Sherlock Holmes et le mystère de la Chambre Jaune : Le Griot

Titre : Sherlock Holmes et le mystère de la Chambre Jaune

Auteur : Le Griot
Édition : Auto édition (08/07/2019)

Résumé :
Le célèbre locataire du 221b Baker Street à Londres, se penche sur le Mystère de la Chambre Jaune, vingt ans après les faits. Ses conclusions vont remettre en cause tout ce que l’on croyait savoir sur cette intrigue.

Le véritable rôle de Gaston Leroux, la double identité de Rouletabille, pourquoi Ballmeyer n’est pas cet agresseur pervers et violent décrit dans le roman paru en 1907 et comment Moriarty se retrouve une fois encore impliqué dans un crime de sang.

Avec le docteur Watson et Peter Rolling, un reporter américain détaché à Paris par l’Associated Press, ils vont nous dévoiler les dessous d’une histoire qui allait potentiellement changer le destin de l’Europe à la veille du premier conflit mondial.

La Chambre Jaune n’a pas révélé tous ses secrets, Sherlock Holmes entre en piste !

Critique :
Sherlock Holmes résolvant le mystère de la chambre jaune, pourquoi pas ?

Même si le mystère avait été résolu par Rouletabille et que je me souvenais toujours du final du roman de Gaston Leroux.

Mais je n’ai rien contre une réécriture de la solution finale, si l’auteur me prouve par A+B que la solution d’origine est entachée de non-sens ou d’erreurs, un peu à la manière de Pierre Bayard révise les grands enquêtes littéraires.

Oui, mais faut que ça tienne la route !  Condition essentielle pour que je valide.

Ici, je ne suis pas convaincue et j’ai même eu la désagréable sensation que Holmes ne faisait que de la figuration tant la majorité du récit est composé de Watson lui détaillant les faits qu’il vient de lire dans le journal qui revient sur cette affaire mystérieuse, 20 ans après et raconte comment le journaliste Boitabille avait résolu ce meurtre en chambre close.

Heureusement que ce roman est assez court parce que sinon, j’aurais eu l’impression de relire le roman de Gaston Leroux.  Bien entendu, si vous ne l’avez jamais lu, ces précisions sont primordiales, essentielles, même, mais j’aurais préféré avoir plus de Holmes et moins de Gaston Leroux.

Niveau action, c’est très calme, tout se passant dans le salon du 221B Baker Street, Holmes faisant preuve de son talent de déduction en résolvant ce mystère dont il estime que la solution proposée n’est pas la bonne et il va nous donner sa version à lui.

Comme je vous le disais, je resterai dubitative devant la solution proposée car Holmes fait intervenir un coupable qui ne s’y trouve pas d’origine et c’est là que le bât blesse : était-il nécessaire de l’inclure dans tout ça ? Pour moi, non, mais ceci reste une opinion personnelle (comme toujours, d’ailleurs).

À vous de vous faire votre opinion, mais en ce qui me concerne, ce fut mitigé ! Dommage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°194], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°20], Le Challenge A Year in England [Lecture N°04] et Le challenge « British Mysteries 2021 » chez MyLouBook.

Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 10 – Le seigneur du crime

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (13/01/2021)
Édition Originale : Il signore del crimine (2015)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
C’est le printemps ! Mauvaise nouvelle pour Sherlock Holmes, impatient de pouvoir exercer son esprit brillant avec une nouvelle enquête.

Pour jouer, Irene lui propose d’analyser une série d’inexplicables événements. C’est alors que Sherlock identifie un sinistre, subtil fil rouge qui les relie tous…

Ainsi commence une incroyable compétition avec un mystérieux génie criminel qui, dans une succession de rebondissements, mènera Sherlock, Lupin et Irene à une révélation finale éblouissante.

Critique :
Comment redonner vie à un Sherlock en proie à la stagnation de son cerveau ?

En lisant les faits divers du Times et en mettant la main sur ce qui semble une affaire pour le moins étrange : un homme a tiré à l’arc sur un cuisinier français et l’homme, une fois arrêté, ne se souvient de rien du tout.

L’avantage de ces romans c’est que l’auteur en a écrit une vingtaine et qu’Albin Michel nous les fournisse assez vite.

En 4 ans, nous avons déjà eu 10 livres ! 10 romans rafraichissants qui, jusqu’à présent, ne m’ont jamais déçus.

L’inconvénient est qu’ils se lisent trop vite… Une seule soirée est nécessaire pour le dévorer et ça laisse toujours un goût de trop peu dans la bouche tant c’est amusant, les enquêtes de notre trio.

Amusantes, leurs enquêtes, oui, mais non dénuée de danger ! Il ne s’agit jamais de retrouver le chat de la mère Michel ou de se frotter à des gentils voyous, mais souvent de résoudre des meurtres.

Le seul inconvénient que je relève à chaque lecture, c’est que Irene Adler en dit parfois trop à l’avance ! Cela nuit ensuite au suspense ou alors, ça nous met les nerfs en boule de savoir qu’entre eux, il va y avoir un drame, un accident, une dispute, des « si j’avais su »… Faut jamais annoncer aux lecteurs la couleur des choses avant qu’ils ne les voient arriver. Ceci est minime, bien entendu, mais ça gâche le suspense.

Une fois de plus, l’enquête est intéressante, possède du mystère, du suspense, des interrogations et est rondement menée. On sort un peu des sentiers battus en ce qui concerne les meurtres ou les incidents et c’est finement joué.

De plus, c’est aussi l’entrée en scène d’un futur méchant que nous connaissons bien et qui avait déjà fait une apparition fugace dans un autre tome (L’énigme de la rose écarlate, Tome 03)… Une affaire à suivre !

