La nuit de l’ogre : Patrick Bauwen [Saga Chris Kovak – 2]

Titre : La nuit de l’ogre [Saga Chris Kovak – 2]

Auteur : Patrick Bauwen
Édition : Albin Michel (09/05/2018)

Résumé :
Chris Kovak, médecin urgentiste aussi sombre que séduisant, prend en stop une jeune femme blessée qui fuit au premier feu en abandonnant son sac.

Celui-ci contient du sang et une tête humaine dans un bocal.

Dans le même temps, son ancienne compagne le lieutenant Audrey Valenti enquête sur une agression atroce. Ils font tout pour s’éviter mais leurs chemins vont se croiser.

Critique :
L’ogre, celui qui terrifia le Petit Poucet, celui qui devait venir vous manger si vous ne terminiez pas votre soupe, l’ogre, celui qui se cachait peut-être sous votre lit…

L’ogre nous fout encore et toujours la trouille…

D’accord, je n’ai pas vérifié sous mon lit, le croque-mitaine de ces pages étant fait de chair et d’os, mais je pense que j’aurais accéléré le pas si j »avais croisé un type portant des petites lunettes et un chapeau melon. Même devant John Steed !

Chris Kovak – à ne pas confondre avec l’instit Novak ! – est une blouse blanche, une sorte de Dr House des urgences (ou Dr Doug Ross, à votre convenance) et il va, une fois de plus, troquer la blouse blanche et le stéthoscope contre l’habit de détective et la loupe.

Pas question d’enquêter sur un truc banal, non, on plonge direct dans une tête coupée conservée dans un bocal de formol, du sang plein un sac à dos et la disparition de la fille de sa chef des urgences, Greta van Grenn…

Et ben mes cadets, et ben mes p’tits frères, ça commence bien ! [Le Glaude]

Ajoutons à cela une grosse louche de mystères, des trucs bizarres qui n’ont pas l’air d’avoir un rapport entre eux, des rats bouffeurs de gambettes de jeune fille, des couloirs inexplorés du métro, des sociétés estudiantines et des autres plus secrètes, à la manière des Skull and Bones américain.

Voilà un thriller qu’on a du mal à lâcher, ou alors, juste pour faire une pause et vérifier que l’ogre ne vient pas d’arriver chez nous…

Les personnages, que se soit des urgences ou chez les flics sont bien travaillés, réalistes, attachants, certains l’étant plus que d’autres, d’autres cachant bien ce qu’ils sont et celui que l’on prenait pour un chieur de première pourrait devenir un type cool ensuite.

Le mystère et le suspense, on nage en plein dedans, c’est glauque, opaque, on navigue à la boussole, comme on peut, en tâchant de ne pas perdre pied dans ce que l’on soupçonne être une affaire de grande envergure. Et elle l’était !

J’ai vibré, je me suis crispée devant les rats, j’ai eu des palpitations cardiaques, j’ai visité des endroits de Paris que je ne soupçonnais même pas, je me suis couchée moins bête, mais avec ma tension au plus haut et en plus de ça, l’auteur s’est même permis de me coller quelques baffes bien senties dans ma petite gueule de lectrice.

Ah ben mon cochon, celle-là, je ne l’avais pas vue venir ! T’en as encore de cet acabit pour ma pomme ?? Pas de panique, l’auteur en avait gardé sous la pédale et je me suis encore pris une porte en plein dans ma tronche, pour mon plus grand plaisir, je l’avoue.

Maintenant, ce qui me file le plus la pétoche, c’est quand l’auteur vous explique, en dernières pages, qu’il n’a rien inventé et que tout ce qu’il a balancé, c’est vrai.

Sachez que j’ai sournoisement changé certains noms de lieux ou de personnes pour les besoins de l’histoire, bien sûr. Mais comme d’habitude dans mes livres, toutes les références et anecdotes sont authentiques. Même les plus horribles.

QUOI ??? Le site https://thanatos.net existe vraiment ?? Nonnn ?? Ah ben si… Macabre, tout de même, ce site.

Quand je vous disais que c’était glaçant ! Et j’ai encore de quoi me faire peur avec le premier tome « Le jour du Chien » afin d’en savoir un peu plus sur ce personnage énigmatique dont l’identité ne m’a pas été révélée dans ce deuxième tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Alex : Pierre Lemaitre [LC avec Bianca]

Titre : Alex

Auteur : Pierre Lemaitre
Édition : Livre de Poche Thriller (2014)

Résumé :
Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.

Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée, livrée à l’inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.

Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne.

Critique :
J’apprécie, lorsque dans un roman policier ou un thriller, l’auteur me colle des coups de pieds dans le cul, m’étonne, me fait pousser des « Ho, le salaud, j’avais rien vu venir » ou des « Là, il m’a bien eu ».

Ça marche aussi avec les auteures, mais vous mettrez vous-même les phrases au féminin !

Le commandant Camille Verhoeven est un policier qui n’entre pas dans les codes habituels du flic : il est petit (1,45m) !

Mais il a le mètre quarante-cinq cynique, de la répartie, bref, c’est un bon enquêteur, mais pour les enlèvements, faut rien lui demander depuis que sa femme, enceinte, c’est faite enlever et en est morte.

Oui, un flic torturé, une fois de plus, mais il ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, mais il cause !

Là, on se dit, un enquêteur torturé, un enlèvement de femme, ça sent vachement l’éculé, le réchauffé et tout ce que vous voulez… Oui mais non ! Le réchauffé cela sent, mais il nous sert un nouveau plat, avec des tas de tiroirs ou de mets exquis planqués dans ce qui pourrait ressembler à du burger de MacDo.

Je lui tire mon chapeau parce que l’histoire d’enlèvement n’est pas allée là où j’aurais cru qu’elle allait aller, l’auteur étant assez malin et roublard pour ne pas suivre la route habituelle mais nous emmener sur d’autres routes, moins utilisées, ce qui donne un voyage époustouflant et l’impression de ne jamais être au bout de ses surprises, avec lui.

Si certaines scènes sont choquantes, violentes, horribles, stressantes, on poursuit sa lecture (j’ai connu pire, comme scènes horribles, dont une avec un chat…) car c’est plus fort que nous, on veut connaître le fin mot de toute cette violence, de tous ces meurtres, de cet enlèvement.

Le final est magnifique, uppercutant (le mot va exister, je vais le déposer chez Larousse en passant), hitchockien, pervers, sinistre mais c’est tellement bon qu’on termine sa lecture avec un sourire narquois sur le visage.

La seule question qui restera en suspense pour moi, c’est « Pourquoi j’ai laissé traîner ce roman autant de temps sur mes étagères, moi ??? ».

Si ma copinaute de LC, Bianca, se pose la même question que moi sans en connaître la réponse, au moins, elle est d’accord avec moi pour le ressentit de lecture : c’était de la bonne came qui nous a envoyé au nirvana du thriller vicieux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Inexorable : Claire Favan

Titre : Inexorable

Auteur : Claire Favan
Édition : Robert Laffont La bête noire (11/10/2018)

Résumé :
Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.

Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

« Claire Favan franchit un cap avec cette histoire qui touchera inexorablement votre âme. » Yvan Fauth, blog EmOtionS.

« À l’enfant qui est en vous, ce livre peut raviver des douleurs. À l’adulte que vous êtes devenu, il vous bousculera dans vos certitudes. » Caroline Vallat, libraire Fnac Rosny 2

Critique :
Le résumé de ce livre m’avait attiré, les critiques élogieuses me donnaient encore plus envie de me plonger dans cette histoire d’un enfant mis à l’écart à l’école.

Ne pas rentrer dans le moule et se retrouver mis à l’écart, je connais ça, j’ai vécu ça, faut pas croire que j’étais une meneuse à l’école, ni la plus populaire.

Ce genre de sujet aurait dû me parler, me procurer des émotions fortes, de l’empathie pour Milo, ce jeune garçon mis au ban dans son école, mais là, j’ai eu du mal à m’attacher à lui car nous n’avions rien en commun…

Bon, déjà, un papa gangster, ça n’aide pas à se sentir en phase, le mien n’ayant jamais pratiqué cette profession lucrative et dangereuse… De plus, si Milo est écarté et perd ses copains, c’est suite à la violence qu’il commence à développer envers les autres, ce qui entraînera l’effet boule de neige de se retrouver accusé de tous les maux, même lorsqu’il est absent. Le bouc émissaire parfait, en quelque sorte.

J’avoue que j’aurais préféré tomber sur un récit plus conceptuel de mise à l’écart d’un enfant dans une école : un enfant timide, taiseux, d’une couleur différente, possédant un petit handicap, ou un retard mental léger…

Ceci afin de pouvoir rattacher cet enfant à un sentiment connu, vécu par moi-même ou par d’autres enfants et qui m’a été raconté. Là, pour ces gosses, j’ai de l’empathie, mon cœur saigne car la mise à l’écart est injustifiée.

Mais un enfant violent, ça fait rejaillir aussi ce que les enfants d’amis ont subi : les coups porté par cet enfant à d’autres et la direction de l’école qui, tel Ponce Pilate, se lave les mains en se retranchant derrière le « C’est un enfant à problème, on ne sait rien faire de plus ».

Comme une amie à moi qui est dans le cas : son gamin s’en prend plein la gueule suite à un enfant violent et le violent n’est pas écarté, ni puni… Et ce gosse ne doit pas sa violence à d’autres enfants de l’école qui l’auraient eux-mêmes maltraité, ni à un milieu familial chaotique. Mon petit-neveu en a souffert aussi, en 2ème maternelle, autrement dit, entre gosses de 3-4 ans !

Anybref, j’ai apprécié le récit, mais niveau émotions, je ne serai pas en overdose puisqu’il m’en a manqué.

J’ai eu du mal à m’attacher à Milo, même si j’ai trouvé le comportement de ses profs injuste et que ces derniers, au lieu de l’aider, l’ont enfoncé un peu plus car il est plus facile de détruire que de construire, plus facile d’enfoncer que d’aider à sortir la tête hors de l’eau.

Idem au niveau de ses copains de classe, qui ont profité ensuite de la situation de bouc émissaire de Milo, mais là, tout le monde sait que les chères têtes blondes sont de vrais démons entre eux.

Malgré tout, l’auteur met bien en évidence le fait qu’un parcours scolaire chaotique tel que fut celui de Milo a débouché sur un jeune homme en manque de confiance, de repères et que ça lui a bousillé ses chances professionnelles.

Par contre, l’auteur m’a glacée au niveau de son polar et de ce qu’une mère est capable de faire pour sauver son enfant. Là, elle m’a troué le cul et je ne m’en suis pas encore remise, oscillant toujours entre le « elle a eu raison » et le « rien ne justifiait cette action ».

Une demi-teinte pour moi, puisque je cherchais autre chose, carton plein pour le côté polar puisque j’en ai pris plein ma gueule sans pouvoir bouger pendant que l’action se déroulait sous mes yeux.

Par contre, pour vous, ce sera peut-être le ticket gagnant au niveau des émotions ou de l’empathie. Je désirais autre chose, je ne l’ai pas eu, ce qui ne m’empêchera pas de sauter de joie à l’idée du prochain roman de l’auteure et de le lire car madame Favan m’a déjà donné un fameux quota d’émotions avec ses autres livres.

EDIT : le coup d’Olivier Norek en marraine la bonne fée, dans les remerciements, m’a fait pisser de rire !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Dans les angles morts : Elizabeth Brundage

Titre : Dans les angles morts

Auteur : Elizabeth Brundage
Édition : Quai Voltaire/La Table Ronde (2018) / Livre de Poche (02/01/2019)
Édition Originale : All Things Cease to Appear (2016)
Traducteur : Cécile Arnaud

Résumé :
En rentrant chez lui un soir de tempête de neige, George Clare trouve sa femme assassinée, et leur fille de trois ans seule dans sa chambre – depuis combien de temps ?

Huit mois plus tôt, engagé à l’université de Chosen, il avait acheté pour une bouchée de pain une ancienne ferme laitière, et emménagé avec sa famille dans cette petite ville étriquée et appauvrie, en passe d’être repeuplée par de riches New-Yorkais.

Ce qu’il a omis de dire à sa femme, c’est que les anciens propriétaires, acculés par les dettes, s’y étaient suicidés, en laissant trois orphelins, Eddy, Wade et Cole.

Dans les angles morts est aussi l’histoire des frères Hale, et celle de la maison de leur enfance.

Pour le shérif Travis Lawton, George est le premier suspect. Mais les secrets sont tenaces dans cette enquête où la culpabilité règne en maître.

Critique :
Un angle mort, c’est la zone inaccessible au champ de vision d’un conducteur de véhicule qui ne lui permet pas de voir une partie de son environnement.

Pourtant, le danger peut y être tapi mais nous ne le voyons pas.

On peut dire que Catherine Clare ne possédait pas de rétroviseurs pour voir le danger lui tomber dessus.

Oh, il y eu bien quelques coups de klaxon timide, des appels de phares, mais elle vit les signes un peu trop tard et bardaf, ce fut l’embardée… Une hache plantée dans la tête, ça ne pardonne pas.

Non, non, je ne spolie rien du tout, dès les premières pages, le ton est donné, le crime a eu lieu, mais au contraire de la série Columbo, nous n’avons pas assisté à son déroulement. Pourtant, le nom du coupable est d’une criante évidence.

C’est ensuite que l’auteur va faire une marche arrière afin de nous présenter l’affaire sous son véritable jour, sans angles morts, parce que je peux vous dire que j’ai tout vu venir et de loin !

Catherine, elle, était une moins grande visionnaire que moi, mais c’est souvent les personnes qui sont plongés dedans qui ne voient rien venir, ni la température de l’eau monter…

Ce roman, les copinautes de blog que sont Dealer de Lignes et Blacknovel en avaient parlé en bien parce qu’ils l’avaient adoré, ce roman noir qui flirte avec la psychose car il met en scène George Clare, psychopathe qui le cache bien à sa famille, ses amis, ses collègues.

