Les irréguliers de Baker Street [SÉRIES] – Saison 1 (2020) – Par Dame Ida, envoyée spéciale victorienne

Synopsis :
Bienvenue dans le Londres du XIXe siècle, où les Irréguliers, un gang de jeunes marginaux, élucident des crimes surnaturels pour le compte du Dr Watson et de son mystérieux associé, Sherlock Holmes.

L’avis de Dame Ida : Bon… Ces irréguliers là n’ont rien à voir avec les 4 tout en s’en inspirant… Mais s’ils sont 4 c’est deux filles et deux garçons…. Dont une asiatique et un black.

On est bien dans cette manie actuelle de la parité et l’inclusivité des personnes racisées. Comme dans les Chroniques de Bridgerton où on te collait des zaristos racisés alors que ça ne correspond pas à la réalité de l’époque. Certes dans l’Est End, on pouvait avoir des personnes « non blanches »…

Mais… Tout de même… cette relecture de plus en plus fréquente de la représentation raciale qui altère la réalité historique m’irrite profondément. Je suis contre le racisme, et contre la faim dans le monde comme Miss France…

Mais pas trop d’accord pour qu’on nous fasse croire que les personnes racisées avaient tel ou tel statut qu’elles n’avaient certainement pas dans la réalité de l’époque de référence.

Je ne cautionne pas l’esclavagisme et la ségrégation, et aucune discrimination mais je ne cautionne pas non une réécriture faussée de l’histoire qui justement les efface sous prétexte d’égalitarisme et de visibilité des minorités.

Car en effaçant les réalités douloureuses de l’histoire, on efface aussi la réalité des souffrances que ces horreurs ont causé. Si on continue comme ça on va finir par voir des chevaliers musulmans autour de la table ronde et des juifs dans l’armée nazie !

N’oublions pas le rôle de la télévision et du cinéma sur l’éducation des foules. Beaucoup de jeunes qui n’écoutent que distraitement leurs cours d’histoire-géo et s’empressent de les oublier après le contrôle… découvrent l’histoire à travers ce que les films et les séries en présentent.

Ces films « en costumes », situées dans une époque clairement datée de l’histoire mais présentant un tissu social qui n’avait rien à voir avec celui de l’époque en question contribue à une opération de désinformation de la population et à entretenir celle-ci dans une méconnaissance de son histoire.

Or, comme disait l’autre (qui n’était pas psychanalyste mais un psychanalyste n’aurait pas dit mieux!)… Ignorer son histoire nous expose au risque de la répéter. Et nous présenter une histoire qui occulte les clivages raciaux et sociaux du passé au nom de la volonté louable d’offrir une visibilité des minorités, ne peut qu’entraîner une confusion dans les esprits des personnes les moins favorisées dans leur capacités à accéder aux réalités de la culture et de l’histoire.

Même Watson est black ou au moins métis!!! Je n’aurais rien eu contre si ça avait été dans une adaptation du XXe ou XXIe siècle… Mais pas pendant l’ère victorienne où les femmes des meilleurs milieux ne pouvaient même pas entrer à l’université.

Croyez vous qu’il y aurait eu des personnes de couleur assez riches pour faire des études à cette époque, et qu’on les ait autorisées à entrer à Oxford ou Cambridge dans une société de classe aux frontières hermétiques ???

Passons sur Mrs Hudson qui, ici, n’est pas la sympathique proprio du 221B mais une marchande de sommeil qui possède carrément tout le quartier et n’hésiterait pas à expulser ses mauvais payeurs.

Et évidemment, cerise sur le pompon, Baker Street  (à l’ouest de Londres et pas si loin que ça de Buckingham) est à un jet de pierre de la cathédrale St Paul et des fenêtres du 221B on voit les bouges ressemblant à ceux de l’est end !

Et à 38mn du début on a aperçu juste les pieds d’un Holmes allongé sur un divan avec bien évidemment une pipe à opium à ses pieds… Watson et Holmes (qui reste invisible) surpris en pleine scène de ménage (je vois gros comme une maison qu’au fil de la série on va jouer avec l’ambiguïté et laisser entendre qu’ils sont amants)…

Et une altesse royale, fils de la Victoria fait le mur pour aller copiner avec une fille de la bande… Ben voyons ! C’est vrai que les crasseuses en guenilles (et en pantalon !!! des filles en pantalons qui ne cachent pas leurs cheveux… normal à l’époque) c’est tout ce qu’il faut pour séduire un prince pressé de s’encanailler !

Bref, les puristes en seront pour leurs frais. Et c’est dommage parce que c’est pas si mal au niveau de l’histoire qui inclut des éléments fantastiques. ça aurait pu le faire.

Cette série aurait pu se trouver son propre style.. si elle n’avait pas accumulé tant de travers.

Bref cette série peut se regarder avec plaisir si on n’a pas lu les 4 de Baker Street… Et si on ne connaît rien à la géographie londonienne… si on ne tient pas trop au respect du canon notamment concernant les personnages de Holmes, Watson et Mrs Hudson !!!

Et si on n’est pas allergique avec la mode sévissant actuellement dans les séries consistant à nier les réalités historiques des clivages raciaux et sociaux de l’époque où l’on situe l’action pour sacrifier à une volonté de visibilité des minorités racisées, certes compréhensible mais historiquement trompeuse.

Ne négligeons pas l’impact des fictions grand public sur la culture générale des masses qu’on peut ici plonger dans la confusion sous prétexte de les rendre plus tolérantes et ouvertes aux diversités.

Dénoncer les clivages en démontrant leur cruauté et leur arbitraire me semblerait tout aussi efficace et plus proche de la réalité.

Ce sont évidemment là des conditions que je ne remplis pas et j’avoue que ça pèse lourdement dans mon appréciation alors que la série a pourtant de bons côtés et ses points d’originalité qui permet de ne pas trop y voir un plagiat de notre bédé préférée.

PS : Cannibal Lecteur est un peu moins chaude pour regarder cette série qui n’est historiquement pas réaliste. L’élément fantastique ne me dérange pas, mais restons dans les réalités historiques au moins…

Ce que la presse en pense : pas que du bien…

Un journaliste du Hollywood Reporter qualifie de “création calibrée pour l’algorithme Netflix : une série apparemment produite ou acquise non pas tant parce qu’elle est fondée sur un concept fort, mais parce qu’à l’évidence on peut la faire entrer dans toutes les catégories de la plateforme”. (Le courrier International)

Une série en huit longs chapitres, plongeant dans un Londres victorien fantasmé grâce à des intrigues fantastiques aussi nombreuses que bancales.

À part son nom très évocateur, repris effrontément au canon holmésien, certainement dans l’unique but d’attirer quelques clics rémunérateurs, il n’y a que de maigres points d’accroche qui rapprochent réellement les enquêtes des Irréguliers de Baker Street à celle de Sherlock et de son cher Watson.

En fait, outre les noms de deux fameux lurons enquêteurs, de Mycroft (évacué de l’intrigue aussi rapidement qu’il y avait été intégré) et du 221 B Baker Street, il ne reste à peu près rien de l’œuvre bien connue d’Arthur Conan Doyle.

De la vivacité d’esprit agaçante du célèbre détective, ne subsiste plus qu’un esprit fumeux, endormi par les vapeurs des drogues ingurgitées à longueur de journée pour oublier son amour perdu, disparu dans un portail interdimensionel lors d’une enquête foireuse, son auto-flagellation légendaire née d’avoir abandonné ses filles (adoptive et naturelle), ainsi qu’une queue de cheval, dans les flashbacks, une tête rasée et quelques tatouages dignes des meilleurs punks à chien.

Après moult teasing étouffe-chrétien, on en viendrait presque à regretter les premiers épisodes, certes dénués de Sherlock, mais n’abîmant pas son image au point d’en faire ce chien rampant sans cervelle. […]

Le résultat, ce sont malheureusement des dialogues d’une pauvreté à pleureur, des interactions et physiques entre les personnages incompréhensibles de fausseté et des interprétations qui ne font pas dans la demi-mesure. Difficile de ne pas décrocher de la série dans ces conditions.

