À table ! : John Wainwrigh

Titre : À table !

Auteur : John Wainwrigh
Édition : Gallimard Série noire (1980)
Édition Originale : Brainwash (1979)
Traducteur : Janine Hérisson

Résumé :
Trois meurtres précédés de viol ont été commis, dans la même région, en Angleterre, dans des circonstances similaires. Les autorités policières sont convaincues qu’il s’agit de l’œuvre d’un seul et même individu.

Les officiers en charge de l’affaire ont convoqué dans leur commissariat un suspect « idéal » (il a notamment découvert le cadavre de la 3ème victime) afin d’élucider certains points de sa déposition.

Les policiers vont tenter de lui faire avouer ses crimes au cours d’un interminable et éprouvant interrogatoire.

À force de provocations et de tentatives de déstabilisation, confronté aux contradictions des réponses qu’il fournit aux enquêteurs, le suspect va être amené à rédiger et signer une déposition dans laquelle il avoue être l’auteur des crimes…

Critique :
Lorsque l’on nous crie « À table ! », c’est une injonction des plus agréables (pour ceux qui aiment manger) et de suite on a envie de s’y mettre, à table. Ici, le fait de se mettre à table implique que l’on va parler, avouer son crime, ou plutôt ses crimes, dans ce roman.

Brainwash… le titre original disait bien ce qu’il voulait dire lui aussi : lavage de cerveau.

Pourtant, l’inspecteur Lyle n’a rien d’un tortionnaire ou d’un Inquisiteur qui serait capable de vous faire avouer n’importe quoi, comme le bris du vase de Soissons ou la participation à l’assassinat de JFK.

Sans en avoir l’air, passant du coq à l’âne, l’inspecteur Lyle ammènera George Barker sur les contradictions de son récit, comme le fait qu’un fox-terrier l’accompagnait, furetait partout et n’a pas senti l’odeur du sang dans le fossé.

— Spot n’a pas découvert le corps, dit Lyle avec douceur.
— Non.
— C’est vous qui l’avez trouvé.
— Oui.
— Avant Spot.
— Oui.
— Ça me paraît bizarre, dit Lyle. C’est une des… euh… contradictions que j’ai relevées. Une des raisons pour lesquelles le sergent Bell vous a demandé de venir ici ce soir.
— Le chien ? fit Barker, déconcerté.
— Que ce chien, surtout un fox-terrier, n’ait pas le premier flairé le corps. Ou peut-être, ajouta Lyle avec un sourire, était-il en laisse.
— Non. Il n’était pas en laisse.

Revenant sur des faits qui semblent anodins, Lyle va jouer une partie de tennis où chacun va se renvoyer la balle, même si l’inspecteur a tout d’un Nadal Djokovic Federer tandis que le suspect hautement suspect a plus l’air de nager dans les tréfonds du classement ATP.

On a envie que Lyle arrive à le faire craquer, il y arrivera, mais la bête n’est pas morte, elle a toujours du venin et leur match continuera jusqu’au bout de la nuit.

La force brute, c’est à la portée de tout le monde. Lyle a réussi son coup sans même porter la main sur lui. Lyle l’a écrabouillé, démoli, foutu par terre, et ce pauvre idiot ne s’en est même pas rendu compte.

Véritable huis-clos étouffant, ce roman est à l’origine du film « Garde à vue » où Lino Ventura, en inspecteur, affronte Michel Serrault, le suspect de crimes à caractère pédophile puisque des petites filles ont été violées et tuées.

Si dans le film, les dialogues étaient d’Audiard, dans le roman, ils sont de l’auteur, ne vous attendez pas donc à des répliques bourrées d’humour mais malgré tout, le face-à-face est un délice de fin gourmet pour qui aime se plonger dans des atmosphères remplies de fumée de cigarettes, de transpiration et de flic qui savent amener les suspects, par la force de leur bagout, à se tromper dans ce qu’ils affirment et à voir les failles dans les détails les plus abscons.

Tout comme dans son autre roman « Une confession », l’auteur maîtrise ses personnages, ne les détaille pas trop, juste ce qu’il faut, mais leur donne une présence importante. Ici, il nous plonge dans le roman d’un coup, sans perdre de temps, car les crimes ont eu lieu et un suspect est aux arrêts sans l’être vraiment.

Jusqu’au bout, l’auteur jouera avec nos nerfs, nos pieds, nos émotions, et même dans le final, il nous réservera encore des surprises. Magnifique !

Le métier de policier ! Il fallait l’avoir exercé pendant vingt-trois ans, – vingt-trois ans de repas sautés, de sommeil en retard – pour acquérir le sang-froid et le cynisme de Lyle. Ça n’était pas facile. Et le prix à payer était élevé ; dans le prix étaient compris les amis et parfois les épouses et la famille. Mais en échange, on acquérait un talent spécial. Pas particulièrement agréable, mais spécial. Le don de prendre un homme et de le dépouiller de toutes ses peaux, l’une après l’autre, comme on épluche un oignon. De ne ressentir aucune souffrance. De ne voir aucune souffrance. De n’éprouver aucune pitié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jack The Ripper – 14. Nouvelles théories [Fin du mystère ??]

Loin des élucubrations (d’Antoine – mdr) de Patricia Cornwell qui en avait après Walter Sikert ou de Russel Edward et de son châle appartenant à une des victimes de Jack (Catherine Eddowes), cette vidéo nous propose une autre théorie basée sur des faits dont nous n’avions pas connaissance.

Ici, pas de théorie farfelue mais une qui tient la route ! Qui est plausible, bien démontrée et qui ne crie pas que LA vérité est dans cette vidéo, comme d’autres le firent.

J’ai été bluffée !

C’est un journaliste venant des pays nordiques qui dévoile ce nouveau  nom, nom que les policiers avaient dans leurs dossiers mais pas en tant que suspect, juste comme homme qui passait par là et qui découvrit, avec un autre, le premier corps.

Le début de la vidéo présente le journaliste, les faits, les multiples suspects… Le coup du châle d’une des victimes, non présent sur la liste des objets lui appartenant et dont l’analyse ADN était truffée d’erreurs, selon le reportage.

Là, je ne suis pas scientifique, je peux juste me prononcer sur les capillotractages de l’enquête de monsieur Russel.

Donc, nous avons un homme qui en fut jamais considéré comme suspect et qui était sur les lieu de Mary Ann « Polly » Nichols, qu’ils considèrent comme « deuxième victime » dans le reportage, incluant donc Martha Tabram que je n’inclus jamais, me contentant des cinq victimes canoniques (ou dites comme tel).

L’agent Neil l’avait retrouvé dans Buck’s Row, le 30 août 1888, à 3h45 du matin. Mais le lendemain, dans un des journaux, un certain Robert Paul signalait qu’il avait découvert le corps AVANT l’agent Neil et et qu’à ce moment là, un autre homme était présent…

*Musique des Dents de la Mer* afin de créer du suspense dans mon article car le lendemain, Charles Allen Cross se présente chez les cognes ! *Musique du film Indiana Jones*

Je ne vous en dis pas plus et vous laisse regarder le reportage qui est bien foutu, plausible, bien démontré avec des petites loupiotes qui se déplacent dans les rues, mieux que Google Street View !

Alors, je ne sais pas si c’est vrai, mais si ça l’est, zut alors, un mystère qui s’écroule !

Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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