Leçons d’un tueur : Saul Black

Titre : Leçons d’un tueur                                                           big_3-5

Auteur : Saul Black
Édition : Presses De La Cite (2015)

Résumé :
Repérer, traquer, tuer, recommencer.

Katrina, Sarah, Angelica, Shyla, Yun-seo, Leah, Lisbeth… Sept femmes âgées de vingt-quatre à quarante ans. Sept femmes retrouvées mortes aux quatre coins des États-Unis. Violées, torturées, exécutées. L’œuvre d’un homme ou de plusieurs ?

Depuis trois ans, la police tourne en rond et n’a pour indices que d’étranges objets découverts dans les corps mutilés des victimes.

Aujourd’hui, l’inspectrice à la Criminelle de San Francisco, Valerie Hart, sent qu’elle tient enfin une piste sérieuse.

Mais il faudra faire vite, car la prochaine cible pourrait bien être une petite fille de dix ans piégée dans une cabane isolée du Colorado.

Alors que ses vieux démons refont surface, Valerie se lance dans une course contre la montre…

Petit plus : Saul Black signe un thriller implacable et nous plonge avec maestria dans l’horreur la plus totale. En sortirez-vous indemne ?

« Ne lisez pas ce texte. Aucun lecteur ne mérite d’être autant terrifié. » Linwood Barclay

Critique : 
Ah mais que j’en ai ma claque des 4èmes de couverture trompeur ou prenant des raccourcis un peu trop exagéré !

Ah que j’en ai ma claque des bandeaux titres ajoutés par des auteurs connus dans le but de faire vendre les livres des autres !

Non pas que le roman n’était pas un thriller de bonne facture, non pas qu’il n’était pas terrifiant, mais pas à ce point là !

Linwood Barclay a un peu exagéré en ajoutant « Ne lisez pas ce texte. Aucun lecteur ne mérite d’être autant terrifié. » On est loin d’avoir les chocottes durant les 500 pages ! Et le résumé ne devrait pas raccourcir l’histoire de cette manière.

Mes points de discordes étant dit, passons au reste : ce que j’ai pensé du roman.

Comme je le disais, un thriller de bonne facture, avec plusieurs points de vue (l’inspectrice, le serial-killer, Nell, une victime…) ce qui ne vous laisse pour ainsi dire pas de temps mort pour bâiller d’ennui. Les pages se tournent toutes seules et la lecture avance à grand pas.

Du terrifiant, il y en a durant quelques passages et le premier chapitre est assez envolé niveau adrénaline ! Ça commence comme un feuilleton gentillet avant de se terminer dans un bain d’hémoglobine et une course poursuite qui vous donnera les mains moites.

La plume de l’auteur est agréable à suivre, changeant selon que nous sommes en présence de l’inspectrice Valérie Hart, du Grand Méchant ou d’une de ses victimes.

Là où j’ai coincé, c’est justement avec l’inspectrice Valérie Hart, torturée à souhait dans ses pensées, alcoolique, ayant elle-même sabordée sa vie sentimentale…

Et là je dois dire que « Trop is te veel » ! Elle revient un peu trop à mon goût sur son amour qu’elle a foutu en l’air (constamment) et à la fin, c’est redondant, épuisant et c’est totalement inutile de nous le répéter. Ça va, j’ai compris. Bref, aucune empathie ou sympathie pour ce personnage pourtant central.

Autre petit soucis, c’est le Grand Méchant… Avec un titre de roman pareil, je m’attendais à ce qu’il nous explique un peu plus son modus operandi de serial-killer, un peu comme celui de Ellroy dans « Un tueur sur la route » qui nous expliquait ce qu’il faisait.

J’aurais aimé aussi en apprendre beaucoup plus sur son enfance. Pas dans le but de me faire l’avocat du diable, mais pour comprendre comment le comportement de certains adultes envers des gosses pouvait donner des tueurs en série. Pas « excuser », juste essayer de « comprendre ».

