chorégraphie des pas de danse, prouvant son sens de l’humour et de la dérision.

La scène est cocasse et drôle : un petit coup envoie Holmes reculer à l’autre bout de la pièce ! Un autre envoie l’infâme Woodley rouler sur une table, KO… Oui, c’est très rapide !

Le tout sous les « ohh » et « ahh » de l’auditoire qui applaudira Holmes pour le KO car personne dans le petit village n’aime le rouquin Woodley. C’est un rustre et un mal poli.

Anecdote : Les applaudissements à la fin du spectacle sont une idée du réalisateur.

Au final Sherlock Holmes en revient amoché, mais non pas peu fier de sa prestation.

Par contre, pour son petit bobo au-dessus du sourcil, il se fait soigner comme un petit garçon par maman Watson !

Il ira même jusqu’à regarder le résultat dans le miroir. Ouf, sa sexy-face est toujours aussi belle.

Mon avis : Bien que dans le canon, nos deux héros aient commencé très jeunes (27 ans pour Holmes dans « Une étude en rouge » et 30 pour Watson, à quelques années près) et que les acteurs face à nous soient tout de même bien plus âgés (Brett a 51 ans et mourra 11 ans plus tard – David Burke en a 50), ils ont réussi à insuffler du dynamisme dans la série, ils débordent d’énergie donnent aux épisodes toute leur énergie.

C’est tonique et divertissant. On est loin des vieux croulants souvent interprétés à l’écran.

Si le début de l’histoire est conventionnel avec une intrigue mystérieuse et une enquête à mener, cela n’empêchera pas la suite d’être drôle.

Ici, tout le mystère réside dans le fait que l’on ne sait pas pourquoi on suit Violet, ni qui !

solitaryLa musique, adaptée aux événements qui se déroulent sous nos yeux, donne une dimension tragique à l’histoire.

En effet, il y une accumulation de périls autour de la jeune fille : Woodley et sa violence, on pourrait presque penser qu’il va la culbuter sur la table, l’attitude de Carruthers, qui la défend mais qui semble avoir peur de Woodley.

Ce Carruthers, homme riche, qui n’a même pas un attelage avec des chevaux !

Sans parler du mystérieux cycliste à la barbe noire et d’autres choses que je ne divulguerai pas.

Voir ces épisodes, c’est plonger dans un autre siècle, découvrir les toilettes des dames, les beaux costumes de ces messieurs qui vont chez le barbier pour se faire raser.

Les décors sont superbes et j’aime revoir Baker Strett, qui, bien que différent de mon interprétation personnelle, est tout de même bien réalisée.

Holmes est un homme de déduction mais aussi un homme d’action et il n’hésite pas à ordonner à Watson d’arrêter le cheval sans conducteur et qui galope seul, tirant la charrette dans laquelle Violet était dedans.

tumblr_lq2gn1rMho1qa7pfco1_500Nous retrouverons aussi de l’humour à la fin de l’épisode, dans l’expérience ratée de chimie qui manquera d’asphyxier nos deux héros.

Vu la fumée qui sort de Baker Street par la fenêtre qu’ils ont ouvert de toute urgence, des gens ont même appelés les pompiers !

Anecdotes : Les tournages ont eu lieu à Cheshire Willington Hall, un hôtel près de Tarporley pour Chiltern Grange, la maison de Carruthers.

Les poursuites en bicyclette et en calèche près de Charlington Hamm se passent dans la magnifique forêt de Delamere.

L’extérieur du Pub est en réalité la partie élisabéthaine bâtie en 1581, du manoir d’Adlington Hall près de Macclesfield.

L’acteur qui interprète Carruthers, John Castle, est l’acteur qui jouait n°12 dans la série « Le Prisonnier », puis plus récemment il apparait dans les séries anglaises policières « L’inspecteur Morse » et « Wycliffe ».

Michael Cox disait qu’il serait toujours reconnaissant envers le metteur en scène Paul Annett. Il accomplit le dur travail de montrer à Jeremy et David Burke, comment ils devaient jouer leurs rôles, à quoi ils devaient ressembler, quelles sortes de vêtements ils devaient porter, quels rapports ils devaient entretenir…

Il évita beaucoup d’erreurs à Jeremy qui avait tendance à en faire trop, en accentuant les traits de son personnage, s’il n’était pas remis sur les rails et dirigé fermement.

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Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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Sherlock Holmes – Détective consultant : John Bastardi Daumont

Titre : Sherlock Holmes – Détective consultant                        big_2

Auteur : John Bastardi Daumont
Édition : Editions de la Martinière (2014)

Résumé :
Son nom est synonyme de détective privé, mais aussi d’acuité intellectuelle, de vélocité d’esprit. Pour certains, il a réellement existé, tandis que d’autres ont tout simplement oublié son géniteur, Conan Doyle.

John Bastardi Daumont a enquêté durant deux ans pour retracer la biographie du plus populaire des héros de fiction policière : il a parcouru l’Angleterre afin de recréer le parcours de Sherlock Holmes.

Les sociétés holmésiennes les plus célèbres comme la Sherlock Holmes Society of London ou des fonds documentaires uniques, comme celui de la bibliothèque de Marylebone, l’ont aidé dans ses recherches.

Plus qu’une simple biograhie, cet ouvrage analyse la méthode holmésienne à l’aune des méthodes scientifiques contemporaines.

Ainsi, le lecteur y apprend autant sur Sherlock Holmes que sur la police scientifique moderne.

Enfin, l’auteur analyse les raisons du succès de ce personnage victorien à travers ses réussites, ses rencontres, ses extravagances démontrant ainsi que Sherlock Holmes est plus vivant que jamais.

Critique : 
La première chose qui m’est venu à l’esprit lorsque je l’ai acheté à sa sortie, c’est que je tenais dans mes mains un bien bel ouvrage.

Pages épaisses, pas en papier glacé (j’aime pas le papier glacé), belles illustrations…

Ensuite, il y a eu la polémique et le tacle, assassin mais justifié, du président de la SSHF (Société Sherlock Holmes de France) car le livre était bourré de fautes dans des dates ou dans l’orthographe de certains prénoms (Oracio au lieu de Horatio, celui des Experts Miami, pour ne citer qu’elle).

Sans vouloir revenir sur l’affaire ou mettre du pétrole sur le feu, il y a bel et bien des omissions ou des raccourcis qui sont malhabiles. L’auteur sait sans doute de quoi il parle, mais le lecteur n’étant pas dans sa tête, comment arriver à saisir le sens de ce qu’il sous-entend par-là ?

Sincèrement, je ne sais pas comment je dois interpréter un « Andrew Scott a donné de Sherlock Holmes, une interprétation remarquable… ». Moi, dans ma tête, je me dis qu’il y a erreur, c’est Benedict Cumberbatch qui interprète Holmes, pas Andrew Scott qui lui a le rôle de Moriarty.

Serait-ce un private joke sur le fait que certains holmésiens pensent que Holmes et Moriarty ne sont qu’une seule et même personne ???

Si c’est le cas, seul un holmésien peut comprendre ou y penser, mais je vous avoue que c’est bête de noter pareille chose sans l’expliquer.

Une personne non initiée pourrait prendre pour argent comptant le fait que ce soit Andrew Scott qui joue le rôle de Sherlock.

Oui, le livre est truffé de fautes, plus ou moins grosses et je vous le dis de suite, sans la SSHF pour les énumérer toutes, certaines seraient passées à la trappe dans mon esprit parce que je ne suis pas érudite dans la chose.

Un lecteur qui voudrait en savoir plus se retrouverait avec des renseignements totalement faux pour certains.

Holmes a pris sa retraite en 1903 et pas en 1930 comme renseigné dans le livre.

« Conan Doyle a écrit quatre nouvelles et cinquante-six histoires courtes ». Non, c’est 4 romans et 56 nouvelles, les mots sont importants ! Mary devient Marie, Irene se retrouve avec un accent (Irène).

« Holmes suscite depuis cent cinquante ans, de façon ininterrompue, une littérature apocryphe et de commentaires. ». Datant de 1887 (première publication), cela fait… 127 ans puisque l’ouvrage présent est paru en 2014.

Bref, même si cet ouvrage est bien fait au niveau du design, il présente de nombreuses coquilles et des erreurs monumentales que pour être conseillé.

Lorsqu’on les connait (voir ICI), il suffit de les imprimer et de lire l’ouvrage avec la liste sous les yeux, mais tout de même, vu son prix, ça fait mal !

Dommage, j’en attendais beaucoup… WTF !!

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Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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6. Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

SAISON 1 – ÉPISODE 3

  •   Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •   Réalisateur : Alan Grint
  •   Scénariste : Jeremy Paul
  •   Décorateur : Margaret Coombes
  •   Musique : Patrick Gowers
  •   4ème épisode tourné
  •   Série 1 : 3/7
  •   1ère diffusion : Angleterre : 8 Mai 1984 – ITV Network (3ème épisode diffusé); Etats Unis : 28 mars1985 – WGBH; France : 8 janvier 1989 – FR3 (3ème épisode diffusé)
  •   Durée : 51 min 30 sec.

  •     Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Nicholas Geake …  Charles Gorot
David Gwillim …  Percy Phelps
John Malcolm …  Tangey
Eve Matheson …  Miss Tangey
Pamela Pitchford …  Mrs. Tangey
David Rodigan …  Inspector Forbes
Ronald Russell …  Lord Holdhurst
Alison Skilbeck …  Annie Harrison
Gareth Thomas …  Joseph Harrison
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Alors qu’il se livre à une expérience chimique pour résoudre une affaire de meurtre, Holmes reçoit la visite de Watson.

Un évènement tragique vient de briser la vie de son ancien camarade Percy Phelps, fonctionnaire au ministère des Affaires Étrangères.

Alors qu’il ne s’était absenté qu’un bref moment de son bureau, on lui a subtilisé un document diplomatique ultra secret, un traité naval conclu entre l’Angleterre et l’Italie, dont il faisait la copie.

Son honneur bafoué et sa carrière gravement compromise, Phelps en est tombé malade. Il est alité depuis 9 semaines à la campagne sous la garde de sa fiancée Annie et du frère de celle-ci qui lui a d’ailleurs cédé sa chambre.

Sherlock Holmes accepte de se rentre au chevet du malade. Il doit récupérer le traité avant qu’il ne quitte le pays, ce qui mettrait en péril l’équilibre des forces européennes.

Cela faisait un an que je n’avais plus entendu l’intro musicale de la série Granada, mon dernier visionnage remontant à juin 2014, pour le mois anglais précédent.

Tonnerre de Brest, pas moyen de trouver la vidéo en V.O sur le Net ! Tant pis, on sortira le DVD pour l’occasion (avec les emmerdes que cela comprend lorsque l’on fait souvent des arrêts… ça ne redémarre jamais juste !!).

Intro : Le tonnerre gronde, la pluie tombe à verse et on entend un homme crier dans la nuit « Au secours, ne m’abandonnez pas ! ». Une charrette tirée par un cheval s’avance au pas, sous cette pluie diluvienne.

Hurlant qu’il est déshonoré, un homme est descendu d’une charrette et conduit dans une maison. On doit le soutenir sinon il s’écroule.

Un poivrot qui aurait trop bu et qui verrait des éléphants roses dans son éthylique coma ?

Oui, cet épisode sera mystérieux !

Ensuite, sans en savoir plus, nous nous retrouvons au 221b, avec Sherlock Holmes qui joue avec son petit matériel (pas de mauvaises pensées) de parfait petit chimiste. Dans un ballon à fond rond, on dirait qu’il nous fait bouillir de la bière.

C’est la voix de Watson qui lui fait tout arrêter. Il faut dire que votre colocataire qui hurle à plein poumons « HOLMES ! Où êtes-vous ? » a de quoi laisser perplexe. Ouvre la porte de l’appart et tu verras où il est !

Ah, ces hommes qui demandent avant même de se donner la peine de chercher !

Je plains de tout cœur leur logeuse, madame Hudson, parce qu’il règne un bordel monstre dans l’appart ! Watson va le découvrir avec effroi, sans parler de sa tête en découvrant des douilles de révolver ainsi qu’un V.R tracé à l’aide de balles dans le mur !

Cette petite interruption sera bénéfique pour Holmes puisque Watson lui apporte une affaire : il a reçu une lettre d’un ancien camarade d’école, Percy Phelps.

Une fois encore Holmes fait montre de ses talents pour déduire des informations sur l’auteur de la lettre et nous prouve que dans leur duo, c’est lui le dominant car, demandant à Watson de venir avec lui et voyant que celui-ci renâcle en parlant de ses patients qu’il lui reste à visiter : « Si vous trouvez vos affaires plus importantes que les miennes… ».

Il y a du mystère dans cet épisode et une touche d’espionnage puisque notre Percy Phelps (que nous trouvons alité et au bons soins de son infirmière non conventionnée de future femme), qui travaillait au Ministère des Affaires Étrangères, s’est vu dérobé un document ultra secret !

Il ne s’est absenté que quelques minutes, le temps d’aller se commander un café chez le concierge du bâtiment, et alors qu’il était en bas, la clochette correspondant à son bureau retentit !

Le document perdu était tellement important qu’il en est tombé malade de se l’être fait volé et ça fait deux mois qu’il est alité !

Si au moins son infirmière de fiancée était cochonne, on comprendrait, mais là, le gars est juste couché, en proie aux fièvres les plus folles. Sa future s’occupe de lui comme une mère au chevet de son fils malade et le futur beau-frère fait tourner le reste.

Monsieur le Beauf peut se permettre de ne pas travailler, alors, il reste avec sa sœur (sans doute pour qu’elle ne faute pas en avance).

Le Traité naval est célèbre pour le monologue de la rose de Holmes. « What a lovely thing a rose is ! « 

Le détective s’approche de la fenêtre et plongé dans une rêverie, s’extasie sur la beauté d’une rose écarlate qu’il tient entre ses doigts :

« Quelle jolie rose ! … Le raisonnement déductif n’est jamais aussi nécessaire qu’en matière de religion. Il peut avoir, bien conduit, toute la rigueur des sciences exactes. Les fleurs sont la meilleure preuve que nous ayons de la bonté divine. Tout le reste, la force qui est en nous aussi bien que la nourriture que nous mangeons, est indispensable à notre existence même. Mais cette rose, c’est du luxe ! Son parfum et sa couleur, nous pourrions nous passer d’eux. Ils ne sont que pour embellir notre vie. Tout le superflu nous est donné par gentillesse et, je le répète, les fleurs nous sont une bonne raison d’espérer.« 

Jeremy Brett (Sherlock Holmes) aimait ce discours et tenait absolument à jouer cette scène qui montrait un Holmes poète, ému et sensible à la beauté de la nature, à défaut d’être sensible à la nature des femmes.

Une facette insoupçonnée de son caractère à dévoiler – devant un Watson médusé et presque inquiet, et le couple stupéfait et désappointé.

On peut les comprendre : le traité volé intéresserait bigrement la France ou la Russie et Holmes, au lieu de se ruer pour résoudre l’affaire, il prend une rose et se fait poète.

Anecdote : Jeremy Brett est aussi à l’origine du geste délicat qu’à Holmes envers sa logeuse, madame Hudson : il lui offre une rose. Par ces petites attentions, il a rendu leur relation plus complice tout au long de la série.

Dans cet épisode, non seulement Holmes dévoile tout son talent de détective, nous fait des cachoteries, des plaisanteries, répond du tac-au-tac à l’inspecteur Forbes, le remettant à sa place en lui signifiant que dans 53 affaires (résolues par lui), son nom n’était apparu que 4 fois, la police ayant donc eu le bénéfice des 49 autres.

Mais en plus… Il est sexy baby dans son beau costume quand il va trouver l’oncle de Phelps – un Lord – qui lui avait confié le traité afin qu’il en fasse une copie !

Durant tout l’épisode Holmes est d’une élégance rare : beaux costumes pour rendre visite au Lord, chapeau haut-de-forme, canne, mais vêtements plus clairs lorsqu’il était en visite chez Phelps et que la journée était ensoleillée.

L’humour est présent aussi durant cette entrevue puisque Holmes énonça une fine et ironique observation : il a fait remarquer à Watson que le Ministre des Affaires Étrangères avait fait ressemeler ses chaussures.

Cela signifiait que le Ministre était incapable d’assumer l’achat d’une nouvelle paire de chaussures… C’est vous dire l’état de ses finances !

Humour aussi lorsque Watson dévoile que la grand-mère de Sherlock Holmes était française. Sherlock n’a pas l’air content que l’on dévoile ainsi sa parfaite maitrise de la langue de Molière.

Évidemment, quand Holmes prend en charge vos affaires, on se sent tout de suite mieux et Phelps reprend du poil de la bête.

Le mystère s’épaissit pourtant lorsque nous voyons une ombre se glisser dans sa chambre…

Sa future femme qui aurait des envies nocturnes ? Non, non, juste une ombre inquiétante.

Holmes a beau ne pas faire confiance aux femmes, il confie tout de même une mission importante à la fiancé de Percy Phelps. J’aime le regard complice qu’ils se font tous les deux.

Si elle n’avait pas obéi en tout point, l’enquête de Holmes aurait été ruinée. La carrière de son futur époux aussi. Déjà que s’être fait voler un traité important dans son bureau est susceptible de vous envoyer à la case « renvoi ».

Notre détective est un cachotier et il ne divulguera son plan à personne, descendant de la charrette qui les ramène Watson, Phelps et lui, à la gare afin de prendre le train pour Londres.

On le verra rêveur sous les arbres, au soleil et on le découvrira même caché dans le foin, avec un cheval pour témoin.

Le spectateur ne saura pas encore tout de suite ce qu’il s’est passé et c’est un Holmes blessé à la main et le visage de six pieds de long qui s’en revient à Baker Street.

Phelps et Watson sont à table, devant un petit déjeuner plantureux mais Phelps n’a pas d’appétit.

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Holmes aimait la mise en scène et il n’a pas pu résister à faire une farce à Percy Phelps qui va en danser de joie !

Notre détective leur expliquera ensuite ce qu’il s’est passé la nuit du vol du traité, ainsi que l’endroit où il était caché. Mais ça, je ne vous le dirait pas !

Holmes, lui, était caché dans du foin, et en se relevant, il n’aura plus un seul brin sur lui. Là, j’aimerais bien savoir comment il a fait…

Il y a beaucoup de théatralisme dans la découverte de la personne coupable. Déjà, Holmes se déplace avec aisance, comme dansant devant les box.

On verra, au ralentit, deux ombres se battre après que Holmes soit arrivé par derrière, surprenant le coupable en posant sa main sur l’épaule de cette ombre mystérieuse.

Même lorsqu’il avait ouvert la fenêtre à guillotine, il y avait une intensité dramatique.

Mon avis final : j’aime cet épisode, qu’il soit écrit ou visuel car il y a du mystère derrière.

Qui à volé le Traité Naval ? Comment savait-il qu’il le trouverait sur le bureau de Phelps ? Où a-t-on caché ce putain de traité ? A qui profite le crime ?

L’honneur est aussi mis en avant : Percy Phelps est déshonoré car on lui avait confié le traité pour qu’il le recopie, et lui, il se l’est fait dérober parce qu’il n’a pas pensé à fermer son bureau le temps de descendre demander un café.

Un petit côté espionnage aussi, car le vol du traité pourrait avoir des conséquences graves si la France au la Russie l’achetait. Pensez-vous, un traité signé entre l’Angleterre et l’Italie (sur la navigation).

Holmes n’est pas impressionné par le Lord, on le sent détendu, se moquant bien de la place que l’autre a dans la hiérarchie.

Nous, téléspectateurs, si nous n’avons jamais lu l’histoire, nous nous ferons balader, comme Watson, ne comprenant pas comment le traité à disparu et qui l’a barboté.

Il faut toujours attendre les explications de Holmes à la fin pour se dire « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ».

Si Conan Doyle ne développait pas plus que ça les différentes classes sociales, ici, on aura tout de même droit, dans cet épisode, à quelques réflexions sous-jacentes sur les inégalités qui règnent en ces temps là :

  • Percy Phelps est issu de la haute société, il a des liens avec des gens riches et aristocrates qui l’ont promu dans sa carrière au gouvernement. Il est sur le point de se marier et d’entrer dans une famille d’une couche inférieure de la société – des fondeurs de fer du nord de l’Angleterre – et Watson, issu de de classe moyenne, a été à l’école avec lui.
  • L’inspecteur Forbes avait fait une descente chez les Tongies, la femme de l’huissier. On a découvert une famille souillon, très pauvre, où la mère travaille dur pour tenter de nourrir ses enfants.

Anecdotes diverses :

David Gwillim (Percy Phelps) raconta : « J’ai passé tout le temps où je ne tournais pas à arpenter la région. Un weekend j’ai marché pendant 80 kilomètres  – inutile de vous demander pourquoi Percy était si pâle ! »

Alison Stilbeck (Annie Harrisson) se rappela avec émotion les scènes en robe victorienne, où elle étouffait littéralement pendant l’été 1983 particulièrement chaud. Si bien qu’elle pensait jouer pour la comédie radiophonique anglaise populaire « The Navy Lark ».

Le tournage extérieur s’est déroulé dans la belle campagne du Cheshire, la maison de Percy Phelps étant l’une des maisons du village de Pott-Shrigley, et dans les environs de Manchester.

On retrouve un dialogue basé avec fidélité sur le texte de la nouvelle, et une prise d’image directement inspirée des dessins de Sidney Paget.

Toujours perfectionniste, Jeremy prit les mêmes attitudes que son alter ego de crayon, dans le monologue de la rose. D’autres scènes sont copie conforme (rencontre avec Percy Phelps, repas final).

Jeremy et Michael Cox souhaitaient insérer le dialogue sur les Boarding Schools, ces internats réservés à l’élite et qui prônaient confort spartiate, brimades et discipline stricte.

Cela n’a pas été possible. Jeremy aura plus tard, l’opportunité d’en parler sur scène, dans la pièce de théâtre de Jeremy Paul : « The Secret of Sherlock Holmes ».

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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[Série] The Big Bang Theory : Une série qui t’active les neurones et les zygomatiques en même temps !

Pour ceux qui n’auraient pas encore découvert ce sitcom, rappelons qu’il narre l’histoire de deux jeunes hommes surdoués, sorte de petits génies de la physique quantique et des combinaisons moléculaires.

Leur passion pour la théorie de la relativité ou pour la physique quantique n’a d’égale que leur inadaptation aux relations humaines.

Leonard et Sheldon vivent ensemble, en colocation, sur le même palier que Penny (Kaley Cuoco), une jeune fille, sympa et pas bégueule, qui a échoué au bac et travaille comme serveuse.

C’est ma sœur qui regardait cette série, me poussant à la regarder aussi car elle était, selon elle « drôle et marrante ». J’étais plus que sceptique.

Un jour, nous étions chez nos parents et la série passait sur M6 en soirée. Afin de me prouver qu’elle avait raison, ma sœur m’obligea à la visionner, prétextant que l’épisode qui passait était très drôle.

Oui, j’avais souri, mais je n’avais pas été conquise à 100%. Il faut dire aussi que les conditions de visionnages n’étaient pas super : nos deux parents qui parlaient avec nos deux hommes, ça faisait un certain bruit de fond empêchant de bien écouter la série.

Pour lui faire plaisir, je pris la clé USB avec la saison 1, lui promettant de regarder au moins quelques épisodes.

Une fois que j’eus commencé, je n’ai plus su m’arrêter et la saison 1 passa comme pour rire !

J’enquillai ensuite les 6 saisons suivantes et dus me faire soigner pour des crampes aux zygomatiques.

