Le mystère de la main rouge – Le Loup des Cordeliers 02 : Henri Loevenbruck [LC avec Bianca]

Titre : Le mystère de la main rouge – Le Loup des Cordeliers 02

Auteur : Henri Loevenbruck
Édition : Xo Editions (22/10/2020)

Résumé :
Juillet 1789.

La Bastille vient de tomber. Danton, Desmoulins et Robespierre entrent dans l’Histoire. Au milieu du tumulte, le jeune et brillant journaliste Gabriel Joly a découvert l’identité du Loup des Cordeliers, ce mystérieux justicier qui hante, la nuit, les rues de Paris. Mais alors qu’il est sur le point de le confondre, voilà que celui-ci disparaît !

La course-poursuite s’engage, menant Gabriel jusque dans les maquis de l’île de Corse, sur les traces de la Main rouge, étrange société secrète dont les membres tentent d’influer sur la Révolution en cours.

Accompagné du pirate Récif et de l’intrépide Théroigne de Méricourt, Gabriel parviendra-t-il à retrouver le Loup des Cordeliers et à découvrir ses plus noirs secrets ?

Entre complots et trahisons, il devra faire usage de sa plus grande sagacité pour résoudre l’énigme de la Main rouge.

Critique :
C’est avec les souvenirs encore chauds que j’ai commencé à dévorer la suite du Loup Des Cordeliers puisque j’avais lu le premier opus début octobre.

Ce deuxième tome est différent du premier, même si l’auteur continue l’Histoire avec les mêmes personnages (et quelques nouveaux) et que nous sommes toujours durant la Révolution de 1789.

Le premier était punchy à fond, je dirais même plus, il était « Green, green, green », même « super green », pour paraphraser Ruby Rhod (5ème élément).

Attention, je ne dis pas que ce nouvel opus est nul ou ennuyeux, loin de là, il est juste différent et il punch moins que le premier, mais tout aussi instructif et nous avons beau nous situer après la prise de la Bastille, ça reste toujours chaud chaud dans les rues où les lanternes servent plus à pendre haut et court qu’à éclairer les cerveaux.

La théorie de l’évolution est peut-être vraie pour le corps humain mais pas pour son cerveau, sa manière d’agir, de réfléchir, de ne pas se laisser manipuler…

Emporté par la foule, les têtes roulent et se retrouvent sur des piques, après que des Trolls aient agités et excités les esprits déjà en surchauffe et assoiffés de vengeance (et de sang) sur les sites Internet de l’époque : DansLaRue et SurLaPlacePublique. ♫ Non, non, rien n’a changé ♪ On continue de lyncher ♪ Hé, hé ♪

Les personnages clés sont toujours bien travaillés, je les adore et les personnages fictifs côtoient toujours les personnages réels comme si tous étaient de notre monde. La partie Historique est inséré dans l’histoire normale et je n’ai pas eu l’impression que le cours était assommant, que du contraire, j’ai aimé apprendre, en immersion totale, comme si je vivais en direct la Révolution Française (et sans danger).

La société secrète de La Main Rouge ajoutera une petite touche d’ésotérisme, sans que jamais cela ne vire à du Dan Brown. L’auteur s’est documenté et ça se sent dans son récit, lui donnant la couleur du réalisme, ce qui ajoute du plaisir à la lecture.

Alors même s’il était moins punchy que le premier, même s’il est un peu moins « green, super green », il n’en reste pas moins un excellent roman Historique, un polar addictif, instructif, qui nous permet de vivre la Révolution de 1789 comme si nous y étions (le risque de perdre la tête en moins) aux côtés de personnages ô combien attachants, travaillés, réalistes, même les fictifs.

N’hésitez pas à venir à l’abordage de cette saga et d’embarquer pour un voyage fabuleux dans le Paris et la France de 1789. Le seul Récif de ce roman est un personnage et il est l’homme qu’on a envie d’avoir à ses côtés pour cette aventure de capes et d’épées qui fait mouche !

Une LC avec Bianca réussie, une fois de plus car nous avons toutes deux apprécié l’aventure. Juste que n’étant pas à la maison le dimanche, je n’ai pas vu son MP qui me disait : publication demain. Autrement dit, lundi… Voici l’origine du décalage de publication.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°125].

La Franc-maçonnerie dévoilée : Philippe Bercovici et Arnaud de La Croix

Titre : La Franc-maçonnerie dévoilée

Scénariste : Arnaud de La Croix
Dessinateur : Philippe Bercovici

Édition : Le Lombard (16/10/2020)

Résumé :
Sulfureuse, mystérieuse, mystique, obscure, la franc-maçonnerie continue aujourd’hui encore d’alimenter tous les fantasmes. Réseau d’influences, société secrète ou discrète, liens avec les Illuminati, origine templière : nombreuses sont les rumeurs qui courent à son sujet.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Qu’est-ce qui peut être assez important pour réunir des personnalités aussi différentes que Benjamin Franklin, Mirabeau, Mozart, Rudyard Kipling, Maria Deraismes ou encore Himmler ?

L’historien Arnaud De La Croix et l’auteur de BD Philippe Bercovici nous font pénétrer dans les coulisses de l’ordre maçonnique à l’échelle internationale.

Ils dévoilent la réalité derrière le mythe, en approchant dix-huit personnages-clés, célèbres ou méconnus, qui ont compté dans l’histoire de la maçonnerie et pour qui la maçonnerie a compté.

Critique :
La franc-maçonnerie, on a dit tout et son contraire sur elle et ses membres, les francs-maçons.

Le mystère attire les ragots autant que le miel attire les insectes et moins les gens en savent et plus ils en parlent. Oui, ce sont ceux qui en savent le moins qui en parlent le plus et jamais à bon escient.