Niveau « enquête », elle ne traîne pas durant les 500 pages et les quelques petits détails grappillés à gauche et à droite vont faire avancer cette enquête pas facile et qui était au point mort depuis quelques années.

Un thriller qui porte bien son nom, donnant au lecteur des frissons, de l’angoisse, de la peur, des mains moites, de l’adrénaline, des envies de hurler « Cours, Forrest, cours » aux victimes, une enquête trépidante et un final qui m’a fait me crisper dans le divan.

Petit bémol sur Valérie Hart, l’inspectrice, pour laquelle je n’ai ressenti aucune empathie et qui, bien que très brillante – et n’hésitant pas à prendre des risques pour sauver des vies – m’a plus souvent exaspérée par son comportement border-line et ses complaintes sur sa vie amoureuse qu’elle avait elle-même assassinée.

Malgré ces petits bémols, une bonne lecture qui m’a fait monter l’adrénaline et passer un moment où l’angoisse pouvait surgir à chaque page. Mais pas au point de me terrifier comme Linwood Barclay.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Mélange de sang : Roger Smith

Titre : Mélanges de sangs                                                              big_4

Auteur : Roger Smith
Édition : Calmann-Lévy (2011) / Livre de Poche (2013)

Résumé :
Jack Burn, sa femme enceinte et leur petit Matt sont en plein dîner lorsque deux membres du gang des Americans les agressent. Ex-marine qui a fui les États-Unis après un hold-up meurtrier, Jack les tue… tous les deux.

Le vieux veilleur de nuit Benny Mongrel a vu les gangsters entrer dans la villa, mais sans en ressortir. Ancien du gang des 28, il vit dans l’enfer des Flats et, ne voulant surtout pas replonger, il ne dira rien de ce qu’il a vu à personne.

Jusqu’au jour où le flic Gatsby Barnard l’interroge et commet une erreur impardonnable.

La guerre est alors déclarée et tous les coups sont d’autant plus recommandés que Barnard est lui-même sous la surveillance de Disaster Zondi, un enquêteur zoulou qui veut sa tête pour torture, meurtre et corruption.

Petit Plus : Terrifiante description des Flats, ce roman a reçu le Deutschen Krimi Preis et fera l’objet d’un film avec Samuel L. Jackson dans le rôle de Disaster Zondi.

Mélanges de sangs - Roger SmithCritique : 
Afrique du Sud. Direction Le Cap ! De grâce, laissez vos vuvuzelas au placard et munissez-vous plutôt d’une arme à feu car ce n’est pas au stade de foot que nous allons, mais dans les Cape Flats.

Vu l’endroit et les multiples gangs qui s’y trouvent, vaut mieux être armé ! Nous sommes tout de même dans les mauvais quartiers de la ville. Le bidonville.

Si vous rêviez de l’Afrique du Sud comme destination de vacances, alors ne lisez pas ce livre.

Tout compte fait, lisez-le et changez de destination ! Ça vous évitera de vous retrouver à Cape Town, la ville la plus dangereuse du pays, celle où la criminalité est un fléau depuis des années.

Une dichotomie flagrante dans cette ville : d’un côté, les villas luxueuses des nantis, les Blancs, villas protégées (mais pas toujours) et de l’autre, les Flats où toute la misère du monde semble s’être donnée rendez-vous. Drogues, viols d’enfants, meurtres, enlèvements, tabassages en règle, règlements de comptes, alcool, pauvreté, trafics en tout genre…

Des personnages aux parcours et origines différentes – mais pas tant que ça – vont se croiser et s’affronter.

Jack Burn, américain, a emménagé au Cap, dans les beaux quartiers, avec sa petite famille. Notre homme a tout de l’être propre sur lui jusqu’à ce qu’il tue les deux petites frappes qui s’étaient introduits chez lui. Sombre passé ??

