Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà : Alejandro Jodorowsky et François Boucq

Titre : Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : François Boucq

Édition : Les Humanoïdes associés (20/06/2001)

Résumé :
Etats Unis, fin de la guerre de sécession… un petit groupe de confédérés ne pouvant croire à la défaite de leurs camps continuent la guerre comme si de rien n’était. Ils se livrent aux pillages, viols autres cruautés sans aucun complexes.

Leur chef, le capitaine Ralton, un homme dément, prend conscience que son détachement ne pourra se livrer à ses massacres longtemps avant que les nordistes ne leur tombent dessus et ne les réduisent en charpies.

C’est pourquoi il décide de séparer son détachement et de partir avec ses meilleurs hommes à l’abri pendant quelques temps.

Il s’en va chez son frêre qu’il n’a pas vu depuis longtemps et avec lequel il s’est séparé en de mauvais termes. C’est à cause de lui que Ralton est défiguré, mais ne serait il pas venu le temps de lui faire payer ceci…

Critique :
*Voix de Jacques Martin*
— Bonjour, tu aimes La Petite Maison Dans La Prairie ? Les Bisounours ? Mon Petit Poney ? Lucky Luke ? Bref, toutes ces choses pleines de gentillesse, de bons sentiments où les Gentils sont très gentils, les Méchants très drôles et un peu cons et où les Bons gagnent toujours ??
— Oh oui, j’aime ça *voix enfantine*
— Et bien alors ne lis pas cette bédé !!

Avec Alejandro Jodorowsky au scénario, il ne faut pas s’attendre à du western gentillet à la Lucky Luke mais à quelque chose d’ultra violent dépassant même la série Durango.

Niveau violences, je pense que Jodorowsky a fait le tour : viols, pillages, incendies, décapitations, tortures, assassinats, pédophilie, prostitution et un personnage fouillera même les entrailles de sa mère morte…

Ma foi, on a fait le tour de ce qui était le plus abject, dans cette bédé western. Comme si l’auteur avait décidé d’y incorporer toute l’horreur dont sont capables des êtres humains quand ils se comportent de la pire des manières.

Là, le glauque dépasse l’entendement et perd de son charme.

Certes, l’Ouest, juste après la guerre de Sécession, ce n’était pas Le Manège Enchanté, mais tout de même… L’impression est qu’on a noyé le scénario dans de l’ultra violence (sérieusement, Durango, à côté, c’est pour les p’t’its z’enfants).

J’ai lu sur Babelio que Jodorowsky et Boucq ont inventé un genre nouveau : le « western shakespearien ». Sanguinolent à mort et, en trame de fond, on a une histoire ultra conventionnelle de vengeance, de trésor perdu et de Confédérés qui ne veulent pas se rendre.

Les dessins m’ont énormément gênés tant ils sont moches au niveau des visages, les chevaux donnent l’impression d’être démesurés en longueur… Par contre, les paysages étaient bien faits, ça compense un peu.

Malgré l’ultra violence exagérée et le scénario conventionnel, j’ai été happée par le récit, me demandant jusqu’où les auteurs allaient aller (sont allés trèèèès loin) et par le personnage énigmatique du Bouncer.

Les flash-back sont insérés aux bons endroits, ils permettent d’éclairer les personnages, de leur donner de l’épaisseur, un passé et d’expliquer le pourquoi du comment, le Grand Méchant Sudiste Ralton, a décidé de flinguer, torturer et plus si affinités.

J’ai beau être un peu mitigée, ma curiosité est titillée et comme on m’a prêté la série, je ne vais pas me gêner pour la lire et voir les tomes suivants sont toujours dans cette violence extrême. J’espère que non car cela fout souvent en l’air des scénarios.

 

et

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°65] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

La fin de l’histoire : Luis Sepúlveda

Titre : La fin de l’histoire

Auteur : Luis Sepúlveda
Édition : Métailié Bibliothèque hispano-américaine (02/03/2017)
Édition Originale : El Fin de la Historia (2016)
Traduction : David Fauquemberg

Résumé :
Juan Belmonte a mené toutes les batailles de la fin du XXe siècle sur le continent sud-américain, d’abord aux côtés d’Allende, puis des sandinistes au Nicaragua.

Depuis des années il a déposé les armes et vit en Patagonie près de la mer avec sa compagne, Verónica, qui ne s’est pas encore complètement relevée des tortures qu’elle a subies sous la dictature de Pinochet.

Mais son passé le rattrape, et les services secrets russes qui connaissent ses talents d’agent clandestin et de sniper vont le forcer à leur prêter main forte.

À l’autre bout du monde, un groupe de cosaques nostalgiques a décidé de libérer le descendant du dernier ataman, Miguel Krassnoff. Fils des cosaques russes qui ont participé à la Deuxième Guerre mondiale dans les régiments SS, Krassnoff est devenu général de l’armée de Pinochet, avant d’être emprisonné à Santiago pour sa participation à la répression et à la torture pendant la dictature militaire.

Et Belmonte a de bons motifs de haïr “le cosaque”, des motifs très personnels.

Critique :
Chili… La dictature de Pinochet, les tortures, les gens disparus, l’exil…

On brasse large, dans le roman de feu Sepúlveda, que ce soit au niveau des pays et de la ligne du temps.

D’ailleurs, j’ai croisé Poutine dans son bureau, des cosaques, des Russes, des communistes, des anciens guérilleros…

Désolé, on a peut de beau linge dans les pages de ce roman sombre, noir, mais puissant comme le café du matin, celui qui vous botte les fesses.

Je ne sais pas ce que l’Histoire officielle a dissimulé (beaucoup de choses) mais au moins, la littérature en dévoile une partie, même si la réalité dépassera toujours la fiction.

