[FILMS] On a arrêté Sherlock Holmes de Karl Hartl (1937)

« On a tué Sherlock Holmes » (Der Mann, der Sherlock Holmes war) est un film allemand réalisé par Karl Hartl en 1937. Produit par Alfred Greven.

Il a été diffusé le 4 septembre 2017 sur Arte France sous le titre « On a arrêté Sherlock Holmes ».

Synopsis :
Deux escrocs très désargentés décident de se faire passer pour Sherlock Holmes et le docteur Watson afin de mener la grande vie. Ils voyagent gratuitement en train où ils démasquent deux braqueurs… sans le faire exprès !

Comptant sur la crédulité du personnel, Flint/Holmes et McPherson/Watson s’installent ensuite dans un palace, où les complices des braqueurs ne tardent pas à les démasquer…

Distribution :

  • Hans Albers : Sherlock Holmes / Morris Flint
  • Heinz Rühmann : le docteur Watson / Macky McPherson
  • Marieluise Claudius : Mary Berry
  • Paul Bildt : Sir Arthur Conan Doyle
  • Erich Walter : le directeur d’hôtel

Ce que j’en ai pensé :
En mettant à jour ma filmographie, je me suis rendue compte que je n’avais pas encore regardé cette nouveauté de 1937 !

Alors, en attendant de visionner les suivants, je me suis dit qu’il était plus que temps de me mettre à jour.

Regarder un film en noir et blanc, c’est sans problème, mais entendre le tout en allemand, j’ai eu un peu de mal…

Surtout qu’à chaque « Herein » je revoyais une scène de la Grande Vadrouille…

Là où je suis tombée de ma chaise, c’est lorsque j’ai lu que cette comédie légère avait été réalisée pendant le IIIe Reich. Bête que je suis ! 1937 ! Bon sang, mais c’est bien sûr !

Les deux acteurs allemands sont bien dans leurs rôles, le grand costaud pourrait même faire un Holmes présentable (s’il était plus mince).

Petit détail : pas de pipe calebasse mais une pipe droite (yes !), pas de deerstalker mais une casquette et pas de macfarlane mais un manteau écossais.

Autre petit détail que j’ai failli oublier : le générique de début ! Les noms des acteurs, réalisateurs défilent et derrière, on aperçoit des petits récits de Sherlock Holmes en version pulps allemands ! Comme celui que j’ai pris pour illustrer ma chronique et ceux que j’ai ajouté en galerie, en fin de chronique, sous la vidéo du film intégral.

Le film met un peu de temps à démarrer et la scène des deux escrocs chantant dans leur baignoire est un peu limite kitch, mais une fois qu’on est parti, on est parti et durant leurs enquête, ça va rouler.

Comme dans une pièce de théâtre, on joue avec les quiproquos, les coups de théâtre et autres imbroglios qui donnent à ce film un air assez réussi.

Par contre, niveau dialogues, ce n’est pas Byzance ! J’imagine que la traduction (sous-titres) ne doit pas aider et on ne retrouvera rien de grandioses dans les répliques, hormis quelques unes.

J’ai souri lorsque nos deux escrocs entrent à la préfecture de police. On entend la voix d’un homme qui se plaint de l’incompétence de ses hommes et il est difficile de ne pas penser à la voix de l’acteur qui jouait le rôle du moustachu dans « Der Untergang ».

Vous me direz aussi que dès qu’un type hurle en allemand, ça ressemble toujours à la même chose. Ou alors, c’était le moustachu qui ressemblait à tout le monde quand il vociférait dans les micros…

Ce fut pareil lorsque je le revis avec son monocle et hurlant comme le moustachu dans son bunker, apprenant que les actions Fortis avaient dévissé… Oh pardon, j’ai confondu la parodie avec le film. Au temps pour moi. Autant rire, aussi.

Anybref, revenons à notre film, bitte. Danke.

Il y a du mystère dans ce film : déjà qu’on se demande si un jour on va démasquer ces deux escrocs roublards, mais aussi on se demande qui est cet homme imposant en manteau écossais qui rigole tout le temps dans l’hôtel en voyant passer nos deux hommes.

Les 30 dernières minutes (et non pas les 5) sont rythmées, bourrée de suspense et la question est comment cela va-t-il se terminer ?

Cela se termine comme je l’avais déduit, le tout dans une logique implacable et réaliste parce que c’était la réalité.

Maintenant que j’ai mis à jour les nouveautés de 1937, demain, je me fais 1938 !

3,7 Sherlock

PS : Là où je grince des dents, c’est dans que, une fois de plus, les traductions des titres de films sont loufoques et non correctes !

Le titre étant « Der Mann, der Sherlock Holmes war », il aurait fallu le traduire par « L’homme qui était Sherlock Holmes ».

Là, on se retrouve avec « On a tué Sherlock Holmes » ou « On a arrêté Sherlock Holmes »

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Sherlock Holmes revient : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes revient

Auteur : Yves Varende
Édition : Fleuve Noir (1996)

Résumé :
1904. Tandis que le docteur John H. Watson se consacre à sa dernière épouse et à sa clientèle, Sherlock Holmes quitte sa retraite des Sussex Downs pour reprendre sa carrière de détective consultant à Baker Street.

Le monde et la pègre ont évolué.

Loin des yeux de son habituel biographe, le quinquagénaire gentleman victorien va vivre quelques-unes de ses plus prodigieuses aventures avec un jeune et mystérieux assistant, Barry Taxon…

Ces enquêtes inédites en français ont été proposées par les polygraphes berlinois des Dossiers secrets du Détective Mondial, de 1907 à 1911, puis par leurs adaptateurs hollandais des Harry Dickson.

Six courts romans étonnants, pleins d’humour, de péripéties surprenantes et de personnages hors du commun, révèlent l’activité inconnue du prestigieux limier avant son duel avec Von Bork, l’espion du Kaiser.

Critique : 
Rendons à César ce qui lui appartient et mettons les choses au point une fois pour toute !

Une arnaque de plus ? Oui, un peu… Qui a dit beaucoup ? Un chocolat pour la personne.

