Nouveau mémorial Sherlock Holmes : Jacques Baudou & Paul Gayot

Titre : Nouveau mémorial Sherlock Holmes – Tome II

Auteurs : Jacques Baudou & Paul Gayot
Édition : Clancier-Guenaud (1983) / Terre de brume (2004)

Résumé :
L’édition de 2004 chez TERRE DE BRUME (coll. Terres mystérieuses n°6 – 2004) est additionné de deux nouvelles par rapport à sa version parue chez Clancier-Guenaud (coll. Facettes du roman policier et du roman noir n° 9 – 1983)

Sherlock Holmes, le roi des détectives, l’amateur boulimique de mystères, acquit du vivant de son créateur, Sir Arthur Conan Doyle, la stature d’un véritable mythe.

De son « vivant », mais surtout depuis sa dernière apparition publique officielle dans « Son dernier coup d’archet », on ne compte plus les textes d’auteurs innombrables qui l’ont mis en scène ou pastiché.

C’est dans la masse de ces écrits holmesolâtres ou holmesoplastes, que nous avons puisé la substance de celle deuxième anthologie tout entière vouée à la célébration de l’hôte du 221 B Baker Street.

Ce recueil de nouvelles et d’articles érudits (dont l’un lente de répondre à l’un des grands mystères sherlockiens ; qui était vraiment Mycroft Holmes ?) complète le premier Mémorial Sherlock Holmes paru dans la même collection en 2003.

Sommaire :
1 – Jean-Paul MOREL, Avant-propos, pages 5 à 6, Introduction
2 – Michel EHRWEIN, Celui que Jupiter veut perdre, pages 9 à 24
3 – Harry MANDERS, Le Problème du Pont du Sort, entre autres (The Problem of the Sore Bridge – Among Others)
4 – Barry PEROWNE, Raffles – L’énigme du bicorne de l’amiral (Raffles : The Enigma of the Admiral’s Hat)
5 – Stuart PALMER, L’Aventure du ver extraordinaire (The Adventure of the Remarkable Worm)
6 – Ellery QUEEN, La Disparition de Mr James Phillimore (The disappearance of Mr James Phillimore)
7 – Arthur PORGES, Un problème insoluble (Another Adventure of Stately Homes)
8 – Arkadi BOUKHOV, La Fin de Sherlock Holmes
9 – Rex STOUT, Watson était une femme (Watson Was a Woman)
10 – Lionel W. BAILEY, L’Énigme de l’énigme jamais mentionnée (The Case of the Un-mentioned Case : A Sherlock Holmes Speculation)
11 – P. G. WODEHOUSE, Le Plus grand triomphe d’Adrian Mulliner (From a Detective’s Notebook), pages 165 à 171, trad. Geneviève LEBAUT
12 – William S. DORN, Mycroft Holmes. Un mystère élucidé (Mycroft Holmes : An Enigma No More)
13 – ANONYME,
Bibliographie, pages 187 à 190

Critique :
Après avoir enfin découvert les nouvelles se trouvant dans « Mémorial Sherlock Holmes », il était élémentaire que je me fasse la « suite » et donc, le nouveau mémorial !

Les premières nouvelles tournent autour d’Untold Stories (aventures citées par Watson mais jamais écrites) dans « L’énigme du pont de Thor » dont la fameuse « […] celle d’Isadora Persano, le journaliste et duelliste bien connu, qui un matin fut trouvé fou devant une boîte d’allumettes contenant un ver mystérieux que la science ignorait ».

Elle a enflammé toutes les imaginations des holmésiens, surtout qu’elle faisait partie, avec deux autres, des échecs de Holmes dont notre brave docteur n’a pas publié !

Je dois dire que les nouvelles portant sur l’explication de ce journaliste retrouvé fou a de quoi faire triquer Fox Mulder car bien entendu, la vérité est ailleurs !

Ça passera ou ça cassera, mais elle m’a fait rire car nous sommes plus dans des nouvelles parodiques que des histoires sérieuses.

Autres Untold Stories qui firent couleur beaucoup d’encre, sont la disparition inexpliquée de Mr James Phillimore qui, rentrant chez lui pour prendre son parapluie, ne reparut plus jamais et le cutter Alicia qui, par une matinée de printemps s’enfonça dans un petit banc de brume d’où il ne ressortit point…

Satané Watson qui nous met l’eau à la bouche avec des titres mystérieux et qui ne les publia jamais !

Anybref, une fois de plus, l’auteur s’engouffrera dans une résolution qui donnerait la gaule à ce bon vieux Fox Mulder !

Mes préférées iront pour « La Fin de Sherlock Holmes » où l’auteur s’amuse avec un détective ne pouvant plus gagner sa vie si tous les criminels se dénoncent et « Watson était une femme » où l’auteur relève quelques phrases du canon, les comprend comme il veut les comprendre et, à l’aide de chiffre, nous donne l’identité réelle de John Watson.

Pour les puristes, je conseillerai la nouvelle version, celle de 2004 éditée chez Terre De Brume car elle contient deux nouvelles en plus.

Pour les autres, les non mordus de Holmes, ou ceux qui sont mordus mais qui apprécie plus les nouvelles policières au sens strict du terme et qui n’aiment pas quand la vérité est ailleurs, je leur dirait de passer leur chemin car ces 9 nouvelles ont beau être très courtes, il n’en reste pas moins qu’elles ont tout de la parodie, sans compter qu’elles transposent nos amis (ou leurs copies non conformes) dans des univers décalés qui tirent plus vers la SF que vers le policier pur et dur.

Moi, j’ai bien aimé. Mieux que le premier tome.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

L’Opossum rose : Federico Axat

Titre : L’Opossum rose

Auteur : Federico Axat
Édition : Calmann-Lévy (12/10/2016)

Résumé :
Désespéré, Ted McKay est sur le point de se tirer une balle dans le crâne lorsque le destin s’en mêle et qu’un inconnu sonne à sa porte. Et insiste. Jusqu’à lui glisser un mot sur le palier.

Un mot écrit de la propre main de Ted, et on ne peut plus explicite : Ouvre la porte. C’est ta dernière chance.

Ted ne se souvient absolument pas avoir écrit ce mot. Intrigué, il ouvre à l’inconnu, un certain Justin Lynch. Et se voit proposer un marché séduisant qui permettrait d’épargner un peu sa femme et ses filles : on lui offre de maquiller son suicide en meurtre.

Critique :
Ted McKay en a marre de la vie, le révolver est prêt, il va se tirer une balle dans la tête… Merde, on sonne ! Merde, on insiste, en plus !

Qui pourrait venir te faire chier quand tu ne veux pas être dérangé ? Le percepteur des contributions de Raymond Devos ? Les témoins de Jéhovah ?

