Sherlock, Lupin & moi – Tome 7 – L’énigme du cobra royal : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 7 – L’énigme du cobra royal

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel (04/09/2019)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & io, tome 7 : L’enigma del Cobra Reale (2016)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Irène rentre à Londres avec son père, où elle retrouve avec joie Sherlock et Arsène. Mais un évènement vient aussitôt perturber les retrouvailles : Horatio, le majordome de la famille Adler, a disparu !

Plus étrange encore, il a laissé une note avec quelques mots griffonnés. Convaincue que quelque chose se trame et que la note peut être un indice, Irène en appelle à l’aide de ses amis pour enquêter.

Au fil de leurs recherches, ils parviennent aux Docks de Londres, où un mystérieux crime a été commis. Les trois acolytes se trouvent alors confrontés à une véritable énigme, qui les plongera dans l’histoire des colonies britanniques en Inde.

Critique :
Voilà une saga qui après 7 tomes parus me plait toujours autant et où chaque nouveau tome est dévoré peu de temps après son achat (ça ne croupit jamais dans ma PAL).

Le seul défaut de ces romans est qu’ils se lisent trop vite.

On commence à le lire, on s’émerveille de retrouver nos trois compagnons de route, on passe du bon temps avec eux, on les suit dans leurs aventures, leurs enquêtes, on frissonne avec eux et il est déjà temps de se dire « au revoir et à la prochaine ».

Parfois je me dis qu’un peu plus de pages ne nuiraient pas aux romans car on a beau être dans de la littérature jeunesse, où les lecteurs ne sont pas des imbéciles, un peu plus de détails et de développements ne seraient pas du luxe pour expliquer certaines choses aux plus jeunes ou pour donner plus d’épaisseur à certains personnages secondaires et au « Méchant ».

Ici, c’est faiblement esquissé, on ne parle un peu, mais si peu… Alors qu’on aurait pu étoffer le récit en donnant plus d’importance à l’ennemi du jour, à ses motivations, à son mobile, à sa méthode, sans parler d’une petite leçon d’Histoire, l’air de rien, en l’intégrant au récit de manière à ce que ça devienne pas un cours éducatif, mais plutôt des renseignements généraux.

Nous avions pourtant de là matière à faire un roman noir (jeunesse) avec les docks londoniens, les conditions de travail qui y règnent et avec l’Inde sous domination anglaise. L’esclavage,  la spoliation, l’avilissement, ça fait de la matière, pour une histoire, même pour la jeunesse.

Mais bon, l’auteur fait ce qu’il veut, c’est son histoire et Conan Doyle faisait pareil…

Pour le reste, on a une bonne enquête, des mystères, du suspense, un Sherlock qui se trompe mais qui comprendra ensuite son erreur et la corrigera, ce qui fait de lui un excellent détective qui n’a pas peur d’avouer ses erreurs.

Irene, de son côté, tente de se reconstruire après le drame qui l’a frappée dans le tome précédent, son père erre comme une âme en peine et il faudra une injustice à réparer pour la faire repartir en avant, à l’aide de ses deux compères.

Une fois de plus j’ai passé un bon moment à suivre leurs enquêtes, à voir les personnages évoluer vers ce qu’ils seront plus tard, à sentir les tensions au sein de leur groupe (deux garçons et une fille, pas bon !) et à tenter de trouver la solution avant eux.

Sans révolutionner le genre, cette série jeunesse a tout pour me plaire, même si j’aurais aimé un peu plus de mâche, de ©gourmand-croquant’ (pour parodier Cyril Lignac) afin de combler mon appétit pour la société victorienne et tout ces petits travers.

Vivement le suivant car je suis accro (et je sens que je vais être à la ramasse lorsque le dernier tome paraîtra).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°82.

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Les avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle : Collectif

Titre : Avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle

Auteur : Collectif
Édition : Rivages Noir (25/09/2019)
Édition Originale : The Big Book of Sherlock Holmes Stories
Traducteurs : Frederic Brument & Gerard De Cherge

Résumé :
« Refermant un livre de Conan Doyle, quel lecteur des aventures de Sherlock Holmes n’a jamais essayé les méthodes du détective sur ses parents, ses amis ou, mieux encore, sur des inconnus croisés dans la rue ? Enfin, soyons honnête, l’expérience se conclut souvent par un échec et le moindre succès doit beaucoup à la chance (…). Il n’y a qu’un Sherlock Holmes. Et qui mieux que Watson, sous la plume de Conan Doyle, pour pasticher l’épisode de déduction élémentaire qui reste la marque de fabrique du maître des détectives ? » (extrait de la préface)

Outre cet « auto-pastiche » de sir Arthur lui-même, le lecteur se délectera des tentatives d’holmésiens érudits comme Leslie S. Klinger, Barry Day et Donald Thomas. Des copies dignes des originaux. À la manière du maître.

Ce volume est précédé d’une préface de Thierry Saint Joanis, président de la Société Sherlock Holmes de France et grand érudit en science holmésienne.

Critique :
Écrire des apocryphes holmésiens à la manière du Maître (Conan Doyle) n’est jamais un exercice aisé. Beaucoup s’y sont essayés mais peu ont réussi brillamment à le faire.

