Te tenir la main pendant que tout brûle ‭:‬ Johanna Gustawsson [LC avec Bianca]

Titre : Te tenir la main pendant que tout brûle

Auteur : Johanna Gustawsson
Édition : Calmann-Lévy Noir (06/10/2021)

Résumé :
Lac-Clarence, Québec, 2002. Maxine Grant, inspectrice et mère célibataire dépassée, est appelée sur une scène de crime affreuse. L’ancienne institutrice du village, appréciée de tous, a massacré son mari, le lardant de coups de couteau.

Paris, 1899. Lucienne Lelanger refuse d’admettre la mort de ses filles dans un incendie. Elle intègre une société secrète dans l’espoir que le spiritisme et la magie noire l’aideront à les retrouver.

Lac-Clarence, 1949. La jeune Lina vit une adolescence mouvementée. Pour la canaliser après l’école, sa mère lui impose de la rejoindre à la Mad House, la maison de repos où elle travaille. Lina y rencontre une étrange patiente, qui lui procure des conseils pour le moins dangereux…

Un thriller psychologique sombre et passionnant autour du destin de trois femmes, trois mères éprouvées ou dépassées par la maternité.

Critique :
Blanche-Neige et les 7 Nains, je connaissais, maintenant, je connaîtrai aussi « L’institutrice et les 7 mains ».

Non, ce n’est pas le titre d’un film porno, les 7 mains étant détachées de leurs propriétaires.

Non, ce n’était pas non plus des membres de la famille de La Chose (Addams Family, pour les incultes) que nous aurions retrouvé au Québec… Ma foi, on a les objets de décoration que l’on veut, chez soi, mais il vaut mieux les garder caché lorsqu’on reçoit des invités.

Notre brave institutrice retraitée vient de poignarder 31 fois son époux. Le gars avait du marcher sur le sol encore mouillé, entraînant le courroux de sa blonde. Ou bien il avait oublié une chaussette rouge dans le linge blanc de madame… Bref, sa faute devait être grave pour mériter un tel châtiment.

Ce thriller psychologique est composé de trois récits se déroulant à des époques différentes. L’enquête de police contemporaine (en 2002), un récit se déroulant à Paris en 1899 et un autre avec une jeune gamine, victime de brimades, en 1949.

Quel est le lien entre eux trois hormis qu’elles ont souffert ? Il faudra attendre les trois quarts du roman pour le savoir et comprendre ce qu’ils venaient faire au milieu d’un meurtre violent commis par une paisible retraitée (on ne s’en méfie jamais assez, des p’tites vieilles).

L’autrice a fait en sorte que vous ne compreniez pas trop vite ce qui lie ces trois femmes, les pistes sont brouillées, les cartes bien mélangées et c’est comme avancer dans la purée de pois. On ne sait pas où l’on va, mais l’on a hâte de comprendre où on nous emmène.

L’enquête va avoir des ramifications inattendues, allant au-delà de ce que j’aurais pu penser au départ. Heureusement que les policiers connaissent toujours quelqu’un dans leur entourage qui peut leur expliquer ce qui est hermétique pour eux (et pour les lecteurs aussi).

Cette lecture est addictive, profitant des températures caniculaires de la soirée, j’ai lu jusque bien tard et la chaleur me poussant à me lever tôt, j’ai continué ma lecture, dévorant totalement ce polar, même si, de prime abord, il semblait être un thriller normal, avec des mystères, du suspense et quelques ajouts inhabituels (putain, ces retraités !!).

Non, jusqu’à un certain point, je me trouvais en train de lire un thriller bien fichu, mais sans rien de transcendantal. Les personnages des policiers étaient sympas, amusants, possédaient de l’humour, sans que pour autant je me sois attachée à eux.

Et puis, tel un plat habituel que vous appréciez mais que vous connaissez par coeur, vous vous faites surprendre par la cuisinière autrice qui y a ajouté du piment, vous faisant bondir sur votre sofa, vous redressant devant le truc inattendu que votre palais vient de détecter et qui réveille vos papilles polardesques.

Oh putain de putain ! Ça a dépassé tout ce à quoi je m’étais attendue, je me suis prise un coup de pied au cul et l’autrice a remis ça ensuite, me donnant envie de hurler « Non, non, non… ». Ben si… Violent, horrible. Magnifique aussi, mais dans l’horreur. J’en suis restée muette, la bouche grande ouverte.

Si je ne me suis pas attachée aux portraits des personnages, l’autrice a su néanmoins nous mettre face à des femmes troublantes, blessées, seules, victimes du patriarcat, des préjugés, de la maternité, de la société…

J’ai été bluffée et ma copinaute Bianca aussi. Si notre précédente LC avait été un flop, celle-ci est un top et lorsque je lisais les lignes les plus violentes dans ce qu’elles impliquaient, je me disais que ma copinaute allait souffrir autant que moi en les lisant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°007].

Labyrinthes : Franck Thilliez

Titre : Labyrinthes

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Noir (05/05/2022)

Résumé :
Un scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d’une étrange amnésie.

Camille Nijinski, en charge de l’enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s’entretient a bien plus à lui apprendre. Car avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire.

Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière.

« Tout d’abord, mademoiselle Nijinski, vous devez savoir qu’il y a cinq protagonistes. Toutes des femmes. Écrivez, c’est important : « la kidnappée », « la journaliste », « la romancière », « la psychiatre »… Et concentrez-vous, parce que cette histoire est un vrai labyrinthe où tout s’entremêle. La cinquième personne sera d’ailleurs le fil dans ce dédale et, j’en suis sûr, apportera les réponses à toutes vos questions. »

Critique :
Comment se faire entuber royalement lorsqu’il n’y a pas d’élections, un contrat d’assurance à signer, un banquier à voir ?

Il faut lire un romans de Franck Thilliez, surtout ceux consacrés au Manuscrit inachevé. Entubage garantit.

Les deux premiers m’avaient retournés le cerveau, j’étais prête à me faire avoir pour le troisième, à me tordre les méninges, à téléphoner au M.I.6 pour qu’ils me résolvent les énigmes cachées par l’auteur (même eux n’y arrivent pas toujours).

On commençait déjà avec une putain d’énigme : un assassiné et puis, le psy commence à raconter une histoire démentielle à la fliquette de service et surtout à nous.

Et là, durant toute ma lecture, je me suis demandé quel putain de rapport il pouvait y avoir entre la jeune kidnappée (Julie, bien connue de ceux qui ont lu les romans précédents), une journaliste, une romancière du dimanche et une psy qui ne supporte plus les ondes et qui s’est réfugiée dans le plus profond trou du cul de la France (non, ce n’est pas celui que vous penser, celui de Jupiter).

Alternant les chapitres avec ses différents personnages féminins, l’auteur arrive à nous balancer 4 récits différents sans que l’on capte que pouic dans leur rapport entre elles. Vous le saurez après, bien entendu, mais en attendant, je me suis fait fumer le cerveau et ça n’a rien donné.

Autant où ses deux précédents romans consacrés au Manuscrit Inachevé m’avaient emporté, celui-ci a eu plus de mal. La faute sans doute au fait que je n’avais pas envie de recroiser la route de Caleb, ni celle de la pauvre Julie, kidnappée et dont on retrouvait la trace dans le tome 2, mais pas comme je l’aurais voulu… Il y avait aussi beaucoup de violence (trop ?), de trucs gore, de choses malsaines. Cette fois-ci, elles ont moins bien passées que d’habitude.

Attention, je n’ai pas dit que son nouveau roman était mal foutu, mal écrit ou inintéressant ! Je l’ai lu en même pas 24h, ce qui est tout de même un signe qu’il m’a collé aux mains. Mais durant une partie, j’ai souffert avec Julie et je n’avais pas envie d’avoir mal avec cette pauvre gamine, ni avec les autres personnages. Là, je me suis dit que je n’avais peut-être pas pris le bon roman au bon moment.

Et puis… Bardaf, la première torgnole ! Oh punaise, elle a fait mal, celle-là ! J’ai failli porter plainte pour coups et blessures à une pauvre lectrice qui ne s’y attendait pas du tout. Comme si ça ne suffisait pas, l’auteur m’a encore foutu des claques, en punition de ma mémoire défaillante, pour ne pas avoir reconnu le nom d’une protagoniste. Honte à moi, en effet.

En conclusion, le dernier roman de Thilliez est un véritable labyrinthe où il est bon de se perdre, de suivre son fil rouge à lui, de se laisser enfumer, entuber, de se prendre des claques, des coups de pieds au cul, tout en faisant abstraction de certains passages très/trop violents, de scènes difficiles, gore…

Cela en vaut pourtant la peine, car la récompense suprême se trouve dans le final du livre où, après s’être pris dans la gueule, moult claques, on se retrouve apaisée.

Les méninges se sont tordues, mais beaucoup moins que dans le premier, où l’ami Yvan et d’autres m’avaient expliqué certaines choses, avant que je ne les explique à d’autres ensuite.

L’avantage serait de les lire cul à cul, car j’ai oublié quelques détails du premier ainsi que d’autres du second, mais l’essentiel (qui n’est pas dans Lactel©), c’est que le final soit là pour éclairer le tout et apaiser un peu mon cœur tourmenté.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°257].

La chair de sa chair : Claire Favan

Titre : La chair de sa chair

Auteur : Claire Favan
Édition : HarperCollins (03/03/2021)

Résumé :
Moira O’Donnell c’est, derrière le feu des boucles rousses et l’énergie inépuisable, une femme qui lutte pour garder la tête hors de l’eau. C’est une vie d’adulte démarrée trop tôt.

Ce sont trois gamins livrés à eux-mêmes et autant de boulots cumulés pour les nourrir. Ce sont des pères absents : le premier, incarcéré le plus longtemps possible, croit-elle, et le second, suicidé. C’est une culpabilité sans fin.

Moira O’Donnell, c’est la solitude d’une mère de famille dure au mal qui se bat, tombe et renaît. Pour ses enfants. Et avec eux. À la vie, à la mort. Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure.

Mais les services sociaux ont d’autres projets pour elle… Et un problème n’arrivant jamais seul, l’équilibre précaire qu’elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie.

Critique :
Il y des jours comme ça… Vous ouvrez le dernier roman d’une auteure que vous appréciez (mais si j’ai loupé son avant-dernière publication) et rien ne se passe…

Pas de déclic, pas de plongée spectaculaire dans son récit, mais l’horrible impression de regarder un film (série) mal joué ou pire, mal doublé…

Oui, j’ai souvent tendance à visualiser mes lectures comme si je regardais un film, même si mes décors intérieurs ne changent jamais (petit budget).

On secoue sa tête, on se dit que cela va passer, qu’il faut juste un peu de temps avant de s’immerger dans ce roman qui commence directement par de la sombritude (néologisme offert gratuitement), de la violence conjugale et des déboires à ne plus en finir pour cette jeune mère de famille, Moira.

Pendant que la locomotive du récit partait d’un côté, mon wagon a pris un autre aiguillage et ce n’est que vers la moitié du récit que j’ai récolé au train, commençant à m’imprégner des personnages, de leur vie de merde, même si à certains moments, cette horrible impression d’avoir des mauvais acteurs devant moi est revenue au galop pour quelques situations.

Zéro empathie pour Moira, que j’avais souvent envie de baffer tant elle se comportait de manière bipolaire : tout un coup faisant tout pour ses enfants et puis, après, s’amusant tous les soirs à aller boire des verres avec les collègues du boulot, laissant son aîné, Peter, seul à la maison.

Hormis Nigel qui m’a inspiré de la sympathie, j’ai eu aussi un peu de mal avec Bruce, le psychiatre. Pas au début, mais ensuite, quand tout va trop vite, quand on dirait que le train est en train de mal négocier un virage et que ça tangue… Non, désolée mais là aussi ça sentait le factice, les acteurs qui surjouaient.

Souffrirais-je d’une nouvelle forme de variant, le fameux Covid Littéraire qui vous ôte le goût et l’odorat lors de vos lectures et vous donne la sensation que ce que vous lisez est insipide ? Pitié, non…

Ce variant fut en plus doublé d’une fulgurance qui m’a fait comprendre directement ce que l’auteure nous cachait et qu’elle nous révèlerait plus tard… Parce que cette révélation, ça ne m’a pas aidé à remonter dans le train, que du contraire ! Ce qui aurait dû me tacler ensuite, plus loin dans le récit, était découvert et fini les surprises.

Un sociopathe a deux visages, celui qu’il montre à ses proches, gentil, prévenant et le réel, sournois, rusé, méchant, froid, cruel, prêt à tout pour réussir, violent… Un Janus au double visage et qu’il est difficile de percer à jour.

Si dans d’autres romans de l’auteure, je m’étais laissée emporter par ses personnages, ici, il n’en fut rien et croyez-moi que ça ne me fait pas plaisir d’écrire une chronique pour dire que mon ressenti fut plus que mitigé.

En peu de temps, deux romans de deux auteures que j’apprécie et qui m’ont souvent emmenées dans des lectures coups de cœur, se sont révélés être des lectures à côté desquelles je suis passée royalement et ça me désole. Mais ce n’est que partie remise, jusqu’au prochain roman.

Une chose que je ne peux pas reprocher à l’auteure, c’est sa capacité à descendre dans la noirceur humaine, dans le côté obscur de la Force. Son histoire est noire de chez noire, sans lumière pour éclairer et malgré ma lecture mitigée, elle restera gravée dans ma mémoire tant son final était glacial. Vite, lisons un Tchoupi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°235].

Ces orages-là : Sandrine Collette

Titre : Ces orages-là

Auteur : Sandrine Collette
Édition : JC Lattès (06/01/2021)

Résumé :
C’est une maison petite et laide. Pourtant en y entrant, Clémence n’a vu que le jardin, sa profusion minuscule, un mouchoir de poche grand comme le monde.

Au fond, un bassin de pierre, dans lequel nagent quatre poissons rouges et demi. Quatre et demi, parce que le cinquième est à moitié mangé. Boursouflé, abîmé, meurtri : mais guéri. Clémence l’a regardé un long moment.

C’est un jardin où même mutilé, on peut vivre.

Clémence s’y est installée. Elle a tout abandonné derrière elle en espérant ne pas laisser de traces. Elle voudrait dresser un mur invisible entre elle et celui qu’elle a quitté, celui auquel elle échappe. Mais il est là tout le temps. Thomas. Et ses orages. Clémence n’est pas partie, elle s’est enfuie.

Clémence a trente ans lorsque, mue par l’énergie du désespoir, elle parvient à s’extraire d’une relation toxique. Trois ans pendant lesquels elle a couru après l’amour vrai, trois ans pendant lesquels elle n’a cessé de s’éteindre.

Aujourd’hui, elle vit recluse, sans amis, sans famille, sans travail, dans une petite maison fissurée dont le jardin s’apparente à une jungle.

Comment faire pour ne pas tomber et résister minute après minute à la tentation de faire marche arrière ? Sandrine Collette nous offre un roman viscéral sur l’obsession, servi par l’écriture brute et tendue qui la distingue.

Critique :
Chaque année, j’attends avec impatience le nouveau roman de Sandrine Collette. Il en est certains que je n’ai pas encore eu le temps de lire, mais ça, c’est un problème inhérent à ceux ou celles qui veulent lire plus que ce que le temps peuvent leur accorder.

Tous les romans que j’ai lu de cette auteure m’ont emportés ailleurs, certains dans des profondeurs telles que j’ai eu du mal à m’en remettre, à reprendre pied après ma lecture tant j’étais encore sous le coup des émotions fortes.

Les critiques étaient favorables pour son dernier roman, les copinautes de blog l’ont plébiscité, c’est donc l’esprit totalement heureux que j’ai ouvert ce roman.

J’entends votre silence… Ceux et celles qui me connaissent sentent déjà arriver le fameux « Mais » qui va aiguiller cette chronique vers une déception… Bien que le mot « déception » soit peut-être à expliquer parce que je ne suis pas déçue de l’auteure, elle ne me doit rien, elle écrit avant tout pour elle, comme bien des écrivains.

Ma déception est pour le fait que je suis passé à côté de ce roman introspectif qui parle de la reconstruction d’une femme (Clémence) après une relation toxique de 3 ans avec un espèce de prédateur pervers narcissique, manipulateur (Thomas), bref, le genre de mec qu’on a envie de lâcher dans une forêt et de lui envoyer les chasseurs à son cul.

Ce roman ne comporte pas d’intrigue à vraiment parler, sauf si on considère que la nouvelle adresse de Clémence doit rester un secret afin que son enfoiré de mec qui lui a fait couper tous les ponts avec ses amis, sa famille, ne la retrouve jamais.

Si je n’ai pas réussi à m’attacher à Clémence (ne me demandez pas pourquoi, je n’arrive pas moi-même à trouver ce qu’il lui a manqué dans son portrait pour que j’aie envie de l’apprécier), j’ai trouvé que l’auteure arrivait à trouver les bons mots pour décrire ce qu’il se passait dans la tête de son personnage qui tente de se construire, difficilement, en se cachant, en se demandant s’il ne serait pas plus simple de retourner chez Thomas le prédateur.

Ce roman qui ne possède quasi pas de dialogues est un roman introspectif, sorte de huis-clos entre Clémence et ses pensées, ses blessures, ses traumatismes,…

Elle a beau avoir eu le courage de prendre la fuite, elle a beau tenter de se reconstruire, c’est une femme brisée, timide, mal à l’aise, peu sûre d’elle et qui a dû mettre tous ces rêves au placard quand elle est tombée amoureuse de l’autre enfoiré que j’ai toujours envie de lancer dans un champ vide et de crier « PULL » en le désignant.

Le style de l’auteure est concis, elle va à l’essentiel, c’est sec, sans fioritures et c’est un style que j’apprécie dans ce genre de huis-clos double (huis-clos dans sa vie et dans son esprit) car sans jamais sombrer dans le pathos gratuit, l’auteure arrive à nous plonger dans la noirceur et la violence d’une relation toxique.

Oui, il ne manquait sans doute pas grand-chose pour que j’adhère à son nouveau roman et croyez-moi que ça me fait chi** à mort de ne pas y être arrivée. Je déteste passer à côté d’un roman qui ne possède pas des défauts inhérents, des fautes d’écriture, de scénario, de final loupé (il était même waw)…

Bref, ce n’est pas le roman qui est en cause dans l’affaire mais sans doute moi. Pas le bon moment ? Pas le bon état d’esprit ? On ne le saura jamais.

En attendant, je ne vais pas m’arracher les cheveux trop longtemps, c’est ainsi dans la vie d’un(e) lecteur/lectrice et puisqu’il me reste deux romans de l’auteur encore à découvrir, je sais qu’il y a bon espoir pour que je retrouve mes sensations folles en ouvrant un roman de l’auteure qui m’a plus souvent émue que déçue.

Il fallait bien une première entre nous…

Mais vous qui me lisez, ne tenez pas compte de ma bafouille et faites-vous votre propre avis sur ce roman parce que cette critique qui n’est pas que négative n’est que mon avis personnel, mon ressentit, autrement dit (comme disait une membre de Babelio que j’appréciais) : pas grand-chose !

 

Solitudes : Niko Tackian

Titre : Solitudes

Auteur : Niko Tackian
Édition : Calmann-Lévy (06/01/2021)

Résumé :
Elie Martins est garde nature dans le massif du Vercors. Amnésique suite à une blessure par balle, il est reparti à zéro dans cette région encore préservée.

Alors qu’une tempête de neige s’annonce, Elie se lance sur la piste d’un loup signalé par plusieurs bergers. Les empreintes ensanglantées le conduisent à un immense pin situé dans une plaine désertique. Une femme nue est pendue à ses branches, une mystérieuse inscription gravée sur sa chair.

Cette découverte macabre anime immédiatement quelque chose sur la toile blanche de ses souvenirs. La victime est un message à son attention, il en est certain.

Le lieutenant Nina Melliski est alors dépêchée sur les lieux. Elie est-il coupable ou victime ? Elle ne sait que penser, mais son instinct lui dit que les réponses se trouvent dans les souvenirs disparus de cet homme sans passé.

Un thriller haletant et glacial, dans une nature implacable, où passé et présent se répondent.

Critique :
♫ On l’a vue dans le Vercors, Pendue à un élastique ♪ Morte dans le froid, dehors ♪ Découverte par un amnésique ♪

Pendant que nous tournions en rond durant le premier confinement de mars/avril 2020, l’auteur rêvait de montagnes, celles qui vous gagnent et il a décidé de s’y évader tout en restant chez lui.

Proposer un huis-clos dehors, faut savoir le faire. Le principe est le même que sur une île, qu’elle soit du Nègre ou du Soldat, on réuni des personnes, on y balance un tueur sadique, on sème des cadavres à tous vents et on lance un flic à sa poursuite, si possible dans des conditions climatiques dantesques qui coupent cet endroit du reste du monde. Le pari du huis clos est gagné.

Le Vercors, ses montagnes, sa neige, ses loups, ses chemins que l’on doit aborder en raquettes et en combinaison de ski… Nina Melliski, lieutenant de police, aurait sans doute préférée se trouver ailleurs que dans ce froid.

L’auteur le décrit si bien que je conseillerai à tout le monde d’ouvrir ce roman un jour de plein soleil (comme je l’ai fais) pour éviter de ressentir le froid mordant. C’est un des points fort de ce roman, les descriptions de lieu qui donnent l’impression d’y être.

Ce roman policier ne va pas révolutionner le genre, l’enquête est certes difficile car elle a des ramifications dans le passé, parce que le tueur semble insaisissable, avoir toujours une longueur d’avance et surtout du fait que l’on ne trouve pas le fil rouge qui relie tous les cadavres ensemble. Le mobile n’est pas la chose la plus facile à trouver, le nom du coupable étant plus facile à trouver puisque tout désigne l’amnésique du coin. Mais est-ce bien lui ?

Le plaisir de lecture se trouve surtout dans les portraits des personnages qui sont travaillés et assez bien détaillés, même ceux des personnages secondaires que j’ai trouvé plus attachants que la policière Nina Melliski.

Tout le monde a des zones d’ombres, l’auteur n’entrera pas dans trop de détails mais en dira suffisamment pour que l’on comprenne le mal-être de certains personnages qui traînent ces souvenirs malsains comme des boulets accrochés à leur jambe.

Une lecture dépaysante, un voyage dans la neige du Vercors, un huis clos où le suspense et le mystère sont bien maîtrisés, des personnages réalistes et dont les portraits sont travaillés, mais les explications finales ne m’ont pas fait bondir de ma chaise en criant « waw je me suis faite avoir ».

PS : Mes excuses à Alain Bashung pour le traficotage des paroles de sa chanson « La nuit je mens ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°228] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°44 – Loups].

La rumeur : Lesley Kara [LC avec Bianca]

Titre : La rumeur

Auteur : Lesley Kara
Éditions : Les Escales (23/01/2020) / 10/18 (21/01/2021)
Édition Originale : The Rumour
Traduction : Clara Gourgon

Résumé :
Nourrissez la rumeur…Puis regardez-la vous engloutir.

Parmi les habitants de la petite station balnéaire de Flinstead se cacherait, sous une fausse identité Sally McGowan, une femme coupable d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans.

C’est ce que dit la rumeur, celle que Joanna répand, sans penser à mal, simplement pour faire la conversation et s’intégrer auprès de ses nouvelles voisines.

Mais la machine s’emballe et la tranquille petite ville est gagnée par la paranoïa. Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

Critique :
Vous savez quel joli nom on donne à une bite, en France ? Non ? On l’appelle « la rumeur » car elle grossit de bouche en bouche…

Gaffe lorsque ça éclate… Ça éclabousse un peu partout et ça tache, la rumeur.

Une rumeur, c’est aussi des graines que l’on sème à tous vents et qui, emportées par lui, se déposent n’importe où, prenant racine ou pas, se développant ou restant au stade larvaire, avant de, qui sait, recevoir le petit coup de pouce du destin pour pousser d’un coup.

L’être humain adore les ragots et rien de plus amusant que d’écouter les rumeurs et de les colporter. Rien de mieux, devant la machine à café, devant l’école des enfants, au supermarché du coin que de commencer sa phrase par un « Vous ne devinerez jamais ce que j’ai entendu »…

Le mensonge ayant le temps de faire le tour de la Terre avant que la vérité n’ait enfilé ses chaussures, les rumeurs peuvent faire énormément de dégâts, même si elles s’avèrent fausses car ne dit-on pas qu’il n’y a pas de fumée sans feu ? Et puis, entre nous, les rumeurs sont toujours plus fun que les vérités.

Ce roman, j’ai eu du mal au commencement, les 6 premiers chapitres furent presque un calvaire tant je n’arrivais pas à entrer dans le roman, à m’attacher aux personnages, à tel point que si je n’avais pas été en LC avec Bianca, j’aurais stoppé ma lecture.

Erreur à ne pas faire ! Parce que si j’avais stoppé net, je n’aurais pas vécu des twists finaux de dingue, ni suspecté tout le monde, en ce compris le chien (oui, quand je suspecte, moi, je ne fais pas les choses à moitié, j’y vais à fond – mdr) et je ne me serais pas pris tout ça dans la gueule. Oui, il aurait été dommage de le stopper.

Pourtant, malgré qu’après le chapitre 7, on commence à entrer plus vite dans le vif du sujet et que l’histoire s’étoffe et nous retienne dans ses filets, j’ai toujours eu du mal à éprouver de la sympathie pour les différents personnages, même la principale, Joanna, qui, voulant se faire accepter des autres femmes, propage sans penser à mal une rumeur qu’elle avait entendue.

D’habitude, ceux ou celles qui propagent des rumeurs ne sont jamais punis, mais notre Joanna, elle, va regretter amèrement d’avoir fait radio langue de pute, parce que les évènements vont s’enchainer et lui montrer la toute puissance de la méchanceté humaine, associée à sa vieille complice, la connerie humaine !

La boîte de Pandore est ouverte et on ne sait jamais où les spectres du crétinisme extrême vont frapper. Sous le coup des émotions, les gens font et disent n’importe quoi et à l’époque des réseaux sociaux, on dépasse les frontière des villages, des villes, des écoles,…

À force de suspecter tout le monde et n’importe qui, à un moment, la lumière s’est faite dans mon esprit et j’ai compris… Oui, mais non, je n’avais pas encore tout compris et l’auteure en avait gardé sous la pédale pour mieux me scotcher à son roman.

Il est dommage que jamais je n’ai ressenti d’empathie pour les différents personnages et peu d’émotions. J’ai eu ma dose de mystères, de suspense, de retournements, de twists, je suis même repue, mais un soupçon d’émotion n’aurait pas été du luxe et m’aurait permis de vivre le texte au lieu de juste le lire.

Malgré tout, je suis contente d’avoir lu ce roman avec ma copinaute Bianca qui, si elle n’a jamais suspecté le chien, fut comme moi : dans le brouillard le plus épais avant que le voile ne se déchire. Dire que nous avons aimé notre lecture n’est pas une rumeur, mais la vérité.

♫ C’est quelqu’un qui m’a dit, que… ♪ (juste pour emmerder mon monde avec une ritournelle qui restera dans votre tête toute la journée).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°212], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°38 – FIN] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°05].

La mort d’une sirène : A. J. Kazinski et Thomas Rydahl [LC avec Bianca]

Titre : La mort d’une sirène

Auteurs : A. J. Kazinski et Thomas Rydahl
Édition : Robert Laffont La bête noire (15/10/2020)
Édition Originale : Mordet på en havfrue (2019)
Traduction : Catherine Renaud

Résumé :
Copenhague, 1834.

Le corps mutilé d’une jeune prostituée est retrouvé dans le port. La soeur de la victime croit pouvoir immédiatement désigner le tueur : Hans Christian Andersen, jeune écrivain en devenir qu’elle a vu quitter la maison de passe la veille.

Ravie de tenir un coupable, la police le jette en cellule dans l’attente de son exécution programmée. Mais grâce à ses relations, Hans Christian obtient d’être libéré pour trois jours, durant lesquels il devra mener ses propres investigations et livrer le véritable meurtrier aux autorités.

Sa quête de la vérité le conduira dans les dédales d’une ville ravagée par la pauvreté, les tensions sociales, la corruption et les crimes sordides…

Un thriller historique haletant qui offre une version inattendue de la genèse de La Petite Sirène, avec le célèbre Hans Christian Andersen en enquêteur malgré lui.

Critique :
Lorsque l’on me parle de sirène, d’office je pense à Arielle, celle des studios Disney, bien que je n’ai jamais vu ce dessin animé… C’est vous dire la force de leur matraquage au moment de la sortie…

Honte à moi aussi, je n’ai jamais lu le conte d’Andersen…

Puisque ce polar édité chez La Bête Noire me proposait l’histoire de ses origines, je n’ai pas hésité une seconde, surtout que Bianca m’a proposé une LC.

Destination du jour : Copenhague ! Date ? 1834…

La première chose qui frappe dans ce polar, c’est l’atmosphère, qui a vraiment la gueule de l’emploi car les auteurs n’ont pas lésiné sur les décors grandeurs natures, sur les ambiances de l’époque, sur les conditions sociales et entre nous, il ne manquait que les odeurs pour se sentir encore plus dans le Copenhague de 1834.

Andersen va devoir se transformer en enquêteur s’il ne veut pas perdre la tête sur le billot puisqu’il est accusé du meurtre d’une prostituée. Nous savons que ce n’est pas lui, mais le commissaire, lui, il s’en fout. Problème : Andersen n’a rien d’un Sherlock Holmes, d’un Hercule Poirot ou d’un Columbo…

En voyant marcher de grand échalas maladroit de Andersen, j’ai même pensé qu’il avait tout d’un Pierre Richard et qu’il était aussi discret et invisible qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine.

N’ayant rien d’un héros, Hans Christian Andersen, malgré ses défauts énormes, a tout du personnage sympathique, sorte de looser malheureux sur qui tous les merdes du monde viennent de tomber, une fois de plus. Pour l’aider dans sa quête de la vérité, Molly, prostituée de son état et sœur de la victime.

Sans être d’un rythme effréné, ce polar historique se dévore en peu de temps, ses 560 pages passant comme pour rire. Par contre, je l’avoue, j’ai sauté quelques passages horribles (les découpages de nichons et l’ablation de la patte du chaton – mais foutez la paix aux chats, nom de Zeus !) alors que je n’ai sauté aucune ligne dans l’archipel du goulag…

Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark, un sordide assassin de femmes, qui les découpe, qui joue à la science sans conscience.

Mais le sordide n’est pas que chez l’assassin, il est aussi dans les taudis où des gens crèvent de faim, de froid, de misère, où les femmes vendent leur corps pour survivre, où les gosses travaillent dès leur plus jeune âge, où l’on vole et tue sans pitié pour tenter de sortir un peu de la merde.

Mais la merde est aussi dans des bas de soie : ceux de la maison royale, ceux de la bourgeoisie, de la noblesse. Si les pauvres ont encore des circonstances atténuantes, les riches n’en ont plus du tout et les voir ainsi se vautrer dans la nourriture et la débauche me conforte dans ma pensée : ils ne sont pas mieux que nous !

Sans juger aucunement les personnages, les auteurs nous les présentent tels qu’ils étaient à l’époque, sans manichéisme aucun, sans parti pris et même l’assassin a des tourments profonds.

Si l’atmosphère bien décrite est une des clé du roman, si les personnages travaillés et sans manichéisme font la force du récit, le mortier qui les fait tenir est le scénario qui n’a rien d’un truc bricolé le dimanche matin, mais est travaillé, étayé, intelligent, original, bien pensé et il tente d’apporter de la lumière sur l’année blanche (1934) qui se trouve dans les journaux d’Andersen.

Un polar historique bien conçu, bien foutu, où les auteurs n’hésitent pas à plonger leurs lecteurs dans des ambiances réalistes de misère humaine, sans jamais en faire trop, racontant juste ce qu’il en était en ces époques pas si lointaines. Un polar qui se dévore sans modération et qui comporte bien des émotions.

La genèse romancée mais originale d’un futur conte, des personnages attachants, sympathiques, des anti héros, bourrés de défauts et qui n’ont rien d’enquêteurs hors pair, ce qui les rend encore plus humain.

Bianca me rejoint dans ma chronique, même si elle a eu plus de peine que moi avec le début qu’elle a trouvé manquant de rythme et qu’Andersen avait un pète au casque (elle a raison, il a un pète au casque !). Comme quoi, nos avis divergent un peu et si vous voulez tout savoir, suivez le lien vers sa chronique.

PS : Un polar historique écrit par trois auteurs, en plus (sous le pseudo de A.J. Kazinski se cachent deux auteurs danois).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°176] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°02].

Madame B : Sandrine Destombes

Titre : Madame B

Auteur : Sandrine Destombes
Édition : Hugo et Compagnie (05/03/2020)

Résumé :
Blanche Barjac, Madame B, est nettoyeur de profession. Malfaiteurs, tueurs à gages et meurtriers, tous font appel à elle pour qu’il ne reste plus une trace de leurs crimes et délits.

Après plusieurs années passées à s’imposer dans ce monde d’hommes, Blanche est devenue une professionnelle respectée dans ce milieu si particulier. Digne héritière de son beau- père qui l’a formée, elle est reconnue pour son efficacité, sa discrétion et son savoir-faire.

Si après chacune de ses interventions Madame B garde un indice comme « assurance-vie », elle n’est pas la seule à accumuler les preuves compromettantes.

En menant l’enquête sur le maître-chanteur qui la persécute et la fait douter chaque jour un peu plus de sa santé mentale, Blanche revient sur son passé et réalise que malgré les nettoyages, toutes les taches ne sont pas effacées. Et que chaque acte entraîne des conséquences.

Critique :
Initiales B.B ! Blanche Barjac est ce que l’on appelle maintenant une technicienne de surface. Autrement dit, une femme de ménage.

Mais attention, pas une femme de ménage comme les autres ! Elle, elle nettoie les scènes de crimes…

Oui mais ce n’est pas le nettoyage des scènes de crimes après le passages des experts de Miami Las Vegas, mais les scènes de crimes que personne ne doit jamais découvrir…

Après son passage, plus aucune trace ne subsiste ! Mr Propre en est jaloux. Si jamais, je vous donne le nom de sa société, on ne sait jamais, ça pourrait servir un jour : RécureNet & associés. Allez-y de ma part.

Anybref, lorsqu’un grain de sable vient se foutre dans votre mécanique bien huilée, tout par en couilles pour le plus grand plaisir littéraire des lecteurs car le roman est rythmé, les indices distillés au compte-goutte, l’auteure joue avec nous, avec ses personnages, avec nos perceptions, nos pieds.

C’est excellent, addictif et je l’ai lu en peu de temps, tellement j’ai dévoré ce thriller.

Chapeau aussi à l’auteure qui a réussi à mettre en scène une héroïne qui n’a rien d’une Tomb Raider bad-ass et à nous la rendre sympathique, alors que, tout de même, elle nettoie des scènes de crime pour des assassins et fait disparaître les corps.

Nous devrions la blâmer, elle devrait avoir des remords… Que dalle, elle reste attachante, comme des taches de sang sur une moquette (avant son passage).

Accrochez-vous au livre car le rythme est assez trépidant, sans jamais devenir trop rapide et perdre le lecteur dans la course folle. On cherche, on creuse, on se demande qui a mis le grain de sable dans la mécanique, la grippant, qui devient fou, qui a trahi et comment tout cela va se terminer.

Si j’avais vu arriver certaines choses, cela n’a en rien enlevé à mon plaisir de lecture car je n’en étais pas sûre à 100%. L’auteure brouille les pistes afin que nous aussi, on se demande ce qui va nous arriver.

Une excellente lecture addictive, une nettoyeuse attachante, pour laquelle j’ai eu de l’empathie, alors que je n’aurais pas dû, mais c’était plus fort que moi. Bref, une bonne pioche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°158].

La disparue de Noël : Rachel Abbott [LC Bianca]

Titre : La disparue de Noël

Auteur : Rachel Abbott
Édition : Belfond Le cercle (02/11/2017)
Édition Originale : Stranger Child (2015)
Traduction : Muriel Levet

Résumé :
En Angleterre, de nos jours. Emma le sait, il est des passés qui ne s’oublient pas. Mariée à David, directeur de banque traumatisé par la mort de sa première épouse et l’inexplicable disparition de sa fille Natasha la veille de Noël, six ans plus tôt, la jeune femme a appris à vivre avec les drames.

Mais l’arrivée d’Ollie, leur fils de dix-huit mois, semble avoir redonné le sourire à David et renforcé leur couple. La promesse de jours meilleurs semble enfin possible…

Mais le monde d’Emma se fissure lorsqu’une jeune fille apparaît un jour dans sa cuisine. Natasha.

Alors que David est en joie, Emma, elle, s’interroge : où était-elle toutes ces années ? Comment l’intégrer dans leur vie de famille idéale ?

Et pourquoi ce sentiment que l’adolescente pourrait représenter une menace pour elle et pour son bébé ? Que cache la disparue de Noël ?

Critique :
Ce thriller traînait dans ma biblio depuis longtemps mais je ne l’avais jamais encodé dans mes biblios le ligne car je n’étais pas très chaude pour le lire.

On me l’avait donné et le pitch me semblait déjà-vu mainte et mainte fois que pour être intéressant ou novateur.

Sans une proposition de LC, il aurait continué de prendre les poussières et aurait fini dans une boîte à livre.

Pourtant, il y a de bon dans ce thriller qui manie habillement les mystères car l’auteure, au lieu de suivre le grand boulevard devant elle a préféré prendre un chemin de campagne avant de s’engager dans les champs.

Alors oui, rien que pour cela, le thriller valait la peine d’être sorti des étagères. Le problème viendra d’ailleurs…

Quatrième enquête de l’inspecteur Tom Douglas, le lecteur qui prendra la série en cours sans rien savoir n’aura pas de soucis pour comprendre car l’auteure nous raconte brièvement la vie de son personnage principal, mais de mon côté, j’ai eu bien du mal à m’attacher à cet inspecteur.

Si au départ j’ai eu envie de foutre des baffes à Natasha, la gamine qui a disparu à Noël il y a 6 ans, j’ai encore eu plus envie de botter les fesses de David, son père, qui ressemble plus à une amibe desséchée qu’à un homme.

David est un personnage mou, fade, se laissant porter par les événements, trouvant moult excuses à sa fille qui se comporte comme une merdeuse, lui obéit quand elle demande à ce qu’on ne prévienne pas les flics, promet à sa fille qu’il va la protéger des méchants kidnappeurs… Heu ?? T’es pas Iron Man, David !

Bref, un personnage qui aurait mérité d’être plus étoffé au lieu d’un mec sans couilles qui pense qu’en mettant sa tête dans le sable, tout ira mieux demain et qui a autant d’esprit d’initiative qu’une merde déposée sur un trottoir.

Sa seconde femme, Emma, par contre, est plus étoffée, plus travaillée et est un personnage intéressant, mais qui ne me marquera pas à vie. Natasha, la gamine, a plus d’étoffe aussi que son père, mais il m’a manqué les émotions durant cette lecture.

Le thriller est bien construit, mélangeant l’affaire de la disparue revenue avec des faits du passé personnel de l’enquêteur et le tout ajoute une touche de mystère et de suspense que l’auteure dose correctement et malgré les 460 pages, je n’ai pas vraiment vu le temps passer alors que je me demandais comment on allait pouvoir tenir la distance avec un pitch qui semblait aussi léger qu’une feuille de cigarette.

Ou l’auteure n’a pas su bien cacher ses pistes ou alors, j’étais particulièrement éclairée, mais pas de surprises pour moi, ni de coups de pieds au cul, car j’ai tout vu venir de loin et j’avais misé juste.

C’est donc mitigée que je pianote ma chronique de lecture : j’ai apprécié certains points, notamment le fait que ce thriller soit bien construit et ne suive pas le chemin tracé devant lui mais emprunte d’autres voies.

Par contre, pour les personnages, c’est une catastrophe nationale car je ne me suis attachée à quasi personne, hormis Emma et Natasha (mais qui ne marqueront pas ma mémoire)…

En ce qui concerne les émotions ressenties, elles n’étaient pas vraiment au rendez-vous alors que certains moments du roman auraient pu être riche en tension et en bouleversements mais ne le furent pas, la faute à des dialogues creux et sans âmes.

À vous de vous faire votre avis si vous le lisez où à nous dire ce que vous en avez retiré… Si vous ne le faites pas, ma foi, vous le louperez rien…

Cette LC loupée, réalisée avec ma copinaute Bianca (qui n’a pas aimé la lecture) le fut surtout à sa demande : elle participe à des challenge consistant à lire des romans se déroulant durant la période de Noël en décembre, alors que moi, j’aurais tendance à les lire en juin, sous le soleil.

Si, tout comme moi, vous n’êtes pas très chauds pour romans étiquetés « Noël », sachez que seul le premier chapitre se déroule durant cette période !

Ce titre est un peu usurpé (ou raccoleur) et moi, j’ai échappé, une fois de plus, à une vraie lecture de Noël en décembre ! Mhouhahahaha. Je sens que pour décembre 2021, Bianca m’attendra au pied du sapin et que je n’y couperai plus… PTDR

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°150].

La Chose : John Wood Campbell

Titre : La Chose

Auteur : John Wood Campbell
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (05/11/2020)
Édition Originale : Who Goes There ? (1938)
Traduction : Pierre-Paul Durastanti

Résumé :
En Antarctique, quelque part.

Enfoui sous la glace, aux abord d’un artefact aux allures de vaisseau spatial, des scientifiques découvrent un corps congelé — gisant là, sans doute, depuis des millions d’années. Un corps résolument inhumain.

Résolument… autre. Le choix est alors fait de ramener la stupéfiante découverte à la station pour étude.

Doucement, la gangue de glace autour de la créature commence à fondre, libérant peu à peu cette totale étrangeté à l’aspect terrifiant. Et les questions de traverser l’équipe de chercheurs : qu’est-ce que cette chose ?

Comment est-elle arrivée là ? Et après tout, est-elle seulement morte ? N’ont-ils pas mis au jour la plus épouvantable des abominations — une horreur proprement cosmique ?

Récit haletant paru en 1938, proposé ici dans une nouvelle traduction, La Chose est un immense classique de la science-fiction mondiale.

Porté à l’écran à trois reprises, ce court roman pose les bases du récit de SF horrifique.

Critique :
Antarctique… On se les gèle par -51° et vous avez intérêt à enfiler une parka super chaude pour aller vous balader sur la banquise…

Moi, je suis frileuse, alors je vais rester bien au chaud dans la base, à côté des poêles à charbon, na !

Fait chier ! J’étais tranquille, j’étais pénard, accoudé au comptoir (chante) et voilà qu’on découvre une sorte de vaisseau spatial avec, à son bord, non pas le bel Albator, mais une créature possédant des tentacules et plus congelée qu’Hibernatus lui-même !

Décongeler Hibernatus était amusant et j’avais bien ri, ici, j’ai flippé grave ma race ! Cette Chose non humaine est prise dans les glace depuis 20 millions d’années et un crétin de l’équipe pense qu’il est bon de la décongeler pour l’étudier… L’enfoiré !

Fait chier mec ! Voilà maintenant qu’à cause de lui, je suis planquée dans un réduit, cachée aux yeux de mes congénères dont je ne suis même pas sûre qu’ils soient encore tout à fait humains ! Ne jamais décongeler une créature non humaine, JAMAIS.

Oui, c’est comme Gizmo qu’il ne faut jamais nourrir après minuit sous peine de le transformer en méchant Gremlins, ne pas exposer à une lumière vive ou à la lumière du soleil et ne pas le mouiller, sous peine de le voir se multiplier. JAMAIS !!

Tous les chiens sont morts, contaminé par la bestiole, les vaches ont dépéris, tout le personnel de la base se regarde avec suspicion, sans savoir qui a été infecté par la Chose, sans savoir qui est encore humain et qui ne l’est plu… Psychologiquement, ça te fout en l’air l’amitié, la confiance et te donne un niveau de stresse rarement égalé.

De plus, si ça se trouve, même moi, au fond de mon placard sous l’escalier, je pourrais être contaminée par la Chose sans le savoir.

Tout le monde est devenu parano dans la base, tout le monde se regarde en chien de faïence, l’un chante des psaumes religieux et j’ai envie de le tuer, un autre a été isolé, avant qu’il n’ait envie de tous nous liquider, comme on fait avec ceux victime de fièvre aphteuse (ne pas confondre avec la fièvre acheteuse).

Bref, j’ai le trouillomètre à moins 50, peur de tout le monde, peur de moi-même, peur que mes mes connaissances intellectuelles ne me poussent à me considérer plus intelligente que les autres et ne me poussent à des déductions erronées, vu qu’on ne sait rien de cette Chose et de son métabolisme.

Dommage que Sherlock Holmes ne soit pas présent pour cette enquête de « Qui est contaminé par la Chose ? » car son fameux précipité qui pouvait dire si les traces de sang étaient humaines ou animales nous auraient aidé à aller plus vite sans devoir utiliser l’ancienne méthode du sang de lapin…

J’entends des bruits de pas, des coups, des cavalcades, l’aiguillon de boeuf a parlé, le sang coule, les collègues parlent plus fort… Il se passe des trucs graves à cause de cette Chose et moi-même je sens l’angoisse monter de plus en plus, ma tension devenir folle et mon coeur battre de plus en plus vite, mes mains devenir moites.

Cette transmission s’arrêtera là, faut que j’aille voir ce qu’il se passe, faut que je sorte de ce trou et que j’aille affronter les autres, humains ou Choses. Cette attente n’est plus possible.

N’oubliez pas : faut pas dégeler un truc qui dort dans la glace depuis des millions d’années, ce n’est pas bon !! Recongelez-le de suite, si vous pouvez !!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°136].