Le syndrome [E] : Franck Thilliez [Franck Sharko et Lucie Hennebelle – Tome 1]

Titre : Le syndrome [E] – Franck Sharko et Lucie Hennebelle – Tome 1

Auteur : Franck Thilliez
Édition : Fleuve Noir Thriller (2010) Pocket (2012 / 2017)

Résumé :
Méfiez-vous le Syndrome E est certainement en vous… Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle…

Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Henebelle, lieutenant de police à Lille, et de ses deux adorables jumelles. Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés, le crâne scié…

Il n’en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le commissaire Franck Sharko en congé forcé pour soigner ses crises de schizophrénie.

Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Henebelle et Sharko, si différents et pourtant si proches dans leur conception du métier.

Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada des années cinquante, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu, d’une réalité effrayante et qui révèle que nous pourrions tous commettre le pire.

Car aujourd’hui, ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas encore de quoi ils sont capables…

Critique publiée sur Babelio le 5 juin 2012:
Le jour où je passerai l’arme à gauche (ou à droite, pas de sectarisme), je me dirai que dans ma vie, j’ai eu la chance de lire de très bons auteurs de polars… de très bons auteurs de thrillers… de très grands auteurs…

Thilliez a cette chance unique (il ne se sent plus, l’homme, depuis qu’il le sait) de pouvoir figurer sur ma liste d’auteurs de thrillers qui ont fait vibrer mon petit coeur de lectrice, qui m’ont fait frissonner, qui m’ont donné des sueurs froides, m’ont fait ressembler à une asociale de la pire espèce parce que je grognais dès que l’on voulait m’ôter un livre des mains, tel un chien rongeant son os.

Première incursion dans le monde de Franck Thilliez, plongée directe en eaux troubles et froides et j’en suis ressortie plus groggy que si j’avais disputé dix rounds face à un champion de boxe.

C’était ma première rencontre avec ses personnages – Lucie Henebelle et Frank Sharko – et pour le prix, je les ai eu tous des deux ensemble dans le même roman.

Deux écorchés vifs, des personnages bien travaillés, pas des personnages guimauviens ou fadasse comme la soupe de ma grand-mère, quand elle oublie le sel. Non, des vrais personnages brut de décoffrage, plus écorchés qu’une bête à l’abattoir.

Deux flics plus flics que tous les flics réunis, ne vivant que pour leur boulot, que pour la traque de la bête, tels des chiens de chasse lancés sur la piste d’un cerf. Des dingues, surtout Lucie. Prête à tout. Quand au commissaire Sharko, c’est encore pire… Il est tellement écorché qu’il est atteint de schizophrénie.

Au moins, nous sommes loin des personnages tous lisses que nous avions parfois dans les romans, des gentils tout plein, sans problèmes, avec une femme aimante, des gosses polis et un chien sans puces, au poil lisse. Ici, pas de ça ! Politiquement incorrect, oui. N’hésitant pas à dézinguer des salauds, s’il le faut.

Nos amis Lucie et Franck, partant chacun de leurs côtés, séparément, vont se croiser au cours de leur enquête et la mèneront de concert, tous les deux.

Le genre de chose que j’apprécie dans un roman : deux enquêtes qui n’ont rien en commun et qui se télescopent à un moment donné, sans que vous sachiez « comment » et « pourquoi ». Faut faire durer le plaisir.

Pour ce qui est de leur enquête, je dois dire que « temps mort » n’est pas présent, mais que « morts à gogo » oui, et pas des scènes de crime toutes propres comme chez Columbo ! Gore de chez gore, j’adore!

Sur la fin, les pages tournaient toutes seules, animées d’une vie propre et je me retranchais de plus en plus dans mon monde, courant avec mes deux flics. Je voulais savoir !

Un seul défaut : le nom du commissaire Sharko… Désolé, mais parfois, dans le feu de l’action, mes yeux, ces traîtres, ou mon cerveau, ce salopard, prenait un malin plaisir à ôter le « h » ce qui donnait… je vous le donne en mille… Oui, lui, le petit nerveux.

Avouez que cela peut vous casser une ambiance quand, au lieu de visualiser le grand type costaud qu’est Sharko, vous voyez un petit excité gesticulant. Je vous jure que je ne suis pas maso, mais un truc pareil, ça vous colle deux fois plus de sueurs froides !

Tout autre chose, un bon point pour son incursion dans mon pays, avec la ville de Liège et la clinique universitaire de Saint-Luc, à Bruxelles, que je connais bien.

L’auteur semble aussi être au courant d’un secret d’état bien gardé chez nous : l’état déplorable de nos autoroutes qui ressemblent parfois à une piste du Paris-Dakar, mais plus Dakar que Paris… Ma foi, je lui dirais de ne pas trop se plaindre, il ne les a pas payée, lui !! L’argent de ses impôts ne sont pas passé dans la réfection de cette bande d’asphalte qui se désagrège au fur et à mesure…

Pour conclure (et pas dans le foin), je dirais que le Syndrome [E] est un livre [E]xcellent, digne d’un thriller comme ils se doivent d’être, entrainant, palpitant, bien torché et pas classique, comme scénario. On sort des sentiers battus et tant mieux.

Je me suis posée bien des questions et la fin nous laisse sur un cliffangher des plus dégueulasses pour le lecteur qui ne possède pas la suite [Gataca] sous la main.

Moi, je l’avais… et j’ai replongé avec délice dans les eaux sombres et glaciales…

Faites pareil, vous ne regretterez pas le voyage.

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22/11/63 : Stephen King

Titre : 22/11/63

Auteur : Stephen King
Édition : Nadine Gassie
Édition Originale : 11/22/63 (2011)
Traducteur :

Résumé :
Jake Epping est un enseignant d’anglais à Lisbon Falls, dans le Maine, qui se fait un revenu complémentaire en enseignant aux adultes dans le programme GED.

Il reçoit un essai de l’un des étudiants : une histoire macabre, déchirante, au sujet d’une nuit il y a 50 ans quand le père d’Harry Dunning est arrivé à la maison, a tué sa mère, sa soeur et son frère avec un marteau. Harry s’en est sortit avec une jambe mal en point, comme le prouve sa démarche actuelle.

Un peu plus tard, Al, l’ami de Jake, lui raconte un secret : sa boutique est un portail vers 1958.

Il enrole Jake dans une folle mission afin d’empêcher le meurtre de John Kennedy. Ainsi sa nouvelle vie en tant que Jakes George Amberson, son nouveau monde d’Elvis et JFK, un monde de grosses voitures américaines, d’un solitaire en difficulté nommé Lee Harvey Oswald et d’une bibliothécaire prénommée Sadie Dunhill, qui devient l’amour de Jake et qui transgresse les règles normales du temps.