Les Irréguliers de Baker Street est un pur produit Netflix : une série qui manque de logique, de vision, d’originalité et de talent, qui met à mal un des personnages les plus connus de la pop culture et qui restera en mémoire pour la laideur de certains choix. (Écran Large)

Les Petits Meurtres d’Agatha Christie – Saison 02 – Épisode 27 – Un cadavre au petit déjeuner (2019)

Distribution : Samuel Labarthe, Blandine Bellavoir, Elodie Frenck, Marie Berto, Justine Corrion, Alain Duclos, Antoine Duléry, Anaïs Gheeraert

Résumé : Après une soirée bien arrosée, Alice Avril se réveille dans son lit aux côtés d’un jeune homme inanimé. Elle réalise en même temps qu’il a été assassiné et que tout l’accuse de ce crime sordide.

Qui donc a ainsi cherché à la piéger ? Alice n’a pas le temps de mener l’enquête : il faut avant toute chose faire disparaître le corps. Mais l’entreprise est loin d’être aisée.

Pour tenter de venir en aide à leur amie, tous les proches de la jeune femme plongent dans l’illégalité : Marlène, bien sûr, Laurence, le légiste Glissant, mais aussi le commissaire divisionnaire Tricard en personne…

Ce que j’en ai pensé : 
NOOOONNNN, c’est pas vrai, c’est déjà fini ??

Voilà ce que j’ai pensé lorsque j’ai appris qu’il n’y aurait plus ma fine équipe après 27 épisodes, 7 ans de bons et loyaux services…

À la fin de la saison 1, j’avais versé une larme pour la fin du duo Larosière/Lampion, qui ne nous avaient pas fait des adieux comme il le fallait.

Ouf, j’avais de suite accroché au nouveau trio des années 50 : le commissaire Laurence, froid, antipathique, cachant ses émotions, toujours à décocher ses méchancetés, petites perfidies à un peu tout le monde ; sa secrétaire poupoupidou Marlène, glamour à mort, sacrifiant tout pour être une femme telle que les hommes veulent voir et Alice Avril, électron libre, journaliste fofolle, toujours à l’affut d’un scoop et passant son temps à se chamailler avec Laurence.

C’est avec beaucoup de retard que j’ai visionné le dernier épisode, le coeur en berne.

Bon, éliminons de suite un truc important que je vais vous avouer : je hais les comédies musicales ! Certains détestait les routes départementales, ben moi, c’est les comédies musicales. Quand on se met à chanter dans un film, j’ai envie de fuir à toute jambes ou alors de sauter le passage. Attention, j’adore certains morceaux tirés des comédies musicales, mais voilà, quand ça chante dans un film, non, je déteste ça.

Même si voir le commissaire Laurence esquisser un pas de deux, façon Gene Kelly est un bonheur de fin gourmet !

Et on nous fait un dernier épisode sous forme de comédie musicale, non tiré d’un roman d’Agatha Christie mais notamment des Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy.

Alors oui, j’ai fait des avances rapides dès que ça poussait la chansonnette, mais pour le reste, j’ai adoré ce dernier épisode qui fait la part belle à l’amitié, parce que oui, si Laurence et Avril se détestent, se disputent, se tirent dans les pattes, quand l’un des deux est dans la merde, l’autre met le paquet pour l’aider.

En grommelant, bien entendu, en râlant, en se plaignant, faut pas perdre la face, jamais, mais on épaule l’ami(e) dans la merde et là, Alice Avril est dans une belle merde avec un cadavre sur les bras et zéro souvenirs de sa nuit un peu trop arrosée.

Comme dans un Vaudeville, on va dans tous les sens, on passe plein de portes, on a des cadavres qui se ramassent à la pelle et un nouveau futur commissaire qui n’est autre que Antoine Duléry jouant le rôle du neveu mégalomane de ­Larosière. Entre nous, sans son collier de barbe, il est beaucoup moins sexy baby !

Alors si on retire les chansons, j’ai adoré cet épisode qui ne manque pas de piquant, de sel, de rythme, d’amitié, de niquage des règles, des lois en tout genre et qui se termine de la plus belle des manière qui soit, sans oublier les rebondissements et le fait qu’on ne voit pas venir le coupable, comme dans la Reine du Crime.

Il y a de l’humour, comme toujours, une pointe de burlesque, ce qui fait la signature des « Petits meurtres » qui se veulent avant tout être une série familiale, pas trop noire, pas gore et ne veulent pas plomber la soirée des téléspectateurs.

Et je trouve qu’ils ont bien fait de jouer avec le côté un « clown » de certains personnages, comme avec l’inspecteur Lampion au départ, avec Marlène, qui semble être le stéréotype de la blonde des blagues, celle qui n’a pas un neurone, mais malgré ses côtés bêbête, on lui a étoffé son rôle, lui donnant une envergure dont je ne m’attendais pas au départ et une belle palette d’émotions car c’est toujours elle qui s’inquiète pour tout le monde.

Hormis le fait que je déteste que l’on pousse la chansonnette dans les films (dans les Disney, ça passe parfois, mais pas toujours, sauf dans le roi lion) ou les séries, je trouve que ce dernier épisode clôt de manière magistrale cette série qui m’aura ravi du début à la fin, qui m’aura fait rire, pouffer, qui m’aura montré un commissaire Laurence tel un Sherlock Holmes, masquant ses émotions (sauf avec les belles femmes) et un sacré trio improbable d’enquêteurs qui, au fil du temps, sont devenu des amis, même si Alive et Swan ne l’avoueront jamais.

Rideau et à voir ce que la version 70′ va nous apporter.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°204] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°30].

Les Petits Meurtres d’Agatha Christie – Saison 01 – Épisode 06 – Je ne suis pas coupable (2010)

Résumé : Louis Servais, un ami d’enfance de l’inspecteur Lampion, vient lui demander son aide. Une lettre anonyme est arrivée au château d’Elisabeth Laroche-Viseul, sa patronne, annonçant qu’un crime allait y être commis.

Or la vieille dame, en froid avec sa fille Claire, semble vouloir léguer une partie de sa fortune à Clémence, la fille de son régisseur.

Lampion et le commissaire Larosière se rendent sur place.

Mais comment s’infiltrer dans un week-end de militantes féministes sans attirer l’attention ? Déguiser l’inspecteur Lampion en femme apparaît comme la meilleure solution. En usurpant l’identité de deux invités…

C’est l’occasion pour Larosière de réaliser son rêve d’enfant : devenir acteur ! Lampion, lui, découvrira le féminisme et l’inconfort des talons aiguilles…

Acteurs : Antoine Duléry (Jean Larosière) , Marius Colucci (Emile Lampion) , Léna Bréban (Claire Laroche) , Yannick Choirat (Louis Servais) , Frédérique Tirmont (Elisabeth Laroche-Viseul) , Guilaine Londez (mademoiselle Thuleau) , Noémie de Lattre (Jeanne Weiss) , Lou de Laâge (Clémence Mouson)

  • Réalisation : Éric Woreth
  • Scénario : Thierry Debroux

Ce que j’en ai pensé : 
Pour une fois, cet épisode commence par le jugement et la sanction : coupable et la sentence sera la tête tranchée !

Mince alors, c’est plus radical qu’un Columbo puisque l’on découvre la coupable et qu’elle est déjà condamnée ! Mais que va-t-on faire alors ? Allez se coucher ?

Le commissaire Larosière et l’inspecteur Lampion sont présents et notre Lampion se fait engueuler par un joli barbu dont on ferait bien notre 4h, et lui aussi… Pour lui, la condamnée est innocente et nos deux flics n’ont pas fait leur job. Larosière trouve qu’ils ont fait tout ce qu’il fallait et même plus !

Retour en arrière sur l’affaire… Nous allons voir comment ils ont enquêté, ce qu’il s’est passé vraiment, qui est la victime et pourquoi la coupable s’est retrouvée sur le banc des accusés condamnés.

J’apprécie énormément cet épisode, mais je ne me souvenais plus de sa conclusion, donc, j’ai remis mes pendules à l’heure.

C’est un épisode assez dynamique et rempli de mystère. Une fille ne sait plus quoi faire pour obtenir un regard de bienveillance de la part de sa mère qui elle ne jure que par la fille de son régisseur, un espèce de poivrot lubrique. Elle compte même lui donner de l’argent.

Si cette dame venait à avaler son acte de naissance, vers qui se tourneront les soupçons ? La fille, bien entendu ! Fille qui est hautement antipathique, jalouse comme un poux aussi, bref, rien pour la défendre.

Ce que j’aime dans cet épisode, en plus de sa manière de commencer à rebours, c’est qu’il est très amusant avec Lampion obligé de se déguiser en militante féministe pendant que Larosière joue son époux volage, dragueur, qui ne supporte pas qu’une femme lui résiste. C’est un dragueur qui ne doute jamais de son charme mais entre nous, avec son smoking, il est sexy à mort !