Pourtant, qui aurait cru que j’aurais adoré une autre série après la fin de « Friends » ?? Moi-même je ne l’aurais pas juré. Et bien, ça est arrivé, même si Friends restera toujours number one pour moi.

L’avantage de cette série comique, c’est que les épisodes sont courts, 20 minutes, pas plus, avec des rires préenregistrés aussi.

Je privilégie la V.O à la française…

The Big Bang Theory est une sitcom américaine créée par Chuck Lorre et Bill Prady, diffusée simultanément depuis le 24 septembre 2007 sur CBS et sur le réseau CTV au Canada.

La série suit la vie fictive de deux scientifiques de Caltech à Pasadena en Californie, le physicien expérimental Leonard Hofstadter et le physicien théoricien Sheldon Cooper qui vivent en face d’une jolie serveuse, Penny, dont le rêve est de devenir actrice.

L’effet comique de la série joue beaucoup sur le contraste entre l’intelligence et la « geekitude » de Leonard et Sheldon et le bon sens et l’intelligence sociale de Penny.

Les deux génies sont amis avec Howard Wolowitz, un ingénieur en aérospatiale de confession juive, et Rajesh Koothrappali, un astrophysicien indien, qui sont aussi geeks qu’eux.

En août 2009, la sitcom remporte le prix TCA de la meilleure série comique et Jim Parsons le prix de la meilleure prestation dans une série comique.

En 2010, la série remporte le People’s Choice Awards de la meilleure comédie et Jim Parsons l’Emmy Award du meilleur acteur dans une série comique.

Le 16 janvier 2011, Jim Parsons obtient un Golden Globe du meilleur acteur dans une série télévisée musicale ou comique par la Hollywood Foreign Press Association, une récompense qui lui a été remise par Kaley Cuoco, également actrice dans la série.

1. Synopsis :

Leonard Hofstadter et Sheldon Cooper vivent en colocation à Pasadena, une ville de l’agglomération de Los Angeles.

Ce sont tous deux des physiciens surdoués, « geeks » de surcroît. C’est d’ailleurs autour de cela qu’est axée la majeure partie comique de la série.

Ils partagent quasiment tout leur temps libre avec leurs deux amis Howard Wolowitz et Rajesh Koothrappali pour jouer à des jeux vidéo comme Halo, organiser un marathon des films Superman, jouer à des jeux de société ou de rôles comme le Boggle klingon, Donjons et Dragons, voire discuter de théories scientifiques très complexes.

Leur univers routinier est perturbé lorsqu’une jolie jeune femme, Penny, s’installe dans l’appartement d’en face.

Leonard a immédiatement des vues sur elle, et va tout faire pour la séduire et l’intégrer au groupe et à leur univers auquel elle ne connaît rien.

2. Acteurs principaux :

  • Jim Parsons (V. F. : Fabrice Fara) : Sheldon Cooper
  • Johnny Galecki (V. F. : Fabrice Josso) : Leonard Hofstadter
  • Kaley Cuoco (V. F. : Laura Préjean) : Penny
  • Simon Helberg (V. F. : Yoann Sover) : Howard Wolowitz
  • Kunal Nayyar (V. F. : Jérôme Berthoud) : Rajesh « Raj » Koothrappali
  • Melissa Rauch (V. F. : Sophie Froissard) : Bernadette Maryann Rostenkowski (récurrent saison 3, principal à partir de la saison 4)
  • Mayim Bialik (V. F. : Vanina Pradier) : Amy Farrah Fowler (récurrent saison 3, principal à partir de la saison 4)

3. Générique d’ouverture :

Le générique de début présente la formation de l’univers à partir du Big Bang. Il est donc possible de voir se succéder la naissance de l’univers, l’évolution de l’espèce humaine puis des innovations technologiques qui conduisent jusqu’à l’appartement des jeunes surdoués, où les cinq personnages mangent ensemble (de la cuisine chinoise dans la première saison, une pizza de la deuxième à la quatrième saison, de la cuisine thaï dans la cinquième saison).

À partir de la sixième saison, Bernadette et Amy sont présentes dans le générique.

La bande son s’intitule History of Everything et est interprétée par le groupe canadien Barenaked Ladies. Le 30 octobre 2007, une version longue du morceau (1 minute et 45 secondes) est sortie.

Les prénoms des deux personnages Sheldon et Leonard viennent du producteur Sheldon Leonard, qui a produit des shows télévisés, et dont Bill Prady et Chuck Lorre sont fans.

Leurs noms sont ceux de deux lauréats du Prix Nobel, Leon Cooper et Robert Hofstadter.

Ma critique non objective (ainsi qu’une présentation des personnages :

Non, désolé, mais je ne dirai pas du mal de cette série que j’adore et qui me fait pisser de rire ! Non, les rires préenregistrés ne me hérissent pas le poil, non les personnages ne sont pas chiants, mais riches de tellement de choses que je ne sais par où commencer !

Situations comiques, dialogues à mourir de rire, une touche de science (faut bien apprendre, quand même), situations cocasses, burlesques, personnages bien travaillés et fouillés, on ne s’ennuie pas dans cette série. Les scènes sont courtes, travaillées et efficaces.

Le comique repose sur la collision de deux mondes : celui des surdoués coupés de la réalité et celui d’une petite serveuse qui nourrit l’ambition de faire carrière au cinéma.

Penny ne comprend rien à ce que raconte Sheldon, quant à Leonard, il découvre qu’il existe une vie en marge des équations à dix inconnues.

L’apparence physique des personnages joue elle aussi un rôle important. Sheldon est grand et dégingandé tandis que Leonard est petit et légèrement râblé. Une sorte de Laurel et Hardy, quoi !

Quatre garçons et une fille… Quatre manière de réagir et des scénarios à exploiter à l’envi, des dialogues à mourir de rire et bons à devenir cultes pour ma soeur et moi-même.

Avantage aussi c’est que durant un épisode, les personnages ont chacun leurs petites aventures, leur temps de passage et on suit la continuité durant les 20 minutes de l’épisode. Court, bref, intense, ça bouge dans tous les sens.

De plus, malgré le fait que les scénaristes aient formé un couple entre Leonard et Penny, on n’a pas assisté au syndrome « Clair de lune » (se dit quand une série subit une brusque chute d’audience dès lors que le couple tant attendu par les spectateurs se forme – le patient zéro était la série « Clair de lune »).

Formidable, le fait de les mettre en couple n’a rien enlevé à la série, que du contraire, cela a apporté des rebondissements et du suspense.

Bref, on passe un bon moment de rigolade avec leurs blagues à deux balles et les running gag. Ma foi, ça ne fait pas de tort après une dure journée de travail.

Niveau personnages, ils sont tous très bien travaillés et je vais vous les présenter un peu mieux :

Tout le sel de cette série vient du personnage de Sheldon Cooper… lui, c’est le mec avec lequel on n’aurait pas envie d’être amis, ni de vivre avec lui, encore moins de bosser avec lui.

Bref, il est l‘archétype du gars qu’on flinguerait si on devait passer ne fut-ce que une heure avec lui.

Il est hautain, a une haute opinion de lui-même et une toute petite des autres, il est maniaque à un point qu’on ne peut pas imaginer, invente des règles qui ne le servent que lui, et ressemble plus à un autiste atteint du syndrome d’Asperger qu’à un être humain normal. Il possède aussi un QI de 187…

Ses obsessions sont majoritairement en rapport avec l’ordre et le rangement, ou par le fait qu’il doive s’asseoir à la même place sur le canapé de l’appartement (my spot littéralement, mon endroit).

Quant à avoir une relation avec un être humain du sexe opposé, on y songe même pas, Sheldon n’aime que lui et rien que lui.

Lorsqu’il parle de sexe, il utilise le mot « Coït » avec tout le mépris possible ou le détachement total.

Il n’a que de vagues notions sur la manière de communiquer avec un autre être humain. Il ne comprend pas pourquoi, par exemple, une conversation débute généralement par « Bonjour, comment ça va ? » et interprète d’ailleurs la question dans le sens « Comment je dois me sentir, maintenant ? » au premier degré en proposant des réponses : « Fatigué ? Affamé ? ».

Sheldon prend tout ce qu’on lui dit au premier degré.

Ses repas sont aussi programmés dans des restaurants bien précis. Ainsi, il possède un restaurant pour chaque jour de la semaine, ainsi qu’une table précise dans l’établissement.

Quelques tendances aussi à porter des préjugés culturels des plus mauvais goûts.

Oui, Sheldon est exécrable, oui, on devrait le détester, mais, il est attachant et sans lui, pas de comique de situation.

Il partage son appartement avec Leonard Hofstadter, qui est bien plus équilibré que lui mais qui est aussi le parfait sous-fifre pour Sheldon.

Contrairement à Sheldon qui n’a pas grandi dans une famille de scientifiques, lui oui !

Sa mère est une éminente neuropsychiatre qui l’a élevé avec distance et froideur, son père est anthropologue, sa sœur est une chirurgienne et son frère est professeur et titulaire de la chaire de droit à Harvard.

Il a un tic, lorsqu’il parle, il a toujours les doigts qui se touchent… C’est aussi lui qui comprend « mieux » les relations sociales entre les gens.

Deux autres amis se joignent à eux dans la série :

Howard Wolowitz est ingénieur au département de physique appliquée de Caltech. Sa particularité est d’être Juif et de vivre encore chez sa mère (jusqu’à la sixième saison).

Contrairement à Sheldon, il est obsédé par les femmes et le sexe.

Son style vestimentaire plus qu’excentrique est néanmoins toujours riche en surprise.

En témoignent les nombreuses boucles de ses ceintures toujours plus farfelues les unes que les autres (Batman, Pac Man,…).

Rajesh « Raj » Koothrappali dont la principale caractéristique est son incapacité à s’adresser à une femme ou de parler en présence de femmes autrement qu’en chuchotant à l’oreille de ses amis, sauf lorsqu’il a bu de l’alcool.

Ses vêtements sont toujours mal assortis et ont dû faire le bonheur sur le catalogue printemps-été de l’année 62.

C’est grâce à Leonard que Penny, la jolie voisine de palier blonde, entrera dans le cercle des quatre geeks.

Elle travaille comme serveuse dans la chaîne de restauration The Cheesecake Factory et désire devenir actrice.

Ce personnage un peu écervelé devient de plus en plus proche de ses voisins au fur et à mesure des épisodes.

Face à cette intrusion féminine, nos deux « geeks » vont réagir de manière diamétralement opposée.

Leonard va éprouver des démangeaisons de libido, tandis que Sheldon va se retrancher dans une défiance misogyne.

Pas évident pour Penny de se trouver face à des geeks doublés de scientifiques aux gros Q.I… elle qui ne sait pas grand-chose.

Quoique, pour ce qui est de comprendre le comportement social des autres gens – celui qui échappe à Sheldon – elle, elle est douée.

Durant les épisodes, il n’est pas rare que Sheldon lui rappelle qu’elle n’est qu’une serveuse sans utilité apparente et la qualifie bien souvent de fille facile insinuant qu’elle a eu des rapports avec 36 hommes ou qu’elle est très douée pour échanger des faveurs sexuelles contre des services.

Mention très bien aussi au personnage d’Amy Farrah Fowler !

Pourtant, au départ, je n’aimais pas ce personnage et je ne pensais pas qu’elle allait devenir récurente et qu’elle prendrait une telle place dans la série et dans mon estime.

Amy est neurobiologiste et a dû commander sa garde-robe dans le catalogue de La redoute de l’année 1947.

Comment elle est arrivée là ?? C’est en voulant trouver une fille pour Sheldon via un site que Rajesh et Howard l’ont rencontrée sur un site de rencontre en ligne. Nos deux comères avaient secrètement créé un compte sous le nom de Sheldon.

Sheldon et Amy ont de nombreux traits communs. Une fois qu’elle a rencontré Sheldon, elle devient – comme le dit Sheldon – une fille qui est son amie mais pas sa « petite amie ».

