Les aventures de Mary Russell et Sherlock Holmes – Tome 1 – Sacrifier une reine : Laurie R. King

Titre : Les aventures de Mary Russell et SHerlock Holmes – Tome 1 – Sacrifier une reine

Auteur :  Laurie R. King
Édition : Michel Lafon (2003)

Résumé :
Mary Russell et Sherlock Holmes se croisent un jour de 1915 dans les collines du Sussex.

De leur rencontre – celle d’une jeune fille surdouée et solitaire et du génial détective qui a déserté Londres et sa criminalité galopante – naît le tandem le plus improbable d’Europe, et le plus redouté.

D’affaires insolites, en missions plus délicates, effectuées sur prière de la Couronne.

Le maître et l’élève se mesurent brillamment à des adversaires implacables.

Des espions, bien sûr, à la solde de la belliqueuse Allemagne, mais il apparaît vite que le Kaiser n’est pas leur ennemi le plus menaçant. Holmes et Russell sont contraints de fuir l’Angleterre dans l’espoir de démasquer celui – ou celle – qui, dans l’ombre, a résolu de les tuer.

Critique :
Attention, amis lecteurs, ce livre est une petite arnaque pour les collectionneurs qui, comme moi, traquent les pastiches holmésiens à travers les bouquineries librairies…

Pourquoi ? Parce que tout simplement, ce n’est que la ré-édition du livre intitulé « Sherlock Holmes et l’apicultrice », mais avec un nouveau titre plus chouette, plus mystérieux, plus anarchiste (sacrifier une reine…), une couverture plus colorée, plus attirante.

Bref, ne tombez pas dans le panneau comme moi et bien d’autres…

« Oh, un nouveau livre de Laurie King, chouette »… m’entends-je encore dire avec des trémolos de plaisir dans ma voix suave. Tu parles, c’est le même que celui que je possédais déjà et que j’avais déjà lu !!

Non, je n’avais pas bu des mojitos ce jour là (et je n’étais pas en manque de kawa), mais il y avait quelques années d’écart entre les deux opus et voilà pourquoi je m’y étais laisser prendre.

Au bout de quelques pages, j’avais ressenti une sensation de « déjà lu » et pour cause…

J’ai fait la critique sous son autre appellation sur Babelio, mais pour ceux qui ont la flemme d’aller voir, je la colle juste ici en dessous :

Ouh, quel bonheur en tombant sur ce livre ! Holmes a pris sa retraite, certes, mais il croise la route d’une jeune fille qu’il prendra au départ pour un jeune homme.

Elle est jeune, intrépide, orpheline, et en a marre de sa tante. La voilà partie dans les enquêtes avec un Holmes souffrant de rhumatismes.

J’aurais aimé plus… il manque quelques petites choses pour faire de ce premier roman une œuvre réussie.

Le roman comportant plusieurs enquêtes, cela lui permet de na pas stagner dans des enquêtes trop longues. Mais, a contrario, celui donne parfois au roman une sensation de brouillon, comme si l’auteur avait groupé quelques histoires et fait en sorte de leur donner une suite.

Malgré tout, j’avais bien aimé ce roman, même si, dans l’absolu, la différence d’âge était trop forte entre Holmes et Mary Russel.

Autre point négatif : la quasi absence de Watson et lorsqu’il est présent, nous avons face à nous un Watson débile profond. Hors Watson est tout sauf un crétin, il est un homme à l’intellect normal, il est docteur, tout de même, c’est juste que Holmes surpasse tout le monde.

Dans le livre, même un poisson rouge aurait l’air plus intelligent que ce pauvre docteur Watson, décidément bien malmené dans les pastiches ou les films.

Quand je pense que j’avais envie depuis des années que les pastiches de Laurie King soient traduits, afin de découvrir un Sherlock Holmes marié (j’avais acheté en V.O « The Moor » parce que mon pauvre anglais m’avait fait comprendre qu’il était marié), et bien, je vous jure que j’ai déchanté grave sa mère en string de guerre sur l’autoroute !

Ah oui, ne me demandez pas si dans le Sussex elle lui a sucé le sexe… Mais je doute que la demoiselle fume la pipe ou le cigare…

Publicités

Mort mystérieuse d’un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d’un manoir Tudor du Sussex : L.C. Tyler

Titre : Mort mystérieuse d’un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d’un manoir Tudor du Sussex

Auteur : L.C. Tyler
Édition : Sonatine (2014)

Résumé :
Findon, province du Sussex. L’écrivain Ethelred Tressider a décidé de délaisser pendant un temps le roman policier pour se consacrer à sa grande œuvre littéraire. Au grand dam de son agent, Elsie Thirkettle, que la littérature intéresse surtout pour son aspect commercial.

