Les chevaliers d’Heliopolis – Tome 1 – Nigredo, l’oeuvre au noir : Alejandro Jodorowsky & Jérémy

Titre : Les chevaliers d’Heliopolis – Tome 1 – Nigredo, l’oeuvre au noir

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : Jérémy

Édition : Glénat (17/05/2017)

Résumé :
Fin du XVIIIe siècle. Dans un monastère au Nord de l’Espagne se dissimule le temple sacré des Chevaliers d’Héliopolis : une assemblée d’alchimistes immortels et coupés du monde.

Alors que le disciple Dix-sept s’apprête à compléter sa formation et à intégrer l’ordre, son maître Fulcanelli dévoile aux autres chevaliers le terrible secret de ses origines.

Dix-Sept est en réalité le fils caché de Louis XVI et de Marie-Antoinette : le roi de France Louis XVII ! Héritier de cette destinée, le jeune homme va-t-il réclamer le trône qui lui est dû ou rester dans l’ombre, fidèle aux préceptes millénaires de l’Alchimie ?

Critique :
Hé bien, j’ai vu votre Louis XVI sous un angle jamais vu : son fessier royal !

Ça commençait fort avec ce roi qui devait chatouiller la vulve de sa femme avec une plume de paon royal afin qu’elle soit fertile et surtout, qu’ils arrivent à baiser ensemble !

J’ai pouffé de rire car ça m’a rappelé une vieille blague avec une feuille de palmier.

En tout cas, riez sous cape si vous voulez, mais 9 mois après l’introduction du sceptre royal dans la grotte aux merveilles, Louis XVII était né.

Je ne vais pas vous raconter l’Histoire de France et ce qui se passa en 1789 et plus tard, lorsque vos souverains perdirent la tête. Je connais tout ça aussi mais les auteurs ont pris quelques libertés avec l’Histoire en l’accommodant à la sauce fantastique et le résultat n’est pas si mal que ça.

Bon, j’ai haussé les sourcils d’étonnement face à un gorille qui sait se battre à l’épée, mais c’est le fait qu’il parle qui m’a le plus étonné. Bah, nous étions avec un groupe d’Immortels, alors, hein, nous n’étions plus à ça près !

Les dessins de Jérémy sont un plaisir pour les yeux, les couleurs aussi. Réalistes, somptueux dans les décor, ça donne déjà envie de feuilleter l’album pour les revoir une fois de plus.

Son trait me semblait connu et j’ai donc fait un petit tour sur Babelio pour en savoir plus. Bingo, je connaissais, en effet, puisque j’ai lu les deux premiers tomes de la saga de pirates « Baraccuda » dont je vous parlerai plus tard.

Le scénario prends quelques libertés avec l’Histoire, mais pas tant que ça et quand il le fait, il le fait bien. Ceci n’est pas tout à fait une uchronie même si, dans notre histoire, Louis XVII n’est pas mort. Il est encore un peu tôt pour savoir si nous allons nous diriger vers l’uchronie ou pas.

Ce premier album semble poser les bases, sans entrer trop dans les détails car nous ne savons pas à quoi servent chez Chevaliers d’Héliopolis, ni quel destin ils réservent au Dauphin qui, pour le moment, est un guerrier hors pair mais peine un peu à attirer notre capital sympathie.

Pour ses parents, ceux qui furent guillotiné, là, le capital sympathie est aux abonnés absents car il n’y a pas grand-chose pour les sauver ou les racheter. Le Roi est un salopard de violeur (dans la bédé, pour le reste, je ne l’ai pas connu) et son épouse une mère sans coeur.

Réalité historique (je ne connais pas tout et les témoins sont morts) ou pas, ce roi Louis XVI qui est un horrible personnage par tous les côtés ?

Premier tome qui pose les bases mais qui développe peu, nous laissant donc avec moult questions sans réponses. Réponses qui, je l’espère, seront apportées dans le tome suivant et pas tout à la fin de la saga ou jamais.

Ma curiosité est éveillée, j’ai loué le deuxième tome afin de me faire une idée plus précise et si ce n’est pas à la hauteur, je passerai à autre chose. Ce qui serait dommage car le graphisme est à la hauteur, lui.

Moi je ne demande qu’a poursuivre car j’ai pris du plaisir à ma lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°112.

 

Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales : Ced & Boutanox

Titre : Sherlock Holmes – La BD dont vous êtes le héros – Tome 6 – Enquêtes internationales

Auteurs : Ced & Boutanox
Édition : Makaka (26/04/2019)

Résumé :
La réputation du célèbre détective Sherlock Holmes a dépassé les frontières. Ses talents sont requis pour résoudre trois enquêtes internationales.

En compagnie de son frère, homme brillant et membre du gouvernement britannique, il voyagera des Indes au Sud de la France.

Sherlock et Mycroft parviendront-ils à faire la lumière sur ces étranges affaires ?

Entrez dans la peau de Sherlock ou Mycroft Holmes, relevez minutieusement les indices, interrogez scrupuleusement les suspects, utilisez votre sens de la déduction pour trouver les coupables…

De vos choix, dépend la résolution de ces enquêtes, car le héros, c’est vous !

