Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 4 – Les meurtres du Titanic : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 4 Les meurtres du Titanic

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Avril 1912. Le destin de l’Angleterre se joue à bord du Titanic. Sherlock Holmes est requis par Winston Churchill pour veiller sur une manœuvre diplomatique de la plus haute importance pour l’Empire.

De redoutables adversaires participent à cette croisière vers l’abysse. Un tueur rôde à bord et frappe impitoyablement là où on ne l’attend pas. L’Atlantique est le nouveau champ de bataille des agents du kaiser.

Critique :
♫ Near, far, wherever you are, ♪ I believe that the heart does go on ♪ Once more you open the door  ♫And you’re here in my heart, ♪ And my heart will go on and on ♫

Titanic ! Céline Dion chantant sa belle chanson… Je vois Di Caprio monter dans le gros paquebot réputé insubmersible, sourire aux lèvres et Kate Winslet, posant seins nus… Je les revois tous les deux à la proue du navire, le bô Leonardo hurlant qu’il est le roi du monde…

Un crétin, ce Di Caprio, d’ailleurs ! J’ai vu le Titanic couler 6 fois et cet imbécile s’est toujours fait surprendre !

Oups, je me trompe… Ce n’est pas le beau Dicarpaccio qui est monté à bord du Titanic, mais Sherlock Holmes et Wiggins, tous deux agissant pour le compte du fumeur de cigares et buveur de whisky : Chruchill. N’espérerez pas un remake romantique du film avec Holmes/Wiggins à la proue, hein !!!

Revenons à nos moutons… Le début du roman est consacré à la présentation de l’insubmersible qu’était le Titanic. Ce sera comme si vous étiez sur le port de Southampton à passer en revue l’immense paquebot. Sauf que vous, vous savez déjà ce qu’il va arriver dans pas longtemps.

On croise des vieilles connaissances aperçues dans le film de James Cameron : Bruce Ismay est toujours aussi imbu de lui-même, le capitaine Smith qui est persuadé que le géant des mers lui permettra de se retirer en pension avec les honneurs, Lightoller,…

Il ne doutait pas que ses financiers futurs seraient parmi les premiers sauvés. L’argent est le meilleur des passeports. Les contrats pouvaient être conclu à bord du navire qui ne manquerait pas de les recueillir.

Avec une allure de chien battu, Bruce Ismay trottina vers l’extérieur. Son soucis premier était désormais de rester le plus proche possible des précieuses embarcations. Le code d’honneur personnel de sa caste lui imposait de rendre compte à ses actionnaires. Il n’y faillirait pas.

Dans son esprit, l’ordre normal des choses était d’évacuer les passagers selon le rang qu’ils occupaient. Un noyé de troisième classe représente moins de perte qu’un milliardaire de première. Quant à l’équipage, il jugeait assurément qu’il convenait de le sacrifier au profit de ceux qui avaient payé leur traversée.

Évidemment, si Holmes est monté sur le Titanic, ce n’était pas pour s’amuser mais pour contrer, une fois de plus, les agents du kaiser qui vont tenter de voler un traité qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences sur les élection américaine qui vont avoir lieu.

Multipliant les déguisements, notre détective passera à côté du cerveau embarqué sur le paquebot puisque notre homme ne fait pas attention aux femmes. Une grossière erreur ! ♪ Nous les femmes ♫ nous le charme ♪ sommes parfois plus retorses que les mecs.

Habituellement, j’évite les spoliers, mais je ne pense pas trahir une info importante en vous signalant que le Titanic va se prendre un iceberg et couler !

— Tout est écrit à l’avance, même l’improbable, et se produit lorsque l’heure est venue.

Si l’auteur ne s’étend pas durant 200 pages sur le naufrage, il restitue tout de même quelques faits importants, sans pour autant entrer dans les détails, le roman ne porte pas QUE sur ça, que du contraire, et on aura une grande partie du roman qui se passera à quai.

Lu il y a 20 ans, j’étais passée outre des petites phrases « vérités » qui parsèment ce court roman de 170 pages.

— Assurez-vous que cette plèbe ne puisse pas indisposer les gens de notre monde. Je ne tiens pas à nourrir la stupide rumeur de malédiction formulée par quelques ignobles journalistes à l’égard du Titanic.
— Certainement, monsieur.
— Vous savez combien nous avons investi sur cet armement. Il est indispensable qu’il soit immédiatement exploité. Nos actionnaires ont des droit que je ne peux négliger.

Normal, à 20 ans, je ne voulais que du Holmes, une fois le double de l’âge atteint, je cherche avant tout de la profondeur dans un roman ou des phrases qui résument bien ce que je pense du Monde et de l’Homme.

Yves Varende a transformé Holmes en petit espion au service secret de Sa Très Graisseuse Majesté Churchill (que Holmes appelle par son prénom, tout fout l’camp ma bonne dame !) mais il reste malgré une enquête, des déguisements, peu de déductions (hélas), mais au moins, le Holmes est assez conforme.

La qualité scénaristique de cette série de 5 volumes n’est pas toujours égale au volume de l’eau déplacée par le Titanic sombrant, mais elle monte en qualité.

Ce tome 4 est lisable (néologisme gratos) et j’ai passé un moment plaisant, tiquant juste sur le fait que Holmes boit comme un trou ! Là, faut pas pousser bobonne dans l’eau glacée, surtout si elle n’a pas de culotte !

Sa capacité d’absorption valait celle d’un professionnel polonais. Futrelle le vit vider la bouteille en quatre prodigieuses gorgées avant de la jeter négligemment au bas de la pente s’étendant derrière eux.

— Le personnel du pont C vous a livré trois collations et une douzaine de bouteilles de sherry depuis le départ.
— Mon péché mignon, reconnut Holmes en se servant largement. Et il m’arrive parfois, très irrégulièrement, de ressentir le besoin de me sustenter. Une enquête implique des horaires décalés, mon cher.

Le voyage inaugural du Titanic commença le 10 avril 1912 et il sombra dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Pourtant, en si peu de jours, il est dit que Holmes a commandé 12 bouteilles de Sherry !

Dans le canon, il ne dédaigne pas un ch’tit canon, mais toujours en des circonstances précises. Là, on dirait un alcoolo vu le nombre de bouteilles descendues. Et Holmes alcoolo, j’ai encore jamais vu dans la canon.

Pour le reste, le bouquin est un peu mieux que les précédents, il se lit facilement, rapidement, Holmes est un peu imbu de lui-même, mais ses petites vannes cyniques sont drôles ou logiques.

— Tu n’as pas eu affaire à un vulgaire détrousseur, mon garçon. Il ne s’est décidé à agir que pour deux raisons précises. Soit parce qu’il t’a reconnu, et je me permets d’en douter, car ton visage n’est pas aussi célèbre que le mien. Soit parce qu’il avait besoin d’un élément indispensable dont dispose le personnel appelé à parcourir les différents niveaux du Titanic.

Wiggins s’agita sur le lit. Il tirait une certaine fierté d’avoir été jugé digne d’une agression sauvage. Le fait qu’elle puisse être l’effet du hasard le défrisait. Holmes avait vraiment l’art de remettre les naïfs à leur place. Le vieux chasseur solitaire marquait son territoire sans même paraître y attacher de l’importance.

— Le corps est singulèrement élastique s’il se laisse aller.
— Pas mes os, malheureusement ! J’ai tout de même une jambe brisée…
— Elle s’en remettra, constata froidement Holmes.

Quant au final, on se doute que le Maître ne va pas en rester là avec la dame qui l’a royalement baisée en passant sous ses yeux sans qu’il ne la visse. Ach, la bedite kokine !

Nous vivons dans une société où l’on ne peut prévenir le crime s’il n’y a pas eu le début de réalisation. C’était malheureusement une évidence irréfutable. La Justice ne s’exerce qu’en prenant appui sur le corps des victimes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

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[SÉRIES] Downton Abbey – Saison 1 – La série qui te down du British

downtonabbey

La première saison de Downton Abbey se déroule sur la période s’étendant du naufrage du Titanic, le 15 avril 1912, jusqu’à la déclaration de guerre du Royaume-Uni à l’Empire allemand, le 4 août 1914, et donc au début de la Première Guerre mondiale.

Comment ça commence ? Tout simplement par le naufrage du Titanic en avril 1912 – rassurez-vous, Céline Dion ne chante pas et vous ne reverrez pas le beau Jack couler, mort de froid – anybref, le comte de Grantham et son épouse Cora apprennent que les deux héritiers potentiels de la demeure de Downton, le cousin germain du comte et son fils Patrick, sont morts lors du naufrage du Titanic.

Les Crawley n’ont eu que trois filles, Lady Mary, Lady Edith et Lady Sybil, or seul un héritier mâle peut hériter du domaine, qui est soumis à un « entail fee tail male ».

Oui, pour l’égalité des sexes, vous repasserez, mesdames, nous avons peu de droits, sauf celui de fermer notre gueule et de se taire.

Le nouvel héritier est ainsi un arrière petit cousin, Matthew Crawley, un avocat vivant avec sa mère Isobel. Une sacrée bonne femme, sa mère ! Elle ne s’en laisse pas compter. On lui demande de ne rien dire, mais elle, elle ouvre sa gueule et n’a pas peur. Une femme avec des couilles….

Non mais franchement, t’imagines le brol avec ce putain d’entail fee tail male ? Si le comte de Grantham avait acheté le domaine avec son fric gagné personnellement, il aurait pu le donner en héritage à ses filles, mais puisqu’il est « tributaire » de ce domaine, qu’il l’a reçu en héritage de sa lignée d’ancêtres mâles, ça ne peut pas revenir à une de ses filles, mais à des lointains cousins, fortune comprise.

Oui, mais, sa fortune, elle lui vient de son épouse, américaine… Moi, ça me foutrait les boules que tout mon fric passe à un lointain cousin de mon Chouchou (même si je suis morte) alors que je n’aurais rien pu donner à mes propres filles.

Heureusement, je n’ai pas d’enfants et pas de fortune personnelle, hormis mes livres… Là, pas touche.

Alors, en partant de ce postulat qui veut que le comte de Grantham doive trouver un autre héritier dans ses petits cousins, la série nous fait découvrir les coulisses des cuisines d’une manoir, avec son lot de valet, de cuisinière, de bonnes, de larbins, ainsi que la vie « culs bordés de nouilles » d’une famille noble qui a du pognon grâce à l’épouse américaine.

Va pas croire que ça vole pas haut, les bisbrouilles sont hautement bien travaillées, les personnages aussi, et si tu en as pris certains en grippe, il peut se révéler plus sympa que tu ne le pensais et vice-versa.

Ah, que j’apprécie le valet personnel du comte, Bates, le majordome Carson, la bonne Anna, miss Hugues, la chef des femmes et même la cuisinière, Madame Patmore !

Et les deux méchants, les empêcheurs de tourner en rond, les jaloux, les comploteurs, ils sont odieux, détestables, surtout Thomas avec sa belle petite gueule. Quant à O’Brien, elle va commettre un acte odieux pour lequel sa conscience risque de la tourmenter.

Notre petite famille de noble a trois filles donc (Mary, Sybil et Edith), dont deux sont plus jolies que l’autre (Edith), toujours laissée un peu sur le côté… Et niveau saloperies, elles ne sont pas en reste non plus, notre Edith et notre Mary.

Surtout que Mary… Ouh, je ne dirai rien de plus, mais… Non, je ne dirai rien !

Niveaux décors et toilettes (je parle de fringues, pas de chiottes), tu en prends plein la vue et même si ce genre de chiffons ne m’irait pas, je bave tout de même devant leurs belles toilettes somptueuses.

Alors certes, ça n’a pas un rythme trépidant comme un 24h Chrono, mais on s’en moque parce que le rythme n’est pas important, c’est tout le reste qui est vecteur d’orgasmes :

  • Le scénario,
  • Les personnages travaillés,
  • Les intrigues,
  • Les chipoteries de Mary niveau mec à épouser,
  • Le côté so british,
  • La comtesse douairière Miss Minerva McGonagall (Maggie Smith), pardon, Violet Crawley – j’adore son rôle de vieille femme qui ne veut pas voir le progrès et qui a du mal à vivre avec son temps,
  • Les décors et les toilettes,
  • La société edwardienne qu’on passe au peigne fin,
  • La place de la femme dans la société de l’époque,
  • Les envies des uns à continuer de servir et celles des autres à monter dans  la société
  • La Grande Guerre qui va changer la donne
  • Les différentes positions des gens face à la guerre et face aux hommes qui n’y sont pas…

Bref, il y a tout un tas d’excellentes choses dans cette série que je regrette de ne pas avoir pris le temps de regarder plus vite !

Avantage, c’est que je peux m’enquiller toute la série sans devoir attendre, et puisque je n’ai pas été lire les forums qui en parlaient, je suis vierge de tout ! Y’a plus que de ça que je suis vierge, quasi.

Alors, si vous ne l’avez pas encore vue, faites comme moi, il n’est jamais trop tard pour bien faire et pour découvrir une série qui n’a plus à faire ses preuves et qui a été encensée par la critiques et les blogs.

PS : Non, Dorothée, je te jure que je n’ai pas oublié de me faire les 12 saisons de la série Supernatural… J’ai tout pompé, c’est déjà un grand point…

Étoile 5

BILAN LECTURE - Veux la suite t'excites pas

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