Pour apaiser les tensions qui règnent entre eux, ils s’affrontent au Cluedo et sortent dans le grand monde. Comme ce fameux soir où Sir Robert Muntham, un ami d’enfance d’Ethelred ayant fait fortune dans la finance, les convie à dîner avec quelques notables.

À peine ont-ils le temps de remarquer la saisissante ressemblance entre le magnifique manoir de Sir Robert et celui du Cluedo que leur hôte est retrouvé étranglé. Avec une corde. Dans la bibliothèque.

Commence alors pour Ethelred et Elsie une nouvelle partie, bien réelle cette fois, d’autant plus « jubilatoire » que la pièce était fermée de l’intérieur lors du crime, et que seul l’un des dix convives présents a pu commettre le meurtre.

Critique : 
Qui a tué le respectable banquier – si tant est que l’on peut être respectable ET banquier – avec la corde dans la bibliothèque ?

Ici, pas de mademoiselle Rose ou de Colonel Moutarde, mais des invités qui se sont absentés au moins une fois au cours de la soirée avant que l’on retrouve Sir Robert ayant avalé son extrait de naissance, dans la bibliothèque où tout était clos !

Une mort par strangulation dans une pièce hermétiquement fermée. Le mystère est épais comme un pudding indigeste dégusté un jour de terrible fog.

À qui profite le crime ? Telle est la question que vont se poser nos deux narrateurs présents sur place : Ethelred Tressider, auteur raté de polars et Elsie Thirkettle, son agent littéraire et éditrice à la verve caustique et ayant des manquements au niveau de l’éducation.

Les récits de nos deux protagonistes sont bien distincts de par des polices d’écriture différentes et de par leur ton utilisé aussi car il varie selon l’auteur du récit.

D’un autre côté, il était peut-être juste allé pisser. La soirée atteignait le moment où un certain nombre de vessies se rendaient compte qu’elles n’étaient plus toutes jeunes.

Si Ethelred est un grand benêt devant une paire de nibards sur-gonflés, Elsie nous éclaire davantage mais nous ment effrontément sur ce qu’elle a mangé (nous parler de saumon alors qu’elle s’est goinfrée de 3 paquets de frites).

De plus, elle n’a pas sa langue en poche et cela donne quelques jolies réparties drôles ou des pensées pas piquées des vers. Le vert étant pour le personnage Olive.

[Elsie] Vu la façon dont il l’avait regardée depuis notre arrivée, j’aurais eu tendance à penser que n’importe quel liquide servi dans une gamelle pour chien aurait fait l’affaire tant qu’il venait des blanches mains d’Annabelle et s’accompagnait d’une tape sur la tête et d’une grattouille derrière les oreilles.

[Elsie] Elle l’aurait inscrit à un concours canin qu’il n’aurait pas remué plus fort sa chère petite queue.

— C’est le type que j’ai vu un peu plus tôt ? m’enquis-je. Des tonnes de muscles, pas beaucoup de chemise, un cul bien ferme ?

[Elsie] J’ai dans l’idée que ses nibards ne sont pas ceux que Dieu lui a donnés.

J’ai souri, j’ai pouffé en les lisant, c’est drôle et amusant mais ça ne cassera pas trois pattes à un banquier véreux ou à Pervenche.

— S’il avait voulu alerter la police, il leur aurait écrit directement. Leurs coordonnées sont dans l’annuaire. Leurs voitures ont des lumières bleues qui clignotent. Ils sont volontairement faciles à localiser.

Une roman policier amusant, une enquête drôle mais une résolution un peu simpliste.

À lire quand on veut se ménager une plage détente car on passe un bon moment, même si ça ne restera pas inscrit dans les annales.

— Nous devrons en informer la police… quand il le faudra. Mais inutile qu’ils reprennent la main tout de suite : Sherlock Holmes et eux, pour l’instant, ça fait deux.

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « A year in England » chez Titine.

CHALLENGE - Sherlock___Running_Wallpaper_by_draft624 Corrigé

Mr. Holmes : Bill Condon [FILMS]

Mr. Holmes est un film policier britannico-américain réalisé par Bill Condon, sorti en 2015.

