Les deux gredins : Roald Dahl

Titre : Les deux gredins

Auteur : Roald Dahl
Édition : Folio Junior (1986/1990/2000/2007/2013)
Édition Originale : The Twits (1980)
Traduction : Marie-Raymond Farré

Résumé :
La barbe de compère Gredin est un véritable garde-manger, garnie des miettes de ses monstrueux festins : restes de spaghettis aux vers de terre, bribes de tartes aux oiseaux… un régal que Compère Gredin lui prépare chaque semaine.

Mais voilà qu’une bande de singes acrobates va troubler les préparatifs du repas hebdomadaire…

Critique :
Nos deux gredins sont tellement immondes, crades, méchants, mauvais, laids, bêtes que la distanciation sociale s’applique de suite avec eux.

Et à plus d’un mètre cinquante, je vous prie. Un conseil, foutez un max de kilomètres entre eux et vous, surtout si vous êtes un piaf ou tout autre animal.

En découvrant les tours de pendus qu’ils se font entre eux, ça m’a fait penser à tous ces couples qui se détestent et passent leur temps à pourrir la vie de l’autre. Si, si, je vous jure et j’ai des noms.

L’écriture de Roald Dahl est dynamique et très imagée. C’est le genre de récit qui dégoûte les adultes et fait rire les enfants, eux qui détestent bien souvent les bains. L’auteur le sait bien, il s’en amuse car il nous l’explique un peu à la manière dont le ferait un gosse.

La fable est cruelle car des pauvres oiseaux innocents finissent englué sur un arbre et ensuite en tourte à oiseaux. Chez vous, le mercredi, c’est raviolis, mais chez les Gredins, c’est tourte au cui-cui.

Qui dit fable dit morale. Et dans la morale, ce sont les méchants qui sont punis.

Dans la réalité, les mauvais gagnent et vous plument en passant, mais heureusement, dans la littérature enfantine, on peut se permettre de châtier les être qui sont bêtes cruels et méchants, comme les Gredins, même si ce n’est pas réaliste.

En tout cas, c’était très drôle et même si je suis adulte, j’ai éclaté de rire devant la farce jouée à ces deux imbéciles, aussi crétins qu’ils sont méchants. Na, bien fait pour eux car la maltraitance animale, je suis contre.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°24].

 

Maudit sois-tu – Tome 1 – Zaroff : Philippe Pelaez et Carlos Puerta

Titre : Maudit sois-tu – Tome 1 – Zaroff

Scénariste : Philippe Pelaez
Dessinateur : Carlos Puerta

Édition : Ankama Éditions (13/09/2019)

Résumé :
2017, un homme est retrouvé mort dans les égouts de Londres. L’enquête se dirige rapidement vers la petite amie du défunt, car leur liaison a été arrangée par leur employeur commun, Nicholas Zaroff.

Ce mystérieux oligarque russe n’a en fait qu’un seul but : se venger de ceux qui, 170 ans auparavant, ont causé la perte de son aïeul.

Pour y parvenir, il va réunir leurs quatre descendants et les traquer dans une vaste chasse à l’homme…

Critique :
Encore une découverte que je viens de faire grâce au Mois Anglais (à force de chercher dans les bédés que je n’ai pas lues et dont l’action se déroule en Angleterre) et une fois de plus, il y a du bon et du moins bon.

Comme par hasard, ce sont les dessins qui m’ont déroutées, ainsi que les couleurs fort sombres, lorsqu’ils sont dans les égouts, que ce soit pour la chasse à l’homme que lorsque les enquêteurs sont sur place.

Les visages se mélangeaient et j’ai dû faire quelques retours en arrière afin de bien enregistrer qui avait la tronche de qui.

Nous sommes clairement dans une bédé fantastique, à mi chemin entre du Shelley pour le mélange de parties humaine et le côte « science sans conscience », de l’île du Docteur Moreau pour les mélanges animaliers et le film tiré du roman « Les Chasses du comte Zaroff » (The Most Dangerous Game) puisque le gibier est humain.

Nous sommes dans les égouts de Londres, un cadavre est retrouvé, il était le gibier…

Nous, lecteurs, nous avons assisté à tout mais pour les enquêteurs, c’est un peu le fouillis, surtout qu’une journaliste vient d’arriver sur la scène du crime et que l’on comprend peu à peu que autant l’enquêteur que le médecin ont des casseroles à leur cul.

Moi aussi j’ai pataugé dans ce bourbier de récit aux couleurs sombres et aux dessins styles « images vraies mises en bédé » et il m’a fallu quelques pages avant de trouver mon rythme dans cette bédé.

D’ailleurs, c’est vraiment une fois arrivée à la fin que l’oeuvre totale s’est inscrite dans mon petit cerveau. Quand on manque de caféine, ça prend plus de temps. Une relecture d’ici quelques temps ne me fera pas de mal.