Malgré son côté dragueur lourd, malgré le fait qu’il houspille sans cesse ce pauvre Lampion, malgré le fait que le commissaire ne doute jamais, qu’il pense n’avoir jamais tort, qu’il pense tout savoir et qu’il n’écoute jamais son inspecteur, Larosière n’est pas infaillible et cette histoire le prouve.

Une fois de plus, je n’ai rien vu venir ! J’avais eu des doutes sur certaines choses et j’avais eu raison, mais pour le reste, j’ai été bluffée, une fois de plus !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°197] Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°23].

Lupin – Dans l’ombre d’Arsène – Série Netflix 2021 avec Omar Sy [Par Dame Ida, envoyée spéciale]

Présentation :
Assan Diop est un jeune adolescent qui vit seul avec son père, chauffeur de maître et domestique depuis le décès de sa mère.

Dans une passe difficile sur le plan financier et ayant grandement besoin de se renflouer en liquidités, le grand capitaine d’industrie et homme d’affaires Monsieur PELLEGRINI, patron du papa Diop va très opportunément bénéficier de la prime d’assurance d’un collier fort précieux ayant appartenu à la Reine Marie Antoinnette, malencontreusement disparu de son coffre fort.

Évidemment, il faut que quelqu’un paye pour ce vol, et ce sera le père d’Assan que le sort, choisira… Le sort a un peu été aidé dans cette affaire, et pas franchement pour faire triompher la vérité. Assan grandira en s’accrochant au dernier cadeau que son père lui aura fait : un exemplaire des aventures d’Arsène Lupin.

Le Gentleman Cambrioleur finira par devenir un vrai maître à penser pour le jeune homme qui une fois devenu grand et fort devra en découvrir un peu plus sur son passé et ourdir une vengeance que Montecristo n’aurait pas reniée.

Mon avis :
Ma présentation a été volontairement brève et inspirée de ce qu’Omar Sy a bien voulu nous en dire pendant sa tournée de promotion sur tous les plateaux de télévision ces dernières semaines afin d’annoncer la sortie de cette série sur Netflix.

Pas question de spoiler pour préserver votre plaisir éventuel à découvrir la série.

C’est au cours de mon visionnage que j’ai appris par Sieur Toquéfada qu’il avait eu des retours assez négatifs de la série par le biais de ses collègues et amis… et en effet, j’ai pu voir sur le net que beaucoup de gens se montraient très critiques.

Je n’ai pas cherché à trop écouter ces commentaires. Pourquoi ? Et bien parce que moi, ça m’a bien plu, et je ne voulait pas gâcher mon plaisir en le laissant polluer par les regrets exprimés par d’autres. Laissez moi rester heureuse d’être contente de kiffer, s’il vous plaît.

OK, Omar Sy ne me laisse pas indifférente… Je le trouverais sympathique même s’il jouait un bourreau spécialisé dans l’obtention d’aveux grâce à la torture ! Et puis… Sans être forcément d’une beauté ravageuse, il est grand, costaud, et j’aimerai un peu parfois moi aussi me sentir faible femme ou petite chose à protéger…

Bon… ça y est… Vous savez tout… Dame Ida peut avoir ses petites faiblesses et des petits côtés fleur bleue… Bon… C’est dit, maintenant on peut passer à autre chose et ne plus y revenir.

Et puis… On a de jolis plans sur Paris, capitale de la France, ville lumière et toussa toussa. On se demanderait même si l’Office de Tourisme parisien n’a pas mis des billes dans l’affaire tant on nous balade dans une capitale un peu magnifiée (ben oui, on va pas vous montrer les quartiers les plus glauques ! Mais… en reste-t-il seulement ? La gentrification des quartiers populaires fonctionne à fond les ballons depuis quelques temps!).

Bon… Est-ce qu’on regarde une série pour l’acteur principal ou la ville où elle se déroule ? On est supposée répondre non à cette question… Mais franchement reconnaissez le…

La série Sherlock n’aurait pas eu autant de succès sans Londres et sans des acteurs craquants… Le survols des sites de fans consacrés à la série vous le font comprendre bien vite.

Au-delà d’Omar Sy et des jolies vues de Paris, la série a selon moi quelques qualités scénaristiques. Quelques personnages sympathiques. Même chez les flics qui veulent l’attraper ! Quelques trames secondaires et parallèles permettant de mettre en valeur les aspects les plus attachants des personnages…

Et puis on a un vilain méchant pas beau comme on aime les haïr… Et des personnages de femmes instrumentalisées un peu perdues qu’un vrai Gentleman devrait pouvoir sauver etc.

Au passage on trouvera un fond de critique sociale. Il sera présent mais sans s’appesantir. Juste parce que c’est une donnée qui a du sens pour comprendre le personnage principal et certains aspects de l’intrigue et sans déraper dans la leçon de morale.

De toute façon… la morale n’est jamais sauve dans les histoires dont les héros sont des brigands… Mais ça n’empêche pas en effet, une petite réflexion éthique digne du bac de philo : est-il éthique de cambrioler les salauds qui s’enrichissent sur ton dos ? Mmm…

Personnellement je serais tentée de répondre que ce n’est pas en faisant comme les salauds qu’on se grandit soi-même… Mais bon… Je peux me tromper.

Et puis… Il y a du suspens. Trop de suspens. Surtout à la fin du dernier épisode de la saison. Et oui… Moi je n’aime pas quand une saison se termine et que l’histoire semble loin d’être terminée.

Certes, cela promet (je l’espère) une saison 2… Mais quand la saison 1 se termine ainsi généralement ça donne le ton pour les suivantes… Et j’ai un peu peur qu’une éventuelle future saison 2 me laisse aussi sur la faim.

Bref… Ne pas savoir comment l’intrigue se termine en fin de saison et être prise en otage jusqu’à la sortie de la saison suivante ce n’est franchement pas ma came. Et ça c’est vraiment le truc qui me laisse d’humeur chafouine avec cette série.

Alors oui… On pourra dire que… tout de même… certains stratagèmes, retournements de situation, ou plan du personnage principal ne sont pas très réalistes ou crédibles…

Mais j’aurais bien envie de renvoyer ceux qui feraient une telle remarque vers les précédentes adaptations, voire vers le texte de Maurice Leblanc ! Les histoires de Lupin ne sont pas franchement très crédibles. On leur demande juste d’être distrayantes.

Souvenez vous tout de même que Leblanc et Proust ne jouaient pas dans la même catégorie.

OK… Aujourd’hui lire un livre sans image en entier relève tellement de l’exploit pour 70 % de la population et la Bibliothèque Rose a renoncé à l’utilisation du passé simple…

Alors on imagine vite que pour lire Leblanc dans le texte il faut être un fin lettré super cultivé etc.

Mais, en réalité ce n’était que de la littérature populaire écrite pour distraire un public populaire (enfin… moyennement populaire… car il fallait encore savoir lire!).

Et oui… On avait pas la télé, pas encore la radio… Et pour les longues soirées au coin du feu à la lumière du bec de gaz, si on avait déjà eu autant d’enfants qu’on pouvait en nourrir et qu’on ne voulait plus le risque d’en choper un autre en faisant des galipettes… Et bien on se contentait de lire !

De fait, je ne reprocherais pas à une série qui veut s’inspirer de l’esprit de Lupin de ne pas chercher à être crédible ou vraisemblable à 100 %.

Quand je regarde ou lis ce genre d’histoires, je mets mon cerveau critique en mode veille épicétou. Je me laisse guider docilement.

Et en l’occurrence, je me suis laissée d’autant plus docilement guider qu’à ma grande honte, même si j’ai quelques aventures de Lupin sur ma liseuse, je n’ai pas encore lu grand-chose le concernant. Oui, je sais… je dois m’y mettre !

C’est pourquoi je pense, j’ai pu voir la série avec autant de bienveillance et seulement pour ce qu’elle est et non en m’attendant à y trouver quelque chose de particulier.

Je suis en effet persuadée que nombre de fans du Gentleman Cambrioleur ont du visionner cette série en espérant y retrouver quelque chose de leur propre lecture des ouvrages de Leblanc.

Et il s’est produit pour eux, ce qui se produit toujours dans ces cas là. À force de teasing et d’attente fébrile les fans attendent quelque chose de plus en plus précis à mesure que la date de sortie se rapproche et forcément comme une série ne viendra jamais coller aux attentes trop précises ou ciblées d’une frange du public puisqu’elle doit ratisser large… Et bien c’est la grosse déception. Le gros flop.