Critique :
Une fois de plus je me suis prise au jeu d’enquêter au côtés de Sherlock Holmes et de… Mycroft Holmes puisque ce tome 6 nous donnes cette possibilité.

Moi qui d’habitude joue en premier lieu avec Watson car son personnage a droit à plus d’avantages (Holmes étant le plus intelligent, il est pénalisé) lors des enquêtes, j’ai décidé cette fois-ci de prendre Sherlock.

On quitte Londres et on voyage dans les colonies à la recherche d’indices pour trouver les coupables.

Une fois de plus, le livre est bien fait, on le tourne dans tous les sens pour quérir des indices, compter les portraits de la reine Victoria et rassembler des objets dans notre valise, objets qui pourront être montrés à nos différents suspects.

Ce que j’aime dans ces enquêtes, c’est qu’il y a peu de suspects, bien souvent 4 par enquête mais purée, c’est toujours autant la prise de tête lorsqu’il faut écrire sur sa feuille d’enquête QUI on suspecte d’être l’auteur de l’assassinat/vol…

On penserait éliminer le groom du navire, mais qui sait s’il n’a pas tué ? La voisine de cabine du défenestré ? Elle aurait pu aussi le balancer, idem pour l’autre de la cabine d’en face… Et puis, et si le mort s’était suicidé ? Ou si plusieurs s’étaient associés pour le tuer ???

Première enquête choisie par votre serviteur et déjà une grosse prise de tête, des hésitations, alors je repasse tous mes indices en revue, je fais fumer mon cerveau, je le triture et je me dis que sur ce coup-là, mes capacités de déduction n’équivalent pas celles du Maître et que c’était plus simple de comprendre la solution de « La police des fleurs, des arbres et des forêts »…

Pour les trois enquêtes, je me suis creusée les méninges, rassemblant mes indices tel un Petit Poucet, scrutant chaque image pour voir si je n’avais pas loupé un numéro (et j’en ai loupé) qui m’amènerait vers un indice important et je ne peux que vous conseiller d’être plus qu’attentif car certains sont écrits en tout petit. Sadisme !

À force de m’arracher les cheveux, j’ai tout de même trouvé les 3 bons coupables (pas toujours les bons mobiles ou modus operandi) mais j’ai risqué de finir chauve à la fin de ces 3 enquêtes, sans compter que le tome 7 est annoncé avec un Watson accusé d’un meurtre…

Mon dieu, encore de belles heures de jeu en perspective !! Parce que oui, ce genre de livre ne se termine pas en 20 minutes, ni même en une heure. Je l’ai étalé sur 3 jours, me concentrant sur une enquête par jour. Quand je vous dis que l’on en a pour ses sous car ça dure longtemps.

Sans oublier que je peux recommencer les enquêtes de mes anciens livres quand je le souhaite et incarner un autre personnage.

Un problèmes à trois pipes, ces enquêtes où je suis le héros !

PS : je suppose que c’est fait exprès, mais le défenestré Balthazar Barks avait des airs de Balthazar Picsou (inventé par le dessinateur Carl Barks !!), notamment quand on voit une photo de lui jeune, tenant une pépite d’or et la soulevant vers le ciel, comme lorsque que Oncle Picsou était chercheur au Klondike. Plus je les regarde et plus je me dis que ceci n’est pas un hasard !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°109.

La police des fleurs, des arbres et des forêts : Romain Puértolas

Titre : La police des fleurs, des arbres et des forêts

Auteur : Romain Puértolas
Édition : Albin Michel (02/10/2019)

Résumé :
Une fleur que tout le monde recherche pourrait être la clef du mystère qui s’est emparé du petit village de P. durant la canicule de l’été 1961.

Insolite et surprenante, cette enquête littéraire jubilatoire de Romain Puértolas déjoue tous les codes.

Critique :
Mais pourquoi prendre la peine d’expliquer, au début du livre qu’à la fin du roman, il y aura un coup de théâtre final époustouflant qui remettra tout le récit en cause ??

Ça fout tout en l’air… Soit la surprise attendue ne sera pas à la hauteur de ce que l’on attendait, soit nous allons être tellement sur nos gardes qu’on verra venir ce que l’on tente par tous les moyens de nous éviter de voir.

Bardaf, l’embardée, j’avais compris tout que nous étions à un dixième du récit. Certes, au départ, je me suis trompée d’un poil, mais j’ai vite éclaté d’un rire cynique peu de temps après.

Fatalement, j’étais sur mes gardes, attentive, alors que si on ne m’avait rien dit, on m’aurait fait le même coup qu’avec le film « Le sixième sens » ou que le roman « Le meurtre de Roger Ackroyd ».

Bon, n’est pas Agatha Christie qui veut (elle savait nous égarer mieux que personne), ni M. Night Shyamalan qui m’avait troué le cul dans son film.