Sauf à nous, lecteurs/trices, car l’auteur ne nous laisse pas espérer que l’on se soit trompé sur son cas pathologique de pervers narcissique dominateur, genre prédateur pour tout qui ne va pas dans son sens, en plus d’être un peu pervers sexuel.

Niveau ambiance angoissante, je dois vous dire que j’ai connu mieux, ou pire, dans la montée de l’adrénaline et la distillation de la trouille. Un thriller psychologique, ça ? Même pas frémi !

Savoir que les impôts vont bientôt envoyer leurs feuillets à remplir me donne plus de sueurs froides que ce roman qui, par certains moments, m’a même profondément ennuyé, me faisait sauter allégrement des paragraphes et des pages.

Si les personnages sont très bien campés, si la petite ville est bien décrite, si la vie rurale est bien rendue, avec toutes ses emmerdes, j’ai détesté l’absence de tirets cadratins ou de guillemets pour délimiter les dialogues.

Je n’aime pas ce procédé qui consiste à économiser sur ces sigles ! Pour certains romans, ça passe très bien, alors que ici, j’ai eu une sensation d’une écriture brouillonne à laquelle je n’arrivais pas à accrocher.

La première et la dernière partie étaient, pour moi, les meilleures, celles où je n’ai pas fait des sauts de paragraphes.

La construction narrative avait du bon dans le fait de revenir en arrière, de nous présenter la même scène, mais vue sous des yeux différents, pourtant, je n’ai pas réussi à accrocher mon wagon au train et j’ai suivi en ballotage total, n’attendant qu’une seule chose : le terminer et puis basta !

Et ça me fait râler parce que j’attendais beaucoup de cette lecture et que mes deux blogueurs cités plus haut sont souvent de bons conseils lectures. L’exception confirmera la règle.

Ma deuxième lecture de l’année et bardaf, déjà une déception d’autant plus amère que je m’attendais à un coup de cœur à venir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Population 48 : Adam Sternbergh

Titre : Population 48

Auteur : Adam Sternbergh
Édition : Super 8 (11/10/2018)
Édition Originale : The Blinds (2017)
Traducteur : Charles Bonnot

Résumé :
Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants.

Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ.

En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ.

Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder.

Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis.

Trop tard pour faire marche arrière.

Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…

Critique :
Encore un livre que je voulais absolument découvrir et qui ne m’a pas déçu, m’apportant même une bonne dose de ma came préférée : un thriller en huis-clos !

Le tout avec une pointe de fantastique puisque les expériences scientifiques accomplies dans ces pages n’ont pas encore eu lieu.

Enfin… Je crois… Je pense… J’espère…

Caesura, dite aussi « Blind Town »…

Imaginez une ville paumée en plein trou du cul du trou de cul du fin fond de l’anus du Texas.

Un bled qui n’existe sur aucune carte, dans aucune administration et où ne vivent que 48 personnes dont la particularité est qu’elles ont toutes eu une partie de leur passé effacé ainsi qu’une nouvelle identité qu’ils ont dû choisir en mélangeant un nom/prénom d’acteur célèbre avec celui d’un vice-président.

Assassins notoires ou témoins protégés par le système ? Aucun d’entre eux ne le sait et le lecteur n’en saura rien de plus au départ.

Le départ est banal, si je puis dire, car hormis le lieu inhabituel, la suite a l’air d’être courue d’avance puisque nous avons un crime, faisant suite à un banal suicide et donc, étant en milieu clos, on sent venir le bon vieux whodunit à la Sherlock Holmes/Hercule Poirot, avec le shérif Cooper pour mener l’enquête et son assistante, Sidney Dawes dans le rôle du Watson plus qu’éclairé.

— […] Alors avant que vous sortiez votre casquette de chasseur de daim pour vous lancer dans votre numéro de Sherlock Holmes, merci de considérer la nature – délicate – de la situation.

— Je ne savais pas que ça venait de là.
— De quoi ?
— Le chapeau de Sherlock Holmes. Je ne savais pas que c’était une casquette de chasseur.
— Autre chose ?
— Ça ne sent pas bon.
— Non, ça ne sent pas bon, dit Cooper. Ça ne sent pas bon du tout, putain.

Elle hésite. « Je ne suis pas flic, vous savez. J’étais ambulancière avant de venir ici.
— Et moi j’étais gardien de prison. Alors peut-être bien qu’aucun de nous deux ne devrait jouer les Sherlock Holmes sur cette affaire. »

Ça, c’est que tu croiras au départ, lecteur blasé du thriller et du polar ! Un bête crime à résoudre… Que nenni !

On va plus loin que ça, dans ce thriller aux relents fantastiques (SF ?) et d’ailleurs, l’auteur ne s’embarrassera pas longtemps avant de te balancer le coupable de ce meurtre puisque celui-ci n’est que le point de départ et qu’ensuite, on va gripper les rouages de la machine avec des tas de petits grains de sable qui ne se comporteront pas comme ils sont censé le faire.

Et c’est là que réside un autre des talents de l’auteur : arriver à nous perturber, à nous emmener là où on ne s’y attend pas, à nous secouer, à nous surprendre, à nous angoisser… Le tout en s’aventurant sur un terrain inhabituel tout en restant plausible et réaliste dans les actions de ses personnages ou dans la logique de son scénario.

Le panel des personnages n’a déjà pas fini de nous surprendre, mais en plus, l’auteur a fait pousser son idée sur un terreau fertile, l’a bien arrosé, l’a retaillé et nous livre un petit OLNI de 418 pages où il est difficile de s’ennuyer, sans compter que l’on risque de s’attacher à certains personnages.

Un meurtre en huis-clos, oui, mais pas que… pour parodier une maison d’édition célèbre pour ça. La partie immergée de l’iceberg est bien plus intéressante, plus importante, plus glauque, plus sombre, qu’un simple meurtre…

Voilà donc un thriller en huis-clos où l’on a plus d’empathie pour la population de ce bled paumé entouré de grillages, même si on se doute que ce ne sont pas toutes des brebis innocentes, alors que l’on prendra en grippe ceux qui représentent la Loi.

Encore une belle découverte de cette année 2018 et sans aucun doute, il terminera dans mes coups de cœur car il a réussi, avec un pitch qui semblait vu et revu au départ, à partir dans un tout autre sens et à m’étonner tout au long de ces pages survoltées où tout peut arriver.

Il se peut que Dieu pardonne, mais Il exonère rarement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Corruption : Don Winslow

Titre : Corruption

Auteur : Don Winslow
Édition : HarperCollins Noir (07/11/2018)
Édition Originale : The Force (2017)
Traducteur : Jean Esch

Résumé :
QUAND TOUT LE SYSTÈME EST POURRI AUTANT JOUER SELON SES PROPRES RÈGLES

Denny Malone est le roi de Manhattan North, le leader charismatique de La Force, une unité d’élite qui fait la loi dans les rues de New York et n’hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers et les trafiquants d’armes.

