Évasion : Benjamin Whitmer

Titre : Évasion

Auteur : Benjamin Whitmer
Édition : Gallmeister Americana (06/09/2018)
Édition Originale : Old Lonesome (2018)
Traducteur : Jacques Mailhos

Résumé :
1968. Le soir du Réveillon, douze détenus s’évadent de la prison d’Old Lonesome, autour de laquelle vit toute une petite ville du Colorado encerclée par les montagnes Rocheuses.

L’évènement secoue ses habitants, et une véritable machine de guerre se met en branle afin de ramener les prisonniers… morts ou vifs.

À leurs trousses, se lancent les gardes de la prison et un traqueur hors pair, les journalistes locaux soucieux d’en tirer une bonne histoire, mais aussi une trafiquante d’herbe décidée à retrouver son cousin avant les flics…

De leur côté, les évadés, séparés, suivent des pistes différentes en pleine nuit et sous un blizzard impitoyable.

Très vite, une onde de violence incontrôlable se propage sur leur chemin.

Critique :
Si nous étions dans un Disney, nos évadés chanteraient : ♫ Libérés, délivrés ♪ On ne nous enfermera plus jamais ♪ Libéré, délivré ♫ C’est décidé, je m’en vais ♫ (1)

Les gardiens de prison chanteraient plus : ♫ Ça vaut pas la peine ♪ De niquer le système ♪ Pour aller faire l’évadé ♫ Dans la neige qui vient d’ tomber ♪  Ça fait rire les méchants ♪ Ça dure jamais longtemps ♫ Ça fait pus rire personne ♪ Quand les gardiens t’assomment ♫ (2)

Mais vu que nous sommes dans un roman de Benjamin Whitmer, les gardiens vont plutôt chanter : ♫ On va vous matraquer, à éclater vos cervelles ♪ Vous buter ♪ À coup d’manivelles ♪ Vous retrouver, vous foutrez plus l’bordel ♪ On va vous buter tellement on est cruels ♪ (3)

Benjamin Whitmer n’a pas la réputation d’écrire des romans feel good, ni des récits avec des licornes, mais des romans noirs de chez noirs, quand bien même le récit se déroule sous la neige.

En lisant ce livre, vous savez ou vous mettez les pieds. Ici, tout est brut de décoffrage et les prisonniers évadés ne sont pas les pires.

Véritable récit de chasse à l’homme, l’auteur nous expédie dans le trou du cul du Colorado, en 1968 et là-bas, tout est permis pour remettre les gens dans le droit chemin, surtout des évadés. Pas de sommation, on flingue à vue.

La force de ce récit ne tient pas que dans son scénario taillé au scalpel, mais aussi dans ses personnages qui sont de véritables paumés, des types qui n’ont jamais su aller plus loin que leur bled pourri et ceux qui ont réussi à le quitter un jour, ont dû revenir ensuite.

Une alternance de narrateurs (prisonniers, gardiens, journalistes) ajoute aussi du peps au récit car nous pourrons le suivre au travers de plusieurs regards tout en s’immisçant dans la psyché, dans la vie, les pensées, les secrets, les blessures, les liens, des différents protagonistes. Violent, parfois.

Oubliez le rêve américain, c’est une utopie qu’on vous a vendu et qu’on a avalé. Avec Whitmer, jamais tu n’avales des couleuvres car il te remet le pays de l’Oncle Sam au milieu du village et te dresse un portrait au vitriol, sans concessions, sans circonstances atténuantes. Accusé, levez-vous et vous n’aurez pas droit à un baveux.

L’auteur, après nous avoir enfoncé la tête dans une nuit noire (et obscure) sous la neige froide et immaculé, va la maculer d’hémoglobine, de violence, de coups de feu et maltraiter tous ses personnages et le lecteur aussi.

Évasion, c’est une histoire très simple, sans doute racontée des milliers de fois : le pouvoir de l’auteur est de nous la raconter encore une fois, à sa façon, avec ses mots taillé à la serpe.

Son histoire, elle est unique dans sa manière de vous attraper les tripes, dans sa manière de vous coller un pain dans la tronche et de vous laisser ensuite avec un sale goût dans la bouche.

Un roman noir de chez noir et il ne vous reste même plus l’espoir… C’est brut, c’est violent, c’est le portrait d’une ville sans foi ni loi et où ceux qui devraient la garder, ou du moins, la respecter, se torchent le cul avec.

Un roman noir qui mélange l’amour des mots avec la poudre des balles, la poésie avec la matraque. C’est sombre, ça flirte avec le glauque mais jamais il n’y sombre.

Magistral.

(1) Sur l’air bien connu et super exaspérant de « La reine des neiges » et si vous ne connaissez pas cette chanson, je vous envie cette chance ! Restez vierge…
(2) Sur l’air de « La complainte d’un phoque en Alaska » du groupe Beau Dommage ou de Robert Charlebois.
(3) Sur l’air de « On va s’aimer » de Gilbert Montagné.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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En ce lieu enchanté : Rene Denfeld

Titre : En ce lieu enchanté                                                               big_5

Auteur : Rene Denfeld
Édition : Fleuve Éditions (2014)

Résumé :
La dame n’a pas encore perdu le son de la liberté. Quand elle rit, on entend le vent dans les arbres et l’eau qui éclabousse le trottoir. On se souvient de la douce caresse de la pluie sur le visage et du rire qui éclate en plein air, de toutes ces choses que dans ce donjon, nous ne pouvons jamais ressentir.

Dans le couloir de la mort, enfoui dans les entrailles de la prison, le temps passe lentement. Coupés du monde, privés de lumière, de chaleur, de contact humain, les condamnés attendent que vienne leur heure.

Le narrateur y croupit depuis longtemps. Il ne parle pas, n’a jamais parlé, mais il observe ce monde « enchanté » et toutes les âmes qui le peuplent : le prêtre déchu qui porte sa croix en s’occupant des prisonniers, le garçon aux cheveux blancs, seul, une proie facile.

Et surtout la dame, qui arrive comme un rayon de soleil, investie d’une mission : sauver l’un d’entre eux. Fouiller les dossiers, retrouver un détail négligé, renverser un jugement.

À travers elle naissent une bribe d’espoir, un souffle d’humanité. Mais celui à qui elle pourrait redonner la vie n’en veut pas. Il a choisi de mourir.

La rédemption peut-elle exister dans ce lieu où règnent violence et haine ? L’amour, la beauté éclore au milieu des débris ?

Critique : 
En ce lieu enchanté règne toute sorte de princes : ceux des voleurs, ceux venu du royaume des assassins, des violeurs, nous avons aussi le roi des caïds, les rois de la pègre, les barons de la drogue… Que du beau linge !

Les seules oies blanches que vous croiserez sera les pauvres gars qui servent, contre leur gré, de femme objet aux caïds. Si d’aventure il y a de la blancheur, ce sera celle de l’héroïne.

L’histoire de ce roman se déroule dans une prison d’état, pas une prison moderne, non, une vieille prison sale, vétuste, où certains caïds font régner leur loi.

Notre narrateur est dans le couloir de la mort. Vous qui entrez ici… Oui, oubliez toute espérance.

Pourtant, j’ai décelé des soupçons d’humanité dans cette prison gangrénée par la corruption à tous les étages. Dans toute cette haine des autres et de sois-même, j’ai décelé des traces d’amour. Non, tout n’est pas perdu.

De notre narrateur, nous ne saurons que son nom ainsi qu’une partie de son enfance, mais rien des crimes qui l’ont conduit en prison. On se doute que ce fut terrible, horrible, mais on arrive pas à haïr cet homme qui n’a plus proféré une parole depuis des lustres. Cet homme qui s’évade au travers de ses livres qu’il chérit plus que tout.

Ce qu’il lit n’a pas d’importance. L’essentiel, c’est que la lecture lui ait ouvert un autre monde.

Quand je lis des livres qui parlent d’amour, je sais qu’ils disent la vérité. Cette vérité m’étreint le cœur à m’en faire mal. J’essaie de la voir à travers mes yeux, levés vers le plafond de pierre de ma cellule, et je me demande: Quel effet ça fait, de ressentir de l’amour ? Quel effet ça fait, d’être reconnu ?

Les livres ont apporté un sens dans ma vie, ils lui ont donné un sens; car la vie est une histoire.

Stephen King nous avait offert un récit rempli d’humanité dans La Ligne Verte et l’auteur de ce roman réussi l’exploit de nous parler du milieu carcéral avec sensibilité et beaucoup de douceur, sans tomber dans le pathos mais ça appuie là où ça fait bât blesse.

Je ne peux plus penser à ce monde du dehors, il est trop vaste, il me fait peur. C’est un cirque effréné qui résonne de l’affrontement des idées et des êtres. Depuis que j’ai neuf ans, j’ai passé mon temps enfermé quelque part. Je suis habitué à ces pièces contenues dans d’autres pièces, elles-mêmes contenues dans des enceintes de barbelés électrifiés. Les murs que d’autres trouveraient suffocants sont devenus mes poumons.

Le récit est court : 200 pages qui se lisent en quelques heures. Quelques heures dans ce monde enchanté, dans cette prison où les conditions de vie sont inhumaines et où la bouffe est tellement avariée que les soupes populaires ne l’ont pas voulue. Alors, des margoulins la revendent aux prisons…

Nous sommes en Amérique, dans un pays démocratique et civilisée (sois-disant) mais quand on entre dans cette prison, on a l’impression d’être reparti en arrière, vers le Moyen-Âge.

La prison accepte toutes les marchandises mises au rebut que même les soupes populaires refusent. Quand un magasin se retrouve avec une benne pleine de courgettes pourries, de viande avariée ou de rognures de légumes jaunis, il s’adresse à une liste de bonnes œuvres qui vont des refuges pour SDF aux agences alimentaires pour l’Afrique en passant par les soupes populaires. C’est seulement quand aucune n’en a voulu qu’ils téléphonent aux autorités pénitentiaires.

L’écriture est magnifique, sans chichis, sans fioritures, mais sa richesse fait mouche et vous transperce le cœur.

Mon âme m’a quitté quand j’avais six ans. Elle a passé un rideau qui claquait au vent et s’est envolée par la fenêtre. Je lui ai couru après, mais elle n’est jamais revenue. Elle m’a abandonné sur des matelas humides et puants. Elle m’a abandonné dans l’obscurité étouffante. Elle a pris ma langue, mon cœur, mon esprit.

Les personnages sont travaillés, sans avoir besoin d’en dire trop sur eux, ils sont profonds, qu’ils soient humains ou salauds.

Il y a de la pudeur dans ce roman qui ne porte aucun jugement mais vous laisse seul juge.

Même la Dame qui travaille pour un cabinet judiciaire et qui enquête sur certains prisonniers du couloir de la mort ne porte pas de jugement. Son rôle est de fouiller les dossiers afin de retrouver un détail négligé, dans l’hypothétique but de faire renverser un jugement.

Elle fait son boulot, sans leur chercher d’excuses, elle veut juste « comprendre » pourquoi, un jour, ces hommes sont devenus des bêtes féroces. Véritable enquêtrice, c’est dans l’enfance des criminels qu’elle va mettre le nez et ce qu’elle renifle ne sent pas bon du tout.

C’est sa mère, cette femme aux cheveux clairsemés, au corps tassé. Cette femme à l’haleine de pommes mûres, aux seins écroulés. Une femme qui, des années durant, a laissé des hommes passer sa porte pour abuser de son enfant. Pas parce qu’elle était une mauvaise mère, mais pour une raison plus difficile à accepter : parce qu’elle ne voyait pas le problème.

Si vous avez l’impression que ce roman est sombre et que le soleil n’est accessible uniquement par la petite fenêtre du parloir, vous avez tort. La lumière se cache dans les pages, aux détours des phrases, des personnages, et de toute la grandeur du récit.

Vous qui ouvrirez ce livre, n’abandonnez pas toute espérance. Dans la couloir de la Mort, il y a de la Vie. Et des larmes, aussi.

Je reste sous ma couverture pendant une éternité avant de décider que la dame est assez forte pour avoir posé les yeux sur moi. Un jour, elle considérera les monstres pour ce qu’ils sont et cessera de se demander pourquoi elle va les chercher. Elle arrêtera de se reprocher de vouloir leur édifier des châteaux forts. Les monstres ont besoin de paix, eux aussi. Les monstres ont besoin d’une personne sincèrement désireuse de les écouter eux-aussi, de les entendre vraiment, afin qu’un jour nous puissions trouver les mots qui soient davantage que des mots à cocher. Alors nous pourrons peut-être faire en sorte que jamais plus n’existent des gens comme moi.

Cet article clôt mon année littéraire 2014.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015)et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Justice blanche, misère noire : Donald Goines [NUM]

Titre : Justice blanche, misère noire                    big_4

Auteur : Donald Goines
Édition : Gallimard (2001)
Première publication : White Man’s Justice, Black Man’s Grief (1973)

Résumé :
Chester Hines est un Noir de Detroit jadis jugé pour meurtre et acquitté. Au volant de sa vieille Ford déglinguée, il grille un feu et se fait arrêter par la police. Comme il est déjà fiché, l’inspection est minutieuse et un flic découvre un pistolet dans la voiture.

Arrêté, Chester est incarcéré en attendant son jugement. Dans sa cellule, les détenus noirs font la loi et abusent sexuellement des Blancs, ce qui ne lui plaît guère. Jusqu’au jour où un maton décide d’intervenir et fait sanctionner plusieurs prisonniers sous l’accusation de sodomie.

Bientôt jugé et condamné à une lourde peine, Chester n’est pas au bout de son calvaire…

Petit plus : Noir de Detroit, proxénète, dealer, trafiquant et consommateur de drogue plusieurs fois emprisonné, Donald Goines a écrit une douzaine de romans au style épuré et d’un indéniable réalisme.

Le présent roman, publié en 1973, est une impitoyable description de l’univers carcéral, des brimades sordides endurées par les détenus les plus faibles et des rapports de domination racistes qui se trouvent inversés en prison.

C’est aussi un virulent pamphlet à propos du système de libération sous caution qui bafoue les droits des plus pauvres et singulièrement ceux de la communauté noire.

Critique : 
— Hé, man, si t’es à la recherche d’un récit trépidant avec des courses-poursuites, faudra que t’ailles voir ailleurs si j’y suis. Ici, tu mets les pieds dans un huis-clos sordide.

« Si ça te plaît pas, t’as qu’à demander à ton baveux commis d’office de te faire sortir de ce trou à rat. Mais n’oublie pas, man, si t’es pas un Blanchot, compte pas trop dessus. T’as pas la bonne couleur, man ! »

— Tout Noir qui n’est pas totalement dénué de connaissance est bien conscient que la démocratie, la liberté et la justice qui sont vantées dans les tribunaux ne sont qu’une façade. […] Un Noir est coupable jusqu’à ce qu’il prouve son innocence, et même alors on le trouve coupable à cause de sa couleur de peau. Alors pourquoi vous vous mettez en tête que ces flics puissent être différents ?

Bienvenue dans la prison du comté où les détenus attendent l’audience qui les déclarera coupable ou non du délit qui leur est reproché. Les cellules peuvent contenir 14 détenus mais elles sont occupées par une vingtaine d’hommes, ceux en trop dormant à même le sol.

La bouffe ? Dégueulasse ! Le café ? Amer. Le sucre ? Faut payer, comme pour tout le reste. La douche est au milieu de tout et les chiottes aussi. Que vous vous laviez ou que vous vous soulagiez, ce sera aux yeux de tout le monde.

Et pour peu que vous soyez un Blanc perdu avec quelques autres au milieu des Noirs et que votre petit cul soit à leur goût, vous n’échapperez pas à la perte de votre virilité par introduction d’un membre vigoureux dans votre fondement.

Un Blanc était obligé de se battre s’il voulait sauver son trou du cul.

Ne cherchez pas à vous évader, durant tout le récit, vous serez enfermé avec ces hommes et vous entrerez dans un véritable huis-clos oppressant où le plus fort mange à sa faim et le plus faible non.

Les garçons blancs se faisaient sodomiser et on leur piquait leur bouffe et leur argent. Ça se passait dans tous les blocs.

Si dehors, les Blancs sont les plus forts, dans la prison du comté, ce sont les Noirs ont le pouvoir sur les Blancs.

— Je vais faire payer à ces culs blancs les trois siècles de douleur qu’ils nous ont causés.

Le titre du livre résume bien toute l’injustice du système carcéral américain : la justice y est pour les Blancs, pas pour les Noirs. Un Blanc qui vole et qui tire purgera moins qu’un Noir qui vole sans faire usage d’une arme.

Triste constat que l’auteur nous rappellera souvent, dans ce livre : un accusé blanc a beaucoup plus de chance de faire moins d’années de prison qu’un Noir, quel que soit le délit, et y compris pour des délits moindres que ceux commis par des Noirs.

Idem en ce qui concernait les cautions, fixées à des montants exorbitants pour les prévenus Noirs, montants que les accusés ne récupéreront jamais, même s’ils sont jugés innocents.

D’abord, les Blancs sortaient sous caution beaucoup plus vite. Soit leurs amis réussissaient à trouver l’argent, soit leur caution n’était pas aussi élevée que celle de la majorité des Noirs. Quoiqu’il en soit, tout Blanchot assez malchanceux pour passer quelque temps dans la prison du comté vivait une expérience qu’il n’oublierait jamais. La perte de la virilité n’était qu’un début. La perte de sa vie était une probabilité non négligeable.

Pire, le jour de leur jugement, le juge a déjà lu leur dossier et décidé des peines qu’il leur infligera à chacun.

Chester Hines y est détenu, en attente de son jugement et il s’est lié d’amitié avec Willie Brown. C’est à deux qu’ils vont tenter de survivre à l’enfer.

L’homme a des principes : il ne sera pas un bourreau des Blancs, tout comme il n’a jamais accepté d’en être leur victime.

Avec un style propre à lui et un langage très argotique et fort cru, Goines aborde à travers les thématiques propres à la prison : l’homosexualité, le viol, la survie alimentaire, les comportements hiérarchiques, l’amitié, la trahison…

Rien n’est épargné au lecteur. Ici, tout n’est que noirceur. On s’en prend plein la gueule et on se dit qu’on n’aimerait pas se retrouver à leur place !

Malgré leur passé sombre, ces hommes ne méritent pas un traitement aussi inhumain de la part des gardiens car ces hommes n’ont pas encore été jugés « coupables » des délits qui leur sont reprochés ! Tellement inhumain qu’ils furent tous content d’être transféré à la prison de Jackson, après leur condamnation, c’est vous dire.

Un grand roman noir, véritable pamphlet sur le système carcéral totalement inhumain ainsi que sur l’injustice flagrante qu’il régnait dans les années 70. Un brûlot virulent sur le système des libérations sous cautions. Le pays n’en sortira pas grandi.

Les tribunaux sont surchargés, et le droit qui garantit au citoyen une audience ou un jugement rapides est bafoué, en premier lieu à cause de l’énorme quantité d’affaires que les tribunaux doivent traiter. Il arrive que des gens (dont une bonne partie sont ensuite innocentés des faits ayant conduit à leur arrestation) passent plus d’un an dans une prison de comté parce qu’ils ne sont pas en mesure de réunir les fonds nécessaires à leur caution. Et ceux qui ont la chance de trouver ces sommes ne les récupéreront jamais, même si en fin de compte leur affaire se solde par un non-lieu ou s’ils sont acquittés à leur procès !

Les Noirs sont conscients de cet abus, car ce sont eux, dans une très large majorité, qui en font les frais, et ce en permanence. Mais les Noirs n’ont pas les moyens de remédier à cette situation. Aucun de nos leaders noirs (ou plutôt de nos prétendus « leaders noirs ») ne semble vouloir affronter les municipalités sur ce terrain. Peut-être ont-ils peur d’offenser leurs amis blancs.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur et le Challenge « Le Mois Américain » chez Titine.