Un poisson sur la lune : David Vann

Titre : Un poisson sur la lune

Auteur : David Vann
Édition : Gallmeister Americana (07/02/2019)
Édition Originale : Halibut on the moon (2019)
Traducteur : Laura Derajinski

Résumé :
“Les gens seraient-ils en réalité tous au bord du suicide, toute leur vie, obligés de survivre à chaque journée en jouant aux cartes et en regardant la télé et en mangeant, tant de routines prévues pour éviter ces instants de face à face avec un soi-même qui n’existe pas ?”

Tel est l’état d’esprit de James Vann lorsqu’il retrouve sa famille en Californie – ses parents, son frère cadet, son ex-femme et ses enfants. Tous s’inquiètent pour lui et veulent l’empêcher de commettre l’irréparable.

Car James voyage avec son Magnum, bien décidé à passer à l’acte. Tour à tour, chacun essaie de le ramener à la raison, révélant en partie ses propres angoisses et faiblesses.

Mais c’est James qui devra seul prendre la décision, guidé par des émotions terriblement humaines face au poids du passé, à la cruauté du présent et à l’incertitude de l’avenir.

Critique :
Mes lectures avec cet auteur sont en dents de scie ! Si j’avais bien aimé « Dernier jour sur terre », j’avais abandonné en route « L’obscure clarté de l’air » et voilà que le problème se reproduit avec celui-ci !

Suis-je condamnée à abandonner tous les autres romans de l’auteur que je souhaite lire tels que Aquarium, Désolations, Goat mountain, Impurs ou Sukkwan island ????

Où aie-je coincé ? Un peu partout…

L’histoire, très déprimante avec James Vann qui ne pense qu’au suicide et à sa famille qui ne sait pas trop comment faire pour lui changer les idées, ces gens qui voudraient que James parle mais quand il commence, ils souhaiteraient qu’il se taise car ce qu’ils entendent ne leur plait pas.

Bref, une lecture en demi-teinte que j’ai lue sans trop faire attention à ce que je lisais tant le sujet ne me bottait pas avant de le terminer plus qu’en diagonale et de l’oublier une fois ma lecture terminée.

Tant pis pour celui-ci, il me reste les autres pour me faire oublier ces déceptions et, qui sait, inclure Vann dans mes auteurs préférés, malgré quelques ratés dans mes lectures.

Comme disait une copinaute, ce livre n’était sans doute pas écrit pour moi.

 

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Dans les angles morts : Elizabeth Brundage

Titre : Dans les angles morts

Auteur : Elizabeth Brundage
Édition : Quai Voltaire/La Table Ronde (2018) / Livre de Poche (02/01/2019)
Édition Originale : All Things Cease to Appear (2016)
Traducteur : Cécile Arnaud

Résumé :
En rentrant chez lui un soir de tempête de neige, George Clare trouve sa femme assassinée, et leur fille de trois ans seule dans sa chambre – depuis combien de temps ?

Huit mois plus tôt, engagé à l’université de Chosen, il avait acheté pour une bouchée de pain une ancienne ferme laitière, et emménagé avec sa famille dans cette petite ville étriquée et appauvrie, en passe d’être repeuplée par de riches New-Yorkais.

Ce qu’il a omis de dire à sa femme, c’est que les anciens propriétaires, acculés par les dettes, s’y étaient suicidés, en laissant trois orphelins, Eddy, Wade et Cole.

Dans les angles morts est aussi l’histoire des frères Hale, et celle de la maison de leur enfance.

Pour le shérif Travis Lawton, George est le premier suspect. Mais les secrets sont tenaces dans cette enquête où la culpabilité règne en maître.

Critique :
Un angle mort, c’est la zone inaccessible au champ de vision d’un conducteur de véhicule qui ne lui permet pas de voir une partie de son environnement.

Pourtant, le danger peut y être tapi mais nous ne le voyons pas.

On peut dire que Catherine Clare ne possédait pas de rétroviseurs pour voir le danger lui tomber dessus.

Oh, il y eu bien quelques coups de klaxon timide, des appels de phares, mais elle vit les signes un peu trop tard et bardaf, ce fut l’embardée… Une hache plantée dans la tête, ça ne pardonne pas.

Non, non, je ne spolie rien du tout, dès les premières pages, le ton est donné, le crime a eu lieu, mais au contraire de la série Columbo, nous n’avons pas assisté à son déroulement. Pourtant, le nom du coupable est d’une criante évidence.

C’est ensuite que l’auteur va faire une marche arrière afin de nous présenter l’affaire sous son véritable jour, sans angles morts, parce que je peux vous dire que j’ai tout vu venir et de loin !

Catherine, elle, était une moins grande visionnaire que moi, mais c’est souvent les personnes qui sont plongés dedans qui ne voient rien venir, ni la température de l’eau monter…

Ce roman, les copinautes de blog que sont Dealer de Lignes et Blacknovel en avaient parlé en bien parce qu’ils l’avaient adoré, ce roman noir qui flirte avec la psychose car il met en scène George Clare, psychopathe qui le cache bien à sa famille, ses amis, ses collègues.

Sauf à nous, lecteurs/trices, car l’auteur ne nous laisse pas espérer que l’on se soit trompé sur son cas pathologique de pervers narcissique dominateur, genre prédateur pour tout qui ne va pas dans son sens, en plus d’être un peu pervers sexuel.

Niveau ambiance angoissante, je dois vous dire que j’ai connu mieux, ou pire, dans la montée de l’adrénaline et la distillation de la trouille. Un thriller psychologique, ça ? Même pas frémi !

Savoir que les impôts vont bientôt envoyer leurs feuillets à remplir me donne plus de sueurs froides que ce roman qui, par certains moments, m’a même profondément ennuyé, me faisait sauter allégrement des paragraphes et des pages.

Si les personnages sont très bien campés, si la petite ville est bien décrite, si la vie rurale est bien rendue, avec toutes ses emmerdes, j’ai détesté l’absence de tirets cadratins ou de guillemets pour délimiter les dialogues.

Je n’aime pas ce procédé qui consiste à économiser sur ces sigles ! Pour certains romans, ça passe très bien, alors que ici, j’ai eu une sensation d’une écriture brouillonne à laquelle je n’arrivais pas à accrocher.

La première et la dernière partie étaient, pour moi, les meilleures, celles où je n’ai pas fait des sauts de paragraphes.

La construction narrative avait du bon dans le fait de revenir en arrière, de nous présenter la même scène, mais vue sous des yeux différents, pourtant, je n’ai pas réussi à accrocher mon wagon au train et j’ai suivi en ballotage total, n’attendant qu’une seule chose : le terminer et puis basta !

Et ça me fait râler parce que j’attendais beaucoup de cette lecture et que mes deux blogueurs cités plus haut sont souvent de bons conseils lectures. L’exception confirmera la règle.

Ma deuxième lecture de l’année et bardaf, déjà une déception d’autant plus amère que je m’attendais à un coup de cœur à venir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Amityville – La maison du diable : Jay Anson

Titre : Amityville – La maison du diable

Auteur : Jay Anson
Edition : France loisirs (1979)
Édition Originale : The amityville horror (1979)
Traducteur : Jacques de Roussan

Résumé :
Amityville, banlieue de New York, 13 novembre 1974. Dans une maison bourgeoise, un jeune homme, dans un accès de démence, tue à coups de fusil ses parents, ses frères et ses sœurs.

À son procès, il affirme avoir été possédé par une voix qui lui a ordonné de tuer.

Quelque temps plus tard, cette maison est mise en vente à un prix défiant toute concurrence.

La famille Lutz l’achète malgré la tragédie qui s’y est déroulée. Ils n’y resteront que vingt-huit jours.

Petit plus : Pour en savoir plus sur cette maison, voici quelques sites.

Critique :
Quand une connaissance m’avait demandé si j’avais déjà lu « Amityville, la maison du diable », qui parlait d’une maison hantée et que les faits étaient véridiques, j’avais éclaté de rire.

Encore un truc débile pour faire vendre des livres…m’entendais-je encore dire, alors que je tremblais en lisant le livre.

J’avais 16 ans à tout casser. Un peu plus, mais guère moins… Oui, ça fait un sacré bail, je vous en conviens.

Ah ça, on peut dire que c’était une connaissance qui ne me voulait pas que du bien, en me prêtant son livre.

Foutredieu, j’ai claqué des dents, vérifié que ma porte était bien fermée, sursauté au moindre craquement du parquet (parquet en bois dans les chambres, quand j’habitais chez mes parents),… La trouille, je vous le dis !

Surtout que, si ce truc est une arnaque, elle est bien faite puisque, en avant propos du livre (où en annexe, je sais plus) on vous explique que tout cela est vrai…

Stephen King fut responsable de quelques uns de mes tremblements… Mais ce qui ressemblait à la maladie de Parkinson, point de vue tremblement, c’est ce fichu livre qui me l’a donné !

J’aurais bien fait comme Joey, dans la série « Friends » qui avait mis un livre qui lui fichait la trouille dans le congélateur (« Shinning », de King)… Mais Friends n’existait pas encore… Sinon, j’aurais fait pareil !

Âmes sensibles, cardiaques, abstenez-vous de la lecture de ce livre. Sinon, je vous garantis que vous allez trembler et défaillir lors de votre lecture.