5. Sherlock Holmes : L’Escarboucle Bleue – The Blue Carbuncle

Sherlock Holmes : L’Escarboucle Bleue  – The Blue Carbuncle

SAISON 1 – ÉPISODE 7

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Réalisateur : David Carson
  • Scénariste : Paul Finney
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 7ème épisode tourné
  • Série 1 : 7/7
  • 1ère diffusion : Angleterre : 5 juin 1984 – ITV Network (7ème épisode diffusé); Etats Unis : 25 avril 1985 – WGBH; France : 5 février 1989 – FR3 (7ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 50 sec
  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. Watson
Frank Mills …  Peterson
Frank Middlemass …  Henry Baker
Ken Campbell …  James Ryder
Desmond McNamara …  John Horner
Amelda Brown …  Jennie Horner
Brian Miller …  Inspector Bradstreet
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson
Rosalind Knight …  Countess of Morcar

Le pitch ? La veille de Noël, Sherlock Holmes est réveillé par Peterson, un commissionnaire, qui lui confie une oie et un chapeau melon cabossé. Il les a ramassés sur le lieu d’une altercation entre ivrognes dans les rues de Londres.

Holmes lui offre l’oie et garde le chapeau melon. En l’examinant, il en déduit une multitude de détails qui stupéfient Watson.

Peu après, Peterson revient bouleversé. Son épouse vient de trouver une pierre bleue scintillante dans le jabot du volatile. Holmes réalise qu’il s’agit de l’Escarboucle bleue, pierre précieuse de valeur inestimable, qui vient d’être dérobée à la comtesse Morcar, à l’Hôtel Cosmopolitan.

La police a déjà un coupable désigné : le plombier John Homer, qui fut condamné par le passé. Mais il jure de s’être amendé et clame son innocence.

Sherlock Holmes retrouve le possesseur du chapeau melon, Mr. Henry Baker, totalement étranger à l’affaire, puis remonte la piste de l’oie et tombe ainsi sur le véritable voleur sur le marché de Covent Garden.

Rien à dire, ils savaient se fouler pour leur intro, à la Granada : au travers d’une pierre précieuse, on voit tous ses possesseurs dans le monde et dans quelles manières ils s’en sont appropriés. Tout n’est que meurtre et vol, bain de sang et violence.

Ensuite, on tombe sur deux membres du personnel qui se pelotent sur le canapé d’une chambre de l’hôtel Cosmopolitan, le tout devant le sapin de Noël. La comtesse de Morcar revient, faut arrêter les cochonneries !

Oh, catastrophe, l’escarboucle bleue de la comtesse a disparue et on arrête le pauvre John Horner, plombier mais ancien voleur reconvertit, qui avait bossé ce jour-là dans la chambre de la comtesse.

Pendant ce temps-là, Watson sort du 221b et un homme y entre, muni d’une oie blanche et morte…

Holmes tiré de son sommeil par sa logeuse, ronchonne, met la main sur une cigarette directement et cherche ensuite des allumettes. Qu’il ne trouve pas, la boite étant vide.

Bon sang, une cigarette à allumer et rien pour le faire !!

Jeremy, dans cet épisode contribua fortement au tournage de la scène de la première cigarette au saut du lit. Fumeur invétéré lui même, Jeremy connaissait les envies de nicotine irrépressibles du petit matin.

Il savait que Holmes, également dépendant du tabac, devait les ressentir lui aussi et il les intégra dans son interprétation.

Holmes était un grand fumeur, mais pour sa première pipe du matin (oups, trivial comme phrase), c’était un peu dégueulasse car elle était composée avec les vieux restes de tabac froid récupérés dans les pipes fumées la veille.

Pipes rangées dans son râtelier près de la cheminée. Heureusement Jeremy n’essaya jamais de montrer ça !!

Ensuite, la scène devient encore plus cocasse avec le détective qui se précipite dans le salon pour trouver une allumette, sa chemise de nuit entrouverte lui battant les jambes, robe de chambre grise passée sur le tout, cherchant fébrilement des allumettes pour allumer sa fichue cigarette.

Le grand détective mourant d’envie de tirer sur sa première cigarette de la journée n’est pas ici à son avantage.

Il sursautera lorsque le commissionnaire Peterson lui adressera la parole, déposant son oie et le chapeau melon sur la table.

Aaah, voir Holmes au saut du lit (mais on ne nous parle pas des petites raideurs du matin), en chemise de nuit (on glisserait bien la main dessous), le voir allongé dans le sofa pendant qu’il écoute Peterson lui expliquer comment il est entré en possession de l’oie et du chapeau melon… C’est tout simplement magnifique !

C’est aussi pour cela que j’ai sélectionné cet épisode – que je visionne toujours avec plaisir – car on pénètre dans la vie quotidienne de nos héros avec force de détails.

Cette volonté de recréer l’intimité en dehors de l’enquête, donne plus de crédibilité aux histoires et rend les personnages plus attachants.

En plus, c’est la période de Noël ! Voir Watson chargé de cadeaux, c’est magique, on rêverait d’un papa Noël tel que lui…

Et puis, aussi bien la nouvelle canonique que l’épisode de la série nous offre l’une des plus belles leçons de déduction de Holmes : le chapeau melon abandonné avec l’oie, lors de la rixe, aux pieds de Peterson.

Lorsque Watson rentre, il lit à voix haute l’article qui relate le vol de l’escarboucle bleue à la Morcar.

Holmes reste silencieux, observant le chapeau avec attention, ce qui rendra le docteur un peu moqueur sur cette étude.

Il n’aurait pas dû…

Humour avec la tête de Holmes qui lui demandera ce qu’il déduit du chapeau : Watson déduit peut de choses ! Juste le nom du proprio, mais là, c’était facile.

A partir de ce vieux melon cabossé, Holmes fait une description détaillée de son propriétaire, son aspect physique, son caractère, ses manies, son mode de vie (dont le fait qu’il n’ait probablement pas le gaz chez lui).

Watson s’esclaffe, moqueur. Notre détective devra lui expliquer le cheminement de son raisonnement infaillible (on passera sur le fait qu’une grosse tête soit le fait d’un homme intelligent, mais à cette époque, on le pensait vraiment).

Moment plus agité avec Peterson qui fait irruption, tremblant et confus : dans le jabot de son oie, il y avait… l’escarboucle bleue !

Voilà un épisode qui allie une enquête au poil, l’humour, les déductions, le jeu des acteurs et leur complicité.

« Watson, marry me, please »

Holmes est un rusé, il arrivera à retrouver le propriétaire du chapeau et de l’oie, tous les détails de ses déductions corroborés par monsieur Henry Baker. Qui est étranger au vol de la pierre.

Néanmoins le docteur ne s’avoue pas si facilement vaincu. Doutant des déductions de son ami et ayant envie de démontrer que Holmes ne peut pas toujours avoir raison, Watson interrogera le proprio du chapeau au sujet du gaz qu’il n’aurait pas fait installer chez lui.

Si Watson voulait piéger son ami et prouver son erreur, il en sera pour ses frais puisque, une fois de plus, Holmes avait raison…

Cette petite compétition intellectuelle est très amusante. Les dialogues sont toujours incisifs et percutants. Watson apparait comme un homme intelligent, fier et résolu, qui finalement éprouve une réelle admiration pour son ami.

Holmes nous prouve aussi qu’il est capable de remonter une piste, de retomber sur ses pieds et de tirer les vers hors du nez des gens qui ne veulent pas parler en rusant un peu.

La manière dont il fait parler le marchand de volailles est tout simplement excellente ! Utiliser le fait que le marchand est un jouer de pari invétéré…

Bref, le détective est au meilleur de sa forme et Brett aussi.

L’atmosphère de Noël contraste avec le côté sordide de l’affaire mais cela donne un petit plus. Je dois même vous avouer que c’est l’épisode préféré de mon homme.

Moi, j’adore voir Holmes ranger la pierre précieuse dans son tiroir, juste au côté du portrait de Irène Adler et prendre un peu le temps avant de refermer le tiroir.

Une fois de plus, Holmes se substituera à la loi, ne dénonçant pas le véritable voleur. Noël est propice au pardon.

Au moment de passer à table à minuit, Watson lui rappelle que Horner, le plombier, est toujours en prison. Abandonnant son verre de vin et la belle table, Holmes se lèvera pour aller prévenir l’inspecteur Bradstreet.

John Horner retrouvera sa femme et ses deux enfants et la vioque retrouvera sa pierre précieuse…

4. Sherlock Holmes : La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League

 

Sherlock Holmes : La Ligue des Rouquins – The Red-Headed League

SAISON 1 – ÉPISODE 12

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Réalisateur : John Bruce
  • Scénariste : John Hawkesworth
  • Décorateur : Margaret Coombes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 12ème épisode tourné
  • Série 2 : 5/6
  •  1ère diffusion : Angleterre : 22 septembre 1985- ITV Network (12ème épisode diffusé); Etats Unis : 6 mars 1986 – WGBH; France : 12 mars 1989 – FR3 (12ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 40 sec

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Roger Hammond …  Jabez Wilson
John Labanowski …  Athelney Jones
Tim McInnerny …  Vincent Spaulding/John Clay
Eric Porter …  Moriarty
Reginald Stewart …  Doorman
Malcolm Weaver …  Archie
Richard Wilson …  Duncan Ross

Le pitch ? Une annonce de la Ligue des Rouquins parue dans la presse, retient l’intérêt de Jabez Wilson, qui a une boutique de prêts sur gages dans la City.

Son commis lui a signalé que cette Fondation cherchait à embaucher un homme roux, pour un très haut salaire de 4 livres par semaine.

Malgré la file des postulants, Wilson est tout de suite retenu pour sa perfection capillaire.

Son travail purement nominal consiste à recopier l’intégralité de l’Encyclopedia Britannica à raison de quatre heures par jour, tous les jours sans exception et sans quitter son poste de la journée. Mais deux mois plus tard, Jabez Wilson trouve porte close en allant à son bureau. Son employeur s’est volatilisé et la mystérieuse Ligue semble n’avoir jamais existé.

Il vient se plaindre à Sherlock Holmes d’avoir perdu son emploi, mais le détective soupçonne une affaire beaucoup plus complexe.

PS : cette vidéo est introuvable sur You Tube pour des raison de droits d’auteurs, bref, je ne sais pas vous la mettre en lien vidéo et je l’ai regardée sur un de mes DVD.

Intro : La banque située à la « Saxe Coburg Street » semble attirer l’attention d’un mystérieux homme. Le fourgon marqué d’un « V.R » pour Victoria Regina décharge des colis bien lourds, tandis qu’un des chevaux de l’attelage gratte le sol.

Le mystère est entretenu par un des hommes de l’attelage qui laisse tomber de manière délibérée un papier important sur le sol. Nous ne verrons que les main manucurées de celui qui ouvrira l’enveloppe parlant d’un dépôt de la Banque de France de 60.000.

Sherlock Holmes est en compagnie d’un client d’un roux flamboyant. L’acteur, Roger Hammond, est affublé d’une défroque presque clownesque et nous interprète un Jabez Wilson naïf et roublard, geignard et rapace, obséquieux et irascible, un désopilant personnage de farce.

Oui, « La ligue des rouquins » est un épisode marrant !

Alors que nous découvrons Holmes et son roux de client, Watson entre dans la pièce, s’excusant en découvrant Holmes occupé et il fait demi-tour.

C’est pour ce genre de chose que j’adore Jeremy Brett dans le rôle : Holmes court et saute par-dessus le canapé pour rattraper son ami et hagiographe.

— Oh, sorry Holmes.
No, no, you couldn’t have come at a better time.
I was afraid you were engaged.
I am, very much so. Dr. Watson shares my love of all that is bizarre, but outside the routine of everyday existence.

C’est une anthologie, cette scène du saut au-dessus du canapé ! (sur la vidéo regroupant des moments marrants de la série : c’est à la 1:00).

Si notre détective stupéfie son client avec ses déductions sur son dur labeur, ses travaux d’écriture, son voyage en Chine… une fois qu’il lui a expliqué le chemin de ses déductions, il se faite entendre dire « Je pensais que c’était malin, mais en fait, je vois maintenant que ce n’est rien du tout ».

Une fois la moue de Holmes passée, Jabez Wilson raconte sa mésaventure.

Son commis lui ayant parlé d’une ligue des « rouquins » qui cherchait leur roux, il s’est rendu sur place et a failli se décourager devant l’importance de la file.

Malgré tout, c’est lui qui fut choisi !

Moment très drôle : l’entrevue où Duncan Ross, le « Président de la Ligue des Rouquins », se pâme d’admiration devant la parfaite chevelure rousse de Wilson, si irrésistible que, contrevenant au règlement de la Ligue, il engage le prêteur bien qu’il soit sans enfants.

Duncan Ross est joué par Richard Wilson, qui joue Gaius dans la série « Merlin ».

Sa mission ? Recopier l’intégralité de l’Encyclopedia Britannica à raison de quatre heures par jour, tous les jours, sans exception et sans quitter son poste de la journée. Il est payé, bien entendu…

Alors qu’il énumère les mots qu’il avait déjà fait, ceux en « A », on voit Watson se retenir de rire et Holmes aussi. Ils reprennent leur sérieux afin d’écouter la fin.

Leurs figues plus en détail…

Mais deux mois plus tard, Jabez Wilson a trouvé porte close en allant à son bureau. Son employeur s’est volatilisé et la mystérieuse Ligue semble n’avoir jamais existé.

À la fin de son récit, Watson n’en peut plus, il se marre !

Holmes le sermonne bien d’un « Watson », mais lui même est prêt d’exploser, ce qu’il fait, riant un peu avant de retrouver son sérieux devant un Wilson qui ne trouve pas ça drôle du tout !

Notre brillant détective sait qu’une chose plus grave se cache sous ce qui à l’air d’être une farce coûteuse.

La description de son assistant de Wilson, celui qui bosse pour moitié prix alors qu’il a du talent, le fait tiquer de manière imperceptible.

C’est pour cela que j’aime cette aventure, c’est parce qu’elle comporte une part de mystère : pourquoi demander à un roux de recopier une encyclo et le payer ??

Pour réfléchir, Holmes va fumer… « It is quite a three pipe problem, and I beg that you won’t speak to me for fifty minutes ».

He curled himself up in his chair, with his thin knees drawn up to his hawklike nose, and there he sat with his eyes closed and his black clay pipe thrusting out like the bill of some strange bird.

Anecdote : Sherlock Holmes fumait comme un sapeur : cigarettes, cigares et pipes.

Jeremy Brett, fumeur invétéré lui-même, détestait la pipe. Son frère Patrick, expert en la matière, lui donna des leçons et lui fournit du tabac doux. Mais cela ne devint jamais un plaisir pour lui…

C’est un Holmes bondissant et ayant compris qui réveille un Watson endormi sur le fauteuil avec un livre…

Direction le magasin de Jabez Wilson afin de reconnaître les lieux : Mortimer, le buraliste, le marchand de journaux, le restaurant végétarien (hein Elyon que ça te fait pouffer de rire, ce resto !), la banque Suburbian et le dépôt de voitures McFarlane.

Quelques petits coups de canne devant le magasin de Jabez Wilson et Holmes demanda une rue quelconque à Vincent Spaulding, le commis de Wilson…

Une fois que Holmes avait vu la disposition de lieux et exécuté ce qu’il avait fait, laissant Watson et le téléspectateur (le lecteur aussi) ébahi et médusé, il avait tout compris de l’affaire et savait pourquoi on avait créé la ligue des rouquins et choisi Jabez comme digne représentant à recopier l’encyclopédie Britannique.

Non seulement Holmes est un détective brillant, il connait son Londres par cœur, mais il ne dédaigne pas d’amuser non plus.

Puisqu’il ne sait rien faire de plus maintenant, il propose à Watson d’aller écouter Sarasate qui joue au Saint-James Hall !

Notre détective aimait la musique et le violon et l’acteur a laissé transparaître les moments de purs bonheur qu’il passait à écouter le violoniste.

J’adore cette scène parce que Watson y va de sa voix off en nous parlant de ce grand homme. Holmes, hein, pas le violoniste !!

S’il y aura des moments plus calme avec la planque, ensuite, tout passe à la vitesse supérieure et on termine sur une belle notre finale : Holmes a réussi son enquête.

Rien à redire, Conan Doyle avait inventé une nouvelle bien foutue en partant d’un truc tout bête…

Petite entorse au canon dans cet épisode parce que l’on voit « le professeur » dont on devine qu’il est Moriarty.

Oui, nous aurons la confirmation que c’est le Napoléon du Crime qui était derrière tout cela. On conseillera même à Holmes de ne plus prononcer son nom s’il tient à la vie.

Moriarty est trèèès fâché, mais il le cache à son « homme de main ».

La scène finale est une de mes préférées : après avoir expliqué tout le cheminement de ses déductions à Watson qui achète un livre, se moquant un peu du fait qu’il n’ait pas compris…

Holmes lui avoue ensuite que sa vie n’est qu’une fuite en avant, ce à quoi rétorquera Watson en lui disant qu’il est un bienfaiteur de l’humanité.

Holmes lui dit alors « L’homme n’est rien, l’œuvre c’est tout, comme le disait Gustave Flaubert à George Sand ».

L’accent de Jeremy, dans la V.O est horrible et on a du mal à comprendre si on ne connait pas la phrase avant.

Pourtant, Holmes parlait très bien le français !!

Et on termine avec la sale gueule à Moriarty qui le regarde de loin…

Petite note : Si les producteurs ont inclus Moriarty et fait une grosse entorse au récit canonique, c’est pour préparer le téléspectateur à l’épisode suivant : « Le dernier problème ».

En effet, dans le canon, Doyle avait sorti son Grand Méchant de son chapeau magique, afin d’en finir avec son détective qui lui prenait tout son temps, lui qui ne voulait écrire que des romans historiques.

Mais ici, le réalisateur ne voulait pas prendre le téléspectateur néophyte au dépourvu et il a donc fait inclure Moriarty.

Je n’ai pas regardé l’épisode suivant parce que je déteste « Le dernier problème » qui ne sonne pas vraiment le glas de Holmes, mais celui de David Burke dans le rôle de Watson.

En effet, l’acteur était papa depuis peu et voulait consacrer son temps à sa jeune épouse et à l’enfant. Avant son départ, il suggéra le nom de son remplaçant.

Ce sera Edward Hardwicke, déjà connu au théâtre, qui le remplacera dans « La maison vide », épisode avec le grand retour de Holmes.

Edward Hardwicke reçut l’aval de Granada. Il fut immédiatement adopté par l’équipe. Il s’avéra être le choix idéal pour le deuxième Watson, un partenaire complémentaire et un ami sûr pour Jeremy.

David Burke / Edward Hardwicke

Dès le départ, tous deux se retrouvèrent au diapason sur leur vision du docteur et l’importance de l’amitié.

J’aime bien Edward, il joue un Watson plus mûr pour la saison 2, mais j’ai toujours eu un gros faible pour David Burke et ses petits sourires.

Là aussi le nouveau duo fonctionne à merveille.

Watson reste intelligent, actif et sensible. Edward Hardwicke lui donne un aspect plus mûr et serein, une sorte de sagesse et de bonté profondes.

Tout comme pour le premier épisode de la saison 1 qui avait été tourné en troisième lieu afin que les acteurs et le reste de la troupe trouvent ses marques et soient au top pour l’épisode d’ouverture de saison, ils firent de même pour la saison 2.

Le premier épisode tourné fut « Le Manoir de l’Abbaye », deuxième épisode, afin que le nouveau Watson/Hardwicke trouve ses marque avec Holmes/Brett et qu’ils puissent tourner « La maison vide », l’épisode le plus important de manière professionnelle.

3. Sherlock Holmes : Les Hommes Dansants – The Dancing Men

Sherlock Holmes : Les Hommes Dansants  – The Dancing Men

SAISON 1 – ÉPISODE 2

  • Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  • Réalisateur : John Bruce
  • Scénariste : Anthony Skene
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 5ème épisode tourné
  • Série 1 : 2/7
  • 1ère diffusion : 1 Mai 1984 – ITV Network (Angleterre) (2ème épisode diffusé); 28 Mars 1985 – WGBH (Etats Unis); 22 janvier 1989 – FR3 (France) (5ème épisode diffusé)
  • Durée : 52 min
  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Tenniel Evans …  Hilton Cubitt
Betsy Brantley …  Elsie Cubitt
David Ross …  Inspector Martin
Eugene Lipinski …  Abe Slaney
Lorraine Peters …  Mrs. King
Wendy Jane Walker …  Saunders
Paul Jaynes …  Walker

Le pitch ? Mr Hilton Cubitt montre à Sherlock Holmes une série de pictogrammes représentant des petits hommes dansants, trouvés dessinés à la craie en différents endroits de sa propriété du Norfolk.

Sa jeune épouse américaine Elsie, qui lui a demandé de ne pas l’interroger sur son passé, semble en savoir davantage sur ce code énigmatique. Hilton Cubitt est persuadé que ces dessins qui terrorisent Elsie, signifient un grave danger et le mutisme obstiné de son épouse le conforte dans cette idée.

Holmes parvient à déchiffrer cette écriture secrète et, alarmé, il se rend chez les Cubitt. Trop tard pour empêcher un drame !

Comme d’habitude, les premières minutes après le générique montrent les événements qui arrivent à ce qui sera un futur client pour Holmes.

Ici, scènes bucoliques de la campagne, une dame qui se promène dans son jardin.

Et puis, soudain, son regard fixe quelque chose que le téléspectateur ne voit pas, sa respiration s’accélère, elle angoisse, lâche son panier et court à la maison, laissant étonné ce qui semble être son mari, pour s’enfermer dans sa chambre, fermant toutes les tentures et en proie à une peur indescriptible.

Le public est déjà conscient que cet épisode ne sera pas une simple enquête banale, vu comment la femme se cache dans un coin sombre de la chambre.

Le réalisateur nous montre enfin ce que Elsie a vu et qui lui a fait peur : des petits dessins de bonshommes sur un mur. Mais pourquoi avoir peur de ces petits dessins ?

La magie de la télé nous fait ensuite basculer vers le salon du 211b Baker Street. Watson lit et Holmes joue avec son microscope.

Le silence est roi jusqu’à ce que Holmes apostrophe Watson sur le fait qu’il n’investira pas dans les valeurs Sud Africaine, ce qui troue le cul de Watson que l’on puisse entrer ainsi dans sa tête. Il est ébahi.

Holmes aurait-il un pouvoir de « divination » ? Non, il a le pouvoir de déduction, ce qui n’est pas la même chose.

Là où ça devient drôle, c’est que Holmes lui dit qu’il devrait lui faire signer un papier attestant du fait que Watson est totalement interloqué parce qu’il sait que dans 5 minutes, après les explications, son colocataire dira que c’était d’une simplicité absurde.

Watson jure qu’il n’en fera rien et Holmes lui explique le chemin de ses déductions, parlant que c’est le pouce de la main gauche de Watson qui l’a renseigné sur le fait qu’il ne voulait pas investir.

En effet, il y avait de la trace de craie qui atteste qu’il a joué au billard avec Thurston et qu’il lui avait parlé, il y a quelques temps, de ce que cet ami possédait une option sur une propriété en Afrique du Sud pour laquelle il voulait l’y associer.

Puisque le chéquier de Watson est dans le tiroir fermé à clé de Holmes et que le docteur n’a pas demandé la clé, c’est qu’il ne veut pas investir son argent là dedans !

Watson se marre et ajoute que c’était d’une simplicité absurde, ce à quoi Holmes répond avec agacement, qu’un problème une fois expliqué paraît toujours simple, avant de faire « Pom, pom, pom » ce qui ne manque pas d’intriguer Watson.

