Les Dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic : James Lovegrove [Par Dame Ida]

Titre : Les Dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les monstruosités du Miskatonic

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (20/02/2019)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks, book 2 : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities (2017)
Traducteur : Arnaud Demaegd

Intro :
Le roman commence sur les chapeaux de roues s’ouvrant sur une confrontation d’Holmes et de Watson avec une créature sortie du cerveau dérangé de Lovecraft.

On apprend ainsi que nos compères n’ont cessé de lutter contre les armées des Grands Anciens depuis le précédent volume qui avait conduit les locataires du 221b Baker Street à se frotter à eux.

Watson nous explique comment bon nombre d’aventures du canon ne sont que librement inspirées d’aventures autrement plus fantastiques lors desquelles ils avaient lutté contre des créatures maléfiques auxquelles personne n’aurait cru !

Mais il faut bien vendre du papier alors il a transformé la vérité pour la rendre plus acceptable à ses lecteurs ! On pourra saluer l’effort de l’auteur à ce propos. Retrouver des affaires du canon et leur donner une fin alternative adroite souligne son talent imaginatif.

Bref, voilà qu’à peine remis de cette séquence inaugurale Holmes et Watson sont invités à se préoccuper de l’état étrange d’un pensionnaire inconnu de l’asile s’aliénés de Londres qui couvre les murs de sa chambre/cellule d’incantations étranges. Or, cet homme sans identité disparaît dans des circonstances spectaculaires.

Et qui d’autres qu’Holmes et Watson aidés par Mycroft toujours omniscient même sur ces questions, pourraient éclaircir ce mystérieux mystère ? Comme dirait l’autre… la partie reprend !

Ce que j’en ai pensé :
Ben je suis bien embarrassée ! Je deviens difficile avec le grand âge… ça doit être ça…

Le fait est que si j’avais kiffé grave la race de Mémère avec le premier volume, le second m’a paru plus déconcertant.

En effet lors du premier roman j’avais apprécié comment l’auteur avait respecté l’usage lovecraftien de ne distiller les éléments de fantastique qu’au compte gouttes et très progressivement faisant lentement monter le suspens nous séparant de la confrontations aux horreurs cthulesques.

Le monde holmesien et lovecraftien s’entre-mêlaient adroitement et avec délicatesse… comme lorsqu’on incorpore des blancs en neige dans la pâte d’un gâteau dans le Meilleur Pâtissier.

Or là on est plongé d’emblée dans l’horreur ! Pas d’entre deux… pas de doute dans un flirte délicat entre rationalité et fantastique… on est bel et bien dans un monde parallèle peuplé de créatures venues d’on ne sait trop où (enfin si on sait mais on préférerait ne pas le savoir!) et Holmes n’est plus un banal détective consultant très doué mais un maître es arcanes occultes.

Même si on retrouve assez bien le caractère de notre détective et de notre docteur préférés on ne peut pas dire qu’ils soient animés par les motivations canoniques habituelles.

Même si l’auteur explique rapidement la mutation de nos héros pendant la quinzaine d’années séparant les deux volumes le contraste est trop rude pour une amoureuse du canon. Et même si elle aime bien Lovecraft !

On commence avec un Holmes plus très canonique… puis… Une partie du livre est davantage construite comme certaines nouvelles d’exploration de Lovecraft mais avec le suspens en moins.

C’est un peu comme si l’auteur avait hésité entre écrire un pastiche holmesien et écrire un pastiche lovecraftien sans parvenir à trancher, et essayait de faire un peu des deux pour satisfaire tout le monde mais au risque de décevoir davantage tant l’affaire est abâtardie et perd de son caractère.

Malgré tout l’intrigue générale n’est pas mauvaise du tout et le rebondissement final vaut d’avoir lu le livre jusqu’au bout et donne réellement envie de lire la suite même si Holmes n’est plus vraiment canonique.

Il suffit juste d’accepter de se laisser glisser corps et âme dans le magma poisseux dégoulinant de monstres à tentacules sortis des abysses cyclopéennes de la folie lovecraftienne.

 

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Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine : Irene Adler

Titre : Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/01/2019)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io – Le ombre della Senna (2014)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Automne 1871. La guerre contre la Prusse est enfin finie, et Irene et sa famille retrouvent avec bonheur leur appartement parisien.

Évidemment, c’est aussi l’occasion pour la jeune fille de retrouver ses deux acolytes, Arsène Lupin et Sherlock Holmes. Le trio d’enquêteurs se reforme vite, un nouveau mystère les attend.

Le cousin d’Arsène, Fabien d’Andrésy vient de se volatiliser, après, semble-t-il, une sortie dans les bas-fonds parisiens.

Essayant de glaner quelques informations dans une taverne mal famée, les trois amis se retrouvent au cœur d’une guerre entre bandes rivales.

Les retrouvailles promettent d’être mouvementées !

Critique :
Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré !

Non, nous ne sommes pas à la fin de la Seconde Guerre Mondiale mais à la fin de celle qui laissait présager que ce ne serait pas fini, niveau contentieux, entre la France et l’Allemagne et que les matchs retours seront sanglants et meurtriers.

Nous sommes en 1971 et les casques à pointes ont gagné la guerre Franco-Allemande (ou franco-prussienne), l’annexion de l’Alsace-Moselle ne sera pas au menu de cette enquête de notre jeune trio, mais on se consolera en descendant dans les bas-fonds parisiens.

Ça me change de mes traditionnels bas-fonds londoniens que j’ai arpenté en long et en large (et malgré tout, je n’ai pas tout vu) et ça me change aussi du Paris traditionnel que je visite car ce genre de quartiers, je n’y mets pas les pieds, sauf accompagnée de Sherlock, Lupin et Irene, bien entendu.

On a beau être dans de la littérature jeunesse, on ne prend pas les jeunes lecteurs pour des cruches, dans ses pages, et on ne leur épargne pas la vérité non plus : la pauvreté, la misère, les mendiants qu’on a éclopés pour qu’ils rapportent plus, c’est une réalité à laquelle le jeune lecteur va être confronté.

En ces temps-là, il y avait déjà des gens riches qui aidaient les plus démunis, mais quand bien même on irait éplucher les patates pour la soupe populaire comme nos trois amis, au soir, tel Jack London et eux, nous rentrerions dans nos maisons douillettes pour manger plus qu’à notre faim, là où d’autres dormiront à la belle étoile ou sous les ponts de Paris.

Parlons-en des dessous des ponts de Paris ! Faudra que je vérifie si le système est toujours en place sous le pont d’Austerlitz (morne plaine)…

Ce sixième tome prend son temps pour s’installer, nous berce d’une douce langueur avant de nous jeter dans la Seine ainsi que dans les ruelles tortueuses fréquentées par la pègre. Cours, Irene, cours !

Un tome bien plus sombre que les premiers, bien plus mature aussi, avec un final qui m’a laissé sur le cul tant il était inattendu dans tous les sens du terme : on est dans de la littérature jeunesse et même s’il y avait des indices dans le texte d’Irene, j’étais loin de m’imaginer pareille fin du roman. Violent.

Non, on n’épargne plus les jeunes de nos jours et c’est tant mieux…

Une série qui continue de m’enchanter, un trio qui devient plus mature, des questions qu’Irene se pose sur l’amour que lui porte ses deux amis et des aventures toujours plus palpitantes, comme on en aurait rêvé de vivre à leur âge.

Sherlock, Lupin et moi – Tome 5 – Le Château de Glace : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin et moi – Tome 5 – Le Château de Glace

Auteur : Irene Adler (Alessandro Gatti et Pierdomenico Baccalario)
Édition : Albin Michel (29/08/2018)
Édition Originale : Il castello di ghiaccio (2013)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Juin 1871, quelques mois après les récentes aventures de notre trio à Évreux et Paris, Irene se rend à Davos pour rencontrer Sophie von Klemnitz, sa vraie mère, et connaître enfin les raisons pour lesquelles celle-ci s’est séparée d’elle juste après sa naissance.

Sherlock et Lupin rejoignent leur amie pour l’aider à surmonter cette épreuve et la découverte de lourds secrets familiaux.

Durant leur séjour, on tente de voler le précieux collier d’une excentrique voyante russe, un grand brûlé disparaît au grand désespoir de son frère qui séjournait au Belvédère avec lui, un individu louche est assassiné.

Les trois comparses décident de mener leur enquête. Bien vite, ils se retrouvent pris dans une affaire d’espionnage qui les dépasse…

Critique :
Cette série jeunesse comportant mon détective préféré est toujours une parenthèse agréable dans mes lectures et si je suis toujours heureuse de découvrir une nouvelle aventure, je sais que je la lirai trop vite et qu’ensuite, le manque se fera sentir.

Une fois de plus, sans révolutionner le genre policier, cette série fait le job : divertir ses lecteurs et les emmener, une fois de plus, sur une enquête dépaysante.

Pas de meurtre, mais bien des mystères opaques dans cette ville bien connue pour ses forums économiques mondiaux.

Irene va rencontrer sa véritable mère et, ne sachant trop comment faire face à ce maelström d’émotions comme seule une ado peut avoir, demande à ses amis, Lupin et Holmes, de venir la rejoindre.

Si le mystère sur sa mère ne sera pas levée dans cet opus, celui du zoologiste le sera et nos jeunes amis vont vivre, une fois de plus, une aventure mouvementée où tout ne sera pas tel que certains le pensaient.

Les personnages sont toujours bien campés et, tel un Club des Cinq à trois, ils vivent toujours des aventures que nous aurions rêvé de vivre à leur âge. Pas de bol pour nous, il faudra les vivre par procuration et à l’âge adulte, en ce qui me concerne.

