En attendant Eden : Elliot Ackerman

Titre : En attendant Eden

Auteur : Elliot Ackerman
Édition : Gallmeister Americana (25/04/2019)
Édition Originale : Wainting for Eden (2018)
Traducteur : Jacques Mailhos

Résumé :
Tous les jours, Mary est tout près de son époux, à l’hôpital. Tous les jours depuis trois ans, après son retour d’Irak. Eden est inconscient, et ses blessures ne guériront pas.

Personne ne sait plus comment l’appeler, sauf elle : c’est son mari, et il est toujours en vie.

Leur fille, qu’Eden n’a pas eu le temps de connaître, grandit dans cet hôpital où Mary attend avec patience et détermination un changement.

Un jour, en son absence, Eden semble trouver un moyen de reprendre contact avec le monde extérieur.

Dès lors, c’est Mary seule qui aura la responsabilité d’interpréter ces signaux et de prendre des décisions, ramenée tout d’un coup face à certaines vérités troublantes sur leur mariage.

D’une profonde humanité, En attendant Eden est une méditation perçante sur la loyauté et la trahison, la peur et l’amour.

Critique :
Certains ont attendu Godot qui n’est jamais arrivé, moi j’attendais Eden et mes émotions ne sont jamais arrivées.

Aussi plat qu’un encéphalogramme d’un éponge de mer morte.

C’est ballot, vous me direz, surtout lorsqu’on lit les différentes chroniques de mes collègues Babéliottes (Babeliens ?) qui ne tarissent pas d’éloge sur le roman.

Pour sortir des sentiers battus, il en sort ! Un soldat parti en Irak qui revient sans ses jambes, brûlé de partout, inconscient, ne pensant plus que 31kg sur les 100 du départ, en souffrance aux soins palliatifs et c’est son compagnon d’armes, décédé dans l’explosion du véhicule, qui nous raconte son pote, leur engagement, les exercices, la guerre en Irak…

On ne peut pas dire que le roman est mal écrit, loin de là, il y a de la pudeur, de la décence, des interrogations sur le droit d’euthanasie, sur la nécessité de garder un patient dans un tel état en soins palliatifs, sur le fait qu’on a tout tenté pour sauver ce soldat qui ne s’en sortirait jamais et qu’on a laissé mourir un autre à côté, qui lui, aurait pu s’en sortir…

L’auteur nous explique bien aussi le fait que certains soldats sont revenus accros de la guerre et qu’ils ont tout fait pour y retourner, même remanger leur parole, même laisser là sa femme enceinte.

Les personnages sont intéressants, surtout Mary et cette espèce de culpabilité, elle qui reste aux côtés de son mari, un quasi mort, alors qu’elle néglige sa fille et sa mère, toutes deux bien vivantes.

Les récits qui se déroulent durant la guerre sont peu nombreux, mais le peu qu’on en lit nous donne un avant-goût de l’enfer que c’était (comme toutes les guerres, me direz-vous). En ce qui concerne l’armée, l’auteur sait de quoi il parle, il a fait l’Afghanistan et l’Irak.

C’était un roman bourré d’émotions, de pudeur, de non-dits, de confession intimes, de lourds secrets, d’amour, de pardon, de folie, de souffrance et moi je l’ai lu sans ressentir une seule émotion.

Faut-il me piquer, vous pensez ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°36 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Femme de feu : Luke Short

Titre : Femme de feu

Auteur : Luke Short
Édition : Actes Sud L’Ouest, le vrai (01/11/2017)
Édition Originale : Ramrod (1943)
Traducteur : Arthur Lochmann

Résumé :
Mettant face à face deux clans qui se disputent des pâturages, Femme de feu semble de prime abord un western des plus classiques.

Mais l’héroïne est d’une modernité inattendue : au sein d’une société patriarcale, elle s’efforce d’obtenir son indépendance matérielle et amoureuse.

De fait, Connie est une femme fatale, manipulatrice et passionnée.

Elle cherche par tous les moyens à se libérer des intentions de son père mais chacun de ses actes révèle également son côté tragique, désespéré.

Critique :
Mettez de côté l’image « romans de gare » ou « pulp » que vous avez des westerns car la collection de Bertrand Tavernier ne vous propose que du bon, du lourd, du profond, à la limite d’un roman noir hard-boiled.

D’ailleurs, il y a des airs d’hard-boiled dans le fait que le lecteur soit plongé directement dans l’action, sans savoir ce qu’il s’est passé avant.

Luke Short porte bien son nom car en peu de mot, en très court, il vous présente le panel de personnages qui vont vous accompagner au fil de cette lecture des plus passionnantes.

Oubliez aussi les personnages féminins aussi limpides qu’un café raté et insipides que de l’eau de vaisselle après un banquet.

L’auteur nous présente des femmes fortes, des héroïnes qui en ont dans la culotte, qui savent ce qu’elles veulent et qui, de par leurs actions, sauveront des vies ou en propulseront d’autres dans la merde. Même l’épouse du médecin en a une solide praire dans la robe !

Les autres personnages ne se dévoileront qu’au fur et à mesure de l’histoire et au début, c’est peine perdue que de se dire qui seront les Gentils et les Méchants car tout le monde peut basculer des deux côtés, devenir meilleur, devenir de vrais salauds, se racheter, s’enfoncer, utiliser les méthodes perfides des autres… et je suis allée de surprise en surprise, changeant mon fusil d’épaule quelques fois.

— Eh bien qu’il s’en veuille ! dit froidement Connie. Pourquoi devrait-on pardonner quelqu’un sous prétexte qu’il regrette ses actes ? Je n’ai jamais compris cela et je n’y crois pas. Il faut payer pour ce que l’on a fait. S’il n’y a pas de punition, alors il n’y a rien de grave à faire quelque chose de mal, non ?
— Il arrive que l’on se punisse soi-même. C’est même dans ces cas-là que la punition est la plus dure.
— C’est possible, dit Connie sans y croire, entêtée.

Pas de manichéisme, pas de tout Blanc ou de tout Noir, nous sommes loin du western traditionnel avec la belle héroïne que le Gentil cow-boy solitaire loin de chez lui va vouloir sauver des vilaines griffes des très Méchants vilains pas beaux.

Et c’est pareil du côté masculin avec des personnages qui vont évoluer selon les événements, faire des conneries, mal juger les autres, se racheter, ou rester sur leur ligne de conduite, tel le shérif, le seul qui restera égal à lui même.

Au départ, une querelle entre une fille et un père, entre cette fille et l’homme que l’on voulait qu’elle épousât et un très gros problème d’ego de tous les côtés. C’est cet ego,  ces ambitions, cette volonté d’écraser l’autre qui fera que tout partira en couille et en sang versé.

— Très bien. Pendant un moment, je vous ai plainte, Connie. Vous vous êtes battue pour vous imposer face à Ben et Frank, et personne ne pouvait vous reprocher de vous défendre. Mais vos revendications ont coûté la vie de trop nombreux hommes, et en coûteront encore d’autres. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
— Vous ne trouvez pas ?

— Eh bien je vais vous dire comment il ne faut pas faire, Connie : on ne les laisse pas se détruire pour servir ses propres ambitions et sa cupidité.

Tout cela empesait son âme, et il pensa alors à Connie avec un profond dégoût. Au fond, elle était de la même espèce qu’Ivey. Elle était de ceux qui cherchent le pouvoir, en abusent quand ils l’ont, et qui meurent riches et avec les honneurs. L’espèce d’ironie qu’il y avait dans tout cela parlait à une certaine partie de Bill, mais dans le même temps elle suscitait en lui une répugnance et un profond dégoût pour lui-même. Pourquoi n’avait-il pas d’emblée annoncé la couleur en expliquant à Dave que Connie était une fripouille prête à profiter de lui et de tout ce qui pouvait tomber entre ses petites mains cupides ? Elle ne valait pas un cheveu de Dave, et n’en aurait d’ailleurs pas un seul.

Le  jeu en valait-il la chandelle ? À mon sens, non, mais sans cela, nous aurions eu droit à une histoire insipide ou lieu d’un café noir très serré additionné de poudre de revolver et de whisky bien tassé. Cocktail explosif et bien dosé, c’est du brutal et on ne sentait pas la pomme, ni la betterave.

Si vous aviez besoin d’une illustration de libéralisme forcené, ne vous gênez pas, prenez le roman en exemple car c’est tout à fait ça dans le fait que Frank Ivey, patron du ranch Bell, veuille à tout prix acquérir toutes les terres aux alentours, quitte pour cela à donner des coups de poignard dans le dos des autres.

Coups sous la ceinture que les autres ne se priveront de donner, eux aussi, car dans ce roman, tout le monde peut virer du côté obscur de la Force et devenir aussi noir que Ivey, le grand salaud du coin car on a soit même engagé des durs à cuire ivres de vengeance et qu’il va falloir canaliser ces chiens fous.

Lorsqu’on engage une équipe de durs à cuire parce qu’il faut se battre contre des durs à cuire, on ne peut gagner que si l’on parvient à canaliser toute cette violence avec une volonté de fer.

Et puis, si on applique le « C’est pas moi qui a commencé, m’dame, c’est Frank ! », on peut se dire que les premières répliques (tirer profit du Homestead Act) n’étaient que rendre la monnaie de sa pièce à un type qui s’était cru plus malin que vous.

C’était une absurdité depuis le début, frappée de malédiction et destinée au désastre. Il avait commis l’erreur de penser qu’il devait adopter les règles des crapules pour vaincre les crapules, de croire avec une fierté obstinée qu’il pouvait contrôler ses hommes.

Un grand western noir qui n’emprunte pas vraiment ses codes car l’auteur était déjà au-delà du western traditionnel, empruntant plus les codes des romans noirs afin de nous proposer un western pur et dur, profond, réaliste, humain, violent.

Une montée en puissance de deux ego démesurés qui sont prêt à tous les sacrifices pour écraser l’autre, pour lui faire rendre gorge, pour le faire plier, que ce soit l’homme qui n’accepte pas qu’une femme dirige un ranch et veuille le dépasser ou que ce soit une femme qui n’accepte pas que des hommes lui dictent sa vie et qui ne rêve que de devenir aussi puissante qu’eux…

Rien n’est plus personnel que l’ambition.

Et au milieu de tout ça, des autres personnages qui vont se retrouver au milieu des tirs et tenter de régler tout ça de la manière la plus sage possible, même si cela est difficile.

Un western avec des personnages bien campés, réalistes, profonds, humains, avec leurs failles, leurs erreurs, leurs actes de courage, leur ego et un lecteur qui devra se faire sa propre opinion sur qui mérite la rédemption ou pas et sur qui était le plus salaud dans tout ça. Ils étaient plusieurs et leur ambition, leur entêtement, leur a fait commettre bien des erreurs qui se sont payées cash…

— Vous n’avez pas été suivie, au moins ?
— Mais il fait nuit, comment aurais-je pu l’être ?
— Mon Dieu ! répondit Bill avec un profond dégoût.
La critique claqua comme un coup de fouet.

— Vous êtes comme un cheval, ou un chien, ou un homme, ou n’importe quelle autre femme. Une fois qu’on vous comprend, on vous trouve très bien comme vous êtes.

Et les gens blessés frappent aveuglément. Cela expliquait sa rage soudaine et obstinée : c’était sa manière à elle de réagir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

La Vengeance aux deux visages : Marlon Brando (1961) [FILMS]

La Vengeance aux deux visages (One-Eyed Jacks) est un western de et avec Marlon Brando sorti aux États-Unis en 1961. C’est le seul film de Brando en tant que réalisateur.

1. Synopsis : Sonora, Mexique, 1880. Après un hold-up, Dad Longworth (Karl Malden) abandonne son jeune complice Rio (Marlon Brando) aux mains des autorités et disparaît avec le butin. Cinq ans après sa sortie de prison, Rio retrouve Longworth devenu un homme respectable, père de famille et shérif d’une petite ville de Californie. Va-t-il réussir à se venger ?

2. Fiche technique :

  • Titre original : One-Eyed Jacks
  • Titre en France : La Vengeance aux deux visages
  • Réalisation : Marlon Brando
  • Scénario de : Sam Peckinpah, puis Calder Willingham, puis Guy Trosper, d’après un roman de Charles Neider (La véritable histoire de la mort d’Henry Jones)
  • Directeur de la photographie : Charles Lang
  • Musique : Hugo Friedhofer
  • Costumes : Yvonne Wood
  • Montage : Archie Marshek
  • Production : Paramount Pictures
  • Producteur : Franck Rosenberg
  • Pays d’origine : États-Unis
  • Langue : anglais
  • Couleur : Technicolor
  • Durée : 141 min (2 h 21)
  • Date de sortie : 1961

3. Distribution :

  • Marlon Brando (VF : Bernard Noël) : Rio
  • Karl Malden (VF : Jean-Henri Chambois) : Dad Longworth
  • Katy Jurado (VF : Lita Recio) : Maria Longworth, sa femme
  • Pina Pellicer (VF : Françoise Dorléac) : Louisa, leur fille
  • Ben Johnson (VF : Raymond Loyer) : Bob Amory
  • Slim Pickens (VF : Émile Duard) : Lon Dedrick, assistant du shériff
  • Larry Duran (VF : Serge Lhorca) : Chico Modesto
  • Sam Gilman (VF : Michel Gatineau) : Harvey Johnson
  • Timothy Carey : Howard Tetley
  • Miriam Colon (VF : Laurence Badie) : Redhead

Ce que j’en ai pensé :
Le départ est bien rythmé : braquage d’une banque, fuite à cheval, célébrations dans un saloon pendant que le beau gosse de la bande (Rio) s’en va draguer la donzelle avec des phrases éculées telles que « je n’ai que cette bague à vous offrir, elle me vient de ma mère qui me l’a donné avant de mourir ».

Et puis les rurales arrivent, ils tuent deux des bandits au saloon et se lancent à la poursuite des deux autres qui fuient bride abattue : Marlon Brando et Karl Malden des rues de San-Francisco.

Pardon, à la poursuite de Rio et Longworth, les deux derniers bandits de a troupe. Je précise que le salaud de Brando à récupérer sa bague de pacotille auprès de la belle qu’il comptait juste sauter un coup…

Ça galope bien, les paysages sont magnifiques, hélas, les bêtes fatiguent et voilà nos deux hommes réfugiés sur un promontoire, prêt à canarder les rurales mexicains.

Rio, le bô Brando, envoie son complice chercher deux chevaux frais à une petite ferme à quelques kilomètres et c’est là que le drame à lieu : son complice fout le camp avec un cheval frais et les sacoches contenant l’argent du braquage.

Marlon Brando Rio est arrêté et est transféré dans une prison du Sonora et ça n’a rien d’un Club Med.

Ce film, réalisé par Brando lui-même est en fait le récit d’une vengeance que mènera Rio 5 ans plus tard après son évasion de la prison. Tel un chien de chasse, il retrouve la trace de son complice dont il sait qu’il l’a abandonné.

Notre Dad Longworth est devenu un homme respectable – shérif, ça s’invente pas – s’est marié à une femme qui avait déjà une jolie jeune fille.

On disait cette vengeance à la Monte-Cristo mais moi, je n’ai vu monter personne !

Bon, dans le roman de Dumas, personne n’avait reconnu Edmond Dantès tandis qu’ici, oui, mais tout de même, je trouve que la vengeance n’a pas de goût.

D’ailleurs, le film aurait été plus court qu’il eut été meilleur. Ça se traine en longueur quand il retrouve son vieux complice qui lui raconte des bobards, le rythme tombe et on se surprend à être tenté de faire une avance rapide.

Niveau acteur, Marlon Brando a trois expressions sur le visage et pas une de plus et il drague toujours les femmes de la même manière et elles, bêtes qu’elles sont, elles tombent toujours dans le panneau.

Le ton est masochiste avec les femmes et nous sommes face au vieux complexe œdipien entre Rio et Longworth. La preuve, le prénom de son complice est « Dad » (papa en anglais) et ce dernier l’appelle toujours « petit ».

Pour faire bref, c’est le récit d’un mec qui veut tuer le père pour le venger car celui-ci l’a abandonné, trahi, s’est foutu de sa gueule, l’a fouetté dans le but de se venger d’un dépucelage sur la plage mis sa main droite hors d’usage et quand il est revenu, l’a accusé d’un braquage dont il était innocent et l’a collé en prison !

Oui, Rio n’a pas couché avec la mère mais s’est tapé la belle-fille de Longworth.

Tout ça aussi pour dire que Longworth, la conscience pas nette de ce qu’il avait fait 5 ans plus tôt, ayant peur que Rio ne raconte tout ou ne lui fasse un mauvais coup, s’est débarrassé de sa culpabilité en le fouettant jusqu’au sang et en le collant en prison dans le but de le pendre lorsqu’il est revenu, guéri.

                                                                                                               big_2Le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Thor : Kenneth Branagh (2011) [FILMS]

Thor est un film américain de super-héros réalisé par Kenneth Branagh (un anglais), sorti en 2011.

Il fait partie de l’univers cinématographique Marvel et met en scène les personnages des séries de bandes dessinées Marvel intitulées Journey into Mystery et The Mighty Thor, créées par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby.

Synopsis : Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant dont les actes téméraires déclenchent une guerre ancestrale. Banni et envoyé sur Terre, par son père Odin, il est condamné à vivre parmi les humains.

Mais lorsque les forces du mal de son royaume s’apprêtent à se déchaîner sur la Terre, Thor va apprendre à se comporter en véritable héros…

1. Fiche technique :

  • Titre original : Thor
  • Réalisation : Kenneth Branagh
  • Scénario : Mark Protosevich, Don Payne, Ashley Miller et Zak Stentz
  • Histoire : J. Michael Straczynski et Mark Protosevich, d’après les personnages de Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby
  • Décors : Bo Welch
  • Costumes : Alexandra Byrne et Warren Manser
  • Photographie : Haris Zambarloukos
  • Montage : Paul Rubell
  • Musique : Patrick Doyle

2. Distribution :

  • Chris Hemsworth (VF : Adrien Antoine) : Thor
  • Natalie Portman (VF : Sylvie Jacob) : Jane Foster
  • Tom Hiddleston (VF : Alexis Victor) : Loki
  • Anthony Hopkins (VF : Bernard Dhéran) : Odin
  • Idris Elba (VF : Frantz Confiac) : Heimdall
  • Stellan Skarsgård (VF : Jacques Frantz) : Dr Erik Selvig
  • Kat Dennings (VF : Kelly Marot) : Darcy Lewis
  • Clark Gregg (VF : Jean-Pol Brissart) : Phil Coulson, agent du SHIELD
  • Colm Feore (VF : François Siener) : Laufey, roi des géants des glaces
  • Ray Stevenson (VF : Patrick Bethune) : Volstagg
  • Rene Russo (VF : Véronique Augereau) : Frigga
  • Jaimie Alexander (VF : Ingrid Donnadieu) : Sif
  • Joshua Dallas (VF : Julien Lucas) : Fandral
  • Tadanobu Asano (VF : Stéphane Fourreau) : Hogun

Ce que j’en ai pensé :
J’ai eu tort de ne pas regarder ce film plus tôt… On dit que le tort tue, mais heureusement, c’est faux !

Enfin bref, hathor ou a raison j’avais négligé ce film qui prenait la poussière dans mon DD.

Non, Thor n’est pas qu’un film d’action avec des mecs bodybuildés ! Il y a aussi de la profondeur et des messages dans ce films.

Des messages que l’on connait mais il n’est jamais négligeable de les rappeler, l’Humain ayant souvent des troubles de mémoire.

Thor, tout d’abord… Gamin arrogant, insolent, devenu jeune homme bouffi d’orgueil, m’as-tu-vu, coq dans une basse-cour, pavanant avec son marteau maintenant qu’il a été élu pour succéder à son père.

Le gamin va nous faire un caca nerveux quand des vilains Jotunheim (des géants de glace) vont lui gâcher la fête du Marteau en tentant de récupérer leur cristal de glace, celui qui avait été confisqué lors des derniers affrontements avec les gardiens d’Asgard.

Thor veut répliquer par la force, les envahir, leur donner une bonne leçon, les anéantir, limite. Mais papa dit « NON ». Alors, le gamin boudeur qui pense qu’il est le plus fort va aller leur botter le cul avec sa petite équipe de potes bodybuildés et son frangin, Loki, qui est plutôt trouillard.

Film regardé AVANT les événements du vendredi 13/11, ce Thor m’a fait penser à un président d’un grand pays (mais en plus beau), au-delà de l’océan, qui avait été bombarder l’Irak en représailles de la chute de ses deux tours. Action aussi imbécile que si certains avaient été bombarder le Mexique fin 1941, après l’attaque de Pearl Harbor.

Thor est beau comme un Dieu, son corps donne envie de le violer sauvagement (on se calme, Belette) mais ce jeune guerrier au Marteau l’est totalement (marteau) car il est sans commune mesure.

Pour lui, tout le monde doit payer, faut leur montrer qui est le chef, même si son père le lui interdit car il préfère la voie diplomatique. Et je le comprend : on ne peut pas condamner tout un peuple, toute une planète, pour des exactions commises par quelques uns de leurs représentants !!!

Les émotions et la raison ne font jamais bon ménage et de temps en temps, ils faut s’asseoir et réfléchir au lieu de foncer tête baissée.

Mais Thor étant un sale gosse qui n’a pas reçu assez de fessée sur son adorable petit cul d’amour, il emmène son groupe de potes guerriers sur la planète Jotunheim, passant pas le Bifrost en cachette et il nous y fout un bordel monstre avant de se faire punir par papa Anthony Hopkins, chevauchant son superbe cheval.

Le pan-pan-cucul est terrible : papa banni le fils et l’exile sur une autre planète, la nôtre où il se fait renverser pas un véhicule dans le désert des United States.

J’ai aimé la construction du film : on commence sur terre avec des scientifiques qui examinent le ciel et aperçoivent un truc pas net, ils vont voir et bardaf, c’est l’embardée car ils renversent un pauvre bougre. Flash-back et direction Asgard pour voir les événements avec Thothor qui fait le sale gosse brutal.

Thor est un personnage qui doit évoluer, qui doit apprendre, qui doit s’asseoir sur son orgueil.

Sur terre, il n’est qu’un simple mortel et son Marteau est fiché dans le sol, tel Excalibur, et le Marteau ne sera que pour une personne digne de le porter. Et en temps que simple mortel, il doit apprendre à tempérer ses ardeurs et à comprendre que la violence ne résout pas tout.

J’ai aimé aussi l’ambivalence du personnage de Loki dont on ne sait jamais à quel râtelier il va manger.

Un autre message aussi universel mais qu’on oublie tout le temps : les secrets ne sont pas bons, surtout ceux que l’on fait à ses enfants… Tôt ou tard, ça te retombe sur la gueule.

Nous avons aussi un peu de complexe d’Oedipe, un petit peu de Caïn qui veut tuer Abel, de la trahison, de la fidélité et de l’amitié plus forte que de l’acier.

De l’action, du suspense, des personnages qui ne sont pas simples, mais travaillés, qui doivent évoluer, qui nous cachent bien des choses, des messages à notre attention, connus mais qu’il faut sans cesse rappeler, de l’humour et un bon moment de cinéma devant l’écran de son PC !!

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Et puis, ce film est peut-être américain de par l’endroit où il se déroule, mais il est anglais de par son réalisateur, Kenneth Branagh, il fait donc deux challenges opposés en même temps !!

« Challenge US » chez Noctembule et « A year in England » chez Titine.

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Elfes – Tome 11 – Kastennroc : Jean-Luc Istin, Héban & Kyko Duarte

Titre : Elfes – Tome 11 – Kastennroc                                                big_4

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Kyko Duarte
Couleurs : Héban
Édition : Soleil (2015)

Résumé :
Kastennroc est une forteresse légendaire et imprenable. Les Elfes bleus et les Yrlanais tentent d’y piéger l’Elfe noire Lah’saa qui cherche, forte d’une armée de goules de cent mille têtes, à envahir les terres d’Arran.

L’armée des Elfes bénéficie du pouvoir du crystal bleu et d’un des plus puissants guerriers d’Arran : Redwin le nain. La guerre embrase Kastennroc et nul ne sait qui en sortira vainqueur.

Critique :
On sent maintenant que la série Elfes est bien lancée car on est loin du postulat de départ qui demandait aux différents scénaristes de la série d’éviter les fins ouvertes tout en se gardant la possibilité de faire une suite si le public répondait présent.

Maintenant, ils n’ont pas peur de vous dire que la suite, vous l’aurez au prochain épisode, et c’est tant mieux parce que la série est de qualité, tant au niveau des scénarios que des graphismes.

Avantages de la série c’est que, puisque l’on a des scénaristes et des dessinateurs différents pour les 5 races d’Elfes, les lecteurs ne doivent pas attendre un siècle entre deux albums.

Et ce 11ème tome, qu’est-ce qu’il vaut ? Niveau rigolade, faudra aller voir ailleurs parce que dans Elfes, on ne se marre pas beaucoup, c’est sombre mais foutrement jouissif parce que l’on retrouve tous les travers des humains chez nos amis les Elfes, dont celui de la soif de pouvoir.

Les dialogues sont souvent émaillé de petites piques sur l’Homme et notre société en prend pour son grade aux travers des aventures qui se passent chez les êtres aux longues oreilles.

— Vous voulez tuer vos ennemis, annexer d’autres territoires, vous désirez régner. Rien de plus que ne voulait le dernier tyran. Rien ne change, il en a toujours été ainsi. Une saison de paix est toujours suivie par une saison de guerre. Vous êtes la guerre. Vous pouvez me tuer, vous pouvez me torturer, il reste que vous ne me faites pas peur. Il n’y a qu’une chose qui me motive !
— Je suis impatiente de connaître cette chose, cher philosophe de la vie.
— L’or !

— Vous allez perdre et disparaître. Tous les tyrans finissent par succomber, c’est ce que nous apprend l’Histoire.

Dans cet opus, nous retrouvons nos amis les zombies, goules, morts-vivants que nous avions quitté dans un autre tome et force est de constater que le zombie, ça survit ! Cette armée va obliger les Elfes à s’associer avec les Humains pour tenter de stopper la progression de Lah’Saa, la dominatrice de ce troupeau de zombies qui aiment vous faire des bisous partout afin de vous bouffer ou de vous transformer.

Une nuit noire quand souffle le blizzard, bien trop tard il court sans espoir. S’en vient la mort froide comme la glace qui moissonne encore et encore. Quand il se relève la vie l’a quitté, la mort est en lui. Il erre et moissonne, il erre et moissonne la vie.

Vous vous souvenez de la bataille du gouffre de Helm ? Et bien, celle de Kastennroc lui ressemble fort avec des hordes qui montent à l’assaut des hautes murailles et d’un Elfe associé sur les remparts à un Nain, les deux se battant en harmonie…

Kastennroc l’inébranlable forteresse ! On dit qu’elle fut bâtie par les géants d’Ourann à la demande du roi Rekk. Une légende parmi les Yrlanais puisqu’il fut le seul à régner sur tous les clans. La forteresse fut créée pour protéger le nord du royaume des invasions orks. A ce jour, Kastennroc n’avait jamais été envahi.

Pas de temps mort, un Méchant qui n’a pas dit son dernier mot, des futurs cross-over que l’on sent venir avec les autres peuplades Elfes, des vieilles connaissances telles le Nain Redwin de la Forge et des allusions à des événements ayant eu lieu dans les autres tomes… C’est chaud bouillant durant toute l’histoire et on peste lorsqu’on arrive à la fin parce qu’on aurait pas craché sur 60 pages de plus, tellement c’est bon.

C’est tout ça et bien plus encore ce onzième tome.

Ajoutez du suspense, un traître à trouver, une défense à organiser, des dessins et des couleurs soignées, des personnages travaillés dont certains m’ont fait trembler de peur, tant je les apprécie, moi qui les suit depuis un certain temps.

Bref, une super saga qui ne m’a pas encore déçue et dont je suis in love <3. Une vraie love story entre nous, comme entre Scrat et sa noisette.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

La Fille du train : Paula Hawkins

Titre : La Fille du train                                                                   big_4

Auteur : Paula Hawkins
Édition : Sonatine (2015)

Résumé :
Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi.

Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre.

Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime.

Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason.

Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Critique : 
♫ Ding Dong ♪ *voix suave * Les passagers à destination du polar psychologique sont priés d’embarquer.

Que ceux qui veulent aller vite changent de train et montent dans un TGV. Mais ils ne verront jamais ce qu’il se passe dans les maisons qui longent la ligne de notre banlieusard.

Qui n’a jamais été tenté de jeter un coup d’œil dans les maisons qui se trouvent à proximité d’une ligne de chemin de fer en passant juste à côté ? Rachel est comme vous et moi, elle a aussi ce petit travers.

Si Rachel avait eu un bon bouquin comme celui qui narre son histoire, elle aurait été tellement captivée par le roman qu’elle n’aurait jamais zieuté la vie de ce couple à la vie si parfaite et ne les aurait pas baptisé Jason et Jess.

Rachel… j’ai eu envie de la tuer, vous savez. De lui plonger la tête dans de l’eau glacée et de lui murmurer à l’oreille qu’il serait plus que temps de se reprendre au lieu de sombrer dans les délices des bouteilles de vin blanc (et elle a mauvais goût, du blanc, beurk !).

Rachel… plus épave que la « Licorne » après avoir sombré, plus imbibée qu’une éponge, elle vivote, telle une amibe, chez sa copine, se lamentant encore et encore sur son ex qui l’a quittée pour une autre. Sa vie par en… quenouille (vous avez eu peur, je parie) et elle ne fait rien pour inverser la courbe.

Rachel… qui m’a énervée à toujours geindre, à ne pas avoir de volonté, et à se plaindre encore et encore pour des choses qu’elle a faite mais dont elle ne garde aucun souvenir. Bref, un personnage que j’ai détesté de prime abord. On est d’accord que c’était de prime abord…

Ici, on fait dans le roman policier psychologique, les personnages sont bien travaillés, tous bien distincts les uns des autres, avec leurs qualités, leurs défauts.

Le récit est articulé autour de trois narratrices : Rachel l’éponge, Anna la voleuse du mari de Rachel et Megan « Jess », la femme qui se veut indépendante.

Le changement de narrateur vous empêche aussi de flinguer Rachel parce que, plus de 300 pages avec elle en train de se lamenter et de regarder sa vie partir en lambeaux, je n’aurais pas tenu sans commettre un crime.

L’avantage du récit, aussi, c’est les petits retours dans le passé, avec Megan, afin de savoir ce qu’il s’est passé avant sa disparition.

Chiche en personnages mais riche dans leur profondeur, ce roman, une fois ouvert, se referme difficilement. Hormis lorsque vous arrivez à la dernière page, of course.

Bien qu’on ne courre pas dans tous les sens, les aller-retour entre le passé et le présent pimentent le récit, font monter la pression (à bière) et nous font mousser.

Au débouchage, le vin avait l’air banal, peu engageant… Mais une fois la première gorgée avalée, les tanins se font sentir, le goût prend toute sa saveur et le récit roule sur la langue, est long en bouche, vous monte à la tête et on a qu’une envie : se resservir !

Bluffée j’ai été et bien que j’ai eu des soupçons sur le personnage qui avait tué le docteur Lenoir dans la bibliothèque avec la clé anglaise. Mais j’avoue qu’avant de pointer correctement le coupable, j’avais un peu visé à côté.

Un roman plus psychologique que trépidant (c’est pas 24H chrono), plus profond que léger, et bien plus intéressant qu’il ne me laissait penser au départ. Mention spéciale à un personnage foutrement bien campé ! Machiavélique ce roman.

♫ Ding Dong ♪ Veuillez attacher vos ceintures, ça pourrait secouer durant le voyage de ce train.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « A year in England » chez Titine.

Le Scorpion – Tome 10 – Au nom du fils : Stephen Desberg & Enrico Marini

SCORPION 10 - Au nom du fils

Titre : Le Scorpion : Au nom du fils (Tome 10)

Auteur : Desberg

Dessinateur : Marini

Édition : DARGAUD (9 novembre 2012)

Résumé :

Dans ce dixième tome, Stephen Desberg et Enrico Marini ne reculent devant rien pour mener le Scorpion au plus près de la vérité.

Les intrigues entre les Latal et les Trebaldi s’intensifient, le pape est de plus en plus isolé et le Scorpion n’a qu’un seul but : rendre justice à sa mère.

Le Scorpion saura-t-il enfin qui est son père ? Flash-back et révélations au cœur même du pouvoir, à Saint-Pierre…

le-scorpion-bd-volume-9-reedition-10e-anniversaire-9316Critique :

Cette bédé se trouvait sur ma liste « anniversaire » et j’ai commencé la lecture de ma pile par celle-ci. Enfin j’allais savoir QUI était le père du Scorpion !

Commencée au tome 1, presque à sa sortie, j’ai toujours un gros faible pour le Scorpion, son univers, son ami le Hussard (toujours à nous sortir un bon mot), la gitane Mejaï et son chat noir, sans oublier les intrigues familiales, les coups bas, les trahisons, les bassesses, la « folie » du pape Trébaldi (qui ferait mieux de voir un psy pour ses problèmes avec son père), et la religion qui n’est pas toujours en odeur de sainteté.

Lorsque je compris QUI était son géniteur – bien avant qu’il ne soit nommé dans l’album – j’ai posé mon front sur la table et je me suis demandée si j’allais me taper la tête dessus ou attendre un peu…

Mais comment j’avais pu passer à côté, moi ?? Plus ça crève les yeux et moins on voit.

A ma décharge, je dirai que l’inconvénient des séries bédés, c’est que je les lis de manière décousue, au fur et à mesure de leur sortie. Là, si j’avais fait un peu plus attention, si j’avais mieux observé certains dessins (toujours très beaux), j’aurais vu !

Là, je suis en train de relire toute la série et je remarque certains détails dans le dessin que je n’avais point vu.

Bon, au moins, ça m’a laissé de la surprise. Oui, je sais, les excuses sont faites pour s’en servir.

Vivement la suite des aventures du Scorpion !