(L’intégrale du dialogue, en VO).

En effet, il n’a pas d’enquête… et il ne s’est pas tourné vers sa bouteille de cocaïne !  Holmes lui répète que une fois de plus, il voit mais n’observe pas… Watson en déduit qu’il a une enquête !

REDH tumblr_lxb2h0FUMB1qzyfwqUne nouvelle scène de plus assez drôle quand Holmes sort un papier de sa poche et le colle devant son front en faisant « PAF ! »

Voici les deux images que j’ai pu obtenir… L’animée et la statique. Il faut bien entendu supprimer le texte de la seconde.

En effet, Sherlock Holmes vient de recevoir une lettre de Monsieur Hilton Cubitt, du Derbyshire…

Il ne sera pas dit que je ne vous ferai pas voyager dans toute l’Angleterre durant le mois anglais, moi !

Peu de temps après, monsieur Cubitt arrive. C’est un homme assez réservé, amical, et amoureux de sa femme, plus jeune que lui, qu’il a rencontré lors d’un voyage. Il se sont vu, ils se sont plu et se sont pendus en se mariant.

Là, Hilton Cubitt est bien embêté avec ce qui arrive à sa Elsie chérie.

L’homme montre alors à Sherlock Holmes une série de pictogrammes représentant des petits hommes dansants, trouvés dessinés à la craie en différents endroits de sa propriété.

Elsie, sa jeune épouse américaine, lui a demandé avant qu’ils ne disent « oui » de ne jamais l’interroger sur son passé. Son futur mari a accepté et ils furent heureux, bien qu’ils n’eussent pas d’enfants.

Vu le comportement apeuré de son épouse, elle semble en savoir davantage sur ce code plus qu’énigmatique.

Hilton Cubitt est persuadé que ces dessins qui terrorisent Elsie, signifient un grave danger et le mutisme obstiné de son épouse le conforte dans cette idée.

Un tableau noir est installé dans le salon de Baker Street et Sherlock commence à tenter de craquer le code.

À chaque message inscrit dans la propriété, Hilton Cubitt les envoie à Holmes, ce qui lui permet d’avoir matière pour casser le code et déchiffrer le message selon sa technique personnelle.

Petite anecdote : Brett était gaucher et Holmes droitier. Jeremy dû donc « apprendre » à écrire au tableau de la main droite.

Bien que l’acteur fit beaucoup d’effort pour essayer d’écrire avec sa main droite, il n’y arriva jamais…

Finalement, il se résolu à se faire doubler quand on voyait Holmes écrire en gros plan.

Cette enquête est plus tournée vers le mystère avec les messages bizarres laissés un peu partout dans la propriété et l’épouse de Hilton Cubitt qui vit retranchée dans sa chambre.

Épouse qui, rappelons-le pour ceux du dernier rang, vient d’Amérique et qui lui a demandé, le jour de leur mariage, de ne jamais lui poser des questions sur sa vie antérieure.

Souvent chez Conan Doyle, on trouve les thèmes récurrents de l’opposition entre l’Angleterre et l’Amérique, l’Ancien Monde et le Nouveau, la délicatesse et la violence, etc… Cette nouvelle en fait partie.

Malgré ce danger que l’on sent poindre, nous avons droit tout de même à quelques moments exubérants quand Holmes/Brett saute en recevant un nouveau message qui lui permettra d’avancer dans son travail de décodage.

Pour finir, Holmes parvient à déchiffrer cette écriture secrète, et alarmé, se rend chez les Cubitt.

Trop tard, il n’a pu empêcher le drame.

Cubitt a été tué et sa femme, grièvement blessée à tenter de se suicider. Mais il remarque qu’une troisième balle a été tirée.

Alors puisque Sherlock Holmes, bien qu’ayant décodé les messages des « Hommes dansants » à partir de son esprit de déduction, n’a pu empêcher un drame et subit un échec avec la mort de Cubitt, il va aider la police à mettre la main sur le coupable.

Le détective va enquêter, fouiller, observer les traces de pas, interroger le personnel et trouver la réponse afin de faire en sorte que madame Cubitt puisse vivre en veuve et en paix de son passé.

Une fois de plus, Brett donne toutes ses lettres de noblesse à Holmes (mais je ne suis pas partiale).

Bon sang, plus je le regarde, plus je me dis « C’est lui, Holmes » et ceci, je ne l’ai vécu qu’avec Brett !

Lorsqu’il cherche des traces sur le sol, c’est de manière aérienne, il sait aussi jouer avec son regard, celui qui est un peu exaspéré lorsque Watson lui chuchote qu’il devrait proposer à la bonne, Mrs King, de s’asseoir pendant qu’il l’interroge sur les faits, la nuit du meurtre.

Mais Holmes comprend aussi qu’il en apprendra que mieux si la dame est plus à l’aise et il l’invitera à s’asseoir.

La boucle sera bouclée avec le piège tendu au moyen d’un message réalisé dans le code des « hommes dansants » par Holmes pour appréhender la coupable.

On finit avec le clin d’œil de la fin, quand Holmes donne à Watson le message qu’il avait fait envoyer au meurtrier en lui demandant de le lire.

« COME-HERE-AT-ONCE » déchiffre Watson avant de sourire : « Venez ici de suite » fait-il en souriant.

« How absurdly simple » lui répliquera un Holmes sérieux, faisant sourire Watson qui se souvenait du début de l’épisode, heu, de l’aventure.

Anecdotes sur la série :
S’il n’y avait pas eu de l’amitié dans la vie entre Jeremy et David Burke, ça se serait ressentit à l’écran et nous n’aurions pas eu droit à cette relation complice entre Holmes et Watson, ce qui donne un plus à la série, leur connivence permettant des échanges pleins d’humour.

Le dialogue d’intro sur le fait que Holmes balance à Watson qu’il ne va pas investir dans les valeurs Sud Africaines est très drôle et il correspond, à peu de choses près aux premières pages de la nouvelle de Conan Doyle.

Jeremy aimait beaucoup ce passage et c’est à lui qu’on lui doit la scène car l’équipe n’en voulait pas. L’acteur a donc appris son texte durant la pause déjeuner le dernier jour du tournage.

David Burke et lui jouèrent la scène en une seule prise, dans une atmosphère tendue, et réussirent à convaincre le réalisateur. Ouf, on l’a inclue ! On aurait perdu beaucoup sans cette scène.

Jeremy estimait avec Michael Cox que cet épisode était l’un des meilleurs de la saison. La nouvelle était d’ailleurs l’une des préférées de Conan Doyle lui même.

Jeremy Brett et David Burke sont aussi à l’origine de la scène où Watson consulte en cachette la monographie de Holmes et celle où Sherlock Holmes lui laisse la prérogative d’expliquer à sa place, le secret du décodage des hommes dansants.

Jeremy, qui était entretemps devenu un spécialiste « es holmésologie » tenait absolument au respect de l’œuvre doylienne.

Cela le conduisit parfois à des conflits avec les scénaristes et les producteurs quand ils prenaient trop de liberté avec les textes…

À suivre avec « La ligue des rouquins »…

Ci-dessous, une vidéo très marrante regroupant une partie des moments les plus « fun » de la série (faite par Elyon, une vieille connaissance).

CHALLENGE - Embarquez pour Mois anglais

2. Sherlock Holmes : Le ruban moucheté – The Speckled Band

Sherlock Holmes : Le ruban moucheté – The Speckled Band

SAISON 1- ÉPISODE 6

  • Réalisateur : John Bruce
  • Scénariste : Jeremy Paul
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 2ème épisode tourné
  • Série 1 : 6/7
  • 1ère diffusion : Angleterre : 29 mai 1984 – ITV Network (5ème épisode diffusé); Etats Unis : 11 avril 1985 – WGBH; France : 1er janvier 1989 – FR3 (2ème épisode diffusé)
  • Durée : 52 min 40 sec
  • Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Jeremy Kemp …  Dr. Grimesby Roylott
Rosalyn Landor …  Helen Stoner
Denise Armon …  Julia Stoner
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson
Tim Condren …  Thorne
Stephen Mallatratt …  Percy Armitage

SPEC 9a85c7f09a225485medLe pitch ? Miss Helen Stoner est une jeune femme terrorisée qui vient solliciter l’aide de Sherlock Holmes. Depuis quelques temps, elle se rend compte que les mêmes faits étranges ayant précédé la mort de sa sœur, sont en train de se reproduire à son égard.

Il y a deux ans, son aînée de sept ans Julia sur le point de se marier, est morte mystérieusement, en s’effondrant devant sa chambre hermétiquement close et divagant à propos d’un « ruban moucheté ».

Son beau-père Grimesby Roylott, médecin en Inde chassé à cause de sa violence et dont elle-même subit les sévices, semble menaçant, depuis leur retour en Angleterre et la mort de sa femme.

Il fréquente une bande de gitans et possède des animaux sauvages qui errent la nuit tombée en liberté dans le parc. Au moment où Helen doit prochainement se marier, son beau-père a prétexté des travaux dans sa chambre pour l’obliger à dormir dans celle de Julia.

La nuit, Helen y a entendu les mêmes étranges sifflements dont lui avait parlé sa sœur. Holmes décide de se rendre au manoir de Stoke Moran et s’introduit dans la chambre où a eu lieu le drame, située à côté de celle du médecin.

En l’examinant, il remarque entre elles une minuscule bouche d’aération, un lit scellé, un cordon de sonnette qui ne sonne pas… Il décide de passer la nuit sur place avec Watson. Quel sorte de danger vont-ils devoir affronter ?

L’histoire commence comme celle dans le canon : madame Hudson a été réveillée par une cliente, madame Hudson a réveillé Holmes et Holmes réveille Watson à son tour…

– Tout à fait désolé de vous réveiller, Watson, dit-il, mais c’est le lot de tous, ce matin. Mme Hudson a été réveillée, j’en ai subi le contrecoup, elle m’a réveillé et maintenant à votre tour.
– Qu’est-ce que c’est donc ? Un incendie ?
– Non. Une cliente. Il paraît qu’une jeune dame vient d’arriver dans un état de grande agitation et elle insiste pour me voir. Elle attend en ce moment dans le salon. Or quand de jeunes dames errent par la capitale à cette heure matinale et font sortir de leur lit les gens endormis, je présume qu’elles ont quelque chose de très pressant à leur communiquer. Si cela se trouvait être une affaire intéressante, vous aimeriez, j’en suis sûr, la prendre à son début. Que ce soit ou non le cas, j’ai pensé vous appeler et vous en fournir la possibilité.

Cette aventure, j’avais hâte de la voir dans la série. J’ai dû attendre que les éditions Altaya les ressorte toutes pour voir ENFIN cet épisode que j’avais toujours loupé à la télé.

Dans le canon, cette nouvelle a toujours été ma préférée. Allais-je l’adorer autant en version télé avec mon bel acteur ?

Attente trop longue, doublées d’attentes trop fortes, bref, si je l’adore en écrit, je ne cours pas après l’épisode télé.

J’avais imaginé la cliente de Holmes, Helen Stoner, plus belle, plus sexy, bien que dans le canon Watson précise que bien qu’elle n’ait que 30 ans, ses cheveux étaient striés de gris et qu’elle avait un air épuisé et hagard.

Mais dans ma tête, lors de la lecture, j’avais rangé ces détails dans un coin… faisant de la dame une encore jolie personne.

Pourquoi j’ai bloqué avec cet épisode ? Parce que je rêvais d’un Holmes aussi prévenant avec Helen que dans le canon et que dans l’épisode, il n’en fut rien !

Attention, à la décharge de l’épisode, je dois vous avouer que cela fait des années que je m’étais faite un film sur cette nouvelle. N’est-ce pas ma petite Elyon ?? Mais ceci est une autre histoire que je ne vous raconterai pas.

Anybref, empoisonnée par mes propres films, je m’attendais à tout autre chose et j’avais envie de crier à l’actrice « Mais saute-lui dessus ! Viole-le ! Arrache-lui ses vêtements ! Embrassez-vous fougueusement ».

