Michel Strogoff : Jules Verne [LC avec Bianca]

Titre : Michel Strogoff

Auteur : Jules Verne
Édition : Hachette Jeunesse (2008)
Édition Originale : 1876

Résumé :
Les provinces sibériennes de la Russie sont envahies par des hordes tartares dont Ivan Ogareff est l’âme.

Ce traître, poussé par une ambition insensée autant que par la haine, projette d’entamer l’empire moscovite !

Le frère du tsar est en péril à Irkoutsk, à 5.523 kilomètres de Moscou et les communications sont coupées. Comment le prévenir ?

Pour passer, en dépit des difficultés sans nombre et presque insurmontables, il faudrait un courrier d’une intelligence et d’un courage quasi surhumains.

Le capitaine Michel Strogoff est choisi et part, porteur d’une lettre du tsar, en même temps qu’une jeune Livonienne, la belle Nadia, et que deux journalistes, l’anglais Harry Blount et le Français Alcide Jolivet…

Critique :
Cela fait déjà un petit moment que je me dis qu’il serait temps de lire quelques Grands Classiques afin d’ajouter des pierres à mon édifice littéraire et lentement mais surement, je m’y mets.

De plus, si on ne veut pas se farcir les textes intégraux, longs et parfois laborieux (Oliver Twist, si tu me lis), on a toujours la possibilité de les lire dans leurs version abrégées mais conformes à la traduction et à l’histoire initiale.

Possédant Michel Strogoff dans une version longue, j’ai opté pour la courte et puisque j’ai bien aimé l’aventure, je pense refaire le périple en sa compagnie, mais dans la version longue, cette fois.

Michel Strogoff, c’est le souffle de la grande aventure, c’est le dépaysement et Jules Verne a tout fait pour nous immerger dans cette expédition de fou puisque Strogoff va devoir parcourir plus de 5.500km pour délivrer un message alors que les provinces de Sibérie sont envahies par des hordes de Tartares barbares.

Ne cherchez pas la subtilité dans les portraits des personnages, non seulement ils sont vite esquissé, mais en plus, on baigne dans le manichéisme le plus total !

Les gentils sont gentils, beaux, serviables et un pareil à Michel Strogoff ne vit que pour son pays, sa patrie, son Tsar et sa mère. Idem pour Nadia et pour tous les personnages originaires de Russie, il faut creuser fort pour trouver des défauts aux gentils.

Pour ce qui est des méchants, Ivan Ogareff est un traitre à sa patrie qui veut se venger pour une dégradation qu’il méritait et n’a rien comme circonstances atténuantes pour justifier sa traitrise et le fait qu’il se soit allié à Féofar-Khan, le chefs des hordes de Tartares, qui sont appelés « barbares » par tout les autres.

Parfois, un peuple a toutes les bonnes raisons du Monde pour se révolter, notamment contre un gouvernement qui les spolierait, les exploiterait, les humilierait, bref, une dictature.

Ici, vous ne saurez pas le pourquoi de cette soudaine invasion Tartare et l’auteur mettra même le paquet pour vous faire comprendre que les Russes sont les gentils et les envahisseurs Tartares les méchants ! Ajoutez à cela les tziganes qui sont dans le camp des vilains pas beaux et vous aurez compris que le manichéisme règne en maître dans ces pages.

Est-ce pour autant que le roman doit valser à la poubelle ou être descendu ? Ben non, parce que malgré ça, j’ai apprécié l’aventure, les péripéties, les multiples rebondissements, les cachoteries de l’auteur, les disputes imbéciles des deux journalistes chargés de couvrir les événements, Harry Blount l’anglais et Alcide Jolivet le français.

Tout est cousu de fil blanc, le Bien triomphe du Mal, le héros s’en sortira toujours à temps, tel Le Courier solitaire, Michel Strogoff est le Sibérien de la terre (Bob Morane quoi… ♫ Et soudain surgit face au vent ♪ Le vrai héros de tous les temps ♫).

Évidemment, en ce temps-là, c’était ainsi que l’on écrivait et je ne vais pas me plaindre car les récits de Jules Verne me tentent bien et je compte en lire d’autres, en LC ou seule (L’Ile mystérieuse est programmée avec Bianca et j’ai toujours un 20.000 vieux sous mèmère à faire avec Stelphique).

Michel Strogoff est à lire un soir de grand froid, bien au chaud sous un plaid, pour vivre une aventure un peu folle, en apprendre un peu plus sur la Russie, même si cette invasion n’existe pas dans la réalité et, si les blablas ne vous dérangent pas trop, vous pourriez l’apprécier.

C’est justement les dialogues un peu trop nombreux qui ont rendu la lecture moins agréable pour ma copinaute de LC, Bianca, qui attendait plus d’aventure.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Mon édition intégrale que je vais relire à mon aise, juste pour le plaisir

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Floris – Tome 1 – Floris, fils du tsar : Jacqueline Monsigny

Titre : Floris – Tome 1 : Floris, fils du tsar

Auteur : Jacqueline Monsigny
Édition : Archipoche (2009)

Résumé :

En 1717, alors que Pierre le Grand rend visite au jeune Louis XV, le hasard le met en présence de la comtesse Maximilienne de Villeneuve-Caramay.

C’est le coup de foudre. Bien que mariée et mère d’un enfant de deux ans, la jeune femme suit le tsar en Russie.

Un périple qui mènera la comtesse, son fils Adrien et Floris, qui naîtra de ses amours avec le souverain russe, de Paris à Moscou en passant par la Turquie, les splendeurs de Saint-Pétersbourg, les rivages de la Baltique et les steppes d’Ukraine.

Les protagonistes de cette aventure connaîtront tour à tour le luxe de la cour, la paille des cachots, la peur des loups, l’attaque des brigands…

Ce roman de coeur et d’épée est l’une des plus touchantes histoires d’amour jamais écrite.

Critique :

Moi qui pensait lire un livre « historico-romantique », je suis tombée dans de l’Harlequino-guimauvien ! Moi qui pensait lire de l’Histoire avec juste « un doigt » de romance (que les pervers se calment à la mention du doigt), on est fort loin d’une « touche » de romance parce que c’était une « louche » !

Diable, j’ai lu des livres qui ne m’avaient pas plu, mais ici, je viens de tomber très, très bas ! Le bouquin illustrerait à merveille le rayon « Vendredi, c’est lecture pourave » du blog d’Altervorace !!

Niveau dialogues, scénario, travail des personnages et tout le Saint tremblement, ça se situe au niveau de vingt mille lieues sous les mer ! Pas le roman de Jules Verne, non, je vous parle de la profondeur abyssale du roman. Oui, c’est aussi bas que ça.

Le 4ème de couverture mentionnait : « Ce roman de cœur et d’épée est l’une des plus touchantes histoires d’amour jamais écrite ». Touchante ? Non ! Lamentable, oui !

Le niveau de ce livre ne vole pas plus haut que le derrière d’un cochon et il est tellement sirupeux du point de vue de l’histoire d’amour que si je l’avais tordu, j’aurais fait provision de miel pour les 10 prochaines années !

Comme le chantait Patriiick : j’m’attendais pas à ça ! Si j’avais su que c’était de la lecture pourave, j’aurais viré mon cerveau et lu pour ce qu’il était. J’vous jure que je suis tombée de haut, et rapidement, en plus.

Vous ne me croyez pas ? Vous voulez des preuves ? Vous allez en avoir, à vos risques et périls pour vos neurones.

Scénario : la comtesse Maximilienne de Villeneuve-Caramay se promène dans les bois (la, la, la schtroumpf, la,la, la), elle a un enfant de 2 ans et vit séparée de son mari, qui court la gueuze à Paris.

D’elle, vous aurez pour description « Fort belle, avec ses longs cheveux bruns et ses yeux violets, elle s’était volontairement exilée dans son superbe château de Mortefontaine ».

Vous comprenez mieux la profondeur abyssale, là ? Description digne d’une rédaction d’une gamine de 7 ans.

Elle croise la route d’un homme qui s’est tordu la cheville à cause de son cheval (oh, un air de « Jane Eyre » mais n’est pas Brontë qui veut) et elle le ramène dans son supeeerbe château… Il lui dit qu’il est l’interprète du Tsar de Russie, Pierre le Grand, qui vient rendre visite au roi Louis XV et au régent, Philippe d’Orléans.

J’ai déjà compris que ce sois-disant baron Pierre Mikhaïlof n’est autre que le Tsar de Russie.

« Chababadabada, chababadabada » ils vont tomber amoureux l’un de l’autre…

On s’en doutait, avec des réflexions telles que : « Maximilienne avait tout à coup un sentiment de bonheur intense qu’elle ne pouvait s’expliquer ».

Bref, après le souper, ils s’en vont aider une vieille bohémienne dont le mari souffre d’une rage de dent, que le Tsar enlèvera avec une pince.

Oui, Maximilienne aide son prochain et ne chasse pas les gitans, bohémiens et autres, non, elle les accueille !

Et c’est durant le retour que le faux interprète mais vrai Tsar lui prendra la main :  « Qu’ai-je fais pour mériter des moments si délicieux ? » lui demande-t-il. Il lui avoue son amour avec un « Maximilienne, je vous aime ».

Et un litre de miel, un ! Parce que après avoir joué au jeu de « Je t’aime, moi non PLUS » (+), ils vont nous sortir le grand jeu avec « Je vais et je viens, entre tes reins »…

Oui, premier chapitre, c’est l’amour fou et partagé et début du deuxième, le Tsar va ôter son calbute pour une partie de culbute ! Virer son falzar pour lui faire admirer l’bazar… et lui fourrer le sceptre qui n’était pas d’Ottokar Ier.

Audiard étant absent lors de l’écriture des dialogues, cela nous donnera des : « C’est donc ça, l’amour ? » murmuré par une Maximilienne toute palpitante et des « Oui, c’est cela ma chérie, je vais t’apprendre à devenir une vraie femme », répondu par Pierre.

Heu, elle a déjà un gosse, elle voit plus ou moins… En plus, si le fait de se faire faire l’amour « correctement » par un homme doit faire de nous de vraies femmes, j’en connais beaucoup qui n’en seront jamais, les pauvres !

Encore pire : « Regarde-moi mon amour, tu es belle, tu es faite pour aimer ». Profond, non ?

Ah non, j’oubliais le « Je t’aime, Pierre, serre-moi contre toi, garde-moi toujours car je t’attendais depuis si longtemps ! » et le encore pire « Maximilienne, tu te donnes à moi sans savoir qui je suis, et tu ne peux imaginer ce que cela représente pour moi. C’est le plus beau de tous les cadeaux ».

Puisqu’il l’a aimé toute la nuit, son légionnaire, nous avons droit à une pensée philosophique d’une des femmes qui peut prétendre au titre de la plus bête de toute la littérature : « Maximilienne ne comprit que plus tard à quel point Pierre avait fait violence à sa nature parfois sauvage pour être si doux et si tendre avec elle ».

Et nous n’en sommes qu’à la page 20 !

Comme prévu, le Tsar ne lui dit pas qui Il est, laissant son ami jouer son rôle de Tsar et même draguer Maximilienne pour être bien sûr de son amour. Diantre, c’est digne d’un Pierre le Grand, ça ? Il n’en sort pas grandi, le pauvre.

Ensuite, il l’emmène avec lui à Paris, voir le petit Louis XV (il est tout jeune, le gamin) et c’est là qu’elle apprend ce que nous savons déjà : Pierre est le Tsar. Le vrai !

Madame boude, monsieur traverse Paris pour la retrouver, sympathise au passage avec le bandit Cartouche et avec Law, le père des actions (on lui doit l’introduction du billet de banque et d’une des premières bourses au monde).

Là, le Tsar a plus des airs d’un jeune Belmondo… et il a d’autres pensées profondes telles que :

« Il désirait éperdument cette femme à la peau douce et fraîche comme un fruit » (il n’a sans doute jamais touché les épines des figues de barbarie)

« Maximilienne se sentait envahie d’une chaleur intense, venue du plus profond d’elle-même » (trop mangé de fayots et une flatulence qui remonte ?)

