Le Pape terrible – Tome 4 – L’Amour est aveugle : Alejandro Jodorowsky & Theo

Titre : Le Pape terrible – Tome 4 – L’Amour est aveugle

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : Theo

Édition : Delcourt (21/08/2019)

Résumé :
1513, un nuage lugubre obscurcit le ciel de Rome alors que le glas de la grande cloche de l’église San Pietro peinte en noire sonne. Le Pape est mort.

Raphaël et Michel-Ange sont parmi les gardes suisses pour porter son cercueil vers son ultime demeure.

Machiavel, lui, demande en mariage Madame Imperia, la matrone du bordel où il a ses habitudes. Un jour comme un autre dans la ville éternelle…

Critique :
Le pape commence à avoir chaud aux miches, Louis XII veut le destituer, sans parachute doré, cela va sans dire.

Mais le vieux sagouin est machiavélique, encore plus que Machiavel car il sait comment manipuler les foules !

Sans caméras, sans télés, sans Internet, sans journalistes, Jules II va entuber son monde et porter la manipulation au rang d’oeuvre d’art.

Mon Dieu, la crédulité à encore de beaux jours devant elle.

Sans mal juger les personnes de cette époque puisque nous sommes en 1513 et que la religion est toujours l’opium du peuple. Maintenant, les gens ont un autre opium, mais il y en a toujours un, juste qu’il a changé de mains, de visage…

Anybref, avec ce quatrième album, on clôt la saga du Pape Terrible, avec encore une scène de cul dans une fontaine qui est nettement plus explicite que celle qui eut lieu un jour dans une piscine d’un loft sur TF1… La vache, on y va fort (niqué) et on la met profond.

Sexy, le général Gaston de Foix, autant nu qu’habillé… Mais l’amour foudroie ceux qui s’aiment, à tel point que notre Jules II veut devenir à présent un bon chrétien… Sans doute que se faire prendre dans une fontaine d’eau bénite aide à se sentir plus en phase avec sa croyance et le mode de vie honnête qui va avec…

Machiavel est un conteur qui raconte bien les histoires et, tout en s’amusant à jouer la bêbête à deux dos avec Madame Imperia, la matrone du bordel qu’il a demandé en mariage, il nous dévoile les dernières frasques du Pape plus que Terrible.

Les cathos risquent de ne pas aimer ce dernier album, mais bon, le risque est minime, le blasphème n’existe pas chez nous et n’est donc point puni. Taper sur le catho ne comportant aucun danger, allons-y gaiement.

Il est juste dommage que les auteurs ne contrebalancent pas ces hommes d’Église dépravés par de ceux qui étaient justes et faisaient leur job correctement, sans en arriver à ses jeux de pouvoirs malsains.

Tout n’est pas à jeter avec l’eau du bain et je n’ai pas souvenir que le message de Jésus était celui appliqué par les générations de papes, cardinaux, prêtres et autres. Ou alors, nous n’avons pas lu le même livre. Ou certains nous l’ont interprété comme ça les arrangeaient le mieux, afin de se faire un max de pognon. Mais pas tous.

On a beau avoir encore du cul et de la violence, ce dernier tome donne l’impression d’être plus soft que les précédents et même s’il ne suit pas l’Histoire réelle de Jules II, on sait tout de même que ce dernier n’était pas un homme sympa ni un saint.

Donc, prudence, n’avalez pas des couleuvres en lisant cette saga ! Pour le reste, avalez si vous voulez mais n’oubliez pas de vous brosser les dents après, pour garder l’haleine fraîche.

Une saga à ne pas laisser traîner devant les petits enfants, devant les cathos coincés, devant les coincés tout court. À savourer, à découvrir, sans pour autant la prendre comme parole d’évangile car l’Histoire n’est pas respectée à tous les étages.

Quant au tome 4, non seulement il clôture bien la saga, mais en plus, il nous la fout profond aussi et je ne déposerai pas plainte.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°204.

 

Le Pape terrible – Tome 3 – La pernicieuse vertu : Alejandro Jodorowsky et Theo

Titre : Le Pape terrible – Tome 3 – La pernicieuse vertu

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : Theo

Édition : Delcourt (23/10/2013)

Résumé :
Revenu de guerre, Machiavel profite de se ressourcer au bordel de Madame Imperia pour conter les campagnes victorieuses de Jules II.

Campagnes militaires puis amoureuses puisque Michel- Ange a accepté le chantier de la Sixtine et de partager la couche du Saint-Père en compagnie de son rival Raphaël.

Mais dans l’ombre, une autre bataille a commencé : les cardinaux veulent organiser le prochain conclave…

Critique :
Chateaubriand avait dit, en parlant de Talleyrand et de Fouché que c’était « le vice appuyé sur le bras du crime »…

S’il avait vu le pape Jules II en compagnie de Machiavel,  il aurait dit que c’était le vice appuyé sur le bras de la perfidie.

Cachez cette bédé qu’un catho pur jus ne saurait voir. Je n’ose imaginer la tête que ferait une des tantes un peu coincée de mon paternel si elle tombait sur pareille bédé…

On a du sang et des complots, des assassinats, des kidnapping, des demandes de rançons, des magouilles… Jusque là, rien de très horrifiant pour les coincés du culte.

Mais on a aussi du cul, des nichons, de la baise, de la sodomie, du stupre et de la fornication. Bon, rien de nouveau non plus, c’est Sodome et Gomorrhe et cette histoire se trouve dans l’Ancien Testament (ma préférée).

N’empêche que voir un pape qui se vautre dans la fornication à tour de bras (même si ce n’est pas avec ça qu’il prend son pied), ça pourrait choquer les grenouilles de bénitier.

On risque aussi de choquer les férus d’Histoire car il est impossible de restituer ce Pape Terrible dans la chronologie des guerres d’Italie.

Le scénariste est Jodorowsky ne s’embarrasse pas de ces détails et vous débite l’Histoire à sa sauce, donc, ne prenez surtout pas cette saga pour argent comptant, même si, dans l’Histoire, la vraie, ce genre de pape a forcément dû exister. Allez hop, me voici excommuniée à vie.