Pour une fois, je n’ai rien à redire à ce recueil d’enquêtes de Sherlock Holmes car les trois pasticheurs ont réussi à le faire au plus proche de la manière de Conan Doyle.

Ce dernier s’était même prêté au jeu du pastiche de son personnage dans une nouvelle intitulée « Comment Watson comprit le truc » qui figurait dans un tout petit livre destiné à une maison de poupée, haute d’un mètre, et destinée en cadeau à la reine Mary, l’épouse de George V.

Anybref, ce recueil de 4 nouvelles est savoureux, se déguste avec une bonne tasse de thé par temps pluvieux, avec un sourire béat de satisfaction affiché sur les lèvres.

Certes, il est toujours difficile de penser et d’écrire comme un auteur, mais certains y sont arrivés et la preuve est dans ce 4ème tome des Avatars de Sherlock Holmes.

On a des références canoniques, des déductions du détective, la nouvelle de Conan Doyle est drôle et fait penser à l’épisode de la Granada « Le patient à demeure » et la fameuse scène d’ouverture chez le barbier où Watson se lançait dans le jeu de la déduction avec Holmes, se plantant royalement.

« L’Affaire de la caisse en bois » aurait pu être tirée du canon holmésien tant elle semble familière, comme si nous l’avions lue un jour dans un recueil des aventures officielles du grand détective londonien.

« L’Affaire du curieux canari » fera connaître à Holmes un échec, comme il en eut quelques uns dans sa carrière, notamment lorsqu’il avait sous-estimé le danger qui menaçait la personne visée.

Quant à « L’Énigme de la main invisible », elle entraînera nos deux compères à Paris, pendant l’affaire Dreyfus (pour le commencement) et nous croiserons Mme Marguerite Steinheil, la maîtresse de celui qui « se voulait César, mais ne fut que Pompée » (Félix Faure), celle qui fut surnommée ensuite « La pompe funèbre ».

Oui, ELLE ! Cette histoire coquine qui donna lieu à ce joli jeu de mot, inventé après, sans aucun doute, que l’on mis dans la bouche (oups) du prêtre appelé à l’Élysée en catastrophe pour administrer les derniers sacrements : « Le président a-t-il encore sa connaissance ? — Non, monsieur l’abbé, elle est sortie par l’escalier de service ».

Dans leur nudité, les deux corps enchevêtrés évoquaient de façon saisissante un détail de quelque tableau figurant un massacre. Félix Faure était un homme bien bâti, séduisant dans le genre robuste. À l’approche des soixante ans, il avait une tête large, des yeux bleu pâle et une longue moustache. Il gisait sur le ventre, nu comme un ver, son corps massif, inerte, affalé d’une manière qui ne pouvait signifier à mes yeux qu’une seule chose. Sous lui, emprisonnée par son poids, sans le moindre vêtement sur le dos, se trouvait Marguerite Steinheil. Son visage et ses épaules étaient mouchetés de gouttes de sang provenant du nez ou de la bouche du mourant.

Anybref, cette enquête, différente des autres, se déroulera sur 10 années, même si, entre temps, Holmes laissa tomber cette histoire pour y revenir le moment opportun.

Assurément, pour ce petit recueil de nouvelles apocryphes, on est dans le haut de gamme. Dommage que ce soit si court, mais quand c’est bon, on peut se contenter d’avoir un goût de trop peu vu qu’on a tutoyé les anges.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°80.

Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde : Andrew Lane

Titre : Les premières aventures de Sherlock Holmes – Tome 2 – Les assassins du Nouveau-Monde

Auteur : Andrew Lane
Édition : Flammarion (07/09/2011)
Édition Originale : Young Sherlock Holmes, book 2: The red Leech (2010)
Traducteur : Marie Hermet

Résumé :
« L’Angleterre s’éloignait inexorablement, et avec elle tout ce qui lui était familier. L’avenir ne lui réservait qu’incertitudes et surprises. Il devrait affronter un nouveau monde, de nouvelles coutumes, des gens inconnus.

Le danger ne serait jamais loin ». Sherlock s’attire des ennuis… Le voilà embarqué sur un navire pour les Etats-Unis, cherchant à délivrer son ami Matty des mains d’assassins sans scrupules. »

Critique postée sur Babelio le 23 mars 2012 :
Le deuxième opus ne m’a pas trahi. Comme le premier, je l’ai dévoré, découvrant ce que l’auteur nous invente pour la jeunesse de Sherlock Holmes.

Nous retrouvons notre jeune Sherlock, avec son professeur qui continue de lui enseigner ce qui pourrait lui servir plus tard.

C’est en espionnant une discussion entre son frère Mycroft et son professeur Amyus Crowe qu’il apprend qu’un ancien sudiste, que tout le monde croit mort, a trouvé refuge en Angleterre.

Cela l’intrigue et il est bien décidé à fourrer son nez là où il n’aurait pas dû ! Notre futur détective se retrouvera en fâcheuse posture, ne devant son salut qu’à son ami Matthew.

Ce dernier, se faisant enlever ensuite, obligera nos amis à s’embarquer pour l’Amérique dans le but de le récupérer. de plus, Crowe et Mycroft soupçonnent qu’il se trame quelque chose de plus terrible.

Ne croyez pas que la traversée sera de tout repos pour notre jeune détective en herbe et qu’il se contentera de prendre des leçons de violon auprès d’un artiste itinérant ! Oh que non !

