West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch : Christophe Bec et Michel Suro

Titre : West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateur : Michel Suro

Édition : Soleil Productions (26/01/2022)

Résumé :
Le Wild Bunch de Cassidy terrorise la région depuis trop longtemps. Un avis de recherche avec une forte récompense de 3 500 $ a été posé sur la tête du malfrat, mort ou vif, ce qui attire bon nombre de chasseurs de primes.

Ce soir-là dans un relais, deux d’entre eux semblent être tombés sur une partie de la bande. Cassidy vit-il ses dernières heures ?

Critique :
Je n’avais pas aimé le film « La horde sauvage » et jamais été fan des films avec « Butch Cassidy et The Sundance Kid » (avec Paul Newman et Robert Redford), ce qui pourrait faire penser que cet album n’était pas pour moi.

Eh bien, détrompez-vous, malgré l’extrême violence de ce sixième tome, j’ai apprécié de chevaucher aux côtés de la bande de Butch Cassidy, le Wild Bunch (la horde sauvage).

Les dessins des visages sont bien fait, les décors aussi (même s’ils sont peu nombreux à être en grandes cases) et les couleurs chaleureuses.

Malgré mon évident plaisir devant cette nouvelle histoire, je ne me priverai pas pour souligner les petites choses qui auraient pu être améliorées, notamment dans le rythme de l’histoire.

On commence lentement, avec beaucoup de cases par page, beaucoup de dialogues, de détails. Très bien, c’est agréable, le scénariste prend le temps de nous immerger dans l’époque, les lieux, dans la bande et tout ce qui tourne autour (les shérifs, marshals,…), mais ensuite, une fois la course poursuite engagée, cela s’accélère et on manquera de détails sur la communauté dans la montagne.

Et quelques explications n’auraient pas été superflues. Même s’il est impossible d’expliquer pourquoi des gens peuvent tourner de la sorte (et s’y complaire), même avec un prédicateur fort à la tête de leur communauté, un chouia de modération aurait été appréciable, parce que là, ça tourne un peu trop au récit d’horreur et d’épouvante.

C’était exaltant, il y avait de l’action, du suspense, de l’adrénaline, mais une fois l’épisode terminé et le souffle retombé, on en vient à se demander s’il était nécessaire d’en arriver à cette extrémité.

Ce genre d’extrémités sont réelles, elles ont déjà eu lieu, mais bien souvent dans des circonstances bien précises et limitées dans le temps. J’ai dû mal à croire qu’autant de gens puissent continuer de telles pratiques et s’y vautrer dedans. Moi, là, je vire végan de suite.

Anybref (comme le disais une copinaute), cet album est bon, il sait tenir son lecteur (lectrice) en haleine, lui donner envie de se carapater de la montagne en hurlant après sa mère, il y a de quoi lire dans les phylactères, c’est l’aventure avec un super grand A, on a des femmes hors-la-loi qui n’ont pas froid aux yeux, de la chevauchée dynamique, mais il est à réserver à des adultes et je préciserai que certaines scènes pourraient heurter la sensibilité de certains. J’ai grimacé de dégoût, mais je n’ai pas fermé les yeux.

L’Ouest sauvage dans toute sa splendeur… violente !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Moby Dick – Livre second (BD) : Christophe Chabouté et Herman Melville

Titre : Moby Dick – Livre second (BD)

Scénaristes : Christophe Chabouté (d’après l’oeuvre d’Herman Melville)
Dessinateur : Christophe Chabouté

Édition : Vents d’ouest (29/10/2014)

Résumé :
L’adaptation magistrale d’un classique de la littérature américaine Des campagnes de pêche de plus de trois ans, les dangers de l’océan, la chasse elle-même où, armés de simples lances et harpons à bord de légères chaloupes, les marins s’exposent aux réactions redoutables et aux assauts furieux de cachalots de plus de soixante tonnes. En plus de la chasse, le travail

harassant de remorquage, de dépeçage et de fonte du lard afin d’en extraire la précieuse huile ; souvent trois jours d’efforts continus sans le moindre repos… Les conditions de vie extrêmes de ces hommes, les dangers quotidiens où les matelots exorcisent leur peur en la muant en rage à l’encontre des cétacés qu’ils massacrent.

Rage sournoisement attisée par cette folie de vengeance aveugle et obsessionnelle du capitaine Achab envers Moby Dick, le cachalot blanc qui lui a arraché la jambe par le passé. Chabouté met sa vision personnelle et sa maîtrise du noir et blanc au service de ce classique de la littérature américaine.

Une adaptation magistrale, fidèle au récit original et à l’esprit d’Herman Melville, reflétant la frontière étroite entre l’acharnement et la folie, baignant dans le sang, l’huile et la sueur d’un navire baleinier de la fin du XIXe siècle.