J’étais donc à un gros dixième de lecture que j’avais déjà pigé et je me suis demandée si ça valait la peine de continuer ma lecture, puisque j’avais décroché la floche. C’est alors qu’une petite voix m’a dit :

— Tu regardes bien les Columbo alors que dès le départ tu sais QUI a tué et pourquoi ! Même ceux dont tu souviens de comment Columbo piège le coupable, tu les regardes toujours avec avidité… Donc, tu pourrais continuer ce roman, même si tu as compris le principal, non ?
— Oui, c’est pas faux… Mais bon, Columbo, c’est Columbo !
— D’accord, alors, tu n’as pas envie de savoir le mobile du crime et de connaître le nom de l’assassin ?
— Si, parce que ça, je n’ai pas encore trouvé… Nous n’avons pas fait le tour des suspects.
— Tu n’as pas envie de passer encore un peu de temps avec ces sympathiques villageois qui fleurent bon la ruralité ? Dans cette époque bénie qu’étaient les années 60 ?
— Si, j’ai envie d’arpenter les ruelles de ce village et de boire un coup avec ses habitants. Les portraits sont fleuris.
— T’as pas envie de te gausser de l’inspecteur qui enquête sur ce crime horrible ??
— Oh putain, si, j’ai envie de me foutre de lui. C’est bon, je continue ma lecture.

J’ai donc continué, sachant que la douche froide ne serait pas pour moi, mais pour l’inspecteur, me demandant comment il pouvait être aussi obtus.

Et puis, je suis devenue humble car lui ne savait pas, comme moi, par la trop grande langue de l’auteur, qu’il y avait une couille dans le pâté. Au moins, on n’a pas gâché la surprise à l’inspecteur.

Dommage que le trompe-l’œil était mal déguisé, mal fagoté, trop flagrant (pour moi), alors que d’autres ont réussi à m’avoir, sans que je m’en rende compte une seule seconde (Nymphéas Noirs).

Anybref, si ce n’est pas le polar du siècle, si les indices étaient trop gros pour mon œil acéré, si l’introduction était de trop (faut jamais annoncer ça dans son livre), j’ai tout de même passé un agréable moment bucolique à la campagne, plongée en 1961, sans smartphone, sans Internet, avec des gens simples, des gens vrais et cette petite fleur a été une jolie parenthèse après des lectures forts sombres.

Si le décor et les personnages avaient été moins bien réalisés, ce roman aurait terminé avec une cotation plus basse car l’introduction est un véritable divulgâchage.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°104.

Moriarty – Tome 6 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 6

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana Dark (08/11/2019)

Résumé :
Quel meilleur moment pour un rendez-vous secret qu’un somptueux bal masqué ?…

Pour mener les négociations, Albert donne rendez-vous à Irène Adler au bal masqué du palais de Buckingham.

Mais que cherche-t-elle, en réalité ? Que gagnerait-elle à rendre public le contenu de la lettre secrète ?

L’étrange triangle formé par un prince du crime, un détective de génie et une beauté sublimement vénéneuse pourrait déclencher un scandale qui causerait la chute irrémédiable de l’Empire britannique !

Critique :
Maintenant que j’ai commencé la saga, je me vois mal l’arrêter, même si elle part dans une direction qui ne me plait que moyennement.

Elle proposait du bon, cette nouvelle saga, avec un Moriaty qui voulait changer la vie, la révolutionner, aider l’Angleterre d’en bas à s’affranchir de la main-mise de la noblesse sur tout.

Il est toujours râlant de voir un incapable nous ravir une place qui nous revient juste parce qu’il est issu de la noblesse (ou pistonné, de nos jours).

Alors même si j’avais grincé des dents devant un jeune Moriarty qui ressemblait physiquement à Ciel Phantomhive, si je m’étais étranglé devant le sort que les trois fils réservaient à leurs parents nobles, j’avais malgré tout continué ma route avec eux afin de ne rien manquer de l’entrée en scène de Sherlock Holmes.

Je pensais avoir touché le fond avec les méthodes un peu hard de nos Moriarty’s Boys pour s’affranchir de la noblesse et punir les nobles de leurs exactions ou autres saloperies, mais avec le personnage de Holmes, j’ai bu la calice jusqu’à la lie.

C’est un rustre mal élevé, un sale gamin qui mérite une fessée ! Il s’exprime comme un barakî avec moult « bah », parfois même plusieurs « merde », un « arrête tes conneries, quoi », j’ai aussi un « fait chier, merde »…

Holmes tutoie Watson (ils s’appellent par leurs prénoms et nous sommes à l’ère victorienne !!), est plus qu’imbu de lui même, se balade en calbute et parle de « profiling ».

Nous ne sommes pas au XXIème siècle et ce qui passe dans la série de la BBC ne passe pas dans un contexte victorien.

Pire, Irene Adler rabroue Watson à un moment donné et le traite comme s’il était un gamin de 15 ans…

Que l’on s’affranchisse du canon holmésien, je veux bien, à condition de lui faire de beaux scénarios, de belles adaptations, de nous surprendre dans le bon sens du terme, mais là… On piétine certains personnages.