Voilà le problème d’un esprit pourri par de la fiction et des rêves… D’ailleurs, j’avoue que je ne sais plus lire cette nouvelle sans avoir mon esprit qui bat la campagne.

Cette prévenance envers la cliente, que j’aurais voulu voir transposée à l’écran, n’y était pas et cela m’a grandement déçue. Et puis je n’ai pas aimé Rosalyn Landor dans le rôle d’Helen Stoner.

Par contre, j’adore comment le producteur a imaginé le meublé de Baker Street… bien que la peinture avec les chutes de Reichenbach soit d’un mauvais goût certain…

Pour ceux qui ne sont pas dans mon esprit, cet épisode est excellent, fort oppressant et on est bien loin de l’humour des premiers.

Dans le canon, cette enquête est sombre, violente, mettant à jour la noirceur d’un médecin qui, quand il utilise son art et son intelligence au service du Mal, ça fait des dégâts !

Spectateur ou lecteur, on comprend très vite qu’on est face à un épisode dramatique, mais en tant que téléspectateur, on visualise tout ce qu’il se passe dans l’intro et on tremble pour la jeune fille, qui, bien que je ne l’aime pas, traduit bien de par ses regards ou ses tremblements de voix, l’angoisse qui la saisit.

Holmes aussi, dès le départ, a senti qu’un réel danger de mort pesait sur la jeune fille venue le voir et que ce qu’elle racontait, ce n’était pas du vent (pourtant, il n’a pas vu l’intro, lui).

Jeremy Brett avait l’art de traduire ce sentiment à travers l’intensité soudaine de son regard et la raideur concentrée de son attitude. Du beau travail.

Le Dr Roylott, un des grands méchants créé par Conan Doyle, est un personnage violent et particulièrement abject. Un méchant réussi et l’acteur a le physique de l’emploi avec ses cheveux en bataille et sa bouche dure et méchante.

Dans l’intro, il balance un homme dans la rivière car il voulait que les bohémiens quitte la région. Et ils sont les invités perpétuels du docteur, qu’on se le dise.

Le docteur est aussi assez « violent » avec Helen, sa belle-fille (il a épousé la mère qui était veuve et qui est décédée maintenant), lui empoignant avec force le poignet.

Holmes n’est pas un con ou un homme qui a tendance à sous-estimer le danger, il sait que le docteur est un dangereux prédateur et il est conscient du danger qu’il fait courir à Watson. Il le lui avouera pendant leur nuit de guet, dans l’abri de jardin.

Cette scène est superbe avec ses jeux d’ombres réalisés par les éclairages.

L’atmosphère est tendue comme une corde de violon, et cette intrigue donne l’occasion à Holmes et Watson de partager des moments d’intense complicité face au danger.

Dans cet épisode, puisque Holmes va à la campagne, il portera la grande cape macfarlane et le deerstalker sur son costume noir.

Jeremy, dans le rôle du détective, s’est imprégné de son rôle (au point qu’il dira que Holmes l’épuise, tout comme le personnage avait épuisé Robert Stephens, un autre acteur, mais de film) et lorsqu’il est dans la chambre de la demoiselle, cherchant des indices, il scrute avec attention le moindre détail et la caméra suivra son regard.

Il n’hésitera pas à se coucher au sol pour l’inspecter avec sa loupe.

C’est un Holmes très grave qui mettra en garde la cliente et lui demandera de bien exécuter ses consignes, car il en va de sa vie !

La scène dans la chambre est intense (non, pas de scènes de cul) et si Holmes sauve une vie, il en prendra une autre, bien qu’il ne soit pas responsable qu’indirectement. Cette mort ne lui pèsera pas lourd sur la conscience.

Les « erreurs » commises par Conan Doyle dans le canon seront transposées dans l’épisode télé… mais bon, il faut parfois prendre des largesse avec la réalité, en littérature comme à la télé.

 

1. Sherlock Holmes : Un scandale en Bohème – A scandal in Bohemia

Sherlock Holmes : Un scandale en Bohème – A scandal in Bohemia (Série Granada 1984).

SAISON 1 – ÉPISODE 1

  • Production : Michael Cox, Stuart Doughty
  •  Réalisation : Paul Annett
  •  Scénario : Alexander Baron
  •  Décors : Michael Grimes, Margaret Coombes, Tim Wilding
  •  Musique : Patrick Gowers
  •  3ème épisode tourné
  •  Série 1 : 1/7
  •  1ère diffusion : Angleterre : 24 avril 1984 – ITV Network (1er épisode diffusé)/ Etats Unis : 14 mars 1985 – WGBH/ France : 15 janvier 1989 – FR3 (4ème épisode diffusé)
  • Durée : 52 min.
  • Distributions :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Gayle Hunnicutt …  Irene Adler
Wolf Kahler …  Roi de Bohemia
Michael Carter …  Godfrey Norton
Max Faulkner …  John
Tim Pearce …  Cabby
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson
Will Tacey …  Clergyman

SCAN 7c1b27f778cf8c69Le pitch ? Une mystérieuse lettre arrivée au 221b, annonce la visite imminente d’un client. Sherlock Holmes reconnaît le roi de Bohème qui est venu sous un faux nom.

Il lui demande d’écarter le scandale qui naîtrait, au moment de ses fiançailles avec une princesse, si révélation était faite de la liaison qu’il eut jadis avec la cantatrice Irène Adler.

Le détective a trois jours jusqu’à la publication des bans, pour récupérer une photographie compromettante.

Le 24 avril 1984, l’épisode pilote de la série Granada faisait découvrir le nouveau Sherlock Holmes aux téléspectateurs anglais.

Rhââ, quel épisode que celui où Holmes se fait damner le pion par la belle Irène Adler.

D’ailleurs, la série commence par nous présenter la belle cantatrice en proie à des cambrioleurs et elle n’a pas peur d’eux. L’arme ne tremble pas. Mais on la sent « fatiguée » de tout cela.

Ensuite, la voix off de Watson nous dit que pour Sherlock Holmes, elle est LA femme

Envoyez le générique ! ♫

La seconde scène d’ouverture est celle qui voit arriver le docteur Watson à Baker Street. De retour, il appréhende l’état dans lequel il va trouver son ami et cela attise la curiosité du téléspectateur.

Après avoir croisé des fiacres qui nous transportent totalement dans l’époque de la reine Victoria, nous rencontrons madame Hudson, la logeuse.

Celle qui n’a en tout et pour tout guère plus que 20 lignes dans le Canon aura un rôle plus important ici. Rosalie Williams, son interprète, lui donnera toutes ses lettres de noblesse.

La pauvre logeuse est obligée de supporter son locataire qui est imprévisible et peut transformer tout l’étage en épais smog à cause d’une expérience de chimie…  Mais c’est presque une mère pour eux.

Rosalie Williams était heureuse de jouer le rôle de madame Hudson et le plaisir était double puisqu’elle retrouvait Jeremy Brett, avec qui elle avait travaillé quand il débutait sa carrière au Manchester’s Library Theatre.

Elle apparaît brièvement à l’écran, mais sa présence dans presque tous les épisodes, apporte une touche de tendresse.

Holmes s’amusera souvent la critiquer et la houspiller, hurlant pour avoir de l’eau chaude ou lui reprochant sa lenteur à débarrasser la table. Mais on sent bien qu’ils s’aiment, ces deux là.

Le réalisateur Paul Annett n’est pas un con, il sait entretenir le suspense et pour cela, il a utilisé un stratagème de mise en scène pour le faire monter tout doucement mais sûrement. Oui, je parle bien du suspense !

La scène où Watson entre dans leur meublé de Baker Street est tout simplement géniale de par sa conception : Holmes est assis devant le feu, fenêtre ouverte, ce qui fait « sourire » le docteur. Prévenant de la santé de son ami, notre docteur va fermer la fenêtre.

« My dear Holmes » commence-t-il pour le sermonner sur la fenêtre ouverte alors que dehors, il fait dégueu et sur le bordel qui règne sur son bureau avant de stopper net car notre brave docteur vient d’apercevoir une seringue dans un tiroir mal refermé.

Cette seringue est une référence à l’addiction de Holmes à une solution à 7% de cocaïne qu’il prenait lorsqu’il n’avait aucune affaire sur le feu.

Le regard de Watson se voile et il prononce cette phrase bien connue des lecteurs « What is it tonight ? Morphine or cocaïne ? » prêt à se sermonner son ami sur cette dangereuse manie.

Holmes lui tourne toujours le dos, il fixe la cheminée où les flammes dansent et ne bronche pas d’un poil. Le réalisateur est un sadique, il voulait faire durer le plaisir du téléspectateur pour qui c’était le tout premier épisode.

Sans nous dévoiler son visage, Holmes lui répond qu’il préconise une solution à 7% de cocaïne.

Soudain, il se retourne brusquement, les yeux fixés sur Watson et le téléspectateur découvre Jérémy Brett dans le rôle, demandant à son ami s’il veut essayer cette fameuse solution.

Les traits sont fins, ciselés, il est joli môme et moi je n’avais qu’une envie, c’est de lui confier ma petite affaire (enfin, pas à cette époque, j’étais mineure d’âge !).

Watson lui fait la leçon sur les innombrables dangers que cette drogue pourrait faire à son brillant cerveau… Pour Holmes, la drogue n’est qu’un stimulant lorsqu’il est à l’arrêt. De plus, ce n’était pas interdit à l’époque.

Ensuite, sa belle voix nous sort cette réplique bien connue : « My mind rebels against stagnation. Give me problems, give me work, give me the most abstruse cryptogram, or the most intricate analysis, and I am in my own proper atmosphere. But I abhor the dull routine of existence. I crave for mental exaltation ».

Traduction : « Mon esprit se rebelle contre la stagnation, confiez moi donc les problèmes les plus complexes, confiez moi les plus obscures cryptogrammes, les plus étranges intrigues à dénouer, je m’y retrouve dans mon propre domaine, mais j’abhorre la triste routine de l’existence. Je ne tire aucune gloire de mes succès, le problème à résoudre, et le plaisir de mettre mes dons à l’épreuve des faits sont ma seule récompense. »

Il nous précise aussi qu’il a créé la profession de détective consultant et qu’il est le seul au monde. Tout à fait canonique, bien que le passage sur sa profession vienne de « Une étude en rouge ».

Un gloussement de Holmes se produit avant qu’il n’avertisse son ami qu’il a fait un mauvais diagnostique (rhôô, le sadique ! Il a joué avec ses pieds) et qu’il a son stimulant : et il nous sort une lettre de sa poche avant de la tendre à Watson pour lui demander ce qu’il en déduit.

Dès le début, la Granada s’était voulue la plus fidèle possible aux textes et à l’univers de Conan Doyle. Et, hormis quelques fois (surtout dans les films et les dernières saisons), elle respecta son deal. Brett était fort regardant aussi, tenant à respecter les textes du canon. Canon qu’il avait lu entièrement avant le tournage !

Bref, les déductions sur l’étrange lettre reçue s’enchaînent et Brett est parfait dans le rôle du détective. Je sais que certains lui reprochent d’en faire trop, mais pour moi, tout est parfaitement dosé : les mimiques, les haussements de sourcils, les gloussements ou les éclats de rire, la gestuelle, la froideur ou la retenue. C’est Holmes !

Les acteurs sont parfaitement à leur place, ils s’entendent bien, surtout Brett avec David Burke (Watson) et cela transparaît à l’écran.

De plus, Michael Cox, le producteur, avait été malin et leur avait fait tourner « Le cycliste solitaire » en premier.

« Un scandale en Bohème » est en fait le troisième épisode tourné. Les acteurs étant rodés, il était plus facile pour eux de trouver leurs marques ainsi qu’aux membres de l’équipe, avant de tourner cet épisode crucial qui ouvrirait la série et sur lequel elle serait jugée.