Critique :
Partir sur un navire à la chasse à la baleine, ça n’a rien d’une croisière qui s’amuse, nageant dans le luxe, bouffant des mets délicats et bronzant sur le pont, les dames minaudant devant le capitaine, uniforme blanc immaculé, sans un cheveux de travers.

La chasse à la baleine, c’est sale, c’est violent, c’est barbare et les conditions de vie des marins feraient défaillir le syndicat de 5 fruits et légumes par jour.

Les marins croupissent dans l’eau sale, froide et super humide (ça, vous ne le saviez pas !). Queequeg est malade, prêt à mourir. Un cercueil pour Queequeg !

Achab, lui, tel un fanatique religieux, fait forger des harpons, les enduisant du sang de ses harponneurs et ne vit que pour sa vengeance, alors qu’en fait, Moby Dick, attaqué, n’a fait que de défendre les autre baleines, tout en se défendant lui-même. Achab étant l’agresseur, il ne faut pas se plaindre ensuite d’y avoir laissé une jambe.

Les dessins, toujours en noir et blanc, expriment bien la folie du capitaine, sa haine pour les baleines, son fanatisme et son égoïsme face aux autres qui encaissent, qui souffrent, les entraînant dans sa descente aux enfers de la vengeance aveugle.

Pourtant, Achab montrera aussi sa faiblesse, son respect pour son second, Starbuck, son désir de le nommer capitaine s’il venait à disparaître. On le pensait cruel, froid, fou et voilà qu’il nous montre un autre visage, plus humain. Pas de manichéisme, son portrait est réaliste.

Dans ce second et dernier album, Moby Dick mène la danse, se retrouve plus présente, s’impose dans les pages et le combat entre elle et Achab est titanesque, jusqu’à son acmé…

Un très bon diptyque pour celles et ceux qui voudraient découvrir le roman de Melville, sans devoir lire les 940 pages de l’édition Phébus. Moins de détails dans la version bédé, certes, mais l’essentiel se trouve dedans (et pas dans Lactel©).

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Le Révérend – Livre 2 – Chasse à l’homme : Lylian, Augustin Lebon et Hugo Poupelin

Titre : Le Révérend – Livre 2 – Chasse à l’homme

Scénariste : Lylian
Dessinateur : Augustin Lebon

Édition : EP – Wanted Collection (29/04/2015)

Résumé :
Affaibli par ses blessures, Angus accepte de laisser derrière lui sa vengeance et de suivre Deborah pour démarrer une nouvelle vie. Mais Cartus, le shérif, enragé par la mort de ces anciens acolytes et la trahison de Deborah, ne les laissera pas fuir si facilement…

Assisté d’une bande de mercenaires sans foi ni loi, il ne cessera sa traque qu’une fois Le Révérend six pieds sous terre…

Critique :
L’album précédent laissait les lecteurs dans un suspense insoutenable et le révérend Angus Whitecross, dans un piteux état.

Cet album va nous donner une plus grande vue d’ensemble sur la jeunesse d’Angus, sur le comment et le pourquoi il est devenu un chasseurs de primes et surtout, ce qu’il s’est réellement passé lors de l’attaque de la diligence.

Le premier album était consacré à la vengeance d’Angus, envers certains personnages, maintenant, c’est le contraire : la chasse à l’homme est ouverte et c’est Angus le gibier.

Qui dit chasse à l’homme, dit rythme endiablé. Peut-être un peu trop… Ça tire dans tous les sens et les hommes perdent leur bon sens lorsqu’il s’agit d’abattre un autre, quel qu’en soit le prix à payer (en vies humaines, bien entendu).

Hélas, si le premier album était surprenant parce qu’il ne servait pas l’histoire de vengeance comme on a l’habitude de la voir, le second nous sert une chasse à l’homme dans tout ce qu’elle a de plus classique, de plus barbare, de plus horrible, non sans vraiment aller au fond des choses, comme d’autres séries western le font.

Effectivement, Le Révérend n’est pas une série pour les enfants, mais j’ai connu des plus violentes, qui ne se gênaient pas pour y aller franco (Durango, Bouncer) dans le registre de la violence.

Les dessins sont toujours plus que réussis, les couleurs ne sont pas trop sombres, dans l’ensemble, c’est une réussite, dommage que le scénario soit trop conventionnel, même si le passé d’Angus possède une surprise.