Le livre ne vaut pas un bon Conan Doyle et il aurait mieux fait de s’intituler « Harry Dickson revient », cela aurait été mieux avec cette identité dans le titre parce que Holmes n’est pas à sa place ici.

En lisant le livre, on a vraiment l’impression de découvrir de nouvelles traductions des aventures du « Sherlock Holmes américain » (Harry Dickson, donc) dont l’auteur aurait inscrit Sherlock Holmes en lieu et place d’Harry Dickson (parce que ça se vend mieux ?).

J’ajouterai que l’assistant de Holmes se nomme Barry Taxon… Un nom à coucher dehors et ce n’est pas la première fois que je retrouve cet assistant, notamment dans d’autres pastiches dilués où il prénommait Harry Taxon (dans la série des « Sherlock’s Story » et dans « Les triomphes de Sherlock Holmes).

Comme l’auteur se plaît à le mentionner, on avait interdit à l’époque d’utiliser le nom de « Sherlock Holmes » sur la page couverture mais on n’avait jamais mentionné l’obligation de ne pas l’utiliser à l’intérieur non plus.

Nous retrouvons donc Holmes en compagnie d’un jeune élève du nom de Barry Taxon. Il a décidé de quitter ses chers abeilles et de combattre le crime encore une fois. Oui, une fois de plus, c’est à un Holmes vieillissant que nous avons affaire.

Avec un jeune, il aurait fallu le bon vieux Watson… Et là, on voulait un Taxon… Taxons tout cela de mauvais goût.

Malheureusement, les enquêtes racontées ici ne sont pas de la trempe de Conan Doyle ou d’autres bons pasticheurs et je me suis ennuyé du Docteur Watson tout au long de ma lecture. Oui, le brave docteur m’a manqué.

Il est facile pour un écrivain de notre époque de prêter des dons de clairvoyance à Holmes sur l’évolution de l’espèce humaine, mais cela enlève le cachet si personnel et si charmant de l’époque.

Donc, à lire si vous le voulez vraiment… Si vous avez un côté maso, comme moi…

PS : vous avez le droit de sauter des pages !!!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Alimentaire mon cher Watson : Anne Martinetti

Titre : Alimentaire mon cher Watson

Auteur : Anne Martinetti
Édition :  Du Chêne (2010)

Résumé :
On présente trop souvent Sherlock Holmes comme un ascète, une machine à penser délaissant la cuisine au profit de nourritures intellectuelles.

Ce n’est pas le cas. Si, au plus fort d’une enquête, le célèbre détective oublie parfois de manger ou consomme tout juste un sandwich, il aime aussi les mets raffinés, comme une bécasse ou un foie gras en croûte et les grands vins français.

Mieux, l’observation de l’art éphémère qu’est la cuisine lui permet de conduire son art de l’investigation.

Ainsi, peut-il confondre le coupable en observant un brin de persil s’enfonçant dans une plaque de beurre…

Sherlock Holmes, gourmet ? La déduction s’impose ! Mêlant recettes et extraits des œuvres de Sherlock Holmes, cet ouvrages très illustré de photos de recettes et d’ambiance ainsi que d’images anciennes, présente le célèbre détective et des plats évoquant ses enquêtes et les pays visités.

Ce cher Watson n’a plus qu’à se régaler !

Critique :
Non, Sherlock Holmes n’est pas qu’une machine à penser ! Non, son corps n’est pas tout entier dédié à son cerveau ! Non, son corps n’est pas qu’un appendice à son cerveau.

Certes, il mangera toujours moins que Watson, amateur de bonne chère et de chair féminine, lui qui se vante d’avoir connu des femmes sur 4 continents ! Coquin, va !

Au fait, les femmes qu’il a connue, c’était bibliquement ou pas ??

Quand nous écrira-t-on un ouvrage intitulé « J’avais la queue en l’air, Watson » ou « Ma folle nuit avec Irene Adler » ou même « À toutes les femmes que j’ai aimé… et forniqué » par le Docteur Watson ?

Mais malgré tout, si vous lisez le Canon holmésien avec attention, vous remarquerez sans doute que nos deux amis ne disent pas non à un resto ou à quelques bons petits plats mitonnés par leur logeuse.

— Qu’allons-nous faire, maintenant ? demandais-je alors que nous débarquions au pénitencier de Millbank.
— Prendre un fiacre, aller jusqu’à la maison, prendre un petit-déjeuner et dormir une heure.

Le menu qui nous est offert ici est divisé en quatre sections :

  • L’affaire des recettes du 221b Baker Street,
  • L’affaire des gourmets de Londres,
  • L’affaire des voyages de Sherlock Holmes
  • L’affaire des péchés mignons de Sir Arthur Conan Doyle.

Pour chaque section, les recettes sont présentées et photographiées, accompagnées d’extraits issus des aventures mettant en scène Sherlock Holmes.

C’est une manière sympathique et intelligente de nous faire découvrir le meilleur de la cuisine anglaise, souvent raillée car méconnue.

Parce que entre nous, mes souvenirs de la cuisine anglaise remontent au film avec Louis De Funès « Les grandes vacances » et la suite de plats improbables, immangeables que notre brave Charles Bosquier s’extasiait en criant « Delicious ».

Charles Bosquier : Ah c’est étonnant ! Hmmmm ! C’est délicieux ! Delicious ! Mange mon fils ! Allez PAF ! […] Alors ça, ça, c’est le dessert ?
Michonnet : Ah non ! Non, ça c’est la viande, avec la chantilly !

Les photographies de Philippe Asset sont des plus réussies (plusieurs ont été prises au Musée Sherlock Holmes de Londres) et rendent tout à fait l’esprit de l’univers du célèbre détective. Elles ont un joli accent british rétro et plein de charme.

De plus, l’ouvrage est décoré aussi par des illustrations rétros de Sherlock Holmes, comme il était dessiné à la grande époque de Sidney Paget ou de Frederic Dorr Steele.

Outre la gourmandise qui suinte à chaque page et qui vous fait grossir rien qu’en regardant les images, les recettes s’inspirent des dialogues échangés dans les romans, qui font état de tel ou tel plat ou d’un petit déjeuner tardif.