Mince… Omar il vous l’a bien dit dans le poste ! Son personnage est un fan d’Arsène et s’inspire de lui pour organiser des vols. Arsène lui sert un peu de modèle certes… Mais Omar/Assan n’est pas non plus un clone de Lupin et le scénario de la série n’a pas à être calqué sur l’œuvre de Leblanc même si l’ombre de Lupin est présente d’un bout à l’autre. Il y a quelques références à certaines de ses aventures toutefois…

Mais dans une série qui dit d’emblée s’inspirer du personnage, aucun cahier des charge n’impose un degré précis d’inspiration à respecter pour contenter la critique.

Pour résumer, cette série est à prendre pour ce qu’elle est : un divertissement et pas une œuvre à clés saturée de références pointues. Et si on l’accepte dès le départ, le charme peut opérer.

Cette série a en outre une qualité non négligeable que les copinautes de la Belette Cannibale et la Belette elle-même loueront d’une seule voix : cette série donne envie de lire l’œuvre de Leblanc et de découvrir ou de redécouvrir qui est réellement Arsène Lupin.

Car si en effet, on ne parle que de lui du début à la fin de ces cinq épisodes, il n’y est pas réellement présent (ce que certains regrettent peut-être) et garde de ce fait sa part de mystère.

[SÉRIES] Perry Mason (nouvelle version) – HBO Reboot (2020)

Perry Mason est une série télévisée américaine créée par Rolin Jones et Ron Fitzgerald d’après les romans policiers écrits par Erle Stanley Gardner, et diffusée depuis le 21 juin 20201 sur HBO.

La saison 1 comporte 8 épisodes.

Résumé :
1932, Los Angeles. Alors que le reste du pays se remet de la Grande Dépression, la ville est en plein boom. Pétrole, Jeux Olympiques, ferveur évangélique !

Mais quand l’affaire de la décennie arrive entre les mains de Perry Mason, le jeune détective privé se lance dans une quête de la vérité qui va révéler les fractures de la Cité des Anges.

Et par la même occasion ouvrir la voie à la propre rédemption de Mason…

Acteurs principaux :

  • Matthew Rhys : Perry Mason
  • Tatiana Maslany : Sister Alice McKeegan
  • John Lithgow : Elias Birchard « E.B. » Jonathan
  • Chris Chalk : Paul Drake
  • Shea Whigham : Pete Strickland
  • Juliet Rylance : Della Street

Ce que j’en ai pensé :
Je n’en ai pas cru mes yeux, ni mes oreilles quand j’ai vu qu’on allait refaire une mini-série sur Perry Mason.

Yes, j’adore cet avocat !

Je possède quasi tous les romans de Erle Stanley Gardner (il m’en manque 4) et j’avais suivi la série « Perry Mason Return » avec Raymond Burr (1985/1995) dans le rôle de l’avocat.

Rôle qui était une imposture puisque dans les romans, Mason est un avocat trentenaire et Della Street, sa fidèle secrétaire, un peu plus jeune et assez jolie. La série de 1947 à 1957 étant sans doute plus fidèle à l’apparence de Mason, mais je ne l’ai jamais vue (Raymond Burr déjà dans le rôle de l’avocat).

Là, l’action se situerait dans les années 30 et avec un Perry Mason dans la quarantaine, ce qui m’allait bien car j’adore les enquêtes sans smartphone, sans internet, avec des coups de fils qui se donnent en passant par des opératrices. Comme dans les romans, en fait !

Premier épisode, j’étais aussi excitée qu’un morpion au festival du film de cul où les acteurs/trices ne sont pas rasés. C’est vous dire mon état d’excitation !

On commence fort avec un enlèvement d’enfant et une demande de rançon… Puis l’enfant est tué, ce qui ne s’est jamais lu dans les romans et nous retrouvons Perry Mason qui fait une filature sur un acteur qui va tremper son biscuit ailleurs.

Heu ?? Perry Mason est un détective privé qui a plus du fouille-merde que du Private Investigator ??? Je suis tombée où, moi ?? Là, on faisait le grand écart avec les romans. Quant à Della Street, elle travaille pour un avocat, « E.B. » Jonathan, connaissance de Perry.

Perry est divorcé, père d’un gamin, a fait la Grande Guerre et boit comme un trou tout en baisant comme un lapin sa voisine du terrain d’aviation…

Là, j’ai failli tout arrêter. Si c’est pour tout me foutre en l’air mon personnage, je ne suis pas d’accord. Pourtant, la curiosité fut plus forte que l’exaspération et je me suis dit que j’allais regarder la série en occultant les romans, la série avec Raymond Burr et faire comme si ce Perry Mason était un homonyme de l’avocat.

Ma curiosité a payée et à la fin du premier épisode, je voulais le suivant !

HBO a mis les petits plats dans les grands niveau décors, ambiances et après quelques secondes de visionnage, on est déjà dans l’ambiance du Los Angeles des années 30. Tout est soigné, autant les véhicules que les mentalités des gens de l’époque.

Perry Mason tient plus du Philipp Marlowe ou du Sam Spade, au choix (ou on mélange les deux) que de l’avocat BCBG des romans ou des séries précédentes.

Il a fait la Première Guerre Mondiale (on aura des flash-back), en est revenu blessé dans son âme, n’a reçu aucun honneurs, tire le diable par la queue, boit, baise et se fait entuber quand il vend une photo compromettante.

Il va enquêter sur l’assassinat du petit Charlie, l’enfant enlevé et je vous le dis de suite, ce n’est pas toujours très frais, HBO ne nous épargnant pas les images trash de cadavres, qu’ils soient enfantins ou suicidé d’une balle dans la bouche.

C’est bien plus sombre que les romans où les clientes avaient toutes l’air coupables mais étaient en faite innocentes et que Perry Mason arrivait à disculper au cours d’un procès, sans se démonter, même quand la cliente lui avait caché des choses.

Cette série est un bon reboot car elle commence avec un Perry Mason détective de poubelles et explique comment il est devenu avocat ensuite. C’est bien amené et Della Street ne joue pas les potiches de service dans la série, mais le genre de secrétaire pourvue d’un cerveau et d’une paire de coui**** !!

Dans cette série, les femmes ne font pas de la figuration, même si à cette époque là, on les voyait dans leur foyer à s’occuper de leurs maris et interdiction de faire un pas de côté… Monsieur peut aller perdre 3.000$ aux cartes mais madame ne peut pas aller faire des galipettes avec un autre homme que son mari.

Si le film « Les Ripoux » me fait toujours rire, le côté pourri des flics de Los Angeles a de quoi faire frémir. La corruption est installée chez eux, les pieds sur le bureau et soit tu suis le mouvement, soit… Tu dégages.

Et si tu es un flic noir, tu dis « Oui maître », tu baisses les yeux et tu te tais deux fois plus puisque tu n’as même pas le droit d’arrêter un Blanc, même criminel. Les concepteurs de la série ont très bien su rendre cette ségrégation à l’écran, sans en faire trop, nous montrant juste quelques moments qui en disent bien long sur la mentalité de certains.

Entre nous, je n’aurais pas aimée me faire arrêter par les deux inspecteurs Blancs, ils ont des sales gueules de truands plus que de policiers. Quant à la justice, ils ne la cherchent pas, faut juste un coupable, le premier qui tombe dans leurs pattes et on s’en fout qu’il y n’y ait qu’un faisceau de présomptions.

La bigoterie et la dévotion de la mère de Sheldon Cooper (Young Sheldon) me fait rire aussi, sans que je la trouve dangereuse, mais les dévots que j’ai croisé dans cette série, rempli de ferveur évangélique, m’ont donné envie de fuir à toutes jambes.

Le réalisme était saisissant et vous avez déjà tous et toutes vus des sermons rempli de folie religieuse où tout le monde chante et semblent atteint de folie furieuse. Une fois de plus, HBO a fait ça avec maestria.

Anybref, Perry Mason nouvelle version par HBO 2020 a dépassé mes attentes, tout en s’éloignant des romans, trop sages, trop lisses, tout en gardant les grandes lignes et en nous offrant une genèse à ce célèbre avocat, un passé, une vie, des blessures, tout en restant cohérent.

Une série fort sombre, sans lumière, où il faut se battre pour obtenir justice, tout en sachant qu’on est perdant d’avance face aux rouleaux compresseurs qui se tiennent devant nous.

