La Compassion du Diable : Fabio M. Mitchelli [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : La Compassion du Diable

Auteur : Fabio M. Mitchelli
Édition : Fleur Suvage (2014) / Milady (18/03/2016)

Résumé :
1963 – Une nuit dans l’Ohio… impulsive. Suivront des corps, dans des barils en plastique.

1981 – Deux enquêteurs, hantés par leur passé.
Le cannibale de Cleveland… et vous. Votre compassion… celle pour le diable.

Critique :
Pour lire et apprécier ce genre de roman, il vaut mieux avoir les tripes bien accrochées. Il est donc conseillé aux âmes trop sensibles de s’abstenir.

Pour le cas où des petits curieux à l’âme sensible voudraient tout de même lire ce roman, je préciserai qu’il s’inspire de la vie de Jeffrey Dahmer, serial-killer surnommé « Le cannibale de Milwaukee » et d’Anthony Sowell, qui n’a rien d’un enfant de cœur non plus.

Ici, on suivra les horreurs perpétrées par « Le boucher de Cleveland » (fiction) et je vous déconseille de faire vos courses chez lui, vous pourriez vous retrouver à déguster de la cuisse humaine, du pénis ou des testicules, bref, le genre de chose qui ferait ruer votre estomac et votre esprit aussi.

C’est un roman que j’ai lu en très peu de temps, faisant même le forcing pour le terminer avant d’aller dormir, me foutant pas mal des conséquences pour le lendemain car il a un côté addictif, surtout après la première moitié, lorsque le final monte en puissance et en suspense.

Les chapitres sont courts, rythmés, alternant entre ceux de 1981 qui concernent nos deux flics, Freddy Lawrence et Victoria Fletcher, et ceux des années 60, avec Blake Memoria pour titre et les premiers crimes de ce tueur fou et sans pitié qui se nomme Blake.

L’enquête commence fort avec la découverte d’un charnier par hasard et puis bingo, encore un autre en démolissant une maison ! Jour de chance pour les flics, les voici ayant décroché la timbale et avec du pain sur la planche.

Pour ma part, j’aurais aimé un peu plus de pages dans ce roman afin de pouvoir développer un peu plus les deux personnages que sont les flics Freddy Lawrence et Victoria Fletcher, et même celui d’Henrique, le flic hidalgo qui s’immisce dans l’enquête avec des révélations percutantes comme un poids lourd reçu en pleine tronche.

Et c’est là que le bât a blessé, car si j’adore être surprise dans un thriller ou un policier, il faut tout de même que cela reste cohérent et là, à un moment donné, j’ai quand même eu vachement du mal à y croire car cela ne correspondait pas à la réalité, dans mon esprit. Trop, c’est trop.

Malgré cela, j’ai été happée par la suite, me demandant comment ça allait se terminer pour notre flic qui remontait le fil de l’enquête et pour le journaliste, auteur d’un livre, avec le mystère que venait de lui transmettre un petit vieux dans un home, avant de passer l’arme à gauche.

Et ce fut durant une scène extrêmement violente, véritable confrontation au sommet, que j’ai perdu le fil de l’histoire, l’auteur me donnant l’impression qu’à force de vouloir brouiller les cartes pour nous mystifier et nous surprendre, en faisait trop pour nous faire perdre le fil de qui était qui, au point qu’à la fin, j’avais l’esprit tout chamboulé de découvrir que ce n’était pas ce que je venais de lire qu’il s’était passé.

Vous suivez toujours ?

Si l’épilogue n’était pas nécessaire, je dirais même plus, il n’avait pas de raison d’être, pour le reste, j’ai passé un sacré moment de lecture addictive, voulant absolument savoir qui était le cannibale et comment les flics allaient l’arrêter, ou découvrir son identité.

Mon seul bémol sera pour le côté un peu trop irréel dans la résolution de l’affaire et sur l’identité du tueur.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :

J’avais gagné ce livre grâce à un concours sur l’excellent blog Collectif Polar ! Et tout de suite, l’idée de la LC nous est venue avec ma binomette fidèle, Cannibal Lecteur, car on adore les histoires de tueurs en série !!!!

Synopsis :

Deux flics, un tueur. Des corps horriblement torturés. Deux enquêteurs le cannibale de Cleveland, une traque sans relâche…et vous. Vous et le diable. Plongez dans les secrets d’une âme criminelle dès le ventre de la mère. Dans la matrice du mal, tout au fond de l’enfer.

Inspiré du parcours sanglant du sérial killer américain Jeffrey Dahmer, la Compassion du diable est un thriller à la mécanique implacable. On le surnomme le « livre bleu ».

Ce que j’ai ressenti :… Mitonner un bon petit plat…

Au menu aujourd’hui: le petit thriller de Fabio M.Mitchelli cuisiné aux petits oignons, et c’est une invitation en grande pompe, puisque le diable s’invite à la table…

Une fée qui rencontre un diable, une Cannibal qui en rencontre un autre quelque peu célèbre, ça commence à devenir une attablée plus que surprenante: mais, plus on est de fous, plus on rit, non ?!!

Pour faire un bon repas, il faut de bons ingrédients…

Nous avons donc :

  •  Un tueur en série. Et pas des plus inconnus, puisque c’est le fameux « Boucher de Cleveland ». Nous avons même son traçage et pedigree depuis le ventre de sa mère jusqu’à son ultime battement de cœur, toutes ses pensées les plus intimes, jusqu’à ses plus atroces actes de barbarie, et plus si affinités… Une belle pièce « Blake » du boucher qui sera mis en valeur par ses petits accompagnements…
  • Deux flics investis. Une enquête c’est avant tout une équipe avec ses petits piments de séduction/ répulsion. Une interaction de sucré/salé qui relève tous les goûts entre charme et sens aux aguets, nuits blanches ou remplies de cauchemars, et bien sûr, passé douloureux intimes qui laissent un petit arrière goût en bouche…
  • Un écrivain avide d’une bonne histoire maléfique. C’est la touche secrète de cette recette imaginée par Fabio Mitchelli pour faire de ce moment, une vengeance qui se mange bien froide…

Si la marmite est bonne, pleine de chapitres haletants, rythme soutenu et scènes cauchemardesques, je vais juste un peu chipoter :

Fabio Mitchelli nous offre un bon thriller, mais en voulant à tout prix maintenir son suspense, il prend des « raccourcis » dans ces mises en place de personnages et leurs passé, et du coup, nous y perdons un peu en émotions…

Même pour l’ombre du diable, j’aurai aimé plus de folklore, plus de légende, qu’il prenne une plus grande place dans ses pages…

C’était difficile de ressentir de la compassion pour le diable, ou la compassion du diable, car on reste beaucoup spectateur d’une folie sanglante…

En fait, j’en aurai aimé plus de ses pages pour me lier davantage, mais je note quand même cet auteur dans mes agendas de lectrice compulsive car on sent un très grand  potentiel même si ce livre n’a pas été à la hauteur de mes attentes…

« On ne fait pas tomber le diable,Mac Callaugh. On l’évite ou on le subit , Mais on ne le fait pas tomber. Il est Bien Trop perfide et intelligent pour être démasqué , livré à la justice, jugé et condamné … »

Malgré ce chipotage d’elfe accro aux émotions, l’auteur a su me prendre aux tripes avec des scènes vraiment préparées avec soin, toutes plus noires et sanglantes les unes que les autres et disséquées en tranchant chapitres efficaces ! Page-turner et violence implacable se marie bien sur cette assiette de bleu…

Bon appétit surtout !

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Aliss : Patrick Senécal [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : Aliss

Auteur : Patrick Senécal
Édition : ALIRE (01/09/2005) / Fleuve Noir

Résumé :
… Alice, une jeune fille curieuse, délurée, fonceuse et intelligente de Brossard. À dix-huit ans, poussée par son besoin d’affirmation de soi, elle décide qu’il est temps de quitter le cégep et le cocon familial pour aller vivre sa vie là où tout est possible, c’est-à-dire dans la métropole.

À la suite d’une rencontre fortuite dans le métro, Alice aboutit dans un quartier dont elle n’a jamais entendu parler et où les gens sont extrêmement bizarres. Mais c’est normal, non ? Elle est à Montréal et dans toute grande ville qui se respecte, il y a plein d’excentriques, comme Charles ou Verrue, d’illuminés, comme Andromaque ou Chess, et d’êtres encore plus inquiétants, comme Bone et Chair…

Alice s’installe donc et mord à pleines dents dans la vie, prête à tout pour se tailler une place. Or, elle ne peut savoir que là où elle a élu domicile, l’expression être « prêt à tout » revêt un sens très particulier…

Critique :
Caliss de criss d’Aliss ! Lorsque j’ai commencé la lecture de ce roman, je ne savais pas du tout où je mettais les pieds pour la bonne et simple raison que  je n’avais pas lu le résumé…

Je me savais dans un roman fantastique mais ne comprenant pas durant les premières pages où l’auteur m’emmenait, sans parler de mon impression bizarre de « déjà vu » et d’écriture sous acide, j’ai filé sur Babelio afin de savoir le fin mot de l’affaire.

Une réécriture, une relecture moderne et grinçante de « Alice aux pays des merveilles », le conte de Lewis Carroll revisité, voilà ce que j’avais en main !

Alice aux pays des merveilles que j’appelle toujours « Ça glisse au pays des merveilles » depuis un certain épisode de Friends (VF)…

Ce conte que j’ai en horreur depuis un certain dessin animé des studios Disney que j’avais vu petite et dont je n’avais rien capté, si ce n’est un espèce de traumatisme dès que j’entendais prononcer le titre de l’œuvre de Carroll.

J’avais déjà du mal avec le début du livre, n’arrivant pas entrer dans l’histoire, à apprécier les différents personnages et la suite fut encore pire puisque j’ai lâché prise et sauté des passages entiers du roman !

La faute n’en incombe pas à l’écriture qui avait un côté grinçant que j’apprécie d’ordinaire, les passages sexuels assez hot ne sont pas responsables non plus de mon abandon…

La faute ne vient pas non plus de la relecture que l’auteur fait du conte de Carroll car il y a de la créativité certaine, même une certaine créativité, de l’inventivité, de l’audace et tout les familiers de l’œuvre n’auront aucun mal à reconnaître les différents personnages, même ceux qui, comme moi, sont allergique à Alice et à son foutu pays des merveilles.

Chez moi, l’allergie doit toujours être bien présente et elle persistera jusqu’à la fin, sans aucun doute car je suis passé totalement à côté du roman. Abandon en cours de route donc, juste été lire la fin afin de savoir ce qu’il lui arrivait.

Il y a des jours, comme ça…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Chronique d’un abandon: Quand la lumière ne nous atteint pas, et que les crocs de l’intrigue ne tient pas ses lectrices…

Ce que j’en ai pensé… : Par Stelphique
Il était une fois deux blogueuses baroudeuses des pages et qui toujours, main dans la main, empruntent les chemins les plus sombres des livres noirs. Chacune avec leurs supers pouvoirs, l’une avec ses dents acérées de Cannibal et l’autre avec ses ailes lumineuses d’Elfe pour éclairer l’obscurité …

Elles décident de se lancer sur les traces d’Aliss, de Patrick Senecal…

Dans les coulisses de leur loge d’amitié, il y eu cette discussion :
— Stelphique, il y a un problème …
— Ah bon , c’est quoi ??!
— Ben Aliss …
— Et ??!
— C’est la revisite de Alice au pays des merveilles …
— Oui, je le savais, j’adore ce genre de livres !
— Je déteste …
— Ah … *Grand flottement elfique*….
Quelques moments plus tard, Stelphique contacta la Belette Cannibal :
— Moi aussi, j’ai un problème avec Aliss.
— Ah, c’est quoi ?
— Le personnage…Trop effrontée, je crois que je ne vais pas aimer les chemins qu’elle va prendre…
— J’accroche pas de mon côté …
— Il est trop tôt pour que Je m’en fasse une idée mais je te vois tu es plus loin que moi sur le chemin.
— Oui, j’ai un rythme de coureuse de marathon en compétition quand je lis ! Je ne suis pas le Cannibal Lecteur pour rien !
— Alors, Cannibal ? On abandonne Aliss à ses découvertes?
— Ben oui …
— J’ai quand même une note positive à soulever….
— Ah oui ?
— J’aimerai bien lire du Nietzsche maintenant…
— *Cannibal qui botte en touche* Ouais Ben on verra ça plus tard, là on a un Fabio Mitchelli à commencer…

Et voilà, nos deux baroudeuses des aventures sombres, qui laissèrent Aliss, à ses aventures revisitées …

Il est dès fois, où la magie ne fonctionne pas, pourtant chacune aurait pu y trouver son compte pour différentes raisons, ça aurait pu être le livre de tous les feux d’artifices pour la fan des contes revisités ou pour la grande amatrice des sensations fortes avec cet auteur canadien talentueux, mais d’un commun accord, nous avons décidé de laisser vivre Aliss dans son pays des merveilles revisité, et continuer de notre côté à visiter d’autres lieux de perdition…

Le cri : Nicolas Beuglet

Titre : Le cri

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : Xo Editions (08/09/2016)

Résumé :
Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Critique :
♫ Et j’ai crié, crié-é ♪ Non, rien à voir avec la disparition d’une certaine Aline sur une plage, j’ai juste crié de plaisir à la lecture de ce thriller hautement addictif.

Ce que je pensais être un polar whodunit classique avec un crime mystérieux à résoudre en interrogeant le majordome et le jardinier s’est en fait révélé un thriller rythmé qui m’a emmené de Norvège à Paris avant de filer droit vers les États-Unis.

Tout comme moi, lorsque l’inspectrice Sarah Geringën, fraichement plaquée par son mari, est appelée pour ce qui a tout l’air d’un suicide à l’hôpital psychiatrique de Gaustad à Oslo, elle ne s’imaginait pas non plus vivre une telle aventure palpitante et courir partout avec un certain Christopher, rencontré dans le cadre de son enquête en France.

Je tire mon chapeau aux deux personnages principaux, qui, en plus d’être sympathiques, ont couru comme des fous en prenant très peu de repos, sans quasi manger, boire, ni uriner.

Effectivement, on n’avait pas de temps à perdre à les envoyer aux chiottes ou à les faire manger, lorsqu’il y a plusieurs énigmes à résoudre et que le temps joue contre nous, un peu comme dans 24h chrono, on en oublie les besoins élémentaires.

Ceci n’est pas une critique en soi, juste une parenthèse amusante qui pourrait lancer le débat sur les personnages de romans qui ne vont jamais aux chiottes et qui ont cette chance que tout s’arrange alors que nous, dans la vraie vie, on a déjà du mal à faire comprendre un truc tout simple à notre fournisseur d’énergie (ou autre, comme l’administration) !

Ne voulant pas vous dévoiler trop de choses afin de vous garder vierge de tout, je vous dirai juste que ce thriller possède aussi une partie consacrée à la science des plus intéressantes et de l’ésotérisme à dose homéopathique.

L’auteur nous parle de faits réels, avérés tout en développant des théories de plus intéressantes, qui pourraient être vraies. Étant donné que nous ne savons rien sur ce qui nous attend après la vie, ces théories n’ont rien d’impossibles puisqu’elles ne sont pas improbables.

Les personnages, bien qu’étant parfois surhumains et super résistants, sont sympathiques, tourmentés, avec leurs blessures secrètes, leur passé sombre, des vils secrets dans leur vie dont ils n’ont même pas conscience, le tout les rendant sympathique à mes yeux.

Ce que j’ai apprécié aussi, dans ce thriller, c’est que l’auteur ne charge pas les différentes religions de tous les maux de la Terre. Au moins un qui a compris que c’était l’Homme qui était le responsable de toutes les exactions ou violences commises en leur nom ou en celui d’un Dieu, qu’il existe ou non.

Un thriller pour ceux qui cherchent du rythme, qui ont envie d’une lecture addictive, avec de la science et un un brin d’ésotérisme, sans sombrer dans un Da Vinci Code dopé à l’EPO car ici, nous restons dans le réalisme pour bien des faits et même lorsqu’on extrapole, ça reste du domaine du plausible (mais non vérifiable pour le moment).