Autant où les scénarios peuvent avoir du bon, autant ils peuvent être exaspérant avec toutes les références à l’univers de James Bond et les dialogues sont limites lourds à tout vouloir expliquer comme si nous étions les lapereaux de l’année (Nathalie, si tu me lis, je cite ton expression).

Dommage parce que tout n’est pas à jeter dans les scénarios de cette saga, mais la manière de les cuisiner a fait brûler une partie des ingrédients au fond de la marmite et a gâché le goût de la mixture.

Et puis nom de Zeus, le final à fini par me faire avaler la soupe de travers. Là, on pousse le bouchon un peu trop loin dans tous les sens.

Je me demande ce qu’ils vont nous servir dans le tome suivant où Jack The Ripper va faire son apparition. Ne me demandez pas pourquoi, mais je m’attends au pire et je serai au rendez-vous car j’ai envie de savoir comment tout cela va finir un jour.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°103 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

Gwendy et la boîte à boutons : Stephen King et Richard Chizmar

Titre : Gwendy et la boîte à boutons

Auteurs : Stephen King et Richard Chizmar
Édition : Livre de Poche (05/09/2018)
Édition Originale : Gwendy’s Button Box (2017)
Traducteur : Michel Pagel

Résumé :
Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés.

Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l’ascension du flanc de la falaise.

Lorsqu’elle arrive au sommet, un inconnu affublé d’un petit chapeau noir l’interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs.

La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n’a-t-il pas sa contrepartie ?

Critique :
La vie, c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

Et bien, avec cette boîte à boutons qui a tout de magique, on obtient chaque fois un chocolat délicieux, qui coupe la faim et qui représente un animal de manière si réaliste que ça en est magnifique.

Jamais elle ne se tarit, cette boîte ! Si on tire sur l’autre manette, on obtient des pièces d’argent très rares qui valent un max.

Mais attention à ne pas trop jouer avec les différents boutons de couleurs, tout en sachant que le rouge est le seul qu’on ne pourra utiliser qu’une seule fois.

Un bouton rouge qui détruirait tout… Il me semble avoir vu le même sur le bureau d’un certain président à la houppette blonde mal coiffée… Et cette personne ne fait pas preuve du même discernement que la jeune Gwendy.

Une fois de plus, pas de monstres sous le lit mais du fantastique avec cette boîte qui semble posséder Gwendy et apporter le bien dans sa vie : adieu les kilos en trop, les parents arrêtent de boire, ses points à l’école sont super, elle est populaire, les mecs lui courent après.

Oui mais, ne doit-on pas donner une contrepartie pour tous ces avantages ?? Sans aucun doute et elle risque d’être salée, la facture.

Une histoire courte de 160 pages mais qui se dégustent avec plaisir, comme un caramel qu’on laisserait fondre sous la langue, le faisant tourner dans sa bouche pour en récupérer toutes les saveurs.

Une histoire courte qui ne sera pas le roman de l’année, qui n’est pas exceptionnelle mais qui possède un petit truc qui fait crac-boum-hue et qui fait que l’on dévore cette grande nouvelle (ou ce court roman) d’une seule traite, sans s’arrêter, suivant les questions et interrogations de Gwendy, sa vie, ses aspirations, ses soucis.

Malgré sa construction simple, Stephen King fait intervenir des faits de société, que cela concerne les ados des années 70 ou des questions plus profondes comme sur la bombe H. On peut ne pas être d’accord avec sa vision mais au moins, ça a le mérite d’être soulevé et on peut entamer les débats.

Sans révolutionner le genre, cette novella a un petit quelque chose qu’on aime, un petit quelque chose qui nous tient en haleine, un goût de chocolat qui fond dans la bouche…

Et puis, lire une histoire du King qui commence en 1974 à Castle Rock a toujours une saveur particulière. Un retour aux sources, en quelque sorte.

Sans oublier cette question qui taraude : qu’aurais-je fait, moi, si j’avais été en possession de cette boîte qui a un pouvoir de destruction autant que de bienfait ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°99 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chroniques Littéraires (Menu Terreur – 666 – Possessions, démons + Stephen King).

Largo Callahan – Tome 1 – Six petites gouttes de sang : Michel Robert

Titre : Largo Callahan – Tome 1 – Six petites gouttes de sang

Auteur : Michel Robert
Édition : Fleuve Noir (24/01/2019)

Résumé :
Largo Callahan vit sur le fil, écartelé entre le monde des Apaches et celui des Blancs. Le métis ne connaît qu’une loi, la sienne.

Ses passions : les armes, les femmes, et la vengeance, car il a juré d’expédier en enfer les assassins de son père.

Avec sa bande de hors-la-loi, il écume l’Ouest, toujours prêt à un mauvais coup, du moment que ça rapporte.

Jusqu’au jour où une comtesse italienne, aussi belle que mystérieuse, lui propose une mission dangereuse et bien payée.

Largo, ayant cruellement besoin de dollars, accepte. Mais cette aventure va l’entraîner bien plus loin qu’il n’aurait pu l’imaginer. Sur un territoire où le danger n’a rien d’humain.

Critique :
Un western, ça faisait longtemps, tiens… (juste un mois).

Une petite chevauchée avec des Tuniques Bleues, même sans le sergent Chesterfield et le caporal Blutch, ça ne se refuse pas, surtout que Josh Kendall avait tout l’air d’un gai luron, lui qui avait culbuté la fille du colonel Belker, commandant en second du Fort Riley…

Alors que nous étions pris dans une embuscade avec les Apaches, je me suis rendue compte que j’avais joué le mauvais chameau et suivi un personnage secondaire qui n’allait plus intervenir ensuite.

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Dans le titre, c’est le nom de Largo Callahan qui s’y trouve, pas celui de Josh Kendall. Sherlock Holmes se gausserait de moi, je n’avais pas observé et pire encore, je n’avais pas vu !

Les westerns, je les aime aussi avec le bruit des armes à feu, le tout durant de grande chevauchée, de bivouac dans la nature, d’attaques de train, ou d’autre chose car je n’ai rien contre les mauvaises fréquentations des hors-la-loi et des bandits.

Là, j’ai été servie puisque maintenant je fais partie de la bande le Largo Callahan et ses membres sont devenus des copains. On a tout fait ensemble, alors, maintenant, c’est à la vie à la mort.

Reprenant tous les codes qui font les westerns, l’auteur a su pourtant marquer son territoire et ne pas reproduire ce que nous connaissons tous et toutes. Utiliser les règles tout en les cassant, tout en les changeant, c’était un pari osé et il est réussi car Largo est un métis né d’une mère Apache et d’un père Blanc Irlandais.

Vous savez comme moi que la place du métis n’est pas aisée car il n’est pas considéré comme un Apache dans la nation du N’De (les Apaches) et si les Blancs savaient qu’il est moitié Indien, ils ne le verraient plus comme un Blanc mais comme un Homme Rouge. Bref, le cul entre deux chaises, ni l’un, ni l’autre. De quoi être vénère.

Si la partie des aventures de hors-la-loi de la bande à Callahan sont trépidantes à suivre, j’ai aussi apprécié la partie où il retourne dans la ranchiera de son peuple, retrouvant sa sœur et ceux qu’il considère comme sa famille. Cette partie était riche en enseignement et j’aurais aimé qu’elle dure plus longtemps.

Lorsque je disais que l’auteur suivait les codes du western tout en s’en affranchissant, notamment avec son métis comme personnage principal, il a osé franchir le Rubicon en sautant une barrière, de celle qui ne se franchi pas sans risque… Je n’en dis pas plus.

Ça passe ou ça casse ! Ouf, on a passé l’obstacle sans faire tomber de barre.

Cela aurait dommage de foirer son coup car l’univers était riche et rythmé, bourré de suspense, d’aventure, de personnages agréables (même s’ils auraient mérité un peu plus de nuances), ainsi que de descriptions de personnages qui donnent au roman un côté cinématographique.

Heureusement, ma lecture n’a pas tourné au fiasco dans le final et j’ai même hâte de lire la suite de leurs aventures car le premier tome se termine sur un cliffhanger de malade, limite sadique, comme tout bon cliffhanger, entre nous.

Donc, si vous aimez les westerns qui sortent un peu de l’ordinaire, des personnages intéressants, aux portraits qui auraient pu être plus nuancé, de la testostérone, une histoire de vengeance mais pas que ça, des aventures trépidantes, de l’amitié, du sexe (un peu), des Indiens, une attaque de train, des vols d’armes, une pincée d’Indiana Jones et un roman qui dépote, il est fait pour vous car il rempli sa mission de divertissement.

On ne lui en demandera pas plus…

Dommage qu’il n’y ait pas eu un ton un peu décalé pour apporter une note d’humour au récit, cela aurait ajouté du piment à tout cela. Mais bon, c’est minime comme bémol, ce n’en est même pas un vrai.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°94 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Bourbon Kid – Tome 8 – Que le Diable l’emporte : Anonyme

Titre : Bourbon Kid – Tome 8 – Que le Diable l’emporte

Auteur : Anonyme
Édition : Sonatine (22/08/2019)
Édition Originale : The Greatest Trick (2019)
Traducteur : Cindy Colin-Kapen

Résumé :
Vous êtes bien-pensant ? Conformiste ? Poli, honnête et respectable ? Vous voulez le rester ? N’ouvrez jamais ce livre.

Tout le monde pensait que le tueur le plus impitoyable que la Terre ait jamais portée était mort. Et bien non. Le Bourbon Kid est bel et bien vivant.

Ce qui est une très mauvaise nouvelle. Pour tout le monde, mais surtout pour lui.

Plutôt que de profiter d’une paisible retraite plus ou moins méritée, notre homme va en effet devoir régler quelques dettes.

Avec à ses trousses toutes les bonnes et les mauvaises âmes de ce monde, le Kid a la très mauvaise idée de se réfugier dans un monastère où sommeillent de sombres secrets.

S’il a l’habitude d’affronter des vampires, des bikers, des ninjas, des policiers assermentés et autres créature de l’enfer, faire face à un moine fou et des nonnes psychotiques est une autre paire de manches.

Critique :
Une affiche pour Jack Daniels disait « It’s not scotch, it’s not bourbon. It’s Jack ».

(Pour les fâchés avec la langue de Shakespeare ou de Trumpinette : Ce n’est ni un scotch, ni un bourbon, c’est du Jack).

On pourrait dire de même avec le Bourbon Kid : Ce n’est pas du Bourbon, ce n’est pas du Scotch, c’est LE Kid ».

Quoi de plus inspiré que de commencer le !ème tome des aventures du Bourbon Kid durant la nuit d’Halloween et de le terminer durant la fête des morts ?

Petite mise en garde : si vous n’aimez pas les tueurs déjantés qui boivent du Bourbon, les vampires, le Diable, le fantastique, la scatologie, les anges, les moines tueurs, les aventures déjantées et des personnages passez votre chemin !

D’ailleurs, vous pourriez être fan de l’univers fantastique de Harry Potter et choir de votre chaise en lisant les romans du Bourbon Kid car on est dans le politiquement incorrect, dans le porte nawak (de temps en temps) et ici, rien n’est respectable, surtout quand Sanchez va couler un bronze.

Autant où Le Livre sans nom m’avait surpris d’une belle manière (waw), autant où Le cimetière du diable était bien mais sans le double effet Kiss Cool, autant où ce dernier tome manque assez bien d’épices et de cohérence, surtout à certains moments où on se dit que l’auteur a meublé en foutant n’importe quoi juste pour meubler.

Pourtant, tout n’est pas à jeter dans cette nouvelle aventure du Bourbon Kid : on en apprend un peu plus sur sa vie d’avant, les personnages habituels d’Elvis, Sanchez, La dame Mystique, Flake, Rodéo Rex et Jasmine sont mis à l’avant-plan, j’ai pris plaisir à revoir cette chère Janice Joplin et le diable, Scratch, m’a donné quelques sourires, surtout avec ses portails dans les chiottes.

Les derniers chapitres, eux, ils sont déjantés mais dans le bon sens du terme ! Ça bouge  à mort, c’est bourré de suspense, de retournements et j’ai pris mon petit coup de pied au cul en découvrant le piège et tout ce qui en a découlé. J’avais rien vu venir.

Aurais-je dû sentir le vent ? N’ayant pas lu les tomes précédents (Le pape, le kid et l’iroquois / Bourbon kid), je ne sais pas si dedans se trouvaient des indices pour ce final qui m’a coupé le souffle.

Si vous lisez ce roman, ne vous attendez pas à de la grande littérature et à des personnages d’une profondeur confondante, sauf dans leurs conneries où là, ils atteignent tous une profondeur démentielle.

Ne cherchez pas de la philosophie, ni la porte des chiottes, vous risqueriez une saloperie pulmonaire digne des gaz moutardes de la Grande Guerre. Et surtout, ne buvez pas à la flasque que vous tendra immanquablement Sanchez (le gros hispanique avec des traces de freinage dans le fond de son slip à la couleur déjà plus que douteuse).

Mais si vous ouvrez ce roman, faites-le en vidant votre cerveau car pour vous aérer l’esprit, il est excellent, même s’il brille moins que le premier tome puisque maintenant, nous savons où nous allons (si vous êtes vierge du Bourbon Kid, alors, commencez par le tome 1 !).

Vu ce que j’ai lu, je serai au rendez-vous pour le tome suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°93 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu Terreur –  666 : démons & Menu Le Sentier De La Terreur – Créatures de  la Nuit : Vampires).

 

Les Mystères de Sean Stranahan – Tome 2 – Les morts de Bear Creek : Keith McCafferty

Titre : Les Mystères de Sean Stranahan – Tome 2 – Les morts de Bear Creek

Auteur : Keith McCafferty
Édition : Gallmeister Americana (06/09/2019)
Édition Originale : The Gray Ghost Murders (2013)
Traducteur : Janique Jouin-de Laurens

Résumé :
Sean Stranahan, peintre amateur, guide de pêche et détective privé à ses heures perdues, se sent de plus en plus chez lui dans le Montana dont il connaît désormais les rivières comme sa poche.

Mais les âpres paysages des Montagnes Rocheuses livrent parfois de macabres trouvailles – comme les cadavres de ces deux hommes exhumés par un grizzly affamé.

Le shérif Martha Ettinger fait appel aux talents d’enquêteur de Sean, décidément très convoités : le même jour, il est embauché par un club de pêcheurs excentriques pour retrouver une précieuse mouche de pêche volée.

Les deux affaires vont se télescoper sur une piste escarpée menant vers quelques-unes des personnes les plus puissantes de la vallée de la Madison.

Critique :
Après la chanson « Merci patron », on pourra chanter « Merci le chien » et « Merci madame Ourse » car sans le chien pour se coucher sur la tombe et sans l’ourse pour dégager un des corps, jamais la police ne les aurait trouvé.

D’ailleurs, c’est bien simple, personne ne les cherchait, ces cadavres !

Maintenant qu’on a mis la main dessus – pour ne pas dire la patte couverte de griffes – va falloir enquêter et c’est là que les Romains s’empoignèrent car zéro piste, zéro identité et zéro idée sur le pourquoi du comment ils se sont retrouvés enterrés là, au sommet de la montagne.

Sean, de son côté, mène l’enquête pour retrouver les deux mouches volée au club de pêcheurs du coin. Non, non, elles ont de la valeur, ces deux mouches volées ! Sentimentale et vu leur prix d’achat et celui qu’on pourrait en retirer en les revendant, ce n’est pas rien.

Ce que j’aime, dans les enquêtes de Sean Stranahan, c’est qu’il y va tranquille et que l’auteur en profite pour animer d’autres personnages que lui tout en se centrant sur Sean et sa vie compliquée et le fait qu’il s’attire toujours des emmerdes, qui, vous le savez sans doute, volent toujours en escadrille !

On a beau ne rien y connaître en pêche à la mouche, on apprécie toujours accompagner Sean sur une rivière pour le regarder y tremper sa mouche (n’y voyez rien de sexuel, hein) pendant qu’il fait le vide dans son cerveau.

Sans jamais appesantir le récit, ces parties de pêche sont toujours agréables à lire et l’entièreté du roman se déguste avec un petit sourire aux coin des lèvres tant il est parsemé de fraîcheur, de mystères et de personnages hors-norme et attachants.

Dans le Montana, les gens ne se comportent pas comme ailleurs et l’auteur a su rendre cette atmosphère de camaraderie dans son récit, donnant l’impression à son lecteur de retrouver une bande de vieux copains.

— Vous savez ce qui est génial avec le Montana ? (…) C’est que des gens venus de tous les horizons s’y retrouvent. (…) Nous sommes au même niveau. Si tout le pays était comme ça, nous nous comprendrions et pourrions travailler à des solutions communes.

Il a beau ne pas en avoir l’air ainsi, mais Sean Stranahan est un bon enquêteur : tenace, calme, sans se presser, donnant l’air de ne pas en avoir l’air et en plus, il a une sacrée paire de cojones parce que ce qu’il a fait, peu en aurait eu le courage !

Dans ce deuxième tome, l’auteur continue d’étoffer ses personnages, dont Sean et poursuit ses belles descriptions du Montana et de ses rivières gorgées de truites en tout genre qui vous donnerait envie d’aller y lancer de la soie et de faire trempette à votre mouche, même si vous n’aimez pas la pêche.

Et puis, cette histoire de cadavres n’est pas du genre que l’on croise dans tous les romans policiers, ce qui ajoute du piment à l’histoire.

Une enquête qui va au rythme pépère, sans pour autant que l’on se mette à bailler d’ennui (que du contraire), des personnages attachants, presque des copains, des personnages étoffés, avec leurs petites faiblesses, leurs petites blessures (mais pas de folie), leurs petites histoires réalistes comme il pourrait nous en arriver, le tout sur le thon, heu, un ton réjouissant qui donne envie de frétiller comme une truite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°91.

Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K : Jijé & Lob

Titre : Jerry Spring – Tome 20 – Jerry contre K.K.K

Scénariste : Jacques Lob
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1986)

Résumé :
Un soir de pluie torrentielle. Jerry et Sancho sont hébergés chez une famille de paysans noirs.

La nuit, une attaque est organisée par des cavaliers vêtus de blanc, porteurs de cagoules. L’intervention armée de nos amis les surprennent et ils sont mis en fuite.

Qui sont ces hommes qui en veulent aux populations noires du comté?…

En ville, Jerry et Sancho mènent leur enquête; ce qui a le don « d’ennuyer » certains édiles locaux.

Un adjoint du shérif, pourtant, veux les aider. Il leur raconte l’histoire du Ku-Klux-Klan, les expéditions punitives contre les anciens esclaves, les maisons brûlées, les tortures et les lynchages.

Critique :
Il fallait bien qu’un jour il les affronte, ces encagoulés qui terrorisaient les Noirs : le Ku-Klux-Klan.

Il pleut à verse et nos deux amis frappent à la porte d’un petite masure et demande l’hospitalité.

Le couple qui y habite semble terrorisé et on comprendra pourquoi en plein milieu de la nuit lorsque surgiront, au galop, non pas Zorro mais le K.K.K

C’est à un sacré morceau que Jerry et Pancho vont s’attaquer car sous les cagoules, ce n’est pas la plage, mais souvent des notables…

La ville n’apprécie pas tant que ça les personnes de couleurs et qu’un candidat aux élections pour le poste de maire veuille leur donner le droit de vote, ça leur fait avaler leur whisky de travers.

Les dessins sont sombres, tout comme l’ambiance de cet album, mais pourtant, il est bon, même s’il se contentera de survoler le problème puisque avec l’aide de Jerry, tout s’arrange toujours, ce qui n’est pas le cas IRL.

Véritable enquête dans les hautes sphères, enquête qui dérange, enquête hautement dangereuse pour la santé, Jerry Spring va se transformer, une fois de plus, en enquêteur démêlant patiemment la bobine de laine afin de mettre à jour le vrai visage des encagoulés et ramener un peu de sérénité sur la ville.

Un bel album avec un scénario correct, étayé, bourré de suspense et de mystère, d’aventures, de pièges, de pluie, de croix en feu et d’Hommes Blancs tout puissants face au pauvre Homme Noir qui n’avait aucun pouvoir, sauf celui de fuir et de se taire, bien entendu.

Qui a chantonné ♫ non, non, rien n’a changé ♪ ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°86 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Mathilde Sénéchal – Tome 2 – Vaste comme la nuit : Eléna Piacentini

Titre : Mathilde Sénéchal – Tome 2 – Vaste comme la nuit

Auteur : Eléna Piacentini
Édition : Fleuve Noir (22/08/2019)

Résumé :
« Des habitants qui ont avalé leur langue. Une forêt où rôde un étrangleur de bêtes.Trois maisons isolées en lisière de forêt et l’Eaulne pour frontière… »

« La plume la plus sensible du roman policier féminin. » Michel Bussi

La capitaine Mathilde Sénéchal n’aurait jamais imaginé retourner sur les lieux de son enfance, un petit village non loin de Dieppe. Mais quand Lazaret, son ancien chef de groupe, lui fait parvenir une lettre sibylline, elle comprend qu’elle va devoir rouvrir une enquête vieille de trente ans.

Qu’elle le veuille ou non, le passé ne meurt jamais. Il a même des odeurs, ces odeurs qu’elle sait identifier comme personne et qui sont aussi son talon d’Achille. Il est temps pour elle de sonder sa mémoire défaillante et d’affronter la vérité.

Critique :
♫ Mathilde est revenue ♪ Dans le village, priez pour votre salut ♪ La belle Mathilde qu’est revenue ♪ (mes excuses aux grand Jacques).

Nom de Zeus, encore une policière torturée. Il doit y avoir un nid de personnages appartenant à la police qui sont tous bourrés de blessures intimes et secrètes… Ou alors, les auteurs ont des comptes à régler avec la maison Poulaga et se vengent en créant des policiers, inspecteurs, enquêteurs tourmentés.

Je ne vais pas me plaindre parce qu’en ce moment, je suis sortie de mes lectures en demi-teinte et repartie comme en 40.

Tiens, en parlant de 40… Ce roman y puise ses racines et on se doute qu’il a dû se passer des choses pas nettes, pas franches, plutôt glauque en cette époque-là. Surtout avec la vielle Hortense, langue de vipère, sachant où appuyer pour que cela fasse mal et on comprend qu’elle a fait les frais de cette Seconde Guerre Mondiale.

C’était ma première fois avec cette auteure et ce ne sera pas la dernière car je me suis retrouvée dans un roman policier qui prend son temps pour poser ses marques, déployer ses personnages, exposer leurs tempéraments, leurs blessures et j’y étais si bien qu’à la limite, on aurait pu se passer d’enquête policière et continuer ainsi.

L’enquête prendra son temps car nous sommes sur des cold-case et une seule disparition doit être résolue, pour le bien mental de Mathilde qui a perdu la mémoire de ce qui s’est passé ce jour maudit-là.

Ajoutons à cela des secrets de famille, de village, des gens plus taiseux que des Corses muets, une vieille dame qui semble tenir tout le monde sous sa coupe, des animaux étranglés, une enquêtrice qui a perdu une séquence importante de son disque dur dans le cerveau, une gamine paumée (qui cause comme ceux de son âge, un bon point), un montagnard amoureux et le tout donne un cocktail explosif où tout est larvé, caché, tapi sous des braises et ça va brûler les mains lorsqu’on mettra tout à jour.

La plume de l’auteur ne se prive pas pour asséner quelques petites vérités qui piquent juste où il faut, a su mettre en scène la foule, cette meute prête à suivre les meneurs qui veulent se racheter une conscience.

Elle a su aussi nous faire entrer dans ce petit village où le silence est d’or et la parole à éviter, nous plonger un peu plus dans le mystère avec des flash-back, des papotes entre une vivante et un mort, nous immerger dans tous ces secrets bien gardés avant de nous révéler le pot-au rose, dont j’avais deviné une partie mais qui m’a glacé tout de même.

Assurément, un bon roman policier, jouant plus sur les émotions de ses personnages, sur leurs psychologie, leurs fêlures, leur besoin de savoir pour enfin avancer et mettre un terme à tout ça.

Bon, je suis contente d’avoir d’autres romans de la dame dans mes étagères surchargées de bouquins…

Merci à Geneviève (Collectif Polar) de m’avoir tiré les oreilles pour que je découvre – enfin – cette auteure qui m’a fait passer quelques heures de lecture des plus agréables.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°81.