« Oh, Pierre, comment ai-je pu songer à ne plus vous revoir ? » (Elle songe, donc elle est…)

« L’ange de l’amour déployait sur eux ses ailes et ils se sentaient isolés du monde ». (attendez, je vais vomir !)

Il la reculbute et lui jure de l’aimer pour toute la vie…

Ouais, pourtant, lors d’une fête à Versailles, un orage éclate et le fait de voir les nichons rebondis d’une marquise lui donne envie de lui fourrer le buisson puisque « Une petite aventure ne saurait faire de peine à Maximilienne si elle n’en sait rien ».

Lorsqu’elle le surprit en train de lorgner sur l’opulente poitrine, Maximilienne s’en fut, poursuivie par le Tsar, décidément très en verve car il nous sortira :

« Je suis vraiment incorrigible, je possède la plus exquise des femmes et je m’en vais trousser une marquise qui ne vaut pas plus que la dernière des souillons de cuisine ».

Il la course, entre de force dans une chambre et pousse sa meuf sur un lit.

La suite serait délectable et je vais vous la conter, ce qui est regrettable car le Tsar, très féru de dialogues inoubliables, nous sortira des :

« Je t’aime, je te veux, je brûle de t’aimer » et un « Je te violerai si je veux »car Mâdâme se refuse à lui.

« Je te violerai si je veux » ? Ou était le MLF ?? Les chiennes de garde ? Les flics ? Versailles était-il donc une sorte d’hotel Sofitel ?

Heureusement que Maximilienne « sentait poindre en elle un désir irrésistible au contact du corps viril de Pierre ».

L’avantage, c’est que l’auteur nous dit que c’est à ce moment précis que sera conçu leur fils, Floris ! Pas lors de l’assaut précédent ou de celui de demain, non, non, ce soir là !

Le pire était à venir, parce que Maximilienne va suivre le Tsar, à Moscou, elle est tellement gentille que lorsqu’elle le suit à la guerre, les soldats l’aiment bien, et que, se faisant enlever, un des ravisseurs se battra contre l’autre parce qu’il ne veut pas qu’on la tue, car on ne tue pas une femme enceinte. Oh, que c’est touchant !

Lui aussi deviendra son pote ! Seule l’épouse de Pierre, Catherine, complotera contre elle.

L’accouchement ? Elle mettra au monde un beau rôti de 10 livres… Un bébé de 5 kilos, messieurs, dames ! Rien de moins, rien de plus. Et elle n’était même pas grosse comme une vache à l’engraissement.

Comme le disait mon boucher « Il y en a un peu plus, madame, je vous le laisse ? ».

Le bébé est même né avec une dent mais plutôt que de le nommer Nakunedent, ils le nommeront Floris.

La totale sera atteinte lorsqu’elle présentera Floris, âgé de trois mois à son autre fils, Adrien, âgé de trois ans. Il n’est pas content, l’enfant, de devoir partager sa maman avec un truc vagissant, mais maman est futée et elle lui donne le paquet vagissant et là, miracle, son premier enfant tombe sous le charme de son petit frère !

L’auteur nous précise même qu’Adrien protégera TOUJOURS son petit frère et qu’ils seront inséparables ! Pff, pas drôle, même pas de conflit fraternel, juste de l’amour jusqu’à plus soif !

Même Alexis, le fils du Tsar, qui a comploté contre son père, aimera la nouvelle meuf de son père, avant de mourir, empoisonné.

Ensuite ? J’ai laissé tomber, j’avais déjà perdu trop de neurones dans l’aventure et vous pensez bien que je ne lirai pas le second tome !

Non, ce livre est juste bon pour celui qui veut lire de la lecture pourave ou caler un meuble…

Ah, si vous organisez un camp scout, prenez-le avec vous, pour le feu de camp, c’est tout bon puisque c’est de la guimauve !

ABANDON : Titre participant à l’Objectif « PAL Noire à Zéro » de George et « Vingt Mille Lieues Sous Mes Étagères » by The Cannibal Lecteur.