Une fois sur l’autre continent, Sherlock fera la démonstration de tout ce qui sera LUI plus tard. Se déguisant pour échapper à une filature, retournant ensuite la situation à son profit.

C’est le cas du fileur filé… Retrouvant la trace de son ami et terminant toute l’affaire uniquement aidé de Virginia (qui, décidemment, lui fait de drôle de sensations…) puis de Matthew.

Le reste, je ne vous le raconterai pas, mais ça bouge de tous les côtés pour nos trois amis. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture et j’attends la suite avec impatience.

Le titre en version originale était « The Red leech » autrement dit « La sangsue rouge ». Vous comprendrez pourquoi en le lisant…

Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes : Marc Lemonier

Titre : Le petit dictionnaire de Sherlock Holmes

Auteur : Marc Lemonier
Édition : City Edition (16/11/2011)

Résumé :
Sherlock Holmes est immortel. Plus d’un siècle après sa dernière aventure officielle, il occupe toujours une place de premier ordre au royaume des détectives. Films, pastiches, suites, livres, séries télévisées : Holmes est partout…

Dans ce petit dico, l’auteur part sur les traces de l’œuvre de Conan Doyle, de sa genèse jusqu’à nos jours. Lieux, personnages, objets fétiches, enquêtes, moments clés de sa vie : vous serez incollable sur le dandy détective.

Comment a-t-il rencontré le fameux docteur Watson ? Qui étaient ses parents ? Comment a-t-il disparu en combattant le professeur Moriarty ?

Et au fait, savez-vous que Holmes n’a jamais prononcé le mot « Élémentaire » ?

Critique :
Lorsque je suis tombée sur ce bouquin, je me suis dit que cela serait amusant de le posséder et de faire grossir mes étagères Sherlock Holmes.

Bien souvent, je cherche dans ma mémoire le réalisateur d’un film ou un détail d’une aventure et rien ne surgit (oui, Alzheimer fait des ravages).

Si, à ce moment là, vous n’avez aucun ordinateur allumé, c’est assez embêtant.

Un dictionnaire résoudrait parfaitement ce problème.

Ne vous attendez pas à de grandes révélations en le lisant. Une grande partie de l’ouvrage se trouve sur le site de la SSHF.

Le dico peut, toute fois, se révéler utile en cas de plantage de PC ou de flemme de l’allumer pour vérifier un détail (attention, pas un détail trop petit, juste une indication). Il se lit plaisamment installé dans le canapé, tasse de thé à la main.

L’auteur nous cite souvent des passages entiers du canon, comprenant dialogues ou descriptions. Lorsqu’il nous donne le titre de l’aventure canonique, en dessous, il note le titre en V.O, sa date de publication, l’endroit où elle fut publiée ainsi que son abréviation officielle en bas du texte.

Lemonier nous parle aussi de quelques films sur Holmes, dont les deux derniers de Ritchie, la série Sherlock de la BBC, celle de la Granada, des villes citées dans le canon, des personnages (quelques uns, les plus importants), de quelques acteurs qui ont interprétés Holmes à l’écran, des untold stories,…

Mais sans trop entrer dans les détails. le strict minimum.

Toutefois, il y a des erreurs et quelques oublis importants à mes yeux :

Page 22 : « L’aventure de Wisteria Lodge » (WIST) où l’auteur du dico oublie un détail monumental. Cette histoire commence en effet par Watson qui nous écrit ceci : « Dans mes notes je retrouve la date : fin mars 1892. le temps était froid, et gris, le vent soufflait. Holmes avait reçu un télégramme et il avait griffonné la réponse. » 1892 ? Holmes étant disparu aux chutes le 4 mai 1891. L’erreur canonique aurait dû être soulignée dans le dico, je trouve.

P 43 : parlant de Jeremy Brett qui incarna le détective, il a cette phrase étrange « Il ne lui manque que la haute stature ». Sachant que Brett mesurait 1,88 m et que Holmes en faisait 1,80 m, je me demande ce que Lemonier a voulu dire par-là. N’aurait-il pas vérifié les tailles de ces deux hommes ? Ou alors, il n’aime pas Brett et trouve qu’il n’interprétait pas brillamment Holmes…

P 48-49 : Les titres des recueils (Adventures, Memoirs, Return) sont en gras, les nouvelles qui les composent en italique, notées l’une à la suite de l’autre. Avant de passer au titre du recueil suivant, il y a un espace. Les nouvelles auraient gagnées en clarté à être mise l’une en dessous de l’autre, mais bon.

Par contre, le correcteur n’a pas vu que « His last bow » n’était pas en gras et se trouvait directement sous les titres composant « The return », sans l’espace de séparation requis. Pareil pour « The casebook ». Cela donne un gros plaquage sur la fin.

P 56 : « Quand il s’ennuie un peu, le détective se shoote avec une solution à 7% de cocaïne ! » C’est noté texto ainsi. Punaise, dit ainsi, on dirait un camé de la pire espèce.

P 67 : C’est « LA cycliste solitaire » ou « LE cycliste solitaire » ? Pourtant, il me semblait avoir lu que, d’après des notes manuscrites de Conan Doyle, il visait bien l’homme qui suivait mademoiselle Violet Smith et que c’était « Le » et pas « La ». Une histoire de sexe, encore une fois. L’inconvénient de la langue anglaise, c’est le « the » qui ne vise personne en particulier (The Adventure of the Solitary Cyclist).

