Féroce – Tome 1 – Taïga de sang : Gregorio Harriet et Alex Macho

Titre : Féroce – Tome 1 – Taïga de sang

Scénariste : Gregorio Harriet
Dessinateur : Alex Macho

Édition : Glénat (01/09/2021)

Résumé :
Quand la nature se déchaîne, personne n’est à l’abri.

Sur le territoire du kraï du Primorié, en Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord, un tigre de Sibérie blessé par un braconnier se consacre à la chasse à l’homme. Non par faim mais plutôt par vengeance, il peint du sang de ses victimes la taïga sibérienne.

Ni les brigades forestières contrôlées par la mafia sino-russe, ni les agents du Centre du Tigre de l’Amur, ni les groupes environnementaux ne sont en sécurité lorsque l’Amba, l’esprit des forêts, part à la chasse.

Inspiré de faits réels, Féroce fascine par ses silences et ses paysages hivernaux désolés. Un récit puissant, peuplé de personnages forts et plus vrai que nature où le massacre et l’horreur peuvent être enclenchés à tout instant.

Critique :
Extrême-Orient russe, près des frontières de la Chine et de la Corée du Nord… Autrement dit, dans le trou du cul du Monde, version glacée ! Là-bas, on coupe des arbres qu’on ne peut pas couper, pour l’exportation.

D’ailleurs, il paraît que l’on déforeste plus en Sibérie qu’en Amazonie et pourtant, on ne parle que l’Amérique du Sud… Les petites branches laissées au sol, après l’abattage (pas une machine) deviendront tellement secs en été que c’est incendie garantit !

Et quand un connard ne trouve rien de mieux que de tirer sur un tigre, les emmerdes commencent car quand tigre fâché, lui toujours manger Homme.

La première chose que j’ai appréciée, c’est le visuel : la couverture frappe bien fort et les dessins sont magnifiques. Très dynamiques aussi.

Le scénario part dans plusieurs directions à la fois et bien avant la fin de ce premier album, on a bien compris les différentes ramifications entre les personnages et ce qui est en train de se produire depuis le tir sur le tigre.

Nous sommes dans un excellent scénario, avec de la profondeur et sans dichotomie entre les bons reporters qui font un reportage sur les tigres de l’Amour et les vilains bûcherons qui coupent à tort à travers. Pas de ça, Lisette, madame la journaliste peut avoir l’écologie à géométrie variable et le jeune bûcheron des états d’âmes.

Le final, petit salopard, laisse le lecteur devant un suspense frustrant, puisqu’il faut attendre pour lire le second tome. Une chose est certaine, je serai au rendez-vous pour la suite !!

Une bédé à découvrir en restant bien au chaud chez soi car les paysages enneigés, s’ils sont magnifiques, donnent tout de même l’impression de froid extrême.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°92], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°94] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

Mages – Tome 06 – Yoni : Nicolas Jarry et Giovanni Lorusso

Titre : Mages – Tome 06 – Yoni

Scénaristes : Nicolas Jarry et David Courtois
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil Productions (03/11/2021)

Résumé :
Lors de la guerre des goules, les mages runistes de Dumn sont passés maîtres dans la fabrication de Golem.

Avec la paix, ces colosses ravageurs s’affrontent désormais dans les arènes faisant la fortune de leur maître.

Yoni, 11 ans rêve d’être l’un d’entre eux, mais lors d’une funeste nuit, il devient orphelin. Yoni n’a plus qu’une obsession : réaliser le Golem parfait qui vengera les siens !

Critique :
Yoni est un gamin qui rêve de fabriquer un golem. Tout va bien dans sa vie, jusqu’à ce que tout parte en fumée et qu’un jour, il décide de se venger.

Une histoire classique, en effet. La vengeance est vieille comme le monde, mais pas toujours facile à accomplir, surtout lorsqu’on a le gabarit d’un David et que celui dont on veut se venger a la carrure d’un Goliath !

Enfin, pas la carrure, mais des soldats et la puissance de feu d’un porte-avions de combat…

J’ai apprécié les dessins des décors, moins ceux des personnages qui avaient des petits airs de personnage de manga à certains moments. Bouches grandes ouvertes, se bâfrant comme dans les mangas, grands yeux avec beaucoup de blanc… Les dessins des golems, eux, j’ai apprécié.

Le bât a blessé avec Yoni : je n’ai pas vraiment accroché avec lui. C’est un jeune gamin turbulent, possédant un savoir-faire énorme, un peu fanfaron, voulant que son père fabrique des golems de combat, qu’on le respecte,…

Non, il avait du potentiel, le jeune Yoni, il était travaillé, pourtant, il a semblé lui manquer quelque chose pour que ça colle entre nous, alors que je matche souvent avec les culs-verts de la saga Orcs & Gobelins. Cherchez pas, docteur !

L’histoire, bien que classique, n’est pas dénuée d’intérêt. Une fois de plus, nous nous retrouvons avec un enfant qui a des rêves de gloire, puis qui a tout perdu, qui sera pris en charge par un adulte, une personne qu’il détestera au départ, mais avec laquelle il s’associera pour forger son golem de la vengeance.