Une série qui a tout d’un roman noir. Ne cherchez pas de l’action, ici, on prend son temps de planter le décor, de nous plonger dans l’ambiance des années 30 et de mettre le tout en place avant de passer au procès dans les derniers épisodes.

Procès qui vous donnera envie d’étrangler Maynard Barnes, le procureur… Perry Mason, lui, va devoir apprendre au fur et à mesure et se rendre compte que la Justice est galvaudée et qu’il ne fait pas le poids face au juge.

Petit clin d’oeil dans le générique du dernier épisode, on entend la musique de l’ancienne série Perry Mason.

Putain, j’ai adoré cette nouvelle série !!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°55] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Stranger Things – Saison 01 – La série qui ♫ Strangers things the night ♪

Synopsis :
Le 6 novembre 1983 dans la petite ville d’Hawkins dans l’Indiana, le jeune Will Byers rentre chez lui après une partie de « Donjons & Dragons » lorsqu’il disparaît dans des conditions mystérieuses.

En enquêtant sur sa disparition, ses amis Dustin, Lucas et Mike rencontrent Eleven (Onze), une jeune fille en fuite aux capacités télékinésiques qui pourrait bien les aider à retrouver Will et percer les mystères de la ville d’Hawkins.

En parallèle, des événements étranges prennent place dans la maison des Byers, tandis que le chef de la police, Jim Hopper, commence à avoir des soupçons sur l’implication du laboratoire national d’Hawkins dans la disparition du jeune garçon.

Pour obtenir les réponses à leurs questions, la famille du jeune Will, ses amis et la police locale devront faire face à des forces terrifiantes et mystérieuses afin de le retrouver.

  • Épisode 1 : La Disparition de Will Byers
  • Épisode 2 : La Barjot de Maple Street
  • Épisode 3 : Petit papa Noël
  • Épisode 4 : Le Corps
  • Épisode 5 : La Puce et l’acrobate
  • Épisode 6 : Le Monstre
  • Épisode 7 : Le Bain
  • Épisode 8 : Le Monde à l’envers

  • Réalisateurs : Matt Duffer – Ross Duffer
  • Acteurs : Winona Ryder, David Harbour , Finn Wolfhard, Millie Brown, Gaten Matarazzo, Caleb McLaughlin, Natalia Dyer, Charlie Heaton, Noah Schnapp, Joe Kerry, Cara Buono, Matthew Modine, Shannon Purser
  • Genre : Fantastique, Drame, Thriller
  • Série : Stranger Things
  • Nationalité : Américain
  • Chaîne TV : Netflix
  • Date de sortie : 15 juillet 2016
  • Durée : 55min/épisode

Ce que j’en ai pensé :
Bon sang, j’ai adoré cette série, je l’ai regardé en flippant ma race et je n’en ai même pas parlé !

Alors que je suis pour le moment sur la saison 2, je me suis dit qu’il était temps de vous donner envie de la voir…

Vous aviez adoré le film « Les Gonnies » où une bande de gamins résolvait ce que des adultes avaient été incapables de faire ?

L’ambiance amitié forte dans le livre « ÇA » vous avait fait chaud au coeur et vous aimeriez la revivre à nouveau ?

Les années 80 sont vos années de références parce que pour vous, qui étiez jeunes à ce moment-là, c’étaient des années parfaites ? (même si nous savons qu’elles ne l’étaient pas).

Le côté fantastique ne vous fait pas peur et de temps en temps, ça ne vous dérange pas de frissonner devant une série si celle-ci est excellente ?

Alors, nom d’une pipe, foncez voir Stranger Things ! Mon p’tit n’veu de 7 ans l’a vue et ça ne l’a pas traumatisé… Moi j’ai angoissé quand même.

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est le côté amitié qui lie les 4 garçons et qui fait que lorsque l’un d’entre eux disparaît mystérieusement, les 3 autres font tout ce qu’ils peuvent pour le retrouver, tentant d’alerter les adultes qui ne les écoutent pas… Fatalement, quand on parle d’une créature mystérieuse, ça fait sourire les adultes.

Nos 4 gamins sont un peu les loosers de l’école, ils aiment les sciences, ne sont pas les plus populaires, bref, il est facile de s’identifier à eux, même si on est une femme.

Jonathan, le frère de Will Byers, le gamin qui a disparu, n’est pas le mec le plus populaire du bahut non plus, pourtant, jamais il ne lâchera l’affaire, continuant dans relâche à chercher son petit frère.

L’ambiance est tendue, plus tendue que la corde d’un string prêt à lâcher et j’avoue avoir sursauté souvent durant le visionnage des 8 épisodes qui constituent la saison 1 car Will Byers ne sera pas le seul à disparaître.

Autant vous dire que j’aurais préféré regarder la série le matin, au grand jour, plutôt que le soit avant d’aller faire dodo… Le suspense est maîtrisé, les effets spéciaux aussi et l’angoisse monte, monte…

Le mystère s’épaissi aussi avec l’apparition d’une jeune fille prénommée Eleven (j’ai regardé la série en V.O STFR) qui semble sortir d’un laboratoire d’expérience scientifique (Stephen King n’est pas loin) car elle possède des pouvoirs de télékinésie.

Il m’est impossible de vous parler de tout ce qui est arrive dans cette série car chaque épisode est un petit bijou de suspense, de mystère, d’action, de fantastique, d’horreur, d’amitié, d’aventures, de peurs, de questionnement…

L’amitié entre les gamins manquera de voler en éclat plusieurs fois, le danger sera à chaque coin de rue, dans tous les murs et il ne sera pas que fantastique, mais aussi humain car ceux qui ont laissé échapper une telle créature veulent à tout prix la récupérer, ainsi que leur cobaye Eleven.

Une série fantastique où la disparition d’un gamin sera résolue par ses copains, un côté fantastique qui s’intègre bien dans le scénario, des personnages intéressants, bien campés, autant dans les enfants que dans les adultes et l’angoisse qui est présente dans tous les épisodes.

J’ai adoré et c’est pareil pour la saison 2 (qui m’angoisse un peu moins)…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°35].

 

[SÉRIES] Gunpowder – La série qui parle du coup d’état qui devait faire Boum et qui fit Pchiiiittt

Gunpowder est une mini-série anglaise créée par Ronan Bennett, Kit Harington et Daniel West diffusée sur BBC One depuis le 21 octobre 2017.

Le scénario de la série est basé sur un fait historique réel, la Conspiration des poudres du 5 novembre 1605 qui prévoyait de faire sauter la Chambre des communes.

Distribution :

  • Kit Harington : Robert Catesby
  • Peter Mullan : Henry Garnet
  • Mark Gatiss : Robert Cecil
  • Liv Tyler : Anne Vaux
  • Tom Cullen : Guy Fawkes
  • David Bamber : Henry Percy
  • Edward Holcroft : Thomas Wintour

Fiche technique :

  • Titre original : Gunpowder
  • Création : Ronan Bennett, Kit Harington, Daniel West
  • Réalisation : J Blakeson
  • Scénario : Ronan Bennett, Daniel West, Kit Harington
  • Direction artistique : Pilar Foy, Liz Simpson
  • Décors : Grant Montgomery

Ce que j’en ai pensé :
Non, la Conspiration des Poudres n’a rien à voir avec un complot des fabricants de poudre à lessiver !

Oubliez un accord secret entre Dash et Dixan s’engageant à ne pas laver si blanc que ça.

La conspiration des poudres, c’est celle qui failli expédier un roi et tout ce que comptait la Chambre des Communes sur la lune, si ça n’avait pas pchiitttt.

♫ Boum, quand la Chambre des Communes doit faire boum et que ça fait pas boum boum ♪

Problème de mèche ? Trop courte ou trop longue ? J’en sais rien, vous irez voir chez l’ami Wiki (avant, c’était l’ami Ricoré) qui s’est invité en bas de ma chronique.

Anybref, nous sommes au temps des désaccords entre Protestants et Catholiques et en ce temps-là, ça se réglait à coup de tortures, d’assassinats, ou autres châtiments barbares et pervers.

Pas un pour relever l’autre, sans oublier que nous avons le roi Jacques Iᵉʳ d’Angleterre (un Stuart) assis sur le trône (pas de fer) et qu’en ce temps-là, les rois avaient un big pouvoir et que pour arriver à leurs fins, tout était bon.

D’un autre côté, en Espagne, pour obtenir des droits dans les ports Anglais, on n’avait aucun scrupules à abandonner les Catholiques d’Angleterre à leur triste sort.