Page 73 : « inspecteur « Greyson »?? Dans le canon, c’est l’inspecteur GREGSON !! La faute. Carton rouge.

Page 82 : Dans « L’Employé de l’agent de change », la Franco-Midland est rebaptisée « Les Quincailliers de la Franco-Midland » et serait donc ainsi (en ces termes) présente dans le Canon. Ce qui ferait du président un plagiaire de Conan Doyle si cet intitulé se trouvait bien dans le Canon. Hors, c’est lui qui l’a inventé de toute part pour le site de la SSHF.

Page 94 : on apprend que la série Granada est interrompue par le décès de Brett. Il n’en est rien. Jeremy Brett était pourtant encore bien vivant quand il embrassa publiquement le président à la fin de la soirée télévisée organisée en 1994 pour marquer la fin de la série…

P 165 : erreur lamentable dans le titre en V.O des « Propriétaires de Reigate » qui devient « The Red-Headed League » au lieu de « The Reigate Squires ». L’abréviation REIG et la date de publication sont les bonnes.

P 207 : Il parle de Lady Eudoria Vernet Holmes, mère d’Enola, de Sherlock et de Mycroft. Cette femme est un personnage fictif des livres de Nancy Springer. Lemonier nous signale ensuite qu’elle a été enlevée. Erreur ! Elle a disparu, oui, personne ne sait où ni pourquoi, mais très vite ils comprennent qu’elle a disparu de son plein gré. Désolé, mais on  ne mélange pas les faits canoniques avec les apocryphes.

P 210 : le violon de Holmes. L’auteur nous signale qu’il l’a acheté son Stradivarius pour une bouchée de pain à un brocanteur. Était-ce si compliqué de donner plus de détails ? Comme quoi il valait au moins 500 guinées et qu’il l’avait payé 55 shillings à un brocanteur juif de Tottenham Court Road (The Adventure of the Cardboard Box).

P 210 : le violon, toujours. Lemonier nous parle de Holmes cherchant à découvrir la note qui ferait immobiliser les mouches. Cette expérience est celle de Holmes/Robert Downey Jr dans le film de Ritchie, mais ce n’est pas précisé. Pour l’histoire des mouches et de l’expérience avec le violon, cela provient d’un film avec Rathbone (« Les aventures de Sherlock Holmes ») auquel Ritchie rendait hommage dans son premier opus…

Bref, un peu trop d’erreur pour un dictionnaire !! Un peu trop d’approximations et de mélange entre la fiction et le canon.

Sherlock Holmes et le mystère du Palio : Luca Martinelli

Titre : Sherlock Holmes et le mystère du Palio

Auteur : Luca Martinelli
Édition : Joëlle Losfeld (2011)
Édition Originale : Il Palio di Sherlock Holmes (2009)
Traducteur : Lise Caillat

Résumé :
L’intrigue part d’un fait avéré de la saga de Sherlock Holmes : le séjour du détective londonien en Italie alors que tout le monde le croit mort. Sa mission est de reconstituer le réseau des agents secrets britanniques.

Mais à peine arrivé à Florence, Holmes entend parler d’un homicide advenu à Sienne dans lequel serait impliqué un Anglais et qui pourrait bien compromettre sa mission. Il s’y rend sur-le-champ.

Convaincu de l’innocence de son compatriote, il cherche à dénouer le piège dans lequel celui-ci est tombé.

Assisté par le petit Federigo, fils de son aubergiste, Holmes découvre vite des indices étonnants qui le plongent dans l’effervescence du Palio, la célèbre course de chevaux siennoise…

Critique :
Voilà un agréable petit pastiche qui fait plaisir à lire.

L’action se passe durant le grand hiatus de Holmes et nous le retrouvons en Italie.

Un des agents étant accusé d’une meurtre qu’il n’aurait aucune raison de commettre, Holmes est envoyé, incognito, bien évidemment (seul son frère Mycroft sait QUI il est), dans la ville de Sienne, en effervescence à cause de la proximité du Palio, la fameuse course.

L’enquête ne casse pas trois pattes à un canard, mais elle a le mérite d’être simple, pas tirée par les cheveux et, ma foi, ce sont celles là qui vont le mieux à un roman sur Holmes.

Bref, une agréable enquête à suivre en compagnie de Sherlock qui n’est pas seul car il est accompagné du fils de l’aubergiste (un enfoiré de première, l’aubergiste), un gamin d’une huitaine d’années.

Entre le détective et l’enfant nait une amitié car notre homme le prend sous son aile, le soustrayant à son père qui a la main un peu lourde. le gamin est en admiration pour le monsieur, sans savoir qui il a vraiment devant lui, Holmes étant censé être mort.

L’homme de Baker Street s’adoucira un peu devant cet enfant qui ne demande qu’à apprendre.

C’est un petit plus que j’ai bien aimé dans cette aventure que j’ai quitté avec regret.