Cette personne, comme d’habitude, sera son mentor, celle qui l’aidera à devenir ce qu’il veut être, ce qu’il est vraiment : mais pour cela, il faut passer par la bonne vieille case de l’apprentissage. Le maître n’est jamais content du travail de l’apprenti et ce dernier pense qu’on le fait bosser comme un esclave et que tout ce qu’il fait est magnifaïïïk.

Classique, en effet, mais ça marche toujours.

Toujours aussi classique l’histoire du type qui a du pouvoir et qui n’a pas apprécié qu’on lui dise non et qui, en représailles, n’a aucune morale à effacer tout un village de la carte…

Malgré le bon potentiel de l’histoire, n’ayant jamais eu d’atomes crochus avec Yoni, cela m’a empêché de vibrer avec lui.

Attention, comme je l’ai dit plus haut, ce gamin a du courage, il est prêt à tout, il a du talent, considère son golem comme un être vivant, mais il ne sait pas tenir sa langue (et cela entraîne des conséquences devant les puissants) et prends trop gros risques pour arriver à son but ultime, oubliant qu’il pourrait tout perdre et repartir à zéro.

Couillu, le Yoni, certes, rusé, d’accord, mais cela c’est déjà retourné contre lui, ses fanfaronnades.

Ceci n’est pas un mauvais album, loin de là, mais il ne m’a pas emporté. Dommage.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 66 pages).

Lonesome – Tome 3 – Les liens du sang : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 3 – Les liens du sang

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (20/10/2021)

Résumé :
Le chemin de la vengeance a mené notre pistolero solitaire jusqu’à New York, sur la piste de l’homme qui a semé le chaos dans sa vie et au Kansas : le sénateur Dawson.

L’homme n’est pas facile à approcher, et les ruffians de la grande ville se révèlent plus coriaces que ceux des plaines.

Le héros anonyme peut-il compter sur l’aide de Miss Lyle, cette mystérieuse enquêtrice qu’il ne cesse de recroiser ? Une seule chose est certaine : cette fois-ci, aucune vision ne pourra le préparer aux révélations qui l’attendent.

Critique :
« Luke, je suis ton père ! ».

Ce qui avait explosé comme un coup de tonnerre dans un certain film, est, en fait, vieux comme le monde : un homme méchant, mauvais, qui ne rêve que de foutre le pays à feu et à sang afin ensuite de pouvoir se glisser au pouvoir avec ses petits copains, a eu un fils, il y a longtemps et ce fiston n’a rien à voir avec son géniteur maléfique.

Lorsqu’un type débarque à New-York du Kansas, il est de suite taxé de bouseux. Lorsque c’est le contraire, le new-yorkais sera traité de pied-tendre… Notre cow-boy solitaire vient de débarquer du Kansas à New-York et les préjugés, les clichés, chevauchent avec lui.

Le seul reproche que je pourrais faire à cette série, c’est sa grande ressemblance avec Durango (du même auteur) : un beau blond, as de la gâchette, taiseux, redresseur de torts. Hormis que Lonesome porte la barbe, a un visage plus épais et ne possède pas le calibre caractéristique de Durango (ni son cigare à la Eastwood).

D’ailleurs, les dessins de Swolfs sont reconnaissables entre mille, quelque soit la série, on retrouve les mêmes traits bien distincts chez différents personnages.

Par contre, l’histoire est différente et l’univers aussi, bien que l’on soit dans du western où les balles fusent et que les corps tombent aux pieds. Swolfs ne s’est pas contenté de resservir les mêmes plats et il est allé un peu plus loin.

La politique, ses politiciens véreux, qui complotent pour foutre le pays en l’air et faire en sorte qu’il ne se relève pas…. Qui veut le pouvoir prépare la guerre et tous les ingrédients sont là pour que ça pète et que Lincoln chavire.

Les dessins sont toujours ceux de Swolfs, c’est à dire réalistes, détaillés, avec de belles couleurs, des traits fluides et des cases bien fournies en détails, que ce soit de la ville ou des décors naturels ou pas.

Il est préférable de relire les deux premiers tomes avant de se plonger dans ce nouvel opus. J’ai été bête de ne pas le faire, cela m’aurait remis tous les détails en mémoire. Le sujet est épais, copieux et ma mémoire est une passoire.

Même si Durango reste dans mon coeur (vieille histoire d’amour), je dois dire que Lonesome, bien que semblable sur certains points de vue, est différent. Et j’apprécie de plus en plus cette série, surtout que l’auteur met à l’honneur une femme qui n’a pas froid aux yeux et qui appartient à la Pinkerton.

Une bédé western qui respecte les codes, mais qui creuse un peu plus que d’habitude. Il y a de la profondeur et de la recherche scénaristique, même si les complots sont aussi vieux que le « Je suis ton père »…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°85], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 54 pages).