Non, un type avec LA solution pour en finir plus proprement, mais avant, faut juste accomplir un petit truc… Heu, tu vas quand même le faire, Ted ??

Voilà un roman que je qualifierais de foutraque dans le sens où des tas de genres viennent se mélanger, harmonieusement, je précise, pour nous donner un roman inhabituel qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Afin de mieux le vendre, les gars du marketing ont sans doute exagérés un brin (ou fumé la moquette) car ils nous disaient que pour la recette, on avait pris quelques ingrédients hitchcockiens, un peu de l’audace de Jules Verne, deux ou trois astuces du Mystère de la chambre jaune, quelques personnages façon Stephen King, l’atmosphère de Shutter Island, les scripts de Christopher Nolan, The Game et quelques épisodes de Lost.

Laissez tomber les phrases inventées par les gars du marketing, c’est pas ainsi qu’ils vendront des livres et entrez dans ce roman totalement détendu, puis laissez les tensions lentement gagner votre corps et votre cerveau patauger dans la semoule en tentant de comprendre avant le mot « fin » de quoi il retourne. Vous n’y arriverez pas.

Si au départ je me suis demandée où l’auteur comptait m’emmener, si j’ai eu peur à un moment donné qu’on n’ait rembobiné la K7 au point de départ,  j’ai vite compris qu’il n’en était rien et je me suis laissée faire.

De temps en temps, l’auteur me bousculait un coup, mais j’étais bien campée dans mon divan ! Et puis, soudain, le coup fut plus violent, plus fort, plus déstabilisant… Et à chaque fois, je le sentais me frapper plus fort, jusqu’à terminer avec la batte de base-ball. K.O.

Si l’écriture ne révolutionnera rien, le scénario, lui, en revanche, à dû être une prise de tête pas possible pour l’auteur afin d’arriver à nous produire une poupée gigogne où toutes les figurines devaient s’emboiter parfaitement, le tout présenté sous forme de toile d’araignée, sans que le lecteur y perde son fil d’Ariane.

Ou son fil de Ted McKay car c’est tout de même lui le personnage principal, lui qui nous emmène dans son histoire, et lui qui, tout comme nous, se prendra quelques révélations dans la gueule. Sacré Ted… Quel truc de ouf on vient de vivre, tout les deux !

Un roman psychologique que j’ai terminé avec la tête en vrac, des pétillements dans les yeux, car j’avais été menée dans un labyrinthe démoniaque jusqu’à ma rencontre avec le Minotaure et là, j’ai applaudis des deux mains parce que nom de dieu, qu’est-ce que c’était bon de perdre ses points de repères, ses certitudes, son latin.

Un roman bluffant, un roman que je n’aurais sans doute pas lu sans les critiques élogieuses de mes petits camarades (Yvan, Ju Lit, Pierre), un roman dont les 200 dernières pages (la moitié, quoi) ont été bouffées d’un seul coup, me faisant aller au lit à minuit alors que lundi, faut aller bosser…

Pas de regrets, le scénario hyper bien ficelé qui en valait la peine !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017) – Auteur Argentin.

Version officielle : James Renner

Titre : Version officielle

Auteur : James Renner
Édition : Super 8 éditions (09/02/2017)

Résumé :
Professeur d’histoire, Jack Felter revient dans sa petite ville natale de l’Ohio. Son père, pilote à la retraite atteint de démence, est en train de perdre la mémoire.

Ce retour forcé ravive de douloureux souvenirs : celui de Samantha, la fille dont il tomba amoureux et qui a fini par épouser Tony Sanders, un psychiatre et son ancien meilleur ami. Sauf que Tony a disparu depuis maintenant 3 ans, et est présumé mort.

Le seul qui semble capable de lui apprendre quelque chose est Cole Monroe, le dernier patient de Tony – un garçon de 16 ans soigné pour paranoïa. Jack est contraint de faire cause commune avec lui pour suivre la trace de son ami. Leur quête – sidérante – va les mener de Manhattan à des structures secrètes enfouies sous les montagnes des Catskills, pour s’achever sur une île secrète du Pacifique.

L’enjeu ? Aux frontières de la folie et du temps, percer le mystère du Grand Oubli, cette gigantesque conspiration chargée de dissimuler les véritables évènements de la Seconde Guerre mondiale.

Tandis que tout ce que pensait savoir Jack s’effondre, une question demeure, essentielle : est-il préférable d’oublier notre plus grande erreur, ou de se la rappeler pour ne plus jamais la commettre ?

Critique :
Jack Felter n’a rien d’un héros, rien d’un Indiana Jones, c’est juste un prof d’histoire qui revient dans sa ville natale, en Ohio, afin d’aider sa soeur à s’occuper de leur père atteint de démence et d’Alzheimer.

Je viens d’écrire ces quelques lignes et déjà j’ai des doutes en ce qui concerne ce que je viens de pianoter sur mon clavier.

Est-ce bien la réalité ou ai-je déjà été réinitialisée ??? Le calendrier me signale que nous sommes jeudi 23 mars 2017, mais depuis que j’ai dévoré ce roman, je ne me fie plus aux calendriers.

Putain, j’espère qu’on ne va pas faire un bon en arrière dans le temps car je n’ai pas envie de refaire ma journée de travail ! Merde quoi !

Si vous lisez ce roman (et je vous le conseille), laissez une fois de plus vos certitudes à la porte et laissez-vous emporter par le récit qui risque de vous laisser choir votre mâchoire à un moment donné.

Sur le moment, j’ai pensé à voix haute « Hé oh, faut pas pousser bobonne dans les orties, là, surtout quand elle n’a pas de petite culotte », j’ai même failli déposer le roman – bête que j’aurais été – quand je me suis souvenue que j’étais dans de la fiction, de la science-fiction, ou dans une sorte d’uchronie dystopique.

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Tout était normal…

Si vous êtes amateur de grand complot mondial, ce roman est pour vous ! Si ce genre de couillonades vous faire sourire doucement, ce roman est pour vous aussi car il risque de vous divertir et de vous faire réfléchir.

Souvenez-vous de vos cours d’Histoire reçus à l’école, qui, comme vous l’avez sûrement remarqué, ont tendance à changer de version au fil des générations ou selon la personne qui s’approprie le fait historique.

D’ailleurs, lorsque je découvre toutes les faussetés historiques qu’on nous a fait gober à l’école, je me dis que l’Histoire est souvent un beau mensonge arrangé par les vainqueurs.

Ici, vu la théorie,  je dois dire que l’auteur a une sacrée paire de couilles pour reprendre des faits historiques mondiaux tels que ceux abordés dans ce roman et de les coupler avec une tragédie américaine post  année 2000.

