Sherlock Holmes – Compléments d’enquête : Jean Alessandrini

Titre : Sherlock Holmes – Compléments d’enquête

Auteur : Jean Alessandrini
Édition : Andersen (26/03/2021)

Résumé :
Avril 1891. Traqué par son ennemi juré, le sinistre professeur Moriarty, Sherlock Holmes gagne Strasbourg. Alors qu’il dîne avec le Dr Watson au pied de la cathédrale, on l’informe d’une étrange histoire de meurtre, qui va challenger sa légendaire sagacité…

Trois ans plus tard, il se rend à Paris pour recevoir la Légion d’honneur des mains du président de la République. Mais les autorités le conduisent assez vite au Muséum d’histoire naturelle, théâtre d’un véritable carnage. Voilà Sherlock embarqué dans la plus monstrueuse affaire de sa longue carrière…

Une carrière intemporelle : en 2045, à Londres, son descendant direct a repris le flambeau et semble avoir hérité du même cerveau en ébullition. Un cerveau qui sera mis à rude épreuve dans ce cybermonde effrayant où la criminalité a changé de visage…

Trois énigmes policières, trois nouvelles captivantes qui ressuscitent la lettre et l’esprit de Conan Doyle, et subliment son univers.

Critique :
Sherlock Holmes, je le préfère servi en nouvelles, sans élément fantastique (ou alors, tout doit s’expliquer sans avoir recours au fantastique).

Les deux premières nouvelles sont agréables à lire, les personnages ressemblant assez fort aux canoniques.

L’écriture de l’auteur n’est pas simpliste et dans la narration, on sent qu’il a travaillé ses phrases afin de leur donner un petit air de texte de l’époque victorienne.

La première se déroule à Strasbourg, durant la fuite de Holmes de Londres, pendant que Scotland Yard arrête la bande à Moriarty. Si la mort semble banale (poignardé par derrière), la méthode utilisée l’était beaucoup moins. Réalisable ou pas ? Je ne sais pas, mais en tout cas, c’était bien trouvé.

La seconde se déroule à Paris, lorsque Holmes doit recevoir la Légion d’Honneur. Un carnage horrible a eu lieu au Muséum d’histoire naturelle : 4 morts, violentes et des cadavres bien mal en point.

Là aussi, on sort de l’ordinaire, avec le coupable (qui est plausible) et avec les explications finales de Holmes, qui a résolu un autre mystère, sans rien dire à personne. Hormis à Watson et à nous…

La troisième se déroule dans le futur, avec les descendants de Holmes et Watson. L’univers est différent et le Holmes de 2045 utilise un ordinateur compilant les esprits de ses ancêtres pour résoudre l’affaire du vol au musée. Heu, c’est tricher, ça, jeune Holmes du futur ! Pas de déduction, juste une demande à un super Google…

Par contre, le final était drôle, c’est ce qui sauve cette dernière nouvelle.

Malgré le fait que j’ai moins aimé la dernière nouvelle, les deux premières étaient agréables à lire, intéressantes, bien faites et sortaient de l’ordinaire.

Un chouette petit recueil de nouvelles, une bonne pioche.

PS : par contre, faute grave dans le fait que l’auteur place une phrase à la limite de l’hérésie dans la bouche de Sherlock Holmes : « Tout cela était élémentaire, mon cher Watson ».

D’accord, elle est subtilement différente de cette horreur que l’on fait dire à Holmes dans les films « Élémentaire, mon cher Watson » qui n’est pas canonique du tout. Là où le bât blesse, c’est que notre narrateur Watson ajoute que « Cette phrase était une des expressions favorites de Holmes, et j’avoue que, pour l’avoir autant de fois entendue, je n’y prêtais plus guère attention. Or, cette fois, Dieu sait pourquoi, elle me frappa […] ».

Pitié, non !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°68].

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Sherlock Holmes et le trésor des Dolomites : Fabrizio Torchio et Riccardo Decarli

Titre : Sherlock Holmes et le trésor des Dolomites

Auteurs : Fabrizio Torchio et Riccardo Decarli
Édition : Ginkgo – Noir (07/05/2021)
Édition Originale : Sherlock Holmes e il tesoro delle Dolomiti (2021)
Traduction : Pierre Charmoz

Résumé :
Sherlock Holmes et Watson font de l’escalade. À la suite de tentatives de vol de sacs à dos au siège de l’Alpine Club londonien, le célèbre détective et son biographe sont entraînés au cœur des Dolomites, à la recherche d’un mystérieux trésor convoité à la fois par des indépendantistes indiens et des officiers hongrois opposés à l’empire des Habsbourg.

De Londres à San Martino di Castrozza, ils découvriront le monde singulier des alpinistes anglais, puis celui des irrédentistes italiens, avant d’affronter un terrible sommet des Dolomites, dans le Trentin alors sous domination autrichienne.

Servi par une (double) plume alerte, ce roman transalpin vient compléter les enquêtes de Sherlock Holmes sur les Alpes concoctées par Pierre Charmoz et Jean-Louis Lejonc (dans la même collection).

Critique :
Holmes et Watson qui font de la grimpette, ce n’est pas banal… De la vraie grimpette, rien de sexuel dans l’affaire, bande d’obsédés, va.

Sans jamais vraiment avoir fait de l’escalade auparavant, Watson va même très bien se débrouiller, dans les Dolomites, alors que moi, je n’oserais jamais ou alors, je tomberais morte après 200m d’escalade.

Anybref, là n’est pas le sujet… Que vaut ce roman ? Ma foi, il est correct, si on ne va pas chercher la petite bête. Notamment avec notre brave docteur qui escalade sans préparation préalable…

Ou dans une partie de la résolution de l’affaire, avec les sacs des alpinistes. Heu, je ne comprends pas comment l’homme a pu réaliser ça, de nuit, sans que personne ne s’en rende compte. Moi, si on chipote à mon sac à dos, surtout pour y faire des travaux de couture, c’est radical que je le verrai de suite ! Mais je chipote…

Les enquêtes de Sherlock Holmes sont toujours mieux au format des nouvelles que du roman et j’avoue que je n’ai jamais été adepte d’un Holmes dans le rôle du détective déjouant des complots nationalistes ou autre concept relevant plus de l’espionnage que des enquêtes pures et dures.