On pourra juste reprocher aux deux acteurs un trop grand âge

Beaucoup oublient que Sherlock Holmes a commencé très jeune. Si l’on prend 1854 comme année de naissance la plus probable, cela lui faisait 24 ans lors de première enquête en 1878.

Sa collaboration avec John Watson a eu lieu en 1881 ou 1882… Il avait donc entre 27 et 28 ans. En 1904, il se retirait des affaires. La retraite à 50 ans, pas mal.

Jeremy Brett étant né en 1933, il avait déjà 51 ans lors du tournage de la série. David Burke était né, quant à lui, en 1934. Bref, ils n’étaient plus de toute première jeunesse, sans pour autant être de vieux croulant !

La série n’a pas trop mal vieilli et pour moi, c’est toujours un plaisir de me regarder les premières saisons.

Si cet épisode est toujours au top, il possède tout de même quelques grands moments kitch, notamment avec le fameux roi de Bohème qui, pour ne pas être reconnu, porte un loup des plus ridicules. Son costume, sa grosse moustache et sa coiffure genre « je suis en guerre avec mon coiffeur » parachevait le tout.

Revenons à notre série ! Holmes ne se montre pas impressionné pour autant d’avoir un futur king dans son salon. De toute façon, les rois et les reines, ils vont aux chiottes comme tout le monde !

Après avoir démasqué facilement ce futur roi qui pensait être incognito, Holmes lui demande de tout raconter le pourquoi du comment il a besoin de son aide.

Pas à dire, le royal récit de sa rencontre avec la cantatrice qui veut le faire chanter (maintenant qu’il va se marier avec une autre) possède aussi de grands moments de « kitchitude » ainsi que de gros accents de « Sissi » : scènes de bal sirupeuses où les musiciens ont les yeux bandés pour ne pas témoigner de ce qu’ils n’ont pas vu, les deux amants chevauchant dans la campagne, s’embrassant dans la chambre…

LA photo…

Par contre, voire Irène Adler habillée en homme dans des cabarets est un délice car le haut-de-forme lui va à ravir. Une femme libérée et qui n’avait pas peur de porter des costumes masculins.

Le choix de l’actrice était crucial et important et je dois dire que le rôle va comme un gant à Gayle Hunnicutt qui, comme nous expliqua un jour Jeremy Brett, portait un parfum « Bluebell » qui avait beaucoup perturbé Holmes. Ou l’acteur…

Il m’a d’ailleurs semblé le voir reluquer discrètement dans son décolleté lors de la scène où, déguisé en pasteur non conformiste, il fait semblant d’être mal.

Sur quoi tu louches, Sherlock ??

Une autre bonne idée, c’est d’assister au démaquillage de Holmes après son enquête chez miss Adler, déguisé en valet d’écurie : « hirsute, le visage en feu et paraissant ivre, avec des favoris et des vêtements qui ne payent pas de mine ».

Petite anecdote, Brett était tellement bien grimé qu’on ne le reconnu pas sur le plateau de tournage ! Tout comme son personnage, il avait le sens du déguisement et il aimait ça.

Holmes enquête donc chez les employés de la dame, entrant à son service comme valet d’écurie et il me semble que je l’ai vu un peu troublé lorsqu’il entendra le jolie voix de la cantatrice

Il racontera à Watson comment, en suivant la belle et son avoué, Geodfrey Norton, il assistera à leur mariage en cachette, devenant leur témoin involontaire car il en fallait un pour légaliser le mariage à l’église.

La belle Irène le remerciera et lui offrira un souverain en or pour la peine ou comme « little souvenir » (moment intensément romantique dans ma tête) et le détective décidera de l’accrocher à sa chaîne de montre, ce qui laissera Watson perplexe.

Un autre grand moment, c’est lorsque Holmes se déguisera en « un pasteur non conformiste, aimable et un peu naïf. Avec un grand chapeau noir, un pantalon trop ample, une cravate blanche, un sourire plein de sympathie, un regard attentif et un air de curiosité bienveillante » dans le but de récupérer la photo compromettante du futur roi qui avait été assez bête que pour se faire prendre en photo au côté de sa maîtresse.

D’ailleurs, je préciserai aussi que les dessins de Sidney Paget qui illustraient les « Aventures » dans le Strand Magazine ont servi de modèle pour créer les costumes et les déguisements.

À savoir aussi que certaines scènes sont la copie conforme des dessins de Paget : la visite du roi de Bohème au 221b Baker Street, celle où Irène Adler, déguisée en homme souhaite le bonsoir à Holmes sur le pas de sa porte ainsi que celle du mariage.

Dans le but de son enquête, Holmes a engagé des jeunes gens pour se disputer et chahuter assez fort au retour d’Irène et lui, en preux chevalier, il arrivera pour défendre madame Adler et il se fera assommer… seul moyen d’entrer dans la maison !

La scène avec Irène qui lui tamponne le front avec un chiffon humide est toute mignonne mais Holmes détourne la tête pour ne pas qu’elle remarque que le rouge sur son front n’est que de la peinture.

La pauvre femme ne se rend pas compte qu’elle a sur son divan le grand détective tout à fait alerte et non pas un vieux pasteur gentil et assommé.

Mais lors du faux incendie, lorsqu’elle ouvre la cachette afin de prendre le cliché où elle pose avec le futur king of Bohème, là, elle commence à avoir des doutes sur le gentil pasteur et l’incendie… qui n’est qu’un pétard fumigène lancé par Watson.

Holmes jubile dans le fiacre qui le reconduit à Baker Street, il est fier de sa trouvaille, de son plan… Oui, Holmes fut rusé ce soir là, mais le jeune homme qui lui souhaita « Bonne nuit, monsieur Holmes » devant le 221b l’était encore plus que lui !

Irène avait compris… Le lendemain, elle n’était plus là, mais elle laissait une lettre à Holmes et promettait de ne pas envoyer la fameuse photo le jour des fiançailles du roi. Elle aimait et était aimé en retour.

On sent bien aussi dans cet épisode tout le mépris et la froideur de Sherlock Holmes envers ce futur monarque prétentieux.

Lorsque le roi, furax de voir que la photo laissée n’est pas la compromettante, il ordonnera à Holmes de lui donner la lettre, ce à quoi il lui répondra « It is adressed to me ». « C’est adressé à moi »… Alors Sherlock, c’est « Fuck the king ».

Dans cette aventure, Holmes se rend compte aussi qu’il a eu affaire à une femme intelligente et rusée, une femme blessée par un homme qu’elle avait aimé et qui lui avait promis le mariage.

Holmes refusera la chevalière que le roi voulait lui offrir, ne souhaitant que la photographie où Irène était seule.

Il ne serrera pas la main tendue par ce roi qui était tout content que tout cela se termine bien pour son matricule et qu’il puisse se fiancer avec sa princesse de La Tronche En Biais.

Le soir, devant la cheminée, on verra Holmes contempler la photo de la belle puis jouer du violon… Mélancolique Holmes ?

Je me suis un peu étendue sur ce premier épisode, mais les suivants seront plus court.

Si vous ne l’avez jamais vue, je vous signale que cette série vaut le détour pour le soin extrême qui a été apporté à la reconstitution des décors et des costumes : raffinés ET fidèles aux goûts et aux critères sociaux de l’époque.

Au moins, on ne voit pas évoluer Holmes affublé de cette stupide deerstalker et de ce foutu manteau « macfarlane », vêtements adaptés à la campagne mais pas à la ville de Londres.

Dans le canon, il ne les porte qu’à deux reprises, dans HOUN (« Le chien des Baskerville ») et dans SILV (« Flamme d’argent »). Normal, il était à la campagne !

Ici, l’acteur évolue dans un costume sombre et un haut-de-forme qui lui vont à ravir.

De plus, Jeremy était grand et mince, tout comme Holmes : 76 kg pour 1,88m. Holmes mesurait 6 pieds, soit 1,80m mais paraissait encore plus grand en raison de sa minceur.

Pas d’anachronisme avec la pipe calebasse non plus ! Holmes fume des pipes droites (triviale, cette phrase) et d’époque.

Ils ont fait aussi attention aux moindres détails : même les titres des journaux concordent aux évènements de l’époque.

Jeremy Brett avait un peu peur que dès le premier épisode on ne montre tous les « clichés » holmésiens à l’écran : Holmes et la drogue, Holmes jouant du violon, Holmes et « La Femme », Holmes et le célèbre monologue « Mon esprit refuse la stagnation… » (Extrait de la seconde nouvelle de Conan Doyle « Le Signe des Quatre »), Holmes déguisé, etc…

Au final l’histoire se tient bien et esquisse un portrait habile et réussi du détective.

Dès le premier épisode, on en sait déjà un peu plus sur le détective, utilisant comme clichés les véritables infos du canon et évitant les faux « clichés ».

Le scénario reste très proche de l’œuvre originale et on retrouve des dialogues entiers extraits du Canon : le prologue de Watson sur Irene Adler, la célèbre réplique de Holmes : « I am lost without my Boswell » (Sans mon historiographe, je suis un homme perdu), le dialogue sur la cocaïne…

Quand à supposer que Holmes éprouva pour Irène Adler de l’amour, le producteur, Michael Cox, voyait dans cette histoire une relation ambivalente de sexualité refoulée.

Selon lui, on pouvait imaginer que Sherlock Holmes lui vouait un amour platonique.

Une affaire à suivre dans l’article de demain qui continue sur un autre épisode tout aussi mythique pour moi.

L’épisode en V.O de « A scandal in Bohemia » n’étant plus disponible sur You Tube, j’ai inclus quelques clips à la place.

Par contre, il reste toujours la petite vidéo que j’avais réalisée pour illustrer une fanfiction « Holmes/Adler » que j’avais écrite en août 2011 pour un concours sur Fanfic-fr.

Il fallait écrire une histoire sur la musique « A postcard » de Purcell (violon mélancolique) et j’avais pondu « Requiem pour une ombre » (ici, c’est la vidéo, pas mon texte !).

Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Sherlock Holmes : Série Granada [Intro]

I. Intro

La toute première fois que j’avais entraperçu l’acteur Jeremy Brett (je ne connaissais pas encore son nom) lors d’un zapping, je m’étais dit « Oh, on dirait Sherlock Holmes », parce que je trouvais qu’il avait le physique pour le détective.

Nous étions en 1990 et j’avais fait la découverte littéraire de Sherlock Holmes en 1989 (octobre, je pense) avec le « Chien des Baskerville » avant de dévorer tout le canon en entier. À cette époque, pas d’Internet et je n’avais donc jamais découvert un visage d’acteur ayant joué son rôle.

Mais en voyant cet homme grand, mince et plutôt bôgosse, je m’étais dit dans ma tête qu‘il ferait un bon Holmes.

Mon exclamation n’était pas fausse puisque je venais de tomber sur un épisode de la série anglaise « Sherlock Holmes » produite par le Granada !

Mes yeux en brillaient de bonheur ! Pas de bol, je devais partir en ville avec ma mère, je ne pouvais y couper et comme nous n’avions pas de magnéto… Oui, une horreur ! Traumatisme pour moi qui ai raté de nombreux épisodes.

L’heure de ma vengeance à sonné lorsque je pu les télécharger sur Méga Upload. Je rassure les puristes de suite, j’ai acheté toute la série lorsqu’elle fut éditée par les éditions Altaya.

Dans le cadre du « Mois Anglais », j’ai regardé les épisodes sur You Tube, en anglais dans le verbe et dans le texte, puisque les sous-titres proposés étaient en anglais (mais je comprends mieux en lisant l’anglais qu’en entendant l’anglais).

Heureusement que j’avais revu la série en novembre 2013 et en V.F, ce qui m’a permis de comprendre. Et puis, au bout d’un 36ème visionnage, je les connais !

Mais parlons un peu de la série et assez de moi !

Les articles suivants seront consacrés à 5 épisodes de la série de la Granada. Je n’aurai pas le temps de vous écrire les articles consacrés à l’origine de la série, malheureusement.

Mais rien ne m’interdit de les poster après le Mois Anglais 😉

Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.