Et vous savez le pire ? C’est que ça marche du tonnerre ! Tout se goupille l’un dans l’autre et la sauce prend sans avoir besoin d’en faire des tonnes pour vous la faire avaler.

Si j’ai ricané au départ devant ce que je pensais être un truc de fou, je n’ai plus ri ensuite et j’étais tellement absorbée par l’histoire que j’aurais bien tout lâché pour finir le roman de suite. 430 pages, tout de même, ça fait un sacré morceau.

Oui, absorbée je l’étais ! Normal, l’écriture était agréable, les personnages bien campés, diversifiés, réalistes, le mystère et le suspense montent doucement pour ne plus vous quitter ensuite et jusqu’au dernier moment vous vous accrochez à ces pages comme si votre vie en dépendait.

Ce roman qui mélange l’uchronie et la dystopie risque de vous laissera pantois devant ces théories dignes d’un conspirationniste mais qui, dans la trame du roman, restent tout à fait réalistes. Elles s’intègrent parfaitement au récit et on prend tout comme si de rien n’était.

Oui, j’ose le dire, moi qui suis une grande septique et dont les théories des conspirationnistes ou les Grands Complots Mondiaux me font toujours ricaner.

Un roman divertissant et troublant, même si dans le fond, je sais que ce n’est pas possible… Quoique… J’ai des doutes, là, subitement !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Jack The Ripper – 14. Nouvelles théories [Fin du mystère ??]

Loin des élucubrations (d’Antoine – mdr) de Patricia Cornwell qui en avait après Walter Sikert ou de Russel Edward et de son châle appartenant à une des victimes de Jack (Catherine Eddowes), cette vidéo nous propose une autre théorie basée sur des faits dont nous n’avions pas connaissance.

Ici, pas de théorie farfelue mais une qui tient la route ! Qui est plausible, bien démontrée et qui ne crie pas que LA vérité est dans cette vidéo, comme d’autres le firent.

J’ai été bluffée !

C’est un journaliste venant des pays nordiques qui dévoile ce nouveau  nom, nom que les policiers avaient dans leurs dossiers mais pas en tant que suspect, juste comme homme qui passait par là et qui découvrit, avec un autre, le premier corps.

Le début de la vidéo présente le journaliste, les faits, les multiples suspects… Le coup du châle d’une des victimes, non présent sur la liste des objets lui appartenant et dont l’analyse ADN était truffée d’erreurs, selon le reportage.

Là, je ne suis pas scientifique, je peux juste me prononcer sur les capillotractages de l’enquête de monsieur Russel.

Donc, nous avons un homme qui en fut jamais considéré comme suspect et qui était sur les lieu de Mary Ann « Polly » Nichols, qu’ils considèrent comme « deuxième victime » dans le reportage, incluant donc Martha Tabram que je n’inclus jamais, me contentant des cinq victimes canoniques (ou dites comme tel).

L’agent Neil l’avait retrouvé dans Buck’s Row, le 30 août 1888, à 3h45 du matin. Mais le lendemain, dans un des journaux, un certain Robert Paul signalait qu’il avait découvert le corps AVANT l’agent Neil et et qu’à ce moment là, un autre homme était présent…

*Musique des Dents de la Mer* afin de créer du suspense dans mon article car le lendemain, Charles Allen Cross se présente chez les cognes ! *Musique du film Indiana Jones*

Je ne vous en dis pas plus et vous laisse regarder le reportage qui est bien foutu, plausible, bien démontré avec des petites loupiotes qui se déplacent dans les rues, mieux que Google Street View !

Alors, je ne sais pas si c’est vrai, mais si ça l’est, zut alors, un mystère qui s’écroule !

Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Je suis le sang : Ludovic Lamarque & Pierre Portrait

Je suis le sang - Lamarque

Titre : Je suis le sang

Auteurs : Ludovic Lamarque & Pierre Portrait
Édition : Les Moutons Electriques (2016)

Résumé :
Londres, 1888. Au théâtre du Lyceum, la pièce Jekyll et Hyde fascine la bonne société victorienne tandis qu’une série de meurtres est commis dans l’East End.

Des prostituées sont sauvagement assassinées. Bram Stoker, écrivain et régisseur du Lyceum, voit dans ces meurtres atroces la matière pour écrire le grand roman qui lui vaudra la postérité.

En visitant les lieux du crime, il rencontre Mary Kelly, une prostituée irlandaise, et l’assassin que la presse surnomme bientôt : Jack l’Éventreur.

Petit Plus : Deux romanciers, le Bordelais Ludovic Lamarque et le Parisien Pierre Portrait, nous projettent en plein dans les sanglantes années 1880, lorsque l’affaire Jack l’Éventreur terrorisait la capitale britannique et tandis que le mythe de Dracula trouvait sa naissance…

Un thriller victorien méticuleusement documenté mais qui, comme l’aurait dit Alexandre Dumas, « viole l’histoire à condition de lui faire de beaux enfants ».

Critique :
Que se passe-t-il lorsqu’un assassin s’attaque aux prostituées de Londres en 1888 ?

Beaucoup de choses, me direz-vous… Des victimes directes, des indirectes, un éclairage de la misère, une prise de conscience, des améliorations, des têtes qui tomberont sans qu’une guillotine doive être mise en action…

Mais aussi une résurgence du racisme, de l’antisémitisme, des vieilles peurs de l’autre, de l’étranger, la peur du pauvre.

Un tueur solitaire sème la terreur au cœur du plus grand empire que le monde ait connu et tient la meilleure police du monde en échec ! Quel affront pour la couronne ! Alors, oui, mieux vaut suggérer que le tueur n’est pas de ce monde pour ne pas perdre la face.

Et puis, dans tout ça, il y a la naissance d’un mythe, celui de Dracula de l’écrivain Bram Stoker.

Ce roman se divise en deux parties : la première concerne la découvert des meurtres, en commençant par Martha Tabram jusqu’au double meurtre du 30 septembre (Elizabeth Stride et Catherine Eddowes) en attendant le dernier, celui du 9 novembre (Mary Jane Kelly).

Nous découvrons notre personnage principal qui est Bram Stoker himself, régisseur du Lyceum Théâtre, qui n’a pas encore écrit son chef-d’œuvre gothique mais qui cherche quelque chose à publier, un roman dont on se souviendrait, mais pas sur les meurtres de Whitechapel, car trop vont le faire.

« Quel romancier ne serait pas attiré par cette série de crimes hors du commun? C’est le genre d’affaires qui n’arrive qu’une fois dans la vie d’un auteur. Au lieu de conter une histoire macabre, pour la première fois, je la vis. C’est très excitant. Le journaliste que je suis la relate et l’écrivain en moi la sublime. Écrire est un acte magique, Bram, vous le savez. »

« Les historiens écriront la véritable histoire de l’Éventreur. Pour moi, ce n’est qu’une source d’inspiration, je ne recherche pas la vérité. Mon but est de divertir mes lecteurs en les effrayant. »

Dans cette partie, Bram va s’intéresser aux crimes de 1888 et rencontrer le criminel himself ! Criminel qui aimerait que Bram écrive un livre sur lui.

Non, ici, pas de quête de l’identité du tueur, les auteurs nous en ont inventé un pour les besoins de l’histoire, tout en restant fidèle aux meurtres de 1888 dans ses grandes lignes.

Cette première partie fera la part belle à la montée de l’antisémitisme dans les quartiers de l’East End, au racisme, à la peur de l’autre, la peur de l’étranger, à la misère qui règne dans les ruelles, les maisons, les abattoirs à ciel ouvert, le sang qui coulait sans cesse dans les rigoles, à l’air libre.

Oui, Londres a peur, mais on se demande bien de qui les gens aisés du West End ont peur : du tueur ou de la pauvreté qui gangrène les quartiers de l’East End ?

Si les maladies pullulaient dans l’East End, il n’y en avait qu’une qu’on redoutait dans le West End, c’était le scandale. Dès l’instant où l’on en était frappé, on cessait d’exister. Vivant en apparence mais mort aux yeux des autres. Les premières causes en étaient le désir et l’ennui. A Londres, ils étaient les deux pires ennemis d’un gentleman.

Peur de l’étranger ou de découvrir que le criminel est un bon anglais, en dépit des affirmations qu’ils balancent, disant que ce ne peut pas être un anglais, parce qu’un anglais ne ferait pas ça ?

D’ailleurs, ces crimes ont eu lieu dans la mauvaise partie, l’East End, touchant les Sœurs de l’Abîme (les putes), alors le West End reste en observation de ces quartiers où pullule la misère, la mort et les crimes.

Et puis, de toute façon, les anglais ont la meilleure police du monde, alors, pourquoi s’en faire, on va l’arrêter en vitesse, ce meurtrier ! Tu parles Charles (Warren) !

Bram, lui, il arpente les rues, tentant de trouver une solution pour arrêter l’homme au couteau, se déguisant, croisant la route de prostituées, dont la belle rousse Mary Jane Kelly.

Cette première partie est déjà riche en émotions et en atmosphères de Londres à l’époque victorienne. Et Arletty peut dire ce qu’elle veut, ici, c’est bien « Atmosphère ! Atmosphère ! » et son rendu est magnifique tant on s’y croirait.

La seconde partie est consacrée à la recherche de Bram Stoker pour son futur livre, le tout en partant du tueur de Whitechapel dont il connait l’identité mais dont la révéler ne servirait à rien, faute de preuves.

Ici, c’est le processus d’écriture qui est mis en avant. Bram a son sujet d’inspiration, Mary Kelly qui lui a raconté sa vie, mais lui n’arrête pas de penser qu’il doit placer son récit dans les beaux quartiers s’il veut que les lectrices s’identifient à son personnage féminin.

Dans cette seconde partie, j’ai découvert un homme qui aimait mieux passer du temps avec des personnages de papier qu’avec les vivants et les auteurs ont bien rendu cette « folie » qui prend l’auteur et ne lui fait plus penser qu’à sa future œuvre, au point de se négliger lui, mais aussi les autres, dont Mary Kelly, qui la trouve saumâtre.

Comme je le disais, l’atmosphère de 1888 est bien décrite, bien rendue, les personnages sont attachants, même si j’ai eu un peu de mal avec la Mary Jane Kelly de ce roman, sortant juste d’un autre où elle avait un rôle moins glamour (Le secret de Mary Jane K). Mon esprit avait encore l’autre Mary dans la tête et j’ai dû la sortir de là pour me concentrer sur celle-ci.

La plume des auteurs m’a plongée d’office dans l’époque victorienne, j’ai suivi avec plaisir Bram Stoker dans ses deux quêtes (le tueur, le roman), j’y ai croisé mon vieux copain, Oscar Wilde ainsi que le tyrannique Henry Irving, j’ai tremblé en m’attachant à Mary Kelly car je savais que le 9 novembre…

Oscar Wilde avala la dernière lampée de son verre. « Si le bruit se répand que je suis capable de profondeur et de réflexion, je ne pourrai plus jamais écrire pour les journaux ! »

Et j’ai assisté avec un sourire de plaisir à la création de cette œuvre magistrale dans la littérature gothique : celle de Dracula, un VRAI vampire à l’âme plus noire que celle de tout les autres, mais un personnage qui m’avait fascinée.

Le sang était la clé. Le sang, comme le livre, reliait les Vivants aux Morts. Tout se transmettait par le sang : force, noblesse, fortune, talent, folie. Le sang faisait le lien entre réel et imaginaire, nature et surnaturel. Le sang était le grand fleuve dans lequel baignaient tous les hommes.

Un roman victorien qui viole l’Histoire, mais qui nous fait assister à la naissance de deux monstres : l’un bien réel (Jack) et l’autre de papier (Dracula) et au lien qui les unit puisque Bram est parti de sa connaissance du tueur.

Un pari osé, un pari risqué, un pari qui aurait pu capoter, mais un pari relevé ! Pour écrire une histoire pareille, il fallait de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace. Ils en ont eu et ils ont réussi.

Un roman angoissant, un roman à l’atmosphère lourde, tendue, un roman réaliste, un Londres parfaitement maitrisé, un travail de documentation colossal pour nous en rendre la quintessence et nous créer une atmosphère où il ne manquait plus que la puanteur des quartiers de l’East End.

Il ne s’agit ni des riches ni des pauvres, mais de tous les hommes. Nous aimons la nuit et ses sortilèges. L’histoire de Jack l’Éventreur nous fascine car nous avons hérité du goût de nos ancêtres pour le sang. Nous le glorifions dans nos contes et légendes, et nous le moralisons dans nos fables. Mais il est là, il rode, jamais bien loin de nos consciences, et il suffit de pas grand-chose pour l’exalter à nouveau et qu’il reprenne possession de nous. C’est pourquoi nous faisons tourner les tables et écrivons nos histoires gothiques. Forts de notre progrès, de notre science et de notre positivisme, nous nous sentons coupables de ressentir toujours cette attirance. Avec la mort, ce goût du sang est l’unique lien que riches et pauvres partagent.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Jack l’Éventreur – Affaire classée – Portrait d’un tueur : Patricia Cornwell [LC]

9782253090311Titre : Jack l’Éventreur – Affaire classée – Portrait d’un tueur

Auteur : Patricia Cornwell                                                               big_1-5
Édition : Le Livre de Poche (2004)

Résumé :
Entre les mois d’août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées à Londres dans le quartier de Whitechapel.