Moi-même, passionnée par la chose et qui ai lu bien des ouvrages, j’ai encore découvert des choses et des mythes sont tombés.

La légende était plus belle que la réalité, alors, on a imprimé la légende. John Ford avait raison dans « L’homme qui tua Liberty Valence ».

Le dessinateur Bercovici, je le connais de longue date et ses dessins sont toujours facilement repérables pour moi qui ai lu « Les femmes en blanc », « Le Boss », « Cactus Club » et « Adostars ». Bref, j’étais en terrain connu, le sujet m’intéressait au plus haut point et puisque j’avais accès aux librairies du royaume, je l’ai ajouté à ma pile.

En feuilletant l’album bien épais (240 pages, de quoi occuper ses soirées de lockdown), j’avais remarqué que l’auteur ne perdait pas son temps avec les folklore inutiles et que le scénario n’avait rien d’un « Le Symbole perdu » (Dan Brown) où les Illuminatis sont à chaque coin de rue.

Le titre est presque trompeur car les auteurs ne révèlent pas les rites secrets et  les coutumes de la franc-maçonnerie mais nous en content l’Histoire à travers 18 portraits de personnages aussi divers que variés, connus (Benjamin Franklin, Rudyard Kipling, Heinrich Himmler et Hugo Pratt) ou moins connus (Villard de Honnecourt, William Schaw, Robert Moray, Jean Théophile Désaguliers, Andrew Ramsay,..).

Cet album se lit à son aise car il contient assez bien d’informations mais elles ne sont jamais indigestes car les auteurs ont résumé chaque portrait par des dates clés et par les actions le plus importantes du personnage.

Anybref, c’est instructif, on se cultive à fond, le tout s’en sans rendre compte et avec plaisir. Oui, je sais, tout le contraire de la plupart de nos cours à l’école.

Exit le mythe fondateur, exit toutes les couillonnades ! Sauf pour signaler que ce sont des mythes tenaces ou des couillonnades… On a même des complotistes dans le lot, dont l’abbé Barruel qui imputa la Révolution Française aux francs-maçons et illuminatis seuls, mettant de côté tous les autres facteurs qui y avaient menés.

Chaque portrait se termine par une note qui résume le personnage, nous apprend deux ou trois petites autres choses avant de lancer le personnage suivant. C’est précieux ces petits résumés et une excellente idée.

Il y a souvent une petite note d’humour dans les dialogues, le personnage s’adresse parfois aux lecteurs, ce qui crée un lien entre nous et l’album et rend la lecture encore plus attrayante. On se dit : « Allez, encore un personnage et puis je vais bosser » et finalement, on se fait plusieurs portraits.

C’est didactique, bien fait, adapté autant aux adultes ayant une connaissance de la franc-maçonnerie qu’aux autres qui ne connaissent rien ou aux plus jeunes d’entre nous.

Même si on n’est pas passionné par le sujet de la franc-maçonnerie, le côté Historique est intéressant car c’est 800 ans d’Histoire dont on suit le fil, passant de Paris à Londres et à Boston, survolant des hauts faits Historiques dans le monde, ce qui n’est jamais à négliger pour sa propre culture générale.

Une enquête sur la franc-maçonnerie menée de main de maître, sans surfer sur le côté sulfureux des Illuminatis, une exploration de l’Histoire plus qu’intéressante, des mythes que l’on passe à la moulinette et des explications didactiques, intelligentes, sans jamais que les explications deviennent fades, insipides, indigestes. Bref, une réussite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°118].

La Culasse de l’enfer : Tom Franklin

Titre : La Culasse de l’enfer

Auteur : Tom Franklin
Édition : Livre de Poche (2007)
Édition Originale : Hell at the Breech (2003)
Traduction : François Lasquin et Lise Dufaux

Résumé :
1897. Dans un coin reculé de l’Alabama, un homme est assassiné dans d’étranges circonstances. Pour le venger, ses proches forment une société secrète, « La Culasse de l’enfer », décidée à rendre sa propre justice.

S’engage dès lors, entre les métayers blancs et les propriétaires fonciers des villes voisines, une guerre fratricide où il n’y a ni innocents ni coupables, mais du sang et de la douleur…

À partir d’un fait historique, Tom Franklin déploie une magnifique fresque romanesque, sociale, policière et humaine. Un récit âpre qui explore les replis obscurs de l’âme.

Critique :
Comment une connerie de gamins peut dégénérer en tuerie généralisée…

Une attaque qui tourne mal, un coup qui part tout seul et l’homme, un marchand prospère, s’effondre sous les yeux atterrés des deux gamins.

Le cousin de l’épicier prospère monte alors un gang, composé des métayers du coin car, pour lui, les coupables sont ceux de la ville, les notables, ceux qui les regardent de haut, qui les font crever à petit feu, qui les saignent par toutes les veines.

Une fois de plus, nous sommes loin de La petite maison dans la prairie.

Pas envie de chanter ♫ Sweet home Alabama ♪ car si l’Alabama n’est pas tendre, ses habitants ne le sont pas non plus.

Tom Franklin est un excellent conteur, il prend le temps de placer l’action, ses personnages, de planter les décors, le tout avec des faits de la vie de tous les jours.

Sans même que l’on s’en rende compte, on a l’impression, au fil de notre lecture, de tout savoir sur les habitants « cul-terreux » du bled de Mitcham Beat, comté de Clarke, Alabama.

Les notables tiennent leurs métayer par la peau de la bourse car chaque année les paysans doivent emprunter de l’argent pour arriver à mener à bien leurs récoltes. Un cercle vicieux.

L’auteur s’est servi des faits réels pour son roman, tout en les transformant : il situe son action plus tard et ajoute ses propres personnages, mêlés à ceux qui ont réellement existé.