Apprécions ce volume pour les scènes d’action, pour les leçons dispensée par Machiavel, tandis qu’il s’enfonce dans de grosse matrones, apprécions les dessins, les couleurs et le récit couillu car il illustre très bien les guerres de pouvoir et tout ce qui va avec.

Mais gaffe à ne pas en faire trop non plus… Trop de scènes de cul tuent les scènes de cul ! On a beau savoir que le Pape Terrible est friand de jolis petits culs et des fricandelles boulettes qui vont avec, mais de grâce, ne perdons pas une partie de notre temps à le voir le tich en l’air !

Anybref, même si cette saga s’affranchi de l’Histoire, elle nous dépeint un personnage abject mais fascinant dans sa manière d’arriver à faire marcher les autres sur sa musique.

Jules II est cynique, sadique, voleur, manipulateur, dépravé, se prenant pour Dieu mais c’est un manipulateur hors-paire (de couill** – elle était trop tentante) et un stratège généralissime, mais le prix à payer, pour les autres, est exorbitant car sanglant.

Si Jules II est un salopard de première, il a de la concurrence car tous les cardinaux qui gravitent autour de lui ne pensent, eux-aussi, qu’au pouvoir, à l’argent et au cul. Ce sont de biens mauvais serviteurs de Dieu et ils sont aussi croyant qu’un chat, un chien, un cheval…

Malgré ses défauts, jusqu’à présent, j’ai apprécié cette saga impertinente et je me demande bien comment les auteurs vont nous la terminer.

PS : lu en septembre 2017 et je n’avais pas fait de fiche critique. Maintenant que j’avais enfin mis la main sur le tome 4, il m’a fallu revenir sur le 3, afin de me le remettre en mémoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°199.

Art Keller – Tome 02 – Cartel : Don Winslow

Titre : Art Keller – Tome 02 – Cartel

Auteur : Don Winslow
Édition : Seuil (08/09/2016) / Points (04/01/2018)
Édition Originale : The Cartel (2015)
Traducteur : Jean Esch

Résumé :
Dix ans après La Griffe du chien, Don Winslow revient avec un livre encore plus fort sur la montée en puissance des narco-empires.

2004. Adan Barrera, incarnation romanesque d’El Chapo, ronge son frein dans une prison fédérale de Californie, tandis qu’Art Keller, l’ex-agent de la DEA qui a causé sa chute, veille sur les abeilles dans un monastère.

Quand Barrera s’échappe, reprend les affaires en main et met la tête de Keller à prix, la CIA et les Mexicains sortent l’Américain de sa retraite : lui seul connaît intimement le fugitif.

La guerre de la drogue reprend de plus belle entre les différentes organisations, brillamment orchestrée par Barrera qui tire toutes les ficelles : la police, l’armée et jusqu’aux plus hauts fonctionnaires mexicains sont à sa solde.

Alors que la lutte pour le contrôle de tous les cartels fait rage, avec une violence inouïe, Art Keller s’emploie à abattre son ennemi de toujours.

Jusqu’où ira cette vendetta ?

Critique :
Je sens que le syndicat d’initiative du Mexique ne va pas afficher ce roman dans sa vitrine car il a dû faire fuir les touristes qui voulaient visiter les régions du Sonora, du Sinaloa, les villes de Ciudad Juarez, de Nuevo Laredo…

Maintenant, si vous êtes un narcotrafiquant… Libre à vous d’aller vous promener dans les rues, tant que le loup n’y est pas… Si les loups Barrera ou Ochoa y étaient, ils vous mangeraient ♫

Voilà un roman qui vous scotche les mains au papier, qui vous les rend moite, qui vous fait déglutir difficilement, vous tord les tripes et vous donne parfois envie de rendre le repas.

Réaliste, terriblement réaliste, horriblement réaliste. J’ai arrêté de compter les morts, comme les gens des villes qui, devant toute cette débauche de cadavres, les enjambaient sans y faire attention.

C’est incroyable, se dit-il, cette capacité qu’à l’être humain, ce besoin peut-être, d’instaurer un sentiment de normalité dans les conditions les plus anormales. Des gens vivent dans une zone de guerre, dans un état de menace permanente, et pourtant, ils continuent à faire les petits gestes quotidiens qui constituent une vie normale.

Ça jette un froid, la banalisation de la mort telle que celle décrite dans le roman. Apparemment, on s’habitue à tout, même aux assassinats de masse et aux corps jonchant les rues. Tant que ce n’est pas le sien ou un proche, on banalise et on avance, le dos courbé pour ne pas se faire avoir aussi.

Il contemple les corps dépiautés – manière choisie par Adán Barrera pour annoncer son retour à Nuevo Laredo – en songeant qu’il devrait être plus affecté. Des années plus tôt, son coeur s’était brisé devant le spectacle de dix-neuf corps, et aujourd’hui, il ne ressent rien. Des années plus tôt, il pensait ne jamais voir un spectacle plus atroce que le massacre à la mitrailleuse de dix-neuf hommes, femmes et enfants. Eh bien, il avait tort.

879 pages de noirceur sans nom, ça pourrait paraître indigeste mais ça ne l’est jamais, même si, pour votre santé mentale et votre petit cœur, des pauses lectures des « Aventures de Oui-Oui » sont recommandées…

On peut vraiment résumer ce roman noir par « Le guerre et paix au pays des cartels », car comme toutes les guerres, ça commence par des territoires que l’on veut garder, agrandir, conquérir et par des jeux d’alliances subtils car il s’agit de ne pas jouer le mauvais cartel… Votre vie en dépend.

N’oubliez jamais que les amis du matin peuvent ne plus l’être à midi, que votre cousin peut vous la mettre profond (la dague dans le dos), que votre femme/maîtresse peut aussi vous donner à l’ennemi.

À se demander d’ailleurs pourquoi tout le monde veut faire narcotrafiquant car on n’y fait jamais de vieux os et on a beau être plus riche que Crésus, on vit comme un réfugié, changeant de planque régulièrement, se méfiant de tout le monde, regardant toujours derrière son épaule.

