Moi, Sherlock Holmes : William S. Baring-Gould

Titre : Moi, Sherlock Holmes

Auteur : William S. Baring-Gould
Édition : Encrage Éditions / Buchet-Chastel

Résumé :
Des milliers de lecteurs connaissent Sherlock Holmes par les ouvrages du Docteru Watson, mais ce n’est qu’aujourd’hui, Holmes étant mort, que sa biographie peut être révélée.

Ce volume livre pour la première fois, tous les faits, tous les actes qui peuvent être authentifiés, de la vie d’un des hommes les plus extraordinaires de ce siècle.

Il révèle beaucoup plus que ce que l’on savait jusqu’ici.

Après 20 ans de recherches, l’auteur a écrit un livre définitif, où l’on trouve aussi bien l’histoire de sa lutte dont l’infâme professeur Moriarty, ses dangereux contacts avec Jack L’Étrangleur, son amour pour Irene Adler, le mystère de son fils, l’histoire de sa retraite et les circonstances de sa mort.

Critique :
Voici le genre d’étude consacrée à la vie et  à la carrière de Sherlock Holmes réservée exclusivement aux malades, aux fans, aux dingues, aux mordus du détective de Baker Street.

En effet, cette biographie de Sherlock Holmes est à réserver pour les fins connaisseurs du canon holmésien et exclusivement pour eux !

N’allez pas croire que je sois devenue une égoïste pur jus, mais, premièrement, nous sommes face à une édition qui est devenue très rare dû au fait qu’une partie du stock de l’éditeur Buchet-Chastel ait brûlé, et vous savez que ce qui est rare est cher…

La même version éditée chez Encrage ne se trouve pas partout, faut fouiner dans les bouquineries dévouées au genre policier…

Ça, ce n’était que la raison la moins grave pour laquelle je déconseille aux gens de l’acheter ! La seconde raison est, à mon sens, la plus importante et la plus grave…

Là où c’est le pire, c’est que sur cette étude, il faudrait ajouter un bandeau-titre sur la couverture, avec, noté dessus en gras et en rouge « ATTENTION – Ceci n’est en aucun cas une biographie de référence sur Sherlock Holmes » comme pourrait vous le laisser croire le 4ème de couverture ».

Baring-Gould connait son canon holmésien, il a, sans aucun doute, d’excellentes références sur Sherlock Holmes, il l’a étudié en long et en large (et en travers)…

Mais dans cette « biographie » de mes couilles (et je ne m’excuserai pas sur le fait que je ne possède pas de couilles) l’auteur mélange tout, sans distinction : les faits attestés (canoniques), les hypothèses plus ou moins plausibles, sans parler des trucs les plus farfelus péchés ailleurs que dans les écrits de Conan Doyle (généralement dans la multitude de pastiche consacrés à Holmes).

Et quand il y a des blancs, des trous, des non-dits, c’est pas grave, l’auteur bouche les trous, invente des faits, des noms, des écoles fréquentées par Holmes, jouant avec le canon et les hypothèses non avérées qu’il balance comme véridiques et canoniques.

Alors, s’il faut déjà bien tout à l’holmésien du dimanche pour démêler le vrai du faux, un néophyte qui lirait cet ouvrage, se retrouverait avec des connaissances faussées dès le départ.

La faute aussi au 4ème de couverture qui ne nous prévient pas de ce mélange entre la réalité canonique et la fiction, et vous, pauvre lecteur, sans vous douter de la moindre vilénie, vous serez tout content d’apprendre les noms des parents de Sherlock, le nom de son autre frère, l’endroit où il fit ses études…

Bref, TOUT ce qui chez les holmésiens est sujet à suppositions, supputations, déductions (jamais certaines) ou discussions sans fin, se retrouvent, ici, écrit comme si c’était parole d’évangile…

Le lecteur non-averti qui, durant sa lecture, n’aurait pas les récits canoniques sous la main pour vérifier les dires, penserait avoir devant lui la carrière officielle de Sherlock Holmes à partir des écrits de Conan Doyle alors qu’on y mêle, à foison, des éléments non-canoniques, sans vous prévenir que telle ou telle chose provient en fait d’hypothèses hypothétiques, de déductions, mais dont on ne saura jamais le fin fond.

Le danger étant, qu’à la fin, sur le long terme, on considère ce qui est dans cette fausse biographie comme véritable et non pas comme des inventions de l’esprit d’un auteur qui a voulu faire passer toutes les études holmésiennes comme faisant partie de la réalité canonique.

Ce problème est devenu réalité puisque certaines de ces inventions de l’esprit ont fini par être considérées comme appartenant réellement au canon et on les retrouve, noires sur blanc, dans de nombreux pastiches ou études holmésiennes, avec, en prime, leur source notée dans la biographie (Moi, Sherlock Holmes de Baring-Gould). Bravo ! (ironie)

Anybref, vu le prix de l’ouvrage qui est rare, vu que l’on est face à une fausse biographie, vu que le néophyte ne saura pas trier le bon grain de l’ivraie, et vu qu’on remplit des pages et des pages avec des véritables extraits canoniques, je n’ai qu’un mot à vous dire…

PASSEZ VOTRE CHEMIN !!!

Sauf si, comme moi, vous être collectionneuse dans l’âme et à l’affut du moindre ouvrage consacré à votre détective préféré ou si, comme moi aussi, vous voulez juste informer les pauvres lecteurs/lectrices innocents qui seraient prêt à tomber dans les filets racoleurs de cet ouvrage.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sherlock Holmes – Tome 4 – Le Défi d’Irene Adler : Ced [La BD dont vous êtes le héros]

Titre : Sherlock Holmes – Tome 4 – Le Défi d’Irene Adler

Auteur : Ced
Édition : Makaka (02/12/2016)

Résumé :
Irène Adler ouvrant sa propre agence de détective, à Londres… Sherlock Holmes demeure flegmatique en apprenant la nouvelle, mais ne devrait-il pas prendre cette concurrence au sérieux ? Il le saura bientôt, car un meurtre et un enlèvement viennent de se produire.

Entrez dans la peau de Holmes ou d’Adler et résolvez ces enquêtes.

Jouez seul ou lancez un défi à un autre lecteur et tentez d’être le meilleur détective !

Critique :
Déjà le 4ème tome pour cette collection où vous résolvez des enquêtes comme le célèbre détective de Baker Street !

Dans les tomes 1 et 2, vous pouviez être soit Holmes, soit Watson ; dans le 3ème, vous aviez aussi la possibilité d’incarner Moriarty en plus des autres et maintenant, j’avais le choix entre Irene ou Holmes.

J’ai choisi Irene.

Véritable jeu d’observation, cette bédé ne vous demande qu’une feuille de papier et un crayon afin de noter les indices récoltés ou, dans ce cas-ci, les cartes de visite d’Irene Adler qui font monter vos points en fin de volume.

Que le match commence !

Le livre débute avec une touche d’humour lorsqu’Irene annonce à Holmes, au 221b, qu’elle va devenir Détective Consultante comme lui… Un crime vient d’arriver, Lestrade a besoin de Holmes qui se rend sur les lieux avec la belle Irene.

Suivez les chiffres indiqués, il est impossible de vous perdre dans le récit, notez et observez bien chaque détails, car le diable se dissimule dedans, c’est bien connu !

Ayez l’oeil, et le bon, car il y a parfois des petits chiffres dissimulés dans des cases et qui vous fournirons des indices importants.

Avec vos petites cellules grises, vous résoudrez quelques messages codés, en plus, qui vous mèneront à des cases bonus, vous permettant d’engranger des points et de battre votre adversaire, puisque vous pouvez jouer à deux, l’un entrant dans la peau de Holmes et l’autre dans celle d’Irene.

Les dessins sont drôles, je les apprécie toujours autant et le mélange des cases ne vous permet pas de découvrir la solution avant, ou alors, si vous y arrivez, ce sera à l’insu de votre plein gré !