L’ambiance du livre était agréable, on avait envie de continuer à lire, il n’est pas trop gros, pas de risques de tourner en rond, même si, à un moment, on lambine un peu. Juste très peu…

Bref, un chouette petit apocryphe qui mérite d’être connu. Agrémenté de quelques déductions holmésiennes et d’une résolution d’enquête à laquelle je ne m’attendais pas (non, je n’avais pas trouvé le coupable !).

Le Retour de Moriarty : John Gardner

Titre : Le Retour de Moriarty

Auteur : John Gardner
Édition : JC Lattès (1976)
Édition Originale : The Return of Moriarty (1974)
Traducteur : Iawa Tate

Résumé :
Londres, 1894 – Le silence têtu de monsieur Holmes et Watson, les démentis répétés de Scotland Yard, n’empêcheront plus la vérité d’éclater : le professeur James Moriarty, que la presse et l’opinion publique tenaient pour mort, n’a pas péri aux chutes de Reichenbach.

Aujourd’hui la terrible menace de celui que l’on a surnommé le Napoléon du Crime pèse à nouveau sur Londres et c’est tout l’Empire Britannique qui tremble.

Mais dans quel but Moriarty bat-il le rappel de ses armées de faussaires, de coupe-jarret, de surineurs et de prostituées ? Pourquoi pourchasse-t-il Jack l’Éventreur dans les brouillards de Whitechapel ?

Quelle effroyable machination ourdit-il dans son repaire secret des docks de la Tamise ? Plus inquiétant encore, c’est le mutisme de Sherlock Holmes. Le détective de Baker Street acceptera-t-il de se dresser à nouveau contre celui qui fut, de toute éternité, son plus mortel adversaire ?

Critique :
Moriarty, sa vie, son oeuvre…

La lecture de ce roman m’a déconcertée car je m’attendais à un combat entre Holmes et son vieil ennemi, Moriarty. Que nenni !

Ce livre, c’est uniquement consacré au Napoléon du Crime et à son organisation criminelle.

Une sorte de livre de bord de sa « criminelle entreprise » qui ne connaissait pas la crise et le fait qu’il reprend les rênes que Moran avait laissée un peu trop lâche sur l’encolure de leur « personnel » si particulier.

Bref, le syndicat du crime vient de retrouver son président après trois ans d’absence.

Holmes est fort peu présent dans ce livre, contrairement à ce que le quatrième de couverture pouvait laisser croire en notant « le détective de Baker Street acceptera-t-il de se dresser à nouveau contre celui qui fut, de toute éternité, son plus mortel adversaire ? ».

Holmes est plus ténu qu’une ombre puisque l’on ne fera jamais que référence à sa présence, entre autre lorsque Moran va se positionner en face de chez lui pour le dézinguer ou quand Moriarty repense à ce qu’il s’est réellement passé aux chutes de Reichenbach.

D’ailleurs, je dois souligner que l’explication de Moriarty est une de celle que je n’avais pas encore lue. Elle a le mérite d’être crédible.

Nous avons eu droit aussi à une autre théorie : comment ce paisible professeur de mathématique est-il devenu cet homme à la tête d’une organisation criminelle à faire pâlir de jalousie les autres ? Je dois dire que l’astuce est bien trouvée.

Bref, ce livre est tout entier consacré à Moriarty et à la manière dont il a repris les rênes des affaires lors de son retour. On descendra dans les bas-fonds en compagnie de gens fort peu fréquentable et on découvrira qu’il vaut mieux ne pas doubler l’homme.

Moriarty a organisé sa bande en véritable « famille », donnant pour mieux recevoir, et tenant tout le monde dans une main de fer. Une sorte de mafia anglaise dirigée par son Parrain.

Malgré quelques passages un peu plus lents, le livre se lit avec facilité et bien que détestant le Napoléon du Crime, je dois reconnaître que le livre est bien écrit et je ne regrette pas la lecture.

 

Moriarty – Tome 5 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 5

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi
Traduction : Patrick Honnoré

Édition : Kana Dark (05/07/2019)
Édition originale : Yûkoku no Moriarty, book 5 (2018)

Résumé :
Le mythe de Sherlock Holmes revisité à travers les yeux de Moriarty !

Fin du XIXe siècle, l’Empire britannique a atteint son acmé…

Albert Moriarty, fils aîné du comte Moriarty, est révolté par le système social fondé sur la hiérarchie des classes et profondément enraciné dans les esprits.

Deux frères rencontrés dans un orphelinat vont lui permettre de se lancer dans un projet d’une ambition folle : apporter la paix au pays tout entier.

Eh oui, l’ennemi juré de Sherlock Holmes cachait un secret… !

Critique :
En début de ce tome, Sherlock a joué avec William Moriarty à qui a tué le monsieur dans le train lancé à plus de 80km/h et tous les deux ont résolu cette affaire, bien que l’un ai triché…

Maintenant, voici Sherlock et John face au roi de Bohême tandis que son frère Mycroft, lui, est confronté au vol d’un document tellement important que si il venait à être divulgué, ce serait la fin de l’Empire, au minimum.

Rien que ça… Entre nous, on a déjà une reine Victoria vachement jeune et on se permet d’appeler le voleur de document un pirate…

Je ne sais pas où il a garé son navire, ni avec quel ordinateur il a pénétré dans les appartements de sa Gracieuse Majesté, mais le terme « pirate » est aussi approprié qu’une trou dans son pantalon (au cul, bien entendu).