Critique postée sur Babelio le 1er avril 2013 :
♫ Mes amis voici le temps venu, d’aller prier pour mon salut, le King, est revenu ! ♪

Ah, Stephen King, tu es responsable de mes premiers frissons, de mes premières « vraies » frousses, tu es l’homme qui a enchanté mes après-midi de lecture avec tes nombreux ouvrages dont mes doigts aggripaient les couvertures, le souffle court et totalement immergée dedans.

Oui, Stephen (tu permets que je te tutoie, vu ce que tu m’as fait vivre) tu es l’auteur qui m’a fait regarder les voitures avec la sueur froide qui me coulait dans le dos et je n’avais (jusqu’à présent) jamais osé lire « Cujo » de peur de regarder mon chien de manière suspicieuse (et j’aurais jamais dû le lire).

Stephen, c’est l’ami Gruz (Blog ÉmOtionS) qui est LE responsable de cette lecture de ton livre, sa critique, plus que dithyrambique, m’ayant poussé à nouveau vers toi…

Et alors, Stephen ? Il paraît que tu es désormais en odeur de sainteté auprès des grands quotidiens francophones ? La faute au nouveau pape ou au fait qu’ils aient ENFIN remarqué ton talent indéniable de conteur-frissoneur hors-pair ?

Comme le dit si bien Le Figaro « Sans la liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloges flatteurs » et dans ton cas, après t’avoir longtemps blâmé, ils te lancent ENFIN des fleurs, et sans le pot.

Ont-ils raison de encenser, comme le fit Gruz, Laurence64 et tous les autres ?

Ma foi (nouveau pape oblige), je dirais « oui » et « non »… et je commencerai par ce qui fâche d’abord :

Stephen, les préliminaires, c’est agréable, il en faut, on a le droit de prendre son temps et de faire languir son partenaire lecteur/trice, mais, à un moment donné, il faut passer à l’acte ! Rentrer dans le sujet.

Trois cent pages en trop… trois cent pages de moins n’auraient pas été du luxe parce qu’à un moment donné, bien que j’ai passé du bon temps à suivre les tribulations de Jake Epping, je l’ai trouvée un peu longue, ton histoire.

Non, Stephen, ne t’en fais pas, cela n’enlève rien à la qualité de ton livre ! Il faut dire que l’assassinat de Kennedy à Daaallaaaas, cet univers impitoyable, ne m’intéressais pas plus que ça, mais que, depuis que j’ai lu ton ouvrage, et bien, cela m’a intrigué plus, surtout au niveau des implications que cela a eu sur le reste du monde et sur les événements qui ont surgi ensuite.

As-tu raison lorsque tu dis – à travers ton personnage de Al – que si Kennedy n’était pas mort, tout ce qui a suivi n’aurait pas eu lieu ?

Hormis cette légère critique sur les pages en trop, tout le reste, c’est du petit lait et j’ai eu plaisir à te retrouver, mon ami que j’avais perdu de vue, bien que cette fois-ci, il n’y ait pas eu de véritables monstres caché dans les placards ou sous le lit pour me coller les sueurs froides.

Le « monstre » n’est d’ailleurs pas un habitué de tes livres (le renouveau du cheptel), mais « Carton Jaune » m’a fait me poser de nombreuses questions quant à sa présence. Une sacré trouvaille !

De plus, on sent que point de vue références, tu les as pompée chez toi-même, mon grand. Ne dit-on pas que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ?

Oui, Stephen, tu nous a pondu un bon roman, j’ai vibré, supputant mille et une choses sur la fin, me demandant si « oui » ou « non », Jack allait y arriver et sur ce qu’il se passerait ensuite.

Tout son périple, ses amis, ses amours, ses emmerdes, je les ai suivi, m’agrippant parfois aux pages de ce livre, me délectant de cette plongée dans cette période qui va de l’année 1958 jusqu’à 1962.

Bigre, je m’y serais crue et j’ai souri avec tendresse devant ces vieilles années (que je n’ai pas connues) jusqu’à ce que Jake, ton personnage principal (ô combien délicieux), ne me rappelle qu’en 58, ce n’était pas « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et que nous étions loin de l’univers des Bisounours, bien que l’on y ait cru, durant un moment, à cet univers enchanteur.

Tu m’as bien étonné et je pense que dans ton explication finale, il y ait aussi une référence à Timon, le suricate du « Roi Lion » qui avait bien raison quand il expliquait au jeune Simba que…

Non, je ne spoilerai pas ! Visionnez le dessin animé (et trouvez la phrase) ou lisez le livre !

Bref, un grand moment de lecture, une plongée dans le passé, dans cette Amérique, avec ses bons et ses mauvais côtés, des personnages aussi attachants que la cervelle et le sang de Kennedy sur la veste de son épouse (et les personnages m’ont bien plus collé, même après avoir fermé le livre) et un super travail de fond du King en personne (pas Elvis, mais Stephen).

Des dernières pages qui m’ont fait sourire et presque mit la larme à l’oeil…

Et puis, Stephen, ne t’inquiète pas trop, si j’ai trouvé le livre trop long de 300 pages, Gruz l’a trouvé trop court de 300 pages… la moyenne est faite, non ?

Stephen ? Pourquoi t’arraches-tu donc les cheveux ?

 

November Road : Lou Berney

Titre : November Road

Auteur : Lou Berney
Édition : HarperCollins Noir (06/02/2019)
Édition Originale : November Road (2018)
Traducteur : Maxime Shelledy

Résumé :
Sur une route perdue de l’Ouest américain, un homme roule à tombeau ouvert.

Cet homme, c’est Frank Guidry. À ses trousses, un tueur à gages mandaté par le mafieux Carlos Marcello, qui veut se débarrasser d’un témoin indésirable dans le crime du siècle : l’assassinat de JFK.

Guidry sait que la première règle, quand on est en cavale, est de ne pas s’arrêter. Et que la seconde est de ne compter que sur soi-même.

Pourtant, lorsqu’il aperçoit, au bord de la route, une femme avec une voiture en panne, deux petites filles et un chien sur la banquette arrière, il y voit une proie facile. Et la couverture qui lui permettra de leurrer l’homme qui le traque. Alors, Guidry prend le risque. Il s’arrête.

« Aussi stupéfiant que brillant » Don Winslow.

Critique :
♫ Je suis pas comme Rose Kennedy ♪J’voudrais pas que mes fils chéris ♫ ♫ Deviennent plus tard, quelle folie ♪
♫ Président des Etats-Unis ♪

Dallas, ton univers impitoyable, surtout sur Dealey Plaza où John Fitzgerald Kennedy tacha, de sang et de cervelle, le joli tailleur de son épouse.

QUI l’a assassiné ? Je n’ai pas la réponse, le roman non plus, mais il nous livre pourtant des coupables et sa fiction est plus réaliste que la version officielle qui fut un jour celle de la balle voyageuse et de Lee Harvey Oswald en tireur d’élite.

L’assassinat de JFK en arrière-plan et Sacha Guitry, pardon, Frank Guidry en avant-plan, qui roule pour échapper à la grande Faucheuse qui porte les habits d’un tueur à gage car Franck est un témoin gênant dans cet assassinat du siècle.

C’est à lui qu’on a demandé de déposer une voiture non loin du lieu où fut tiré, comme un lapin, le président des États-Unis et en additionnant 1+1, notre homme de main de Carlos Marcello, le chef du gang local, a compris que c’était celle utilisée par le véritable tireur d’élite pour fuir la scène de crime.

Et bien non, toutes les courses-poursuites ne se déroulent pas de la même manière, à la Fast & Furious, plus Furious qu’autre chose.  L’auteur n’est pas tombé dans ce piège-là et il nous offre une toute autre histoire où le destin de deux personnes vont se mêler, pas toujours pour le meilleur, mais pas non plus pour le pire.

À ma gauche, Frank Guidry qui a la gouaille d’un Guitry, mais version « magouilles et compagnies » et à ma droite, Charlotte Roy, une femme coincée dans un mariage qui prend l’eau, ou plutôt, avec un mari qui prend un peu trop la boisson, et donc, gîte bien trop souvent de bâbord à tribord, incapable de bosser correctement.

Deux personnages qui vont se télescoper car l’un a besoin de l’autre dans sa cavale et elle a besoin d’une voiture pour poursuivre son voyage qui l’éloigne de son mari égoïste et alcoolo, avec ses deux filles (Joan et Rosemary) et leur chien épileptique (non, il n’arrivera rien au chien).

Pour ceux ou celles qui voudraient de l’action à gogo et des courses-poursuites façon show à l’Américaine, je vous le dis de suite, allez voir ailleurs, car l’auteur a privilégié la profondeur de ses personnages et de ce qu’il leur arrive que l’action pure et dure.

Le bandeau accrocheur qui disait que c’était « aussi stupéfiant que brillant » et signé Winslow est peut-être un peu surfait car le roman a beau être intéressant de par son intrigue et la manière dont l’auteur traite la fuite de Franck Guidry et de celle de Charlotte, on est loin d’un truc de malade qui nous trouerait le cul.

J’ai adoré les personnages, j’ai aimé leur ironie, leur humour noir, le fait que Guidry puisse changer, que Charlotte sorte de sa chrysalide et s’affirme, j’ai aimé la douceur qui se mêle à la noirceur, dans ces pages, j’ai aimé le côté assassins sans pitié et l’amour qui s’immisce pour illuminer un peu tout ça, mais bon, on oublie le stupéfiant.

Mon seul bémol sera pour le fait que Carlos, le chef du gang, ait décidé d’éliminer un bon élément comme Franck Guidry juste parce qu’il pourrait additionner deux plus deux et comprendre que la voiture qu’on lui a demandé de placer à tel endroit a favoriser la fuite du tueur de Dallas.

Il aurait pu y envoyer un pion sacrifiable au lieu d’envoyer à l’abattoir un excellent élément. Il est con, ce Carlos !

Malgré mon petit bémol scénaristique (il y a des chefs de gang sans cervelle), j’ai adoré ce roman noir qui m’a entraîné sur la route 66 dans un road-trip à allure correcte, sans accélération brusque, tout en douceur dans la noirceur, le tout formant un roman noir des sixties avec une pointe d’amour magnifique.

Comme quoi, noir c’est noir, mais pas toujours !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°11.

Juste avant de mourir : S. K. Tremayne [LC avec Bianca]

Titre : Juste avant de mourir

Auteur : S. K. Tremayne
Édition : Presses de la cité (21/03/2019)
Édition Originale : Just Before I Died (2018)
Traducteur : Isabelle Maillet

Résumé :
Pourquoi tu m’as fait ça, maman ?

Kath, Adam et leur petite Lyla, intelligente mais renfermée, habitent une ancienne ferme isolée en plein milieu de la lande, dans le Devon.

Un jour, Kath se réveille aux urgences après avoir été victime d’un grave accident de voiture. Elle n’a aucun souvenir des circonstances l’ayant conduite au drame.

De retour chez elle, choquée mais heureuse de retrouver sa famille, elle déchante vite : Lyla dessine d’étranges motifs et répète qu’elle voit un homme sur la lande.

Quant à Adam, il paraît en vouloir terriblement à son épouse, pour une raison que cette dernière ne s’explique pas.

Autour de la maison, Kath tombe sur des mises en scène macabres…

Alors que le comportement de Lyla devient de plus en plus inquiétant, Kath apprend que c’est en essayant de se suicider qu’elle a fini à l’hôpital. C’est le choc. Et le début de flash-backs angoissants qui vont la conduire elle aussi vers cet inconnu qui hante la lande.

Prêtant sa plume à un drame familial qui interroge le poids de l’hérédité, les liens du couple et le mystère qui entoure les enfants atteints du syndrome d’Asperger, le maître du thriller atmosphérique revient avec un quartet brumeux qui laissera le lecteur hagard, ivre de secrets inavouables et de stupéfiantes révélations.

Critique :
♫ Dis maman, pourquoi t’as fait un plongeon ? ♪

♪ Puisqu’il faut choisir, À mots doux je peux le dire, Sans contrefaçon, Maman dans l’eau a fait un plongeon ♫ (1)

Lorsqu’on est une gamine atteinte d’un syndrome d’Asperger ou d’un autisme latent (les parents n’ont pas consulté), apprend que sa maman a voulu se suicider en fonçant en bagnole dans une retenue d’eau, ça la fout mal.

Pourtant, à bien y réfléchir, Kath, la mère de Lyla, n’avait pas de bonnes raisons de vouloir mettre fin à ses jours.

Quand vous êtes une mère que tout le monde regarde avec pitié parce que l’on pense que vous avez fait une tentative de suicide, que votre mari vous en veut pour cet acte, que votre fille, déjà en proie à des problèmes à cause de son asperger, commence à battre la campagne en pensant que vous avez voulu l’abandonner…

Et si en prime, vous avez des trous de mémoire sur la semaine précédent cet accident et sur ce qui s’est passé dans votre tête à ce moment là, pour enquêter sur ce que vous pensez ne pas être une tentative de suicide, ça va pas être facile.

Voilà un thriller psychologique comme je les aime, avec des mystères, des phénomènes bizarres, une impression d’être épiée, un mari que vous avez vu mais qui vous jure que non, il n’était pas là, je vous jure que vous avez une petite sueur froide au milieu des sueurs chaudes provoquées par la canicule et son jour le plus chaud.

Nous sommes sur la lande du Dartmoor et s’il n’y a pas le chien maudit des Baskerville, il y a tout de même un truc de pourri au Dartmoor, en plus du brouillard, des tourbières meurtrières et de l’hiver…

L’auteur a su jouer avec ses personnages, alternant des points de vues, de manière à ce qu’on l’on frissonne, que l’on se pose des questions et que l’on en suspecte certains, sans toutefois dévoiler trop, trop vite, mais en nous laissant mariner dans notre jus le plus longtemps possible avant de balancer son final.

À un moment donné, j’avais compris. C’était sordide, mais j’avais capté.

Pour son final, on a du rythme, du suspense et elle joue avec nos nerfs, d’ailleurs, je lui garde un chien de ma chienne aussi et cet auteur passe directement sur ma kill-list avec les Norek et Minier.

Un thriller psychologique qui m’a amené un peu de frissons mais pas assez que pour faire diminuer la température caniculaire de ce 25 juillet où l’on a fait exploser tous les records.

Bianca a moins apprécié, de son côté. Partie avec une avance de 12 chapitres pendant que je me liquéfiais, elle avait toujours une confortable avance avant que je ne passe les grands braquets et que je fasse tout péter et que je ne termine l’étape avec des heures d’avance.

(1) Sur l’air de « Sans contrefaçons » de Mylène Farmer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°7.

Cormoran Strike – Tome 4 – Blanc Mortel : Robert Galbraith [Par Dame Ida, pigiste occasionnelle mais non rémunérée en homard ou en tailleurs]

Titre : Cormoran Strike – Tome 4 – Blanc Mortel

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (10/04/2019)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 4: Lethal White (2018)
Traducteur : Florianne Vidal

Présentation Babelio :
Lorsque Billy, un jeune homme perturbé, vient demander l’aide du détective privé Cormoran Strike pour enquêter sur un crime dont il pense avoir été témoin durant son enfance, Strike est perplexe.

Billy, de toute évidence, est psychologiquement instable et ne parvient pas à se souvenir de nombreux éléments concrets. Il semble néanmoins sincère et son histoire crédible. Mais avant que Strike n’ait le temps de l’interroger, Billy, paniqué, parvient à s’enfuir.

Afin de percer le mystère de l’histoire racontée par Billy, Strike et Robin Ellacott autrefois son assistante et désormais sa partenaire à l’agence s’engagent sur un chemin sinueux à travers les bas-fonds de Londres jusqu’à un sanctuaire secret au cœur du Parlement, puis dans un magnifique mais sinistre manoir de la campagne anglaise.

Alors que l’enquête s’avère labyrinthique, la vie de Strike est également loin d’être rectiligne : sa nouvelle notoriété en tant que détective l’empêche désormais d’opérer en sous-main, comme à son habitude.

De plus, sa relation avec son ancienne assistante devient plus périlleuse que jamais Robin lui est certes indispensable professionnellement, mais leur relation personnelle se complique de jour en jour…

Blanc mortel nous propose à la fois un mystère captivant et un nouvel épisode haletant de l’histoire de Cormoran Strike et Robin Ellacott. Le livre le plus romanesque de Robert Galbraith.

Résumé :
On avait laissé Robin et Cormoran le jour du mariage de celle-ci avec son fiancé Mattew, juste après la résolution très médiatisée de l’affaire précédente. Et bien c’est précisément là qu’on les retrouve au début de ce nouveau volume des enquêtes de Cormoran Strike.

Un Cormoran Strike à la trogne bien amochée d’ailleurs, ce qui détonnera quelque peu lors du pince fesse très mondain voulu par les deux familles…

Et il n’est pas seul à avoir trinqué. Cette affaire a mis Robin en danger et réveillé chez elle les traumatismes du passé qui ne manqueront pas de lui compliquer la tâche pour la nouvelle enquête qu’on vient leur confier.

Robin part dans une lune de miel calamiteuse avec son nouveau mari nombriliste et narcissique qui aura la maladresse d’effacer les textos envoyés par Cormoran pour la réembaucher…

Ah oui… disons que leur collaboration avait un peu souffert juste avant la résolution de leur dernière affaire…

Petite trahison de Mattew que Robin ne lui pardonnera pas facilement et qui mettra un second ver dans le fruit… Et au fil des pages… d’autres vers aussi gros que des pythons viendront se joindre au festin… Mais je ne vais pas tout vous raconter non plus…

D’ailleurs la vie privée de Strike n’est pas plus glorieuse… Il s’est bien trouvé une jeune femme plutôt sympa mais… il a un peu de mal à s’en rendre compte, trop abîmé par les montagnes russes que lui a fait vivre l’aristocratique Charlotte pendant seize ans…

Et v’là que l’ombre de cette pétasse névrosée va venir taper à nouveau l’incruste dans cette affaire qui va encore conduire notre Cormoran devenu LE détective privé à la mode de Londres, dans le grand monde britanniques.

Oui… Billy le schizo a fait irruption au bureau pour leur blablater une histoire décousue de meurtre d’enfants avant de se sauver, mais ça n’est pas pour cela qu’un ministre de sa Gracieuse Majesté vient carrément appeler Strike à l’aide pour régler l’odieuse affaire de chantage (les affaires de chantage sont toujours odieuses) dans laquelle il se trouve empêtré.

Oh… Et figurez-vous qu’il semblerait y avoir des connexions avec l’affaire de Billy ! Quel curieux hasard !

Et voilà Robin propulsée en immersion dans les corridors du Parlement sous couverture… A coller des micros (pratique parfaitement illégale au demeurant!), afin d’oublier sa lune de miel calamiteuse et son couple qui bat de l’aile !

Critique :
Y a un truc qui commence à me lasser dans les romans et les films policiers aujourd’hui… C’est le coup des deux affaires qui a priori n’ont rien à voir l’une avec l’autre et qui d’une façon miraculeuse se trouvent connectées…

Le pire c’est quand elles ont une solution commune… ça tombe bien au moment où j’écris je ne sais pas encore la fin, donc je ne peux pas vous en dire trop…

Oui j’écris souvent mes billets lorsque j’en suis au 8/10e du livre… Une habitude pour éviter de trop spoiler malgré moi…

Bref… JK Rolling… Là… vous me décevez ! C’est un gros poncif du genre… Je sais que vous aimez jouer avec ça, mais là ce coup des deux affaires en une ça me lasse… mais ça me lasse…

Et puis… Je m’étais déjà un peu énervée après Robin la fois précédente : qu’est-ce qu’elle s’emmerde avec ce mec (Mattew) qui vit en orbite géostationnaire autour de son nombril et qui voudrait contrôler sa vie et la voir rentrer dans les petites cases que son esprit étriqué lui assigne !