Malgré tout, c’est une bon diptyque pour celles et ceux qui apprécient les western. Sans être exceptionnel dans le second tome, l’ensemble est des plus correct et je le conseillerais, car il fait passer un moment de lecture agréable, pleine d’adrénaline et de beaux paysages de l’Ouest.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°47], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Le Révérend – Livre 1 – Les diables déchus du Nevada : Lylian, Augustin Lebon et Hugo Poupelin

Titre : Le Révérend – Livre 1 – Les diables déchus du Nevada

Scénariste : Lylian
Dessinateur : Augustin Lebon
Coloriste : Hugo Poupelin

Édition : Emmanuel Proust Atmosphères (2012)

Résumé :
1870. États-Unis d’Amérique. Angus Whitecross, chasseur de primes, est une vraie légende de l’Ouest. Connu sous le nom du Révérend, comment est-il devenu ce tueur implacable ?

Quel traumatisme cache-t-il lors de son retour dans le petit village du Nevada qui l’a vu naître ? Et où il va semer la désolation ? Quelle vengance l’anime ?

Critique :
♫ Des cavaliers masqués, qui surgissent hors désert, courent vers la diligence au galop ♪ (le tout sur l’air de Zorro).

Désert du Névada, 1870, une diligence file vers la petite ville d’Eureka, lorsqu’une attaque par des bandits masqués a lieu…

Flash-back… Un beau jeune homme se réveille après ce cauchemar, ce souvenir enfoui au fond de sa mémoire.

Mais que vient donc foutre un révérend dans la petite ville corrompue par le vice qu’est Eureka ??

Angus Whitecross, bel homme de Dieu, possède deux guns avec des croix chrétiennes dessus. Ceux vus dans la diligence, en 1870… On ne sait toujours pas ce que cet homme vient faire, ce qu’il chercher, mais on a déjà envie de se confesser !

Voilà un western comme je les aime : un scénario qui respecte les codes du genre, une petite ville remplie de vice, de femmes à la cuisse légère, de salon mal famé, de chevaux fatigués et de révolvers prêts à cracher la poudre et les balles.

Alors oui, le scénario est connu, la vengeance est vieille comme le monde. Le but est donc de monter ce vieux récit autrement, de surprendre les lecteurs, de les saisir à vif et de leur donner envie de lire la suite.

Pari réussi ! La soupe est cuisinée dans une autre casserole et fut succulente, parce que je n’ai rien vu venir.

Les dessins sont réalistes, agréables pour les yeux, les couleurs sont lumineuses, sombres lorsqu’il le faut. Un bel album, autant du point de vue graphique qui restitue bien les ambiances du western, qu’au point de vue du scénario, qui, tout en respectant les codes, tout en servant un scénario connu, arrive à surprendre les lecteurs.

Je suis contente de posséder le second tome, afin de mettre fin à cet horrible suspense sur le final (celles et ceux qui l’ont lu à sa sortie ont dû attendre 3 ans avant de pouvoir lire le second et dernier tome, les pauvres).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°45], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

 

Moby Dick – Livre premier (BD) : Christophe Chabouté et Herman Melville

Titre : Moby Dick – Livre premier (BD)

Scénariste : Christophe Chabouté (d’après l’œuvre d’Herman Melville)
Dessinateur : Christophe Chabouté

Édition : Vents d’Ouest (2014)

Résumé :
L’adaptation magistrale d’un classique de la littérature américaine Des campagnes de pêche de plus de trois ans, les dangers de l’océan, la chasse elle-même où, armés de simples lances et harpons à bord de légères chaloupes, les marins s’exposent aux réactions redoutables et aux assauts furieux de cachalots de plus de soixante tonnes.

En plus de la chasse, le travail harassant de remorquage, de dépeçage et de fonte du lard afin d’en extraire la précieuse huile ; souvent trois jours d’efforts continus sans le moindre repos…

Les conditions de vie extrêmes de ces hommes, les dangers quotidiens où les matelots exorcisent leur peur en la muant en rage à l’encontre des cétacés qu’ils massacrent.

Rage sournoisement attisée par cette folie de vengeance aveugle et obsessionnelle du capitaine Achab envers Moby Dick, le cachalot blanc qui lui a arraché la jambe par le passé.

Chabouté met sa vision personnelle et sa maîtrise du noir et blanc au service de ce classique de la littérature américaine. Une adaptation magistrale, fidèle au récit original et à l’esprit d’Herman Melville, reflétant la frontière étroite entre l’acharnement et la folie, baignant dans le sang, l’huile et la sueur d’un navire baleinier de la fin du XIXe siècle.

Critique :
La pêche n’a jamais été mon sport favori. Et pour le fruit, je lui préfère la nectarine.

Alors, qu’est-ce que je suis allée foutre dans cette galère, montant sur le pont du Pequod, en compagnie de Queequeg, un harponneur un peu sauvage ?

L’envie de me plonger en entier dans le fameux Moby Dick, de Herman Melville, tout simplement.

