Vinland Saga – Tome 06 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 06

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (2010)

Résumé :
Après des semaines de course-poursuite à travers l’Angleterre, l’armée d’Askeladd a finalement été rattrapée par celle de Thorkell.

Voyant Askeladd grièvement blessé, Thorfinn se précipite dans la bataille sanglante.

Pour sauver la tête de l’assassin de son père, le jeune Islandais en exil accepte de se battre en duel contre Thorkell.

De son côté, le prince Knut, traumatisé par la mort de son fidèle Ragnar, prend une décision qui bouleversera l’Europe.

Critique :
Oulà, mais je manque à tout mes égards, moi ! Cela faisait déjà si longtemps que j’avais abandonné le jeune Thorfinn combattant le grand guerrier Thorkell dans la neige et le froid de l’Angleterre !

Le tout en suspens, sans savoir si le petit teigneux allait arriver à prendre la main sur le grand baraqué face à lui et sur ce qu’il allait advenir d’Askeladd, blessé et du prince Knut le chouinard.

Pour Knut, bonne nouvelle, il est enfin allé s’acheter une paire de couilles et il va s’affirmer un peu plus au lieu de passer son temps à geindre à tel point que tout les guerriers le prennent pour une fille.

Ce tome fait la part belle au combat qui oppose le blondinet Thorfinn, excellent combattant, mais aussi petit roquet qui s’énerve très vite – Askeladd lui répète sans cesse – et le badass Thorkell, sans omettre de nous en apprendre un peu plus sur Thors le Troll, le père de Thorfinn, que Thorkell a bien connu lorsqu’ils se battaient au sein des Jomsvikings.

Une partie du voile se lève et le mystère est moins épais…

Mais il n’y a pas que de la baston pure dans ces 224 pages, ce serait trop facile, il y a aussi de la stratégie, car si le blondin est trop fougueux et aveuglé par la haine pour réfléchir, Askeladd a tout d’un Napoléon au sommet de sa forme, niveau stratégie. Ce dernier est fin, très fin.

Alors que je pensais aller dans une direction, l’auteur change son arc directionnel afin de nous entraîner dans de nouvelles péripéties et là je peux vous dire que je ne sais pas où je vais me retrouver…

Sûrement pas au soleil des Bahamas, je prédis même que je vais encore me geler les orteils dans la poudreuse anglaise, ces pauvres étant sous la domination des vikings et pas de Brexit en vue !

Peut-être bien qu’on se dirige vers une guerre des trônes… et à ce jeu là, soit on gagne, soit on meurt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Durango – Tome 15 – El Cobra : Yves Swolfs & Thierry Girod

Titre : Durango – Tome 15 – El Cobra

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (2008)

Résumé :
Durango a enfin obtenu l’information qu’il voulait et fait maintenant route vers sa destination afin d’assouvir sa vengeance.

Il n’est pas le seul à suivre cette piste et à se diriger en direction du siège de la Lawrence Mining Company.

Un homme poursuit le même but. Dans ce genre de confrontation, l’issue de la rencontre est toujours incertaine et souvent fatale pour l’un des protagonistes.

Critique :
Et bien voilà, ce n’était pas si difficile que ça de nous proposer un Durango comme on les aime !

Moi qui me plaignais dans ma précédente chronique du manque d’envergure de notre blondin préféré…

Là, je suis satisfaite, c’est du Durango couillu, persévérant, sans foi ni loi, mais avec tout de même un soupçon de compassion.

De plus, face à lui, un pistolero d’envergure, un homme qui, comme lui, possède des pistolets hors norme. Et qui sait s’en servir !

Cet album clôt le dyptique commencé dans « Un pas vers l’enfer » et il le clôt en beauté puisque si le précédent tome manquait de carrure et d’épaisseur, celui est plus étoffé et on retrouve ce qui faisait la saveur des premiers tomes : le western spaghetti dans toute sa splendeur !

De plus, l’auteur nous introduit un nouveau personnage avec lequel il faudra compter puisqu’il est le commanditaire de tout ce bordel pour acquérir, à n’importe quel prix (le prix du sang), des concession minières ou des terrains appartenant à des indiens mais qui recèlent des métaux précieux.

Ben non, rien ne change jamais sur cette bonne vieille Terre !

Un Durango qui fait plaisir à revoir, une histoire avec de la profondeur, du rythme, du suspense, du mystère et des coups de feu.

Une fois de plus, Swolfs nous gâte avec du western pur jus et revient au meilleur de sa forme niveau scénario, quant aux dessins de Girod, ils me plaisent plus que dans le tome précédent.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Durango – Tome 14 – Un pas vers l’enfer : Yves Swolfs & Thierry Girod

Titre : Durango – Tome 14 – Un pas vers l’enfer

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (25/04/2006)

Résumé :
Durango pensait bien avoir trouvé le havre de paix et d’amour tant espéré. Jusqu’au jour où la violence et l’injustice sont venues le frapper dans sa chair. La vengeance est donc de nouveau à l’ordre du jour.

Endossant son costume de justicier, il va joindre l’utile à l’agréable en défendant la veuve et l’orphelin tout en réglant ses comptes. Le pacificateur est de retour.

Huit ans d’absence pour une des meilleures adaptations de western spaghetti c’est long. Donc très attendu était ce 14e album de Durango par les inconditionnels du genre. Nouvel éditeur, nouvelle maquette et surtout nouveau dessinateur.

Yves Swolfs, en confiant son héros à Thierry Girod, n’est pas tombé sur le dernier-né.

Critique :
Punaise, 8 ans, c’était long ! 8 ans qu’on avait abandonné notre tireur aux beaux yeux après la traque du terrible Louie Holledigger et on se doutait qu’il était retourné à Nortonville auprès de la belle Celia, l’héritière.

Mais qu’est-ce qu’il fout, notre Durango, à envoyer un homme prendre les chevaux des 3 sales gueules, ces 3 cow-boys aux mines patibulaires qui se rinçaient le gosier au saloon ?

♫ Bang Bang ♪ He shot me down ♫
♫ Bang Bang ♪ I hit the ground ♪

Une fois de plus, le Mauser a parlé et de sa gueule est sortie les pruneaux qui ont définitivement constipés à jamais les trois sales gueules. Mais avant, il en fait parler un et il lui donne le nom du commanditaire d’un incendie dont nous n’en saurons pas plus : Lance Armstrong ! Non… Harlan Coben ! Oups, désolé, Lance Harlan.

Cet album était attendu au tournant, cela fait déjà quelques années qu’il est dans ma biblio et j’ai eu le temps de le lire moult et moult fois.

Commençons par ce qui me démange et que je vais grattouiller un petit peu : Swolfs a confié les dessins à Girod, celui qui dessine « Wanted » et même si leur style sont similaires, je suis désolée, mais on a perdu au change parce que je préférais le dessin de Swolfs, plus fin, plus précis, que celui de Girod (que je n’aime déjà pas trop dans Wanted).

La mise en page est excellente, le choix des plans aussi, mais le trait, je le trouve épais, grossier et on a perdu ses tonalités d’ocres, ces tons chauds qui donnaient une de ces ambiance à la série quand notre tueur à la gâchette facile se trouvait dans un endroit chaud (dans la neige, on passait à d’autres tons, mais je les aimais aussi).

Deuxième truc qui me dérange encore un peu, c’est le fait que Durango ne soit là que pour une vengence et avec lui, ce ne sera pas de la vengeance raffinée à la Monte-Cristo, mais plus de celle à la « viens ici que je te farcisse de plomb » et avec lui, la fin justifie les moyens, donc, les autres, il s’en branle allégrement.

Non pas que l’album ne soit pas bon, mais j’aurais préféré un scénario avec un peu plus de finesse pour son grand retour que l’habituel vengeance et que les méchants soient un peu plus travaillés et pas rien que des hommes de main juste là pour acheter les mines à tout prix, quitte à intimider, menacer, foutre le bordel et tuer.

Lance Harlan manque d’épaisseur, de travail, c’est la brute qui exécute les ordres, l’homme de main d’un autre, celui qui n’a pas peur de se salir les mains. Un peu de nuance l’aurait rendu plus intéressant.

Un tome fort attendu mais qui ne me donne pas autant de plaisir que les premiers, l’histoire semble se mordre la queue et je n’aime pas trop mon Durango dessiné par Girod.

Malgré ces bémols, j’avais tout de même été contente de retrouver mon héros solitaire, mon lonesome tueur préféré dans ce qui reste une excellente série de western spaghetti.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Hunter : Roy Braverman

Titre : Hunter

Auteur : Roy Braverman
Édition : Hugo & cie Thriller (16/05/2018)

Résumé :
Si vous croisez sa route, ne vous arrêtez surtout pas.

Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps.

Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues.

Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son oeuvre ?

Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus.

Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.

Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger.

Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore.

Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

Critique :
Si vous avez des envies de neige, si la montagne vous gagne et que le soleil vous réchauffe trop la couenne, un conseil, évitez à tout pris le patelin de Pilgrim’s Rest !

Non seulement, Pilgrim’s Rest, c’est le trou du cul du trou du cul de l’anus des Appalaches, mais en plus, il y fait plus dangereux s’arrêter que dans villes les plus dangereuses du monde, sans compter que certains habitants ont des esprits plus petits que la bistouquette d’une moule fossilisée  et plus étroit que… le chas d’une aiguille (vous avez eu peur, hein ?).

— Freeman, il dit vrai ? s’alarme Denise.
— Il voudrait bien que ça soit vrai, rien que pour avoir le plaisir de flinguer un nègre, ce gros cul-terreux de nuque rouge…

Dix-neuf résidents l’hiver à Pilgrim’s Rest, mais vingt en ce moment avec ce foutu nègre.

Pourtant, c’est apparemment la destination de Freeman (pas Morgan, même s’il a la même couleur de peau) et celle de Hunter (pas Rick Hunter le flic de la série), tueur en série qui s’est échappé du couloir de la mort. Freeman veut lui faire la peau et accessoirement lui faire dire où il a enterré sa fille, disparue il y presque 15 ans.

C’est l’hiver, la neige tombe dru et les températures vous gèlent tout ce qui dépasse, s’il dépasse encore un truc… Quand je vous dis qu’il ne fait pas bon s’arrêter à Pilgrim’s Rest, je ne vous ment pas !

Pourtant, le voyage, s’il fut éprouvant, valait la peine d’être effectué parce qu’il était des plus adrénalitiques (j’invente des mots, et alors ?) !

Si je devais résumer ce roman, je dirais que c’est une sorte de ©Kinder Surprise avec une coquille d’oeuf en véritable chocolat digne de cette appellation et des surprises dans la surprise générale. Un Kinder Surprise qui aurait été croisé avec une matriochka, en quelque sorte…

L’avantage c’est que tu ne dois pas attendre minuit pour la première surprise, ni le premier coup d’adrénaline. Ensuite, tu apprends des choses que les protagonistes du roman ne savent pas et hop, bardaf, une surprise dans la surprise.

Mieux que le Kinder, je te le dis ! Avec, en prime, des sueurs froides, du sexe (y’en a qui n’ont pas froid au cul), de la violence, des crimes, des énigmes, du mystère, du suspense, une enquête de dingue, un ancien flic têtu et borné, un shérif qui a la gâchette facile, un commando, un agent du FBI crétin et du serial killer que tu sauras plus pour finir qui vient de tuer qui…

Serres les fesses, ami lecteur ou lectrice, tu sauras tout au fur et à mesure, même parfois avant les flics à tel point que tu auras envie de leur gueuler la solution, tant ceux du FBI ne sont pas les plus dégourdis, surtout le mec !

— Écoutez Marvelias, j’en ai plein le dos de vos allusions et de vos insultes de chefaillon colérique. De toute ma carrière, je n’ai jamais participé à une opération aussi merdique. Vous êtes la caricature de l’agent qui se croit spécial. Spécial que dalle, oui. Spécial en foirage, spécial en connerie, spécial en mort des autres. Vous arrivez à tenir la liste des morts par la faute de votre incompétence depuis les dernières quarante-huit heures ?

Avant d’oublier, il y a aussi une touche d’humour un peu décalé, comme je l’aime et ça fait vraiment un souffle de chaud sur tout ce froid. Ou alors, ça donnera un coup encore plus froid à ceux qui y sont imperméables…

— Bon, dit Delesteros après un court silence. Ça m’a l’air d’être un tout petit patelin ici. Si on nous voit parler plus longtemps tous les deux, on va finir par s’imaginer des choses et ça va jaser. Alors à demain matin. Vous faites partie du briefing.

Une écriture sèche, rapide, sans temps mort, avec des pointes d’humour ou de sexe dans toute cette violence, un côté un peu surjoué à l’américaine, qui ne dénote pas du tout dans cette ambiance survoltée tant on a l’impression que le roman a été écrit par un amerloque pur jus ayant enclenché le bouton « sadisme envers le lecteur » pour écrire ce roman qu’on a pas envie de lâcher avant la fin.

Après ça, tu as envie d’un peu de calme et c’est l’heure de se revoir un petit Julie Lescaut bien tranquille ou même, un Derrick, juste pour calmer le jeu et le cardiofréquencemètre qui vient de piquer un sprint et faire redescendre votre tension.

— Ça fait un sacré bail que je n’ai pas vu un homme nu d’aussi près, sourit-elle en le regardant sans gêne aucune.
— Je ne suis pas certain que trois heures de marinade dans l’eau tiède soient des plus flatteurs pour ma virilité, essaye-t-il de plaisanter.

Nous devons nous y habituer : aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n’y a pas de signalisation.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

 

[FILMS] Gladiator – Le film qui pénétra dans l’arène : Ridley Scott (2000)

Gladiator (ou Gladiateur, au Québec et au Nouveau-Brunswick) est un film américano-britannique de Ridley Scott (anglais), sorti en 2000.

Gladiator revisite le genre du péplum, dont un des derniers films majeurs était Spartacus, sorti en 1960.

Le film ne se fonde pas sur des événements réels mais reprend les noms des empereurs Marc Aurèle et Commode, son fils.

L’intrigue raconte la chute du général romain Maximus Decimus (Russell Crowe), destiné à devenir le successeur de Marc Aurèle (Richard Harris), avant que l’empereur ne soit assassiné et le général brutalement trahi et laissé pour mort par l’ambitieux et maléfique Commode (Joaquin Phoenix) qui en profite pour s’installer sur le trône.

Maximus, dont la famille a été massacrée, va devenir un esclave gladiateur, conquérir le cœur du peuple romain par ses talents de combattant dans l’arène du Colisée et finalement affronter Commode dans un ultime combat.

Fiche technique :

  • Titre original : Gladiator
  • Titre français : Gladiator
  • Réalisation : Ridley Scott
  • Scénario : David Franzoni, John Logan et William Nicholson, d’après une histoire de David Franzoni

Distribution : 

  • Russell Crowe (VF : Marc Alfos) : Maximus
  • Joaquin Phoenix (VF : Bruno Choël) : Commode
  • Connie Nielsen (VF : Françoise Cadol) : Lucilla
  • Oliver Reed (VF : Hervé Jolly) : Proximo
  • Richard Harris (VF : Marc Cassot) : Marc Aurèle
  • Derek Jacobi (VF : Jean-Pierre Leroux) : le sénateur Gracchus
  • Djimon Hounsou (VF : Frantz Confiac) : Juba
  • David Schofield (VF : Hervé Bellon) : Falco

Ce que j’en ai pensé : 
Je ne vais pas vous le cacher, vous le savez déjà, mais j’adore des films avec des chevaux et des types qui courent en jupettes !

Des films comme « Gladiator », « Troie » ou « 300 » font plus que mon bonheur !

Ok, les scénarios ne sont pas toujours les plus élégants, les plus profonds, les plus recherchés, les erreurs historiques sont légion (mdr) et ils prennent aussi des libertés avec les légendes.

Mais là, je ne serai pas impartiale, je vous préviens de suite.

Lorsque j’avais été voir ce film en 2000 (le bug prévu n’avait pas eu lieu), j’avais été conquise de suite par les grandes scènes de batailles, les soldats qui se jettent l’un sur l’autre, les chevaux qui tombent… Ok, un cheval qui tombe, ça me fait hurler.

Et puis, les histoires de vengeance après une chute spectaculaire dans son niveau social, ça marche toujours, et si c’est le beau Russel Crow, mes yeux apprécieront plus que si c’est Gérard Depardieu en Monte-Cristo, même si l’histoire de Dumas est plus retorse et plus sadique encore que celle de Ridley Scott (histoire écrite par David Franzoni).

D’entrée de jeu, j’ai apprécié Russel Crowe (qui n’était pas encore bouffi, même si bouffi d’orgueil et se considérant comme le meilleur acteur au monde) dans le rôle de Maximus Decimus Meridius, général romain et surtout le Grand Méchant joué par Joaquin Phoenix qui, contrairement à son nom, ne l’était pas… Commode ! (mdr)

Lui, c’était du grand art ! Le fils qui tue le père, le fils jaloux de Maximus, le général de son papounet, ce général qui allait être nommé à la place du fils qui ne rêvait que de devenir Empereur à la place de l’Empereur et qui n’hésitera pas à zigouiller tout ce qui se mettra en travers de sa route.

La scène où Maximus rentre chez lui et découvre sa femme et son fils, mon dieu, qu’elle scène horrible, tout en restant sobre… Ok, pas tout à fait sobre, mais j’ai adoré la manière dont on nous la présentée.

Maximus va devoir faire le maximum pour arriver à se venger de Commode et, tel Lance Armstrong gavé de potion magique, va nous faire une remontée de peloton plus vite que si lui descendait le Mont Ventoux pendant que les autres le montent.

Magnifaïïïk, ma chérie !

Anybref, j’adore ce film de la proue à la poupe, du bout du glaive jusqu’au sang qui coule dans le sable de l’arène !

Des mecs qui courent en jupette, torses nus, des chevaux qu’on voudrait dans ses écuries, des peaux de bêtes sur les épaules, du pain, des jeux, une vengeance violente (et non sournoise à la Monte-Cristo) qui se terminera dans le sang.

Désolé, mais j’adore !

Petit Plus pour se coucher moins bête au soir :

  • Cependant, deux semaines avant le tournage, les acteurs se plaignent de problèmes avec le scénario. William Nicholson est alors dépêché aux Studios de Shepperton pour faire de Maximus un personnage plus sensible, en réaménageant son amitié avec Juba et en développant le fil rouge de l’au-delà. Il explique dans une interview qu’il « ne voulait pas voir un film sur un homme qui voulait simplement tuer quelqu’un ».
  • Franzoni participe par la suite à la relecture des réécritures de Logan et Nicholson, et négocie un titre de producteur sur le film.
  • Quand Nicholson a été engagé, il a décidé de revenir aux scripts initiaux de Franzoni et de réintégrer certaines des scènes supprimées. Franzoni participe à la réécriture du scénario et, jouant son rôle de producteur, défend son point de vue afin de rester fidèle à sa vision originale.
  • Franzoni partagera plus tard l’Oscar du meilleur film avec les producteurs Douglas Wick et Branko Lustig.
  • Le scénario a également subi de nombreuses réécritures et révisions en raison des suggestions de Russell Crowe, l’interprète principal.
  • Russell Crowe a en effet émis des réserves au cours des différentes évolutions du script et n’a pas hésité à quitter le plateau lorsqu’il n’obtenait pas de réponse à ses remarques. Selon un porte-parole de DreamWorks, « [Crowe] a tenté de réécrire l’ensemble du script sur place. Vous vous rappelez l’accroche de la bande-annonce, « j’aurai ma vengeance, dans cette vie ou dans l’autre » ; au début, il a catégoriquement refusé de la prononcer ».
  • Nicholson, le troisième et dernier scénariste, ajoute que l’acteur lui a dit : « Les dialogues sont nuls, mais étant donné que je suis le meilleur acteur du monde, je peux les rendre bons ».

Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les diables de Cardona : Matthew Carr

Titre : Les diables de Cardona

Auteur : Matthew Carr
Édition : Sonatine (16/05/2018)
Édition Originale : The Devils of Cardona (2016)
Traducteur : Claro

Résumé :
1584. Le prêtre de Belamar de la Sierra, un petit village d’Aragon à la frontière avec la France, est assassiné, son église profanée. Sur les murs : des inscriptions en arabe.

Est-ce l’œuvre de celui qui se fait appeler le Rédempteur, dont tout le monde ignore l’identité, et qui a promis l’extermination de tous les chrétiens, avec la même violence que celle exercée sur les musulmans ?

La plupart des habitants de la région sont en effet des morisques, convertis de force au catholicisme, et qui pratiquent encore l’islam en secret.

À la veille d’une visite royale, Bernardo de Mendoza, magistrat à Valladolid, soldat et humaniste, issu d’une famille juive, est chargé de l’enquête.

Très vite, les tensions s’exacerbent entre les communautés, une véritable guerre de religion se profile. Et les meurtres continuent, toujours aussi inexplicables.

Entre l’Inquisition et les extrémistes morisques et chrétiens, la tâche de Mendoza va se révéler ardue.

Critique :
Espagne, 1584… Non, je n’irai pas passer mes vacances dans le petit bled de Belamar de la Sierra !

Je viens de mener une enquête difficiles aux côtés de Bernardo de Mendoza – magistrat à Valladolid – de son jeune scribe Gabriel (♫ tu brûles mon esprit ) et de Luis de Ventura.

Durant notre périple de 450 pages, j’ai manqué de mourir 10 fois et c’est contente d’avoir échappé à tous les traquenards tendus pour nous évincer de cette enquête que j’ai terminé cette lecture.

Les guerres de religion, elles sont toujours latente, les braises sont chaudes et elles ne demandent qu’un petit souffle pour embraser une région où cohabitent vieux-chrétien et morisques, ces Musulmans espagnols qui furent convertis par la force au catholicisme.

Le vieux-chrétien se sent toujours plus chrétien que le morisque et à la limite, plus catholique que le Bon Dieu lui-même ! Et je ne vous apprend rien sur le fait que l’on voit plus facilement la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien et que les plus grands catholiques ne sont jamais ceux qui se prétendent l’être.

L’enquête que le magistrat Bernardo de Mendoza va mener sur la mort du curé, sur celles de trois bergers, sur le viol des bonnes sœurs et les attaques de vieux-chrétien ne sera pas simple et il faudra marcher sur des œufs afin de ne pas attiser les braises de la haine qui couvent toujours.

Ni rameuter l’Inquisition qui ne se sent plus dès qu’on parle de tortures ou de bûchers et qui est sans cesse à la recherche de nouveaux clients afin de tester ses machines de la mort qui tue. La délation étant sa plus fidèle amie, cette petite entreprise ne connait pas la crise…

Dans cette gigantesque partie d’échec, des mains invisibles déplacent les pions que sont les habitants de la région de Cardona, les montañeses, les enquêteurs et tous les autres.

Pas besoin d’avoir fait des hautes études si l’on veut déclencher une guerre, il suffit de faire en sorte que l’on ait de bonnes excuses pour attaquer l’autre et la meilleure est de faire croire à tout le monde que ces derniers vous ont attaqué lâchement. Holmes n’a pas l’apanage du déguisement…

Dans ce polar historique, l’auteur prend le temps de nous présenter l’Espagne telle qu’elle était en ce temps-là, avec ses mentalités un peu rétrograde (pour nous en 2018 qui n’avons plus peur de l’Église), ses vieilles haines de l’Autre, ses conversions de force des Musulmans au Catholicisme, la surveillance étroite sous la laquelle ils se trouvent tout le temps, les esprits aussi étroit que le cul d’une nonne vierge, les anciennes guerres de religion, bénies par le Pape lui-même…

L’esquisse des personnages se fait au fur et à mesure, certains étant plus facile à cerner que d’autres, mais en tout cas, ils étaient eux aussi bien dans leurs bottes et dans leur époque, le tout sans manichéisme, même si les Méchants sont retors, lâches, envieux, violeurs, maîtres-chanteurs, concupiscent, obsédés du sexe (biffez la mention inutile selon le personnage).

Le climat est malsain, ça pue la délation et le chantage à tout va, la violence est omniprésente, mais sans jamais devenir exagérée ou inutile. Nous ne sommes pas dans le pays des Bisounours non plus !

Une enquête difficile, remplie de pièges, où il faut faire preuve de diplomatie si on ne veut pas voir la région d’embraser, déjà qu’on a jeté de l’huile sur le feu et que tout le monde est prêt à se sauter à la gorge…

Un thriller policier historique mené de main de maître, avec brio (avec qui ?), sans en rajouter, porté par une écriture qui frappe comme une épée lors d’un combat, le tout sans jugement des personnes qui croient au même Dieu mais lui donne un nom différent.

Magistral !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Drive : James Sallis

Titre : Drive

Auteur : James Sallis
Édition : Payot et Rivages (28/09/2011)
Édition Originale : Drive (2005)
Traducteur : Isabelle Maillet

Résumé :
Dans un motel de Phoenix, un homme est assis, le dos au mur d’une chambre, et il regarde une mare de sang qui grandit à ses pieds.

Ainsi commence Drive. L’histoire, selon James Sallis, d’un homme « qui conduit le jour en tant que cascadeur pour le cinéma, et la nuit pour des truands ».

Dans la grande tradition du roman noir, il est « doublé » lors d’un hold-up sanglant, et bien qu’il n’ait jamais auparavant participé aux actions violentes de ses partenaires occasionnels, il se met à traquer ceux qui l’ont trahi et ont voulu le tuer.

Critique :
♫ Highway to Hell ♪ No more stop signs, speed limit ♫Nobody’s gonna slow me down ♪Like a wheel gonna spin it ♪Nobody’s gonna mess me around ♫

N’ayant jamais vu le film qui fut tiré du roman, avec, notamment, Ryan Gosling dans le rôle phare, c’est avec un permis vierge de toute faute que j’ai embrayé sur ce roman noir.

Le Chauffeur est un excellent conducteur, je peux vous le garantir, il vous mènera à bon port.

Pour ce qui a été de sa jeunesse, elle a été plutôt pourave et telle une voiture qu’on laisse à l’abandon une fois qu’elle ne vous est plus utile, ce gamin dont nous ne saurons jamais le prénom, a dû sortir de la casse tout seul.

Tel L’Homme Sans Nom qui était juché sur sa selle, notre Chauffeur est assis sur le siège de sa bagnole et mène une double vie : travaillant pour les studios de cinéma et réalisant les cascades, il lui arrive de jouer aussi au chauffeur pour les braqueurs, jusqu’au jour, où, vous vous doutez bien, le casse tourne mal.

Niveau efficacité, on peut faire au Chauffeur, c’est un professionnel de la boite de vitesse, un embrayeur de première, un accélérateur hors-pair et un respecteur du code de la route car ce serait bête de se faire prendre en chasse par des flics après un braquage pour un simple excès de vitesse.

Pourtant, les rouages se sont grippés. Alors que j’avais acheté des places pour un grand spectacle, j’ai eu l’impression d’avoir assisté à la face B, comme celle sur les disques d’antan, ou alors, l’auteur a oublié de changer de vitesse.

Les personnages sont à peine esquissés, cela aurait pu ne pas être dérangeant, mais si on ajoute à cela des dialogues qui ne casseront pas des bielles à un moteur, des problèmes dû au sens-giratoire de l’histoire qui passe du passé au présent, à tel point qu’à un moment donné, j’ai dû utiliser la carte routière pour m’y retrouver.

Ces 170 pages se sont envolées à la vitesse d’une gros moteur V8 survolté, mais une fois déposée à l’arrivée, je n’étais pas décoiffée.

Il aurait sans doute fallu plus de pages afin de mieux développer cette histoire de vengeance que notre Chauffeur orchestre après s’être fait doublé par le Maitre d’Œuvre car ici, j’ai l’impression d’avoir raté une intersection et d’être arrivée trop vite au terme du voyage.

Même pas eu besoin de boucler ma ceinture…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Hortense : Jacques Expert [LC avec Bianca]

Titre : Hortense

Auteur : Jacques Expert
Édition : Sonatine (09/06/2016)

Résumé :
1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.

2015 : Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle.

La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Une intrigue fascinante et haletante, inspirée d’un fait divers.

Critique :
♫ Quand je pense à Hortense, je danse, je danse ♪

Zut, la rime originale ne fonctionne pas !

Vous vous demandez sûrement comment on peut plaisanter avec un sujet aussi poignant que la disparition d’une enfant de même pas 3 ans et comment j’arrive à être guillerette devant la peine et le désarroi de sa mère.

Ben justement, faut que j’évacue la tension que ces quelques 330 pages (en grande édition) viennent de me faire subir. Parce que nom de Dieu, je l’ai marathonée, cette lecture, tant je voulais savoir ce qui était arrivée à la petite Hortense et si le final allait être happy end ou pas.

Comment est-ce possible de faire battre autant le palpitant d’une pauvre lectrice avec un récit, somme toute, assez banal, de la vie de Sophie, la mère éplorée d’Hortense, qui, 22 ans après sa disparition, subit toujours le manque de sa petite fille.

Elle ne vit plus, ou quasi plus, ses journées sont monotones, et, tout en vivant sa vie par procuration, elle nous raconte ce que fut sa vie de femme amoureuse, sa vie de mère, l’enlèvement de la petite, son combat pour la retrouver.

Poignant, je vous le dis, sans pour autant être larmoyant ou faire preuve de voyeurisme.

L’auteur, un peu sadique sur les bords (et pas que sur les bords), en profite aussi pour nous donner les différents points de vue de plusieurs protagonistes de l’enquête, et ce faisant, nous avons une vision plus large de la personnalité de Sophie, de son calvaire, mais aussi de son caractère, qui, au fil des pages et du temps, deviendra franchement agressif et paranoïaque.

Autant j’aurais aimé la consoler, autant j’ai eu parfois envie de lui dire d’y aller mollo dans la manière de répondre aux gens.

Tout le roman m’a tenu en haleine, ne sachant jamais s’il y avait anguille sous roche ou pas, et dans quel pâté j’allais retrouver une couille : je ne suis pas déçue, j’ai adoré l’histoire, le côté psychologique des personnages, le scénario, le découpage de l’histoire, les multiples questions que je me suis posée, ainsi que le suspense.

Pour tout ces ingrédients, je mets une bonne note parce que même si j’avais soupçonné, j’ai tout de même été sur le cul.

De plus, le personnage de Sophie étant ambigu, le voir raconté par d’autres, nous permet de l’éclairer un peu plus et d’arriver à un peu mieux le cerner car elle oscille entre le gris clair et le gris foncé, de par sa manière d’agir avec les autres.

Il en ira de même pour les autres personnages et cette manière de les présenter est toujours positive, car bien souvent, ils ne sont pas toujours ce que l’on pense d’eux au premier abords. Pour certains, il faudra même attendre l’ultime dénouement pour savoir s’ils sont bien ce que l’on pense qu’ils sont, ou pas.

Là où je suis plus mécontente, c’est dans l’abrupt dénouement : on te balance le final et puis c’est terminé, alors que tout un tas de questions restent sans réponses !

Et ce ne sont pas des questions banales, elles sont hyper importantes pour expliquer certains points qui, sans ces explications, resteront obscurs à jamais, et incompréhensibles. Même le plus crétin des flics se les poseraient, ces questions.

Me voici donc mitigée : oui j’ai adoré le récit, oui j’en ai eu pour mes sous niveau palpitations, mystères, suspense, oui j’ai apprécié que l’on joue avec moi, mais j’aurais aimé quelques pages de plus, afin d’expliquer l’inexplicable ou tout du moins, les questions légitimes qu’un lecteur est en droit de se poser…

Un thriller psychologique rudement bien monté, où l’on doutera à toutes les pages, ou les éclairages pourraient nous montrer un personnage sous un autre jour (bon ou moins bon), mais avec un final bâclé dans ses explications et où il reste des mystères qui auraient mérités d’être résolus.

Ma copinaute de LC, Bianca, est restée comme moi avec tout un tas de questions sans réponses, ce qui nous donne une lecture commune super, mais bourrée de points d’interrogation.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

[SÉRIES] Hatfields & McCoys – La série qui te dit « H&M comme Vendetta » (2015)

Créée par Ted Mann, Hatfields & McCoys est une mini-série américaine en 3 épisodes de la chaîne History Channel. Diffusée entre les 28 et 30 mai 2012 aux États-Unis, la série est diffusée en France à partir du 21 juillet 2013 sur Canal+.

Synopsis : Inspirée de faits réels, la série Hatfields & McCoys relate l’opposition entre deux familles : les Hatfield d’un côté, les McCoy de l’autre.

Les deux chefs de famille, William Hatfield et Randall McCoy, sont deux amis proches qui ont combattu ensemble lors de la guerre de Sécession, mais une fois rentrés sur leurs terres natales – la Virginie Occidentale pour Hatfield et le Kentucky pour McCoy – la tension monte entre les deux familles.

Alors, quand la lutte s’étend à leurs villes puis à leurs comtés respectifs, le conflit opposant les deux familles risque bien de conduire à une nouvelle guerre civile…

Hatfields & McCoys

Acteurs principaux : 

  • Kevin Costner : William Anderson « Anse le Démoniaque » Hatfield
  • Bill Paxton : Randolph « Randall » McCoy
  • Matt Barr : Johnse Hatfield
  • Joe Absolom : Selkirk McCoy
  • Tom Berenger : Jim Vance
  • Powers Boothe : Wall Hatfield

Ce que j’en ai pensé : 
Vous connaissez mon vice pour Sherlock Holmes et il ne vous est pas non plus méconnu le fait que j’ai un gros faible pour le western…

Freud aurait peut-être dit que c’était phallique tous ces révolvers, ces carabines et ces hommes chevauchant virilement leurs chevaux fougueux.

J’emmerde Freud ! J’aime les westerns, mais pas ceux de gare, j’apprécie ceux qui ont un fond, de la profondeur, du dynamisme, bref, faut que ça claque.

Et cette mini-série, y’a pas à dire, elle claque juste comme il faut !

Le scénario est vieux comme le monde : deux clans qui se disputent, un peu comme dans l’album de Lucky Luke « Les Rivaux de Painful Gulch«  où les O’Hara et les O’Timmins se tapent dessus sans se souvenir du pourquoi et du comment cela à commencé.

Sauf que dans cette mini-série avec Kevin Costner, on oublie les situations drôles, comiques, amusantes, bref, on ne va se taper le cul par terre de rire, que du contraire, c’est violent.

Deux hommes, Anse Hatfield et Randall McCoy ont fait la guerre de Sécessions, sous l’uniforme gris des Sudistes. Ils sont amis, se sont sauvés la vie.

Oui, mais voilà, Kevin Costner en a plein le cul de la guerre ! Enfin, je veux dire que Anse Hatfield en a sa claque de la boucherie et il fout le camp, ce qui ne fait pas plaisir à son pote Randall McCoy qui lui continue la guerre et fini dans un camp de prisonnier.

Lorsqu’il revient, il apprend que son frère – qui s’était engagé dans l’Union – s’est fait descendre et que le coupable est sûrement tonton Jim Vance, le tonton de Anse (Costner).

Ensuite, ça dégénère et le reste n’est plus que violence, que « je te prends ton fils, ton frère, tes fils, ta gamine, ton chien…. », bref, la vendetta dans toute sa splendeur, aucune des deux familles ne voulant se remettre en question en se disant que si ses fils sont morts, c’est aussi parce qu’ils avaient tué un frère de la famille opposée….

Vu ainsi, on aurait envie de passer son chemin en se disant que ce genre de choses est vieille comme le monde et que tout ça fait série shakespearienne, mais j’ai trouvé que les acteurs étaient juste à leur place, justes dans leurs rôles et que chacun avait des circonstances atténuantes et qu’ils pouvaient évoluer, en bien comme en pire.

De plus, leurs agissements sont réalistes, humains, ils ne savent plus à quel saint se vouer, à quel dieu, surtout que les Hatfield sont athées au possible et les McCoys foutrement culs bénis.

Ils font des erreurs, les répare pitoyablement en faisant couler encore plus de sang, et puis, quand on les juge pour leurs actions un peu dégueulasse, on se rend compte ensuite qu’on les a jugé un peu trop vite et trop sévèrement.

Niveau habillement, on est dans les tons, les sous-vêtements longs sont crasseux au possible, les mecs ont les cheveux un peu gras, pas digne d’une pub de l’oréal, quand aux filles, on n’est pas dans la bonne société victorienne, ici, elles montent à cheval à califourchon !

Alors oui c’est violent, mais la série démontre bien le pouvoir nocif des armes, car si elles n’avaient pas été aussi présentes, un bon nombre de gens ne seraient pas morts (donc, ils seraient toujours en vie, aurait dit La Palice) car les armes à feu ne résolvent rien, quoiqu’en pense Trumpette.

Les vendette non plus, car lorsque l’on se venge, on doit creuser deux tombes : une pour son ennemi et une pour soi.

Et quand deux familles ou deux patriarches se querellent, c’est comme avec les chiens, faut pas se mettre au milieu, ni se monter la tête entre autres membres de la famille car c’est de là que naîtrons les problèmes à gogo…

Surtout lorsque l’an ajoute que les Hatfields vivent en Virginie Occidentale et que de l’autre côté de la rivière, c’est le Kentucky, l’état où vivent les McCoys. Et que chaque état à ses lois, qu’il est souverain chez lui et n’apprécie pas trop que des rangers de l’état d’en face viennent faire la loi chez eux.

Une mini-série violente, remplie de chevauchées et de tirs aux pigeons, une montée de la violence en puissance à tel point que les deux états en arriveront presque à la guerre civile.

Parce que ici, le H&M, c’est pas une chaîne de magasins de vêtements !! C’est Hatfield et McCoys et c’est tiré de faits réels, les deux familles ont réellement existé et se sont entretuées.

Moi, j’ai adoré cette série (vue en VF) et je me la referai un jour en VOSTFR (maintenant que j’ai récupéré des sous-titres, je vais peut-être arriver à les incruster dans les épisodes VO que je possède aussi).

L’ordre des choses : Frank Wheeler Jr.

Titre : L’ordre des choses

Auteur : Frank Wheeler Jr.
Édition : Série Noire Gallimard (14/11/2016)

Résumé :
Earl Haack Junior a été élevé pour devenir un Machiavel armé d’un flingue et portant une étoile… Son père, shérif dans une petite ville du Nebraska située sur l’autoroute de la drogue arrivant du Mexique – la fameuse Interstate 80 -, lui a très tôt enseigné sa façon particulièrement radicale et expéditive de maintenir l’ordre des choses.

Lorsqu’après un passage par les Stups de Denver (où il perd définitivement ses illusions) il revient prendre la succession de son père, il sait déjà qu’on ne vainc pas le chaos. Tout au plus, on peut tenter de faire jeu égal – un jeu sans règles ni limites.

Puisque la drogue et son commerce sont une donnée indépassable (surtout dans une société capitaliste marquée par la loi de l’offre et de la demande), la priorité principale de Haack sera donc de mettre sur pied un réseau de distribution composé de personnes qui lui sont redevables…

Son père avait raison : l’ordre passe avant tout, et il exige son tribut de sang.

Critique :
♫ Black is black ♪ comme le chantait si bien Los Bravos… et ces paroles sont parfaites pour illustrer l’atmosphère de ce roman noir qui ne se décline pas en 50 nuances de « grey » (gris) mais en 50 nuances de black (noir).

Ces 50 nuances de black allant du noir serré au noir sombre, en passant par le noir profond comme le trou d’une tombe creusée en pleine nuit dans un coin perdu du Nebraska, afin d’y enterrer une personne qui dérange l’ordre.

Conseil d’ami, ce roman noir n’est pas fait pour les personnes sensibles ou possédant un sens de la justice aigu, car ici, les gens nuisibles qui menacent l’ordre sont appelés des animaux et doivent être ou enfermé en cage ou muselé… Pour toujours ! Si vous voyez ce que je veux dire…

— On est au milieu du trou du cul de la cambrousse, frangin. Qu’est-ce qu’on fout ici ?

Certes, bien qu’étant pour une justice équitable, je ferme volontiers les yeux (dans un roman) quand on élimine les trafiquants de drogues et toute la racaille qui tourne autour comme des mouches autour d’une merde bien fraiche…

MAIS… (ben oui, il y a tout de même un « mais) le problème est que le shérif Earl Haack Jr qui élimine cette racaille de trafiquants et tout ce petit monde, est une raclure lui aussi. D’accord, il les élimine pour faire régner l’ordre dans sa ville, comme son père shérif avant lui, mais c’est aussi surtout pour mettre la main sur une partie de leur trafic.

— Devenir un caïd dans ce business, c’est comme se dessiner une cible dans le dos.

Sa philosophie est que puisqu’on ne peut lutter contre les narcos-trafiquants, autant aller dans le même sens qu’eux et se remplir les poches par la même occasion, tout en maintenant l’ordre dans la ville. D’une pierre deux coups.

Si on est intelligent et observateur, en bossant à la Brigade des stupéfiants, au niveau fédéral ou local, on apprend une chose très vite… Rien ne pourra jamais arrêter le trafic. Ceux qui acceptent cette évidence font un choix. Ils peuvent se résigner à pointer et à compter les heures avant la retraite, ou bien ils peuvent en profiter.

L’écriture est âpre, sans concession, les personnages sont plus dans les nuances de gris sombre ou de noir que d’une autre couleur, ne cherchez pas de rédemption, il n’y en aura pas, ou très peu. Même pas un personnage à sauver du lot !

Ce que les gens ne disent pas, en général, c’est qu’il est très difficile de commettre un homicide, quelles que soient les circonstances. Même en cas de légitime défense, il y a une résistance naturelle à l’acte de tuer.

Et pourquoi on a besoin de fusils de chasse ? Il n’en avait pas la moindre idée. La balistique. Il est impossible de faire des études balistiques avec des cartouches de fusil de chasse. Ça ne laisse quasiment aucun indice.

Autant j’avais ressenti de l’empathie pour le shérif Corey dans « Pottsville, 1280 habitants » de Jim Thompson, autant je n’ai ressenti aucun atomes crochus avec le shérif Earl Haack Jr, ni avec sa femme, ni avec sa troupe d’éliminateurs de premier ordre.

L’ordre dans la ville et non le chaos… Le shérif Earl applique l’adage de son père, et on peut dire qu’il l’applique avec zèle, créant pour finir du chaos en voulant mettre le l’ordre.

Un roman noir âpre, des personnages qu’on n’aimerait pas croiser ou boire un verre avec eux, une écriture au cordeau, une analyse d’une société qui tranche dans le lard, des morts à la pelle, des balles qui sifflent, tout le monde qui surveille tout le monde, une guerre larvée pour prendre le pouvoir et le contrôle du marché, bref, une OPA qui n’est pas publique et qui aura tout du RIP inscrit sur votre tombe anonyme.

Un roman noir sombre, qui possède un rythme propre à lui, assez agité sur le final, et très giclant de sang avant, un roman noir rural, sauvage, des personnages énigmatiques, dangereux comme des crotales enragés.

Un roman noir intense et violent.

— Tu sais ce qui se passera quand il tombera, n’est-ce pas ?
— La nature a horreur du vide.
— Hein ?
— Un truc que j’ai appris à l’université. Je veux dire, une fois que le chef n’est plus là, les autres vont se battre pour prendre sa place. Une putain de foutue guerre entre les parties concernées.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.