Une fois de plus, avec Winslow, les personnages ne sont ni tout à fait blanc, ni tout à fait noir, ni même tout à fait gris…

Barrera, le patrón, semble correct, niveau narco : il ne tue pas les femmes, ne les viole pas, fait son trafic de drogue sans toucher aux civils. Sympa, le mec, non ? Oui, mais, dans « La griffe du chien« , il a balancé deux gosses du haut d’un pont après avoir tué leur mère. Et pas que ça…

Le chef des Zetas n’a pas de principes, c’est un salopard de la pire espèce mais il n’est pas le seul coupable, d’autres le sont aussi, dont les États-Unis… Eux non plus ne sortent pas grandis de ce roman, ils ont été rhabillé pour tous les hivers.

Quant au Mexique, ses habitants de lamentent qu’il ne soit plus connu que pour les cartels de la drogue et les massacres que pour ses monuments, ses places, son Histoire et que les « célébrités » ne soient plus les écrivains, les acteurs, les producteurs maisles narcos et des tueurs psychopathes dont l’unique contribution à la culture sont des narcocorridas chantées par des flagorneurs sans talents.

Lorsque l’on mange à la table du diable, il faut une grande cuillère et si Art Keller veut arriver à ses fins, la fin justifiera les moyens et il ira s’asseoir à la table car il n’a rien d’un Monsieur Propre, lui aussi a un portrait nuancé, mais réaliste, comme tous les autres.

Quand la secrétaire annonce à Tim Taylor qu’un certain Art Keller souhaite le voir, la nouvelle provoque l’enthousiasme réservé généralement à une coloscopie.

D’ailleurs, on ne peut s’empêcher d’apprécier Keller, même s’il se salit les mains d’une manière qu’il ne voulait sans doute pas. Parfois, pour obtenir une chose, il faut fermer les yeux sur d’autres choses, peu reluisantes. La fin justifie les moyens.

De la corruption, de la corruption, et encore ce la corruption… C’est ce qui fait tourner le monde, tout le monde ayant un prix et même si vous en voulez pas tremper dans la corruption, quelques menaces et tout de suite, le ton change. Vous acceptez ou vous mourez. Ou un de vos proches mourra.

Audiard le disait déjà : Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y’a des statistiques là-dessus.

J’ai eu mal pour ce pauvre journaliste Pablo Mora, victime d’un dilemme insoluble, j’ai eu mal pour toutes ces petites gens, pris entre deux feux, sans avoir eu le choix, et qui se font assassiner pour leur appartenance à un cartel ou l’autre, même s’ils n’avaient pas choisi mais avaient subi.

Un roman noir qui ressemble à une enquête grandeur nature sur le monde des cartels, sur leur manière d’agir, de faire, de corrompre tout le monde. Un roman violent, très violent où les morts sont plus nombreux que dans GOT.

Un roman sur tout ces sans-noms qui sont morts dans l’indifférence de tous car ils étaient Mexicains. Un roman qui fait mal au bide, qui donne des sueurs froides, qui vous donne envie de remercier le ciel ou qui que soit de vous avoir faire naître en Belgique ou en France et pas dans une région infestée par les cartels.

Un roman noir qui coupe le souffle, un roman noir sur la vengeance, sur la conquête d’un trône fait de poudre blanche ou de cristaux bleus, sur les coups bas, les assassinats, les découpages d’êtres humains, le muselage de la presse et autres joyeusetés.

Don Winslow était attendu au tournant pour ce deuxième tome et il m’a semblé encore plus brillant que le premier. Son ton est toujours cynique, sans emphase, piquant et sans illusions aucune.

Toutes ces vérités assénées à coup de matraque, de flingue, tout ce que l’on nous cache, tout ce dont on ne nous parle pas aux J.T, tout se dont on se fout puisque nous ne nous sentons pas concerné. Toutes nos croyances sur la drogue et le monde qui l’entoure, sur la guerre contre les cartels qui n’en est pas une et toutes ces armes qu’on leur a fourni en pensant les combattre.

Vous êtes coupables de meurtres, vous êtes coupables de tortures, vous êtes coupables de viols, d’enlèvements, d’esclavagisme et d’oppression, mais surtout, j’affirme que vous êtes coupables d’indifférence. Vous ne voyez pas les gens que vous écrasez sous votre talon. Vous ne voyez pas leur souffrance, vous n’entendez pas leurs cris, ils sont sans voix et invisibles à vos yeux, ce sont les victimes de cette guerre que vous perpétuez pour demeurer au-dessus d’eux. Ce n’est pas une guerre contre la drogue. C’est une guerre contre les pauvres.

Vous qui entrez dans ce roman, abandonnez toutes illusions. Mais bon sang, quel pied littéraire, quel rail de coke !

Certains lieux sont habités par l’horreur, elle s’infiltre dans les murs, elle envahit l’atmosphère, et son odeur vous suit après votre départ, comme si elle voulait entrer par les pores de votre peau, jusque dans votre sang, votre cœur.
Le mal à l’état pur.
Le mal au-delà de tout espoir de rédemption.

Pour ma première lecture de 2020, j’ai choisi un pavé qui a été lourd à porter, tant il est obscur, sans lumière, sans possibilité de happy end.

Un coup de poing dans ma gueule, dans mon ventre, une lecture dérangeante, mais addictive et éclairante. Là, on a déjà mis la barre très haute et il se retrouvera dans mes livres qui comptent pour l’année 2020.

Le Mexique est devenu un gigantesque abattoir. Et tout ça pour quoi ? Pour que les Nord-Américains puissent se défoncer.
De l’autre côté du pont se trouve le marché gigantesque, l’insatiable machine à consommer qui fait naître la violence ici. Les Américains fument l’herbe, sniffent la coke, s’injectent l’héroïne, s’enfilent de la meth, et ensuite ils ont le culot de pointer le doigt vers le sud, avec mépris, en parlant du « problème de la drogue et de la corruption au Mexique ».
Mais la drogue n’est plus le problème du Mexique, se dit Pablo, c’est devenu le problème de l’Amérique du Nord.
Quant à la corruption, qui est le plus corrompu ? Le vendeur ou l’acheteur ? Et quel degré de corruption doit atteindre une société pour que sa population éprouve le besoin de se défoncer afin d’échapper à la réalité, au sang versé, et aux souffrances endurées par ses voisins ?

Enlevez la foi à un fidèle, la croyance à un croyant, qu’obtenez-vous ? Le plus acharné des ennemis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°141.