Attention, je précise que je suis contre la chasse aux baleines, dauphins et autres mammifères marins. Faut préciser pour les p’tits esprits, pour les grands esprits, pas besoin, ils le savent.

Dans des tons noirs et blancs, avec les premiers cases dont les fonds étaient noirs comme de l’encre, cette adaptation rend bien l’univers du roman, notamment en ce qui concerne la folie vengeresse du capitaine Achab, véritable fou du harpon, rêvant de le planter dans la baleine blanche afin de se venger.

Cela lui fera-t-il repousser sa jambe ? Non, absolument pas… Mais il est parti en guerre malsainte (oui, on dit malsaine, mais c’est un jeu de mots) contre ce pauvre cétacé qui n’a jamais fait que de se défendre contre la mort et de défendre les siens. Merde quoi, faut-il se laisser massacrer en paix ? Baleines, révoltez-vous !

Lorsque l’on regarde Achab, haranguer le chaland, vociférer devant ses matelots, postillonnant sur eux (pas covid friendly, mais à ce moment-là, il n’y en avait pas), gesticulant, hurlant, tel un prédicateur fou appelant à la guerre contre les mécréants.

Et si d’aventure (en aventure ♫), certains n’étaient pas très chauds pour le suivre, la folie de leur capitaine se communiquera à eux, plus facilement que la peste et si après ça, il reste encore des types qui ne veulent pas faire la chasse à la vengeance stupide et aveugle, ils seront mis à l’écart par le capitaine à la jambe de bois (et à l’esprit de bois aussi).

On est avec lui ou contre lui… Starbuck n’aura plus qu’à aller s’ouvrir une chaîne de café à son retour, s’il en revient vivant.

Ce premier album m’a envoûté, subjugué, même si j’ai fait la grimace devant le dépeçage d’une baleine (on a un petit coeur ou on ne l’a pas).

Un premier tome assez fort, qui pose les bases et qui donne envie d’aller lire le suivant de suite.

PS : si le dessinateur et l’adaptateur du roman est un français, le père littéraire de Moby Dick est un américain. Puisque nous faisons le Mois Américain en solitaire (mais à plusieurs) et surtout, puisqu’il n’est pas officiel, je me permet d’ajouter cette chronique à mon bilan personnel. Na ! (petit dictateur durant 30 jours).

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Congo requiem – Famille Morvan 02 : Jean-Christophe Grangé

Titre : Congo requiem – Famille Morvan 02

Auteur : Jean-Christophe Grangé
Édition : Livre de Poche (2017) – 864 pages

Résumé :
Jonglant entre passé et présent, la suite des aventures de la famille Morvan : Grégoire, ex-barbouze devenu policier, Maggie, sa femme, qu’il bat, et leurs trois enfants, Erwan le policier, Loïc le golden boy cocaïnomane et Gaëlle l’actrice et call-girl.

Erwan et Gregoire Morvan se retrouvent à Lontano, alors que Tutsis et Hutus s’entretuent.

Critique :
Puisque Lontano m’avait fait un effet boeuf, je n’ai guère attendu avant d’enquiller le second et dernier volet de la famille Morvan et hop, cap sur le Congo, ou plutôt, la RDC.

Nom de Zeus, Marty, j’y étais à peine arrivée que je voulais déjà foutre le camp et rentrer dans mon pays ! La RDC n’est pas un pays pour moi.

Le climat était mauvais, ça sentait déjà la poudre, les emmerdes, les difficultés puissance 1000, la corruption à tous les étages et en plus, il faisait chaud, lourd, bref, pas envie de m’attarder.

Pas de bol pour moi, les Morvan, le père et le fils, m’ont empoigné par le fond du short et je me suis retrouvée en train de faire le grand écart entre les deux chtarbés de service. ♫ Saga Africa, attention les secousses ♪ Oui, ben les secousses, elles secoussaient vachement fort, nom de Dieu.

Cette suite est addictive, de ce côté là, je ne vais pas pinailler, même si, avec 100 pages de moins, on aurait gagné en explosivité.

La partie consacrée au périple au Congo était hautement explosive, à tel point que je me suis demandée quels Anges Gardiens étaient en charge de garder Morvan fils entier, vu tout ce qu’il va se prendre sur la gueule.

Là où le bât a blessé, c’est dans le fait que l’enquête sur l’Homme-Clou, dans sa version contemporaine, était une intrigue à tiroir et que la commode en possédait un peu trop, ce qui ne l’à pas rendue « commode » à comprendre.

Pour l’Homme-Clou et les crimes de Lontano, j’avais flairé la couille de rhinocéros dans le pâté et dans le potage. L’auteur avait laissé traîné des indices et puis, on ne me la fait plus, c’était trop tentant de sortir un lapin du chapeau.

Le lapin est sorti, je m’y attendais, même si j’ai douté, vu que la première version, celle du Padre, n’était pas conforme à l’idée que je m’étais faite. Ok, il y avait une autre version cachée, j’avais tout bon. Une petite magouille pour les lecteurs, de temps en temps, ça fait du bien.

Oui, mais il ne faut pas en abuser ! Et là, l’auteur a exagéré dans ses tiroirs à tel point qu’à la fin, je ne savais plus qui avait tué les victimes contemporaines ! Dans le final de Lontano, nous avions une identité, un coupable, bien assumé, pour moi, c’était terminé, ben non ! Boum un second, boum un troisième ! Hé oh, c’est un concours de celui ou celle qui va se désigner coupable ??

J’adore les retournements de situations, les surprises, les secrets cachés que l’on découvre au fil de sa lecture, mais ici, il y en a eu tellement que ça m’a donné le tournis et l’impression de ne plus rien capter. Qu’il faille relancer l’intrigue, je ne suis pas contre, mais il faut que cela reste cohérent. À force de sortir les lapins du chapeau, le final ressemblait à une garenne !

Comme on disait en Belgique, à propos des taxes « Trop is te veel » (trop c’est trop, dans les deux langues nationales). Alors oui, le récit est prenant, addictif, violent, gore à certains moments, mais il faut y aller mollo de la pédale et ne pas trop verser dans les rebondissements à gogo, sinon, le récit perd de sa crédibilité…

Non, ce n’était pas une mauvaise lecture, pas du tout et loin de là, j’ai passé un bon moment, sous adrénaline totale, le voyage au Congo fut haut en couleur, j’ai morflé plein ma gueule, les Morvan n’étant pas des compagnons idéals de voyage et la période pour y aller était super mal choisie en plus…

Au moins, le père Morvan connait bien les codes de l’Afrique, qui est bonne hôtesse, avec lui.

Malgré tout, je ne regrette pas cette lecture, même si je lui préfère Lontano. Cela m’a au moins permis de renouer avec les romans de Grangé et donné envie d’en lire quelques autres.

Un thriller addictif, pour peu qu’on ne soit pas trop regardant sur la crédibilité de certains passages, digne de certains films d’action, où le héros s’en sort toujours, ou sur les nombreux retournements de situations et surprises en tout genre du récit.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°34] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées – Pavé 22 !).

Nuit noire, étoiles mortes : Stephen King

Titre : Nuit noire, étoiles mortes

Auteur : Stephen King
Édition : Livre de Poche Fantastique (2014) – 624 pages
Édition Originale : Full dark, no stars (2010)
Traduction : Nadine Gassie

Résumé :
1922
Un fermier du Nebraska assassine sa femme avec la complicité de leur fils pour l’empêcher de vendre sa propriété à un éleveur de porcs. Le début d’une véritable descente aux enfers dans un univers de violence et de paranoïa.

Grand Chauffeur
Une auteure de polar se fait violer sauvagement au bord d’une route. Rendue à moitié folle par l’agression, elle décide de se venger elle-même de l’homme et de son effrayante complice…

Extension Claire
Un homme atteint d’un cancer, fait un pacte faustien avec un inconnu : en échange d’un peu de vie, il vend un ami d’enfance dont il a toujours été jaloux pour souffrir (ô combien !) à sa place…

Bon Ménage
Une femme découvre par hasard qu’elle vit depuis plus de vingt ans aux côtés d’un tueur en série. Que va-t-il se passer maintenant qu’il sait qu’elle sait…

Critique :
1922, l’épouse d’un fermier veut vendre les 100 acres de bonne terre (putain, des bonnes terres), afin qu’une société y installe son usine à abattre des cochons, ce qui apportera de la pollution dans la rivière.

Son époux, fermier de son état ne veut pas (comme je le comprend, quand on aime la terre, on ne la vend pas), alors, il tue sa femme…

— Oui, vas-y, étrangle-là, fout-la dans le puit !
— Rhô, ce n’est pas bien de penser ça, me souffle ma conscience. On ne tue pas pour des terres, fussent-elles bonnes.
— Oh, sa femme, la chieuse, veut les vendre, foutre le camp ailleurs et ne pense même pas à son gamin, qui n’aura plus de terres à hériter, plus tard. La terre, ça ne se vend pas. Hop, dans le puit, la chieuse !

Une écrivaine se fait violer sur le bord de la route.

— Vengeance ! Flingue ce salopard de violeur, je suis d’accord avec toi.
— On ne peut pas se faire justice soi-même ! me crie une fois de plus cette foutue conscience qui ne me laisse pas tranquille.
— La Justice, c’est comme la vierge Marie : à force de ne pas la voir, le doute s’est installé !
— Non, elle ne peut pas tuer son violeur, elle doit aller porter plainte à la police !
— Pfff, la police, elle ne la croira pas, elle lui demandera si elle ne l’a pas un peu cherché et si les flics interrogent l’enfoiré, il dira qu’ils sont eu des rapports sexuels un peu plus violents, mais qu’elle était d’accord. Alors, une balle entre les deux yeux et l’affaire est réglée !

La troisième histoire, assez courte, met mal à l’aise, en cause un personnage qui n’a aucun remords, même pas un soupçon… Quant à la quatrième et dernière, je l’ai moins aimé, elle m’a semblée fort longue dans son développement et je me suis un peu ennuyée, jusqu’au final.

Une fois de plus, le King m’a transformé en lectrice haineuse, appelant ou cautionnant les meurtres, sans que cela me pose problème. C’est grave ? Ce serait un effet King ?

Ne cherchez pas des étoiles dans ces pages, tout y est sombre, tout n’y est que noirceur de l’âme humaine. Pourtant, au départ, nous étions en présence de gens ordinaires, pas d’assassins. Oui mais voilà, les circonstances ont fait qu’ils ont basculés du côté obscur de la Force, à tort ou à raison.

La question que je me pose souvent : et moi, qu’aurais-je fait à leur place ? Pourrais-je tuer pour des terres ? Oups, oui. Pourrais-je tuer pour me venger ? Oui, absolument. Serais-je prête à passer un contrat avec le diable et transformer en enfer la vie d’une personne que je n’aime pas ? Oh oui, oh oui, oh oui. Survivre au fait d’apprendre que mon mari est un serial killer ? Là, plus compliqué, faut des épaules solides.

Mais aurais-je le courage (ou la folie) de tuer vraiment ? Là, j’en suis moins sûre. Le vouloir, c’est une chose, le faire, c’en est une autre.

L’art de la nouvelle n’est jamais facile, mais Stephen King a toujours su tirer son épingle du jeu et, une fois de plus, il nous offre des nouvelles sombres, sans lumière, sans rédemption, sans même une once de regret ou de prise de conscience dans les esprits de ceux et celles qui ont franchi la ligne rouge.

Malheureusement, si j’ai aimé cette lecture, je n’ai pas vibré comme il m’arrive de le faire, d’habitude, avec les récits du King. Attention, ces nouvelles sont bonnes, noires, sombres, mais elles manquaient parfois d’émotions brutes, comme l’auteur est capable d’en faire naître dans mon petit coeur.

Sans regretter cette découverte, ce roman ne me marquera pas au fer rouge comme d’autres ont pu le faire (ÇA, Misery, Shining, Simetierre, La ligne verte, Dolores Claiborne, Docteur Sleep).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°30], Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04 : Douglas Preston et Lincoln Child

Titre : Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04

Auteurs : Douglas Preston et Lincoln Child
Édition : J’ai Lu Thriller (2016) – 604 pages
Édition Originale : Still life with crows (2003)
Traduction : Sebastian Danchin

Résumé :
Medicine Creek, un coin paisible du Kansas.
Aussi, quand le shérif Hazen découvre le cadavre dépecé d’une inconnue au milieu d’un champ de maïs, il se demande s’il ne rêve pas : le corps est entouré de flèches indiennes y sur lesquelles ont été empalés des corbeaux.

Œuvre d’un fou ? Rituel satanique ? Il faut le flair de Pendergast, l’agent du FBI, pour comprendre que cette sinistre mise en scène annonce une suite.

Qui sème parmi les habitants une épouvante d’autant plus vive qu’il ne fait pas l’ombre d’un doute, pour Pendergast, que le tueur est l’un d’eux…

Critique :
Ma première rencontre avec le personnage de Pendergast avait eu lieu il y a longtemps et entre lui et moi, le courant n’était pas du tout passé (La chambre des curiosités).

Et puis, un jour, ma copinaute Sharon a posté une chronique sur ce roman-ci et cela m’a donné l’envie de le lire (l’envie d’avoir envie ♫).

Grâce à elle, j’ai fouillé les bouquineries, trouvé le roman (acheté le roman) et sa lecture ne fut qu’une formalité de même pas deux jours, c’est dire s’il se lit tout seul.

Pourtant, les enquêtes de Pendergast ne sont pas de celles où l’on s’agite dans tous le sens, où notre homme en costume sombre court dans tous les sens. Que du contraire, Pendergast est un épicurien, il prend le temps de boire son thé vert, de mener son enquête à son aise, le tout avec l’estomac bien accroché.

Désolée pour ceux ou celles qui mangent, mais les crimes ne sont pas propres du tout, c’est même à la limite du dégueulasse, du gore, comme si un espèce de loup-garou leq avait commis.

Pas de panique, le coupable est bien de notre monde, même si, pour résoudre cette enquête, notre enquêteur du FBI, issu d’un croisement improbable entre Sherlock Holmes (pour son esprit de déduction), Columbo (pour son calme en toute circonstance), un vampire (qui n’aurait rien contre la lumière du jour) pour son élégance et un Indien pour sa science de se déplacer en silence, va remonter le temps dans son esprit afin d’en savoir plus sur un massacre datant du siècle dernier.

Les auteurs nous font découvrir un autre trou du cul de l’Amérique : Medicine Creek, petite bourgade paisible du Kansas et petite bourgade qui se meurt lentement, dû à l’érosion démographique et au fait qu’il n’y ait rien dans le coin, si ce n’est une usine à transformer des dindes et qui ne donne envie à personne d’en manger !

Progressant dans un village où tout le monde se connait, où tout le monde connait tout le monde (l’esprit de clocher était présent), l’enquête de Pendergast va le mener dans une course poursuite des plus éprouvantes pour mon petit cœur et des plus épouvantable, pour les autres. Chocottes garanties !

Tout compte fait, renouer avec Pendergast m’a fait du bien, même s’il est too much puisqu’il cultive des tas de qualités (intelligent, riche, calme, cultivé, bien sapé, poli). Son duo avec Corrie Swanson était des plus intéressants, puisque tous les deux aux antipodes l’un de l’autre.

Un bon thriller, bien gore, bien violent, avec un final assez long, rempli de suspense, de sang, de peurs et de violences. Et un inspecteur même pas décoiffé, je parie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°29], et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Rêver : Franck Thilliez

Titre : Rêver

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Pocket Thriller (11/05/2017) – 630 pages

Résumé :
Psychologue réputée pour son expertise dans les affaires criminelles, Abigaël souffre d’une narcolepsie sévère qui lui fait confondre le rêve avec la réalité.

De nombreux mystères planent autour de la jeune femme, notamment concernant l’accident qui a coûté la vie à son père et à sa fille, et dont elle est miraculeusement sortie indemne.

L’affaire de disparition d’enfants sur laquelle elle travaille brouille ses derniers repères et fait bientôt basculer sa vie dans un cauchemar éveillé… Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

Critique :
Abigaël… Encore un personnage de Thilliez qui pourrait aller porter plainte, vu comment son père littéraire l’a affligée de problèmes de santé : narcolepsie et cataplexie, sans oublier que lorsqu’elle rêve, elle a l’impression que c’est la réalité. 

Bon, moi aussi, lorsque je rêve, je pense que c’est réel, même si j’arrive à l’école en pyjama et en charentaises, juchée sur un vélo à trois roues. Alors que je ne vais plus à l’école depuis longtemps (ils m’ont donné mon diplôme), que je porte pas de pyjama, ni de charentaises et que je ne fais plus de tricycle. Pour moi, c’est réaliste.

Oui, mais moi, une fois réveillée, je sais que j’ai rêvé, Abigaël non ! Elle ne sait plus où est la réalité et où est le rêve ! La merde, tout de même, lorsqu’on est psychologue et que l’on aide les policiers dans des affaires sordides d’enlèvements d’enfants.

Hé oui, pas de petit assassin pèpère avec monsieur Thilliez ! Que des grandes poitures du crimes, du vice, du glauque, de l’horreur, de ceux qui se creusent la tête pour mettre en scène leurs saloperies et donner des cauchemars au parents des disparus et aux lecteurs.

Une fois de plus, l’auteur est arrivé à construire un véritable page-turner, avec des chapitres se finissant sur des cliffhanger et dont l’ordre n’est pas chronologique. Pas de stress, il y a une ligne du temps au-dessus qui vous indiquera à quel moment nous nous trouvons (on joue sur une ligne du temps de 7 mois).

Attention, vu que Abigaël ne sait plus où est la réalité, ni quand elle rêve, vous risquez quelques surprises. Faudrait juste pas en abuser…

Si le scénario est addictif et que les mystères semblent insolubles, les problèmes sont venus d’ailleurs : Abigaël, justement ! Difficile de la trouver sympathique, difficile d’entrer en phase avec elle, car j’avais l’impression qu’elle manquait de réalisme, de profondeur, bref, qu’elle était fausse. Sa maladie l’handicape lorsque l’auteur en a besoin et lui fout une paix royale si cela n’est pas nécessaire. Un peu facile.

Abigaël est intelligente et pourtant, elle n’a pas vu ce qui m’a crevé les yeux (trois choses importantes qui m’ont sauté aux yeux). En même temps, si elle les avait remarqué plus tôt, le cours du récit en eut été changé. De toute façon, une fois que j’avais éliminé l’impossible, ce qui me restait, aussi improbable que ça, était la vérité et bingo !

Un autre écueil, ce fut les explications finales, qui m’ont semblées être un peu limite, trop vite expliquées, trop vite expédiées et ensuite, on n’en parle plus. Et cette arme sortie dans la panique, ce tir, cela m’a semblé être le truc en trop, celui qui fout en l’air tout le scénario.

Puis le final, qui se termine abruptement, comme ça, pouf. Le deus ex machina qui vient au secours de l’héroïne qui se trouve dans une situation inextricable ? C’est moyen. Les ficelles étaient plus grosses dans ce roman et je les ai aperçues un peu trop facilement.

Anybref, je ne dis pas que ce thriller est mauvais, juste que je l’ai moins apprécié que d’autres du même auteur, qu’il ne m’a pas emporté comme les autres et que la séduction habituelle n’a pas eu tout à fait lieu. Il est addictif, je l’ai dévoré sur deux jours, mais la vague ne m’a pas emportée comme je le pensais.

Pas grave, il me reste encore quelques romans de l’auteur à découvrir et pour vibrer, comme j’ai l’habitude avec lui.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°28] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

L’unité Alphabet : Jussi Adler-Olsen

Titre : L’unité Alphabet

Auteur : Jussi Adler-Olsen
Édition : Livre de Poche Thriller (02/01/2020) – 668 pages
Édition Originale : Alfabethuset (1997)
Traduction : Caroline Berg

Résumé :
L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.

Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie.

Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé.

En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Critique :
Deux aviateurs anglais en mission en territoire ennemi se font abattre et doivent sauter en parachute.

Gérard Oury a fait une super comédie d’un tel scénario, tandis qu’Adler-Olsen en a fait un drame.

Avec l’auteur, pas de rendez-vous aux bains turcs, pas de rencontre avec les personnages joués par De Funès et Bourvil, mais un train sanitaire, rempli d’officiers allemands, dont des nazis.

Pour la race des seigneurs, il était mal vu que la populace apprenne que des officiers à la tête de mort soient devenus fous ou mutiques, suite aux ravages de la guerre, aux explosions.

Prenant la place de deux officiers de la gestapo, nos deux aviateurs anglais vont se retrouver dans un sanatorium à devoir simuler la folie, sans savoir qu’ils ne sont pas les seuls simulateurs…

La partie consacrée à leur séjour dans un hôpital psychiatrique, à faire en sorte de ne pas se faire démasquer, était intéressante, même s’il ne s’y passe pas grand chose et qu’une grande partie tourne aux maltraitances par d’autres pensionnaires.

Par contre, je pensais m’ennuyer durant les recherches de Bryan, trente ans après, et il n’en fut rien. L’auteur ne s’est pas contenté de nous pondre une petite enquête à la Perdu De Vue, il a pensé aux surprises, au suspense, aux mystères, ainsi qu’aux retournements de situation.

Pas d’ennui durant la lecture de ce pavé, qui s’est déroulée sur deux malheureuses journées, tant le récit m’a passionné, malgré les incohérences dans l’enquête qui, avant, n’avait jamais rien donné et puis soudain, bardaf, Bryan avance en trouvant un fil rouge, ainsi que les incohérences dans la guérison d’un personnage.

Mais ce qui m’a manqué le plus, dans ce récit, c’est l’humour cynique présent dans les enquêtes du Département V (c’est son premier roman, donc, pas encore de recette miracle) et des émotions. Et puis, il y avait trop de manichéisme dans les personnages du trio infernal de l’hôpital.

D’accord, avec des personnages tel un ancien dirigeant de camp de concentration et un gestapiste, peu de chances de se retrouver avec des personnages que l’on apprécie, mais j’aurais apprécié qu’ils aient un peu de nuance, que l’auteur en fasse des méchants plus ambigus, moins tranchés. Ils sont cruels à l’excès et cela devient soulant, à la fin.

Ces bémols ne m’ont pas empêchés d’apprécier ce premier roman de l’auteur, sorti en 1997 au Danemark, bien avant le Département V. L’écriture n’est donc pas celle dont j’ai l’habitude, la plume n’étant pas en poils de chameau, chers à notre Assad, donc, elle ne chatouille pas encore.

Pourtant, ce roman n’est pas si mal que ça, même si avec 100 pages de moins, nous aurions eu un récit plus ramassé. Je n’ai pas ressenti les longueurs, mais cela pourrait arriver à certains lecteurs/trices.

Un premier roman qui n’est pas si mal que ça, moins foiré que d’autres premiers romans d’auteurs que j’ai lu (mais ceci n’est que mon avis). Mais ne cherchez pas ce que vous aimez chez l’auteur, ceci n’a rien à voir avec le Département V !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°27] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).