Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 02 – L’empoisonneur de Brook Street : Michel Bourdoncle [Par Dame Ida]

Titre : Les Enquêtes d’Irène Adler et de Sherlock Holmes – 02 – L’empoisonneur de Brook Street

Auteur : Michel Bourdoncle
Édition : Librinova (12/07/2021)

Résumé :
Londres, automne 1894

La troublante Violet Handcock vient solliciter l’aide de Sherlock Holmes. L’ombre d’un danger sournois plane au-dessus de l’officine de pharmacien de son père. Las, le lendemain, le vieil homme est retrouvé mort dans son laboratoire fermé de l’intérieur.

Dès lors, le détective de Baker Street n’aura de cesse de mettre ses extraordinaires facultés d’observation et de déduction au service de l’énigme de ce meurtre en chambre close, pour démasquer un assassin machiavélique et pour innocenter un homme injustement accusé par Scotland Yard.

Holmes sera aidé dans sa tâche par son fidèle ami Watson, que la gent féminine laisse moins indifférent que jamais, et par une madame Hudson rajeunie et à la personnalité nouvelle des plus surprenantes.

Mon Avis :
Attention : critique saturée de spoilers. Le roman n’étant pas très gros… quand on pointe l’inutile et qu’on le retire… il ne reste plus que l’essentiel… et on parle très vite des grosses ficelles grossières du scénario.

Donc… si vous collectionnez les pastiches comme Dame Belette, lisez le livre d’abord et on discutera ensuite de nos impressions dans les commentaires.

– Si l’introduction et l’intrigue sont au départ sympathiques on ne peut pas dire que le mystère soit bien compliqué à résoudre : nous avons le choix entre deux suspects : la solution est cousue de fil blanc et se devine rapidement même si on ne sait pas encore comment Holmes va arriver au résultat prévisible.

– La solution est en outre dévoilée au 3/4 du livre. On se demande pendant plusieurs dizaines de pages réparties sur quelques chapitres ce qu’on peut encore en attendre… on ne sait jamais… un rebondissement de dernière minute…

Et ben non… telle sœur Anne je ne vis rien venir. Rien de rien ! T’as juste perdu ton temps. Aucun intérêt. C’est l’épilogue le plus long (plusieurs chapitres) et le plus brouillon (car partant dans tous les sens) que je n’ai jamais lu !

L’auteur voulait juste prolonger le plaisir qu’il avait à écrire (à moins qu’il ne soit payé à la page?) sur ses personnages préférés. Si le lecteur s’emmerde ce n’est pas son problème.

– Cela doit être de l’auto édition à en croire le nombre de coquilles. Quelques fautes d’accords complexes sont tolérables mais une odeur « d’amende amère » qui aurait davantage convenu à un mauvais stationnement qu’à un empoisonnement au cyanure (qui sent l’AMANDE amère!) là ça devient comique… et que dire de Madame Hudson nommée Madame Watson à deux reprises dans la même page !!! Heureusement qu’on nous avait dit que Mary Morstan-Watson était déjà morte!

– Le Lestrade de ce roman n’est pas canonique… Ses rapports avec Holmes sont ici haineux et désastreux! Rien de ça dans le canon où les deux hommes sont toujours restés courtois l’un avec l’autre ! On le fait passer pour un sadique brutal, une caricature de ripoux à deux neurones… C’est pas vraiment sympa… Et c’est d’un manichéen ! Lestrade c’est le méchant pourri (on a pas pu ressusciter Moriarty alors on prend ce qu’on a sous la main!) et Holmes c’est le Gentil!

– Watson de son côté se prend pour un don Juan ayant besoin de se rassurer sur la longueur de sa quéquette  et son impudeur en la matière n’a rien de très victorien… en outre il passe juste pour un crétin prétentieux qui se croit très malin. C’est pénible à la longue.

– Holmes reste holmesien…si on oublie que le voila amoureux! Et oui un Holmes asexuel ça dérange encore quelques uns qui s’obstinent à lui imaginer une vie sexuelle…

Du temps de Victoria on n’avait pas de vie sexuelle (si on en avait une c’était tabou-caché et on ne parlait de rien et on écrivait pas sur le sujet!). On se mariait et des enfants venaient au monde.

Aujourd’hui les auteurs ou lecteurs de pastiches se fichent de savoir si les enfants vont arriver ou s’ils ont pilules, capotes ou stérilet ! Ils faut juste qu’ils niquent parce que c’est ça l’amouuuur ! C’est si bô la passion!!!! Peu importe si ça ne se faisait pas comme ça à l’époque! On dira qu’ils sont modernes et le tour est joué !

Or, un pastiche doit être écrit dans le respect rigoureux des mœurs de l’époque !!! On ne rajoute pas de modernité de mœurs, car ça n’aurait pas été publiable !

– On réintroduit Irene Adler… Ben oui quoi ! Elle est trop fascinante pour n’apparaître que dans Scandale en Bohème ! Et puis si Holmes doit s’intéresser à une femme ça ne être qu’elle !

Ok pourquoi pas… mais Watson la croiserait au quotidien sans comprendre que quelque chose cloche puisqu’elle emprunterait les traits d’une personne qui lui est familière depuis des années… Et il ne se rend pas compte du subterfuge ! Les lunettes n’existaient pas à l’époque ? Si pourtant ! OK il est supposé être très con et Irene est supposée être une pro du déguisement comme Holmes… mais tout de même… C’est tellement énorme que ce n’est crédible pour deux sous.

– En plus la présence d’Irene n’apporte rien au roman si ce n’est que d’y ajouter des chapitres entiers sans utilité puisqu’elle ne participe pas du tout à l’enquête. Contrairement à ce qu’annonce le bandeau du livre !!! Publicité mensongère !!! Elle n’est qu’un personnage secondaire dans une vie parallèle ! Pourtant la couverture nous laissait croire qu’elle enquêtait ! Quelle arnaque !

– Et l’auteur nous raconte deux, voire trois fois comment elle s’est réintroduite dans la vie de Holmes. Bref à chacune de ses incursions dans le roman. Des fois que le lecteur ait la maladie d’Alzheimer ! A moins que ce soit l’auteur qui ait des problèmes de mémoire et ne se relise jamais ???

Franchement à la deuxième répétition j’ai cru que l’auteur me prenait pour une conne. Et je n’aime pas ça… Mais alors pas du tout !!! Déjà que ses multiples rappels d’anciennes affaires du canon étaient limites et sans intérêt pour une holmésienne amatrice… car que l’auteur du roman ne se leurre pas : la majorité des lecteurs de pastiches connaissent le canon et trouvent souvent ces rappels aussi inutiles qu’artificiels.