Les femmes d’Heresy Ranch : Melissa Lenhardt

Titre : Les femmes d’Heresy Ranch

Auteur : Melissa Lenhardt
Édition : Cherche Midi (11/02/2021)
Édition Originale : Heresy
Traduction :

Résumé :
Elles étaient seules, elles étaient vraies, elles étaient magnifiques. Colorado, 1873. Après la mort de son mari, Margaret Parker décide de continuer à s’occuper de son ranch.

À ses côtés, celles qu’elle considère comme sa famille : deux soeurs, Joan et Stella, une cuisinière, Julie, et Hattie, une ancienne esclave au passé aventureux. Mais des femmes seules sur un ranch ont vite fait d’exciter toutes les convoitises, et bientôt elles sont dépossédées de leurs biens.

Elles n’ont plus, chacune, qu’un cheval, et le choix qui reste dans l’Ouest américain à celles qui ont tout perdu : se marier ou se prostituer. Ces femmes-là vont néanmoins trouver une option inédite pour survivre : tourner le dos à la loi dont elles ont été les victimes et prendre les armes pour se faire justice. Le gang Parker est né. Bien vite, les exploits de cette mystérieuse bande de femmes défraient la chronique et les Pinkerton se mettent sur leur piste.

Les Femmes d’Heresy Ranch est un formidable récit d’aventures tiré de faits réels. Historienne et romancière au talent fou, Melissa Lenhardt y crée des personnages inoubliables, au caractère bien trempé, et nous livre des informations inestimables sur la vie méconnue des femmes dans l’Ouest américain.

Critique :
Un western féministe, ça, je n’avais pas encore lu ! Les seuls personnages féminins qui ressortaient des western étant ceux de Calamity Jane et de Ma Dalton…

Maintenant, j’ajouterai le gang Parker. Non, non, pas celui de Bonnie Parker ! Celui de Margaret Parker, composé uniquement de femme et d’un seul homme, celui qui joue les transporteurs ou cocher.

Comment en sont-elles arrivées là ? Non pas par goût du lucre, juste pour survivre, sinon, elles auraient dû écarter les jambes et ça, c’était hors de question…

Le western est quasiment masculin, l’Ouest n’étant déjà pas tendre avec le sexe fort, alors vous pensez bien, avec le sexe dit faible…

Dans l’Ouest (Colorado) et à cette époque-là (entre 1873 et 1877), les femmes n’ont rien à dire, elles ne peuvent pas mener les affaires, s’occuper d’un ranch. Les hommes les pensent incapables de le faire, incapables de voter, trop sujette à leurs émotions, intellectuellement plus faibles qu’eux.

Ajoutez à cela un égo énorme et vous comprendrez qu’aucun mec n’avait envie qu’une femme leur damne le pion, prospèrent mieux qu’eux, soit la tête pensante du couple et vivent sans un homme. Si en plus, l’homme est envieux, il vous piquera votre exploitation et vous enverra à la soupe populaire, qui n’existe pas encore…

Ça, c’est ce qui s’appelle le souffle de la grande aventure ! Nos femmes ont monté un gang, elles attaquent des banques ou des transports de fonds. Rassurez-vous, le roman n’est pas composé que de braquages, ils seront même le parent pauvre. Le récit se composera de leur fuite, de l’entrée dans le gang d’une autre femme, de leurs rêves, leurs envies et le duel final, qui ne sera pas comme vous pourriez le penser.

Commençant comme un récit historique retrouvé tant bien que mal et étayé par des récits ou des carnets écrits par Margaret Parker, les récits ont parfois tendance à se répéter, selon que l’on a changé de point de vue, cela donne l’impression de repartir en arrière et casse un peu le rythme.

Mon autre petit bémol sera pour les portraits des hommes, sans nuances aucune. Où l’on a affaire à des salopards de chez salopards ou bien à des hommes biens. Je vous certifie que les hommes biens sont peu nombreux, à la limite de l’extinction de l’espèce.

Un peu de nuance dans les portraits mâles n’aurait pas fait de tort, je sais que l’on a mis le pied dans un monde peuplé de testostérone et d’égo aussi gros qu’un éléphant, qu’en ce temps-là, les hommes étaient ainsi, que penser autrement était sujet de raillerie, de moquerie et pas dans l’air du temps, mais bon, tout n’est pas noir ou blanc, dans les êtres humains… Et les femmes ne virent pas toutes en LGBT.

Ces quelques bémols n’en sont pas vraiment, plus des réflexions sur ma lecture… Cela ne m’a pas empêché de vibrer, de cavaler, d’avoir les chocottes, de vibrer avec mon gang de femmes que personne n’imagine qu’il existe, puisque les femmes sont incapables de commettre des actes de pareille amoralité.

Puis, ça défriserait les poils du cul des mecs d’admettre que des femmes en sont capables et qu’en plus, elles sont plus intelligentes qu’eux.