La nature effroyable de ces meurtres provoqua la panique et la terreur dans l’East End, et donna naissance au surnom qui allait devenir synonyme de serial killer : Jack l’Éventreur. Pendant cent quinze ans, ces meurtres ont constitué une des plus grandes énigmes criminelles du monde.

C’est lors d’une visite à Scotland Yard, en mai 2001, que Patricia Cornwell s’est intéressée à « l’affaire » Jack l’Éventreur et à la personnalité ambiguë et inquiétante de Walter Sickert, un peintre impressionniste britannique célèbre à la fin du XIXe siècle.

Très vite, elle a eu l’intime conviction que Sickert et l’Éventreur ne faisaient qu’un. Après avoir mis en piste les plus fins enquêteurs et experts en médecine légale, l’auteur nous livre les résultats de son enquête et, comme un véritable témoin à charge, présente ses preuves.

Grâce à sa connaissance des enquêtes criminelles, à l’étendue de sa documentation et à ses talents de romancière, Patricia Cornwell reconstitue l’arrière-plan de cette sinistre affaire : l’Angleterre à l’époque victorienne.

Patricia Cornwell réussit un véritable thriller, avec une parfaite maîtrise et une conviction sans faille.

La critique de ma binôme Stelphique se trouve sous la mienne…

crimechatiment12Critique : ♫ Si j’avais un scalpel, je découperai le livre ♪ Comme Jack The Ripper, ♫ Je prélèverais des morceaux ♫ Oho Et j’en jetterais au feu ♫ Ou les mettrais dans les W.C ♫ Pour pouvoir m’essuyer, les jours où j’ai plus rien ♫ Ohoho, ce serait le bonheur ♪

Oui, hérésie que de couper dans un livre, mais j’ai une envie folle de lui briser l’échine et, aidée d’un scalpel, d’ôter tous les passages qui m’ont énervés prodigieusement : tout ce qui a trait à Walter Sickert, en fait !

Patricia Cornwell a décidé que c’était lui et que l’affaire était classée. Elle l’a même fait noter sur la couverture. J’t’en foutrai moi, des affaire classée !

Durant ma lecture, j’ai sauté les nombreux paragraphes consacré à ce peintre car c’est vraiment une bio indigeste et là, zapping.

Avant même de l’ouvrir, je savais très bien que « Jack l’Éventreur, affaire classé, portrait d’un tueur » de Patricia Cornwell sentait le souffre (et pour beaucoup d’autres aussi, notamment les Ripperologues qui l’ont crucifiée).

Autrement dit, il n’était pas question que ce roman, oscillant entre biographie, enquête orientée et témoignages fasse un jour son entrée dans ma bibliothèque.

Pourquoi ? Parce que je savais que Patricia Cornwell avait interprété les faits pour les faire coïncider avec sa théorie et qu’il était flagrant que son enquête n’avait pas été partiale du tout.

Hors, Sherlock Holmes l’a bien dit « C’est la théorie qui doit coller avec les faits ». Parce que bâtir des théories avant d’avoir les données est une erreur monumentale : insensiblement on se met à torturer les faits pour qu’ils collent avec la théorie.

Et pour Patricia Cornwell – qui retrace tout de même avec précision et minutie ces meurtres – le coupable ne peut être qu’un seul homme : Walter Sickert, ce peintre renommé qui n’a pas d’alibi pour les meurtres commis en 1888 (comme 99,99% des habitants de Londres). Pour elle, il EST Jack The Ripper. Point barre.

Sickert ? Bio exprès : peintre, aussi beau qu’amoral – au sens victorien du terme – réputé pour son cynisme, pour sa passion des déguisements, des pseudonymes, des barbes postiches, pour sa manie d’errer des nuits entières dans les quartiers mal famés ainsi que pour les ateliers secrets dans lesquels il se livrait à des activités plus ou moins louches. Le profil type, quoi !

Ses thèmes de prédilection dans ses peintures peuvent aussi prêter à suspicion : les prostituées, les cadavres, les hommes menaçants penchés sur de faibles femmes et même… Jack l’Éventreur ! Rhôôô, on se rapproche là !

Mais jusqu’à ce que Patricia Cornwell ne lui tombe sur le paletot, le Walter  n’était qu’un nom sur une looooongue liste de candidats éventuels. Et pas dans le peloton de tête, en plus…

Le duc de Clarence, casaque jaune, toque noire, galopait en tête de liste, talonné par les francs-maçons, casaque rouge, toque verte, menant un train d’enfer avec les yearling Aaron Kośmiński et John Pizer. Avec quelques petits dépassement, de-ci, de-là. Sans oublier le vieux canasson de retour : Sir William Gull, médecin de la Reine Victoria.

Alors, pourquoi ai-je lu ce roman, moi qui ne voulait pas le voir trôner sur mes étagères ?? Parce que l’on me l’a donné…  Ben oui, merde alors. Je me suis dit qu’il serait peut-être temps que je l’analyse afin d’avoir la preuve, noir sur blanc, de ses boniments et de la torsion de la vérité. Quitte à ce que je finisse avec une distorsion d’intestins. Et puisque ma binôme de Lecture Commune était prête à faire l’indigestion avec moi… GO !

Revenons à nos moutons, ou notre peintre. Comment la mère Patricia a-t-elle pensé à lui ?? Bêtement en étant invitée à Londres et en discutant avec un inspecteur de Scotland Yard qui lui a dit que Walter Sickert avait le bon profil pour être ze Jack. Patricia, jusque là, n’avait même pas connaissance des meurtres de 1888 !

Alors, épluchant la biographie de Sickert, notre Kay Scarpetta du cold case lui a trouvé des similitudes avec la psychologie d’un serial-killer. Et pas n’importe que serial-killer, je vous prie.

Elle est même certaine que les multiples lettres envoyées aux journalistes ou à Scotland yard (certaines furent prises pour des canulars) sont en fait TOUTES de la main de Sickert (oui, toutes !). Comment ? Le bougre pouvait aisément contrefaire son écriture et inclure exprès des fautes d’orthographes (jamais les mêmes, of course).

Puisqu’il était adepte des costumes, notre limière est intimement persuadé qu’il était passé maître dans l’art de se travestir et de se fondre dans la foule : idéal pour passer aperçu et commettre des homicides sans être repéré par la suite.

Sickert connaissait l’East End même s’il n’y habitait pas. Bref que de points communs avec le tueur. What’else ?

Mais Cornwell va encore plus loin en l’accusant d’autres meurtres dans Londres, en Angleterre et même jusqu’en France : des femmes égorgées ou des corps démembrés – ce qui implique un changement de méthode mais qui s’accordent avec les déplacements probables du peintre et la sauvagerie de Jack. Pour elle, le Tueur au Torse et Jack sont Sickert ! Avec Sickert, tu doubles la prime !

Pourquoi lui et pas un autre vous me direz ? Cornwell n’est pas la première à l’avoir soupçonnée… Et son livre – qui m’a fait grincer des dents – a quand même été une petite bombe dans le milieu, tellement elle est allée loin dans ses recherches. L’ayant lu, je peux vous dire qu’elle a mangé, bu, vécu, baisé en ayant Sickert dans la peau.

Ça lui a couté un pont, aussi. Quatre millions de dollars selon le Richmond City Magazine, 6 millions selon le New York Times.

Si cher ?? Oui, parce que quand Patricia enquête, les experts du CSI – Gil Grissom et Horatio Caine peuvent même aller se rhabiller.  Comme si c’était GI Joe qui débarquait, elle a embauché des bataillons de graphologues, de chimistes et d’experts en tout genre.

Sans compter que tout ce qui était à vendre sur Sickert, la romancière l’a acheté : tableaux, gravures, lettres et même le livre d’or d’un hôtel de Cornouailles sur lequel aurait gribouillé Sickert… Vous comprenez le prix… Niveau enquête, elle y est allée fort, de ce côté là, on ne pourra pas lui reprocher la légèreté.

Madame voulait son ADN et madame pense qu’elle l’a eu (mais bon, qui prouve que c’est bien le sien ?? En plus, plus de 100 ans après, non, mais, allo quoi ? Et Sickert s’est fait incinérer !). Mais quel ADN de suspect avons-nous ? Lequel utiliser ? Comment trouver le bon ?

La police avait reçu des centaines de lettres moqueuses, elle a donc fait rechercher des bribes d’ADN au dos des timbres et sur le rabat des enveloppes afin de les comparer avec d’autres échantillons appartenant à Sickert. Autrement dit, si Sickert a envoyé une lettre pour se foutre de la gueule de Scotland Yard ou des flics locaux, boum, le voilà passé à la postérité en tant que Jack The Ripper.

L’auteur a tout de même reconnu que les résultats étaient encourageants, mais pas concluants : ça a éliminé environ 99% de la population anglaise, mais les résultats sont trop incomplets pour qu’on puisse affirmer que Jack Sickert est bien Walter l’Éventreur. Pardon, le contraire !

En revanche, l’analyse des lettres est très instructive (mais hyper chiante à lire) : non seulement on retrouve le même papier, avec le même filigrane, mais on constate que l’assassin écrivait parfois avec un pinceau en guise de plume et de la peinture en guise d’encre. Un examen minutieux conduit même à identifier des taches d’eau-forte. Or, Sickert était aussi réputé pour ses gravures que pour ses toiles.

Que garderais-je de ce roman qui, malgré ce que je pouvais penser, m’a tout de même apporter quelques jouissances littéraires ? Tout ce qui concerne la ville de Londres, son histoire, ses mauvais quartiers, les mœurs des gens, les putes, les meurtres, les rapports d’autopsie… Tout ce qui fait l’essence d’un grand roman noir ! Pas étonnant que Jack London appelait l’East End « L’Abîme ».

Les chapitres qui traitent de ces aspects techniques, de la psychologie des tueurs en série et des principes de profilage intéresseront les amateurs de polar. Me suis régalée, là.

Les amateurs de gore ou de comptes rendus d’autopsie tels que moi seront rassasiés, puisque, pour rappel à ceux qui ne suivaient pas, ce bon vieux Jack avait cette délicate attention qui était celle d’égorger ses victimes, puis de leur ouvrir le bas-ventre afin de récupérer l’utérus, le haut du vagin ou un morceau de vessie. Là, j’ai pris mon pied.

Les lecteurs aux penchants moins morbides préféreront le voyage dans le Londres de 1888 auquel nous convie la mère Cornwell. M’en suis pourléchée les babines aussi, de ces passages là.

De ce côté là, rien à critiquer, les ambiances sont là, les personnages importants aussi et la ballade dans les rues sombres (en 1888 l’éclairage public laissait encore beaucoup à désirer) est ravissante.

Mon verdict final ? Y’a à boire et à manger… et des tas de choses à scalper. Cornwell  est une brillante procureur qui maîtrise son dossier parfaitement, qui le connait sur le bout des doigts et qui nous sort des raisonnements sans faille avec une éloquence implacable. Et ce, à l’écrit ou à l’oral (sur les ondes de la BBC, elle n’aurait fait qu’une bouchée de ses adversaires). Madame a réponse à tout. Elle admet les faiblesses de son dossier mais nie la déformation des faits.

Pourtant, après lecture, et à mon humble avis, l’auteure n’a fait que réunir un faisceau de présomptions et fait tout pour que l’on croit Sickert coupable. On me dira que ça fait beaucoup de coïncidences, mais bordel, ça reste des coïncidences et des conjonctures, des théories et du bla-bla.

Celui ou celle qui ne lirait que ce roman serait persuadée d’avoir eu la réponse à cette vieille affaire et le ferait savoir à tout le monde que l’identité de Jack est connue ET prouvée, fin de l’histoire.

Certes, tout ceci n’est que théorie, il n’y a pas mort d’homme innocent, mais je n’ai pas aimé cette impression que l’auteur prenait des libertés avec les faits, avec les preuves, afin que tout colle avec sa théorie de départ : Sickert.

Il y a comme une odeur de mauvaise foi dans ce récit. Or, dans une enquête, on réuni toutes les preuves, tout ce que l’on a, ce que l’on sait et on élimine l’improbable au fur et à mesure. Mais ce sont les faits qui doivent conduire à une théorie, et jamais le contraire.

On ne part pas d’un potentiel coupable afin de chercher tout ce qui pourrait l’incriminer car en faisant de la sorte, on risque d’omettre des preuves qui pourraient conduire à un autre.

Verdict du procès ? Coupable sur toute la ligne !

Ce que je devrais faire avec ce roman, c’est scalper toutes les pages qui concerne Sickert, toutes les digressions et ne garder que le meilleur, la quintessence du roman : les crimes, la vie dans Londres en 1888, bref, tout ce qui ne comporte pas le nom de Sickert…

PS : Pour ceux que ça intéresse de savoir pourquoi Walter aurait tué… bref, son ou ses mobiles, je vous le dis de suite, c’est encore une histoire de petite bite !

Oui, messieurs, une petite bite peut faire de vous un tueur en série potentiel… D’ailleurs, je pense que je vais tous vous éviter dorénavant, messieurs. Notre homme, lorsqu’il était enfant, a subi une série d’opérations d’une fistule.