C’est une bédé amorale, les flics sont aussi délicats que des éléphants dans un magasin de porcelaine, font des réflexions sexistes à l’ex-copine du défunt, sont alcoolos, violents, ripoux.

La journaliste est droguée et l’ex-copine suicidaire. Le conte Zaroff est un chasseur exécuteur d’être humains et son éminence grise, un certain docteur Moreau, joue à Dieu. Anybref, aucun personnage n’est à sauver et j’ai eu zéro sympathie pour eux, hormis pour le médecin alcoolo (qui est violent avec sa femme, pardon).

Si j’ai eu du mal au début, j’ai adoré le final qui a du rythme, qui pulse, où toutes les révélations sont faites, les filiations établies et le mobile dévoilé aux victimes.

Grâce à ce final surprenant, inattendu, je compte être au rendez-vous pour le tome 2 afin d’avoir des réponses aux quelques questions restées en suspens dans ce premier album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°282, Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9) et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°19].

Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords : Yves Sente & André Juillard

Titre : Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords

Scénariste : Yves Sente
Dessinateur : André Juillard

Édition : Blake et Mortimer (01/11/2012)

Résumé :
Cette nouvelle aventure de Blake et Mortimer conduit nos deux héros à Oxford.

L’Ashmolean Museum et sa célèbre collection archéologique est le théâtre de vols inexpliqués auxquels sont liés une série de meurtres tout aussi mystérieux.

Tels les héros d’Agatha Christie, Blake et Mortimer mènent l’enquête.

Yves Sente et André Juillard nous offrent une aventure dans la plus pure tradition des romans policiers britanniques.

Critique :
Se glisser dans les pantoufles d’un autre n’est jamais aisé car on a beau copier son trait, reprendre ses personnages, les connaître sur le bout des doigts, on n’est jamais dans la tête du père (ou mère) littéraire.

Pourtant, même si j’ai déjà vu mieux dans les dessinateurs qui ont repris la mise en image de nos deux compères, au moins, le scénario n’est pas bâclé et l’enquête est tout ce qu’il y a de plus terre à terre, sans élément fantastique, de SF ni d’Olrik (enfin des vacances).

Une enquête que n’aurait pas renié la Reine du Crime tant les atmosphères présentes dans ces pages sentent celles de ses romans.

Blake et Mortimer n’utiliseront jamais de smartphones et leur environnement restera à jamais figé dans les années 50, avec un petit air vieillot qui leur va comme un gant car c’est leur identité propre.

L’enquête est remplie de mystère car le lecteur a du mal à voir le rapport entre le vol de la valise d’un certain Thomas Edward Lawrence (en 1919) et les vols, 35 ans plus tard, à l’Ashmolean Museum, de pièces qui ne sont pas les plus rares, ni les plus chères.

Ajoutons une touche de mystère avec des silhouettes toutes vêtues de blanc, leur donnant des airs des fantômes, des lords qui meurent d’accidents qui n’en sont pas, un secret qu’ils sont les seuls à connaître et un Mortimer qui joue aux naïfs tandis qu’un Blake lui demande de se taire alors qu’il commençait à lui donnait un info importante.

Le scénariste nous sème des indices un peu partout, à nous de les prendre en compte ou pas, de les considérer comme importants ou comme étant de faux indices placés là pour faire accuser un autre…

J’avais capté assez vite qui était responsable des vols et il fallait être un anglais un peu trop confiant pour ne pas se rendre compte que cette personne jouait double jeu. Malgré tout, je n’avais pas tout trouvé et une partie des faits étaient inconnus de moi et sans l’intervention de Blake, je n’aurais jamais trouvé le pourquoi du comment.

Dans la neige froide et glacée, nos deux amis vont tenter de résoudre cette énigme et de trouver le ou les coupable(s) des crimes immondes, des vols bizarres et d’enfin savoir quel est ce foutu serment des 5 lords !

Sans révolutionner le polar, cette aventure se laisse lire avec plaisir, en prenant son temps pour regarder toutes les cases car malgré le fait que je sois moins fan de ce dessinateur (j’aimais mieux ceux de Ted Benoît), les décors foisonnent de détails et les paysages anglais, que ce soient ceux de la ville ou de la campagne, sont toujours un plaisir pour les yeux.

On ne révolutionne rien, mais dans les explications de Blake, à la fin, on se prend tout de même une douche froide avec un événement survenue durant sa jeunesse. La boucle est bouclée.

Un bon album qui est plus à réserver au nostalgiques de l’univers de Blake et Mortimer qui aiment lorsque l’action va à son aise, même si je soupçonne une injection d’EPO dans le dernier quart de l’aventure afin de clore cet album en 64 pages et non en 80…

Je ne l’avais jamais lu mais ce Mois Anglais était l’occasion idéale pour ressortir quelques albums de cette série et par la même occasion, d’en découvrir un jamais lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°269 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T03 – Le signe des quatre : Ian Culbard & Ian Edginton

Titre : Une histoire illustrée de Sherlock Holmes – T03 – Le signe des quatre

Scénariste : Ian Edginton
Dessinateur : Ian Culbard

Édition : Akileos (2010)

Résumé :
Mary Morstan, fille d’un officier dans l’armée des Indes aujourd’hui disparu, a un rendez-vous mystérieux. Inquiète, elle demande à Sherlock Holmes de l’accompagner. Ils vont être entraînés dans une aventure au coeur de l’Inde des maharajahs et de la rébellion des Cipayes.

Chaque année, la jeune Mary Morstan, dont le père, officier dans l’armée des Indes, a disparu voilà longtemps, reçoit par la poste le présent d une perle. Le jour où une lettre lui fixe un mystérieux rendez-vous, elle demande au célèbre Sherlock Holmes de l y accompagner…

Cependant que le bon Dr Watson est conquis par le charme de la jeune fille, nous nous enfonçons dans une des plus ténébreuses énigmes qui se soient offertes à la sagacité du détective.

L’Inde des maharajahs, le fort d’Agra cerné par la rébellion des Cipayes, le bagne des îles Andaman sont les décors de l extraordinaire aventure qu il va reconstituer, et qui trouvera sa conclusion dans le brouillard de la Tamise…

Une des plus inoubliables aventures de Sherlock Holmes, publiée pour la première fois en 1889.

Critique :
Lorsque j’avais découvert ce roman, je devais avoir dans les 11/12 ans, guère plus et il m’avait fasciné de par son côté aventures exotiques, prisons, pacte, trésor et par le côté pirate à la John Silver (jambe de bois) pour le personnage de Jonathan Small.

Ce roman m’avait touché par son romantisme : Watson et Mary amoureux, se tenant la main, dans la jardin de chez Sholto…

Mon coeur de midinette n’avait pas résisté et ça m’avait donné des étincelles dans les yeux.

Presque 30 ans plus tard (on ne calcule pas, merci !), ce souvenir de lecture et les émotions ressenties sont toujours vivaces, cachées dans un recoin de ma mémoire. On est fleur bleue quand on est gosse.

L’histoire de cette bédé est celle du roman, avec quelques détails en moins, format oblige mais vu qu’on se trouve dans une bédé de 123 pages, ça laisse de la place pour que l’essentiel soit présent, tout en donnant un nouveau souffle à l’histoire qui pourrait attirer les lecteurs/trices qui n’ont pas envie de lire un gros roman, ou qui sait, de les pousser à lire un truc sans images !

Je ne serai jamais fan des dessins, de ce menton plongeant de Holmes, carré, ce regard un peu vide de Watson, mais on s’habitue et je n’ai plus tiqué comme pour le premier tome.

Les couleurs dans les tons gris, kakis, assez sombres et elles conviennent bien à l’atmosphère de mystère de l’histoire, celle qui n’aurait jamais été écrite sans l’intervention de Joseph Marshall Stoddard du Lippincott’s. Alléluia pour lui !

C’est plein de suspense, de romantisme pudibond, de serments sacrés, de vengeance, de trésor, de piste à suivre, de mystère, de crime sordide, de policier obtus qui pense tout résoudre sans l’aide de Holmes…

On a de l’aventure, une course-poursuite sur la Tamise et un trésor à retrouver, sans oublier une histoire exotique, loin de l’Angleterre, qui nous sera contée à la fin, afin de dissiper tous les mystères et d’expliquer le pourquoi du comment…

Malgré le fait que je ne suis pas fan des dessins, j’ai apprécié cette enquête, que je connaissais toujours, mais dont le format bédé en 123 pages permet de ne pas saborder des passages importants ou de donner l’impression que tout est précipité.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°263 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Mala vida : Marc Fernandez

Titre :Mala vida

Auteur : Marc Fernandez
Édition : Préludes (2015) / Le Livre de Poche (08/03/2017)

Résumé :
De nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco, dans un pays à la mémoire courte.

Au milieu de ce renversement, une série de meurtre est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence.

Les victimes : un homme politique, un notaire, un médecin, un banquier et une religieuse. Rien se semble apparemment relier ces crimes.

Sur fond de crise économique, mais aussi de retour à un certain ordre moral, un journaliste radio spécialisé en affaires criminelles, Diego Martin, tente de garder la tête hors de l’eau malgré la purge médiatique.

Lorsqu’il s’intéresse au premier meurtre, il ne se doute pas que son enquête va le mener bien plus loins qu’un simple fait divers, au plus près d’un scandale national qui perdure depuis des années, celui dit des « bébés volés » de la dictature franquiste.

Quand un spécialiste du polar mêle petite et grande histoire sur fond de vendetta, le résultat détonne et secoue.

Marc Fernandez signe ici un récit sombre et haletant qui nous dévoile les secrets les plus honteux de l’ère Franco, dont les stigmates sont encore visibles aujourd’hui. Un premier roman noir qui se lit comme un règlement de comptes avec la côté le plus obscur de l’Espagne.

Critique :
Si je devais qualifier ce roman en peu de mot, je dirais qu’il est glaçant et addictif.

L’Espagne se réveille avec la gueule de bois car la Droite Dure a gagné les élections et remis la Gauche Molle dans les cordes.

L’AMP est au pouvoir et ici, ça ne signifie pas Agence et Messagerie de la Presse.

On entre dans une ère sombre car les nostalgiques de Franco sont toujours là et prêt à faire revivre les grandes heures du caudillo.

Les peuples ont toujours la mémoire courte ou alors, ils ne retiennent jamais que le « bon » côté de la chose, comme cette dame d’origine espagnole qui me dit, un jour, qu’au moins, sous Franco, personne n’aurait osé te voler ta bouteille de lait sur ton perron.

Les morts apprécieront, les disparus encore plus, quand aux torturés, ça leur fera une belle jambe de savoir qu’on n’aurait jamais osé leur piquer leur bouteille de lait. Quand je vous dis que certains ont la mémoire courte (et les idées encore plus rabotées).

Un qui n’a pas la mémoire courte, ni sa langue en poche, c’est Diego Martín, journaliste à Radio Uno qui aime piquer là où il faut, profitant de son émission pour égratigner le pouvoir en place et parler des injustices commises. Il a des cojones et préfère enquêter longuement afin d’être sûr de son info que de sauter directement dessus, comme le font les médias de nos jours.

Ceci est un roman policier noir et politique où le nom de l’assassin est connu directement. Pas besoin de chercher si c’est le colonel Moutarde ou le professeur Olive qui a assassiné l’élu de Droite, on a directement son prénom et ensuite, on fait le lien entre l’assassin et un personnage qui entre en scène.

Il nous manque juste le mobile, mais puisque les assassinés ont tout de la crapule, personne ne les pleurera. Quant au mobile, sans avoir fait des hautes études en science criminelle, on le trouvera assez vite, en déduisant sans se faire mal aux neurones.

En fait, dans ce roman, ce n’est pas vraiment l’identité de l’assassin qui nous importe mais l’autre enquête, celle sur les bébés volés et vendus à d’autres parents, des braves gens qui n’avaient rien de Rouge ou d’opposants au régime…

Choquant et révoltant de se dire que des êtres humains (??) ont trouvé cette idée brillante et que ce ne fut pas quelques bébés qui furent volés mais des milliers, la loi d’amnistie faite après le décès de Franco ayant enterré ces dossiers brûlants et rendu le sujet hautement tabou.

Et moi qui pensais qu’il n’y avait eu ce genre de pratiques horribles qu’en Argentine… Djézus, je dois encore avoir un fond de petite fille naïve, il était plus que temps de me coller deux baffes et de m’expliquer violemment que ces horreurs avaient eu lieu aussi en Espagne, sous Franco et après Franco… Froid dans le dos, je vous dis.

Un journaliste qui a des cojones, un procureur qui en a aussi et Ana, une ancienne prostituée transsexuelle devenue détective privée (qui a en a eu avant). Un trio couillu, qui marche bien ensemble, sorte de groupe d’incorruptibles, dont Ana est le personnage le plus attachant.

Le roman est captivant, difficile à lâcher, tout en étant glaçant. L’auteur nous livre une enquête bien ficelée, prenante, historique, bien documentée

Mon seul petit bémol sera pour la personne qui assassine, pas super crédible dans son rôle (personnage trop parfait), mais comme je vous l’ai dit, la résolution des crimes est accessoire, elle ne sert qu’à lancer Le sujet puisque ce sera une passerelle entre les affaires de meurtres et les enfants volés.

Le comportement du journaliste, Diego Martín, m’a surprise à la fin. Que l’identité de l’assassin lui fasse un coup, je peux comprendre, mais c’est lui qui avait lancé cette théorie, les flics étant toujours dans le noir total. Par contre, qu’il nous la joue boudeur, choqué, horrifié, là, je tique un peu, même si se faire justice sois-même est interdit et dangereux, sa réaction est anormale. Mais bon…

Un voyage glaçant sur les flots houleux des quartiers madrilènes, dans une Espagne qui a mis la barre sur Tribord dure (droite), avec les nostalgiques de Franco qui hissent les voiles pendant que ceux qui sont à voile et à vapeur serrent les fesses, dans cette galère où tout ce qui n’est pas « espagnol catho pur » est jeté par-dessus bord.

Et puisqu’un jour, un capitaine a décidé qu’il fallait amnistier tous les coupables qui ont profité de la dictature, afin de repartir sur le bon pied, il est clair que sortir une affaire aussi explosive des cales poussiéreuses de l’Histoire, ça risque d’amener des mutineries.