Sans révolutionner le monde du polar, cette saga n’en est pas moins très agréable à suivre, de par ses personnages principaux, très attachants et de par le fait qu’elle ne prend pas les jeunes lecteurs pour des neuneus sans cervelle.

Une chouette série qui peut être lue sans problème par des adultes qui ont 4 fois 10 ans (même plus) car ils y trouveront leur compte, passeront un moment de lecture agréable et détendue, ce qui, en ces moments, est toujours bonne à prendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°184], le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°10] et le Challenge A Year in England chez Lou, Cryssilda et Plaisirs à Cultiver – 2021 [Fiche N°02].

Sherlock Holmes et le pont du diable : Christine Muller

Titre : Sherlock Holmes et le pont du diable

Auteur : Christine Muller
Édition : Le Verger – Les enquêtes rhénanes (17/05/2019)

Résumé :
Hiver 1899. Sherlock Holmes et le docteur Watson reçoivent un appel au secours à Saverne, en Alsace, dans les ruines du château du Haut-Barr, un frère et une sœur sont morts tous les deux, à quinze jours d’intervalle, et de la même étonnante manière : ils sont tombés de la passerelle qui relie deux rochers dans la haute ruine, qu’on appelle le pont du diable.

Une mystérieuse lettre anonyme affirme qu’ils ont été assassinés. Holmes et Watson ne sont pas au bout de leurs surprises.

Leur enquête dans la cité alsacienne va les amener à croiser un mystérieux chevalier d’opérette, un séducteur invétéré, un aubergiste plein de ressources, un cordonnier irascible, un industriel, une couturière…

Les intrigues se multiplient à l’ombre du pont du diable pour la plus grande joie du détective, qui prend un évident plaisir à les démêler.

Critique :
Ce n’est pas la première fois que je le lis les aventures de Sherlock Holmes en Alsace et je dois dire que j’apprécie la région vue aux travers des enquêtes de mon détective préféré, même si je préférerai toujours Londres comme théâtre de ses exploits.

Ce n’est pas la première fois que je lis l’auteure, j’avais même discutée avec elle sur le forum de Jeremy Brett dont elle faisait partie.

Ce deuxième tome n’est pas composé de nouvelles mais d’une enquête longue de 200 pages et il n’en faut pas plus pour Holmes plus adapté au format des nouvelles que du roman. Mais dans ce cas-ci, ce n’est ni trop ni trop peu.

Pas vraiment de temps mort, même si vous le savez, Holmes ne cavale pas comme un imbécile un peu partout ni à la Jack Bauer de 24h chrono.

Holmes enquête avec minutie, prend son temps, sans trop en perdre et si nous pataugeons dans tout ça comme ce brave Watson, ne voyant rien ou débridant un peu trop son imagination, notre limier se gardera bien de nous donner des indications, ou alors, elles seront vagues.

Bien entendu, une fois tout expliqué, la lumière se fera dans nos petits esprits et on se dira que tout compte fait, c’est simple. Nous sommes mauvaises foi, nous, les pauvres Watson qui n’avons rien vu venir !

Les dialogues ne sont pas neuneus, ils ont du peps, Holmes a de la répartie, s’inquiète pour Watson lorsque celui-ci est blessé au genou (la pommade du médecin locale est miraculeuse car il se remet vite, j’en veux un pot !!) et contrairement au précédent opus, on parle moins du maroquin contenant le seringue et la fameuse solution de cocaïne.

Par contre, le style de l’auteure n’a pas changé, elle utilise des comparaisons et l’une d’entre elle m’a fait penser à du Frédéric Dard dans le texte (ou du moins, le père de San-Antonio ne l’aurait pas reniée). Cela ajoute de l’humour mais à la fin, ces comparaisons pourraient devenir lourdes…

Il écrasa ensuite sa cigarette dans une coupelle en fer blanc posée sur un guéridon instable d’une laideur à décourager un usurier.

Elle s’empara de ma flasque de spiritueux et y téta avec une voracité de nourrisson affamé.

Malgré mes petits bémols, ce polar historique est bien construit, a du suspense, du mystère et jusqu’au bout je n’ai pas eu l’ombre d’un soupçon quant à la résolution, ce qui montre que je suis loin d’être une disciple valable pour le Maître.

C’est plaisant de lire une nouvelle enquête de Sherlock Holmes, accompagné de son fidèle Watson, dans un récit qui n’a rien de fantastique et dépourvus de monstres.

Bref, une enquête classique, plaisante, amusante, qui ne révolutionne pas le roman policier mais qui a réussi tout de même à me surprendre puisque je n’avais rien vu venir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°122].

Sherlock, Lupin & moi – Tome 9 – Partie de chasse mortelle : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 9 – Partie de chasse mortelle

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/09/2020)
Édition Originale : Caccia alla volpe con delitto (2015)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
Londres, hiver 1872. Irene propose à son père un séjour à la campagne afin de lui changer les idées.

Au cours d’une partie de chasse, un homme disparaît mais personne ne semble s’en inquiéter.

Irene contacte Sherlock et Lupin pour qu’ils l’aident à mener l’enquête.

Critique :
Sortez les fusils de chasse car Lord Ingletorpe a l’autorisation de faire une chasse au renard hors saison !

Attention, les fusils que je vous demande de sortir, ce n’est pas pour tirer sur le pauvre renard que l’on va poursuivre à cheval, mais sur les chasseurs…

Visez bien, il ne s’agirait pas de tuer un cheval dans l’histoire.

Il est des amis que l’on aime retrouver, même si c’est pour aller au fin fond du trou du cul de l’Angleterre juste en compagnie d’Irene, de son père et de leur domestique Horatio (qui ne porte pas de lunettes de soleil comme celui des Experts Miami).

Quand Irene prend quelques jours de détente en compagnie de son père, c’est comme quand Hercule Poirot va quelque part : un crime à lieu ! Ces gens sont des dangers publiques, ils attirent les assassins comme le miel attire les insectes.

J’aurais aimé avoir des potes comme elle : un message au sujet d’un truc louche qui semble s’être déroulé et voilà Sherlock et Lupin qui rappliquent dard-dard (jeu de mot suite à l’utilisation de miel plus haut et il n’y a pas d’autres sous-entendus).

Des suspects, on en aura des flagrants, comme toujours. Mais est-ce le personnage le plus louche qui est coupable ou pas ?

C’est toujours frais, amusant, enlevé et ça fait un bien fou au moral. L’inconvénient est que ça se lit trop vite.

Mon petit bémol concernera Sherlock qui, repartant enquêter à Londres, ne nous fera vivre ses pérégrinations et déductions que par procuration (sans mettre du vieux pain sur son balcon), lorsqu’il passera la porte pour désigner le coupable.

Zut alors, moi j’aurais bien aimé suivre mon jeune détective en herbe dans les rues de Londres… Puisque la narration est pour Irene, ce que font ses amis, nous ne le savons jamais qu’après. C’était aussi un moyen simple et efficace pour l’auteur de ne pas nous mettre trop vite la puce à l’oreille.

Les indices récoltés m’avaient permis de désigner la bonne personne mais il me manquait le mobile et sans les explications de Sherlock, je ne l’aurais pas trouvé… Seule son enquête à Londres le permettait.

Une fois de plus, c’est un chouette moment que je viens de passer en compagnie de mes vieux amis et j’ai hâte de les retrouver dans de nouvelles aventures policières.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°108].

Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles : Loïs H. Gresh

Titre : Sherlock vs Chtulhu – 01 – Les dimensions mortelles

Auteur : Loïs H. Gresh
Édition : Ynnis (08/01/2020)
Édition Originale : Sherlock Holmes vs. Cthulhu : The Adventure of the Deadly Dimensions (2017)
Traduction : Thomas Bauduret

Résumé :
Face à l’horreur indicible, l’esprit de déduction le plus brillant de tous les temps atteint ses limites.

Une série de meurtres macabres et terrifiants secoue Londres. Sur les lieux du crime, il ne reste rien d’autre qu’un tas d’ossements ainsi qu’une étrange sphère en os, sur laquelle des symboles arcaniques semblent avoir été gravés.

Le fils de la dernière victime demande l’aide de Sherlock Holmes et du docteur John Watson. Tous deux tentent alors de découvrir le fil conducteur qui pourrait unir les assassinats et confondre leurs responsables.

Mais à mesure qu’ils progressent dans leur enquête, la logique si chère au célèbre détective de Baker Street semble s’évaporer un peu plus au profit de l’inconcevable, à l’image de cette terrible machine tueuse que d’aucuns prétendent « vivante », ou des membres de cet « Ordre de Dagon », dont les cultes et rituels rivalisent de ferveur et d’horreur…

Et pour cause : que reste-t-il une fois qu’on a tout éliminé, y compris l’improbable ?

Critique :
Depuis longtemps, Sherlock Holmes est mis à toutes les sauces et affronte toutes sortes de créatures fantastique, comme si les meurtriers ordinaires ne lui suffisait pas.

Pourtant, ne disait-il pas que « Les crimes sont communs, la logique est rare. C’est donc sur la logique plutôt que sur les crimes que vous devez appuyer » ? (Les hêtres pourpres)

Le voici donc une nouvelle fois aux prises avec la sale bête de Lovecraft comme dans la trilogie de trilogie de James Lovegrove.

Dans le premier tome de la trilogie de James Lovegrove, j’avais ronchonné sur le fait que l’auteur n’amenait pas la rencontre entre Holmes et le côté éthéré de la meilleure manière, que ça manquait de réalisme, que c’était arrivé bien trop vite et de manière totalement inattendue.

Ici, c’est tout le contraire puisque c’est trop long ! Oui, jamais contente… Mais sur un récit de 480 pages, amener les créatures de la mer vers la page 400, ça donne des préliminaires vachement trop longs !

Les 200 premières pages se lisent vite, il y a du rythme, du mystère, Holmes cherche une explication logique sans vraiment la trouver et le lecteur ricane car lui, il sait de quoi il va retourner puisque le titre est assez explicite et qu’en plus, il a déjà croisé la route de la sale engeance qui dort dans la cité sous-marine de R’lyeh.

Malgré un bon rythme dans la première moitié du roman, mes plaintes seront pour les personnages de Holmes et Watson que je n’ai pas vraiment appréciés car je ne les reconnaissais pas.

Watson est geignard et nous rappelle sans cesse combien il aime amoureusement son épouse Mary, combien il aime Samuel, son gamin, né prématurément et les difficultés qu’ils ont eu pour le concevoir. Au bout de la 36 fois, on commence à saturer de la redondance.

Quant à Holmes, c’est un homme froid, je sais, qui ne montre pas ses émotions, ou alors, fugacement, mais ici, il a l’air de se foutre du sort du bébé de Watson comme de sa première paire de chaussettes. Plusieurs fois il y aura danger pour la femme et l’enfant de Watson et Holmes ne prendra même pas la peine de rassurer son ami, blessé, sur le sort des deux personnes les plus importantes pour lui. Cela ne lui rassemble pas.

Holmes fait prendre à son ami des risques énormes en toute connaissance de cause, hors dans le canon, il a toujours répugné à mettre son ami en danger et ne le faisait que parce que pas d’autre choix. La preuve avec cet extrait du « Ruban Moucheté’ et des « Trois Garrideb ».

— Savez-vous bien, Watson, dit Holmes, tandis que nous étions assis tous deux dans l’obscurité qui commençait, que j’éprouve quelques scrupules à vous emmener ce soir. Il y a nettement un élément de danger.
— Puis-je vous être utile ?
— Votre présence peut être inappréciable.
— Alors, c’est réglé, je viendrai…
— C’est très gentil de votre part.

— Vous n’êtes pas blessé, Watson ? Pour l’amour de Dieu, dites-moi que vous n’êtes pas touché !
Cela valait bien une blessure, beaucoup de blessures, de mesurer enfin la profondeur de la loyauté et de l’affection qui se cachaient derrière ce masque impassible ! Pendant un moment je vis s’embuer les yeux durs, et frémir les lèvres fermes. Pour la première fois de ma vie, je sentis battre le grand cœur digne du grand cerveau. Cette révélation me paya de toutes mes années de service humble et désintéressé. […]
— …Cela vaut mieux pour vous. Si vous aviez tué Watson, vous ne seriez pas sorti vivant de cette pièce. A présent, mon-sieur, qu’avez-vous à nous dire pour votre défense ?

Il est normal qu’un auteur qui reprend des personnages d’un autre en change un peu l’essence, qu’il les façonne à sa manière à lui, mais il ne faut pas changer la nature profonde de ces personnages et les rendre insensibles alors qu’ils peuvent l’être brièvement ou les rendre casse-pieds alors qu’ils ne le sont pas en vérité.

L’inconvénient de ce livre, c’est la seconde moitié. Elle est trop longue, il y a d’autre intervenants dans le récit de Watson et j’ai ai sauté plusieurs tellement ça me pompait l’air. Trop is te veel ! Trop de digressions tuent le récit, le font sombrer, s’enliser et à force d’être trop verbeux, on perd l’attention du lecteur.

De plus, Holmes a beau avoir des preuves sous ses yeux qu’une entité fantastique d’un autre-monde est intervenue, il refuse de voir alors que lui même disait que « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité ».

La trilogie de Lovegrove était montée en puissance au fil des tomes, peut-être que le tome 2 de cette nouvelle trilogie me plaira plus que ce premier tome qui n’est pas parvenu à me convaincre.

Dommage parce que les 200 premières pages s’étaient bien déroulées, hormis mes rouspétances sur les personnages de Holmes/Watson qui n’étaient pas comme je les aime d’habitude.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Les archives secrètes de Sherlock Holmes – Tome 3 – Les adorateurs de Kâli : Frédéric Marniquet & Philippe Chanoinat

Titre : Les archives secrètes de Sherlock Holmes – Tome 3 – Les adorateurs de Kâli

Scénariste : Philippe Chanoinat
Dessinateur : Frédéric Marniquet

Édition : 12 bis (14/02/2013)

Résumé :
Le Général Collingwood, ancien héros de l’Armée des Indes qui s’est illustré par sa fermeté lors de la révolte des Cipayes en 1857, est retrouvé mort, dans sa propriété du Norfolk. Sherlock Holmes et son indissociable compagnon, le docteur Watson, sont chargés de mener l’enquête.

La victime semble avoir été étranglée selon le mode opératoire des cruels guerriers Thugs, cette secte sensée avoir été éradiquée depuis fort longtemps en Inde. Le défunt avait reçu, juste avant sa fin tragique, un inquiétant message portant la marque de Kâli, déesse de la mort.

Comment expliquer ce crime improbable en plein cœur de l’Angleterre Victorienne ? Une éventuelle vengeance 32 ans après la mutinerie des Cipayes ?

Sherlock Holmes et John Watson vont devoir, pour les besoins de l’enquête, embarquer pour les Indes avec pour guide et compagnon le grand écrivain Rudyard Kipling.

Critique :
Voilà un récit qui sent bon le dépaysement total puisque de l’Angleterre, nous irons en Inde, en compagnie de Holmes, Watson et de Kipling, à la poursuite de mystérieux tueurs qui étranglent leur victimes tels des Thugs.

Mes remontrances iront aux phylactères (les bulles) qui ne sont pas toujours reliés au bons personnages…

Un homme âgé, chauve à qui un autre homme âgé, mais chevelu, donne du « Watson » me fis penser que le pauvre docteur n’avait pas été avantagé dans la vieillesse et que, bizarrement, dans l’album précédent, il avait le même âge mais des cheveux…

Alors que je me demandais par quelle malédiction de l’Oréal Kérastase ou de Pétrole Hahn, Watson avait vu ses cheveux filer, je compris, quelques cases plus loin, que le phylactère n’avait pas été dirigé vers le bon personnage.

Une autre grosse erreur, bien plus loin, a lieu entre Holmes et un frangin de maharadja : la couleur de la tenue du frère change en une seule case, passant du gris à du blanc, comme le déguisement de Holmes (mais en plus riche niveau accessoires) ou alors, une fois de plus, on s’est embrouillé en plus dans les dialogues !

Erreur phylactère ou erreur habit et position. C’est maharadja qui parle (vu le dialogue), avec la couleur des habits de Holmes !! Plus faute frappe dans la bulle…

Autre petit détail énervant, c’est la petite crolle que le dessinateur rajoute au-dessus des têtes des personnages, lorsqu’ils semblent sous le coup d’une émotion. Un peu, ça va, mais trop, ça devient aussi lourd que les petites gouttelettes en auréole au-dessus des têtes, pour simuler l’étonnement.