Vous verrez que dans le tome 6 on va le nommer « Tipiak »…

Je me répète sans doute, mais ça fera du bien à ceux qui n’écoute pas dans le fond, mais le langage ordurier de Sherlock Holmes en ces temps victorien est aussi déplacé qu’une meute de cafards chevauchant des rats dans un restaurant 4 étoiles le jour de l’inspection de l’hygiène et de la venue des inspecteurs du guide Duchemin (l’aile ou la cuisse).

Que le Sherlock BBC jure, utilise des mots de notre époque, je ne dirai rien, mais qu’un Holmes du temps de la reine Victoria utilise les prénoms, dise des « j’en ai rien à foutre » et autre mots barbares, ça ne colle pas, ça ne lui va pas.

De plus, il a toujours l’air d’un gamin déluré qui n’aurait pas reçu assez de fessées dans son enfance. Il n’a pas de charisme, est trop foufou, trop mal poli, trop foutraque, fadasse, sans épaisseur aucune.

Parlons un peu du scénario qui révise le Canon Holmésien à sa manière et nous rejoue Le Scandale En Bohême à sa manière, c’est-à-dire… Heu, j’hésite entre la franche rigolade ou une visite au fond de la Tamise.

Si une copinaute m’avait joué ça dans une fanfic, j’aurais ri de bon coeur, mais dans le mange, ça passe un peu moins bien, surtout que Holmes n’agit pas comme son alter ego du Canon. Qu’on le change un peu, je ne dirai rien, mais là, « trop is te veel », comme on disait chez nous du temps de la terrible rage taxatoire ! (« Trop c’est trop » dans les deux langues).

Quant à la belle Irene Adler, la soprano, elle a plus l’air d’une demi-mondaine qu’autre chose. Ben tiens, c’est justement ça, c’en est une, de demi-mondaine et elle va piéger Sherlock d’une belle manière, mais lui, bordel de dieu, se vautrer par terre pour demander pardon, pitié !

Malgré tout, puisque j’ai commencé cette saga et qu’elle me diverti en me faisant grincer des dents, je la continuerai afin de vous tenir informé de la suite des événements. C’est mon job.

Entre nous, il vaut mieux la prendre pour une revisite des enquêtes de Holmes à la va-comme-je-te-l’interprète plutôt que comme quelque chose de sérieux.

Dommage que leur Sherlock ne soit pas un peu plus stylé, plus gentlemen, moins gamin, parce qu’il y avait tous les ingrédients pour une réécriture étonnante et réussie. Au final, c’est Moriarty qui est le plus sérieux dans tout cela et le moins fadasse.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°03.

 

Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne Steampunk (20/02/2019)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks, book 2 : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities
Traducteur : Arnaud Demaegd

Résumé :
Printemps 1895. Malgré quinze années de combat contre des entités surnaturelles, quinze années qui ont coûté sa santé à Sherlock Holmes mais aussi la vie à Mary, épouse du Dr. Watson, les deux amis accourent sans hésiter lorsqu’on les appelle à Bedlam, asile psychiatrique de triste renommée. Ils y rencontrent un étrange patient qui parle r’lyehen, la langue des Grands Anciens.

L’homme, amnésique, est horriblement mutilé.

Les détectives découvrent qu’il s’agit d’un scientifique ayant étudié à l’Université Miskatonic, et l’un des deux survivants d’une expédition maudite visant à capturer un Shoggoth, une créature quasi-mythique.

Mais comment cet homme a-t-il atterri à Londres, et pourquoi a-t-il perdu l’esprit ?

Lorsque le mystérieux patient disparaît, enlevé par des forces occultes, il devient évident que l’affaire ne se limite pas à son cas.

C’est seulement en apprenant ce qui s’est réellement passé lors de cette désastreuse expédition en Nouvelle-Angleterre que Holmes et Watson pourront mettre au jour la vérité, et qui se cache derrière la monstruosité du Miskatonic…

Critique :
Que ceux qui n’aiment pas le steampunk lèvent la main ! Ah oui, quand même…

Bon, pas de panique, ce roman a beau être publié dans la collection Steampunk de chez Bragelonne, il n’y a rien pour en faire un roman steampunk (pas de machines à vapeur, d’automates et autres trucs) mais il y a tout pour en faire un roman fantastique et surnaturel.

Le premier volet ne m’avait pas convaincu, je n’avais pas aimé le Grand Méchant qui expliquait tout à Holmes, ça ne faisait pas vrai.

Il était donc clair que j’allais laisser tomber la saga mais ma copinaute et pigiste occasionnelle, Dame Ida, m’a convaincu du contraire. Et non, elle ne touche pas d’argent de la maison d’édition. Mdr

Je l’ai déjà dit, Holmes et le fantastique, c’est souvent casse-gueule. Pourtant, les auteurs s’y engouffrent comme des assoiffés devant la fontaine à eau. Ça passe parfois, ça casse souvent.

Les Éditions Soleil, dans leur collection 1800, ont mis Holmes à la sauce vampires, voyages dans le temps et Nécronomicon. Avec pour résultat qu’on ait un peu de tout niveau qualité scénaristique.