Petites âmes sensibles, accrochez-vous car il y a quelques scènes assez insoutenable pour la vue, notamment celles de tortures ou d’exécution publiques. Nous ne sommes pas au pays des Petits Poneys chevauchant des Bisounours.

La reconstitution des lieux et des costumes m’ont semblé des plus justes, même si je n’ai pas une grande connaissance de la mode en ce temps-là, mais en tout cas, les justaucorps sont sales, puants, les visages sales, les robes empêchent toute digne femme à prendre ses jambes à son cou.

Le roi, ses courtisans et ses employés sont en horribles culottes bouffantes et ça ne les rend pas honorables. Lagerfeld aurait trouvé ça moche et peu commode.

L’avantage d’une mini-série de trois épisodes, c’est que l’on arrive à presque tout dire ou en tout cas, à ne pas s’enliser dans des longueurs. Malgré tout, cette série manque un peu de punch à certains moments, d’action.

Si l’action pure et dure n’est pas très présente, on pénètre dans les complots d’arrière-cour, dans les magouilles politiques, les accords par dessous de la table entre deux puissances étrangères, se faisant toujours au détriment des citoyens les plus faibles ou les moins majoritaires.

Mycroft Holmes de la série « Sherlock BBC » est un Robert Cecil des plus convaincants. Ce genre de rôle va à merveille à Mark Gatiss.

Par contre, j’ai appris quelque chose, le roi Jacques, ben il avait un mignon… Désolée, mais un type qui aide un autre à se déshabiller, à se mettre au lit et qui lui parle comme si c’était un gros bébé, moi je vois midi à ma porte et j’en déduis que le roi aimait des deux côtés. Pas moche du tout, son mignon…

Le roi, lui, on n’aurait pas envie d’aller sans son lit. Il a une sale gueule.

Le roi au centre, avachi, Robert Cecil à sa gauche et le mignon en avant-plan

Cette mini-série a du potentiel, j’ai passé un bon moment à la regarder, mais elle n’a pas eu le succès et pire, on n’en a pas parlé des masses de ce côté-ci de la Manche, pourtant, on a tout de même Jon Snow (GOT) à la réalisation et dans le rôle de Robert Catesby !

Entre nous, Kit Harrington fait du Jon Snow, son jeu d’acteur ne connait pas 36 nuances, c’est toujours la même. Mais dans ce rôle de cape et d’épées, il n’en fallait pas plus, ça ne changeait pas vraiment de GOT et de ses jeux de pouvoir.

Autant où les Catholiques persécutèrent beaucoup de monde, les Protestants ne seront pas en reste non plus et c’est une manière bien laide d’utiliser la Religion, chacun pensant qu’il détient LA vraie foi, avec le VRAI Dieu et que ce dernier est à son écoute et à de grands projets pour lui…

Le fanatisme religieux (et le fanatisme quel qu’il soit), je l’abhorre.

L’avantage de cette série, c’est qu’elle est une piqûre de rappel pour ceux qui pensent que les barbares, ce sont les autres. Nous avons été des barbares, les autres aussi et parfois, même en 2019, nous ne sommes pas toujours plus évolués.

Si les scènes de décapitations filmées et diffusées par un groupe de terroristes dont je ne citerai pas le nom horrifient la plupart, en 1605, lors des pendaisons ou autre exécution, la foule était nombreuse et en délire. Comme le sont certains à la vue de ces vidéos passant en boucle sur le Net.

On me dira que 1605 c’était il y a 400 ans, mais je parie ma culotte en dentelle de Bruges que si on faisait des pendaisons publiques, il y aurait foule. Surtout si c’était des condamnés appartenant à une autre foi.

La série n’a pas d’action pure et dure, même si on a des moments de suspense, mais elle met en avant les guerres de religion et le fanatisme religieux ainsi que le manque de logique dans les comportements de certains puisqu’il est dit que « Tu ne tueras point ».

Et les conjurés vous répondrons que ce sont les autres qui ont commencé à les persécuter et que donc, faut se défendre et rendre la monnaie de la pièce aux autres.

Être prêt à sacrifier sa propre existence au nom de ses convictions, ça ne nous rappelle que trop les derniers événements de ces années post 2000. Quand ce sont des catholiques, ça semble être héroïque et justifié (on frémit en voyant les clous ajoutés à la poudre) alors que quand ce sont les autres, on hurle.

Dans ces temps reculés, toute croyance concurrente de « la mienne » (ou de la majorité) était perçue et présentée comme une menace potentielle, menace qui pouvait se traduire par la propre disparition de « ma » croyance (je me mets à la place des gens de l’époque).

Donc, fallait tuer dans l’oeuf cette autre croyance avant qu’elle ne nous submerge et que ne remplace la nôtre… Tiens, des airs de déjà-vu, entendu, lu…

Quand la survie en dépend, on ne réfléchit plus, on persécute, on assassine, on a peur de l’Autre, on lui cherche des poux sur la tête, on veut tous les anéantir jusqu’au dernier et de là naissent tous les problèmes puisque si on veut m’anéantir, je vais me rebeller, mordre, griffer et me battre car je veux vivre.

Cette imbécilité qui consiste à vouloir soumettre l’autre dans la violence où à le persécuter ne va faire qu’accroître l’attachement que l’individu éprouve à l’égard de son identité collective… Ben oui, on continue pourtant toujours ainsi en 2019.

On devrait savoir qu’il est vain et inutile d’agir de la sorte. Mais les égos sont toujours surdimensionnés et personne n’a appris des erreurs du passé.

Anybref, cette série est bien fichue et elle a le mérite de présenter les choses clairement, à nous d’en tirer les conclusions et de faire marcher nos petites cellules grises afin d’en tirer un enseignement qui pourrait nous être profitable.

Dommage que les grands de ce monde et les hurleurs du Net n’en soient pas capables… D’accord, certains n’ont pas envie de changer de crédo ou de comprendre.

 

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Ce qu’en dit l’ami Wiki (parce que vous aurez la flemme de le demander) : Il existe deux versions divergentes concernant le nombre et la durée des fouilles des bâtiments.

Selon la version du Roi, la première fouille est effectuée par Suffolk, Monteagle et John Whynniard le lundi 4 novembre, tant à l’intérieur que dans les alentours du Parlement et ce, alors que les conspirateurs sont occupés à leurs derniers préparatifs.

Ils découvrent un gros tas de bois dans la cave sous la Chambre des lords, ainsi qu’un individu (Fawkes) qu’ils supposent être un domestique et qui leur explique que le bois appartient à son maître, Thomas Percy. Ils partent pour rendre compte de leurs découvertes, en même temps que Fawkes quitte les lieux.

Le roi exige de faire de nouvelles recherches plus approfondies. Tard dans la nuit, le même groupe, conduit par Thomas Knyvet, retourne dans les caves. Ils y retrouvent Fawkes, désormais vêtu d’un manteau, coiffé d’un chapeau et portant bottes et éperons. Fawkes est arrêté ; il prétend s’appeler « John Johnson » et être au service de Thomas Percy.

Il a sur lui une lanterne (aujourd’hui exposée à l’Ashmolean Museum, à Oxford), une montre à gousset, des allumettes, et de l’amadou.

On découvre ensuite les barils de poudre, cachés sous des piles de fagots et du charbon. Fawkes est conduit devant le roi le lendemain matin à la première heure.

Wiki dit aussi : Le complot est révélé aux autorités par une lettre anonyme adressée au baron Monteagle le 26 octobre 1605.

Lors d’une perquisition de la Chambre des communes, le 4 novembre 1605 vers minuit, on découvre Fawkes montant la garde devant 36 barils de poudre (assez pour réduire la Chambre des lords en cendres) et il est arrêté.

Lorsqu’ils apprennent que le complot a été découvert, la plupart des conjurés s’enfuient de Londres et tentent de rallier des soutiens dans leur cavale. Plusieurs d’entre eux attendent à Holbeche House pour livrer combat contre le prévôt de Worcester et ses hommes lancés à leur poursuite ; Catesby est tué lors de l’échauffourée.

Lors de leur procès, le 27 janvier 1606, huit des survivants, dont Fawkes, sont reconnus coupables et condamnés à être pendus, trainés et écartelés (des fois qu’ils ne seraient pas tout à fait mort après la pendaison, sans doute… Parce qu’un tel zèle, c’est suspect).