Mon dernier râlement sera pour les dessins, que je n’aime toujours pas (une histoire de goût) mais le problème n’est dans les dessins en général mais dans certains détails en particuliers, dont les yeux et les dents, qui, parfois, font loucher les personnages ou leur donne un air débilitant.

Le sourire, tout en dent, bizarre et peu estétique

Holmes, avec ombre du nez qui fait comme une moustache, plus les yeux dont l’un semble vouloir partir vers le haut…

Anybref, malgré ces bémols qui ne devraient pas arriver dans une bédé (j’ai vu aussi une grosse faute d’accord), le reste est correct, même si on part un peu dans tous les sens.

On commence en 1857 au fort de Chandrapur, en Inde puis on passe en 1917, dans le Pas-De-Calais, en plein dans la Première Guerre Mondiale, avec Watson en médecin pour les militaires blessés avant de repartir en Inde, en 1889, aux travers des souvenirs de Watson et de l’enquête que Holmes mena là-bas, après l’avoir commencée en Angleterre, dans le Norfolk, tout de suite après avoir résolu l’affaire de la Ligue des Rouquins (vous avez le final dans la bédé).

Que votre passeport soit en règle, on voyagera dans le temps et dans l’espace. N’oubliez pas votre arme à feu, elle sera plus que nécessaire.

Il y avait du bon dans cette enquête, mais on en ressort avec la même impression que lorsqu’on a trop mangé : on est ballonné et incapable de se souvenir de tous les plats engloutis.

Ici, c’est la même chose… Entre les prémices de la révolte des Cipayes, Watson qui est à la guerre, qui repense à l’affaire, ce qui se déroule en Inde, le final de La Ligue des Rouquins, dont nous aurions pu nous passer, sauf à vouloir meubler…

Une fois arrivé à la dernière page de l’album, on doit réfléchir pour rassembler tout ce qu’on a lu et vu afin de se refaire le film de l’histoire, sans les détails parasites.

Ce n’est pas le pire, ce ne sera pas le meilleur, mais malgré tout, pas vraiment conquise par ce tome 3 qui donne l’impression que la série est en dent de scie depuis le début, avec des très bas, des plus haut, des bas… Et le tome 4, ça donnera quoi ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°08].

PS : je ne sais pas si c’est moi qui me fait des idées ou si c’est voulu, mais un personnage a des airs de l’acteur David Niven et un domestique m’a fait penser à Christopher Lee âgé.

David Niven ?

Une autre scène de l’album est aussi un copié-collé d’une scène de la Granada, dans « L’école du prieuré – The Priory School (Saison 2 – Épisode 6).

Moriarty – Le chien des d’Urberville : Kim Newman

Titre : Moriarty – Le chien des d’Urberville

Auteur : Kim Newman
Édition : Bragelonne (2015) / Livre de Poche (2017)
Édition Originale : Professor Moriarty – The Hound of the D’Urbervilles (2011)
Traducteur : Leslie Damant-Jeandel

Résumé :
Imaginez les jumeaux maléfiques de Sherlock Holmes et du docteur Watson, et vous obtiendrez le redoutable duo formé par le professeur James Moriarty, serpent rusé d’une intelligence remarquable, aussi cruel qu’imprévisible, et le colonel Moran, violent et libertin.

Ensemble, ils règnent sur Londres en maîtres du crime, défiant police et hors-la-loi.

Quelle que soit leur mission, du meurtre au cambriolage de haut vol, Moriarty et Moran accueillent un flot de visiteurs malfaisants, dont une certaine Irène Adler…

Critique :
Vous prenez la rencontre mythique entre Holmes et Watson, par l’entremise de Stamford, mais en version « Moriarty/Moran » et vous comprendrez que ce que vous tenez entre vos mains est inhabituel.

Vous lirez « Une étude en rouge », avec une partie des protagonistes du roman, l’histoire sera différente, avec des similitudes, mais adaptée pour le duo maléfique.

Irene Adler n’est plus La Femme, mais La Salope et le chien des Baskerville est rouge sang, et c’est devenu celui des d’Urberville…

Là j’en entends déjà qui grognent que reprendre les histoires déjà écrites, connues et juste la mettre à la sauce Moriarty/Moran, c’est facile.

Et bien non, ce n’est pas vraiment ainsi que cela se déroule car l’auteur a tout de même pris la peine de modifier les scénarios et même carrément toute l’histoire, comme dans celle qui concerne des Martiens et qui ne parlera qu’en filigrane de John Clay et de la succursale Coburg de la Banque de la City…

En lisant les carnets du colonel Moran, on se rend compte de plusieurs choses : il a de l’humour, est un utilisateur de femmes, un fanfaron (au lit et on ne peut vérifier ses dires) et en plus d’être une fine gâchette, c’est un aventurier.

Moriarty est bien présent, avec sa toile criminelle, son rire qui tue les pigeons aux alentours, son dodelinement de tête tel un cobra et son ego démesuré.

Évidemment, lorsqu’on suit des histoires présentées par des méchants, ils considèrent les gentils comme des crétins, des petits lapinous juste bon à tirer à la sortie du terrier.

Anybref, tout allait bien dans le meilleur des mondes pour moi, les références aux enquêtes de Holmes étaient présents, mais détournées et bien détournées.

Hélas, parce qu’il y en a un, à un moment donné, le bel édifice s’est écroulé, les histoires qui étaient amusantes, bien présentées ont commencé à devenir laborieuses pour les 3 dernières et c’est avec la lenteur d’un escargot que je les ai terminées, sautant allègrement des paragraphes entiers pour terminer le livre.

Quelle disparité de niveau entre les premières histoires et les 3 dernières ! Entre celles bourrées d’humour, de petites phrases humoristiques ou cyniques du colonel Moran, on passe à des histoires poussives dont on à l’impression qu’on les a tirées en longueur pour remplir le roman.

Le pire fut pour la dernière histoire qui concerne le dernier problème où on a l’impression que l’auteur s’est cassé le cul pour nous offrir une aventure soporifique, chiante, lourde et loin de ce que l’on aurait pu espérer en la suivant du point de vue de Moriarty et du Colonel Moran.

Le début était prometteur et l’auteur n’a pas su conclure avec panache puisqu’il a débandé à la moitié de l’ouvrage ce qui est plus rageant que le contraire (commencer mou et finir en beauté) car j’avais l’espoir de le terminer avec bien plus d’étoiles dans les yeux et dans sa cotation.

PS : c’est le coeur gros que je dis au revoir au Mois Anglais édition 2020 car ceci était ma dernière fiche. Merci aux organisatrices qui peuvent maintenant aller se reposer, je vais entrer en hibernation ! mdr

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°290, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°22] et le Challenge Pavévasion – Saison 2 chez Mez Brizées [Lecture N°05 – 704 pages en version LP].

Les mystères de Whitechapel – Tome 1 – Terreur sur Londres : Frédéric Marniquet et Philippe Chanoinat

Titre : Les mystères de Whitechapel – Tome 1 – Terreur sur Londres

Scénariste : Philippe Chanoinat
Dessinateur : Frédéric Marniquet

Édition : Hugo et Compagnie (11/06/2009)

Résumé :
En ce début du XXe siècle, sir Henry Chapman, détective privé, ancien inspecteur de Scotland Yard et élève du grand Sherlock Holmes, est sollicité pour une enquête d’un genre particulier : depuis quelques temps, une mystérieuse secte semble être à l’origine d’une série de meurtres à Londres, touchant les anciens membres d’une expédition au cachemire où aurait été découvert un sarcophage bien troublant qui semble intéresser également l’opus dei et un personnage terrifiant. qui règne sur la pègre de Londres…

Critique :
Le récit commence dans les montagnes du Cachemire, puis, sans souffrir du jet-lag, on rejoint le Cambridgeshire, où Holmes rend visite à un ancien inspecteur du Yard, sir Henry Chapman, laissant les moines du Cachemire là où ils sont…

Holmes est affublé d’une horrible veste de tweed qui ne lui va pas du tout et il a un caractère de cochon, traitant Watson d’apothicaire, disant que s’il préfère son existence de charlatan, grand bien lui fasse et donnant à son épouse les termes d’harpie acariâtre…

Mais quelle mauvaise éducation ! Ce n’est pas du Holmes, ça. Certes, le mariage de Watson l’a dépité, mais là, on dépasse toutes les bornes des limites. Bon, continuons et ronchonnons sur un autre sujet que Holmes.

Dès le commencement de la lecture, la patte du dessinateur est reconnaissable : petits nuages blancs devant les personnages pour symboliser la buée, neige qui tombe mais rien ne se fixe dans les décors, petits postillons blancs au-dessus des têtes pour accentuer l’étonnement,… Je suis en terrain connu.

Un détail dans la mise en page m’a dérouté. En principe, on lit de gauche à droite…

J’étais toujours à la première page, aux deux dernières rangées de cette planche et, en passant d’une case à l’autre, j’ai eu l’horrible sensation que l’on avait oublié d’insérer une scène. Brutalement, on se retrouvait avec l’Anglais mort et plus loin, avec son guide qui tirait dessus… Heu ? Allo ?

Un puzzle pour les lecteurs ? Abus de guinness ? Non, juste un changement de sens de lecture de cases une fois que l’on arrive en bas de la planche : faut lire de haut en bas !

Depuis quand utilise-t-on ce procédé alors que les cases sont toutes de mêmes dimensions et que leur disposition n’impliquent pas de passer par une lecture de haut en bas ??

Si l’une des vignettes avait été plus large, comme illustré ci-dessous, c’est normal, on le fait instinctivement…

Ici, c’est normal de passer en lecture de haut en bas car la case du milieu est plus grande que les autres.

On recommencera le même procédé pour les pages suivantes (pas toutes, ouf) :  dès les deux dernières rangées, fallait lire de haut en bas… Déroutant !

Anybref… Il y a du mystère et des meurtres, mais attention, ceci n’est pas une enquête de Sherlock Holmes, qu’on voit brièvement au début, mais d’un disciple qu’il a formé, sir Henry Chapman, ancien inspecteur au Yard et pourvu d’une cervelle.

Comme dans « La marque de Kâli » (lue mais pas encore critiquée), les crimes qui ont lieu en Angleterre sont de la main d’un assassin portant un turban et les assassinés ont tous vécu aux Indes (sujet inépuisable) à un moment donné.

Comme toujours, on a une bonne vieille malédiction en provenance des Indes. Jusque là, ça allait plus ou moins pour le scénario (la mise en page, elle, était vouée aux gémonies depuis la première page).

Par contre, j’ai sauté hors de mon fauteuil de bureau lorsque j’ai lu, dans un bandeau, que 5 prostituées avaient été tuée par Jack l’Éventreur en 1884… Heu… 1888 ! La faute est grave. Tellement énorme que je suis restée bloquée dessus durant un long moment, à tel point que le nom de pub a fait tilt ensuite (The hound of Baskerville).

L’enquête progressait bien, sir Henry Chapman n’est pas Holmes mais il se débrouillait bien et avait déjà soulevé des points importants que les hommes du Yard n’avait pas vu, tout pressés qu’ils étaient de coller ces horribles meurtres à un Hindou.

Puis j’ai commencé à hausser un sourcil… J’avais eu des soupçons, vu « quelle » institution semblait être impliquée dans tout ça, mais là, j’aurai aimé échapper à ce truc qui marche mille fois mieux avec Indiana Jones qu’avec un disciple de Holmes.

Mais bon, je laisse couler, le Méchant avait des airs de Moriarty sans être lui et ça faisait du bien d’en avoir un autre qui ressemblait à un gentleman. Là où tout s’est effondré, c’est dans le final… Non, non, non. Faut pas pousser bobonne dans les orties, surtout quand elle est en string.

Restons dans du terre à terre, dans des crimes normaux sans touche ésotérique ou… [No Spolier]. Là, on a touché le fond de la piscine, sans petit pull bleu marine…

On avait bien commencé, scénaristiquement parlant, et puis ça a fait pchiiiitttt avec le côté ésotérique vers laquelle l’affaire a basculé et la touche fantastique qui était de trop.

Si cette personne était bien celle que Holmes pensait qu’elle était, toutes ces simagrées étaient inutiles puisque omnisciente de par sa nature.

Mais ceci n’est que mon avis, il y a à boire et à manger pour tous les lecteurs/trices et certains y trouveront peut-être leur compte et leur plaisir. Moi pas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°281 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Sherlock Holmes et les disparus des Cornouailles : Martine Ruzé-Moens

Titre : Sherlock Holmes et les disparus des Cornouailles

Auteur : Martine Ruzé-Moens
Édition : du Net (26/09/2019)

Résumé :
Sylvester compte beaucoup pour les frères Holmes. Il vit depuis plus de vingt ans au presbytère de Predannack, petit village anglais des Cornouailles d’apparence paisible…

Dans un courrier alarmant adressé à Mycroft Holmes, le père Rounay, prêtre au grand cœur qui officie dans cette paroisse, lance un appel à l’aide : « Sylvester a été inculpé pour meurtre et emprisonné ».

Sherlock Holmes part immédiatement enquêter en Cornouailles. Il va y évoluer dans un contexte angoissant lié à des pratiques ancestrales mettant en œuvre magie noire et sorcellerie. Il n’en sortira pas indemne.

Les crimes, empoisonnements, vengeances et surtout les disparitions vont s’y enchaîner. Ses investigations finiront par le mener jusqu’à la mystérieuse abbaye de Saint-Eustache où se nouent d’étranges intrigues…

Tous les talents du grand détective seront mobilisés pour que la vérité finisse par éclater, mais il en souffrira beaucoup, à la fois physiquement et moralement.

Critique :
Ce n’est pas le premier roman holmésien écrit par Martine Ruzé-Moens que je lis et j’apprécie le Sherlock Holmes qu’elle met en scène dans ses récits.

Surtout lorsqu’il est accompagné de Mathilde d’Alencourt… Hélas, je l’ai trouvée un peu trop effacée durant la seconde affaire.

La seconde affaire ? Oui, j’ai oublié de vous préciser que le résumé concerne en fait deux enquêtes de Sherlock Holmes, dans le même village de Cornouailles, mais à quelques années d’intervalles.

J’ai été surprise lorsque je vis apparaître la fin de sa première enquête, celle avec Sylvester emprisonné. Quoi ? On a déjà fini l’enquête ? Déjà qu’on l’avait commencé à l’envers, par Holmes revenant amoché de son petit séjour dans le village de Predannack…

Non, je ne râlerai pas car il est une chose certaine : le format des nouvelles convient mieux à Holmes que le format des romans, même si je trouverais toujours aux nouvelles un goût de trop peu à toutes.

La seconde enquête est un peu plus longue et c’est là qu’intervient Mathilde d’Alencourt qui va enquêter à ces côtés, suite à l’empoisonnement de… X.

J’apprécie ce personnage et je trouve qu’elle n’est pas assez mise en valeur dans cette enquête où elle aurait pu briller, faire plus d’échanges sur l’enquête avec Holmes, déjà que ce dernier m’a donné l’impression que tout lui tombait un peu trop facilement dans le bec.

Pour moi, Holmes, ça enquête, ça déduit, ça raisonne, ça fume du cerveau, ça se couche au sol pour prélever des indices, bref, ça doit s’agiter et cogiter.

Certes, le Holmes de l’auteure n’est pas tout à fait celui de Conan Doyle (son Holmes à lui restera unique, son manque d’amour pour son détective a dû jouer) mais j’aime ses déductions, j’aime quand il court partout tel un chien de chasse flairant la trace d’un renard. Ici, on lui apporte bien des réponses sur un plateau d’argent.

Sans vouloir remettre en cause les talents de l’auteure, j’aurais aimé un Holmes plus fureteur et pas que sur le livre d’heures qu’il examine.

Autre petits détails qui m’ont fait me poser des questions… Si je veux empoisonner une personne avec un champignon vénéneux, je vais le chercher moi-même en forêt et je ne confie pas cette tâche à une autre personne car lorsque cette dernière apprendra la mort de X par empoisonnement à l’amanite, sûr qu’elle fera le rapprochement avec ma demande.

Juste entre nous aussi, si je suis la personne qui a cueilli l’amanite pour le criminel et que X est mort à cause de cela, je ne risquerai pas d’aller en parler à mon frère, dans un lieu où se trouvent plein de gens ! Punaise, c’est trop risqué. Et bougrement facile pour un Holmes aux oreilles longues.

Anybref, je fais de ma gueule mais dans le fond, j’ai aimé cette aventure dans les Cornouailles, surtout pour son enquête dans l’abbaye de Saint-Eustache (qui trompe énormément – jeu de mot foireux offert), avec une bibliothèque, des livres d’heures datant d’avant l’invention de l’impression, où, encore un peu, on verrait l’ombre de Guillaume de Baskerville et d’Adso von Melk…

Assez court, trop court (156 pages), ce pastiche holmésien se dévore trop rapidement, ce qui restera son plus grand défaut à mes yeux.

Lorsqu’un livre a un goût de trop peu, que l’on aurait encore bien passé du temps avec ses personnages, c’est que, malgré ses petits défauts, il nous a fait oublier le temps qui passait en nous offrant du bon temps de lecture. Holmes me manque déjà… Mathilde aussi, idem pour Watson qui s’est fait rare dans ces deux enquêtes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°276 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Moriarty – Tome 7 : Ryôsuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 7

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana Dark (29/05/2020)
Édition V.O : Yûkoku no Moriarty, book 7 (2018)

Résumé :
La suite des aventures des frères Moriarty, qui proposent leurs services aux pauvres qui souhaitent se venger d’injustices commises par des riches.

Critique :
Après chaque nouveau titre, je me dis que là maintenant, c’est assez, j’arrête de lire cette série, mais hélas, ma curiosité est trop forte et je suis toujours tentée d’aller voir jusqu’où va le n’importe quoi dans ce nouveau tome.

Masochisme littéraire ? Curiosité ? Collectionnite aiguë ? Sans aucun doute, un mélange des trois.

Niveau n’importe quoi, j’ai été régalée. Je n’ai rien contre le fait que des auteurs fassent des petits clins d’œil à des films ou des séries, mais là, c’est abusé grave.

J’avais déjà trouvé, dans un précédent tome, que nous n’étions plus dans le clin d’œil aux films de James Bond mais dans la copie grossière et là, on touche encore plus le fond du fond avec un nouveau personnage qui fait son entrée et qui se nomme, je vous le donne en mille : James Bond !

Et ce personnage nouveau qui intègre l’équipe de Moriarty qui n’est autre qu’une femme bien connue qui a recoupé ses cheveux et qui va nous la jouer ♫ comme un garçon ♪ Oui, Irene Adler est James Bond… On touche le fond.

Une fois de plus, les personnages n’ont pas un langage très victorien car on se retrouve avec des mots d’argots tels que « cave » (sot, niais, qu’on peut duper facilement. Provient du latin), j’ai relevé le mot « fric »… C’est victorien, ces termes ?

Je ne sais pas si c’est de la faute du traducteur qui francise les termes d’argot anglais comme on le fit dans les traductions de la Série Noire avec l’américain ou si le scénariste utilise, dans la V.O, des mots tiré de l’argot contemporain japonais… Pourtant, dans le manga, il est mentionné un conseiller pour la langue anglaise.

On revisite les meurtres de Whitechapel et si la théorie proposée pourrait tenir la route (on n’est plus à une près), c’est ensuite que ça devient un peu foutraque avec l’ancien maître des Moriarty qui va courir durant 1h (à son âge, il n’y a plus de vieillesse) dans les rues de Whitechapel, poursuivi par des policiers et le comité de vigilance, le temps que Moriarty William découvre les complotistes, l’homme étant aidé par Moran et… James Bond.

Les visages aux mentons pointus se ressemblent un peu tous et je me demande toujours comment ils arrivent à voir avec tout ces cheveux qui pendouillent devant leur yeux… Jamais décoiffés, en plus !

Là où ça devient plus fort que le Roquefort, c’est quand on voit le fabricant du fusil à air comprimé, l’aveugle Von Herder (canonique) courir sur les toits sans se casser la gueule ; un vieux soldat sur le retour qui tient le rythme de la course à pied durant 1 heure ; un Moran qui ne rate aucun coup de feu longue distance, sans lunette de visée ; un James Bond/Adler, jambe presque collée au torse pour frapper un adversaire du pied (JCVD sors de ce corps), sans échauffement (aie j’ai mal pour lui/elle)… Trop c’est trop.

Les prostituées de Whitechapel de ce manga sont toutes poupoupidou… Rien à voir avec les épaves qui circulaient en ces temps-là et proposaient leurs charmes fanés aux ouvriers, marins ou à ceux qui voulaient s’encanailler… Je ne dirais pas que le mangaka nous propose des gravures de mode mais nous n’en sommes pas loin… Une réalité de plus bafouée.

Le sommet est atteint dans une scène improbable où James Bond shoote dans une pièce de monnaie vers le bas, Moran la voir, comprend de suite où l’autre veut en venir et le voilà qui tire vers cette pièce afin que sa balle la pousse dans le canon d’une mitrailleuse Gatling afin de l’enrayer… Restons dans le réalisme ou alors, basculons franchement dans le fantastique, à la Black Butler.

Le point positif est que l’on voit très peu Holmes (jamais je n’aurais cru dire ça un jour), donc, mon énervement est resté dirigé sur la bande à Momo au lieu de se déverser sur mon détective préféré qui est une véritable tête-à-claque dans ce manga, impoli, mal élevé, sale gosse. Bref, à baffer.

J’aurais dû arrêter cette série depuis quelques tomes déjà, car à chaque fois on s’enfonce plus profondément dans le n’importe quoi qu’une botte de persil ne le ferait dans du beurre mou au soleil. À un moment donné, le persil ne pourra pas s’enfoncer au-delà tandis que dans le manga, c’est sans fond.

Si je continue, c’est un peu par masochisme, pour le plaisir de pousser des soupirs d’exaspération toutes les 3 pages et surtout, parce que maintenant que j’ai commencé, je boirai le calice jusqu’à la lie. Bon, ok, je suis surtout curieuse de voir où tout ce truc va nous emmener.

Oui, je veux toucher les abysses de profondeur du n’importe quoi. Le tome 8 fera peut-être encore pire. Chouette ! (ironie)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°275 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).