On ne s’embête pas, sans pour autant déménager à tout allure, l’auteur prend le temps de planter son décor, de faire se rencontrer Irene et sa mère avant que ses deux complices n’arrivent à Davos.

Une fois le mystère levé comme un lièvre, nos amis commencent leur enquête et les multiples indices qui parsèmeront leur histoire mettront Holmes sur la piste de ce qu’il se trame vraiment dans la vallée…éééee…. de Davos… ♫

Si j’avais compris certaines choses, j’en avais loupée d’autre. Pas de soucis, Holmes nous expliquera tout à la fin, si jamais nous n’avions pas fait tilt nous-mêmes.

Par contre, je n’ai toujours pas compris l’illustration de la couverture où l’on voit notre trio dans un traineau tiré par un cheval, dans la neige…

Cette scène n’existe pas dans le roman, nous sommes peut-être en Suisse, mais après la mi-juin, ce qui limite les chutes de neige dans la ville de Davos. Mais bon, ça faisait sans doute plus mieux sur la couverture.

En tout cas, je n’attends qu’une chose : la parution du suivant car j’adore lire cette collection jeunesse avec mon détective préféré, jeune, en compagnie du futur roi des cambrioleurs, l’Arsène et de LA femme, Irene Adler.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Les passe-temps de Sherlock Holmes : René Réouven

Titre : Les passe-temps de Sherlock Holmes

Auteur : René Réouven
Édition : Denoël – Sueurs Froides (12/09/1989)

Résumé :
Les passe-temps de Sherlock Holmes, sont illustrés ici par trois nouvelles parodies de René Reouven, toujours rédigées selon les mêmes principes : une allusion à une citation piochée dans l’œuvre de Conan Doyle, évoquant une histoire que le Dr Watson n’a jamais osé ou voulu publier, des personnages célèbres et des faits divers réels, présents ou passés, qui s’inscrivent en toile de fond.

Dans les trois récits, les « passe-temps » correspondent à la résolution d’énigmes survenues dans un passé bien antérieur à l’époque des héros de Baker Street, mais qui trouvent un écho dans les enquêtes menées au présent.

  • « La tragédie des Addleton »
  • « La mort subite du cardinal Tosca »
  • « La persécution spéciale »

Critique :
Il fait chaud et pour me rafraîchir, je m’enfile des « pastiches » (comme dirait Alambix et son accent) à tour de bras.

Certains sont parfois trop dosés, mais là, j’hésite entre le trop dilué ou le trop concentré.

Ce n’est ni le premier, ni la première fois que Réouven se penche sur les Untold Stories, ces histoires citées dans les aventures canoniques de Holmes mais jamais racontées.

Nous en avons trois ici qui vont nous être contées et si j’ai passé un bon moment de lecture, il y a tout de même quelques petits morceaux qui passent moins bien et je vais vous dire lesquelles.

Déjà, la première histoire est cousue de fil blanc et le coupable est visible comme un deerstalker posé sur la tête. Si l’enquête sur le double mystère de l’identité de Shakespeare et de Marlowe (Christopher, pas Philip, ni la capitaine de gendarmerie).

Bon, l’identité de la mère laisse un peu pantois, limite irréel, mais bon, la chair est faible et les enfants faciles à faire…

Pour le reste de la solution de l’énigme, je la laisserai à l’appréciation de chacun, elle est étayée d’une certaine manière (nous sommes dans de la fiction), mais reste toujours supputée car nous n’avons aucune preuve véridique, s’est passée dans les années 1500 (1564 et plus) et pourrait faire grincer les dents des plus pointilleux.

Niveau erreurs flagrantes, je relèverai celle de Guy Fawkes qui ici, est renommé Guy Hawkes (?) et le pléonasme horrible de « deux jumeaux ».

Pour ce qui est de la narration, l’auteur utilise le passé simple, quelques subjonctifs présent et imparfaits, ce qui va bien dans le texte, mais il utilise aussi des termes anglais sans les traduire en bas de page…

La deuxième enquête nous parlera du fameux cardinal Tosca et là où je grince des dents, c’est en voyant Holmes utiliser le titre de « votre éminence » devant le cardinal Guiseppe Sarto et se comporter comme un petit catholique alors qu’en tant que protestant, il ne reconnaît pas l’autorité du pape.

Maintenant, on ne nous a jamais dit à quelle religion Holmes appartenait, mais la logique voudrait que ce soit celle du protestantisme, non ? Il était croyant, on le sait, c’est du moins ce que l’on déduit de son monologue de la rose dans « Le traité naval ».

Cette deuxième enquête a de bonnes choses, notamment sur les peuples, les races, les différentes religions, les références aux divers pogroms qui ont ensanglanté les siècles précédents, niveau Histoire, on se couche moins bête, mais il y a parfois un peu trop de blablas et, tout comme la première, Holmes est obligé de supputer ce qui s’est passé puisque cette histoire est ancrée dans le passé lointain.

Pour la troisième, je dirais « mouais »… On a connu mieux mais elle est correcte et la manière de vouloir tuer est pour le moins originale, pas ressassée du tout.

Un apocryphe qui met en scène Holmes dans le format qui lui convient le mieux : les nouvelles, qui ne révolutionnera sûrement pas le policier, bien que l’auteur nous présente ici un Holmes plus érudit que les écrits canoniques ne le laissent supposer.

Correct mais pas transcendantal.

Mais au moins, Watson enquête avec Holmes, l’éclaire sans être une lumière (dixit Holmes), bref, ce n’est pas le benêt présenté comme parfois (dans une ancienne série et des films) et madame Hudson y met du sien.

PS : Alambix est un personnage que l’on retrouve dans « Astérix et le bouclier Arverne ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Quel jour sommes-nous Watson ? : Jean-Pierre Crauser

Titre : Quel jour sommes-nous Watson ?

Auteur : Jean-Pierre Crauser
Édition : Mycroft’s brother (30/11/2005)

Résumé :
« Mon propos consiste à dater très scrupuleusement toutes les enquêtes de Sherlock Holmes. Un jeu complexe, exaltant, parfois décourageant et totalement inutile.

Rédiger une chronologie holmésienne s’apparente à une traversée du Far West en diligence. Au début, on espère faire un bon voyage puis, rapidement, tout ce que l’on souhaite, c’est de pouvoir arriver au bout. Ceux qui apprécient la simple lecture des chroniques du docteur peuvent se demander, tout uniment, s’il est bien nécessaire d’aller aussi loin dans l’exégèse.

Ma réponse tient en deux mots : bien sûr. Recommencer sans cesse la lecture, c’est risquer de découvrir du nouveau.  » Vous connaissez mes méthodes, appliquez-les  » (Le Signe des quatre). Tel est le défi que nous lance Sherlock Holmes.

Établir une chronologie des aventures du détective, à partir des chroniques du docteur John H. Watson, n’est pas un exercice élémentaire. »

Critique :
Partant de la réalité que Watson a fait des fautes de dates en relatant les aventures de Holmes, l’auteur a tenté de nous proposer les dates les plus plausibles pour toutes les aventures canoniques du détective de Baker Street.

Oui, Watson a fait des fautes, et si j’en avais repérées certaines (sa blessure qui change), d’autres pas du tout !

Quand Watson disait que le 7 avril 1889 était un mardi, je le croyais de bonne foi, moi. Hors, il n’en était rien ! Le coquin.

Le travail de l’auteur fut celui d’une fourmi, car je dois dire, à la lecture de cet essai, qu’il a du mérite !

D’entrée de jeu, il nous signale sur quoi il s’est basé avant toutes choses pour dater les histoires. : des règles qu’il suit dans l’ordre, d’après une échelle de valeur, en se gardant le droit de parfois y déroger.

J’ai encore appris des choses lors de ma lecture, notamment qu’un début d’aventure ne se trouvait pas à la bonne place…

Initialement prévue pour « La boîte en carton », une intro fort connue des holmésiens, se retrouvait à commencer l’aventure du « Patient à demeure », ce qui changeait tout puisque Watson parlait de chaleur torride, de vacances parlementaires et qu’il disait que l’histoire de déroulait au mois… d’octobre !!

C’était une journée d’octobre ; il régnait une chaleur torride. Baker Street ressemblait à une fournaise ; la réverbération du soleil sur les briques jaunes de la maison d’en face était pénible pour l’œil ; on avait de la peine à croire que c’était les mêmes murs qui surgissaient si lugubrement des brouillards de l’hiver. Nos stores étaient à demi tirés. Holmes était roulé en boule sur le canapé : il lisait et relisait une lettre que lui avait apportée le courrier du matin. Quant à moi, mon temps de service aux Indes m’avait entraîné à mieux supporter la chaleur que le froid, et une température de 33° ne m’éprouvait nullement.

Une fois l’intro remise dans son contexte, on comprend mieux, vu que « La boîte en carton » se passe en août.

Dans mon canon des éditions Laffont, le même passage se retrouve dans les deux aventures et je m’étais posée bien des questions. Tout cela parce que « La boîte en carton » parlant d’adultère, elle ne fut pas publiée en recueil avant des années. Maudite censure !

Mais revenons à la datation des aventures canoniques : lorsque j’avais lu le canon pour la première fois, à l’âge de 13 ans, je m’étais amusée à noter au crayon l’âge probable de Holmes au moment de l’affaire.

Puisqu’il était dit que, en 1914, il avait soixante ans (mais pas écrite de manière aussi précise), j’avais déduit l’année 1854 comme celle de sa naissance.

Hors, toutes les dates ne sont pas mises dans le canon… et pour certaines aventures, c’était l’arrachage de cheveux garantit ! Notamment dans « Le signe des quatre » où l’auteur a eu bien du mal à nous trouver une date plausible.

Conan Doyle, sacré brouilleur de pistes ! Avec toutes ses erreurs, il a donné du travail et des nuits d’insomnies aux holmésiens qui voudraient remettre tout cela en bon ordre. Pire qu’une enquête de Holmes, pire que le plus insondable des mystères !

Ce petit livre hautement instructif se lit comme un recueil d’histoire, vous permettant de les sauter, d’y revenir, de les approfondir… Vous êtes libres.

Sans oublier un tableau à la fin avec tous les titres, les dates données par l’auteur, ainsi qu’un autre tableau avec ce que d’autres holmésiens ont fait, il y a bien longtemps.

Pour certaines, ils sont tous d’accord, pour d’autres, cela donne des écarts énormes. Et on reprend un tube d’aspirines !

Livre réservé pour les véritables mordus ou pour ceux qui veulent approfondir l’œuvre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Mon Ami Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moens

Titre : Mon Ami Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moens
Édition : du Net (14/01/2016)

Résumé :
LE CARNET : Cette vieille aventure qui s’était déroulée fin 1888, n’aurait jamais dû sortir de Baker Street, s’il n’y avait pas eu, six années plus tard, ce noyé repêché dans la Tamise, toutes mes notes et mes documents dormiraient encore paisiblement au fond de ma vieille cantine.

Mais Sherlock Holmes n’avait eu aucune difficulté à identifier Alfred Miller, une ancienne connaissance de Whitechapel…

Deux journalistes téméraires, une étrange disparition, un poème diabolique, une cliente très particulière, un carnet égaré, un amoureux éconduit, l’ombre des victimes de Jack l’Éventreur, l’incompétence des polices locales et l’ambiance populaire des pubs londoniens, tels sont les principaux ingrédients de cette aventure qui nous entraîne dans le sordide quartier de Whitechapel, à la fin du 19è siècle.

Sherlock Holmes, aux prises avec ses démons, va y mener une enquête difficile, au surprenant dénouement.

En bonus, SANTA CLAUS, une enquête sous forme de conte de Noël holmésien.

Critique :
Régulièrement, je passe fouiner sur le site de la SSHF afin de voir les nouvelles sorties holmésiennes…

Hélas, ces derniers temps, le site n’était plus tout à fait à jour à ce niveau-là et quelle ne fut pas ma surprise en découvrant qu’un nouveau titre était apparu (on passe du 19/01/2017 au 11/04/2018, c’est vous dire le trou).

L’auteure n’est pas une inconnue pour moi puisqu’elle m’avait séduite avec son  précédent titre, « Les vacances de Sherlock Holmes » dont je vous parlerai un autre jour (faudra que je le relise).

Ici, nous allons nous aventurer dans les crimes sordides de 1888, mais sans trop y entrer, Holmes se trouvant à ce moment là sur d’autres enquêtes et Watson dans ses préparatifs de mariage, mais les protagonistes vont tous se trouver à un moment donné au Ten Bell Pub et croiser Mary Jane Kelly.

N’espérez pas une résolution de l’affaire de Jack The Ripper, mais l’auteur joue brillamment sur le meurtre en chambre de Mary Jane et sur le fait que l’Éventreur a changé son modus operandi puisqu’il a pris son temps et à massacré à l’intérieur et non à l’extérieur.

La théorie de Holmes est plausible dans l’enquête qu’il a mené et des informations qu’il a obtenue.

Le portrait du détective est assez fidèle à l’original, mis à la sauce de l’auteure (madame Hudson sur le For’holmiste de la SSHF) et Watson est vraiment le compagnon fidèle mais qui a son mot à dire et intervient parfois vertement s’il n’est pas d’accord avec une théorie du maître.

À noter que ce tome comporte des références à leurs aventures publiées dans le fameux  « Les vacances de Sherlock Holmes » car si nous faisons une incursion dans l’année 1888, c’est en 1994 que nos amis se trouvent, après le Grand Hiatus, donc.

Un roman holmésien qui se boit comme du petit lait et qui se lit les doigts de pied en éventail tant le plaisir est présent lors de la lecture.

Certes, l’enquête ne révolutionnera pas le genre, ne vous attendez pas à un truc de malade à la sauce Thilliez, le but n’est pas non plus de nous sortir une solution à la Agatha Christie, mais de faire revivre le grand détective de Baker Street aux travers d’aventures sans prétention mais travaillées.

Un roman que je ne regrette pas d’avoir commandé sur un grand site de vente en ligne avec livraison gratos.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

La Jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 4 : François Pardeilhan

Titre : La Jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 4

Auteur : François Pardeilhan
Édition: Pin a Crochets (2006)

Résumé :
Le passage du jeune Sherlock Holmes à Pau durant les années 1868 à 1871 a suscité de nombreux commentaires.

Au travers de témoignages recueillis par ceux qui, le temps d’une aventure, ont côtoyé ce personnage de légende, des éléments supplémentaires viennent grossir les preuves déjà nombreuses de l’œuvre accomplie par le futur détective londonien dans la cité paloise.

Son influence déterminante dans un événement qui fit scandale à l’Hôtel de France, son intervention fort à propos suite à une menace qui planait sur la mairie de Pau, sa contribution dans une sale affaire aux côtés du curé de l’église Saint-Jacques et sa rencontre insolite avec l’entrepreneur d’une brasserie au sud de la ville constituent des circonstances extraordinaires dans une cité de vingt-cinq mille âmes.

Comment ces témoignages auraient-ils pu arriver jusqu’à nous si un auteur béarnais, qui fréquenta le même lycée que cet Anglais aux étranges méthodes, n’avait pris la peine de rassembler ces informations ?

Ce tome retrace de manière fictive la vie de Sherlock Holmes et les affaires sur lesquelles il a enquêtées à travers des témoignages de personnes qui auraient fait sa connaissance au cours de son séjour à Pau.

Il relate son influence déterminante dans un évènement qui fit scandale à l’Hôtel de France, son intervention suite à une menace contre la mairie de Pau…

Critique :
C’est toujours un plaisir de retrouver mon détective consultant préféré, surtout dans sa jeunesse.

Bon, d’accord, rien n’est canonique, mais malgré tout, pourquoi bouderai-je mon plaisir ?

Comme dans le tome précédent (le « Tome 3 » pour ceux qui viennent d’arriver), ce sont les habitants de Pau qui, aux travers de leurs souvenirs, nous parlent de Sherlock Holmes.

Que ce soit un de ses anciens professeurs de philosophie, monsieur Marion, ou l’abbé Cazaux qui racontera à son ami le cardinal Marcini comment il a fait connaissance avec Sherlock Holmes, suite au fait que Marcini lui parlera de la mort du cardinal Tosca (une Untold Story bien connue des holmésiens).

Que ce soit en reprenant d’anciens personnages du tome 2 qu’étaient monsieur Barrère et sa nièce ou une histoire racontée par un couple, amis de Henry Baskerville, tous ces gens nous parleront de ce grand échalas portant un manteau gris et qui traînait un peu partout : Sherlock Holmes !

À chaque fois, c’est une lettre ou un événement (la mort du cardinal Tosca dont parlera le cardinal Marcini) qui leur referont penser à leur rencontre avec Holmes, jeune, à Pau.

Notre jeune ami n’a pas chômé durant son séjour et les quatre enquêtes qui nous sont narrées sont fraiches et agréables à lire.

De plus, ce fut un réel plaisir de retrouver monsieur Barrère et sa nièce, Claire, celle qui donna quelques émois à Sherlock (émois partagés, en plus).

Pas de doute, on comprend que l’auteur a bel et bien fait ressentir à Holmes des sentiments voisins de l’amour pour cette jeune fille.

Si jamais dans le tome 2 vous aviez eu un doute sur le fait que Sherlock appréciait très fort Claire (mais pour cela, il fallait être lent à la comprenette), l’auteur nous fait comprendre qu’il ne fallait pas en avoir, (de doutes) même si rien ne fut consommé entre les deux jeunes gens. Eh, remisez vos espoirs au placard…

Le seul bémol dans ce tome 4, c’est que les aventures ne sont plus racontées du point de vue de Sherlock Holmes, comme cela avait lieu dans le tome 2, mais par d’autres, comme dans le tome 3.

Sinon, hormis ce petit détail, les enquêtes sont très agréables à lire et on a l’impression de découvrir le détective dans ses débuts, ceux que Conan Doyle ne nous a jamais racontés.

La cinquième et dernière aventure n’en est pas vraiment une, juste un clin d’oeil à Oscar Wilde et Conan Doyle et sur le fait que tout le monde autour d’un certain Charles de Bordeu parlait de Sherlock Holmes comme d’un personnage de fiction.

« Erreur », leur apprend ce dernier. « J’ai été en classe avec lui ! » et de rassembler les preuves pour ses amis plus que sceptiques.

Avec une visite à la clé…

La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 3 : François Pardeilhan

Titre : La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 3

Auteur : François Pardeilhan
Édition : Pin a Crochets (07/12/2005)

Résumé :
Le séjour du jeune Sherlock Holmes à Pau, raconté par ceux qui ont eu la chance de faire sa connaissance, marquant à jamais leur mémoire.

D’une simple observation sous la fenêtre d’un hôtel à des évènements étrangers dans le laboratoire de l’hôpital, d’un quartier bien paisible au nord de la ville qui tout à coup s’enflamme à une mystérieuse villa où vivent de sombres locataires, en faisant un détour champêtre par le Haras de Gels, c’est une folle traversée de la ville et des environs, parsemée de témoignages étonnants.

Des aventures insolites, qui, sans la faculté d’investigation d’un personnage de légende, seraient restées une suite de banals faits divers.

Critique :
Ma curiosité était titillée au plus haut point à l’entame de la lecture de ce tome.

En effet, dans le tome 2, le jeune Sherlock quittait Pau définitivement, n’y revenant que bien plus tard, en compagnie de Watson.

Alors, qu’est-ce que l’auteur allait nous réserver ici, si Sherlock était parti ?

D’autres enquêtes, sans aucun doute, mais comment allait-il s’y prendre ?

Tout simplement à l’aide des souvenirs des habitants de Pau qui se remémoreront soudainement les petites enquêtes du jeune garçon. Comment ?

En lisant dans un journal que Sherlock Holmes a retrouvé le cheval « Silver Blaze », ou que le détective range ses cigares dans un seau à charbon, ou par une rencontre avec un explorateur norvégien nommé Sigerson et qui fera penser à quelqu’un un jeune garçon du nom de Sherlock.

Des enquêtes assez courtes, mais bien ficelées, avec un faible pour celle avec « Le registre du haras » (les étalons noirs m’ont toujours fait rêver) et « La piste de l’intrigue ».

Sans compter que « La chambre vide », « Le mystère du chaudronnier » et « Le mystère du laboratoire » m’ont fait passer de bons moments de lecture.

Avantages : vous pouvez les lire toutes d’un coup ou bien, comme moi, aventures par aventures, avant d’aller vous coucher.

Le seul point qui m’a désolé tient au fait que ce ne soit plus Sherlock Holmes qui raconte ses enquêtes. Nous ne sommes plus dans la tête du détective et c’est bien dommage.

Nombreuses références canoniques. Malgré tout, les non connaisseurs de l’univers holmésiens peuvent le lire et en tirer grande satisfaction.

La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 2 : François Pardeilhan

Titre : La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 2

Auteur : François Pardeilhan
Édition : Pin a Crochets (2004) / Le Patient Résidant (2012)

Résumé :
À l’aube de la guerre de 1870, le jeune Sherlock Holmes, fort d’une méthode d’observation qu’il ne cesse d’affiner, poursuit ses pérégrinations dans la ville natale d’Henri IV. Il y côtoie notamment un futur magistrat dans le cadre d’une sombre affaire internationale et fait une rencontre qui marquera à jamais sa vie.

Puis, avant de quitter la France, il s’interroge sur les véritables raisons de son séjour en Béarn, engageant ainsi sa première enquête officieuse sur le fameux climat de Pau, avec le concours de deux célèbres médecins.

Critique :
Charmant, plaisant, entraînant !

Que voilà une agréable découverte que j’avais faite en lisant ce livre durant mes vacances.

N’ayant pas su avoir le premier tome, j’avais donc commencé par le second, sans que cela nuise à ma lecture.

Le format du livre est inhabituel, étant donné qu’il est très fin et assez haut.

Nous nous retrouvons en compagnie de Sherlock Holmes et il a seize ans et demi, il est à Pau depuis deux ans pour cause de mauvaise santé et la cité paloise lui fut conseillée.

D’ailleurs, la cité compte de nombreux compatriotes à lui et Sherlock se fera un plaisir de vous en parler dans son introduction. Oui, c’est lui qui nous raconte.

Ce n’est pas rare d’avoir une narration à la première personne mais la rareté vient du fait que c’est Holmes lui-même le narrateur.

Notre jeune futur détective fourbi ses armes dans la cité et commence à mettre au point sa méthode, même s’il manque encore de pratique et que son bagage est en cours de construction.

Le livre est composé de trois histoires.

La première arrive lorsque Sherlock a seize ans et demi, nous sommes en 1870 et la guerre franco-prussienne est presque déclarée.

Notre jeune ami va tomber sur une jeune fille (qu’il nommera « dragon » au départ) qui éveillera en lui des sentiments qu’il ne connaît pas, qu’il ne comprend pas. C’est là aussi qu’il va découvrir la musique.

Le tout en résolvant une petite enquête en compagnie de cette jeune fille et de son oncle, jeune fille qui n’est pas insensible à son charme en plus !

Des références à l’univers de Doyle, notamment avec la babouche, le couteau sur le manteau de la cheminée, le baritsu, la boxe, la peau d’ours (on en parle dans «L’école du Prieuré), la robe de chambre (même si celle là, elle est trop courte).

Références aussi au film de Billy Wilder « La vie privée de Sherlock Holmes », notamment quand on apprend qu’une cantatrice (non, par Irène Adler) fut tuée dans un train, non pour lui voler son argent, mais son ombrelle (souvenez-vous de Gabrielle dans le film). Sans oublier les déductions qui feront de lui ce qu’il est.

Dans la seconde enquête, un an est passé, la guerre franco-prussienne est terminée, la belle de Holmes est repartie et le voilà sur une autre enquête, suite à des petits désagréments qu’il vient de vivre et dont il voudrait résoudre la cause.

Sherlock étant à ses débuts, il risque de se laisser emporter, de ne pas réfléchir, comme je l’ai fait aussi en lisant cette seconde enquête.

Quelques références à l’univers canonique avec des noms tels que « Musgrave » ou « Worthington ».

Les déductions sont toujours présentes et si l’enquête est « correcte », elle ne casse tout de même pas la baraque. Mais elle est plaisante.

