Les Enquêtes d’Hamish MacBeth – Tome 03 – Qui s’y frotte s’y pique : M.C Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole Confirmée et Confinée]

Titre : Les Enquêtes d’Hamish MacBeth – Tome 03 – Qui s’y frotte s’y pique

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (02/10/2020)
Édition Originale : Death of an Outsider (1988)
Traduction : Marina Boraso

Introduction Babelio :
Obligé de remplacer un policier local dans les confins inhospitaliers de Cnothan, Hamish a le mal du pays et de sa chère Priscilla… mais, il est à peine arrivé que l’homme le plus détesté du village est assassiné et jeté en pâture à un élevage de homards qui n’en font qu’une bouchée avant d’être expédiés vers les restaurants les plus chics de Londres.

Pour retrouver son village, Hamish Macbeth devra affronter l’horrible inspecteur-chef Blair et sa charmante voisine (l’un bien décidé à couvrir l’affaire, l’autre à le séduire !)… et débusquer l’assassin.

Résumé :
C’est le cœur totalement déchiré qu’Hamish se trouve provisoirement muté à Cnothan, autre bourgade écossaise, pendant les longues vacances du policier local, qui prendra le temps de l’accueillir d’ailleurs comme un chien dans un jeu de quilles, ingratitude assez déplacée puisque tout de même c’est bien un peu grâce à Hamish qu’il pouvait prendre ses vacances…

L’accueil ne sera pas meilleur de la par des autochtones, car en Ecosse comme dans nos petits villages de campagne, celui qui vient du village d’à côté est toujours perçu comme un intrus, et celui qui vient d’encore plus loin sera un « estranger » à vie condamné à la relégation.

Les seules à lui témoigner un peu de sympathie seront sa voisine d’en face, une artiste peintre canadienne, et la femme du pasteur, un pasteur qui sermon après sermon promet les flammes de l’enfer et l’apocalypse, qui elle n’en doutons pas n’est aimable que par obligation professionnelle.

Un autre personnage haut en couleur semble retenir l’attention et faire l’unanimité du village contre lui : un certain Mr Mainwaring, riche retraité anglais installé là depuis quelques années avec son épouse qui s’est accaparé un certain nombre de terres et des maisons qu’il semble laisser tomber en ruine comme autant de trophées provocateurs à l’adresse de ceux qui auraient bien aimé les acheter à sa place.

Celui-ci ne tardera pas à se faire connaître d’Hamish à peine arrivé, pour lui demander de se lancer dans une chasse aux sorcières, son épouse ayant été agressée par trois d’entre elles. Car oui, il l’affirme, il y a bien des sorcières à Cnothan !

Le personnage est grossier, brutal dans ses manières, et semble connaître beaucoup de choses pas très avouables sur les uns et les autres…

Ce qui ne pourra que multiplier les pistes sur lesquelles il faudra enquêter lorsque l’on se rendra compte que le squelette retrouvé dans la nature après avoir que ses chairs n’aient été dévorées par des homards gloutons, n’est autre que le sien.

Évidemment l’hostilité des gens du crû et surtout l’insupportable inspecteur Blair dépêché sur les lieux et qui semble suivre Hamish comme une ombre, vont lui donner du fil à retordre, mais avec sa nonchalance naturelle, ce grand gaillard doux et ne payant pas de mine, saura se montrer plus futé que tout ce vilain monde.

Mon avis : 
Vous le savez, je suis sous le charme d’Hamish et des Highlands.

En ces temps de confinement les descriptions de la nature sauvage d’Ecosse, et la façon dont ils savent exalter l’âme de de ce grand gaillard aux cheveux de feu et à l’air si serein, ne peuvent donner à la lectrice qu’une grande bouffée d’air frais.

Pourtant, il est toujours plus ou moins obsédé par sa chèèèèrèe Priscilla, mais pas au point de ne pas se montrer sensible aux charmes de sa voisine… C’est qu’il ne me connaît pas encore, c’est tout…

Une intrigue à tiroir, un peu de culture sur les coutumes et lois locales, des personnages complexes mais pas trop, des petits coups de griffes contre les mesquineries de la société britannique et la tendance universelle des habitants de villages à cancaner ou à se méfier des nouveaux qui le resteront et dont la descendance restera étrangère jusqu’à la troisième génération, une intrigue bien emmêlée… Bref, une lecture fort agréable.

Un bémol cependant… Les passages décrivant les réflexions d’Hamish tendent un pu trop souvent à s’interrompre avant d’aboutir.

La façon dont il semble rester sur son quant à soi est évidemment là pour faire durer le suspens mais cela a quelque chose d’assez artificiel.

Soit on peut suivre le cours de la pensée du personnage puisque l’auteur nous y invite… Soit on ne peut pas…

Mais ce mélange des deux m’est un peu déconcertant, surtout quand Hamish disparaît pour revenir au bout de quelques pages avec une solutions toute ficelée qu’il est allé chercher très loin sans que le lecteur n’en soit avisé.