[SÉRIES] Brexit – The Uncivil War de Toby Haynes (2019) : La série où Benedict n’est pas exit…ant !

Un unitaire au coeur de l’actualité. Alors que les parlementaires britanniques sont actuellement divisés sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, décision qui fait suite au référendum de 2016, une fiction britannique propose de revenir sur la campagne controversée en faveur du Brexit.

Le credo de « Brexit » : « Tout le monde sait qui a gagné, mais tout le monde ne sait pas comment ».

Écrit par James Graham (« Privacy », « This House », « Tory Boyz ») et réalisé par Toby Haynes (« Sherlock », « Cinq Jours », « Doctor Who »), cet unitaire propose de suivre le directeur déterminé de la campagne en faveur du Brexit, Dominic Cummings, un conservateur.

C’est à lui par exemple que les Britanniques doivent le slogan aussi simple qu’efficace de la campagne officielle en faveur de la sortie de l’Europe, « Take back control » (« Reprenez le contrôle »).

Un rôle interprété par Benedict Cumberbatch.

Ce que j’en ai pensé :
Il n’y a que les Anglais pour s’analyser de la sorte. Ils sont les mieux placés et les meilleurs dans ce rôle là.

Brexit, c’est l’histoire de Benedict Cumberbatch qui  n’est pas so exitant comme dans la série Sherlock…

Brexit, c’est avant tout l’histoire d’une manipulation. D’un baisage de la population à grande échelle.

Et ce n’est pas facile de baiser sur une grand échelle ! Mais faisons confiance à certains pour y arriver.

Et les responsables ne sont pas toujours les politiciens, même si, c’est à cause de leur immobilisme depuis des décennies que nous en arrivons à ces extrêmes, que ce soit les votes pour des partis fascistes ou pour sortir de l’Union Européenne.

— Leur campagne a commencé il y a 20 ans. Un long goutte à goutte de peur et de haine. Combien, dans notre camp, ont blâmé l’Europe ou “l’étranger” quand ça les arrangeait ?

C’était le 23 juin 2016, durant le Mois Anglais, que les habitants du Royaume Uni ont voté le Brexit, soit le retrait de l’Union Européenne, pour les cancres qui ne suivraient pas, dans le fond de la classe.

Brexit, c’est la série qui te braque les projecteurs sur les coulisses de la campagne, car si on connaît l’issue (le suspense, à ce niveau là, est nul), on ne sait pas comment on en est arrivé là.

Et la réalité dépasse très largement la fiction, comme toujours !

C’est le pas du tout sexy Benedict Cumberbatch qui interprète le rôle de Dominic Cummings, ZE grand manitou derrière la campagne en faveur du Brexit.

Un stratège hors pair que si Napo l’avait eu à Waterloo, elle ne serait pas devenue une morne plaine.

Oubliez le physique avantageux de Sherlock avec la touffe de cheveux sur le front, ici, nous sommes face à un dégarni, ce qui est plus réaliste pour interpréter un personnage qui existe vraiment (Dominic Cummings) et qui est l’homme de l’ombre derrière la campagne pro-Brexit.

L’argent, c’est une chose mais les données, c’est le pouvoir.

Dominic Cummings est un homme extrêmement intelligent, clairvoyant, presque supérieur dans sa façon de comprendre le monde et d’imposer ses idées. Il est hautain, insolent et arrogant. Sherlock, sors de cet esprit !

Justement, je reproche souvent à Hugh Grant de faire du Hugh Grant, et bien, Benedict fait du Sherlock à certains moments. Comme s’il ne savait pas faire un autre rôle !

Les 10 premières minutes sont rythmées à une allure folle car on nous bombarde d’informations, passant d’un personnage à l’autre, sans que les dialogues soient discordants. C’est bien fait mais un peu trop rapide.

Pour Dominic, la cause est d’avantage un challenge même si, au fond de lui-même, il rêve de changer la politique, de faire un back-up, de recommencer à zéro et de changer tout puisque ce que l’on applique maintenant ne fonctionne pas.

Notre homme possède tout de même un côté anarchiste. Ses premiers sondages s’effectuent dans les pubs, avec une volonté manifeste de comprendre ce qui se joue dans le milieu prolétaires parce que c’est là que se situent les clés du futur Brexit.

Mais ce n’est pas tout !  Il va d’abord se concentrer sur un slogan facile « Reprenez le contrôle », comme si les gens l’avaient perdu et qu’il fallait le récupérer à tout prix et éviter les débats sur l’immigration. Les gens l’ont trop entendu.

Ce qu’il faut, c’est allez chercher les gens qui ne votent jamais, ceux qu’on ne drague jamais, ceux qui ne sont pas dans le système car c’est eux qu’il faut convaincre. Et ce sont ceux auquel le camp d’en face, les anti-brexit, ne pensent pas.

Puisque les données, c’est le pouvoir, notre gars va faire entrer un autre acteur dans la danse. AggregateIQ (on apprendra que Cambridge Analytica y participa également). Quésaco ? Ils font quoi ces mecs ? Du micro ciblage publicitaire.

Ils ont mis au point un logiciel conçu pour analyser les informations recueillies sur les réseaux sociaux (Facebook en tête) afin de créer un algorithme capable de créer des publicités évolutives en temps réel pour s’adapter à chaque personne individuellement.

C’est la fin des campagnes massives uniformes, place à la formule personnalisée.

L’équipe de Cummings aurait lancé un milliard de publicités ciblées via AggregateIQ. En 2018, on apprendra l’ingérence de Cambridge Analytica aussi bien dans le Brexit que dans la victoire de Donald Trump.

Car la société anglaise ne s’est pas contentée de produire des flux d’informations individuelles, elle est accusée d’avoir aspirer des données personnelles de plusieurs millions d’utilisateurs sans leur consentement (via un quizz).

Le vrai pouvoir se trouve désormais dans les « data » et autres algorithmes. Les gars, on est baisé ! Surtout ceux qui sont des gros consommateurs de réseaux sociaux et qui y content leur vie privée.

C’est grinçant et glaçant en même temps car nous ne sommes pas dans de la SF mais dans la réalité. On nous manipulait déjà avant, on continue de le faire mais là, c’est vraiment à l’insu et pas de notre plein gré !

Les promesses bancales, on les voit venir de loin, on sourit sarcastiquement, mais là, on pianote, on répond à des sondages et des logiciels nous analysent derrière (dans un divan ?) et dressent un profil de nous, de ce que nous aimerions entendre, vers quels groupes on pourrait aller… Pas pour notre bien, mais pour nous guider dans l’isoloir.

Ma chronique était un peu plus longue mais fallait que je nous mette en garde, même si contre ça, on ne sait pas faire grand-chose.

Les Anglais ont été entubés de manière magistrale, fallacieuse (les 350 millions sois-disant donné toutes les semaines à l’Europe), cynique, le tout avec des instruments qu’ils utilisent tous les jours puisque la plupart sont ultras connectés.

On est foutu on pianote trop…

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

[SÉRIES] A Very English Scandal (2018)

A Very English Scandal est une mini-série basée sur le roman du même nom de John Preston. Elle s’inspire de l’affaire Thorpe.

Distribution : 

  • Hugh Grant : Jeremy Thorpe
  • Ben Whishaw : Norman Josiffe/Scott
  • Monica Dolan : Marion Thorpe
  • Alice Orr-Ewing : Caroline Allpass
  • Alex Jennings : Peter Bessell
  • Jonathan Hyde : David Napley
  • Eve Myles : Gwen Parry-Jones
  • David Bamber : Arthur Gore

Rares sont ceux qui savent, en France, qui était Jeremy Thorpe. Ce parlementaire britannique, leader du Parti libéral dans les années 1970, vit sa carrière ruinée par une affaire aussi grave que rocambolesque, où il fut accusé d’avoir tenté de faire assassiner son ancien amant.

Cette minisérie écrite par Russell T. Davies (Queer as folk) et réalisée par Stephen Frears (The Queen) retrace pied au plancher cette relation pour le moins conflictuelle, de son commencement dans les années 1960 au procès à la fin des années 1970.

Elle rappelle les faits et n’évite pas les questions douloureuses – notamment la criminalisation de l’homosexualité – mais choisit le registre comique, parfois proche de la farce satirique, insistant avec plaisir sur l’enchaînement de décisions maladroites prises par deux hommes aux ego… compliqués.

Ce que j’en ai pensé :
Il y a plusieurs choses horribles dans cette époque : la criminalisation de l’homosexualité, les vêtements portés et les décors intérieurs !