Même adulte, j’oserais plus le relire… ce qui est dommage, parce que c’était bien, l’histoire. Brrr… j’en frissonne encore.

 

Glaise : Franck Bouysse

Titre : Glaise

Auteur : Franck Bouysse
Édition : Manufacture du Livre (07/09/2017)

Résumé :
Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l’automne, les travaux des champs ne patienteront pas.

Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin.

Dans une ferme voisine, c’est Eugène, le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage: une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes.

Même son frère, celui de la ville, a pris la route de la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Anna se réfugier dans la ferme des Valette.

L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

Critique :
♪ Quoi ma glaise ? Qu’est-ce qu’elle a ma glaise ? Quelque chose qui ne va pas ? Elle ne te revient pas ? ♫

Lorsqu’on ouvre le nouveau roman d’un auteur qu’apprécie fortement, d’un auteur qui nous a donné des coups de coeur, on a toujours cette peur au ventre, cette appréhension : est-ce que cette fois-ci je vais ressentir autant d’émotions que dans l’autre ?

« Grossir le ciel » avait été magistral niveau émotions ressenties, « Vagabond » m’avait laissée de marbre, alors vous comprenez que lorsque j’ouvris « Glaise », j’avais un peu la chocottes.

La première ligne a dissipé ce doute, les premières phrases m’ont confortées dans le fait que je tenais en main un grand roman et une fois le premier chapitre terminé, je me doutais que des émotions, j’en aurais à foison.

Maintenant, le plus dur reste à faire : comment vous en parler ? Par quel bout commencer pour en parler comme je voudrais vous en parler, pour tenter de vous faire ressentir toutes les émotions qui m’ont submergé durant ma lecture ? Difficile.

Alors, venez avec moi dans un petit coin perdu du Cantal, sorte de trou du cul de la région qui se retrouve uniquement peuplée, non pas d’irréductibles gaulois, mais de femmes, d’enfants et de vieillards, puisque tous les hommes valides sont partis, la fleur au fusil, bouter le teuton de France, le tout en moins de quinze jours, cela va de soi.

Avec le recul, on sait que certains se sont avancé avec un peu trop d’enthousiasme dans le fait que ce serait une guerre éclair. Elle fut longue et dure, et ce n’est pas là que je préfère les longueurs et la dureté.

L’écriture de l’auteur est belle, poétique, lyrique, magnifique, elle vous emporte ailleurs pour vous déposer directement dans ce petit coin perdu de France, à une époque que vous et moi ne pouvons pas connaître.

Ses personnages ont de la prestance, de la présence, on les sent vivant, réellement. Joseph est comme tous les jeunes, un peu taiseux, un peu fougueux, passionné. Il est l’homme de la maison depuis que son père est à la guerre.

Valette, le salaud de service est plus un méchant pathétique qu’impressionnant. On a envie de le baffer, certes, mais aussi de le plaindre parce qu’avec un caractère pareil, la vie ne doit pas être gaie tous les jours : alcoolo, violent, bas de plafond, estropié d’une main qui fait qu’il n’ira pas à la guerre, et ça lui plombe son moral.

Les femmes, quant à elles, elles sont effacées, derrière les hommes et cette guerre va leur permettre aussi de montrer leur vrai valeur car ce sont elles qui font tourner la France et si le labourage et pâturage ne sont pas toujours les deux mamelles de la France, elles font ce qu’elles peuvent pour que les exploitations agricoles continuent de les nourrir.

Si la campagne, ça vous gagne, moi, la campagne, ça me connait un peu, même si ce n’est pas celle des années 1914. On sent que l’auteur a potassé son sujet, soit en lisant, soit en écoutant les vieilles histoires au coin du feu, car ce que j’ai lu était le reflet de ce que je connaissais, sauf avec l’histoire du petit veau parce que Valette est hors-norme comme enfoiré de première.

Ce roman, j’avais envie de le dévorer, mais je me suis contenue, lisant doucement, m’imprégnant bien de ses mots, des ses phrases, de ses personnages, de cette prose qui est la signature de l’auteur et qui sait si bien me donner moult émotions différentes, dont une envie de lire le prochain s’il est de la même trempe…

Comme disait la pub « La campagne, ça vous gagne » (je sais que c’était la montagne) et moi j’ajouterai qu’avec Franck Bouysse, rien n’est lisse ! Il vous parle de la campagne comme les vieux de chez nous, ceux qui ont toujours une anecdote ou une histoire à vous raconter, belle ou tragique, mais réaliste.

Un beau et grand roman, noir, sombre, lumineux, rempli d’émotions en tout genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°8 – Livre se déroulant à la Campagne).

Le Bon Frère : Chris Offutt

Titre : Le Bon Frère

Auteur : Chris Offutt
Édition : Gallmeister (02/05/2016)

Résumé :
Virgil Caudill a toujours respecté la loi, laissant la rébellion et la violence à son frère Boyd.

Mais Boyd est mort et tout le monde – y compris le shérif et la propre mère de Virgil – s’attend à ce que Virgil, se pliant ainsi au vieux code des collines du Kentucky, venge la mort de son frère.

Virgil ne peut briser ce code, mais, s’il accepte de tuer, il est bien déterminé à stopper la spirale de la vengeance.

Il abandonne ses collines et ses modestes espérances, change d’identité et, comme d’innombrables fugitifs l’ont fait avant lui, il met le cap sur l’Ouest.

Critique :
L’avantage de vivre dans des communautés où tout le monde se connaît, c’est que lorsque vous donnez votre nom à quelqu’un, il peut vous parler de votre arrière-grand-père, des frasques de votre papy, et ainsi de suite…

Inconvénient ? C’est quand les gens n’ont rien de mieux à faire que de s’occuper de vos affaires et de vous dire ce que vous devez faire !

Comme ce fut le cas lors de la mort violente de Boyd, le frère aîné de Virgil : tout le monde sait qui a fait le coup, et tout le monde s’attend à ce que Virgil aille descendre le mec qui a fait ça.

Tout le monde le pousse à le faire, en plus ! De sa mère, en passant par sa sœur, ses collègues, les gens dans la rue, et pire, même le shérif !

Ces gens-là avaient-ils l’idée de ce que cela peut occasionner comme traumatismes de tuer un autre homme ? Ou simplement de savoir que tout le monde attend ça de vous et que personne n’arrive à comprendre que vous n’avez pas envie ?

Personne ne sait que lorsqu’on se venge de quelqu’un, il faut creuser deux tombes ? Une pour lui, une pour vous… La mère avait-elle seulement pensé que si Virgil tuait l’assassin de son frère, elle perdrait son second fils ?

Non, personne n’y avait songé, sans doute… Dans cette partie du Kentucky, dans cette ville paume qu’est Blizzard, les gens pauvres vivent chichement dans les collines, dans des cabanes de rondins ou dans des mobil-home, tout le monde se parle, tout le monde sait tout sur tout le monde et tout le monde s’occupe des affaires des autres.

Sa décision de quitter l’école et de rester aux poubelles avait plongé tout le monde dans la perplexité. Ce qu’appréciait justement Virgil était le fait qu’aucun éboueur ne pouvait prétendre être plus que ce qu’il n’était. Les études, c’était comme une foreuse à piquets, un bel outil, très cher, mais inutile si l’on n’avait pas besoin de planter des piquets.

Voilà un roman qui mêle habillement le roman noir avec tous ces personnages qui vivent dans un contexte social pas facile, le roman politique, parce que nous allons ensuite croiser la route de gens qui pensent que le Gouvernement les espionne, et le nature writing, car dans toute cette misère sociale, dans les fumées des cigarettes et des joints, dans les vapeurs de l’alcool de contrebande, il y a aussi la force de la Nature et le fait de vivre en harmonie avec elle.

Oui, ce roman c’est l’Amérique grandeur nature, avec ses magnifiques paysages et ces gens un peu bas de plafond, des Blancs suprémacistes qui pensent que les autres se sont des macaques (dit texto dans le roman), que le Gouvernement les piste, qui refusent de payer leurs impôts mais n’ont aucun scrupules à utiliser les routes payées par les impôts des autres.

Si j’ai aimé Virgil, sa couardise, ses réflexions, ses peurs, ses questionnements, si j’ai suivi sa vie durant un bon moment, il est des personnages dans le roman avec lesquels j’aurais aimé avoir une conversation et leur expliquer un peu l’Histoire, mais pas sûr qu’ils auraient voulu la comprendre.

— Il y a longtemps que nous sommes ici, à nous battre pour cette terre. Maintenant que nous l’avons domestiquée, le gouvernement réintroduit les ours et les loups. Mon arrière-grand-père a été tué par un grizzly et aujourd’hui, je suis censé les laisser se balader en liberté sur mes terres.
— Je comprends que ça puisse être dur à accepter.
— Si un loup tue un veau, on le laisse en liberté. Si un fermier abat un loup, il va en prison.

Pour certains points, ils n’avaient sans doute pas tort, je sais qu’il existe plus d’argent « numérique » que physique et qui si tout le monde demandait le remboursement de leur $, ce serait impossible, l’argent ne reposant plus sur la valeur or depuis longtemps.

Un roman noir politico-nature-writing sur fond de vengeance non voulue qui prend son temps, qui s’installe à son aise, qui vous pose dans l’environnement et dans la vie de Virgil, qui, comme la nature, va piano, sans rythme fou, avec juste un moment un peu plus chiant, quand Virgil est blessé, sinon, tout le reste (400 pages) se savoure et se digère avec délectation et lenteur.

C’est l’histoire d’un mec qui n’était pas comme son frère, mais qui a sur les épaules l’horrible tâche de le venger, parce que ici, c’est ainsi qu’on fait, et personne ne se soucie de savoir qu’il a collé une tempête dans le crâne de ce pauvre Virgil qui voulait juste vivre en paix.

Virgil se leva et sortit, laissant derrière lui un silence tendu. Le ciel était gris entre les collines. Il se demanda quel genre d’individu sa famille croyait qu’il était. Peut-être ne l’avait-elle jamais bien compris. Il réalisa, avec un nœud terrible dans la poitrine, qu’ils voulaient qu’il ressemble à [son frère décédé] Boyd.

Il se demanda pourquoi les gens se regroupaient en communauté uniquement pour se battre, plutôt que pour se protéger.

Le portrait d’une Amérique profonde, ou les clivages sont importants, que ce soit par race ou par niveau social, où l’appartenance à un clan ou une famille est importante, où tout le monde peut virer paranoïa, le tout porté par une écriture qui oscille entre la poésie brutale ou le brut poétique.

États-Unis, ton univers impitoyable !

La prison est une industrie en pleine croissance aujourd’hui. Nous avons plus de prisons que tous les autres pays réunis. Nous sommes le pays le plus libre de l’histoire et c’est nous qui bouclons le plus de monde derrière les barreaux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Journal d’une fille de Harlem : Julius Horwitz

Journal d'une fille de Harlem - Julius Horwitz

Titre : Journal d’une fille de Harlem

Auteur : Julius Horwitz
Édition : Points (2015)
Édition originale : 1971

Résumé :
Mieux qu’un essai, ce Journal révèle l’ordinaire de la vie -misère, racisme, drogue, prostitution, criminalité – dans les ghettos noirs américains.

Le rapprochement avec le Journal d’Anne Frank ne manquera pas d’être fait : pourtant, A. N., jeune Noire de quinze ans qui écrit ces pages, est un personnage fictif.

Julius Horwitz, qui a passé quinze ans dans les services de l’Assistance américaine, l’a imaginée pour prêter sa voix aux centaines d’enfants de Harlem, Watts, Chicago, Washington, qu’il a interviewés et dont les déchirants récits ont servi à composer celui-ci

r160076870Critique :
New-York, dans les années 70. La 104ème rue dans Harlem et personne ne devrai avoir le désir de vivre dans cet chancre, dans cet immeuble merdique juste bon pour les cafards, les punaises et les rats, mais pas pour des humains.

Pourtant, ils sont nombreux à s’y entasser, mais c’est surtout des femmes célibataires avec des tas de marmots dont chacun est issu d’une paire de couilles différentes.

Oui, ces enfants n’ont pas de pères, ici, les hommes ont la trouille d’être père. Ils savent juste baiser des femmes, des filles, les violer, mais assumer, oh mon dieu non !

Je pensais avoir lu assez bien de romans parlant de la misère sociale, humaine, je pensais avoir déjà touché le fond depuis longtemps (en littérature), surtout après la lecture de « Rafael, derniers jours » et je constate, pour mon plus grand effroi, que non, on peut encore aller plus bas que bas.

Les habitants de cet immeuble sont tous à l’Assistance et c’est un cercle vicieux puisqu’ils y sont souvent depuis au moins deux générations et que les filles ne songent qu’à une chose : tomber enceinte, avoir un enfant et ainsi posséder un dossier à l’Assistance et recevoir de l’argent.

Qu’elles aient 16 ans, 15 ans ou même 13 ans, ce n’est pas un soucis pour elles, elles ne visent que ça comme plan de carrière et ne se rendent même pas compte qu’elles vivront toute leur vie sous le joug de l’Assistance, comme leurs mères, vivotant dans des immeubles insalubres où l’on paie des 28$ par semaine comme loyer.

Ici, vous n’aurez pas beaucoup de noms de personnages à retenir, nous connaîtrons juste les prénoms des deux frères et de la sœur de la narratrice, celle qui écrit dans son journal et qui se nomme A.N. Une jeune fille Noire de 15 ans qui voudrait s’en sortir.

Moi qui aime les dialogues, j’en ai été sevrée dans ce roman puissant et sombre. Il n’y en a aucun ! C’est comme si nous lisions en cachette le journal de A.N. et notre jeune fille nous les retranscrit en mettant juste le prénom de la personne devant.

Rassurez-vous, si au départ cela surprend, on s’immerge vite dans le récit et on oublie très vite cette narration dont nous avons peu l’habitude (sauf si on a lu « Le journal d’Anne Frank »).

Par contre, la plongée dans l’abject est forte, vertigineuse, horrible, c’est véritablement un peuple des abysses qui vit à Harlem, Brooklyn dans ces immeubles où les W.C sont dans le couloir, en panne, où l’eau chaude est une denrée rare, la propreté aussi, mais les rats et les cafards plus nombreux que les gens de l’immeuble.

On y découvre la mère de A.N. qui a cessée de se battre depuis longtemps, qui vit dans ce taudis sans même s’en rendre compte, qui y reste comme si elle devait expier une faute inconnue.

Cette femme, tombée enceinte trop tôt, a pourtant terminé ses secondaires, mais n’a pas cherché du travail et est entrée dans le cercle infernal de l’Assistance qu’elle rend responsable de tout. Elle ne cherche pas de nouvel appartement, mais c’est de la faute de l’Assistance. Elle ne s’occupe plus de ces enfants, mais c’est pas à cause d’elle, elle est innocente.

J’aurais eu envie de lui foutre des coups de pieds au cul, de la battre comme elle bat Harriet parce qu’elle ne sait pas lui parler, ne sait pas l’aider, ne veut pas s’en sortir, même. Comme les autres habitants, elle se complait dans sa crasse dans sa misère.

Les mères se droguent, boivent, se prostituent, et les jeunes filles font de même. Seule A.N. veut s’en sortir et elle au moins, elle n’a pas peur, comme les autres, de franchir ce cercle vicieux qui fabrique des générations d’assistés.

L’écriture de l’auteur est violente, sans concession, les portraits des gens qui y vivent sont colorés, vivants, le récit est des plus réaliste et on comprend pourquoi lorsqu’on lit que l’auteur a lui-même émargé de l’Assistance.

En lisant un roman pareil, on se rend compte de la chance qu’on a d’avoir de l’eau chaude, une douche, à manger, du chauffage, 3 ou 4 pièces en plus de la chambre à coucher.

Un roman fort sombre où la seule touche d’espoir est A.N. qui nous dresse un portrait plein de lucidité de son monde.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

Trois jours et une vie : Pierre Lemaitre

Trois jours et une vie - Pierre Lemaitre

Titre : Trois jours et une vie

Auteur : Pierre Lemaitre
Édition : Albin Michel (2016)

Résumé :
« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.

Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.

Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

tempete-tempete-1999_40Critique :
Malheureux qui, comme Ulysse, finit avec une balle…

Difficile de parler de ce roman sans rien déflorer. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il entre dans le club des « Court mais bon et intense ».

C’est un roman que j’ai lu d’une traite, sur une soirée tant je voulais savoir ce qui allait se produire, comment cela allait se passer, et si la police retrouverait le petit Rémi.

Tiraillée je fus entre deux sentiments : celui de la Justice, tout d’abord, parce que tout de même, c’était… On rigole pas avec ça ! Et celui de l’amnistie parce que tout de même, c’était un…

Lisez le roman et vous aurez les réponses aux points de suspensions !

Et puis, j’ai beau le savoir, ça me retourne toujours autant de voir à quoi tiennent nos existences – à un détail – et comment un fait banal peut les faire basculer dans le chaos et l’abîme.

Comment un acte « battement d’aile de papillon » peut, sans qu’on le sache, déclencher un tsunami dans des vies. Ce qui sera le cas pour des personnages de ce roman.

Un acte, une réaction disproportionnée mais sans intention de… et bardaf, l’embardée dans l’abîme, des vies gâchées à jamais.

Dans le triangle père absent, mère rigide, copains éloignés, le chien Ulysse occupait évidemment une place centrale. Sa mort et la manière dont elle survint furent pour Antoine un événement particulièrement violent.

La ruralité est très bien décrite aussi : tout le monde qui connait tout le monde, les rumeurs, les jalousies, le qu’en-dira-t-on, l’opinion des autres, la bigoterie pour certains, l’usine qui nourrit des tas de famille qui est en difficulté, les licenciements, la trouille de perdre son emploi, les vieilles rancœurs… Ces villages que les jeunes ne veulent plus habiter et qu’ils veulent quitter rapidement…

Mme Courtin était née ici, c’est ici qu’elle avait grandi et vécu, dans la ville étriquée où chacun est observé par celui qu’il observe, dans laquelle l’opinion d’autrui est un poids écrasant. Mme Courtin faisait, en toutes choses, ce qui devait se faire, simplement parce que c’était ce que, autour d’elle, tout le monde faisait.

Mais aussi la solidarité avec une famille dont le petit gamin de 6 ans a disparu et l’égoïsme ensuite, après la tempête, car chacun a ses problèmes et celui des autres passera après.

– Et mon fils, alors ! hurlait M. Desmedt. Qui va nous aider à le retrouver ? […]
– Est-ce que tu te rends bien compte de la situation, Roger ?
Tout le monde se retourna.
M. Mouchotte avait croisé les bras dans la position du donneur de leçons qu’il était. Le père d’Émilie était un homme perpétuellement drapé dans la morale. […]
– Toutes les communications sont coupées, reprit M. Mouchotte, la ville est sinistrée, des familles entières sont à la rue, tu penses peut-être que tu as droit à une priorité ?

Ce n’était pas seulement l’impossibilité d’aider M. Desmedt qui vous étreignait, mais l’impression que la disparition de son petit garçon, aussi tragique soit-elle, serait désormais reléguée au second plan et qu’écartée par des malheurs qui touchaient chacun, elle ne redeviendrait plus jamais une affaire collective.
On ne pouvait pas continuer de chercher cet enfant, on acceptait sa disparition.

Mention spéciale à la mère d’Antoine, madame Courtin, une femme d’une telle rigidité qu’on penserait qu’elle a un bâton planté dans le cul. Sa manière d’ériger des barrières, des barrages pour occulter des choses est phénoménal !

Beaucoup de tensions, des personnages forts, travaillés avec peu de mots, un récit qui m’a emporté en plein cœur de la tempête de fin 1999 et puis… waw, le coup dans le plexus pour plusieurs choses.

♫ J’m’attendais pas à ça ♪ (comme le chantait Patrick Bruel). Le final est… je suis bluffée et quand j’y repense, pas possible que je l’oublie.

Mais je n’ai toujours pas tranché si c’était pire ou mieux qu’un autre, ce final. Les punitions et les prisons ne sont pas toujours celle qui ont lieu derrière des barreaux.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

Mémoire assassine : Thomas H. Cook

Titre : Mémoire assassine                                             big_3-5

Auteur : Thomas H. Cook
Édition : Points (2014)

Résumé :
« Mon père a tué ma mère, ma soeur et mon frère. Puis il a attendu que je rentre à la maison… »

Steve Farris a tout pour être heureux : une femme attentionnée, un petit garçon charmant, un job qu’il adore. Cet équilibre apparent va se rompre le jour où il rencontre Rebecca, une chercheuse qui enquête sur les tueries familiales inexpliquées.

Les souvenirs remontent : il n’avait que 7 ans quand il revint de l’école un jour et trouva sa mère, sa sœur et son grand frère sauvagement assassinés. Son père, présumé coupable, avait lui disparu. Qu’est-il devenu ? Comment accepter l’inacceptable ? Et comment échapper à son propre passé ?

Critique :
♫ Je m’appelle Stevie, et je suis sans famille ♪ pour l’intro en version « soft ».

« Mon père a tué ma mère, ma sœur et mon frère. Puis il a attendu que je rentre à la maison… » nous explique Steve Farris, trentenaire qui, alors qu’il n’avait que 7 ans, s’est retrouvé sans famille : sa mère, sa grande sœur et son grand frère ont été abattus pas leur père. Ça c’est pour l’intro « hard » et sans fard.

Qu’est-ce que s’est passé lors de ce « bloody day » ? Pourquoi le père a-t-il été pris d’une frénésie meurtrière ? C’est ce que Steve va tenter de comprendre et de nous expliquer.

Élément déclencheur de ses réminiscences, tout sauf joyeuses ? Rebecca, une chercheuse qui veut écrire un livre sur ses pères qui, un jour, assassinèrent leur petite famille alors qu’ils avaient tout pour être heureux.

« Avant Rebecca, j’étais incapable de me rappeler ce qu’il m’avait dit alors, ce qui ne m’empêcha pas, au fil des années, d’échafauder toutes sortes de suppositions, répliques sans doute glanées à la télévision ou au cinéma qui ne me semblaient jamais sonner tout à fait juste. »

Notre Stevie qui avait réussi sa vie (boulot, femme et fils) va introspecter ses souvenirs de ces quelques mois qui ont précédés le joyeux massacre. Mais à force de plonger en soi, ne risque-t-on pas de perdre pied ?

« Je me rendais compte que j’étais sans défense, littéralement nu devant elle. Elle avait revêtu l’armure de la vérité, et j’étais un ver qui se tortillait à l’approche de son ombre gigantesque. »

Amis des ambiances joyeuses et des marshmallows au coin du feu de camp : au revoir ! Ici, rien de réjouissant, que du sombre ou du noir.

Petit à petit, l’auteur dévoile avec une précision diabolique les souvenirs qui remontent à la surface de la mémoire de Stevie, qui, sans doute pour se protéger, les avaient occultés.

« C’est comme s’il se tenait aux portes de ma mémoire, garde-frontière d’une sombre contrée. »

« Je pense que la mémoire est le lot de consolation qui nous est dévolu pour compenser la mort de chaque jour, le lieu auquel nous accédons pour reconstruire et réécrire notre vie, pour nous donner une seconde chance. »

Si la première partie m’a paru un peu « lente » suite à mon manque d’empathie avec les personnages, la seconde a passé comme une balle.

La plume de Cook est allée titiller les souvenirs d’un petit garçon avec habilité pour nous les retranscrire avec douceur au départ, s’enfonçant ensuite de plus en plus dans le malsain.

On sent que quelque chose va se produire, on se doute qu’une trame bien plus sombre se cache derrière cette horrible fait divers et mon esprit a supputé bien des théories avant de se faire planter le couteau en traitre, par l’auteur, dans les dernières pages.

Pan dans ma gueule… c’est vache, ça fait mal, mais ça fait du bien aussi.

Le Mal est-il héréditaire ? Les souvenirs ne feraient-ils pas mieux de rester enfouis, puisque la mémoire en a décidé ainsi ?

Cook vous décortiquera ça à la manière dont on ôte la carapace d’un homard : on croit qu’on a tout enlevé, qu’on est arrivé au bout, mais non, il reste encore des petits morceaux.

Vu mes débuts laborieux, je ne pensais pas aimer le roman, mais maintenant je peux dire que oui, j’ai aimé.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), Le « Challenge US » chez Noctembule (2014-2015), « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur et Ma PAL « Canigou »… C’est du massif !

Des souris et des hommes : John Steinbeck

Titre : Des souris et des hommes                    big_5

Auteur : John Steinbeck
Édition : Gallimard (1972)

Résumé :

George Milton et Lennie Small, deux amis, errent sur les routes de Californie. George protège et canalise Lennie, une âme d’enfant dans un corps de géant.

Lennie est en effet un colosse tiraillé entre sa passion – caresser les choses douces – et sa force incontrôlable.

Animés par le rêve de posséder leur propre exploitation, ils travaillent comme journaliers, de ranch en ranch.

L’amitié qui les lie est pure et solide, mais ne suffit pas à les protéger de la maladresse de Lennie.

Une maladresse presque poétique, qui les conduit à changer sans cesse de travail, et qui laisse poindre à l’horizon un drame sans égal.

Critique : 

Allez, la 101ème sera pour moi !

Non, je ne vous parle pas de la 101ème division aéroportée US (Airborne Division), mais bien de la 101ème critique (chez Babelio) sur ce livre que je n’hésiterai pas à qualifier de chef-d’œuvre littéraire.

Ce livre, c’est court, c’est bref, mais c’est de l’intense, du concentré.

Comme quoi, il vaut mieux un petit roman percutant qu’un gros roman endormant… La taille ne fait pas tout, c’est la manière de manier la plume qui est importante (Canel, si tu me lis…).

Je ne permettrai pas de déflorer le roman, vous êtes grand assez que pour l’acheter/louer et le lire. Croyez-moi, il en vaut la peine.

Des personnages principaux, nous en savons peu sur leur passé, juste le strict minimum. Pourtant, loin de les survoler, nous sommes en plein dedans. Ils sont attachants, touchants…

Lennie est un grand et fort gars, avec l’esprit d’un enfant, Georges, son ami, le protège et le canalise. Ensemble, ils travaillent comme journaliers, de ranch en ranch. Le rêve de Lennie est d’avoir une petite ferme, avec des lapins et il adore que Georges lui raconte encore et encore ce rêve qu’ils ont.

Roman dévoré d’une traite !

Le final, je l’ai vu venir… Il m’a fait prendre conscience que je devrais prendre rendez-vous chez l’ophtalmologue, pour cause de « vision troublée ». Fort troublée… Les dernières lignes, je les voyais de moins en moins bien.

A mon avis, je devais avoir une crasse dans chaque oeil car ils sont devenu singulièrement humides suite à l’activité des glandes lacrymales.

Une superbe découverte littéraire !

PS : En tapant le titre dans le moteur de recherche, j’ai découvert que l’acteur Gary Sinise (« Forrest Gump » – « Apollo 13 » – « Snake Eyes » – « La Ligne verte » – Mac Taylor dans « Les Experts Manhattan ») avait joué le rôle de Georges (face à Malkovich dans le rôle de Lennie) et qu’il avait même produit le film.

Durant ma lecture, Georges avait la tête de Gary Sinise…

Lu dans le cadre des Challenges « Romans Cultes » de Métaphore et « La littérature fait son cinéma – 2ème année » de Kabaret Kulturel.

Participe aussi au challenge « Les 100 livres à avoir lu au moins une fois » chez Bianca.

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