Les parents de Holmes sont présents. A noter qu’ils n’ont pas de problèmes, sont normaux et s’aiment. Sherlock lui-même est encore loin d’être froid et insensible.

À la fin de ces deux enquêtes, nous voyons Sherlock et ses parents retourner à Londres et quitter la cité de Pau.

Pour la troisième, c’est le retour de Holmes en cité paloise, en compagnie de son associé, Watson, même s’il n’est pas cité.

Ce fut le dernier paragraphe qui me fut douloureux… à Holmes aussi. L’auteur est vache.

Bref, un petit livre qu’il me fut agréable à lire. Je suis impatiente de lire les autres.

PS : Attention, ce livre existe aussi dans une autre édition (« La jeunesse de Sherlock Holmes – Prélude 2«  chez Le patient Résidant), avec une autre couverture, un titre un peu différent, mais ce sont les mêmes ! Vous faites pas avoir comme moi…

Autre édition, autre titre, mais même texte ! (vous faites pas avoir)

 

La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 1 : François Pardeilhan

Titre : La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau – Tome 1

Auteur : François Pardeilhan
Édition : le pin à crochet (11/12/2003) / Le Patient Résidant (30/09/2009)

Résumé :
30 septembre 1868 : le jeune Sherlock Holmes arrive à Pau pour retrouver la santé. C’est là qu’il apprendra les fondements de sa légendaire méthode d’investigation.

Aux pieds des Pyrénées, dans une ville sous l’influence du tourisme britannique, au travers d’aventures dignes de ce détective hors du commun, il rencontrera des personnages hauts en couleur qui ont marqué l’histoire de Pau.

Qu’ils soient écrivain, docteur, montagnard, magistrat, notable ou commissaire, aucun ne restera indifférent au passage de ce jeune Anglais, pour la plus grande gloire de Pau.

Critique :
Année 68… Non, pas celle qui consacra le moi de mai, mais celle de 1868 qui vit Sherlock Holmes, jeune garçon, débarquer à Pau pour se refaire une santé.

À cette époque, le duo Chevalier et Laspales n’avait pas encore rédigé leur fameux sketch « Le train pour Pau » et il était donc très facile pour des anglais d’arriver dans la ville du Béarn puisque les trains – couchettes ou pas – s’y arrêtaient.

Sherlock est un jeune garçon de 14 ans possédant une santé pulmonaire fragile et un médecin a conseillé à ses parents d’aller lui faire respirer le bon air pur de la ville de Pau et de ses Pyrénées.

Ce sera l’occasion pour le jeune homme de faire ses toutes premières armes et de mettre au point sa future méthode de travail tout en résolvant quelques petits mystères.

De l’enfance ou la jeunesse de Holmes, nous ne savons rien, Conan Doyle, son père littéraire nous l’ayant présenté lors de sa rencontre avec le docteur Watson et de leur installation à Baker Street, dans le roman « Une étude en rouge », publié en 1887.

Sherlock Holmes aurait entamé ses activités en 1878, à 24 ans, selon les holmésiens. Sa collaboration avec Watson commencerait en 1881 ou en 1882.

Mais avant ça ?? Rien, silence radio (hormis une affaire ancienne que Holmes avait raconté à Watson – le Gloria Scott) !

L’auteur de la collection « La jeunesse de Sherlock Holmes » a donc remédié à ça tout en se basant sur les travaux de William S. Baring-Gould (pas toujours rigoureux !) qui disait que Holmes avait séjourné à Pau durant sa jeunesse.

Comment Holmes a-t-il eu sa babouche persane, celle dans laquelle il stocke son tabac ? La peau d’ours devant la cheminée, elle vient d’où ? Sa science de l’escrime et de l’art martial Bartitsu (orthographié « Baritsu » par Conan Doyle), comment lui furent-elles apprises ?

L’auteur, à sa manière, nous donnera des réponses tout ce qu’il y a de plus satisfaisantes.

3 petites enquêtes fort simples dans ce roman (paru aussi sous la dénomination « La jeunesse de Sherlock Holmes – Prélude – Tome I » aux Éditions « Le patient Résidant ») qui fait plus la part belle au jeune Sherlock et à sa découverte de la ville de Pau (on apprend des tas de choses sur la ville de Pau, sur sa géographie, sur son histoire,… Instructif !), ses promenades, sa rando dans les Pyrénées et son entrée à l’école.

Les enquêtes sont plus accessoires qu’autre chose, mais ce fut un véritable plaisir pour moi de me plonger dans cette jeunesse fictive de Holmes, qui, tout compte fait, pourrait être tout à fait réelle.

L’auteur prend son temps pour nous présenter le jeune Sherlock et c’est très plaisant de voir l’homme qu’il va devenir, élaborant ses futures méthodes et sa manière de faire. C’est tout son apprentissage dans ce premier tome et dans les suivants.

À découvrir !

Autre édition, même récit (acheté en double chez moi !!!)