Le drame se jouera sous nos yeux et il faudra attendre la fin du roman pour en voir toute l’étendue sordide. C’était déjà glauque et là, ça le deviendra encore plus. On en ressort lessivé et essoré.

Sans que l’auteur ait porté un jugement sur tel ou tel personnages ! Non, lui il s’est contenté de nous les présenter, de leur donner vie, de leur donner une profondeur, même dans les personnages secondaires. Tous sont ambigus, personne n’est tout blanc, ni tout noir. Tout le monde est réaliste.

Ce qui est le plus glaçant, ce n’est pas tellement le braquage de l’épicier qui vire au drame, ni même son cousin qui monte un gang pour se défendre, mais la manière dont cela va tourner au vinaigre, à la vendetta personnelle car dès qu’un homme a un fusil ou un revolver entre les mains, ça dégénère.

Comme dans les bonbons Kiss Cool, il y aura un double effet glaçant lorsque le juge réunira des anciens soldats, des notables, pour se mettre en chasse de la bande qui met la région à feu et à sang… À se demander qui sont les salopards dans tout cela, les métayers ou les notables…

Nous avions vécu des injustices, dans ce récit, elles continueront, prouvant que les notables, une fois armés, n’ont pas plus de discernement que les culs-terreux et mêmes les innocents feront les frais de leur fausse justice au vrai airs de vendetta.

Ce roman western arrive à jongler habillement avec l’action et la sociologie, nous offrant un récit glaçant, réaliste, où le lecteur aura sans cesse le cul entre deux chaises tant les personnages sont ambigus mais pas toujours dépourvu d’humanité.

Un roman brut, une plume magnifique et des événements qui vont s’enchaîner lentement mais inexorablement, comme après la chute d’un premier domino qui va avoir des conséquences terribles pour tous ceux qui les touchent de près ou de loin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°59] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords : Yves Sente & André Juillard

Titre : Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords

Scénariste : Yves Sente
Dessinateur : André Juillard

Édition : Blake et Mortimer (01/11/2012)

Résumé :
Cette nouvelle aventure de Blake et Mortimer conduit nos deux héros à Oxford.

L’Ashmolean Museum et sa célèbre collection archéologique est le théâtre de vols inexpliqués auxquels sont liés une série de meurtres tout aussi mystérieux.

Tels les héros d’Agatha Christie, Blake et Mortimer mènent l’enquête.

Yves Sente et André Juillard nous offrent une aventure dans la plus pure tradition des romans policiers britanniques.

Critique :
Se glisser dans les pantoufles d’un autre n’est jamais aisé car on a beau copier son trait, reprendre ses personnages, les connaître sur le bout des doigts, on n’est jamais dans la tête du père (ou mère) littéraire.

Pourtant, même si j’ai déjà vu mieux dans les dessinateurs qui ont repris la mise en image de nos deux compères, au moins, le scénario n’est pas bâclé et l’enquête est tout ce qu’il y a de plus terre à terre, sans élément fantastique, de SF ni d’Olrik (enfin des vacances).

Une enquête que n’aurait pas renié la Reine du Crime tant les atmosphères présentes dans ces pages sentent celles de ses romans.

Blake et Mortimer n’utiliseront jamais de smartphones et leur environnement restera à jamais figé dans les années 50, avec un petit air vieillot qui leur va comme un gant car c’est leur identité propre.

L’enquête est remplie de mystère car le lecteur a du mal à voir le rapport entre le vol de la valise d’un certain Thomas Edward Lawrence (en 1919) et les vols, 35 ans plus tard, à l’Ashmolean Museum, de pièces qui ne sont pas les plus rares, ni les plus chères.

Ajoutons une touche de mystère avec des silhouettes toutes vêtues de blanc, leur donnant des airs des fantômes, des lords qui meurent d’accidents qui n’en sont pas, un secret qu’ils sont les seuls à connaître et un Mortimer qui joue aux naïfs tandis qu’un Blake lui demande de se taire alors qu’il commençait à lui donnait un info importante.

Le scénariste nous sème des indices un peu partout, à nous de les prendre en compte ou pas, de les considérer comme importants ou comme étant de faux indices placés là pour faire accuser un autre…

J’avais capté assez vite qui était responsable des vols et il fallait être un anglais un peu trop confiant pour ne pas se rendre compte que cette personne jouait double jeu. Malgré tout, je n’avais pas tout trouvé et une partie des faits étaient inconnus de moi et sans l’intervention de Blake, je n’aurais jamais trouvé le pourquoi du comment.

Dans la neige froide et glacée, nos deux amis vont tenter de résoudre cette énigme et de trouver le ou les coupable(s) des crimes immondes, des vols bizarres et d’enfin savoir quel est ce foutu serment des 5 lords !

Sans révolutionner le polar, cette aventure se laisse lire avec plaisir, en prenant son temps pour regarder toutes les cases car malgré le fait que je sois moins fan de ce dessinateur (j’aimais mieux ceux de Ted Benoît), les décors foisonnent de détails et les paysages anglais, que ce soient ceux de la ville ou de la campagne, sont toujours un plaisir pour les yeux.

On ne révolutionne rien, mais dans les explications de Blake, à la fin, on se prend tout de même une douche froide avec un événement survenue durant sa jeunesse. La boucle est bouclée.