Les personnages de l’auteur ne sont pas des enfants de coeur et Juan Belmonte, le principal, a un passé violent, trouble, un passé de guérillero. Il a fuit le Chili d’Augusto Pinochet, à été ensuite formé dans une école militaire russe qui a fait de lui un sniper, avant qu’il ne finisse chez les sandinistes au Nicaragua et dans la guerilla bolivienne.

Il a beau vivre dans un bled paumé de la Patagonie (je suis abonnée à cette terre, moi), les enfoirés de pute de fils vous retrouvent toujours pour vous confier une nouvelle mission, sinon, des choses enfouies pourraient resurgir dans les mains des keufs.

Difficile de ne pas s’attacher à Belmonte, à son ami, qui, avec lui, veille sur Veronica, sa compagne brisée par les tortures.

La fin de l’histoire commence dans un sens, va dans un autre, brouille les cartes, les pistes, pour se terminer avec une intensité infernale. J’avais le doigt crispé et je ne vous dirai pas mes pensées, mais elles furent à l’opposées de ce que fera Belmonte finalement. Veronica a plus de force que moi.

Avec Sepúlveda, on empoigne un AK-47 ou un Uzi et on dézingue les politiciens, au sens figuré, bien entendu et comme il reste des munitions (on est en illimité), on balancera aussi sur les escrocs de tout bord, surtout ceux qui ont les mains pleines de sang.

Faut suivre, sinon, on risque d’être largué, mais c’est tellement prenant que les sauts temporels et géographiques ne posent que peu de problèmes. La plume virevolte sur les pages et entraîne le lecteur dans une danse endiablé.

J’aurais aimé découvrir ce roman du vivant de l’auteur… Il était programmé pour le Mois Espagnol de Mai 2019 et puis je n’avais pas eu le temps. L’auteur étant décédé depuis peu, je ne pouvais plus reporter. Mais pourquoi diable n’aie-je pas trouvé le temps de le lire avant ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°219 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 04].

 

Cauchemar : Paul Cleave

Titre : Cauchemar

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (07/11/2019)
Édition Originale : Whatever it Takes (2019)
Traducteur : Fabrice Pointeau

Résumé :
Un cauchemar qui va vous tenir éveillé toute la nuit.

Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect.

Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie.

Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel.

Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence.

Critique :
♫ Saga Acacia ♪ Faut faire gaffe à Noah ♪ Saga Acacia ♪ Faut pas chercher Noah ♪

Noah Harper est de retour à Acacia Pines, l’endroit le plus chiant du monde… Son ancienne ville qu’il avait quittée, il y a 12 ans, sur ordre du shérif de l’époque.

Alyssa Stone, la gamine qu’il avait retrouvée il y a 12 ans, a de nouveau disparu et malgré l’interdiction qu’il a de mettre les pieds dans la ville, il est revenu !

Contrairement à ce qui est promis dans le résumé, ce « cauchemar » ne m’a pas tenu éveillé toute la nuit !

J’ai même fait des pauses durant ma lecture, j’ai su m’arrêter dans le récit et je n’ai pas oublié de descendre à ma station de métro.

Ça ne veut pas dire que le p’tit dernier de l’auteur aux beaux yeux est merdique, loin de là, mais bon, j’en étais au premier tiers et le récit n’avait rien d’exceptionnel non plus.

Pourquoi ? Parce qu’Alyssa Stone qui avait été enlevée et retrouvée par Noah, flic à l’époque, a disparu de nouveau mais Drew, le nouveau shérif l’a eue au téléphone et même Noah lui a parlé au téléphone ! Elle est juste fichue le camp du bled, point final. On replie tout et on part à la pêche ??

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à douter de  l’auteur, à me demander s’il avait encore sa santé mentale.

J’en étais quand même au premier tiers du roman et la seule chose qui me tenait éveillée en le lisant au matin, c’était mon café noir et les personnages du roman qui me plaisaient, surtout Noah et son côté cash, brutal, un peu borderline et chien fou qui mord quand on le cherche.

Le grand huit attendu n’était pas au rendez-vous. Niveau sensation, j’avais plus l’impression d’être assise dans la petite voiture, sur le manège qui tourne en rond, celui pour les gosses… Franchement, à ce moment là, je n’avais pas envie d’attraper la floche pour gagner un tour de plus.

Pourtant, nom de Zeus, des copinautes à moi en avaient dit le plus grand bien de ce nouveau roman et je fais confiance à ma Fée Stelphique et à l’Yvan d’Émotions. Seraient-ils devenus fous d’avoir apprécié ce nouveau roman de Paul Cleave ? Qu’est-ce qu’il y avait de si super dans ce roman où j’avais l’impression de tourner en rond et de ne pas avancer ??

Et puis, sans que je m’en rende compte, le manège a commencé à s’incliner et ma petite voiture ne tournait plus du tout en rond. La vitesse avait augmenté aussi et c’est avec stupeur que je me suis réveillée sur les planches du grand huit, avec double salto arrière, si pas triple salto. Accrochez vos ceintures, c’est parti mon kiki !

Purée, sans faire attention, j’avais été entraînée vers une histoire qui se mettait enfin en branle et là, j’en ai eu pour mes sous, pour ma tension, pour mon rythme cardiaque et sur le final, en effet, je n’avais pas envie d’aller faire dodo et j’aurais pu louper ma station de métro si j’avais été dedans.

Pour planter son décor, ses personnages, développer l’intrigue, il fallait que l’auteur tourne un peu en rond et nous donne cette fausse impression que rien n’avançait et qu’on pouvait aller boire un verre.

En fait, rien n’était plus faux… Mais comme Saint-Thomas, fallait que j’y mette mon doigt pour être sûr et c’est pourquoi mon début de lecture fut aussi laborieux.

