Ma cousine Rachel : Daphné Du Maurier [LC avec Bianca]

Titre : Ma cousine Rachel

Auteur : Daphné Du Maurier
Édition : Livre de Poche (2002 – 2017)
Édition Originale : My cousin Rachel (1951)
Traducteur : Denise Van Moppès

Résumé :
Philip, sans la connaître, déteste cette femme que son cousin Ambroise, avec lequel il a toujours vécu étroitement uni dans leur beau domaine de Cornouailles, a épousée soudainement pendant un séjour en Italie.

Quand Ambroise lui écrira qu’il soupçonne sa femme de vouloir l’empoisonner, Philip le croira d’emblée. Ambroise mort, il jure de le venger. Sa cousine, cependant, n’a rien de la femme qu’imagine Philip.

Il ne tarde pas à s’éprendre d’elle, à bâtir follement un plan d’avenir pour finir par buter sur une réalité de cauchemar.

Ce don du suspense psychologique, que le nombreux public de la célèbre romancière anglaise lui reconnaît dans chacune de ses œuvres, est particulièrement présent dans « Ma cousine Rachel ».

Critique :
♫ Rachel, tu brûles mon esprit, mon amour étrangle ma vie ♪ Et l’enfer, devient comme un espoir ♫ Car dans tes mains je meurs chaque soir ♪

Philip aurait pu chanter du Johnny (Gabrielle, pour ceux ou celles qui n’ont pas trouvé) devant sa cousine Rachel, bien qu’il n’ait pas fini enchaîné au sens propre du terme.

Sherlock Holmes disait que les émotions altéraient la réflexion et ce roman illustre parfaitement sa phrase.

J’ai vu Philip Ashely, jeune homme qui avait l’air d’avoir la tête sur les épaules, se monter le bourrichon sous le coup des émotions et ensuite réviser tout son jugement pour finir par se comporter comme une midinette amoureuse et ne pas voir ce que les autres essayaient de lui montrer.

Dès les premières lignes, Daphné Du Maurier vous prends dans les rets de son histoire, insufflant du mystère dès le départ, vous donnant quelques indices mais sans en donner vraiment. Elle réussit à vous embarquer de suite dans son histoire et vous n’avez plus envie de lâcher le livre.

On se doute que l’on va faire face à un drame et à pas à une histoire d’amûr guimauve style Barbara Cartland. Par contre, si on se doute de certaines choses, on est loin d’avoir une vision claire de toute l’affaire.

C’est toute la force et le talent de l’auteure : en dire assez mais pas de trop, cacher des choses tout en les mettant sous la lumière.

Petit à petit, en développant son histoire et en nous présentant les protagonistes de  cette sombre histoire, Du Maurier nous entraîne tout doucement vers les fonds abyssaux d’un récit où l’on aura sans cesse l’impression que tout est biaisé, caché, manipulé, véridique…

Sans cesse je me suis posée des questions sur cette histoire : Est-ce que Ambroise disait vrai ? Est-ce que Rachel est-elle qu’il l’a décrite dans ses lettres ou alors était-il devenu vraiment fou ?

Philip s’est posé les mêmes questions que moi puisque lui aussi l’a trouvée charmante, la Rachel. Toute menue, toute innocente, toute gentille… Oui, son oncle devait être fou lorsqu’il écrivait des méchancetés sur elle.

Les personnages sont d’un réalisme qui donne tout le poids au récit, qui, en plus d’être bien ficelé, est présenté de manière à nous mettre l’eau à la bouche, aiguisant notre appétit tout en nous nourrissant petit à petit.

À mon sens, Rachel est un personnage qui a tout d’une grande, elle est parfaitement décrite, le mystère l’entoure, on ne sait jamais sur quel pied danser avec elle et en plus, elle est forte, très forte ! Une championne du monde dans sa catégorie.

Le final, je l’ai senti venir, je lui ai demandé de venir, et ça a marché puisqu’il est venu.

Machiavélique, perfide, géniallissime, j’ai adoré ! C’était bon, une jouissance littéraire.

Une LC avec Bianca qui, une fois de plus, est réussie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

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Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 3 – Le secret de l’ile aux chiens : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 3 – Le secret de l’ile aux chiens

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Février 1912. Les pillards de Blackwell font la loi dans les docks de la Tamise.

L’Allemagne prépare la guerre future: le chef du service secret impérial débarque à Londres pour mobiliser le réseau décapité par le grand détective de Baker Street.

Der Stelze, le redoutable homme au pied bot, aura-t-il plus de succès que Mr Moon? Sherlock Holmes réussira-t-il à percer le formidable secret de l’île aux Chiens?

Critique :
Non, pour une fois, je ne vais pas tirer à boulets rouges sur ce 3ème volet des aventures de Holmes contre les agents du Kaiser.

Holmes m’a semblé moins imbu de lui-même, il a fait plus de déductions et j’ai retrouvé presque le Grand Homme de Baker Street, manquait plus que Watson pour enquêter avec !

Nous sommes en 1912 et ça pue le conflit partout, toute l’Europe est assise sur un baril de poudre et on se demande bien qui va allumer la mèche.

Les Méchants sont un peu moins caricaturaux et moins exagéré que Moon qui se retrouvait dans les deux premiers tomes et qui pouvait se déguiser et ressembler à la personne mieux que s’il avait été cette personne.

Le roman se lit très vite, il a un bon rythme et, sans révolutionner le genre, se laisse lire avec plaisir même si on sort du cadre habituel des enquêtes de Holmes.

Ça m’a fait du bien de le relire, je ne me souvenais plus de rien !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 2 – Le tueur dans le fog : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 2 – Le tueur dans le fog

Auteur : Yves Varende (pseudo de Thierry Martens)
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Second épisode de la série Sherlock HOLMES et les agents du Kaiser.

L’Angleterre tremble en cette tragique nuit de la nouvelle année 1912 où Sherlock Holmes s’engage dans la plus dangereuse des traques en compagnie du journaliste Wiggins et du robuste limier à quatre pattes, Toby.

Critique :
Mois Anglais oblige, je me devais de relire cette collection de 5 petits apocryphes holmésiens que j’avais acheté et lu avant l’an 2000.

Je voulais savoir si les romans avaient bien vieillis car je ne me souvenais plus vraiment de ce que j’en avais pensé à l’époque. Le premier que j’ai attrapé était en fait le tome 2 et j’aurais mieux fait de commencer par le 1.

Tant pis, le vin était tiré, il fallait le boire. Je respecterai l’ordre des tomes dans la publication.

Déjà, on va percer l’abcès de suite : le Holmes présenté dans ces pages par l’ancien réducteur en chef du journal Spirou, n’est pas canonique du tout !

Non pas qu’il court le jupon, mais l’auteur le présente comme un type radin, imbu de sa personne à l’exagéré et je ne l’ai pas entendu faire une seule déduction sur l’une ou l’autre personne.

Niveau des protagonistes, je me serais bien passée d’un Docteur Fu Manchu, parce que ça fait très Comics Strip, de plus, l’homme ne dérogera pas à la règle qui voulait qu’il incarne la « cruauté asiatique » fantasmée par les Européens de l’époque, notamment ne nous citant des tortures aux noms des plus fleuris.

Autre méchant, le poignardeur qu’est Black Dagger, qui, tenez-vous bien aux accoudoirs de votre fauteuil, voit parfaitement bien dans la nuit (noire et obscure), mieux qu’un chat, parce que le félin a besoin d’un peu de clarté pour voir, tout de même…

Mieux, notre homme arrive à voler le portefeuille de Holmes, dans la nuit remplie de fog, alors que Holmes a, à ses côtés, Toby IV, un chien réputé pour son super flair (on nous le dira assez). Mon chien n’avait pas un super flair, mais on ne pouvait pas arriver dans mon dos sans qu’il ne le sache et me prévienne.

Le roman se lit vite, heureusement, parce que l’on n’a pas vraiment envie de s’attarder dedans tant l’ennui nous guette au détour des pages, la faute sans doute à la narration, parce qu’il y avait du potentiel dans ces pages si on avait un peu plus travaillé le personnage du détective, de Wiggins et des méchants en tout genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 1 – Le Requin De La Tamise : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 1 – Le Requin De La Tamise

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (1997)

Résumé :
Automne 1911. Sur la requête de Winston Churchill, Sherlock Holmes consacre ses prodigieuses facultés de déduction et son étonnante science du déguisement à l’infiltration des réseaux allemands en cours d’implantation en Angleterre.

L’insouciante population londonienne vit sur un baril de poudre.

La pègre s’organise en de mystérieuses sociétés, dont les animateurs visent à la conquête du pouvoir. La mort rôde au bord de la Tamise…

Le grand détective réussira-t-il à neutraliser les alliés du Kaiser ?

Critique :
Seconde relecture de cette série avec le numéro 1, celui où nous faisons connaissance avec le méchant Mr Moon, qui, tel un Ponce Pilate, se lave souvent les mains, déléguant les sales besognes sanglantes à ses hommes de main.

Mais déjà à cette époque, la sous-traitance avait du plomb dan l’aile et s’il s’était chargé lui-même de la besogne, il aurait eu moins d’emmerdes.

Premier volet donc de la série de Sherlock Holmes et les agents du Kaiser. Nous sommes aux portes de la Première Guerre Mondiale, dans 3 ans elle se déclenchera et pour le moment, c’est la course à l’armement et on voit des espions partout.

Holmes est toujours décrit comme un radin par les Irregulars Of Baker Street, qui sont des adultes, maintenant, et, dans mes souvenirs canoniques, jamais Holmes n’a refusé de payer les primes promises aux gosses des rues qui étaient ses oreilles et ses yeux.

On le décrit aussi comme un homme qui n’aime pas parler de ses échecs, hors ce n’a jamais été le cas, souvenons-nous de « La figure jaune » :

Les dons exceptionnels de mon compagnon m’ont permis d’être l’auditeur, et parfois l’acteur, de drames étranges. En publiant ces croquis tirés de dossiers innombrables, j’insiste tout naturellement davantage sur les succès de Holmes que sur ses échecs. Ne croyez pas que je le fasse dans l’intérêt de sa réputation : c’était en effet dans les cas où toutes ses ressources paraissaient épuisées qu’il déployait une énergie et une vivacité d’esprit absolument admirables. La raison est ailleurs : là où il échouait personne d’autre, généralement, ne réussissait ; du coup l’affaire s’enterrait avant d’avoir reçu une conclusion. Il arriva tout de même que Holmes se trompa et que la vérité fut néanmoins tirée du puits.

— Watson, si jamais vous avez l’impression que je me fie un peu trop à mes facultés, ou que j’accorde à une affaire moins d’intérêt qu’elle ne le mérite alors ayez la bonté de me chuchoter à l’oreille : “Norbury !” Je vous en serai toujours infiniment reconnaissant.

Une fois de plus, le Méchant Mr Moon peut se déguiser en n’importe qui, son visage doit être fait en cire puisque personne ne le reconnaît… Fantastique, non ? Même Holmes n’y arrive pas à faire aussi bien, d’après lui.

Autre chose, Holmes mesure 1,80m. Je veux bien qu’à 60 ans et quelques poussières, il se soit tassé, mais pas au point où quand, déguisé Horse Guard et se dévoilant à Winston Churchill, ce dernier lui demande alors :

— Bon sang, Holmes ! Comment avez-vous fait pour grandir de trente centimètre ?
— Je reconnais cette obligation de la Garde est un peu déplaisante, admit le détective. J’ai dû remplir le fond de mes bottes de sortes d’embauchoirs qui me transforment en échassier, mais cela m’impose une démarche qui ajoute de l’authenticité au personnage.

Donc, si je calcule bien, les Horse Guard devaient mesurer 2,10m ?? Parce que même si Homes a rétrécit au lavage et ne toise plus que le 1,60m, se grandir de 30cm voudrait dire que tous les Horse Guard devaient mesurer 1,90m… Devait pas en trouver des masses pour leur régiment…

Pour le reste, la narration est toujours en dessous de ce que j’aimerais lire et je me suis emmerdée ferme dans les passages où l’on nous parlait des tensions entre les différents pays. Or, c’est un sujet qui me passionne ! Quand il est bien narrée, en effet.

Pas de souvenirs impérissables à garder de cette relecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Vinland Saga – Tome 5 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 5

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (10/12/2009)

Résumé :
Angleterre 1013. Avec l’hiver qui s’installe et la neige qui rend les routes impraticables, l’armée de Knut est contrainte de s’établir dans un petit village anglais jusqu’au printemps.

Histoire de s’assurer que leur position resterait secrète, Askeladd n’a pas hésité à faire massacrer tous les villageois, hommes, femmes et enfants.

Askeladd ne reste pas inactif. Il a un rêve, et pour l’accomplir, il doit trouver un moyen de transformer le prince Knut en chef de guerre impitoyable…

Critique :
Voilà un tome riche en action et en rebondissements ! Alors qu’on aurait pu penser se trouver face à un tome pépère puisque les troupes d’Askeladd ont investi un petit village pour attendre que la neige soit moins épaisse.

Pas de bol pour eux, un témoin de leurs méfaits a pu se sauver et raconter à d’autres ce que lui et ses hommes avaient fait aux villageois.

Si certains pensaient se la couler douce, et bien, c’est loupé, va falloir se battre et mettre les voiles, tout en évitant les mutineries parce que les hommes sont fatigués, en ont plein le cul et commence à se demande si Askeladd a encore la baraka puisque maintenant, ils ont Thorkell à leurs fesses.

Qui va le trahir ? Arrivera-t-il à faire de Knut un homme de combat et un homme de commandement ou ne pourra-t-il l’envoyer que dans un salon de thé, avec le petit doigt en l’air ? Et Thorfinn sera-t-il d’accord de lui servir de nounou ?

Je ne sais toujours pas où va n’emmener l’auteur, mais je prends toujours autant de plaisir à suivre cette saga, qui, je le pense, va m’emporter assez loin.

Le scénario ne laisse pas la place à la sieste, sans pour autant être trop trépidant et en devenir lourd. Les personnages sont bien travaillés et nous étonnent souvent, car ils ne sont pas figés, ils évoluent et peuvent aussi nous cacher des tas de petites choses, les coquins.

Mais certains dans leur ligne de conduite, comme Thorkell qui, en plus d’avoir de l’humour, l’envie de se battre tout le temps, quitte à se vendre à l’ennemi, n’aime pas les traitres ni les hommes qui se rendent.

Un tome qui bouge, assez violent, mais hautement addictif car j’ai encore plus envie de me faire toute la série.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les derniers jours de Newgate : Andrew Pepper

Titre : Les derniers jours de Newgate

Auteur : Andrew Pepper
Édition : 10/18 Grands détectives (04/01/2018)
Édition Originale : The Last Days of Newgate (2008)
Traducteur : Daniel Lemoine

Résumé :
En 1829, la police londonienne n’existe pas encore. Les affaires criminelles sont confiées aux Bow Street Runners, des hommes à la moralité douteuse, à peine plus recommandables que les malfaiteurs qu’ils traquent. Pyke est l’un d’eux.

Tout autant à son aise dans les bars crasseux et infâmes de Londres que dans le salon victorien de lord Edmonton.

Ce dernier, un vieil aristocrate fortuné au-dessus de tout soupçon, lui demande de retrouver l’escroc qui a détourné les fonds de l’une de ses banques.

Alors que Pyke est sur les traces du coupable, il ne se voit pas tomber dans un redoutable piège.

Bientôt emprisonné à Newgate, son seul espoir repose sur la détermination d’Emily Blackwood à prendre parti contre son père : lord Edmonton.

Critique :
♫ There is a house in New Orleans,♫ They call the rising sun ♪ And it’s been the ruin of many a poor Boy, ♪ And God I know I’m one ♫

Non, non, non ! Coupez ! J’ai pas demandé eu D.J la V.O, moi, mais la V.F. Bon sang, le petit personnel n’est plus ce qu’il était. Bande d’Animals, va.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se fermer, Et c’est là que je finirai ma vie ♫ Comm’d’autres gars l’ont finie ♫

Cette bande-son collera mieux au corps de ce roman vu que nous serons incarcéré à Newgate et que ça a plus des airs de pénitencier que de Club Med !

Londres 1829. Victoria n’a pas encore posée ses gracieuses fesses (ou son honorable postérieur) sur le trône et en ce temps-là, c’était George IV qui l’occupait.

L’Angleterre de Victoria comptait son lot de miséreux, mais sous George, ça n’allait pas mieux non plus et l’auteur m’a fait plaisir en ajoutant une touche de descriptions sociales dans son polar historique qui, sans être trépidant, ne vous fera pas dormir non plus (sauf si vous avez passé une nuit blanche avant).

En ce temps-là, Scotland Yard n’est pas encore né, on le sent venir, ne manque plus qu’un dernier coup de rein pour évincer les Bow Street Runners, ces gars qui, comme ceux qui nous gouvernent, ont une moralité douteuse (je sors !).

Vous aimez le côté droit de Sherlock Holmes ? Vous appréciez que de temps en temps il fasse la nique à la loi ? Ou qu’ils utilise des informateurs pour avancer dans son enquête ?

Et bien, dans ce polar, l’enquêteur Pyke va vous défriser l’bazar à tel point que vous vous demanderez s’il ne se la joue pas « hôpital se foutant de la gueule de la charité » ou « Munster disant au Camembert : tu pues  » !

Certes, les putes de fils (je n’insulterai pas leurs mères) qu’il va mettre devant leurs forfaits accomplis sont des salopards de première classe, mais Pyke peut aller bouffer à leur râtelier et ses mains sont toutes aussi remplies de sang que les leurs.

La fin justifiera tous les moyens ! Même des morts innocentes.

Ok, Pyke n’a pas étranglé un bébé, mais je lui garderai tout de même un chien de ma chienne ainsi qu’a son auteur. Avec Olivier Norek, c’est une histoire de chat, dans le cas d’Andrew Pepper, ce sera une affaire de chien. Dire qu’il ose ensuite faire des reproches aux autres.

Pourtant, malgré tout, je l’ai bien apprécié, le Pyke et son côté taiseux, entêté durant une enquête, poursuivant sans relâche afin d’arriver à résoudre l’affaire. Il a un côté holmésien dans le fait qu’il ne montre jamais ses sentiments.

En 1829, ça grognait déjà et toujours entre les catho et les protestants, le moindre fait est monté en épingle et une fois la mèche allumée, yapuka laisser tout péter, les gentils habitants se chargeant eux-mêmes de s’assassiner entre eux. Machiavélique !

Toujours ces vieilles histoires… Le catho en veut au protestant de lui avoir cassé la gueule hier et le protestant rappelle au catho que la semaine dernière, il massacrait 30.000 des siens, alors que le mois dernier, c’était… ♫ Non, non, rien n’a changé ♪

Le serpent se mord la queue et les morts de maintenant ne rachèteront jamais les morts d’avant. Pourtant, chacun campe sur ses positions et cet antagonisme est bien rendu dans le récit, donnant une certaine atmosphère à ces pages bien sombres.

Les dialogues sont souvent percutants, machiavéliques même, à certains moments, et l’enquête de Pyke va l’entrainer dans une spirale de violence à faire pâlir de jalousie Jack The Ripper him self car les cadavres vont se ramasser à la pelle et Pyke ne sera pas toujours innocent dans ces affaires, comme je vous le disais plus haut (suivez !).

Un polar historique qui se lit tout seul car les personnages vous entraineront dans cette gigue infernale et la question qui se posera dans ces pages sera « Qui a fait ça et pourquoi ? ».

La solution se trouvera à la fin et oui, c’est perfide ! Mais tout à fait naturel et vieux comme le Monde.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Vinland Saga – Tome 4 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 4

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (10/09/2009)

Résumé :
Angleterre 1013, l’armée danoise du roi Sven à la Barbe Fourchue continue sa campagne d’invasion. Malgré la supériorité de son armée, sa progression est bloquée à Londres, ville imprenable, protégée par Thorkell le Grand, un Viking passé à l’Anglais par simple ennui.

Sven décide alors de confier la responsabilité du siège à son fils Knut, à la tête d’une armée de quatre mille hommes.

Mais l’armée de Knut se fait décimer et le prince est pris en otage par Thorkell, bien décidé à attirer l’attention du roi du Danemark.

Sur un coup de tête, Askeladd part avec sa seule troupe à la rescousse de Knut. Un pari extrêmement dangereux pour gagner argent et gloire…

Critique :
Que se passe-t-il lorsqu’un jeune bad boy badass se trouve face à un prince très très timide et très très efféminé ?

C’est le clash ! Trop tentant pour le roquet Thorfinn de ne pas se foutre de la gueule du prince Knut qui se cache derrière Ragnar, le géant ado-sitter du prince.

Mais avant de se dire des gentillesses pleines de fiel, il va d’abord falloir sortir de cette fumée provoquée par les feux allumés par les hommes d’Askeladd et grouiller ses puces pour ne pas se faire attraper par les troupes de Thorkell.

Comme je le disais précédemment, les personnages évoluent et certains cachaient bien leur jeu… Maintenant, je ne sais pas non plus si Askeladd joue double ou triple jeu. Avec lui, tout est possible.

Ce tome se consacre à la marche forcée que les hommes d’Askeladd vont devoir faire afin d’échapper à Thorkell, lancé sur leurs trousses. Askeladd étant avare d’informations, ses hommes vont commencer à se poser des questions, à douter de lui, et quand on commence ainsi, c’est que la grève n’est pas loin !

Avec des airs de western spaghetti qui serait venu s’inviter dans le Moyen-âge, ce tome de transition nous apprend des tas de choses sur Askeladd et m’est avis qu’il n’a pas fini de nous étonner, le bougre de salopard qui n’a pas hésité à massacrer tout un village pour y abriter ses hommes.

Un tome de transition, certes, mais un tome généreux en péripéties, en aventures, sans pour autant se disperser dans tous les sens et bâcler ses arcs narratifs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Le Hobbit : J.R.R. Tolkien

Titre : Le Hobbit

Auteur : J.R.R. Tolkien
Édition : Le Livre de Poche (29/04/2015)
Édition Originale : The hobbit (1937)
Traducteur : Daniel Lauzon

Résumé :
Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n’aime pas être dérangé quand il est à table.

Mais un jour, sa tranquillité est troublée par la venue d’un magicien nommé Gandalf, et de treize nains barbus qui n’ont qu’une idée en tête : récupérer le trésor de leurs ancêtres, volé par Smaug le dragon sur la Montagne Solitaire.

Suite à un malentendu, Bilbo se retrouve malgré lui entraîné dans cette périlleuse expédition.

Critique :
« Dans un trou vivait une bite »…. STOP ! Des enfants nous lisent peut-être ! Reprenons correctement, si vous le voulez bien… « Dans un trou vivait un Hobbit ». Merci !

Si le Lotto avait pour slogan « 6 croix qui peuvent changer une vie », on peut appliquer ce genre d’accroche publicitaire au récit de Tolkien : « 6 mots qui peuvent changer une vie ».

Six mots qui donneront naissance à une formidable aventure de fantasy, souvent copiée mais jamais égalée (tiens, on dirait une autre pub).

Ça vous dit de partir à à l’aventure et de chevaucher un poney en compagnie de 13 nains ? De sortir de votre trou de Hobbit si confortable ? De quitter vos fauteuils et votre petite vie pèpère qui n’a rien de trépidant ?

Oui ? Alors faites comme ce pauvre Bilbo qui s’est retrouvé embarqué dans cette grande aventure épique sans vraiment le vouloir et qui, surprenant tout le monde (et lui même), a réussi à gagner la confiance des nains en faisant preuve de courage, de ténacité, de ruse et de chance.

Des années que je voulais découvrir le Hobbit, des années aussi que les films croupissaient dans mon DD ! Honteux, je sais.

2018 devait être LEUR année puisque dans la foulée du visionnage des trois films, j’ai aussi plongé sur la nouvelle traduction des aventures de Bilbon Sacquet ou plutôt devrais-je dire « Bilbo Bessac ». Elle était grosse cette différence là !

L’avantage d’avoir vu les films et que je n’ai pas dû faire le travail d’imaginer les personnages ou les lieux, le tout ayant pris les visages des acteurs et des décors du film.

L’inconvénient est qu’il y a des différences notables entre les deux, comme des ajouts dans les films afin d’étoffer certaines histoires. Le plus gros changement aura lieu lorsque les nains se retrouvent prisonniers des Elfes et où le bô Legolas est absent du livre.

Rien à redire du talent de conteur de Tolkien, pas besoin de lui faire de la pub, la majorité d’entre nous savent qu’il a l’art et la manière de raconter ses histoires fantastiques et, durant ma lecture, je me suis imaginée petite enfant écoutant cette historie merveilleuse.

Le Hobbit est moins sombre que le Seigneur des Anneaux, il va sans dire, sans pour autant être un récit enfantin ou gaga. Il y a de l’action, de l’humour, de l’amitié, de la méfiance et de la confiance qui se gagne à la sueur du poignet ou à l’aide d’anneaux.

Mon seul bémol sera pour le fait qu’il y avait plus de profondeur et de développement dans certains personnages du film (Thorin, Kíli, Bard, le bourgmestre d’Esgaroth, Alfrid son éminence grise, le roi des Elfes Sylvains, Tauriel, notamment et Radagast est absent) alors que dans le livre, ils sont plus lisses, leurs failles sont moins poussées, leurs histoires moins développées ou ils n’existent pas car inventés pour les besoins des films, ce qui enlève quelque peu le plaisir.

Dans le film, on sent bien que Thorin est en train de succomber au côté obscur de la Force et qu’il est sous l’emprise du pouvoir de l’or. Dans le livre, il y succombe aussi, mais c’est moins détaillé que dans le livre. Son retour à la raison est plus détaillé dans le film que dans le livre où il semble survenir par l’opération du Saint-Esprit.

Que vous dire de plus qui n’ait jamais été dit sur ce roman ? Rien de plus, si ce n’est qu’il est plaisant de savoir qu’enfin les œuvres de Tolkien sont retraduites en collant le plus aux textes puisque maintenant son œuvre est intégralement terminée.

« Traduire étant trahir », une nouvelle plume qui colle le plus aux textes originaux n’était pas du luxe et dans un temps prochain, je souhaiterais relire le Seigneur dans sa nouvelle version (avec ma binômette de LC Stelphique).

Un très beau récit d’heroic fantasy à découvrir, si ce n’est déjà fait, ou à redécouvrir. Une quête bourrée de rythme, d’aventure, de magicien, de nains bougons, le tout sans Blanche-Neige, avec un Hobbit peureux et casanier qui va, presque sans le faire exprès, devenir un héros courageux.

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Vinland Saga – Tome 3 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 3

Auteur : Makoto Yukimura
Édition : Kurokawa (11/06/2009)

Résumé :
Août 1013, suite au massacre des camps vikings de Northumbrie, l’armée danoise se fait de plus en plus agressive en Angleterre. D’expédition en expédition, l’armée dirigée par Floki, rejointe par celle d’Askeladd, arrive enfin à Londres.

Mais après des décennies d’attaques. Londres est plus que parée contre les Vikings. Pour l’armée danoise, le combat s’annonce d’autant plus rude que Thorkell, le frère cadet du général des Jomsvikings Sigvald, lassé de combattre des Anglais qu’il juge trop faibles, a décidé de changer de camp pour s’amuser un peu.

Face à cet imprévu de taille, Askeladd a, comme toujours, une idée de génie : envoyer le jeune Thorfinn lui rapporter la tête de Thorkell en échange d’une promesse de duel…

Critique :
♪ Ce soir, nous irons à Londinum, pour pilier, pour tuer ♫

Nous sommes en l’an de grâce de 1013 et la puissante flotte des Vikings du Danemark, menée par le roi Sven, entre dans le Nord de l’Angleterre par rivière Humber (pas Uber !).

Sorry de vous l’apprendre, mais lorsque les Hommes du Nord, autrement dit, les Vikings, vont à Londres, ce n’est pas pour faire du shopping, même si les deux mots riment.

Le Wessex pillé, le Wessex volé, le Wessex incendié, le Wessex dévasté ! Londres, elle, résiste encore et toujours à l’envahisseur grâce à un transfert de poids : Thorkell, un viking qui est passé du côté opposé de la Tamise.

Nous retrouvons, dans tous ces arcs narratifs, notre jeune Thorfinn, toujours en rage, en rogne, contre la Terre entière. Bouche fermée, yeux révolvers, toujours prompt à se battre. Les djeuns diraient qu’il a la haine !

Askeladd, le chef des pillards qui le possède (on apprend au fur et à mesure des tomes d’où vient Thorfinn) a fait de lui une machine à tuer. Pourtant, jusqu’à présent, si Thorfinn a réussi à tuer toutes ses cibles, il est toujours incapable de vaincre Askeladd en combat singulier et donc, de retrouver sa liberté.

Expliqué de la sorte, on pourrait penser que l’on a affaire à un manga bourré de testostérones, de mecs violents, de sang qui gicle et de boyaux qui explosent, genre Ken Le Survivant. Mais il n’en est rien !

Non, non, non, le manga est fin, la psychologie des personnages est travaillée, on ne sait pas ce qui se cache derrière la personnalité de chacun et au fil des tomes, on aura quelques surprises.

Déjà qu’on remarque que Thorfinn a de la sensibilité et essaye de préserver une famille de la machine à broyer qu’est l’armée de Sven, le roi des Hommes Blonds Sexys…

Les dessins sont harmonieux, les scènes de combats bien détaillées, le scénario est riche, complexe, bourré de mystères, de vengeance, de rédemption.

J’ai vraiment envie de suivre ces personnages dans leurs aventures pour les voir évoluer.

En attendant, évitez d’aller à Londres, les Vikings sont en guerre !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 02 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ? : Ana Campoy

Titre : Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 02 – Qu’est-il arrivé à Snouty Jones ?

Auteur : Ana Campoy
Édition : Bayard Jeunesse (2016)
Édition Originale : Las aventuras de Alfred & Agatha – Tomo 2 – El chelín de plata (2011)
Traducteur : Martine Desoille

Résumé :
En récompense pour ses bonnes notes, Alfred reçoit un shilling en argent de la part de son père. Tout fier, il va chez Agatha pour le lui montrer.

Son amie en profite pour lui présenter son voisin, l’écrivain Sir Arthur Conan Doyle, auteur de romans policiers et créateur du célèbre Sherlock Holmes. Alfred est enchanté par cette rencontre.

Mais il se querelle avec Snouty Jones, la chienne à deux queues d’Agatha car elle a mordillé son précieux shilling.

Le lendemain, alors qu’il décide d’aller faire la paix avec la petite chienne, Hercule, le majordome des Miller, vient lui annoncer une affreuse nouvelle : Snouty Jones a disparu !Agatha est convaincue qu’elle a été enlevée….

Critique :
Je n’irai pas par quatre chemins, ces romans sont vraiment fait pour les plus jeunes et je n’y ai toujours pas trouvé matière à plaisir dans leurs enquêtes.

Pour les plus jeunes, c’est sans doute génial, amusant, mais pour une vieille habituée telle que moi, la résolution arrive un peu trop vite, trop facilement et j’en suis toujours à me demander si celui qui a enlevé Snouty Jones avait bien un cerveau parce que vu ce qu’il voulait qu’elle accomplisse, c’était du suicide !

La seule chose que j’ai apprécié, au cours de cette lecture rapide, c’était la rencontre avec Conan Doyle, voisin d’Agatha (future Christie). Alfred (futur Hitchcock) en a été subjugué.

Là, je me suis régalée et j’ai aimé la manière d’amener son futur roman d’après chute de Holmes grâce à l’enquête de nos deux futures célébrités.

Vous remarquerez sans doute la différence entre les personnages dessinés sur la couverture de l’édition espagnole et la française.

Sur l’espagnole, les deux enquêteurs en herbe ont l’air d’avoir 8/10 ans alors que sur l’autre, on dirait des ados de 16 ans. Et je ne vous parle même pas de la représentation du chien !!

Pour ce qui est de la résolution, j’avais déjà compris qui était l’auteur du kidnapping et ma foi, ce n’était pas compliqué tant il y avait peu de suspect.

Le final arrive très vite, un peu trop exagéré au niveau du méchant sans cervelle et de ce qu’il voulait que Snouty accomplisse.

Bon, je pense que je vais arrêter les frais ici.

Pour les jeunes, c’est le genre de lecture qui plaira. Moi, en tant qu’adulte, ce roman n’a pas réveillé mon âme d’enfant, là où d’autres y arrivent. Dommage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).