Carnets noirs : Stephen King [LC avec Stelphique]

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Titre : Carnets noirs

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (2016)

Résumé :
En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold.

Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes.

Le bonheur dans le crime ?

C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.

81ejz58t3clCritique du Cannibal (Stelphique plus bas) :
J’avais eu quelques appréhensions en voyant le résumé du nouveau roman du King qui avait des relents de l’excellent Misery, avec un fan obsédé par un écrivain et qui refusait la destinée que l’auteur avait réservée à son personnage.

Ce roman m’a fait réfléchir et je me suis demandée ce que j’aurais fait, si par le plus grand des hasards j’avais eu Arthur Conan Doyle devant moi ?

Lui aurais-je mis un révolver sur la tempe pour l’obliger à écrire une scène où Sherlock Holmes culbutait la belle Irene Adler sur le bureau de Watson, faisant voler tout le bric-à-brac par terre ?

Ou l’aurais-je abattu d’une balle dans la tête pour lui avoir donné, noir sur blanc, une destinée que je n’aurais pas aimé (les chutes de Rechenbach, si j’avais vécu en 1893) ?? Ma foi, la question restera ouverte.

— Oh, je t’en prie. Toute son histoire c’est rien d’autre qu’une longue épopée vers le conformisme. Le but de la culture américaine, c’est de créer une norme, Morris. Ce qui veut dire que les gens hors norme doivent être recadrés, et c’est ce qui arrive à Jimmy. Il finit publicitaire, bordel. Si c’est pas les meilleurs agents de la norme dans ce pays de dégénérés ! C’est le propos central de Rothstein. » Il secoua la tête. « Si c’est de l’optimisme que tu cherches, achète un roman Harlequin. »

Morrie Bellamy a basculé carrément du côté obscur, lui. Un vrai malade mental incapable de se rendre compte qu’il est lui même le responsable de ses déboires, mais souffrant de mauvaise foi chronique, il préfère dire que c’est de la faute de sa mère, qu’elle l’a énervé, qu’à cause d’elle il a bu et qu’ensuite, il a pété les plombs.

Le petit Saubers a lu ce qui était destiné à Morris et à Morris seul. C’est une grave injustice, qui doit être punie.

Alors oui, je peux dire que je viens de lire un bon roman policier, j’ai apprécié l’atmosphère, les personnages que je connais bien, les nouveaux (un faible pour Peter), la trame était bien présentée avec quelques retours dans le passé dans la première partie, le tout s’imbriquant bien l’un dans l’autre.

Certes, pas de courses poursuites ou de rythme à la 24 heures chrono, mais le roman se lit tout seul et le final est tendu comme le string d’une demoiselle qui aurait pris des kilos dans les fesses.

Mais… Oui, il y a un gros mais qui n’a rien à voir avec le roman en lui-même, enfin, pas tout à fait.

Stephen King, c’est l’homme de mes premiers frissons (Albator et Holmes aussi, mais pas du même acabit), celui qui me fit une Peur Bleue, celui à cause duquel j’avais peur de traverser un parking à l’orée du soir, non pas pour les rencontres mauvaises avec des humains, mais avec des voitures ! (Christine).

Lorsque j’ouvre un roman du King, c’est pour y trouver quelque chose de bien précis : des frissons, de la peur, de l’angoisse, du fantastique, des personnages qui foutent la trouille (Annie Wilkes), des personnages qui m’entrainent dans leur vie (Dolores Claiborne), des clowns maléfiques (ÇA) ou des histoires qui me font chialer (La Ligne Verte, Simetierre).

Que le King ait envie de changer de registre, c’est son droit, mais lire un roman policier écrit par la King, ça me fait tout drôle, un peu comme si Jim Thompson ou Dashiell Hammet écrivaient un Harlequin. Un bon Harlequin, mais du Harlequin quand même.

J’avoue que le King assène quelques vérités dans son roman, que l’on voit des traces de ses pattes, mais j’ai l’impression qu’il se fait trop aider et qu’à force d’écouter les autres, il se dilue, il s’égare, il se police et on se retrouve avec du King à dose homéopathique.

— Regarde les opposants à la guerre du Vietnam. La plupart d’entre eux vivent des vies de petits-bourgeois maintenant. Gros et gras, heureux et républicains. Ceux qui ont refusé de se soumettre sont en prison. Ou en cavale, comme Katherine Ann Power.

Au final, un bon roman policier qui m’a fait passer un excellent moment, j’ai eu aussi des temps de réflexion avec son fan totalement barré, j’ai apprécié les personnages, mais un autre auteur de romans policiers aurait pu l’écrire, sans que la patte du King nous manque.

Allez, Stephen, reviens à tes premiers amours ! Sinon, je vais être obligée de relire tes anciens écrits pour retrouver l’essence de toi-même… Heureusement qu’il m’en reste des non-lus que je garde précieusement, telles des provisions de guerre.

En le tuant, il avait obéi à sa croyance intime : que l’écriture est en quelque sorte plus importante que l’écrivain.

– C’est là que tu te trompes. Un bon romancier ne guide pas ses personnages, il les suit. Un bon romancier ne crée pas les événements de son histoire, il les regarde se dérouler et ensuite il les écrit. Un bon romancier finit par réaliser qu’il est secrétaire, et non pas Dieu.
– C’est pas le personnage de Jimmy ! Ce connard de Rothstein l’a changé ! Il en a fait un bouffon ! Il en a fait un… un Monsieur-tout-le-monde !

L’une des révélations les plus électrisantes dans une vie de lecteur, c’est de découvrir qu’on est un lecteur – pas seulement capable de lire (ce que Morris savait déjà), mais amoureux de la lecture. Éperdument. Raide dingue.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Eagle+flag

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Une proposition de lecture de ma binômette, ça ne se refuse pas ! Même si je n’ai pas accroché avec le premier tome, je fonce toujours pour un King en duo !!!

Synopsis :
En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.

Après Misery, King renoue avec un de ses thèmes de prédilection : l’obsession d’un fan. Dans ce formidable roman noir où l’on retrouve les protagonistes de Mr. Mercedes (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur… ou le pire.

Ce que j’ai ressenti : … Être fan…Et lire tous les écrits de ton auteur préféré…
Être fan….C’est un art. C’est vivre, ressentir, aimer. Mais jusqu’à quel point, peut on parler de fan attitude, et de la distinguer de la folie furieuse ?

Stephen a déjà emprunté ce chemin (il doit certainement savoir de quoi il parle….L’obsession des fans…),une fois déjà avec Misery, mais là, Carnets noirs vous emporte aussi surement que son prédécesseur sur les routes tortueuses des comportements borderline des lecteurs.

En peu de temps je suis toujours aussi surprise d’accrocher autant au King : il a un talent indéniable, une imagination de dingue, une force d’écriture qui vous happe ! J’en suis fan…

Ahhhhhhhh mais maintenant, je vais craindre de dire une chose pareille : et s’il croyait que je suis de la trempe de Morrie ???!!!!

L’une des révélations les plus électrisantes dans la vie de lecteur, c’est de découvrir qu’on est un lecteur – pas seulement capable de lire, mais amoureux de la lecture. Éperdument. Raide dingue. Le premier livre qui donne cette impression ne s’oublie jamais et chacune de ses pages semble apporter une nouvelle révélation, une révélation qui brûle et qui enivre : (Oui ! C’est ça ! Oui ! Je l’avais vu aussi ! Et bien sûr : C’est exactement ce que je pense ! C’est ce que je RESSENS !)

Plus sérieusement, j’ai beaucoup aimé cette lecture, car le King rend hommage à la lecture, aux mots, à la force d’une passion, à quelques auteurs.

On aimerait détenir ce petit trésor de Moleskine, le découvrir, le choyer et pouvoir le partager (Ben, oui, moi je suis contraire à l’égoïsme et l’exclusivité : Partageons tous en cœur!)… De Pete à Mollie, nous faisons un tour d’horizon de l’Amérique, ses difficultés, ses angoisses. Par la passion de la lecture, ses deux héros s’unissent autour d’une œuvre cachée, et nous entraine dans leur course folle.

J’ai hâte de découvrir le troisième tome, car il annonce un peu plus de fantastique, une note un peu plus troublante… Et c’est bien comme cela que je préfère le King!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10

index LC

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Little Bird : Craig Johnson

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Titre : Little Bird                                                        big_4

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister (2009)

Résumé :
Après vingt-quatre années au bureau du shérif du comté d’Absaroka, Walt Longmire aspire à terminer sa carrière en paix. Ses espoirs s’envo­lent quand on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve Cheyenne.

Deux années auparavant, Cody avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d’une jeune Indienne, Melissa Little Bird. Jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd’hui, il semble que quelqu’un cherche à se venger.

Alors que se prépare un blizzard d’une rare violence, Walt devra parcourir les grands espaces du Wyoming sur la piste d’un assassin déterminé à parvenir à ses fins.

Petit plus : Avec Little Bird, premier volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson nous offre un éventail de personnages pourvus de suffisamment de sens du tragique et d’humour pour remplir les vastes étendues glacées des Hautes Plaines.

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Critique : 
Walt Longmire est tout le contraire de Lucky Luke car il n’a pas la réputation de tirer plus vite que son ombre, bien qu’il sache viser correctement. Non, notre sherif fait plus dans la nonchalance qu’autre chose.

Cela fait 24 ans qu’il est au bureau du shérif du comté d’Absaroka et monsieur apprécierait qu’on lui laisse un peu sa carrière se la couler douce.

Mais méfiez-vous quand même ! « Nonchalance » ne veut pas dire « imbécile » ou « je-m’en-foutisme ». Parce que s’il vous prenait l’envie subite de dézinguer des personnes – même si elles le méritent amplement – il vous traquera afin de résoudre cette affaire.

Alors, qui est mort et pourquoi ? C’est la question que l’on se pose au début du livre : qu’est-ce qui a bien pu pousser ce tireur mystérieux (et d’élite) à descendre Cody Pritchard près de la réserve Cheyenne ?

Certes, ce gars et ses trois copains avaient abusé d’une jeune indienne souffrant d’un retard mental, mais ils sont été appréhendés, jugés et ont purgé une peine d’emprisonnement. Minime, je vous l’accorde bien volontiers, mais pourquoi ce venger deux ans après ??

En tout cas, cela risque de jeter de l’huile sur le feu qui couve entre les deux communautés : les Blancs et les Indiens. Sans compter que le blizzard a des envies folles de s’inviter dans la danse.

Alors Walt va remuer ses 120 kg de masse graisseuse ou sommeille encore un peu de muscle asthmatique et enquêter sur le meurtre. Oh, tiens, encore un cadavre tout froid raide mort, une balle dans le buffet !

Il faudrait se dépêcher, mais Walt ne fait pas partie des enquêteurs rempli d’énergie et qui courent partout, tels que Holmes. De plus, il n’est pas toujours bien accompagné dans sa vie professionnelle (la privée, c’est encore pire) et notre Walt ne sait plus trop à quel sein (saint ?) se vouer car un climat de suspicion s’installe et il se demande s’il peut faire confiance à son ami Indien, Henry Standing Bear.

Ses policiers ne sont pas tous « avec lui » et en plus, tout en enquêtant, il doit aussi penser à sa réélection. Bigre, pour un qui voulait se la couler douce, ça en fait beaucoup !

Les fausses pistes partent dans tous les sens, les suspects sont assez nombreux et impossible de coller les meurtres sur le dos du majordome.

– Ce serait une sacrée merde si le coupable s’avérait être le dentiste ? Je sais que ce n’est pas aussi classe que le majordome, mais les gens seraient drôlement surpris, non ?

Une écriture remplie d’humour et de bons mots, j’ai eu souvent le sourire aux lèvres avec le shérif Longmire.

« Moi, j’dirais que sa connerie n’a pas encore atteint sa pleine mesure, et que la tienne, elle est en train d’enfler à vue d’œil ».

– Billy, tu dis avoir vu un corps ?
– Ouais, c’est vrai
– Il ressemblait à quoi ?
Un silence…
– Ben, à un corps.
J’envisageai de me taper la tête sur mon bureau.

Le shérif Longmire a des soucis dans sa vie, mais elle est un long fleuve tranquille comparé à un Erlendur (de l’auteur Arnaldur Indridasson). Limite rose bonbon… et ça fait du bien de ne pas tomber sur un énième flic alcolo-drogué-désabusé-dépressif-suicidaire.

Les personnages sont bien travaillés, attachants, pas trop désabusés, les paysages sont sauvages et c’est un réel plaisir d’en apprendre un peu plus sur les Indiens d’Amérique (Amérindiens).

Je regardai les traînées de nuages reflétées par la lune. Il avait l’air de faire froid dans la montagne. Nous étions dans la cinquième année d’un cycle de sécheresse et les ranchers se réjouiraient de voir l’humidité s’accumuler là-haut. Au printemps, l’eau porteuse de vie descendrait le long des précipices, faisant pousser l’herbe, nourrissant les vaches, pour qu’on ait des hamburgers et que le shérif soit payé. C’était dans l’ordre naturel des choses, ou du moins, c’était ce que les ranchers me disaient et me répétaient.

– Ce sont les plumes de hibou qui sont signe de mort, les messagères de l’autre monde.La plume d’aigle est un signe de vie, elle renvoie à toutes les activités des vivants: faire la pluie, planter et récolter dans les champs, pêcher en abondance, protéger les maisons et guérir les maladies. Elle est considérée comme le souffle de la vie, incarnant le pouvoir et l’esprit de l’oiseau dont elle était autrefois un élément vivant.

Le rythme est très lent, on rentre doucement dans l’histoire et celui qui cherche du trépidant devra aller voir ailleurs. Malgré la lenteur, je n’ai pas ressenti de l’ennui.

Le final est angoissant et j’ai poussé un cri de surprise.

Un roman noir dans un trou perdu du trou du cul de l’Amérique (c’est vous dire s’il est perdu).

Une belle découverte ! Le récit m’a emmené fort loin de mon pays, pour les plaines sauvages du Wyoming et je compte bien refaire le voyage avec les romans suivants.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Le « Challenge US » chez Noctembule, le challenge« Il était une fois dans l’Ouest » chez Arieste et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix « Le Roman Noir » en 2010 du Nouvel Observateur).

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux : Marquis de Sade

Titre : La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux

Auteur : Marquis de Sade                                                big_2
Édition : Maxi Poche

Résumé :
Cachez cet auteur que je ne saurais voir. J’ai nommé le marquis de Sade. Grand absent des anthologies scolaires, Sade fut longtemps le paria de la littérature française.

Et pourtant, c’est bien de littérature qu’il s’agit et d’éducation qui plus est.

« La Philosophie dans le boudoir », chef-d’œuvre du divin marquis, est le plus ambitieux des manifestes du libertinage jamais écrit. Avec Sade, l’acte accompagne toujours la théorie et il est plaisant de voir son Dolmancé, mâle incroyablement membré dans la pleine possession de ses moyens, éduquer la jeune Eugénie, 15 ans à peine, aux acrobaties du corps et à la gymnastique de l’esprit.

Confiée aux mains de Mme de Saint-Ange et de Dolmancé, Eugénie, élève douée, progresse très vite dans le domaine du plaisir.

« Nous placerons dans cette jolie petite tête tous les principes du libertinage le plus effréné, nous l’embraserons de nos feux, nous l’alimenterons de notre philosophie », annonce Mme de Saint-Ange.

Au terme de 300 pages voluptueuses, la jeune fille ignorante sera devenue experte et aguerrie en philosophie du plaisir.

« La Philosophie dans le boudoir » n’est pas un classique de l’érotisme, c’est le livre fondateur, la Bible du plaisir qui pourrait faire passer le Kama Sutra pour une simple fiche technique.

Critique : 
Que dire de ce livre si ce n’est que les protagonistes feraient mieux de parler moins et de s’envoyer en l’air plus !

Ben oui, durant les moments de « pause » entre deux sodomies ou autre pénétrations en « al », les protagonistes pérorent sur Dieu, la politique, la morale et autres sujets qui m’ont fait bailler d’ennui tant ces messieurs étaient sûr de détenir la Vérité Absolue.  La diatribe sur la non-existence de Dieu est à mourir d’ennui !

Désolée, mais durant les phases réfractaires de chouchou, je n’aurais pas du tout envie de l’entendre me parler de politique ou de religion ! Surtout que Sade y va quand même fort dans sa philosophie qui tient plus de celle « du comptoir » que d’ailleurs.

Oh pardon… Pour ceux qui aurait une cul-ture zéro,  » La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux », c’est l’histoire de la journée d’éducation sexuelle et de débauche de la jeune Eugénie, 15 ans au compteur, que madame de Saint-Ange et son frère incestueux vont initier a toutes les facettes du sexe par tous les orifices.

C’est « la journée de la luxure », le tout aidé d’un sodomite qui cause beaucoup trop : Dolmancé.  Plus un syphilitique, mais en fin de roman.

En deux mots : ça éduque la gamine, ça baise tous ensemble ou séparé, ça cause et ensuite, ça refornique par tous les trous qui existent.

Les scènes de sexe ? C’est de la resucée : un « sandwich » entre trois hommes, de l’inceste frère-soeur, de la sodomie en veux-tu-en-voilà, du « décalotage » et suçage en tout genre. Rien de neuf sous le soleil, si ce n’est la perversion de certaines histoires où Dolmancé parle d’un homme qui a des rapports sexuels avec sa fille, lui fait un enfant, le dépucelle aussi, etc… Sade voulait choquer, il l’a fait.

Par contre, peu de descriptions dans les scènes de sexe. Certes, pour l’époque, ça a dû choquer la ménagère de moins de 50 ans, mais maintenant, bof. J’ai lu des fan-fics cochonnes bien plus détaillées dans leur scène hot que celles du roman du Marquis !

Ce que je reproche d’autre au livre ? Les dialogues qui sont souvent à se taper la tête au mur tant ils peuvent être bêtes, parfois.

Pire, lors de la fameuse scène de couture (ceux qui ont lu comprendront, les autres, imaginez), la mère – qui est censée avoir très mal vu l’endroit où on la coud – ne hurle pas très fort sa douleur, c’est limite si on n’a pas l’impression d’une mauvaise actrice qui veut en faire trop : « Tu me déchires, scélérate ! Que je rougis de t’avoir donné l’être ! ».

Heu, on est en train de lui suturer un certain endroit… Ça ne m’a même pas collé de frissons de dégoût tant cela ne faisait « pas vrai », ses récriminations de douleur.

Sans parler que les dialogues sont présentés comme dans une pièce de théâtre, et là, ça ne passait pas, malgré la vaseline.

De plus, une gamine de 15 ans qui se fait débaucher l’arrière-train sans arrières-pensées, comme si on lui expliquait la cuisine, demandant qu’on la débauche fissa… Là, je tique un peu en raison du fait qu’elle devient une grosse cochonne en deux secondes chrono.

N’ayant jamais vu un vit de sa vie (vit = pénis), elle se fait prendre par derrière comme d’autre vont prendre un verre, criant même qu’on la lui fourre profond. Hop, ça glisse comme chez une vielle péripatéticienne. Pas très réaliste.

Les personnages sont parfois à tuer, surtout Dolmancé, qui, à force de crier « je décharge, je décharge », m’a pompé l’air !

Je termine « No shocking » par le livre, ayant juste ressenti de l’ennui profond, mais très profond !

Marquis, tu aurais pu détailler plus tes scènes au lieu de nous faire toujours le même scénario sexuel !

Lu dans le cadre du challenge « Badinage et libertinage » organisé par Minou et « La littérature fait son cinéma » de Kabaret Kulturel.

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

Le passager de la pluie : Sébastien Japrisot

Passager de la pluie - Japrisot

Titre : Le passager de la pluie                            big_4

Auteur : Sébastien Japrisot
Édition : Gallimard (1998) /Folio Policier

Résumé :
Une petite station balnéaire en automne. Une jeune femme sage, au bonheur sage, mariée à un navigateur aérien : Mellie.

Un soir de pluie, toute sa vie bascule : le passager d’un autocar qui n’amène plus personne la surprend chez elle, l’attache sur son lit, la violente. Ce qui se passe ensuite, au cours de cette nuit de cauchemar, Mellie seule le sait et ceux qui liront ce livre.

Mais, le lendemain même, arrive au village un Américain mystérieux, qui la traque, aussi tranquille et dangereux qu’un félin : Harry Dobbs.

Entre eux commence un face-à-face qui va durer quatre jours, intense et sans merci, un duel où toutes les tricheries sont permises, où tous les coups font mal. A tout moment, l’un ou l’autre pourrait gagner. L’inquiétant M. Dobbs est malin et il a beaucoup d’atouts.

POLAR - Passager de la pluieCritique :
Charles Bronson donnant la réplique à Marlène Jobert… Le film « Le passager de la pluie » (1970), je l’avais vu il y a longtemps, une fois où il était passé à la télévision et c’était mon père qui m’avait conseillé de le regarder avec lui. Dernièrement, je suis tombée sur le livre et j’ai décidé de le lire.

Le livre est pareil au film, le scénario étant de Japrisot, l’auteur du livre.

Le déroulement du roman est pareil aussi à un épisode du lieutenant Columbo puisque nous connaissons le nom du coupable : Mélie… malgré tout, le livre est prenant parce qu’il y a un détail important dont le lecteur n’est pas au courant et qui fait monter la tension… De plus, on ne sait pas comment Mélie va s’en sortir et si elle va s’en sortir.

Mélie (Marlène Jobert) est la jeune épouse de Tony, pilote de l’aviation civile, souvent absent. Leur maison est à l’écart de la ville, en bord de mer.

Un soir, Mélie est agressée chez elle et violée par un inconnu. Elle le tue et elle se débarrasse du corps en le jetant d’une falaise. Ni vu, ni connu.

Le lendemain surgit un personnage mystérieux : Harry Dobbs (Bronson), un américain, qui s’introduit lui aussi dans la maison de Mélie et s’intéresse de très près à l’affaire dont il semble tout savoir ou presque.

Véritable harceleur envers Mélie, il lui pose des tas de questions qu’elle ne comprend pas, jouant avec elle comme un chat avec une souris puisqu’il connaît une partie des réponses.  Mais sait-il tout ou joue-t-il au bluff ?

S’engage alors une rude partie entre Mélie et Dobbs, parfois brutale, parfois plus tendre.

Partie tendre quand il la surnomme « Love Love » comme noté sur son tablier; brutale quand il la menace d’un Luger…

Cette « partie de poker » où Mélie ne voulait pas jouer devient un face-à-face où aucun des deux ne peut baisser la garde, un mano à mano dont l’enjeu demeure inconnu, un duel où les coups bas sont permis.

Et durant tout ce temps, la police enquête, elle aussi, et Mélie commence à avoir la sueur qui lui coule le long de l’échine dorsale, le lecteur aussi.

Le seul inconvénient du livre est d’être écrit comme un scénario de film et donc, d’avoir les noms des protagonistes devant chacun de leurs dialogues, comme dans une pièce de théâtre. J’ai eu un peu de mal au départ, et puis, mes yeux ont gommé les noms et les dialogues incisifs se sont succédé sans aucun problème.

Bien que l’on sache que Mélie a tué le dingue qui l’avait violée, le tout est de savoir ce que Dobbs sait vraiment, comment il va la coincer, et s’il va la coincer, aussi !

Un retournement de situation à la fin met le lecteur sur les genoux, comme Mélie.

L’écriture est incisive, les dialogues super, les personnages énigmatiques, on ne sait pas tout sur eux, mais ils nous sont sympathiques, surtout Mélie et Harry Dobbs.

J’ai aimé la manière dont Mélie a réglé son problème, sa manière de tenir sa langue, ses blessures d’enfance et le caractère brutal de Dobbs (Bronson allait bien dans le rôle), sa manière d’enquêter et d’arriver devant elle en sachant toutes les réponses, ou presque.

Le roman est court mais il est bon ! Et comme je ne me souvenais plus de tous les détails du film, j’ai eu droit à la surprise du chef avec le petit coup bas… Excellent !

Livre particpant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et le Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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Un employé modèle : Paul Cleave

Un employé modèle - Cleave

Titre : Un employé modèle                                            big_5

Auteur : Paul Cleave
Édition : Le Livre de Poche (2011)

Résumé :

Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat de police. Mais qui est-il vraiment… ?

Des meurtres en série se succèdent, jusqu’au jour où un meurtre est commis sur le même mode opératoire que les siens mais, pourtant, Joe ne s’y reconnaît pas…Contrarié par ce coup du sort, il décide de mener sa propre enquête.

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Critique : 

C’est décidé, je refuse de mettre les pieds en Nouvelle-Zélande ! Caryl Férey me l’avait fait rayer de mes futures destinations, Cleave a entériné le tout. C’est le syndicat d’initiative et l’office du tourisme qui doivent être content…

La Nouvelle-Zélande est peut-être la terre des moutons et des hobbits, mais je doute que cela soit celle de la tranquillité parce que la ville de Christchurch est connue pour son boucher… Pas celui qui vous découpe de bons morceaux de beefsteak, non, non, celui qui vous découpe, vous tue, vous torture… et plus si affinités.

Le boucher, c’est comme si le gentil Forest Gump se transformait tout à coup en Hannibal Lecter… Comme si le sérial-killer Hannibal se comportait, le jour, comme Forrest Gump.

Docteur Forrest et Mister Lecter ? Oui, quasi, sauf que notre Joe n’est pas un attardé, mais il joue bien le rôle !

Originalité ? Joe Middleton, le « boucher de Christchurch » (mais chut, personne le sait, sauf vous et lui) vous parle de sa vie, vous le suivez dans ses crimes, dans sa manière de mener tout le monde par le bout du nez en jouant à l’attardé mental qui passe ses journées à nettoyer les locaux de la police.

Joe contrôle tout, absolument tout de sa vie… Il a une mère un peu castratrice, mais pour le reste, il n’est pas devenu sérial-killer à cause de ses parents. Il nous répète même qu’il a de l’humanité.

Dès le départ, j’ai été happée par le récit, bien au chaud dans les pensées de notre Joe, je l’ai suivi dans ses meurtres, dans son travail et j’avoue, que oui, j’ai éprouvé de la sympathie pour Joe.

Pourtant, il ne tue pas des criminels comme Dexter, mais des femmes.

Jusqu’au jour où un meurtre est commis sur le même mode opératoire que les siens mais il sait bien que ce n’est pas lui…

Contrarié, il décide de mener sa propre enquête et c’est là que l’on se rend compte qu’il est plus malin que les flics. Le récit prend une autre tournure, avant de changer encore de cap avec l’arrivée d’un nouveau personnage.

Oui, l’auteur nous rend Joe sympathique, la narration est agréable à lire, les pages défilent parce que nous aussi, on veut savoir QUI a tué cette femme. De plus, il y a des touches d’humour noir et grinçant qui m’ont fait sourire plusieurs fois (ok, très, très souvent, j’adore !).

Un seul passage m’a glacé les sangs : les hommes qui l’ont lu comprendront à quoi je veux faire allusion… J’avais mal pour Joe, bien que je sois une femme.

Ce qui m’a plu, en dehors du fait que notre homme joue les attardés mentaux à la perfection, se fondant dans les couloirs tout en gardant le contrôle sur les flics, c’est son côté machiavélique durant son enquête, son intelligence et la manière dont il se joue d’une autre personne.

La fin est magnifique… Je n’en dirai pas plus, mais elle a une morale aussi et cette leçon vaut bien un fromage, comme l’aurait dit Maître Corbeau.

Mon seul regret est de ne pas avoir eu plus de détails sur la scène que Joe avait surprise dans la douche de son père et j’aurais aimé avoir confirmation que le coupable qu’il a démasqué est bien le coupable… parce que de ce côté là, il manque quelques petites lignes de plus…

Pour le reste, dévoré en deux jours et demi à vitesse grand V ! Génialissime.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

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Autopsie d’un viol : Stanislas-André Steeman

Titre : Autopsie d’un viol

Auteur : Stanislas-André Steeman
Édition: Le Masque (1994)

Résumé :

Babs a été violé. Puis Babs a été tuée. Et c’est George, son époux, qui l’a trouvée… avant d’être lui-même blessé d’une balle tirée à bout portant par l’agresseur en fuite.
Il n’est jamais facile d’enquêter sur une affaire de viol, les O’Hara père et fils le savent bien.

Ce qu’ils savent aussi, c’est que l’agresseur n’est pas un étranger. Seul un familier a pu être invité à boire l’apéritif avec le jeune femme. Ils n’ont pas eu le temps de toucher aux verres, d’ailleurs, et on n’y trouvera que les empreintes de Babs.
Le shérif O’Hara a sous la main le coupable idéal : simplet, voleur, et complaisant : il avoue. Mais voilà qu’un deuxième homme revendique ce crime, son crime…

Ce n’est pas pour simplifier l’enquête… Alors, pour peu qu’un troisième homme, tout à coup, se livre à la justice…

Critique :

« Autopsie d’un viol », c’est l’histoire d’un mec qui rentre chez lui, de mauvais poil, se sert un verre et appelle sa femme, qui ne lui répond pas, ce qui le fait soupirer… Jusqu’à ce qu’il retrouve sa femme dans leur chambre conjugale, couchée sur leur lit tout aussi conjugal, la robe troussée et avec une ressemblance parfaite avec un cadavre.

Normal, elle est morte, Babs (bien que je ne lui ai pas pris son pouls) et au moment où son Georges se rend compte qu’il est veuf, « BANG, BANG »(he shot me down, Bang bang, I hit the ground), un homme caché dans la pièce lui tire dessus !

Là juste le temps de faire le 911 pour appeler la flicaille avant de perdre connaissance, le Georges.

Le constat du shérif ? Il fait peur : Babs a bien été violée et a été tuée. George, son époux, est blessé.

Il n’est jamais facile d’enquêter sur une affaire de viol, le shérif O’Hara et son fils Dublin, flic lui aussi, auraient dû le savoir mieux que personne.

Oui mais voilà, si papa shérif est plus sobre qu’un moineau le matin, l’après-midi, il écluse à tout va ! Shérif O’Hara le matin, mister O’Boira le soir.

Ma foi, cela a dû avoir une incidence sur ses neurones (à cette époque là, impossible de se ruiner le cerveau en se tapant l’intégrale de Secret Story ou des Anges de la Téléréalité) parce que la plupart du temps, dès midi passé, il devient un crétin fini.

L’agresseur n’est pas un étranger, ça, ils l’ont bien compris et le shérif tombe sur le paletot d’Harry Bones, le simplet du bled dont le passe-temps favori est de regarder – en cachette – les filles qui ôtent leurs vêtements dans leur chambre, se croyant à l’abri des regards, alors que notre voyeur n’en rate pas une miette, perché dans son sycomore. L’histoire ne nous dit pas s’il se tenait à deux mains ou pas…

Le shérif O’Hara est tout fou d’avoir sous la main LE coupable idéal et en plus, il avoue. What’else ? Ce n’est pas ce scribouillard de pisse-copie de journaleux qui va lui dicter comment enquêter, tout de même.

Mais voilà qu’un deuxième homme revendique le crime…

Ce n’est pas pour simplifier l’enquête… Alors, pour peu qu’un troisième homme, tout à coup, se livre à la justice… Un homme qui a aimé Babs, en plus !

Le shérif y perd, non pas son latin, mais sa bouteille de tord-boyaux.

Le résumé est malheureusement plus intéressant que le contenu du livre, qui, bien qu’il m’ait surpris à la fin, manque d’épaisseur, tout comme les personnages. Le journaliste avait l’air de sortir du lot, mais bon, no comment.

Aucun frisson, pire, de l’ennui même avec le déroulement du procès.

Si ce livre avait été un personnage d’Astérix, il se nommerait « Soporifix ».

Son mérite (oui, il y en a un), est de ne posséder que 150 pages, ce qui vous évite de bailler trop souvent durant la lecture et vous incite à persévérer pour enfin savoir qui, de tous ces couillons, a tué Babs et tiré sur son mari.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba.