Undertaker – Tome 4 – L’ombre d’Hippocrate : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 4 – L’ombre d’Hippocrate

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer

Édition : Dargaud (24/11/2017)

Résumé :
Gravement blessée, Rose a accepté de suivre L’Ogre de Sutter Camp, alias Jeronimus Quint, dans l’espoir qu’il la soigne.

À leurs trousses, Jonas Crow et Lin, bien décidés à sauver leur amie et à régler une fois pour toutes son compte au monstrueux chirurgien.

Mais comment arrêter un homme dont le génie maléfique lui permet de transformer chaque patient innocent en un complice mortel contre l’Undertaker ?

Critique :
Mon croque-mort préféré est de retour ! Afin de mieux faire durer le plaisir, je l’ai laissé bien en vue sur la table de mon bureau et j’ai tenu bon avant de me jeter dessus.

Il faut dire que le troisième tome nous avait laissé sur un suspense terrible et j’avais cette peur un peu bête que la conclusion de ce diptyque ne soit pas à la hauteur.

Je mérite l’excommunication pour manque de foi !

Dorison, le sadique, a soigné son album en nous servant un scénario aux petits oignons, travaillé en profondeur et toujours avec une dose d’humour.

— On veut jouer au docteur ? Prescription de l’Undertaker : calibre 12 et 45… Quatre le matin… Plus personne le soir.

Son médecin, moitié fou, moitié génie, moitié mégalo (j’ai pas eu tout mes points en calcul, je sais) est un personnage ambigu qui joue sur deux tableaux et je serais bien en peine de dire s’il aurait fallu le tuer de suite ou le laisser continuer à exercer son art de la médecine de cette manière un peu… barbare ? Inhumaine ?

— Ah Rose… Je pourrais vous dire que j’ai vu des dizaines de milliers de morts pour rien et qu’au moins les miens serviront à quelque chose. Que la science sera à mes pieds quand je réussirai ma première greffe. Mais la vérité est que quand les gens vous prennent pour un monstre, il ne vous reste qu’une seule chose à faire… Dépasser leurs attentes !

Le scénariste, dans son côté pervers, nous montre un homme qui a, certes, basculé du côté obscur de la Médecine, mais qui, de par son talent, la fait avancer aussi… Mais de quelle manière ! Il n’hésite pas à casser beaucoup d’œufs pour faire ses omelettes.

— La mère a le pouvoir de donner la vie. Le soldat de donner la mort. Le médecin est le seul a pouvoir donner les deux.
— Pas selon Hippocrate.
— J’emmerde Hippocrate.

Imaginez un type qui a le talent de déduction d’un Sherlock Holmes, ou plutôt, de son modèle, le docteur Bell, qui a le talent de médecin d’un docteur House, le cynisme compris, et à tout cela, vous ajoutez le côté inhumain, horrible, affreux, d’un docteur Mengele…

— Je sais que tout cela vous dépasse un peu… Mais voyez-vous, j’avance dans mes recherches. Ce que je trouve aujourd’hui vous sauvera demain. Bien sûr, les cris d’une femme, c’est toujours difficile à supporter. Eh bien… Dites-vous que c’est une Sudiste !

Un Méchant de l’envergure du docteur Jeronimus Quint ne court pas les rues dans la bédé (et la littérature) et j’avoue que, autant où je l’ai trouvé réussi dans son portrait de type qui fait froid dans le dos, autant j’apprécierais ne plus avoir à me poser les mêmes questions que les autres : faut-il le laisser vivre ou pas ?

Ne répondez pas à la question sans avoir lu le diptyque… même en l’ayant lu, je doute toujours un peu et mon cher Jonas Crow, mon croque-mort d’amour, a lui même hésité, parce que la solution n’est pas aussi simple qu’elle n’y paraît.

— Si vous me tuez, elle meurt. Et avec elle, tous vos petits camarades qui ne bénéficieront plus de mes talents. Avouez que ce serait dommage… Et puis, sans moi, au mieux vous perdez votre jambe. Au pire…

Une nouvelle fois, nous sommes face à un album des plus réussis, aussi bien niveau dessins (je les adore), qu’au niveau de la profondeur des personnages, qui évoluent tous, ou de la justesse des dialogues et du côté sadique machiavélique pour le Méchant.

Une série western qui n’a rien de western de gare écrit au kilomètre, mais qui est réfléchie, poussée, profonde, bien pensée et bien pesée.

— Vrai risque quand tu chasses le monstre… C’est de devenir comme lui.

Mais que nous réservent-ils pour le tome 5 ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule., Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

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Troupe 52 : Nick Cutter [LC avec Stelphique]

 

Troupe 52 - Nick CUTTER (2)

Titre : Troupe 52

Auteur : Nick Cutter, pseudo de Craig Davidson
Édition : Denoël (14/11/2016)

Résumé :
Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar.

L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu.

Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre « Sa Majesté des mouches » et « 28 jours plus tard », ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Critique [Stelphique en bas] :
Ceci sera sûrement ma dernière chronique car c’est sûr, j’ai été infestée… Je sens déjà la faim gronder en moi et je dois me retenir afin de ne pas mordre dans mon clavier pour le bouffer.

— J’AI FAIM !! TRÈÈÈS FAIM !!

Nous étions tranquilles sur la petite île de Falstaff Island, nous 5, les scouts de la Troupe 52, et notre chef, Tim Riggs, un adulte cool et médecin.

On se racontait des histoires qui font peur, on se chambrait, enfin, on chambrait surtout Newton, le petit gros de la bande, le geek, l’intello. On emmerde un peu moins Sheilley, car il est un peu bizarre, il fait peur.

Ephram, faut pas le chercher, il sait se servir de ses poings, son père est taulard, même. Son meilleur ami est Max, il le protège, ils sont ensemble depuis leur bas âge.

Kent, c’est le meneur, le fils du shérif, celui qui pique tout à tout le monde et que personne n’ose remettre à sa place. Celui qui tutoie les profs, le moniteur, celui qui n’obéit pas.

Ceci est donc ma dernière…

Tout est allé très vite après l’arrivée d’un type très malade, très maigre aussi, genre le type qui sort d’un camp de concentration après 10 ans de privations. Il foutait plus la trouille que toutes nos histoires « à faire peur » réunies.

Le pire est arrivé lorsqu’il est mort et que ce qu’il avait en lui est sorti… Argh, quelle horreur, jamais vu ça de ma life, le moniteur médecin non plus.

Je sens tout ça grouiller en moi, me déchirer, monter le long de ma colonne… arriver au cerveau… pas de bol pour eux, j’en ai pas ! Mhouhahahaha… *voix qui s’étrangle* Argh, tiens, si, j’avais bien un cerveau et ils l’ont bouffé.

Si vous voulez frissonner de peur, allez-y, plongez sur le roman et dévorez-le ! Mes amis ont beau être des gamins de 14 ans, chacun a sa petite personnalité et vous ne serez pas déçu de ce que vous lirez car nous n’avons rien à avoir avec les gentils gamins du Club Des Cinq.

Niveau suspense et tension, vous ne serez pas volé sur la marchandise, je vous garanti que votre médecin vous prescrira ensuite des pilules pour faire baisser la tension qui aura monté tout au long du récit.

Et puisque nous ne pouvons que vous conter l’horreur qui s’est produite sur l’île, notre auteur a eu la brillante idée de chiper une idée au King lui-même (Stephen, pas Elvis), celle qu’il avait utilisée dans la narration de Carrie, celle qui ♫ allumait le feu ♫ et dont on racontait une partie des exploits aux travers d’articles de journaux.

Dans notre histoire horrible, vous saurez tout grâce aux extraits de journaux, grâce aux témoignages de miliaires, de médecins, de scientifiques…

Et si vous voulez savoir si je vais m’en sortir et continuer d’écrire des bafouilles, vous devrez d’abord lire Troupe 52, car un scout, quoi qu’il arrive, est toujours prêt !

Prêt à servir, prêt à mourir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°47 – Détective agonisant – une personne gravement malade meurt dans les premières pages).

Pourquoi je l’ai choisi [Par Stelphique] : 

Ce livre je l’avais repéré avant même sa sortie (vive les teasing de Denoel <3) et puis, on avait envie de se retrouver avec un livre bien effrayant avec ma binôme, histoire de renouer avec nos préférences livresques…

Et puis, quoi de mieux que de se retrouver avec un livre recommandé par le grand, le King de l’horreur, notre cher Stephen King ? Très heureuse d’avoir bousiller nos prévisions de planning en faisait entrer celui ci !

Merci à ma binomette adorée de toujours m’attendre, de toujours dire oui à nos folies, de se laisser séduire par toutes ses tentations de lectures ! Ceci est ♫

Une déclaration, Ma déclaration♫ d’amitié à une femme adorable : Belette, Cannibale de lecture (merci ma poulette, réciprocité de la déclaration © Cannibal).

Synopsis : 

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Ce que j’ai ressenti : 

Ai-je tort de croire qu’il s’agit de l’endroit idéal pour un brin de diablerie ?

Si l’on se rappelait ces soirées de camping entre amis, à se filer la frousse avec les histoires les plus effrayantes à se raconter auprès du feu, parions que cette histoire aurait eu une place de choix dans nos tremblements nocturnes.

Lire Troupe 52, avec ma binôme, au fin fond de nos lits, sous la couette, nous a filé quelques sueurs froides et quelques nausées, mais elle a été un super moment de lecture!

Ce petit groupe dynamique et motivé va bien vite déchanter de leur virée du week-end ! Les devises Scouts vont voler en éclats tout comme les liens d’amitié qui les unissent, ne laissant en bouche qu’un arrière gout amer et une féroce envie de dévorer la vie à pleine dents !

Cauchemardesque à souhait et monstrueusement grouillante, la folle frénésie qui nous prend de lire ses pages est bien à l’image de cette intrigue: effrayante et affamée ! Un page-turner hallucinant, dont on bouffe les lignes, jusqu’au point ultime de fin.

« C’est la nature de tout être vivant. On s’accroche à la vie jusqu’à ce qu’elle nous soit arrachée. Même s’il en reste que des lambeaux, on s’accroche tout de même. »

J’ai été agréablement surprise que l’horreur se tienne tout du long, qu’elle soit sourde et à la fois criante, froide et implacable, juste ce qu’il faut d’écœurante , admirablement ténue.

Entre les petits problèmes d’adolescents et l’inertie des adultes devant ce spectacle de débâcle, j’ai été souvent au bord du vomissement, car les monstres sont d’une évidente frayeur, mais à voir se dessiner la folie pour vendre envers et contre tout, c’est peut encore plus immonde…

« La survie dépendait largement de la capacité de chacun à croire en la possibilité d’une fin heureuse. Vous étiez foutu à partir du moment où vous vous mettiez à imaginer le pire. »

Stephen King avait bien raison d’émettre des réserves pour les âmes sensibles, (je pense que je vais avoir du mal à me remettre de la scène de la tortue…) parce qu’il y a dedans un mélange d’horreur et de tenaces effets grouillants dans nos esprits, qui te tiennent toujours en alerte, toujours plus avec la faim au ventre, qui t’empêchent carrément de dormir tranquille, même à côté de tes amis…

« La seule manière de connaître réellement quelqu’un, c’est de le voir en situation de crise. Les gens s’infligent les pires sévices, Newton. Tu ne peux pas imaginer. Les amitiés, la famille, l’amour et la fraternité, tu peux balancer tout ça par la fenêtre… »

Allez, on parie que tu vas en frémir d’horreur d’aller faire une ballade sur cette île ?!!! Qu’il va se réveiller en toi, une furieuse envie de vivre et de manger les pages de ce thriller terrifiant ??!

Bon appétit et bonne découverte…

« Le silence de la nuit s’étendait au dessus de l’immensité de l’océan. Un paysage d’une tranquillité inimaginable qui instilla la peur dans le coeur de Max. La mort serait-elle ainsi: un silence liquide infini? »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

La loi des Wolfe : James Carlos Blake

Titre : La loi des Wolfe

Auteur : James Carlos Blake
Édition : Rivages Thriller (2014) / Payot et Rivages (2017)

Résumé :
Eddie Gato appartient à la grande famille des Wolfe, une dynastie qui pratique la contrebande à la frontière du Mexique et des États-Unis.

Depuis des siècles, les Wolfe ont survécu en instaurant une loi, la leur. Parmi les nombreuses obligations qu’elle comporte, celle de poursuivre des études avant de participer aux activités du clan.

Mais avec toute l’arrogance de la jeunesse, Eddie Gato refuse de s’y soumettre et quitte sa famille pour chercher fortune au Mexique.

Il se fait embaucher comme garde par un cartel mafieux, et ne tarde pas, toutefois, à succomber au charme de Miranda, la maîtresse d’un des chefs.

Ayant tué ce dernier, il doit s’enfuir avec la belle, repasser la frontière et regagner les États-Unis.

Un chemin semé d’embûches quand on a des ennemis impitoyables à ses trousses…

Une flamboyante histoire de fuite et de vengeance située dans un territoire cinématographique : la « Tierra del Diablo », aride désert à la frontière États-Unis-Mexique.

Critique :
Eduardo Gato Wolfe est ce que l’on peut appeler un sale gamin de merde ! Le genre qui aurait dû se ramasser une bonne fessée de la part de ses oncles, cousins, tantes, et tutti quanti.

Môssieur n’a pas voulu faire des études, alors que c’est la règle dans la famille Wolfe.

Môssieur voulait de suite aller avec sa famille s’occuper de leur innombrables trafics (pas les drogues, ni les humains) sans devoir passer par la case université, lui.

Môssieur ayant fait des bêtises, il s’en est allé proposer ses services ailleurs, chez des autres trafiquants, de l’autre côté du Rio Grande. Et de ce côté là de la frontière, sa bite va une fois de plus le perdre et le mener dans une aventure qui pourrait bien lui roussir les poils du cul et même plus !

On aurait pu nommer ce roman noir « La bite à Eduardo » parce que c’est à cause de ses pulsions sexuelles qu’il va se retrouver dans de sales draps et à cause de lui, les cadavres vont se ramasser à la pelle.

Bon, tant que ce sont ceux des membres d’un gang, on s’en moque, mais il y a des innocents qui vont y laisser leur peau à cause du fait qu’Eddie s’est retrouvé en leur compagnie.

James Carlos Blake ne perd pas de temps en palabres inutiles, directement on plonge dans le quotidien des trafiquants et il ne traîne pas non plus pour lancer son histoire : Eddie tue un homme, le second du gang, et se retrouve avec tout le monde à son cul.

À un moment j’ai eu un peu peur : l’auteur n’allait tout de même pas me remplir 230 pages de courses-poursuites, tout de même ?? Hé oh, je n’ai pas la condition physique pour cavaler sur autant de pages, moi ! J’ai même pas mon permis de conduire comme une sauvage pour semer les poursuivants, moi !

Femme de peu de foi que j’étais… Alors oui, on aura de la course-poursuite, mais pas que ! Parce qu’au travers de la fuite d’Eddie et de Miranda, la gonzesse pour qui il a tué, on aura aussi un portrait des gangs qui pullulent et polluent le Mexique, de leurs moeurs, de leurs méthodes d’action, ainsi que sur les passeurs qui tentent de faire entrer clandestinement des gens aux États-Unis.

Les personnages sont réalistes, même les trafiquants, quels que soient leur bord, alors qu’on devrait taper sur la tête d’Eddie, on se surprend à avoir de l’affection pour ce gamin qui, bien que n’ayant pas voulu faire d’études, a tout de même compris comment marchaient les cartels, les gangs, les mafieux et comment il fallait la jouer pour s’en sortir en perdant le moins de plumes possibles.

Mais on en perd toujours…

Un roman noir fort sombres, sur quelques pratiques des membres de gangs qui, quand ils ne sont pas contents, vous éparpillent véritablement façon puzzle, à tel point que votre femme pourrait retrouver votre langue dans le pot de confiture…

Un roman noir haletant, entrecoupé de scènes de vie traditionnelles du gang familial Wolfe, qui, bien que n’étant pas des enfants de coeur, sont tout de même un peu plus sympas que les autres.

Un roman noir qui t’expliquera aussi que le port du gilet pare-balles est de rigueur quand il pleut des balles et qu’il ne faut jamais, mais alors là jamais, chier dans les bottes d’un chef ! Et ne jamais décevoir son personnel non plus… Et ne pas faire confiance à un membre d’un autre clan !

Ne faites confiance à personne, même pas à moi qui vous conseille ce livre. On ne sait jamais, je pourrais être de mèche avec l’un ou l’autre gang…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°24 – Livre commençant par un assassinat).

 

La promesse de l’Ouest : Robert Lautner

Titre : La promesse de l’Ouest

Auteur : Robert Lautner
Édition : Presses De La Cité (19/03/2015)

Résumé :
Avril 1837. Le jeune Tom Walker quitte New York avec son père, commis voyageur.

Tous deux se dirigent vers l’Ouest, au-delà des montagnes et des plaines arides, pour vendre, de petite ville en petite ville, le célèbre revolver Colt.

La joie d’être sur la route, de partager un repas autour d’un feu et de dormir l’un près de l’autre, est cependant de courte durée.

Tandis que la nature se fait de plus en plus sauvage, une rencontre dévastatrice laisse Tom seul et démuni.

Déterminé à regagner l’Est et la civilisation, le jeune garçon place alors tous ses espoirs en Henry Stands, un cowboy taciturne croisé en chemin.

Ensemble, cet étonnant duo se lance dans un périlleux périple…

Voyage des ténèbres vers la lumière, de l’ignorance vers la connaissance, de la confusion de l’enfance vers la lucidité de l’âge adulte, La Promesse de l’Ouest est un magnifique roman.

« C’est une histoire palpitante, violente, inquiétante, profondément humaine et émouvante. » The Times

Critique :
Tom Walker est un jeune garçon de 12 ans qui vit seul à New-York avec son père et sa tante, sa mère étant décédée.

Son père, commis voyageur en lunette a décidé de changer de crémerie et sera le représentant exclusif d’un jeune entrepreneur dont beaucoup se demandent si son invention aura du succès : Colt…

« Le seigneur a fait les hommes. Et Sam Colt les a faits égaux . »

L’Ouest, le vrai ! Celui de 1837… Celui qui ne fait pas de cadeau, celui des révolvers à un coup et où le révolver de monsieur Colt pourrait changer la donne pour le meilleur et surtout le pire.

Dans un univers où la loi du plus fort ou de celui qui dégaine le premier, comment un homme aussi gentil que monsieur Walker pourrait-il survivre face à des crétins bas de plafond qui pense que la loi du plus fort est toujours la meilleure ?

« Bienvenue en terre hostile » aurait pu être le titre de ce roman car notre jeune Thomas va se retrouver seul, livré à lui-même et devoir négocier son rapatriement vers New-York… Et croyez-moi, on est loin d’Europe Assistance ou de Touring Secours !

Son seul salut réside dans un grand type bougon, taciturne, ancien ranger, Henry Stands, qui n’a absolument pas envie de trimbaler un gamin volubile mais timide dans ses basques.

Les personnages sont attachants, surtout Thomas et au fur et à mesure, je suis sûre que vous apprécierez aussi le ronchon Henry, car si pour Thomas ce voyage a tout d’un voyage de l’ombre vers la lumière qui le fera grandir, il en sera de même pour Henry.

Utilisant une écriture agréable à suivre, plantant ses décors plus vrais que nature, nous distillant de-ci de-là des réflexions sur le progrès, la religion, la culture, les armes à feu, la mentalité, l’auteur nous emmène dans un voyage des plus palpitants, sans pour autant avoir de l’action ou du suspense à tout les coins de page.

Quand les colons sont victorieux on parle d’une bataille, mais quand les indiens triomphent on appelle ça un massacre.

L’arme à feu à répétition a abrégé les guerres, sans aucun doute, mais uniquement parce qu’elle a accru la capacité des hommes à réduire le nombre de leurs ennemis, et non pas parce qu’elle a fait cesser l’horreur de leurs œuvres.

Jamais moralisateur, jamais ennuyant, l’auteur dénonce l’utilisation des armes à feu et les dégâts qu’elle peuvent faire mises dans de mauvaises mains.

Un roman qui raconte une aventure formidable, réaliste, un grand voyage qui se déroulera d’Est en Ouest et repartira dans l’autre sens avant d’avoir pu explorer toutes ces terres sauvages qu’étaient celles au delà de la Frontière.

Un roman qui trainait depuis un peu trop longtemps sur mon étagère et qui, sans la LC avec Bianca, aurait encore pris la poussière longtemps vu mon HAL (Himalaya À Lire). Sa chance fut qu’il était placé à côté du roman que je venais de terminer en LC…

Mais pourquoi l’aie-je laissé prendre les poussières aussi longtemps, moi ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule,  Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

À propos de courage : Tim O’Brien

Titre : À propos de courage

Auteur : Tim O’Brien
Édition : Gallmeister (07/04/2011)

Résumé :
Tim O’Brien, jeune homme projeté malgré lui dans le tumulte d’un conflit sanglant, celui du Vietnam, tente, vingt ans après, d’exorciser les fantômes qui le hantent.

Devenu écrivain, il se met lui-même en scène au côté de ses compagnons d’armes dont il fait, par la grâce d’un alliage subtil entre sa mémoire et son imaginaire, les acteurs et les victimes d’une guerre absurde.

Fragments de vie et de mort, de courage et de lâcheté, de folie et de raison, ses histoires sont autant d’échappées poétiques qui oscillent entre passé et présent, et soulignent l’éternel besoin de l’individu de retrouver la flamme d’une innocence perdue.

À propos de courage nous livre une méditation fracassante sur la guerre, la mémoire et le pouvoir de l’imagination. Un livre inoubliable.

Critique :
Comment parler de la guerre du Vietnam ? Comment parler de ce que l’on a vu ? Ressenti ? Vécu ? Comment parler des gars de sa compagnie qui y sont restés ? Comment relater l’ennui et la monotonie, la peur, la culpabilité ?

Je dois dire que Tim O’Brien y arrive avec brio, sans sombrer dans le mélancolique, dans le gore, le voyeurisme ou la violence gratuite.

Au travers de ses chapitres, il nous raconte des histoires qu’il a vécu au Vietnam, de ses camarades tombés au combat, ou dans des champs de merde, de ses peurs, de ses envies de foutre le camp, de sa mini désertion lorsqu’il fut appelé sous les drapeaux.

Au travers de ses histoires, nous aussi on portera notre barda avec eux, ces sacs qui étaient lourdement chargé, ces armes lourdes, ces tonnes de munitions, nous les porterons avec eux durant leur périple au pays du napalm déversé…

Vous êtes coincé dans un trou dégueulasse au milieu d’une rizière, et l’ennemi veut vous remplir le cul de plomb, mais quand, pendant quelques secondes, tout se calme et que vous levez les yeux et que vous voyez le soleil et quelques nuages blancs floconneux, et qu’une immense sérénité vous aveugle – le monde entier reprend sa place – alors, même coincé au milieu d’une guerre, vous vous sentez en paix avec vous-même comme jamais.

Son écriture comme ses histoires sont soignées, léchées, tournées de manière à vous plonger dans la boue du Vietnam, dans le quotidien de ces hommes, jeunes pour la plupart, fauchés bêtement, pour la plupart… ou devenu un peu fou.

Si ses histoires sont fictives, c’est aussi pour mieux retranscrire la réalité, l’auteur nous expliquera même comment il fabrique des fictions pour dire la réalité.

Dans la plupart des cas, il ne faut pas croire un récit de guerre véridique. Si vous y croyez, soyez sceptique. C’est une question de crédibilité. Souvent, ce qui paraît fou est vrai, et ce qui paraît normal ne l’est pas, car les trucs normaux sont nécessaires pour vous faire croire à des folies réellement incroyables.

Faire des généralisations sur la guerre, c’est comme faire des généralisations sur la paix. Presque tout est vrai, presque rien n’est vrai.

De ces histoires, même fictives, le lecteur ne sera pas dupe car tout le monde sait qu’il y a une grosse part de réalité dedans – l’auteur l’a faite, la guerre du Vietnam – il en ressortira des grosses doses d’émotions de ses différents récits.

Oui, l’histoire est fictive, mais les émotions, elles, elles ne sont pas feintes, elles sont véridiques, et elles te sauteront à la gueule sans que tu y prennes garde.

Si, à la fin d’une histoire de guerre, vous vous sentez ragaillardi, ou si vous avez l’impression qu’une parcelle de rectitude a été sauvée d’un immense gaspillage, c’est que vous êtes la victime d’un très vieux et très horrible mensonge. La rectitude n’existe pas. La vertu non plus. La première règle, me semble-t-il, est qu’on peut juger de la véracité d’une histoire de guerre d’après son degré d’allégeance absolue et inconditionnelle à l’obscénité et au mal.

Un récit fort, profond, sans fard, mais sans surenchère dans le glauque, des personnages attachants et de belles tranches de vie, le tout sans la musique de Apocalypse Now car moins trash.

La guerre c’est l’enfer, mais c’est encore mieux que ça, parce que la guerre c’est aussi le mystère et la terreur et l’aventure et le courage et la découverte et la sainteté et la pitié et le désespoir et la nostalgie et l’amour. La guerre est méchante ; la guerre est amusante. La guerre est excitante ; la guerre est déprimante. La guerre fait de vous un homme ; la guerre fait de vous un mort. Les vérités sont contradictoires. On peut arguer, par exemple, que la guerre est grotesque. Mais, en vérité, la guerre est également beauté. Malgré toutes ses horreurs, vous ne pouvez pas vous empêcher d’admirer l’extraordinaire majesté d’un combat. Vous voyez les rafales traçantes se dérouler dans l’obscurité comme des rubans rouges et brillants. Vous vous accroupissez lors d’une embuscade, tandis qu’une lune froide et impassible se lève au-dessus des rizières nocturnes. Vous admirez les symétries mouvantes des troupes en marche, l’harmonie des sons, des formes et des proportions, les énormes salves d’obus crachées par une canonnière, les rafales illuminantes, le phosphore blanc, l’éclat orange-violet du napalm, la lueur rouge des roquettes. Ce n’est pas exactement beau à voir. C’est stupéfiant. Ça remplit l’œil. Ça vous subjugue.

Une écriture poétique, magnifique, qui sublime encore plus les récits de guerre ou d’après-guerre, pendant la reconstruction du corps et de l’esprit.

Ils portaient le bagage émotionnel d’hommes qui sont susceptibles de mourir. Le chagrin, la terreur, l’amour, la nostalgie – tout cela était intangible, mais ces choses intangibles avaient leur propre masse et leur gravité spécifique, elles avaient un poids tangible. Ils portaient des souvenirs honteux. Ils portaient en commun le secret d’une lâcheté à peine retenue, l’instinct de s’enfuir ou de se figer sur place ou de se cacher, et d’une certaine manière c’était le plus lourd des fardeaux, parce qu’on ne pouvait jamais le poser à terre du fait qu’il exigeait un équilibre parfait et une posture parfaite. Ils portaient leur réputation. Ils portaient la plus grande peur du soldat, qui est la peur de rougir. Ces hommes tuaient, et mouraient, parce qu’ils auraient été gênés de ne pas le faire.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Métro 2034 : Dmitry Glukhovsky [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : Métro 2034

Auteur : Dmitry Glukhovsky
Édition : Le Livre de Poche (05/04/2017)

Résumé :
La Sevastopolskaya, une des stations habitées les plus méridionales du métro moscovite, produit une grande part de l’électricité qui alimente celui-ci.

Harcelée par des monstres des tunnels sud, elle ne doit sa survie qu’au courage de ses défenseurs et à l’afflux constant de munitions en provenance de la Hanse.

Cependant, la dernière caravane d’approvisionnement n’est jamais revenue de la ligne Circulaire, pas plus que les groupes de reconnaissance envoyés à sa recherche.

Critique :
On ne pourra pas dire que l’auteur ne m’a pas écouté !

Dans ma précédente chronique sur Métro 2033, je signalais qu’il était dommage que les femmes fussent si absentes du roman et dommage aussi que la quête d’Artyom ne se soit pas pas faite avec une sorte de confrérie de l’Anneau (jeu de mot avec la confrérie toute puissante de la Hanse qui se trouve sur l’Anneau du métro).

Les esprits les plus éclairés diront que lorsque ma chronique fut postée, l’auteur avait déjà depuis longtemps écrit et publié son livre… Qui sait, peut-être avait-il reçu les mêmes doléances ou a-t-il décidé de changer son AK47 d’épaule.

Dans ce tome 2, le personnage énigmatique de Hunter, le chasseur, le prédateur, l’ours croisé brièvement dans le premier tome est mis à l’honneur, ainsi que Homer, un nouveau personnage assez âgé et une jeune fille de 17 ans qui a le mérite de n’être ni une greluche chouineuse, ni une Tomb Raider.

Par contre, dans cet opus, notre personnage principal du premier qui était Artyom n’a qu’un rôle des plus secondaire et insignifiant, quasi. On aurait mis Dupont que ça serait revenu au même et là, je dois dire que j’ai râlé de ne pas le suivre dans cette aventure, même si les autres personnages développés étaient intéressants.

Leur ennemi commun ? Nous dirons que cette fois-ci, en plus des créatures bizarres qui hantent les couloirs des stations du métro moscovite, nous avons aussi une épidémie qui décime tout ceux qui en respirent ses bacilles.

Leur mission, s’ils l’acceptent ? Passez les stations contaminées par le feu ! Ou trouver un remède adéquat…

Si le lecteur n’est pas trop regardant, il passera un excellent moment de lecture car il y a peu de temps morts et quand ça cavale moins, on ne reste pas à peindre la girafe pour autant…

Là où le bât peut blesser, c’est dans le fait que notre trio de personnages (et ensuite ce sera au tour de deux duos lorsque Léonid le flûtiste entrera dans la danse) donnent l’impression de traverser les différentes stations de métro comme une fleur, avec quelques rencontres un peu dangereuses des différentes créatures qui habitent le métro, mais sensiblement plus facilement que notre pauvre Artyom !

À croire que tout le monde leur a ouvert le passage…

Si le scénario ne brille pas par son idée originale, si ça pourrait avoir des relents de blockbuster ou de films à sensations où quelques types doivent sauver le monde ou la ville (ici, des stations de métro), si on n’est pas trop exigeant, on peut passer un bon moment de lecture bien sympathique.

Il est un fait que l’auteur devait se renouveler et ne pas nous servir la même soupe qu’à l’aller et donc, exit les différentes sociétés qui peuplent les stations, leur politique, leur croyances et tout le brol qui va avec.

La philosophie est toujours présente dans les dialogues ou les pensées de nos personnages principaux qui ont de l’étoffe et du courage et je précise que ce tome peut se lire indépendamment du premier.

Un roman de SF aux émanations de fantastique, une écriture qui trace toujours sa route, une quête moins ralentie par les lourdeurs administratives, ce qui donne un rythme plus rapide à ce tome qui fait le pont entre le premier et le dernier tome de cette saga dont je me demande bien comment elle va se terminer et si Artyom reviendra dans le dernier.

Ayant beaucoup voyagé dans le noir des tunnels de métro, ayant croisé des bestioles bizarres et peu commodes, je pense remonter à la surface durant un certain temps avant de replonger avec curiosité dans le dernier tome !

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Après l’intensité de la lecture de Metro 2033, nous étions impatientes de nous lancer dans cette suite prometteuse, avec ma Belette Binomette de lecture…

Synopsis :
La Sevastopolskaya, une des stations habitées les plus méridionales du métro moscovite, produit une grande part de l’ électricité qui alimente celui-ci. Harcelée par des monstres des tunnels sud, elle ne doit sa survie qu’au courage de ses défenseurs et à l’afflux constant de munitions en provenance de la Hanse.

Cependant, la dernière caravane d’ approvisionnement n est jamais revenue de la ligne Circulaire, pas plus que les groupes de reconnaissance envoyés à sa recherche.

Ce que j’ai ressenti :… Au son de la musique, moins de peur…

Le véritable amour brise toute ta vie sans se soucier des circonstances.

L’ambiance et la Terreur, étant posé dans le premier tome, l’auteur se penche maintenant sur les humains qui se retrouvent coincés dans cet enfer. Une vision plus intime des ressentis des personnages, ce qui manquait un poil dans le premier tome, mais il n’en reste pas moins que j’ai préféré l’intensité de Metro 2033…

Le Metro n’est plus le personnage principal, on a moins cet effet « oppresseur », il règne presque une flamme d’espoir dans les yeux de certains…

Par contre, il reste toujours cette ouverture des réflexions qui fait que ce n’est plus seulement une saga passionnante, mais plus encore, une trilogie inspirante…

Mais la mort a ses propres motivations et elle n’aime pas ceux qui jouent avec elle.

Ici, nous avons un trio improbable qui se retrouvent ensemble et partage les péripéties des dangers souterrains.

Ce ne sont pas des héros, juste des âmes en peine qui subissent leurs derniers jours à survivre ensemble, pour ne pas perdre la tête, et leurs dernières valeurs.

Un homme âgé, une jeune fille et un presque damné qui essayent de sauver la dernière poignée d’humanité…

Entre idéalisme et naïveté, ce trio avance avec leurs protections sommaires vers l’ultime catastrophe…

Ce n’est qu’un conte, après tout. Mais comment survivrions-nous sans contes ?

Si on s’attache à Artyom dans le précédent tome, ici, on le retrouve que partiellement, au détour d’une page ou d’un virage ténébreux. Il laisse sa place de meneur, pour qu’on puisse s’attacher à Homère et ses histoires, Sacha et sa douceur, Hunter et son mystère…

Ce tome 2 de la trilogie des Metro, est différent dans sa manière d’aborder cette catastrophe. Avec ce trio, il ressort une envie de transmission posthume, un élan de bien agir, le plaisir d’être unis pour une cause…

Il contraste tellement du tome 1, que maintenant, je suis impatiente de lire Metro 2035, pour comprendre où Dmitry Glukhovsky, veut emmener son lecteur…

Il n’y a rien de plus précieux que la vie humaine.

Après le frisson intense de Metro 2033, Metro 2034 est une suite qui expérimente la différence entre peur et terreur avec un doux son de flûte qui enchante comme par magie, les milliers d’âmes qui restent au fin fond des tunnels.

La conquête de la surface est presque un dernier espoir, mais la Cité d’Emeraude, une terre d’Eldorado qu’on espère bien fouler, après cette horrible ballade de santé avec combinaisons encombrantes et masques défaillants dans les vapeurs toxiques et la noirceur des rames moscovites…

La peur et la terreur sont deux choses bien distinctes. La peur vous donne un coup de fouet, vous oblige à agir, à faire preuve d’imagination. La terreur, elle, paralyse les membres, arrête les pensées, prive les hommes de leurs ressources.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

Remerciements :

Je tiens à remercier Le livre de Poche Imaginaire pour l’envoi de ce livre ! Ce fût une lecture frissonnante à souhait!

Métro 2033 : Dmitry Glukhovsky [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : Métro 2033

Auteur : Dmitry Glukhovsky
Édition : Livre de Poche (11/01/2017)

Résumé :
2014. Une guerre nucléaire a ravagé la Terre. 2033. Quelques dizaines de milliers de Moscovites survivent tant bien que mal dans le métro. Ils sont organisés en microsociétés qui habitent une ou plusieurs stations de métro, se dotent de diverses formes de gouvernement et de croyances.

Les tunnels sont laissés aux parias, aux rats et à tout ce qui rode dans les ténèbres.

Artème est l’un de ces survivants. Une menace plane de l’extérieur, sa portée est connue par quelques-uns, Artème est chargé de transmettre cette information et doit atteindre Polis – une communauté de stations qui préservent les derniers vestiges de la civilisation humaine. Il est le dernier espoir de survie de l’humanité.

Commence alors une quête homérique, une odyssée dans le métro moscovite, où il va croiser tour à tour trafiquants, mystiques, néo-nazis et leur quatrième Reich, la première brigade « interstationnale », des religieux, des sectaires.

Il baignera dans les légendes urbaines du métropolitain.

Critique (Stelphique ICI) :
Toi qui ouvre ce livre, n’oublies pas de prendre avec toi un AK 47, des chargeurs avec des balles à profusion car dans ce monde souterrain, ce sera ta survie, mais aussi ta monnaie d’échange car les billets ne servent plus à rien, ou alors, à se torcher le cul.

Ça, c’est ce qu’il te faut si tu décides de te balader dans les tunnels du métro moscovite… On ne sait jamais qui on peut croiser dans les coursives.

Si tu désires aller prendre l’air dehors, pauvre fou, n’oublies pas d’enfiler une combinaison étanche et de te munir d’un masque à gaz ! Et d’un bazooka !

Tant que j’y suis, je te donne un conseil d’initié : si un mec commence à faire dans son froc en bégayant qu’il y a des Noirs dans le tunnel, tire à vue ! Non, ce n’est pas un acte raciste mais de survie car ces espèces de trucs n’ont rien d’humains.

Tant que vous y êtes, tirez aussi à vue sur les chiens et surtout sur les bibliothécaires ! Ces derniers sont des abominations et rien à voir avec vos livres rentrés en retard. Devant eux, un seul mot d’ordre « Fuyez, pauvres fous, mais en silence »… Ben oui, il est déconseillé d’être bruyant dans les biblios et paraît que le bruit attire ces sales trucs.

Ah, au fait, pas besoin d’abonnement du métro, votre passeport suffira et prévoyez assez bien de munitions, c’est le plus important.

Le post-apocalyptique n’est pas mon genre de prédilection, mais de temps en temps, j’aime sortir de ma zone de confort et m’encanailler ailleurs que dans des polars. Surtout quand l’idée vient de ma binôme de lecture.

Niveau angoisses, j’ai été plus que servie et je ne regarderai plus les stations de métro du même œil, dorénavant.

Après une guerre nucléaire qui a ravagé toute la terre (toute ?), les survivants se terrent dans le métro de Moscou, reproduisant à petite échelle les différentes sociétés telles qu’on les connait à grande échelle : entre les stations gouvernées par des nazis, des communistes, des Rouges, des mystiques, des tarés, des mafiosis, des commerçants, faites votre choix.

Le personnage principal, Artyom, est un jeune homme qui n’est jamais sorti de sa station et qui se voit confier une quête qui va lui faire traverser une partie du métro.

En se mettant en route, notre jeune homme, qui n’a rien d’un héros, ne sait pas qu’il va vivre sa plus fabuleuse aventure de toute sa life. Accroche tes mains à sa taille, pour pas que la chenille déraille… Et n’oublies pas de tirer à vue (et de bien viser) si jamais tu croises un truc pas net !

L’écriture est facile à suivre, agréable, elle vous entraîne dans les méandres du métro Moscovite, qui a tout d’un enfer, et heureusement qu’il y a un plan en première page, sinon, je m’y serais perdue, vu les nom des stations assez compliqué.

Là où j’ai tiqué, c’est que notre Artyom aurait pu mourir 20 fois et qu’à chaque fois, il a été tiré d’affaire pas la Providence qui a mis la bonne personne sur son chemin afin de le sauver… Bon, une fois, ça passe, deux fois, ça fait lourd, mais trois fois, faut arrêter car ça devient répétitif et moins plausible.

Autre chose que j’ai trouvée dommage, c’est que durant sa quête, les compagnons de marche d’Artyom ne fassent que de passer… Je ne dis pas qu’il fallait nous faire une fraternité de la quête de l’anneau, mais bon, j’aurais aimé voyager plus longtemps avec certains, dont Khan, et ne pas me contenter de les voir durant quelques chapitres avant qu’ils ne disparaissent en faisant pchiiitttt.

Tant que je suis dans l’énumération des petites choses qui dérangent, je me demande aussi où sont passées les femmes ?? Putain, on en croise pas des masses dans les couloirs, à croire qu’il ne reste plus que des mâles. La Nature a inversé les choses, ou alors c’est à cause de l’apocalypse, car après lecture, j’ai l’impression qu’on a 90% de bistouquettes pour 10% de nibards.

Malgré ces petits points noirs, le reste est passé comme une rame de métro sur des rails bien huilés : le voyage était intéressant, rempli de rencontres bizarres ou intéressantes, avec une bonne louche de mysticisme et d’ésotérisme, mâtiné de religions toutes plus folles les unes que les autres.

Avec quelques réflexions profondes et pas dénuées d’intérêts pour qui voudrait y réfléchir plus fort après sa lecture.

Je me suis attachée à Artyom, j’ai aimé son côté un peu adolescent, paumé, couard, pas très sûr de lui, et qui, malgré ses peurs, continue d’avancer en se tapant des kilomètres et des kilomètres de tunnels sombres de métros, avec tout les dangers qui s’y cachent, tapis dans l’ombre.

Si le début est un peu lent, s’il y a quelques passages un peu moins intéressants, je peux vous dire que les 200 dernières pages se lisent à la vitesse du TGV roulant sur des pelures de bananes ! Cours, Artyom, cours !! Mon cœur a palpité.

Alors oui, ce n’est pas de la toute grande littérature, ce n’est pas du post-apocalypse avec un message à la clé (le message est juste un peu plus long que 3 tweet de Donald), on a des moments de réflexions profondes, mais l’action ou la marche à pied sont plus présentes dans le récit que la philosophie. De plus, la succession des régimes politiques dans les stations pourraient devenir indigeste pour certains…

S’il y a du réalisme dans ce roman, il y a aussi une dose de fantastique ou de SF, à vous de voir dans quelle catégorie vous classerez le bestiaire des animaux qui ont mutés suite aux radiations nucléaires.

Un roman post-apocalypse qui n’a rien de la lecture de l’année, pourtant, j’ai apprécié la lecture, j’ai ressenti de l’effroi dans les tunnels sombres et habités par on ne sait pas trop quoi, j’ai eu de l’empathie pour ce brave Artyom, j’ai tremblé pour lui, j’ai armé ma Kalachnikov en même temps que lui et je compte bien redescendre sous terre pour les deux tomes suivants !!

Le Challenge « Pavé de l’été 2017 » chez Sur Mes Brizées (864 pages en version poche).

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
J’étais très curieuse de partir à la découverte d’un nouveau territoire… J’ai reçu les appels de phares, et je n’ai pu résister à l’attraction du post-apocalyptique de ce métro russe… Je suis très contente d’avoir convaincue ma binômette de se lancer dans ces tunnels, parce que seule, j’avais un peu la frousse….

Synopsis :
2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfu­giés dans les profondeurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie.

Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent.

Les personnages :
C’est bien la première fois, que je me lie autant à un lieu, et pas forcément, aux personnages. Finalement, la force de ce roman, c’est que c’est le Métro lui même qui devient le personnage principal, et non pas les êtres qui crapahutent en ces tunnels…

On a du mal à s’attacher à ses personnages sans élan héroïque, ils leur manquent un pointe de luminosité, même si je pense que c’est intentionnel, pour faire mieux briller ce lieu de ténèbres… C’est très original !

« L’important c’est de reste le même au fond de son cœur, ne pas renoncer, ne pas s’avilir… »

Ce que j’ai ressenti :… Une terrifiante traversée souterraine…

« Est-ce qu’un être humain qui n’a jamais vu d’étoiles peut imaginer l’infini ? »

Bienvenue dans l’antichambre de l’Enfer, heu, dans le Métro russe, version post-apocalyptique !!! Comment vous dire ?! Il ne fait pas bon vivre dans ses tunnels obscurs, avec l’ombre de la menace des Noirs, continuellement enfermés dans les ténèbres

Peu de place pour la rêverie, les bons sentiments et l’hospitalité… Il règne en ces lieux, une ambiance oppressante qui ne vous lâche plus! Saisissante, asphyxiante, viciée, chaque inspiration est une souffrance autant pour ses personnages que pour nous, lecteurs.

Cette ballade dans ce Moscou revisité, est empreinte d’une menace sourde, presque surnaturelle, affreusement anxiogène…

Tous nos sens sont aux aguets: le danger réel et irréel se glisse dans ses lignes, chaque détour est un abysse profond, chaque intersection, une angoisse supplémentaire…

« Maintenant qu’il mesurait l’ampleur de la déchéance humaine, sa foi dans les lendemains radieux s’était évanouie . »

De tous les romans dans ce genre, je crois que celui ci, se distingue vraiment par cette atmosphère plombée par cette peur ancestrale du noir, mais pas seulement le Noir, presque le Néant… Absence de lumière, de beauté, et a fortiori d’espoir…

Le Metro devient le héros ténébreux, et  il nous dévoile ses pires recoins entre ses ombres monstrueuses, ses pièges nébuleux, ses inquiétantes voies, ses pires détracteurs…

Ce qui m’a vraiment plu, c’est cette manière d’aborder le post-apocalyptique,  il ne reste Rien : rien à sauver, rien à valoriser, (presque plus) rien à Croire. On sent vraiment que c’est la Fin de tout, du monde mais aussi des moindres valeurs…

Ici l’auteur se penche sur l’aspect spirituel de l’humain face à l’inéluctable, il nous donne matière à réfléchir sur les questions existentielles, et en même temps dresse un portrait peu reluisant de la nature humaine, la balance entre le Bien et le Mal penche affreusement d’un côté, et du coup offre un incroyable thriller d’une noirceur poisseuse…

Avec cette intrigue, la claustrophobie te saisit au détour d’un rail, et elle ne te lâche plus jusqu’à la fin du voyage…

« Celui qui trouvera en lui-même assez de patience et de courage pour scruter toute sa vie les ténèbres sera le premier à y apercevoir un éclat de lumière. »

En suivant Artyom, jeune homme qui se lance dans une mission quasi suicidaire, on fait le tour des stations et des pires travers humains. Chaque voie empruntée par ce personnage, nous offre un panorama des violences  dans lequel l’Homme peut s’illustrer en tant de crise, autant psychologique que physique…

En plus de l’absence de luminosité du lieu, cette excursion emprunte tous les cercles du vice et de la cruauté, se nourrit du sang et de l’incrédulité des plus faibles, et il parait, (selon une légende), qu’en creusant un peu, les Enfers seraient au centre de la Terre: on s’en approche dangereusement dans ses pages…

« Mais le diable a de ces blagues parfois! »

Un premier tome qui pose bien ses bases: On voyage dans les bas-fonds de la Russie, la philosophie prend le pas sur nos peurs les plus primales,  l’horreur rencontre un lieu parfait de perdition, on se délecte de cette tension de tous les instants…

Alors bien sûr, on se jette sur la suite de ses aventures souterraines, histoire de se faire encore plus peur que nécessaire…Vite Metro 2034 !

« Ce n’est pas la mort qui effraie. C’est son attente. »

Le petit plus : Le plan du Metro moscovite en couleurs! Déjà, il rend super à l’œil, mais surtout, il est absolument nécessaire, pour cette lecture étant donné, la complexité des noms russes des stations. A chaque chapitre, on sait où l’on est, et c’est vraiment appréciable pour la visualisation de la progression…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Lien vers la chronique de ma partenaire de folie : Stelphique

Rien ne se perd : Cloé Mehdi

Titre : Rien ne se perd

Auteur : Cloé Mehdi
Édition : Jigal polar (01/05/2016)

Résumé :
Une petite ville semblable à tant d’autres… Et puis un jour, la bavure… Un contrôle d’identité qui dégénère… Il s’appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort… Moi, Mattia, onze ans, je ne l’ai pas connu, mais après, j’ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu’à la dislocation…

Plus tard, alors que d’étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j’ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice !

C’est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s’en mêler, les mères, les sœurs, les amis…

Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j’essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n’est jamais vraiment enterré ! Et personne n’a dit que c’était juste…

Critique :
Si « Inspecteur la bavure », avec Coluche dans le rôle, était très drôle, quand un policier commet une bavure, c’est tout de suite moins drôle, surtout s’il a confondu le crâne d’un gamin de 15 ans avec une citrouille à exploser…

C’est ce qui est arrivé à Saïd, 15 ans, récidiviste au casier déjà chargé, lors d’un contrôle d’identité. Un flic a pété les plombs et bardaf, ce fut l’embardée. Il ne fut pas condamné.

[…] l’erreur est humaine à ce qu’on raconte. Le seul problème c’est qu’elle est tolérée pour certains et pas pour d’autres, et toujours les mêmes.

Ce fait divers horrible, Mattia, notre narrateur de 11 ans ne l’a pas vécu, il n’était pas né, et ensuite, ce fut une chape de plomb sur cette affaire. Mais ça l’intrigue, surtout depuis que des tags « Justice pour Saïd » éclosent sur tous les murs.

L’auteure nous a écrit un roman terriblement noir avec pour narrateur un jeune garçon qui a vu son père interné en HP (pas Harry Potter) où il a fini par se suicider, où il a vu sa famille se disloquer et sa mère le confier à un jeune homme de 24 ans, Zé, lui même au passé plus que lourd qui vit avec une copine aux tendances plus que suicidaires.

L’ambiance est lourde, plombée, dans cette citée qui a vécu des émeutes et la mort d’un de ses enfants. Certes, ce n’était pas un enfant de coeur, mais sa mort était purement gratuite et le coupable n’a pas été châtié, ce qui fait que la rancœur est toujours là.

Un air de déjà-vu, non ? Quand une bavure est l’étincelle qui fait exploser les barils de poudre… Terriblement contemporain.

Les portraits des personnages sont forts, réalistes, et les détails sur leur passé seront distillés avec parcimonie, divulgués au fur et à mesure des découvertes de Mattia, notre jeune garçon qu’on aurait envie de serrer dans nos bras tant il est émouvant à se protéger derrière des murs érigés dans sa tête.

Quitte à terminer ses jours dans une prison, autant choisir soi-même la nuance des briques et la qualité du ciment.

Mattia voudrait être invisible, mais pourtant, il est très présent dans ces pages, à tel point qu’une fois le roman refermé, il vit toujours parmi nous et on aimerait presque que l’auteure nous donne de ses nouvelles, de temps en temps.

Toute sa vie n’est que souffrance, celle des autres aussi : les gens de la cité, sa sœur, sa mère, dans la famille de Saïd,… Pourtant, malgré cette ambiance plombée et triste dans laquelle évolue nos personnages, on se trouve face à un récit enthousiasmant, si je puis dire, tant il apporte des émotions fortes à son lecteur.

On pourrait dire que ce roman, c’est un semi-remorque d’émotions qu’on se prend dans la gueule, ce sont des vies disloquées, éparses, des gens blessés qui tentent de panser leurs plaies vaille que vaille, en comptant sur la présence de certains pour les soutenir, pour les aider à avancer dans le chemin de la guérison.

« À 19 heures on passe à table. Gabrielle invite les travailleurs sociaux à se joindre à nous. Titre du documentaire : « La famille dysfonctionnelle dans la vie quotidienne ». Ça pourrait même faire une bonne émission de télé-réalité. J’imagine le pitch : Un meurtrier passionné de poésie, une dépressive suicidaire et un enfant perturbé tentent de vivre ensemble au-delà de leurs différences, mais les services sociaux s’en mêlent. Zé, Gabrielle et Mattia parviendront-ils à faire illusion et à déjouer la menace ? »

Il y a des tas de messages importants dans ses pages, des messages sur lesquels on devrait méditer afin de trouver des solutions pour que cela n’arrive plus à l’avenir…

Un roman noir fort, sombre, rempli d’émotions à l’état brut, de vies éclatées, de vies suicidées, de vies en lambeaux, des personnages réalistes, flamboyants, qui tentent de s’en sortir comme ils peuvent, eux que la vie a fracassé et laissé en miettes.

Un roman qui m’a emporté et qui m’a laissée sans voix, sans mots pour exprimer ce que je ressens vraiment après sa lecture. Pas grave, d’autres en parlent mieux que moi.

PS : cette citation m’a fait penser à quelqu’un qui a été mis sous le feu des projecteurs pour suspicions d’emploi fictif…

C’est ça qui est fou chez lui, sa capacité à réciter les pires conneries sans avoir la décence de paraître gêné.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

Soleil rouge : Matthew McBride

Titre : Soleil rouge

Auteur : Matthew McBride
Édition : Gallmeister (03/01/2017)

Résumé :
Dans le comté de Gasconade, la méthamphétamine dicte sa loi. Les paumés, les ouvriers, les banquiers y sont accros. On la fabrique dans les garages, les remises ou les chambres d’enfants.

Même les flics se laissent parfois tenter. Et lorsque le shérif adjoint Dale Banks découvre 52 000 $ cachés dans le mobile-home d’un trafiquant de drogue, il ne résiste pas et s’empare de l’argent.

Banks a beau avoir agi pour de bonnes raisons, il devra tout faire pour se sortir de ce mauvais pas, car le dealer et ses associés, parmi lesquels un révérend illuminé et violent, ne sont pas du genre à partager.

Critique :
Viens faire un tour dans le Comté de Gasconade, dans le Missouri. Viens découvrir l’Amérique authentique, celle que tu verras jamais dans ton guide de vacances !

Ici, c’est l’Amérique des rednecks, des white trash, des loubards qui n’ont rien de flamboyant tant ils sont miséreux, des loosers finis, des prédicateurs fous et des ripoux de chez ripoux.

Ici, lorsqu’on parle de cuisine ou de cuisiniers, ça n’a rien à voir avec ceux de Top Chef ou avec la cuisine authentique de ta maman, mais plutôt avec celle de Walter White, alias Heisenberg… Tu vois de quelle « cuisine » je cause, maintenant ?

Non mais, arrête de rêver, mon pote, jamais tu ne verras chez ton dealer de vacances « Visitez Gasconade, capitale de la méthamphétamine ». Pourtant, dans cette paisible (hum) contrée, on te fabrique de la meth comme d’autre te font des babelutes.

Tout les endroits sont bons pour en fabriquer et pour la vendre, pas de soucis à se faire, on la refourgue à des dealers, à des camés paumés, ou a des banquiers plein de fric.

Dans ce roman noir, la galerie de personnages est à souligner car ils sont tous plus tarés les uns que les autres, mention spéciale au prédicateur-révérend Butch Pogue qui lui décroche la timbale…

Pourtant, il n’y a pas de la sombritude dans ces pages, on a aussi des moments émouvants entre un père et ses enfants, dont une est trisomique… Ou d’autres poignants entre un vieil homme seul et son chien, son vieux compagnon qui le suit partout.

Niveau temps mort, ils sont peu nombreux, juste le temps de souffler entre deux trucs de malade, entre les enquêtes des flics locaux ou les manigances des fabricants de meth. Et n’allez pas croire que les flics sont tous les Bons et les paumés tous des Mauvais, on peut vite glisser d’un bord à l’autre, dans ces pages.

Un paumé peut aimer ses gosses aussi, essayer de s’en occuper du mieux qui peu et un flic intègre peu aussi perdre la boule à la vue de 52.000$… Normal, leur paie n’est pas terrible et ils risquent leur peau en visitant une caravane déglinguée pour une simple dispute de ménage.

Les décors sont plantés de manière réaliste, et quand on plonge dans les caravanes miséreuses et déglinguées, on n’a pas besoin de forcer son imagination car on les « voit » en lisant les lignes (ou en  les sniffant, chacun son truc).

Le pitch n’est pas neuf : un type qui pique le fric des dealers locaux et ceux-ci qui tentent de remettre la main dessus… Le début ne fait pas exception à la règle et ne vaut que pour la galerie de personnages qui est haute en couleur et bien détaillée, réaliste.

L’auteur, tout en déroulant son intrigue, nous plonge la gueule la première dans les eaux boueuses et tumultueuses de la contrée de Gasconade avec des petites anecdotes/souvenirs racontées par l’un ou l’autre personnage, qu’elles soient agréables ou pas.

La seule chose qui m’a gêné dans ce roman noir et qui lui fait louper le 4 étoiles, c’est le final un peu trop « exagéré » à mon goût. Ah sûr qu’il est excité, le final, énergique, ça pulse, ça tire de partout et si on était dans un Lucky Luke, le croque-mort se frotterait les mains devant une telle hécatombe.

Dommage… Malgré tout, cela reste un roman noir vif, énervé, qui ne mâche pas ses mots, qui envoie du lourd dans la gueule de son pauvre lecteur, mais qui ne ravira sans doute pas les fans de la série Breaking Bad comme j’ai pu le lire dans une chronique d’un libraire, sur le site de Gallmeister, car ça n’a rien à voir (hormis la cuisine de la meth).

Pour les amateurs de romans noirs survoltés !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Dans la forêt : Jean England [WRC – Chronique d’une autopsie littéraire annoncée]

Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!

Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 

Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman « Dans la forêt » de Jean England

Dossier n°04

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 janvier 2017, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Nous reprenons les éléments importants relevés au cours des examens externe et interne du roman.

Nous les commentons et tentons d’en tirer des hypothèses et/ou conclusions logiques.

Silence on autopsie un livre

Description du sujet autopsié : Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt.

Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Date du crime d’édition : Janvier 2017, tout récent.

Arme du crime : Un black-out total dont nous ne saurons rien de plus

Traumatismes : Oui, parce que ça pourrait aussi nous arriver, mais cadavre moins traumatisant que d’autres (Black-Out, Extinction, The End of the world, Résilience).

Suspects : L’auteur qui, de son cerveau fécond, nous a écrit ces pages, il y a 20 ans. Et puis, sans aucun doute l’Homme es ses excès, l’Homme qui, de par son comportement, court à sa perte.

Arme du crime probable : Inconnue. Toutes les pistes sont bonnes à prendre, aucune indication sur le cadavre autopsié.