Résumé : En 1947, Sherlock Holmes, depuis longtemps à la retraite, vit paisiblement dans le Sussex, avec sa gouvernante et son fils, un détective amateur.

Mais la quiétude recherchée n’est que de façade… Une affaire vieille de 50 ans le hante encore et toujours.

Malheureusement seuls quelques fragments sont encore vivaces : une altercation avec un époux en colère, un lien profond mais mystérieux avec son épouse fragile.

Si son légendaire pouvoir de déduction n’est plus intact, et si Watson n’est plus là, Holmes va se lancer dans son ultime enquête, la plus compliquée de sa longue carrière…

Sherlock Holmes âgé mais avant sa retraite

1. Fiche technique :

  • Titre original : Mr. Holmes
  • Réalisation : Bill Condon
  • Scénario : Jeffrey Hatcher (en), d’après le roman Les Abeilles de monsieur Holmes (A Slight Trick of the Mind) de Mitch Cullin, d’après certains personnages créés par Arthur Conan Doyle
  • Direction artistique : Martin Childs
  • Décors : Jonathan Houlding et James Wakefield
  • Costumes : Keith Madden
  • Sociétés de production : Archer Gray, BBC Films, Icon Films et See-Saw Films
  • Sociétés de distribution :  FilmNation Entertainment
  • Pays d’origine :  Royaume-Uni États-Unis

Sherlock Holmes vieillit pour la période concernant sa retraite. Remarquez les marques brunes sur le visage.

2. Distribution :

  • Ian McKellen : Sherlock Holmes
  • Milo Parker : Roger Munro
  • Laura Linney : Mme Munro
  • Hattie Morahan : Ann Kelmot
  • Patrick Kennedy : Thomas Kelmot
  • Hiroyuki Sanada : Tamiki Umezaki
  • Roger Allam : Dr. Barrie
  • Colin Starkey : Dr. John Watson
  • Philip Davis : inspecteur Gilbert
  • Nicholas Rowe : Matinee ‘Sherlock’ (caméo)
  • Frances de la Tour : Madame Schirmer
  • Sarah Crowden : Mme Hudson
  • Frances Barber : Matinee ‘Madame Schirmer’
  • John Sessions : Mycroft Holmes

Ce que j’en ai pensé : 
Ce film, je l’attendais avec impatience et pour faire taire ce suspense, j’en avais profité pour lire le roman dont ce film est tiré.

J’avais pensé que le Holmes de Mitch Cullin (l’auteur du roman) serait d’une froideur absolue, mais non, il avait un coeur et le voir s’attacher au petit Roger, le fils de sa gouvernante, avait été un vrai plaisir de fin gourmet.

Une lecture fort émouvante sur de nombreux points, surtout que voir mon Sherlock Holmes diminué ne fut pas agréable pour moi.

Et le film, alors ?? Déjà, je salue les maquilleuses parce que l’on voit bien la différence entre le Holmes âgé mais qui vit toujours à Baker Street et le Holmes qui a pris sa retraite dans le Sussex (ma région préférée, vous l’aviez deviné !) : Ian McKellen , heu, Sherlock Holmes plus vouté, taches de vieillesse, perte de mémoire, rythme de déplacement lent, oublis en tout genre…

Je l’avais déjà dit ? Alors c’est moi qui perd la boule.

Pour le film, le producteur a écourté la partie Japonaise de l’histoire, ainsi que l’enquête dont Holmes doit se remémorer les tenants et aboutissants. Dans le roman, il était parfois difficile de se replonger dans une autre affaire, mais dans le film, ça passe tout seul.

Bon, je passerai sur le fait que si c’est une affaire vieille de 50 ans, cela nous donnerait un Holmes de 43 ans, hors dans le film, l’acteur fait plus que 43 ans et on sent bien le poids d’un septante ans (soixante-dix en traduction simultanée).

Si dans le roman Holmes mettait un peu plus de temps pour ressentir de l’amitié pour le petit Roger, dans le film, ça vient plus vite et voir le gamin le regarder avec ses yeux émerveillés donne plus de plaisir à la chose.

Le gamin, je l’adore ! Il a une bonne tête, il joue bien et on sent bien qu’il a fait de Holmes une sorte de mentor, un père de substitution, lui qui a perdu le sien à la Grande Guerre.