Là, j’ai eu une fois de plus un coup au cœur en lisant que tout ce que raconte Watson dans le Canon holmésien est faux ! Sherlock Holmes est un détective de l’étrange, traquant sans cesse des créatures qui auraient tout à fait leur place dans l’univers de Harry Potter, en lieu et place de maîtres-chanteurs, voleurs, assassins ou criminels du dimanche.

— Ah oui ? Mon Dieu, je ne nierai pas que l’ennui s’est installé en moi, Watson. Je suis fatigué de cette lutte constante. Je m’aperçois que j’envie la vie que je mène dans vos histoires, où je glisse avec aisance d’une affaire à l’autre en n’affrontant rien de pire que des maîtres chanteurs, des meurtriers, des voleurs de bijoux et la fripouille occasionnelle qui a des vues sur quelque faible femme rougissante. Je parviens à résoudre tous les problèmes avec grâce et sans jamais risquer ni ma santé mentale, ni mon âme. Personne ne pourrait me reprocher de vouloir en finir.

L’univers de Lovecraft m’est parfaitement hermétique, je ne le connais pas. Celui de Holmes, je le maîtrise un peu et son personnage m’a semblé peu conventionnel, peu Holmésien, très différent des récits canoniques, comme si l’auteur avait voulu le mettre à sa sauce, en plus de le plonger dans le bouillon des créatures surnaturelles.

Pourtant, à certains moments, on se demande si on a affaire à un pastiche holmésien ou un pastiche lovecraftien… L’auteur a beau dire le contraire, pour moi, il pastiche deux auteurs.

Si ce livre est mon œuvre, alors je n’ai pas pastiché un auteur, mais deux. Or il faudrait être particulièrement courageux, voire téméraire, pour s’essayer à pareil exercice. Quiconque me connaît vous dira que je ne suis ni l’un ni l’autre.

C’est du grand-écart, ça pourrait faire mal quelque part mais apparemment, l’auteur a de la souplesse et ce que je reprochais au premier volet ne s’est pas renouvelé dans le deuxième. L’écriture est plus subtile, plus posée et de ce fait, le scénario est mieux mis en valeur, ça passe beaucoup mieux.

Construit à la manière des romans « Une étude en rouge » ou du « Signe des quatre », nous avons un récit dans le récit et après les péripéties de Holmes et Watson, un autre personnage racontera ce qu’il s’est réellement passé sur le fleuve Miskatonic lors d’une expédition qui a tourné au fiasco avec seulement deux survivants dont un dans un état pas possible.

Autant où la première partie était une enquête conventionnelle, même si nous sommes dans du fantastique, la seconde, tout en restant dans le genre, fait plus dans le registre aventurier avec l’expédition sur le Miskatonic où des bestioles pas catholiques frayent. Le port de l’armure est conseillé pour se baigner dans ses eaux troubles.

Anybref, si j’avais des réticences pour le premier, je n’en ai plus pour le deuxième, même si je ne m’habituerai jamais à voir Holmes dialoguer avec un espèce de dieu d’un Monde ancien ou du moins, d’un Monde qui n’est pas le nôtre.

Si le ramage et le plumage du troisième volet ressemble à celui du deuxième, alors je serai comblée. Gaffe de ne pas tomber dans les travers de la fin de saga et de la bâcler, comme d’autres ont fait avant lui (et feront après lui).

Un tome d’entre-deux prometteur, un scénario réussi, des dialogues agréables, amusants, même, parfois, des personnages holmésiens différents de ceux du Canon, du suspense, du mystère, une enquête et de l’aventure avec un grand A.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 5 – L’ombre de Jack l’éventreur : CED

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 5 – L’ombre de Jack l’éventreur

Scénariste : CED
Dessinateur : CED

Édition : Makaka (23/11/2018)

Résumé :
De nouveaux meurtres sont perpétrés dans le quartier de Whitechapel, à Londres. L’inspecteur Lestrade reçoit de mystérieuses lettres revendiquant les crimes, qui sont signées… Jack l’éventreur !

Dix ans après sa disparition, le tueur en série serait-il de retour ? Incarnez Holmes ou Watson, repérez-vous grâce à la carte du quartier et découvrez le fin mot de cette énigme, car le héros, c’est vous !

Critique :
Entre cette collection et moi, c’est une histoire d’amour qui dure depuis le tome 1 (chroniques des tomes 2 / 3 / 4) et depuis le départ, l’auteur, CED, n’a eu de cesse de se renouveler.

Le but du jeu est toujours le même, certes, faut trouver QUI a tué, on voyage toujours autant dans le livre, suivant les numéros, mais la teneur des enquêtes changent.

Le tome 2 possédait 4 enquêtes, dans le tome 3, on pouvait incarner Moriarty lui-même et dans le 4, la belle Irene, en sus de pouvoir enquêter dans la peau de Holmes ou de Watson.

Ici, 10 ans plus tard, une femme s’est faite poignarder dans une ruelle sordide de Whitechapel et l’ombre de Jack The Ripper semble planer une nouvelle fois. Le changement par rapport à 1888, c’est que la victime n’est pas une prostituée, mais ça, on ne le dit pas dans l’album.

Oh purée qu’est-ce que j’ai sué une fois de plus pour ne rien louper, pour enquêter de la manière la plus concentrée qui soit et au bout d’une heure, je n’avais toujours pas trouvé qui était le coupable, même si j’avais une vague idée.