Modus operandi du crime : Un pays (États-Unis) qui a perdu l’électricité. Deux jeunes filles et leur père livrés à la survie dans leur maison, perdue près des bois. Le père décède et ensuite, nos deux jeunes filles vont devoir se démerder seules avec ce qu’elles possèdent et changer radicalement de vie.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ?
Encore une roman post-apocalyptique ? Ça commence à bien faire, non ? C’est mon je-ne-sais-quantième roman du genre qui passe sur ma table d’autopsie !

Rassurez-vous, vous ne devrez pas parcourir La Route pour aller de Pétouachnoc à une grande ville. Vous ne devrez pas non plus défendre, armes à la main, votre dernier Carambar, votre dernier Oréo ou votre dernière bouteille d’eau face à une meute de voisins enragés et devenus agressifs à cause de la peur de leur Extinction prochaine.

Certes, c’est un véritable Black-Out auquel nous serons confrontés, mais il a commencé doucement, et tout le monde pensait que tout allait se rétablir… Erreur, grave erreur.

Vu que nous nous trouvons dans une maison isolée près d’une grande forêt, ce roman a tout de la survie à la Robinson plutôt que de celle d’un The end of the world puisqu’ici, pas de fuite : le roman se déroulera quasi en huis-clos avec un père et ses deux filles – Nell et Eva – et puis, juste leur deux.

Nell est la narratrice et elle nous conte un récit fort réaliste sur une civilisation qui a perdu l’électricité sans que l’on sache jamais comment ou à cause de quoi celle-ci a disparu, le récit se concentrant exclusivement sur la survie des deux sœurs dans la maison parentale.

Un huis-clos oppressant, surtout lors de leurs disputes ou pendant qu’elles se cherchent des occupations durant leurs journées. Nous ne les quitterons jamais, sauf à suivre les récits d’avant le black-out raconté par Nell ou des récits de leur enfance, avec papa et maman, au temps de l’insouciance.

Nous ne saurons pas vraiment ce qu’il s’est passé dans la ville voisine de 50km, mais l’auteur, avec peu de mots et de descriptions nous fera comprendre l’horreur que cela a dû être pour les habitants face à une telle situation.

On s’attache aux filles, on les suit dans leur survie, dans leurs espoirs, dans leurs souffrances, dans leurs peurs, le tout sans tomber dans un pathos larmoyant.

Un roman qui nous conte la chute d’une société, un effondrement total, en nous laissant entendre que, comme d’habitude, une autre se relèvera sur les cendres de la précédant puisque, c’est vrai, cela fait seulement depuis 130 ans que l’Homme utilise l’électricité et à vécu plus longtemps SANS elle que AVEC elle.

Un superbe récit de survie qui se dévore avec avidité et qui ne ressemble en rien aux autres romans post-apocalypse déjà lu et autopsié.

Verdict du détective Cannibal ?
Pour une fois, le médecin et le détective sont d’accord !

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

Sans titre 7

Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

Jack the Reader 4

C’est avec une grande joie, que notre reporter elfique, Stelphique nous expose du haut de son grand sequoia, ses points lumineux sur cette forêt mystérieuse… Ses ailes sont aises de vibrer au grand air américain, et dans un parfait Nature Writing, on sent comme une vraie reconnexion avec l’essence même de la vie….

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La fratrie… ou comment deux sœurs s’apprivoisent…

Il est parfois difficile de se différencier de sa sœur, surtout quand elles sont si proches en âge, qu’on pourrait presque les prendre pour des jumelles… Vaste question que cette forme de fratrie, entre amour et déchirement pour la quête du soi. Nell et Eva ont cette relation de répulsion/attraction qui ne se fait pas, sans quelques fractures de ce lien, unique et fort, du sang…

En se noyant dans leurs passions et leurs ambitions dévorantes, elles se construisent une identité, à force de renoncement à l’autre, et pourtant l’amour qui les unit parait indéfectible.

Le roman tourne autour de ce cercle familial, entre souvenirs passés et avenir à reconsidérer, et cette micro-cellule de liens humains est une onde de choc et d’émotions qui nous est donné de lire dans ce journal intime, dernier vestige laissé au monde comme la preuve de leurs passages sur Terre…

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Le post-apocalyptique… ou comment la solitude envahit le quotidien…

Un recul désiré, puis forcé dans cette maison… La fin du monde poursuit sa course folle de manque et de cécité, pendant que cette famille vit au gré des saisons, proche de la Nature…

En fait, le post-apocalyptique se ressent dans ces privations, dans ces coupures, dans ces absences… C’est plus, la solitude, et l’étiolement des liens sociaux qui frappe dans ce livre, que les réelles raisons de ce nouveau monde…

Petit à petit, les commodités et les ressources s’amenuisent, seule la survie compte, mais la vie se charge toujours d’infliger mille dangers et heurts, qui reconditionnent la vision de cette fratrie.

S’il n’est pas forcé d’entendre de la musique pour danser, ou de concentration pour apprendre, il faut que ses jeunes filles trouvent assez de force en elles pour affronter cette nouvelle vie sans but, et c’est dans ce néant qu’elles devront apprendre à vivre…

C’est là, que le post-apocalyptique prend tout son sens et que la force de ce roman vous atteint en plein coeur…

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La forêt… ou comment cet environnement devient lieu de vie…

De tout temps, la forêt a généré peur et fascination. On a juste oublié qu’autrefois, elle a été lieu de vie pour les peuples, avant qu’on ne s’en éloigne pour lui préférer les villes… La forêt est source de légendes, génératrice de vie, domaine des plus étranges créatures…

Elle est à la fois bienfaitrice et cruelle, car il se cache dans ses arbres, des formes de dangers soudains, autant que de mauvaises rencontres, mais aussi mille merveilles…

Eva et Nell l’apprendront, souvent à leur dépend, que la nature donne autant qu’elle reprend, distribue autant qu’elle inflige… La beauté de cette lecture tient à cette rencontre avec ce lieu majestueux, la connexion avec l’essentiel, l’abondance du don…

En conclusion, cette lecture parle de dépouillement, de violence, et de lâcher prise… Elle se veut intime et c’est presque dans un murmure qu’elle nous souffle que Dans la forêt, se trouve sans doute, notre salut…

Plaidoirie de la partie civile


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Madame le Juge,

Lors du réquisitoire de la partie adverse, j’ai imaginé de multiples scénarios quant à la conclusion de ce procès…
J’ai vu la perpétuité pour ce roman car le consumérisme outrancier était cause de sa lente agonie. Il pourrissait au fond d’une cellule sombre et humide, ses pages se gondolant et jaunissant au rythme des saisons. Il attendait la fin, son encre déliquescente condamnée à ne plus être frôlée par un seul regard humain. Sa couverture se désagrégeait et bientôt il ne restait plus de lui que quelques feuilles trop fines pour résister au passage du temps. Il était oublié de tous, étouffé par tant de romans parlant de l’apocalypse et se putréfiait autant que cette humanité qui gangrenait le monde…

J’ai vu une condamnation indulgente et une liberté conditionnelle après 20 ans de silence pour cette histoire contée avec tant de douceur et de poésie. Le huis clos oppressant était pardonné et ce livre purgeait une peine de principe dans une forêt oubliée où le retour à des valeurs plus saines et plus proches de la nature le guidait vers de nouveaux courants de pensée. La punition divine était évoquée mais seul lui importait la rédemption et la reconnaissance de ses pairs. Seul lui importait d’être à nouveau touché par des doigts avides de tourner ses pages.

Enfin… j’ai vu l’acquittement. Sous la redondance du sujet et l’ennui de la première partie, les jurés s’apercevaient du fond si important de ce roman. Celui qui parle de deuil et de survie, celui qui évoque la perte si cruelle de ses parents, celui qui pousse à la résilience et qui confronte le lecteur à la mort : Celle de ses proches ou bien la sienne. Le roman sortait triomphalement de ce tribunal, l’espoir chevillé aux pages de prouver au monde entier qu’il existait. Il s’exhibait fièrement sur les rayons des librairies, sa couverture bombée bravant les chalands. Il se sentait unique, et au final : il l’était je vous l’affirme.

Je plaide aujourd’hui pour ce dernier scénario afin que le petit monde que nous représentons découvre les véritables atours de ce roman ainsi que les messages si emplis d’humanité qu’il transporte dans son for intérieur. L’acquittement est de mise, Madame le Juge. Laissez, je vous prie, le monde découvrir cette histoire.

La Chronique de Stelphique

La Chronique de Nath