La pluie de néon : James Lee Burke

Titre : La pluie de néon                                                                   big_4

Auteur : James Lee Burke
Édition : Payot et Rivages (1999)

Résumé :
Se mêler des affaires des autres est parfois une manière de survivre. Surtout quand on a un léger problème d’alcool, de vilains souvenirs du Viêt Nam et une haute idée de la justice.

C’est le cas du lieutenant cajun Dave Robicheaux, que sa plaque à la Criminelle de La Nouvelle Orléans ne préserve pas des ennuis.

Avant de passer sur la chaise électrique, Johnny Massina lui révèle que les « Colombiens » veulent sa tête. Tout ça parce que Robicheaux a découvert le cadavre d’une jeune Noire dans le Bayou et met en doute la thèse de l’accident, soutenue par la police locale.

Dave met le doigt dans un engrenage infernal. Le lecteur aussi.

Petit Plus : Auteur majeur du roman noir américain, Burke inaugure, avec ce titre, le cycle Dave Robicheaux qui atteindra des sommets dans Dixie City.

Si l’humour reste présent dans cette plongée en eaux troubles, on est marqué par les souvenirs cauchemardesques du détective, procédé fétiche de l’écrivain.

L’intrigue est serrée, les dialogues rythmés, les descriptions dignes de Faulkner.

Critique : 
Puisque le temps n’est pas au soleil, plutôt que de me plonger dans un polar venant d’un pays Nordique, j’ai opté pour un bon bain de soleil sur la péniche du lieutenant Dave Robicheaux, flic à la Nouvelle-Orléans.

Moi qui pensais être pèpère, j’en fus pour mes frais… Pourtant, le postulat de départ avait l’air tout simple : une jeune fille noire est retrouvée noyée dans le bayou après overdose. Pas de quoi casser trois pattes à un policier, vous me direz.

Oui, mais, ça, c’était sans compter notre lieutenant qui flaira un truc pas net.

Déjà, notre ami est ce que l’on peut nommer un flic tenace. À côté de lui, un pit-bull affamé accroché à un os, c’est de la gnognotte !

Bon, Dave a un passé d’alcoolo, il replongera dans les vapeurs du whisky mélangé à la bière, il est parfois teigneux, têtu, violent, dézingueur de méchants à ses heures perdues, mais il a une qualité : il est incorruptible et il ne chante pas à tue-tête ♫ Vaninahahahaha ♪.

« Pourquoi ? Parce qu’en vérité, ce que je voulais, c’était boire. Et je veux dire par là que je ne voulais pas retomber doucement dans l’alcool, en petites glissades faciles, grâce à quelques Manhattan sirotés à un comptoir d’acajou avec repose-pieds en laiton, dans un bar aux box de cuir rouge, devant des rangées de verres brillant de lumière empilés devant un long miroir au mur. Je voulais des bouillettes à m’exploser la tête, Jack Daniels et bière pression, vodka sur glace, Beam sec et son verre d’eau à part, tequila brute qui vous laissait le souffle coupé à bouillonner dans vos propres humeurs ».

Ne nous y trompons pas, ceci est un roman noir, un roman sombre et l’auteur, à l’aide de sa plume, s’en va grattouiller sous le vernis de l’Amérique, celle qui est corrompue dans ses hautes sphères, celle qui est non démocratique de par sa guerre du Viêt Nam…

— Les mômes ne se cament pas parce que leurs parents et leurs professeurs sont permissifs. S’ils le font, c’est parce que des adultes leur vendent la came. Pas de complexités psychologiques, pas de mystères sociologiques.

Dave a fait la guerre et comme de nombreux soldats qui en sont revenus, il a l’esprit encombré de tas de souvenirs horribles. Chaque nuit, il doit lutter contre les cauchemars et les images qui l’assaillent.

Ne vous attendez pas à une grande enquête, le but du roman n’est pas vraiment de la résoudre en 380 pages, mais plus de vous entraîner dans les petites rues de la Nouvelle-Orléans, d’aller à la rencontre de certains de ses habitants – bons ou moins bons – de vous frotter à sa corruption, aux trafiquants d’armes et autres salopards qui peuplent les rues comme les ‘gators (alligators) hantent les eaux des bayous.

Malgré une intrigue aux multiples tiroirs, impossible pour le lecteur de perdre le fil de l’histoire car James Lee Burke, ce grand auteur, a balisé son histoire. Pas besoin de revenir en arrière pour comprendre, il suffit de suivre le fil d’Ariane.

Les personnages, nombreux, sont bien détaillés et nous réservent quelques surprises de leur cru. Ici, la Louisiane est elle aussi un personnage à part entière. C’est elle qui a forgé les habitants ainsi.

Niveau dialogues, l’argot est présent, sans pour autant plomber le style d’écriture de Burke, constitué aussi de bons mots. Sa plume m’a enchanté de par sa poésie et son humour. De plus, elle sait être caustique envers son pays.

Le ciel d’automne était d’un bleu si dur qu’une allumette frottée s’y serait enflammée, la lumière jaune si douce qu’on aurait pu la croire vieillie en fût de chêne.

— Si vous voulez me faire part de vos commentaires sur mon cas ce matin, il faudra faire comme tout le monde : prendre la queue. En ce qui me concerne, vous êtes déjà limite, votre parcmètre est en zone rouge.

— Je vous prenais pour un mec intelligent. Au lieu de quoi, j’ai l’impression que vous n’êtes pas capable de mettre un pied devant l’autre sans qu’on vous peigne des marquages au sol.

L’atmosphère est dense, les vieux ventilateurs à larges pales en bois tournent paresseusement au plafond, afin de rafraîchir un peu l’air, mais peine perdue, on sentira la température monter au fil de l’enquête en free-lance de notre Dave Robicheaux et les cadavres s’empileront à nos pieds.

Un conseil avant de lire, vérifiez que votre 6 coups est bien chargé au fond de votre poche, ne faites confiance à personne mais n’hésitez pas à déguster un sandwich aux crevettes et aux huitres entre deux bastons. Ah oui, n’oubliez pas votre anti-moustique.

Ceci était la première enquête de Dave Robicheaux, un flic qui a de la profondeur dans ses réflexions et de la ténacité dans ses actions. Pour ma part, je compte bien lire toute la série afin de me replonger dans ces romans noirs aux ambiances particulières.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015)et Le « Challenge US » chez Noctembule.

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Valhardi – Tome 7 – Le mauvais oeil : Jijé

Titre : Valhardi – Tome 7 – Le mauvais œil                      big_2-5

Scénariste : Philip
Dessinateur : Jijé
Édition : Dupuis (1983) 

Résumé :
Valhardi et Gègène sont entraînés dans une histoire d’espionnage où un taxidermiste est impliqué dans le trafic.

Critique :
Jean Valhardi, c’est un héros de bédé qui a eu beaucoup de papas… Voyons un peu ce qui est arrivé comme évolution à cet agent d’assurance qui, par la suite, deviendra un aventurier pur et dur…

Alors, « Les Aventures de Jean Valhardi », c’est une série de bande dessinée franco-belge créé en 1941 dans le n°40/41 du journal Spirou par Jean Doisy (au scénario) et le célèbre Jijé au dessin.

Le dessin sera repris par la suite par Eddy Paape, puis par René Follet, alors qu’au scénario vont ce succéder Eddy Paape, Yvan Delporte, Jean-Michel Charlier, Philip, André-Paul Duchâteau et Jacques Stoquart. Ouf !

Jean Valhardi, c’est un enquêteur en assurances, donc. Prototype des héros de bande dessinée qui ne connaissent pas la peur, qui sont beaux, blonds et forts. Ils se sortent de tous les mauvais pas et leur taux de réussite d’affaire est de 100%.

Durant les années « Jean-Michel Charlier », son faire-valoir sera Arsène, un type de forte corpulence, pas musclé et fanfaron, tout le contraire du héros.

Dans cette aventure où se mêle l’espionnage, Valhardi est en compagnie de Gégène, un jeune extravagant roux qui, de statut de faire-valoir à ses débuts, passera à celui de vedette à part entière de la série. Gégène, c’est la touche humour et drague.

Jijé est au dessin (et j’aime les dessins de Jijé) et le scénariste n’est autre que son frère, Philip.

Le scénario est bateau, si je puis dire (on ira sur les quais de la Seine, les bandits étant sur un voilier et on traversera même la Manche), avec une enquête tournée vers l’espionnage et le transfert mystérieux de données par un moyen que Valhardi n’a pas encore découvert.

Aventure plaisante, elle se lit vite, pas de temps mort, des rebondissements, de l’humour. Quoiqu’il se passe, les héros arrivent toujours à foutre en l’air une organisation criminelle bien rodée, bien huilée et, à eux tout seul, ils résolvent toutes les affaires. Tout est bien qui fini bien…

Bon, nous sommes dans la bédé et tout n’est pas toujours réaliste…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)