— Venez demain 9h30 pour petit déjeuner. Important. Câblez si impossible. Sherlock Holmes. » Voilà, Watson. Cette affaire infernale m’obsède depuis dix jours. Désormais, je la chasse complètement de mes pensées. J’espère que nous en connaîtrons demain l’issue définitive.
À l’heure dite, l’inspecteur Stanley Hopkins fit son apparition, et nous nous attablâmes devant l’excellent petit déjeuner préparé par Mrs. Hudson. Le jeune policier était d’humeur radieuse du fait de sa réussite.

Les 98 recettes sont agrémentées de l’extrait canonique, ainsi que du nom de l’aventure, ainsi, vous serez incollable sur le pain perdu aux groseilles ainsi que sur la morue aux fraises.

Oups, pardon, la morue aux fraises, elle est de Gaston Lagaffe !

Bon, je ne les ai pas cuisinées, ces recettes, faut pas pousser… Pas trop envie de manger du Haggis, moi !

Beaucoup d’allusions également à de bonnes tables de l’époque, dont certains plats sont recréés ici. Et Holmes était amateur de bons restos après ses enquêtes.

L’ouvrage est complété par une courte bibliographie et quelques bonnes adresses holmésiennes à partager.

Si vous voulez m’inviter, je suis partante car si ma soeur aime cuisiner pour les autres (sans manger), moi, de mon côté, j’aime m’asseoir à table…

Entre les lignes, on y apprend aussi quelques anecdotes sur l’époque ou sur Arthur Conan Doyle, ce qui m’a fait me coucher moins bête, même si j’oublierai des tas de choses d’ici là !

J’ai juste regretté une chose : l’absence de liste des titres d’Arthur Conan Doyle en fin d’ouvrage.

Il a tout de même écrit 4 romans et 56 nouvelles avec son héros, tout de même. Un petit récapitulatif n’aurait pas été du luxe pour ceux qui ne connaissent pas le canon.

L’auteure aurait pu profiter de ce beau livre « hommage » pour inciter ses lecteurs à mieux connaître Sherlock Holmes et donc à lire…

Mais je suppose que ce genre d’ouvrage est acheté en premier par des holmésiens acharnés et moins par le lecteur lambda.

Si jamais, Syl en parle aussi, et avec bien plus d’emphase que moi (le lien est dans son nom).


Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Du même auteur : 

 

 

Le Meilleur Ennemi de Sherlock Holmes : Martine Ruzé-Moëns

Titre : Le Meilleur Ennemi de Sherlock Holmes

Auteur : Martine Ruzé-Moëns
Édition : Du Net (11/04/2018)

Résumé :
Qui aurait cru que le véritable Sherlock Holmes serait amené à rencontrer, un jour du printemps 1924, Sir Arthur Conan Doyle en personne ?

Cette confrontation donnera le départ à une enquête passionnante aux rebondissements multiples.

Elle va amener le vieux détective à sortir de sa retraite et à reprendre du service. La vie d’une jeune femme est en danger.

Pour la sauver, il va parcourir la Grande Bretagne du Sussex jusqu’à l’Écosse.

Critique :
Qui est le meilleur ennemi de Sherlock Holmes ? Moriarty, seriez-vous tenté de dire… Ben non, Moriarty n’a pas réussi à le tuer.

Par contre, Sir Arthur Conan Doyle, son père littéraire, a tout de même commis un infanticide et il avait prévenu sa mère avant !

Un indice ? Non, ne regardez pas en bas de votre écran, mais sur la couverture du roman qui illustre bien le contenu une fois que l’on commence à le lire.

Un nouveau postulat est posé, je n’y avais jamais pensé, il est original, bien vu, et dit comme ça, on peut justifier bien des choses en utilisant le personnage de Holmes à sa manière à soi.

Entre nous, à force de lire des tas de nouveaux postulats durant mon mois de juin, je ne sais plus comment je m’appelle et je pourrais y perdre mon latin et mon grec.

Cette enquête se déroule lorsque Holmes est âgé, à la retraite et qu’il s’occupe de ses abeilles. Donc, pas de chance, le docteur Watson ne sera pas présent, mais j’ai eu mon compte de petits plaisirs avec Holmes et Mathilde…

Sans révolutionner le roman policier, l’auteure nous propose une disparition mystérieuse et un Holmes enquêtant afin de sauver la jeune fille. Un Holmes vieillissant mais toujours en forme et qui aura plusieurs affaires dans le four.

Mon seul bémol sera pour l’explication finale d’un personnage qui me faisait penser à un gros mensonge tant cette personne n’était pas réaliste dans sa manière d’expliquer. À l’entendre, je pensais dur comme fer qu’elle mentait et racontait des carabistouilles.

Ou alors, c’était un tour pour mieux nous embrouiller…

Anybref, j’ai pris plaisir à suivre Holmes dans son enquête, à découvrir une rencontre improbable entre lui et qui vous savez, sans oublier toutes les petites infos qui parsèment ce roman.

Attention tout de même de ne pas en abuser, ça pourrait vite devenir indigeste pour les néophytes comme pour les érudits. Ici, ça passe, les infos s’insèrent bien dans l’histoire sans coller une indigestion.

Pas de résolution à la Agatha Christie ou à la Thilliez, donc, si c’est ce genre de came que vous recherchez, oubliez ce pastiche…

Mais si vous souhaitez voir Holmes sous un autre jour, sans pour autant être aux antipodes de son personnage originel, si vous voulez découvrir un nouveau postulat qui est novateur (en tout cas, je ne l’ai jamais lu) et suivre une enquête tranquillement, ce roman est fait pour vous, même si je l’ai trouvé en deçà de son précédent « Mon ami Sherlock Holmes ».

