Mais qui êtes-vous M. DB Cooper ? Le premier hold-up aérien de l’histoire : Jon Marcello

Titre : DMais qui êtes-vous Mr D.B Cooper ? Le premier hold-up aérien de l’histoire

Auteur : Jon Marcello
Édition : Independently published (2018)

Résumé :
D. B. Cooper, en 1971, réussit le premier braquage aérien de l’histoire des Etats-Unis et probablement du monde. De plus, Cooper a réussi le crime parfait, car derrière ce pseudo, le vrai coupable et la cagnotte courent toujours.

Jon Marcello, sur la base des renseignements à disposition sur D. B. Cooper a écrit un roman mettant en scène les motivations, la préparation et la réalisation d’un des casses les plus fameux de l’histoire de la criminalité.

Fait exceptionnel, le FBI, devant l’impossibilité de boucler l’enquête a fini par s’associer, pour les aider, avec des civils passionnés par cette affaire.

D. B. Cooper est aux USA une figure de légende, des passionnés fêtent le Cooper’s day.

Un crime parfait, un mode opératoire inédit, le magot toujours dans la nature, une trame passionnante pour un roman.

Critique :
Loin du battage médiatique de la rentrée littéraire de septembre 2018, je vais vous parler d’un roman tout récemment publié, qui sortira – hélas – sans tambours ni trompettes car noyé dans la masse des têtes de gondole à Venise…

Pourtant, il mériterait aussi de recevoir les acclamations de la foule en délire car, pour un premier roman, le style est affûté, drôle et bien plaisant à lire.

De plus, ce roman qui se présente en deux parties est court et se lit sur une après-midi pluvieuse, d’une seule traite, avec un petit sourire aux lèvres et le coeur tambourinant.

La plume de Jon Marcello, je la connais bien, je pourrais même dire que je l’ai souvent lue et qu’elle a toujours réussi à me chatouiller (en tout bien tout honneur, bien entendu), à me faire rire ou à m’émouvoir. Jean-Louis, si tu nous lis… (private joke)

De plus, il m’a fait l’insigne honneur de me nommer « préfaceuse » de son roman ! Non, le mot n’existe pas encore, mais Robert Larousse m’a promis de l’ajouter en fin d’année.

Exercice toujours périlleux que de critiquer le roman d’un gars que l’on « connaît », que l’on préface, avec qui on a fait une grande croisière sur le Pacific Princess et qui, en se tortillant, vous fait fait sa demande de préface pour son nouveau bouquin sur Dan Cooper (réécriture de la première partie et ajout de la seconde).

Avant ce roman, pour moi, Dan Cooper, c’était un pilote canadien, un héros de bande dessinée sous le scénario et la plume de Albert Weinberg. Point barre.

Un homme, en 1971, pris le pseudo de Dan Cooper pour braquer un Boeing 727, à cette époque bénie où l’on montait dans des avions comme on prend un ascenseur : pas de fouille des bagages, pas de papiers d’identité, bourbon servi dans l’avion… Le bonheur, quoi.

L’auteur s’est donc piqué au jeu de donner une identité et un passé à ce cambrioleur magnifique, cet Arsène Lupin qui déroba 200.000$ et qui court toujours puisque personne ne sut jamais qui il était.

Dans quelle société vivons-nous ? pensa Silver. Une civilisation qui ne soigne que les riches, les pauvres ont seulement le droit de souffrir et de mourir en silence. La sélection naturelle est toujours en marche.

Sans exagérer, sans en faire des tonnes, l’auteur nous plante le décor de sa vie, avec humour, avec toute sa verve (oups) et ses érections matinales (celle de Silver/Cooper, par celles de l’auteur – enfin, j’espère).

[…] une forte érection gênait ses mouvements. Jamais de caleçon pour dormir et contenir ce qu’il appelait la fierté de sa journée. Dormir nu était une habitude qu’il avait conservée. Il appréciait, au petit matin, sentir sa puissance de mâle s’épanouir.

C’est frais, envolé, ça se lit tout seul et on se prend au jeu de Silver/Cooper qui monte son plan de manière minutieuse, sérieuse, sans rien laisser au hasard, mentant aussi sa femme afin qu’elle ne se rende compte de rien.

Un parachutiste expérimenté peut sauter à 150 nœuds (env. 275 km/h). (Je ne sais pas vous, mais les renvois en bas de page, ou pire en fin de livre, m’ont toujours ennuyé. Alors, pour une fois je peux les voir où je veux… bise) Retour à l’action…

Voilà donc un court roman qui non seulement a fait que je me suis couchée moins bête au soir mais qui, en plus, m’a diverti à tel point que je ne l’ai pas lâché, même pour aller me faire un café (dans sa première partie) ! Après, il me fallait du café pour calmer mon rythme de lecture effréné.

Pourtant, le suspense était illusoire puisque la préface de l’auteur nous expliquait en peu de mot que le casse avait été réussi. Malgré tout, j’ai dévoré cette première partie comme une affamée.

L’écriture est agréable et le roman possède des personnages intéressants, dont un  principal, Silver/Dan Cooper qui est réaliste, attachant, intelligent et qui avait pensé à tout sauf à l’après hold-up : comment dépenser l’argent du butin quand les billets ont été marqués ?

Là, il lui faudra descendre dans les bas-fonds new-yorkais et la seconde partie du roman fera la part belle à l’après-casse et à cette recherche de comment blanchir cet argent sale.

À l’instar d’Heisenberg dans « Breaking bad », il est plus facile de fabriquer de la meth ou de réclamer une rançon de 200.000$ que de blanchir son argent.

Là aussi, niveau suspense, j’ai été servie et mon petit coeur a battu tant l’auteur a bien réussi à gérer et à distiller avec harmonie cette angoisse du lecteur qui voit Silver/Cooper tenter le tout pour le tout afin de blanchir l’argent de son vol audacieux.

Certes, ce roman ne sera pas le prochain Goncourt, ni le roman de l’année, mais pour un premier roman dont l’auteur a été poussé par ses petits camarades de galère à prendre la plume, je trouve que ce n’est déjà pas si mal !

On a édité des daubes, on en a vendu des tonnes (hélas) alors que son roman, qui est plus que correct, mériterait plus de lumière car il en vaut la peine. Un essai réussi pour lui.

Disponible sur Amazon ou au bar à mojitos du coin.

PS : L’auteur m’a promis, en tant que préfaceuse de cette œuvre, que je recevrais 200.000$ à chaque commande de son roman. Donc, lâchez-vous !

3,80/5 Sherlock

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

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Les passe-temps de Sherlock Holmes : René Réouven

Titre : Les passe-temps de Sherlock Holmes

Auteur : René Réouven
Édition : Denoël – Sueurs Froides (12/09/1989)

Résumé :
Les passe-temps de Sherlock Holmes, sont illustrés ici par trois nouvelles parodies de René Reouven, toujours rédigées selon les mêmes principes : une allusion à une citation piochée dans l’œuvre de Conan Doyle, évoquant une histoire que le Dr Watson n’a jamais osé ou voulu publier, des personnages célèbres et des faits divers réels, présents ou passés, qui s’inscrivent en toile de fond.

Dans les trois récits, les « passe-temps » correspondent à la résolution d’énigmes survenues dans un passé bien antérieur à l’époque des héros de Baker Street, mais qui trouvent un écho dans les enquêtes menées au présent.

  • « La tragédie des Addleton »
  • « La mort subite du cardinal Tosca »
  • « La persécution spéciale »

Critique :
Il fait chaud et pour me rafraîchir, je m’enfile des « pastiches » (comme dirait Alambix et son accent) à tour de bras.

Certains sont parfois trop dosés, mais là, j’hésite entre le trop dilué ou le trop concentré.

Ce n’est ni le premier, ni la première fois que Réouven se penche sur les Untold Stories, ces histoires citées dans les aventures canoniques de Holmes mais jamais racontées.

Nous en avons trois ici qui vont nous être contées et si j’ai passé un bon moment de lecture, il y a tout de même quelques petits morceaux qui passent moins bien et je vais vous dire lesquelles.

Déjà, la première histoire est cousue de fil blanc et le coupable est visible comme un deerstalker posé sur la tête. Si l’enquête sur le double mystère de l’identité de Shakespeare et de Marlowe (Christopher, pas Philip, ni la capitaine de gendarmerie).

Bon, l’identité de la mère laisse un peu pantois, limite irréel, mais bon, la chair est faible et les enfants faciles à faire…

Pour le reste de la solution de l’énigme, je la laisserai à l’appréciation de chacun, elle est étayée d’une certaine manière (nous sommes dans de la fiction), mais reste toujours supputée car nous n’avons aucune preuve véridique, s’est passée dans les années 1500 (1564 et plus) et pourrait faire grincer les dents des plus pointilleux.

Niveau erreurs flagrantes, je relèverai celle de Guy Fawkes qui ici, est renommé Guy Hawkes (?) et le pléonasme horrible de « deux jumeaux ».

Pour ce qui est de la narration, l’auteur utilise le passé simple, quelques subjonctifs présent et imparfaits, ce qui va bien dans le texte, mais il utilise aussi des termes anglais sans les traduire en bas de page…

La deuxième enquête nous parlera du fameux cardinal Tosca et là où je grince des dents, c’est en voyant Holmes utiliser le titre de « votre éminence » devant le cardinal Guiseppe Sarto et se comporter comme un petit catholique alors qu’en tant que protestant, il ne reconnaît pas l’autorité du pape.

Maintenant, on ne nous a jamais dit à quelle religion Holmes appartenait, mais la logique voudrait que ce soit celle du protestantisme, non ? Il était croyant, on le sait, c’est du moins ce que l’on déduit de son monologue de la rose dans « Le traité naval ».

Cette deuxième enquête a de bonnes choses, notamment sur les peuples, les races, les différentes religions, les références aux divers pogroms qui ont ensanglanté les siècles précédents, niveau Histoire, on se couche moins bête, mais il y a parfois un peu trop de blablas et, tout comme la première, Holmes est obligé de supputer ce qui s’est passé puisque cette histoire est ancrée dans le passé lointain.

Pour la troisième, je dirais « mouais »… On a connu mieux mais elle est correcte et la manière de vouloir tuer est pour le moins originale, pas ressassée du tout.

Un apocryphe qui met en scène Holmes dans le format qui lui convient le mieux : les nouvelles, qui ne révolutionnera sûrement pas le policier, bien que l’auteur nous présente ici un Holmes plus érudit que les écrits canoniques ne le laissent supposer.

Correct mais pas transcendantal.

Mais au moins, Watson enquête avec Holmes, l’éclaire sans être une lumière (dixit Holmes), bref, ce n’est pas le benêt présenté comme parfois (dans une ancienne série et des films) et madame Hudson y met du sien.

PS : Alambix est un personnage que l’on retrouve dans « Astérix et le bouclier Arverne ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel (30/08/2017)

Résumé :
Veille de Noël 1870. Sherlock Holmes, Arsène Lupin, et Irene Adler se prennent de passion pour une énigme publiée dans le Times. Sherlock ne tarde pas à découvrir que des coordonnées géographiques y sont dissimulées !

Lorsqu’un riche marchand est retrouvé mort dans le premier des lieux en question, nos trois amis comprennent vite que les coupables communiquent par l’intermédiaire du Times.

Ils se rendent aussitôt à Scotland Yard pour prévenir la police mais on les congédie sans les écouter… Il ne leur reste plus qu’une chose à faire : mener l’enquête eux-mêmes ! Mais, après tout, n’est-ce pas ce qu’ils font de mieux ?

Critique :
Après une lecture qui m’avait secouée émotionnellement, il me fallait passer à du plus calme, du plus doux et quoi de mieux qu’une lecture jeunesse avec Holmes, Lupin et Adler adolescents ?

Direction le Londres de 1870, à quelques jours des fêtes de Noël, et on s’installe bien confortablement devant un chocolat chaud au Schackleton Coffee House en compagnie de nos trois jeunes amis.

Bon, si vous cherchez une enquête policière digne de ce nom, je vous conseille un roman de la reine du crime, Agatha Christie, mais si vous voulez passer un bon moment de lecture, sans vous cassez la tête, ce roman jeunesse est fait pour vous.

Nos trois personnages sont toujours aussi sympathiques. Les caractères de Holmes et Lupin se dessinent afin de nous montrer ce qu’ils pourraient être plus tard, même si, pour le moment, tout cela est encore latent.

Quant à la jolie Irene, elle ne sait plus quoi penser entre un qui l’embrasse sur les lèvres à la dérobée et un autre qui l’enlace en la raccompagnant chez elle, sans oublier le petit présent qu’elle retrouvera au fond de sa poche sans savoir de qui il provient.

J’espère juste que nous n’irons pas vers le triangle amoureux dans les prochains tomes, même si ce genre d’événements pourraient expliquer pourquoi ces trois amis se retrouveront séparés diamétralement plus tard, au point même qu’ils s’affrontent (Irene vs Holmes dans « Un scandale en Bohême » et Lupin vs Holmes dans « Lupin contre Herlock Sholmes »).

Anybref, sans casser trois pattes à un canard et sans manger de pain, c’est un roman jeunesse qui se lit d’une traite dans son canapé en savourant une bonne tasse de thé.

On sourit des facéties de nos jeunes gamins, on imagine ce que cela pourrait donner si Irene en choisissait un et pas l’autre, on frémit devant les dangers qu’ils prennent, tout en se doutant que l’un ou l’autre ne va pas mourir puisque ce n’est pas GOT !

Un bon point pour moi qui avait deviné avant le Maître le pourquoi du comment des crimes étranges qui avaient lieu après la petite énigme d’échec parue dans le Times… Bon sang, mais c’était bien sûr ! Belette 1 – Sherlock Holmes 0 (un temps de retard face à mon esprit brillantissime).

Un roman jeunesse qui se lit avec plaisir, des personnages que l’on se plait à revoir et en le refermant, on songe déjà à ce que leur prochaine aventures va nous réserver !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Le casse – Tome 5 – Gold Rush : Luca Blengino & Antonio Sarchione

Titre : Le casse – Tome 5 – Gold Rush

Scénariste :
Dessinateur :

Édition :

Résumé :
Yukon. 1899… Hermès Coltrane, prestidigitateur de talent et ancien braqueur de trains, est rejoint par le jeune Mac, un ancien complice récemment évadé et dont la tête est mise à prix.

Ensemble, ils se lancent dans un voyage à travers le froid et la glace pour monter une équipe hors du commun.

Leur but : voler « The Stone », la plus grosse pépite d’or jamais découverte. Et la subtiliser au colonel Zondrick, l’homme qui, quelques années plus tôt, a détruit leur vie…

Critique :
Je dois avoir un faible pour le Klondike, moi, ces derniers temps, parce que je viens encore de passer la terrible Chilkoot Pass et de faire le voyage épuisant et frigorifiant jusque Cripple’s Junction, ville minière perdue dans le trou de cul glacé du monde !

Aujourd’hui je vais vous parler du vol du Youkounkoun ! Ah pardon, on me signale en régie qu’il a déjà été volé… et qu’en plus, c’était un diamant.

Or ici, on va tenter de voler le plus grosse pépite d’or jamais trouvée dans le Yukon : « The Stone », 50kg d’or le plus pur et certains aimeraient bien faire d’elle une Rolling Stone, c’est à dire la chouraver pour devenir riche, rouler le terrible Zondrik pour se venger de lui, et accessoirement, inscrire leurs noms dans l’Histoire.

Pour ça, faut réussir le casse du siècle et ne pas la jouer comme le cambrioleur Dortmunder dans « Pierre qui roule », justement.

Ce qui m’a attiré dans cette bédé, c’est avant tout sa couverture, le fait que cela se déroule aux États-Unis, les dessins, que j’ai trouvé très réalistes, les couleurs sépia de certaines cases.

Emballé c’est pesé et j’ai été embarquée dans une aventure folle, folle, folle, une sorte de casse à la Ocean Eleven, avec moins de monde, mais tout aussi bien détaillée, aussi extravagante.

Les personnages des voleurs sont sympathiques, trainent derrière eux un passé trouble, mais j’ai éprouvé de l’affection pour eux.

Zondrik, le proprio de la plus grosse pépite d’or, est – contrairement à Zorglub – un véritable salopard de la pire espèce et l’ombre de son Z plane, telle celle d’un sadique psychopathe lâchée dans la nature. Lui, les voleurs ou toute personne qui ne lui revient pas, il lui tranche la tête avec une véritable guillotine !

Beaucoup de violence et d’adrénaline dans cette bédé, de l’action, de l’intelligence, des tours de magie et d’illusion, car, même si la magie n’existe pas en tant que telle, le but du jeu consiste seulement à faire voir aux gens ce que vous voulez qu’ils voient.

Et le coup était parfaitement réussi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Lucky Luke – Tome 25 – La Ville fantôme : Morris & Goscinny

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Titre : Lucky Luke – Tome 25 – La Ville fantôme

Scénariste : Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1986)

Résumé :
Il n’y a plus qu’un habitant à Gold Hill, le vieux Powell, persuadé que sa mine contient encore de l’or.

D’ailleurs, cette mine intéresse beaucoup deux bandits, Denver Miles et Colorado Bill, qui vont tout faire pour la racheter pour une bouchée de pain, afin de la « saler » (c’est-à-dire d’y introduire un peu d’or de façon artificielle) pour la revendre plus cher. Lucky Luke va venir en aide au pauvre Powell.

Petit Plus : La Ville fantôme est la trente-neuvième histoire de la série Lucky Luke par Morris (dessin) et René Goscinny (scénario). Elle est publiée pour la première fois du no 1306 au no 1327 du journal Spirou. Puis est publiée en album en 1965.

luckyluke_t25Critique : 
Encore un de mes Lucky Luke préféré ! Pour son atmosphère propice à tous les fantasmes de peur (une ville fantôme) et pour la qualité de son scénario, Goscinny étant à la barre.

Dès le départ on sent bien que les deux zigotos couverts de goudron et de plumes que croise Lucky Luke ne sont pas des anges, quoi qu’ils en disent.

Durant tout l’album, on aura le comique de répétition avec Denver abattant son poing sur le chapeau de Colorado à chaque fois que ce dernier dira ou fera une connerie.

Et les conneries de Colorado seront légions ! Notamment trop de précipitations à accomplir ses missions et à ne pas tenir compte des impératifs de date donné par son comparse, Denver.

Bref, Colorado est une sorte de Rantanplan en version humaine, une calamité sur pattes, une erreur de la nature, le champion de tous les dîners de cons et on ne plaindrait presque Denver de devoir faire équipe avec un branquignole pareil.

— Décidément, c’est une manie ! Tout le monde veut vous pendre !
— Que je sois pendu si j’y comprend quelque chose !

Dans le registre du comique par l’absurde, colonel Mac Straggle restera tout de même numéro un (le 20ème de cavalerie) indétrônable.

Cet album nous montre les conséquences des ruées vers l’or et de ses conséquences sur ces villes champignons quand la voie aurifère n’était pas au rendez-vous. Ces villes furent désertées, abandonnées, laissées là à pourrir sur place, vide de toute vie.

Ah non, ici, à Gold Hill, un homme résiste encore et toujours et s’épuise à creuser sa mine dans le fol espoir d’en découvrir de l’or. Le vieux Powell est un personnage que l’on se surprend à apprécier, malgré son côté bougon et ermite.

Vous l’aurez compris, on aura du mystère dans cet album, de l’humour comme toujours, des situations cocasses, une petite enquête sur le salage d’une mine, des gens qui deviennent fous en apercevant un petit éclat jaune et brillant alors que la richesse est ailleurs… Dans la terre qu’ils ont retourné, notamment.

Une fois de plus un excellent album de Lucky Luke qui m’a fait une fois de plus passer un bon moment de lecture, même si je le connais presque par coeur.

— Vous allez faire de cette ville une ville fantôme ! Il ne tient qu’à vous de la faire vivre et de vivre heureux dedans !…
— Et comment ? Il n’y a pas d’or dans cette terre !
— Cette terre, vous l’avez labourée pour y chercher de l’or ! Vous n’avez plus qu’à semer !
— Lucky Luke a raison ! Moi aussi j’allais partir, mais cette terre est riche ! Il y a de l’eau et de la place ! L’or, ce sera le blé que nous y ferons pousser ! Partez si ça vous chante, mais moi je reste !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

15. Sherlock Holmes : The Second Stain – La deuxième tache

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SAISON 2 – ÉPISODE 4

  • Producteur : June Wyndham-Davies, Rebecca Eaton
  • Réalisateur : John Bruce
  • Scénariste : John Hawkesworth
  • Décorateur : Tim Wilding
  • Musique : Patrick Gowers
  • 16ème épisode tourné
  • 1ère diffusion : Angleterre : 23 juil. 1986 – ITV Network (17ème épisode diffusé); États Unis : 26 fev. 1987 – WGHB; France : 9 avril 1989 – FR3 (16ème épisode diffusé)
  • Durée : 50 min 30 sec

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  • Distribution :
    Jeremy Brett … Sherlock Holmes
    Edward Hardwicke … Dr. John Watson
    Patricia Hodge … Lady Hilda Trelawney Hope
    Stuart Wilson … Honourable Trelawney Hope
    Harry Andrews … Lord Bellinger, Prime Minister
    Colin Jeavons … Inspector Lestrade
    Sean Scanlan … Constable MacPherson
    Yves Beneyton … Eduardo Lucas
    Yvonne Orengo … Madame Henri Fournaye
    Rosalie Williams … Mrs. Hudson
    Alan Bennion … Bates

SECO2Le Pitch :
Sherlock Holmes reçoit la visite sous le sceau du secret, de Trelawney Hope, secrétaire aux Affaires Européennes, accompagné du Premier Ministre Lord Bellinger.

Il a perdu une lettre d’un souverain étranger qu’il avait apportée chez lui et dont pourtant n’avaient connaissance que les membres du cabinet. Elle contient un important secret d’État qu’Holmes les oblige à lui révéler. C’est une protestation contre le développement colonial de la Grande-Bretagne dont les adversaires du souverain pourraient se servir pour entraîner l’Europe dans la guerre.

Pour Holmes, il est certainement déjà trop tard, mais il veut tout de même aller voir les trois espions internationaux que cette affaire pourrait concerner.

SECO3

Cet épisode est probablement l’adaptation la plus fidèle de la série. Le souci de conformité au texte original est allé jusqu’à la recréation de la scène où Watson vient demander à Holmes, retiré dans le Sussex, l’autorisation de publier l’histoire.

Un cottage fut choisi à Rostherne, des ruches installées, et Brett revêtit consciencieusement les gants et le voile de l’apiculteur. Mais manifestement, il n’était pas heureux de devoir se vieillir pour le rôle.

SECO12

Heureusement pour lui, la séquence a fini au panier pour des raisons de longueur.

Il est à noter qu’ayant oublié (imbécile que je suis) le DVD de la série chez moi, j’ai été obligée de regarder cet épisode sur You Tube, intégralement en anglais, avec les sous-titres anglais basés sur de l’audio et je ne vous raconterai même pas comme le machin transformait « Holmes » en « Home ».

Heureusement que je ne me sépare jamais de mon petit traité d’holmésologie qui se trouve être mon PC assez bien rangé pour que je retrouve les notes prises un jour dans divers endroits. Plus ma mémoire !

Intro : 10, Downing Street. Le premier Sinistre (Lord Bellinger) sort de ce qui ressemble fort au célèbre numéro 10 mais on sait que c’est pas le vrai.

Bref, Lord Bellinger, suivi de son secrétaire aux Affaires européennes, Trelawney Hope s’engouffrent dans une voiture armoriée qu’ils échangent ensuite pour un cab. Quoi ? On ne veut pas que l’on sache que le Pays a besoin du grand Sherlock Holmes ??

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Baker Street : Voilà une scène qui ne se trouve pas dans le Canon Holmésien mais qui mériterait d’y figurer ! On découvre le 221b dans un joli foutoir et Watson qui ôte prestement à Holmes la tasse de thé qu’il avait en main, tandis que Mrs Hudson s’affaire, telle une abeille, en bougonnant de mettre un minimum d’ordre. Seul Holmes reste immobile au milieu de la tempête.

Sitôt arrivés, le ministre et le secrétaire expliquent à Holmes la terrible situation où ils se trouvent. Une lettre potentiellement explosive, envoyée par un potentat étranger, a été volée la veille au soir dans la valise officielle du secrétaire.

Moi, je lui collerait un C4 (licenciement) à ce secrétaire imbécile qui n’a pas su empêcher qu’on lui vole une lettre dans sa valise.

L’expéditeur de la lettre n’est pas nommé… Non, ce n’est pas un remake du « Scandale en Bohème », ce  n’était pas une photo compromettante ou une lettre d’amûr enflammé.

Si on connaissait la date de cette aventure, on pourrait vérifier si le terrible petit-fils de la reine Victoria, le kaiser Guillaume II…

Vous connaissez Holmes, au vu de ce qu’on vient de lui dire, directement il soupçonne la meuf à Trelawnay Hope et il lui demande si elle connaissait l’existence de la lettre.

Shocking premier Sinistre qui dit que son secrétaire a un sens trop élevé du devoir que pour parler des secrets d’états avec sa douce moitié…

Ok, Holmes interroge donc sur les circonstances du vol et sur le contenu de la lettre.

Trelawney Hope allait répondre quand le vieux crouton de Premier Sinistre lui coupe la parole (une expression de surprise déçue passe sur le visage de Holmes) et commence à lui décrire la lettre physiquement, tourne autour du pot et lui parle de la récompense qu’il pourra choisir, mais ne donne en rien des indications sur son contenu, croyant arriver à mystifier Holmes.

Mauvaise idée ! Holmes lui déclare alors qu’il ne peut se charger de l’affaire et qu’étant, comme ses visiteurs, fort occupé, il ne peut perdre son temps en conversations inutiles.

« Casse-toi, pauvre con » aurait dit un autre homme… Sherlock les a enrobés de miel, bien entendu, IL est bien élevé,lui… Holmes se contente de refuser, en termes courtois et indirects, de se charger de l’affaire.

Il est clair qu’il parodie l’hypocrisie du langage diplomatique, et l’acteur poursuit en ce sens
en affectant une douceur souriante, ainsi qu’une compassion infinie et respectueuse pour les deux hommes d’état surmenés. Mais le fait qu’il se lève et leur tourne le dos donne à ses propos une connotation ironique insolente.

Le ministre, offusqué, fait mine de sortir, puis se ravise et rend les armes. Personne ne résiste à Sherlock…

Cette missive a été écrite par un souverain qui est exaspéré par l’expansion coloniale britannique et son style est si offensant que, si elle était divulguée, elle enflammerait l’opinion publique anglaise. Une guerre coûteuse en argent et en hommes serait inévitable, et aucun des deux pays n’a envie de ça !

Putain, sont vite choqués, ces Anglais ! Aller faire une guerre pour quelques mots ou quelques noms d’oiseaux, c’est fort de café et de mojitos !

On leur dirait bien « Faites l’amour et pas la guerre » mais c’est sans compter sur les multiples ennemis ! Eux gagneraient de cette divulgation de missive et la bisbrouille qui naîtrait car l’Europe se partagerait en deux coalitions…

Et nous savons qu’à cette époque là, la poudrière des Balkans était déjà ZE point noir, donc, la moindre chose pouvait tout faire péter.

Cette aventure, si elle est policière, parle aussi pour la première fois dans la série d’espionnage et présente un tableau politique de l’Europe où la Grande-Bretagne tient un rôle déterminant.

Les répliques de Premier Ministre sont pertinentes et fermes, celles de Holmes courtes, précises et directes. Pour Holmes, la lettre doit déjà être loin et on doit se préparer à la guerre puisque ce bout de papier peut en déclencher une.

Holmes étant asocial et anticonformiste, il s’intéresse assez peu à la toute-puissante Grande-Bretagne.

Seul l’intérêt de l’affaire le motive.

Il a acquis une réputation qui lui permet non seulement de voir le premier ministre recourir à ses services en se déplaçant en personne chez lui, mais aussi de lui imposer ses volontés (son refus catégorique au début) et de refuser de lui indiquer la façon dont il a procédé à la fin.

Une autre scène importante, c’est celle qui suit l’achat de Watson du journal qui parle du meurtre de Westminster…

Holmes lui donne les trois noms des espions qui auraient pu tremper dans cette affaire de vol de lettre : Oberstein, La Rothiere ou Eduardo Lucas, et que le coupable va chercher à vendre la lettre au plus offrant.

Il sait que la situation est grave et même désespérée. Holmes est même prêt à racheter la lettre à n’importe quel prix, même si cela donnera une hausse des impôts (voilà pourquoi les vôtres et les nôtres ont augmenté ces derniers temps… une lettre compromettante sans aucun doute !).

Si dans le canon, l’auteur laissait à Holmes le temps de lire le journal, ici, il n’en est rien !

Allez hop, seconde visite : Lady Hilda Trelawney Hope est annoncée au 221B. Oui, la femme du sous-secrétaire du même nom, celui qui n’a plus retrouvé la lettre là où il l’avait mise (comme celui du « Traité Naval » qui s’était fait aussi voler son papelard !).

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Le but de Lady Hilda est de savoir ce que son mari risque après la perte de cette missive et aussi ce que leur Perfide Albion risque ! Et comme lui aurait répondu De Funès « You risk énormément » ou « I risk encore plus ».

Tandis que Watson se pâme devant sa beauté, Holmes, lui, reste de bois et se méfie de la grognasse comme de la peste, surtout qu’elle s’est mise à contre-jour pour qu’il ait plus de mal à détecter son extrême nervosité.

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Non, non, non, il ne lui dira rien et arrêtera même Watson d’un geste car lui, il allait tout balancer à la belle poitrine bien roulée !

Oh, le sourire sceptique qui s’affiche sur le visage de Holmes quand la Lady lui dit que son unique mobile est le désir de partager les inquiétudes de son mari, et quelle grimace ironique il nous gratifie lorsqu’elle lui répète qu’elle compte sur sa discrétion absolue.

Par ces quelques mimiques, l’acteur en dit des volumes sur la misogynie de son personnage.

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Ce que j’aime dans cette scène, c’est la tirade de Holmes sur les mystères de l’âme féminine…

— Le beau sexe est votre rayon, Watson…

Les propos de Holmes sur les femmes « leurs actions les plus banales peuvent se rapporter à quelque chose de très grave » sont ici de circonstance.

Mais malgré sa misogynie, il se montre indulgent et secourable.

Puis le fait qu’il fasse un demi-tour rapide dans le couloir lorsque Watson, lisant le journal, lui apprend le meurtre d’un des trois espions cités plus haut : Lucas.

On a même arrêté son valet, Holmes là vu !

Non, ça bouge moins, dans cet épisode !

Pour nos compères, commence la longue et pénible attente des faits nouveaux. On suggère l’interminable écoulement du temps par l’accumulation progressive des journaux sur la table, des mégots dans le cendrier, de la fumée dans l’atmosphère, et la vision répétée du balancier de la pendule…

Holmes, dévoré d’impatience, arpente sans relâche le salon et bois du thé présenté par madame Hudson.

Enfin les deux amis apprennent dans le journal (dans le canon, c’était grâce à Lestrade), que Lucas a été assassiné par son épouse créole, une malade mentale folle de jalousie.

Holmes n’attache pas au meurtre d’importance cruciale.

Ce qui l’obsède et le tourmente est le fait qu’aucune conséquence n’a suivi la disparition de la lettre.

Bordel de dieu, on vole une lettre qui pourrait foutre le feu à l’Europe si elle était divulguée et rien de ne se passe ! Pas été mise en circulation ? Oukellè alors ?

Tiens, dans cet épisode, il y a une scène drôle qui ne se trouve pas dans la canon.

Holmes discute avec Watson, lui dit que cette affaire est ardue, mais que s’il la résout, elle sera le couronnement de sa carrière !

À cette tirade (qui elle, est intégralement fidèle au texte de Conan Doyle), le réalisateur lui donne une chute de son cru : tout à l’idée de sa gloire future, Holmes allume sa pipe et jette derrière lui son allumette enflammée…

Et les journaux entassés le dossier de la chaise s’embrasent !

On pourrait penser que l’intrigue est à zéro et que tout est bloqué quand un nouvel élan est donné par la révélation de la deuxième tache dans une scène très efficace.

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Nos deux amis ont rejoint Lestrade sur les lieux du crime (celui de Lucas) et le policier montre ensuite au détective la tache de sang qui a profondément imprégné le tapis et qui, bizarrement, ne correspond pas à celle laissée sur le plancher.

Holmes a déjà compris qu’il suffit de faire tourner le tapis dans le sens contraire des aiguilles d’une montre pour que les deux taches coïncident. On a donc déplacé le tapis. Mais qui, et pourquoi ?

Durant ce moment, Holmes ne bronche pas, hausse-t-il juste un sourcil pour nous indiquer que lui, il a une idée du pourquoi du comment le tapis a été déplacé.

Ici, LA scène d’anthologie c’est celle où Holmes, après avoir vu la deuxième tache, fait sortir Lestrade par ruse pour pouvoir fouiller seul, le lieu du crime.

En un éclair, il se précipite par terre et gratte frénétiquement le parquet tel un Jack Russel devant un terrier et trouve ce qu’il cherchait.

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Juste à temps ! À son retour, Lestrade retrouve un Holmes imperturbable, dans la même position, comme si rien ne c’était passé.

L’inspecteur est bien loin d’imaginer l’agitation qui a régné dans la pièce en son absence et que l’énigme a été résolue.

Holmes va alors jouer au rusé renard pour trouver ce qu’il devait trouver, confondre la personne qui a subtilisé la lettre et le remettre afin qu’elle ne soit pas accusée. Pourtant, la personne n’était pas disposée à la lui remettre, cette foutue lettre !

— Vous pensez, Monsieur, que si ce document n’est pas recouvré, ce sera la guerre ? Alors, préparez-vous pour la guerre.

Le tout par un tour de passe-passe qui éveillera les soupçons du vieux Ministre, mais bon, Holmes a ses secrets diplomatiques lui aussi !

L’adaptation y ajoute le bond joyeux de Holmes et son cri de triomphe. Car Holmes a restauré la sérénité du gouvernement, et sauvegardé le bonheur d’un jeune couple.

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Finalement la clé de l’énigme est moins étonnante que dans d’autres des aventures, puisque à partir d’une affaire politique de portée mondiale, on découvre une simple affaire privée de lettre volée, à priori assez banale.

Il n’y avait pas 36.000 personnes qui pouvaient la voler, cette lettre !

Cet épisode est assez calme, on penserait même qu’il ne va rien se passer. La seule scène d’action étant le meurtre d’Eduardo Lucas…

Pour autant, on est pas dans un épisode de Derrick parce que le scénario est vif, bien construit, fidèle (à peu de choses près) à l’original et l’interprétation des personnages est toujours juste.

Sa réussite s’obtient par des situations drôles, des dialogues saupoudrés d’humour, une série de chassés croisés générant animation et suspens et on y découvre un Holmes plus expressif, plus enclin à montrer ses réactions.

Le dénouement est aussi amusant qu’osé, car Holmes va jusqu’à faire croire qu’il n’y a pas eu de vol.

Dans cette histoire, la réalité n’est pas du tout ce que l’on croit. Et bien sûr, on assiste à la capacité de déduction d’un esprit sagace, qui observe avec minutie et à la vivacité d’un détective toujours aussi vif et ardent.

Pour une après-midi de tranquillité !

Anecdotes : L’ensemble de l’épisode a pu être tourné à Londres, où tous les signes de la modernité ont été effacés, il a « simplement » suffit d’enlever les voitures et de cacher les marquages au sol à l’aide de feuilles mortes. Mais pour raisons de sécurité, l’équipe ne put pas tourner dans le vrai Downing Street.

Étoile 3,5

Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Sherlock Holmes – Incident at Victoria Falls [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 7/52]

Incident at Victoria Falls est un téléfilm britannique réalisé par Bill Corcoran, diffusé en 1992 au Canada et aux États-Unis

Incident at Victoria Falls est le second volet d’une série de deux téléfilms mettant en scène Christopher Lee et Patrick MacNee dans les rôles respectifs de Sherlock Holmes et du Docteur Watson, après Sherlock Holmes and the Leading Lady (1991).

1. Résumé :
En 1910, Sherlock Holmes, sur le point de partir à la retraite, est contacté par son frère Mycroft pour remplir une mission d’importance pour le roi Edward. Ce dernier lui apprend que L’Étoile d’Afrique, un diamant précieux, doit être ramenée en Angleterre depuis la colonie du Cap où elle a été trouvée par des colons.

Le transport étant risqué à cause de revendications sur sa propriété, Holmes est chargé de protéger le joyau en l’échangeant contre une réplique alors qu’il gardera discrètement le vrai diamant avec lui pendant le trajet.

2. Distribution :

  • Christopher Lee : Sherlock Holmes
  • Patrick MacNee : Docteur Watson
  • Jenny Seagrove : Lillie Langtry
  • Joss Ackland : Édouard VII du Royaume-Uni
  • Claude Akins : Theodore Roosevelt
  • Steven Gurney : Guglielmo Marconi

Ce que j’en ai pensé :
Christopher Lee avait joué dans des Sherlock Holmes, il avait eu le rôle de Mycroft Holmes, mais il n’a eu que deux fois le rôle du détective. Ce téléfilm est l’un d’eux.

C’est un Sherlock Holmes proche de la retraite que l’histoire nous montre, un Sherlock Holmes qui voudrait bien se retirer et s’occuper d’abeilles mais qui doit, sur demande expresse de son frère, venir en aide au Roi. Holmes save the king !

L’Étoile d’Afrique, un diamant précieux de la taille du Youkounkoun dans le film « Le Corniaud » (de Gérard Oury) doit être ramenée en Angleterre depuis la colonie du Cap où elle a été trouvée par des colons.

Trouvée ? Oui mais avant, elle avait pas été un peu volée, cette Étoile (des neige ♫) ?

Le voilà donc quittant les brumes londonienne pour aller se dorer la pipe – pardon, enquêter et protéger le diamant – en Afrique du Sud. Mais ça, il ne va pas le chanter sur tous les toits non plus !

Notre détective londonien est accompagné du fidèle Watson, qui, sous les traits de Patrick MacNee de « Chapeau Melon et Bottes de Cuir », n’a pas le rôle d’un Watson avec un cerveau. Dommage. Emma Peel devait lui manquer, sans doute.

Malgré ses « Oooh » sur un air d’un qui vient de débarquer (ou de comprendre), il offre cependant un compagnon correct pour le grand détective, mais niveau lumière, on repassera.

Le réalisateur n’a pas compris le rôle d’un Watson et nous les a mis en veilleuses, ses lumières !

[Même si Holmes disant, dans les récits de Conan Doyle, que Watson n’était pas une lumière mais un conducteur de lumière, signifiant par là ce que la perplexité de Watson et ses interrogations sur une affaire peuvent mettre son ami sur la piste de la vérité.]

— En vérité, Watson, vous vous surpassez, fit Holmes, en reculant sa chaise pour allumer une cigarette. Je dois avouer que, dans tous les rapports que vous avez bien voulu rédiger sur mes humbles travaux, vous ne vous êtes pas assez rendu justice. Vous n’êtes peut-être pas lumineux par vous-même; mais je vous tiens pour un excellent conducteur de lumière. Il existe des gens qui, sans avoir du génie, possèdent le talent de le stimuler chez autrui. Je confesse, mon cher ami, que je suis votre obligé.[The Hound of the Baskervilles]

Anybref (©Meloé) ! Bienvenue au Cap… Ici, le racisme est latent, Afrique du Sud évidemment… Donc, si quelque chose disparaît, d’office c’est le gamin noir qui est entré dans le compartiment pour jeter un coup d’œil. Je ne vous apprendrai rien et découvrir autre chose n’aurait pas été conforme à la réalité.

Si Watson n’a rien d’une lumière dans ce film, le policier sur place est, lui, totalement à l’ouest ! Un véritable crétin patenté, un connard de la plus belle espèce, le genre de mec qui était absent le jour de la distribution des cerveaux. Et on ne repassera pas avec les plats pour un second service !

Il est tellement bête que ça en devient lourd alors qu’on aurait pu faire dans le léger et le comique avec un enquêteur sans matière grise et petites cellules de la même couleur. Holmes ne se privera pas de le faire aller… et de se foutre de sa gueule. Mais toujours en gentleman !

Holmes est assez conforme à l’original, il n’est pas surhumain, il se trompe, fait des erreurs, joue avec tout le monde et à la fin, la question que je me suis posée c’est « Est-ce qu’il avait remis le vrai diamant ou la copie, dans le coffre ?? ».

Les personnages qui gravitent autour de Holmes dans l’hôtel et dans le train sont tous bien typés, chacun bien reconnaissable des autres. Pas de risque de les confondre.

Entre le chaud-lapin (photo), la princesse Hindoue, le riche Grec, la blondasse de service, l’actrice de théâtre, un ancien président des États-Unis ou l’Italien inventeur, on se demande bien QUI a volé le diamant !

À un moment donné, j’ai ri lorsque le directeur de l’hôtel, Stanley Bullard, qui a lu les aventures écrites par Watson, lui fait remarquer que son récit Wisteria Lodge se situe en 1892 en plein « Grand Hiatus » et que cela est impossible.

Et il a raison, moi-même l’avais remarqué (et je ne suis pas la seule !!). Watson lui bredouillera qu’il est obligé de modifier des dates afin de conserver secret certains faits ou identités.

Autre référence en la personne du dénommé Raffles qui est un personnage de roman policier créé en 1890 par Ernest William Hornung, le beau-frère de Sir Arthur Conan Doyle. On reste en famille…

Dans ce film, on découvre aussi que l’ancien premier homme du pays de la bannière étoilée utilise une caméra et voir le résultat de ses prises de vue sur un écran improvisé, devant tout le monde médusé, avait comme un parfum de nostalgie.

J’aime bien découvrir les « premières fois » d’objets qui nous sont maintenant usuels.

Quand on voit d’où nous sommes parti et où nous sommes arrivé, on se demande bien si maintenant, on n’est pas un peu trop enclin à sortir le smartphone pour filmer tout et n’importe quoi… Mais ceci est un autre débat !

Téléfilm holmésien en deux parties qui se regarde avec plaisir, une tasse de thé à la main.

Ne cherchez pas l’action à tout pris, elle n’est pas vraiment là, nous ne sommes pas dans un thriller mais dans une enquête du grand Sherlock Holmes.

Pas un chef-d’œuvre à inscrire dans les annales, mais un film correct que j’ai apprécié regarder (il m’en reste encore assez bien de films holmésiens à voir !).

Et puis, Sherlock Holmes en Afrique du Sud, ça nous change des brumes londoniennes !!

Étoile 3,5

« A year in England » chez Titine, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

6. Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

Sherlock Holmes : Le Traité Naval – The Naval Treaty

SAISON 1 – ÉPISODE 3

  •   Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •   Réalisateur : Alan Grint
  •   Scénariste : Jeremy Paul
  •   Décorateur : Margaret Coombes
  •   Musique : Patrick Gowers
  •   4ème épisode tourné
  •   Série 1 : 3/7
  •   1ère diffusion : Angleterre : 8 Mai 1984 – ITV Network (3ème épisode diffusé); Etats Unis : 28 mars1985 – WGBH; France : 8 janvier 1989 – FR3 (3ème épisode diffusé)
  •   Durée : 51 min 30 sec.

  •     Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Nicholas Geake …  Charles Gorot
David Gwillim …  Percy Phelps
John Malcolm …  Tangey
Eve Matheson …  Miss Tangey
Pamela Pitchford …  Mrs. Tangey
David Rodigan …  Inspector Forbes
Ronald Russell …  Lord Holdhurst
Alison Skilbeck …  Annie Harrison
Gareth Thomas …  Joseph Harrison
Rosalie Williams …  Mrs. Hudson

Le pitch ? Alors qu’il se livre à une expérience chimique pour résoudre une affaire de meurtre, Holmes reçoit la visite de Watson.

Un évènement tragique vient de briser la vie de son ancien camarade Percy Phelps, fonctionnaire au ministère des Affaires Étrangères.

Alors qu’il ne s’était absenté qu’un bref moment de son bureau, on lui a subtilisé un document diplomatique ultra secret, un traité naval conclu entre l’Angleterre et l’Italie, dont il faisait la copie.

Son honneur bafoué et sa carrière gravement compromise, Phelps en est tombé malade. Il est alité depuis 9 semaines à la campagne sous la garde de sa fiancée Annie et du frère de celle-ci qui lui a d’ailleurs cédé sa chambre.

Sherlock Holmes accepte de se rentre au chevet du malade. Il doit récupérer le traité avant qu’il ne quitte le pays, ce qui mettrait en péril l’équilibre des forces européennes.

Cela faisait un an que je n’avais plus entendu l’intro musicale de la série Granada, mon dernier visionnage remontant à juin 2014, pour le mois anglais précédent.

Tonnerre de Brest, pas moyen de trouver la vidéo en V.O sur le Net ! Tant pis, on sortira le DVD pour l’occasion (avec les emmerdes que cela comprend lorsque l’on fait souvent des arrêts… ça ne redémarre jamais juste !!).

Intro : Le tonnerre gronde, la pluie tombe à verse et on entend un homme crier dans la nuit « Au secours, ne m’abandonnez pas ! ». Une charrette tirée par un cheval s’avance au pas, sous cette pluie diluvienne.

Hurlant qu’il est déshonoré, un homme est descendu d’une charrette et conduit dans une maison. On doit le soutenir sinon il s’écroule.

Un poivrot qui aurait trop bu et qui verrait des éléphants roses dans son éthylique coma ?

Oui, cet épisode sera mystérieux !

Ensuite, sans en savoir plus, nous nous retrouvons au 221b, avec Sherlock Holmes qui joue avec son petit matériel (pas de mauvaises pensées) de parfait petit chimiste. Dans un ballon à fond rond, on dirait qu’il nous fait bouillir de la bière.

C’est la voix de Watson qui lui fait tout arrêter. Il faut dire que votre colocataire qui hurle à plein poumons « HOLMES ! Où êtes-vous ? » a de quoi laisser perplexe. Ouvre la porte de l’appart et tu verras où il est !

Ah, ces hommes qui demandent avant même de se donner la peine de chercher !

Je plains de tout cœur leur logeuse, madame Hudson, parce qu’il règne un bordel monstre dans l’appart ! Watson va le découvrir avec effroi, sans parler de sa tête en découvrant des douilles de révolver ainsi qu’un V.R tracé à l’aide de balles dans le mur !

Cette petite interruption sera bénéfique pour Holmes puisque Watson lui apporte une affaire : il a reçu une lettre d’un ancien camarade d’école, Percy Phelps.

Une fois encore Holmes fait montre de ses talents pour déduire des informations sur l’auteur de la lettre et nous prouve que dans leur duo, c’est lui le dominant car, demandant à Watson de venir avec lui et voyant que celui-ci renâcle en parlant de ses patients qu’il lui reste à visiter : « Si vous trouvez vos affaires plus importantes que les miennes… ».

Il y a du mystère dans cet épisode et une touche d’espionnage puisque notre Percy Phelps (que nous trouvons alité et au bons soins de son infirmière non conventionnée de future femme), qui travaillait au Ministère des Affaires Étrangères, s’est vu dérobé un document ultra secret !

Il ne s’est absenté que quelques minutes, le temps d’aller se commander un café chez le concierge du bâtiment, et alors qu’il était en bas, la clochette correspondant à son bureau retentit !

Le document perdu était tellement important qu’il en est tombé malade de se l’être fait volé et ça fait deux mois qu’il est alité !

Si au moins son infirmière de fiancée était cochonne, on comprendrait, mais là, le gars est juste couché, en proie aux fièvres les plus folles. Sa future s’occupe de lui comme une mère au chevet de son fils malade et le futur beau-frère fait tourner le reste.

Monsieur le Beauf peut se permettre de ne pas travailler, alors, il reste avec sa sœur (sans doute pour qu’elle ne faute pas en avance).

Le Traité naval est célèbre pour le monologue de la rose de Holmes. « What a lovely thing a rose is ! « 

Le détective s’approche de la fenêtre et plongé dans une rêverie, s’extasie sur la beauté d’une rose écarlate qu’il tient entre ses doigts :

« Quelle jolie rose ! … Le raisonnement déductif n’est jamais aussi nécessaire qu’en matière de religion. Il peut avoir, bien conduit, toute la rigueur des sciences exactes. Les fleurs sont la meilleure preuve que nous ayons de la bonté divine. Tout le reste, la force qui est en nous aussi bien que la nourriture que nous mangeons, est indispensable à notre existence même. Mais cette rose, c’est du luxe ! Son parfum et sa couleur, nous pourrions nous passer d’eux. Ils ne sont que pour embellir notre vie. Tout le superflu nous est donné par gentillesse et, je le répète, les fleurs nous sont une bonne raison d’espérer.« 

Jeremy Brett (Sherlock Holmes) aimait ce discours et tenait absolument à jouer cette scène qui montrait un Holmes poète, ému et sensible à la beauté de la nature, à défaut d’être sensible à la nature des femmes.

Une facette insoupçonnée de son caractère à dévoiler – devant un Watson médusé et presque inquiet, et le couple stupéfait et désappointé.

On peut les comprendre : le traité volé intéresserait bigrement la France ou la Russie et Holmes, au lieu de se ruer pour résoudre l’affaire, il prend une rose et se fait poète.

Anecdote : Jeremy Brett est aussi à l’origine du geste délicat qu’à Holmes envers sa logeuse, madame Hudson : il lui offre une rose. Par ces petites attentions, il a rendu leur relation plus complice tout au long de la série.

Dans cet épisode, non seulement Holmes dévoile tout son talent de détective, nous fait des cachoteries, des plaisanteries, répond du tac-au-tac à l’inspecteur Forbes, le remettant à sa place en lui signifiant que dans 53 affaires (résolues par lui), son nom n’était apparu que 4 fois, la police ayant donc eu le bénéfice des 49 autres.

Mais en plus… Il est sexy baby dans son beau costume quand il va trouver l’oncle de Phelps – un Lord – qui lui avait confié le traité afin qu’il en fasse une copie !

Durant tout l’épisode Holmes est d’une élégance rare : beaux costumes pour rendre visite au Lord, chapeau haut-de-forme, canne, mais vêtements plus clairs lorsqu’il était en visite chez Phelps et que la journée était ensoleillée.

L’humour est présent aussi durant cette entrevue puisque Holmes énonça une fine et ironique observation : il a fait remarquer à Watson que le Ministre des Affaires Étrangères avait fait ressemeler ses chaussures.

Cela signifiait que le Ministre était incapable d’assumer l’achat d’une nouvelle paire de chaussures… C’est vous dire l’état de ses finances !

Humour aussi lorsque Watson dévoile que la grand-mère de Sherlock Holmes était française. Sherlock n’a pas l’air content que l’on dévoile ainsi sa parfaite maitrise de la langue de Molière.

Évidemment, quand Holmes prend en charge vos affaires, on se sent tout de suite mieux et Phelps reprend du poil de la bête.

Le mystère s’épaissit pourtant lorsque nous voyons une ombre se glisser dans sa chambre…

Sa future femme qui aurait des envies nocturnes ? Non, non, juste une ombre inquiétante.

Holmes a beau ne pas faire confiance aux femmes, il confie tout de même une mission importante à la fiancé de Percy Phelps. J’aime le regard complice qu’ils se font tous les deux.

Si elle n’avait pas obéi en tout point, l’enquête de Holmes aurait été ruinée. La carrière de son futur époux aussi. Déjà que s’être fait voler un traité important dans son bureau est susceptible de vous envoyer à la case « renvoi ».

Notre détective est un cachotier et il ne divulguera son plan à personne, descendant de la charrette qui les ramène Watson, Phelps et lui, à la gare afin de prendre le train pour Londres.

On le verra rêveur sous les arbres, au soleil et on le découvrira même caché dans le foin, avec un cheval pour témoin.

Le spectateur ne saura pas encore tout de suite ce qu’il s’est passé et c’est un Holmes blessé à la main et le visage de six pieds de long qui s’en revient à Baker Street.

Phelps et Watson sont à table, devant un petit déjeuner plantureux mais Phelps n’a pas d’appétit.

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Holmes aimait la mise en scène et il n’a pas pu résister à faire une farce à Percy Phelps qui va en danser de joie !

Notre détective leur expliquera ensuite ce qu’il s’est passé la nuit du vol du traité, ainsi que l’endroit où il était caché. Mais ça, je ne vous le dirait pas !

Holmes, lui, était caché dans du foin, et en se relevant, il n’aura plus un seul brin sur lui. Là, j’aimerais bien savoir comment il a fait…

Il y a beaucoup de théatralisme dans la découverte de la personne coupable. Déjà, Holmes se déplace avec aisance, comme dansant devant les box.

On verra, au ralentit, deux ombres se battre après que Holmes soit arrivé par derrière, surprenant le coupable en posant sa main sur l’épaule de cette ombre mystérieuse.

Même lorsqu’il avait ouvert la fenêtre à guillotine, il y avait une intensité dramatique.

Mon avis final : j’aime cet épisode, qu’il soit écrit ou visuel car il y a du mystère derrière.

Qui à volé le Traité Naval ? Comment savait-il qu’il le trouverait sur le bureau de Phelps ? Où a-t-on caché ce putain de traité ? A qui profite le crime ?

L’honneur est aussi mis en avant : Percy Phelps est déshonoré car on lui avait confié le traité pour qu’il le recopie, et lui, il se l’est fait dérober parce qu’il n’a pas pensé à fermer son bureau le temps de descendre demander un café.

Un petit côté espionnage aussi, car le vol du traité pourrait avoir des conséquences graves si la France au la Russie l’achetait. Pensez-vous, un traité signé entre l’Angleterre et l’Italie (sur la navigation).

Holmes n’est pas impressionné par le Lord, on le sent détendu, se moquant bien de la place que l’autre a dans la hiérarchie.

Nous, téléspectateurs, si nous n’avons jamais lu l’histoire, nous nous ferons balader, comme Watson, ne comprenant pas comment le traité à disparu et qui l’a barboté.

Il faut toujours attendre les explications de Holmes à la fin pour se dire « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ».

Si Conan Doyle ne développait pas plus que ça les différentes classes sociales, ici, on aura tout de même droit, dans cet épisode, à quelques réflexions sous-jacentes sur les inégalités qui règnent en ces temps là :

  • Percy Phelps est issu de la haute société, il a des liens avec des gens riches et aristocrates qui l’ont promu dans sa carrière au gouvernement. Il est sur le point de se marier et d’entrer dans une famille d’une couche inférieure de la société – des fondeurs de fer du nord de l’Angleterre – et Watson, issu de de classe moyenne, a été à l’école avec lui.
  • L’inspecteur Forbes avait fait une descente chez les Tongies, la femme de l’huissier. On a découvert une famille souillon, très pauvre, où la mère travaille dur pour tenter de nourrir ses enfants.

Anecdotes diverses :

David Gwillim (Percy Phelps) raconta : « J’ai passé tout le temps où je ne tournais pas à arpenter la région. Un weekend j’ai marché pendant 80 kilomètres  – inutile de vous demander pourquoi Percy était si pâle ! »

Alison Stilbeck (Annie Harrisson) se rappela avec émotion les scènes en robe victorienne, où elle étouffait littéralement pendant l’été 1983 particulièrement chaud. Si bien qu’elle pensait jouer pour la comédie radiophonique anglaise populaire « The Navy Lark ».

Le tournage extérieur s’est déroulé dans la belle campagne du Cheshire, la maison de Percy Phelps étant l’une des maisons du village de Pott-Shrigley, et dans les environs de Manchester.

On retrouve un dialogue basé avec fidélité sur le texte de la nouvelle, et une prise d’image directement inspirée des dessins de Sidney Paget.

Toujours perfectionniste, Jeremy prit les mêmes attitudes que son alter ego de crayon, dans le monologue de la rose. D’autres scènes sont copie conforme (rencontre avec Percy Phelps, repas final).

Jeremy et Michael Cox souhaitaient insérer le dialogue sur les Boarding Schools, ces internats réservés à l’élite et qui prônaient confort spartiate, brimades et discipline stricte.

Cela n’a pas été possible. Jeremy aura plus tard, l’opportunité d’en parler sur scène, dans la pièce de théâtre de Jeremy Paul : « The Secret of Sherlock Holmes ».

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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