Voilà donc un western féministe, qui nous parle des conditions de vie des femmes du temps de l’Ouest, du far-west, dans un monde où les hommes font la loi et où les femmes la subissent, victimes, elles aussi, des autres femmes qui ne veulent pas s’émanciper ou si oui, se gardent bien de le crier sur tous les toits. Les hommes se serrent les coudes, les femmes se tirent dans les pattes…

L’écriture est simple mais jamais simpliste, elle est fluide et le roman se lit sans effort, même si de temps en temps, on bondit face aux injustices faites aux femmes ou aux autres personnages.

Si les portraits des hommes sont sans nuances, celui des femmes sont mieux réussi et en nuance, même si, finalement, on aura un affrontement entre les Méchants et les Gentilles, limite à la Tarantino.

Ce qui m’aura marqué le plus, dans ce western, c’est la place énorme donnée aux femmes, même à une Noire (qui était un sacré personnage que j’ai adoré), ce qui est fort rare dans cette littérature.

Raconter leur histoire, comme si elle était véridique, en utilisant des carnets, un interview, des coupures de journaux, c’était très intelligent car cela donnait un souffle de récit historique, apportant un petit plus au récit.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°65], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°88] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Sykes : Pierre Dubois et Dimitri Armand

Titre : Sykes

Scénariste : Pierre Dubois
Dessinateur : Dimitri Armand

Édition : Le Lombard (06/11/2015)

Résumé :
Lorsque « Sentence » Sykes pose le premier sabot dans ses collines natales, le jeune Jim Starret reconnaît immédiatement une légende de l’Ouest, digne des illustrés avec lesquels il a appris à lire.

Mais son nouveau héros n’est pas là lorsque la redoutable bande des Clayton assassine sa mère sous ses yeux.

Dès lors, Jim n’a plus qu’une obsession : rejoindre Sykes et participer à la traque. Il a déjà payé le prix du sang. Il ignore encore que ce sont ses démons qui forgent une légende du Far-West.

Critique :
La première planche est assez inquiétante : on y voit l’ombre d’un cavalier, sans que l’on sache si c’est un bandit ou un ami… En tout cas, elle illustre bien le calme avant la tempête.

Une fois de plus, nous sommes face à un western classique : des bandits, les Clayton, qui attaquent une ferme, qui assassinent, qui violent, qui ont des tas de cadavres derrière eux et un marshal, Sykes, lancé à leur poursuite, avec deux hommes pour l’aider.

Classique, oui, mais… Il y a quelques chose dans le regard blasé et fatigué de Sykes qui change tout. La soupe est vieille, certes, mais l’auteur avait le talent de la cuisiner autrement.

Sans courir, il prend le temps de nous présenter Sykes, de le faire rentrer dans sa chambre, de lui donner de l’épaisseur, de lui faire vivre un incident dans la ville où il a posé ses bagages.

Même dans le pistage de nos bandits, pas de galops effrénés, on va au pas, on suite la piste, on a la patience et l’intelligence de ne pas courir ventre à terre. On chevauche, mais on discute aussi et les dialogues sont aussi le sel de cette bédé.

Dans ce western crépusculaire, les salopards ne sont pas que les bandits, il y a aussi les gros magnats de la finance, les promoteurs, les politicards, qui veulent les terres des fermiers et qui sont prêt à tout pour les obtenir, même aux moyens extrêmes.

Les dessins sont réussis, c’est un régal pour les yeux, que ce soit les visages ou les décors grandioses de l’Ouest. L’agencement des cases est diversifié, peut nous donner de grands paysages en arrière-plan, ou des scènes sur deux cases l’une à côté de l’autre. En tout cas, c’est réussi en ce qui concerne les découpages et les couleurs.

Le scénario possède aussi quelques beaux moments, comme entre Sykes, marshal blasé par toutes ces années de fusillades, de morts, de vies fauchées et le jeune Jim qui regarde les armes à feu avec des étincelles d’envie dans les yeux et qui pense que la vie que Sykes a menée était une vie géniale.

Mon bémol sera pour le fait que le dénouement de cette poursuite est assez rapide. Trop rapide, même. J’avais pensé qu’en coursant le 5ème larron, nous aurions du rab, mais non, là aussi ce fut assez court, trop court et il a manqué quelques cases de plus afin de donner un rôle à ce fameux Révérend qui prêchait la violence ou lieu de la paix, ce mentor de la bande de Clayton.

Ce sera le seul bémol, tout le reste du final est conforme à l’Ouest, à nos deux hommes qui prennent de l’âge, à la fin d’une ère, de leur ère, celle des prairies remplies de bisons qui laissent place maintenant à de derricks tirant du pétrole.

Véritable western crépusculaire aux dessins magnifiques, Sykes donne un aperçu de ce qui arrive lorsqu’on regarde trop dans l’abîme, lorsque l’on continue de chasser sa baleine blanche, illustrée par tous les repris de justice du pays que l’on dégomme.

Qui vit par les armes périra par les armes et la mère du petit Jim avait bien raison, hélas. Les auteurs bouclent la boucle et le final est magnifique, même si empreint de tristesse.

La vie dans l’Ouest était dure, violente et la vie n’avait que peu de valeur face aux requins qui voulaient les terres que les premiers colons avaient prises lors de leur arrivée…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°63], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur. et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 75 pages).

Orcs et Gobelins – Tome 14 – Shaaka : Sylvain Cordurié et Jean-Charles Poupard

Titre : Orcs et Gobelins – Tome 14 – Shaaka

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Jean-Charles Poupard

Édition : Soleil (08/09/2021)

Résumé :
Longtemps, Shaaka a œuvré pour le Margrave Egilon. Mais lassée de risquer sa peau, elle a quitté son employeur. Jusqu’au jour où Egilon vient la trouver.

Pour s’emparer d’un gisement d’or en Ourann, il a fait empoisonner des points d’eau et a causé la mort de nombreux orcs, s’attirant les foudres d’un orc légendaire.

Pour sauver sa fille, il veut que Shaaka lui fasse quitter l’île d’Enghien.

Critique :
Cet album, je l’attendais impatiemment car il y avait une orc sur la couverture et, jusqu’à présent, si dans les univers Elfes et Nains, nous avions des femmes bien présentes, avec des rôles importants, il n’en était rien dans l’univers des Orcs & Gobelins.

Vu la race, il est difficile de faire dans la dentelle ou la finesse puisque nos culs verts sont spécialisés dans la baston.

Enfin, c’est surtout les Orcs qui aiment la castagne et les guerres, avec les gobelins, on a plus de marge…

Notre héroïne Orc, Shaaka, ne va pas déroger à la règle : elle est badass, a du muscle, sait se battre et est pourvue d’une forte poitrine. Messieurs, la faite pas chier, vous la trouverez et ça fera mal.

Le scénario est classique : un riche seigneur a voulu encore être plus riche, pour cela, fallait virer les Orcs qui se trouvaient sur les territoires et ce crétin n’a rien trouvé de mieux que d’aller faire empoisonner leurs sources.

Les Orcs qui veulent lui expliquer qu’on ne fait pas ce genre de saloperie, ce ne sont pas des enfants de coeur, loin de là. Et le seigneur de confier sa chieuse de fille à notre Orc Shaaka.

Un tandem disparate, ça marche toujours (au cinéma ou ailleurs), surtout si on a l’un des deux qui sait se battre, s’orienter, survivre dehors et pas l’autre qui a pété toute sa vie dans de la soie.

Surtout si l’une d’elle fut de nombreuses années aux ordres d’un seigneur et que l’autre est la vilaine fifille un peu trop gâtée par son pôpa et qui se pense supérieure aux Orcs puisque ceux-ci n’ont que le goût du meurtre dans le sang, oubliant que son père tua bien des êtres vivants pour augmenter sa richesse.

— Ta race a le goût du meurtre dans le sang !
— Si on va par là, la tienne aussi. Même si vos crocs sont moins apparents et que vos manières font parfois illusions.

Non, non, nous ne tomberons pas dans le registre de l’humour, ce tandem-ci, ce ne sont pas « Les compères » mais plus « Les fugitifs », sans les conneries de Pierre Richard, bien entendu. Ici, on est dans une chasse à l’Orc et à la fille du seigneur, tous les coups sont permis, tortures comprises.

Je ne suis pas déçue de ma lecture, même si elle restait conventionnelle dans l’ensemble (avec quelques surprises tout de même), mais j’avoue que pour la première héroïne Orcs de la saga, j’aurais préféré quelque chose de plus fin qu’une guerrière badass devant se coltiner le pur produit du capitalisme seigneurial des terres d’Arran.

Par contre, il y a un bel équilibre entre les Gentils qui ne le sont pas vraiment et les Méchants qui ne sont que les justiciers envoyés par les Orcs pour venger les familles mortes suite à l’empoisonnement des points d’eau.

Ce sont des machines à tuer, certes, mais la vengeance est leur but et on ne peut les blâmer. Quant à nos deux femmes, humaine et Orc, elles ne sont pas des philanthropes non plus et les fabricants d’armes qui les aideront encore moins, mais pas plus salauds que d’autres, ne faisant que vendre un produit demandé.

Oui, j’aurais aimé une autre histoire, mais celle-ci me convient tout de même car l’équilibre des goûts est atteint et le manichéisme n’est pas de mise dans ce récit. À noter qu’il y a tout de même une morale à cette histoire et que j’ai apprécié grandement le final.

On reste donc dans du bon avec ce nouvel album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°60] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 54 pages).

Je suis Iron Man :‭ ‬Collectif

Titre : Je suis Iron Man 

Scénariste : Collectif
Dessinateur : Collectif

Édition : Panini Comics – Marvel Anthologie (2019)

Résumé :
Depuis que Robert Downey Jr l’incarne au cinéma, Tony Stark est plus populaire que jamais.

Découvrez toutes les facettes d’Iron Man mais aussi tout ce qu’il y a à savoir sur James Rhodes, Pepper Potts et Stark Industries au travers d’une sélection d’épisodes recouvrant six décennies.

Par les plus grands auteurs de la Maison des Idées d’hier et d’aujourd’hui.

Tony Stark est tout cela, et bien plus encore. Lorsqu’il endosse une armure high-tech conçue par ses soins, il devient l’invincible Iron Man et protège la Terre en solo ou au sein des Avengers.

À travers quatorze histoires marquantes et de nombreux articles explicatifs, ce volume revient sur la carrière du personnage créé par Stan Lee en 1959. dévoilant tout ce qu’il faut savoir sur le héros et ses incroyables inventions.

Critique :
J’adore Iron Man ! Oui, j’adore son côté prétentieux, hautain, sûr de lui, avec un égo surdimensionné… Tony Stark n’est pas pétri de qualités, comme un Captain America.

Ce que j’apprécie chez lui, c’est son évolution : de marchands d’armes sans scrupules qui ne pensait vendre des armes qu’aux « nations amies », a vu un jour ses propres inventions mortelles se retourner contre lui.

Ensuite, il a changé son fusil d’épaule.

D’antipathique, il devient sympathique et surtout, humain, puisque, contrairement aux autres héros de l’écurie Marvel, il ne doit sa puissance qu’à son génie qui a inventé une armure.

Ce gros volume commence par nous expliquer un peu la genèse d’Iron Man, afin que ceux qui ne savent rien n’aient pas l’impression d’arriver dans un univers inconnu.

La première histoire est celle de la création d’Iron Man. Nous sommes au temps de la guerre froide, de la guerre du Vietnam et Anthony Stark conçoit des armes.

Les dessins des permières aventures ne sont pas les meilleurs que j’ai vu, on sent bien qu’ils datent des tous débuts du personnage. Stark a un petit air de famille avec Errol Flynn. Nous découvrons l’origine de son armure. L’histoire de son kidnapping, c’est ce que j’avais vu dans le premier film Marvel (en plus long, dans le film).

Je ne vous résumerai pas toutes les histoires, sachez juste que nous aurons quelques bonds dans le temps, faisant changer les armures et notre Iron Man affrontera des méchants de tout poil qui veulent le détruire, dont son plus terrible ennemi : l’alcool et sa dépendance.

La lecture était amusante, mais la plupart des histoires ne sortaient pas du lot au niveau scénaristique. Certaines étaient basiques, d’autres un peu plus élaborées. Ce fut le cas aussi avec les dessins qui, au fil des histoires, sont devenus plus élaborés avant de redevenir au même niveau que les premiers.

Il faudra attendre l’histoire « The heart of the matter » pour avoir des dessins plus contemporains. Les autres histoires qui suivent sont plus récentes et les dessins plus sophistiqués.

Mes préférées sont celles où Stark se retrouve coincé dans un conflit avec le général Radanovich,Civil War – The Confession. La dernière image de cette aventure est terrible… Et les Invincible Iron Man.

L’avantage est qu’avant chaque nouveau récit, on a une page explicative. Cela aide à en savoir un peu plus, ce qui n’est pas si mal lorsqu’on est néophyte.

C’est un bon recueil pour découvrir les origines de Iron Man, mais je n’ai pas été vraiment conquise. Sans doute suis-je plus habituée aux films qu’à la version comics et, ayant découvert la version dessinée après la filmée, la transition est assez dure. Les fans de la première heure l’apprécieront sans doute plus que moi.

Bon, ma rencontre avec ce cher Iron Man ne s’est pas bien déroulée, malgré tout, je suis contente d’avoir découvert les origines, la genèse et d’avoir lu cette anthologie.

Cela m’a permis d’en apprendre un peu plus sur le personnage et de savoir que maintenant, je dois faire une séparation entre le Iron Man du cinéma et celui des comics.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°52].

Catamount‭ ‬-‭ ‬Tome‭ ‬1‭ ‬-‭ ‬La jeunesse de Catamount :‭ ‬Benjamin Blasco-Martinez‭ ‬et‭ ‬Albert Bonneau

Titre : Catamount‭ ‬-‭ ‬Tome‭ ‬1‭ ‬-‭ ‬La jeunesse de Catamount 

Scénariste : Benjamin Blasco-Martinez (d’après l’oeuvre de Albert Bonneau)
Dessinateur : Benjamin Blasco-Martinez

Édition : Physalis (2015) / Petit à Petit (2017)

Résumé :
En pleine conquête de l’Ouest, la famille Osborne recueille un nouveau né, seul survivant d’une caravane de colons massacrés par les Cheyennes, elle l’appelle Catamount.

Des années plus tard, Catamount est devenu un cavalier et un tireur hors pair grâce à la formation d’un vieux trappeur « Pad l’efflanqué »…

Mais son destin va change lorsqu’il retrouvera sur son chemin Black possum, le chef cheyenne coupable du massacre de ses parents.

Critique :
La bande dessinée western n’est pas morte, tant mieux. Il existe encore de nouvelles parutions et de temps en temps, je découvre des anciennes dont je n’avais pas connaissance…

C’est plus fort que moi, faut que je la lise. De temps en temps, j’en découvre des très bonnes, parfois des mauvaises, mais aussi des classiques, ce qui fut le cas ici.

Oui, on peut dire que Catamount est une bédé western classique au possible, comme tirée d’un bon vieux film western avec des attaques de caravanes, des massacres de colons et un enfant survivant, recueilli par des autres pionniers.

Le gamin a grandi et il porte toujours le nom du cougar qui l’avait déniché (je parle du véritable animal, le puma, pas de la femme d’âge mur qui cherche un jeune de 20 ans).

Ce premier album est une sorte de récit initiatique. Catamount va apprendre à tirer au révolver, avec l’aide d’un vieux trappeur afin de se venger de l’indien qui a massacré la caravane avec ses parents. Quand je vous disais que c’était du classique absolu.

Les dessins sont assez spéciaux, au départ, ils m’ont un peu déroutée avec leurs tons assez sombres. Par contre, les traits des visages auraient pu être affinés afin de permettre une plus grande palette d’émotions sur ces visages.

L’avantage du côté réaliste des dessins, c’est qu’ils donnent à ce récit un ancrage dans la réalité que n’auraient pas réussi à faire des dessins du genre gros nez.

Ici, pas d’humour, pas de blagues, on est dans du sérieux et un peu de violence. La scène avec le massacre des colons est assez peu ragoutante et à ne pas voir si vous manger (ou allez passer à table).

Je soulignerai que le manque de profondeur des personnages n’est pas vraiment un obstacle dans ce récit. On sait peu de choses d’eux, mais ce n’est pas important pour la compréhension de l’histoire, ultra classique.

Ce sera sur la fin que l’on comprendra pourquoi l’indien Black Possum voulait tant anéantir tous les membres de la caravane. Toujours la même histoire biblique : œil pour œil, dent pour dent. Bien que dans ce cas-ci, Black Possum prenne aussi tout le reste des membres et les intérêts avec. Vous jugerez vous même de la pertinence de sa vengeance.

Cette bébé western ne va pas révolutionner le genre, ni le réécrire. Dommage, de temps en temps, j’apprécierais que l’on cuisine les mêmes ingrédients tout en changeant le goût de la soupe et en la présentant autrement.

Une chouette découverte aussi mais qui ne laissera sans doute pas un souvenir impérissable comme le firent Durango, Blueberry, Lucky Luke, Comanche ou Buddy Longway.

Au moins, on vole déjà plus haut que dans la bédé Wanted dont j’avais chroniqué tous les albums l’année dernière.

En tout cas, je vais tâcher de lire la suite.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°81].

La Venin – Tome 2 – Lame de fond : Laurent Astier

Titre : La Venin – Tome 2 – Lame de fond

Scénariste : Laurent Astier
Dessinateur : Laurent Astier

Édition : Rue de Sèvres (08/01/2020)

Résumé :
Emilie est recherchée et sa tête est mise à prix. Poursuivant sa fuite en tenue de nonne, elle est Soeur Maria quand elle arrive à Galveston, au Texas.

Elle n’est pas là par hasard, elle cherche le révérend Alister Coyle, celui-là même qui dirige l’orphelinat pour jeunes filles de la ville. Sous couvert de cette nouvelle identité, elle est hébergée quelques jours au sein de son institution.

Le décès d’une pensionnaire et surtout la tentative de suicide de l’une d’elles ne laissent aucun doute sur le comportement malsain et les sévices commis par le révérend.

Il est temps de rendre justice ! Emily s’en chargera et Dieu en sera témoin !

Critique :
Dans ce deuxième tome, Emily continue sa vengeance de manière moins subtile qu’un comte de Monte-Cristo, puisque elle, elle monte au créneau !

Les dessins sont toujours agréables pour les yeux, hormis dans les chevaux qui semblent plus raides que des planches à pain lorsqu’ils marchent ou galopent.

Le problème, lors de l’illustration d’un galop, vient des jarrets (membres postérieurs). Bref, ce ne sont pas les mieux réalisés…

On en apprend un peu plus sur la jeunesse d’Emily, après le décès de sa mère et sur toutes les merdes qu’elle a endurée et qui l’ont façonnée telle qu’elle est maintenant. Elle n’a pas été gâtée avec les sœurs de sa mère, que ce soit avec la dépravée ou la rigide bigote religieuse.

L’inconvénient, c’est que ces flash-back cassent un peu le rythme de la narration et donnent aussi l’impression qu’on a rajouté des couches aux emmerdes, déjà multiples, qu’Emily a endurée.

Non pas que ce ne soit pas réaliste, des vie de misère où l’on cumule les emmerdes volant en escadrille, c’est tout à fait véridique, mais en littérature (ou au cinéma), ça donne toujours l’impression qu’on a voulu rallonger le scénario et y ajouter de quoi faire pleurer dans les chaumières.

Attention, j’ai apprécié ma lecture, j’ai passé un bon moment de détente avec Emily et sa vengeance, mais le scénario manque parfois de subtilités et les deus ex machina ne sont pas camouflés.