Mais je déconseille tout de même de le faire, c’est tellement plus gai de trouver sois-même la solution de l’enquête, quitte à faire des erreurs.

Si dans les premiers tomes, je faisais des fautes et que je ne résolvais pas les trois points de l’enquête, ici, j’ai fait un sans faute avec les noms des coupables, le mobile et l’arme du crime, bien que j’ai séché sur l’endroit où était détenu Watson, dans la seconde enquête, car c’était vache (mais bien trouvé).

Alors, envie de vous frotter au grand détective ?

Mais non, pas sexuellement, bande de sauvages ! Je parlais de vous mesurer à son intelligence et à sa science de la déduction…

Vous pouvez même être LUI durant quelques heures, ou mieux, être ELLE, THE WOMAN… Ou l’un et puis l’autre et ainsi découvrir les pensées du grand homme à l’idée d’avoir Irene pour concurrente.

— Je constate d’ailleurs que votre carte de visite mentionne votre nom de jeune fille.
— Ce n’est que mon nom professionnel, je suis toujours mariée. Ne vous faites pas d’illusions !
— Je ne m’en faisais aucune !
— Mmm… Tiens, vous avez toujours mon portrait ?
— Simple souvenir, au même titre que toutes les autres vieilleries de cette pièce.

— Holmes, vous voilà enfin !
— Lestrade.
— Mais qui ? (en voyant Irene Adler descendre du fiacre derrière Holmes)
— Irene Adler, détective concultante.
— … Parce que vous êtes deux, maintenant ? Je rêve où votre Docteur Watson a bien changé ?
— Le topo, Lestrade.

Je viens encore de passer des bons moments en découvrant ces deux enquêtes et vu que je perds la mémoire, je peux aisément reprendre les premiers tomes et m’amuser de nouveau avec eux, en changeant de personnages à l’envi.

Les plaisirs sont infinis, avec cette collection !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

18. Sherlock Holmes : L’Homme à la Lèvre Tordue – The Man with the Twisted Lip

SAISON 2 – [Le retour de Sherlock Holmes] – ÉPISODE 5

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : Patrick Lau
  • Scénariste : Alan Plater
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 18ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 13 août 1986 – ITV Network (18ème épisode diffusé); États-Unis : 5 mars 1987 – WGHB; France : 23 avril 1989 – FR3 (18ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 35 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    Eleanor David … Mrs. St Clair
    Clive Francis … Neville St Clair
    Denis Lill … Inspector Bradstreet
    Patricia Garwood … Kate Whitney
    Terence Longdon … Isa Whitney
    Rosalie Williams … Mrs. Hudson
    Albert Moses … Lascar

Le Pitch ?
À intervalles réguliers, Holmes disparaît sans prévenir. Cette fois, Watson n’apprécie pas car il l’attend vainement. Il accepte alors d’aider son amie Kate, en allant chercher son mari, fumeur d’opium invétéré, au Bar de l’Or, Upper Swandam Lane.

Sur place, il est agrippé par un vieillard repoussant qui s’avère être… Holmes méconnaissable. Le détective enquête incognito sur la mystérieuse disparition de Neville Saint Clair, un journaliste qui travaille dans la City et dont seuls les vêtements ont été retrouvés dans la Tamise.

Or sa femme l’avait entrevu à la fenêtre d’une taverne d’un quartier populaire, victime apparemment d’une agression.

Mme Saint Clair revient sur les lieux, escortée par la police qui arrête un mendiant à la lèvre tordue, du nom de Boone, si répugnant mais si habile à la répartie qu’il gagne beaucoup d’argent.

Holmes reste très pessimiste sur le sort de Neville, mais sa femme est persuadée qu’il n’est pas mort, car elle vient de recevoir un mot écrit de sa main.

Intro : Un homme fait la manche, il est sale, mal en point, récite du Shakespeare et les élégants monsieur de la City lui remplissent sa sébile.

Les affaires marchent plutôt bien pour le mendiant Boone…

Pendant que les pièces tintent pour Boone, un homme élégant se dirige vers une ruelle assez mal famée.

Du côté du 221b, Watson est de mauvais poil car il devait dîner avec Holmes et ce dernier est parti avec une cliente.

S’asseyant devant le feu et pensant passer une soirée à lire le journal devant le feu, le brave docteur est dérangé par l’arrivée d’une dame, on le voit râler, puis changer de tête en tombant nez à nez avec une connaissance.

Allez hop, puisqu’on m’a signalé le mois dernier que je faisais dans le glauque du bush australien, dans les bas fonds des États-Unis ainsi que les poubelles de l’histoire d’Argentine, je vais donc me pencher un peu sur le « garbage » de la bonne société victorienne !

Pas de ma faute si cet épisode se penche un peu sur l’envers du décor de Londres à l’époque de sa reine Victoria et que l’on quitte quelque peu les beaux salons londoniens où les nobles et les riches boivent leur thé avec le petit doigt en l’air et la cuillère en argent posée délicatement sur la sous-tasse…

ENFIN, Sir Arthur Conan Doyle va envoyer son détective dans les bas-fonds londoniens et nous balader dans quartiers miséreux et mal famés de l’East End, là où Jack a fait son Ripper…

Anybref, là où c’est glauque à souhait et où on aura envie de se laver les main après avoir vu l’épisode ! Ou de se gratter si on pense qu’il pouvait y avoir des petites bêbêtes dans les vêtements de Boone.

Encore un épisode que j’adore, non seulement parce que l’on nous montre autre chose que des beaux salons et qu’on aperçoit Londres telle qu’on la voit peu souvent dans les aventures de Holmes.

[Il faut lire « Le peuple d’en bas » de Jack London]

Londres nous présente un visage à la Janus, avec, d’un côté, la bourgeoisie et les nobles, ceux qui pètent dans la soie et de l’autre, les miséreux qui vivent dans des taudis, dont Boone est le plus cruel exemple.

Dans ces ghettos où s’entassent hommes, femmes et enfants, il est dangereux de s’aventurer pour qui est étranger ou bien habillé. Mme St Clair en fera l’expérience.

Les images étranges de la caméra, les sons déformés lui font vivre un cauchemar éveillé, marchant au hasard, tiraillée et bousculée.

Le passage de la fumerie d’opium où Watson pénètre afin de récupérer le mari opiuman de son amie est assez glauque, on voit des hommes avachis comme des lavettes, la bave aux lèvres, les yeux dans le vague, et avec des places à louer dans leur tête.

Et puis, on sursaute lorsqu’une main agrippe Watson par le devant de son manteau et que l’on découvre  notre vieil ami à nous, Holmes.

— Vous croyez que j’avais ajouté l’opium à la liste de mes petites faiblesses ?

Si Holmes est en forme dans cet épisode et qu’il a de belles réparties, on dirait que Watson nous la joue femme délaissée, boudant toujours pour son dîner raté, et suivant Holmes un peu comme s’il subissait l’affaire, avec des pieds de plombs, ronchonnant plus tard sur le fait que Holmes ne l’a laissé dormir que 2 heures.

— Un vrai parangon de la vertu ! [Watson après que Holmes lui eut décrit le parfait monsieur Neville St Clair].
— Watson, cette pointe de scepticisme dans votre voix ne vous honore pas.

Il est un fait que vivre avec un type comme Holmes ne doit pas être de tout repos car lorsque ce dernier est sur une enquête, il ne s’intéresse plus à rien d’autre qu’à son affaire et les autres n’ont qu’à suivre le mouvement.

Holmes lui-même suivant le mouvement de madame St Clair qui a tout d’une femme remarquable et pas d’une pleurnicheuse, une femme de caractère, déjà qu’elle avait osé entrer dans Upper Swandam Lane, rue vachement mal famée !

D’ailleurs, Holmes mettra en garde Watson qui voulait se montrer galant et qu’elle ne lui cède pas sa place pour le souper léger :

— Watson, c’est une femme qui sait ce qu’elle veut, vous lui tenez tête à vos dépens.

Oui, Holmes mènera la danse durant tout l’épisode, nous laissant un Watson suivant le train, un peu en retrait, boudeur face  à un Holmes qui se moque de tout le reste, en ce compris des heures réglementaires de sommeil, sans compter que ce pauvre Watson a dû dormir dans une chambre enfumée puisque Holmes a fumé comme une cheminée pour tenter d’avoir l’illumination sur la disparition mystérieuse de Neville St Clair.

La scène qui suivra sera directement inspirée par un dessin de Sidney Paget qui avait dessiné Holmes méditant, la pipe en bouche, toute une partie de la nuit, les yeux clos, assis en position du lotus sur une pile de coussins, le tout filmé dans un halo de lumière quasi mystique.

Jeremy apprécia particulièrement de jouer Holmes en méditation car lui-même avait a été un adepte de la méditation toute sa vie. Voilà une autre facette qui les réunissait. Et la méditation, ça marche pour résoudre une affaire étrange de disparition !

La scène du réveil de Watson est drôle car Holmes, habillé de pied en cap, lui chatouille le pied qui dépasse du lit et lui balance un :  » Je vous ai réveillé pour vous demander si vous pourriez envisager la possibilité de vous lever ».

Watson demande l’heure (il est 6h du mat’), se plaint qu’il ne l’a laissé dormir que 2h et lui demandera si la vie de quelqu’un est en jeu.

La réponse est non, mais quand Watson demandera à Holmes s’il  ne peut pas aller vérifier sa théorie un peu plus tard, il lui sera répondu « Je vous attends en bas dans 5 minutes ».

Le silence de Watson sera éloquent, pourtant, Holmes n’hésitera pas à s’auto-flageller tout en menant de main de maître l’attelage à un cheval de sa cliente :

— Watson, vous êtres en compagnie d’un des plus grands idiots d’Europe. Je mériterais qu’on m’envoie d’ici à Charing Cross à coups de pieds !

Dans cet épisode rythmé qui nous montre une facette du Grand Londres peu reluisante, on nous fait voir aussi que le respect des convenances et de la bonne moralité sont primordiaux, sans oublier que la pression sociale étaient telles à l’époque que certains auraient préférés mourir ou rester en prison plutôt que de faire retomber sur sa famille la honte de leur activité de mendiant.

Oh les regards méprisants, désapprobateurs, de l’inspecteur Bradstreet et du brave docteur Watson devant Boone, quand ce dernier leur explique combien il gagne par année… et en sachant ce qu’ils savent sur son identité réelle !

Par contre, pas de jugement du côté de Holmes qui lui est heureux d’avoir résolu ce mystère insondable et qui est fasciné par cet homme qui a fait du théâtre et qui, comme  lui, savait se grimer et jouer un rôle.

Sans doute y voyait-il le reflet de son anticonformisme, de son art du déguisement, de son désir d’être libre, de ne dépendre de personne, de fuir la routine et les convenances pour vivre une aventure exceptionnelle.

Si Jeremy Brett avait, tout comme Holmes, un certain talent pour se déguiser et se rendre particulièrement laid et repoussant, on peut dire que l’acteur qui joue Boone a montré un égal talent, si pas mieux !

Un super épisode que je ne me lasse jamais de regarder ou de lire, même en sachant la solution de l’énigme, car c’était tellement bien trouvé !

De plus, on a quelques dialogues drôles et des réparties amusantes de Holmes envers Watson.

D’ailleurs, en arrivant à la prison où était détenu le mendiant Boone, l’inspecteur Bradstreet leur annonça, en se frottant les yeux, que le mendiant dormait encore et Watson de répliquer, des reproches dans la voix « À cette heure-ci, tout le monde dort encore ! ».

J’adore !

Pour ce coucher moins bête au soir :

  • L’intérieur de la fumerie d’opium a été reconstitué en studio à Manchester.
  • On assiste à un exemple typique du caractère holmésien, que l’on retrouve également au début du « Manoir de l’Abbaye ». L’actrice Patricia Garwood, qui joue Kate Whitney, l’amie de Watson, est la femme du scénariste Jeremy Paul.
  • Le côté shakespearien du personnage de Boone est souligné par la magnifique scène finale, ajout des scénaristes, où St Clair, jetant les vêtements de Boone au feu, récite un extrait de la tirade d’Horatio à la mort d’Hamlet.
  • Cet acte d’expiation par les flammes ressemble à un bûché funèbre. Il s’agit bien d’une partie intime de lui même que St Clair a sacrifiée.

Basil, détective privé – The Great Mouse Detective : Disney [1986]

Basil, détective privé (The Great Mouse Detective), ou Basil, le grand détective des souris au Québec, est le 33ème long-métrage d’animation et le 26ème « Classique d’animation » des studios Disney, sorti en 1986.

Il est inspiré de la série de romans Basil of Baker Street de Eve Titus et Paul Galdone parus entre 1958 et 1982, eux-mêmes basés sur le personnage de Sherlock Holmes créé par Sir Arthur Conan Doyle en 1887.

Synopsis :

Une nuit de l’année 1897, alors que l’inventeur Mr Flaversham célèbre l’anniversaire de sa fille Olivia, une horrible créature proche de la chauve-souris interrompt la fête et kidnappe l’inventeur.

Terrorisée, Olivia part chercher de l’aide auprès du célèbre détective Basil. Elle rencontre sur le chemin de Baker Street le Docteur David Q. Dawson, médecin militaire de retour d’Afghanistan.

Après avoir entendu son récit, Basil ne semble pas très intéressé jusqu’au moment où il comprend que l’auteur de l’enlèvement ne peut être que Fidget, la chauve-souris, stupide mais fidèle serviteur, du professeur Ratigan.

Ce dernier est un rat cruel et démoniaque, régnant sur les bas quartiers de Londres et qui n’a pour but que de renverser la Reine des Souris au Palais de Buckingham. Basil décide alors de mener l’enquête contre son ennemi de toujours pour sauver Mr Flaversham.

Ce que j’en ai pensé :
Honte à moi, nous étions en 2010 et je n’avais jamais vu ce classique de Disney alors que je suis une fan de Sherlock Holmes !

C’était Norah, avec qui je discutais via MP qui m’avait fait remarquer que c’était pas croyable que je ne l’ai jamais vu, alors qu’elle, bien plus jeune que moi, l’avais déjà vu 36 fois au moins.

À l’époque, j’avais mis ma culture holmésienne à jour et visionné le dessin animé et comme elle, je ne m’en lasse pas de le revoir.

Le Mois Anglais est une bonne excuse pour le revoir et en faire une chronique.

Je n’ai jamais compris comment j’avais pu louper ce dessin animé de Disney alors que ma grand-mère m’avait emmené voir le sombre « Taram et le chaudron magique »… Qui fut un bide chez Disney !

Je ne comprends pas comment ce classique qu’est Basil détective privé, est moins connu que certains navets genre Arielle…

Anybref, revenons à notre détective qui est une souris et qui a son trou au 221b Baker Street, chez un certain Sherlock Holmes, doublé par Basil Rathbone !

Comment est-ce possible, me direz-vous, sachant que l’acteur est décédé en 1967 !

Si l’acteur interprète, ici une fois de plus, le personnage qui l’a rendu célèbre – Sherlock Holmes – c’est grâce à d’un extrait sonore d’un de ses films. C’est aussi en son honneur que le héros du dessin animé se prénomme « Basil ».

On trouve également dans ce film de nombreuses références aux livres de Conan Doyle : le chien Toby (Le Signe des Quatre), le violon, le buste de Holmes sur une étagère (La Maison Vide), les nombreux déguisements de Basil…

Basil, c’est LE dessin animé où Disney renoua avec les souris et l’anthropomorphisme, puisque l’on savait bien, chez eux, que les souris, ça marchaient pluto bien (jeu de mot foireux avec le nom du chien de Mickey)…

Voilà un dessin animé qui mériterait qu’on parle plus de lui car il est bourré de rebondissements et possède un niveau graphique en avance sur son temps car la scène de l’horloge dans la Tour de Londres est la première à combiner de façon aussi importante des images de synthèse et une animation traditionnelle dans un long-métrage d’animation,  les 54 pièces et rouages de Big Ben ayant été générées par ordinateur.

Si les rouages de l’horloge de Big Ben ont été créés par ordinateur, les personnages, eux, ont été fait à la main et ensuite intégrés dans le décor. Ce qui donne lieu à une scène à couper le souffle.

De même, les animateurs sont parvenus à effectuer un « mouvement de caméra » qui suit le professeur Ratigan tout en tournant autour de lui.

Ce mouvement de caméra était fréquent dans les films avec des acteurs humains, mais n’avait jamais pu être utilisé dans l’animation jusqu’alors.

Ainsi, les studios Disney ont mêlé technologies et techniques traditionnelles pour donner un résultat dynamique, plein de vie et d’une esthétique sans pareille.

Sans oublier que l’on est face à une enquête bien réalisée, bien écrite, une excellente intrigue, du suspense, et une histoire assez complexe tout de même pour des bambins.

D’un côté, le Méchant Ratigan est un rat criminel qui veut qu’on le traite comme une souris (cette information est plus claire en version anglaise qu’en version française) et de l’autre, on a Basil, ce détective marginal excentrique qui ne supporte pas l’échec.

Quant à Dawson, c’est un médecin altruiste qui cherche toujours à bien faire le bien et à aider…

Pas d’ennui devant ce dessin animé, ça virevolte de partout, ça enquête, ça complote à tout va, le Grand Méchant Ratigan est une réussite à lui tout seul et vous savez tout comme moi que lorsque le méchant est réussi, le reste l’est aussi !

Au cas où vous ne le sauriez pas, le personnage de Ratigan est inspiré par l’acteur Vincent Price qui lui donne aussi sa voix en version originale.

Cet usage d’un acteur pour concevoir un personnage avait été fortement critiqué à la sortie du film Le Livre de la jungle (1967). Comme quoi, tout change avec le temps !

En tout cas, j’adore ce dessin animé et si vous ne l’avez jamais vu, c’est le moment où jamais de remettre votre culture à jour !

Et ne prenez pas l’excuse que c’est un Disney !

Cet animé n’a rien de gnangnan, que du contraire, et peut avoir deux lectures : celles pour vos bambins innocents et celle pour les adultes car dans ce Disney, on a tendance à être politiquement incorrect car il y a des coups de feu, de l’alcool, des cigarettes et des pipes, sans oublier que dans la VO-STFR, Ratigan qui dit à Olivia de « fermer sa grande gueule » (ce passage offensant a été redoublé pour le DVD/K7 français, et désormais il lui ordonne juste de se taire)…

Sans parler du passage avec la chanteuse de cabaret sexy…

Un enfant, ne comprendra pas tout ce qui se cache derrière cette simple phrase : « Laissez-moi vous gâter »…

Oui, j’adore ce Disney !

Le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

16. Sherlock Holmes : Le Rituel des Musgrave – The Musgrave Ritual

SAISON 2 [Le Retour de Sherlock Holmes] – ÉPISODE 3

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : David Carson
  • Scénariste : Jeremy Paul
  • Décorateur : Michael Grimes
  • Musique : Patrick Gowers
  • 15 ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 30 juil. 1986 – ITV Network (16ème épisode diffusé); Etats-Unis : 19 fev. 1987 – WGHB; France : 2 avril 1989 – FR3 (15ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 35 sec

  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    James Hazeldine … Richard Brunton
    Michael Culver … Sir Reginald Musgrave
    Johanna Kirby … Rachel Howells
    Teresa Banham … Janet Tregallis
    Ian Marter … Inspector Fereday
    Patrick Blackwell … Tregallis

Le pitch ? Alors qu’il envisageait un weekend ennuyeux au château de Hurlestone dans le Sussex, chez son ancien camarade de collège, Sir Reginald Musgrave, Sherlock Holmes est confronté à une énigme mystérieuse.

Héritier d’une vieille famille, Musgrave a surpris en pleine nuit son maître d’hôtel Brunton qui examinait le « rituel des Musgrave », un vieux texte familial de questions et réponses, qui permet de déterminer un endroit du domaine.

Selon Holmes, Brunton, est un personnage singulier, instruit, très érudit, finalement plus intelligent que son maître, qui s’était étrangement satisfait de ce poste subalterne.

Or il a disparu et la femme de chambre, Rachel Howells, son ancienne fiancée, a un comportement hystérique, puis disparaît à son tour.

Les recherches restent vaines, on ne repêche qu’un sac rempli de morceaux de ferraille rouillés dans le lac.

Intro : Un homme, fébrile. Au loin, ♫ un cavalier qui surgit hors de la nuit, cours vers le grand chêne au galop… ♫ Oh, z’ai cru voir un mousquetaire ? Oui, j’ai bien vu… Sherlock Holmes contre d’Artagnan ??

Non, non, non, un homme revient parmi nous, ce n’était qu’une extrapolation de son esprit.

Ce qui ne l’est pas, par contre, c’est l’arrivée d’une jeune femme au regard lubrique, concupiscent. Elle se poste, debout, devant cet homme assis dans le foin (celui qui avait des visions).

Là, c’est moi qui en ait car la demoiselle soulève sa robe afin de montrer la fente de sa tirelire au monsieur qui, là-dessus, n’a qu’une seule envie : lui fourrer sa pièce dedans !

Niveau quête, ça a bien quetté, on a vu des brindilles de foin tomber entre les planches disjointes, nous et une femme au regard sombre, on les a vu l’un sur l’autre, mais on ne verra rien de plus…

Un coupé tiré par deux chevaux… Dedans, Holmes et Watson. Notre docteur a l’air enchanté et Holmes, enrhumé et de mauvaise humeur. Seul Watson à l’air content d’aller passer quelques jours chez Sir Reginald Musgrave, un ancien camarade de collège de Holmes.

Sherlock est ronchon, il peste sur Watson qui lui demande de ranger ses brols et lui apprend qu’il a pris sa malle au vieux dossiers, ceux d’avant l’arrivée de biographe.

Watson aimerait les voir, mais Holmes, résolument de mauvais poils, pose ses deux pieds sur la malle aux secrets !

Premier à nous montrer notre détective préféré en proie à ses humeurs sombres mais tout à fait canoniques puisque Sir Arthur Conan Doyle avait décrit son héros d’un naturel maniaco-dépressif, passant de périodes d’abattement à celles d’excitation dès qu’une énigme pointait le bout de son nez.

Un dialogue m’a fait rire. Entré dans la cour du château de Musgrave, Holmes, toujours sa couverture sur le dos, demande à son ancien camarade :

— Comment se porte votre épouse ?
— Mais, Holmes, je ne suis pas marié !
— Quelle sagesse !

Ah tiens, le majordome si intelligent qui accueille Holmes et pour qui se dernier a de la sympathie, c’est Brunton, celui qui jouait à la bêbête à deux dos avec la demoiselle…

Jeremy Brett nous met en scène un Holmes en proie à l’ennui, d’ailleurs, dans une scène, Watson, bien habillé pour le repas du soir, passe devant la chambre de Holmes où la porte est grande ouverte.

Ce dernier étant occupé dans la salle de bain (ou ce qui y ressemble) et notre docteur, voyant la malle aux anciennes affaires posée à même le sol, se rue dessus à pas de loup, un sourire de gosse affiché sur le visage.

Mais au moment de l’ouvrir, il aperçoit, sur la table basse, tout le nécessaire à Holmes pour s’injecter la solution à 7% de cocaïne. Ça lui refroidit ses ardeurs direct.

Durant tout le repas, Holmes sera hilare pour un rien. Un bien mauvais convive.

Cet épisode prend quelques largesses avec le canon holmésien car dans ce dernier, Le Rituel de Musgrave était une histoire que Holmes racontait à Watson, une ancienne affaire qu’il avait résolu quand il était jeune.

Dans le canon, Watson avait demandé que Holmes range ses affaires et ce dernier, afin d’y échapper, avait exhumé sa malle aux anciennes affaires, celles de ses premiers enquêtes…

Curieux et avide d’en apprendre plus sur les débuts de son détective de colocataire, Watson avait laissé tomber la corvée de rangement car impossible pour résister  à écouter son ami lui raconter l’histoire du rituel des Musgrave…

Pour les besoins de la série, il fallait inclure Watson dedans et il était difficile de rajeunir Jeremy Brett.

Donc, le scénariste, Jeremy Paul, a pris quelques libertés avec le texte original, et il l’a bien fait, corrigeant par là même une incohérence dans la nouvelle de ACD qui basait un point essentiel de déduction sur la hauteur d’un chêne, sans tenir compte de l’évolution de sa taille au cours des siècles.

Dans la série télé, la chose a été résolue de manière intelligente et subtile ! Je ne vous dira pas comment. Na !

On retrouve dans cet épisode que j’aime beaucoup des ingrédients chers à Conan Doyle : un rituel secret, un trésor, une découverte historique, une enquête sur fond d’Histoire, presque un roman d’aventure qui aurait bien été au Club Des Cinq.

Il y a du mystère, une disparition du majordome, inexplicable, majordome qui était talentueux et qui aurait pu exercer un autre métier plus prestigieux que celui-là.

Tout ces ingrédients réunis et habillement cuisinés nous donnent un épisode qui a du peps, de l’intrigue, du mystère, du suspense, et notre Holmes va se remuer le cul après être resté apathique sous sa couverture tout en ricanant nerveusement pour un oui ou pour un non.

L’acteur, en tout cas, joue bien le rôle du maniaco-dépresif et le tout est traduit par des jeux de physionomie, des mimiques, des yeux éteins, des regards lointains et par son habillement car comme le disait Sherlock de la BBC « Je suis malade, j’ai une couverture »

Connaissant maintenant les problèmes de santé de Jeremy Brett (bipolaire), je me dis qu’il n’a pas dû trop chercher pour nous jouer de manière convaincante un Holmes abattu et en proies à ses démons.

C’était ses propres démons qui étaient là, et pas vraiment ceux de Holmes.

Mais comme je vous le disais, Holmes pouvait passer de l’abattement le plus total à de l’énergie pure, pire que s’il avait bu 36 Raide Boule ! Une fois que le majordome a disparu, notre détective se transforme en général et mène ses troupes à la baguette et au pas de charge !

La logique est sienne et Holmes va se livrer à ce brillant exercice et son intelligence va niquer le rituel des Musgrave en le résolvant Il interrogera même, tel un maître d’école sévère, Musgrave et Watson sur les résultats de leurs calculs trigonométriques.

Remonté à balles de guerre, c’est au pas de charge qu’il va arpenter le parc du château, boussole en main, suivant les indications du rituel, dictées par Watson, qui peine à la suivre, tant il marche vite, brandissant sa cane pour inciter ses deux bras cassés à le suivre.

Si l’enquête est excellente, le tout reste tout de même sordide car on ne saura jamais si le bois est tombé tout seul où s’il a reçu un coup de main humain… Accident ou crime délibéré (vengeance), on le laisse à votre appréciation.

On a aussi l’appât du gain, la traitrise, le foutage de gueule de Brunton envers cette pauvre Rachel qu’il a utilisé juste pour arriver à ses fins et qui ne se gênait pas pour aller quetter avec une autre ensuite.

Mais malgré ces aspects sordides de l’histoire – l’Homme n’est pas un modèle de vertu – l’épisode est aussi rempli de situations burlesques et la chasse au trésor aurait pu avoir la musique de Benny Hill en arrière-fond.

On aura même une scène où Holmes va appliquer sa méthode, se mettant à la place du majordome et, sachant que ce dernier est aussi intelligent que lui, va imaginer comment il aurait lui-même procédé. Holmes, presque en transe, va visualiser clairement la scène du drame dans un flash back.

Bref, une fois de plus, un excellent épisode où Holmes nous donne toute la mesure de son talent, mais aussi celle de son mal-être, lui qui ne vivait que pour résoudre des énigmes et dont l’esprit se rebellait à la stagnation.

Jeremy Brett faisait très bien passer cela dans son personnage et le voir abattu en début d’épisode, en proie à ses démons, fait mal au coeur, mais tout le plaisir est de le voir revivre une fois que l’enquête pointera le bout de son nez.

Pour se coucher moins bête ce soir :

  • Le script remporta l’Award Edgar Allan Poe du meilleur épisode TV pour « Mystery! » à New York en 1988.
  • Le texte du rituel diffère entre la version anglaise et la version américaine de la nouvelle.
  • Jeremy Paul, le scénariste, a utilisé la version américaine, plus courte et où il n’y a pas de référence de date.
  • La demeure de Sir Reginald Musgrave est Baddesley Clinton, un manoir médiéval du Warwickshire.

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Un vampire menace l’empire – Les enquêtes réservées de Sir John Fox – Tome 1 : Gérard Dôle

Titre : Un vampire menace l’empire – Les enquêtes réservées de Sir John Fox – Tome 1

Auteur : Gérard Dôle
Édition :Terre de brume (2011)

Résumé :
Vous qui aimez les détectives des Ténèbres en charge d’affaires relevant de l’étrange et du surnaturel, Un Vampire menace l’Empire de Gérard Dôle vous séduira assurément car ce recueil propose quatre enquêtes fantastiques tirées des archives secrètes de Sir John Fox, Grand Assistant Commissioner de Scotland Yard.

Lorsque le comte Dragomyr, vampire vomi par la nuit… et tombé d’un ballon dirigeable, fait des siennes dans un petit port anglais, Sir John pense que la personne la mieux à même de résoudre ce problème est Lord Syfret, un aristocrate excentrique et providentiel, né il y a bien longtemps de l’imagination de la romancière Arabella Kenealy.

L’enquête suivante, « Le Fantôme de Sherwood », est confiée au détective de l’occulte Flaxman Low, figure singulière des « Real Ghost Stones » publiées en 1898 dans un magazine londonien.

« L’Enfant sauvage de Whitechapel » oblige Sir John à faire intervenir plusieurs détectives, plus complémentaires que concurrents : d’abord Sherlock Holmes et son élève Harry Taxon, ensuite l’énigmatique Dr M.L.W. qui servit de modèle au John Silence de Blackwood.

Il nous faut aussi signaler que Carnacki, l’illustre « ghost finder », se réserve le mot de la fin dans cette hallucinante aventure.

La dernière affaire au titre joliment inquiétant, « Rampements de spectres et frôlements d’âmes », voit, quant à elle, le retour de Lord Syfret.

Critique : 
— Vous aimez les détectives des Ténèbres en charge d’affaires relevant de l’étrange et du surnaturel ?
— OUIIIIII !! Du surnaturel, du surnaturel !!
— Assurément, ma p’tite dame, ce recueil de nouvelles vous séduira car il vous propose quatre enquêtes fantastiques tirées des archives secrètes de Sir John Fox, Grand Assistant Commissioner de Scotland Yard.
— On croisera la route de Sherlock Holmes et des vampires ?
— Of course ! Vous aurez tout ça puisque les éditions Terre de brume sont spécialisées dans la littérature fantastique.

Vous emballez pas, les gars et les filles, car ceci est une chronique qui ne vous fera pas débourser un euro !

Je me suis ennuyée, mais ennuyée à le lire… Vous pouvez pas imaginer. Moi qui voulait du fantastique qui m’emporte, je suis restée sagement assise dans mon canapé, des soupirs d’ennui au bords des lèvres.

Certes, Sherlock Holmes est bien présent, en effet, mais pas assez à mon goût et, une fois de plus, il est affublé de sa deerstalker et de son macfarlane et son assistant se trouve être Harry Taxon, qui le nomme « maître » et dont je n’ai jamais apprécié la présence.

Pour que vous vous couchiez moins bête au soir, sachez que le Harry Taxon sera le futur Harry Dickson créé par Jean Ray.

Les nouvelles sont lentes à démarrer, pas passionnantes pour deux sous, j’avais les yeux qui se fermaient ou l’esprit qui vagabondait ailleurs.

Même la nouvelle intitulée « L’enfant sauvage de Whitechapel » et mettant en scène Sherlock Holmes ne m’a pas passionnée, alors qu’elle avait tout pour, puisqu’elle débutait dans l’East End de mon cher Jack l’éventreur (oui, je devrais consulter)…

Elle eut beau se terminer au cœur d’un monastère fortifié dans les confins de l’Himalaya, dans le refuge de la lamaserie des morts-vivants, j’ai soupiré d’ennui et j’ai sauté des paragraphes.

Moi qui voulait passer un peu de bon temps avec ce recueil de nouvelles dédié aux amateurs de littérature gothique et peuplé de créatures démoniaques et vampiresques loin de la nouvelle mode qui veut que ces abominations soient sensuelles, sentent bon le savon et ne suce pas le sang des humains…

Sûr que les suceurs de sang présents dans ses pages étaient horribles et tenaient plus des habitants des caves sombres et humides que de ceux des belles villas… Nous étions loin de Twoilet et plus dans la véritable légende.

Et en effet, les spectres étaient bien les entités démoniaques des châteaux et manoirs austères, paumés dans les landes battues par les vents…

Mais bon sang, qu’est-ce que je me suis embêtée durant ma lecture !!

Je dois avoir une malédiction qui pèse sur mes épaules en ce mois de juin 2017 ! Pas possible autrement… Juste au moment où je me mets – enfin – à lire mes romans victoriens ou holmésiens, bardaf, que des déceptions ou des « je suis passée à côté du livre ».

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

La Dernière Expérience – Une enquête d’Anna Kronberg et Sherlock Holmes : Annelie Wendeberg

Titre : La Dernière Expérience – Une enquête d’Anna Kronberg et Sherlock Holmes

Auteur : Annelie Wendeberg
Édition : Les Presses De La Cite (11/05/2017)

Résumé :
Après une première enquête menée avec Sherlock Holmes (voir Le Diable de la Tamise), Anna Kronberg s’est retirée dans son cottage du Sussex.

La jeune femme médecin pensait qu’elle et son célèbre coéquipier étaient parvenus à annihiler une organisation secrète qui expérimentait des bactéries pour en faire des armes de guerre. Mais le professeur Moriarty, véritable dirigeant de l’organisation, a survécu.

Et il a décidé d’utiliser Anna pour entamer des recherches sur la peste… Pour arriver à ses fins, Moriarty kidnappe Anna ainsi que son père.

Si la jeune femme veut revoir ce dernier en vie, elle devra obéir. Vivant désormais sous haute surveillance entre la demeure luxueuse de son geôlier à Londres et un entrepôt où elle réalise ses expériences, Anna tente de trouver un moyen pour prendre contact avec Holmes.

Alors qu’elle fomente le meurtre de Moriarty, une relation ambiguë s’instaure avec cet homme violent, manipulateur et effrayant.

Critique :
Anna Kronberg, notre doctoresse bactériologiste femme ne rêvait que d’une chose : que Sherlock Holmes l’aimasse, l’admirasse, l’embrassasse, la baisasse,… oups !

Mais comme rien de tout cela ne se passa, fumasse, elle se jura qu’on ne l’y reprendrait plus à tomber amoureuse de pareil homme.

Pensant oublier Holmes, notre bactériologiste préférée se retira dans son cottage du Sussex (elle aurait aimé faire pareil à Holmes).

Las, ce fut le professeur James Moriarty qui vint l’enlever afin de la forcer à travailler sur des futures armes bactériologiques à partir du bacille de la peste.

Chouette, une nouvelle enquête d’Anna Kronberg et de Sherlock Holmes. Bien que mon cher détective sera un peu moins présent dans ce deuxième tome… Quoique, vu toutes les fois où je l’ai croisé dans les toilettes pour dames, déguisé en femme lui-même…

Nous ne sommes pas vraiment face à une enquête traditionnelle genre Whodunit puisqu’ici, pas de meurtres ou d’énigmes à résoudre…

L’enlèvement d’Anna par le professeur Moriarty donnera plutôt lieu à un affrontement entre ces deux personnalités qui aiment commander et non se faire commander.

Anna n’a rien d’une femme conventionnelle dans cette société victorienne où la femme a zéro droits (ou si peu) : elle a fait des études de médecine, déguisée en homme, a bossé dans un laboratoire, toujours déguisée en homme, n’aime pas les corsets, se fiche un peu de la mode vestimentaire et, plus que tout, est est une forte tête et une femme qui sait ce qu’elle veut.

Moriarty aussi… Il sait ce qu’il veut et déteste lorsqu’Anna lui explique pourquoi certaines choses ne sont pas possibles ou trop dangereuses. Il a beau connaître son talent, elle reste néanmoins une femme et les hommes de cette époque n’aiment pas qu’une femme soient leur égale en intelligence.

Un polar historique qui se lit assez vite car une fois entamé, c’est plus fort que vous, vous voulez savoir comment Anna va réussir à s’en sortir, comment elle va arriver à contacter Holmes et comment ce dernier va parvenir à l’aider.

Il y a eu quelques détails qui m’ont fait hausser les sourcils dans leur manière de communiquer… Par là, je veux sous-entendre des choses presque impossibles à réaliser comme jeter une fiole fermée avec un message dedans dans les water-closet pour que Holmes récupère le message dans les égouts… Ça me paraît un peu fort de café.

Malgré ces quelques petits détails qui m’ont titillé, le reste de l’histoire est passé tout seul et j’ai adoré voir le duel entre Anna et Moriarty, me demandant s’ils allaient se rapprocher et si Moriarty était sincère ou pas.

Arrivée au final, je n’ai plus lâché le livre, même pour aller me faire un café ! Si l’auteur a un troisième tome sous le coude, je le lirai avec grand plaisir car j’aimerais savoir ce qu’il va advenir d’Anna et de Sherlock Holmes qui vient d’entrer dans son Grand Hiatus.

PS : Petite mise en garde : si vous voulez découvrir ce roman, je vous conseille fortement de commencer par le premier car dans le second, l’auteur n’explique en rien ce qu’il s’est déroulé dans le premier et le lecteur pourrait avoir l’impression de débarquer comme un cheveu dans la soupe.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

[FILMS] The Crucifer of Blood – Sherlock Holmes et la croix de sang : Fraser Clarke Heston (1991)

Sherlock Holmes et la croix de sang est un téléfilm américain réalisé par Fraser Clarke Heston (son fils), sorti en 1991.

L’œuvre est une adaptation de la pièce de théâtre The Crucifer of Blood de Paul Giovanni, elle-même adaptée du roman Le signe des quatre d’Arthur Conan Doyle, avec une fin alternative.

1. Synopsis :
En 1887, par une nuit brumeuse à Londres, la belle Irene St Claire sollicite Sherlock Holmes et son collègue le Dr Watson.

Elle demande de l’aide pour retrouver son père, qui aurait décidé de disparaître à la suite d’une mystérieuse révélation qui lui avait fait craindre pour sa vie…

2. Fiche technique :

  • Titre : Sherlock Holmes et la croix de sang
  • Titre original : The Crucifer of Blood
  • Réalisation : Fraser Clarke Heston
  • Scénario : Paul Giovanni

3. Distribution :

  • Charlton Heston : Sherlock Holmes
  • Richard Johnson : Docteur Watson
  • Edward Fox : Alistair Ross
  • Susannah Harker : Irene St Claire
  • John Castle : Neville St. Claire
  • Simon Callow : l’Inspecteur Lestrade
  • Clive Wood : Jonathan Small
  • James Coyle : Birdy Johnson

Ce que j’en ai pensé :
Comme je suis encore loin d’avoir vu tous les films ou téléfilms consacrés à mon détective préféré, j’ai choisi de récupérer une partie de mon retard dans cette catégorie.

Disons-le de suite, ce film est une adaptation « libre » du roman de ACD : The Sign Of Four – Le signe des quatre.

Libre ? Vachement libre, oui ! Déjà, ls noms des personnages secondaires sont changés, le déroulement et le final aussi.

En gros, on change des tas de trucs mais on garde le fabuleux trésor d’Agra !

Juste dommage que d’entrée de jeu, on nous explique une partie du mystère entourant l’affaire puisque nous commençons directement au fort d’Agra, pendant la révolte de cipayes, soldats entrant dans le fort au grand galop et puis on a droit à une partie de l’histoire avec le trésor qui arrive par porteur discret…

Hors, dans le roman, tout le sel se trouve dans le mystère entourant cette affaire et on apprend le fin mot (ou le point de départ) qu’à la fin du récit…

Bon, ils ne déflorent pas tout, mais la mariée est tout de même plus qu’à poil !

Une chose m’a énervé durant le visionnage : le major Alistair Ross est doublé par une voix qui ressemble fort à celle de Looping de l’Agence Tout Risques. Si la voix me hérisse déjà un peu pour Looping, imaginez ici où le personnage n’a rien de fantasque !

Hop, on quitte le fort d’Agra et direction Baker Street !

On dira que je fais toujours la même réflexion, mais, une fois de plus, nous avons affaire à un Holmes et un Watson limite croulants ! Sachant que le film est de 1991 et que Charlton Heston est né en 1923 et Richard Johnson en 1927… Faites le calcul.

Nous avons droit à l’intro avec Holmes qui sort sa seringue et un flacon où il est noté – pour le cas où on le confondrait avec autre chose : « Cocaïne 7% – et un docteur Watson qui lui parle des dangers de ce produit. Là, on reste dans le roman, comme avec les déductions sur la montre de Watson.

Entre une jeune fille qui tremble et là, quand Watson lui demande si elle a froid, elle lui répond qu’elle ne tremble pas de froid mais de peur… Heu, c’est le dialogue du « Ruban moucheté », ça !

Quand  je disais qu’ils ont changé les noms des protagonistes, au lieu d’avoir Mary Morstan qui vient demander de l’aide, on a une certaine Irene St Claire… qui ne me fait pas un bon effet tant elle a des réflexions bizarres comme lorsqu’elle dit à Watson qu’il a des yeux gentils, alors qu’elle a déjà vu des yeux méchants…

Oui, les dialogues sont parfois un peu gnangnan et là, sur le canapé, on est à deux doigt d’avoir des chabadabada entre Watson et la demoiselle. On ne passe pas loin d’un rapprochement de lèvres… On tombe vite amoureux, ici !

Bref, on sent que Watson est entièrement sous le charme de Irene, qui n’est pas Adler, mais St Claire, comme je viens de vous le dire… Watson était un amateur de sein… Saint !

Charlton Heston ne fait pas un mauvais Holmes, il a la taille, de la prestance, il poste un costume et un haut-de-forme et je me croyais sauvée jusqu’à ce que je vois la cape et la casquette ridicule portée lors de son enquête dans les bas-fonds de Londres…

Lestrade, par contre, est un imbécile fini de chez imbécile fini !! Putain, le con qu’on a fait de lui ! Certes, c’était pas la lumière, mais tout de même, là, on frôle le néant, niveau capacité intellectuelle. Sûr, il n’avait pas sa gamelle lors de la distribution de cervelle !

Que dire du reste du film si ce n’est qu’il se regarde, sans plus ? Ben voilà, vous savez tout.

Watson devient évidemment raide (oups) dingue de la belle Irene, qui lui tendra ses lèvres (celles du haut) pour un baiser passionné et passionnant…

Par contre, une grosse irrégularité : pendant que Watson tient la main de sa belle qui a eu une perte de conscience dû à un breuvage assaisonné d’opium, Holmes se lance, avec Lestrade, à la poursuite du fuyard, lui criant qu’il faut le poursuivre avec un canot vapeur du Yard…

Watson, lui, de son côté, il roucoule toujours… et ensuite, on le retrouve dans le canot vapeur du Yard, avec Holmes, Lestrade, Gregson… et sa belle Irene est allée se reposer au 221b !

Là, faudra qu’on m’explique comment ils ont fait. Watson devait avoir la vitesse d’un Bip-Bip poursuivit par le Vyl Coyote !!

Le final a changé ? Oui, et je l’ai vu arriver parce que j’avais éliminé l’impossible et ce qu’il me restait, même improbable, était la vérité…

Sérieusement, Qui eut cru si fier ? (mdr)

Mais nom de dieu, Watson, quel pathétique tu fais ! Là, j’ai eu envie de lui coller des baffes et des baffes ! Et des coups de pieds au cul.

Un film holmésien qui se laisse voir, sans plus, il ne révolutionne pas le genre, n’apporte rien à l’affaire du signe des quatre, les dialogues sont parfois gnangnan, les doublages fait par des voix moches qui ne vont pas aux personnages, de la romance limite eau de rose (alors que dans le roman, elle passait bien) et un final risible vu comment il est présenté, alors qu’il aurait pu être diabolique car ils avaient tout en main.

Le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

15. Sherlock Holmes : Le Manoir de l’Abbaye – The Abbey Grange

SAISON 2 [Le Retour de Sherlock Holmes] – ÉPISODE 2

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : Peter Hammond
  • Scénariste : Trevor R. Bowen
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 14ème épisode tourné et le 1er avec Edward Hardwicke
  • 1ère diffusion : Angleterre : 6 août 1986 – ITV Network (15ème épisode diffusé); Etats-Unis : 12 fev. 1987 – WGHB; France : 26 mars 1989 – FR3 (14ème épisode diffusé)
  • Durée : 51 min 25 sec

Distribution :

  • Jeremy Brett … Sherlock Holmes
  • Edward Hardwicke … Dr. John Watson
  • Anne-Louise Lambert … Lady Mary Brackenstall
  • Conrad Phillips … Sir Eustace Brackenstall
  • Oliver Tobias … Captain Croker
  • Paul Williamson … Inspector Hopkins
  • Nicolas Chagrin … Mr. Viviani
  • Zulema Dene … Theresa Wright

Le pitch ?
Sherlock Holmes réveille son ami et lui demande de l’accompagner à Abbey Grange, dans le Kent.

L’inspecteur Hopkins sollicite d’urgence son aide, car Sir Eustache Brackenstall a été sauvagement assassiné, tandis que son épouse aurait été ligotée.

Mais, sur les lieux, Hopkins ne parle plus que d’un banal cambriolage par trois criminels bien connus, le trio Rendall qui a déjà sévi dans les environs.

Lady Mary Brackenstall, une Australienne mariée Sir Eustache depuis un an, les a formellement identifié.

Elle se plaint d’abord de cet ivrogne invétéré, avant de raconter comment elle a été assaillie par trois hommes, frappée et attachée, puis s’est évanouie. Son mari est alors survenu et a reçu un terrible coup de tisonnier.

Bien qu’il soit l’épisode 2 de la saison 2, c’est par cet épisode que les producteurs ont commencé la nouvelle saison du « Retour de Sherlock Holmes » afin que Jeremy Brett s’habitue à son nouveau Watson : Edward Hardwicke.

Il était vital  que le nouveau Watson soit parfaitement dans son rôle afin d’être crédible lors de l’épisode qui devait ouvrir la saison : « The Empty House ».

Pour ceux qui n’étaient pas là lorsque j’en ai parlé en juin 2016, ou qui était au fond à côté du radiateur, sachez que le Docteur Watson a changé entre la première saison et la deuxième et que l’on est passé de David Burke (à gauche) à Edward Hardwicke (à droite).

C’est la raison pour laquelle notre bon docteur se tient un peu en retrait par rapport à Holmes et a peu de lignes de dialogue.

Intro : Un bel attelage de deux chevaux blancs trottent dans la noirceur de la nuit, à leur côté, un homme sur son cheval et tous pénètrent dans la cour. Ce sont les flics qui arrivent à Abbey Grange, dans le Kent car on vient de leur signaler la mort de Sir Eustache Brackenstall.

Baker Street : Sherlock Holmes entre dans la chambre du docteur Watson et le secoue gentiment, lui disant :

— Come Watson, come. The game is afoot.

Et comme ce dernier fait mine de se rendormir, il lui dit, plus impérativement, de s’habiller et de venir avec lui.

Dans le train qui les emmène dans le Kent, Holmes reproche, une fois de plus à Watson, de ne pas présenter ses récits comme des cas scientifiques, mais de les romancer. Le brave docteur lui dit qu’il peut écrire s’il le souhaite et Holmes lui dit qu’il le ferra, lorsqu’il ne sera plus en activité (il le fit pour deux aventures, mais ce n’était pas un excellent conteur, il le remarquera lui-même).

Voici un épisode comme je les aime : fidèle au récit canonique, avec une jolie jeune femme qui explique tout à Holmes, lui disant qu’on l’a fait se déplacer pour rien, ce n’est qu’une horrible affaire de cambriolage, le tout devant les yeux d’un Watson attendrit par la jolie dame qui a été blessée par les trois cambrioleurs.

Jeremy Brett est en forme, du moins, dans son rôle de Holmes et je laisse pas transparaître à l’écran son mal être après le décès de son épouse et la défection de son ami, David Burke.

Sa santé était déjà précaire, mais rien ne le montre, il bouge, ne reste pas en place, escalade le manteau de la cheminée (pas de doublure cascade, il n’en voulait pas), observe les trois verres de porto, examine les traces de cire sur le tapis…

Il nous offre, une fois de plus, un Sherlock Holmes affuté, à l’acuité aiguisée, aux sens exacerbés, toujours à la recherche de la vérité.

Brett a beaucoup de texte à dire, d’explications, d’analyses longues et compliquées. Vu que Edward hardwicke débute dans le rôle de Watson, c’est à Brett qu’incombe la majorité du script.

Toujours en action, Jeremy escalade le manteau de la cheminée, avec une agilité féline – car, comme je vous l’ai déjà dit, il ne faisait jamais appel à une doublure.

Tout comme Columbo, Holmes cherche le petit détail qui cloche, le truc qui qui ne va pas, le détail minuscule et il a failli passer à côté ! Heureusement qu’il est le meilleur.

Sauf pour faire parler les femmes…

L’épisode fait aussi partie de mes préférés : Brett, malgré sa maladie, n’a pas encore commencé à avoir le visage gonflé suite à la prise de ses médicaments, il est toujours agile, malgré son âge et j’aime la manière dont il donne vie à Holmes, ses mimiques, ses mouvements de mains, la position de ses doigts, ses petits sourires en coin.

Et puis, comment rester insensible à une histoire d’amûr ?

Holmes restera insensible, lui, se dégageant même de l’étreinte de la belle Mary Fraser, Lady Brackenstall, lorsqu’elle se jettera dans ses bras pour le remercier.

Un épisode où Holmes nous dira qu’il a parfois fait plus de tort en arrêtant le coupable et qui s’érigera en juge, avocat, tandis que Watson se fera jury.

Et on termine l’épisode sur un verre bu devant la cheminée, avec un sourire en coin de Holmes envers Watson qui sourit, lui aussi, satisfait de sa journée.

Pour ne pas se coucher idiot !Beaucoup d’évènements eurent lieu et pesèrent sur la saison 2 qui failli ne pas avoir lieu… Le tournage reprit en 1985.

  • Décès de l’épouse de Jeremy Brett quelques mois auparavant, ce qui donna lieu à son incertitude à continuer la série;
  • Départ de David Burke (le Watson précédent), parti s’installer avec sa femme, l’actrice Anna Calder-Marshall et leur jeune fils, à Stratford pour jouer à la Royal Shakespeare Company;
  • Les changements de productions

Le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Sherlock Holmes – Tome 5 – Le Vampire du West End : Jean-Pierre Croquet & Benoît Bonte

Titre : Sherlock Holmes – Tome 5 – Le Vampire du West End

Scénariste : Jean-Pierre Croquet
Dessinateur : Benoît Bonte

Édition : Soleil (2002)

Résumé :
Alors que Bram Stocker, l’auteur de Dracula, lance les premières représentations de l’adaptation théâtrale de son roman, plusieurs corps vidés de leur sang sont retrouvés à proximité dudit théâtre.

Des témoins parlent d’un homme vêtu d’une cape doublée de soie rouge, comme le fameux héros de Stocker. Les victimes ont toutes une trace de morsure à la carotide.

Le « vampire du West End » terrifie à tel point qu’il pourrait mettre en faillite le théâtre. L’acteur principal, Irving, décide de faire appel à Sherlock Holmes pour résoudre l’affaire.

Critique :
Vu le titre et vu le niveau des 4 précédents opus, je m’attendais au pire et donc, je n’avais jamais cherché activement ce dernier tome de la série éditée par Soleil dans les années 2000.

Il y a peu, elle a surgit devant mon nez et je suis dis « Allez va, puisqu’il le faut pour ta collection ».

Là, je suis étonnée car au final, ce dernier tome ne se révèle pas si catastrophique que ça. Du moins, bien moins pire que ces prédécesseurs.

Nous commencerons avec un vampire, certes, mais c’est un de théâtre..

Et si des victimes semblent bien avoir été mordues par un vampire qui les aurait laissées exsangues et mortes, on ne laisse pas le fantastique prendre le dessus sur l’enquête et on gardera les pieds sur terre, sauf la populace et les feuilles de choux, mais de ce point de vue là, ça ne change jamais.

Les dessins sont corrects, les ambiances et la ville de Londres sont bien mis en valeur, j’ai apprécié le clin d’œil à l’Illustrated News Police, avec des dessins ressemblant trait pour trait à ceux publiés par ce même papier, en 1888, avec Jack.

Les seuls qui me gênent un peu, ce sont ceux de Holmes qui a toujours une tête qui ne me revient pas, et un docteur Watson ventripotent, comme toujours. Mais au moins, il n’a pas le rôle de faire-valoir ou d’imbécile de service, et là, je dis merci.

Si Holmes enfilera une fois de plus les horribles deerstalker et macfarlane alors qu’il n’est pas à la campagne, il sera le plus souvent en costume haut-de-forme, tenue la plus naturelle pour un gentleman à la ville.

L’enquête est intéressante, avec quelques rebondissements afin de laisser planer plus longtemps le mystère et le suspense et j’ai lu la bédé avec infiniment plus de plaisirs que les précédentes, alors que sincèrement, jamais je ne l’aurais pensé une seule seconde.

Par contre, j’ai trouvé que la baronne Ebezert avait un accent à la Ming Li Foo, le blanchisseur chinois du 20ème de cavalerie (Lucky Luke) avec ses « l » en lieu et place des « r », ce qui ne fait pas très pays de l’Est comme ses origines.

Au final, on obtient une bédé agréable à lire, une enquête bien ficelée, plus de trucs bizarres comme dans les 4 autres, hormis une petite chose mais qui, je trouve, ajoute du piment à la légende.