Au mieux faudrait-il faire de simples notes explicatives de bas de page pour ceux qui ne sont pas familiers du canon plutôt que des parenthèses d’un à plusieurs paragraphes qui brisent la progression du développement.

– Je passe aussi sur le côté Harlequin le Champion de l’Amour de ces chapitres introduisant Irene ! Ça pue la guimauve à un point que ça n’en est pas crédible si on reste fixé sur le Holmes du canon et sur les mœurs de l’époque qui incitaient à plus de retenue dans l’évocation des sentiments personnels.

– Cerise sur le pompon : le poison utilisé pour tuer la victime… on évoquera l’odeur « d’amende amère » typique du cyanure mais sans jamais nommer ce poison… en oubliant vite que seul le cyanure a cette odeur et on optera pour l’arsenic à la fin… en le disant inodore… Déjà une contradiction de plus…

Et ce n’est pas un poison à effet rapide !!!! On ne tombe pas foudroyé d’un coup avec l’arsenic. Si elle en avait pris, la victime serait morte lentement et douloureusement et serait nécessairement sortie de sa chambre close pour chercher du secours !

L’auteur aime à montrer qu’il a fait un grooooos travail de recherche sur le canon ou sur l’histoire de l’ère victorienne « genre je suis membre de la SSHF » etc. mais quand on empoisonne ses victimes on se renseigne un minimum sur les effets des poisons borde l!

Tout le monde n’est pas ancienne infirmière de guerre comme Agatha Christie mais quand même !!! Il y a un minimum syndical à assurer ! On se forme ! On s’informe ! On regarde les Experts à Miami ou des Hercule Poirot par exemple !!! Ou on peut lire Madame Bovary qui se suicide à l’arsenic si on veut des références plus smart !!!

Ça commence par des troubles digestifs très pénibles et le système neurologique n’est détruit que dans un second temps. Ça peut durer entre quelques heures et plusieurs jours ! Parfois les gens en réchappent même en fonction de la dose et de leur vigueur !

– Et quand on dit que Irene était contralto dans la première présentation de son parcours… on ne parle pas d’elle ensuite comme d’une soprano quand on se sent obligé de re-raconter et re-re-raconter sa vie !!!!

Une soprano c’est pas une contralto ! Aaaaarrrrg ! Le registre de contralto est bien plus grave et a une dimension androgyne permettant de chanter les rôles masculins des opéras baroques ! C’est le registre qui est effectivement attribué à Irene par Conan Doyle car ce qui distingue Irene aux yeux de Holmes ce sont justement ses qualités supposément masculines et ses ambiguïtés.

À cette époque, justement, on était en pleine transition dans l’importance des registres lyriques et une nouvelle hiérarchie se dessinait : les sopranos ne s’étaient pas encore tout à fait imposées comme archétypes des premiers rôles mais le succès des contraltos était déjà sur le déclin (d’où le retrait probable d’Irene des scènes). Bref…

Écrire c’est pas juste aligner des mots qu’on recopie sans savoir ce qu’ils veulent dire ! Écrire suppose de s’être approprié le moindre mot que l’on offre au lecteur. Quand on sait ce qu’est une soprano et ce qu’est une contralto… et bien on ne fait pas l’erreur ! Au contraire ! On a bien en tête que l’ambiguïté de ce registre participe au charme particulier d’Irene !

Bref en résumé : une bonne idée de départ très maltraitée et qui donnera de l’urticaire à un/e holmesien/ne amateur/trice.

Comme disait Mistinguette une fois arrivée au bas de l’escalier en chantant et en montrant ses jambes : « l’ai-je bien descendu » ?

Les aventures du fils de Sherlock Holmes racontées par le Dr. Watson : Dr Watson

Titre : Les aventures du fils de Sherlock Holmes racontées par le Dr. Watson

Auteur : Dr Watson
Édition : PRNG (2019) / De Varly (01/03/2020)
Édition Originale : The Adventures of the Son of Sherlock Holmes (1910)
Traduction :

Résumé :
Quel est le lecteur qui ne se souvienne d’avoir suivi avec un intérêt parfois passionné le récit des aventures du célèbre Sherlock Holmes ? Mais voici plus de dix ans que le génial policier a cessé d’étonner les deux mondes par ses exploits prodigieux.

Hâtons-nous de les rassurer : Sherlock Holmes n’est pas mort. Il a eu la bonne fortune d’entrer en possession d’un héritage qui en fit, presque du jour au lendemain, un des plus riches propriétaires du Royaume-Uni.

Depuis lors, son existence se passa dans son manoir, au milieu de ses vastes domaines dans le Comté de Devon, où il goûte un repos bien gagné, après tant d’années d’une existence aventureuse, où sa vie fut si souvent à la merci du moindre incident.

Il y mène l’existence du gentilhomme, partagé entre la gestion de son bien et l’éducation de ses enfants.

Son fils aîné, qui porte le nom de Sherlock, comme son père, vient d’atteindre sa vingt-sixième année . il est sorti depuis trois ans du Collège of Physicians und Surgeons avec le grade de docteur en médecine.

Très répandu dans la société élégante de New-York, où le grand renom de son père et sa fortune, et les manières affables du jeune homme lui ont valu le meilleur accueil, il va y trouver matière à d’intéressantes études et les aventures ne vont pas lui manquer.

Ce sont quelques-unes de ces aventures, racontées par le docteur Watson — qui se fait l’historiographe du fils après avoir été celui du père — que le lecteur va lire.

Il pourra se convaincre que, si Sherlock Holmes a disparu de la scène, son génie, comme son nom, va revivre dans son fils, en qui s’annoncent déjà toutes les qualités qui font les grands détectives…

Critique :
Ce roman de 200 pages comporte trois nouvelles. C’est le format qui convient le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes qui sont plus rapides que celle d’Hercule Poirot.

Ici, le Sherlock qui enquête est le fils du célèbre détective du 221b Baker Street.

S’il possède l’intelligence de son père, il lui manque malheureusement son charisme et sa prestance. Là, j’ai souvent eu l’impression d’être face à un gamin riche et gâté qui aurait peut-être eu besoin d’une bonne fessée de temps en temps.

Quant à ce pauvre Watson, il n’a pas le plus beau rôle car il fait figure de l’homme qui doute de tout, même de l’innocence du fils de son meilleur ami.

Sans compter que dans la première affaire, il n’a pas été très futé, notre brave docteur Watson ! J’avais compris le truc bien avant lui, il était tellement flagrant qu’il m’avait sauté à la gueule et mordu le nez.

Avant d’aller plus loin, je tiens tout de même à m’insurger contre l’édition lue qui était bourrée de coquilles en tout genre : faute de frappe, oubli de lettre, erreur d’espacements au niveau de la ponctuation (oubli d’un espace après la virgule, oubli de l’espace après le point, oubli de l’espace avant le point d’exclamation – et souvent dans les dialogues, un espace entre le mot et la virgule,…) ou présence de point final au milieu d’une phrase et j’ai même eu un S majuscule fait avec le sigle $ (dollar) et ce n’était pas un jeu de mot. Sur un clavier AZERTY, ils ne sont pas l’un près de l’autre, pourtant.

À une moyenne de 2 à 3 coquilles par pages, multiplié par 200 pages, ça en fait beaucoup. Alors oui, nous faisons tous des fautes d’inattention dans nos chroniques, j’en retrouve toujours dans les miennes, même après relecture, j’en loupe des tonnes aussi, mais le prix de cet ouvrage étant de 17€, je l’ai trouvée saumâtre !

Passons au point plus agréable maintenant que l’abcès est percé : les trois nouvelles sont bien conçues point de vue enquête et résolution. On ne cassera pas la baraque, mais elles étaient bien fichues.

Rien d’exceptionnel, des enquêtes de bonne facture, correctes, sans jamais posséder des résolutions qui déchirent puisque j’ai vu venir bien des trucs et astuces, contrairement à Watson. Hors ce dernier ne doit jamais être plus bête que le lecteur, mais à son niveau !

Se déroulant en Amérique, à New-York pour être plus précise, ces nouvelles manquaient des épices anglais traditionnels, ceux dans lesquels ont baigné Holmes et Watson, formant un duo complémentaire et équilibré.

Le fiston, bien que très intelligent et fougueux, n’atteint jamais le charisme de son père (dont on ne saura rien, même pas le nom de son épouse), semble être une pâle copie. Son immigration aux États-Unis n’apporte rien, à mon sens, aux récits des enquêtes qui auraient eu plus d’ancrage, de poids, de sel, si elles avaient été en Angleterre.

Pas tout à fait une réussite, pas tout à fait un échec, c’est le cul entre deux chaises que j’ai terminé ce recueil de nouvelles qui dataient de l’an 1910…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°313].

Le Carnet d’enquêtes de Sherlock Holmes : Tim Dedopulos

Titre : Le Carnet d’enquêtes de Sherlock Holmes

Auteur : Tim Dedopulos
Édition : Hachette Loisirs (2018)
Édition Originale : Solve-it-Yourself Mysteries : Sherlock Holmes Case Book
Traduction : Laurent Laget

Résumé :
Le crime est fréquent. La logique est rare. En conséquence, il faut s’attaquer à la logique plutôt qu’au crime lui-même. »

Dans ce Carnet d’enquêtes de Sherlock Holmes, le Dr Watson vous propose 10 énigmes inextricables à résoudre en usant de votre sens de la déduction comme Sherlock Holmes pourrait le faire.

Chaque histoire présente 3 questions auxquelles vous devrez répondre avec exactitude pour découvrir l’auteur du crime. Menez l’enquête !

Critique :
La première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on prend possessions de cet ouvrage, c’est « Que la couverture est moelleuse » et ensuite, lorsqu’on le feuillette, on aurait tendance à dire « Putain, que c’est beau les illustrations ».

Franchement, l’ouvrage est de belle facture et je n’ai pu m’empêcher de le feuilleter de nombreuses fois avant de le lire.

Durant ma lecture, j’ai continué de scruter les illustrations proposées qui lui donnent un look victorien de plus réussi.

Les récits d’enquêtes sont assez courts et divisés en trois parties, avec, après chaque épisode, une question posée à laquelle il vous faudra répondre. Pas de panique si vous ne trouvez pas, le carnet des solutions est à la fin et il est bien détaillé.

Il faut être attentif à tous les petits détails donnés dans le récit car bien souvent, la solution à la question se trouve dedans. Les indices ne sont pas cachés, mais l’auteur a pris soin tout de même de ne pas nous les surligner en jaune fluo. À nous d’être perspicace.

Par contre, un gros bémol : des fautes d’orthographe ! Je ne les ai sans doute pas toutes trouvées, j’en laisse moi-même des tas dans mes chroniques, mais elles ne sont pas éditées et puis vendues en librairie.

Dans la première enquête (pour ne citer qu’elle), on a même quelques phrases dans un paragraphe qui se répètent. Pas mortel mais c’est tout de même quelque chose qui ne devrait pas se retrouver là-dedans.

Anybref, je me suis torturée les méninges à tenter de résoudre les énigmes de Sherlock Holmes, j’en ai solutionnée certaines, grâce aux indices récoltés et à mon petit cerveau, parfois par chance… Pour d’autres, j’ai séché sur place et c’est toute penaude que je suis allée voir les solutions à la fin de l’ouvrage. Bon sang, mais c’est bien sûr !

Un excellent ouvrage à posséder dans sa biblio holmésienne (il claque avec sa couverture orange), bien mis en valeur par les illustrations, la couleur du papier, les bords plus sombres et dont les enquêtes ne sont pas si simples que ça, sauf quand on a lu la résolution…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°298], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°51] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Sherlock Holmes et les ombres du passé : Thierry Niogret

Titre : Sherlock Holmes et les ombres du passé

Auteur : Thierry Niogret
Édition : Le Patient Résidant (03/10/2016)

Résumé :
Le docteur Watson avait-il tout dit? Non, si l’on en croit ces nouvelles révélations exhumées aujourd’hui, qui présentent des affaires totalement inédites.

Des cadavres qui disparaissent de la morgue pour être remplacés par des squelettes, un cambrioleur qui marche au plafond, un trésor disparu et convoité par des héritiers sans scrupules, un fantôme qui arpente un cimetière, la nuit, dans un village des Cornouailles, autant d’affaires nouvelles résolues par Sherlock Holmes qui devra élucider également l’énigme des pendus de la Tour de Londres.

Mais quand Holmes et Watson seront confrontés au deuxième chien des Baskerville, l’insolite atteindra son comble…

Critique :
Sherlock Holmes continue d’avoir une vie grâce à tous ces auteurs prolifiques qui ne cessent d’enrichir les écrits apocryphes.

Certains sont meilleurs que d’autres et ce recueil de nouvelles, même s’il ne déchire pas grave sa race, fait partie des bons recueils de nouvelles holmésiennes.