Bon, jusque là, rien de grave, vous me direz. Oui, mais, ces opérations le laissèrent avec un pénis nanifié, tronqué, difforme. Puisqu’il ne pouvait pas grimper aux rideaux ou s’amuser avec la bêbête à deux dos (impuissant), il aurait donc joui avec le poignard à la main. Objet phallique, en plus.

BILAN - Minion mauve - WTF OKChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

Pourquoi je l’ai choisi :
Si j’en crois mon marque page, j’ai acheté ce livre en 2005…. Ça, c’est un livre qu’il fallait dépoussiérer……… ou pas….. Dans tous les cas, -1 dans ma PAL gigantesque !!!!! Youpi!!!!!

Synopsis :
Entre les mois d’août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées à Londres dans le quartier de Whitechapel. La nature effroyable de ces meurtres provoqua la panique et la terreur dans l’East End, et donna naissance au surnom qui allait devenir synonyme de serial Biller Jack l’Éventreur.

Pendant cent quinze ans, ces meurtres ont constitué une des plus grandes énigmes criminelles du monde. C’est lors d’une visite à Scotland Yard, en mai 2001, que Patricia Cornwell s’est intéressée à  » l’affaire  » Jack l’Éventreur et à la personnalité ambiguë et inquiétante de Walter Sickert, un peintre impressionniste britannique célèbre à la fin du XIXe siècle. Très vite, elle a eu l’intime conviction que Sickert et l’Éventreur ne faisaient qu’un.

Après avoir mis en piste les plus fins enquêteurs et experts en médecine légale, l’auteur nous livre les résultats de son enquête et, comme un véritable témoin à charge, présente ses preuves.

Grâce à sa connaissance des enquêtes criminelles, à l’étendue de sa documentation et à ses talents de romancière, Patricia Cornwell reconstitue l’arrière-plan de cette sinistre affaire l’Angleterre à l’époque victorienne. Patricia Cornwell réussit un véritable thriller, avec une parfaite maîtrise et une conviction sans faille

Ce que j’ai ressenti :

On en peut pas dire que ça ai été la lecture la plus passionnante qui soit. Pourtant Dieu sait que dès que je vois Jack L’éventreur, je ne peux m’empêcher de me jeter dessus. Après je suis moins experte que ma chère binôme Cannibal Lecteur, mais bon, assez pour voir que ce livre est un sacré ramassis de c*****  et spéculations.

On ne sait pas où l’auteure décide de nous emmener mais certainement pas à la réponse énigmatique de ce cher Jack. Toutes ses théories ne reposent sur rien de concret, même elle, nous le démontre, faut le faire quand même!!!!

Le Londres victorien est bien retransmis, on sent bien (oui même jusqu’aux odeurs !!!!) toute la misère, la saleté environnante, mais surtout le peu de moyens et de compétences dont dispose la Police , la Justice de l’époque. Un tel tueur ne POUVAIT pas se faire attraper, tout simplement parce que ce genre de carnage dépasse l’entendement, mais qu’il n’y avait pas encore la criminologie et la science à son secours.

Cornwell nous démontre que les coroners sont corrompus, la police impuissante face au taux de misère et de criminalité, les juges pas forcement bien renseignés sur les enquêtes en cours, les docteurs dépassées par les évènements et ne respectant aucune hygiène, sans compter les témoignages de soulards en tous genre.

Et là , elle espère nous faire croire qu’elle a trouvé des preuves tangibles et recevables, alors que il est bien apparent que c’est du grand n’importe quoi dans ses rues de Whitechapel, le chaos total ou rien n’est archivé ou respecté comme il se doit….

Tenir un couteau et tenir un stylo sont deux choses différentes, il faudra lui expliquer un jour à Patricia…. Ce n’est parce qu’ elle trouve des similitudes d’écritures ou de papier entre Sickert et les lettres du soi disant Jack que ça en fait un meurtrier !!!! Peut être que ces lettres sont un canular et que plusieurs personnes se sont engouffrés dans la brèche  de la pseudo célébrité. Éventrer une femme et se prendre pour un artiste écrivant à l’encre rouge, il y a un monde entre…..

Mais le mieux du mieux, c’est son obstination à vouloir faire de Sickert , son coupable. C’est fou le nombre de fois où elle extrapole, invente, relie des évènements qui n’ont rien avoir sur sa vie intime.

Attention spoiler, passez la ligne de couleur…. [spoiler] Moi j’aimerais bien lui demander si elle a remonté le temps pour nous donner toutes ses infos: si jamais elle a été voir dans le slibart de Monsieur pour savoir le pourquoi du comment de ses suppositions ??? Si elle était avec lui voir ce fameux Elephant Man ??? Et si jamais elle a lu par dessus son épaule ses lectures, pour nous affirmer qu’il a lu des ouvrages d’anatomie? [/spoiler] … Je ne connais pas ce pauvre artiste qui a dû bien assez souffrir déjà, mais là, je le vois se retourner dans sa tombe à ses accusations honteuses et non fondées.

Quel beau « ha,ha » cette lecture….Tiens d’ailleurs, à JETER aussi dans le grand néant imaginaire des limbes que j’ai ouvert il y a peu….

Ma note Plaisir de Lecture :fee clochette fachee

Jack l’Éventreur : Affaire classée ou cassée ?? [LC avec Stelphique] – Impressions de lecture (3/3)

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Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 200) : Me pompe l’air, me fais chier, mais me fait jouir aussi… Impossible ? Non, je vous le démontre !
Failli jeter le livre dès la page 3, ce qui est du jamais vu, je dois dire dans toute la vie de lectrice. Le chapitre 1, après deux pages bucoliques de description des ambiances de Londres, vire vers une biographie de Walter Sickert, LE véritable Jack pour Patricia (no spoiler, c’est dans le résumé). Putain, là, me casse déjà les bonbons, royalement ! Dans le Chapitre 2, on a droit à ses états d’âmes parce qu’elle connait le nom du tueur et elle doit le dire…

Oui, elle aurait pu me libérer de mon contrat, mais moi, je n’aurais jamais pu me libérer de cette histoire. Je connaissais l’identité d’un meurtrier et il m’était impossible de détourner le regard.

Heureusement que les chapitres suivants (les 3, 4, 7, 8) sont consacrés à la vie à Londres, aux quartiers merdiques, aux mœurs, aux meurtres, aux putes,… bref, à tout ce qui me fait triper et sauter de joie.  Les chapitres 5 et 6 sont de nouveaux bourrés de la vie de Sickert, de son petit zizi atrophié et je me fais chier durant ces chapitres !!

Impressions de Stelphique (page 0 à 200) : Désistement.
Je suis désolée….. On m’avait mis au défi de défendre la victime face à une juge pas forcément partiale. Je ne vais pas pouvoir tenir ce rôle. J’ai trop de respect envers la Justice, et pour moi, la valeur Présomption d’Innocence est très importante.

Patricia Cornwell nous livre une théorie (qui pourrait se tenir….), mais commence par nous donner Son coupable…. Et brode, extrapole, invente sur cette personne. C’est perturbant. On nous parle d’ADN, de preuves solides, et dans ses 200 pages, on a une pathétique réinterprétation d’un Sérial Killer quelquonque (avec de préférence une petite partie intime). On ne sait pas si on est dans la réalité d’une enquête, ou dans une démarche romancée, enfin en tous cas, j’ai du mal à adhérer à ce choix d’écriture, et pour tout vous dire je voulais abandonner cette lecture…..

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 201 à 400) : Vie et mœurs dissolues de la population de Londres et de l’East End.
Rhôôô, je prends mon pied avec la description de Londres, de sa police, de l’enquête, des meurtres, des pendaisons d’avant… mais les passages sur Sickert me cassent les roudoudous (toujours) et on sent bien que tout est orienté pour faire de lui le coupable parfait. Sophie Herrefort avait mené une enquête, elle aussi, et après moult élimination, était arrivée à un tout autre nom. Bref, enquête orienté, les faits doivent coller et on les aidera un peu. Et madame ne manque pas d’air en vous balançant ça :

Il est triste de constater que des hommes dont les vies et les carrières ont été influencées par l’affaire de l’Éventreur puissent débiter des théories presque aussi farfelues que celles proposées par des personnes qui n’étaient même pas nées à l’époque de ces crimes.

Impressions de Stelphique (pages 200 à 400) : Énervante la Patricia…..
On ne peut pas dire que ses 200 pages supplémentaires s’améliorent….. Bon si je dois quand même dire un truc gentil, c’est que le Londres de 1880 est bien retransmit…. Donc il parait improbable avec les éléments qu’elle nous donne, qu’à elle, toute seule elle est résolu l’affaire du siècle. Elle se torpille plutôt toutes ses argumentations….(Je vous en reparlerai avec beaucoup de balises dans la chronique peut être….). Je continue donc sur ma lancée, mais bon sachant qu’on avait déjà envie avec Cannibal Lecteur de jeter le livre en travers de la pièce dès le premier chapitre je ne crois pas que sa conclusion soit très pertinente…..

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 401 à 700) : Engluée dans le livre comme une mouche agonisante sur du papier tue-mouche.
Mes aïeux… Que ce fut long et dur et pour une fois, je n’ai pas aimé ça. La seule chose qui m’a fait continuer la lecture c’est que je suis une petite fille persévérante et que je voulais boire le calice jusqu’à la lie. Les digressions de madame Cornwell sont soulantes au possible, à vomir tellement elle nous gave avec Walter Sickert et les 36.000 coïncidences ou théories du « il aurait pu » sans jamais nous parler du « il aurait pas pu ». La seule bonne chose a retirer du livre sont les descriptions des meurtres, les parties sur la médecine légale, sur la vie de Londres à cette époque, bref, tout paragraphe qui ne porte pas la mention « Sickert ».

Impressions 400 à fin : Ouf  c’est fini !!!!
Voilà finie la torture de part et d’autre, d’ailleurs….. En conclusion, je ne suis pas plus avancée sur le mystère Jack L’éventreur, il y a trop de zones d’ombres encore, et ne pourront JAMAIS être éclairées. Il ne peut que nous échapper encore une fois, et ce livre aurait été une bonne tranche de rigolade si jamais il l’avait eu entre les mains….. »HA, Ha, impossible d’attraper Jack… tous des imbéciles » pourrait-il dire encore une fois…..

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Arieste, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois anglais 2015 flag

Jack l’Éventreur, affaire classée : Patricia Cornwell [LC]

— Accusée Patricia Cornwell, levez-vous !
— De quoi m’accuse-t-on ??
— Votre avocate de la défense serait-elle muette, madame Cornwell ?? Maître Stelphique ?
— Elle ne veut pas d’avocate, elle préfère ce défendre seule, madame la juge.
— « Un avocat qui se représente lui-même a un fou pour client » dit le dicton. Tant pis, maître, nous travaillerons toutes les deux sur ce dossier.
— Mais de quoi m’accuse-t-on ?? trépigna Cornwell.
— D’avoir cherché à prouver à tout prix que votre théorie sur l’Éventreur était la bonne… D’avoir fait en sorte que les faits collent avec votre théorie, alors que LE grand Sherlock Holmes a toujours dit que c’étaient les théories qui devaient coller aux faits !
— Ben quoi, je savais, moi, que c’était l’autre gribouilleur qui était le coupable ! Je l’ai prouvé via son ADN, na !
— Putain, ça t’a coûté deux ans de ta vie et 6 millions de $, ta foutue enquête de mes deux !
— Hé, c’est pas donné des tests ADN, m’dame la juge !
— Mais quel ADN, Patricia ?? Pas celui des lettres sois-disant envoyées par le tueur, tout le monde a foutu ses grosses mains pleine de doigts dessus !!
— J’avais l’ADN sur ses toiles…
— Mais il aurait pu tripoter les lettres reçues par le Yard sans pour autant être coupable, et même, en écrire une juste pour se marrer un bon coup…
— Ma théorie a fait avancer les choses, on sait QUI a tué les prostituées dans l’East End.
— Sorry, mais si tu avances des théories sans recul, tu nous encules… On sait qui les a tuées, ces femmes de petites vertus : un couteau !
— Z’êtes pas gentille, juge Belette, vous n’avez même pas lu mon livre…
— En effet, un bon point pour la Défense, l’Accusation va le lire et ainsi, elle pourra le brûler au pilori si elle le décide.
— Vous n’êtes pas impartiale, juge Belette… Mon best-seller a été crucifié par les ripperologues et vous allez ajouter votre clou. Dans votre tête, je suis déjà coupable de lèse-Jack.
— Oui, je ne suis pas partiale dès le départ, votre roman sent le souffre, je le sais, mais alors que j’avais dit que jamais je ne le lirais, j’ai décidé de le faire tout de même pour pouvoir le clouer en toute honnêteté au pilori. De toute façon, je vous reproche aussi d’avoir fait noter des « Affaire classée » et « Édition définitive » sur votre portrait d’un tueur. Vous ne laissez aucune place au doute… Vous non plus n’avez pas été très impartiale, madame Cornwell et cette LC avec ma binômette Stelphique nous dire toute la vérité, et rien que la vérité sur ce brûlot ! T’en foutrais, moi, des affaires classées !!

LC dans le cadre du Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.