Bref, le mauvais goût à tous les étages.

Si je peux pardonner la déco et des fringues dans les tons criards à chier, la criminalisation de l’homosexualité, là, je pardonne moins.

Non content de pousser les homosexuels au suicide, les Anglais poussent le vice dans leur attitude guindée et coincée au sujet de la sodomie.

Que certains s’amusent dans le vide-ordures, ma foi, c’est leur droit, leur problème, tant qu’ils sont majeurs et consentant… Après que ces messieurs aient eu le Boukistan, ils auront le Boukisan et ceci dans tous les cas de figure, par devant ou par derrière.

Sur ces considérations sexuelles, revenons à nos moutons, ou plutôt à ces messieurs qui vont du côté de la lance.

Premièrement, Hugh Grant est loin du mec sexy que l’on a connu dans 4 mariages ou dans love actually. Même son petit sourire est absent, remplacé par une sorte de moue, comme si on lui avait mis un prothèse dentaire afin de changer sa jolie gueule d’amour qui nous fait habituellement craquer.

En plus, Hugh Grant ne fait pas du Hugh Grant, comme j’avais encore pu le constater dans « L’amour sans préavis ». Il est différent, moche, bref, il est dans son rôle de profiteur du faible que lui.

De son côté, Norman Josiffe (Ben Whishaw) est ce qu’on peut appeler un joli mec et en le voyant s’éclabousser d’eau dans la scène de la rencontre avec Thorpe, j’ai senti ma température corporelle monter.

Pas de bol pour nous, les filles, tout dans son attitude nous montre qu’il est efféminé, ce qui ne manque pas d’attirer l’attention de Thorpe. Notre Norman a les émotions à fleur de peau et je l’ai trouvé plus que crédible dans ce rôle du jeune amant d’un politicien qui monte, qui monte.

Sans étaler des scènes de porno gay, la série nous montre tout de même Thorpe prendre possession de Norman, dans tous les sens du terme, alors que ce dernier est tout de même réticent.

Norman est faible, influençable et a besoin qu’on l’aime. Son état mental n’est pas toujours stable et il s’invente même une naissance de haut rang dans le but de s’arroger un véritable père, lui qui n’a pas connu le sien.

Thorpe est salopard de première, pourtant, dans la Chambre (pas celle des galipettes), il défend des causes nobles comme le fait d’ouvrir l’Angleterre à l’immigration et aux habitants du Commonwealth. Et c’est un Libéral.

Voilà une série qui est réaliste dans ses décors, dans ses vêtements, dans ses voitures et dans la description de la mentalité des gens de cette époque pour qui l’homosexualité était une tare et indigne des bons Anglais (ceci n’est pas mon avis, bien entendu, mais je précise pour les grippés du cerveau qui lisent mal les phrases).

Je vous le dis de suite, c’est quasi du roman noir car Norman va vivoter dans la misère pendant que Thorpe monte en grade. Norman ne demandait pas grand chose, juste à ce qu’on lui refasse sa « National Insurance card » afin de pouvoir toucher quelque chose et pouvoir bosser autrement qu’en black.

Putain, Thorpe aurait fait en sorte qu’il en retrouve une qu’on n’en serait sans doute pas arrivé là. Le syndrome Barbara Streisand, en quelque sorte.

Le dernier épisode, celui avec le procès, m’a fait glousser de rire devant les réparties de l’avocat de Thorpe, avocat qui n’a pas hésité à taper dans les couilles du Parlement avec une phrase assassine mais vraie.

Par contre, on se retrouve tout de même devant un simulacre de procès, de justice… Cela reste le procès d’un Queer face à un membre de Parlement (parle, ment), le tout jugé par une société qui n’était pas encore prête à parler de l’homosexualité, et encore moins à l’accepter.

C’est violent, cru, âpre, cruel, horrible. Thorpe voulait vraiment se débarrasser de Norman à tout prix car il avait peur que celui-ci ne déboule comme un chien dans un jeu de quille alors qu’il était chef de son parti et promis à une belle carrière politique.

Seuls les Anglais peuvent nous faire une série pareille ! Que le Brexit ne nous en prive pas et que God save de Queen (et de Queer) !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

[SÉRIES] Witness for the Prosecution – Témoin à charge : D’après Agatha Christie (2016)

La célèbre nouvelle d’Agatha Christie Témoin à charge (The Witness for the Prosecution), brillamment filmée au cinéma en 1957 par Billy Wilder, avec dans la distribution Tyrone Power, Charles Laughton et Marlene Dietrich a été adaptée en série par la BBC.

D’ailleurs j’ai appris que ceux qui sont attachés à la version de Billy Wilder risquaient de rencontrer quelques difficultés pour s’immerger dans la nouvelle. N’ayant pas vu le film ni lu la nouvelle, j’étais vierge de tout.

Cette excellente production britannique, France 3 l’avait diffusée un soir de réveillon de Noël et je ne l’avais pas vue.

La faute est réparée car je viens de la visionner (seulement ??), alors qu’elle était sur mon DD depuis longtemps (comme plein d’autres). No comment.

L’histoire :
Londres, 1923. Une riche héritière, Emily French, est retrouvée morte dans sa demeure londonienne. Une enquête est alors ouverte pour découvrir qui est le meurtrier. 

Accablé par la pauvreté et la culpabilité, John Mayhew (Toby Jones) mène une existence grise et sans passion. Le cas de Leonard Vole (Billy Howle)accusé du meurtre de Emily French, change tout pour cet avocat épuisé.

Persuadé de l’innocence de Leonard, il se lance à corps perdu dans le procès pour l’innocenter. Son seul témoin est Romaine Heilger (Andrea Riseborough), la « femme » de Leonard, mais celle-ci est pleine de surprises.

Tout accuse le jeune homme, et cette femme, froide et désinvolte, ne confirme pas son alibi. Pourtant, il clame son innocence avec force.

Convaincu de la sincérité de son client, John Mayhew met toutes ses forces dans la bataille. Alors que tout semble perdu, un témoignage inattendu vient tout bouleverser…

Ce que j’en ai pensé :
La vache ! Quelle mini-série étouffante !

Dans le bon sens du terme, il va de soi car les scénaristes ont été assez loin dans la psyché des différents personnages, nous faisant entrer dans une certaine intimité qui était nécessaire pour parfaire le final qui lui était… Inattendu ?

Hé, c’est d’Agatha Christie, ça doit être inattendu, le final, ça doit clasher, nous trouer le cul et je vous jure que ça vous le troue, si vous n’aviez jamais lu la nouvelle (le final de la série s’éloigne fort du film et du livre).

La série commence par la rencontre entre deux personnages, sur fond de Première Guerre Mondiale avant de basculer dans les années un peu folles, celles des années 20.

Madame French est une dévoreuse de mecs, elle doit avoir le feu à un certain endroit et tous ces pompiers volontaires ont pour mission de lui éteindre ce qui enflamme sa broussaille mais rien à faire, le lendemain, elle en cherche un nouveau car c’est une femme riche et capricieuse.

Une qui n’aime pas trop ça, c’est sa bonne. Vu ainsi, on la dirait amoureuse de sa patronne ou trop protectrice, pire qu’une louve. Vous pensez bien que lorsque Leonard Vole est ramené par Emily French et qu’il revient les jours suivants, ça ne fait pas plaisir au Cerbère qu’est sa bonne.

Quand on découvre le cadavre de la cougar French, vous imaginez qui est en tête des suspects ?

Un Agatha Christie que je ne connaissais pas, comme quoi, je ne sais pas tout… Une fois de plus, la Reine du crime joue avec les codes du polar et nous retourne pour mieux nous surprendre, mieux nous époustoufler, mieux nous faire dire « oh putain ».

La BBC sait comment filmer les scènes extérieures pour leur donner leur cachet so british, poussant le vice jusqu’à nous montrer le temps merdique qu’il fait chez eux, faisant tousser John Mayhew comme un rachitique.

Le côté années folles (années 20) ajoute quelque chose de plus à cette mini-série qui avait déjà tout pour elle : les décors, les personnages, les acteurs, leur talent, leur manière de se glisser dans la peau de leur personnage et le scénario béton armé de madame Christie, même s’ils ont changé un peu le final, le rendant encore plus époustouflant et horrible.

Lorsque je suis arrivée dans les dernières minutes, ma mâchoire était décrochée et j’ai eu du mal à la remettre en place.

Les Anglais sont forts pour les séries d’ambiance !

et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.