Ce roman possède un volet politique, avec notamment le Trentin, les indépendantistes, l’Empire austro-hongrois et les Hindous, le tout donnant une soupe qui n’est pas trop indigeste, mais dont je ne cours pas après dans les aventures de mon Holmes adoré.

Les personnages sont assez canoniques, des plus correct, même s’il manquait à Holmes cette grandeur, cette flamboyance que l’on ressent de suite en lisant les écrits de Conan Doyle (qui pourtant, le détestait).

Oui, il manquait un petit quelque chose pour que Holmes et même Watson soient les personnages originaux, ceux que l’on aime de suite, ceux qui ne vous laisse pas indifférents, ceux qui vous marquent à vie. Dommage.

Dans l’ensemble, je ne peux pas dire que cette lecture est ratée, ou que je n’ai rien aimé de ce que j’ai lu. L’enquête est correcte, bien que je n’aime pas le côté politique avec Holmes et tout ce monde qui court derrière un trésor, même si celui-ci n’est pas un coffret rempli de pierres précieuses.

Holmes peut grimper des montagnes, sans soucis pour moi (c’est lui qui grimpe, moi, je me contente de regarder), mais je le préfère dans des enquêtes qui ne se mêlent pas de politique, mais avec des disparitions mystérieuses, des meurtres, des tentatives de meurtres, des émeraudes cachées dans un jabot, des messages secrets, bref, ce qui fait l’essence même de Holmes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°66].

Les voyages de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moëns

Titre : Les voyages de Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moëns
Édition : du Net – LEN (19/01/2019)

Résumé :
Sherlock Holmes nous emmène en voyages à travers l’Europe. Les énigmes se succèdent et les mystères s’épaississent. Mais grâce à lui, les solutions finissent toujours par jaillir.

Son amie française, Mathilde d’Alencourt, les fait revivre pour nous, en dévoilant des extraits de son journal intime.

– Quatre de ces aventures, revues et agrémentées d’illustrations anciennes, sont des rééditions : « Mary mon amie », « Dinard », « Stavanger » et « Fulworth ».

– Trois récits originaux vont nous plonger dans l’atmosphère de la Champagne, de Paris et de Bruxelles à la Belle Époque :
– Le mystère du photographe : mort suspecte, cambriolages et disparitions au sein d’un charmant village champenois.
– Paris : il n’est jamais bon de remuer le passé !
– James Ensor : une mémorable rencontre avec le peintre belge et ses pittoresques amis bruxellois.

Les nouvelles « Mary, mon amie » et « Dinard » ont été récompensées par le Grand Prix du roman policier aux Journées littéraires de Dinard.

Critique :
Ne jamais ranger dans sa biblio un pastiche holmésien, après, on a tendance à oublier de lire ! C’est ce qui est arrivé avec celui-ci… J’étais persuadée de l’avoir lu, mais Babelio et Livraddict étaient formels : non lu !

En relisant le résumé, je me suis rendue compte que sur les 7 nouvelles de ce pastiche, 4 avaient été publiées initialement dans le recueil « Les vacances de Sherlock Holmes« , lu en 2012 (publié aux éditions Mycroft’s brother).

Zut et flûte, ça sentait mauvais le double emploi, même s’il y en avait 3 nouvelles. Certes, pour celles et ceux qui n’auraient pas eu la possibilité de lire les vacances de Sherlock Holmes, c’était une riche idée de les adjoindre, mais moi, ça me faisait un peu ronchonner…

Décidant au départ de ne lire que les trois qui étaient nouvelles, j’ai vite changé d’avis en tentant de me remémorer ce qu’il se passait dans « Mary mon amie » (j’avais souvenir du mariage de Watson et d’une affaire, mais laquelle ?) et dans « Dinard », ma préférée de toutes… Heu ? Une poêle en fonte et un lit breton, pour le reste, que dalle ! On applaudit bien fort ma mémoire (bon, après 10 ans…).

Allez hop, c’est l’occasion ou jamais, j’ai donc lu tout : les anciennes republiées et les nouvelles. Verdict ? Un plaisir de les relire (rhô, j’en avais oublié des choses) et un plaisir de découvrir les nouvelles.

Holmes est comme un poisson dans l’eau dans le format littéraire des nouvelles, ses enquêtes ne doivent pas tirer en longueur et une fois de plus, pas de problème de taille : ni trop longues, ni trop courtes. Je parle bien de la taille des nouvelles !

Le Holmes de l’autrice est différent de celui de Conan Doyle, ce qui est normal, tout le monde qui lui donne vie change des détails. Ici, il est un peu plus humain, lui-même expliquant que Conan Doyle, qui a publié les récits de Watson, a fait de lui un être misogyne et froid. Ou quand la créature s’affranchi de son créateur et le critique ouvertement. J’adore.

Les enquêtes de Sherlock Holmes sont correctes, agréables à suivre, certaines plus simples que d’autres, mais jamais simplistes. L’écriture de l’autrice nous plonge dans l’époque, sans pour autant en faire des tonnes et virer au roman historique.

Sherlock Holmes reste le principal sujet, le héros de ce recueil et la présence de Mathilde d’Alencourt est rafraîchissante. Un personnage réussi, je trouve. Le duo formé avec le détective n’est pas déséquilibré, ni guimauve, c’est une bonne équipe, même si elle n’a pas la moustache de Watson, sa carrure, sa boiterie et son vieux révolver d’ordonnance, elle n’en reste pas moins importante.

C’est donc une lecture réussie, autant pour les 3 nouvelles enquêtes que pour la relecture des 4 anciennes, qui avaient déjà un très bon niveau. Pas de twist de dingue à la Agatha Christie, mais pas de lapin sorti d’un chapeau non plus.

Les explications sont logiques, faciles à comprendre et pas capillotractées. Et ça, c’est important. J’apprécie que l’on soit dans des enquêtes normales, comme Holmes en a résolu dans sa longue vie de détective.

Un bémol ? Oui, 248 pages trop vite lues, trop vite dévorées… Il m’en faudrait toujours plus, comme une droguée de Holmes que je suis. Ma foi, heureusement que je l’avais oublié, ce recueil fut comme un bon morceau de chocolat retrouvé au fond d’une armoire et qui a gardé toute sa puissance de goût, fondant contre le palais et procurant une petite extase bienvenue.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°63].