Après dix-huit années de service, il est respecté et admiré de tous.

Mais le jour où, après une descente, Malone et sa garde rapprochée planquent pour des millions de dollars de drogue, la ligne jaune est franchie.

À travers une narration abrupte et remarquablement réaliste, faisant écho à l’œuvre de Dennis Lehane comme aux films de Martin Scorsese, James Gray et Brian de Palma, Don Winslow livre un roman policier magistral, tableau étourdissant du crime organisé, actuellement en cours d’adaptation au cinéma par James Mangold (Copland).

Critique :
Lui, je voulais le lire absolument ! Ma demande n’ayant pas été validée sur une plate-forme bien connue, j’ai été obligée d’aller l’acheter…

Si j’avais été un flic et de la trempe d’un Denny Malone, ce bouquin, le libraire me l’aurait offert dans une enveloppe garnie de fric, retour d’ascenseur oblige.

Mais je ne suis pas flic, ni ripou…

Juste pour info, oubliez le film « Les Ripoux » de Claude Zidi, ici, nos flics jouent dans une autre catégorie : celle des poids lourds et cela ne fait pas rire.

Ce roman, c’est un gros pavé jeté dans une mare profonde, un tsunami qui t’ébranle, une vague immense de révélations qui n’ont rien d’une fiction, même si les personnages et les situations sont fictives.

C’est ça, le NYPD, pense-t-il. Ils vous filent une médaille parce que vous êtes débile, et vous reprennent votre insigne parce que vous êtes intelligent.

N’étant pas la moitié, ni le quart d’une imbécile, sachant que ce genre de pratique ont cours dans des entreprises (pot-de-vin glissés sous la table ou autre), on peut déduire qu’elles ont lieu aussi chez les flics et tout ce qui compose administrativement une ville.

Mais on a beau savoir, s’en douter, le déduire, le soupçonner, avoir lu la saga des Balkani, Fillon et autres, être une lectrice assidue du Canard Enchaîné, on se prend tout de même une volée de bois vert dans le plexus.

— Mais laissez-moi esquiver, m’sieur Winslow ! implorai-je l’auteur durant ma lecture.
— Non, t’en prendras plein ta gueule, la Belette, comme tout le monde ! Le savoir, c’est le pouvoir ! Le savoir, ça fait mal, aussi, donc, encaisse ! Lis ! Avale ! (pardon)

La force de ce roman, en plus de t’en foutre plein ta gueule comme si tu étais sur un ring avec un champion de boxe, c’est qu’il te refourgue aussi des personnages humains, sympathiques, sans manichéisme, qui te donnent envie de faire partie de leur groupe tant ces hommes là sont soudés : les 4 mousquetaires, un pour tout et tout pour un.

Oui, les flics pourris que l’on suit, que ce soit Denny Malone ou ses équipiers, Russo et Montague, malgré leurs travers, malgré leurs défauts, malgré leurs magouilles, malgré le fait qu’ils fricotent avec des types de la mafia, et bien, on a de l’empathie pour eux !

Ce ne sont que des policiers qui ont tenté de faire leur job à un moment donné, qui le font toujours, mais qui ont compris que le système était pourri de partout. Alors, ils tentent toujours de faire leur job, ils mentent plus, ils traficotent les preuves, tout en s’en mettant dans les poches, au passage, comme bien d’autres dans leur entourage.

Au début, l’occasion faisait le larron : du fric abandonné par des dealers dans leur fuite, des faveurs ou du cash offerts par une tenancière de bordel pour que tu regardes ailleurs ou que tu ouvres l’œil, une enveloppe remise par un bookmaker. Tu ne cherchais rien, tu n’étais pas en chasse, mais tu ramassais tout ce qui se présentait.

Si les autres le font, au sommet de la pyramide, pourquoi ne pourrait-on pas nous aussi prélever un peu de pognon ?? Les dirlos de certaines boitent partent avec des camions de matos (parce qu’ils peuvent) et l’employé, lui, ne prend que le petit matériel (mais si on le prend la main dans le sac, gare à lui)…

— Enfoirés de fédéraux, crache Malone. Vous êtes prêts à mentir, à tricher, à vendre les yeux de votre mère pour obtenir une condamnation. Mais quand les flics en font autant, vous criez au scandale.

Là, nos flics, c’est du fric qu’ils pompent, mais moins que d’autres.

Un flic accepte un sandwich au jambon pour tourner la tête, il perd son boulot. Le Congressman Trouduc touche plusieurs millions de la part d’un industriel travaillant pour la défense, c’est un patriote.

Et c’est si facile ! Un jour, on franchit un peu la ligne, juste un peu, juste pour un café et puis, on remet ça, pour un peu plus gros et ainsi de suite, jusqu’à la franchir totalement et ne plus savoir faire demi-tour.

Comment franchit-on la ligne ? Un pas après l’autre.

Oui, un peu comme dans la série Breaking Bad… Sauf que lorsque nous commencerons notre lecture, nos policiers ont déjà les années d’expériences derrière eux et leur petite entreprise ne connait pas la crise tant leur système est rodé et bien huilé.

Lorsque le système va se gripper, on va voir Malone franchir de nouveau une autre ligne, juste un pas, et puis, progressivement, passer de plus en plus vers le côté obscur de la Force et franchir LA ligne ultime, celle qu’on ne doit jamais franchir, que l’on soit flic, mafiosi, membre d’un gang…

Mais il restait une ligne que tu n’avais pas encore franchie. Tu n’avais même pas conscience de marcher dans sa direction. Tu te disais que tu étais différent, mais tu savais que tu te mentais. Comme tu savais que tu mentais en te disant que c’était la dernière ligne que tu franchirais, parce que tu savais bien que ce n’était pas vrai.

Il fut un temps où tu trafiquais des mandats pour effectuer des arrestations justifiées : éradiquer des criminels et la drogue. Puis est venue l’époque où tu trafiquais des mandats pour effectuer des arrestations afin de prélever ta part du butin.
Tu savais que tu passerais de charognard à chasseur.
Tu es devenu un prédateur.
Un parfait criminel.
Tu te disais que c’était différent puisque tu volais des dealers et non pas des banques.
Tu te disais que tu ne tuerais jamais personne pour une arnaque.
L’ultime mensonge, l’ultime ligne à franchir.

L’année 2018 n’est pas terminée, mais voici un coup de cœur en plus, même un coup de poing, dans ce cas-ci car le roman ne laissera jamais son lecteur en sortir indemne.

Personne n’est tout blanc ni tout noir, tout le monde a de bonnes excuses pour ses magouilles ou ses arrangements avec la vérité, tout le monde se donne bonne conscience.

De toute façon, le dealer va engager un Gerry Burger et sortir libre du tribunal. Au moins, tu le puniras, tu lui piqueras du blé, comme si tu lui collais un P-V, et pourquoi le fric reviendrait-il à l’État au lieu de finir dans ta poche, où il servira à faire du bien ?