Flûte quoi ! Voilà trois livres qu’elle s’en plaint de ce mec… et malgré tout elle l’épouse ! Comme l’autre qui nous chantait « J’y crois encooooooore… »…

Pffff ! Elle, si futée et courageuse en matière d’enquête, concernant sa vie privée elle joue sa courge décérébrée en se laissant porter passivement  par les événements avec ce plouc…

Bon… OK… la quatrième enquête va amorcer un virage décisif (quoi que vu le temps qu’il lui faut… je ne sais pas si il sera aussi décisif et si elle se montrera plus dégourdie après!)… Il lui aura fallu le temps tout de même !

Ce décalage entre sa vivacité intellectuelle et le temps qu’elle prend pour se bouger face à ce crétin est un scandale ! Epicétou…

Et puis… Depuis le premier livre on voit Cormoran et Robin se tourner autour… Se rapprocher… prendre leurs distances… Une valse-hésitation sur laquelle on chanterait volontiers « Si tu avances quand je recule… comment veux-tu comment veux-tu que je t’enCENSURE ? »…

C’est comme Agatha et James (enfin je ne leur souhaite pas que ça soit tout à fait pareil!)… On sait qu’ils vont finir dans le même lit un jour !

Le temps qu’ils prennent pour ça est superflu au XXIe siècle !!! Merde quoi ! Personne ne leur a dit ? On aurait l’impression de lire le script des « feux de l’amour » s’il n’y avait pas d’enquête !

Au ciné la première scène de sexe entre les personnages principaux est en moyenne à la 42e minutes il paraît… Et ben là… ça se fait attendre.

Anybref vous l’avez compris, les atermoiements de tous ces gens en matière de vie privée me fatiguent un peu au bout du quatrième tome car ça devient un peu répétitif malgré les mariages des uns, les ruptures des autres, ou les nouvelles aventures qui se dessinent.

Dans le fond des émotions, et ressentis c’est toujours pareil et personne n’agit en fonction de ce qu’il ressent !

Pfff… Soit les anglais sont franchement compliqués en matières de cœur (je dirais carrément très névrosés puisqu’il faut toujours se trouver des empêchements pour vivre ce qu’on voudrait spontanément vivre)…

Soit JK Rolling devrait laisser tomber ce registre là… Après Harry Potter et le policier je lui déconseille franchement de s’essayer aux romans à l’eau de rose !

Voilà ! J’ai vomi mon fiel !

Maintenant je peux parler de ce qui m’a vraiment plu ! Parce que cette enquête une fois de plus nous fait découvrir de nouveaux univers du monde londonien. Les parlementaires… La politique… Les petites magouilles…

Et puis d’obscures histoires de familles recomposées dignes du feuilleton de la succession de Johnny !

Avec toujours ces coups de griffes acérés dont JK Rolling est coutumière à l’égard de la société de caste made in England où les gens ne doivent surtout pas se mélanger, et où ils doivent juste se toiser en affichant leur mépris respectif les uns envers les autres…

Et là nous allons aussi découvrir une meute assez intéressante d’activistes de l’ultra gauche britanniques (oui, oui… ça existe!).

Et puis Robin et Strike… même s’ils sont étrangement con-cons en matière de vie amoureuse… et bien ils savent aussi me rester sympathiques et attachants et je les retrouve toujours comme des amis de longue date à chaque fois que je parcours les pages nous narrant leurs aventures.

D’ailleurs… les autres personnages sont aussi bien campés, hauts en couleurs… et même quand on ne les aime pas, il faut bien reconnaître que l’auteure sait faire ce qu’il faut pour les rendre bien vivants et authentiques.

L’intrigue ? Quoi l’intrigue ? Ah oui… c’est un polar à la base… Ne l’oublions pas ! Et bien elle est excellente ! Habituellement, je commence à avoir un peu d’expérience et vois souvent le vilain venir de loin avec ses gros sabots…

Et bien là… J’ai renoncé à le chercher tant il y a de pistes possibles et de sous intrigues qui se croisent et s’entremêlent.

Un sacré casse-tête. On voit Cormoran chauffer des neurones tandis que Robin s’éparpille dans sa quête aux indices endossant plusieurs personnages différents… C’est franchement prenant.

En résumé : un avis en demi-teinte.

On retrouve nos personnages avec le même plaisir, s’affairer sur une enquête complexe et passionnante, même si hélas le caractère un peu répétitif de leurs vies privées respectives finit par être un peu lassant… mais… l’amorce de quelques changements s’annonce et laisse espérer un tome 5 un peu plus original. Je l’attends de pied ferme !

Hunter – Tome 2 – Crow : Roy Braverman

Titre : Hunter – Tome 2 – Crow

Auteur : Roy Braverman
Édition : Hugo & cie Thriller (14/03/2019)

Résumé :
Hunter et Crow, deux fugitifs accusés de crimes odieux, décident de se soumettre d’eux-mêmes à l’esprit de la loi en s’isolant au cœur des Brooks Range.

Mais les flics locaux et le FBI, dont l’obsession est d’appliquer la loi à la lettre, les laisseront-ils faire ?

L’obstination d’un ex-agent du FBI, devenu sérial killer pour l’occasion, déclenche une chasse à l’homme haletante et sans pitié à travers les paysages sauvages de l’Alaska.

Une terre rude et immense où tout chasseur devient un jour la proie de quelqu’un d’autre.

Tour à tour chassés ou chasseurs, Hunter et Crow vont poursuivre, croiser ou fuir une shérif amoureuse d’un orignal, une agent spéciale du FBI surnommée Fiasco suite à l’échec de sa dernière mission, une trappeur romantique qui ne craint ni les loups ni les ours, un collecteur de dettes arménien et mélomane, un gang de rednecks qui carbure à la bière locale, un pilote de brousse hippie fan de Jefferson Airplane…

Tout ça pour sauver sa peau, appliquer la loi ou mettre la main sur un butin de plus d’un million de dollars. Voire les trois à la fois !

Critique :
Si vous tenez à commencer à travailler à l’heure, évitez de commencer ce livre avant de partir bosser !

Y’en a qui l’ont fait, ils ont eu des problèmes… Parce que lorsqu’on commence ce thriller énergique, on a du mal à le déposer pour aller au boulot.

Puis, on a pas envie de travailler, mais de poursuivre sa lecture parce qu’avec ces chapitres courts et rythmés, on ne s’ennuie pas du tout.

Évitez aussi de commencer par lire le tome 2 avant le 1 parce que vous saurez le nom du coupable et ça gâcherait le plaisir, ou du moins, la surprise de taille !

Le tome 1 était emballant, rythmé, bourré de testostérone, de violence, de suspense et j’avais kiffé grave sa race. On rajoute le deuxième car lui aussi il pulse grave, sans pour autant en faire des tonnes, entrer dans la surenchère et tout en restant loin des folies  irréalistes que l’on voit souvent dans les films américains.