Malgré tout, pas de regrets de l’avoir acheté et lu car il en valait la peine pour des tas de petites choses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les dossiers Cthulhu – Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Sherlock Holmes et les ombres de Shadwell

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne (14/02/2018)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks – Sherlock Holmes and the Shadwell Shadows (2016)
Traducteur : Arnaud Demaegd

Résumé :
Automne 1880. Le Dr John Watson rentre d’Afghanistan. Blessé et prêt à tout pour oublier son passé, Watson voit sa vie changer lorsqu’il rencontre Sherlock Holmes.

Le détective enquête sur une série de décès survenus dans le quartier londonien de Shadwell.

Des victimes qui semblent mortes d’avoir été affamées pendant des semaines ont été retrouvées, alors qu’elles ont été vues en bonne santé à peine quelques jours plus tôt…

Holmes établit un lien entre les morts et un sinistre baron de la drogue qui cherche à étendre son empire criminel. Cependant, Watson et lui sont bientôt obligés d’admettre que des forces sont à l’œuvre dont la puissance dépasse l’imagination.

Des forces que l’on peut invoquer, à condition d’être assez audacieux ou assez fou…

Critique :
Qu’as-tu lu ? Le Chtulhu ? Le cul qu’à lu ? Non, le Cul-Tu-Lu ! Et Sherlock Holmes…

En fait, on aura plus de Holmes que de Cthulhu car ce dernier sera cité mais jamais présenté à nos yeux avides ou révulsés.

Prendre le canon, en faire des confettis et le réécrire est un exercice qui peut se révéler casse-gueule s’il n’est pas bien réalisé.

Si à cette opération périlleuse vous ajoutez une confrontation de Holmes avec le fantastique, vous risquez de vous retrouver sur une planche savonnée et inclinée au-dessus d’une mer infestée de requins à jeun !

L’auteur doit aimer vivre dangereusement ou avoir eu envie d’assouvir ses fantasmes littéraires les plus fous. Beaucoup ont essayés et tous n’y sont pas arrivés.

Verdict de l’autopsie ? Ça aurait pu casser, ça a passé, mais à un certain moment, j’ai eu l’impression tout de même qu’on avait sorti les forceps ou la vêleuse car le truc était quand même gros à passer.

On se serait bien passé de la cantinière de Watson, du manuscrit qu’il n’a jamais osé écrire et qu’il rédige une fois qu’il est âgé, sur la fin de sa vie, pour confier, tenez-vous bien, à Lovecraft, l’auteur américain à qui il va demander de les enfermer dans un coffre et de jeter la clé car Watson veut exorciser littéralement ce qu’il a vécu au début de sa collaboration avec Holmes. On lui dirait bien de l’écrire et de le brûler ensuite !

Je ne m’attends pas que ces récits soient publiés. Au contraire, il est impératif qu’ils ne voient jamais le jour. J’ai l’intention de les confier aux soins d’un auteur américain du nom de Lovecraft. […] Lovecraft saura quoi faire de ces livres, à savoir les enfermer dans un coffre-fort dont il jettera la clé. Il n’est même pas utile qu’il les lise. Je veux simplement les extirper de moi, pour ainsi dire ; comme un chirurgien procède à l’ablation d’un organe malade. Avant de mourir, je souhaite me débarrasser de leur poids cumulé, de la gangrène que constitue leur présence dans mon âme. Ceci est donc une sorte d’exorcisme littéraire.

Anybref… Une fois passé cette intro qui m’a fait froncer les sourcils, j’ai entamé le récit réécrit de la rencontre Holmes/Watson et de ce côté là, je n’ai rien à redire, l’auteur a maitrisé ses personnages et la nouvelle version est tout à fait dans la ligne de ce qui va se dérouler ensuite.

Comme je le disais, l’exercice de la confrontation de Holmes et du fantastique est périlleuse, foire souvent, réussi rarement, surtout si le fantastique se révèle être du véritable surnaturel et pas de faux, comme dans le Chien des Baskerville, par exemple.

Une partie de l’enquête est bien contée, réaliste pour Holmes, avec un Watson aux avants-postes et pas en train de jouer les remplaçant sur le banc de touche ou le benêt de service.

On a du suspense, des morts mystérieuses, un méchant avec de l’envergure et on aurait pu continuer sur ce terrain là et puis, le surnaturel est entré en jeu et j’ai trouvé que l’auteur n’amenait pas la rencontre entre Holmes et le côté éthéré de la meilleure manière. Ça manquait de réalisme, c’est arrivé bien trop vite et de manière totalement inattendue.

Pourtant, pour le reste, le côté fantastique avec ses créatures sorties de je ne sais où passe assez bien et la créature qui m’a fait soupirer était une réelle, en la personne d’un certain professeur. Il allait bien dans le rôle et pour l’explication finale, mais j’aurais préféré un autre méchant que l’habituel canonique.

Au final, malgré ces bémols, j’ai tout de même trouvé le roman bien fichu et la sauce a pris entre Holmes et les créatures qui avaient tout des envahisseurs reptiliens de la série V ou de la créature version fog londonien tout noir.

Pas de coup de cœur mais le roman n’est pas à balancer dans le talus car il avait ses points forts et à souffert à cause de cette manie qu’on les auteurs de prendre la malle en fer blanc ou la cantinière de Watson ou de nous faire le coup du récit jamais raconté et qui tombe dans les mains d’une personne qui en hérite.

Minime, je sais mais l’auteur aurait pu trouver autre chose que Watson l’écrivant pour l’envoyer à un auteur qui devra l’enfermer… Ce n’est pas vraiment plausible si on désire réellement que ce récit ne soit jamais publié.

Mais là où le bât a blessé vraiment, c’est lorsque Holmes est mis devant ce qui règne dans l’obscurité et dans l’univers. Ça manquait un peu de réalisme dans la manière dont c’est amené.

Pour le reste, j’ai apprécié l’aventure, le mystère, le fantastique, les monstres des profondeurs, les incursions dans les bas-fonds londoniens, le suspense était bien dosé, les personnages réalistes par rapport au récit et assez fidèles canoniquement parlant, quant au final, il était enlevé et bourré d’adrénaline.

Si l’auteur publie les deux autres récits et qu’ils sont traduit, je serai au poste afin de voir les évolutions (ou pas) de nos deux héros qui devraient de nouveau se retrouver confrontés aux créatures divines et comment tout cela va être amené.

