Chaque jour Dracula : Loïc Clément et Clément Lefèvre

Titre : Chaque jour Dracula

Scénariste : Loïc Clément
Dessinateur : Clément Lefèvre

Édition : Delcourt Jeunesse (25/04/2018)

Résumé :
Comme chaque matin de la semaine, Dracula va à l’école. Mais c’est avec une boule au ventre car certains de ses camarades de classe, de gros balourds, n’arrêtent pas de l’embêter.

Certes, quelques-unes de ses particularités font de lui un garçon différent mais estce une raison suffisante pour qu’il subisse ce harcèlement constant ?

Comment y remédier ? Un soir, il franchit le pas et en parle à son papa…

Critique :
Le harcèlement scolaire n’est pas neuf, hélas, mais de mon temps, au moins, il s’arrêtait lorsque vous quittiez l’école à 16h !

Il ne se poursuivait pas en dehors des murs de l’école, ni durant les week-end, ni durant vos vacances.

Maintenant, avec les réseaux sociaux, les gosses harcelés ne sont plus jamais tranquilles et pire, le monde entier peut se moquer d’eux.

Utiliser le personnage de Dracula, enfant, pour parler du harcèlement scolaire et de la différence était une excellente idée. Cela aurait pu être n’importe qui, mais le fait que ce soit LUI, donne une autre dimension à cette excellente bédé.

Qui pourrait imaginer que le grand Dracula, la terreur de vos nuits de cauchemars, des films de la Hammer, le vampire de la légende, serait victime du harcèlement scolaire ? Moi jamais… Dans cette bédé, c’est lui la tête de Turc. Un comble, je sais.

Dracula est un enfant touchant, son père aussi, lui qui est végétarien et qui n’a rien d’une créature démoniaque comme les romans et les films ont tenté de nous faire croire.

Le sujet difficile du harcèlement est bien traité, tout en douceur (si l’on peut dire), avec un Dracula qui pense être responsable de ces brimades (qui peuvent aller loin) et qui n’ose pas en parler à son père, ou alors, du bout des lèvres, minimisant la chose.

J’ai apprécié la justesse du ton, la sensibilité que les auteurs utilisent, faisant bien ressentir les émotions du jeune Dracula, son désarroi, sa terreur, son sentiment d’impuissance face à ces harceleurs qui prennent chacune de ses différences pour se moquer de lui.

Il y a de l’humour dans cet album et de l’espoir ! Bien qu’ici, les réseaux sociaux ne soient pas abordés, on peut rendre espoir à ceux et celles qui sont victimes du harcèlement à sortir la tête hors de l’eau, leur faire prendre conscience que cela peut s’arrêter, à condition que les adultes compétents prennent les choses en charge et que l’enfant harcelé aille puiser des forces en lui.

Oui, je sais, ça ne va pas aussi bien que ça dans la réalité, ce n’est pas si facile que ça de sortir de cette spirale infernale…

Cette bédé a au moins le mérite d’expliquer aux enfants ce qu’est le harcèlement et pourrait faire prendre conscience à certains (certaines) de l’imbécilité de ce genre de comportement ou aux harcelés, à avoir des explications sur la méchanceté de certains.

Les auteurs ont évité le pathos ou le larmoyant, même s’il y des émotions dans cet album, trop court. Ce sera mon seul bémol : j’aurais apprécié plus de pages tant je me sentais bien dans cette bédé jeunesse.

Anybref, une lecture à recommander aux plus jeunes, aux moins jeunes et à ceux qui se retrouvent face à ces têtes blondes qui ne sont absolument pas gentilles (les profs), afin d’enrayer la spirale infernale, celle qui transforme l’école (déjà pas marrante) en jungle où tout est permis.

PS : Merci à Syl, du blog « Thé, lectures et macarons » pour m’avoir donné l’envie de lire ce petit livre jeunesse !

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Bulles, Jeunesse et vampires), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°93] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 40 pages).

Dracula : Roy Thomas et Mike Mignola (Versions N&B et Couleurs)

Titre : Dracula (Versions N&B et Couleurs)

Scénariste : Roy Thomas
Dessinateur : Mike Mignola
Traduction : Janine Bharucha

Éditions : Comics USA (1994) / Delcourt (2018)

Résumé :
Il y 25 ans, Mike Mignola adaptait le classique film de Francis Ford Coppola basé sur le roman Dracula de Bram Stoker. Longtemps resté épuisé, ce trésor caché revient dans une édition couleur remastérisée digne de ce nom.

Transylvanie, 1462. Vlad Drakul laisse la belle Elisabeta pour guerroyer contre l’envahisseur turc. Revenu victorieux du combat, il découvre qu’elle s’est suicidée à la fausse nouvelle de sa mort.

Éperdu de douleur, il abjure sa foi en l’église et en appelle aux puissances du sang pour venger et retrouver sa bien-aimée à l’aide de pouvoirs obscurs. Il devient alors un vampire connu sous le nom de Dracula.

Critique :
Dracula de Bram Stoker, je le connais bien (lu le roman deux fois) et je connais encore plus l’adaptation faite par Francis Ford Coppola (que j’ai du voir 36 fois au moins).

Donc, lire l’adaptation du film (lui même adapté du roman) en bédé, ça pourrait sembler être une redite…

C’est en une sans en être car malgré tout, la mémoire efface certains détails et la version bédé a le mérite d’aller au plus rapide.

Possédant la version couleur, je me suis faite prêter la version en noir & blanc afin de comparer les deux éditions. Lisant la version N&B, je comparais ensuite la page avec celle de la version couleur.

Ce ne sont pas tout à fait les mêmes : la traduction est un peu différente entre les deux, certains graphismes ont été revus, mais dans l’ensemble, peu de différence, si ce n’est que l’on perçoit mieux les dessins avec les couleurs qu’en version N&B.

Si l’histoire est une adaptation assez fidèle du film (mais avec moins de détails), si j’ai pris plaisir à me remettre en mémoire, on ne pourra pas dire que les dessins de Mike Mignola m’auront apportés de la jouissance visuelle.

Trop d’ombres dans les visages et dans les décors. Cela brouille la perception que l’on aimerait avoir des personnages, cela cache les expressions des visages et réduisent l’endroit dans lequel ils évoluent à leur plus simple expression.

Ces zones d’ombres sont les mêmes dans la version couleurs, mais justement, les couleurs apportent un peu plus de détails aux cases et de ce point de vue-là, je préfère la version colorisée de 1994.

Comme je le disais plus haut, l’adaptation est assez fidèle, mais adapter un film en version bédé implique des coupes dans le récit, des ellipses et le bât a blessé un peu car cela donnait l’impression d’être face à un récit décousu.

Évidemment, l’adaptation n’était pas simple : le film de Coppola était long (et bon) puisque le cinéaste avait donné un passé à Dracula, humanisant le vampire, plus que le roman original de Stoker.

Adapter c’est donc trancher, couper, décapiter, renoncer… Le fait d’avoir encore en mémoire une grande partie du film m’a permis de ne pas perdre pied dans ce récit haché.

Anybref, ce ne sera pas un coup de coeur, ni pour les dessins, ni pour l’adaptation générale en bédé. Et ce, quelque soit la version (colorisée ou pas).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°74] et le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (5. Vampires).

 

Le Prince de la nuit – Tome 9 – Arkanéa : Yves Swolfs et Thimothée Montaigne

Titre : Le Prince de la nuit – Tome 9 – Arkanéa

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thimothée Montaigne

Édition : Glénat (06/11/2019)

Résumé :
Les liens du sang sont éternels…

Kergan s’est désormais trouvé une nouvelle compagne en la personne d’Anna, qu’il a récemment transformée malgré les réticences d’Arkanéa.

Mais alors qu’il croyait s’être émancipé de sa propre créatrice, celle-ci est capturée par Arthémius, conseiller religieux du prince Vladimir, et soumise à de cruelles tortures au sein d’un monastère.

Car l’homme d’Église fait montre d’une ferveur redoutable pour mieux connaître la nature et l’origine des vampires.

Au nom de son dieu unique, il s’autorise à devenir plus maléfique encore que les créatures qu’il prétend combattre.

Partageant la souffrance d’Arkanéa, Kergan prend alors conscience de la puissance du pacte qui les unit. Les liens du sang sont éternels…

Critique :
Kergan a pris son envol, il s’émancipe, il veut s’affranchir de sa meneuse, de sa créatrice et faire d’Anna sa nouvelle compagne.

Comme Arkanéa n’est pas chaude pour un plan à trois, vu que ce sera encore plus difficile de se nourrir et d’échapper aux Humains, il lui fait le coup du crayon : il se taille !

Le Raspoutine de service, grand protecteur de la Foi, réussi à capturer Arkanéa et à lui faire livrer ses petits secrets vampiriques. Et comme Kergan est lié à elle, il va ressentir chacune de ses souffrances.

La religion tient une place importante dans ce neuvième album, surtout lors des discussions entre l’espèce de Raspoutine, qui se sent plus chrétien que le Christ lui-même, qui se sait investi d’une mission divine avec l’accord de Dieu (qui une fois encore, n’a sans doute rien demandé).

Frère Arthémius considère comme blasphème les croyances de certains qui ont pour dieux les éléments de la Nature, comme ce fut le cas pour Arkanéa, avant de devenir vampire et comme c’est toujours le cas pour ceux qui résistent encore à la conception d’un dieu unique.

Kergan commence à montrer le vampire qu’il deviendra, lorsque nous le recentrerons plus tard, dans les premiers albums car, tel les humains qui adoptent un animal de compagnie, il fera ensuite comme beaucoup en abandonnant Anna à son triste sort dans les bois.

Une fois de plus, si les dessins de Montaigne ne sont pas ceux de Swolfs auxquels j’étais habituée, j’ai apprécié son trait, même si, comme pour le précédent album, le blanc des yeux, trop présent, donne à bien des personnages des traits hallucinés.

Les personnages ne sont pas tout blancs ou tout noirs, on a des nuances, la ligne rouge est toujours proche et à force de regarder dans l’abyme, l’abyme regarde en nous aussi.

C’est un très bon scénario, que j’ai apprécié et qui nous offre des êtres vampiriques comme je les aime, sans états d’âmes, ne se nourrissant pas de sang de biches innocentes au fond des bois, mais bien de sang humain.

Ma foi, ça valait peut-être le coup d’attendre si longtemps avant de retrouver Kergan le vampire (que je ne pensais plus jamais revoir autrement qu’en relisant mes anciennes bédés) dans des récits maîtrisés, cohérents et de très bonne facture, ce tome-ci étant encore mieux que le précédent.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages).

Le Prince de la nuit – Tome 8 – Anna : Yves Swolfs et Thimothée Montaigne

Titre : Le Prince de la nuit – Tome 8 – Anna

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thimothée Montaigne

Édition : Glénat (14/11/2018)

Résumé :
Kergan parcourt depuis huit cents ans les steppes et forêts d’Europe centrale. Des siècles de chasses nocturnes, en compagnie de son initiatrice Arkanéa, qui lui ont apporté la force et l’expérience d’un vampire ancien…

En cette année 1013, les deux compagnons font halte à Kiev où le seigneur Vladimir règne en maître absolu.

C’est ici que Kergan, désormais prêt à obéir à ses propres instincts, va décider de s’émanciper d’Arkanéa. Et de marquer de ses crocs le cours de l’Histoire…

Critique :
Génial, je pourrai maintenant me vanter partout que j’ai lu Montaigne… Son essai était très bon, même si ses dessins ne suivent pas la ligne que Swolfs adoptait.

Oui, bon, c’est Thimothée Montaigne (et non Michel) et il est dessinateur, mais sur un malentendu, ça pourrait le faire, non ?

Encore un gros retour aux sources de ma part.

Après avoir lu les deux derniers albums de « Légende », j’ai enchaîné avec cette autre saga de Swolfs : le vampire Kergan, dont j’avais lu le premier tome en 1995 (ça ne me rajeunit pas, tout ça).

Hormis un album en dessous des autres (tome 4 : Le journal de Maximilien), le reste de la saga était de bonne facture, même si je regrettais toujours que les visages se ressemblent fort avec ceux des autres séries de Swolfs.

Une fois de plus, qui dit changement de dessinateur dit changement de style et même si celui de Montaigne est très réaliste et qu’il exécute parfaitement bien les dessins, que se soit pour les visages ou les décors. Par contre, le blanc des yeux était fort présent et donnait un regard halluciné à bien des personnages.

À d’autres endroits, j’aurais préféré une ligne plus claire afin d’avoir plus de finesse dans les détails des visages.

Dans le précédent album, nous avions assisté aux débuts de Kergan en tant que vampire. Dans celui-ci, nous allons assister à son émancipation, après 8 siècles à sillonner le monde à ses côtés. Pour le moment, lui et sa mentor sont dans l’Europe de l’Est, dans la région de Kiev.

Complots, politique, espionnage, paranoïa, enquêtes sur les cadavres exsangues retrouvés et l’amour se trouvent au menu de cet album et comme nous le savons tous et toutes, l’amour et la politique ne font pas bon ménage quand des oreilles indiscrètes écoutent aux portes.

Kergan n’a pas fait preuve de prudence et le frère Arthémius, qui ressemble à Raspoutine, va mener sa petite enquête pour retrouver le buveur de sang. Ce sinistre personnage est un serviteur de Dieu (qui n’a sans doute pas engagé cet espère d’illuminé) et tout ce qui ne l’agrée par, heurte son âme.

Cet album est un beau retour aux sources, à la jeunesse vampirique de Kergan, bien moins machiavélique qu’il ne le fut ensuite, dans les premiers albums de la série. Là, il se cherche encore, il voudrait chanter ♫ libéré, délivré ♪ et mener son propre chemin en devenant, lui aussi, un mentor pour de jeunes et belles vampiresses.

Comme pour la saga « Légende », je m’en vais poursuivre ma route avec l’album suivant, en espérant que lui aussi soit à la hauteur et surtout, que l’on ne doive pas attendre un siècle avant de lire les suivants…

14 ans se sont écoulés entre la parution du tome 6 et celle du 7, puis 3 ans entre le 7 et le 8, ce qui fait que la lectrice que je suis n’attendais plus rien de cette saga. Mais puisque l’on m’a redonné le goût du sang, j’espère que ma soif sera étanchée régulièrement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°04] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 50 pages).

Le gardien des ténèbres : Rodolphe et Isaac Wens

Titre : Le gardien des ténèbres

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Isaac Wens

Édition : Glénat Grafica (30/05/2007)

Résumé :
Le mystérieux carnet rouge à l’écriture toujours étrange possède des fragments écrits par une autre main en grec ancien. Ils font allusion à Charles Darwin et à sa visite à Monham.

London est approché par l’inquiétant Ptah qui souhaite acquérir le carnet, offre qu’il refuse.

Sur les traces de Brewser, ancien secrétaire de Darwin, Mort London apprend qu’il dirige un cirque ambulant sous le nom de Docteur Ward. Alors qu’il obtient de Ward le nom de Monham, la belle Victoria est chargée par Bram Stoker de séduire PTAH qui l’entraîne de nuit au Bristish Museum…

Un ultime épisode qui conclut avec éclat cette remarquable trilogie flirtant agréablement avec les romans gothiques des grands auteurs britanniques.

Critique :
Cette bédé fait suite à la série « London », même si pour autant il n’est pas noté que c’est le tome 3…

Ici Londres ! Fin XIXe siècle. Mortimer London (Mort) est entré en possession d’un étrange carnet rouge dont il ne comprend pas un traître mot.

Bram Stoker, qui lui donne un coup de main, peut juste lui dire que l’ami qui a tenté de le déchiffrer a juste réussi à lire du grec ancien et la signature de son auteur : Charles Darwin himself !

À travers le court récit qui explique la visite que fit un jour Charles Darwin à un inconnu, on comprend facilement que ça l’a marqué, ébranlé, qu’il a failli remettre en question ses théories.

Une fois de plus, les auteurs surfent sur l’élément fantastique sans vraiment le faire apparaître car rien du visage de la personne rencontrée par Darwin ne sera montré. Vu les commentaires de Mort qui vit la photo et les tableaux, on se doute que ce n’est pas joli joli à voir et qu’il aurait sa place dans la foire aux monstres.

Mais avant d’arriver à ce point final, Mort va enquêter, se faire cambrioler, se faire agresser, mais aussi se faire aider de la belle Victoria. Fil après fil, il va dénouer cet écheveau sans jamais que le lecteur ne sache vraiment qui sont ces autres créatures qui ont arpenté la Terre du temps des premiers Hommes…

Je pestai dans mon coin car j’aurais aimé voir, savoir ce à quoi j’avais affaire comme créature, supprimant d’office les vampires (puisqu’ils ne sont, en principe, pas horrible à regarder) et éliminant Néandertal puisqu’il n’est pas capable de vivre plus de 300 ans (et ne possède pas non plus une peau de serpent).

Jusqu’à ce que j’arrive à la fin, je pensais que je resterai sur ma fin… Mais l’ultime indice viendra de Victoria, partie en Amérique s’occuper d’un jeune garçon. Le tête du gamin, plus sont prénom peu courant m’ont sauté aux yeux et j’ai compris. Si besoin est, le nom de famille est lui aussi divulgué, sans compter l’indice flagrant dans la couverture, que j’ai remarqué ensuite.

Un récit bourré de mystère, de suspense, des graphismes agréables à regarder avec des couleurs qui ajoutent une ambiance gothique à cette bédé.

Anybref, sans révolutionner le genre, cette saga se laisse lire et la conclusion, même si elle laisse bien des portes ouvertes et qu’elle ne montre pas la tête du « monstre », donne tout de même de gros indices tout en mettant à l’honneur deux monuments de la littérature fantastique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°275], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°25], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 62 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

London – Tome 02 – Le carnet volé : Rodolphe et Isaac Wens

Titre : London – Tome 02 – Le carnet volé

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Isaac Wens

Édition : Glénat – Grafica (2005)

Résumé :
Etre le majordome d’un aristocrate anglais se révèle plus passionnant que prévu pour Mort London. Il partage son temps à travailler et à combler les désirs érotiques de l’épouse délaissée de son patron.

Parallèlement, il découvre de mystérieux secrets qui entourent la famille Trelawny. Il n’est pas le seul puisque Scotland Yard et Sir Charles s’y intéressent de près également. Et notamment à propos d’un certain Sir Arthur, frère jumeau de Sir Charles, dont la mort a été annoncée quatre années auparavant, lors d’un combat en Afrique

Mais qui peut bien alors habiter cette pièce glauque que Mort découvre ?

Les énigmes dont regorge le manoir ne peuvent laisser indifférent, surtout lorsque Londres tremble sous la menace d’un meurtrier, digne héritier des méthodes de Jack l’éventreur !

Critique :
Dans ce deuxième tome, l’enquête progresse à grand pas, nos deux détectives en herbe trouve ce qui se cachait derrière la fenêtre fantôme.

De l’autre côté, nous suivons les tribulations de deux hommes patibulaires à la recherche d’un carnet volé par une prostituée nomme MJK et qui se fit assassiner le 9 novembre 1888…

Par contre, j’ai hurlé en découvrant le tarif demandé par la belle rousse : 12 shillings ?? Quand on sait qu’une £ sterling vaut 20 shillings et que les prostituées, du temps de Jack The Ripper (et même avant) ne touchait que quelques pences…

Les graphismes ne sont toujours pas ma tasse de thé, mais ils collent toujours bien à l’ambiance sombre et glauque de cette bédé. Attention, pas glauque dans le mauvais sens du terme, juste dans le bon.

Les auteurs ne nous font pas mariner durant plusieurs albums et dans ce deuxième tome, tout s’accélère, les histoires du premier tome qui semblaient sans rapports l’une avec l’autre se rejoignent et on a une belle vue d’ensemble de toute l’affaire.

Une fois de plus, le suspense est maîtrisé, pas de temps mort, des cadavres semés dans un parc et un tueur en cavale qui semble avoir pris la direction des marais où il fait super pour chasser le canard mais aussi pour y paumer son cheval, embourbé…

Ça sent bon le bourbier de Grimpen et le chien des Baskerville ! Et si vous aviez des doutes, une flèche indique le village de Harkeville…

Tous les mystères ne sont pas levés dans ce deuxième volume, mais j’ai appris qu’il en existait un troisième, bien que ne portant pas ce même titre de la série et je vais me mettre en quête afin de connaître tout le fin mot de l’histoire avec le carnet rouge et ses drôles de notes.

Quoiqu’il arrive, on peut aussi stopper l’aventure ici. Tout ce qui a trait à L’Éventreur est clos. Mais on peut poursuivre l’aventure avec « Le gardien des ténèbres » qui met en scène les mêmes protagonistes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°271], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°21], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

London – Tome 01 – La fenêtre fantôme : Rodolphe et Isaac Wens

Titre : London – Tome 01 – La fenêtre fantôme

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Isaac Wens

Édition : Glénat – Grafica (2005)

Résumé :
« Mon histoire se passera là-bas… En Moldavie ou en Valachie, parmi les Alpes transylvaniennes, les Carpates… Dans ces lieux reculés, ces vallées encaissées, où ni le progrès, ni le soleil ne s’aventurent… Les mœurs, comme le climat, y sont rudes…

Et la mémoire des gens est pleine d’histoires terribles ! Des légendes, bien sûr, mais aussi des faits historiques monstrueux. On m’a parlé d’un Voïvode du XVème siècle, un des princes régnants de Valachie, un certain Vlad II… Son père était surnommé « Drakull », ce qui veut dire « Le Diable », et lui-même « Tépes », « L’Empâleur » !

Ce charmant garçon fit en effet empaler plus de 40000 personnes, Turcs pour la plupart ! Un des personnages les plus sanguinaires de l’histoire ! On raconte qu’il n’est pas vraiment mort et qu’il dort en attendant que son peuple ne le rappelle ».

Voilà ce qui est en train de germer dans la tête de Bram Stoker, l’écrivain qui deviendra mythique en écrivant « Dracula », sommet de terreur en littérature…

Critique :
Mort London est un jeune peintre, mouton noir de la famille. Son ami, Bram Stoker, lui raconte une partie de son futur roman qui mettra en scène Vlad Tepes, dit L’Empaleur (et pas en raison d’une vie sexuelle débridée).

Puisqu’il est sans le sous, Bram donne l’adresse de Sir Charles, avocat, à Mort afin que ce dernier se fasse engager chez lui et puisse gagner sa vie tout en continuant son art.

Et dans la maison des Trelawny, il se passe des choses étranges ! Très très étrange !

Comme dans les ruelles de Londres où il semble que l’Éventreur serait revenu aux affaires, 10 ans après.

N’allons pas par quatre chemins, je n’ai pas été subjuguée par les dessins et le graphisme. Mais je dois reconnaître qu’il allait comme un gant à l’ambiance sombre, gothique et mystérieuse de cette bédé.

Il est difficile de lâcher ce premier tome car il est bourré de mystère, d’angoisses et de questionnements. Mort London n’est pas un Sherlock Holmes, mais avec la belle gouvernante, Miss Gray, ils vont enquêter sur les phénomènes étranges qui se déroulent sous leurs yeux et c’est addictif.

Les dialogues ne volent pas haut, ils ne décrocheront pas le prix d’interprétation intellectuelle, mais ils n’en sont pas moins corrects pour l’époque et énoncés par des personnages réalistes.

Les femmes sont cantonnées au rôle qui leur été échu à cette époque victorienne (être belles et se taire, surtout se taire) mais on sent tout de même une envie d’émancipation sexuelle entre une qui veut se taper le joli peintre (ou poser nue pour lui) et l’autre que le peintre aimerait coucher dans son lit et qui hésite.

Cela reste une belle mise en bouche (oups) pour un premier tome et je m’en vais de ce pas lire le suivant afin de crever l’abcès du suspense de cette fenêtre fantôme.

Il est à noter que le tome 3 (qui n’en est pas tout à fait un) ne porte pas le nom de cette saga  dont les deux premiers sont parus en 2005… Mais maintenant que je l’ai vu, je peux vous garantir que la saga se termine totalement dans « Le gardien des ténèbres ».

PS : un bel hommage à Sherlock Holmes dessiné par Sidney Paget dans cette image…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°265], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°14], et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages)  et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Hel’Blar – Tome 1 – Les chasseurs de Draugar : Sergio A. Sierra et Alex Sierra

Titre : Hel’Blar – Tome 1 – Les chasseurs de Draugar

Scénariste : Sergio A. Sierra
Dessinateur : Alex Sierra

Édition : Sandawe (2017)

Résumé :
Norvège, an 910. Quel ennemi peut être assez fou pour s’attaquer aux terribles Vikings ?

C’est la question que se pose le groupe de guerriers et guerrières lancé à la poursuite de deux guerriers apparemment invincibles qui ont attaqué leur village et enlevé leurs enfants.

Ils ne trouveront la réponse qu’au terme d’une traque aussi angoissante que sanglante…

Critique :
Voilà une bédé qui déménage ! Il y a tous les éléments réunis pour donner une histoire géniale : de l’action, des guerriers vikings, des massacres de villages, des créatures sorties tout droit de l’enfer…

Les dessins sont très bien exécutés, les ambiances sont sombres à souhait, le mystère est bien présent, le suspense est utilisé à bon escient, les causeries aussi et les créatures foutent encore plus la trouille dessinées en ombre.

Ok, ça sent le scénario classique, déjà vu mais vous savez aussi que le plus important est la manière dont on raconte l’histoire. Une vieille blague connue bien racontée me fera toujours de l’effet.

Bingo ! Les frères Sierra ont réussi à me raconter une histoire qui m’a prise directement dans ce premier tome, sorte de mélange d’histoire de vampires, de morts-vivants, de marcheurs blancs à la G.R.R Martin ou de 13ème guerrier, film avec Antonio Banderas où des saloperies surgissaient d’une brume plus épaisse que celle de Londres au temps du smog (oui, j’adore ce film).

Maintenant, je ne sais pas si les vikings, à cette époque, utilisaient des mots comme « tarlouzes » ou « machos décérébrés », ? Je n’ai pas suivi un cours sur leur langage, mais je doute que ces mots soient parfaitement A.O.C.

Comme dans tout bon scénario, faut monter un groupe pour tenter de récupérer les enfants enlevés par cette horrible engeance que sont les Draugars (connus aussi sous les noms de Hel’blar, de mort noire ou de guerrier non-morts).

Nous avons beau être dans un univers de testostérone, de guerriers qui pillent pour subsister, de types qui fêtent le premier guerrier ennemi qu’ils ont tué ou qui jouent à celui qui pisse le plus loin (ou celui qui a la plus grosse), les femmes ne seront pas laissées de côté dans cette expédition puisque deux les accompagneront et que ce sont de sacrées guerrières.

Un album fantastique (dans les deux sens du terme) dont le scénario, même s’il est classique, est bien mis en scène, dont le suspense est bien équilibré, ainsi que les passages action ou blabla, sans que l’un prenne le pas sur l’autre.

Franchement, une belle découvert et vu le final, je ne vais pas attendre plus longtemps pour lire le second et dernier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°242], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres : Christophe Arleston et Dimat

Titre : Elfes – Tome 30 – Le scintillement des ténèbres

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Dimat

Édition : Soleil (27/01/2021)

Résumé :
Les origines des elfes sur les terres d’Arran enfin dévoilées ! Des elfes premiers au mystère du grand schisme, l’histoire elfique est mise en lumière par le plus torturé des elfes noirs.

Gaw’yn est en quête de la dague de saphir dont il espère qu’elle l’aidera à se débarrasser de sa part d’ombre. Accompagné de deux jeunes elfes noires, il recherche à travers les glaces du grand nord la mythique cité de Skögsta.

Mais au détour d’un étrange campement saisonnier, son chemin croise celui d’un prédateur millénaire détenteur d’un secret qui touche à la nature même des elfes…

Critique :
Gaw’yn est depuis le début un de mes Elfes préférés et le suivre dans de nouvelles aventures est toujours un moment fort attendu, et redouté.

Il reste toujours la crainte que le tome ne soit pas à la hauteur, qu’il me déçoive, qu’Arleston tourne en rond dans son histoire.

Pas de panique avec le tome 30, on fait un bond en avant sur l’Histoire, la Genèse du peuple Elfe, le tout sur un rythme assez élevé où les temps morts sont rares et quand il y en a, ils sont toujours instructifs.

Nos Elfes Noirs sont des assassins professionnels, pourtant, ils sont tombés sur un dur-à-tuer et durant tout l’album, on n’est jamais sûr de qui est le berneur ou le berné et si notre Elfe à la couleur halée est un habile stratège ou un Elfe qui va obéir sans sourciller à nos assassins.

Les couleurs sont une fois de plus magnifiques, les dessins aussi, même si je trouve que Gaw’yn a changé depuis qu’il n’est plus dessiné par Ma Yi dont j’appréciais le coup de crayon.

Ce nouveau tome ouvre une autre porte, celle des origines des Elfes et je gage que le nouveau souffle va provenir de là, ainsi que des nouvelles terres d’Arran puisque la guerre des goules est terminée. Il y a matière à aller s’encanailler dans de nouveaux scénarios riches de péripéties et de secrets divulgués.

En attendant, Gaw’yn et ses deux collègues meurtrières ont une mission à accomplir, pour leur survie, une quête à faire, un contrat à honorer et ils leur faut éviter de sombrer du côté obscur de la Force, eux qui en viennent déjà et qui savent tout des différents formes que le Mal peut revêtir.

Vont-ils y arriver ? Je ne vous dirai rien (maintenant, si vous me payez, je vous raconterai tout, même ce que je ne sais pas)…

Sachez juste que ce tome est de très bonne facture, même si conventionnel dans le fond (mais quel scénario ne l’est pas ?), la surprise venant de la manière dont le conventionnel est narré, mis en scène et quels personnages intéressants évoluent dans le monde créé par le scénariste.

Et ici, tout est réuni pour que le conventionnel sorte de l’ordinaire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°188] , le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°14]. et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B).

Preacher (Urban) – Tome 1 : Garth Ennis et Steve Dillon

Titre : Preacher (Urban) – Tome 1

Scénariste : Garth Ennis
Dessinateur : Steve Dillon

Édition : Urban Comics Vertigo Essentiels (2015)
Édition Originale : Preacher, book 1 (2009)
Traduction : Jérémy Manesse

Résumé :
Au premier abord, le révérend Jesse Custer ne semble pas différent des autres petits pasteurs de province des États-Unis. Isolé dans une petite ville du Texas, le temps s’y dilue sans agitation, et avec lui, l’ardeur de sa foi.

Jusqu’au jour où un terrible accident vient anéantir son église et décimer l’ensemble de ses fidèles. Depuis lors, Jesse développe d’étranges pouvoirs émanant d’une force spirituelle appelée Genesis.

En proie au doute et à de multiples interrogations, l’homme se lance alors à la recherche de Dieu et, chemin faisant, croise la route de Tulip, son ex-fiancée, et de Cassidy, un vampire irlandais.

Un pèlerinage au coeur de l’Amérique, où le Bien et le Mal ne font qu’un.

(Contient Preacher #1-12)

Critique :
Bon, il est temps que j’écrive ma chronique au lieu de me taper la main sur la cuisse tellement j’ai apprécié ce comics.

De l’audace, il ne fallait que ça pour arriver à mettre en scène une histoire déjantée, sombre, noire, folle, aux dialogues extras.

N’en jetez plus, même les dessins, je les ai appréciés !

Par contre, si vous êtes allergiques au fantastique, prenez une boîte d’antihistaminique car vous pourriez avoir une crise de boutons…

Imaginez un paradis où un ange aurait copulé avec un démon et qu’un enfant serait né de cette union sauvage et sensuelle. Désolée de vous l’apprendre de cette manière, mais apparemment, les anges ont un sexe (une bite) et ils peuvent l’utiliser.

Je ne vous en dirai pas plus, z’avez qu’à lire le comics, tiens ! Partez sur la route en compagnie de Jesse, le pasteur habité par l’entité Genesis (pas le groupe), suivi de Tulip, son ex-copine et de Cassidy, le vampire. Faites juste gaffe au Saint des tueurs.

Oui, c’est irrévérencieux au possible, c’est violent, sombre, les têtes explosent, les gros mots fusent, le racisme crasse colle aux basques de certains personnages, mais bon sang, qu’est-ce que c’est jouissif ! Sauf si vous êtes une grenouille de bénitier… Là, vous risquez de défaillir grave votre mère.

Certains personnages sont un peu dans la caricature, mais la majorité sont étoffés, travaillés. Les personnages secondaires sont pour la plupart des trous du cul bas de plafond.

Une fois de plus, je me dois de remercier Jean-Marc-Les-Bons-Tuyaux (Actu du Noir) pour m’avoir donné envie de lire cette saga. J’ai mis un peu de temps mais maintenant que je suis lancée, j’espère avoir le temps de la lire en entier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°95] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc [FIN DU CHALLENGE].