Un thriller qui m’a fait passer un excellent moment de lecture, la rendant addictive comme j’aime.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Métro 2033 : Dmitry Glukhovsky [Critique – Défi CannibElphique]

Titre : Métro 2033

Auteur : Dmitry Glukhovsky
Édition : Livre de Poche (11/01/2017)

Résumé :
2014. Une guerre nucléaire a ravagé la Terre. 2033. Quelques dizaines de milliers de Moscovites survivent tant bien que mal dans le métro. Ils sont organisés en microsociétés qui habitent une ou plusieurs stations de métro, se dotent de diverses formes de gouvernement et de croyances.

Les tunnels sont laissés aux parias, aux rats et à tout ce qui rode dans les ténèbres.

Artème est l’un de ces survivants. Une menace plane de l’extérieur, sa portée est connue par quelques-uns, Artème est chargé de transmettre cette information et doit atteindre Polis – une communauté de stations qui préservent les derniers vestiges de la civilisation humaine. Il est le dernier espoir de survie de l’humanité.

Commence alors une quête homérique, une odyssée dans le métro moscovite, où il va croiser tour à tour trafiquants, mystiques, néo-nazis et leur quatrième Reich, la première brigade « interstationnale », des religieux, des sectaires.

Il baignera dans les légendes urbaines du métropolitain.

Critique (Stelphique ICI) :
Toi qui ouvre ce livre, n’oublies pas de prendre avec toi un AK 47, des chargeurs avec des balles à profusion car dans ce monde souterrain, ce sera ta survie, mais aussi ta monnaie d’échange car les billets ne servent plus à rien, ou alors, à se torcher le cul.

Ça, c’est ce qu’il te faut si tu décides de te balader dans les tunnels du métro moscovite… On ne sait jamais qui on peut croiser dans les coursives.

Si tu désires aller prendre l’air dehors, pauvre fou, n’oublies pas d’enfiler une combinaison étanche et de te munir d’un masque à gaz ! Et d’un bazooka !

Tant que j’y suis, je te donne un conseil d’initié : si un mec commence à faire dans son froc en bégayant qu’il y a des Noirs dans le tunnel, tire à vue ! Non, ce n’est pas un acte raciste mais de survie car ces espèces de trucs n’ont rien d’humains.

Tant que vous y êtes, tirez aussi à vue sur les chiens et surtout sur les bibliothécaires ! Ces derniers sont des abominations et rien à voir avec vos livres rentrés en retard. Devant eux, un seul mot d’ordre « Fuyez, pauvres fous, mais en silence »… Ben oui, il est déconseillé d’être bruyant dans les biblios et paraît que le bruit attire ces sales trucs.

Ah, au fait, pas besoin d’abonnement du métro, votre passeport suffira et prévoyez assez bien de munitions, c’est le plus important.

Le post-apocalyptique n’est pas mon genre de prédilection, mais de temps en temps, j’aime sortir de ma zone de confort et m’encanailler ailleurs que dans des polars. Surtout quand l’idée vient de ma binôme de lecture.

Niveau angoisses, j’ai été plus que servie et je ne regarderai plus les stations de métro du même œil, dorénavant.

Après une guerre nucléaire qui a ravagé toute la terre (toute ?), les survivants se terrent dans le métro de Moscou, reproduisant à petite échelle les différentes sociétés telles qu’on les connait à grande échelle : entre les stations gouvernées par des nazis, des communistes, des Rouges, des mystiques, des tarés, des mafiosis, des commerçants, faites votre choix.

Le personnage principal, Artyom, est un jeune homme qui n’est jamais sorti de sa station et qui se voit confier une quête qui va lui faire traverser une partie du métro.

En se mettant en route, notre jeune homme, qui n’a rien d’un héros, ne sait pas qu’il va vivre sa plus fabuleuse aventure de toute sa life. Accroche tes mains à sa taille, pour pas que la chenille déraille… Et n’oublies pas de tirer à vue (et de bien viser) si jamais tu croises un truc pas net !

L’écriture est facile à suivre, agréable, elle vous entraîne dans les méandres du métro Moscovite, qui a tout d’un enfer, et heureusement qu’il y a un plan en première page, sinon, je m’y serais perdue, vu les nom des stations assez compliqué.

Là où j’ai tiqué, c’est que notre Artyom aurait pu mourir 20 fois et qu’à chaque fois, il a été tiré d’affaire pas la Providence qui a mis la bonne personne sur son chemin afin de le sauver… Bon, une fois, ça passe, deux fois, ça fait lourd, mais trois fois, faut arrêter car ça devient répétitif et moins plausible.

Autre chose que j’ai trouvée dommage, c’est que durant sa quête, les compagnons de marche d’Artyom ne fassent que de passer… Je ne dis pas qu’il fallait nous faire une fraternité de la quête de l’anneau, mais bon, j’aurais aimé voyager plus longtemps avec certains, dont Khan, et ne pas me contenter de les voir durant quelques chapitres avant qu’ils ne disparaissent en faisant pchiiitttt.

Tant que je suis dans l’énumération des petites choses qui dérangent, je me demande aussi où sont passées les femmes ?? Putain, on en croise pas des masses dans les couloirs, à croire qu’il ne reste plus que des mâles. La Nature a inversé les choses, ou alors c’est à cause de l’apocalypse, car après lecture, j’ai l’impression qu’on a 90% de bistouquettes pour 10% de nibards.

Malgré ces petits points noirs, le reste est passé comme une rame de métro sur des rails bien huilés : le voyage était intéressant, rempli de rencontres bizarres ou intéressantes, avec une bonne louche de mysticisme et d’ésotérisme, mâtiné de religions toutes plus folles les unes que les autres.

Avec quelques réflexions profondes et pas dénuées d’intérêts pour qui voudrait y réfléchir plus fort après sa lecture.

Je me suis attachée à Artyom, j’ai aimé son côté un peu adolescent, paumé, couard, pas très sûr de lui, et qui, malgré ses peurs, continue d’avancer en se tapant des kilomètres et des kilomètres de tunnels sombres de métros, avec tout les dangers qui s’y cachent, tapis dans l’ombre.

Si le début est un peu lent, s’il y a quelques passages un peu moins intéressants, je peux vous dire que les 200 dernières pages se lisent à la vitesse du TGV roulant sur des pelures de bananes ! Cours, Artyom, cours !! Mon cœur a palpité.

Alors oui, ce n’est pas de la toute grande littérature, ce n’est pas du post-apocalypse avec un message à la clé (le message est juste un peu plus long que 3 tweet de Donald), on a des moments de réflexions profondes, mais l’action ou la marche à pied sont plus présentes dans le récit que la philosophie. De plus, la succession des régimes politiques dans les stations pourraient devenir indigeste pour certains…

S’il y a du réalisme dans ce roman, il y a aussi une dose de fantastique ou de SF, à vous de voir dans quelle catégorie vous classerez le bestiaire des animaux qui ont mutés suite aux radiations nucléaires.

Un roman post-apocalypse qui n’a rien de la lecture de l’année, pourtant, j’ai apprécié la lecture, j’ai ressenti de l’effroi dans les tunnels sombres et habités par on ne sait pas trop quoi, j’ai eu de l’empathie pour ce brave Artyom, j’ai tremblé pour lui, j’ai armé ma Kalachnikov en même temps que lui et je compte bien redescendre sous terre pour les deux tomes suivants !!

Le Challenge « Pavé de l’été 2017 » chez Sur Mes Brizées (864 pages en version poche).

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
J’étais très curieuse de partir à la découverte d’un nouveau territoire… J’ai reçu les appels de phares, et je n’ai pu résister à l’attraction du post-apocalyptique de ce métro russe… Je suis très contente d’avoir convaincue ma binômette de se lancer dans ces tunnels, parce que seule, j’avais un peu la frousse….

Synopsis :
2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désormais livrée à des monstruosités mutantes. Moscou est une ville abandonnée. Les survivants se sont réfu­giés dans les profondeurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie.

Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent.

Les personnages :
C’est bien la première fois, que je me lie autant à un lieu, et pas forcément, aux personnages. Finalement, la force de ce roman, c’est que c’est le Métro lui même qui devient le personnage principal, et non pas les êtres qui crapahutent en ces tunnels…

On a du mal à s’attacher à ses personnages sans élan héroïque, ils leur manquent un pointe de luminosité, même si je pense que c’est intentionnel, pour faire mieux briller ce lieu de ténèbres… C’est très original !

« L’important c’est de reste le même au fond de son cœur, ne pas renoncer, ne pas s’avilir… »

Ce que j’ai ressenti :… Une terrifiante traversée souterraine…

« Est-ce qu’un être humain qui n’a jamais vu d’étoiles peut imaginer l’infini ? »

Bienvenue dans l’antichambre de l’Enfer, heu, dans le Métro russe, version post-apocalyptique !!! Comment vous dire ?! Il ne fait pas bon vivre dans ses tunnels obscurs, avec l’ombre de la menace des Noirs, continuellement enfermés dans les ténèbres

Peu de place pour la rêverie, les bons sentiments et l’hospitalité… Il règne en ces lieux, une ambiance oppressante qui ne vous lâche plus! Saisissante, asphyxiante, viciée, chaque inspiration est une souffrance autant pour ses personnages que pour nous, lecteurs.

Cette ballade dans ce Moscou revisité, est empreinte d’une menace sourde, presque surnaturelle, affreusement anxiogène…

Tous nos sens sont aux aguets: le danger réel et irréel se glisse dans ses lignes, chaque détour est un abysse profond, chaque intersection, une angoisse supplémentaire…

« Maintenant qu’il mesurait l’ampleur de la déchéance humaine, sa foi dans les lendemains radieux s’était évanouie . »

De tous les romans dans ce genre, je crois que celui ci, se distingue vraiment par cette atmosphère plombée par cette peur ancestrale du noir, mais pas seulement le Noir, presque le Néant… Absence de lumière, de beauté, et a fortiori d’espoir…

Le Metro devient le héros ténébreux, et  il nous dévoile ses pires recoins entre ses ombres monstrueuses, ses pièges nébuleux, ses inquiétantes voies, ses pires détracteurs…

Ce qui m’a vraiment plu, c’est cette manière d’aborder le post-apocalyptique,  il ne reste Rien : rien à sauver, rien à valoriser, (presque plus) rien à Croire. On sent vraiment que c’est la Fin de tout, du monde mais aussi des moindres valeurs…

Ici l’auteur se penche sur l’aspect spirituel de l’humain face à l’inéluctable, il nous donne matière à réfléchir sur les questions existentielles, et en même temps dresse un portrait peu reluisant de la nature humaine, la balance entre le Bien et le Mal penche affreusement d’un côté, et du coup offre un incroyable thriller d’une noirceur poisseuse…

Avec cette intrigue, la claustrophobie te saisit au détour d’un rail, et elle ne te lâche plus jusqu’à la fin du voyage…

« Celui qui trouvera en lui-même assez de patience et de courage pour scruter toute sa vie les ténèbres sera le premier à y apercevoir un éclat de lumière. »

En suivant Artyom, jeune homme qui se lance dans une mission quasi suicidaire, on fait le tour des stations et des pires travers humains. Chaque voie empruntée par ce personnage, nous offre un panorama des violences  dans lequel l’Homme peut s’illustrer en tant de crise, autant psychologique que physique…

En plus de l’absence de luminosité du lieu, cette excursion emprunte tous les cercles du vice et de la cruauté, se nourrit du sang et de l’incrédulité des plus faibles, et il parait, (selon une légende), qu’en creusant un peu, les Enfers seraient au centre de la Terre: on s’en approche dangereusement dans ses pages…

« Mais le diable a de ces blagues parfois! »

Un premier tome qui pose bien ses bases: On voyage dans les bas-fonds de la Russie, la philosophie prend le pas sur nos peurs les plus primales,  l’horreur rencontre un lieu parfait de perdition, on se délecte de cette tension de tous les instants…

Alors bien sûr, on se jette sur la suite de ses aventures souterraines, histoire de se faire encore plus peur que nécessaire…Vite Metro 2034 !

« Ce n’est pas la mort qui effraie. C’est son attente. »

Le petit plus : Le plan du Metro moscovite en couleurs! Déjà, il rend super à l’œil, mais surtout, il est absolument nécessaire, pour cette lecture étant donné, la complexité des noms russes des stations. A chaque chapitre, on sait où l’on est, et c’est vraiment appréciable pour la visualisation de la progression…

Ma note Plaisir de Lecture  9/10

Lien vers la chronique de ma partenaire de folie : Stelphique

Dusk : Sébastien Bouchery

Titre : Dusk

Auteur : Sébastien Bouchery
Édition : Fleur sauvage éditions (25/08/2016)

Résumé :
Nebraska, 19ème siècle. De redoutables limiers partent affronter l’hiver glacial pour neutraliser l’assassin d’une fillette.

Mais ils devront, tour à tour, affronter leurs passés tumultueux, ainsi qu’un second prédateur… Un tueur en série qui laisse, dans son sillage, un nombre inquiétant de cadavres…

Jouant avec les codes des thrillers actuels, Sebastien Bouchery revisite l’univers du western avec des personnages hauts en couleur et une intrigue aussi riche que palpitante.

Critique :
Autant j’adore les romans policiers et les romans noirs, autant j’ai aussi un gros faible pour les bons westerns !

Attention, je parle ici de bons westerns, de la crème des westerns. Le tout dans une ambiance noire comme un café serré.

La crème du western qui se mélange harmonieusement avec un roman noir et sombre comme la raie d’un mineur occupé à creuser une galerie au fond d’une mine à minuit par une nuit sans lune…

Mettez le pied à l’étrier et munissez-vous d’une chaude peau de mouton parce que, une fois de plus, on va chevaucher dans le froid et la neige. À la poursuite, non pas du diamant vert ou d’Octobre Rouge, mais d’un assassin d’enfants. Un pédophile surnommé Le Sprinkler… Je ne verrai plus ces dispositifs de la même manière, moi.

— Ça caille, hein, Bow’ ?
— J’ai les roustons qui ont rétréci. Ils collent à mon calbar comme les mouches collent aux aisselles de la mère Dagonard, ma voisine.

— Le Sprinkler  ? répéta Ron en plissant les yeux.
— Oui, c’est le nom que lui ont donné les élégants bien-pensants de Lincoln. En rapport avec les us et coutumes pédérastes de notre homme.
— J’ignorais qu’il fallait donner un nom à tout, même aux sauvageries les plus perverses, commenta Brittle.
— Il faut toujours donner un nom aux choses, monsieur Brittle. Chez nous, on gratte énormément de papier. Et pour déterminer chaque élément d’un puzzle, il faut automatiquement lui apposer un nom.

L’auteur a beau être français, à mon avis, on a dû le biberonner aux westerns lorsqu’il était bébé car il nous offre une ambiance qui a tout d’un western mis en scène par un américain.

Les 7 mercenaires…. Pardon, je voulais dire, les 7 cavaliers à la poursuite du pédophile sont tous aussi différents que l’on peut l’être car entre deux anciennes légendes de l’Ouest et de la Guerre de Sécession (des vieux ronchons), un shérif et ses deux adjoints (un qui bégaye et un adepte de la zenitude), une femme qui n’a pas froid aux yeux (mais possède une forte poitrine) et un journaliste trouillard, on aurait pu se casser la gueule.

Tous ont une densité, une présence incroyable, on s’y attache, chacun ayant ses secrets, ses non-dits, ses envies, ses rêves et Sébastien Bouchery nous offre donc des personnages avec des nuances de gris.

Et quelques nuances de jaune ou de brun car les sous-vêtements ne devaient pas être blanc de chez blanc après un tel périple.

— Oui messieurs, je fais partie de l’expédition.
— Comment ça ? Mais… mais nous allons chevaucher des journées entières, dormir sous la pluie, chier et pisser dans la nature…

Durant cette chevauchée dure, impitoyable, sanglante, notre scénariste a su éviter tous les pièges, tous les écueils, tous les clichés éculés et véhiculé par le genre. En fait, on a des clichés, mais mis en scène de manière à ne pas ressembler à des gros clichés bien gras enrichis à l’huile de palme.

Sa seule entorse sera pour Miss Hobblehorn, la femme qui n’a pas froid aux yeux ni aux miches, qui est une jolie brune à forte poitrine. Mais malgré sa « bravitude », elle nous prouvera aussi qu’elle peut avoir le trouillomètre à -10 !

Quand aux autres, ils n’ont rien de super héros et ont mal aux fesses après une longue chevauchée, comme tout le monde.

Kenny Bowens mesurait un mètre soixante-dix tout au plus, grinçait de toutes les articulations lorsque le temps virait à l’humide, et flattait souvent une bedaine bien avancée sous laquelle il peinait à attacher son ceinturon les matins.

— Bow’, comment tu vas, vieux coyote décati ?
— Mieux que toi si j’en juge par ta poigne de fillette anémiée.

— Allez Stab’, je te rejoins. Si t’as besoin d’une échelle pour grimper sur ton bourricot, y en a une contre la grange.

— J’ai l’impression qu’on m’a bourré du bois sec dans le cul toute la nuit tellement ça craque.

Pas d’embêtements, des secrets, des mystères, deux tueurs fous à arrêter et, cerise sur le gâteau, un politicien véreux comme pas possible ! Oubliez les magouilles de nos politiciens, celui-ci les surclassent tout et mériterait 8 pages dans le Canard Enchaîné tant il est pourri de chez pourri.

Tout en galopant dans la neige et en se caillant les miches, l’auteur en profite aussi pour nous donner quelques anecdotes amusantes sur le Jack Daniel, les nouvelles techniques d’investigations et pour nous faire réviser notre historie des États-Unis en passant en revue ce qu’elle a de plus sombre. Hé, c’est pas l’île aux enfants, ici ! Et le Rêve Américain, il est aux abonnés absents.

Il avait fui le rêve américain comme on tente d’échapper à la peste. L’Eldorado, la terre promise que convoitaient les immigrants n’avaient jamais existé. Pour lutter contre les politiques d’austérité, nombre d’immigrants avaient formé des communautés aussi incontrôlables que venimeuses. Les gangs avaient commencé à gangrener la ville et les ouvriers devaient composer avec patrons, politiques nouvelles et misère sociale.

— D’après ce que je sais, le shérif a mis à contribution ses adjoints et ceux de la ville voisine pour garder au frais la scène de crime.
— Ah oui, c’est vrai. Les nouvelles techniques d’investigation. On touche à rien et on déplace surtout pas le corps.
— Il commence même à se créer de nouveaux métiers autour de l’étude des cadavres. Tu y crois, toi ?

C’est sombre, sur fond blanc puisqu’il neige, on a quelques notes d’humour, des flingues qui crachent des balles, des morts, des blessés, de l’amûr (un peu), des dialogues qui ont de la pèche et des personnages qui se dévoileront au fil de la chevauché fantastique.

— Si ma vue continue de baisser à cette cadence, l’année prochaine je serai obligé d’aller pisser avec une loupe.
— Tu le faisais pas déjà ?
Stabler lui accorda la victoire d’une mise en boîte bien placée, et rit.

— Je commence à devenir miro, j’ai mal partout chaque fois que je me gratte le dos, et j’ai de plus en plus de mal à dresser la tente, si tu vois ce que je veux dire…

Quand au final, il est grandiose, l’auteur étant à l’aise aussi bien avec les scènes de fusillades comme avec celles plus tendres, celles remplies d’humour ou plus cyniques, comme avec celles plus « coup de poing dans ta gueule » avant de te coller le coup de pied dans le plexus.

— C’est juste que nous connaissons tous le pedigree des politiciens. Ils sont prêts à décimer tous les serpents à sonnette du désert sur de simples promesses. Mais une fois qu’ils sont élus, c’est tout juste s’ils ont le temps de dire bonjour à leurs administrés.

Sans oublier les deux mondes qui se croisent et se télescopent : l’Amérique profonde des cavaliers, des fermiers et celle des politiciens orgueilleux. Celle qui manie encore le colt et celle des gratte-papiers… L’avantage étant que nous ayons des bas de plafond des deux côtés.

— Ici, on gratte pas le papier. On fait respecter la loi, les mains dans la boue et les pieds dans la merde.

Que demander de plus ??

Ok, ce serait encore plus super avec des images sur grand écran pour encore mieux en profiter et une musique d’Ennio Morricone !

— Je préférerais un Jack Daniel’s.
— Un Jack quoi ? Qu’est-ce que c’est que ce truc ?
— Un bourbon américain.
— Le bourbon américain, ça n’existe pas, voyons ! Je veux dire, le vrai. D’où sort donc votre piquette ?
— D’une distillerie de Lynchburg, dans le Tennessee.
— Ah, et depuis quand elle existe, cette distillerie ?
— Elle a été fondée cette année, par monsieur Jack Daniel.
Hagan partit dans un rire hilare. Il passa une main dans sa chevelure épaisse et leva le bras pour commander une tournée.
— Monsieur Stillman, je vous pensais plus fin connaisseur. Un homme de votre qualité, allons ! Le tord-boyau dont vous faites l’apologie ne connaitra jamais le succès. Je ne donne pas un an avant que votre distillerie ne ferme ses portes.
— Si vous le dites.
— C’est du bon sens monsieur Stillman, juste du bon sens, dit Hagan en se tapotant le crâne du bout des doigts.

PS : j’ai relevé quelques grosses fautes d’orthographe, dans cette version… Les cavaliers « descellent » leur chevaux et bien entendu, ils les « scellent ». Heu, « sceller » avec un « c » parle d’apposer un sceau, le cavalier, lui, il se contente de « seller » son canasson.

— Vous n’avez plus qu’à les desceller et récupérer vos affaires pour la nuit…

Il s’était ensuite rendu jusqu’à l’écurie et avait scellé son cheval.

Idem avec « dote » écrit de cette manière à la place de « dot ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

V pour Vendetta – Intégrale : Alan Moore & David Lloyd

Titre : V pour Vendetta – Intégrale

Scénariste : Alan Moore
Dessinateur : David Lloyd

Édition : Delcourt (25/01/1999)

Résumé :
Londres, fin du XXe siècle : plus personne n’ose résister au « Système ». L’œil et l’oreille espionnent, le nez enquête, la bouche désinforme et la main fait régner l’ordre et la terreur.

L’Angleterre a pris les couleurs du fascisme. La culture a été effacée. Pourtant quelqu’un ou quelque chose rôde dans les ruelles sombres.

Il est vêtu comme un comédien, masqué d’un éternel sourire, cite Shakespeare, sauve les innocents, pose des bombes et préserve ce qu’il reste de la culture dans son musée des ombres. Un anarchiste s’est glissé au cœur du système.

Ni comédien ni tragédien, ni bouffon ni fou, ni fanatique ni terroriste, ou peut-être tout cela à la fois, il n’a pour nom qu’une initiale : V. V pour Vendetta. V pour Vengeance.

À moins que ça ne soit pas aussi simple que ça…

Critique :
Comment parler de cette intégrale que j’ai lu en plusieurs jours, tant elle est foisonnante de détails, de dialogues ciselés et dont l’atmosphère était lourde ?

Une uchronie sombre, dure, travaillée, violente, dérangeante, superbe…

Le festival des adjectifs et des superlatifs vient de s’ouvrir ! Qui dit mieux ?

Watchmen était déjà une œuvre aux personnages fouillés et à l’histoire complexe, mais avec celui-ci, on a encore franchi une limite dans le « oufti putain que c’est bon ».

Fin 20ème siècle, années 90. L’Angleterre sous une dictature implacable, qui fait peur et qui a tout de ce qu’auraient été notre vie si les nazis avaient gagné, camps d’internements compris.

Restrictions totale des libertés (le mot « liberté » existe-t-il encore ??), surveillance audio, vidéo (on va éviter de se promener à poil chez soi), contrôle de l’information, culte de la personnalité, arrestations arbitraires avec internement de certaines catégories de personnes dans des camps de concentration, anéantissement de la culture, des livres, du cinéma,… Les gens ne savent même plus ce qui a existé avant.

Si je n’ai pas vraiment accroché aux dessins (qui, je dois l’avouer, collent parfaitement avec l’histoire), le scénario, lui, est de toute beauté dans son réalisme car ce que les auteurs décrivent pourrait très bien nous arriver. Ça nous pend peut-être même déjà au nez.

Pour le lecteur habitué aux mangas, la surprise sera de taille car pas d’onomatopées (aucune !!) glissées ça et là pour bruiter l’action, pas de ballons de pensées non plus, et exit les pavés narratifs aussi, le tout ayant déstabilisé l’amatrice de bédé que je suis.

Entre nous, on s’y habitue vite, le talent des auteurs résidant dans le dessins et la narration qui arrivent à se passer de ses trois artifices, sublimant l’action et la narration, pour nous proposer un monument de la littérature dessinée.

Les personnages sont plus que criants de vérité, et V, celui qui s’insurge, celui qui est seul à se dresser contre l’oppresseur et la tyrannie, le seul à donner de la voix à la multitude silencieuse, il est humain, mystérieux, intrigant, passionnant, possède de l’humour et de la dérision.

Il a des valeurs morales, est prêt à tout pour faire tomber cette dictature abjecte et possède aussi des désirs de vengeance. Mon chouchou dans l’Histoire.

Son personnage s’est fortement inspiré de Guy Fawkes, le terroriste catholique qui est à l’origine de la Conspiration des Poudres qui eu lieu en 1605. Il faisait partie de ceux qui avaient planifié l’assassinat du roi Jacques Ier et de faire péter la Chambre des lords.

Quant au scénario, il y a du 1984 d’Orwell, mélangé à du Fahrenheit 451 de Bradbury avec une touche de Dumas et de son célèbre Edmond Dantès mué en un comte de Monte-Cristo vengeur, s’attaquant à ceux qui furent à l’origine de son emprisonnement.

V pour Vendetta est un joyaux noir, taillé à la juste mesure, éclairé de sombritude (oxymore additionné d’un néologisme, je sais) qui dénonce les régimes autoritaires et tout le cortège de privations qui va avec tout en mettant en garde le lecteur : sois vigilant, mec, ça pourrait revenir sans que tu le sentes venir !

Une putain d’excellente uchronie dessinée !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

 

Autopsie – Tome 1 – Whitechapel : Kerri Maniscalco

Titre : Autopsie – Tome 1 – Whitechapel

Auteur : Kerri Maniscalco
Édition : Milan (18/01/2017)

Résumé :
Audrey-Rose a toujours vécu dans l’opulence et le bonheur jusqu’à la mort de sa mère. Depuis, malgré la compagnie de sa tante et ses robes en soie, la jeune fille mène une vie secrète.

Contre l’avis de son père et les attentes de la haute société, Audrey-Rose passe beaucoup de temps dans le laboratoire de son oncle pour étudier la médecine légale, en compagnie de Thomas, un apprenti charmant, intelligent mais méprisant.

Elle passe ainsi ses après-midi à disséquer et à lire à travers les corps humains. Mais une série de meurtres perpétrés par un certain Jack l’Éventreur à Whitechapel vont l’accaparer.

Chaque corps est mutilé et les crimes sont de plus en plus horribles. Audrey-Rose et Thomas vont enquêter afin de découvrir le meurtrier…

Critique :
Comment arriver à écrire un roman rempli de fraicheur lorsque l’histoire se déroule dans une morgue où arrivent les victimes du célèbre Jack The Ripper ?

On pourrait penser que les pages vont être remplies de relents de corps en décomposition et d’odeurs de putréfaction des viscères…

Il n’en fut rien, et je me suis même surprise à pouffer de temps de rire avec les pensées ou répliques de l’héroïne, Audrey Rose Wadsworth, jeune fille qui, contrairement à ce que pourrait penser la gent masculine, possède un cerveau et sait l’utiliser.

Elle, sa difficulté est de concilier ses envies de découper des corps dans le cabinet de médecine légale de son oncle, alors qu’elle est une jeune fille de bonne famille et que son paternel a d’autres projets pour elle.

Ajoutons aussi la difficulté de se concentrer lorsque son tonton travaille avec un de ses étudiants, Thomas, un beau brun ténébreux qui a tout du fils de Sherlock Holmes tant il est aisé avec l’art des déductions et surprendra plusieurs fois la belle Audrey Rose en lui donnant l’impression qu’il a lu dans ses pensées.

Et pendant qu’elle ne sait pas trop si il lui fait de l’effet ou pas, un sinistre personnage s’en prend aux prostituées, les mutile, avant qu’elle ne se fassent découper dans la morgue de Tonton Wadsworth, aidé de sa charmante nièce.

Si l’écriture est assez simple, elle n’a rien de simpliste et on s’immerge très vite dans le Londres de 1888, même sans devoir avoir recours au bon vieux smog et autres phénomènes climatologiques qui font le charme de Londres.

Par contre, pour ce qui est de la description des toilettes de ses dames, nous en avons pour nos sous, sans pour autant que Audrey Rose et les autres ne nous parlent que de chiffons et de robes à la mode dans les salons de thé.

Les personnages sont agréables à suivre, on se pique d’amitié pour eux, surtout pour Thomas qui, sous ses dehors de vaniteux et de prétentieux cache quelques blessures. J’avoue que j’aurais bien craqué pour lui aussi, mais moi, n’étant pas sous le joug des principes de la bonne société victorienne, je lui aurais sauté dessus !

Niveau crimes de celui que la presse surnomma Jack The Ripper (après réception de lettres dont nous n’aurons jamais la certitude qu’elles étaient de sa main), ils sont presque copies conformes des vrais, l’auteur ayant pris quelques libertés avec la réalité pour qu’elle colle avec son récit de fiction (il s’en explique à la fin).

Sans devenir LE romans de l’année, ce polar victorien avait tout pour me plaire et il a rempli son office en me donnant quelques heures de lecture qui m’ont emportées ailleurs, dans un Londres qui souffrait aussi dans sa chair, comme celui de notre époque contemporaine, vu les dernières actualités tragiques de ce mois de juin.

Mais au moins, durant ces heures, je ne pensais plus qu’à l’enquête d’Audrey Rose et de Thomas, arpentant, en leur compagnie, quelques ruelles sombres ou de beaux parcs lumineux, ou carrément l’asile de Bedlam, portant des jolies toilettes à la mode, buvant du thé avant de disséquer un cadavre, me laissant séduire par le beau jeune homme tout en prenant des cours de médecine légale.

Si l’on veut un récit policier bien ficelé (même si j’avais compris qui était le tueur), qui n’a rien de glauque, en apprendre plus sur les balbutiements de la médecine légale, du féminisme, de la place de la femme dans cette société où nous avions autant de droit qu’un enfant de 12 ans… Alors, ce roman est fait pour vous !

Lorsque le tome 2 sortira, je foncerai à la librairie pour me l’offrir car je ne m’étais pas trompée en tombant dessus au détour d’un rayon.

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Tif et Tondu – Tome 19 – Sorti des Abîmes : Maurice Tillieux & Will

Titre : Tif et Tondu – Tome 19 – Sorti des Abîmes

Scénariste : Maurice Tillieux
Dessinateur : Will

Édition : Dupuis (1973 pour la version originale)

Résumé :
Tif et Tondu se rendent en Angleterre avec Amélie d’Yeu. Celle-ci est obligée de laisser son chien Cambronne dans un chenil: c’est la loi.

Mais ce chenil est visité par une énorme créature visqueuse et tentaculaire, qui grossit de plus en plus lorsqu’elle est illuminée par les rayons du soleil.

Tif et Tondu arriveront-ils à sauver Londres de la destruction ?

Critique :
Hé oui, j’ai un faible pour les vieux albums de Tif et Tondu ! J’adore leurs enquêtes, leur gouaille – surtout celle de Tif – les répliques humoristiques entre les deux personnages, le côté sérieux de Tondu (le chevelu) et le côté fou et pas sérieux de Tif (le chauve).

D’ailleurs, ceux qui ont un peu de culture sur la bédé savent que Maurice Tillieux était aussi le scénariste de la série Gil Jourdan et que les répliques de Libellule étaient des plus terribles, valant bien celle d’un Goscinny, c’est vous dire.

Anybref, direction l’Angleterre en compagnie de nos trois amis… Trois ? Oui, notre duo est en charmante compagnie puisque la comtesse Amélie d’Yeu les accompagne à Londres. Elle, elle sera agaçante, égotique et ne pensant qu’à son toutou mis en quarantaine par les douaniers. Toutou qu’elle voulait faire entrer en douce en Angleterre !

Cette enquête a des relents de fantastique et d’égout puisque la bébête pas belle qui sort des abîmes a une sale gueule et ne devait pas sentir bon la rose !

Ne me demandez pas si c’est possible de créer pareille bête en utilisant des rayons ultra-violets et de mettre fin à ses jours avec des rayons infra-rouges, parce que je n’y connais rien sur la question ! Mais je parierais mon string que non…

Si ce côté là est fantaisiste, il y en a un qui ne l’est pas : le scénariste Tillieux avait fait des recherches sur la ville de Londres et avait fourni scénario ET documentation à Will, le dessinateur.

Ce qui nous donnera des décors exacts de Limehouse Dock, alors qu’ils n’étaient pas réalistes dans « La marque jaune » avec Black & Mortimer ! Excusez du peu !

Malgré le côté fantastique de l’enquête, on se prend au jeu, on les suit dans leur enquête, on rit des bêtises de Tif, de ses bons mots, le tout dans une atmosphère oppressante et angoissante.

Je vous parlais, en amont, du travail de documentation réalisé par le scénariste, pour le dessinateur, ce qui nous donne des belles scènes sinistres sur les docks déserts, le long de la Tamise ou dans les égouts.

On aurait pu avoir un huis clos oppressant avec tout ces lieux sombres et angoissants, mais le tout est contrebalancé par des escapades dans des endroits plus charmants de la ville de Londres ou le long du littoral.

Que du bon dans cet épisode de Tif et Tondu ! Normal, vous me direz, c’est de la bédé belgo-belge !

Tiens, si j’ai le temps, faudra que je vous reparle du retour de la bébête !

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Elijah : Noël Boudou [WRC – Chronique d’une autopsie littéraire annoncée]

Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!

Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 

Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman « Elijah » de Noël Boudou

Dossier n°05

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 janvier 2017, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Nous reprenons les éléments importants relevés au cours des examens externe et interne du roman.

Nous les commentons et tentons d’en tirer des hypothèses et/ou conclusions logiques.

Silence on autopsie un livre

Description du sujet autopsié :  Un Flamant Noir, pas rose et des traces de griffes sur du bois…

Date du crime d’édition : 27/02/2017 – corps récent !! Encore frais…

Arme du crime : Une plume qui se plante dans ton cœur.

Traumatismes :  Nombreux ! Dont un cœur et une âme en miette.

Suspects : Noël Boudou et quelques uns de ses personnages qui m’ont pris aux tripes.

Arme du crime probable : Tout est bon pour te faire souffrir

Modus operandi du crime : 222 pages (221b ?) de récit à l’état brut dont un gros pourcentage de pages violentes, comme si tout le gratin des salauds s’étaient donnés rendez-vous dans le roman de Noël.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ?
Putain Noël, pour un premier crime, tu fais fort ! Tu me permets de t’appeler par ton prénom puisque nous nous sommes déjà croisé dans les couloirs du Fesse Bouc. Et puis, je viens tout de même d’autopsier ton roman…

Autopsie réalisée d’une traite, sans déposer le bistouri. Addictif.

Le sujet autopsié est dur, violent, parfois même un peu trop violent, un peu trop trash, mais on sent qu’on a écrit ce bouquin avec des tripes et puis, quelles émotions dans ces pages !

Oui, la violence extrême côtoie sans vergogne la douceur la plus tendre et durant certains moments, qu’ils soient doux ou durs, on a envie de crier à son apprenti d’apporter cette foutue boite de kleenex parce qu’on a une grosse crasse dans l’œil.

Les personnages qui gravitent dans ces pages sont torturés, abîmés, lacérés et on se demande s’il y en a un qui a eu une enfance « normale », avec des parents autre que des brutes épaisses ou s’il y a autre chose que des salauds finis dans ces pages !

Heureusement qu’il y a Elijah, petit bonhomme handicapé et son frère dont nous ne saurons pas le prénom au départ.

Elijah, on l’aime de suite, on a envie d’être tendre avec lui, de le prendre sous notre aile. Et quand il s’adresse à nous dans son journal intime qui se déroule dans sa tête, on lève la tête du récit tant les émotions nous coincent la gorge.

Son frère, lui, c’est violence envers les monstres et tendresse envers son frère, sentiments opposés, qui, tel un maelström fougueux, se bousculent dans sa tête. Et pourtant, on l’aime aussi. Même s’il exagère grave avec les gens qui manquent de respect envers son petit frère handicapé.

Un roman percutant, violent, écrit au scalpel, avec des moments durs qui, selon moi, auraient pu ne pas être insérés dans le roman, mais qui, présentés ainsi, nous donnent une vision peu reluisante d’une certaine société, celle des nantis et des bobonnes qui veulent se faire défoncer la rondelle et pire, si affinités… Mais bon, tout le monde n’aime pas de sexe brutal, si ??

Mon seul bémol sera pour la violence extrême durant certaines scènes car comme on dit en Belgique « Trop is te veel » (« Trop c’est trop »), mais je pardonnerai ces erreurs ainsi que quelques clichés car Noël, de par son final, m’a mis le cœur en vrac, m’a serré la gorge et humidifiés les yeux.

Un autopsie de roman qui m’a laissé l’âme en morceaux et bon courage au légiste qui voudra reconstruire ce puzzle !

Verdict du détective Cannibal ?
Un premier roman percutant, des émotions à l’état brut, un roman écrit d’une plume qui manie aussi bien le sombre que le lumineux et qui les fait se côtoyer pour le meilleur et pour le pire, mais dieu que c’est bon !

Par contre, si un jour j’ai le bonheur de me faire dédicacer ce roman, j’assommerai ensuite Noël avec son roman pour avoir osé me faire chialer mon petit cœur d’artichaut !

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

Sans titre 7

Jack the Reader 4

Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

Journaliste à la Gazette Elfique, Stelphique fera quelques zooms sur ces comportements déviants des humains et mettra en lumière, la petite flamme qui anime pourtant ce roman très sombre qu’est Elijah de Noel Boudou…

Il serait peut être temps aussi, de vous prévenir qu’une petite combinaison anti-coup, et un bouclier sont de rigueur pour découvrir ses pages….

Attention, 5,4,3,2,1…Impact !!!!

Elijah, ou « L’accident-miracle »…

Petit être chétif et victime avant même de naitre, déformé avant même d’avoir respiré, il n’a aucune arme face à la violence du monde qui s’ouvre à lui.

La noirceur il la devine, la pressent dans l’odeur de son frère qui fait tout pour lui rendre la vie moins dure…

Le « Frère d’Elijah » , en se battant avec une ferveur sans faille, en lui vouant une attention continue, nous démontre que le handicap est encore source d’exclusion, de bêtise éhontée, de violence gratuite, et de soins quotidiens.

Chaque minute de l’emploi du temps de ce frère dévoué, est consacrée au bien-être de ce gamin, pour qui aucune action n’est une évidence, qui a besoin de l’attention d’autrui pour la moindre chose. Une belle leçon de vie.

Ange presque sans parole, Elijah, nous livrera son petit journal intime intérieur, d’une fraicheur agréable…

La violence conjugale où un fléau qui fragmente encore les familles…

Des milliers de femmes meurent chaque jour sous les coups de son conjoint. C’est un fait. Ahurissant et implacable, mais une réalité insoutenable. Ici, Noel Boudou va explorer cette cellule, où l’homme devient monstre, la femme, victime, et les enfants, impuissants… Une famille fracassée…

Dans ces deux cents pages, on subit les coups, spectateur de cette horreur qui se cache derrière les portes, terrassé par le réseau néfaste de la haine. Rien n’est épargné, à nous autres lecteurs, on aura chaque sensation, chaque blessure physique ou mentale, racontée avec une brutalité sans artifice.

Le frère d’Elijah et Milo, nouveaux héros indestructibles, pour déconstruire cette toute puissance masculine, rallié à la cause féminine à leur petite échelle, duo de violence et frères de sang….

Ils foncent, poings serrés, dans ce gros tas d’immondices, et de vices de ses hommes qui ne craignent plus aucune perversion…

La violence répond à la violence, mais cette fois-ci, elle est du coté des femmes et des enfants, qui sont meurtris intérieurement…

Quand dans le Noir, nait la lumière…

La Terre est terre de contradiction, de Bien et de Mal, qui s’oppose parfois dans le même être… Dans le plus pur des sentiments humains, se trouve aussi une rage sans limites…

En créant cet être imparfait, pétri des pires contradictions, ange déchu aux mais sanglantes, Noel Boudou nous ramène une pointe de douceur dans cet univers de ténèbres et d’horreur qui font qu’on a quelques bouffées d’oxygène d’Amour Rédempteur…

Choquant, bouleversant, presque à vomir ses scènes atroces, mais il n’en reste pas moins qu’il y a une forme de lien très fort qui unit ses deux frères, qui nous renverse aussi le cœur…

Quand une elfe découvre les faits, et rien que l’effet de ces êtres humains en miettes, elle ne trouve plus les mots encore moins, les émotions pour décrire ses impressions.

Mais les fées pleurent, c’est certain, sur cet état de fait et les répercussions de la violence de ces hommes haineux…

Lien vers la chronique originale de Stelphique

Le brouhaha de la salle s’atténuait. Le rapport d’autopsie du médecin légiste et le témoignage de la presse avait enflammé la foule présente et le juge ne cessait de réclamer le silence afin de laisser la parole à l’avocate de la partie adverse.

Droite dans sa robe, cette dernière savait que ses paroles allaient faire vendre du papier et que le peuple, allié à la cause de l’accusé, la livrerait à la vindicte populaire bien après la fin de son réquisitoire.

Elle se sentait seule mais elle se savait intègre. Alors que, le charisme et la gentillesse de l’accusé emportait l’adhésion de chacun, elle ne pouvait oublier et abandonner ses idéaux qui dictaient son choix aujourd’hui.

Elle connaissait son texte sur le bout des doigts, ses arguments étaient prêts. Tout l’amour et la tendresse que l’accusé avait pu mettre dans son texte était certes louable et extrêmement prégnant mais rien n’avait pu masquer toutes ces incohérences et ces redondances dans le texte.

Rien n’avait pu lui faire oublier les lieux communs qui semblaient sourdre par toutes les pages.

Bien sûr, elle avait compris le dessein de l’accusé… Ce dernier ne souhaitait que mettre en exergue la force de l’amour et l’acceptation des différences et la femme en elle respectait cela.

Son personnage principal ne faisait que chercher la rédemption et assurément, une certaine lumière s’échappait des protagonistes de l’affaire.

Mais cette lumière n’avait pas adouci la noirceur et la violence extrême utilisée à outrance, ni ne l’avait empêchée de vouloir jeter ce roman au loin à plusieurs reprises.

Grand mal lui en aurait fait, car elle avait une mission à accomplir. Elle n’avait pas failli.

Malgré toutes les preuves de l’innocence accumulées depuis le début du procès, elle allait tenter de déclamer son texte avec toute la conviction dont elle était capable.

Elle allait dire haut et fort, mais avec indulgence car le casier de l’accusé était vierge, que ce roman n’avait pas su trouver le chemin de son cœur.

Elle paraphraserait sans doute un peu, ferait quelques jeux de manches et regarderait les jurés, mais l’accusé lui-même aussi, droit dans les yeux pour leur asséner son réquisitoire.

Puis elle reprendrait sa place, attendant un verdict dont elle connaissait déjà la teneur. Le doute persistait dans le cœur du jury et lorsqu’il ne reste que le doute… on acquitte.

L’heure était venue. Elle releva la tête, inspira profondément et prit la parole…

Lien vers la chronique originale de Nath Sous les pavés la page.

Blackout Baby : Michel Moatti

Titre : Blackout Baby

Auteur : Michel Moatti
Édition : HC Editions (2014) / 10-18 (2016)

Résumé :
Londres 1942 : profitant du couvre-feu, un tueur hante les rues de la ville.

En quelques jours, il assassine et mutile quatre femmes. Son modus operandi interpelle Scotland Yard et la presse, qui le surnomme aussitôt le Blackout Ripper.

Les messages qu’il laisse sur les scènes de crime, conçus comme des indices codés, imposent bientôt aux enquêteurs une piste inquiétante : le criminel semble s’inspirer des leçons du mage noir Aleister Crowley et de son manuscrit démoniaque, « Le Livre de la Loi ».

Insaisissable, le tueur caché dans l’ombre du Blitz décide de s’attaquer aux enfants de Londres – ceux qui doivent être évacués lors de l’opération « Joueur de flûtes ».

Mais il va trouver sur sa route une femme, Amelia Pritlowe, qui va faire de sa traque une affaire personnelle.

Une enquête inspirée de faits et de personnages réels.

Critique :
Amelia Pritlowe est une vieille amie, je l’avais déjà suivie dans son enquête sur la recherche de l’identité de Jack The Ripper, à Londres, en temps de guerre, sous les bombardements, lors du blitz (1941).

Nous sommes toujours à Londres, sous les bombes, en plein blackout et voilà qu’un autre tueur sévit, profitant de la noirceur qui règne dans la capitale durant les couvre-feux.

Blackout Ripper est une tueur en série qui a réellement existé, il se nommait Gordon Cummins et si d’entrée de jeu nous connaissons son identité, le but sera se savoir comment on va l’attraper, ou pas…

Mon ami Wiki aurait pu tout me dire sur lui, mais j’ai préféré suivre les péripéties de mon infirmière préférée, Amelia, dans cette enquête sur le tueur du blackout qui a eu le don de réveiller d’anciennes peurs de 1888.

Hé, on tue des femmes la nuit, on les égorge, on fout du sang partout, et on écrit sur les murs des phrases bizarres !

Cummins est un être détestable, un prétentieux se croyant tout droit sorti de la cuisse de Jupiter, avec de grande aspirations professionnelles qu’il a dû revoir fortement à la baisse et de ce fait, il a la haine de tout, surtout des femmes car il pense que nous sommes toutes des putains.

Prétentieux et dérangé, froid, dur, psychologiquement atteint, l’araignée de son cerveau qui se balade à l’envers, persuadé d’accomplir une grande mission… En un mot : un vrai salaud !

Entre nous, les passages où on se trouve avec lui sont plus qu’angoissants et je conseillerai aux esprits délicats de passer outre les descriptions des crimes, qui, sans être aussi détaillées que ceux de 1888, n’en sont pas moins violents et bestial.

Ce roman policier historique possède une atmosphère qui lui est propre, on sent la guerre, la peur des gens, le manque de tout, les ravitaillements au compte-goutte, l’envie de se changer les idées, le chaos, la ville en miette… Mais les anglais qui ne plient pas !

Certes, si un avion passe durant votre lecture, vous ne vous jetterez pas sous une table, mais… L’illusion des dégâts provoqués par la guerre sont très bien rendus dans ces pages et c’est toujours aussi flippant de se les imaginer.

Une enquête qui va progressivement, sans se presser, mais sans que l’on ressente de  la lassitude car j’ai été happée par la vie londonienne durant la seconde guerre mondiale et par le boulot de fou que durent exécuter les médecins et les infirmières, propulsées pour certaines au rang de chirurgiennes à cause de la pénurie d’hommes.

Un roman qui mêle la réalité à la fiction avec brio car je vous défie de trouver où s’arrête le réel et où commence la fiction : nous sommes en présence de personnages ayant réellement existé et d’autres inventés, mais bien malin qui pourra dire où l’auteur a ajouté des choses (hormis dans les paroles dites par les victimes).

Un roman angoissant lorsque nous suivons les pas de l’assassin et que nous le voyons charmer les femmes avec aisance avant de les tuer agressivement, un roman où la fiction côtoie la réalité sans que l’on puisse les distinguer l’une de l’autre, sauf en lisant les notes en fin d’ouvrage.

Cela fait le deuxième roman sur un éventreur que je lis de cet auteur et il ne m’a pas déçu, que du contraire, et ses personnages principaux sont toujours aussi attachants.

Allez, rendez-vous au prochain roman de cet auteur, avec un éventreur dans ses pages ou pas !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Challenge « Polar Historique » de Sharon.