Un roman à déconseiller aux esprits cartésiens, aux allergiques au fantastique, aux adeptes du canon holmésiens pur et dur.

Pour ceux qui sont ouverts au fantastique et veulent voir Holmes dans une enquête inhabituelle, le roman pourrait leur procurer du plaisir. de mon côté, je ne regrette pas de l’avoir découvert.

Pour la cotation, un 2,5 aurait été vache, un 3 un peu trop large… Comptons un 2,75 pour la possibilité d’amélioration et en encouragement pour avoir osé réécrire le canon et confronter Holmes aux bestioles qui auraient eu plus leur place chez Lovecraft que chez Doyle (même dans ses mondes perdus). 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 5 – L’otage de Fraulein Doktor : Yves Varende 

Titre : L’otage de Fraulein Doktor

Auteur : Yves Varende (pseudo de Thierry Martens)
Édition : Lefrancq (1999)

Résumé :
Mai 1912. Tandis que l’enquête sur le naufrage du Titanic passionne l’opinion, Sherlock Holmes découvre que l’ennemi n’a pas désarmé.

Ses réseaux se reconstituent dans les bas-fonds de la capitale britannique.

Une grève générale des dockers menace l’Empire. Un drame se joue au Diogenes Club et la vie du grand détective ne tient plus qu’à un fil. Un piège mortel se tend dans les îles Anglo-Normandes…

Critique :
Ach, avec un didre bareil, on bourrait benser que z’est le titre d’un film porno et gu’une dame va chouer au dokteur non confentionné avec Holmes, lui tripodant son archet magique…

Nein, bande dé bedits koquins ! Pas de sexe dans ces pages.

Dernier tome qui compose les cinq récits écrits par Yves Varende.

Cinq récits en forme de montagnes russes puisqu’il y a eu des hauts (récits corrects) et des bas (mauvais récits) dans les scénarios, les personnages, l’écriture, la conformité de Holmes au canon…

Ce dernier, au moins, fait partie des corrects et même si Holmes ne doit pas résoudre un meurtre, il n’est pas transformé non plus en James Bond au service de Sa majesté Churchill, mais il devra résoudre un enlèvement et son adversaire, une femme, sera d’un bon niveau.

Le récit fait aussi partie des corrects parce que c’est bien à Holmes que nous avons affaire dans le roman et pas à une espèce de copie non-conforme.

Les Méchants, quand à eu, sont plausibles et on est loin de ceux qui arrivaient à se déguiser en n’importe qui et à prendre leur place sans que personne ne s’en aperçoive !

Le détective nous gratifie en plus de ses nombreuses déductions. Elles ne sont pas « simplistes », ni capillotractées, que du contraire, elles sont digne de Holmes, comme ses petites ruses, ses déguisements et sa manière de jouer avec l’ennemi.

Son frère Mycroft est bien le casanier indécrottable mais néanmoins brillant cerveau que nous connaissons. Oui, c’est bien lui, le type qui ne se déplace que très peu et qui a horreur des efforts physiques.

Lu il y a tellement longtemps que je ne me souvenais plus de rien et le début du roman m’a fait sourire car une fois de plus, j’étais tombée dans le panneau. En plus, ne me demandez pas pourquoi, mais j’ai lu le tome 5 avant le 4… Ça n’a pas porté préjudice, heureusement.

Varende respecte le canon et les personnages de Conan Doyle : Holmes est horripilant de prétentions (comme d’habitude), mais il est aussi touchant en détective vieillissant et nettement moins fringant qu’à ses débuts. Lumbago oblige…

Aurait-il encore su faire des galipettes avec Irene Adler ? Nous ne le saurons jamais, à moins qu’un auteur ne nous l’écrive. Avis aux amateurs… On peut rêver.

Anybref, dans cette dernière enquête, notre détective n’est plus aussi fort physiquement, il est plus fragile. Et il ira, sciemment, tel le tragédien de théâtre qu’il aurait pu être (et qu’il a fini par devenir dans ses enquêtes), vers une fin tragique.

Quoique, sa nécrologie n’est toujours pas parue dans le « Times »…

Ça ne m’a pas fait de tort de relire cette série car cela m’a permis de faire des fiches pour le blog et de vous parler de ces vieux apocryphes que je traquais dans les années 90 armée de mon seul bouquiniste et de quelques titres que je trouvais à la fin d’autres apocryphes ou des petits livres parlant de Holmes.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 4 – Les meurtres du Titanic : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 4 Les meurtres du Titanic

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Avril 1912. Le destin de l’Angleterre se joue à bord du Titanic. Sherlock Holmes est requis par Winston Churchill pour veiller sur une manœuvre diplomatique de la plus haute importance pour l’Empire.

De redoutables adversaires participent à cette croisière vers l’abysse. Un tueur rôde à bord et frappe impitoyablement là où on ne l’attend pas. L’Atlantique est le nouveau champ de bataille des agents du kaiser.

Critique :
♫ Near, far, wherever you are, ♪ I believe that the heart does go on ♪ Once more you open the door  ♫And you’re here in my heart, ♪ And my heart will go on and on ♫

Titanic ! Céline Dion chantant sa belle chanson… Je vois Di Caprio monter dans le gros paquebot réputé insubmersible, sourire aux lèvres et Kate Winslet, posant seins nus… Je les revois tous les deux à la proue du navire, le bô Leonardo hurlant qu’il est le roi du monde…

Un crétin, ce Di Caprio, d’ailleurs ! J’ai vu le Titanic couler 6 fois et cet imbécile s’est toujours fait surprendre !

Oups, je me trompe… Ce n’est pas le beau Dicarpaccio qui est monté à bord du Titanic, mais Sherlock Holmes et Wiggins, tous deux agissant pour le compte du fumeur de cigares et buveur de whisky : Chruchill. N’espérerez pas un remake romantique du film avec Holmes/Wiggins à la proue, hein !!!