Mine de rien… si on aime lire des polars, c’est aussi dans l’espoir de trouver le coupable avant l’enquêteur, et là MC Beaton nous prive de ce plaisir. A quoi bon réfléchir en lisant si la solution ne peut venir que d’ailleurs ???

C’est me semble-t-il le gros point faible de ce volume, et j’espère que le volume 4 fonctionnera autrement, sans quoi, mon intérêt pour cette série pourrait s’en trouvé assez entamé…

Malgré tout l’attrait qu’Hamish et l’Ecosse exercent sur moi bien entendu.

 

Hamish Macbeth – Tome 02 – Qui va à la Chasse : M.C Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole Confinée et Confirmée]

Titre : Hamish Macbeth – Tome 02 – Qui va à la Chasse

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (24/04/2019)
Édition Originale : Death of a Cad (1987)
Traduction : Marina Boraso

Intro Babelio :
Lorsque Priscilla Halburton-Smythe ramène à Lochdubh son nouveau fiancé, un dramaturge londonien, tout le monde est enchanté… sauf Hamish Macbeth, amoureux transi de la jeune femme.

Mais ses affaires de cœur devront attendre un peu : un des invités aux fiançailles de Priscilla, l’affreux goujat Peter Bartlett, est retrouvé assassiné pendant une partie de chasse à la grouse.

Chargé des premières investigations, Hamish Macbeth fait face à une brochette de suspects huppés, qui avaient tous une bonne raison d’attenter à la vie de l’ignoble capitaine Bartlett.

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth !

Comme sa grande sœur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton. Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés.

Attention, fantômes !

Résumé : 
Or, donc, lors de sa précédente enquête, Hamish Macbeth petit policier local, tenant presque plus du garde champêtre qu’autre chose, dans ce bled paumé des Highlands, avait brillamment résolu l’affaire du meurtre d’une insupportable grognasse lors d’un stage de pêche au saumon.

A cette occasion, nous découvrions que ce grand rouquin trentenaire et sympathique en pinçait pour la belle Priscilla Halbuton-Smythe, fille du Colonel et châtelain local.

Le dit Colonel très préoccupé de son statut social, apparaissait comme plein de morgue et de mépris pour notre modeste héros, fils de famille nombreuse qui vivotait grâce au système D et aux prodigalités de Dame Nature, afin d’envoyer autant d’argent que possible à ses parents qui avaient encore d’autres enfants à élever.

Or donc, cette nouvelle enquête débute par le retour au château de Priscilla, au bras d’un fiancé médiatique, auteur de pièce à succès, et passablement narcissique et insupportable.

Les parents de la fiancée devant tenir leur rang, se sentent obligés d’inviter la gentry locale et organisent une soirée qui s’annonce prometteuse… et qui nécessite d’héberger les invités au château.

Or, Priscilla commet un terrible impair : elle invite notre petit policier de proximité qui ne pourrait que détonner au milieux de cet aréopage distingué…

Le Colonel et la Colonelle posent leur veto mais la bonne devant annoncer à Hamish l’annulation de l’invitation préférant courir le guilledou, Hamish se présente à la porte dans un costume bien trop petit pour lui, prêté par un ami serveur…

Priscilla l’interceptant, au passage lui prêtera de quoi se changer en piochant dans les affaires d’un oncle absent, et Hamish pourra observer les curieux manèges de cette bande de hobereaux provinciaux infatués dont la supériorité supposé ne repose manifestement pas sur l’intelligence, les qualités humaines ou la moralité.

Deux des invités chasseurs (visiblement dans la gentry, c’est chasse obligatoire) ont fait un pari… Celui qui ramènerait le premier une paire de grouses, volatile en voie de disparition, recevrait 5000 livres de la part de l’autre.

Mais l’un des parieur soupçonne l’autre, un personnage peu sympathique et douteux de vouloir l’entourlouper… Mais c’est l’entourloupeur qui en sera pour ses frais puisqu’on le retrouvera au matin la poitrine criblée de plombs !

Hamish n’est pas dupe et ne lâche pas l’affaire malgré l’apparence accidentelle de ce décès, et l’empressement de l’inspecteur du secteur à vouloir se contenter des apparences pour ne pas froisser le Colonel qui ne peut imaginer que l’un de ses invités soit un assassin.

Mon avis :
Ne le répétez pas à Toqué… Mais je suis amoureuse d’Hamish, et je ne comprends pas du tout ce qu’il trouve à cette Priscilla qui lui sera à jamais inaccessible à en croire cette putain de conscience de classe britannique sa grand-mère !

Si Agatha c’est moi (humm… je suis tout de même encore un peu plus jeune…), Hamish c’est le mec sympa, simple, beau et proche de la nature et futé comme je les aime !

D’ailleurs… je suis certaine qu’Agatha craquerait (pour qui ne craque-t-elle pas?) si MC Beaton avait eu la bonne idée de les faire se croiser dans une aventure commune.

Hamish n’est pas un héros qui en impose… C’est un bon gars, simple, posé tranquille… qui ne se la raconte pas… Même s’il n’a pas beaucoup de pragmatisme en matière de vie amoureuse…

Mais bon… il semble que les histoires d’amour impossibles qui n’en finissent pas aient été la spécialité de MC Beaton, non ?

A part la sympathie que j’ai pour ce petit policier, j’avoue avoir beaucoup apprécié la plume de l’auteur dans ce volume.

Un style plus travaillé que dans les aventures d’Agatha, qui sait mettre en valeur les charmes bucoliques de l’Écosse, son atmosphère et son climat.

Une critique aussi subtile que cruelle du système de classe britannique et de l’imposture sur laquelle il repose, mêlé à une intrigue dynamique, voilà ce qui a su capter mon intérêt une nuit entière (enfin presque).

J’ai passé un excellent moment avec Hamish.

Un seul regret : 288 pages… c’est relativement vite lu et il semble que les traductions françaises s’en soient arrêtées au volume 4 ou 5 pour le moment… Grrrr…

NB : Les deux derniers paragraphes de l’intro Babelio semblent rajoutés de façon automatique pour présenter la série… Mais dans le volume 1 comme dans celui-ci… Aucun fantôme à l’horizon !

Carajuru : Sébastien Vidal

Titre : Carajuru

Auteur : Sébastien Vidal
Édition : Lucien Souny (03/11/2017)

Résumé :
Lors d’une patrouille nocturne, les gendarmes Walt Brewski et David Arpontet découvrent le corps d’un homme, sans vie, une balle en pleine tête. Il s’avère que la victime est un ancien militaire devenu récemment une célébrité en faisant échec d’une manière héroïque à un braquage dans une banque.

Les premières constatations portent à penser qu’il s’agit d’un suicide, mais certains détails sèment le doute. Pour découvrir la vérité, Brewski et son équipe se plongent dans le passé de l’individu.

Ils en exhumeront de sales histoires et de pénibles secrets. Alors que de nouveaux personnages troubles apparaissent, les pires tourments de Walt ressurgissent et corrodent son moral. Quand les âmes damnées s’unissent et que les victimes se révoltent, l’atmosphère devient explosive et… mortelle.

Critique :
Non, « Carajuru » n’est pas le nouveau juron de Prunelle. Non, il n’a pas remplacé son terrible « Rogntudju » par un autre. Carajuru, c’est juste le titre de ce roman policier.

Et si vous voulez savoir ce que ça veut dire, soit vous achetez le roman et vous le lisez, soit vous demandez à Google, cet ami qui ne vous veut pas que du bien.

Bal tragique à Artiges (petit bled paumé) : un mort. Une balle au milieu du front. Suicide or not suicide ?

C’est ce que vont devoir résoudre l’équipe de gendarmes de l’adjudant, non pas Ludovic Cruchot, mais Walter Brewski.

Alors pour commencer, je vais vous dire ce qui m’a plu dans ce policier : les allusions à la chose de mai 2005. Pas mai 69 ! Mai 2005… Et l’auteur nous donnera la version de tous les protagonistes : les deux gendarmes, le clodo, la femme aux gros nibards, le libraire et les deux… [No spolier]

J’ai apprécié aussi entrer dans le monde différent des gendarmes, ces militaires qui n’en sont pas vraiment. Ça me change des flics traditionnels. La brève incursion dans la Grande Muette m’a fait plaisir aussi. Même si elle est assez brève.

Walt Brewski est un gendarme qui m’a plu, il se fout de sa carrière, ne lèche pas les bottes des supérieurs, s’investit dans son job, n’est pas un crétin fini, déteste les arrivistes et les carriéristes, ça tombe bien, moi aussi !

Ce ne sera jamais mon flic préféré, mais je ne dirais pas non à boire un kawa en sa compagnie, ou à lire sa première enquête qui porte aussi un titre bizarre ressemblant à un cri d’Indien en train de charger la cavalerie de Custer.

Là où j’ai souri de toutes mes dents, c’est lorsque nos gendarmes boivent un café avec un vieux paysan et que celui-ci leur parle du piège que l’Europe a tendu aux agriculteurs. Moment de suprême plaisir car cet homme a résumé tout le bordel en peu de mots.

— Ben, que l’Europe nous a tendu un piège et qu’on est tombé dedans. On nous a expliqué qu’il fallait produire plus pour mieux gagner notre vie. Mais pour ça il fallait passer à la vitesse supérieure : plus de terres, de la grande mécanisation, le grand jeu, quoi ! Alors, on s’est endetté pour payer le matériel nécessaire pour travailler ces surfaces immenses, mais les prix n’ont pas suivi, évidemment. Alors, maintenant, les banques tiennent les paysans par les couilles. C’est une disparition programmée de longue date, pour qu’on laisse la place à une agriculture industrielle de grande échelle, qui produira de la merde.

Bon, passons à ce qui m’a dérangé, ou du moins, ce dont on aurait pu se passer, ou ce qui aurait pu être moins présent dans le récit…

Tout d’abord, les nombreux rêves sexuels de Walt… Ok, il aime le sexe, y’a pas de honte à avoir, sa gonzesse est roulée comme une bimbo, elle aime ça aussi, ils baisent partout et plusieurs fois.

Je ne suis pas fleur bleue, ni prude, mais à un moment donné, toutes ces parties de jambes en l’air ou ces pensées grivoises qui le font bander, ça commençait à faire lourd dans les 313 pages du livre.

Puis ce qui m’a dérangé, ce sont les grandes envolées lyriques à certains moments. Je n’ai rien contre, mais ça surgissait de manière inattendue, et ça ne servait pas l’histoire, mais ceci n’est que mon petit avis.

Au final, j’ai tout de même avalé ce roman en deux jours. Une première partie le 1er janvier, après la réception, et le reste le lendemain, d’une seule traite, quasi.

Ce ne sera pas le policier de l’année 2018, l’intrigue est assez classique, tout en sortant des sentiers battus parce que le final m’a troué le cul.

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°16 – Hêtres rouges – Arbre sur la couverture).

Colza mécanique : Karin Brunk Holmqvist

Titre : Colza mécanique

Auteur : Karin Brunk Holmqvist
Édition : Mirobole (20/04/2017)

Résumé :
Restés célibataires, les deux frères Henning et Albert, 68 et 73 ans, habitent une petite maison à la lisière d’un village en pleine campagne suédoise.

Leur paisible routine est brisée net lorsque la maison d’à côté est transformée en centre de désintoxication pour femmes alcooliques.

Puis quand, à la suite d’un malentendu, des médias à l’imagination fertile prennent le champ de colza voisin pour un lieu de débarquement extraterrestre.

Des jeunes femmes vulnérables d’un côté, des journalistes en délire de l’autre…

Propulsés au rang de superstars, les deux vieux garçons vont devoir garder la tête froide.

Critique :
Comment est-ce possible de passer un excellent moment de lecture dans un roman où il ne passe pas grand-chose, surtout durant les 100 premières pages où nous faisons connaissance avec les deux personnages principaux que sont les deux frères Andersson : Henning et Albert, respectivement 68 et 73 ans ??

Sans doute le côté satyre sociale, l’humour, la finesse des différents portraits brossés dans ces 251 pages.

On ressent bien le côté rural de ce petit village de Suède, avec son épicière toujours en train de râler sur tout et de colporter des ragots, elle qui est si crédule.

Du côté de nos deux papys célibataires, c’est pas l’hygiène qui prime, mais l’humour et les relations tranquilles avec le châtelain du coin, auquel ils donnent un petit coup de main dès qu’il a besoin d’eux.

Après cette installation de nos compères et de leur vie tranquille dans ce petit village, ça va bouger un peu avec l’ouverture d’un centre de désintoxication pour femmes alcooliques et l’apparition d’un crop circle dans un champ de colza, comme si un engin extra-terrestre s’y était posé ! Mulder, rapplique vite !!

Quand tout le monde court dans tous les sens et devient un peu zinzin, seuls nos deux frères conservent leur flegme, voulant juste être en paix et pouvoir pisser dehors tranquille.

J’ai aimé le côté philosophique de ces deux vieux qui vivent chichement, dans un total dénuement, presque, mais qui ne demande rien de plus que du tabac à chiquer et de la nourriture simple. Et surtout, de partir ensemble pour le grand voyage car si un frère partait avant l’autre, ce serait une catastrophe pour le survivant.

Un roman qui ne possède pas un rythme haletant, dans lequel il ne se passe rien d’exceptionnel, mais un roman qui fleure bon la campagne suédoise et le feel-good car des papets de la sorte, on aimerait en croiser plus sur sa route.

Prévoyez tout de même les lingettes désinfectantes, ici, on se cure les ongles avec la fourchette avant de la piquer dans la viande….

Une belle petite leçon de vie de la part de deux vieux qui vivent avec le minimum alors que nous, il nous fait le maximum pour survivre.

Un vrai plaisir de lecture qui fait du bien par où il passe et qui se lit tranquille, avec un ou deux mojitos dans la main.

On dit « Merci qui ?? » On dit merci aux éditions Mirobole !!

Prendre les loups pour des chiens : Hervé Le Corre

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Titre : Prendre les loups pour des chiens

Auteur : Hervé Le Corre
Édition : Payot et Rivages (11/01/2017)

Résumé :
Franck, environ 25 ans, sort de prison après un braquage commis en compagnie de son frère aîné. Il est accueilli par une famille toxique : le père, fourbe, retape des voitures volées pour des collectionneurs, la mère, hostile et pleine d’amertume, la fille Jessica, violente, névrosée, animée de pulsions sexuelles dévorantes et sa fille, la petite Rachel, mutique, solitaire et mystérieuse, qui se livre à ses jeux d’enfant.

Nous sommes dans le sud de la Gironde, dans un pays de forêts sombres et denses, avec des milliers de pins qui s’étendent à perte de vue, seulement ponctués par des palombières. Dans la moiteur, la méfiance et le silence, un drame va se jouer entre ces êtres désaxés.

loup-rencontre-chien-2Critique :
Il est dangereux de prendre des loups pour des chiens, tout comme de prendre des vessies pour des lanternes… Ou de prendre des remorqueurs pour des gondoles, comme le chantait Maurane.

Franck va en faire l’amère expérience, lui qui pensais retrouver son frangin à sa sortie de prison, le voici obligé d’attendre son retour en compagnie de la nouvelle copine de son frère et des parents de celle-ci.

Entre nous, un séjour dans une congrégation de moines bénédictins serait plus sympathique que de se retrouver à table avec ces deux vieux dont on ne sait trop ce qu’ils pensent, cachés derrière leurs regards torves et Jessica, la meuf de son frère, chaude comme une baraque à frites, que dis-je, c’est pas une chatte, mais un volcan en feu et qui aime que les hommes la prenne tel un pompier au prise avec un grand incendie.

Si le pitch de départ ressemble à une resucée (Jessica, calme-toi) réchauffée, la suite l’est moins. Je ne dirai rien de plus pour vous garder vierge de tout savoir.

Le point fort, ce sont les personnages, tout en aigreur, tout en secrets, tout en mystères, tout en noirceur, tout en magouilles…

Entre Jessica (qui a chaud partout) et son caractère bipolaire gémeaux qui passe de Jessica-qui-rit à Jessica-qui-grogne-et-frappe en moins de temps qu’il ne lui en faut pour ôter son string et les vieux dont la mère est mauvaise comme une teigne et dont le père est louche, le pauvre Franck fait figure d’agneau parmi toute cette meute.

Le départ du roman est assez lent, tout se met en place, tout le monde s’observe, tels des chiens de faïence, et s’ils étaient vraiment des chiens, on pourrait dire qu’il se renifleraient le trou du cul en attendant de voir.

C’est rempli de non-dits, de mystères, d’absences, de secrets, et on s’embourbe dedans,  la violence est larvée, latente, suintant par tous les pores, le tout étant toujours sur le fil du rasoir, tendu comme la corde d’un string, ou du jeans de notre Franck qui ne peut s’empêcher d’avoir des afflux de sang bien placé en voyant la Jessica déhancher son petit cul.

Les descriptions de l’environnement sont criantes de réalisme, on sent la moiteur, la chaleur, le soleil implacable qui darde ses rayons dans cet espèce de OK Corral où Wyatt Earp brille par son absence.

La tension est toujours à son comble, on ne sait pas ce qu’il va se passer, on découvre, on frémit, on tremble pour la petite Rachel, cette gamine qui ne balance pas 20 lignes de dialogues mais à laquelle on s’attache instantanément.

Sa mère, Jessica, on aimerait lui balancer une masse de 20 tonnes sur la gueule tant elle est exaspérante avec ses sautes d’humeur et son caractère qui ne sait jamais de quel côté il va osciller.

Et cette attente que l’auteur sait si bien décrire, sait si bien nous faire vivre, ralentissant les gestes comme si la chaleur qui règne dans cette arène plaquait tout le monde au sol.

Pourtant, malgré tout ça, j’ai mis du temps à entrer dans le roman, à m’y immerger totalement, surnageant que je faisais au-dessus de toute ce foutoir, de ce terroir qui fleurait bon les magouilles et compagnie, avec ces gens que l’on n’aimerait pas fréquenter ou croiser au coin d’un bois, même à midi.

Oui, je suis passée à côté de quelques chose, sans doute, j’ai loupé la main qui aurait dû me happer directement et ce n’est qu’après la moitié du livre que je me suis laissée vraiment aller dedans.

Un roman noir sordide, violent, traitre, composés de gens à qui il ne faut pas tourner le dos car tout compte fait, qui peut dire où sont vraiment les chiens et les loups dans tout ce petit monde de la truande ?

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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Le Chant de la Tamassee : Ron Rash

Chant de la Tamassee - Ron Rash

Titre : Le Chant de la Tamassee

Auteur : Ron Rash
Édition : Seuil (2016)

Résumé :
Ruth Kowalsky, 12 ans, se noie dans la Tamassee, rivière de Caroline du Sud, alors que ses parents pique-niquent tranquillement à quelques mètres de là.

Le courant étant trop fort à cet endroit, les plongeurs ne parviennent pas à dégager son corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute.

Le père de la victime, un banquier qui a des relations, obtient l’installation un barrage amovible pour détourner le cours de l’eau vers la rive droite, contre l’avis des gens du cru qui connaissent le danger encouru.

Une guerre s’engage alors avec les écologistes locaux, qui se targuent du Wild and Scenic Rivers Act, loi fédérale interdisant à quiconque de perturber l’état naturel d’une rivière qui a obtenu le label » sauvage ».

Très vite, le fait-divers prend une dimension nationale, le cirque médiatique se déchaîne de répugnante manière et des enjeux plus importants que la digne sépulture d’une enfant se profilent : pouvoir local, chantage politique, intérêts financiers.

Une jeune photographe de presse, Maggie, native du comté où se joue le drame, est chargée de couvrir les événements.

Consciente que l’opinion publique soutient les parents, elle penche affectivement du côté des protecteurs de la nature : comme elle, plus d’un lecteur hésitera entre les deux camps.

ShowCritique : 
Munie de mon billet d’avion, je me suis envolée avec Air Ron Rash pour un voyage dont je me doutais que j’en reviendrais conquise et charmée mais aussi éprouvée par la profondeur des textes et des personnages.

Direction le comté d’Oconee, en Caroline du Sud, là où coule une rivière, frontière naturelle entre la Caroline du Sud et la Géorgie.

Vous mettez un orteil dans l’eau en Caroline du Sud et quelques mètres plus loin, vous êtes en Géorgie ! C’est amusant et la petite Ruth Kowalsky n’en pensait pas moins lorsqu’elle voulu aller se mettre à cheval sur la frontière.

En franchissant la Tamasse, c’est le Styx qui l’attendait dans un trou bien traitre de cette rivière tumultueuse et bardaf, ce fut l’embardée, ou plutôt, la noyade pendant que papa et maman avaient le dos tourné.

La rivière, cette garce qui n’en fait qu’à sa tête, elle qui bénéficie de la protection du Wild and Scenic Rivers Act (loi fédérale interdisant à quiconque de perturber l’état naturel d’une rivière qui a obtenu le label » sauvage »), la voilà qui décide de ne pas laisser remonter le corps de la gamine et le garde bien coincé sous un rocher.

C’est là que les Romains s’empoignèrent…

Ron Rash nous emmène une fois de plus dans une petite ville peuplée d’habitants que certains qualifieraient de « culs terreux », notamment le père de la gamine noyée qui pour le moment se heurte de plein fouet à des écolos gauchistes qui refusent d’entendre parler de l’érection d’un barrage provisoire (pour quelques heures durant) sur leur rivière sauvage.

De ce qui ne pourrait être qu’un banal fait divers, l’auteur s’applique à nous décrire une région sauvage au travers de ses habitants et du regard que portent les autres sur ces gens qui ne vivent pas vraiment comme eux.

Un dilemme cruel se joue sous nos yeux : la sauvegarde d’une rivière, l’envie de ne pas créer un précédent en accordant le droit de monter un barrage amovible et celle d’accorder à des parents éplorés le droit de récupérer le corps de leur fillette pour l’enterre dignement.

Brennon semblait abasourdi. « Êtes-vous en train de me dire que vous ne voudriez pas que je construise ce barrage s’il s’agissait de votre fille ? » a-t-il demandé.

Luke a rendu les photocopies à sa voisine. Il a ôté ses lunettes et les a remises dans la poche de sa chemise. « Je n’ai pas de fille, a-t-il dit, d’une voix qui n’était plus belliqueuse mais presque tendre. Pourtant, si j’en avais une, qu’elle était morte et que je savais que rien ne lui rendrait la vie, je ne vois pas de meilleur endroit que la Tamassee où je voudrais que son corps repose. Je voudrais qu’elle soit là où elle ferait partie de quelque chose de pur, de bon, d’immuable, ce qui nous reste de plus proche du paradis. Dites-moi où, sur cette planète, il y a un endroit plus beau et plus serein. Indiquez-moi un lieu plus sacré, monsieur Brennon, parce que je n’en connais pas. »

Deux journalistes pour couvrir les débats dans cette petite ville : Maggie Glenn, native du comté et Allen Hemphill, finaliste à un prix Pulitzer, vont être, eux aussi, les acteurs de ce drame qui se joue à guichet fermés.

Sans juger l’un ou l’autre point de vue, l’auteur nous décrit les événements qui vont découler de tout ceci.

De sa plume toujours aussi enchanteresse, il déroule son récit tout en faisant bouger ses personnages sur un grand échiquier, nous confrontant à leurs soucis, leur vie, leurs emmerdes et leurs rancœurs, telle Maggie envers son père.

Nous n’avions rien ajouté. Tout ce avec quoi nous pouvions nous blesser, nous l’avions dit. Nous étions donc restés plantés là en silence, papa et moi, comme des boxeurs qui ont asséné meurs meilleurs coups et constatent que leur adversaire est toujours debout.

L’Enfer est toujours pavé de bonnes intentions et ce sera au lecteur d’établir son propre jugement, s’il le désire.

Qui est responsable de tout ce merdier ? Les parents qui ont eu deux secondes d’inattention ? Les parents parce qu’ils veulent absolument récupérer le corps de la gamine après 5 semaines d’immersion dans l’eau ?

Le concepteur du barrage qui a pris tout le monde de haut, pensant qu’ils n’étaient que des culs-terreux ? La rivière qui ne se laisse pas dompter ? Ou bien tout le monde est coupable à différentes échelles, donnant tout ce gâchis ?

À vous de le décider, mais ce ne sera pas facile… Il y a du pour et du contre des deux côtés et ma décision, sans cesse, oscilla.

Un roman fort, une fois de plus, des personnages bien décrits, en peu de mots, attachants et exaspérants parfois. Normal, ils sont humains.

Lire Ron Rash, c’est entrer de plein fouet dans une région, dans la vie des habitants, dans leur intimité et assister, impuissant, aux déroulements des choses. C’est toujours puissant.

Un récit qui m’a envouté mais avec moins d’émotions que celles ressenties durant la lecture de « Une terre d’ombre ».

Le « Challenge US » chez Noctembule et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (231 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

Rural Noir : Benoît Minville

Rural Noir - Benoït Minville

Titre : Rural Noir

Auteur : Benoît Minville
Édition : Gallimard – Série Noire (2016)

Résumé :
Adolescents, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables ; ils arpentaient leur campagne et formaient un « gang » insouciant.

Puis un été, tout bascule. Un drame, la fin de l »innocence.

Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.

Évoquant à la fois La guerre des boutons de Louis Pergaud et la tradition du « country noir » américain, oscillant entre souvenirs de jeunesse et plongée nerveuse dans la réalité contemporaine d’une « France périphérique » oubliée de tous, Rural noir est un roman à la fois violent et tendre ; évoquant l’amitié, la famille, la culpabilité.

rural-noirCritique : 
Rural Noir, ce pourrait être le nom donné à une nouvelle série qui explorerait le Roman Noir dans ce qu’il a de « rural ». Une collection rien que sur la cambrousse, la vraie…

Parce que si la banlieue c’est pas rose, la banlieue c’est morose, faut pas se leurrer non plus, la campagne n’est pas toujours aussi bucolique que les citadins pourraient le croire.

Ce Roman Noir explore deux périodes d’une bande de copains, sorte de Club des Cinq sans le chien et dans sa version un peu moins sage puisque nos ados de 14 ans picolent un peu, fument et ont, pour certains, déjà fourré leurs doigts là où il ne fallait pas… enfin, si, c’est là qu’il fallait les mettre… Bref, vous voyez ce que je veux dire.

La première période correspond bien entendu à une époque où Romain, Vlad, Julie avaient 14 ans et Chris, le plus jeune, 12 ans. Ils forment une bande, un « gang » et cet été là, un événement viendra foutre en l’air leurs vacances.

Mais avant que l’on apprenne ce qu’il s’est passé, nous aurons droit aux bêtises d’une bande d’ados, à leurs chamailleries, leurs bagarres, les petites jalousies, les premiers émois amoureux, les doigts qui vont là où…

On se retrouve dans cette bande de gamins… Surtout si l’on a grandi à la campagne et que l’on occupait ses mois de vacances à sillonner la région en pédalant ferme sur des vélos qui n’avaient rien de moderne.

L’autre période, c’est maintenant. Romain, quand il avait 19 ans, avait planté un beau matin son jeune frère, Chris, 3 mois après la mort de leurs parents et 10 ans après, il fait son grand retour dans le bled où tout à bien changé.

Beaucoup de tensions et de secrets, dans ces 245 pages qu’on ne lâche pas avant de les avoir toutes avalées.

Si les deux frères sont heureux de se retrouver, il y a de la colère dans le cadet, colère qu’il aimerait diriger vers son aîné, mais qu’il garde en lui. Il a morflé, le cadet, lorsque son aîné est parti sans un mot, sans une parole.

Quant à leur copain Vlad, le Captain du gang, il a bien changé et pas dans le bon sens.

Toute la ruralité est exprimée dans ce roman : plus aucune industries à fermer, les agriculteurs qui comment à manquer d’air, les commerces qui ont fermés, les cafés aussi et la drogue qui circule de plus en plus. Au moins une petite entreprise qui ne connait pas la crise.

Une ambiance lourde dans ce récit, oppressante, comme un soir d’été caniculaire où l’orage menace d’éclater dans le ciel. On aimerait que ça éclate, mais on sait que lorsque cela arrivera, des mots seront dit et ils feront mal à la chair, à l’âme, au coeur.

Heureusement qu’il y a les passages dans le passé pour adoucir un peu tout ça, même si on sait que l’on va au devant de révélations terribles pour que tout ait éclaté de la sorte ensuite.

Si les personnages principaux sont bien esquissés et que l’on peut se retrouver dans cette bande de gamins, leurs portraits adultes sont tout aussi réussis et les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus.

L’écriture de l’auteur est bien dosée, ni trop dure, ni trop douce, pas coupée avec de la mauvaise encre ou du marshmallow. C’est du brut noir de noir que tu avales.

Un roman noir avec une sacrée dose d’amitié, de fraternité, l’histoire d’un gars qui est parti du mauvais côté, mais que ses amis ne renient pas, même si les aléas de la vie les ont séparé.

C’est rempli de valeurs qui me sont chères, ce sont mes racines, c’est bourré de violence larvée à laquelle on lâche la bride de temps en temps. Il y a de la nostalgie, des regrets, des pardons qui ne viennent pas, des vieilles rancœurs, des vengeances…

Rural Noir, c’est à la vie, à la mort, à l’amitié, à la fraternité. C’est la cambrousse mais tu évites la bouse de vache à tes chaussures. Quoique, on marche bien dedans, mais c’est une autre merde. C’est la Blanche…

Bon sang, vous êtes encore à me lire alors qu’il faudrait plutôt allez lire ce roman !! Filez l’acheter !

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (245 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

BILAN - Coup de coeur

A.O.C. (Assassinats d’Origine Contrôlée) : Richard Le Boloc’h, Éric Le Boloc’h & Yann Marchesseau

Titre : AOC (Assassinats d’Origine Contrôlée)              big_2

Auteurs : Richard Le Boloc’h / Yann Marchesseau / Éric Le Boloc’h
Édition : Michel Lafon (2007)

Résumé :
Célèbre pour ses vestiges médiévaux et la diversité de ses terroirs, la paisible petite ville de Saint-Émilion bascule dans l’horreur à l’approche des vendanges vertes. Dans cette cité de vignoble où l’héritage ecclésiastique est des plus conséquents, l’assassinat du curé ne manque pas d’échauffer les esprits.

L’appartenance de la victime à la confrérie viticole locale constitue-t-elle le mobile du crime ? C’est ce que semble penser le capitaine du S.R.P.J. de Bordeaux Thierry Cuche, pour qui les membres de cet ordre notoire sont autant de suspects. Alibis fragiles, vieilles rancunes : tous semblent avoir quelque chose à cacher.

L’enquête s’intensifie avec l’apparition d’un corbeau et la multiplication des macchabées. Le cauchemar va commencer. Bientôt, Saint-Émilion sera plus connue pour ses meurtres que pour ses crus.

Critique :
Après avoir lu quelques thrillers/polars ethnologique, je me suis dit qu’un thriller œnologique ne pouvait pas faire de mal, déjà qu’il traînait dans ma pile à lire depuis des lustres…

Allez hop, boire… heu, lire un p’tit coup c’est agréable et je me frottais les mains à l’idée de passer un moment dans les vignes du Seigneur, dans la petite ville de Saint-Émilion.

Que vous dire si ce n’est que ce livre, tel un bon vin, m’a donné une envie folle de dormir !

Narration au présent (je déteste) rendue encore plus détestable par l’utilisation de phrases courtes, donnant cette horrible impression d’être arrêtée dans ma lecture, qualité d’écriture bof-bof, et un rythme tellement lent dans les cent premières pages que j’ai soupiré et passé des blocs entiers tellement c’était désespérant.

Pourtant, le postulat de départ avait tout pour plaire : des meurtres dans une ville renommée pour ses vignes et son vin, le premier à comparaître devant Dieu étant le curé de la paroisse, un polar « terroir » avec l’ambiance des vignes, des vignerons, du bon vin…, un corbeau et la multiplication des macchabées (non, pas celle des petits pains, je m’excuse).

Bref, un polar qui avait tout d’un grand cru mais qui ne fut (de chêne ?), l’eusses-tu cru, qu’une piquette !

Ah non, pardon, rendons à Bacchus ce qui est à Dionysos, la fin, my god, est du tonnerre de Dieu ! Là, je tire mon chapeau aux auteurs, parce que c’était pervers de chez pervers.

Dommage qu’il n’y ait eu que la fin pour récupérer le roman… Je n’en garderai pas un souvenir impérissable puisque j’ai dû sauter des pages et des pages…

Lu dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), de l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et de « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.