Un super roman policier, plus que noir que policier, glaçant. Une leçon d’Histoire afin de ne pas oublier (ou d’apprendre), le tout porté par des personnages sommes toute un peu stéréotypés (sorte de Chevaliers Blancs) mais attachants.

♫ Tu me estas dando mala vida
yo pronto me voy a escapar ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°224 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 12].

Ce lien entre nous : David Joy

Titre : Ce lien entre nous

Auteur : David Joy
Édition : Sonatine (26/03/2020)
Édition Originale : The Line That Held Us (2018)
Traduction : Fabrice Pointeau

Résumé :
Caroline du Nord. Darl Moody vit dans un mobile home sur l’ancienne propriété de sa famille. Un soir, alors qu’il braconne, il tue un homme par accident.

Le frère du défunt, connu pour sa violence et sa cruauté, a vite fait de remonter la piste jusqu’à lui. Un face à face impitoyable s’engage alors.

Critique :
Caroline du Nord, les Appalaches, une de mes destinations régulières en littérature.

La Nature est grande et belle, encore un peu, on verrait les petits papillons gambader gaiement dans ces paysages bucoliques…

On aurait même envie de chantonner ♫ promenons-nous dans les bois ♪ avant que le chasseur ne nous tire dessus…

Oublions le bucolique, nous sommes dans un roman de Davis Joy et jusqu’à présent, ce n’est pas son fond de commerce, les petits papillons.

Ses personnages traînent toujours derrière aux une vie de merde absolue, des pères alcoolos, des torgnoles reçues ou des coups de ceintures, le tout dans des cabanes qui ferait passer le moindre poulailler du fond de votre jardin pour une demeure de patron de Cac40.

Nous partons sur une histoire vieille comme le Monde : une vengeance… Darl Moody a confondu Carol Brewer avec un sanglier… Entraînant son pote Calvin avec lui dans cette merde, il lui demande un coup de main pour l’enterrer ni vu, ni connu…

Dwayne, le frangin de Carol l’a mauvaise et il va chercher les coupables de la disparition de son frère. Je vous le dis de suite, ça va chier ! Non, ça va saigner !

Des liens, il y en a partout dans ce roman : un lien fraternel entre Dwayne et son frère handicapé, Carol, qu’il a toujours protégé; un lien fraternel aussi entre Darl et Calvin, qui, sans être frère, sont potes depuis toujours. Un lien amoureux aussi, entre Calvin et Ange, sa copine. Le tout tissant une trame épaisse qui donne au roman une atmosphère sordide, noire, lourde.

Vous qui lisez ce roman, gardez-vous de porter tout jugement sur l’un ou l’autre, car, malgré les apparences, je n’ai jamais réussi à en détester l’un plus que l’autre, à en cautionner un ou à en condamner un autre. Impossible. Chacun a ses motifs pour agir ainsi et même la scène la plus horrible a ses circonstances atténuantes.

Ailleurs, ça ne marcherait pas, mais dans les Appalaches, dans ces petits trous du cul paumés de l’Amérique, chez ces pauvres gens qui se sont battus toute leur vie pour quelques dollars, c’est presque normal. Ici, la loi ne s’applique pas !

L’action est présente, mais c’est le côté psychologique qui est le plus important et c’est pour lui que ce roman vaut la peine d’être découvert.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°212.

Southern Bastards – Tome 4 – Du fond des tripes : Jason Aaron & Jason Latour


Titre : Southern Bastards – Tome 4 – Du fond des tripes

Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : Jason Latour

Édition : Urban Comics Indies (26/11/2018)

Résumé :
Le Coach Euless Boss règne d’une main de fer sur la petite ville de Craw County, Alabama, et même le shérif Hardy ne peut rien contre cette tyrannie.

Bien loin d’apaiser sa fureur, la défaite de son équipe face à leurs rivaux de toujours, les joueurs de Wetumka, ne fait qu’ouvrir les valves d’une violence incontrôlable.

À ses yeux, les ennemis sont désormais partout, et Roberta Tubb, de retour en ville pour obtenir des réponses sur la mort de son père Earl, risque bien d’être la première à en faire les frais.

Critique :
Me voici de retour à Craw County, petite bourgade sympathique remplie de bas de plafonds de l’Alabama qui ne vivent que pour les match de football américain que jouent leur équipe, les Runnin Reb’s.

Ici, le foot est religion et perdre est indécent. Là, pour le moment, le coach Euless Boss mange son pain noir car l’équipe des Reb’s se la fait mettre profond par les autres équipes avec des écarts de scores énormes.

Alors Euless Boss va prendre le taureau par les cornes et passer encore un peu plus du côté obscur de la Force, chose que je ne pensais pas possible tant il avait touché le fond depuis longtemps.

Durant quelques pages, j’ai pensé qu’il y avait encore un peu de morale sous sa casquette, un peu de décence derrière sa gueule et son sourire cassé, mais non. La fin justifie les moyens et il y va, déclenchant par-là une petite guerre avec la ville concurrente.