Tel Zorro ou l’ami Ricoré, certains arrivent toujours au bon moment (sans le café et les croissants) afin de sauver notre Emily. D’accord, sans les deux sauvetages miraculeux, dont un ressemblait à une Ira Dei digne de l’Ancien Testament, la série s’arrêterait net, ce qui serait stupide, mais bon, on peut sauver ses personnages de manière plus soft.

Si les visages sont bien réalisés et que personne ne ressemble à un autre, j’ai trouvé que les salopards d’enfoirés de leur race était un peu trop repérable avec leur dents poussées en avant, comme des chiens prêts à mordre. De mon côté, je préfère avoir la surprise pour les méchants…

Malgré tout, le scénario n’est pas mal du tout, même s’il manque de subtilité à certaines moments et qu’il y a des grosses ficelles qui tombent à pic quand il faut sauver l’héroïne.

Le récit de vengeance est vieux comme le monde, mais le personnage d’Emily est attachant et puis, merde, pour une fois que c’est une femme qui mène la danse dans un western, ça fait du bien. Et elle est plus féminine que la Calamity Jane dans Lucky Luke.

Une chouette découverte tout de même, que je compte bien poursuivre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°50] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 62 pages).

La Venin – Tome 1 – Déluge de feu : Laurent Astier

Titre : La Venin – Tome 1 – Déluge de feu

Scénariste : Laurent Astier
Dessinateur : Laurent Astier

Édition : Rue de Sèvres (09/01/2019)

Résumé :
Colorado, Juillet 1900.

Emily débarque à Silver Creek, petite ville minière en pleine expansion. Mais la jeune femme est-elle vraiment venue se marier comme elle le prétend ?

Rien n’est moins sûr, car dans l’Ouest encore sauvage où les passions se déchaînent et les vengeances sont légion, les apparences sont parfois trompeuses… Et la poudre dicte toujours sa loi !

Surtout lorsque votre passé est plus lourd que la valise que vous traînez.

Critique :
Dans ce western, Patrick Juvet ne pourra pas chanter ♫ Où sont les femmes ♪ puisque c’est une femme qui tient le haut de l’affiche et qu’elle n’est pas la seule.

Avec des prostituées, une bonne sœur et l’épouse d’un médecin, les femmes ne sont pas en minorités et certaines ont quelque chose dans les tripes.

L’histoire commence dans le passé, lorsque Emily est une jeune fille un peu trop curieuse et désobéissante.

Si la curiosité tue les chats, la sienne attisera les envies de certains messieurs. Attention, je ne la déclare pas coupable. Son seul tort fut de ne pas obéir, le tort de certains hommes est de réfléchir avec leur bite qui leur donne un pouvoir certain.

Cette bédé western est assez difficile à chroniquer car je suis en phase avec des avis contraires dans ma tête. D’un côté, j’ai apprécié que l’on mette une femme à l’honneur dans un western, qu’elle ne soit pas une faible femme, mais une qui en a sous la robe.

Les planches sont de couleurs vives, dans des tons ocres, jaunes ou sombres. Les dessins sont agréables pour les yeux, hormis encore un problème de proportion entre la tête d’un cheval et le reste de son corps.

Le côté historique est bien rendu aussi, grâce aux décors, aux couleurs et aux références qui parsèment cette aventure explosive.

L’action est bien présente et il est difficile de s’embêter, les phylactères sont bien remplis, il y a de quoi lire et l’auteur a joué sur les flash-back pour nous parler de l’enfance d’Emily, même si à la fin de ce premier tome, on ait l’impression de ne pas tout comprendre de sa motivation vengeresse.

Même si, en réfléchissant un peu, il me semble voir le pourquoi. Nous en saurons sans doute plus dans les deux prochains tomes (je l’espère). Les multiples références aux grands westerns, qu’ils soit cinématographiques, historiques ou littéraires sont aussi très plaisant à découvrir.

D’un autre côté, à force de multiplier les clins d’œil, ça devient foutraque, lourd, surtout que cela semble parfois un peu forcé, comme ajouté là pour faire bien, afin d’atteindre un quota de références obligées. Ce n’est que mon impression, elle est peut-être faussée.

Dans cette bédé, on a matière à lire, il y a beaucoup d’action, mais là aussi, trop c’est trop et on a aussi l’impression que l’auteur voulait produire un album survolté, sans vraiment réfléchir au réalisme de toute cette aventure un peu folle où Emily change d’identité comme de chemise.

Malgré mes bémols, je ne serai pas trop sévère sur la cotation car j’ai apprécié le personnage d’Emily et que j’ai passé un bon moment de lecture détente, addictive, remplie de suspense, de mystères, d’action et d’aventures avec un grand A.

Sans être tout à fait conquise, je demande à lire la suite. Ceci est le premier coup de semonce, celui qui doit marquer les lecteurs dans le but de les harponner pour la suite. Le premier coup n’est pas toujours parfait…

En espérant que la suite soit meilleure ou, au pire, de même niveau que ce premier tome.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°34] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 66 pages).