Alors que dans les nouvelles holmésiennes du canon, j’étais comme Watson, incapable de comprendre ce qu’il se tramait sous mes yeux, ici, j’ai eu facile de comprendre en additionnant les faits et en relevant les indices.

De deux choses l’une : ou je suis devenue soudainement intelligente et l’égale du maître, ou Conan Doyle était plus tortueux dans ses énigmes que Thierry Niogret. Cela n’enlève rien au plaisir de lecture que de comprendre avant, que du contraire, ça fait même chaud au cœur.

Le format des nouvelles est ce qui va le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes : on lui présente le mystère, les faits et il les résout assez vite. Ce format ne frustre jamais le lecteur avec Holmes.

J’ai apprécié qu’il y ait un côté fantastique dans les aventures mais que ce dernier se révèle être une supercherie, comme pour Le Chien des Baskerville : tout s’explique simplement et de la meilleure manière qui soit.

Dans ces nouvelles, on retrouve des anciens clients de Holmes, croisés dans le canon holmésien, et qui revienne vers lui pour d’autres affaires, tout aussi mystérieuse. Une bonne idée que d’utiliser des personnages connus et déjà croisé, on a l’impression de retrouver des vieux amis.

Par contre, le quatrième de couverture est un peu mensonger ou racoleur avec la mention « Holmes et Watson seront confrontés au deuxième chien des Baskerville » !

Bien que l’enquête se déroule à Baskerville Hall, le chien dont on parle n’est pas celui que vous pourriez penser et c’est Watson qui, lisant la réponse de Holmes, se demandera pourquoi il a inscrit « Chien » alors que personne n’a vu le bout de sa queue, ni même mis son pied dans une de ses crottes diaboliques et méphitiques sur les pelouses. Là, on vend le bazar et ça fait pchiittt, même si l’enquête est bien réalisée.

Ce recueil de nouvelles holmésiennes ne révolutionnera pas le monde du polar, aucune enquête ne déchirera sa race ou ne laissera pantois son lecteur.

Par contre, elles sont plaisantes à lire, agréables, bien réalisées. Le duo Holmes/Watson est quasi conforme aux originaux, les ambiances sont victoriennes, sentent le fantastique sans que cet élément n’entre en ligne de compte pour la résolution.

Le tout est assez dynamique et enlevé, ce qui fait qu’on avale tout, sans faire de pause, avec un véritable plaisir littéraire, râlant à la fin parce qu’il n’y en a plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°292], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°45] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

La méthode de Sherlock Holmes – Secrets et astuces du plus grand détective du monde : Ransom Riggs

Titre : La méthode de Sherlock Holmes – Secrets et astuces du plus grand détective du monde

Auteur : Ransom Riggs
Illustrations : Eugene Smith
Édition : Ynnis (2021)
Édition Originale : The Sherlock Holmes Handbook : The Methods and Mysteries of the World’s Greatest Detective (2009)
Traduction : Stéphanie Chaptal

Résumé :
« Je m’appelle Sherlock Holmes. C’est mon métier de savoir ce que les autres gens ne savent pas. » Sa réputation n’est plus à faire, et pourtant, le célèbre détective ne vous a pas livré ses plus précieux secrets.

Dans cet ouvrage, Ransom Riggs consigne avec humour et sarcasme les méthodes et astuces nécessaires pour vous hisser à la hauteur du maître !

Comment ouvrir un coffre-fort ? Comment feindre votre propre mort ? Comment soutirer de l’argent a la famille royale ?

Autant de questions dont vous aurez les réponses dans ce manuel qui dépeint entre les lignes la fascinante figure de Holmes et son époque haute en couleur.

Un guide richement illustré qui ravira les fins limiers comme les détectives en herbe. Alors… que l’enquête commence !

Critique :
Ce petit guide ne fera pas de vous un parfait détective version 2021, mais il vous fera passer un agréable petit moment de lecture au jardin ou au coin du feu (tout dépend de la saison).

Ce guide s’attache surtout à parler des méthodes d’investigations de Holmes durant l’époque victorienne (il ne fera donc pas de vous un parfait détective 2.0 de notre ère) mais vous apprendrez comment ouvrir un coffre-fort (pas ceux à claviers digitaux), déchiffrer des messages codés (celui des hommes dansants), analyser des empreintes, vous déguiser, apprendrez à pratiquer des sports de combats.

Reprenant des extraits du canon, ce petit guide pourra se révéler idéal pour une personne qui viens de lire pour la première fois l’entièreté du canon et qui voudrait apprendre quelques petits détails pertinents sur le détective, sur ses méthodes…

Vous apprendrez aussi ce qui est anti-canonique comme éléments (pipe calebasse, le élémentaire mon cher Watson et le deerstalker – on explique le pourquoi du comment ces objets sont devenus inhérent à sa personnalité), sur les sociétés secrètes (du temps des publications des aventures de Holmes, la mafia, on n’en parlait pas comme maintenant), sur les drogues en ventes libres et sur les fumeries d’opium qui n’étaient pas aussi trash que l’on a cherché à nous faire croire.

Ce n’est pas avec ce guide que l’on cassera trois pattes à un canard car il reprend essentiellement des extraits du canon holmésien, autrement dit, rien de neuf sous le soleil pour un holmésien, même pour un membre en bas de l’échelle.

« Le simple fait que vous teniez ce livre entre les mains permet de faire un certain nombre de déductions élémentaires vous concernant : que vous êtes intéressé par les crimes et les criminels ; que vous avez au moins quelques connaissances en matière de littérature ; et que, comme beaucoup d’autres, vous cherchez à mieux comprendre (et même à imiter) la capacité presque surnaturelle qu’a Holmes à reconstituer à partir des plus infimes des effets constatés les faits incroyablement précis qui les ont causés. »

L’auteur n’apporte rien de nouveau, il se contente d’analyser l’œuvre de Conan Doyle, son époque et son personnage emblématique.

Au moins, tout ce qui se trouve dans ces pages est correct, il n’y a pas de digressions folles comme certains auteurs l’ont déjà fait en mélangeant les éléments canoniques avec les théories en tout genre (sans jamais préciser ce qui était certifié A.OC et en faisant prendre des vessies pour des lanternes à un lecteur non initié).

Ce petit guide est parfait pour le collectionneur holmésien (même s’il n’apprendra pas grand-chose) et encore plus parfait pour le néophyte qui aimerait en savoir plus sur le détective et sa méthode d’investigation.

Ce guide est parfait aussi pour remettre les pendules à l’heure sur le détective qui savait rire (si, si), sourire, niquer la loi et qui mettra en lumière les objets qui ne lui appartenaient pas et qui sont devenus siens dans l’imaginaire collectif.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°291], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°44] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Classiques illustrés – Tome 10 – Les grandes aventures de Sherlock Holmes : Nick Tall et Nestor Redondo

Titre : Classiques illustrés – Tome 10 – Les grandes aventures de Sherlock Holmes

Scénariste : Nick Tall
Dessinateur : Nestor Redondo

Édition : Héritage (1977)

Résumé :
Les aventures illustrées de Sherlock Holmes d’après l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle : Le ruban moucheté.

Critique :
Ah, les vieux brols que l’on déniche au fin fond des stocks obscurs d’une échoppe encore plus obscure ! J’adore.

Un Sherlock Holmes en bédé, en noir et blanc et en plus, cerise sur le gâteau, c’est l’adaptation d’une de mes histoires préférées : Le ruban moucheté (The Adventure of the Speckled Band).

Les dessins de Holmes sont réussis, il est grand, mince, élégant, à la limite sexy. Watson ne fait pas vieux croulant comme on le voit trop souvent dans les adaptations.

Notre docteur semble être entre deux âges (45 ans) alors qu’en principe il devrait être au début de la trentaine puisque nous sommes en 1883 et qu’une estimation de sa date de naissance donne 1852.

Cette adaptation est fidèle à la nouvelle, rien à redire. Tous les détails importants s’y trouvent et les dialogues sont eux aussi dans l’esprit de la nouvelle (que je n’ai pas relue depuis longtemps mais dont je n’ai pas oublié les détails).

Mon seul hurlement digne d’un loup-garou se coinçant la queue dans une porte sera pour le fait que Holmes revienne du palais de Justice en portant un macfarlane et une deerstalker sur la tête !!!

Nom de Zeus, et moi qui me réjouissais que sa pipe soit droite, voilà que les dessinateurs retombent dans leurs vieux travers de foutre cet accoutrement campagnard à Holmes en pleine ville !

Après avoir résolu le mystère de la bande mouchetée durant la moitié de l’album, l’aventure suivante du celle du mystère de Boscombe Valley. Une enquête sordide dans la campagne où un jeune homme est accusé d’avoir assassiné son père.

Les cases sont assez épurées en ce qui concerne les décors, le dessinateur a juste ajouté ce qu’il fallait et rien de plus. Les phylactères prennent assez bien de place dans les cases, ne laissant plus de place pour des détails de décors.

Cette aventure se déroulerait en 1888 (mais personne n’est sûr de la date) et notre Watson est marié (Le signe des quatre se déroule en 1888 aussi), par contre, il paraît beaucoup plus vieux alors que 5 ans sépare les deux affaires traitées dans cette adaptation. Bizarre. Lestrade sera de la partie aussi.

Ces adaptations devaient être faite pour un public jeune puisque certains mots tels que coroner, livre sterling, enquête ou manoir sont définis en bas de page. Bedetheque vous donnera la liste de tous les Classiques illustrés (Éditions Héritage) édités.

Pour une collectionneuse telle que moi, cette bédé devait faire partie de ma collection.

Ces adaptations des enquêtes de Holmes sont fidèles aux originales et c’était plaisant de les relire sous forme de bédé, avec un Holmes conforme au canon : grand, mince, élancé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°288], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°41], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 58 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°66], et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Le secret de Sherlock Holmes : Christophe Guillon et Christian Chevalier

Titre : Le secret de Sherlock Holmes

Auteurs : Christophe Guillon et Christian Chevalier
Édition : L’Harmattan (13/03/2020)

Résumé :
Londres 1881. Sherlock n’est pas encore le grand Holmes et le docteur Watson, médecin légiste, rentre tout juste d’Afghanistan.

Alors que ce dernier cherche un toit, l’inspecteur Lestrade fait appel à lui pour autopsier un cadavre découvert sur les bords de la Tamise.

L’enquête qui va suivre unira les destins de Sherlock Holmes et du docteur Watson et les fera entrer dans la légende.

Critique :
Si lire du théâtre n’est pas mon fort, je ne pouvais pas me priver de lire la mise en roman de cette pièce de Sherlock Holmes.

Autant où j’ai du mal à lire des dialogues avec le nom du personnage devant, autant où ici ce fut d’une facilité déconcertante.

Les actions des divers protagonistes (6) étaient bien expliquées et j’ai aimé la manière dont les auteurs ont mis en scène une scène dans le final, avec Watson qui raconte et les acteurs qui suivaient son récit.

C’est une pièce qui parle de la rencontre entre Holmes et Watson, en changeant quelques petits détails et en y ajoutant la présence d’un Lestrade.

Nous avons une enquête qui reprendra une partie du canon holmésien, notamment la pierre de Mazarin, un nom connu (Stapleton) et un inspecteur Lestrade totalement crétin. Bref, c’est une lecture fort légère.

Attention, pas légère dans le sens « peu consistante, insuffisante » (à la Harlequin) mais dans le sens que les réparties sont bourrées d’humour, de doubles sens, de jeux de mots et que le public a dû bien rire vu que moi, seule dans mon divan, j’ai gloussé très souvent.

Je soulèverai tout de même quelques incohérences : lors de leur rencontre, en 1881, nos deux hommes sont jeunes, même pas la trentaine, hors, dans cette pièce, ils sont bien plus âgés et d’après mes calculs fait à partir du « secret » de Holmes, je dirais même que si nous sommes face à un Holmes de moins de 50 ans, il ne peut logiquement pas avoir moins de 40 ans dans ce récit, ce qui à l’opposé total du canon holmésien.

Je peux comprendre que pour les besoins du scénario, Holmes ne soit plus un jeunet, mais une autre chose m’a faite tiquer : Watson qui panique quand la jeune fille se blesse, hurlant que si son père était hémophile, elle doit tout de suite faire quelques chose…

Hors je sais une chose (et Internet me l’a confirmé), c’est que l’hémophilie est très très rare chez les femmes. Elle atteint les hommes (les jeunes garçons d’abord) par le biais de leur mère qui leur transmet la maladie. Le fils du Tsar Nicolas II en était atteint et cette saloperie venait de la reine Victoria qui l’a transmise aux familles royales d’Espagne, d’Allemagne et de Russie !

Anybref, que le docteur Watson panique ainsi alors que l’on sait que les femmes en sont rarement atteinte, ça me semblait un peu disproportionné… Par contre, point de vue scénaristique, cela était nécessaire de prendre des libertés avec la médecine et cette saloperie.