Cauchemar, ça commence comme sur un manège pour enfant et ça se termine en attraction pour adulte, non cardiaques car sinon, il vous faudra un nouveau coeur. Et là, y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°159 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°04].

Joseph Laflamme – Tome 2 – Jeremiah : Hervé Gagnon [LC avec Bianca]

Titre : Joseph Laflamme – Tome 2 – Jeremiah

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : 10/18 Grands détectives (06/06/2019)

Résumé :
Avril 1865. La guerre de Sécession tire à sa fin, et les membres d’une société secrète confédérée, les Knights of the Golden Circle, sont réunis au St. Lawrence Hall Hotel, à Montréal.

Leur but : planifier une éventuelle reprise des hostilités et encaisser des traites bancaires américaines d’une valeur de 2,5 millions de livres sterling.

Parmi eux, John Wilkes Booth, futur assassin du président Abraham Lincoln, a en sa possession un objet encore plus précieux.

Février 1892. Des Noirs montréalais sont sauvagement torturés et assassinés à la manière caractéristique du Ku Klux Klan. Le journaliste du Canadien Joseph Laflamme se lance sur l’affaire en compagnie de l’inspecteur Marcel Arcand, du Département de police de Montréal.

Ils croiseront la route d’un personnage légendaire que l’on croit mort depuis 1882 et qui ne reculera devant rien pour retrouver ce que Booth a caché à Montréal.

Critique :
Autant où le final du tome précédent (La légende de Jack) ne m’avait pas plu car tout à fait impossible (et improbable), autant où celui-ci m’a enchanté.

Par où commencer ?

L’atmosphère de Montréal sous la neige avait de quoi donner des frissons car l’auteur a fait ce qu’il fallait pour bien nous faire comprendre que ça caillait dehors et que nous serions mieux à le lire sous un plaid chaud…

Les personnages ont évolué, socialement (un peu) et je les ai trouvé plus étoffés, plus intéressants que dans le premier tome où c’était Joseph qui était le plus mis en avant et il m’avait parfois exaspéré.

Ici, nous avons un quatuor pour enquêter et ce sont de véritables aventures dignes d’Indiana Jones – les nazis et les pièges en moins – qu’ils vont vivre, courant partout pour résoudre une enquête aux relents ésotériques et franc-maçonniques.

Pas de temps morts, juste le temps d’avaler une tasse de thé chaude, un verre (ou plus) de gin et hop, c’est repartit pour un tour ! On chasse l’énigme, on se fait suivre, les suiveurs sont suivis aussi et les mystères planent sur ce qui a été caché et qui ne doit pas être retrouvés, sauf par des gens bien comme il faut.

Les meurtres sont sanglants, dégueulasses, horribles, racistes, bourrés de détails qu’on ne lit pas habituellement lorsque nous sommes face à un pendu. Réalisme, quand tu nous tiens… Que les âmes sensibles évitent ces passages si elles mangent….

Anybref, c’est envolé, très chasse à l’énigme insoluble mais avec quatre cerveaux qui réfléchissent, ça va tout de suite mieux.

Le côté Historique me semble correct, mais je ne sais pas grand-chose sur l’assassinat de Lincoln, hormis ce que Wiki en dit et pour le reste, si c’est de la fiction, elle a tout de la réalité et vu qu’elle dépasse souvent la fiction, cela ne m’étonnerait qu’à moitié que ce genre de chose n’ait pas été prévue.

Ce tome 2 me réconcilie avec les enquêtes de Joseph Laflamme car j’ai passé un agréable moment de lecture et je n’ai pas vu le temps passer et c’est un peu bête que je me suis aperçue que j’arrivais à la fin… Oh, déjà ??

Le final, lui, m’a laissé un sourire de plaisir sur la face. Un sourire cynique qui fait du bien car tel est pris qui croyait prendre. Mhouhahahaha.

Un LC de plus avec Bianca et elle est réussie des deux côtés. Nous avons apprécié les personnages et je ne dis pas non à une nouvelle enquête à leur côté, si elle est de cette même qualité. Merci à Bianca de m’avoir soumis ce roman car je n’y serais jamais venue après ma lecture du premier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°88 et le Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu – Terreur – Le crime était parfait  : Thriller).

Alex : Pierre Lemaitre [LC avec Bianca]

Titre : Alex

Auteur : Pierre Lemaitre
Édition : Livre de Poche Thriller (2014)

Résumé :
Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.

Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée, livrée à l’inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.

Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne.

Critique :
J’apprécie, lorsque dans un roman policier ou un thriller, l’auteur me colle des coups de pieds dans le cul, m’étonne, me fait pousser des « Ho, le salaud, j’avais rien vu venir » ou des « Là, il m’a bien eu ».

Ça marche aussi avec les auteures, mais vous mettrez vous-même les phrases au féminin !

Le commandant Camille Verhoeven est un policier qui n’entre pas dans les codes habituels du flic : il est petit (1,45m) !

Mais il a le mètre quarante-cinq cynique, de la répartie, bref, c’est un bon enquêteur, mais pour les enlèvements, faut rien lui demander depuis que sa femme, enceinte, c’est faite enlever et en est morte.

Oui, un flic torturé, une fois de plus, mais il ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, mais il cause !

Là, on se dit, un enquêteur torturé, un enlèvement de femme, ça sent vachement l’éculé, le réchauffé et tout ce que vous voulez… Oui mais non ! Le réchauffé cela sent, mais il nous sert un nouveau plat, avec des tas de tiroirs ou de mets exquis planqués dans ce qui pourrait ressembler à du burger de MacDo.

Je lui tire mon chapeau parce que l’histoire d’enlèvement n’est pas allée là où j’aurais cru qu’elle allait aller, l’auteur étant assez malin et roublard pour ne pas suivre la route habituelle mais nous emmener sur d’autres routes, moins utilisées, ce qui donne un voyage époustouflant et l’impression de ne jamais être au bout de ses surprises, avec lui.

Si certaines scènes sont choquantes, violentes, horribles, stressantes, on poursuit sa lecture (j’ai connu pire, comme scènes horribles, dont une avec un chat…) car c’est plus fort que nous, on veut connaître le fin mot de toute cette violence, de tous ces meurtres, de cet enlèvement.

Le final est magnifique, uppercutant (le mot va exister, je vais le déposer chez Larousse en passant), hitchockien, pervers, sinistre mais c’est tellement bon qu’on termine sa lecture avec un sourire narquois sur le visage.

La seule question qui restera en suspense pour moi, c’est « Pourquoi j’ai laissé traîner ce roman autant de temps sur mes étagères, moi ??? ».

Si ma copinaute de LC, Bianca, se pose la même question que moi sans en connaître la réponse, au moins, elle est d’accord avec moi pour le ressentit de lecture : c’était de la bonne came qui nous a envoyé au nirvana du thriller vicieux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

L’homme qui mit fin à l’histoire : Ken Liu

Titre : L’homme qui mit fin à l’histoire

Auteur : Ken Liu
Édition :  Le Bélial’ (25/08/2016)

Résumé :
FUTUR PROCHE.
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l’observateur d’interférer avec l’objet de son observation.

Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l’histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d’État.

Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l’Unité 731 se livra à l’expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d’un demi-million de personnes…

L’Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d’occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l’Histoire.

Critique : 
La preuve que rien n’est écrit et que rien n’est jamais gagné… Voilà un court roman (une longue nouvelle ?) qui est encensé de partout et moi, je viens de passer royalement à côté.

Pourtant, le postulat de départ avait tout pour me plaire : Evan, un historien, et Akemi, une physicienne (en couple), inventent un scanner quantique qui permet à un témoin de revivre un moment du passé du monde comme s’il y était lui-même. Limite : un moment revécu devient inaccessible à toute observation ultérieure (problème de la mesure en physique quantique).

Attention, je ne suis pas passée à côté de tout non plus !

Je me suis instruite sur l’Auschwitz asiatique (ne me demandez pas s’il est pire ou moins pire que celui des Allemands,  à ce niveau là, on ne compare pas), cette Unité 731 dont je ne connaissais même pas l’existence, vu qu’on ne m’en avait jamais parlé et que, malgré mes nombreux livres lus sur la Seconde Guerre Mondiale, je n’en avais pas connaissance du tout.

Oui, je suis tombée de haut, j’ai eu froid dans le dos, pourtant, l’auteur nous livre un compte-rendu de certaines des horreurs qui s’y sont passé avec un ton froid, clinique et j’ai trouvé ça dommage, j’aurais aimé ressentir plus d’émotions.

Le problème des dilemmes qui se présentent face à cette possibilité de retourner voir l’Histoire, seul, et puis qu’après plus personne ne puisse y avoir accès est bien traité, on sent les tiraillements, les discussions, les problèmes de consciences des uns et des autres, la question de quelle personne envoyer, les silences du Japon qui ne veut pas que l’on fouille dans ses placards obscurs et peu reluisants, tout cela est bien traité.

Et moi, je suis passée à côté. Ce petit roman de SF ne devait pas être fait pour moi.

À vous de le tester pour voir si vous serez dans la majorité qui l’a apprécié ou si comme moi, l’écriture sous forme de documentaire vous déroutera, ainsi que la froideur de l’écriture.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) , Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Undertaker – Tome 3 – L’Ogre de Sutter Camp : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 3 – L’Ogre de Sutter Camp

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer

Édition : Dargaud (27/01/2017)

Résumé :
Dans ce troisième tome d’Undertaker, Jonas Crow n’est plus ce pauvre croque-mort solitaire… même si, lui, aurait bien voulu le rester ! Dorison et Meyer lui ont associé mademoiselle Lin et Rose, la belle Anglaise.

De la douceur dans son monde de brutes ? Pas pour très longtemps…

Un ancien colonel lui apprend que « l’Ogre de Sutter Camp est vivant » ! Son passé trouble pendant la guerre de Sécession ressurgit, et Jonas engage alors sa « troupe » dans une chasse à l’homme et à ses propres regrets…

undertaker_t3_pl3Critique :
Mon pauvre Jonas Crow ! Te voici associé avec les deux bonnes femmes croisées lors des deux albums précédents : la chinoise mademoiselle Lin et l’anglaise Rose…

Mon pauvre ami, tu n’es pas sorti de l’auberge avec Rose qui tente tant bien que mal d’essayer de faire de toi un croque-mort gentleman, celui qui parle avec déférence aux pauvres gens affligés par la douleur de la perte d’un membre de leur famille.

— Jonas, tant que vous continuerez à lancer des répliques telles que « Je ne peux pas réparer le corps de votre parent car il s’est liquéfié vu qu’il est mort dans sa merde et que vous n’en aviez rien à foutre » au lieu de… « Je vous déconseille de voir le corps. Le temps a fait son oeuvre, il n’est pas présentable », eh bien nous continuerons à perdre tous nos clients et nos derniers dollars…

L’inconvénient – ou l’avantage – lorsqu’on bosse avec notre croque-mort, c’est que rien n’est jamais « tranquille » et même la mise en bière d’une femme morte peut donner lieu à une aventure des plus sombres et à cent lieues de ce que nos amis pensaient.

Jonas, notre Undertaker, se prend souvent son passé dans les gencives et une fois de plus, cela se vérifie ici ! Un ancien galonné de sa garnison lui signale que l’Ogre de Sutter Camp est toujours vivant…

Qui est cet ogre ? Un médecin chirurgien et chimiste qui a terminé major de sa promo mais qui a des idées un peu (vachement) sadiques, à vue de nez… Il est prêt à tout pour faire avancer la science médicale, quitte à vous utiliser comme cobaye.

Un nouveau diptyque qui commence de manière fort sombre, assez violente, pas pour les petits enfants (qui risqueraient de faire des cauchemars à la seule mention du mot « médecin »), mais une belle mise en bouche pour une lectrice telle que moi.

Ce cher Undertaker est toujours aussi cynique, il nous sort souvent ses Évangiles personnels dont on devrait constituer un recueil, soit-dit en passant, et qui, sous ses dehors bourrus, a tout de même un cœur… Pour son vautour apprivoisé surtout !

« N’épargne pas aujourd’hui celui qui voudra encore te buter demain ». Évangile du bon sens selon Jonas.

« Qui sème la menace sur Jed pourrait récolter une balle perdue ! » Dicton de Jonas aux chinoises qui feraient mieux de la boucler.

Les dessins sont superbes, avec des couleurs sombres parce que le rose Bisounours détonnerait, on a du suspense, des secrets honteux, des mystères, un Méchant qui a tout d’un gentil (de prime-abord) avec du charisme et un sacré bagout, et un penchant pour le sadisme « utilitaire ». Oui, il le fait pour votre bien… Râlez pas, vous aller aider la chirurgie à avancer !

[Jeronimus Quint] Il n’y a que deux sortes d’êtres agissants sur terre : les monstres et les saints… Les autres ne font qu’exister.

Et puis, en fin de ce premier épisode, nous avons une réflexion qui vaut son pesant d’or car les Monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit ou ceux que l’on pense… Sous des airs de justicier propre ou de bien-pensant, on trouve souvent des âmes aussi noires que celles de ceux que l’on désigne comme Monstre.

La justice que l’on veut donner se transforme souvent en vengeance à appliquer à l’aide de sentences tout aussi horribles que les actes commis par celui que vous pourchassiez.

Vivement la suite car on est parti sur des chapeaux de roues et on reste face à un cliffhanger horriblement sadique et éprouvant pour les nerfs !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (54 pages).

BILAN LECTURE - Veux la suite

La prunelle de ses yeux : Ingrid Desjours [WRC – Chronique d’une autopsie littéraire annoncée]

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Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!
Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 
Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman « La prunelle de ses yeux » de Ingrid Desjours.

Dossier n°03

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 décembre 2016, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Silence on autopsie un livre

Description du sujet autopsié : Pas de résumé, moins on en sait et mieux on se porte dans cette histoire.

Date du crime d’édition : 13 octobre 2016, cadavre récent.

Arme du crime : L’autorité ! Mais l’autorité agressive, celle qui fait peur, celle qui fait agir les gens comme des braves petits chienchiens à leur maîmaître.

Le respect de l’autre est bafoué, il n’existe pas, le droit à la différence non plus. Assassinés, tout simplement avec l’aide de l’indifférence et de l’envie d’appartenir à la Meute.

Nous sommes dans une Haute École, une boîte à élite, celle qui forme les dirigeants de demain et certains ne sont pas des Flamby ! Tous les moyens sont bons et la fin justifie les moyens. Que le meilleur gagne.

« Il s’agit ici de la mètis, un terme grec désignant l’intelligence et la ruse mises au service de la survie, la capacité à se mettre dans la peau de son adversaire pour imaginer ce qu’il ne peut voir ou concevoir, afin de mieux le piéger ».

Suspects : Ingrid Desjours, serial auteur des plus prolifiques, dont je n’ai pas encore eu l’honneur et le plaisir d’autopsier tout les cadavres qu’elle a commis. Notre suspecte a un air angélique, mais il ne faut pas s’y fier, c’est psychocriminologue qui a exercé de nombreuses années auprès des criminels sexuels belges.

Autant dire que son casier judiciaire est chargé et qu’avec elle comme suspecte principale, on risque d’avoir du sang sur la planche et des trucs bien tordus (ça c’est pour Anne-Ju, les tordus).

Arme du crime probable : La vengeance, toujours cette bonne vieille vengeance comme mobile du crime.

Aidée par la haine de l’Autre, sous la complicité de la Haute École, des gens riches, et de ceux qui, pour s’intégrer, suivent la meute.

Batte de base-ball ou batte « je nique tes os ».

Modus operandi du crime : Une auteure qui joue avec les sentiments de ses lecteurs, qui souffle le chaud et le froid et qui nous présente un thriller psychologique.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ? La prunelle de ses yeux est un thriller habillement conçu dont il ne vaut mieux rien connaître de sa conception avant la lecture. Restez vierge de tout résumé car les 4ème de couvertures sont bavards et pourraient vous gâcher la lecture.

J’ai apprécié sa découpe, son récit sur le fil du scalpel, ses mystères dévoilés au fur et à mesure de mon examen post-mortem, ses personnages qui ne vous livrent pas tout dès la première entaille.

Victor est une énigme, son père est un macho man de première, Tancrède un petit salopiaud et Maya restera avec des zones d’ombres durant un certain temps.

Notre aveugle mystère est encore plus dans les zones d’ombre. Ses yeux fonctionnent, ses nerfs optiques sont intacts, ses neurones aussi, mais il ne voit pas.  La cécité de conversion est une terrible pathologie… Et il n’y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir !

Maya et son aveugle sont des gens brisés par la vie, pour différentes raisons : l’un n’y voit goutte et ne rêve que de vengeance, l’autre a subit la vie et à cause des mensonges de certains, elle a dû fuir. Elle picole dur et se flagelle mentalement.

Qui manipule qui ? Qui détient la vérité ?

La tension psychologique est aussi serrée que le cul d’une nonne aux mains de pirates atteint de priapisme.

De plus, il y l’a aussi un réquisitoire contre l’imbécilité faite Homme, contre ces gens qui jugent les autres sur leurs origines, leur identité sexuelle, qui les rendent responsable de tous les maux du pays…

C’est brillant, bien torché, on commence à autopsier et on ne s’arrête qu’à la fin, lorsque le roman est en lambeaux et digéré après un bon rôt pour expulser toutes ces horribles pensées de certains personnages abjects.

Si le corps m’a intrigué et séduit dans ses débuts, il y a eu un relâchement des tissus sur la fin, une perte de tonicité, de tonus, de punch sur la dernière découpe. Comme si on découpait de la guimauve ! Mon seul bémol.

Verdict du détective Cannibal ? Le détective en moi avait compris une chose, je le soupçonnais fortement et l’auteur a confirmé mes déductions, mais ensuite, elle m’a coupé l’herbe sous le pied avec le véritable récit de ce qu’il s’était passé et là, je ne peux dire que « au temps pour moi » parce que mon doigt est quand même allé un peu se foutre dans mon œil, mais pas jusqu’au coude, heureusement !

Tiens, ça me fait penser aussi qu’il faudrait diligenter une enquête dans ces écoles hautes et prestigieuses, ces boites qui forment nos dirigeants (enfin,  les vôtres, messieurs dames les français), ces boites élitistes où l’on ne vous forme peut-être pas à être le meilleur mais  à écraser mieux tout les autres.

Cet établissement est censé tirer le meilleur de ses élèves, il en distille le pire.

Y’a pas à dire, madame Desjours est montée sur un ring et elle boxe beaucoup de choses dans son roman : des gens, mais aussi des institutions, des pensées uniques, des politiciens qui font leur beurre sur la misère des gens et la montée du chômage et qui promette qu’avec eux, ça va changer.

Si les 3 premières parties étaient diaboliquement mises en scène et en page, j’ai moins apprécié la dernière, la trouvant un peu trop mielleuse à mon goût.

De plus, à ce moment là, j’avais des envies de meurtres sur Maya que je trouvais un peu trop gnangnante (plus que d’habitude) et ses pensées amoureuses me pompaient un peu l’air.

Dommage parce que jusqu’à ce moment là, l’affaire était une réussite.

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

Étoile 3,5

Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

Jack the Reader 4

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Allez les petits loulous, par ici, installez vous, faites attention à vos mirettes, et à La prunelle de vos yeux :

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Le WRC est de retour et vous en met plein la vue !

La journaliste elfique, Stelphique est dans la place et vous offre le temps d’une interview, son éclairage lumineux sur le dernier livre de Ingrid Desjours.

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La violence dans tous ses états…ou comment ressentir même le plus léger craquement…

Par définition, les fées sont des êtres libres. En tant que représentante elfique sur la Terre, j’ai du mal à saisir cette soumission contre la volonté, cette obéissance sans réflexion face à l’oppression…

Dans ces pages, nous rencontrons donc toutes formes de dominance et les tragédies qui accompagnent forcement ce genre de pratiques extrêmes.

Que ce soit le bizutage dans les écoles d’élites avec un effet tornade de meute, la violence conjugale avec ses uppercuts bien sentis ou la pression psychologique d’un membre de la famille qui s’insinue aussi pernicieusement dans le développement constructeur d’un enfant, l’auteure arrive à nous expliquer ce qui rend ses phénomènes possibles, la lente mais indéniable inclination de l’oppressé face à l’oppresseur, qui peut être n’importe qui, finalement, dans ce jeu du plus fort…

Et si cette démonstration en exemple concret ne vous suffit pas, Ingrid Desjours vous en rajoutera une couche avec en début de chapitres, les recherches scientifiques sur la théorie de la résignation acquise….

L’auteure nous offre une histoire prenante et déchirante avec ce fond de violence sanglante, qui nous prend aux tripes, nous en fait voir de tous les dégradés de rouge, et nous émeut aussi dans sa façon de se placer du coté des victimes…

Un même drame va unir par la force des choses des êtres complètement différends, avec chacun une vengeance à assouvir et cet engrenage d’ondes négatives en font un livre plein de tensions qu’on ne peut lâcher…

La construction du livre et cette course à la vérité est hautement addictive….

« N’oublies pas, fils, l’homme est un loup pour l’homme. Tu dois supplanter la meute. »

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La cécité de conversion…ou comment regarder avec le cœur…

« Je souffre de ce que l’on appelle une cécité de conversion. Mes yeux vont bien, tout est physiologiquement normal, sauf que mon cerveau a décrété que j’étais aveugle alors je le suis. »

Voilà bien une affliction bien gênante, mais avec cette cécité on comprend que la violence est à double vitesse, autant elle peut être physique, que psychologique…Le mal qui touche le héros est un gros handicap, mais du coup la lecture devient plus sensorielle, plus recentrée sur l’émotion et , c’est bien le point fort de ce roman.

Nous autres elfes, savons regarder avec le cœur, donc, voir une auteure s’inspirer de cette vision intérieure est pour nous une révélation, et étant donné que c’est notre première lecture de cette auteure, on peut dire qu’elle rentre direct dans notre collimateur du Women’s Reading Club, autant que dans le cercle très fermé des lecteurs féériques….

Vous pouvez donc vous lancer aveuglement, (autant que possible), et avec confiance vers cette lecture énergique. Ingrid Desjours prend soin de la prunelles de vos yeux, en la faisant tressaillir dans les recoins sombres de ses pages….

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Ingrid Desjours, votre talent n’est plus à prouver. Un talent que la Cour ne pourra réfuter, un talent pluricéphale qui fait de vous une auteure dangereuse à tous points de vue. Un talent enfin, qui réunit de nombreux lecteurs. Ceux-là même qui se pressent devant ce tribunal, attendant un verdict qu’ils espèrent clément et retenant leur souffle pendant ce réquisitoire auquel je sais qu’ils n’adhéreront pas.

Puisqu’il n’est de pire juge que soi-même, je mets en garde mon auditoire quant au manque d’objectivité qui pourrait m’envahir mais il est de mon devoir, en tant qu’avocate générale, de pointer du doigt les quelques imperfections qui nous réunissent aujourd’hui. Pour autant, je n’en oublierai pas les preuves à décharge qui vous démontreront ma totale intégrité.

Que jugeons-nous aujourd’hui ? Un roman ou bien l’état d’une société qu’il dépeint ? Qui avons-nous sur le banc des accusés ? Une auteure ou son œuvre ? Je répondrais que nous jugeons un tout car il n’est de roman sans écrivain et sans tableau pour faire évoluer des personnages.

Lors de ce procès, nous avons pu entendre le témoignage du médecin légiste qui a effectué l’autopsie et je reviendrai peu sur les preuves de qualité qu’elle a su présenter devant ce tribunal. Certes, Ingrid Desjours a utilisé un tableau social que tous nous connaissons, la montée de certains partis que je qualifierais d’ »extrême honte » vous parle autant qu’à moi et c’est avec crédibilité que l’auteure en tire partie.

Il est a noter que sa formation de psychologue transparaît dans ce roman et que les déviances et les intolérances de certains personnages sont expliqués, voire étudiés, à travers leurs enfances et leurs éducations.

Pour paraphraser l’écrivain belge Joseph Messinger : « Toute notre éducation est fondée sur le chantage affectif et la double contrainte, la carotte et le bâton, et l’apprentissage sans intelligence des préjugés les plus stupides ». Nous ne sommes pas ici pour disserter sur les terribles conséquences de graves manquements éducatifs mais ce tribunal appréciera ma reconnaissance de la légitimité de l’auteure et son expérience en la matière.

Voyez comme je m’adresse à cette Cour en mettant l’accent sur les qualités d’un roman qu’aujourd’hui je ne défends pas ou si peu. Voyez comme j’ai apprécié cette construction insolite et assez remarquable…

Je me fais procureure devant une presse qui est unanime et pourtant je n’ai su voir en ce roman autre chose qu’un divertissement éphémère. Si bien que je n’ai su me déparer de cette impression d’excès de romantisme qui a entaché mon jugement.

Les quelques incohérences que j’ai pu noter auraient pu être oubliées si pour ma part, j’avais pu ressentir une quelconque sympathie pour les protagonistes de cette affaire, or ils furent les artisans de leur propre perte et en dépit du travail acharné de l’auteure pour faire perdre les repères à son lecteur, je n’ai pas su en saisir la substance et je n’ai su lesquels d’entre eux aimer.

Ingrid Desjours, votre récit est pavé de bonnes intentions et j’en ai apprécié le fond. Vous dénoncez certains travers de notre chère patrie et vous y mettez votre cœur et votre sueur. Vous avez gagné mon respect et mon admiration là où d’autres se seraient heurtés à un rempart. Mais je n’ai d’autre choix que celui d’exercer le rôle qui m’est dévolu, à tel point qu’il me faut parfois faire acte de sévérité.

J’en appelle à la partialité de cette Cour mais je ne voudrais influencer son verdict. Eu égard à ce qui précède, c’est l’avocate mais c’est aussi la lectrice qui vous le dit : Lisez ce roman, votre jugement n’en sera que plus légitime.

Le mien, ma foi, n’a que la valeur que vous voudrez bien lui donner .

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Rafael, derniers jours : Gregory Mcdonald

rafael_derniers_jours

Titre : Rafael, derniers jours

Auteur : Gregory Mcdonald
Édition : 10-18 (2005)

Résumé :
Il est illettré, alcoolique, père de trois enfants, sans travail ni avenir. Il survit près d’une décharge publique, quelque part dans le sud-ouest des États-Unis.

Mais l’Amérique ne l’a pas tout à fait oublié. Un inconnu, producteur de snuff films, lui propose un marché : sa vie contre trente mille dollars. Il s’appelle Rafael, et il n’a plus que trois jours à vivre…

Avec ce roman, Gregory Mcdonald n’a pas seulement sondé le cœur de la misère humaine, il lui a aussi donné un visage et une dignité.

the-brave-1997Critique :
♫ 4 consonnes et 3 voyelles, c’est le prénom de Rafael ♪

Oui, je sais, c’est pas terrible de commencer sa chronique de cette manière, mais c’est le seul truc que j’ai trouvé pour faire baisser la pression après avoir terminé la lecture – d’une traite (d’humains ?) – de ce roman.

Depuis le temps qu’il traine dans ma PAL, depuis le temps que je pose ma main dessus mais que je la retire, comme si les pages étaient brûlantes.

Et elles le sont, brûlantes ! Si je le sais, c’est parce que j’ai lu les chroniques de mes collègues Babeliotes.

J’ai terminé ma lecture avec l’envie de hurler, avec les tripes nouées, avec le cœur au bord des lèvres et les larmes au bord des yeux.

La descente aux Enfers est vertigineuse et pourtant, elle ne fait que 180 pages… Mais on sombre dans une telle noirceur humaine, dans du tellement abject, qu’on ne peut en ressortir que lessivé, groggy, mal dans sa peau et avec juste une envie, se refaire toute sa collection de Super Picsou pour tenir le coup.

Dans le fameux chapitre 3, celui dont l’auteur prévient du caractère pouvant choquer les âmes sensibles, j’ai posé le livre quelques minutes lorsque le vieux sadique a parlé d’énucléation, puis j’ai repris ma lecture ensuite, le cœur battant à cause du malaise.

Au final, je ne sais pas ce qui m’a fait le plus mal : la naïveté touchante de Rafael, le programme de ce qu’on compte lui faire durant le snuff movie ou le fait qu’il se fasse baiser jusqu’au trognon avec les 30.000$ que sa famille ne recevra jamais pour sa vie qu’il va leur donner.

Un peu des 3 sans doute. J’avais toujours envie de hurler,  à chaque page, à chaque ligne qui décrit la misère dans laquelle vivent ces gens et qui n’est pas de la fiction, même dans nos pays sois-disant évolués et civilisés.

Quand à la réalité des snuff movies, elle est encore plus abjecte, plus dégoutante car se dire qu’il y a des gens qui aiment regarder ça et qu’il en existe capable de tourner ce genre de films… J’en ai les poils qui se hérissent de dégoût.

180 pages qui vous essorent, qui vous donnent envie de pleurer devant cette misère crasse, devant ces gens qui essaient de s’en sortir, mais c’est trop dur, alors ils se complaisent là où ils sont, sachant que de toute façon ils sont perdus pour notre société.

Un portrait émouvant, pudique, beau, dur, et ces derniers jours qui vous donnent envie de lui hurler de ne pas se présenter à l’entrepôt, de fuir, de vivre… De ne pas être si naïf, si confiant.

Un magnifique et sombre roman qui restera gravé dans ma chair et dans mon esprit.

Étoile 5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

BILAN - Coup de coeur

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Eagle+flag

Am stram gram… : M. J. Arlidge

Titre : Am stram gram…                                                                    big_2

Auteur : M. J. Arlidge
Édition : Éditions Les Escales (2015)

Résumé :
Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre ». Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale.

Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.

Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.

Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

Critique : 
Helen Grace est flic à Southampton.  Commandant, pour être plus précise. Flic de talent aussi.

Bref, tout le contraire d’une Julie « Madrange » Lescaut car notre Helen n’a pas d’ex-mari, pas d’enfants, pas d’envie d’en avoir, pas de vie privée. Mariée avec son boulot, en fait.

Limite un peu Rambo aussi, notre policière. La tendresse, bordel, c’est pas son genre. De plus, elle chevauche une Kawasaki, de quoi se faire mousser le frifri en jouant avec la poignée des gaz.

De plus, elle aime aussi les « Fouette cocher – Oh oui fais-moi mal avec ta cravache ou ton fouet à clous ». Adepte de quelques pratiques SM, oui, et pas la version Bisounours de « Fifty shades ».

Oui, Helen Grace est un personnage qui m’a un peu énervé. Trop de blessures, trop too much et puis faisant des erreurs comme c’est pas possible.

Dans des affaires comme celles-là, la merde monte tout en haut de l’échelle avant de redescendre puissance dix.

Pas assez travaillée, à mon sens, pas assez de profondeur dans ce personnage principal alors que ses deux subalternes Charlie Brooks et Mark Fuller le sont un peu plus (bien que Mark donne parfois l’impression d’être chez Mon Petit Poney).

Agacé d’être obligé de se soumettre, il essaya de la retourner. Maintenant qu’il bandait, il avait soudain envie de la dominer – de la niquer, de la brusquer – mais elle le cloua sur le dos en le chevauchant de force.

Niveau tension et adrénaline, j’ai eu ma dose avec ce page-turner.

Des couples enlevés, séquestrés où la seule issue possible est de tuer l’autre pour ne pas mourir. Si celui qui presse la gâchette du pistolet à une balle s’en sors vivant, son esprit est à la limite du décrochage vu le poids terrible sur la conscience.

Mais quand on est prisonnier, les jours paraissent sans fin et l’espoir est le premier à mourir.

Mais pourquoi ? Quel est le mobile du kidnappeur sadique ? Aucun, à première vue, alors, j’ai suivi Helen et son équipe sur cette enquête.

C’est rythmé, remplis de rebondissements, d’adrénaline, des fausses-pistes, des chapitres en italique avec un récit intriguant, bref, un vrai page-turner.

L’écriture est assez simpliste, par contre. De plus, l’utilisation de certains mots m’ont dérouté. Qu’un personnage utilise le mot « flingue », je comprends, mais pas dans une trame narrative ! « Cela faisait longtemps qu’Helen n’avait plus utilisé un flingue… ». Erreur du traducteur ?

La divulgation du coupable aurait pu me mettre KO si elle avait été amenée autrement. J’avais déjà lu ça dans « Tabou » de Casey Hill et cela m’avait profondément énervée que l’on sorte un coupable comme on sort un lapin d’un chapeau.

Un bon coupable, pour moi, est un personnage dont on a suivi le parcours, sans savoir que c’était lui, pas un qui n’apparaît que sur la fin, comme par magie.

Bon, j’aurais pu passer sur ce tour de passe-passe si le final avait été un peu plus étoffé, plus long, avec plus de profondeur et pas expédié de la sorte.

Le Grand Méchant, le si machiavélique dans ses plans, manquait de finesse, de sel, de ce petit grain de folie qui rend les Méchants littéraires grands et immortels.

Un roman court, qui se lit vite, une lecture mouvementée, quelques passages plus hard, un bon moment de lecture, mais rien de transcendantal.

 Par contre, mon copain était présent…

Sanderson, McAndrew et Bridges, au téléphone, suivaient la piste de témoins potentiels, tandis que les opérateurs rentraient les détails pertinents dans le logiciel HOLMES2, croisant les spécificités de cet enlèvement avec les dizaines de milliers de crimes stockés dans la vaste base de données de la police.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Mois Anglais 2015 chez Titine, Lou et Cryssilda.

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