Dans les romans de Don Winslow, tu sais que tu vas en prendre plein ta gueule, que tu iras te coucher moins bête (on a toujours à apprendre) mais avec la tête en vrac, avec l’envie de ne plus poursuivre ta lecture car tu te demandes si cela vaut la peine de prendre connaissance de toute cette pourriture.

Et bien oui, cela en vaut la peine ! Le cours est magistral, pas de philosophie à deux balles, pas de celle de comptoir, un scénario béton armé, une narration qui commence presque par la fin et qui te distille l’histoire dans un ordre bien choisi, qui t’alpague direct dès les premières lignes, avant de te coller quelques uppercuts ou direct dans le bide magistraux, pour te laisse K.O dans les cordes du ring, avec juste assez de dents pour dire « encore » parce que dans le fond, le lecteur est maso.

Sûr que le prochain flic qui me demandera de tenir mon pauvre clébard en laisse (à la campagne !!!) va en entendre des vertes et des pas mûres, maintenant que je sais tout, mais en plus, je sens que mes fins de moins vont être bourrées de beurre dans mes épinards et mon cul bordé de nouilles car demain, je prends le contrôle de mon quartier et je monte mon gang, na !

Merci m’sieur Winslow pour m’avoir donné ce cours merveilleux et avoir fait de moi une affranchie, c’est-à-dire une « qui sait ». On veut la sécurité, mais on ne veut pas savoir comment cela se passe en coulisses.

— Qu’est-ce que je viens de dire ? Vous me posez des questions, mais vous ne voulez pas connaître les réponses. Vous voulez vivre dans l’Upper East Side, le Village ou à Westchester, sans que la merde dégouline dans vos beaux quartiers. Et vous ne voulez pas savoir comment on empêche ça. Vous voulez juste que je fasse le boulot pour vous.

Merci pour les coups dans le bide, dans les dents, merci de m’avoir secouée de la sorte et d’avoir rhabillé tout ce petit monde (flics, politiciens, assureurs, banquiers,…) pour de nombreux hivers.

L’enfer, ce n’est pas de ne pas avoir le choix. C’est de devoir choisir entre deux choses épouvantables.

Je préfère mille fois un gangster honnête à ces enfoirés de Wall Street, se dit Malone. Le public ne comprend pas ça. Les gens pensent que les mafieux sont des escrocs ?  Les ritals voudraient juste pouvoir voler comme le font les gestionnaires de fonds de pension, les politiciens, les juges, les avocats. Et les membres du Congrès ? N’en parlons même pas.

Ces abrutis pour qui la réponse consiste à armer tout le monde, afin que les gens puissent, par exemple, canarder dans l’obscurité d’une salle de spectacle, n’ont jamais eu d’arme pointée sur eux, et ils chieraient dans leur froc si ça leur arrivait.

Apocryphe : René Manzor

Titre : Apocryphe

Auteur : René Manzor
Édition : Calmann-Lévy Noir (03/10/2018)

Résumé :
Jérusalem, an 30. Sous une pluie battante, trois crucifiés bataillent pour que chaque nouvelle inspiration ne soit pas la dernière. Le déluge achève de disperser les quelques spectateurs présents.

Seule une personne reste obstinément sur le Golgotha. Un garçon de sept ans qui a échappé à la surveillance des adultes. Il ne quitte pas des yeux l’homme cloué sur la croix centrale.

Malgré la violence du spectacle auquel il assiste, l’enfant ne pleure pas. Son expression semble même trahir de la rancune envers ce rédempteur qui a tout donné aux autres et si peu à lui.

Son nom est David de Nazareth. Fils du supplicié Yeshua, dit le roi des Juifs.

Sept ans plus tard, au cœur du désert de Judée.

Le jeune David a grandi dans une ferme isolée, élevé par sa mère Mariamné. Lassé de vivre caché, il sent un vent de révolte souffler en lui, qui fait écho aux secousses qui agitent la Palestine, rendue exsangue par deux décennies d’occupation romaine.

Poussé par la volonté de s’émanciper et de prendre part aux bouleversements qui s’amorcent, David s’enfuit, dans le but de rejoindre Jérusalem.

Débute alors pour lui un chemin jalonné de secrets, de trahisons, d’intrigues politiques et de stratégies guerrières, qui le mènera à la découverte d’une vérité soigneusement dissimulée pendant des années, dans le but de le protéger.

Critique :
« Eli, Eli, lama sabachthani » furent les dernières paroles de Jésus, sur sa croix et non pas « Un clou, vite, je glisse » comme je me plais toujours à dire (oui, à une époque, j’aurais fini sur le bûcher pour hérésie blasphématoire).

Traduction de ses mots ? « Mon dieu, mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné », ce qui prouve bien que même Lui a douté et que la crucifixion est une mise à mort barbare et horrible.

En attendant, avec ça, vous avez de la matière culturelle pour briller pour les fêtes de fin d’années (ou à Pâques, au choix).

Il est bon de savoir que la phrase varie selon la langue utilisée et qu’en Araméen, cela donne : « Élôï, élôï, lama sabacthaneï » et que Dieu est aussi écrit « Eloï » et si avec ça vous n’êtes pas le roi de la culture, je veux bien bouffer une huître !

Mais revenons à nos moutons… Si Yeshua (dit Jésus dans nos contrées), tentait un come-back, m’est avis qu’il serait stoppé à la frontière (ou arrêté après avoir tenté de la franchir), serait enfermé et puis remballé fissa dans son pays d’origine… car il n’a rien à voir avec le style européen qu’on nous matraquait « dans le temps ».

Anybref… Ce thriller étiqueté ésotérique ou biblique, je n’y croyais pas de trop, je doutais, comme je fais souvent et puisque je m’interrogeais sur le contenu de ce roman, j’ai fait comme Thomas, l’apôtre, j’ai demandé des preuves et il m’en a été donné par la lecture de ce roman (mais je n’ai pas mis mon doigts dans le trou).

Non, soyez sans crainte, ce thriller historique n’a RIEN à voir avec une resucée (j’adore ce mot) d’un Da Vinci Code ou avec un roman qui voudrait réécrire l’Histoire, vous faire prendre des vessies pour des lanternes ou tout autre chose. On est au-delà de ça, bien au-delà… Ici, on est dans la crème, pas dans la lie !

L’auteur a étudié le sujet avant de le travailler et ce qu’il nous livre, c’est mieux qu’un voyage dans le temps, c’est une véritable plongée dans ce qui fut, après la crucifixion de Yeshua, le début de conversions à un nouveau courant religieux, de baptême et de prêches par les apôtres.

Certains pourraient reprocher que les chapitres courts donnent l’impression de lire un futur film, mais cela ne m’a dérangé aucunement.

Entre nous, j’ai trouvé que ces successions rapides donnaient une vie propre au roman, comme s’il se déroulait devant nos yeux et que nous étions les spectateurs impuissants mais entrainé par les personnages forts, dont certains étaient de vieilles connaissances.

Après lecture, que vous soyez croyant, athée, agnostique ou autre, votre opinion ne sera pas changé car là n’est pas le but de l’auteur, lui, tout ce qu’il veut vous offrir, c’est son travail sur cette époque dont nous savons peu et qui pourtant a eu et a encore une importance énorme dans nos sociétés.

Ce thriller historico-religieux est aussi un roman noir car il nous fait découvrir la vie des Juifs sous l’occupant romain et sa fameuse Pax Romana, l’esclavage, la mendicité, les enjeux politiques, les manipulations de certains, la duplicité et les ronds de jambes des autres, autrement dit « un air de déjà-vu » puisque c’est toujours la même chose partout dans le Monde à toutes les époques.

C’était ma première fois avec René Manzor mais nom de Dieu (oui, j’ose), quelle panard je viens de prendre durant cette lecture passionnante et sans parti pris.

Un coup de cœur en plus pour cette année. J’aimerais vous en dire plus mais j’aurais peur d’en dire trop. De plus, je ne trouve pas mes mots pour vous dire combien j’ai apprécié cette lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Un avion sans elle : Michel Bussi [LC avec Stelphique]

Titre : Un avion sans elle

Auteur : Michel Bussi
Édition : Pocket (07/03/2013)

Résumé :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ?

Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…

Critique (celle de Stelphique juste sous la mienne):
Si vous êtes à la recherche d’un bon page-turner, d’un roman qui vous colle aux doigts car vous ne pouvez plus le lâcher avant de savoir le mot de la fin, ce livre est fait pour vous.

Certes, on me dira que ce n’est pas un possible Goncourt, que c’est juste un thriller bien foutu, addictif, le genre qui est excellent pour emmener à la plage.

Effectivement, on ne va pas révolutionner la littérature et ci ce roman est parfait pour lire sur une plage, je préciserai, néanmoins, qu’il vaut mieux le lire de préférence là où il n’y a pas de marées, c’est plus prudent.

Je ne voudrais pas avoir sur la conscience la noyade de Babéliottes qui auraient suivi mon conseil et, plongés dans cette lecture, en auraient oublié que la mer, elle monte !

Ce qui joue sur l’addiciton, c’est la manière dont est construit le récit car dès les premiers moments, on se sent happé par le mystère avec les dernières lignes écrites par le détective, Crédule Grand-Duc, avant qu’il ne se tire une balle dans la tête.

Oui, moi aussi je trouve qu’il devrait y avoir des lois afin d’interdire à des auteurs de nommer leur personnage avec des noms qui ne font pas sérieux, qui ressemblent à un totem scout et qui, selon moi, enlève le caractère sérieux au récit en donnant au lecteur l’impression que le détective principal est un bouffon.

Tant que j’en suis à vous parler des personnages, mon autre coup de clavier ira au fait que certains étaient plus que caricaturaux (Malvina, Marc et Lylie, surtout) et trop figés dans leur comportement, comme si les événements, les faits, ne les changeaient pas un peu au fil de l’histoire.

De plus, on se retrouve avec un combat des méchants riches contre les gentils pauvres. D’accord, les riches ne sont pas des adorables Bisounours, ils n’ont pas fait leur fortune en bouffant des arc-en-ciel et en chiant des papillons, mais bon, un chouïa de modération et moins de clichés auraient apporté un peu plus de nuances aux personnages et à leurs situations sociales.

Anybref, je ne vais pas non plus bouder mon plaisir de ce triple looping sans les ceintures attachées et sans parachutes non plus car l’auteur a construit son récit de manière à nous tenir en haleine durant 570 pages, sans que l’on s’emmerde une seule seconde, jouant avec le suspense en coupant habillement le fil de l’histoire pour revenir sur un autre point, un autre protagoniste.

Niveau mystère, on est servi comme en première classe, il n’y a pas de gras, pas trop de sucre, tout est dosé, même si Bussi rajoutera de la crème chantilly sur le final, juste pour nous voir y foutre nos doigts dedans et les relécher avec gourmandise. Il nous le devait bien, après nous avoir balancé dans des tas de trous d’air et de cabine dépressurisée.

Alors oui, ce ne sera pas la révolution dans la littérature, la plume de l’auteur étant « normale » (comme un ancien président, mais en mieux), sans fioritures, sans poésie. Une écriture simple qui ira droit au but, c’est déjà pas mal, je trouve.

Niveau construction, c’est bien agencé, le suspense est maintenu et les révélations fracassantes se feront au fur et à mesure, après quelques coups de mystères qui deviendront des coups de tonnerre lorsque nous en saurons plus.

Malgré le fait de la construction et du mystère bien caché, j’ai tout de même compris ce que l’auteur avait derrière la tête et ce que Crédule Grand-Duc avait vu, par le plus grand des hasards, après 18 ans d’enquête. Moi, je ne l’avais pas vu, n’ayant pas le journal sous les yeux, mais j’ai compris à un moment donné que…

Un livre que j’ai dévoré, tel Lance Armstrong lancé comme un fou dans le Mont Ventoux et qui n’a même pas remarqué que ça montait un peu. Ma pauvre binômette de LC, ma fée Stelphique, a fini sa lecture, dégoutée par mon rythme de malade (comme d’habitude) et pas aussi conquise par le roman qu’elle l’aurait souhaité. Nous avons les mêmes reproches…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Synopsis : 

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…


Ce que j’ai ressenti :

  • Un vol plutôt réussi…

On peut dire que Michel Bussi m’a encore bien eu avec ce thriller! Cette histoire d’avions et les ailes de son intrigue m’ont transportée dans une affaire de famille fracassante. Ailes et Elle.

ELLE, c’est une Libellule qu’on voudrait s’arracher. Elle, cet être fragile aux ailes abîmées, volette frénétiquement, d’un secret à un autre plus lourd encore… Elle qui cherche à se construire entre ses deux partis, qui se disputent la lumière au fond de ses yeux bleus. Elle, qui porte deux possibles, deux chemins diamétralement opposés, deux choix du cœur.

Alors, cette expédition vers la Vérité ne se fera sans quelques heurts et sacrifices… Un page-turner efficace!

Oh, libellule
Toi, t’as les ailes fragiles,
Mais, moi, j’ai la carlingue froissée…

  • Des turbulences nommées Désir…

Le désir peut prendre plusieurs formes, et ne se contrôle pas, la plupart du temps… Michel Bussi explore toutes les lignes du désir, quitte à frôler des lignes ambiguës, qui pourrait mettre mal à l’aise. Des frontières dans les mœurs, entre les pays, au sein de la famille, au cœur de l’amour: un vol plané au dessus des sentiments humains qui n’était pas de tout repos…

Et peut être à trop vouloir que le lecteur choisisse un « camp », j’ai trouvé que certains éléments manquaient de subtilités et tiraient beaucoup en longueurs… Et il a eu aussi des scènes qui m’ont un peu dérangée, même si elles servent l’intrigue, j’ai été un peu déçue par ses turbulences : les riches trop riches avec le mauvais rôle, les pauvres trop pauvres avec le meilleur rôle, l’héroïne trop parfaite que tout le monde envie, les méchants trop méchants et prêts à tout…

Finalement, on me l’avait fortement conseillé mais, ça ne sera pas le coup de cœur attendu de mon coté, sans doute parce que j’avais trop d’attentes…

« Ils auraient dû se méfier, il faut toujours se méfier des sourires. »

  • Heureusement, j’ai pris l’avion avec elle… 

Je parle bien sûr, de ma binômette, qui, comme de par hasard, l’a lu sans escale, et à vitesse grand V !

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture puisqu’il était partagé, mais ça ne sera pas, un de ceux qui m’auront marqué. J’ai été surprise par le twist final, comme d’habitude, ça c’est l’élément qui caractérise les thrillers de cet auteur, et à chaque fois, je salue cette originalité.

Il y avait quand même, une curiosité permanente pour cette petite libellule et des petits instants de poésie qui ont rendu ce voyage agréable…

« Le cerf-volant comme un fil tendu entre tous les enfants de la planète : juste un peu de vent, rien besoin d’autre. 
L’art d’apprivoiser le ciel, juste pour rire. »

Ma note Plaisir de Lecture    7/10

La vérité sur l’affaire Harry Quebert : Joël Dicker [LC avec Bianca]

Titre : La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Saga Marcus Goldman 1

Auteur : Joël Dicker
Édition : de Fallois (19/09/2012)

Résumé :
À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente: il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.

Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces.

Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Critique :
Ben non, je n’avais pas encore lu ce roman qui a été plébiscité partout et obtenue de nombreux prix ! Moi, une fois que l’on parle trop d’un roman, j’ai tendance à le fuir et à revenir vers lui une fois l’agitation retombée.

C’est donc avec quelques années de retard et grâce à une LC avec Bianca, que je me suis enfin penchée sur ce roman.

Par contre, ce qu’il ne faut jamais faire, avant d’entamer un roman, c’est aller lire les chroniques de ses petits camarades Babéliottes !

Soit ils encensent le livre et on s’attend à tomber sur du tout bon et on peut finir déçu(e)…

Ou alors, on lit les trois premières chroniques et bardaf, ce sont celles qui descendent le roman et là, après avoir bien rigolé en les lisant, on n’a vraiment plus envie de commencer la lecture ! Si vous voulez, j’ai les noms des membres qui m’ont bien fait rire avec leurs chroniques virulentes, drôles et étayées.

Alors, docteur, le verdict ? Vais-je me retrouver dans le camp de ceux qui ont aimé ou de ceux qui l’ont descendu en flèche ?

Dans le camp de ceux qui ont apprécié car je m’attendais à mourir d’ennui (faut meubler les 857 pages) ou à soupirer d’emmerdement et rien de tout ça, malgré quelques petits bémols que je vais souligner plus bas.

Je me suis attachée aux personnages principaux, même à des autres, moins mis en avant, j’ai suivi avec passion l’enquête de Marcus Goldman, m’exclamant à chaque retournement de situation et, tout comme lui et l’inspecteur Gahalowood, j’ai suspecté tout le monde.

À noter que ma première brillante idée était la bonne, mais je l’avais mise sur le côté car je ne trouvais pas le mobile ni le « comment », quand à mes suspicions suivantes, on va les oublier car foireuses !

L’auteur a réussi à ne jamais faire baisser la tension, ou du moins, juste un peu la calmer, l’agencement du roman était fait d’une manière qui mélangeait les retours dans le passé et ceux du présent, sans pour autant lui donner des airs de foutoir et la résolution de l’intrigue était bien tarabiscotée, mais tout à fait réaliste et logique.

Mes bémols, maintenant… La mère de Marcus, véritable mère juive dans toute sa caricature était un peu lourde alors que le père de Marcus est sans couilles, quant à Tamara, la patronne du Clark’s, mère de la pauvre Jenny et épouse du pauvre Bobo avait tout d’un généralissime de dictature. C’est un peu lourd sur la distance.

— Markie chéri, écoute, je dois te demander : es-tu amoureux de ce Harry ? Fais-tu de l’homosexualité avec lui ?
— Non ! Pas du tout ! […] Tu me demandes si je suis homosexuel ? non ! Et même si c’était le cas, il n’y aurait rien de mal à ça. Mais j’aime les femmes, Maman.
— Les femmes ? Comment ça, les femmes ? Contente-toi d’en aimer une, veux-tu ! Les femmes ! Tu n’es pas capable d’être fidèle, c’est ça que tu essaies de me dire ? Es-tu un obsédé sexuel, Markie ? Veux-tu aller chez un docteur psychiatre pour te faire faire des soins mentaux ?

Maintenant, passons à l’histoire d’amûr entre Harry Quebert (avait la tête du docteur Mamour alors que je n’avais pas encore visionné la série), 34 ans, et Nola, 15 ans… Là, ça coince un peu car leurs dialogues manquaient de passion : je les ai trouvé plats, nunuches, niais.

Lorsqu’on aime, à 15 ans, certes, on est folle, on ne réfléchit pas, on est passionnée, on a le sang qui bout (parfois le contraire), bref, c’est sulfureux ! On veut du sexe et si nos paroles sont débiles, elles sont en tout cas plus passionnées que celles de Nola et Harry. Là, c’était aussi plat que la poitrine de Birkin (et encore, la poitrine à Birkin a plus de relief que leurs dialogues).

De ce que je me souviens, on n’en était pas à dire des « chéri » ni à se comporter avec lui comme une maman avec son fiston ou une épouse fidèle et aimante qui soigne son n’époux aux petits oignons…

Un peu moins de pudibonderie, que diable ! L’Amérique aime le sexe (la pipe présidentielle !) et les auteurs Suisses ne doivent pas mettre le sexe dans un coffre-fort à la banque !

Par contre, l’auteur a bien cerné le fait que la moindre anicroche nous rend tellement déprimée qu’on a envie d’aller s’asseoir sur la berge du ravin (cadeau), prêtes à faire le grand saut car rien ne va dans notre histoire d’amour. Nous sommes ainsi, nous, les filles, lorsque nous sommes follement amoureuse à 15 ans (avec le recul, j’ai honte de mes vieux amours de jeunesse).

Autre truc énervant au possible, c’est la répétition de certains phrases, comme « C’est compliqué » ! Bordel de nom de dieu, à croire que tous les personnages de ce roman n’avaient que ça à la bouche lorsqu’on essayait de les aider à sortir de leur merde !

— C’est compliqué, Marcus.
— Mais je suis là pour comprendre..
— C’est trop compliqué…

Si j’avais eu 5€ à chaque « C’est compliqué » ou à chaque « Nola, Nola chérie », « N-O-L-A » et « Harry, Harry chéri », j’aurais eu de quoi m’offrir un looong week-end en amoureux à la côte d’Opale, tiens. Ça, ça m’a gonflé à mort, mais bon…

De plus, certains phrases étaient indignes d’un auteur, ou alors, les correcteurs étaient en grève à ce moment là.

Et dernier bémol, et non des moindre : l’auteur n’aurait jamais dû nous donner des extraits du fameux livre « Les origines du mal » car s’il est dit dans le roman que c’est un chef-d’œuvre digne de figurer au panthéon des grands romans et Harry Quebert avec les plus grands des auteurs américains, la prose qu’on nous donne en extrait ressemble plus à du Harlequin retravaillé qu’à autre chose. Dommage.

Ma chérie, vous me manquerez. Vous me manquerez tant. Mes yeux pleurent. Tout brûle en moi. Nous ne nous reverrons plus jamais ; vous me manquerez tant. 

J’ajouterai aussi les quelques phrases qui ont tout de la philosophie de comptoir ou de celle qu’on a pas besoin de nous écrire car nous nous en doutions déjà…

« L’amour c’est très compliqué.  C’est à la fois la plus extraordinaire et la pire chose qui puisse arriver. Vous le découvrirez un jour. L’amour ça peut faire très mal »

Le seul à savoir si Dieu existe ou n’existe pas, c’est Dieu lui-même.

Alors là, vous êtes en train de vous dire « bon sang, mais tout ces bémols, ça fout pas un peu le tout en l’air ?? » En tout cas, ça me met le cul entre deux chaises pour la cotation !

Le point positif de ce livre, est l’enquête policière menée par l’écrivain Markus Goldman et qui nous entraîne dans tous les petits secrets pas nets des habitants de la ville de Aurora, ceux qui ont l’air de laver plus blanc que blanc et qui, dans le fond, sont sombres à l’intérieur.

Additionnons à cela les multiples fausses-pistes, les secrets découverts sur le tard, les annonces fracassantes de certains et vous comprendrez qu’en tant que lecteur, vous aurez l’impression d’être sur un ring de boxe et de vous prendre des coups de plus en plus violents sur tout le corps.

Sans oublier le final qui vous laissera sur le cul – ou K.O – parce que si ma première hypothèse était la bonne, jamais je n’aurais soupçonné autant de ramifications, autant de mystifications, et à ce niveau, l’auteur a bien fait le job. Là, il mériterait un 4,5/5.

Mais les dialogues mièvres, les redondances du « c’est compliqué », la philo à deux balles et cerise sur le gâteau, l’histoire d’amour fadasse entre N-O-L-A chérie et Harry chéri qui ne fait pas rêver, va lui faire perdre de nombreux points et finir avec un 2,5/5.

En additionnant les deux cotes, on obtient un 7/10 ou un 3,5/5, ce qui fait chuter la moyenne de l’année et positionne l’élève Dicker sur la sellette.

Malgré tout, je ne regrette pas cette LC avec Bianca car je m’attendais à me faire chier royalement et j’ai trouvé cette lecture addictive et une solution recherchée et pas simple du tout à voir venir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Golem – Le tueur de Londres : Peter Ackroyd [LC avec Bianca]

Titre : Golem – Le tueur de Londres

Auteur : Peter Ackroyd
Édition : Archipoche Suspense (03/01/2018)
Édition Originale : Dan Leno and the Limehouse Golem (1994)
Traducteur : Bernard Turle

Résumé :
Londres 1880. Un assassin insaisissable, invisible, opère dans le quartier de Limehouse.

Le peuple, la presse, la police l’ont surnommé le Golem, du nom de cette créature de la mystique juive, démon sanguinaire fait d’argile, capable de se défaire et de se reconstituer à volonté.

Le journal intime d’un certain John Cree révèle qu’il serait le mystérieux Golem, décrit ce qu’il appelle son oeuvre d’artiste, le massacre minutieux et jubilatoire de deux prostituées, d’un vieux sage et d’une famille entière.

Mais sa femme, Elizabeth Cree, une ex-chanteuse de music-hall, semble elle aussi dissimuler bien des secrets.

Le chemin de ces êtres énigmatiques croise et recroise celui de personnages historiques, l’écrivain George Gissing, Karl Marx et Dan Leno, « L’homme le plus drôle du monde », la star du théâtre populaire à cette époque.

Tous se rencontrent sans se connaître, dans la salle de lecture du British Museum ou au théâtre. Tous seront soupçonnés par la police dans sa traque du Golem.

Critique :
D’habitude, je préfère lire le roman avant de voir le film, mais dans ce cas-ci, j’ai fait le contraire et bien mal m’en pris !

Oui, j’aurais dû lire avant de voir car le roman a éclairé le film que j’avais trouvé confus et dont j’étais sortie sans trop avoir de certitude sur les événements que j’avais vus.

Comme ce fut le cas lors de la lecture de « Shutter Island » de Lehane, tout s’est éclairé lors de ma lecture et le roman m’a permis de comprendre le film (j’avais rien capté du film avec Di Carpacio).

L’histoire est un éternel recommencement… Si j’avais lu le roman avant, j’aurais eu les outils nécessaires lors du visionnage du film.

Le changement brusque de « narrateur » dans le roman ne m’a pas perturbé car, comme dans le film, nous suivons plusieurs protagonistes et si, au départ, on ne voit pas bien ce qu’ils viennent faire là, au fur et à mesure de la lecture, on distingue mieux les fils de la toile et la place de chacun.

Le film mettait en avant l’inspecteur John Kildare, alors que le roman le laisse plus dans l’ombre, mais la lecture permet de mieux se concentrer sur les différents personnages et puisqu’il n’y a pas d’effets spéciaux, on n’est pas distrait par les changements opérés par le scénariste lorsqu’il nous montre le même meurtre commis par plusieurs suspects (ceux qui ont vu le film verront bien de quoi je parle) .

L’auteur nous décrit bien le Londres d’en bas, celui des années 1860 à 1880 (même si je n’y étais pas) et son style est très cinématographique, je trouve, car lors de ma lecture, je voyais les images défiler, et je pense que cela n’avait rien à voir avec des réminiscences du film…

Beaucoup de mystères planent sur le récit, même si la scène d’ouverture ne laisse aucun doute sur l’issue fatale pour l’un des protagonistes puisque nous assistons à sa pendaison.

En tout cas, cette lecture a été addictive et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai pris plaisir à replonger dans les cabarets, à chanter, à jouer la comédie, à suivre le meurtrier dans ses pérégrinations sanglantes et à croiser des gens connus à la salle de lecture du British Museum.

Un polar historique qui m’a permis de comprendre son adaptation cinématographique (il n’est jamais trop tard) et dont ses personnages m’ont fait parcourir quelques quartiers mal famés de Londres, ce qui ne pouvait que me ravir.

♫ Allez venez milord, vous asseoir à ma table ♪ *mode cabaret enclenché*

Par contre, pour ma binôme de LC, Bianca, ce fut la bérézina totale et elle n’a jamais réussi à accrocher au récit, abandonnant même l’affaire en cours. Comme quoi, tous les goûts sont dans les lectrices.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.