Un bon album qui est plus à réserver au nostalgiques de l’univers de Blake et Mortimer qui aiment lorsque l’action va à son aise, même si je soupçonne une injection d’EPO dans le dernier quart de l’aventure afin de clore cet album en 64 pages et non en 80…

Je ne l’avais jamais lu mais ce Mois Anglais était l’occasion idéale pour ressortir quelques albums de cette série et par la même occasion, d’en découvrir un jamais lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°269 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Le Scorpion – Tome 12 – Le mauvais augure : Enrico Marini & Stephen Desberg

Titre : Le Scorpion – Tome 12 – Le mauvais augure

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Enrico Marini

Édition : Dargaud (15/11/2019)

Résumé :
Nelio Trebaldi, le Scorpion, les différentes familles…, tous souhaitent ardemment découvrir le secret de la fortune des Trebaldi.

Afin de trouver réponse à ses questions, le Scorpion part en compagnie du Hussard et de son soi-disant fils Charles-Henri en direction du château de Tarquinio, demeure ancestrale de la riche famille.

Mais tout ne se passe pas comme prévu : le Chevalier de Trèfle, l’assassin des Trebaldi, s’intéresse de près à cette histoire et à l’art divinatoire de la lignée. Il enlève Charles-Henri et propose un marché au Scorpion : en échange de la vie de l’enfant, il lui ouvrira les portes du château.

Du côté des neuf familles, la situation dégénère également. Désireux de venger la mort de son père assassiné par un Delamorley, la folie d’Ursus Latal ne s’arrêtera que lorsque justice sera rendue.

Les réponses tant attendues sont à présent toutes proches. Encore faut-il pouvoir les saisir…

Critique :
Comment les Trebaldi ont-ils pu garder la main mise sur toutes les autres familles de Rome pendant des siècles ?

D’où vient leur fortune ? Cette famille qui possède le pouvoir, le savoir et l’argent cache-t-elle un trésor fabuleux ? Un secret bien gardé ?

Il n’y a pas que vous qui souhaitez le savoir… Prenez un ticket et faites la file. N’oubliez pas des armes, aussi car les nobles sont jamais que des bandits en col amidonné.

Ah, mon Scorpion ! 5 ans que j’attendais la suite ! Bon sang que c’est long, 5 ans, sans avoir de nouvelles de mon Italien sexy, de mon sombre héros, de mon bâtard préféré.

L’attente en valait-elle la peine ? Oui, trois fois oui, même si la final de cet album induit que nous en aurons encore au minimum un… Ou plus, si affinités. Tant que l’attente n’est pas aussi longue.

Pour se faire pardonner, les auteurs nous offrent un album de 64 pages aux couleurs chatoyantes et aux dessins sublimes, comme toujours. Les personnages sont bien esquissés, dans tous les sens du terme, les chevaux sont magnifiques, surtout celui du Scorpion et les images ont tout d’aquarelles.

Lorsqu’il s’agit de donner vie à des combats, le tout est dynamique et une attention est portée sur les expressions des différents personnages. Le dessin n’est pas statique mais tout dans le mouvement.

Niveau scénario, les multiples rebondissements m’ont fait passer un excellent moment, mais on fait monter ma tension d’un cran.

Une tension qui monte aussi (et pas dans le pantalon du Scorpion), c’est celle entre lui et son ami de longue date, le Hussard, qui lui reproche son égoïsme, son manque de cœur, d’empathie, envers son fils. Mais l’est-il vraiment, son fils ?

Le Scorpion a aimé bien des femmes, en a couchées dans son lit, les a prises dans toutes les positions et 3 d’entre toutes celles-là ont toujours été les plus amoureuses, même si de toutes, je préférerai toujours Mejaï, plus franche que les deux autres.

Dans la continuité des autres albums, les auteurs résolvent ici un vieux mystère sur la fortune des Trebaldi, le tout sur fond de guerre des familles pour le pouvoir absolu envers les autres familles puissantes de Rome.

De l’action, des magouilles, des secrets de famille, des assassinats, de la divination, des règlements de comptes, bref, rien de neuf sous le soleil, mais c’est tellement bien raconté qu’on a l’impression de découvrir les bassesses de l’âme humaine pour la première fois.

Mon Scorpion, ne met pas trop de temps à venir me voir. Sinon, pour patienter, je vais me refaire l’intégrale de tes aventures car elles m’ont toujours passionnées, diverties et en plus, j’apprenais des choses avec toi…

Sans compter que tu as une paire de fesses des plus tentantes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°126.

Pour un instant d’éternité : Gilles Legardinier

Titre : Pour un instant d’éternité

Auteur : Gilles Legardinier
Édition : Flammarion (02/10/2019)

Résumé :
Vincent sait mieux que personne ce qu’est un secret. Spécialiste des passages dérobés, c’est à lui que les riches et les puissants font discrètement appel pour dissimuler leurs trésors ou s’aménager des issues indétectables.

Alors que Paris célèbre l’Exposition universelle et sa phénoménale tour Eiffel, Vincent et son équipe deviennent soudain la cible de tentatives d’assassinat.

La mort rôde désormais autour d’eux. Un de leurs clients cherche-t-il à effacer ce qu’ils savent de lui ? Sont-ils traqués par des pouvoirs occultes ? Quelle est cette ombre qui peut les frapper n’importe où, n’importe quand ?

Dans une époque bouleversée, confronté à des mystères surgis d’un autre temps, Vincent va tout faire pour déjouer la menace et sauver les siens. Ce qu’il s’apprête à découvrir va faire voler en éclats tout ce qu’il croyait savoir du monde…

Critique :
Paris à l’époque de son Exposition Universelle ! Quelle folie cela devait être ! 96 hectares…

J’aurais aimé y faire un tour, même si certains pavillons étaient du plus mauvais goût.

N’ayant pas de machine à remonter le temps, j’ai pris un ticket de voyage instantané en ouvrant ce roman et même si nous n’avons pas tout exploré, le voyage était plus que génial.

Attention, l’Expo Universelle n’est pas la destination première de ce livre, mais puisqu’elle en est en partie le cadre, cela aurait bête de ne pas y aller faire un tour.

Une chose m’a toujours fasciné, étant gosse (et adulte aussi), ce sont les passages secrets ! Là, j’en ai eu pour mes sous à tel point que j’avais mes yeux qui brillaient.

Si le roman avait été plus court (tel le nez de Cléopâtre) d’une cinquantaine de pages, il aurait gardé tout son peps. Il y avait des passages qui étaient plus introspectifs, plus détaillés et cela lui a fait perdre un peu de rythme, mais pas au détriment de son histoire.

Il fallait sans doute prendre un peu de repos, de recul et laisser au personnages le temps de souffler, ainsi qu’au lecteur car à un moment donné, ça bouge beaucoup et dans tous les sens.

Ne cherchez rien de plus que le souffle de la grande Aventure, ne cherchez rien de plus qu’un roman de littérature populaire (et ce n’est pas au sens péjoratif), ne cherchez rien de plus qu’un bon moment de lecture, aux côtés de personnages sympathiques dont on aimerait faire partie de l’équipe.

Moins d’humour que dans ses autres romans, normal, le cadre de l’histoire s’y prête moins, mais avec des petites pépites sur la nature humaine, des petites phrases toujours justes et qui sont un plaisir à lire et à faire rouler sous la langue tant elles sont vraies.

Autre talent de l’auteur : nous immerger de suite dans le décor grandeur nature qu’était Montmartre lors de la construction de sa Basilique, mais aussi du quartier avant qu’il ne prenne de l’ampleur grâce/ à cause de ce chantier.

Idem pour Paris… Les décors sont plantés très vite et où que nos yeux se posent, ils ne voient que le Paris de 1889. Manquait plus que le bruit et les odeurs et nous y étions, dans ce Paris de 1889 qui changeait de visage, notamment avec une grande tour en fer.

Un grand roman d’aventures, de mystères mystiques, de passages secrets, de souterrains piégés ou non, d’amitié, de solidarité et d’un trésor qui n’est pas toujours constitué d’argent car la plus grande richesse n’est pas le fric mais…

Non, je ne vous dirai rien de plus si ce n’est : lisez-le, nom de Dieu, car même si ce n’est pas de la matière à Goncourt, on s’en fiche ! C’est de la matière à une grande aventure sous les pavés de Paris, à des faits qui semblent fous ou extravagants mais qui sont réels, à de l’humanité et de l’amitié et ça, ça n’a pas de prix !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°113.

 

Joseph Laflamme – Tome 2 – Jeremiah : Hervé Gagnon [LC avec Bianca]

Titre : Joseph Laflamme – Tome 2 – Jeremiah

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : 10/18 Grands détectives (06/06/2019)

Résumé :
Avril 1865. La guerre de Sécession tire à sa fin, et les membres d’une société secrète confédérée, les Knights of the Golden Circle, sont réunis au St. Lawrence Hall Hotel, à Montréal.

Leur but : planifier une éventuelle reprise des hostilités et encaisser des traites bancaires américaines d’une valeur de 2,5 millions de livres sterling.

Parmi eux, John Wilkes Booth, futur assassin du président Abraham Lincoln, a en sa possession un objet encore plus précieux.

Février 1892. Des Noirs montréalais sont sauvagement torturés et assassinés à la manière caractéristique du Ku Klux Klan. Le journaliste du Canadien Joseph Laflamme se lance sur l’affaire en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand, du Département de police de Montréal.

Ils croiseront la route d’un personnage légendaire que l’on croit mort depuis 1882 et qui ne reculera devant rien pour retrouver ce que Booth a caché à Montréal.

Critique :
Autant où le final du tome précédent (La légende de Jack) ne m’avait pas plu car tout à fait impossible (et improbable), autant où celui-ci m’a enchanté.

Par où commencer ?

L’atmosphère de Montréal sous la neige avait de quoi donner des frissons car l’auteur a fait ce qu’il fallait pour bien nous faire comprendre que ça caillait dehors et que nous serions mieux à le lire sous un plaid chaud…

Les personnages ont évolué, socialement (un peu) et je les ai trouvé plus étoffés, plus intéressants que dans le premier tome où c’était Joseph qui était le plus mis en avant et il m’avait parfois exaspéré.

Ici, nous avons un quatuor pour enquêter et ce sont de véritables aventures dignes d’Indiana Jones – les nazis et les pièges en moins – qu’ils vont vivre, courant partout pour résoudre une enquête aux relents ésotériques et franc-maçonniques.

Pas de temps morts, juste le temps d’avaler une tasse de thé chaude, un verre (ou plus) de gin et hop, c’est repartit pour un tour ! On chasse l’énigme, on se fait suivre, les suiveurs sont suivis aussi et les mystères planent sur ce qui a été caché et qui ne doit pas être retrouvés, sauf par des gens bien comme il faut.

Les meurtres sont sanglants, dégueulasses, horribles, racistes, bourrés de détails qu’on ne lit pas habituellement lorsque nous sommes face à un pendu. Réalisme, quand tu nous tiens… Que les âmes sensibles évitent ces passages si elles mangent….

Anybref, c’est envolé, très chasse à l’énigme insoluble mais avec quatre cerveaux qui réfléchissent, ça va tout de suite mieux.

Le côté Historique me semble correct, mais je ne sais pas grand-chose sur l’assassinat de Lincoln, hormis ce que Wiki en dit et pour le reste, si c’est de la fiction, elle a tout de la réalité et vu qu’elle dépasse souvent la fiction, cela ne m’étonnerait qu’à moitié que ce genre de chose n’ait pas été prévue.

Ce tome 2 me réconcilie avec les enquêtes de Joseph Laflamme car j’ai passé un agréable moment de lecture et je n’ai pas vu le temps passer et c’est un peu bête que je me suis aperçue que j’arrivais à la fin… Oh, déjà ??

Le final, lui, m’a laissé un sourire de plaisir sur la face. Un sourire cynique qui fait du bien car tel est pris qui croyait prendre. Mhouhahahaha.

Un LC de plus avec Bianca et elle est réussie des deux côtés. Nous avons apprécié les personnages et je ne dis pas non à une nouvelle enquête à leur côté, si elle est de cette même qualité. Merci à Bianca de m’avoir soumis ce roman car je n’y serais jamais venue après ma lecture du premier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°88 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu – Terreur – Le crime était parfait  : Thriller).

Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack : Hervé Gagnon

Titre : Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : Libre Expression (2014) / 10/18 (07/02/2019)

Résumé :
Montréal, août 1891. Par un matin de canicule, on découvre le corps horriblement mutilé d’une prostituée dans une rue du Red Light.

Ce meurtre est le premier d’une série comme jamais Montréal n’en a connu et qui ressemble à s’y méprendre aux assassinats commis par Jack l’Éventreur à Londres en 1888. Pourtant, étrangement, ni la police ni la presse ne s’y intéressent.

Seul Joseph Laflamme, journaliste du quotidien Le Canadien en mal de travail, fouille l’affaire malgré l’opposition des autorités et des mystérieux francs-maçons.

Un fou imite-t-il le célèbre tueur ou Jack l’Éventreur lui-même a-t-il traversé l’Atlantique pour mieux sévir à Montréal ?

Critique :
Deux personnages me font relever la tête, tel un chien qui vient de flairer la piste d’un gigot : Sherlock Holmes et Jack The Ripper.

L’un appartenant à la fiction et l’autre à la réalité. L’un redressant des torts, se trouvant du bon côté de la loi et l’autre un criminel. Cherchez pas à comprendre.

Donc, un roman intitulé « Jack » ne pouvait que me faire dresser la tête, même dans une fiction et ma PAL étant ce qu’elle est, ce roman y a pris la poussière.

Si on commence assez doucement dans l’histoire, c’est pour une bonne cause, il faut placer les décors, les protagonistes, les faire bouger devant nos yeux, faire en sorte que l’on s’y attache, que l’on se pose des questions, que l’on suppute, que l’on tremble un peu, que notre nez se plisse devant la barbarie des assassinats…

Joseph Laflamme m’a bien plu, sa frangine aussi. Ils sont humains, réalistes, tirent le diable par la queue et Joseph va vider la sienne chez une prostituée et en est amoureux. L’imbécile heureux qui pense qu’il va la sortir de ce milieu alors qu’il a du mal à joindre les deux bouts (si je puis me permettre) financièrement.

Joseph était le seul de ses clients avec lequel elle n’avait pas besoin de feindre le plaisir. La liqueur abondante qui lui coulait entre les cuisses avant qu’il la pénètre, les petits cris qui lui échappaient pendant l’acte et les morsures qu’elle lui plantait dans les épaules alors qu’il allait et venait avec une ferveur maladroite et attendrissante, la façon qu’elle avait de le retenir en elle après qu’il eut joui, tout cela était sincère. […] Quand il la prenait, mais aussi après, il ne la regardait jamais comme un vulgaire morceau de viande fraîche dans lequel il voulait vider au plus vite un sexe fébrile. Il la considérait comme une personne. Il la respectait autant qu’on pouvait respecter une putain. Avec lui, pendant une heure, elle avait le sentiment d’être une femme pure et propre.

À un moment donné, le roman est devenu addictif, on nageait en plein mystère, on avait des meurtres sordides, des flics qui ne faisaient pas leur boulot, un Joseph enquêtant lui-même, des personnages énigmatiques, l’ombre de ces pauvres francs-maçons sur qui planait encore les soupçons…

Bref, j’étais à fond dedans, bien plongée dans ce roman qui me décrivait si bien le Montréal de 18991, qui me donnait quelques atmosphères intéressantes, qui utilisaient des personnages qui me plaisait et qui ne donnait pas trop de révélations mais laissait planer un doute comme j’aime.

Certaines tirades des personnages piquaient juste où il le fallait, égratignant les financiers, les politiciens, le clergé.

— Évidemment, dans les institutions catholiques, ces ouvrages sont interdits, au point qu’ils ne sont même pas conservés à l’index. Il faut protéger l’âme des fidèles, tu comprends ? Et surtout, les curés veulent préserver le contrôle qu’ils exercent sur leurs ouailles. Imagine l’anarchie s’ils se mettaient à penser librement dans une loge !

Il n’avait quitté le pouvoir qu’entre 1873 et 1878, alors que les financiers du chemin de fer transcontinental avaient poussé un peu trop loin le financement du parti Tory en échange de contrats de construction et que la chose avait été éventée. Une maladroite erreur de parcours, rien de plus.

— Il m’a laissé entendre que Mgr Fabre n’aime pas du tout que notre journal publie des histoires de meurtres, maçonniques de surcroît. Il paraît que ça trouble les bons catholiques qui, c’est bien connu, ne doivent pas trop penser, puisque le clergé le fait pour eux.

Arrivé au final, à la révélation ultime du pourquoi des crimes, patatras, la cassage de gueule total car l’auteur n’a rien trouvé de mieux que nous ressortir une des théories à la con de Stephen Knight, celle que l’on retrouve dans le film « Meurtres par décret », à quelques détails près.

Non, pitié, pas cette théorie là que les ripperologues sont les premiers à dire qu’elle est à oublier puisque juridiquement impossible.

Ce genre d’accident (on va éviter de spolier, seuls les initiés comprendront) n’aurait jamais pu monter dessus ! La monarchie anglaise est rigide, guindée, olé-olé aussi, mais il y a des règles juridiques qui protègent et on n’y déroge pas. De plus, si la reine n’a pas consenti à la chose, alors quéquette, zéro droits !

De plus, étant donné que l’auteur inclus Martha Tabram, assassinée le 7 août 1888, cela nous donne un délai de trois longs mois pour éliminer ce qui doit être éliminé… Ça fait long, non ? Ça donne surtout le temps aux personnes misent dans le secret de foutre le camp, de se planquer et surtout, de se méfier.

J’avais déjà tiqué pour l’assassinat de Mary Jane Kelly qui, d’après le récit, semble se dérouler dans une chambre au premier étage, sur un couloir possédant plusieurs chambrées… Heu, nous sommes dans une fiction, certes, mais pourquoi changer la topologie des lieux ?

MJK avait une personne qui vivait au-dessus de chez elle (qui l’entendit chanter, même), mais sa porte donnait sur la rue, elle vivait au rez-de-chaussée (on entrait au N°13, Miller’s Court par un passage entre le 26 et le 27, Dorset Street) et la porte était fermée lorsque Thomas Bowyer fut envoyé chercher les loyers qu’elle devait à son proprio, John MacCarthy.

Le carreau était cassé et Thomas glissa un œil pour voir… Ce qu’il vit le fit sans doute blêmir puisqu’il alla chercher le proprio qui vint constater lui-même les dires du garçon.

Il posa l’oreille contre la porte et écouta longuement en retenant son souffle. Rien. Soit les autres chambreuses étaient en train de se livrer à leur négoce avec un client, soit elles se saoulaient dans un des tripots qui pullulaient dans le quartier, soit encore elles cuvaient leur vin ou reposaient leur corps malmené. Il tourna doucement la poignée et entrouvrit, les sens aux aguets. Toujours rien. Il coiffa son gibus, se glissa dehors et referma la porte sans bruit en prenant soin de ne pas la verrouiller. Le cadavre de miss Kelly devait être retrouvé ; on devait pouvoir entrer librement. D’un pas mesuré, il traversa le couloir sombre en silence, descendit jusqu’au rez-de-chaussée et sortit sans avoir croisé âme qui vive. Dehors, il faisait frisquet et un épais brouillard s’était formé, comme chaque nuit ou presque à cette époque de l’année.

N°13 Miller’s Court en 1888

Purée, c’est râlant ! Voilà un roman qui m’avait bien embarqué, qui me plaisait, malgré les libertés prises avec la disposition des lieux de chez MJK et bardaf, la catastrophe finale qui m’a fait gémir de douleur, de frustration car peu réaliste puisque juridiquement non avenue.

Nous sommes dans un roman, dans de la fiction, je l’admets, mais autant où je passerai les test ADN réalisés en 30 secondes par les Experts de tous poils (non réaliste), autant je coince sur l’irréalisme de cette théorie.

Et maintenant, les Romains vont s’empoigner car je suis face à une impasse pour la cotation du roman : il est bon, j’ai passé un bon moment mais l’explication finale a tout foutu en l’air. Mais elle sera une théorie tout à fait acceptable pour ceux ou celles qui n’ont pas ou peu de connaissance sur Jack The Ripper.

Comme je ne suis pas rancunière, fin du mois, je me ferai le tome 2 des enquêtes de Joseph Laflamme avec Jeremiah !

D’expérience, il connaissait les endroits et les recoins les plus sensibles de son corps et savait les titiller avec un doigté à nul autre pareil. L’adorable petit efféminé était ce qu’aucune femme ne serait jamais : la délicatesse avec un sexe d’homme. Jack avait fait appel à ses services par le passé même s’il coûtait cher, car chaque seconde de la torture qu’il savait si bien infliger valait son pesant d’or.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°76 et Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu Terreur – Le crime était parfait – thriller).

 

La loge noire : Jean-Pierre Croquet

Titre : La loge noire

Auteur : Jean-Pierre Croquet
Édition : L’Archipel (22/02/2017)

Résumé :
Angleterre, mai 1914. Alors que des menaces de guerre planent sur l’Europe, l’inspecteur Adey enquête sur une série de meurtres étranges, qui ne sont pas sans rappeler ceux de « l’automne de la terreur », où un certain Jack l’Éventreur sévissait dans les quartiers pauvres de Whitechapel.

Au même moment, un courtier du nom de Mark Bowen se rend à Londres pour acquérir la Kabbala denudata, un incunable essentiel de la tradition occulte.

Il est mandaté par Aleister Crowley, membre de la société secrète Golden Dawn, qui traîne une réputation de mage noir… et milite dans les mouvements séparatistes celtisants.

Mais lorsque Bowen arrive à la librairie de Geoffrey Bloom, dans le quartier mal famé de Soho, il découvre celui-ci égorgé. Et l’ouvrage convoité a disparu !

Coupable idéal, Bowen devient un homme traqué. Pour prouver son innocence, il devra retrouver l’assassin et découvrir quel secret cache la Kabbala denudata que convoite la mystérieuse Loge noire…

Critique :
Londres, mai 1914. Un serial-killer sévit dans les ruelles de ma ville préférée, rappelant un peu les sordides crimes de jack The Ripper, le tout sur fond de société secrète, de franc-maçonnerie et de tensions entre les pays.

Le genre de came que je ne pouvais pas laisser passer !

Et bien, entre nous, nous sommes loin de l’excellence came produite par Heisenberg ! On n’est même plus bas que de celle produite au départ par Jesse Pinkman.

Un peu comme si on avait utilisé de la pseudoéphédrine au lieu de la méthylamine pour la préparer et qu’on avait monté un peu trop haut dans les températures car le produit final est insipide, n’a pas la belle couleur bleue qu’il aurait dû avoir et ne m’a pas fait planer une seule seconde.

Pire, je n’ai même ressenti aucune émotion lors de la mort de personnages qui ne le méritaient pas et dont une scène aurait dû m’arracher des larmes au minimum.

C’est assez touffu, confus, brouillon, les personnages sont insipides, les Méchants sont loupés, ne fichant même pas la trouille, malgré leur folie, quand aux personnages principaux, on ne s’y attache pas une seule seconde, ce qui fait que s’ils avaient tous bu le bouillon de onze heure, ça ne m’en aurait même pas secoué une.

Quant à l’écriture, elle ne brillait pas par son originalité et je l’ai trouvée très plate et simpliste.

Anybref, une came qui n’avait pas la qualité que je pensais, qui ne m’a pas fait planer du tout, qui m’a fait bailler et qui ne restera pas longtemps dans mes étagères mais finira en don.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver),Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book etLe Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°58 – Le Marchand de Couleurs Retiré des Affaires – lire un livre dont le titre comporte le nom d’une couleur ).

The Rook – Au service surnaturel de sa majesté : Daniel O’Malley

Titre : The Rook – Au service surnaturel de sa majesté

Auteur : Daniel O’Malley
Édition : Super 8 (2014) / Pocket (07/05/2015)
Édition Originale : Checquy Files – Book 1 : The Rook (2012)
Traducteur : Charles Bonnot

Résumé :
Victime d’une agression, Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc de Londres. Autour d’elle, des hommes en costume portant des gants de latex. Tous sont morts. Situation peu réjouissante, certes, mais il y a pire : Myfanwy ne se souvient plus de rien.

Le plus surprenant, c’est qu’elle semble avoir prévu cette amnésie. Elle a sur elle une lettre écrite de sa main lui expliquant qui elle est et ce qu’elle doit faire pour découvrir qui veut l’éliminer.

C’est ainsi que Myfawny rejoint le siège de l’Échiquier, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne.

Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais où elle occupe un poste élevé, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, la jeune femme va rapidement se retrouver seule, cherchant son chemin dans un univers d’ombres et de menaces.

À présent, il va lui falloir lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables.

Critique :
Au service surnaturel de sa majesté… On pourrait penser, de prime abord, avoir affaire aux aventures d’une sorte de James Bond avec les pouvoirs magiques d’un Harry Potter.

Que nenni !! Nos agents ressemblent plus à des M.I.B (ils portent aussi des costumes de croque-mort) possédant des pouvoirs de X-Men, qu’à un Sean Connery bourré de gadgets.

Je ne savais pas du tout où je mettais les pieds en ouvrant ce roman, et si les 100 premières pages sont un peu « lentes » car il faut mettre en place une partie du décor, je peux vous dire qu’ensuite, on ne voit plus le temps passer.

La construction du roman est pour le moins étrange, mais ça lui va très bien de commencer par nous présenter son personnage principal, Myfanwy Thomas, se réveillant après une agression, totalement amnésique et apprenant une partie de son ancienne vie grâce aux lettres laissées par son Moi précédent qui savait qu’elle allait perdre la mémoire.

L’astuce est géniale car de personnage effacé et timide qu’elle était avant, Myfanwy, possédant maintenant une mémoire toute neuve, va pouvoir se constituer une autre personnalité, la laisser émerger, la laisser grandir et enfin éclore, elle qui toute sa vie a baissé les yeux devant les autres.

Nous nageons dont en plein roman fantastique, avec des tas d’entités bizarres qui peuvent se déclarer en Angleterre ou ailleurs dans le monde et nos agents du M.I.B croisés avec ceux du MI5 ou des X-Men doivent se servir de leurs pouvoirs surnaturels pour en venir à bout. Ils font partie de la Checquy.

Dis ainsi, cela pourrait sembler simpliste, mais ça ne l’est pas et le roman possède une sacrée dose d’humour dans ses réparties, dialogues, pensées des personnages et bien souvent, j’ai souri ou pouffé de rire.

Pourtant, je prenais de gros risques en ouvrant le roman puisque la Checquy a de gros soucis avec des entités qui voudraient envahir la perfide Albion et que ces entités, nommées les Greffeurs viennent de Belgique et que je suis… Belge !

Certes, avec un nom tel que la Wetenschappelijk Broederschap van Natuurkundigen, faut pas être Sherlock Holmes pour déduire que ces Greffeurs viennent de la Belgique du Nooord (voix de Galabru), là où on parle la langue de Vondel, alors que moi, je viens du Sud (de la Belgique, Sardou, ne chante pas mon Sud), bien que depuis des années, j’habitasse la capitale, enclave francophone située sur le territoire de la Belgique du Nooord (Galabru, arrête). Compliqué…

Lire un livre où mon petit pays a des envies belligérantes, je dois dire que ça m’a fait rire deux fois plus, même si ceux qui veulent envahir la patrie de Elize Abeth II ne sont en fait que des espèces d’entitées qui auraient fait triquer Fox Mulder, même si elles ne viennent pas d’ailleurs.

Sans prétention aucune, ce roman fantastique qui a la taille d’une brique, m’a fait passer un moment de pur plaisir, où j’ai ri, où j’ai frémi, souri, me donnant pour mon argent en suspense et en mystères.

Tout en maîtrisant son sujet, ses personnages avec leurs petits plus, l’auteur avance ses pions, ses tours, ses cavaliers et ses fous pour entraîner le lecteur dans une partie d’échecs où il faudra jouer serré, car n’oubliez pas que votre personnage a perdu la mémoire !

C’est jouissif !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°07 – Une Affaire d’Identité – lire un livre dont le personnage principal est amnésique) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.