Une bête au paradis : Cécile Coulon

Titre : Une bête au paradis

Auteur : Cécile Coulon
Édition : L’Iconoclaste (27/08/2019)

Résumé :
La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée au bout d’un chemin de terre. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel.

Les saisons défilent, les petits grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive, et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui ravage tout sur son passage.

Il s’appelle Alexandre.

Leur couple se forge. Mais devenus adultes, la passion que Blanche voue au travail de la ferme, à la terre, à la nature, la contraint, la corsète, la domine.

Quand Alexandre, dévoré par l’ambition, veut partir, attiré par la ville, alors, leurs deux mondes se fracassent.

Critique :
La terre, c’est fort, c’est puissant, c’est dur, âpre, doux, c’est vivant…

Tout comme ce roman qui nous parle de la terre,d’une telle manière qu’il m’a touché une corde sensible avant faire bouger les autres.

La terre, je la connais. La ruralité aussi. La dure vie d’agriculteurs, je l’ai vue avec mes grands-parents, même si pour moi, étant gamine, ça ne me semblait pas si dur que ça.

On est naïf quand on est jeune, on ne voit que le bon côté des choses : un terrain de jeu immense.

Mais on a pas vu la somme de travail en amont, de privations, de sueur, qu’il a fallu pour obtenir ce patrimoine, grappillant l’argent petit à petit, s’endettant et ne sachant pas si oui ou non, il y aura une issue favorable.

Anybref, la terre, j’en ai entendu parler toute ma vie par les Anciens et je sais combien on peut s’y attacher, combien elle est remplie d’histoire, d’anecdotes, de sueur.

On la connait par cœur, cette terre, on sait où se trouvent les pièges, les trous, les meilleurs morceaux, les plus ensoleillés, les plus froids, où l’herbe est la plus verte…

Et je sais aussi qu’elle peut déclencher des rages infernales quand d’autres veulent se l’approprier. Sa terre, on y attaché, c’est viscéral.

Les personnages de ce roman, c’étaient comme retrouver des gens de ma famille, surtout la patriarche, Émilienne, qui m’a fait penser à une grande-tante.

Toujours sur le pont avant tout le monde, bossant sans jamais s’arrêter, s’occupant de sa famille, de son ménage, ne ménageant jamais sa peine. Dure au mal, dur à la peine, un roc inébranlable, dure avec ses enfants mais tendre avec ceux des autres.

Moi, ce roman m’a parlé directement au cœur. J’ai fait un bon dans le temps et je me suis retrouvée attablée en terrain connu. Le récit, il m’a collé au basques comme de la terre argileuse après une averse et j’en ai encore sur mes godasses tant il m’a pénétré.

L’histoire est conventionnelle au possible, mais c’est dans la manière de la conter que se trouve tout le sel.

Commençant par la fin qui nous laisse entrevoir une tragédie, le roman revient ensuite sur la jeunesse des protagonistes, Blanche et Gabriel, alternant les points-de-vue de plusieurs personnages, afin de nous offrir une large palette d’émotions brutes, telle une terre en friche que l’on va passer inlassablement afin de la travailler, de l’assouplir, de la réveiller.

Ce roman rural, c’est un mélange de tragédie grecque, de drame contemporain, un huis clos, la rencontre entre deux monde que tout oppose, la rencontre entre deux jeunes que tout va réunir avant de les opposer, deux personnes qui s’aimes mais dont l’une va exploser, d’une vie de privations, d’une ferme nommée Paradis qui est aussi un enfer…

C’est l’histoire d’une passion qui va tout brûler sur son passage, tout dévaster, oui, comme un ouragan (si vous chantez, c’est voulu).  L’histoire de trahisons, de vengeance, de rage, d’amour, de crime, de renoncement de soi, de peines à l’âme, de peines de cœur.

D’ailleurs, on ne s’y trompe pas, chaque chapitre porte le nom d’un verbe tels que grandir, venger, surgir, mordre, vivre, faire mal, protéger, construire… Tout un programme.

Entre une histoire (un roman) et son lecteur, il y a une rencontre ou pas. Avec certains, la rencontre n’a pas eu lieu car nous n’étions pas au même moment au même endroit, mais ici, le rendez-vous fut marquant, m’atteignant en plein cœur.

Ces émotions ressenties, elles ne seront pas les mêmes chez tout le monde. Chez moi, ce furent des émotions puissantes, de celles qui vous laissent dévasté et vous font vous endormir avec un sourire, triste mais heureux aussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°132.

Les Trois Mousquetaires : Alexandre Dumas [LC avec Bianca]

Titre : Les Trois Mousquetaires

Auteur : Alexandre Dumas
Édition : Le Livre de Poche – Les Classiques de Poche (2017)
Édition originale : 1844

Résumé :
Le roman raconte les aventures d’un Gascon désargenté de 18 ans, d’Artagnan, monté à Paris faire carrière afin de devenir mousquetaire. Il se lie d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII.

Ces quatre hommes vont s’opposer au premier ministre, le Cardinal de Richelieu et à ses agents, dont la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l’honneur de la reine de France Anne d’Autriche.

Critique :
Ma culture des trois mousquetaires s’arrêtait à un dessin animé de l’époque de Club Dorothée « D’artagnan et les trois mousquetaires » où tout le monde avait des têtes d’animaux…

Plus récent (et à cause d’une petite sœur) ma connaissance s’était agrandie avec le dessin animé « Albert le cinquième mousquetaire »…

C’est vous dire si ma culture avait besoin d’un coup de torchon afin de revenir à la normale avec le roman de Dumas (ou d’un de ses ghostwriter).

Véritable roman d’aventure, de capes et d’épées et de péripéties en tout genre, ce roman a tout pour nous entraîner dans de folles cavalcades afin d’empêcher un complot d’arriver à sa fin, de sauver une belle jeune fille, de confondre une vile espionne qui mérite le titre de super salope perfide ou de faire le siège d’une ville avec l’armée du Roi, Louis XIII.

Si j’avais lu ce roman lorsque j’étais jeune, j’aurais sans doute moins remarqué les petites incohérences et le changement de caractère de certains personnages, tel d’Artagnan qui, tantôt semble être un volcan prêt à aller croiser le fer avec Rochefort et l’instant d’après semble le plus posé des hommes.

Tout comme un jour il est fou amoureux de madame Bonacieux, puis de Ketty, la femme de chambre de Milady de Winter puis de milady, elle-même, changeant sans cesse de sentiments, tel un ado en chaleur. Purée, d’Artagnan, décide-toi, mon gars !

Ou comme Felton qui se fait retourner par une milady manipulatrice, une madame Bonnacieux qui écoute aussi son baratin, à se demande comment est-ce possible de croire à de telles fadaises débitées par une inconnue…

Ben si, c’est possible, on croit bien tout ce que nous débite la télé et les réseaux sociaux et on s’en va, bille en tête ! Pour le personnage de John Felton, là, je lui décerne le titre du connard d’imbécile de crétin de sa mère d’empaffé de sa race.

Beaucoup de rebondissements, dans ces pages, on peut comprendre puisqu’à l’époque, c’était diffusé en feuilleton, il fallait donc du cliffhanger, du suspense, du mystère, des trahisons, des complots, de l’espionnage, des reines à sauver et des maris à cocufier.

Si nos quatre héros (d’Artagnan, Aramis, Porthos et Athos) accompagné de leurs quatre valets (Grimaud, Mousqueton, Bazin et Planchet) sont des personnages sympathiques et courageux, ils ne seraient rien sans des méchants de grande envergure, que ce soit la Milady de Winter, la perfide éminence grise de son éminence le cardinal de Richelieu (dont on ne sait pas trop pour qui il roule), l’énigmatique comte de Rochefort et le ténébreux comte de Wardes.

Évidemment, dans la réalité, des aventures pareilles sont quasi impossibles, mais nous sommes dans de la réalité sublimée et cela devient de la fiction et là, tout est permis, pour le plus grand plaisir du lecteur qui voit le récit et les personnages virevolter dans une danse endiablée, lui procurant quelques heures de saines distractions.

Attention, je ne dis pas que tout est inventé, les ferrets en diamants de la reine ont bel et bien disparu, le siège de La Rochelle a eu lieu, des personnages de ces pages ont réellement existé

Certains pourraient se demander ce que pareil titre fait dans un Mois du Polar, mais c’est parce que nous sommes bel et bien face à un polar, nom d’un mousquet !

On a des mystères, des enlèvements à résoudre, une reine à sortir de la merde, du suspense, de l’espionnage, des complots, des morts, des tentatives d’assassinats, une vieille affaire qui revient à la surface, un jugement, des magouilles, des assassins et des assassinés et il faut résoudre tout ça pour que le pays tourne mieux.

Que vouloir de plus ? L’auteur a pris un contexte historique et s’est introduit dedans afin de la magnifier, de le détourner, de le changer, de le malaxer pour le préparer à sa sauce, même si on se doute qu’il a eu un cuisinier pour lui couper les légumes et commencer la cuisson du bouillon, c’est Dumas qui a assaisonné le tout de sa plume magique.

Ma copinaute de LC, Bianca, a apprécié sa lecture, même si elle a trouvé le siège de La Rochelle un peu trop long et je ne peux pas lui donner tort, même si chez moi c’est passé un peu mieux.

Question à deux balles : son éminence le cardinal de Richelieu est-il le créateur des slips du même nom ?? (Éminence…)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), et  Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°49 – La pierre de Mazarin – lire un livre se déroulant à l’époque du cardinal de Mazarin, le 17è siècle).

Michel Strogoff : Jules Verne [LC avec Bianca]

Titre : Michel Strogoff

Auteur : Jules Verne
Édition : Hachette Jeunesse (2008)
Édition Originale : 1876

Résumé :
Les provinces sibériennes de la Russie sont envahies par des hordes tartares dont Ivan Ogareff est l’âme.

Ce traître, poussé par une ambition insensée autant que par la haine, projette d’entamer l’empire moscovite !

Le frère du tsar est en péril à Irkoutsk, à 5.523 kilomètres de Moscou et les communications sont coupées. Comment le prévenir ?

Pour passer, en dépit des difficultés sans nombre et presque insurmontables, il faudrait un courrier d’une intelligence et d’un courage quasi surhumains.

Le capitaine Michel Strogoff est choisi et part, porteur d’une lettre du tsar, en même temps qu’une jeune Livonienne, la belle Nadia, et que deux journalistes, l’anglais Harry Blount et le Français Alcide Jolivet…

Critique :
Cela fait déjà un petit moment que je me dis qu’il serait temps de lire quelques Grands Classiques afin d’ajouter des pierres à mon édifice littéraire et lentement mais surement, je m’y mets.

De plus, si on ne veut pas se farcir les textes intégraux, longs et parfois laborieux (Oliver Twist, si tu me lis), on a toujours la possibilité de les lire dans leurs version abrégées mais conformes à la traduction et à l’histoire initiale.

Possédant Michel Strogoff dans une version longue, j’ai opté pour la courte et puisque j’ai bien aimé l’aventure, je pense refaire le périple en sa compagnie, mais dans la version longue, cette fois.

Michel Strogoff, c’est le souffle de la grande aventure, c’est le dépaysement et Jules Verne a tout fait pour nous immerger dans cette expédition de fou puisque Strogoff va devoir parcourir plus de 5.500km pour délivrer un message alors que les provinces de Sibérie sont envahies par des hordes de Tartares barbares.

Ne cherchez pas la subtilité dans les portraits des personnages, non seulement ils sont vite esquissé, mais en plus, on baigne dans le manichéisme le plus total !

Les gentils sont gentils, beaux, serviables et un pareil à Michel Strogoff ne vit que pour son pays, sa patrie, son Tsar et sa mère. Idem pour Nadia et pour tous les personnages originaires de Russie, il faut creuser fort pour trouver des défauts aux gentils.

Pour ce qui est des méchants, Ivan Ogareff est un traitre à sa patrie qui veut se venger pour une dégradation qu’il méritait et n’a rien comme circonstances atténuantes pour justifier sa traitrise et le fait qu’il se soit allié à Féofar-Khan, le chefs des hordes de Tartares, qui sont appelés « barbares » par tout les autres.

Parfois, un peuple a toutes les bonnes raisons du Monde pour se révolter, notamment contre un gouvernement qui les spolierait, les exploiterait, les humilierait, bref, une dictature.

Ici, vous ne saurez pas le pourquoi de cette soudaine invasion Tartare et l’auteur mettra même le paquet pour vous faire comprendre que les Russes sont les gentils et les envahisseurs Tartares les méchants ! Ajoutez à cela les tziganes qui sont dans le camp des vilains pas beaux et vous aurez compris que le manichéisme règne en maître dans ces pages.

Est-ce pour autant que le roman doit valser à la poubelle ou être descendu ? Ben non, parce que malgré ça, j’ai apprécié l’aventure, les péripéties, les multiples rebondissements, les cachoteries de l’auteur, les disputes imbéciles des deux journalistes chargés de couvrir les événements, Harry Blount l’anglais et Alcide Jolivet le français.

Tout est cousu de fil blanc, le Bien triomphe du Mal, le héros s’en sortira toujours à temps, tel Le Courier solitaire, Michel Strogoff est le Sibérien de la terre (Bob Morane quoi… ♫ Et soudain surgit face au vent ♪ Le vrai héros de tous les temps ♫).

Évidemment, en ce temps-là, c’était ainsi que l’on écrivait et je ne vais pas me plaindre car les récits de Jules Verne me tentent bien et je compte en lire d’autres, en LC ou seule (L’Ile mystérieuse est programmée avec Bianca et j’ai toujours un 20.000 vieux sous mèmère à faire avec Stelphique).

Michel Strogoff est à lire un soir de grand froid, bien au chaud sous un plaid, pour vivre une aventure un peu folle, en apprendre un peu plus sur la Russie, même si cette invasion n’existe pas dans la réalité et, si les blablas ne vous dérangent pas trop, vous pourriez l’apprécier.

C’est justement les dialogues un peu trop nombreux qui ont rendu la lecture moins agréable pour ma copinaute de LC, Bianca, qui attendait plus d’aventure.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Mon édition intégrale que je vais relire à mon aise, juste pour le plaisir

Game of Thrones décrypté : Antoine Lucciardi

Titre : Game of Thrones décrypté

Auteur : Antoine Lucciardi
Édition : City (12/04/2017)

Résumé :
Comment sont nées les Sept Couronnes ? Pourquoi Sansa est-elle « la clé du Nord » ?

Comment la guerre des Deux Roses et la France médiévale ont-elles inspiré Game of Thrones ? Pourquoi faut-il redouter l’Hiver qui arrive ?

Saviez-vous que Shakespeare et L’Odyssée d’Homère sont deux grandes références pour George R.R. Martin ? Et quelles sont les différences entre la série et les livres ?

Autant de questions et bien d’autres encore auxquelles ce guide de Game of Thrones répond en détail. Il révèle aussi le sens caché de certaines thématiques présentes dans la saga.

Sans oublier de retracer la genèse de cette œuvre fascinante, avec un guide détaillé des personnages, des lieux et des événements.

Un livre indispensable pour tout savoir sur le phénomène Game of Thrones et son créateur.

Critique :
Après la lecture assez costaude de « La Note Américaine », il me fallait un roman plus doux, plus calme et quoi de mieux, pour terminer l’année 2018 en beauté que de lire le guide de cette série que j’adore : Game Of Thrones.

D’accord, niveau douceur et bienveillance, on repassera puisque nous avons, en gros : des meurtres, une tentative d’infanticide, de l’inceste, de la pédophilie, des viols, des démembrements, des magouilles pour être le seul sur le trône de fer, des guerres, des parricides, des fratricides, une émasculation et j’en passe.

Hé oui, n’allez pas croire que tout est rose Bisounours dans ce guide puisqu’il commence par nous rappeler tous les personnages importants et secondaires dans cette saga géantissime.

Gaffe donc, si vous n’avez pas encore tout vu, vous pourriez vous faire divulgâcher des passages importants ! Ici, l’auteur vous parlera des 6 premières saisons mais pas au-delà. Je vais donc devoir annoter les biographies de certains pour les mettre à jour puisque j’ai vu la saison 7.

Ce guide présente donc, en première partie, les différents personnages, avant de passer à une partie de l’Histoire qui inspira l’auteur pour créer sa saga. Là, j’ai un peu décroché, surtout dans les guerres de trônes anglaises qui sont bien plus complexes encore que la série ou les romans.

Ses inspirations viennent de ce qui a existé en IRL (l’Histoire avec un grand H) et ce qu’il a ingurgité dans la littérature (Schakespeare, Druond, Homère…), le régurgitant ensuite à sa sauce dans ses romans, pour notre plus grand plaisir.

Puis, les créateurs de la saga arrivèrent, nous procurant encore plus de plaisir !

Plus basé sur la série que sur les livres, ce guide est avant tout pour les afficionados de la saga télé. Si vous voulez en savoir plus sur les romans, faudra vous trouver un autre bouquin explicatif.

Pour moi, ce fut l’occasion de remettre à jour mon trombinoscope, de me rappeler certaines choses, d’en comprendre d’autre et d’apprendre les différences entre la série et les romans originaux (je n’ai lu que la première intégrale).

Véritable petite enquête, ce guide se dévore facilement et assez vite (mon Bilan Livresque Annuel étant terminé, je ne l’ai pas inclus dedans et il comptera pour 2019) car on veut toujours en savoir plus et connaître les derniers mystères que l’on n’aurait pas encore compris.

Même les anecdotes, les polémiques, les coulisses de la série, les anecdotes, qui a dû devenir gauchère, qui ne poursuivra pas sa carrière dans le cinéma, qui a refusé un rôle, qui est végétarien dans la vie et carnivore dans le rôle qu’il interprète, ce qui fait qu’on a dpu réaliser d’adresse pour faire croire qu’il mangeait de la viande, qui était enceinte dans la saison 1 et dont les caméramans ne devaient pas filmer en pied…

Mes bémols iront au fait que les images des personnages étaient en noir et blanc, un peu de couleur aurait fait moins cheap et j’aurais apprécié que l’auteur insère des images pour tous les personnages car si on se souvient bien des plus importants, on a tendance à oublier la trogne des anciens.

Autre bémol, pas de carte du monde de GOT et là, je remercie Google de m’en avoir proposées.

Anybref, j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce guide de 408 pages (l’édition de 2017 est plus complète que celle de 2015 qui n’en comporte que 287 – soyez attentif lors de votre achat) et puisque cette lectrue m’a donné envie de revoir la saga télévisée, j’ai donc remis le DVD dans la platine afin de revoir la saison 1 et les autres viendront ensuite.

Verdict de la saison télé ? Zéro surprises, bien entendu, puisque je l’ai déjà vue, mais je fais maintenant plus attention à des petits détails qui m’avaient échappés lors du premier visionnage et puisque je connais le destin de certains, je ne suis bien plus attentive à leur parcours et à ce qui se dit.

Un guide très bien fait, qui explore assez bien des domaines différents, qui explique les différentes inspirations de l’auteur et qui est, vous l’aurez compris, réservé aux fans…

Une enquête minutieuse, qui ne se prend pas pour ce qu’elle n’est pas car évidemment, elle n’est pas complète. Le site wiki ou La Garde de Nuit vous apprendra tout ce que vous voulez savoir sur les romans !

Allez, rien que pour vous : les 20 différences les plus importantes entre la série et les livres GOT.

Les Naufragés d’Ythaq – Tome 15 – Imperator Express : Christophe Arleston & Adrien Floch

Titre : Les Naufragés d’Ythaq – Tome 15 – Imperator Express

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Adrien Floch

Édition : Soleil Productions (26/09/2018)

Résumé :
Granite, Narvarth et Danaëlle sont coincés sur la planète Glèbe. Heureusement, des vaisseaux de la Fédération y ont établi une base.

Il faut impérativement les rejoindre. Narvarth cataleptique et Danaëlle hors service, c’est seule, avec ses deux amis inconscients, que Granite doit prendre un train suspendu, l’Imperator Express, où elle se fait engagée comme hôtesse.

Mais elle ignore qu’elle est surveillée par un individu intéressé par les armes technologiques qu’elle cache…

Critique :
Si la première saga des Naufragés d’Ythaq (tomes 1 à 9) m’avait emportée, subjuguée et troué le cul dans ses révélations finales, il n’en est pas de même pour la seconde partie.

Non pas que ces nouvelles aventures ne me plaisent pas, j’ai été contente de retrouver mes compagnons Granite et Narvath, j’ai de nouveau pesté sur cette charogne de Callista, mais on est loin des trépidations des émois de la saga initiale.

Tournerait-on en rond ? Serait-ce LA partie en trop dans une série, un peu à la manière d’un Lanfeust qui me plait moins dans le cycle Odissey ?

Il doit y avoir de ça…

Et pourtant, j’apprécie toujours de découvrir un nouvel album, je pousse même le vice jusqu’à me le faire offrir…

Pas de lassitude des personnages, juste qu’il y a moins de mystère, moins de souffle épique que lorsqu’ils s’étaient retrouvés naufragés sur la planète Ythaq, planète qui n’existait pas dans le système.

Puis surtout, il manque le personnage de Krurgor !!

Si je n’avais pas lu la première partie de la saga, cet album aurait eu tout pour me plaire car il y a de l’action, de la baston, des femmes qui ne s’en laissent pas compter, de l’humour, mais nom de Zeus, comparé à ce que j’ai connu, on dirait que la saga a du mal à se retrouver.

Ce fut un bon moment de lecture, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais après avoir bouffé du caviar à la louche, les œufs de lump, ça fait un peu cheap.

J’espère que dans le prochain album, nos amis vont enfin en savoir un peu plus sur ceux qui cherchent à tout prix à récupérer les clés de l’univers et en savoir un peu plus sur le changement radical de la garce de Callista.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Sang famille : Michel Bussi [LC avec Bianca]

Titre : Sang famille

Auteur : Michel Bussi
Édition : Presses de la cité (16/05/2018)

Résumé :
C’est aussi pour cela que je suis retourné cet été d’août 2000 à Mornesey, la petite île anglo-normande au large de Granville où j’ai passé les premières années de ma vie.

C’est alors que tout à basculé dans la folie.

Quel rapport entre mon histoire et l’évasion de deux prisonniers lors d’un transfert vers le centre de détentin, semant la panique sur Mornesey au coeur de la saison touristique ?

Dois-je croire les légendes de l’île ? Mornesey serait peuplée de bagnards et de leurs descendants… Un trésor légendaire, la Folie-Mazarin, dormirait dans le labyrinthe de souterrains creusés sous l’île.

A qui puis-je faire confiance ?

Critique :
Niveau de l’addiction, ce polar tient la route et le rythme en alternant les chapitres avec l’enquête de Colin sur le décès de ses parents et celle de Simon Casanova sur un des évadés de l’île.

Le début commence doucement, afin de ne pas essouffler le lecteur, l’échauffement commence progressivement, on échauffe le récit petit à petit et on fait bouger les muscles tout doucement afin d’éviter le claquage littéraire au bout d’un cent pages trop rapides.

Après ce petit footing de décrassage et cool, on commence à monter dans les tours, mais toujours en douceur afin de ne rien froisser et puis, petit à petit, sans même s’en rendre compte, le tapis de course va plus vite et nous, on suit le rythme, oubliant même parfois de respirer. On est intrigué, harponné, alpagué…

Gros moment de panique à la moitié du marathon : voilà ti pas que l’auteur nous divulgue déjà qui sera maillot jaune champion du monde ! Quoi ? Mais enfin, s’il nous dévoile tout, qu’est ce qu’on va faire pendant les 200 pages restantes ? On va aller à la pêche aux moules ? Non mais allo quoi ??

Femme de peu de foi que je suis toujours ! Je devrais pourtant connaître Michel Bussi, ce n’est pas la première fois, lui et moi… (Que nous faisons un marathon ensemble ! What did you expect ?) Je devrais savoir que tant que le dernier coup de sifflet n’est pas donné, tant que la dernière ligne droite sur les Champs Zé n’est pas franchie, la course, le match, peuvent encore basculer !

Et pour basculer, ça a basculé dans le dernier quart d’heure à tel point que je ne savais plus pronostiquer l’issue du match, ni qui mouillait son maillot pour nous ou lequel allait marquer contre son camp à l’insu de notre plein gré.