Dans ce genre de bédé, on en a pour ses sous car on met du temps à arriver au bout de l’enquête, tant les indices, les suspects, les interrogatoires, les fausses pistes, sont légions.

Pour une fois, j’ai quasi réussi à trouver toutes les petits énigmes dans l’énigme et à accéder à des détails importants qui m’ont aidé à affiner ma résolution, même si je n’en étais pas sûre à 100% car CED sait brouiller les pistes et nous donner des infos qui ne serviront qu’à jeter le fog dans notre esprit, moins brillant que celui de Holmes.

Il faut en tout cas être bien attentif durant son enquête, je jamais hésiter à suivre un chiffre afin de rien rater, comme les inscriptions sur les murs.

À un moment donné, je me suis même retrouvée bloquée dans l’avancée de l’histoire parce que je n’avais pas observé avec attention une scène et de ce fait, loupé un chiffre qui m’envoyait vers deux autres suspects et me faisait gagner des points finaux.

La bonne idée était de nous fournir un plan de Whitechapel « vierge » que nous devons compléter au fur et à mesure que nous trouvions des adresses durant nos pérégrinations, ce qui laisse la possibilité de revenir sur ses pas quand on pense qu’on a loupé un détail important.

Mon seul bémol sera pour le fait que j’ai eu l’impression que Holmes et Watson étaient plus en retrait que dans les autres éditions… Qu’on les voyait moins, qu’ils intervenaient moins… Comme si j’étais seule alors que j’incarnais Watson.

L’avantage de ces enquêtes, c’est que nous pouvons les refaire à l’envi, en choisissant un autre personnage à incarner la prochaine fois et ainsi, on reprend tout à zéro (ou on a bien noté les indices dans le carnet et on a les réponses) avec un autre personnage, ajoutant de la difficulté avec Holmes ou préférant la facilité avec Watson.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 1 – L’Affaire du Ticket Scandaleux : Cyril Lieron & Benoit Dahan

Titre : Dans la tête de Sherlock Holmes – Tome 1 – L’Affaire du Ticket Scandaleux

Scénaristes : Cyril Lieron & Benoit Dahan
Dessinateur : Benoit Dahan

Édition : Ankama (24/05/2019)

Résumé :
Un simple diagnostic médical du Dr Watson se révèle être bien plus que cela…

La découverte d’une poudre mystérieuse sur des vêtements et d’un ticket de spectacle très particulier amène Sherlock Holmes à penser que le patient n’est pas l’unique victime d’un complot de grande ampleur.

Il semblerait en effet que l’étrange disparition de londoniens trouve son explication dans les représentations d’un magicien Chinois. D’autres tickets retrouvés confirment les soupçons du détective…

Dans les écrits de Conan Doyle, Watson n’a pu dépeindre que la face émergée de Sherlock Holmes… Mais dans ce livre, nous pénétrerons visuellement le mental du détective, le long du fil de son raisonnement, et à travers l’architecture de son monde interdit !

Une enquête inédite dans al pure tradition holmésienne avec une originalité de la construction graphique alliant la forme au fond !

Critique :
Une chanson se demandait ce qu’il avait ce Georges et cette bande dessinée s’est demandée ce qu’il pouvait se passer dans la tête de Holmes lorsqu’il était sur une enquête.

Brillant, rien d’autre à redire !

Ce qu’il se passe dans la tête de Holmes est bien imaginé, bien mis en scène, bien illustré et durant toute l’histoire, nous suivrons un fil rouge qui, tel celui de d’Ariane (pas la fusée) afin bien suivre le fil de sa pensée et de ses déductions.

Les dessins et les tons de couleurs peuvent un peu déstabiliser au départ, mais les tons sépias donnent aux pages une impression de vieil album qu’on aurait retrouvé au fond d’une malle en fer blanc et cela sied parfaitement à cette bédé.

Une enquête, sans éléments fantastiques, purement policière, des déductions, une piste que l’on remonte, un plan de Londres que l’on suit (en plus du fil rouge) et l’impression d’avoir pénétré dans le saint des saints : le cerveau complexe de Holmes, merveilleusement illustré en début par une mansarde remplie de livres consacrés à son métier.

Ce qui se passe dans notre tête à nous, c’est que le cerveau est en ébullition, les yeux le sollicitant sans cesse, la faute à tous les petits détails et à la qualité de l’intrigue dont nous allons remonter le fil (rouge) patiemment afin de savoir ce qui a bien pu se passer dans ce théâtre.

En plus de son enquête sur ces espèces de zombies humains qui sont sorti de ce théâtre (zombies vivants, je précise), on an toile de fond des disparitions de gens dans les bas-fonds et le suspense, le plaisir, l’émerveillement seront présent jusqu’à la dernière case qui nous dira que la solution est pour le prochain épisode.

Chouette, on nous promet un prochain album (pas tout de suite, celui-ci vient de sortir il y a quelques jours) et dommage, j’aurais aimé connaître le fin mot de cette enquête.

Je serai fidèle au poste, prête à rempiler une nouvelle fois pour pénétrer dans la tête de Sherlock Holmes.

À quand un livre sur ce qu’il s’est passé dans son caleçon long lorsqu’il reçu un Souverain de la part de Irene Adler ?

Oui, je sors…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.