Mon seul regret sera pour le fait que Crow n’est pas mis assez en valeur dans le roman car il tournera autour d’autres personnages, intéressants eux aussi, pour lesquels j’ai ressenti de la sympathie (pas pour tous), mais l’indien est trop peu présent physiquement et de par son esprit. J’aurais aimé savoir ce qu’il pensait de tout cela.

On a beau être face à un roman écrit par un frenchie, dedans, ça sent le yankee à plein nez, ça sent même le bouseux pro-Trump, celui qui pense qu’une paire de couilles vous donne tous les droits, ainsi qu’une peau blanche, bien entendu.

Ça se plaint des étrangers qui envahissent l’Amérique, oubliant de fait qu’un jour, ce furent ses ancêtres qui envahirent le continent sans demander la permission aux premiers habitants et ça ne pense qu’à tuer des ours, des loups et autres prédateurs, alors que ces derniers sont sur leur territoire et que si on avait pas été les emmerder…

Ce thriller, c’est aussi un clash, un affrontement entre les femmes et les hommes limités intellectuellement (pas sexuellement), entre ces chasseurs mâles qui pensent que tout gibier, même humain, est bon à chasser.

C’est aussi un affrontement entre des policiers bas de plafond et un autre qui a un peu plus d’humanité, entre une ex-agent du FBI qui veut la justice et un homme qui sait que la justice peut se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude (et là, ça fait mal).

Une opposition entre une femme qui exige que le Système se venge, alors que si tout le monde était resté à sa place sans penser à sa revanche, et bien, tout ceci ne serait pas arrivé…

C’est aussi l’histoire d’un autre ex-agent du FBI qui, à force de regarder dans l’abîme, ne s’est pas rendu compte que l’abîme regardait en lui et qu’il devenait pire que celui qu’il voulait traquer et appréhender (ou abattre).

Ce thriller, c’est aussi l’univers impitoyable de la Nature, de l’Alaska, de ces contrées qui n’ont rien de bucoliques car la mort peut t’attendre à chaque tournant. Ici, ce n’est pas une promenade de santé, mais un marche ou crève, un avance pour survivre et n’oublie pas de surveiller tes arrières, ton devant et sur les côtés.

Oui, ami lecteur, reste sur tes gardes parce que tu ne sais jamais ce qui pourrait surgir devant toi. C’est de la faute de l’auteur qui décrit si bien les paysages traversés à tel point que tu vérifierais presque qu’un ours brun ne se planque pas dans ta cuisine.

Un vrai thriller percutant, addictif et en effet, si ça te réveille pas, c’est soit que t’es mort ou alors que c’est pas ton genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°5.

L’esprit des morts : Andrew Taylor

Titre : L’esprit des morts

Auteur : Andrew Taylor
Édition : Cherche Midi (09/06/2016)
Édition Originale : The american boy (2013)
Traducteur : Françoise Smith

Résumé :
Londres, 1819. Thomas Shield devient le professeur particulier d’un jeune Américain, Edgar Poe, et de son meilleur ami, Charles Frant, dont la mère, une femme séduisante et malheureuse, l’attire irrésistiblement.

Lorsqu’un homme est retrouvé mort et que tous les indices convergent vers la famille Frant, Thomas est emporté dans une spirale dont les conséquences risquent d’être lourdes pour lui.

Il décide alors de trouver le coupable mais le piège se referme au fur et à mesure qu’il cherche à s’en échapper. Quel est donc le lien entre ces macabres événements et le jeune Edgar Poe ? Thomas devra traverser bien des épreuves avant que la vérité soit enfin dévoilée…

Mêlant avec brio fiction et réalité, ce roman à l’intrigue haletante nous plonge dans l’atmosphère de l’Angleterre du XIXe siècle, où Edgar Allan Poe passa quatre années de son adolescence : l’agitation des rues londoniennes, les taudis de St Giles et Seven Dials, l’hypocrisie d’une bourgeoisie avide de pouvoir…

Un décor parfait pour un meurtre, des secrets de famille et une galerie de personnages loin d’être aussi respectables qu’ils voudraient le faire croire.

Critique :
La théorie de la relativité te dit que 15 minutes à attendre dans une administration passeront toujours moins vite qu’une heure à boire un verre avec des amis.

De fait, un pavé de 600 pages bourré d’action passera toujours plus vite qu’un court roman chiant de 100 pages.

Mais qu’en est-il de la longueur d’un pavé de 649 pages dans lequel on se fait chier comme un rat mort durant grosso modo les 50 premiers chapitres ??

Un calvaire ? Une horreur ? Une folie à lire ? Du masochisme ? Le tout à la fois, sans doute.

Certes, j’exagère un chouia en disant que je me suis faite chier car, rendons à César ce qui est à lui, les descriptions du Londres de 1819, la distinction nette entre les classes sociales, le racisme ambiant, le mépris pour les sans dents et les saloperies qui se passaient dans les public et private school sont très bien décrites.

Il en est de même pour le fait qu’on suspectera toujours plus vite un indigent ou un de l’Angleterre d’en bas qu’une personne bien née ou fortunée. Même dans les sans-grades, il y avait des grades et un valet de pied pourra se permettre de regarder un précepteur de haut si ce dernier tombe en disgrâce.

Rien que pour cela, le roman mériterait 5 étoiles. La recherche a dû être importante et le tout est amené de manière subtile. Les descriptions de quartiers miséreux est un vrai bonheur aussi.

Le problème est qu’entre le chapitre premier et le  chapitre 54, bon sang, il se passe peu de choses, c’est lent, laborieux et c’est avec un bonheur évident que l’on accueille la mort d’un personnage, pensant, erronément, que ça va bouger un peu plus.

Mais ça n’a pas bougé plus, hélas et plus d’une fois j’ai failli reposer le roman et l’oublier. J’ai persévéré, ça en valait un peu la peine pour les 30 derniers chapitres, mais sans que ce soit non plus un truc de fou.

Dommage car le roman avait tout pour me plaire, du potentiel, une écriture qui rendait justice à l’Angleterre de 1820, des personnages intéressants et une foulitude de petits détails sur la vie de cette époque-là.

Là, on va l’oublier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°4 et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019-Septembre 2019).

Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.

Cormoran Strike – Tome 3 – La carrière du Mal : Robert Galbraith [Par Dame Ida]

Titre : Cormoran Strike – Tome 3 – La carrière du Mal

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (2016) / Le Livre de Poche (2017)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 3 : Career of evil (2015)
Traducteur : Florianne Vidal

Intro Babélio :
Lorsque Robin Ellacott reçoit ce jour-là un mystérieux colis, elle est loin de se douter de la vision d’horreur qui l’attend : la jambe tranchée d’une femme.

Son patron, le détective privé Cormoran Strike, est moins surpris qu’elle, mais tout aussi inquiet. Qui est l’expéditeur de ce paquet macabre ? Quatre noms viennent aussitôt à l’esprit de Strike, surgis de son propre passé. Quatre individus capables les uns comme les autres, il le sait, des plus violentes atrocités.

Les enquêteurs de la police en charge du dossier ne tardent pas à choisir leur suspect idéal – mais Strike, persuadé qu’ils font fausse route, décide de prendre lui-même les choses en main. Avec l’aide de Robin, il plonge dans le monde pervers et ténébreux des trois autres coupables potentiels. Mais le temps leur est compté, car de nouveaux crimes font bientôt surface, toujours plus terrifiants…

Résumé :
Où l’on retrouve nos héros, Cormoran et Robin en charge d’une nouvelle affaire.

Les affaires décollent doucement… Cormoran Strike parvient même à payer le loyer de l’appartement exigu au-dessus de son cabinet pour ne plus avoir à dormir dans un lit de camps plaqué dans son bureau. Et Robin est si efficace qu’elle a même été promue au rang d’associée, prenant une part de plus en plus active aux enquêtes de terrain, mais… sans lâcher la paperasse pour autant. Il faut bien que quelqu’un la fasse, non ? Et on ne va pas embaucher une secrétaire qu’il faudrait payer pour faire un boulot que Robin sait déjà faire comme une perle !

Mais une affaire un peu particulière leur tombe dessus. Une affaire sans client… Ou du moins sans client payant, puisqu’il semblerait fortement que ce soit le criminel lui-même qui vienne chercher Cormoran en envoyant à son cabinet un joli colis avec un membre humain !

Forcément, Strike qui est un ancien policier militaire réglo et droit dans ses bottes (même si son deuxième pied n’a pas repoussé), appelle illico ses amis de la police. On ne jette pas une jambe humaine reçue par la poste comme un bouquet de fleur d’un admirateur indésirable !

Faut qu’il soit examiné par le médecin  légiste, voire identifié, et rendu à ses proches… C’est l’usage ! Et si on arrive à trouver qui a pu commettre le crime que ça laisse imaginer, ça n’est pas plus mal pour les sujets de sa Gracieuse Majesté qui pourront dormir plus paisiblement en sachant le méchant en prison.

Le petit mot (il y a toujours un petit mot dans ces cas-là ! Vous ne laissez pas un mot, vous quand vous envoyez des fleurs ?) joint à la jambe féminine renvoie Strike à son passé et à quelques suspects potentiels… Son beau-père, qu’il soupçonne d’avoir conduit sa mère à l’overdose…

Un pédophile qu’il n’a pas réussi à faire coffrer jadis… Un autre vilain qui battait sa femme et son enfant… Et pendant ce temps, la police investigue une autre piste concernant un autre type coffré grâce à Strike.

Cette affaire va nous mener sur les pas d’un serial killer pervers et retors et dont notre chère Robin a tout à craindre.

Mon avis :
Après les deux premiers volumes des aventures de Cormoran et Robin, non-couple improbable aux personnalités aussi opposées que complémentaires, j’avais longtemps piaffé d’impatience, guettant sa sortie.

Je n’ai pas été déçue, et vous-même, si vous avez apprécié les deux premières enquêtes, vous estimerez certainement en avoir eu pour votre argent.

Rien à dire sur l’intrigue qui reste palpitante et tordue du début à la fin…

Si ce n’est qu’elle se mêle adroitement aux développements sur les parcours de Robin et de Strike.

En effet, dans ce volume, on en apprendra davantage sur le passé accidenté et douloureux de Robin et son fiancé (si, si il lui a offert une bague et le jeune couple prépare activement son mariage) qui n’en sortira pas grandi.

D’ailleurs, je serais Robin… il y a longtemps que j’aurais pris mes cliques et lui aurais fichu des claques avant de ficher le camp… Mais bon… Je ne vais pas spoiler… Z’avez qu’à lire le livre épicétou.

Cela étant c’est le seul bémol qui vient ternir mon enthousiasme. Robin qui est une fille intelligente, indépendante d’esprit, qui a une âme bien trempée pour être parvenue à se relever de ses propres blessures, m’intrigue un peu quant à son obstination peu crédible à rester avec le parfait crétin qu’elle est supposée épouser.

On en saura plus sur Strike et notamment sur son enfance auprès d’une mère junkie et loin de l’ombre d’une sorte de Johnny local.

C’est le truc que j’apprécie avec les romans avec des héros récurrents que l‘on voit évoluer au fil des tomes, et dont on voit les énigmes personnelles se résoudre également au rythme des enquêtes qu’ils mènent.

Évidemment, il y a toujours la fascinante Londres, capitale d’un empire révolu sur lequel le soleil ne se couchait jamais mais qui en a gardé le cachet…

Et il y encore et toujours le style de Robert Galbraith… Heu… de J.K Rolling. Ne croyez pas que son ton critique des mesquineries d’une certaine bourgeoisie londonienne soit devenue moins mordante…

On a le droit évidemment de ne pas aimer… Mais moi j’aime beaucoup et y suis d’autant plus sensible que comme elle j’ai connu de par mon propre parcours quelque chose de l’ordre du déclassement, c’est-à-dire de devoir côtoyer au quotidien des personnes de milieux plus privilégiés que ceux de mon milieu d’origine, et de m’attacher également à des personnes de milieux plus modestes.

Naviguer longtemps entre deux eaux vous pousse à vous rendre compte que qui que l’on soit, on n’est jamais assis que sur son derrière et de l’imposture sur laquelle les distinctions sociales se fondent et s’auto-justifient en dehors de… l’argent. Et cette imposture, on ne trouve rien de plus jouissif que de la dénoncer !

Bref, une intrigue diabolique, des héros sympathiques qui gagnent en profondeur à chaque tome, les turpitudes de Londres et un soupçon de satire sociale… Que demander d’autre ?

Écouter le noir : Yvan Fauth & Collectif

Titre : Écouter le noir

Auteurs : Yvan Fauth & Collectif
Édition : Belfond (16/05/2019)

Résumé :
Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Treize auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire tendre l’oreille en nous proposant des récits qui jouent avec les différentes définitions de l’audition.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute.

Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

Laissez-vous chuchoter à l’oreille, venez Écouter le noir.

Critique :
Écouter le noir… Dit ainsi, on pourrait croire que l’on parle mal des gens de couleurs. Honni soit qui mal y pense !

Ici, on écoute le noir qui est un genre littéraire, celui qui a un contexte social mis en avant et en règle générale, ce n’est pas celui des gens friqués.

Mais peut-on ouïr un livre ? Peut-on écouter un roman qui n’est pas en audio ? Peut-on écouter en lisant ?

Oui à tout. J’ai ouï et j’ai joui de plaisir littéraire (Yvan, gaffe à tes fesses si Chouchou apprend qu’un autre que lui m’a fait ouïr de plaisir – MDR).

Michel Sardou le chantait déjà, tiens : ♫ Et ouïr, de plaisir, et ouïr, de plaisir ♪

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre recueil de 11 nouvelles écrites par 13 auteurs (ça porte chance)…

Les nouvelles, un genre peu apprécié dans nos contrées, plus mises en valeur chez les Américains ou les Anglais.

Moi, je les trouve toujours trop courtes, je les aimerais plus longues, j’ai l’impression de subir une cassure lorsque le mot fin apparaît, toujours trop tôt et de devoir abandonner des personnages auxquels je venais juste de s’habituer. En un mot, frustrant.

Les seules nouvelles que j’apprécie sont celles qui contiennent une enquête de Sherlock Holmes car là, je suis sûre d’avoir un début, une fin fermée et de retrouver des personnages que je connais. Tandis qu’ailleurs, rien n’est moins sûr.

Bardaf, la première nouvelle écrite par Barbara Abel et Karine Giebel me scotche sur ma chaise, m’emporte au loin, me fait suffoquer, me fais supplier un happy end avant de me laisse pantelante sur le bord de la route à imaginer les conséquences d’un tel manque de malchance, d’un tel concours de circonstances.

Sa chute est à la hauteur de celle que j’ai faite pour son final. Après ça, tu fais une pause, tu bois un coup et tu y reviens, mais doucement, de peur de subir encore des émotions un peu trop forte pour ton petit coeur. Ça commençait très fort.

Hormis la nouvelle SF des Cam/Hug, toutes les autres m’ont surprises, éreintée, remuées, dérangées (surtout celle de Lebel, j’aurais bien fracassé les crânes du flic et de l’agresseur sexuel), celle de Ellory m’a laissée sans voix et la dernière, celle de Cédric Sire m’a laissé un goût métallique en bouche.

Toutes étaient d’excellentes factures, toutes étaient un plaisir à lire. La plus soft étant celle de Romain Puértolas et ça a fait du bien un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Non, je n’en veux pas aux auteurs de m’avoir mis la tête et les oreilles en vrac, par contre le directeur de cette audition entre maintenant sur ma kill-list, aux côtés d’autres auteurs à qui je garde un chat de mon chien, ou de mon cheval. Ils se reconnaitront…

Yvan, mon barbu préféré, j’ai fait un challenge de fou à moi toute seule, mais le tien était encore plus dingue que le mien, tout aussi risqué mais je vois que tout comme Norek, tu as eu les couilles (Domi, si tu me lis, rien de sexuel là-dedans), tu as osé et tu as réussi ce tour de force qui était de réunir des auteurs autour d’un thème bien précis (l’audition) et, écoutes-moi bien, c’est foutrement putain bien réussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020).

Dans la brume écarlate : Nicolas Lebel

Titre : Dans la brume écarlate – Capitaine Mehrlicht 5

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout Black Lab (20/03/2019)

Résumé :
Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais…

Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour.

Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie.

Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ?

La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie…

Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l’heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang.

Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver.

Un roman qui est l’histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l’aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres.

Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer.

Critique :
Kermit la grenouille est de retour ! Ses Gitanes sans filtre, son franc parler, son argot, ses jurons sans fins, son caractère de dogue allemand qui viendrait de se prendre les roubignoles dans une porte est en forme.

Il tousse bien un peu, il est mis à l’amende s’il dit le mot « putain » mais pour le reste, il est resté fidèle à lui-même : exécrable.

Oui, le capitaine Daniel Mehrlicht est imbuvable mais on l’adore, surtout nous, les lecteurs, ses collègues de travail, c’est une autre paire de manches.

Si dans le dernier Norek nous avions peu de contexte social, dans le dernier Lebel, on en bouffe à toutes les sauces et si ce n’était pas aussi grave, on saucerait son morceau de pain pour ne pas en laisser une miette.

Jamais moralisateur, l’auteur nous balance des coups de pieds dans les tibias afin de nous réveiller un peu, de nous agiter les sangs avant que le vampire ne nous suce jusqu’à la moelle. Et on ne parle pas ici du Fisc ou autre organisme spécialisé dans le pompage et la tonte de la laine sur notre dos.

Tremblez, lectrices, un vampire semble arpenter les ruelles emplies de fog de Paris et, sélectionnant des jeunes filles, il les laisse exsangue. Vrai vampire sorti du roman de Bram Stoker ou vampire moderne se livrant à dieu sait quel trafic pas catholique ?

Si vous croyez que je vais vous le dire ! Lisez le dernier de Lebel et vous saurez tout.

Mélangeant l’écriture humoristique et la sérieuse pour traiter les sujets graves, le roux flamboyant qu’est Lebel nous entraine dans un Paris loin des lumières et des flonflons, loin des touristes, mais nous plonge la gueule dans la misère noire des camps de migrants, des femmes battues qui protègent leurs maris, de la France raciste et des vengeances qui ne sont pas éteintes, même des années plus tard.

Tuant au passage Michel Sardou et Alain Delon, l’auteur nous fait pénétrer dans le cimetière du Père Lachaise et de ses légendes urbaines qui font dresser les poils sur les bras (sauf si vous êtes épilée, bien entendu) et qui nous accroche un peu plus aux pages du roman qui, sombre complot, sont pourvues de colle forte pour ne pas que vous reposiez le roman.

Aidé de personnages qui sont aux antipodes des habituels de la littérature policière, Lebel nous balance une intrigue réaliste, aux relents fantastique, faisant écho aux romans de Mary Shelley, de Bram Stoker et à la phrase de Rabelais qui disait que « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et il avait tout à fait raison.

On frôle le fantastique, mais tout le reste est réaliste, même si on se doute que l’on aura jamais pareil tueur dans les rues de Paris (faut espérer), ni pareille équipe pour enquêter (on ne souhaite Mehrlicht à personne).

Sans sombrer dans le pathos, ou la morale à deux balles qui fait fuir, Lebel nous offre un 5ème roman des plus réussi (comme les 4 autres), développe un peu plus le côté sombre de certains de ses personnages, nous démontre qu’il faut parfois manger à la table du diable sans longue cuillère pour arriver à ses fins et nous laisse dans un petit suspense insoutenable, le saligaud !

Attention, mon ami, j’ai des contentieux chat et cheval avec tes collègues écrivains, ne vient pas ajouter ton nom à ma Kill Liste ! Réfléchis bien, tes lecteurs•trices ne te le pardonneront jamais…

Un excellent thriller policier, une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – Fiche N°1.