Mon seul autre bémol sera pour le fait que cette adaptation de pièce de théâtre soit trop court ! Un peu plus n’aurait pas été pour me déplaire tant j’étais bien dans cette atmosphère d’humour et de cabotinage où seul le lecteur arrive à déduire le secret de Holmes alors que Watson ne capte rien du tout, malgré les indices…

En tout cas, je suis contente d’avoir réussi à mettre la main sur ce court roman jubilatoire et si d’aventures (en aventures, vas-y, chante !!) cette pièce est jouée en Belgique, je prendrai des places, assurément !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°273], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°23] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les irréguliers de Baker Street [SÉRIES] – Saison 1 (2020) – Par Dame Ida, envoyée spéciale victorienne

Synopsis :
Bienvenue dans le Londres du XIXe siècle, où les Irréguliers, un gang de jeunes marginaux, élucident des crimes surnaturels pour le compte du Dr Watson et de son mystérieux associé, Sherlock Holmes.

L’avis de Dame Ida : Bon… Ces irréguliers là n’ont rien à voir avec les 4 tout en s’en inspirant… Mais s’ils sont 4 c’est deux filles et deux garçons…. Dont une asiatique et un black.

On est bien dans cette manie actuelle de la parité et l’inclusivité des personnes racisées. Comme dans les Chroniques de Bridgerton où on te collait des zaristos racisés alors que ça ne correspond pas à la réalité de l’époque. Certes dans l’Est End, on pouvait avoir des personnes « non blanches »…

Mais… Tout de même… cette relecture de plus en plus fréquente de la représentation raciale qui altère la réalité historique m’irrite profondément. Je suis contre le racisme, et contre la faim dans le monde comme Miss France…

Mais pas trop d’accord pour qu’on nous fasse croire que les personnes racisées avaient tel ou tel statut qu’elles n’avaient certainement pas dans la réalité de l’époque de référence.

Je ne cautionne pas l’esclavagisme et la ségrégation, et aucune discrimination mais je ne cautionne pas non une réécriture faussée de l’histoire qui justement les efface sous prétexte d’égalitarisme et de visibilité des minorités.

Car en effaçant les réalités douloureuses de l’histoire, on efface aussi la réalité des souffrances que ces horreurs ont causé. Si on continue comme ça on va finir par voir des chevaliers musulmans autour de la table ronde et des juifs dans l’armée nazie !

N’oublions pas le rôle de la télévision et du cinéma sur l’éducation des foules. Beaucoup de jeunes qui n’écoutent que distraitement leurs cours d’histoire-géo et s’empressent de les oublier après le contrôle… découvrent l’histoire à travers ce que les films et les séries en présentent.

Ces films « en costumes », situées dans une époque clairement datée de l’histoire mais présentant un tissu social qui n’avait rien à voir avec celui de l’époque en question contribue à une opération de désinformation de la population et à entretenir celle-ci dans une méconnaissance de son histoire.

Or, comme disait l’autre (qui n’était pas psychanalyste mais un psychanalyste n’aurait pas dit mieux!)… Ignorer son histoire nous expose au risque de la répéter. Et nous présenter une histoire qui occulte les clivages raciaux et sociaux du passé au nom de la volonté louable d’offrir une visibilité des minorités, ne peut qu’entraîner une confusion dans les esprits des personnes les moins favorisées dans leur capacités à accéder aux réalités de la culture et de l’histoire.

Même Watson est black ou au moins métis!!! Je n’aurais rien eu contre si ça avait été dans une adaptation du XXe ou XXIe siècle… Mais pas pendant l’ère victorienne où les femmes des meilleurs milieux ne pouvaient même pas entrer à l’université.

Croyez vous qu’il y aurait eu des personnes de couleur assez riches pour faire des études à cette époque, et qu’on les ait autorisées à entrer à Oxford ou Cambridge dans une société de classe aux frontières hermétiques ???

Passons sur Mrs Hudson qui, ici, n’est pas la sympathique proprio du 221B mais une marchande de sommeil qui possède carrément tout le quartier et n’hésiterait pas à expulser ses mauvais payeurs.

Et évidemment, cerise sur le pompon, Baker Street  (à l’ouest de Londres et pas si loin que ça de Buckingham) est à un jet de pierre de la cathédrale St Paul et des fenêtres du 221B on voit les bouges ressemblant à ceux de l’est end !

Et à 38mn du début on a aperçu juste les pieds d’un Holmes allongé sur un divan avec bien évidemment une pipe à opium à ses pieds… Watson et Holmes (qui reste invisible) surpris en pleine scène de ménage (je vois gros comme une maison qu’au fil de la série on va jouer avec l’ambiguïté et laisser entendre qu’ils sont amants)…

Et une altesse royale, fils de la Victoria fait le mur pour aller copiner avec une fille de la bande… Ben voyons ! C’est vrai que les crasseuses en guenilles (et en pantalon !!! des filles en pantalons qui ne cachent pas leurs cheveux… normal à l’époque) c’est tout ce qu’il faut pour séduire un prince pressé de s’encanailler !

Bref, les puristes en seront pour leurs frais. Et c’est dommage parce que c’est pas si mal au niveau de l’histoire qui inclut des éléments fantastiques. ça aurait pu le faire.

Cette série aurait pu se trouver son propre style.. si elle n’avait pas accumulé tant de travers.

Bref cette série peut se regarder avec plaisir si on n’a pas lu les 4 de Baker Street… Et si on ne connaît rien à la géographie londonienne… si on ne tient pas trop au respect du canon notamment concernant les personnages de Holmes, Watson et Mrs Hudson !!!

Et si on n’est pas allergique avec la mode sévissant actuellement dans les séries consistant à nier les réalités historiques des clivages raciaux et sociaux de l’époque où l’on situe l’action pour sacrifier à une volonté de visibilité des minorités racisées, certes compréhensible mais historiquement trompeuse.

Ne négligeons pas l’impact des fictions grand public sur la culture générale des masses qu’on peut ici plonger dans la confusion sous prétexte de les rendre plus tolérantes et ouvertes aux diversités.

Dénoncer les clivages en démontrant leur cruauté et leur arbitraire me semblerait tout aussi efficace et plus proche de la réalité.

Ce sont évidemment là des conditions que je ne remplis pas et j’avoue que ça pèse lourdement dans mon appréciation alors que la série a pourtant de bons côtés et ses points d’originalité qui permet de ne pas trop y voir un plagiat de notre bédé préférée.

PS : Cannibal Lecteur est un peu moins chaude pour regarder cette série qui n’est historiquement pas réaliste. L’élément fantastique ne me dérange pas, mais restons dans les réalités historiques au moins…

Ce que la presse en pense : pas que du bien…

Un journaliste du Hollywood Reporter qualifie de “création calibrée pour l’algorithme Netflix : une série apparemment produite ou acquise non pas tant parce qu’elle est fondée sur un concept fort, mais parce qu’à l’évidence on peut la faire entrer dans toutes les catégories de la plateforme”. (Le courrier International)

Une série en huit longs chapitres, plongeant dans un Londres victorien fantasmé grâce à des intrigues fantastiques aussi nombreuses que bancales.

À part son nom très évocateur, repris effrontément au canon holmésien, certainement dans l’unique but d’attirer quelques clics rémunérateurs, il n’y a que de maigres points d’accroche qui rapprochent réellement les enquêtes des Irréguliers de Baker Street à celle de Sherlock et de son cher Watson.

En fait, outre les noms de deux fameux lurons enquêteurs, de Mycroft (évacué de l’intrigue aussi rapidement qu’il y avait été intégré) et du 221 B Baker Street, il ne reste à peu près rien de l’œuvre bien connue d’Arthur Conan Doyle.

De la vivacité d’esprit agaçante du célèbre détective, ne subsiste plus qu’un esprit fumeux, endormi par les vapeurs des drogues ingurgitées à longueur de journée pour oublier son amour perdu, disparu dans un portail interdimensionel lors d’une enquête foireuse, son auto-flagellation légendaire née d’avoir abandonné ses filles (adoptive et naturelle), ainsi qu’une queue de cheval, dans les flashbacks, une tête rasée et quelques tatouages dignes des meilleurs punks à chien.

Après moult teasing étouffe-chrétien, on en viendrait presque à regretter les premiers épisodes, certes dénués de Sherlock, mais n’abîmant pas son image au point d’en faire ce chien rampant sans cervelle. […]

Le résultat, ce sont malheureusement des dialogues d’une pauvreté à pleureur, des interactions et physiques entre les personnages incompréhensibles de fausseté et des interprétations qui ne font pas dans la demi-mesure. Difficile de ne pas décrocher de la série dans ces conditions.

Les Irréguliers de Baker Street est un pur produit Netflix : une série qui manque de logique, de vision, d’originalité et de talent, qui met à mal un des personnages les plus connus de la pop culture et qui restera en mémoire pour la laideur de certains choix. (Écran Large)

Les Quatre de Baker Street – Tome 09 – Le Dresseur de Canaris : Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand et David Etien

Titre : Les Quatre de Baker Street – Tome 09 – Le Dresseur de Canaris

Scénariste : Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand
Dessinateur : David Etien

Édition : Vents d’Ouest (17/03/2021) 

Résumé : Dangers, mystères et émotions! Londres, 1895. Alors que Charlie s’apprête à faire ses débuts sur la scène du Merry Minstrel, sa grande amie la chanteuse Polly Perkins est victime d’une terrible agression qui la laisse dans le coma…

Ce drame survient suite à une violente altercation entre l’artiste et Edgar Wilson, célèbre impresario de l’East End, alias le « dresseur de canaris ».

Persuadée que ce douteux personnage est responsable de la tentative d’assassinat, Charlie décide d’infiltrer sa troupe de music-hall. Il lui faudra toute l’aide de ses amis, le fin limier Billy et le casse-cou Black Tom (sans oublier le chat Watson!), pour élucider cette ténébreuse affaire… Incontournable série jeunesse, le neuvième tome des Quatre de Baker Street plonge dans une nouvelle aventure en plein cœur du show-business londonien.

Un récit toujours aussi juste qui trouve son équilibre entre la fraîcheur de dialogues ciselés, une intrigue fascinante, un rythme implacable et une atmosphère pleine de tension.

Screenshot_2021-03-18 le dresseur de canaris bedethèque – Recherche GoogleCritique :

Chouette, voici le retour de mes francs-tireurs préférés de Baker Street pour une nouvelle enquête pleine de péripéties et de danger dans les ruelles sordides de l’East End.

On retrouve notre trio dans le cabaret Minstrel où Charlie pousse la chansonnette. Tout semble aller bien, il tombe déjà des cordes dehors, Charlotte ne pourrait donc faire pire.

Mais le danger ne viendra pas de son bel organe mais de Edgar Wilson, producteur de show-biz qui a une gueule qui n’inspire pas confiance.

Nos jeunes vont devoir mener l’enquête quasi seuls puisque Holmes résout un problème au Vatican. Mais nos jeunes amis sont débrouillards, depuis les années qu’ils bossent pour Holmes, ils savent ce qu’ils doivent faire et comment espionner le producteur pourri qui se targue de dresser les canaris, autrement dit, les chanteuses.

De l’action, de l’amitié, du suspense, du mystère, une enquête et du danger, voilà ce que nous avons au menu de ce 9ème album, qui, comme les précédents, est de très bonne facture, autant par ses dessins que par son scénario qui ne laisse pas vraiment une minute de repos, sans pour autant cavaler dans tous les sens.

Les auteurs maîtrisent leur série et leurs personnages et c’est toujours un plaisir de fin gourmet que de les retrouver tous les 4, le chat Watson ayant toujours son rôle à jouer. Même Holmes jouera un petit rôle à la fin…

Les décors de l’East End sont toujours soignés, les moeurs aussi, même si les auteurs restent sobres. Malgré le fait que nous soyons dans une bédé jeunesse, ils ne prennent pas leurs lecteurs pour des crétins et ne cachent pas la misère sociale qui régnait dans ces quartiers à l’époque.

Les adultes peuvent aussi lire cette saga sans soucis car elle est pour les lecteurs de 7 à 77 ans, sans aucun soucis.

Si vous n’avez pas encore découvert cette super série, il est toujours temps de régler cette erreur et d’aller les acheter chez votre dealer de livres le plus proche parce que la littérature, quelle qu’elle soit, est indispensable pour moi (et pour tout ceux qui aiment lire).

PS : Pour une fois, je ne suis pas en retard sur la sortie et s’il m’a fallu du temps pour rédiger ma chronique, c’est à cause de ces enfoirés de lutins de Word Press qui m’obligent à passer à une nouvelle méthode d’édition de chroniques qui est soi-disant plus rapide que l’ancienne, mais entre nous, c’est mon cul et je mets un temps de fou à faire une bête chronique.

Je n’ai plus accès à la partie HTML comme avant, qui me permettait de mettre en page mes chroniques comme je le désirais (et celle de Dame Ida aussi). J’étais maître à bord et tout se déroulait super.

Maintenant, quand je lui demande du HTML, môssieur WP me signale qu’il n’arrive pas à récupérer le bloc, l’enculé de sa race ! Oui, je suis en colère, avec leurs changements à la con, j’en suis arrivée en deux jours à craindre le moment où je vais devoir monter mon article car c’est la prise de tête garantie maintenant !

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°221B], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°07] et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages.

Sherlock Holmes et le mystère des reliques de Saint-Martin de Tours : Jean-Noël Delétang

Titre : Sherlock Holmes et le mystère des reliques de Saint-Martin de Tours

Auteur : Jean-Noël Delétang
Édition : La geste (01/10/2020)

Résumé :
Savez-vous que Sherlock Holmes a séjourné en Touraine en 1902, accompagnant son fidèle ami le docteur Watson venu régler une question d’héritage ?

Le plus célèbre des enquêteurs se retrouve mêlé bien malgré lui à une enquête face au commissaire Courtel…

Trafic de reliques, mort suspecte du sacristain de Saint-Martin sur le chantier de la nouvelle basilique, fin tragique de Fritz l’éléphant…

Que de faits étranges et sombres qui vont mettre à rude épreuve les talents de Holmes !

Substituant pour l’occasion le vouvray au whisky et la PJ à Scotland Yard, l’auteur nous entraîne à Tours, au début du XXe siècle et rend hommage, avec ce pastiche, au prodigieux créateur que fut Sir Arthur Conan Doyle.

Critique :
Tout le monde l’a chanté sur tous les toits et sur tous les tons : à mort les 4ème de couverture qui résument tout un livre, qui déflorent l’affaire, qui sont trop bavards, qui en disent trop (les pires ceux qui promettent trop, mais ici, ce n’est pas le cas)…

Merde alors, où est le plaisir de découvrir les faits si on nous dit tout dès le départ ?

Oui, je sais, on ne devrait pas les lire avant de commencer le roman, mais bon, j’aime quand même savoir, avant d’acheter un livre, s’il va m’intéresser.

Le gros de l’affaire était défloré, je commence ma lecture avant de piler net devant un truc qui m’a fait penser que l’abus du café portait à conséquence sur la lecture : Watson, arrivant au 221b, dis, en entrant « C’est moi, Charles ! ».

CHARLES ????? Bordel de nom d’une pipe, pourquoi lui changer son prénom ? Son père littéraire lui a donné celui de John, même si sa femme, un jour, le prénomma James (Conan Doyle avait envie de donner matière à réflexion aux futurs holmésiens). Pourquoi en faire un Charles tout au long du roman ????

Un pastiche, c’est raconter une histoire à la manière de, mais de là à changer le prénom alors que notre docteur ne doit pas faire une infiltration de gang, je n’en vois pas la raison.

Plus loin, j’ai frôlé l’apoplexie avec nos deux amis qui s’interpellent par leurs prénoms… Et viens-y que je te donne du Sherlock et du… Charles (argh). Pardon, je ne m’y fait pas du tout à ce nouveau prénom !

Nous sommes en 1902, les Anglais ont peut-être décoincé le balai brosse mais nos deux personnages sont des vieux de vieille, pas des djeun’s de 20 ans et c’est limite de l’hérésie de les faire utiliser leurs prénoms au lieu des traditionnels Holmes ou Watson. Sous coup d’une émotion forte, je dirais « ok », mais là, non !

Watson a de la famille en France, bon, c’est nouveau, mais dans un pastiche, on peut ajouter des faits, des choses… Là, je ne dis rien. Que Watson connaisse le français parce qu’il a passé ses vacances à Tours, pas de soucis.

Là où le bât blesse à mort, c’est quand Holmes nous apprend que pour le français, il n’a que le niveau scolaire et que Watson va devoir l’aider… ARGH ! Et sa grand-mère française, elle pue ? Watson a toujours dit que le français de Holmes était excellent et le voici qui perd sa langue…

Ce roman policier, c’est Top Chef à Tours ! Que le commissaire Montalbano nous fasse profiter de la gastronomie sicilienne, c’est habituel, mais que dans une aventure de Holmes, on ait droit à la description des petits-dej, des dîners, des soupers (oui, je le dis à la Belge) et que pendant son enquête, Holmes pense à manger et à avoir un bon coup de fourchette, ça passe plus difficilement.

Si on ne devait garder que les pages de l’enquête, il ne nous resterait que la taille d’une nouvelle holmésienne. Mais bon, ce n’est pas avec cette enquête qu’il va se fouler les cellules grises. Même le lecteur sait déjà quels trafics se passent dans la ville de Tours et si Holmes a lu le 4ème de couverture…

Autre bizarrerie dans ce roman, c’est qu’en 1902, madame Watson soit toujours vivante alors que dans le canon holmésien, on ne parle plus d’elle après le hiatus de Holmes (1891-1894). De l’avis général, madame Watson est morte entre 1891 et 1894. Bon, c’est un choix de l’auteur, il me dérange moins que les autres, mais doit être souligné.

Mais le pire, dans ce roman, c’est que l’on se retrouve avec un Sherlock Holmes sympathique au possible ! Nous sommes loin du détective qui pouvait être imbuvable dans le canon holmésien, ou même dans la série de la BBC, même celle de la Granada. Eux ont respecté le personnage et son caractère bien à lui.

C’est un Holmes sans relief que j’ai suivi, fadasse, sans épices. Il est le reflet de ce que l’auteur a voulu faire, de tel qu’il l’imagine dans sa tête (et c’est son droit), mais le présenter de la sorte, c’est un parti pris énorme et qui ne paye pas car si le plat présenté est inhabituel, il est aussi sans saveur et trop doux pour le palais des fans du détective. Ça manquait de goût !

Son Sherlock Holmes n’est pas celui que j’apprécie depuis plus de 30 ans, qui m’a fait découvrir mon premier vrai roman policier (autre que Le Club des Cinq). Si Conan Doyla l’avait présenté ainsi, pas sûr qu’il aurait du succès.

Ici, nous sommes face à une sorte de commissaire Montalbano anglais, buvant (avec modération) et faisant bonne chère à tous les repas, bref, c’est un costume qui ne lui sied guère car il lui manque la verve du sicilien et son caractère un peu rêche.

Lisez ce roman comme un mémoire à la gastronomie tourangelle, à son architecture, à son Histoire, mais pas comme un pastiche holmésien, ni même comme une enquête qui va vous décoiffer !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°205] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°31].