 

Les Enquêtes de Sherlock Holmes – Adaptations Théâtrales de l’ORTF [Par Dame Ida, Antiquaire et Archéologue Holmésologiste]

Il y a des fois où Youtube, réserve de merveilleuses surprises. Et d’autant plus formidables quand ces pépites sont sans coupures publicitaires intempestives toutes les cinq minutes !

Et oui, vous me connaissez, je raconte assez ma vie pour que vous le sachiez (elle est passionnante ma vie, je devrais devenir influenchieuse pour vous la raconter en boucle sur les rézossossios à la mode entre deux placements de produits évidemment !), je suis une esclave domestique condamnée à cuisiner jusqu’à la fin de ses jours pour une nuée de sauterelles que j’appelle ma famille, et qui ose en plus se prendre pour des critiques gastronomiques du guide Michelin…

Et quand je cuisine (ou que je me tape la vaisselle puisque personne ne semble savoir la faire à part moi – c’est tellement compliqué, tellement technique…), forcément, je ne peux pas lire. Et pour me sentir moins seule je mets la télé ou Youtube en boucle sur la tablette…

Et par le Grand Zazard, antique divinité orientale oubliée des temps antédiluviens, qui veille sut les aléas de nos vies, j’ai découvert cette petite pépite grâce à laquelle ma cuisine est devenue encore meilleure. J’aurais pu la découvrir dans le grenier poussiéreux de mon arrière grand-mère aussi… mais là j’avoue que la technologie m’a dispensée de refaire une crise d’allergie aux acariens.

Or donc…

Essayez de vous souvenir de ce dont parlaient vos parents et grands parents à l’époque où les télévisions étaient encore un luxe inabordable pour une grande partie de la population.

Ok, une de mes nièces me demandait un jour si la vie était encore en noir et blanc ou en couleur quand j’étais petite ou si j’allais à l’école à dos de dinosaures… C’est vous dire si je suis vieille !

Du temps où Dame Ida était jeune…

Mais n’exagérons rien ! J’ai toujours connu la télévision depuis mon jeune âge malgré tout (quoi qu’elle ne fut pas en couleur lors de mes premières années)…

En revanche, mes chers parents eux, connurent une époque où l’on n’avait que la radio (des gros postes énormes encombrants comme des commodes!), et où le soir, on écoutait religieusement des pièces de théâtre, ou des adaptations de romans mises en scène… jouées par les acteurs des théâtres parisiens plus ou moins célèbres qui parfois descendaient même en province.

Et si je vous disais qu’à l’époque de l’ORTF (il n’y avait qu’un service publique unique de radio diffusion en France), dans les années 1950-1960, quelques personnes ont eu la bonne idée de proposer des adaptations théâtrales des romans et nouvelles de Sir Arthur Ignatius Conan Doyle (on comprend pourquoi il a zappé son second prénom et n’avait retenu en plus du premier que le troisième porté par tous les fils aînés de la lignée des Doyle) consacrées à Sherlock Holmes.

Un internaute avisé qui avait ces enregistrements par devers lui, a eu la bonne idée de les mettre à disposition du public sur Youtube, sans monétisation, ce qui nous dispense des insupportables publicités qui généralement vont avec les vidéos les plus populaires.

C’est un véritable trésor que je viens de ce pas partager avec vous. Un trésor qui nous permet d’entendre des voix de très vieux acteurs dont les plus âgé/es  d’entre nous, peuvent avoir gardé en mémoire les noms des plus célèbres d’entre eux comme Georges Descrières qui tint également le rôle de l’adaptation de la série télévisée d’Arsène Lupin des années 70’. Et oui… L’homme aura donc joué ces deux personnages !

Ces adaptations ne sont pas une retranscription scrupuleuse du canon. On trouvera quelques raccourcis compréhensibles eu égard au format choisi de quelques dizaines de minutes.

On sera frappé par quelques détails un brin franchouillards se superposant au texte comme pour l’ancrer maladroitement davantage dans le quotidien des auditeurs de l’époque…

Les puristes seront un peu déçu, mais admettront un relatif effort tout de même au regard des moyens mis à disposition et de l’époque. C’est un peu daté certes, dans la présentation, dans la diction, même dans le choix du vocabulaire dans la retranscription des dialogues…

Mais malgré tout, c’est bien joué, vivant et agréable à écouter. Et puis il ne s’agit que des enquêtes du canon. Je ne crois pas qu’elles y soient toutes, mais aucun pastiche ne s’est glissé dans la liste.

C’est une façon de découvrir le contenu des quelques nouvelles que certains ou certaines d’entre nous n’auraient pas lues. On peut alors les écouter, histoire de se donner l’eau à la bouche en en découvrant les grandes lignes pour se motiver avant d’aller se frotter au texte.

Je sais bien qu’on peut aussi trouver maintenant des livres audio ne reprenant que scrupuleusement le texte du canon… Mais personnellement j’ai tendance à avoir du mal à me concentrer sur les livres audio.

Les adaptation théâtrales mêlant un narrateur et des dialogues joués, on certes l’inconvénient d’oublier certains détails, mais l’avantage de capter plus facilement l’écoute par une vocalisation plus vivante que cette des lecteurs les plus talentueux de livres audio (il y en a, j’en ai entendu de très bons!).

L’adaptation des aventures est également souvent accompagnée d’introductions nous apprenant quelques anecdotes concernant l’auteur, son rapport à Holmes etc.

C’est ainsi qu’avant d’entendre « le dernier problème », j’ai appris une chose stupéfiante.

Savez vous qu’à une même époque, Doyle et Maurice Leblanc étaient en villégiature dans la même petite ville des Andelys, en Normandie, le premier travaillant sur les enquêtes d’Holmes et le second travaillant sur son Arsène Lupin.

Les deux hommes auraient pu se croiser chaque jour sans le savoir en allant chercher leur journal ou leur tabac ! Holmes croisant Lupin… Voilà une perspective qui n’est pas sans faire rêver et qui en laissera quelques une plus que songeuses sur ce blog !!!

Anybref, voici ici trois liens pour accéder aux playlists correspondant aux adaptations des enquêtes de notre détective préféré, et je ne doute pas que Dame Belette se dépêchera de télécharger ces fichiers via un convertisseur en MP3 pour les ajouter à sa collection !!!

Les enquêtes de Sherlock Holmes – YouTube

Les enquêtes de Sherlock Holmes – 2 – – YouTube

Les enquêtes de Sherlock Holmes 3 – YouTube

PS : le compte proposant ces enregistrements, propose aussi des aventures d’Arsène Lupin. Je suis moins fan du personnage (une caricature de macho qui pense que toute les femmes sont folllllles de lui)… Pas allé au bout des deux aventures que j’ai essayé d’écouter. Je ne ferai pas de fiche… Mais la mention de ce genre de podcasts (comme on dit aujourd’hui) intéressera les fans !

Sherlock, Lupin & moi – 14 – À la recherche de la princesse Anastasia : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – 14 – À la recherche de la princesse Anastasia

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (31/08/2022)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & io : In cerca di Anastasia (2016)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
Sherlock, Lupin et Irene sont de retour. Un trio d’enquêteurs plus uni que jamais ! Après des années d’exil à New York, Irene est de retour à Londres dans l’espoir de renouer avec ses vieux amis Sherlock et Lupin. Elle a besoin de leur aide : sa fille adoptive, Mila, est en danger…

Mêlée malgré elle à l’affaire de la disparition de la princesse Anastasia Romanov, elle est menacée de mort !

Aussi, bien que de nombreuses années se soient écoulées depuis leur dernière aventure, le légendaire trio est prêt à renaître de ses cendres pour sauver Mila.

Critique :
Sincèrement, je me demandais ce que ce nouveau tome allait me réserver…

Dans le tome 12, Irene s’enfuyait pour sauver sa vie menacée, dans le 13, elle nous racontait une ancienne enquête qu’elle avait résolue avec ses deux amis, avant son départ. Et maintenant, qu’allait-elle faire ?

C’est donc avec une grande curiosité que j’ai commencé à lire ce nouvel opus. Puis, au détour d’une phrase, je n’ai plus rien compris.

Nous étions en 1940… Ce n’était pas Irene Adler qui racontait cette histoire, mais Mila (d’ailleurs, dans le nom de l’auteur, un M a été rajouté, que je n’avais pas vu au départ, la preuve que l’enseignement de Holmes n’a pas tout à fait fonctionné chez moi).

Oui, Mila, la fille adoptive d’Irene Adler sera notre narratrice, elle a 13 ans et ne comprend pas toujours tout, du haut de son jeune âge. Par contre, comme vous pouvez le comprendre, nous n’aurons pas affaire à Irene, Sherlock et Arsène jeunes, mais à des personnages de 60 ans !

Nous sommes en 1919, Irene a disparu de leur vie depuis 1872… Et depuis ce jour, ils ne l’ont plus jamais revue, si ce n’est Holmes dans l’affaire du scandale en Bohème.

Là, le sol s’est ouvert sous mes pieds, parce qu’au vu des nombreuses couvertures en italien qui se rattachaient à cette saga, je pensais que nos amis se retrouveraient peu de temps après le départ d’Irene pour l’Amérique. Ça, ce fut le tacle vache de ce roman.

Nos trois amis sont des adultes, des sexagénaires, ce qui change tout dans leurs rapports, puisque les deux hommes sont en colère contre elle, contre son départ, contre le fait qu’elle ne leur ait rien dit, comme si elle ne leur faisait pas confiance (Holmes a bien fait croire à Watson qu’il était mort, pour son bien, mais ne veut pas pardonner à Irene d’avoir fait pas tout à fait pareil).

Ma déception fut grande, au départ, de ne pas retrouver le trio d’amis, leur fougue, leur jeunesse, leur insouciance… J’ai eu peur pour rien, même adultes, le charme fonctionne toujours, bien qu’il soit différent de celui d’avant (exit le père d’Irene, Leopold et son majordome, l’adorable Nelson).

Cette histoire se lit très vite (toujours dommage que ça aille si vite), à peine ouvert que j’étais déjà à la page 60, sans m’en être rendue compte. La preuve que le charme a eu lieu et que j’étais à fond dans l’histoire.

Une fois de plus, ce fut une belle aventure, même en compagnie d’adultes qui se regardent en chien de faïence, égayée par les bons mots de l’Arsène, toujours égal à lui-même.

Sherlock est froid, distant, comme à son habitude canonique, mais l’Arsène sait aussi lire sous son visage de marbre et on sent bien que malgré les ressentiments, ces trois-là regrettent le bon temps d’avant et leur histoire d’amitié. Les émotions sont cachées, il faut lire entre les lignes.

Leur aventure est plausible, même avec l’élément princier, car l’auteur (oui, c’est un mec qui écrit les livres) ne s’est pas pris les pieds dans le tapis. Tant mieux, parce que cela aurait dommage après toutes ces aventures sans fausses notes.

Un tome totalement différent des autres, notamment à cause l’âge de nos protagonistes habituels, mais l’essence même des livres se trouvait toujours là, ainsi que leur amitié, même si pour le moment, elle prend le temps de se montrer, certains ne voulant pas avouer ce qu’ils ont sur le cœur (non, je ne parle pas d’amour).

L’écriture est simple, mais sans jamais devenir simpliste ou prendre ses jeunes lecteurs pour des débiles profonds. Rien de complexe, mais pas de nivellement par le bas non plus, ce qui fait qu’un adulte peut très bien prendre un grand plaisir à suivre les aventures de Irene Adler, Sherlock Holmes et Arsène Lupin !

PS : comment va se présenter la suite de cette série ? Vu le final, je me doute que le suivant sera consacré à la recherche de ce qu’ouvre la clé mystérieuse. Mais ensuite ? Suivrons-nous leurs aventures adultes ou bien les prochains tomes seront consacrés à leurs aventures jeunes, qu’Irene nous contera d’Amérique, faisant appel à ses souvenirs ? Mystère et boule de gomme, mais je vais suivre ça de très près !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX].

Sherlock Holmes et l’héritière de Lettox Castle : Pascal Malosse

Titre : Sherlock Holmes et l’héritière de Lettox Castle

Auteur : Pascal Malosse
Édition : De l’antre (01/03/2022)

Résumé :
Un héritage inattendu dont se gaussent les journaux, un château hanté au cœur de la lande écossaise , un riche entrepreneur au passé trouble…

Après un bref séjour sur la Côte d’Azur, retour en Albion dans cette nouvelle enquête à laquelle Sherlock Holmes devra mesurer son talent si particulier.

Critique :
De cet auteur, j’avais déjà lu « Sherlock Holmes et les Romanov » qui était de bonne facture, sans casser trois pattes à un canard.

Ce qui n’est pas rédhibitoire, puisque malgré le manque de contexte historique, j’avais apprécié cette petite enquête du format d’une nouvelle. Format qui convient le mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes.

Ne vous laissez pas distraire par le dessin de couverture très moche, s’il est loupé, le scénario, lui est réussi, sans pour autant, une fois de plus, vous laissez comme deux ronds de flans lors de l’explication finale.

Holmes est consulté, au 221b Baker Street, par une dame, une lingère qui vient d’hériter d’un château en Écosse. Elle ne connaissait pas l’homme qui lui a légué sa fortune, elle ne comprend rien et en plus, le château est hanté !

Si vous possédez un cerveau et que vous savez l’utiliser, vous comprendrez aisément, sans pour autant percevoir tout ce qu’il y a derrière cette affaire (le passé et la technique utilisée).

Les personnages sont assez conformes aux canoniques, l’enquête ne traîne pas en longueurs, si on est attentif, quelques indices sauteront aux yeux et sinon, le lecteur (lectrice) se laissera porter par cette petite enquête au pays des kilt et sera comme Watson, un peu perdu, sans comprendre, jusqu’à ce que Holmes fasse la lumière.

Comme je vous l’ai dit, il ne faut pas espérer un dénouement à la Agatha Christie, ce n’est sans doute pas le but recherché. Ni une horreur avec un serpent tueur, tout droit sorti du cerveau diabolique d’un médecin voulant garder le fric…

L’enquête est classique, la résolution aussi, rien de neuf sous le soleil, si ce n’est que cet apocryphe peu aller se classer parmi les bons pastiches holmésiens, ceux qui respectent le personnage, qui me le mettent en scène dans une enquête classique même si elle sent le fantastique (il n’y en aura pas), sans monstres de profondeur ou vampires (ouf).

Si l’auteur continue d’en écrire dans cette même veine, je serai au rendez-vous, parce que ça a beau être court, ne pas être des résolutions de malade, le tout est tout de même correct, divertissant et l’univers holmésien est respecté.

Alors, what’else ?

#Challenge Halloween 2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°57], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 76 pages) et Le Challenge Halloween 2022 chez Lou & Hilde (Du 26 septembre au 31 octobre) – Fantômes.

Les Amants de Baker Street – 01 – Le détective et le soldat blessé : Isabelle Lesteplume [par Dame Ida, Prêtresse de la Pureté du Canon et alliée de la Communauté LGBTQIA+ complètement déchirée]

Titre : Les Amants de Baker Street – 01 – Le détective et le soldat blessé

Auteur : Isabelle Lesteplume
Édition : MxM Bookmark – Mystère (24/11/2021)

Résumé :
Découvrez, au cœur du Londres victorien, les secrets bien cachés d’une romance interdite.

Londres, 1881.
Médecin militaire, John Watson vient tout juste d’être rapatrié d’Afghanistan. La guerre lui a tout pris. Sa santé, sa raison de vivre, son premier amour.

Brillant et excentrique, Sherlock Holmes est fasciné par les crimes et les énigmes, mais rongé par l’ennui et la solitude.

Par un coup du sort, les deux hommes se retrouvent à partager un appartement au 221b Baker Street. Et lorsque Scotland Yard frappe à la porte, Holmes et Watson n’hésitent pas une seule seconde à y répondre.

Aventure et mystère s’invitent dans leur quotidien. Mais alors que le danger n’est jamais loin, les démons du passé, eux, menacent de les rattraper. Leur amour sera-t-il assez fort pour y faire face ?

Critique :
Voilà quelques années que je me chagrinais d’avoir vu fleurir sur le net de multiples adaptations, dessins ou fanfictions NSFW attribuant une liaison aux deux personnages principaux de la série Sherlock…

Je rongeais mon frein, mangeais mon chapeau et pestais dans ma barbe face à l’obsession nouvelle lancée par le succès de cette série qui, d’ailleurs, surfait allègrement sur une petite vaguelette homo érotique pleine de sous-entendus…

Ben oui… Doyle n’avait jamais voulu faire de Holmes et de Watson un crypto-couple gay et s’en était expliqué…

Deux hommes en colocation chez une veuve à l’époque victorienne ? Mais c’était d’une rare banalité !

La société puritaine de l’époque ne permettait pas la mixité entre hommes et femmes dans les lieux publics. Seul un couple marié pouvait cohabiter ensemble sous le même toit…

Et les loyers londoniens, centre du monde de l’époque, étaient déjà hors de prix, contraignant les jeunes célibataires qui n’avaient pas encore fait leur trou dans la société, à louer des chambres chez des veuves dont la maison restait le seul bien dont elle pouvait tirer quelques sous pour subsister.

Et ces messieurs, qui quittaient leur mère, sans avoir encore d’épouse et pas de domestiques, auraient été bien ennuyés pour se faire à manger ou faire leur lessive ! Prendre pension chez une veuve était le bon plan absolu.

Cette colocation était historiquement suffisamment explicable et répandue pour que Doyle puisse faire cohabiter ses héros sans que ça aille jusqu’à les faire cohabiter dans le même lit. N’en va-t-il pas de même de nos enfants étudiants lorsqu’ils prennent une colocation ?

Alors… faire de la cohabitation entre deux hommes un truc louche, laissant supposer une liaison sexuelle entre eux à l’époque victorienne, ni même aujourd’hui, vu le prix des loyers en zone urbaine, n’a rien de bien raisonnable et relève surtout des fantasmes de ceux qui y pensent.

Aussi, si je n’ai absolument rien contre le mariage pour tous et toussa toussa, et que le souvenir de ce que risquaient les homosexuels, il y a encore quelques décennies, en Occident, me révolte (et je ne parle même pas de leur sort actuel en Iran, dans les Émirats du Golfe, en Russie ou encore dans certains pays d’Afrique !

En fait ça mériterait qu’on en parle davantage, mais ce n’était pas l’objet de mon billet), mais voilà… je suis toujours crispée quand un pastiche ou prétendu pastiche trahit les intentions du créateur des personnages d’une œuvre.

Que l’on publie de belles œuvres, avec des personnages plus intéressés sentimentalement ou sexuellement, par les personnes de leur propre sexe si l’on veut…

Le principe ne me dérange pas (notons qu’on a curieusement très peu, voire quasiment pas de polars dont le personnage principal est gay ou lesbien, en rapport à la représentation LGBT dans la population générale – il faudrait que les auteurs se lancent, non ?). Mais quand un pastiche prête une romance homosexuelle à des personnages qui n’étaient pas supposés l’être, dans le projet de leur créateur, ça me dérange. J’ai toujours vu là une forme de trahison, comme quand on veut faire de Dracula un playboy romantique…

Bref, les pastiches holmésiens homoérotiques ne sont franchement pas ma tasse de thé. A priori.

Car… Oui… j’ai mes aprioris.

Et comme toujours… les aprioris sont faits pour être contrariés et vous rappeler que seuls les cons et les connes ne changent jamais d’avis.

Oui, moi, Dame Ida, Grande Prêtresse de la Pureté du Canon Holmésien, qui vomissais tripes et boyaux sur toute représentation homo érotique du couple Holmes / Watson… Je me suis faite retourner comme une crêpe par ce roman.

Qu’Isabelle Lesteplume (ah bon ? son nom est un pseudo ? ) me pardonne, mais j’ai ouvert le premier volet de son triptyque simplement dans l’idée de me faire plaisir en l’étrillant dans une fiche, de me moquer d’elle, de l’humilier, de réclamer qu’elle soit mise au bûcher sur les versions papier de ses livres etc…

Et oui, les Grandes Prêtresses de la Pureté virent toujours dans l’intégrisme meurtrier, quelle que soit leur religion en fait… On devrait les zigouiller ! L’intégrisme, c’est toujours mal et conduit aux guerres civiles !

Mais je dois m’avouer vaincue : Madame Lesteplume, je n’aime a priori pas ce que vous faites, mais je dois vous admettre que vous le faites bien et que vous m’avez bluffée, même si vous étiez rudement mal partie avec moi comme lectrice !

Et oui, je dois humblement reconnaître que cette auteure réalise ici un tour de force diabolique. Son Holmes et son Watson s’aiment, mais sans qu’autre chose vienne jamais vraiment lourdement trahir la psychologie que leur créateur leur a donnée en dehors de ce « détail ».

En outre, elle ne trahit rien des enquêtes du canon qui seront évoquées avec une rare précision. Elle offre une relecture plutôt fidèle du canon, tel qu’il aurait dû s’écrire, s’il n’avait pas dû cacher l’idylle entre Holmes et Watson pour leur éviter de finir en prison.

L’auteure déploie l’histoire d’amour entre les deux hommes en gardant leurs enquêtes marquantes en toile de fond, une toile de fond tracée avec une certaine rigueur. Une étude en rouge et le Signe des Quatre seront au programme.

On y évoquera quelques “untold cases” au passage, comme autant de clins d’œil. Même les personnages secondaires seront bien traités et respectés. Mme Hudson prendra peut-être davantage de place que dans le canon, mais d’une manière tout à fait crédible et sympathique.

La culture holmésienne de l’auteure est indéniable, ainsi que ses références historiques fournies et sourcées. Tout cela donne à ce pastiche une authenticité qu’on ne retrouve généralement pas dans les fanfictions diffusées sur le net par des personnes dont la culture holmésienne se réduit à la série Sherlock.

La psychologie des deux personnages est ici cohérente avec le canon. Elle s’en éloigne sensiblement évidemment, mais seulement pour que la relation amoureuse entre les deux hommes puisse être crédible.

Évidemment, cela suppose que Holmes soit capable d’amour, et de faire un petit forçage de la surface hermétique de ses émotions… Mais même les artifices de l’auteure pour y parvenir se révéleront relativement convaincant. Même pour une sceptique comme moi.

J’ai vu les personnages de Holmes et de Watson parfois bien plus maltraités par d’autres pastiches où ils restaient hétéros. Je me souviens par exemple d’un pastiche lamentable où Watson se prenait pour un playboy et lorgnait sur tous les décolletés, ce qui me semble bien plus éloigné du Watson original que celui que j’ai croisé ici… qui reste fidèle à lui-même, même si son admiration pour son ami va au-delà de ce que le canon nous en dit.

Concernant la façon dont leur liaison se développe, l’auteur échappe à l’écueil de la pornographie. Les rapprochements physiques entre les hommes seront fréquents, certes, mais évoqués malgré tout avec une relative pudeur malgré un ou deux petits détails triviaux.

Quand les deux hommes s’étendent, l’auteure ne le fait pas. Celles et ceux qui voudraient des descriptions cliniques d’emboîtements frénétiques resteront sur leur faim. La plume de Madame Lesteplume n’est pas si leste qu’annoncée (en tout cas dans le premier volume).

Après… pour ce qu’il en est des élans romantiques et de la façon dont les deux hommes découvrent, comprennent et expriment leurs sentiments… Je dirais que nous restons malgré tout dans une écriture très « féminine ».

Je ne suis pas certaine que deux hommes pourraient se parler ainsi, voire élaborer ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre à un tel degré de précision. Surtout un homme comme Holmes ! Mais… je fais peut-être un brin de sexisme en suggérant que les messieurs soient moins à l’aise que nous les fâmes, avec les mots, lorsqu’il s’agit de parler de ce que nous ressentons ?

C’est là, je trouve l’un des principaux écueils du genre. Les pastiches de romances entre Holmes et Watson sont souvent plus écrits à destination d’un public féminin, et par des femmes… Et si les hommes ne comprennent que rarement grand-chose à ce que nous voulons ou ressentons, je crois que nous ne sommes pas plus douées qu’eux pour deviner ce qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes de leurs propres sentiments.

Bref, ce roman est venu bousculer des préjugés et mon refus de transiger avec le canon qui m’avaient toujours toujours tenue éloignée de telles histoires, d’autant qu’elles sont souvent fort mauvaises.

Mais là, vous l’aurez compris : je suis scotchée par ce premier opus. Je me l’étais imposé juste pour le plaisir de le descendre et… Vlan ! Je me fais avoir.

Si je n’avais pas passé un moment aussi surprenant et aussi agréable, j’en serais carrément dépitée !

Lirai-je le second ? Le troisième ? Honnêtement, je ne sais pas. L’été prochain peut-être ? Pour me détendre ?

Je suis curieuse de le faire assurément, pour voir si l’auteure parvient à poursuivre aussi bien qu’elle a commencé. Et puis l’épisode Irene Adler n’est pas évoqué ici… je suis très curieuse de savoir comment l’auteur s’en débrouillera…

Mais j’avoue avoir tout de même un peu peur de me lasser des déclarations que les deux hommes se font l’un à l’autre, ou des passages introspectifs romantiques qui émaillent les chapitres.

Comme je vous le disais… je n’y reconnais pas tant que cela la “psychologie” masculine… Car au risque de surprendre certains homophobes, les hommes qui aiment les hommes restent des hommes, même lorsqu’il s’agit de parler de leurs sentiments les uns pour les autres.

Mais la façon dont l’auteure propose sa relecture des affaires majeures du canon avec précision, tout en présentant une version où l’évolution de l’histoire du couple formé par les deux hommes vient s’imbriquer reste particulièrement habile.

L’auteure réussit cela d’une manière totalement inattendue et c’est là à mes yeux la qualité essentielle que je dois reconnaître à ce pastiche.

Préserver aussi bien le canon tout en le malmenant sur un point aussi important réclame un savant savoir faire. Et je suis carrément impressionnée.

Comment coter ce livre en Sherlocks ? Et bien, je dirais 4 pour le respect du canon, si on oublie la liaison entre les deux hommes. Mais comment l’oublier, puisqu’elle est l’argument même de la série de livres annoncée ? Je ne peux pas dire 4 d’un côté, 0 de l’autre et faire une moyenne entre les deux pour aboutir à 2/5. Ce livre mérite évidemment mieux.

Je préfère ne pas le noter, tout en reconnaissant que, dans le genre holmésien homoérotique, il tient certainement le haut du pavé.

 

 

Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion : Nicholas Meyer

Titre : Sherlock Holmes et les protocoles des Sages de Sion

Auteur : Nicholas Meyer
Édition : L’Archipel Suspense (14/04/2022)
Édition Originale : The adventure of the Peculiar Protocols (2019)
Traduction : Sophie Guyon

Résumé :
6 janvier 1905. Sherlock Holmes – qui fête ses cinquante ans – et le Dr John Watson sont convoqués par Mycroft, le frère du célèbre détective, au club Diogène.

Sur place, ce dernier leur remet les documents retrouvés sur le corps d’une agente des Services secrets britanniques, repêché dans la Tamise : Les Protocoles des Sages de Sion.

Holmes et Watson prennent alors l’Orient-Express pour la Russie des tsars, d’où provient ce texte explosif, bien que sujet à caution. S’agit-il vraiment du procès-verbal d’une réunion tenue par des complotistes dont le but est la domination du monde ?

Mais à leurs trousses s’élancent des adversaires déterminés à les empêcher de découvrir la vérité. Par tous les moyens… Sans doute l’enquête la plus périlleuse du plus célèbre des détectives.

Critique :
Je suis toujours excitée comme un morbac au salon de l’échangisme, lorsque je tombe sur un apocryphe holmésien, mais celui-ci me faisait un peu peur (comme tous les apocryphes).

Non pas parce que Holmes allait encore être mis à la sauce fantastique, mais parce que son titre faisait référence à cet immonde torchon antisémite, complotiste et que je me demandais bien ce que Holmes allait pouvoir foutre dans cette galère.

Nicholas Meyer est un bon pasticheur holmésien, malgré tout, j’avais peur qu’il ne se prenne les pieds dans le tapis, ou dans ce pamphlet.

Les protocoles de sages de Sion, si on n’a rien d’un complotiste, on sait que c’est une bullshit, un faux qui se présente comme un plan de conquête du monde établi par les Juifs. Maintenant, si l’on remplace dans ce pamphlet, le mot « Juifs » par « Femmes », on pourrait accuser la moitié de l’humanité de comploter contre l’autre.

Pareil si vous le remplacez le bouc émissaire habituel par Asiatiques, Musulmans, Chrétiens, Américains, Banquiers, Politiciens, Assureurs… Cela donnera la même impression qu’une nation, corporation, sexe, s’est réunie pour établir un programme de domination mondiale à votre insu.

Pire, remplacez le terme « Juifs » par « Chats » et je parie que certains goberont tout de même que les félins préparent un sale coup pour dominer le monde (mais après leur sieste, hein). Même si Internet peut vous expliquer que ce texte a été inventé de toutes pièces par la police secrète du tsar (Okhrana) et publié pour la première fois en Russie en 1903.

Pas la peine de faire durer le suspense plus longtemps, l’auteur ne s’est pas pris les pieds dans le tapis et Holmes non plus. Peut-être a-t-il eu les doigts dans le corsage de Mme Walling, mais ça, l’histoire ne nous le dira pas.

Nicholas Meyer nous offre donc une bonne enquête de Holmes, même s’il ne devra pas démasquer un assassin. Une enquête différente, non teintée de danger, et où Holmes va comprendre les potentiels dangers que ces écrits subversifs pourraient avoir, avant de s’en rendre compte de visu, face à une jeune fille juive victime de la vindicte populaire.

Les personnages sont assez conformes aux originaux, mais ils suivent les trames que l’auteur avaient amorcées dans ses précédents romans, notamment en ce qui concerne Moriarty et Freud.

Commençant à Londres avant de s’étendre jusqu’à Odessa, l’enquête de Holmes et Watson ne sera pas de tout repos et ébranlera le détective durablement.

Ce polar historique mélange habillement la fiction et la réalité, sans la forcer, se basant tout simplement sur la bêtise humaine, sur cette propension au complot et que le fait que la vérité met toujours plus de temps que le mensonge à lacer ses chaussures, sans oublier que certains préfèrent croire des conneries, si ça les sert.

L’auteur expliquera ensuite dans son épilogue que les protocoles refont surface de temps, tel un serpent de mer et qu’ils ont été déclarés comme vrais, par Hitler, lorsqu’il parlera du complot juif. Le but d’un virus, c’est de contaminer le plus de monde possible et ce pamphlet antisémite est un virus dont il n’existe pas encore de vaccin, hélas.

Un bon pastique holmésien, différents de ceux que j’ai pu lire dernièrement, mais au moins, Holmes n’est pas cuisiné à la sauce fantastique, ce qui me fait plaisir, car je le préfère dans de bonnes vieilles enquêtes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°36] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Arsène Lupin contre Sherlock Holmes – Tome 1 : Jérôme Félix et Alain Janolle

Titre : Arsène Lupin contre Sherlock Holmes – Tome 1

Scénariste : Jérôme Félix
Dessinateur : Alain Janolle

Édition : Bamboo Édition (29/06/2022)

Résumé :
En Normandie, un vieil alchimiste aurait percé le secret de la transformation du plomb en or. Il n’en faut pas plus pour attirer la convoitise d’Arsène Lupin.

Mais ce que le gentleman-cambrioleur ignore, c’est que Sherlock Holmes est sur ses traces. Les bords de Seine vont bientôt devenir le témoin de l’ultime confrontation entre Holmes et Lupin. Et cette fois, ce sera une lutte à mort.

Critique :
Sherlock Holmes et Arsène Lupin se retrouvent une fois de plus ensemble !

Bien que je ne sois pas une fan de Lupin, je ne dis jamais non à une bédé qui me fait du pied.

Les premières pages de cette bédé sont consacrées au final tragique de l’Aiguille creuse, un final que les holmésiens n’apprécient guère, puisqu’il fait passer Holmes pour un salopard.

Pas d’édulcorant dans cette version-ci : Holmes braque son arme à feu sur Lupin et presse la détente. La drame a lieu, une fois de plus. Puis le récit va suivre les pas de Lupin…

J’ai apprécié les dessins de cet album, même si Holmes possède un visage que je n’ai guère apprécié. Il est hargneux, haineux, agressif. Cela ne lui ressemble guère. Par cela, il est plus proche du Sholmès caricatural de Maurice Leblanc (avec macfarlane et deerstalker) que du Holmes de son père littéraire, Arthur Conan Doyle.

Lupin, lui, est très élégant, raffiné, charmant et beau gosse. On sent bien que c’est lui le héros de cette série. Comme son original, il est le maître des déguisements. ♫ Le bel Arsène ♪

Le scénario ne manque pas d’intérêt, il est bien ficelé, intriguant au possible et mêle habillement des disparitions, un meurtre sans assassin, de l’alchimie, des codes secrets à casser… Bref, du suspense, des mystères, des secrets de famille, que demander de plus ?

Juste une chose : vivement la suite ! Oui, c’est à suivre et même si une partie du mystère est levé, il en reste encore sous la pédale pour un second album. Si le suivant est du même acabit que ce premier tome, cela me promet encore du plaisir littéraire, même si leur Holmes a plus du pit-bull hargneux que de l’homme élégant et maître de lui.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°21] Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Sherlock Holmes – Recueil d’enquêtes détonantes : Gareth Moore

Titre : Sherlock Holmes – Recueil d’enquêtes détonantes

Auteur : Gareth Moore
Édition : Hachette Pratique (23/02/2022)
Édition Originale : The Sherlock Holmes casebook and curious puzzles (2022)
Traduction : Laurence Gravier

Résumé :
Affrontez le plus grand des détectives avec cette collection d’énigmes et d’enquêtes aussi diaboliques que divertissantes. Certaines impliquent de la logique, d’autres un œil de lynx et d’autres encore quelques notions de mathématiques.

Utilisez vos pouvoirs de déduction logique et voyez si vous pouvez égaler l’intellect démesuré de Sherlock Holmes.

Non seulement, ce recueil collectionne des énigmes à méditer brillantes et mettant en scène les plus célèbres personnages de l’univers holmésien, mais vous plongerez aussi dans l’ère victorienne grâce aux illustrations originales à la plume et à l’encre de Sidney Paget et George Wylie Hutchinson.

• 200 énigmes à résoudre
• Des heures de divertissement
• Le charme de l’univers holmésien

« Mon esprit se rebelle en stagnation. Donnez-moi des problèmes, donnez-moi du travail, donnez-moi le cryptogramme le plus abstrus ou l’analyse la plus complexe, et je suis dans ma propre atmosphère. » Sherlock Holmes, Le signe des quatre.

Critique :
Bien que je ne sache pas résoudre toutes les énigmes (j’en loupe même beaucoup), je suis incapable de résister à un recueil d’énigmes proposées par le grand Sherlock Holmes !

Dans ce recueil, il y a un peu de tout. Pour certaines, la solution m’a sauté aux yeux, pour d’autres, malgré l’activation de toutes mes petites cellules grises, je n’ai pas réussi à donner la réponse au Maître.

Les énigmes sont mises en scène, l’auteur posant un décor rapide, ainsi que ses personnages, le tout sur une page (certaines énigmes sont très courtes). On peut avoir Holmes et Watson en déplacement pour une enquête, ou Holmes racontant une ancienne enquête à lui.

Ne cherchez pas des cadavres, il n’y en a pas à toutes les énigmes, vous aurez même probablement entendu certaines devinettes ailleurs (plus corsées que « Qu’est-ce qui est jaune et qui attend ? »). Tant mieux, ainsi, vous aurez l’impression d’être l’égal du locataire du 221b, Baker Street.

Les petites illustrations de Sidney Paget et de George Wylie Hutchinson agrémentent ce recueil, assez épais, possédant une belle couverture, douce au toucher.

Par contre, en ajoutant à ce recueil, deux nouvelles de Conan Doyle (Un scandale en Bohème / L’interprète grec), cela donne l’impression qu’on a voulu épaissir le livre de manière frauduleuse.

Soit Holmes n’est pas un inconnu pour l’acheteur et ce dernier a lu l’intégrale de ses aventures (ce sera donc une redite), soit l’achat de ce recueil a été fait pour les énigmes (ou par erreur), mais dans ce cas, les néophytes auraient très pu aller acheter les écrits de Conan Doyle ensuite.

Anybref, ce recueil d’énigmes est à réserver aux personnes qui souhaitent faire travailler leurs petites cellules grises, en compagnie de Watson & Holmes.

Je me suis amusée à tenter de résoudre les différentes énigmes. Mon cerveau étant rouillé, je n’ai pas réussi de manière brillante, mais ceci, on ne le dira à personne. Cela reste un recueil amusant et c’était plaisant de retrouver Holmes et Watson.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°251] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).