Benny Niemand (« Personne » en afrikaans) est un métis, a fait de la prison et était un galonné dans le gang des Mongrels, le gang 28. Maintenant, il est veilleur de nuit sur un chantier juste en face de la maison des Burn et ça a toute son importance.

Rudi Barnard – Blanc – flic obèse et ventripotent : plus corrompu et sadique que lui, tu meurs. Le genre de mec auquel tu voudrais faire la peau de suite. Il règne sur les Flats en maître.

Disaster Zondi, un zoulou, Noir, enquêteur et super-flic qui est là pour faire tomber Barnard pour corruption et pour meurtres.

L’apartheid a beau être de l’histoire ancienne et avoir été aboli, on le sent toujours présent, les tensions raciales ne se sont pas fait la malle et la couleur de peau revêt toujours une importance capitale. Pas qu’entre les Noirs et les Blancs, mais aussi chez les Métis. Selon qu’ils sont café léger au lait, café sans beaucoup de lait ou lait russe. Ça change tout.

Destins croisés, vengeances, rédemption, passés sombres, fautes, erreurs qui se payent cher, drogues, assassinats… Tout se mêle et s’entremêle entre les protagonistes pour se terminer en feu purificateur et destructeur.

Les personnages sont travaillés. Sans en faire trop, l’auteur nous donne l’essentiel. Avec lui, c’est du light corsé.

L’écriture se lit toute seule mais la plume est sans pitié pour la ville du Cap, ses bidonvilles, sa corruption et son taux de criminalité élevé.

Un roman noir qui dépote, violent. Un roman où les flics sont pourris et se foutent bien de résoudre les crimes qui ont lieu dans les Flats. Un roman qui n’est pas tendre avec l’Afrique du Sud et son Histoire sombre et tourmentée.

Un roman superbe qui ne vous donnera pas envie d’aller visiter la ville où Mandela fut emprisonné (la prison de Pollsmoor après son transfert) mais qui ne vous laissera pas de marbre, ni indemne.

BILAN - Coup de coeurChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Deutschen Krimi Preis) et Ma PAL « Canigou »… C’est du massif !

[Série] Criminal Minds – Une série qui t’invite à la mise à mort !

Esprits criminels (Criminal Minds) est une série télévisée américaine, créée par Jeff Davis et diffusée depuis le 22 septembre 2005 sur le réseau CBS et en simultané au Canada sur le réseau CTV ou CTV Two.

En France, la série est diffusée depuis le 28 juin 2006 sur TF1, en Belgique depuis le 26 juillet 2006 sur RTL-TVI, au Québec depuis le 16 avril 2008 sur le réseau TVA ainsi que sur la chaîne AddikTV et en Suisse sur la RTS Un.

1. Synopsis :

Le département des sciences du comportement (BAU, Behavioral Analysis Unit en anglais), situé à Quantico en Virginie, est une division du FBI.

La série suit une équipe de profileurs, dirigée par l’agent Aaron Hotchner et amenée à se déplacer dans l’ensemble des États-Unis (et parfois ailleurs), chargée d’enquêter localement sur les criminels et les tueurs en série.

Chacun de ses agents a sa spécialité et sa personnalité, ce qui les rend complémentaires.

Profiler ?? Quécequecé ?? Le profilage criminel basé sur l’analyse comportementale est une méthode permettant à des enquêteurs de déterminer le profil psychologique d’un criminel.

Un « profileur » est une personne chargée de réaliser une ébauche du type de portrait psychologique d’une personne recherchée. Les termes « profiler » et « profilage » ne se réfèrent néanmoins à aucune réalité de profession et/ou d’analyse psychologique et/ou policière, mais a été inventé de toutes pièces et introduit par la télévision.

Bien que ces termes tendent du coup plutôt à s’étendre, on parlera majoritairement en milieu concerné d' »analyste comportemental« , de psycho(logue)-criminologue. Les intéressés préfèrent même parfois se présenter simplement comme gendarme, en France, ou agent du FBI, aux États-Unis.