Excellent, l’ami ! Bon, j’ai tout de même senti arriver une partie du peloton (Holmes, sors de mon corps), je l’ai senti tellement fort qu’il est arrivé dans mon dos sans me surprendre, mais peu après, là, jamais je n’aurais pensé que ce vieux cheval de retour prendrait le mors aux dents pour m’embarquer dans un truc de fou, une course de malade pour franchir l’arrivée en champion du monde du plus beau salopard de bidouilleur d’enfoiré de sa race.

Là, je ne m’y attendais pas et je me suis fait un plaisir monstre en passant la seconde mi-temps de ce roman. La première était déjà riche, mais la suivante, là, on ne savait plus où donner de la tête pour suivre les retournements de situations.

Chapeau pour un premier roman qui pose déjà les bases des suivants avec la confiance dans les autres, la quête de l’identité, les questions sur la filiation, l’adolescence et ses soucis, la manipulation des autres, l’irrationnel qui pourtant finit par s’expliquer logiquement…

Chapeau pour l’intrigue qui est partie là où je ne l’attendais pas, chapeau pour les multiples surprises qui parsèment la course, les chausses-trappes et autres pièges, chapeau aussi pour les participants qui ont tous quelque chose à apporter au récit, sans que l’on sache toujours dans quelle équipe ils jouent vraiment.

Un roman mêlant adroitement la quête de soi, la grande évasion, la chasse au trésor, le Club des Cinq version plus mâture et du Agatha Christie sous amphèt pour avoir manipulé ainsi les codes du policier.

Bianca et moi sur la même longueur d’ondes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

On the Brinks : Sam Millar

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Titre : On the Brinks

Auteur : Sam Millar
Édition : Seuil (07/03/2013)

Résumé :
De fait, le spectaculaire récit autobiographique de Sam Millar a tout d’un thriller. À ceci près que si on lisait pareilles choses dans un roman, on les trouverait bien peu crédibles.

Catholique, Millar combat avec l’IRA et se retrouve à Long Kesh, la prison d’Irlande du Nord où les Anglais brutalisent leurs prisonniers. Indomptable, il survit sans trahir les siens: voilà pour la partie la plus noire, écrite avec fureur et un humour constant.

Réfugié aux états-Unis après sa libération, il conçoit ce qui deviendra le 5e casse le plus important de l’histoire américaine.

La manière dont il dévalise le dépôt de la Brinks à Rochester, avec un copain irlandais, des flingues en plastique et une fourgonnette pourrie, est à ne pas croire.

Même Dortmunder, dans un roman de Westlake, s’y prendrait mieux. Il n’empêche, le butin dépasse les 7 millions de dollars!

Un procès et une condamnation plus tard, il retrouve la liberté, mais entretemps, la plus grande partie de l’argent a disparu. Millar semble avoir été roulé par ses complices… Saura-t-on jamais la vérité?

En tout cas, le FBI cherche toujours!

p21-1Critique :
Quand certains disent que les prisons ne doivent pas être des Club Med, je ne leur donnerai pas tort, mais faut pas non plus sombrer dans l’opposé et se comporter comme des gardiens de Goulag ou de camps de concentration, le gazage en moins.

Si on ne m’avait pas dit que ce roman était une autobiographie, un pan de la vie de Sam Millar, l’auteur, j’aurais pensé à une farce, vu la manière dont il cambriolera plus tard l’entrepôt de la Brinks, ou à de la dérision, quand il nous parle de son incarcération à la prison de Long Kesh, en Irlande du Nord, à Belfast, tenue par des gardiens anglais.

Dire que les Anglais et les Irlandais ne s’aiment point serait un euphémisme, l’Histoire est là pour nous le rappeler, sinon, il vous reste U2 et son « Sunday Bloody Sunday » (dimanche sanglant que fut celui du 30 janvier 1972, à Derry, en Irlande du Nord, où 13 civils furent tués et 13 furent blessés par les soldats britanniques alors qu’ils faisaient une manifestation pacifique).

Alors vous pensez bien que si vous appartenez à l’IRA, que vous vous retrouvez incarcéré dans une prison tenue par des matons anglais et qu’en plus, vous refusez de porter les habits de prisonniers, de leur cirer les pompes et de dire « Sir, yes, Sir », vous allez vous en mordre les doigts ! Vous êtes un Blanket Men et on va tenter de vous casser par tout les moyens possibles et imaginables.

Ma foi, si les Anglais disent que les Américains ne sont pas corrects avec leurs prisonniers à Guantanamo, ceux-ci peuvent leur renvoyer dans la gueule ce qu’ils ont fait à ces Blanket Men, à la prison de Long Kesh… Tortures physiques, psychologiques, le tout avec un degré de perversité qui feraient pâlir de jalousie certains SS, fâchés de ne jamais y avoir songé.

Cette première partie du récit est dure, même si l’auteur prend le parti de nous la raconter sur un ton assez humoristique, décalé, sans jamais sombrer dans le pathos ou le larmoyant, un peu à la manière d’Ivan Denissovitch. Dénoncer la chose, mais sans s’apitoyer sur son sort.

Pourtant, je vous jure que ma gorge s’est serrée et mon estomac aussi en lisant le récit de tout ce qu’ils durent subir.

La seconde partie du récit, qui se déroule au États-Unis, est plus agréable à lire, mais plus fantasque et pour la scène du casse de  l’entrepôt de la Brinks, dans une fiction, on aurait hurlé au chiqué, hormis avec un Dortmunder aux commandes du cambriolage.

Bordel de cul, braquer l’entrepôt de la Brinks avec une camionnette pourrie, des flingues en plastiques, réussir le 5ème plus gros casse de l’Histoire, le tout sans verser une goutte de sang, fallait avoir des grosses couilles ou pas de cervelle du tout.

Un fer à cheval dans le cul ? Non, toute une écurie !

Et puis, il restera toujours ce mystère sur l’argent du casse qui a disparu sans que l’on sache qui se l’est mis dans les poches et qui a niqué Sam Millar et son complice.

Un roman sombre sur des pages encore plus sombre de l’Angleterre, sur les conditions des prisonniers, sur les tortures qu’ils subirent pour les faire plier, un langage cru, familier, une histoire qui passe toute seule, des moments angoissants, durs, et puis plus agréables dans sa partie américaine.

Je compte bien découvrir maintenant  les autres romans de cet auteur qui est interdit de séjour chez les yankees !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.