Détectives – Tome 6 – John Eaton, Eaton in love : Herik Hanna & Mara

Titre : Détectives – Tome 6 – John Eaton, Eaton in love

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Mara

Édition : Delcourt (24/08/2016)

Résumé :
En qualité de spécialiste du crime, le réputé docteur Eaton, bras droit de Nathan Else, témoigne lors du procès d’Elizabeth Pumcake, alias « le Monstre botté ».

Quelques mois plus tard, on l’informe que la meurtrière, enfermée avec les pires criminels dans l’hôpital expérimental Beltran, demande à s’entretenir avec lui.

Et pourtant… rien ne relie Lisbeth Pumcake au docteur. Intrigué, Eaton fait un premier pas… au cœur de la folie.

Critique :
Si le docteur Eaton n’est pas une copie du docteur Watson, je veux bien avaler son stéthoscope !

Nous sommes face à un homme qui a exercé une carrière militaire en tant que chirurgien de campagne, qui a travaillé au côté du plus grand détective du monde et qui écrit des livres…

Toute ressemblance n’est absolument pas fortuite !

Même si notre docteur a un petit côté Dr Jekyll et mister Hyde qui fait peur et qui l’éloigne définitivement de ce bon Dr Watson.

Nous retrouvons ici un personnage important du premier tome, notre monstre botté et c’est dans un asile que nous allons pénétrer après avoir assisté à son procès et aux différents témoignages.

Mon premier bémol viendra des dessins que je n’ai pas aimé du tout. Pour moi, ce sont les plus « mauvais » des albums lus dans cette série. Mais bon, ceci est une histoire de goût et si le scénario est à la pointe du crayon, je passerai sur ces traits disgracieux des visages et sur ces dessinateurs qui ne savent pas dessiner des attelages correctement.

Le départ est excellent, les paroles in ou off du docteur sont des plus intéressantes à lire, il y a du texte, du bon texte et cela prend du temps de tout lire, de tout observer.

Ceci n’est pas une bédé que l’on expédie en quelques vingt minutes, assurément.

Par contre, les crimes commis dans ses pages resteront toujours un peu énigmatiques, bien que en réfléchissant deux secondes, on se doute de qui les commet, mais on ne sait pas vraiment pourquoi, si ce n’est l’envie de tuer.

Le duel entre le Monstre Botté du premier tome et John Eaton est un haut moment de lecture, une rencontre entre deux monstres, chacun étant différent, mais sans vraiment savoir pourquoi le coupable du premier tome voulait vraiment rencontrer le docteur Eaton.

À moins que le Monstre Botté n’ait compris qui était le tueur…

Ce tome n’est pas vraiment une enquête à proprement parler, c’est autre chose. Une plongée dans l’âme humaine ? Une plongée dans la psyché des criminels ? Une plongée dans la folie ? Un peu de tout ça…

Le final est totalement horrifique, fou, dingue, on ne le voit pas venir du tout et on reste les yeux écarquillés en se demandant si on ne rêve pas. Oh putain, le tacle.

Je suppose que l’on aura la réponse à toutes nos questions dans le septième et dernier tome, celui avec Nathan Else. Ne possédant que les 6 premiers tomes, je me suis mise en quête du septième afin de clore la saga, mais je ne l’ai pas encore lu au moment où je rédige cette chronique.

Nathan Else, ne bouge pas, me voici !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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Le brouillard tombe sur Deptford : Ann Granger [Lizzie Martin & Ben Ross – Tome 6] – Par Dame Ida

Titre : Le brouillard tombe sur Deptford [Lizzie Martin & Ben Ross – Tome 6]

Auteur : Ann Granger
Édition : 10-18 (04/05/2017)

Intro (par Ida): Une bourgeoise est retrouvée le crâne défoncé et accessoirement morte dans un terrain vague et forcément immonde du quartier de Deptford.

Ce n’est pas ce soir que l’inspecteur Benjamin Ross et son adjoint Moriss pourront rentrer chez eux, après une longue journée passé à Cambridge pour une autre affaire !!!

Parce que le chef de la police de Deptford soi-disant en sous-effectif avait d’autant plus besoin que quelqu’un se coltine ce boulot à sa place qu’il promettait d’être délicat et casse-gueule…

Ne croyez pas que son épouse, Lizzie Martin épouse Ross soit en reste… Ann Granger a fait ce qu’il fallait pour que l’un et l’autre courent après le même lièvre comme à l’accoutumée.

Résumé (par Ida) :
Or donc Ben Ross qui se réjouissait de pouvoir enfin rentrer dîner avec sa femme après sa longue journée de procédure à Cambridge, se voit réquisitionné au moment de partir pour aller sur les lieux de la découverte d’un cadavre, celui d’une femme bien nourrie, bien habillée gisant dans la boue d’un terrain vague.

Un peu plus tôt dans la journée Lizzie était allée prendre le thé avec son obèse tante Parry que son médecin a refilé à un confrère pour qu’il la mette au régime. Un véritable drame victorien au cours de laquelle, Lizzie va croiser la fiancée d’un neveu de Tante Parry, devenu représentant à la Chambre…

Or le frère de la dite fiancée semble s’enfoncer dans de sombres affaires de dettes de jeux qui risquent d’embarrasser la réputation de son futur époux qui doit rester sans tâche.

Et dieu sait qu’avoir un beau-frère qui a des dettes de jeux est le genre de scandale qui doit contraindre un homme politique à la démission…

La fiancée implore l’aide de Lizzie pour convaincre son frère d’aller humblement demander de l’aide à leur père afin qu’il règle ses dettes et que son frère cesse de lorgner sur son héritage…

Or, le lendemain, la bonne d’une certaine usurière de Deptford vient annoncer la disparition de celle-ci au poste de police, et reconnaît de cadavre la veille comme celui de sa patronne… et le frère de la fiancée du neveu de tante Perry comme le dernier visiteur de sa maîtresse !

Évidemment le gandin proteste de son innocence ! Et voilà, bingo la boucle est bouclée !

Voici Lizzie et Ben à nouveau réunis dans une ténébreuse affaire. L’un devant trouver le coupable d’un meurtre et l’autre veiller à protéger la fiancée du neveu de sa marraine d’un scandale qui pourrait empêcher le mariage tant attendu !

Critique (réalisée par Ida) :
J’ai eu un drôle de pré-sentiment en découvrant le volume, ou du moins le titre de celui-ci. En effet, j’étais habituée à des titres plus mystérieux et poétiques de la part de l’auteur.

Depuis « Un intérêt particulier pour les morts », et avec « La curiosité est un défaut mortel », j’avais toujours apprécié l’originalité des titres des romans de cette série.

Et là… Ce titre qui relève de la simple banalité d’un communiqué météo m’a paru tomber un peu à plat…Bof…

Je n’allais pas m’arrêter à si peu ! Les aventures de Lizzie et Ben, personnages sympathiques, dans une atmosphère victorienne par ailleurs toujours bien rendue par l’auteur devaient suffirent à mon ravissement…

La magie a presque opéré cette fois ci encore… Oui… je dis bien presque.

Parce que cette fois ci le roman me semble pécher quelque peu…

D’une part, parce qu’il peine à se mettre en route. L’intrigue n’est clairement posée qu’au terme du premier tiers du roman, ce qui dans un roman de 260 pages confine à un démarrage plutôt poussif.

Et généralement qui dit démarrage longuet dit souvent dénouement (proportionnellement) précipité…

Ensuite… Une chose m’a profondément gênée.

Ce roman a un parfum de déjà lu assez entêtant qui vous assaille dès les trente premières pages et reste là, bien tenace, jusqu’à ce l’affaire soit déjà très avancée, c’est à dire suffisamment pour que soient définitivement écartés les soupçons de plagiat que ne pouvait manquer d’avoir une lectrice de la série d’Anne Perry mettant en scène le couple Pitt, lui-même également composé d’une jeune femme de bonne famille mariée à un inspecteur de la police londonienne.

Car en effet, l’une des premières aventures du duo Pitt d’Anne Perry porte justement sur une affaire de meurtre d’usurier qui aime à faire chanter ses clients, dont un proche du couple…

Et si le fait qu’Ann Granger se soit inspirée d’Anne Perry pour créer un duo assez similaire échappait au parfum du plagiat parce que sa narration y était plus légère, je trouve extrêmement maladroit qu’Ann Granger ait également réutilisé comme intrigue de roman, une intrigue déjà utilisée par Anne Perry pour son jeune couple victorien.

Je dois avouer que cela m’a profondément perturbée et dérangée pendant toute ma lecture.

Si le Londres victorien est toujours au rendez-vous, et si Lizzie et Ben me sont toujours aussi sympathiques…

C’est leur créatrice qui l’est aujourd’hui nettement moins à mes yeux.

Si elle veut faire du couple Ross une copie du couple Pitt… le mieux serait tout de même qu’elle évite de leur écrire des aventures qui se ressemblent ne serait-ce qu’un peu ! Elle évolue avec ce couple là, sur une crête instable qui mériterait plus de prudence.

Impossible pour moi de noter les qualités intrinsèques de ce roman. Pas de cotation « sherlocks » aujourd’hui…

Juste un carton rouge. Parce que là, il y a faute… Et pas qu’un peu.

PS : La tenancière du blog rappelle à ses aimables abonnés ou autres, que l’inestimable Ida n’est pas rémunérée pour la rédaction de ses chroniques littéraires chez Cannibal Lecteur. Ni en argent, ni en nature, ni en poste de travail hautement rémunéré pour ne rien faire !!

Victorian Undead – Sherlock Holmes Vs zombies : Ian Edginton & Davidé Fabbri

Titre : Victorian Undead – Sherlock Holmes Vs zombies

Scénariste : Ian Edginton                                            big_4
Dessinateur : Davidé Fabbri

Édition: Panini France (2011)

Résumé :
Ian Edginton et Davide Fabbri ont imaginé qu’un météore, tombé près de Londres en 1854, a réveillé les morts.

Transformés en zombies, ceux qui dormaient jusqu’ici en paix deviennent avides de chair humaine.

Vingt ans plus tard, les services secrets de Sa Majesté ont réussi à les maîtriser.Le calme est revenu… mais pas pour longtemps.

Un dénommé Moriarty a l’intention de se servir des morts-vivants pour renverser le gouvernement. Qui appelle-t-on à la rescousse dans ces cas-là ?

Évidemment mon cher Watson ! On supplie Sherlock Holmes et son acolyte d’empêcher une catastrophe.

Critique :
Voilà un apocryphe de Sherlock Holmes que j’aime ressortir de mes étagères de temps en temps.

Là, ça faisait un certain temps que je ne l’avais plus lu… Et il me fallait un truc pour mon 665ème post sur mon blog avant le 666ème !

Pas de diable ou de sorcière sous la main (posté Black Butler trop tôt, la 659), donc, on récupère les zombies qui puent avant de sortir le diable demain.

Ce livre – un comics en fait – je l’avais zappé en découvrant sa couverture pour le moins « horrible ».

On y voyait une sorte de Sherlock Holmes en zombie, bouffé par les vers, en décomposition totale.

Bref, peu séduisante… J’imaginais un Holmes en zombie, revenant d’entre les morts, les bestioles en prime. Beurk !

C’est sur un forum holmésien que j’appris que la couverture était indépendante du contenu (merci à Jean-Claude pour l’info, en passant). Il y a des zombies, mais ce n’est pas le grand détective !

En fait, la couverture était juste là pour un coup de pub. Cela avait eu l’effet contraire chez moi, ne cherchant même à découvrir cet album.

Une fois que je le sus, je me mis en quête de cet album et je le dévorai, tel un zombie assoiffé de chair humaine.

Oui, il est bien ! Du moins, pour ceux que la présence de zombies dans un univers victorien ne rebutent pas.

Je n’ai rien contre les zombies, mais ce n’est pas mon genre de prédilection. Walking dead, avec tout le succès qu’elle a, je ne regarderai pas. Je hais les zombies, ça pue et je les trouve un peu trop affectueux.

Des morts-vivants mélangés à une histoire où Holmes est présent, ça pouvait être casse gueule au possible et j’aurais pu détester l’ouvrage. Examen réussi : les auteurs ne se sont pas plantés.

Voyons ce qu’ils nous ont concocté comme histoire…

L’histoire démarre par un flashback, nous ramenant en 1854 alors qu’un météore traverse le ciel londonien, emmenant dans sa traîne un mal profond et inconnu.

Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, c’est forcément sur l’East end que s’abat cette vague de peste zombie. Les gens meurent, reviennent à la vie et contaminent les vivants…

Oui, pas de nouveautés dans le genre : les bons vieux zombies restent les mêmes.

Les services secrets réussiront à contenir la menace, ensevelissant au passage une partie de la ville pour prendre le maximum de précautions.

Mais 44 ans après (alors que le quatrième de couverture parle de « 20 ans après »), à l’aube du XXe siècle, le mal refait surface. Mhouhahahaha.

Sherlock Holmes est revenu d’entre les morts (façon de parler, hein) après l’épisode des chutes du Reichenbach (mais nous savons qu’il n’était pas mort puisque non tombé, au contraire de Moriarty – vous suivez toujours ?) et il est bien décidé d’enquêter sur ces morts qui ne le sont pas tout à fait, quand bien même les services secrets le lui interdiraient.

Quant à l’origine de ce regain de peste moribonde… Chuut, c’est un secret !

Comme je vous le disais, le scénario aurait pu sombrer dans les tréfonds de la connerie ou du farfelu, surtout avec une couverture kitch à mort et son côté « série B+++ ».

Cela ne laissait pas présager une véritable histoire, avec une intrigue développée et bien construite.

Bon, je ne vais pas vous mentir non plus, je me suis doutée de certaines choses…

On sent que l’œuvre de Conan Doyle n’est pas une inconnue pour l’auteur et la passionnée de l’œuvre holmésienne que je suis, ça fait toujours plaisir.

Grâce soit rendue à l’auteur : Watson n’est pas le benêt de service ! Alléluia ! Les auteurs en auraient-ils fini avec le Watson bête comme ses pieds ? C’est à espérer vu que les derniers Watson sont plus relevés au niveau intellectuels que certains que j’ai déjà lu et vu.

Non seulement il est intelligent (mais moins que Holmes, normal) et sa relation avec Holmes est celle d’une amitié profonde. Un plaisir aussi de découvrir que Mycroft, le frère de Sherlock, est également bien utilisé.

N’oublions pas Lestrade et ce bon vieux colonel Moran… Ironie, pour le colonel.

Graphiquement parlant, le dessinateur s’en sort haut la main.

Les décors de Londres sont fouillés, on a l’impression d’y être, les plans sont très variés et le rendu des scènes d’action sont de bonne facture.

Oui, il y a de l’action, des combats et du dégommage de zombies à la sulfateuse (de l’époque), ça éclabousse la cervelle et les morceaux un peu partout, mais je vous rassure de suite, ça tache pas les mains et ce n’est pas en odorama !

Bref, une belle variation sur notre légendaire détective tout en introduisant un élément fantastique sans (trop) dénaturer le mythe.

Comme pour les bédés où Holmes était face au suceurs de sang, les auteurs s’en sortent haut la main.

Le découpage est très « cinématographique », c’est rythmé, on ne s’embête pas, on frissonne et c’est visuellement soigné.

Le seul problème  pourrait venir du trop-plein d’action. Oui, il en faut, mais trop d’action nuit à l’action et aurait pu causer la mort de ce bon scénario.

Attention, je ne sous-entend pas que le trop-plein d’action est pas là pour masquer le manque de scénario, comme dans certains blockbusters.

Non, le scénario est fouillé, mais nous avons l’habitude de voir (enfin, de « lire ») Holmes disserter et aiguiser son sens de l’observation et de la déduction. Ici, il le fait moins. J’aurais aimé plus de réflexion et moins d’action à la James Bond (Sherlock a les gadgets en moins).

Malgré tout, hormis ce petit bémol, j’ai passé un bon moment auquel je ne m’attendais pas du tout.

Un récit culotté, fallait oser, ils l’ont fait, prouvant que avec un bon scénario, rien n’est impossible.

Lecteurs sensibles, attention, il y a de la décapitation dans l’air… ça grouille de vermines et quand il faut s’en débarrasser, on ne le fait pas avec de la dentelle. On dégomme et on ferraille sec !

N’oubliez pas de bien nettoyer votre sabre ensuite. On ne sait jamais, vous pourriez en avoir besoin dans quelques secondes…

A découvrir.

BILAN - I-Love-Minion-Wallpaper - OKChallenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016),  Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « A year in England » chez Titine.

Le dico Sherlock Holmes : Jacques Baudou et Paul Gayot

Titre : Le dico Sherlock Holmes                                               big_4

Auteurs : Jacques Baudou et Paul Gayot
Édition : Les Moutons Electriques (2015)

Résumé :
De A à Z, d’abeilles à zoologie, en passant par le Diogène Club, Moriarty et bien sûr Watson, ce dictionnaire, s’intéresse à toute la galaxie du 221B Baker Street.

Aucun héros de fiction, plus que Sherlock Holmes, n’a autant engendré d’intérêt. Au point même qu’à l’inverse des personnages historiques devenus figures de romans, il ait accédé à une certaine réalité…

On trouvera dans Le Dico Sherlock Holmes des entrées sur le Canon, les pastiches, les nombreux rencontres mises en scène avec des figures comme Freud, Arsène Lupin ou Tarzan. Mais aussi des références à l’holmésologie et ses spéculations aussi savantes qu’humoristiques.

Un ouvrage d’exception, dernier coup d’archet de la collection Bibliothèque rouge afin de la clôturer en beauté. Un projet jamais vu en France ou ailleurs.

Critique : 
Voilà un dico sur Holmes qui m’a bien plu ! Mieux que le précédent que je possédais « Le Petit dictionnaire de Sherlock Holmes » de Marc Lemonier (voir ICI).

Celui-ci est plus complet mais attention, il fait aussi parfois référence à des apocryphes holmésiens.

Il nous parle aussi abondamment de William S. Baring-Gould sans ajouter que certaines de ses théories étaient fumeuses…

Ne prenez pas donc pour argent comptant le fait que Holmes ait eu des relations avec Irene Adler et que Nero Wolf soit leur fils.

Bon, en principe, d’après les définitions que j’ai lue, pas de risques que les néophytes fassent l’amalgame entre les données tirées, stricto senso, du Canon Holmésien et celles en provenance directe des récits apocryphes (non écrits pas Arthur Conan Doyle).

De nombreuses citations émaillent le dico et je suis toute contente, moi qui voulait fouiller le Canon pour les noter toutes, et bien, une partie du travail est fait. Que les auteurs en soient remerciés.

Afin de vous prouver qu’en holmésologie, tout est démontrable (même par l’absurde), on a droit à quelques théories holmésiennes de plus discutées, dont notamment le nombre d’épouses qu’à eu Watson. Oui, on discute de tout, même de savoir si les portes de la chambre de Holmes s’ouvraient par la droite ou la gauche.

Non, je n’ai pas encore discuté du fait de savoir s’ils la portaient à droite ou à gauche…

Ce genre d’ouvrage est plutôt réservé aux connaisseurs de Holmes, du moins à ceux qui ont lu les écrits canoniques, vu quelques films, pièces de théâtres et découvert les apocryphes les plus connus (ou qui veulent les découvrir).

Moi, j’ai apprécié l’ouvrage, même si je n’ai pas lu toutes les définitions, j’ai souri quelques fois et je me suis prise un bon mal de crâne en réfléchissant sur quelques théories.

D’ailleurs, j’en ai appris de bien belles !

Un excellent dictionnaire qui n’aura le défaut que d’être trop court… ou alors je l’ai dévoré trop vite avec un trop grand appétit.

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Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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Les énigmes de Sherlock Holmes : Dr John Watson

Titre : Les énigmes de Sherlock Holmes                              big_2

Auteur : Dr John Watson
Édition : Hachette Pratique (2012)

Résumé :
« 150 énigmes à résoudre, inspirées des célèbres enquêtes de Sherlock Holmes. Des plus élémentaires aux plus coriaces. Le livre à offrir absolument à l’occasion du 125e anniversaire de la création du personnage de détective le plus emblématique. »

Critique : 
Une belle fumisterie ces « 150 énigmes à résoudre, inspirées des célèbres enquêtes de Sherlock Holmes ».

Pourtant, en le voyant dans un rayonnage, on ne peut qu’être séduit par ce bellâtre…

Il m’avait fait de l’œil, montré ses atouts et j’étais partie avec, bras-dessus, bras-dessous.

Alors quoi ? Lune de miel qui a viré à l’aigre ? Oui ! Autopsions l’affaire afin que je vous explique où le bât a blessé.

Lorsque l’on prend ce livre en main, on sent que ce n’est pas de la merde. Il a des beaux appâts.

L’ouvrage est beau, épais, lourd, la couverture est agréable à l’œil. Bref, il en jette.

Ouverture de la chose, pour voir si l’intérieur est aussi bien travaillé que l’extérieur… Le problème ne se posera pas là, en effet.

D’entrée de jeu, après quelques belles pages avec le titre, nous tombons un sommaire qui nous présente les différentes énigmes, classées selon leur degré de difficulté, avec leurs numéros de page ainsi que celui où se trouve la solution.

Une montre à gousset, un violon et une pipe (canonique, pas l’horrible calebasse qui est un anachronisme) illustrent les trois pages de sommaire. Jusqu’à présent, mes mirettes en avaient pour leur argent.

Une belle introduction du docteur Watson, des pages épaisses, illustrées par des dessins, dont certains sont signés S.P (Sidney Paget, illustrateur des aventures de Sherlock Holmes). J’en bavais, mes amis, j’en bavais !

Niveau visuel, c’est le nec plus ultra ! Les énigmes sont amenées autour d’une conversation entre Holmes et Watson, lors d’une ballade dans le parc, dans le salon de Baker Street.

Oui, lors de l’effeuillage, il était magnifique. C’est lorsque je suis passée aux énigmes que tout à capoté entre nous.

Certes, il faut parfois voir plus loin que son esprit, mais j’avoue que certaines sont tarabiscotées au possible.

Holmes qu’il disait toujours qu’il fallait des faits, là, on doit déduire avec très peu d’éléments et ça tourne parfois à la devinette.

On est loin du bandeau-titre qui disait « inspirées des célèbres enquêtes de Sherlock Holmes ». Mon cul, oui !

Les énigmes proposées, loin d’être policières, ressemblent plus à des énigmes de la science !

– Comment savoir si un tonneau à moitié plein l’est plus ou moins que de la moitié ?
– Bâtir une maison avec les 4 fenêtres sur les 4 côtés qui donnent toutes au sud.
– Pourquoi, quand l’eau va bouillir, le sifflement de la bouilloire baisse-t-il ?

Entre nous, je me fiche pas mal de savoir comment répartir 15 agneaux dans 4 bergeries de dimensions égales pour que chaque enclos renferme le même nombre de bêtes… Sherlock Holmes aussi s’en serait fichu.

Je suis d’accord qu’il faille chercher au-delà de ce qui nous paraît évident, mais je ne vois pas le rapport avec les énigmes de Holmes.

Pour moi, cet ouvrage aurait tout aussi pu s’appeler « Les énigmes du professeur Quincampoix ».

Sherlock Holmes n’avait rien à faire dans ce titre, c’est au final, un bel attrape holmésien atteint de collectionnite aiguë.

Cet ouvrage ne vaut que pour sa déco victorienne, ses dessins et sa belle présentation.

Pour le reste, c’est de la fumisterie...

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Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais 2015 chez Titine.

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Oscar Wilde et le cadavre souriant : Gyles Brandreth [Saga Oscar Wilde 3]

Titre : Oscar Wilde et le cadavre souriant                big_3

Auteur : Gyles Brandreth
Édition : 10-18 (2010)

Résumé :
En 1883, Sarah Bernhardt et Edmond La Grange dominent le théâtre mondial.

Déterminé à faire fructifier sa renommée naissante après sa triomphale tournée américaine, le jeune Oscar Wilde se rapproche de ces deux monstres sacrés.

Installé à Paris, il travaille avec La Grange à une nouvelle traduction d’Hamlet qui promet de faire des étincelles. Mais pour l’heure, elle fait surtout des victimes…

La compagnie La Grange est frappée par une série de disparitions mystérieuses, et Oscar Wilde est bien décidé à en trouver le responsable.

Entre jalousies artistiques, vices cachés et secrets de famille, le poète dandy découvre l’envers peu reluisant du décor flamboyant du Paris fin-de-siècle.

Critique :
Oscar Wilde a trouvé un cadeau original pour l’anniversaire de Conan Doyle : un manuscrit. Et pas n’importe lequel… Un récit racontant sa « première enquête » avec, à la clé, des meurtres à élucider !

– Comme je l’ai dit, Arthur, c’est un cadeau de Noël. L’an passé, vous m’avez offert « Le Signe des Quatre ». Voici mon présent pour cette année. C’est un manuscrit… et un défi. Cette histoire date de ma jeunesse. Il s’agit d’un compte-rendu d’un an et demi de mon existence, il y a de ça bien longtemps maintenant. […]

Oscar lui offre donc le récit de son escapade aux États-Unis entre décembre 1881 et décembre 1882, ainsi que le compte-rendu du séjour qu’il effectua ensuite à Paris, lorsqu’il travailla avec Edmond La Grange sur une nouvelle traduction d’Hamlet qui promettait de faire des étincelles.

Elle fit des étincelles, en effet, mais elle fit surtout des victimes !

La compagnie La Grange se retrouve confrontée à trois morts violentes : Suicides ? Accidents ? Meurtres ? En tout cas, Wilde est bien décidé à en trouver le responsable, si elles ne sont pas accidentelles.

Le manuscrit se terminera par les explications de Wilde quand aux quatre morts suspectes (oui, une de plus).

– Il s’agit d’une histoire vraie, Arthur. J’imagine que vous pourriez la qualifier d’énigme criminelle. Il est impossible de la publier, du moins de mon vivant. De nombreux passages sont diffamatoires, d’autres licencieux, et le texte est pour l’instant incomplet. Le manuscrit est inachevé : il manque le dernier chapitre. J’aimerais que vous le lisiez, Arthur. N’omettez aucun mot, même si certains vous choquent. Si vous le souhaitez, vous pouvez le montrer à votre ami Sherlock Holmes. Il est d’une autre trempe. Puis, une fois que vous l’aurez lu et que vous y aurez longuement réfléchi, j’aimerais que vous me disiez ce que devra révéler selon vous le dernier chapitre.

Mais est-ce bien là toute la vérité sur ces morts étranges, monsieur Doyle ? Votre perspicacité nous sera bien utile afin de découvrir si votre ami Oscar n’a pas camouflé une partie de ses conclusions.

– J’ai été négligent, mais pensez à ce que je suis, Robert, et essayez de me comprendre. Je suis un conteur, un auteur dramatique. Il me faut garder mes lecteurs en haleine jusqu’à la dernière page, tenir mon public sur le bord de son siège jusqu’au baisser de rideau. J’ai besoin d’un dénouement. Ne me privez pas de mon coup de théâtre.

Ce troisième opus nous montre un autre pan de la vie de Wilde, nous faisant découvrir son voyage en Amérique, sa vie à Paris alors qu’il n’a que 27 ans et sa rencontre avec son ami et biographe : Robert Sherard. Sans oublier d’autres personnages importants, telle Sarah Bernhardt.

Par contre, comparé au deuxième tome qui avait une mort violente quasi dans les premières pages et un rythme assez relevé, ici, il faut attendre la page 136 pour la première mort « humaine », la toute première de la page 68 étant animale.

Les suivantes ne se produiront que dans le début des pages 300…

Le style d’écriture est agréable, ni gnangnan, ni alambiqué; les personnages sont attachants, surtout Wilde; on a de l’humour, des bons mots; de la fiction mélangée à beaucoup de vérité et quelques rebondissements à la fin : je viens de passer un bon moment de lecture.

– Pardonnez-moi ce retard, s’excusa le docteur en se dégageant des bras d’Oscar. Le train de Southsea a été arrêté. Un corps sur la voie. Regrettable accident.
– Certains feraient n’importe quoi pour éviter de passer Noël en famille, murmura Oscar.

Par contre, le livre est déconseillé aux lecteurs qui sont à la recherche d’un rythme trépidant… La lenteur de l’histoire pourrait les faire soupirer, bien que moi, je ne me sois pas embêtée…

Effectivement, pour les lecteurs qui veulent suivre les pas de Wilde aux États-Unis et à Paris, boire de l’absinthe avec lui, pénétrer dans les coulisses du théâtre La Grange, arpenter les petits caberdouches de Paris, tel « Le Chat Noir » ou manger une salade de homard en compagnie de Conan Doyle, au Baker Street Bazaar de Madame Tussaud, juste après la visite de la Chambre des Horreurs, c’est du pain béni.

En soixante ans d’existence, le Baker Street Bazaar n’avait sans doute jamais connu une telle affluence qu’en cette journée. Trente mille personnes avaient fait la queue pour découvrir la dernière attraction de Madame Tussaud : la réplique exacte du petit salon dans lequel, à peine dix semaines auparavant, Mary Eleanor Pearcey avait battu à mort la femme de son amant et le bébé de cette dernière.
Elle avait entassé les corps de ses malheureuses victimes sur le landau du nourrisson et les avait abandonnés sur un terrain vague de Kentish Town, non loin de son domicile.
John Tussaud avait dépensé deux cent livres, soit le prix d’une petite maison, pour acquérir la voiture d’enfant et d’autres souvenirs du crime, parmi lesquels le gilet taché de sang de la meurtrière et le bonbon que suçotait l’enfant au moment de sa mort.
Cet investissement se révéla fort fructueux. À cette époque, l’entrée du Baker Street Bazaar s’élevait à un shilling par personne.

L’auteur est un inconditionnel d’Oscar Wilde et on le ressent dans ses romans qu’il connaît très bien le célèbre dandy. Grâce à sa connaissance profonde de l’œuvre et de la vie du poète, il nous restitue le génie du personnage avec brio et nous entraîne sur ses pas, dans des enquêtes hors du commun.

Quant à la figure de cire au musée de Madame Tussaud, représentant un criminel qui sourit en dévoilant les dents du bas, il est clair que vous devez vous en méfier !

Ne faites jamais confiance à un homme dont le sourire dévoile les dents inférieures, même si c’est une figure de cire ! Elle est tout de même exécutée d’après nature ou à partir du cadavre…

C’est Oscar qui nous le dit et il avait raison !

Livre participant aux Challenges « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), « Polar Historique »de Sharon (reprise du challenge de Samlor)« I Love London 2 » de Maggie et Titine,  « Victorien » chez Arieste et  « XIXème siècle » chez Netherfield Park.