Les dits « profileurs » sont essentiellement formés dans les pays anglo-saxons où ils sont titulaires du titre de psychologue ainsi que d’une maîtrise parfaite du droit criminel (souvent agrémentée de connaissances universitaires en victimologie et/ou en criminologie). Il est le plus souvent obligatoire d’être membre de la police ou de l’armée pour être requis en plus pour ses qualités en criminologie.

2. Acteurs principaux :

  • Thomas Gibson : agent spécial superviseur Aaron « Hotch » Hotchner, chef d’équipe
  • Joe Mantegna : agent spécial David Rossi (2007-)
  • Shemar Moore : agent spécial Derek Morgan et cochef d’équipe (lors de la saison 5)
  • Matthew Gray Gubler : agent spécial Spencer Reid, se fait aussi appeler Dr
  • Andrea Joy Cook : agent spécial Jennifer « J.J » Jareau (2005-2010) / (2011-)
  • Kirsten Vangsness : Penelope Garcia, analyste (Saisons 1 à présent) et agent de liaison
  • Jeanne Tripplehorn  : agent spécial Alex Blake

3. Verdict, docteur ? :

Là, rien à dire, j’ai marché à fond dans cette série dès sa diffusion !

Un concept « nouveau », des personnages attachants, des enquêtes différentes des autres et des profileurs. What’else ?

Le département des sciences du comportement (BAU – Behavioral Analysis Unit en anglais), situé à Quantico en Virginie, est une division du FBI.

La série suit une équipe de profileurs, dirigée par l’agent Aaron Hotchner et amenée à se déplacer dans l’ensemble des États-Unis (et parfois ailleurs), chargée d’enquêter localement sur les criminels et les tueurs en série.

Chacun de ses agents a sa spécialité et sa personnalité, ce qui les rend complémentaires.

Petite particularité, chaque épisode commence et se termine par une citation.

Le générique (musique composée par Mark Mancina) est construit à partir de véritables photographies de criminels et le tournage de la série a lieu principalement en Californie, à Altadena, Glendale, Long Beach, Santa Clarita ainsi qu’à Vancouver, au Canada.

Bien que maintenant, faute de temps, je ne suive plus la série comme avant, elle reste toujours dans mes séries policières préférées.

Niveau personnages, j’ai un faible pour toute l’équipe, chacun pour une raison différente.

  • Derek Morgan : je l’adore pour son côté « miam miam ». Oui, il est à croquer. Sinon, ce beau mâle a été délinquant dans sa jeunesse, avant de se ressaisir et de se retrouver au FBI. Derek, c’est aussi l’homme fort du groupe, celui qui sait se battre. Ses petites réparties avec Pénélope Garcia donnent aussi du sel aux épisodes, tout en montrant le côté « soudé » de l’équipe.
  • Penelope Garcia : la « miss informatique » du groupe. C’est en piratant le site du FBI qu’elle a été recrutée. Certes, lorsqu’elle travaille avec ses PC, il y a côté un peu « trop gros pour être vrai » car elle arrive toujours à avoir tout. Mais je l’adore.
  • Spencer Reid (docteur) : le petit génie en tout, celui qui sait tout, qui a une mémoire d’éléphant et un petit air décalé. Plus minouche avec ses cheveux courts que longs. Niveau biceps, faut pas compter sur lui. Il a des doctorats en chimie, mathématique, ingénierie, est diplômé en psychologie, sociologie et a suivi des cours de philosophie.
  • Aaron Hutchner : au départ, je le trouvais un peu froid, je n’avais pas beaucoup d’affinités avec lui, mais au fur et à mesure des épisodes et des saisons, je me suis attachée au personnage et j’ai souffert avec lui lors de la mort de sa femme. « Hotch » est un homme qui a été sans cesse tiraillé par l’envie qu’il avait de trouver un équilibre entre son travail et sa vie de famille. C’est aussi le chef du groupe, celui qui maintient la cohésion et les membres de l’équipe le respecte et l’apprécient aussi.
  • Emily Prentiss : elle a remplacé l’agent Greenaway (partie fin saison 1) et je dois dire que bien que j’ai eu quelque doute sur le personnage au départ, tout comme le reste de l’équipe qui la pensaient pistonnée. Mais comme eux, je me suis vite faite à elle et j’avais râlé aussi lorsque les producteurs avaient parlé de ne plus lui donner le rôle. Emily, c’est une profileuse très prometteuse, elle parle l’arabe, l’italien et le russe.
  • Jennifer « J.J » Jareau : elle, c’est la personne chargée des relations publiques au sein du département du FBI. C’est elle  qui parle aux médias et aux services de police qui font appel à nos profileurs. Un personnage que j’adorais aussi, mais qui nous a quitté aussi.
  • Jason Gideon : lui, c’était le meilleur profileur du BAU. Un personnage avec un lourd passé qui l’avait amené à faire une dépression nerveuse. J’aimais son calme, sa manière de parler, de ne jamais donner l’impression d’avoir peur. Pour moi, il était un des pilier de la série et j’avais eu très peu peur lorsque l’on annonça que l’agent Gideon  ne serait plus de la saison 3.
  • David Rossi : lui, c’était un des grand nom de la section BAU du FBI et notre homme était à la retraite (anticipée) et se consacrait à l’écriture. C’est lui qui est revenu au FBI, rongé par une vieille affaire et qui a pris la place vacante de Gideon. J’ai eu un peu de mal au départ avec l’agent Rossi, mais je m’y suis vite habituée.

L’avantage de la série, c’est que nous avons au départ, tout le processus de la mise à mort. On assiste, en direct, à ce qui se passe… sans voir le coupable, on est pas dans Columbo tout de même !

Tout le contraire des « Experts en tout genre », de Bones et autre NCIS qui commencent leur procédé narratif en nous présentant le cadavre avant que leurs enquêteurs se retroussent les manches.

Pour ceux qui ont lu « American Psycho » de Bret Easton Ellis (que j’ai lu et détesté), ils trouveront des similitudes dans la barbarie de certaines mises à mort orchestrée par le psychopathe Patrick Bateman.

Niveau méchants psychopathes, on nage dans la catégorie des Annie Wilkes de « Misery » (Stephen King) à la puissance 10 ou du terrible Hannibal Lecter du « Silence des agneaux ».

Sérieusement, les Méchants sont tous bien travaillés, ils fichent la trouille, sont intelligents, mais vantards et quelques uns sortent du lot : Georges Foyet (l’éventreur), Franck Breitkopf (tueur en série), Tobias Hankel (dédoublement de personnalité, il était soit lui-même, soit son père, soit l’archange Raphaël), Billy Flinn (le prince des ténèbres), Curtis (le réplicateur), et j’en passe !

Avec cette belle brochette de charmants serial killer et ses litres de sang, on comprend que la série « Esprits criminels » porte la plupart du temps le label « déconseillé aux moins de 12 ans ».

D’ailleurs, je remercie au passage notre chaîne belge, RTL-TVI, qui, au contraire de TF1, diffusait les épisodes dans l’ORDRE ! Merci à eux.

Mais revenons au procédé de narration qui nous changeait des autres

Selon Louis Mortier, neuropsychiatre, « qu’il s’agisse d’un roman, d’un film de cinéma ou d’un série télévisée, la mort peut être racontée de plusieurs façons« .

Trois en tout cas.

  • Première option, la plus classique : on reconstitue les circonstances de la mort autour du ou des cadavres. Le cadavre est réduit à un terrain d’expérience dont les indices mèneront au criminel.
  • Seconde option, beaucoup plus effrayante : on assiste à la mise à mort. Et pour peu que l’histoire soit bien écrite, c’est génial parce que ça fiche la trouille et que l’on se retrouve à crier « cours, mais cours !! » en sautillant sur son divan. C’est atroce. Encore plus atroce lorsque la victime est un enfant.
  • Troisième option enfin, inexistante dans les séries télévisée parce que trop intellectuelle : la suggestion. L’enquête se déroule sans qu’on voit jamais la victime.

Heureusement pour les téléspectateurs, la plupart des séries policières adoptent la première option comme procédé narratif.

C’est classique mais ça permet le « feuilletonnement ». La vie du ou des héros revêt autant, sinon plus, d’importance que les intrigues policière.

« Esprits criminels » en revanche, exploite à fond la seconde (on assiste à la mise à mort) et, avec bientôt 200 épisodes, ne laisse pas de fasciner les foules.

Par contre, parfois, j’ai l’impression que les scénaristes se laissent aller dans le côté « je suis un profiler et je déduis tout rien qu’en examinant votre brosse à dent ». Qu’ils apprennent qu’il a un abcès dentaire, je comprend, mais de là à deviner la couleur de ses chaussettes qu’il portait le mois dernier, c’est un peu gros.

OK, j’exagère aussi un peu…

Malgré ce petit bémol, il y a de la recherche dans les scénarios, du travail dans les Méchants, les héros sont travaillés, évoluent, en bien ou en mal et ne sont pas à l’abri d’une saloperie scénaristique !

Les acteurs ont été bien choisi (pour moi) et malgré que les saisons se suivent, elles ne se ressemblent pas.

Bref, une série un peu gore, très trash dans ses mises à mort, déconseillée aux enfants mais conseillée aux adultes qui veulent voir de l’hémoglobine et des vrais méchants très sadiques !

Satan dans le désert : Boston Teran

Titre : Satan dans le désert                    big_3-5

Auteur : Boston Teran
Édition : Folio (2005)

Résumé :
Bienvenue en Californie comme au Nouveau-Mexique ! Vous y trouverez des folles sans identité, isolées en plein désert dans des caravanes en ruine, des bandes non identifiées, insaisissables, menées par des gourous en quête de gibier, des taulards cuits et recuits par le soleil, surveillés par des flics improbables et des hommes prospères protégés par les murs de leurs villas discrètes…

Vous y trouverez l’enfer sur terre. Parce que son ex-femme a été massacrée et que sa fille a disparu, le flic Bob Hightower sort enfin de sa léthargie. Ce qu’il découvrira au bout du chemin dépasse l’entendement.

« Les mots de Boston Teran vous hantent longtemps après que vous avez refermé son livre. Je suis encore sous le choc » (Harlan Coben).

Petit Plus : Boston Teran, auteur sous pseudonyme, dit seulement de lui qu’il est né dans le Bronx de parents italiens et qu’il vit aujourd’hui en Californie.

« Satan dans le désert » a reçu le prix Creasey Dagger du premier roman en Angleterre ainsi que le prix Calibre 38 du meilleur roman policier 2004 en France.

Critique : 
Ça, c’est ce qui s’appelle une lecture « coup de poing uppercut »… Assurément, âmes sensibles, abstenez-vous d’ouvrir pareil livre, vous le refermeriez bien vite. Ce roman est donc à ne pas mettre entre toutes les mains, c’est pour cela que je ne le conseillerai qu’aux lecteurs avertis.

Comment vous expliquer cette lecture très sombre, cette violence qui suite de toutes les pages, tout en vous expliquant que « Satan dans le désert » est un roman hallucinant et que je l’ai apprécié ?

Sur le toit de goudron noir, la pluie génère une multitude de ruisseaux irréguliers qui s’évacuent vers les gouttières oxydées. Mais elle ne lave rien. Elle ne l’a jamais fait. La crasse qui est le lot quotidien de chacun est bien trop importante.

Le pitch : Bob Hightower est ce qu’on appelle un flic « pépère », assis derrière son bureau, dans un bled proche de Los Angeles, à la frontière du désert.

Il est divorcé, adore sa fille et tout irait bien dans sa vie si on n’avait pas retrouvé son ex-femme et son nouveau mari plus que sauvagement assassinés… Et quand je dis « sauvagement », je suis encore gentille… Le chien et le cheval sont dans le même état et Gabi, sa fille chérie de quatorze ans, est introuvable parce qu’enlevée.

Bob est dépourvu de moyen, il n’a pas de piste, contrairement au lecteur, puisque nous savons déjà « qui » est le commanditaire de toute cette sauvagerie, nous savons « qui » l’a perpétré, mais nous ignorons le « pourquoi ».

C’est une ancienne toxico, Case, qui va donner une piste à Bob. Lorsqu’elle a lu le fait divers qui se rapportait à la tuerie, elle a reconnu la marque de Cyrus : un mec taré, violeur, assassin, dealer, nihiliste, maquereau, tortionnaire… La totale, quoi. Un type qui prend plaisir à détruire l’innocence, à faire plonger des enfants dans la dépendance et à leur faire subir les pires perversions sexuelles ou tortures de malade. Il pratique aussi son art de la torture sur des adultes, juste pour le plaisir.

Tétanisé par la peur, le gosse se met à trembler. Cyrus se campe devant l’autre, examine longuement son membre et le prend en main.
– C’est une vraie queue de diable que tu as là, toi.
Terrifié, le gamin refuse de le regarder dans les yeux.
– Une vraie queue de diable, répète Cyrus en soupesant, appréciateur.

Comment elle le sait ? À votre avis ? Case a fait partie de sa bande, enfin le mot « secte niant Dieu » serait plus adapté. Elle a réussi à s’en sortir, plus morte que vivante et elle accepte d’aider Hightower, le « mouton » qui veut s’attaquer à des « loups », trouvant ainsi une occasion de se venger de ce qu’elle a subit. Et puis, Case, c’est aussi un loup…

Road movie d’enfer, traque sans pitié où tous les coups sont permis, où les chasseurs prennent le risque de devenir gibier et où notre flic pépère va devoir se transformer en loup pour faire couleur locale et tenter de se frayer un passage entre les crocs du diable sans y laisser trop de plumes.

– C’est pas à l’Amérique propre et puritaine que vous avez affaire, sur ce coup-là. Cette merde, c’est l’enfer. Une histoire de drogue, de sang et de foutre, déjanté, à un point que vous n’avez pas idée. C’est pas comme si vous entriez dans une librairie ésotérique de Hollywood Boulevard pour acheter quelques babioles sataniques. Ces types-là prennent leur pied en foutant en l’air les gens normaux comme… votre ex-femme et son mari.

Et puis, parfois, les braves gens peuvent cacher une face sombre qui est aussi tordue que les pires psychopathes avec lesquels ils font affaire…

De toute façon, on sait que s’ils sortent gagnant de leur cavale contre Cyrus, personne n’en ressortira indemne psychologiquement parlant.

Bien que la prose de l’auteur ne soit pas toujours d’une grande finesse (c’est pas Lehane), j’ai été emporté par cet espèce de road-movie, cette course vers la mort qui se déroule dans la chaleur suffocante du Nouveau Mexique et il me fut impossible de lâcher le bouquin avant d’être arrivé à la fin ! J’étais excité comme une puce au salon de la moquette.

Aux blanches étendues salines de l’est répond, comme un écho, le « terrible désert » de l’ouest évoqué par John Steinbeck. Un enfer de sel et de sécheresse au-dessus duquel les montagnes miroitent tels des corbeaux d’ébène.

Niveau dialogues, ils sont percutants, très crus et imbibé de discours sur la religion, le Bien, le Mal, Dieu… et autres imprécations démentes. Bref, ça clashe souvent.

– On a tous besoin d’appartenir à un club. Le club de Dieu ou le club des Hurlements. Dans le même pâté de maison, chacun son groupe. Mais les morceaux de musique qu’ils jouent ont été empruntés à d’autres et noyés dans les conneries. Et de toute façon le prix d’entrée est bien trop élevé dans les deux. Tu veux la vérité Coyote ? Va frapper aux cercueils.

Si la prose de Bostan Teran n’est pas « exceptionnelle »,  ses mots ont tous été des coups de poings dans ma face, ses phrases sont tranchantes comme la lame affûtée du couteau de Jack l’Éventreur et quand je pensais qu’il m’avait amené au bout de l’horreur, et bien non, il est allé encore plus loin. Simple mais incisif et saisissant.

Au final, une sacrée descente en enfer de plus de quatre cent pages qui se dévorent  la rage aux tripes, sans pouvoir lâcher le bouquin, tant on a envie de savoir si Bob et Case vont arriver victorieux au bout de leur voyage dans les entrailles du Mal et si Gabi, la fille de Bob, en ressortira vivante. Savoir dans quelle mesure ce voyage les aura changé, aura changé leur vision des choses.

– Il va charger cette petite mignonne et, bien vite, elle se retrouvera à quatre pattes dans un bouge, à se faire enculer par un camé sidaïque. Il prendra des photos, ou peut-être qu’il filmera tout ça. Il la forcera à le sucer pendant qu’il lui montrera le film. Il s’amusera avec elle tout le temps de la projection et, quand le générique de fin défilera, il parachèvera son œuvre en la pendant par les pieds et en l’ouvrant du clito au…
Case ne peut en dire d’avantage. Et Anne est trop choquée pour parler.

Niveau des personnages, j’ai eu un gros faible pour Case, sans cesse en lutte avec ses vieux démons qui sont « cocaïne » et « souvenirs horribles ».

Elle et Bob forment un duo détonnant qui ne se serait jamais croisé sans la tuerie et l’envie de Case d’en finir avec son passé. Ils sont plausibles et l’auteur ne brûle pas les étapes dans le récit de leur animosité qui se transforme petit à petit en respect profond, la confiance s’installant au fur et à mesure. De plus, nos deux amis ne sont pas des héros tout blanc… Ils ont leur part d’ombre.

Niveau du Méchant et de sa bande, ils sont abominables, sans pitié, sans coeur, sans empathie, ayant eu, eux aussi, leurs traumatismes. On aurait d’ailleurs tort de considérer Cyrus comme « juste » un dingue ou juste un « simple » psychopathe. Ce sadique possède de multiples talents et l’intelligence ne lui fait pas défaut. Un expert dans la propagation du Mal : la peur est un bonheur pour lui, la souffrance une plénitude, la violence un véritable orgasme ou une thérapie à l’hypocrisie de ce monde.

Rien ne sera épargné aux personnages : des morts violentes, du sang, des scènes de tortures, des viols, un petit shoot,… Bref, ils peuvent déposer plainte de suite contre l’auteur !

Niveau rythme de l’histoire, je ne savais pas à quoi m’attendre, pestant un peu que, dès le départ, on sache « qui » a commandité la tuerie et qui l’a exécuté…

C’était sans compter sur le talent de l’auteur pour me réserver quelques belles surprises durant ma lecture et pour m’emmener dans un voyage apocalyptique où quand on pense que tout est fini, ben non, il en reste encore dans le moteur !

On peut dire que Boston Teran a porté son polar à des sommets de violence que je n’avais pas encore rencontrés… sans jamais se départir d’un style d’écriture étonnant (simple mais percutant). Assurément, « Satan dans le désert » ne m’a pas laissée indifférente et j’en suis sortie groggy.

Alors, si vous adorez les cocktails « violence » mélangés à la poudre de fusil, additionné de drogues-sang-viols-tortures, le tout macérant dans du mezcal  avec une touche de tabasco pimenté, foncez !

« Satan dans le désert » a reçu le prix Creasey Dagger du premier roman en Angleterre ainsi que le prix Calibre 38 du meilleur roman policier 2004 en France.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au « Challenge US » chez Noctembule et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle.