Il faut flinguer Ramirez – Tome 2 : Nicolas Petrimaux

Titre : Il faut flinguer Ramirez – Tome 2

Scénariste : Nicolas Petrimaux
Dessinateur : Nicolas Petrimaux

Édition : Glénat (04/12/2020)

Résumé :

Qui parviendra à flinguer… la rockstar du S. A. V. ? Falcon City est en émoi. Le lancement du Vacuumizer 2000 s’est transformé en une scène de crime macabre. L’inspecteur Eddy Vox est persuadé que le coupable n’est autre que Jacques Ramirez, un salarié de la Robotop fraîchement nommé « employé de l’année ».

Quant aux hommes du cartel de Paso del Rio, ils n’ont pas dit leur dernier mot… C’est avec l’aide inattendue de deux célébrités en cavale que Ramirez parvient à leur fausser compagnie ! Alors qu’il avait planifié un week-end mémorable à Stone Creek, il se retrouve embarqué bien malgré lui dans une chasse à l’homme aussi explosive que pittoresque.

L’occasion idéale pour régler certains conflits familiaux et profiter des richesses qu’offrent l’Etat d’Arizona. Dans ce décor majestueux, nombreux sont les candidats qui courent après Ramirez.

918vlpedlolCritique :

Enfin la suite des aventures trépidantes de Ramirez, le roi du S.A.V, poursuivi par des tueurs sanguinaires et en cavale avec deux braqueuses de banque.

Le tome 1 nous laissait sur un suspense insoutenable mais avec déjà un fragment de réponses quand au fait que notre Jacques Ramirez, paisible employé muet du S.A.V de la société d’aspirateurs Vacuumizer 2000 était considéré par des membres d’un cartel comme un dangereux tueur.

De l’humour, de l’action, encore de l’action et toujours de l’humour pour cette bédé où je conseille à tous et toutes de tout lire ! Même les pubs de lancement pour un film, même les annonces de pub pour des aspirateurs… TOUT, lisez-tout, nom d’un aspirateur à l’obsolescence programmée !

Oui, dans cette bébé géniale, on a des coupures pubs, mais c’est pour la bonne cause parce qu’elles sont drôles, singeant notre monde, disant tout haut ce que les publicitaires (et les vendeurs) n’oseraient pas dire tout bas : obsolescence programmée, garanties plus que limitées, malbouffe, empreinte carbone excessive et j’en passe.

Bref, vous l’aurez compris, dans cette bédé, l’humour est décalé et le second degré est nécessaire pour apprécier toutes les subtilités, d’ailleurs, il est noté dans l’album que des situations peuvent avoir recours au degré N°2. Sans cette disposition, vous risqueriez de ne pas apprécier l’affaire.

L’auteur n’est pas vache, il répond à une partie de nos questionnements et nous en apprend un peu plus sur son personnage principal, Jacques Ramirez, qui entre nous, n’a sans doute pas fini de nous étonner.

Les couleurs sont toujours dans les tons chauds, les dessins, même s’ils offrent des gros nez à certains personnages, sont dynamiques et les scènes de baston ne sont pas statiques, figées, comme parfois j’ai déjà vu, mais ici, c’est dynamique !

D’ailleurs, impossible de lâcher l’album avant d’avoir tout lu, la moindre page, la moindre pub, les imbécilités de fin d’album, non, je n’ai pas sauté une seule ligne, une seule lettre.

C’est fun, décalé, bourré d’humour, d’action, de suspense, de flingues, de balles qui partent dans tous les sens, de cadavres semés à tous les vents et de révélations sur le passé de certains personnages. Lire cette bédé, c’est ouvrir la porte d’un autre monde, un monde des années 80, sans covid, sans masques, sans papiers de sortie à se signer soi-même.

Une bouffée d’air frais, voilà ce que c’est ! Elle sent peut-être la poudre et l’essence qui brûle, mas on s’en fout, tant qu’on ri et que l’on passe un super bon moment de lecture, non ?

Je ne sais pas ce que vous foutez encore devant vos écrans qui vont vous abîmer les yeux au lieu d’être en train de courir vers le dealer de bédés le plus proche pour acquérir ces deux petits bijoux que sont ces deux tomes.

Étoile 4

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°222].

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Thrillers polars 06

Trilogie de la crise – 03 – Pain, éducation, liberté : Pétros Márkaris

Titre : Trilogie de la crise – 03 – Pain, éducation, liberté

Auteur : Pétros Márkaris
Édition : Points Policier (26/03/2015)
Édition Originale : Psōmí, paideía, eleuthería (2012)
Traduction : Michel Volkovitch

Résumé :
2014. À Athènes, la survie quotidienne est de plus en plus difficile pour les citoyens appauvris et pour les immigrés harcelés.

C’est alors qu’un tueur en série jette son dévolu sur des personnalités d’envergure issues de la génération de Polytechnique qui, après s’être rebellées contre la junte militaire, ont eu une carrière fulgurante. Le criminel reprend le célèbre slogan des insurgés de l’époque pour formuler sa revendication : « Pain, éducation, liberté».

Qui se cache derrière ces meurtres ? Un membre de l’extrême droite ou un ancien gauchiste mû par le désir de vengeance ? Le commissaire Charitos, privé de son salaire depuis trois mois, tente avec sa ténacité habituelle de comprendre les mobiles du coupable.

Pain, éducation, liberté est le troisième volet de la trilogie de la crise grecque, après Liquidations à la grecque (prix Le Point du Polar européen 2013) et Le Justicier d’Athènes.

Critique :
Dernier volet de la Trilogie de la crise où l’auteur continue d’explorer son pays, la Grèce et à nous faire vivre sa crise financière de l’intérieur, avec un réalisme bluffant, en imaginant que la Grèce aurait abandonné l’euro pour revenir à la drachme.

Comme souvent dans les romans policiers, l’enquête n’est là que pour permettre d’investiguer dans le passé pour expliquer la catastrophe qui sévit au présent car tout est lié.

Pendant que le commissaire Kostas Charitos enquête sur les meurtres de trois crapules, l’auteur en profite pour fouiller les tiroirs de la Grèce et en sortir le linge sale qu’il va laver en public.

Des tiroirs bourré de naphtaline, il extirpe dehors de la misère, de la pauvreté, des destins brisés, mais aussi de la débrouille car lorsqu’on est pauvre, on devient plus intelligent et on essaie de trouver des solutions.

Comme on ne sait pas laver plus blanc que blanc, il faut aussi s’attendre à des magouilles, de l’opportunisme, des tortures, des révolutionnaires devenus comme les colonels qu’ils ont chassé, des vestes qui se retournent, de celles qui craquent de tous les côtés à force d’avoir été retournées… À la prochaine révolution, certains retourneront leurs pantalons…

Imaginant un retour du pays à l’ancienne monnaie (la drachme), l’auteur développe son univers avec réalisme, n’épargnant rien aux lecteurs et montrant que même diplômé, il est difficile de s’en sortir quand son pays est en crise.

Il ne se prive pas non plus de taper sur ceux qui se sont engraissés durant des années, sur le clientélisme, sur les faux handicapés qui touchaient des pensions et sur le fait que lorsque l’argent arrivait, tout le monde en profitait, même si certains se sont empiffrés plus que d’autres.

L’extrême droite dans le pays fait ce qu’elle fait de mieux : elle casse, elle brûle, elle frappe sur les immigrés, leur reprochant tout, oubliant qu’ils sont dans la même merde que tout le monde et que ces derniers voudraient quitter le navire puisqu’il n’y a plus rien comme travail. Hélas, partir coûte de l’argent, ils sont bloqué et doivent subir les attaques des décérébrés.

Ce que j’apprécie dans cette saga, c’est que les assassinés soient des salopards, des crapules, bref, des victimes que l’on n’a pas du tout envie de pleurer. Pire, on croise même les doigts que notre commissaire Kostas Charitos ne découvre jamais les coupables car ce sont bien souvent des assassins sympathiques

Oui, je devrais avoir honte de dire qu’on devrait décorer les assassins de cette trilogie, mais si j’ai honte, c’est juste un tout petit peu…

Un roman policier qui sert de support pour parler de la tragédie de la crise grecque, pour nous la montrer telle qu’elle était, telle qu’elle fut et combien certains en ont souffert. Les conneries, les exactions des uns provoquent toujours la chute des autres, mais l’auteur ne donne pas le beau rôle aux grecs et les mets aussi face à leurs fautes.

Anybref, un roman policier aux arômes de roman noir qui vole plus haut que le polar de gare et qui nous fait visiter une Grèce qui ne se trouvera jamais sur les cartes postales ou dans le guide du Routard. Mais ses personnages qui seront nos guides valent plus que tout les autres guides car ils sont devenus des amis.

Ce troisième tome aurait dû clôturer la trilogie de la crise, mais ouf, il y en a un quatrième à déguster.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°201] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°27].

 

Il faut flinguer Ramirez – Tome 1 : Nicolas Petrimaux

Titre : Il faut flinguer Ramirez – Tome 1

Scénariste : Nicolas Petrimaux
Dessinateur : Nicolas Petrimaux

Édition : Glénat (30/05/2018)

Résumé :
Jacques Ramirez est l’exemple parfait de l’intégration des personnes handicapées dans le milieu professionnel.

Le fait d’être muet ne l’a pas empêché de devenir le meilleur technicien chez Robotop, le leader de l’aspiration des poussières.

Ponctuel, efficace et aimable, son nom a même été avancé pour recevoir le titre d’employé de l’année (chut, ce n’est encore qu’une rumeur).

Par contre, le cartel mexicain de la drogue l’a dans le collimateur et un contrat court sur sa tête.

Critique :
Pour ceux et celles qui aiment les bédés qui ne manquent pas d’action, d’humour, qui sont totalement barrées en plus d’être supercool, celle où il faut flinguer Ramirez est parfaite pour subvenir à leur bonheur littéraire.

Mais qui est ce Ramirez, au fait ? C’est LE meilleur employé du S.A.V de Robotop (Arizona), une société spécialisée en aspirateurs pour les ménagères de moins de 50 ans.

Il est muet, discret et souffre-douleur de son chef, sorte de petit dictateur beuglant sur tout le monde, sauf sur le directeur, bien entendu.

Problème : un cartel mexicain veut sa tête car il leur a joué un coup de tepu il y a quelques années.

Est-il bien celui qu’il dit qu’il est ? Enfin, non, il ne peut pas le dire, il est muet, mais bon, on s’comprend ! A-t-il une double vie ou est-il victime d’une énormissime erreur sur la personne ? Si oui, il ne peut même pas leur crier « Ce n’est pas moi ! ».

Cette bédé se déroule dans les années 80 et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est jubilatoire !

Entre les dialogues drôles, bien écrits, avec un petit air d’Audiard, le scénario qui ne nous laisse que peu de répit, les situations cocasses, les coïncidences malheureuses, les dessins aux couleurs chaudes et le récit entrecoupé de pubs ringardent de cette époque, comme elles pouvaient l’être, sans oublier la Une du Falcon City Today, journal de la ville, qui ne se prive pas pour annoncer à ses lecteurs que aucune info n’est vérifiée ou recoupée, moi, je me suis marrée comme une baleine !

Sorte de road-movie où l’on peut croiser un moustachu en chemise hawaïenne, dans sa Ferrari rouge clinquante, en communication avec un dénommé Higgins, des filles façon Thelma & Louise, des flics aux lunettes de soleil (même quand il n’y en a pas), aux méthodes borderline, le tout épicé avec du Miami Vice, de l’Arme Fatale, à la sauce Tarantino, cette bédé se déguste avec un sourire béat affiché tant elle est bourrée de références à ces années 80 et tant elle est une bouffée d’air frais.

Les personnages sont bien campés, le casting est parfait, le mystère est bien présent, le suspense aussi, surtout à la fin, avec un cliffhanger de fou qui donne envie de courir acheter la suite (merde, il est trop tard, c’est fermé !). Il y a de l’humour, le tout est décalé, un peu fou, mais totalement assumé.

Un premier tome qui détonne, qui explose et qui ravira tous ceux et celles qui aiment les bédés qui sortent de l’ordinaire ! Moi, je suis conquise et je vais aller acheter la suite dès que je pourrai.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°196] et Le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°22].

West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone : Fred Duval et Andrea Fattori

Titre : West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone

Scénariste : Fred Duval
Dessinateur : Andrea Fattori

Édition : Soleil Productions (13/01/2021)

Résumé :
Cody est le meilleur chasseur de bisons de l’Ouest et il le prouve encore une fois en abattant 69 bisons sous les yeux ébahis des spectateurs venus assister au massacre orchestré par Buffalo Bill.

S’ensuivent alors des années fastes et la création du lucratif « Buffalo Bill Wild West » mais Cody, entre deux tournées, a besoin de souffler.

Il part en dépit des mises en garde chasser à Yellowstone.

Critique :
Buffalo Bill ! Quelle légende, quel C.V ! Ce mec a tout fait, dans l’Ouest, du Pony Express, du massacre de bisons, on dit même qu’il était à Little Big Horn.

Bref, cet homme est une légende de son vivant.

Oui, mais… Est-ce bien vrai tout ça ou bien est-ce des carabistouilles ? Parce qu’on a peu de preuves de tout ce qu’on dit qu’il a fait.

Aurait-il enjolivé les faits ou bien est-ce les autres qui en ont rajouté en racontant son histoire ?

Cet album ne vous donnera pas la vérité, mais une clé pour comprendre comment la légende s’écrit, qui la propage et tout ce qu’on peut broder autour des silences d’une personne.

Comparé à Sitting Bull, j’ai trouvé que cette histoire se lisait vite, bien trop vite… Je me suis retrouvée à la fin sans vraiment m’en rendre compte. Merde alors, déjà fini ?

Effectivement, pas de temps morts, pas le temps de se tourner les pouces, à partir du moment où Buffalo Bill met les pieds dans le Yellowstone, tout bascule et les emmerdes commencent.

Les dessins sont agréables à regarder, les couleurs sont belles, le rythme du scénario est rapide, mais heu, il manque tout de même des explications finales, non ??

Des types veulent la peau de Buffalo Bill, le poursuivent, le harcèle, tuent des gens et à la fin, on ne sait même pas le pourquoi du comment ? Bah, si, on entend le meneur se plaindre qu’il a ruiné sa famille, mais rien de plus.

Buffalo Bill est un alcoolo fini qui ne tient pas ses promesses et adore aller jouer aux cartes à Deadwood puis aller voir les putes. On se doute qu’il a dû froisser le monsieur qui veut lui bouffer la rate au court-bouillon.

Donc, les amis, ne faites pas chier le mec qui poursuit Buffalo Bill car il vous traquera impitoyablement et ne se privera pas pour dézinguer vos amis, connaissances… Violent comme procédé, mais nous sommes dans l’Ouest.

Pour le moment, c’est l’album dont le scénario est le moins abouti, même l’album Billy The Kid, avec sa narration non chronologique, avait plus de profondeur.

Ce quatrième album manque de développement, pour moi. Il est rythmé, a de l’action, du mouvement, on ne s’emmerde pas une seconde, mais j’ai eu l’impression qu’il manquait une case explicative de cette haine vouée à l’encontre de Buffalo Bill. Une sensation de trop peu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°187], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°13] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°42]

 

Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan : Jean-Luc Istin et Sébastien Grenier

Titre : Orcs et gobelins – Tome 11 – Kronan

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Sébastien Grenier

Édition : Soleil (27/01/2020)

Résumé :
Antarya traverse une crise des plus graves depuis que la reine Nawell a perdu la raison. Lors d’une trahison de haut vol, elle fait exécuter ses soldats. L’orc Kronan, capitaine de sa garde en réchappe.

Pour lui, celle qui dit se nommer Nawell est une usurpatrice et il compte bien le prouver mais aussi se venger.

Et quand Kronan se venge, il trace toujours un sillon de sang sur son chemin.

Critique :
Quand Kronan fâché, lui toujours faire ainsi !

Non, non, il ne vous crachera pas dessus (quoique) tel un lama sur le capitaine Haddock, mais il laissera un sillon de sang sur son chemin à tel point que vous n’aurez pas besoin de GPS pour le suivre !

N’allez pas pour autant considérer que Kronan est un barbare ! Non, cet Orc est capitaine des gardes de la reine d’Antarya et si les hommes acceptent d’être conduit par un Orc, c’est qu’il a des vertus.

Mais quand la reine semble péter une durite et massacrer tout le monde, Kronan a les crocs et le crucifier n’est pas la bonne action à avoir si on veut en être débarrassé ! Kronan est un guerrier et un Orc n’a pas peur de souffrir, ni même de la mort.

Quelle bonne idée j’ai eue d’aller faire un tour à la librairie, moi ! Cherchant tout autre chose, je suis tombée en arrêt fixe sur la superbe couverture et j’ai embarqué Kronan en même temps qu’un Elfe et Buffalo Bill.

Les amateurs des romans de Robert E. Howard retrouveront sans doute ce qui faisait l’identité des romans originaux, tandis que moi, n’ayant jamais lu les romans ou vu les adaptations cinématographique avec Schwartzy, j’étais vierge de tout et j’en ai bougrement profiter pour me gorger de cette histoire de vengeance et de quête de la vérité.

On peut dire ce qu’on veut, mais les scénaristes de la saga Orcs & Gobelins ont réussi à rendre les culs verts sympathiques, malgré leur violence et Kronan fera partie de mes chouchous car j’ai aimé sa vaillance, ses stratégies, sa fidélité aussi.

Les dessins sont un régal pour les yeux, avec de la finesse, le sens des détails et j’aurais aimé feuilleter l’édition Noir & blanc, mais ce sera pour une autre fois.

Le scénario a aussi tout du conventionnel : une reine qui devient sanguinaire, un prince consort et qu’on devrait laisser à l’intérieur, la soif de pouvoir, de sang, l’emprise d’un démon, des mages, des nécromanciens et un Orc qui rêve de vengeance, de la baston, des pillages, de l’action et du rythme.

Mais, une fois de plus, c’est la manière de raconter l’histoire qui est importante, les dialogues, la profondeur des personnages, leur manière d’interagir et ici, malgré les ingrédients habituels, le plat servi était un trois services, plus dessert : copieux et délicieux.

Conan le Barbare est peut-être devenu Connard le Barbant, sorte de Musclor atrophié du cerveau, entouré de belles nymphes tout aussi sans cervelle (sous la plume de Lyon De Sprague de Camp) mais Kronan l’Orc n’est pas comme lui : il a un cerveau et il sait s’en servir !

Une fois de plus, un excellent tome d’Orc & Gobelins !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°185] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°11].

Madame B : Sandrine Destombes

Titre : Madame B

Auteur : Sandrine Destombes
Édition : Hugo et Compagnie (05/03/2020)

Résumé :
Blanche Barjac, Madame B, est nettoyeur de profession. Malfaiteurs, tueurs à gages et meurtriers, tous font appel à elle pour qu’il ne reste plus une trace de leurs crimes et délits.

Après plusieurs années passées à s’imposer dans ce monde d’hommes, Blanche est devenue une professionnelle respectée dans ce milieu si particulier. Digne héritière de son beau- père qui l’a formée, elle est reconnue pour son efficacité, sa discrétion et son savoir-faire.

Si après chacune de ses interventions Madame B garde un indice comme « assurance-vie », elle n’est pas la seule à accumuler les preuves compromettantes.

En menant l’enquête sur le maître-chanteur qui la persécute et la fait douter chaque jour un peu plus de sa santé mentale, Blanche revient sur son passé et réalise que malgré les nettoyages, toutes les taches ne sont pas effacées. Et que chaque acte entraîne des conséquences.

Critique :
Initiales B.B ! Blanche Barjac est ce que l’on appelle maintenant une technicienne de surface. Autrement dit, une femme de ménage.

Mais attention, pas une femme de ménage comme les autres ! Elle, elle nettoie les scènes de crimes…

Oui mais ce n’est pas le nettoyage des scènes de crimes après le passages des experts de Miami Las Vegas, mais les scènes de crimes que personne ne doit jamais découvrir…

Après son passage, plus aucune trace ne subsiste ! Mr Propre en est jaloux. Si jamais, je vous donne le nom de sa société, on ne sait jamais, ça pourrait servir un jour : RécureNet & associés. Allez-y de ma part.

Anybref, lorsqu’un grain de sable vient se foutre dans votre mécanique bien huilée, tout par en couilles pour le plus grand plaisir littéraire des lecteurs car le roman est rythmé, les indices distillés au compte-goutte, l’auteure joue avec nous, avec ses personnages, avec nos perceptions, nos pieds.

C’est excellent, addictif et je l’ai lu en peu de temps, tellement j’ai dévoré ce thriller.

Chapeau aussi à l’auteure qui a réussi à mettre en scène une héroïne qui n’a rien d’une Tomb Raider bad-ass et à nous la rendre sympathique, alors que, tout de même, elle nettoie des scènes de crime pour des assassins et fait disparaître les corps.

Nous devrions la blâmer, elle devrait avoir des remords… Que dalle, elle reste attachante, comme des taches de sang sur une moquette (avant son passage).

Accrochez-vous au livre car le rythme est assez trépidant, sans jamais devenir trop rapide et perdre le lecteur dans la course folle. On cherche, on creuse, on se demande qui a mis le grain de sable dans la mécanique, la grippant, qui devient fou, qui a trahi et comment tout cela va se terminer.

Si j’avais vu arriver certaines choses, cela n’a en rien enlevé à mon plaisir de lecture car je n’en étais pas sûre à 100%. L’auteure brouille les pistes afin que nous aussi, on se demande ce qui va nous arriver.

Une excellente lecture addictive, une nettoyeuse attachante, pour laquelle j’ai eu de l’empathie, alors que je n’aurais pas dû, mais c’était plus fort que moi. Bref, une bonne pioche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°158].

Mages – Tome 04 – Arundill : Nicolas Jarry et Bojan Vukic

Titre : Mages – Tome 04 – Arundill

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil (26/08/2020)

Résumé :
Arundill avait six ans quand elle a été achetée par l’alchimiste « triste-sourire » qui en fait sa disciple et sa fille adoptive…

Aujourd’hui la jeune femme appartient à l’ordre des Ombres et elle s’est jurée de le retrouver.

Elle brûle de se venger de ce qu’il lui a fait subir, même si pour ça elle doit enfreindre les règles et devenir elle-même une proie pour son ordre.

Critique :
Arundill est une alchimiste guerrière, appartenant à l’ordre des Ombres et il vaut mieux ne pas se mettre en travers de sa quête…

Triste-Sourire, qui l’a acheté lorsqu’elle avait 6 ans et en a fait sa disciple, lui a effacé la mémoire…

Si elle veut se venger de lui, son enquête minutieuse devra se faire hors des clous, quitte a maquiller un peu la vérité afin d’apprendre quelques détails qui lui permettront de retrouver celui qui a fait ce qu’elle est.

Ponctué de flash-back qui vont nous raconter une partie de l’apprentissage d’Arundill ainsi que la dureté de l’épreuve finale entre les différents disciples où il ne doit en rester qu’un (Koh-Lanta version trash, super trash où le maillon faible ne se contente pas de sortir du jeu). Depuis, elle en veut à mort à son ancien maître et ne rêve que de le tuer.

Les dessins du Serbe Bojan Vukic sont des petits bijoux pour les yeux, des diamants resplendissants grâce au travail du coloriste, Nanjan.

Les combats sont dynamiques, bourrés de signes ésotériques que les alchimistes exécutes dans les airs et si l’album ne connait pas vraiment de temps mort, on a envie de s’attarder sur les détails des cases afin de ne rien rater.

Le scénario se joue de ses lecteurs, comme les alchimistes se jouent de nous et s’abusent les uns les autres avec des homoncules et autres sorts pour se tirer d’affaire. Pour cela, le final est explosif.

Nicolas Jarry est un habitué, il sait se jouer de nous et jouer avec nos convictions solidement ancrées. L’enfer est pavé de bonnes intentions et les méchants ne sont pas toujours ceux que l’on croit, pareil pour ceux qui se disent gentils, qui sait ce qu’ils cachent dans leurs âmes pas si pure que ça…

La nouvelle saga consacrée aux Mages est, elle aussi, une réussite et les Terres d’Arran s’étoffent de plus en plus avec tous ces albums et ces peuples qui l’habitent. Mais un doute m’habite aussi : tous ces êtres vivants vont-ils rester dans un semblant d’harmonie (euphémisme avec les Orcs) ou bien un peuple va-t-il essayer de régner sur tous (quelqu’un a vu l’anneau de Sauron, dernièrement ?).

J’attends la suite avec impatience et j’espère recroiser la route de notre alchimiste badass qui n’a pas froid aux yeux, ni aux miches et qui, en se vengeant, aurait dû creuser plusieurs tombes… La vengeance valait-elle la peine ? À méditer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°149].

Orcs & Gobelins – Tome 10 – Dunnrak : Jean-Luc Istin et Alex Sierra

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 10 – Dunnrak

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Alex Sierra

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
« C’est en observant la lumière sur les reflets du lac que je l’ai remarqué. C’était là, au fond. Ça me faisait de l’oeil, ça brillait. Mais le trouble de l’eau m’empêchait de voir de quoi il s’agissait précisément. Alors, je me suis laissé aller vers le fond ».

Un jour, en pêchant, Dunnrak l’orc récupère au fond du lac un pendentif. Lorsque le nom de son frère se grave sur la pierre, Dunnrak ne s’en préoccupe pas, sauf que son frère meurt dans la journée et aussitôt son nom disparaît.

Très vite le phénomène se renouvelle. Dunnrak est-il fou ? Est-ce une pierre de divination ? Et pourquoi personne d’autre que lui ne peut lire les noms inscrits dans la pierre ?

Critique :
♫ Père Castor, raconte-nous une histoire ♪ Lis-nous dis, oui une histoire encore ♪ Une avec des Orcs et des Gobelins ♪ Et des Hommes qui veulent le pouvoir ♪

Oups, désolée, ce n’est pas le Père Castor qui va nous conter une histoire choupi, mais Dunnrak, un Orc, un cul vert… Ce ne sera pas choupinou, ce sera violent, mais foutrement excellent !

— Un jour, c’est toi qui tues ; un autre jour, c’est toi qui est tué. Autant miser sur la première option, tu ne penses pas ?

Dunnrak n’est pas un Orc comme les autres, il est moins violent, ce qui va à l’encontre de ce que son peuple veut et surtout cela va à l’encontre des préceptes de son père : un Orc est fait pour se battre, pour tuer, massacrer. Dunnrak, lui, veut juste pêcher en paix.

La pêche peut rapporter gros puisque notre jeune cul vert trouve un pendentif avec une pierre bleue brillante qui peut prédire la mort… Poursuivi par des mercenaires et capturé, notre Orc va devoir raconter l’histoire de ce pendentif.

Une fois de plus, voilà un album brillant avec un scénario aux petits oignons qui laisse la place à des surprises et des retournements de situation inattendus.

Les Terres d’Aran sont vastes mais on risque toujours de tomber sur des vieilles connaisses, tel Ayraak, le redoutable capitaine de la compagnie du Croc de Fer ou un vieux mage croisé dans la série éponyme.

Cela donne une continuité à tous ces one-shot et le final laisse présager que nous reverrons notre raconteur d’histoire. En tout cas, je l’espère et avec ce niveau d’excellence !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°138].

Nains – Tome 19 – Tadgar des errants : Nicolas Jarry et Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 19 – Tadgar des errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
Le mal n’a qu’à bien se tenir… parce qu’il a trouvé plus malhonnête que lui !

Tadgar le futé, Lygdr la ténébreuse, Damn la séductrice, Wal le fou-furieux et Akab le vieux prêtre défroqué ont un point en commun : aucune loi n’est sacrée à leurs yeux.

Seule leur importe la liberté, tant qu’elle est assaisonnée d’un bon paquet de talions.

Alors, quand cette équipe de hors-la-loi se fait doubler par un nécromancien et se retrouve avec une armée d’orcs, un mage elfe blanc et une cité-état naine aux trousses, ils décident de faire ce que tout nain sensé ferait à leur place : retrouver le mage noir et lui faire cracher ses dents.

Critique :
Tadgard le roublard, Tadgard le magouillard (le mot vient d’être inventé), Tadgard le salopard, Tadgard le pillard, Tadgard le rusé renard qui sait tenir le crachoir pour vous la foutre dans le lard.

Je pourrais dire aussi qu’il ne semble pas être un manche avec son dard, mais ce serait dévoiler les bijoux de la couronne et lui faire de la pub.

La saga des « Errants » m’avait habitué à de la profondeur et des émotions et voici que je me retrouve avec une bande de Nains voleurs, magouilleurs, chipoteurs, filouteurs (un mot de plus) et une belle bande de bras cassé !

Limite une bande de Charlots, juste que nos trois Nains et nos deux Naines ne sont pas des manches en baston et qu’ils possèdent dans leur bande un espèce de guerrier qui ne désire qu’une chose : vous péter la gueule, vous l’écraser et plus vous êtes, plus il est content.

Pour les émotions, j’en suis quitte pour des sourires et des soupirs devant tant de bêtises car Tadgard est roublard, mais il veut toujours avoir le dernier mot et bien souvent, il fout sa bande un peu plus dans la merde.

Et comment on se sort d’une belle merde ?? En foutant la merde autour de soi et en s’enfonçant un peu plus dans les emmerdes…

Serge Lama chantait ♫ d’aventures en aventures, de trains en trains ♪ et nos 5 bras cassés pourraient chanter ♫ de déconfitures en déconfitures, de pépins en pépins ♪ car toujours ils pataugent dedans.

Anybref, un album qui sort de l’ordinaire, qui est plus fun de par son humour et ses situations cocasses de notre troupe de bras cassés qui n’en rate pas une, tous et toutes autant qu’ils et elles sont. La mauvaise foi, le vol, le chapardage, l’envie, l’alcool, la baston, font partie intégrante de leur vie.

Un album qui ne possède pas des émotions fortes comme les précédents consacrés aux Errants, mais une belle tranche de rigolade et de poisse pour nos héros.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°133].

Orcs & Gobelins – Tome 09 – Silence : Olivier Peru et Stéphane Créty

Titre : Orcs & Gobelins – Tome 09 – Silence

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stéphane Créty

Édition : Soleil (19/08/2020)

Résumé :
Silence, le plus farouche et le plus redouté des combattants orcs n’est plus que l’ombre de lui-même… Bien décidé à ne pas mourir comme un misérable vieillard, il nous offre un dernier baroud d’honneur et ce sera sanglant !

Silence était autrefois un orc de légende, un des plus grands guerriers des Terres d’Arran, un de ceux que la mort refusait d’emporter à la fin des combats.

Aujourd’hui, son visage porte plus de rides que de cicatrices, le vieil orc n’a plus rien d’un tueur, il n’a même plus toute sa tête, il vient pourtant de reprendre les armes.

Une ancienne bataille inachevée s’est rappelée à lui et cette fois Silence compte bien la mener à son terme.

Quitte à finir sa vieille carcasse, autant le faire avec du sang dans la bouche et les genoux dans la boue plutôt qu’allongé sur un lit.

Critique :
Lorsque j’ai lu le résumé avant de commencer ma lecture, un horrible doute m’a saisi car le résumé ne m’était pas inconnu… Foutrediable, aurai-je acheté une bédé que j’avais déjà lue ??

Feuilletant l’album, je ne reconnaissais aucun dessins et donc, l’esprit un peu embrouillé, j’ai commencé ma lecture, suspicieuse.

Non, je n’avais jamais lu ce tome et je ne le possédais pas dans ma biblio…

Ce qui m’avait troublé, c’était cette sensation de « déjà-lu » : un vieux guerrier qui n’est plus que l’ombre de lui-même et qui va faire un baroud d’honneur accompagné de ses anciens guerriers et de jeunes recrues.

Le scénario de départ est éculé, plus réchauffé qu’une vieille soupe, mais comme toutes les histoires, le plus important est la manière dont on nous la raconte (et qu’on nous la dessine puisque c’est une bédé).

Olivier Peru n’est pas un manche avec sa plume et il a fait en sorte de rendre son scénario punchy, de l’entrecouper par un flash-back sur la jeunesse glorieuse de Yudoorm, un vieil Orc sur le retour que tout le monde appelle « Silence » car il ne hurlait pas durant les attaques, ce qui déstabilisaient ses adversaires, des culs verts comme lui ou d’autres ennemis.

Silence est touchant dans sa vieillesse qui lui fait voir les fantômes de sa famille et discuter avec, touchant dans sa manière de mener ses combats, sans jamais se précipiter, entraînant ses culs verts de mercenaires à sa suite, mais sans jamais oublier la stratégie, très souvent perfide et digne d’un coup de pute. Mais on ne gagne pas les batailles en étant réglo, surtout que l’adversaire ne la joue pas à la régulière non plus.

Les dessins de Stéphane Créty sont eux aussi au service de l’histoire, nous donnant à voir des décors sombres, écorchés, des châteaux battus par les vents et les flots, des Orcs aux dents pointues, du sang, bref, que du bonheur pour les yeux.

Durant tout le récit, on se demande contre qui le baroud d’honneur de Silence est dirigé et même les explications de Freill, son Gobelin et ami, ne nous éclaireront pas avant le moment final. Excellent, j’adore supputer et ne pas trouver.

Son adversaire était à sa hauteur, sorte de messie de secte pour frappadingues, grand manipulateur devant l’Éternel et le pire, c’est que les gens suivent les sectes ! Au moins, l’Église catholique ne me demande pas ce genre de sacrifices… Elle me fout même une paix royale, pour ne pas dire divine. Mdr

Une fois de plus, les auteurs se basent sur nos sociétés pour monter leurs scénarios et c’est une source intarissable d’histoires, de tacles, des piqûres…

Yudoorm, dit Silence, n’avait pas envie de se laisser mourir dans son lit et son baroud ultime était magnifique de stratégie. Les dessins sont magnifiques, les personnages attachants (Silence et Freill) et c’est avec regrets que je les ai laissés continuer leur route.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°131].