Malgré tout, j’avais ressenti plus de détresse et plus de peine lorsque, sur la fin du roman, Holmes se remémorait tous ceux qu’il avait perdu, là, on sentait bien son cœur qui s’ouvrait et qui souffrait, surtout aussi après la mort d’un des personnages du roman…

Là, dans le roman, mon propre cœur avait eu mal, dans le film, on le ressent moins, mais bon, ils ont changé un point de détail important aussi, et, ma foi, je ne leur en veux pas de trop, ça m’avait trop foutu les boules cette mort, dans le roman.

Beaucoup de petites anecdotes holmésiennes parsèment ce film, et elles ne sont pas hermétiques à la compréhension du spectateur lambda. Loin de là ! Notre Holmes nous expliquera qu’il n’a jamais porté le deerstalker, ni la pipe calebasse et que Watson a embelli le personnage avec des tas d’objets.

Une chose m’a fait sourire, c’est le film dans le film… Sherlock Holmes va au cinéma pour découvrir un film sur lui-même… à côté de ce qu’il est vraiment, à vrai dire, et sur une de ses enquêtes qui ne s’est pas déroulée ainsi.

Le plus drôle, c’est que c’est Nicholas Rowe qui incarne le détective à l’écran, acteur qui, jeune, avait joué le rôle d’un Sherlock tout jeune. Ma foi, il n’a pas changé, c’est toujours bien lui !

Un film très plaisant, avec beaucoup de tendresse, de maladresse dans ce détective qui a vieilli et qui ne sait toujours pas ce que sont les émotions, lui qui les a bannies de sa vie, et on peut le comprendre, émotion et raison ne font pas bon ménage et prendre des décisions ou parler sous le coup de l’émotion nous fait souvent dire des conneries ou faire des stupidités !

Un film qui fait passer quelques heures de pur bonheur.                        big_4

De plus, ce film étant britanico-américain, il fait deux challenges opposés en même temps !!

Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park,  « Challenge US » chez Noctembule et « A year in England » chez Titine.


3. Anecdotes et tournage :

C’est l’adaptation cinématographique du roman Les Abeilles de monsieur Holmes de Mitch Cullin publié en 2005. Le film devait initialement conserver le titre original du roman, A Slight Trick of the Mind, mais les producteurs lui ont préféré le titre plus accessible de Mr. Holmes2.

Nicholas Rowe incarne ici brièvement Sherlock Holmes dans un « ilm dans le film ». Il avait déjà tenu le rôle du célèbre détective dans Le Secret de la pyramide de Barry Levinson sorti en 1985. Par ailleurs, Philip Davis, qui interprète ici l’inspecteur Gilbert, était auparavant apparu dans un épisode de la série télévisée Sherlock en 2010.

Le tournage a eu lieu à Londres et dans le Sussex.

Les abeilles de Monsieur Holmes : Mitch Cullin

Titre : Les abeilles de Monsieur Holmes                                big_4

Auteur : Mitch Cullin
Édition : Naïve (2007)

Résumé :
Sussex, 1947. Sherlock Holmes vit retiré d’un monde dont les mutations et le tapage absurde lui échappent de plus en plus. Seuls le préoccupent à présent ses abeilles, l’écriture et le déclin de sa mémoire.

Mais certains êtres cherchent encore auprès de lui des réponses essentielles sur la vie, l’amour ou les limites terriblement humaines de la raison, provoquant la résurgence d’émotions que Holmes avaient si longtemps enfouies, fissurant sa maîtrise légendaire…

Dans ce portrait subtil et doux-amer d’une figure mythique, réflexion sur l’absence du père, le temps qui passe et les barrières intérieures que l’on s’impose, Mitch Cullin mène l’enquête, entrelaçant trois histoires, trois temps de la vie de Holmes, et porte sur le personnage un éclairage inédit et émouvant.

Critique : 
Sherlock Holmes coule une retraite presque paisible dans une région où tous les hommes aimeraient aller : le Suce Sex !

Oh, pardon, j’ai mal compris, c’est le Sussex… Juste une question d’orthographe en somme.

C’est dans ce  petit coin des South Downs, au sud de l’Angleterre, qu’il élève des abeilles et vit dans le calme, loin du tumulte de Londres qui fut sa vie lorsqu’il était détective consultant.

Jouissant d’un joli point de vue sur la Manche, Holmes aurait tout pour être heureux s’il n’était pas aussi vieux !

93 ans… Mémoire qui flanche, il marche difficilement, a besoin de deux cannes, se réveille sans savoir où il est, trouve des objets dans ses poches dont il ne se souvient plus les y avoir mis… L’auteur nous a tout de même évité les fuites du robinet. Ouf.

Voici un portrait tout à fait inhabituel de Holmes, lui qui termina sa carrière « officielle », c’est-à-dire canonique, en 1914, à 60 ans, pour son dernier coup d’archet. Conan Doyle l’avait déjà zigouiller une fois dans les chutes, il nous a épargné des aventures avec un Holmes perclus d’arthrite et de rhumatismes.

Dans ce roman, nous avons trois « affaires » : Holmes vieux dans sa ferme qui se remémore deux choses : une affaire qu’il a eu à résoudre lorsqu’il avait la cinquantaine et son voyage qu’il vient de faire au Japon, visitant même Hiroshima après la bombe H.

J’avais hésité devant ce livre car voir Holmes vieux et défaillant, ça risquait de me faire mal au cœur.

Pour moi, Sherlock Holmes est comme les personnages de bédés qui ne vieillissent pas, ou alors lentement. Et le voir marcher à l’aide de deux cannes, avoir des absences fut un crève-cœur. Mais j’ai aimé ce roman.

L’unique problème vient que les trois affaires sont racontées de manière alternée mais ce, durant plusieurs chapitres, et lorsque la transition se fait entre deux histoires, on met un petit peu de temps à replonger dans le fil de l’histoire puisque l’on passe d’un vieillard à un homme dans la force de l’âge.

Le ton est agréable et non dénué d’humour, sans compter tous les clins d’œil qui parsèment le roman, comme de petites attentions pour le lecteur holmésien.

Puisque John revient occuper mes pensées, je voudrais en profiter pour évoquer ici un agacement récent. Il appert que certains dramaturges et auteurs de romans dits policiers ont récemment dressé un portrait injuste de mon ancien associé. Ces individus à la réputation douteuse dont le nom n’est pas digne d’être mentionné ici cherchent à le dépeindre sous les traits d’un balourd ou d’un sot. Rien ne pourrait être plus éloigné de la réalité.

J’ai eu le plaisir de passer ma jeunesse en compagnie d’un homme capable de flairer l’aventure dans les affaires les plus banales et qui tolérait, avec l’humour, la patience et la loyauté dont il était coutumier, les excentricités d’un ami souvent désagréable.
[Holmes en parlant de Watson]

— Eh non, répondit Holmes. Malheureusement, je n’ai jamais porté la casquette avec laquelle on me représentait toujours, ni d’ailleurs fumé la pipe. Pures inventions d’illustrateur décidé à me doter d’accessoires distinctifs afin de mieux vendre les magazines où paraissaient mes aventures. Je n’ai pas eu mon mot à dire.
— Ah… fit M. Umezaki, dont la déception était évidente. Il transmit l’information à son frère, qui adopta aussitôt la même expression, mais s’inclina prestement, comme s’il en avait honte.
— Je vous en prie, ce n’est rien, intervint Holmes, qui avait l’habitude qu’on lui pose ces questions et qui, à la vérité, prenait un plaisir pervers à détruire le mythe.

En fait, l’enquête est secondaire, quasi, hormis pour une chose : l’orgue de verre.

Ici, tout n’est que souvenirs ou émotions. J’avais pensé que le Holmes de Cullin serait d’une froideur absolue, mais non, il a un cœur et le voir s’attacher au petit Roger, fils de sa gouvernante, est un vrai plaisir de fin gourmet.

Tout à coup, comme il refermait l’album, Holmes se sentit submergé par la grande lassitude qu’il avait introduite avec lui dans la fermette. Le monde a pris un mauvais virage, se surprit-il à penser. Il a changé au tréfonds de lui-même, et je ne suis pas capable de comprendre ce qui s’est passé.

Ce fut une lecture fort émouvante sur de nombreux points, surtout que voir mon Sherlock Holmes diminué ne fut pas agréable pour moi.

Aucun regret pourtant, le portrait était beau et j’ai dévoré le roman en une journée.

La mort, comme le crime, est banale, avait-il écrit quelque part. Alors que la logique, elle, est rare.

ian-mckellen-mr-holmesChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon,  Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

challe11