Commissaire Montalbano – 04 – La voix du violon : Andrea Camilleri


Titre : Commissaire Montalbano – 04 – La voix du violon

Auteur : Andrea Camilleri
Édition : Pocket (2003/2010)
Édition Originale : La voce del violino (1997)
Traducteurs : Serge Quadruppani avec l’aide de Maruzza Loria

Résumé :
Rien de tel pour le commissaire Montalbano qu’une voiture accidentée près d’une villa : c’est le début d’une enquête sicilienne sulfureuse, qui le mène sur les traces d’un violon d’une valeur inestimable et trop convoitée…

Critique :
Lorsqu’on est chez soi, malade, la gorge irritée, le nez bouché (ou gui goule), avec zéro énergie, le remède à ça est de se plonger dans une enquête du commissaire Montalbano.

On prend le soleil de Sicile, on suit un commissaire épicurien, qui ne court pas, qui ne se dépêche pas, qui prend le temps, qui n’ose pas s’engager avec Livia, qui pousse une gueulante de temps en temps et qui n’oublie jamais de se restaurer dans toutes les petites gargotes qu’il connait.

De ce point de vue-là, évitez d’enquêter à ses côtés si vous souffrez d’une gastro car son régime alimentaire ne vous conviendra pas.

Si « Le voleur de goûter » avait un côté roman noir, j’ai trouvé que celui-ci tirait moins à boulets rouges sur l’administration, la politique et l’Italie. Par contre, le nouveau juge, le questeur et un autre chef de police vont s’en prendre plein la tronche.

Le commissaire Montalbano a ses fêlures, ses blessures, son caractère, mais contrairement à d’autres, il ne se vautre pas dans l’alcool. Il est authentique, on le dirait réaliste tant son comportement est égal à lui-même, sans pour autant sombrer dans le portrait du flic torturé à mort.

L’enquête est toute simple et commence après l’écrasement d’une poule qui en avait marre de vivre et l’emboutissement d’une Twingo vert bouteille bien garée sur le bord de la route.

Anybref, on commençait dans le potache, la blague, le délire, l’amusement avant de basculer dans le tragique et l’émouvant.

C’est ça aussi l’effet Montalbano, on oscille sans cesse entre l’envie de se bidonner avec ses adjoints (dont un a un langage des plus étranges) et les tripes qui se nouent quand l’auteur aborde des sujets plus lourds.

Sans courir, sans se presser, mais sans laisser le temps au lecteur de bailler, Montalbano nous entraîne à sa suite dans son enquête, dans sa vie privée, sans les bons moments comme dans les moins bons, dans ses pensées, ses interrogations, ses coups de sangs.

Et puis, il a toute une équipe derrière lui, que ce soient les policiers sous ses ordres, ou des journalistes, ou même une vieille dame. Sans oublier que Montalbano n’est pas la moitié d’un con, qu’il est rusé, malin et qu’il sait jouer avec les plus grands…

Une nouvelle fois, lire un commissaire Montalbano était un bon choix. Je tousse toujours mais pendant quelques heures, je me suis dorée la pilule au soleil de la Sicile, marché dans la mer et j’ai mangé comme une reine.

La veille au soir, ayant trouvé au frigo des anchois bien frais achetés pour lui par Adelina, sa bonne, il se les était bâfrés en salade, assaisonnés avec force jus de citron, huile d’olive et poivre noir moulu sur le moment. Il s’était régalé, mais pour lui gâcher tout, il y avait eu un coup de fil.
— Allô, dottori ? Dottori, c’est vous-même en pirsonne au tiliphone ?
— Moi-même en pirsonne même, Catarè. Parle tranquille.
Catarella, au commissariat, ils l’avaient mis à répondre aux coups de fil dans la conviction erronée que là, il pourrait faire moins de dégâts qu’ailleurs. Montalbano, après quelques emmerdements de première grandeur, avait compris que le seul moyen d’avoir avec lui un dialogue dans des limites de délire tolérables, c’était d’adopter le même langage que lui.

— Juste par curiosité, comment vous vous êtes parlé ?
— Et comment on devait se parler ? En talien, dottori.
— Ils t’ont dit ce qu’ils voulaient ?
— Bien sûr, tout sur chaque chose ils me dirent. Ils dirent comme ça que mourusse la femme au vice-questeur Tamburanno.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°170 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°15].

Ira Dei – Tome 2 – La part du diable : Vincent Brugeas & Ronan Toulhoat

Titre : Ira Dei – Tome 2 – La part du diable

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Dargaud (05/10/2018)

Résumé :
Plusieurs mois se sont écoulés depuis la prise glorieuse de la ville de Taormine. Maniakès a donné l’ordre aux troupes d’Harald d’attendre son armée à Catane. Mais l’inaction rend les soldats nerveux et la confiance qu’ils avaient placée en Tancrède s’effrite doucement.

À présent, ce n’est plus un homme rusé et belliqueux qu’ils ont en face d’eux mais un homme mélancolique et docile qui s’en tient aux ordres.

Pourtant, Maniakès voit en lui un adversaire de taille et compte donc bien se jouer de lui pour récupérer son or.

Et pour cela, tous les moyens sont bons car, après tout, les alliés d’aujourd’hui sont les ennemis de demain? À nouveau, la colère jaillira !

Critique :
Des combats et des jeux de pouvoir… Ça sent Game Of Thrones, dragons et Marcheurs Blancs en moins… Et sans les bons mots de Tyrion !

Mais niveau stratégie pour niquer les autres et devenir calife à la place du calife, c’est du pur bonheur tant tout le monde complote contre tout le monde.

Mon bémol ? Le même que pour le premier tome (L’or des Caïds) : les traits assez grossiers des dessins.

Un peu de ligne claire aurait profité à l’ensemble et rendu certaines cases moins brouillonnes et plus jolies à admirer.

Terminé pour les bémols car je n’ai rien à dire d’autre et malgré les traits parfois un peu épais, je n’ai pas eu les yeux qui ont pleuré comme ce fut parfois le cas avec certaines bédés (mais faut pas le dire, sinon, on a l’auteur ou son fils, son neveu, son chien, l’ombre de son chien qui vous saute dessus toutes griffes dehors).

Les décors ? Purée, ils rendent justice à la Sicile, donne le ton pour l’atmosphère et les couleurs chatoyantes pourraient même nous faire prendre de jolie couleur de bronzage rien qu’en les regardant. C’est joli, bucolique, on sent le soleil qui chauffe notre peau.

A contrario, lorsque nous sommes sur les champs de batailles, les teintes rouges rougeoient et pas besoin d’avoir fait Master BD pour comprendre que le bucolique est foutu le camp et qu’il ne reviendra pas !

Les scènes de batailles foisonnent de détails et sont très réalistes. Ah, ces charges de cavalerie ! Et ces guerriers qui lèvent les boucliers pour tenir le mur ! Magnifique ! Ok, les cadavres ensuite, c’est moins génial.

Les personnages ont pris de l’épaisseur, on en apprend un peu plus sur Tancrède et le jeu des magouilles et compagnie va nous dévoiler le visage de certains personnages que l’on n’attendait pas là.

Une intrigue étoffée, du suspense, des retournements de situations, des magouilles, des jeux de pouvoir, bref, tous les ingrédients sont réunis pour nous faire une bonne soupe bien nourrissante !

On termine un premier cycle et j’ai hâte de lire les suivants.

PS : j’ai trouvé ça bien trouvé de nous placer en début d’album les personnages importants dans un vitrail !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°95.

Commissaire Montalbano – 03 – Le voleur de goûter : Andrea Camilleri

Titre : Le voleur de goûter – Commissaire Montalbano 03

Auteur : Andrea Camilleri
Édition :
Édition Originale : Il ladro di merendine (1996)
Traducteur : Serge Quadruppani avec l’aide de Maruzza Loria

Résumé :
Un retraité poignardé dans un ascenseur, un pêcheur tunisien mitraillé au large de Vigàta, une flamboyante prostituée, un colonel nain, une vieille institutrice en chaise roulante… et un enfant abandonné.

C’est en ronchonnant, comme à son habitude, que le commissaire Montalbano va tenter de trouver le lien qui relie tous ces personnages, d’autant que, pour la première fois, il doit se frotter aux Services secrets, incarnation d’une Italie occulte et malfaisante.

Mais pour sauver un enfant de la meurtrière raison d’État, notre commissaire est prêt à faire des choix. Même les plus difficiles..

Critique :
Un voleur de goûter ?? Qui a osé voler les chocos BN ou ceux du Petit Écolier ???

Heureusement que le commissaire Montalbano veille et qu’il va déployer ses policiers dévoués pour mettre la main sur le voleur de goûter !

Oui, dit ainsi, ça parait risible, un voleur de goûter, arrêté par des policiers, on devrait en rire si la situation n’était pas aussi grave.

— Mais qui on doit prendre ? intervint Fazio.
— Un voleur de goûter.
Dans la pièce, on n’entendait plus personne respirer. Sur le front d’Augello parut un voile de sueur.
« Ça fait un an que je lui dis de voir quelqu’un », pensa-t-il.

— Que se passe-t-il au commissariat de Vigàta ? demanda l’éditorialiste, question adressée à lui-même et à la création sur un ton à faire passer celui qu’utilisait Torquemada dans ses meilleurs moments pour le ton d’un type qui raconte une blague.

C’est ce que j’ai aimé dans cette enquête de Montalbano : le côté risible de la chose qui cache en fait la partie immergée de l’iceberg et cette émotion qui en ressort par tout les pores de la peau, même si notre commissaire amateur de bonne cuisine ne le remarquera pas tout de suite.

Puis arrivèrent les huit morceaux de merlan, portion clairement destinée à huit personnes. Ils criaient, les morceaux de merlan, leur joie d’avoir été cuisinés comme Dieu le veut. Au nez, le plat faisait sentir sa perfection, obtenue par la juste quantité de chapelure, avec le délicat équilibre entre l’anchois et l’œuf battu.

Montalbano mit une bonne demi-heure à se manger les rougets, parce qu’il voulait les déguster comme ils le méritaient…

Pour ma deuxième incursion en Sicile, sur les terres de Chouchou, je dois dire que j’ai été gâtée par l’auteur qui m’a mis en scène une enquête qui n’est pas simple, doublée d’une autre qui n’a, à priori, aucun rapport avec la première, mais qui, par un subtil jeu du scénario, va se retrouver greffée avec le mort dans l’ascenseur qu’on a retrouvé planté d’un couteau.

Oui, après le planté du bâton, on a aussi le planté du couteau… Et on apprendra qu’il peut y avoir un rapport entre un sexa-génaire mort dans l’ascenseur de son immeuble, un couteau planté dans son corps et la mort en mer d’un marin tunisien, embarqué sur un bateau sicilien et abattu par une vedette de l’armée tunisienne.

Salvo Montalbano, c’est une institution à lui tout seul, cynique, un peu fou, utilisateurs de traits d’esprits, un véritable estomac sur pattes, un commissaire qui se plait tellement bien là où il est dans la ville portuaire de Vigatà qu’il serait prêt à tout pour y rester.

— Tu veux me dire comment, bordel, on a tué le Tunisien du bateau de pêche ?
— Arme à feu.
— Tiens, c’est drôle ! Je croyais qu’on l’avait étouffé avec un coussin.
— Tes traits d’esprit me font vomir.

En toute sincérité, Fazio aurait voulu répondre qu’à son avis, le commissaire était fou de naissance, mais il ne dit rien et fixa la fenêtre.

L’auteur profite aussi de son personnage pour nous présenter un portrait au vitriol de la Sicile et de l’Italie, en général, que cela concerne la politique, les policiers, l’administration, l’armée, la corruption, les immigrés, le racisme bête et crasse…

Sans vouloir laver plus blanc que blanc, l’auteur nous brosse juste le portrait de la société telle qu’elle est, sans vouloir la réformer ou donner des leçons, mais ça marche et l’immersion dans le milieu est complète, car, en plus de nous décrire la vie telle qu’elle est en Sicile, la traduction joue aussi beaucoup et le fait d’avoir des mots siciliens ou italiens dans le texte ajoute du piment dans le récit.

— Allô, Mimi ? Montalbano, je suis.
— Oh mon Dieu, qu’est-ce qui fut ? Qu’est-ce qui se passa ?
— Tu l’as encore le roman de le Carré qui s’appelle « L’appel du mort » ? Je suis sûr de te l’avoir prêté.
— Mais bordel ?! Il est quatre heures du matin.
— Eh bê ? Je veux que tu me le rendes.
— Salvo, écoute quelqu’un qui t’aime comme un frère, pourquoi tu te fais pas hospitaliser ?
— Je le veux tout de suite.
— Mais je dormais ! Calme-toi, demain matin je te l’apporte au bureau. Maintenant, je devrais me mettre le caleçon, commencer à le chercher, me rhabiller…
— Je m’en fous complètement. Tu le cherches, tu le trouves, tu te prends la voiture, en caleçon si tu veux et tu me l’apportes.

— E cu minchia è ? Et qui c’est, bordel ? demanda Montalbano, médusé.

L’enquête, sans être trépidante, est prenante, on prend plaisir à suivre notre commissaire dans son enquête, ne manquant jamais de s’arrêter pour manger ou pour bougonner sur certains de ses adjoints, soit parce qu’ils sont trop cons, soit parce que ce sont des jolis coeur et que sa copine l’apprécie un peu trop.

Mélangeant habillement les enquêtes et la découverte de la vie en Sicile, l’auteur développe aussi ses différents personnages, nous faisant entrer dans leur vie privée, à tel point qu’on en arriverait presque à se ficher de l’enquête tant la vie de Montalbano est riche en événements.

Un roman policier épicurien, qu’on déguste comme un goûter lorsqu’on est affamé. Je ne sais pas quand j’aurai le temps de revenir à mon commissaire sicilien, mais je sais que lorsque je lirai le suivant, ce sera avec le sourire d’une qui sait qu’elle va passer un bon moment en compagnie de vieux amis tout autour d’une table chargée de mets qui mettent l’eau à la bouche.

Les spaghettis arrivèrent quand, par chance, Montalbano eut fini son merlan, parce que Mimì couvrit abondamment son assiette de parmesan. Seigneur ! Même une hyène, une vraie hyène qui se nourrit de charogne aurait vomi à l’idée d’un plat de pâtes aux palourdes avec du parmesan dessus.

— Ça te convainc pas ?
— On dirait la reconstitution de l’assassinat du président Kennedy par le sénateur Warren.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

 

Ira Dei – Tome 1 – L’or des caïds : Vincent Brugeas & Ronan Toulhoat

Titre : Ira Dei – Tome 1 – L’or des caïds

Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat

Édition : Dargaud (12/01/2018)

Résumé :
En 1040, les armées de Byzance tentent de reconquérir la Sicile, alors aux mains des Arabes. Alors que la ville de Taormine résiste à Harald, le général Maniakès, un Normand nommé Tancrède et un jeune moine, Étienne, légat du pape proposent les services de leur petite troupe de mercenaires.

À la demande d’Étienne, Tancrède se rapproche d’Harald et lui propose un marché : il fera tomber Taormine en trois jours, en échange de quoi il recevra les richesses de la cité. Même s’il comprend que Tancrède est en mesure de réaliser ce prodige, Harald se méfie de cet homme dont les yeux révèlent qu’il a « traversé les Enfers » et dont le passé mystérieux ressurgit peu à peu…

Pourquoi l’Église a-t-elle fait de lui une arme au service de Dieu ? Et quelle revanche veut-il prendre aujourd’hui ?…

Critique :
J’étais toute contente de débarquer enfin sur l’ile d’origine de mon mari : la Sicile ! Que vois-je ? Putain, y’a un sacré bordel ici !

Des Suédois, des Arabes, des Byzantins, des Lombards, des Normands, des Grecs… qui font le siège (ou défendent) la ville de Taormine qui résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Serait-ce que la bouffe est meilleure là et les hôtels pas chers tout en étant confortable ?

Ben non, juste que j’ai débarqué à la mauvaise période ! Nous sommes en 1040 et je risque de ne pas pouvoir bronzer et lire tranquilles avec tous ces mercenaires qui trainent dans le coin, dont le fameux Tancrède (Robert) dont nous allons apprendre un peu plus sur ses origines, ses blessures, la trahison dont il fut victime.

La Sicile, une fois de plus, se fait passer dessus par tout le monde et rien que pour s’y retrouver dans tous les peuples qui assiègent les assiégés, faut un dessin, tant c’est bigarré de nations.

— Des remparts construits par des Grecs, défendus par des Arabes et assiégés par des Normands, Lombards et d’autres races, au service de Byzance. Un sacré bordel, hein ?

Niveau personnage, c’est de la belle brochette : bien des nations sont représentées et les caractères de ceux qui traversent ce récit sont bien trempés, rempli de mystères pour certains, de haine et jalousie pour d’autres, d’envie, de cupidité, de violence, de luxure.

Oui, on a rassemblé les 7 péchés capitaux (et bien plus) dans ces 54 planches, sans oublier d’ajouter une pincée de Game of thrones pour les trahisons et les guerres en tout genre. Bien que, vous le savez, George R.R. Martin n’a eu qu’à se baser sur les guerres de notre Monde pour créer une partie de son scénario…

Il y a une forte de mystère avec notre Tancrède (Robert de son vrai prénom), l’homme à la cicatrice au visage : envoyé pour devenir l’homme de confiance du Varègue Harald afin de l’espionner, il semble vouloir jouer un double jeu et les nombreux flash-back disposé dans le récit nous expliquerons qui l’a trahi.

En plus d’avoir un sacré culot, une sacrée paire de couilles (il n’a peur de rien), notre homme a des envies de vengeance, mais je pense qu’il va faire dans le moins raffiné que le comte de Monte-Cristo.

Bien des mystères aussi dans les deux moines qui l’accompagne, dont cet Étienne (♫ tiens le bien), légat du pape (rien que ça !) qui est insensible à la douleur et semble vouloir donner des ordres à notre balafré, comme si était le commanditaire de cette infiltration.

Les tons de l’album sont fort colorés, utilisant des palettes de jaunes, oranges, rouges qui donnent de la chaleur aux planches créant une dichotomie avec le récit assez noir et sombre.

Mon seul bémol ira pour l’encrage : une ligne plus claire aurait rendu les dessins encore plus somptueux.

Sans être une fane des guerres, j’ai trouvé l’album intéressant, niveau Histoire et niveau scénario car nous ne faisons pas que d’assister à des batailles, il y a une histoire derrière tout ceci et bien des interrogations.

Une chose est sûre, je vais me jeter sur le tome 2 lorsque je mettrai la main dessus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Commissaire Montalbano – 01 – La forme de l'eau : Andrea Camilleri

Titre : La forme de l’eau – Les enquêtes du commissaire Montalbano 1

Auteur : Andrea Camilleri
Édition : Pocket (05/01/2007)
Édition Originale : La forma dell’acqua
Traducteurs : Serge Quadruppani avec l’aide de Maruzza Loria

Résumé :
A Vigàta, Sicile orientale, pour s’en passer, il s’en passe des choses au Bercail, mi-terrain vague, mi-décharge publique, hanté par les couples en mal de sensations fortes, où dealers et prostituées font leurs petites affaires.

Un type qui trépasse entre les bras de sa dulcinée d’un moment, ce n’est pas monnaie courante mais ça arrive. Mais lorsque le type s’appelle Luparello et que c’est le parrain politique local, tout le monde s’affole. La Mafia, les politiques, les autorités religieuses…

Seul le commissaire Montalbano, un homme bourru, flegmatique et terriblement « sicilien », garde son sang-froid, habitué qu’il est à louvoyer dans des zones grises et glauques où la loi et son contraire ont tissé des liens étroits…

Critique :
À défaut d’avoir foulé la petite île d’où est originaire Chouchou, je pourrai au moins dire que j’ai entraperçu une certaine mentalité sicilienne au travers de cette première enquête du commissaire Salvo Montalbano.

Un politicien qui meurt durant l’acte, ce n’est ni le premier, ni le dernier à qui ça arrive, la France ce souvient encore de ce président qui voulait être César et qui fini Pompée…

Mais dans ce cas-ci, ça soulève tout de même quelques vagues et même si la presse reste pudique, il n’empêche qu’on a tout de même retrouvé l’homme avec le pantalon et le calebard sur les mollets.

Le diable se cache dans les détails et l’homme a beau être mort d’une crise cardiaque, il n’en reste pas moins que le commissaire Montalbano veut en avoir le cœur net et continue donc sa petite enquête alors que tout le monde la voudrait voir classée.

Voilà une autre découverte pour moi : le commissaire Montalbano ! Et le voyage valait le détour car j’ai aimé l’ambiance sicilienne, le flegme de certains, l’emportement des autres, le côté bourru mais intègre du commissaire qui n’a rien lâché sur cette enquête, sauf des bons mots.

Parce que oui, il y a de l’humour noir dans cette enquête, des dialogues et des réparties pas piquées des hannetons, des vérités, un soupçon de magouille, de sexe, de cul, et quelques bons plats que j’aurais aimé goûter, dont la recette du poulpe.

Il est un fait que l’enquête n’a rien d’extraordinaire, mais au final, elle m’a permis de mieux faire connaissance avec le commissaire et sa fine équipe, qu’elle soit composée de policiers ou de son ami proxénète.

Sans me faire fondre des neurones, j’avais trouvé qui était en présence du politicien lorsqu’il fit son arrêt cardiaque, deviné aussi une autre chose (que je ne vous dirai pas), mais il me manquait quelques précisions pour boucler l’affaire avant le commissaire.

N’allez pas croire que cela a entravé mon plaisir de lire le final, où le commissaire explique le tout à son supérieur et ensuite à sa copine. Là, l’auteur a joué finement, je ne m’y attendais pas et je dis bravo pour ce final.

Si la série ne m’avait pas bottée, les enquêtes du commissaire me plaisent bien en version écrite et je pense me faire plaisir avec tous les autres tomes qui existent.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.