Pour les dessins, on aime ou on n’aime pas. Je ne les aime pas mais ils collent bien aux personnages qui gravitent dans ces albums. Les couleurs, dans les tons rougeâtres, illustrent bien aussi tout le sang qui coule.

Les auteurs avaient mis un peu de côté l’arc concernant la vengeance de Roberta Tubb et s’étaient attaché à nous faire découvrir les personnages secondaires, une belle bande de sans-couilles, d’excités, de limités du ciboulot bref, des électeurs qui choisiront Trump sans aucun doute.

Euless Boss est le chef, le messie, le tout-puissant, celui qui peut tuer impunément, au milieu de la rue s’il le veut, sans que personne ne moufte car ils auraient trop peur de perdre le coach qui fait gagner leur équipe…

Oui, mais tout ce que sait faire Euless Boss, c’est hurler sur ses joueurs et les traiter de tafioles. Le cerveau, c’était Coach Big, un Noir aveugle… et il est mort.

Toujours aussi violent, ce quatrième tome montre que toute personne issue du comté de Craw County a la mentalité des gens qui lui colle au basques, même si cette personne a quitté la ville, même si elle a tenté de prendre ses distances. Craw County, c’est un truc qui coule dans les veines, qui est dans les gènes.

Après, plus possible de revenir en arrière, tout le monde est allé trop loin, tout le monde a franchi la ligne de non retour, soit en tuant ou esquintant son prochain, soit en regardant les autres faire et en détournant le regard ensuite, avec le silence qui va avec.

Vivement le tome 5 pour voir quelle volée de bois vert les auteurs vont nous envoyer dans les gencives. Ça risque encore de saigner.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°169 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°14].

Jusqu’au dernier : Jérôme Félix & Paul Gastine


Titre : Jusqu’au dernier

Scénariste : Jérôme Félix
Dessinateur : Paul Gastine

Édition : Bamboo Edition (30/10/2019)

Résumé :
L’époque des cow-boys tire à sa fin. Bientôt, ce sont les trains qui mèneront les vaches jusqu’aux abattoirs de Chicago.

Accompagné de Benett, un jeune simplet, Russell a décidé de raccrocher ses éperons pour devenir fermier dans le Montana. En route, ils font halte à Sundance.

Au petit matin, on retrouve Benett mort. Le maire préfère penser à un accident plutôt qu’à l’éventualité d’avoir un assassin parmi ses concitoyens et chasse Russell de son village.

Mais le vieux cow-boy revient à la tête d’une bande d’Outlaws pour exiger la vérité sur la mort de Benett…

Critique :
Le western a toujours été mon dada et je suis gâtée au niveau films, séries ou bédés. Problème : comment se démarquer des autres western ?

En proposant une bédé qui en respecte les codes mais qui surfe sur du moins habituel : la fin des convoyeurs de vaches suite à l’arrivée des gares et du chemin de fer un peu partout.

La fin d’une époque. Le début d’une nouvelle ère.

La première chose qui frappe, dans ce one-shot, ce sont les dessins. Ils déchirent leur race !

Les détails sont présents, affinés, bien dessinés et les couleurs sont somptueuses, mettant en valeur les paysages grandeur nature traversés par nos cow-boys et leur troupeau.

Le Monde change et si les gens ne changent pas avec, ne s’adaptent pas, ne montent pas dans le train, ils finiront sans boulot, les poches vides. A contrario, certains se sont déjà adaptés et ils ressemblent soit à des esclaves pataugeant dans la merde et sous les ordres d’un patron infâme, soit il font hors-la-loi.

À Sundance, soit la ville paie pour avoir le chemin de fer, soit elle le laisse passer et elle crèvera à petit feu. Il faut aussi qu’elle ait une réputation sans taches, que la ville et ses habitants soient plus pur que la Vierge Marie elle-même.

Dans ce western, le feu est mis aux poudres à la mort de Benett, le jeune gamin adopté par Russell. Crime ou accident ? L’un où l’autre, ça met Russell dans une rage folle et ses exigences sont simples : qu’on lui livre l’assassin sinon il mettra la petite ville à feu et à sang.

Le battement d’ailes de papillon qui a eu lieu lors de la mort de Benett, alors que Russell et son adjoint Kirby vidaient leur colt auprès de deux femmes, va déclencher un tsunami dont chaque vague sera plus forte que la précédente et noiera tout.

Violent, âpre, sombre. Le titre n’aurait pas pu être mieux trouvé car il correspond bien à l’album.

J’ai vibré, j’ai serré les fesses, j’ai supplié le scénariste de me donner la fin que je souhaitais, la plus belle, mais il m’a répondu que nous étions dans un western sombre, pas dans un Lucky-Luke et qu’il fallait payer les conséquences de ses actes, de sa folie, de son entêtement, comme on doit payer ses impôts.

Putain, la facture était salée, horrible, elle fait mal au bide car on voit tous les événements s’enchaîner comme s’ils étaient pris dans un engrenage super bien huilé. Le pan de votre robe s’est pris dedans et la machine voit broie, vous et tous les autres dans votre entourage.

Un western crépusculaire, comme un glas qui sonne dans le lointain, annonçant la mort des cow-boys, la mort des convois et l’urgence d’obtenir la gare dans sa ville.

Qui ne dit mot consent… Après ça, j’étais sur les rotules. Bien plus réaliste de la nature Humaine que mon happy end désiré. Normal, personne n’est tout à fait un innocent, ou un gentil, hormis Benett.

Le Diable était même tapis dans le coin, il avait les cheveux gominés et il a poussé tout le monde sur le chemin de l’enfer à coup de petites phrases bien plus assassines que toutes les balles de colt.

Cet album était un one-shot, il fait 70 pages en grand format car il aurait été impossible de condenser tout ça dans un 48 pages habituel, malgré tout, une suite ne  serait pas une mauvaise idée afin de savoir ce que va devenir Tom : un justicier ou un taiseux ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°167, le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°12] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

La piste des ombres – Tome 3 – Les écorchés : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 3 – Les écorchés

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2002)

Résumé :
Hiver 1869. Le fugitif Natanaël Dumont vient d’enterrer celle qu’il aimait près des tombes de leurs deux bébés.

Depuis, maudissant les trois pierres sacrées en sa possession depuis l’enfance, il erre comme un vagabond à travers les immenses plaines enneigées du Dakota. Il sombrerait certainement dans la folie, mais le destin veut qu’il croise alors la piste d’un chasseur de bisons et ses écorcheurs.

Il va partager l’horreur et l’absurdité du massacre comme une rédemption et retrouver la force d’affronter la vie.

Renouant peu à peu avec une civilisation sordide qui s’étend, il rencontrera d’autres êtres meurtris avec lesquels il partagera un bout de chemin. « Betty Timberline », la jeune prostituée, lui redonnera peut-être même le goût de l’amour…

Le grand retour de « La Piste des Ombres », magnifique et envoûtant western fantastique.

Critique :
Non mais allo quoi ? J’ai un très bon tome 3, une histoire qui tient la route, et pas de parution du tome 4 à l’horizon alors qu’au départ, elle était prévue pour 5 tomes…

Bordel de dieu ! Je ne saurai donc jamais la fin de l’histoire puisqu’elle s’est arrêtée en 2002 ?

L’auteur a-t-il envie de torturer son lecteur autant qu’il torture son personnage phare, Natanaël Dumont ?

Parce qu’il n’est pas épargné, le pauvre, comme sa compagne le fut dans le tome précédent.

Ah ils voulaient vivre d’amour et d’eau fraîche ? Ah ils pensaient avoir la belle vie après leur fuite

Peau d’zob, la vie fut dure pour nos deux jeunes amoureux et les hivers rigoureux n’épargnent personne. Nathanaël vient encore d’en faire les frais avec un trou caché sous la neige… Bardaf, ce fut l’embardée.

Nathanaël, un personnage fort et fragile à la fois. Encore un enfant de par son âge, tout en étant un adulte vu les épreuves traversées.

La possession des pierres maudites qui ne veulent pas le quitter et dont il doit payer un lourd tribu l’empêche de s’emmerder et de vivre heureux.

Une scène de cet album m’a rappelée une autre, dans le film « Danse avec les loups » : celle des bisons massacrés juste pour leurs peaux et dont les chasseurs avaient laissé les carcasses pourrir au soleil…

Lorsque Nathanaël va quitter sa bicoque misérable après avoir enterré sa femme, il va croiser la route du chasseur nommé California Joe, tueur de bisons sans états d’âme, qui ne pense qu’à les tuer pour amasser la maximum de peaux et se faire un maximum de fric.

En quelques cases, on résume l’Homme Blanc, sa passion pour l’argent, pour la destruction, pour le fait qu’il ne pense pas à demain, ni au futur, ni aux autres…

— Regarde, Nat. Regarde cette splendeur et dis-moi ce que l’on fait là…
— On détruit… On détruit tout ce qu’on touche. Tout ce qui est pur et sauvage. Voilà ce qu’on fait les gars.
Ces bêtes sont magnifiques, libres et magnifiques… Et nous, la lie de la Terre, minables parasites, nous les massacrons sans vergogne.

— Regarde cette plaine, mon ami à la peau sombre. Hier les buffalos, aujourd’hui les loups… Et après ce sera notre tour. Les Blancs sont fous.

Dans ce tome, on s’écarte un tout petit peu de l’univers fantastique créé par les pierres maudites, même si elles sont toujours bien présentes, attachées à Nathanaël et toujours en demande de sang, de mort, de vies aspirées. C’est leur dû.

Un tome très far-west, avec des couleurs plus lumineuses, des couchers de soleil fabuleux, des écorcheurs de bison qui semblent, comme Nathanaël, ne pas être à leur place…

Une bédé sombre, dont je ne saurai sans doute jamais la fin (si j’aurais su, j’aurais pas venu, comme le disait si bien le petit Gibus), un personnage aussi écorché que les pauvres bisons dans la plaine mais qui, contrairement à eux, semble aller de l’avant pour prendre son destin en main et l’arrivée de nouveaux personnages donnent du souffle à cet album.

Un très bel album. Des beaux dessins, des couleurs chaudes, des personnages profonds, attachants, la vie au far-west dans toute son horreur, dans toute sa splendeur, un scénario et des textes profonds.

Quand la terre était jeune, un arc, une flèche et un fusil furent déposés devant deux hommes. Celui qui avait le droit de choisir le premier prit le fusil et devint l’homme blanc. L’autre, qui n’avait plus que l’arc et la flèche devint l’indien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°165, le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°10] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Cauchemar : Paul Cleave

Titre : Cauchemar

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (07/11/2019)
Édition Originale : Whatever it Takes (2019)
Traducteur : Fabrice Pointeau

Résumé :
Un cauchemar qui va vous tenir éveillé toute la nuit.

Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect.

Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie.

Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel.

Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence.

Critique :
♫ Saga Acacia ♪ Faut faire gaffe à Noah ♪ Saga Acacia ♪ Faut pas chercher Noah ♪

Noah Harper est de retour à Acacia Pines, l’endroit le plus chiant du monde… Son ancienne ville qu’il avait quittée, il y a 12 ans, sur ordre du shérif de l’époque.

Alyssa Stone, la gamine qu’il avait retrouvée il y a 12 ans, a de nouveau disparu et malgré l’interdiction qu’il a de mettre les pieds dans la ville, il est revenu !

Contrairement à ce qui est promis dans le résumé, ce « cauchemar » ne m’a pas tenu éveillé toute la nuit !

J’ai même fait des pauses durant ma lecture, j’ai su m’arrêter dans le récit et je n’ai pas oublié de descendre à ma station de métro.

Ça ne veut pas dire que le p’tit dernier de l’auteur aux beaux yeux est merdique, loin de là, mais bon, j’en étais au premier tiers et le récit n’avait rien d’exceptionnel non plus.

Pourquoi ? Parce qu’Alyssa Stone qui avait été enlevée et retrouvée par Noah, flic à l’époque, a disparu de nouveau mais Drew, le nouveau shérif l’a eue au téléphone et même Noah lui a parlé au téléphone ! Elle est juste fichue le camp du bled, point final. On replie tout et on part à la pêche ??

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à douter de  l’auteur, à me demander s’il avait encore sa santé mentale.

J’en étais quand même au premier tiers du roman et la seule chose qui me tenait éveillée en le lisant au matin, c’était mon café noir et les personnages du roman qui me plaisaient, surtout Noah et son côté cash, brutal, un peu borderline et chien fou qui mord quand on le cherche.

Le grand huit attendu n’était pas au rendez-vous. Niveau sensation, j’avais plus l’impression d’être assise dans la petite voiture, sur le manège qui tourne en rond, celui pour les gosses… Franchement, à ce moment là, je n’avais pas envie d’attraper la floche pour gagner un tour de plus.

Pourtant, nom de Zeus, des copinautes à moi en avaient dit le plus grand bien de ce nouveau roman et je fais confiance à ma Fée Stelphique et à l’Yvan d’Émotions. Seraient-ils devenus fous d’avoir apprécié ce nouveau roman de Paul Cleave ? Qu’est-ce qu’il y avait de si super dans ce roman où j’avais l’impression de tourner en rond et de ne pas avancer ??

Et puis, sans que je m’en rende compte, le manège a commencé à s’incliner et ma petite voiture ne tournait plus du tout en rond. La vitesse avait augmenté aussi et c’est avec stupeur que je me suis réveillée sur les planches du grand huit, avec double salto arrière, si pas triple salto. Accrochez vos ceintures, c’est parti mon kiki !

Purée, sans faire attention, j’avais été entraînée vers une histoire qui se mettait enfin en branle et là, j’en ai eu pour mes sous, pour ma tension, pour mon rythme cardiaque et sur le final, en effet, je n’avais pas envie d’aller faire dodo et j’aurais pu louper ma station de métro si j’avais été dedans.

Pour planter son décor, ses personnages, développer l’intrigue, il fallait que l’auteur tourne un peu en rond et nous donne cette fausse impression que rien n’avançait et qu’on pouvait aller boire un verre.

En fait, rien n’était plus faux… Mais comme Saint-Thomas, fallait que j’y mette mon doigt pour être sûr et c’est pourquoi mon début de lecture fut aussi laborieux.

Cauchemar, ça commence comme sur un manège pour enfant et ça se termine en attraction pour adulte, non cardiaques car sinon, il vous faudra un nouveau coeur. Et là, y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°159 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°04].