Revenons à nos moutons… Le début du roman est consacré à la présentation de l’insubmersible qu’était le Titanic. Ce sera comme si vous étiez sur le port de Southampton à passer en revue l’immense paquebot. Sauf que vous, vous savez déjà ce qu’il va arriver dans pas longtemps.

On croise des vieilles connaissances aperçues dans le film de James Cameron : Bruce Ismay est toujours aussi imbu de lui-même, le capitaine Smith qui est persuadé que le géant des mers lui permettra de se retirer en pension avec les honneurs, Lightoller,…

Il ne doutait pas que ses financiers futurs seraient parmi les premiers sauvés. L’argent est le meilleur des passeports. Les contrats pouvaient être conclu à bord du navire qui ne manquerait pas de les recueillir.

Avec une allure de chien battu, Bruce Ismay trottina vers l’extérieur. Son soucis premier était désormais de rester le plus proche possible des précieuses embarcations. Le code d’honneur personnel de sa caste lui imposait de rendre compte à ses actionnaires. Il n’y faillirait pas.

Dans son esprit, l’ordre normal des choses était d’évacuer les passagers selon le rang qu’ils occupaient. Un noyé de troisième classe représente moins de perte qu’un milliardaire de première. Quant à l’équipage, il jugeait assurément qu’il convenait de le sacrifier au profit de ceux qui avaient payé leur traversée.

Évidemment, si Holmes est monté sur le Titanic, ce n’était pas pour s’amuser mais pour contrer, une fois de plus, les agents du kaiser qui vont tenter de voler un traité qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences sur les élection américaine qui vont avoir lieu.

Multipliant les déguisements, notre détective passera à côté du cerveau embarqué sur le paquebot puisque notre homme ne fait pas attention aux femmes. Une grossière erreur ! ♪ Nous les femmes ♫ nous le charme ♪ sommes parfois plus retorses que les mecs.

Habituellement, j’évite les spoliers, mais je ne pense pas trahir une info importante en vous signalant que le Titanic va se prendre un iceberg et couler !

— Tout est écrit à l’avance, même l’improbable, et se produit lorsque l’heure est venue.

Si l’auteur ne s’étend pas durant 200 pages sur le naufrage, il restitue tout de même quelques faits importants, sans pour autant entrer dans les détails, le roman ne porte pas QUE sur ça, que du contraire, et on aura une grande partie du roman qui se passera à quai.

Lu il y a 20 ans, j’étais passée outre des petites phrases « vérités » qui parsèment ce court roman de 170 pages.

— Assurez-vous que cette plèbe ne puisse pas indisposer les gens de notre monde. Je ne tiens pas à nourrir la stupide rumeur de malédiction formulée par quelques ignobles journalistes à l’égard du Titanic.
— Certainement, monsieur.
— Vous savez combien nous avons investi sur cet armement. Il est indispensable qu’il soit immédiatement exploité. Nos actionnaires ont des droit que je ne peux négliger.

Normal, à 20 ans, je ne voulais que du Holmes, une fois le double de l’âge atteint, je cherche avant tout de la profondeur dans un roman ou des phrases qui résument bien ce que je pense du Monde et de l’Homme.

Yves Varende a transformé Holmes en petit espion au service secret de Sa Très Graisseuse Majesté Churchill (que Holmes appelle par son prénom, tout fout l’camp ma bonne dame !) mais il reste malgré une enquête, des déguisements, peu de déductions (hélas), mais au moins, le Holmes est assez conforme.

La qualité scénaristique de cette série de 5 volumes n’est pas toujours égale au volume de l’eau déplacée par le Titanic sombrant, mais elle monte en qualité.

Ce tome 4 est lisable (néologisme gratos) et j’ai passé un moment plaisant, tiquant juste sur le fait que Holmes boit comme un trou ! Là, faut pas pousser bobonne dans l’eau glacée, surtout si elle n’a pas de culotte !

Sa capacité d’absorption valait celle d’un professionnel polonais. Futrelle le vit vider la bouteille en quatre prodigieuses gorgées avant de la jeter négligemment au bas de la pente s’étendant derrière eux.

— Le personnel du pont C vous a livré trois collations et une douzaine de bouteilles de sherry depuis le départ.
— Mon péché mignon, reconnut Holmes en se servant largement. Et il m’arrive parfois, très irrégulièrement, de ressentir le besoin de me sustenter. Une enquête implique des horaires décalés, mon cher.

Le voyage inaugural du Titanic commença le 10 avril 1912 et il sombra dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Pourtant, en si peu de jours, il est dit que Holmes a commandé 12 bouteilles de Sherry !

Dans le canon, il ne dédaigne pas un ch’tit canon, mais toujours en des circonstances précises. Là, on dirait un alcoolo vu le nombre de bouteilles descendues. Et Holmes alcoolo, j’ai encore jamais vu dans la canon.

Pour le reste, le bouquin est un peu mieux que les précédents, il se lit facilement, rapidement, Holmes est un peu imbu de lui-même, mais ses petites vannes cyniques sont drôles ou logiques.

— Tu n’as pas eu affaire à un vulgaire détrousseur, mon garçon. Il ne s’est décidé à agir que pour deux raisons précises. Soit parce qu’il t’a reconnu, et je me permets d’en douter, car ton visage n’est pas aussi célèbre que le mien. Soit parce qu’il avait besoin d’un élément indispensable dont dispose le personnel appelé à parcourir les différents niveaux du Titanic.

Wiggins s’agita sur le lit. Il tirait une certaine fierté d’avoir été jugé digne d’une agression sauvage. Le fait qu’elle puisse être l’effet du hasard le défrisait. Holmes avait vraiment l’art de remettre les naïfs à leur place. Le vieux chasseur solitaire marquait son territoire sans même paraître y attacher de l’importance.

— Le corps est singulèrement élastique s’il se laisse aller.
— Pas mes os, malheureusement ! J’ai tout de même une jambe brisée…
— Elle s’en remettra, constata froidement Holmes.

Quant au final, on se doute que le Maître ne va pas en rester là avec la dame qui l’a royalement baisée en passant sous ses yeux sans qu’il ne la visse. Ach, la bedite kokine !

Nous vivons dans une société où l’on ne peut prévenir le crime s’il n’y a pas eu le début de réalisation. C’était malheureusement une évidence irréfutable. La Justice ne s’exerce qu’en prenant appui sur le corps des victimes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes contre Conan Doyle (France 5 – Février 2018)

Écrivain de génie, Conan Doyle a lutté pendant quarante ans contre le pouvoir grandissant de Sherlock Holmes, son personnage créé en 1886 à des fins alimentaires. C’est ce curieux duel que raconte ce film, premier volet de la collection documentaire « Nous sommes une légende ».

C’est l’histoire d’une lutte à mort entre un créateur et son personnage, celle d’un écrivain de génie dont la créature lui a échappé. Pendant quarante ans, Conan Doyle a tenté de résister à Sherlock Holmes. Mais comment faire taire un héros devenu mythe ?

Ce film, écrit par Michel Le Bris, raconte ce duel insolite, grâce à de nombreux intervenants, extraits de films et un témoignage rare de Conan Doyle lui-même.

Ce que j’en ai pensé :
260 films recensés, un millier d’épisodes à la télé et tout autant de pastiches.

Sans oublier les jeux vidéos, les bédés, les mangas…

Adapté plus que Dracula, plus que Frankenstein, plus que Napoléon ou Jésus Christ.

Je suis… je suis… Sherlock Holmes ! Et on entend la voix de Jeremy Brett…

Que voilà un chouette petit reportage bien fait qui fera plaisir aussi bien aux holmésiens qu’aux néophytes.

Le reportage est bien fait, instructif, il évite les pièges (sauf pour la phrase culte « élémentaire » qui est une hérésie).

En 52 minutes, on nous raconte l’histoire de Holmes naissant sous la plume de Conan Doyle et lui échappant très vite, tel un sale gamin dont le père n’arrive pas à contrôler.

Vous saurez tout sur ce qui a poussé Conan Doyle a écrire « The sign of four » alors que « A study in scarlet », la première enquête de Holmes, n’avait pas super bien marché.

Vous saurez surtout la tombe de qui il faut aller fleurir ou remercier cet homme dans vos prières ! (J.M. Stoddart, agent américain du « Lippincott’s Monthly Magazine »).

Vous saurez aussi pourquoi Conan Doyle a tué son personnage qui lui rapportait tant d’argent, lui permettant même de se déplacer en fiacre ! Ce qui, à l’époque, pour un auteur littéraire, était chose impossible.

Là, je peux dire que j’ai appris des choses sur Conan Doyle ! Ben oui, je ne sais pas tout , ou alors, ma mémoire oublie certaines choses pour que mon cerveau ne se retrouve pas submergé par des tas de choses qui ne me serviraient à rien, si ce n’est de briller en société ou je pourrais pourrir le repas des gens en pérorant sans cesse sur Holmes (ce que je ne fais pas !).

Durant ces 52 minutes, je me suis régalée, car dans ce reportage, contrairement à celui sur « Sherlock Holmes : L’héritage », ils utilisaient des images de plusieurs séries (dont la BBC et la Granada), ainsi que d’autres films.

Je ne reviendrai pas sur le fait que dans les illustrations de Holmes, on le voit toujours avec le deerstalker et la macfarlane, ça fait partie du mythe et un truc porté deux fois est devenu son costume.

Allez, je ne vais pas pinailler sur ces petits détails (bien que les petits détails soient les plus importants) car le reportage est bien fichu, instructif et peut lui aussi se regarder en famille, que l’on soit holmésien ou pas, qu’on sache tout ou que l’on ne sache rien.

Après tout, moi je sais qu’on ne sait jamais…

Sur cet auteur que j’apprécie, je n’ai jamais trop cherché à tout savoir, on pourrait parfois être déçu et j’essaie toujours de séparer l’Homme de son oeuvre littéraire, ce qui permet de lire des auteurs mis à l’index, sulfureux (Le Marquis), raciste ou antisémite (Céline) ou de grands criminels de guerre, genre le moustachu.

Le portrait qui a été fait de lui était flatteur et on se rend compte que Doyle était une bonne personne, que comme son détective, il a mené des enquêtes et que sa passion pour le spiritisme et les fées (mes amitiés à ma fée à moi, la « fée pas chier » Stelphique) ont un peu entaché sa fin de carrière.

Un reportage très agréable à regarder, de quoi en apprendre plus sur l’auteur et sur sa créature, même si l’auteur est mis ici en avant, ce qui le change, lui qui est devenu moins important que sa créature.

Certes, les grands holmésiens auront l’impression que c’est du réchauffé, puisqu’ils savent bien des choses, mais en le regardant, ils risquent juste de passer un bon moment car le reportage est bien présenté, bien mis en scène, pas brouillon non plus et bien structuré puisque l’on suivra la biographie de Conan Doyle dans l’ordre.

Les intervenants divers ne plombent pas l’atmosphère, ne sont pas chiants à écouter et les multiples illustrations à l’aide de la filmographie de Holmes sont toujours bien choisies et assez larges que pour que tout le monde soit content.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

L’aventure du détective triomphant, une étude du mythe holmesien : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : L’aventure du détective triomphant, une étude du mythe holmesien

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : Editions de l’Oeil du Sphinx (11/05/2004)

Résumé :
D’aucuns disent que sa silhouette hante encore certains quartiers de Londres, lorsque le brouillard enveloppe la ville…

Si cette affirmation relève de l’affabulation, l’ombre du plus célèbre détective du monde demeure bel et bien enracinée dans l’imaginaire collectif, au point d’en constituer la référence où puisent leurs origines – inconsciemment, parfois – tous les personnages que la foisonnante littérature policière a engendrés depuis qu’Arthur Conan Doyle le façonna.

SHERLOCK HOLMES… son nom résonne comme une panacée au crime, quand bien même ses attributs – la loupe, la pipe et l’incomparable deerstalker – suffisent à le désigner. Souvent pastiché, jamais égalé, il est l’archétype de l’investigateur dont les méthodes, révolutionnaires pour l’époque, font aujourd’hui le quotidien des départements de police scientifique.

Pourquoi un tel personnage, né de l’imagination d’un médecin en mal de clients, a-t-il eu un impact aussi retentissant, jusqu’à créer l’illusion d’une existence réelle ? Pourquoi, alors qu’il était initialement destiné à une existence éphémère, comme beaucoup de ses pairs, s’est-il drapé de cette aura mythique ?

L’étude de l’œuvre de Conan Doyle – que les admirateurs du détective appellent le Canon – et celle des circonstances tant historiques que socioéconomiques qui ont accompagnées la publication de ses aventures nous donneront peut-être la clé de cette énigme littéraire…

Critique :
Ce gros roman de 377 pages est à réserver aux holmésiens, à mon sens, ou à une personne qui souhaiterait vraiment en savoir plus sur Sherlock Holmes, dans sa version canonique.

Fort complet, il ratisse large et nous parle aussi bien de l’auteur (Arthur Conan Doyle), que ses créatures (Sherlock Holmes, le Dr John Watson), que de la ville de Londres, présence imposante dans les 60 enquêtes de Holmes.

L’étude de madame Bellocq-Poulonis ne repose pas, comme pour celle de Baring-Gould sur des faits non avérés ou tirés des apocryphes, mais uniquement sur les aventures canoniques, c’est-à-dire celles écrites par Arthur Conan Doyle et lui seul !

Lorsqu’elle explique certains traits de caractères du détective, elle insère des extraits tiré du canon afin de confirmer ses dires. Idem lorsqu’elle parle de Londres ou d’autres petits détails.

Le fait d’illustrer ce qu’elle écrit est une bonne chose, mais pour une lectrice qui connaît déjà beaucoup sur Holmes, ça ralentit le rythme puisque je n’ai plus vraiment besoin d’avoir des éclairages.

Attention, je ne rouspète pas ! Les extraits sont importants, tout comme les renvois en bas de page lorsqu’elle a eu une information ailleurs.

Vous apprendrez la genèse de Holmes, sa naissance due au fait qu’un médecin qui n’avait pas de clientèle, la demande de Stoddard pour une deuxième aventure de Sherlock Holmes, le succès de Holmes aux États-Unis, le tollé que fit sa disparition, avec manifestations et grèves…

Anybref, incollable vous serez ! Pour autant que vous arriviez à retenir tout. Moi, ce sont les dates qui partent le plus vite de ma mémoire passoire.

À partir de la page 146, on entre dans les abréviations officielles des aventures de Sherlock Holmes, celles utilisées par les initiés et qui pourraient paraître barbares pour d’autres.

Et puis, ensuite, toutes les aventures canoniques sont résumées, par ordre de publication, avec quelques petites infos en plus. L’extase pour moi, tout simplement.

Une vraie bible pour l’holmésien, une vraie mine d’or, le tout étant correct, non farfelu et tout à fait canonique.

À garder sous la main pour écrire un pastiche holmésien ou juste pour le plaisir.

Sommaire :

Partie 1 : Genèse d’un Mythe
– Sir Arthur Conan Doyle, Approche Biographique
– Chronologie des parutions Holmesiennes
– Conditions de création du personnage
– La Mort de Sherlock Holmes
– La Geste Holmesienne ou l’image du surhomme

Partie 2 : De l’Écriture au Mythe
– Contextes
– Le Choix d’une écriture réaliste
– Chronologie Intra-Diegetique des affaires Canoniques
– Une Prédisposition au Mythe

Partie 3 : Le Mythe Triomphant
– Contrefaçons, Pastiches & Caricatures
– L’Holmesologie ou la reconnaissance du Mythe
– Sherlock Holmes ou les prémices de la Police Scientifique
– En guise de conclusion

Annexes
– Abréviations Canoniques du Professeur Jay Finley Christ
– Fiches descriptives des 64 enquêtes de Sherlock Holmes
– Bibliographie supposée de Sherlock Holmes
– Dr Watson gets married
– Petite bibliothèque Holmesienne
– Postface

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes revient : André-Paul Duchâteau

Titre : Sherlock Holmes revient

Auteur : André-Paul Duchâteau
Édition : Claude Lefrancq (01/01/1992)

Résumé :
La belle Janet Fields,comédienne de son état, a reçu un message lui annonçant qu’elle sera assassinée en cours de représentation.

Mais Sherlock Holmes aime trop l’art pour permettre un tel sacrilège… Raffles lance un défi ‘à Holmes : il commettra un forfait légitime et le grand détective ne pourra l’en empêcher ni le démasquer…

Avant de revoir la belle Janet Fields dans un rôle de composition fort différent, le Dr Watson nous amènera chez un écrivain aux têtes multiples…

Critique :
André-Paul Duchâteau est le scénariste de Ric Hochet, une bande dessinée que j’adore, du moins, dans les 19 premiers titres.

Ce scénariste s’est aussi attaqué à Sherlock Holmes et je n’ai pas vraiment apprécié la saga qu’il avait publiée dans les années nonante (80+10) aux éditions Lefranq, dans leur collection Bdétectives.

Ce petit roman regroupant 4 nouvelles écrites par Duchâteau, je l’avais acheté en 1996, lors de sa sortie et après 22 ans, je n’avais plus aucun souvenir de ce que j’avais éprouvé comme sentiments de lecture à l’époque.

Le Mois Anglais de 2018 était donc une bonne occasion pour ressortir de mes étagères ces nouvelles de mon détective préféré, me permettant ainsi d’augmenter les chroniques apocryphes sur Sherlock Holmes.

Vu mes précédentes déconvenues, c’est avec beaucoup de circonspection que j’ai entamé ma lecture.

Verdict docteur ? Faudra pas le piquer ! Il est tout ce qu’il y a de plus correct et Holmes s’épanouit toujours mieux dans le format des nouvelles que dans celui des romans de longues haleine.

Je soulèverai tout de même un point qui me hérisse les poils (avant épilation) : le docteur Watson qui appelle Holmes par son prénom ! Crémildiou, quelle hérésie !

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).