Golden Dogs – Tome 2 – Orwood : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 2 – Orwood

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (22/05/2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
♫ Caramels, bonbons et chocolats ♪ Voilà ce que pourrait chanter Fanny à Orwood qui leur a fait de belles paroles, paroles et encore des paroles, qu’il a semé au vent car leur association de malfaiteurs n’a pas fait long feu.

Après quelques coups de maîtres magnifiques, des vols audacieux et rempli d’intelligence, nos Golden Dogs n’ont pas réussi à tenir autant que l’autre bande, les Blackbirds et bardaf, ce fut l’embardée.

Ils étaient exceptionnels, mais ça n’a duré que le temps que durent les roses et je m’attendais à continuer dans la montée en puissance de nos Dogs, pas à ce qu’ils chutent aussi vite.

Les dessins sont toujours très agréables pour les yeux, les couleurs sont toujours bien attribuées selon les ambiances et là où le bât blesse un peu, c’est que ce deuxième tome consacré à Orwood ne nous en apprend pas beaucoup sur lui et c’est Fanny que nous allons suivre dans ses tribulations après le démantèlement de la bande par le juge Aaron.

Lario, le castrat et Lucrèce sont sous représentés dans cet album et c’est bien dommage car ce sont deux personnages sur lesquels j’aimerais en savoir plus.

Suivre Fanny était intéressant, elle s’est révélée être une parfaite détective et une vraie business woman, mais je n’ai guère appris de choses dans ce tome sur les personnages principaux, si ce n’est que Orwood n’a pas tenu toutes ses promesses (du moins, vu comment le récit nous est présenté).

Dans cet album on nous parle toujours d’un traître à la bande (et ce, depuis la première case du premier album) mais jusqu’à présent, nous restons sur notre faim.

Comme sur l’épaisseur des personnages puisque les auteurs nous livrent des bribes d’informations tellement maigres que je trépigne d’impatience d’en apprendre plus, croisant les doigts qu’il soit bien prévu au programme des deux derniers albums que l’on nous dévoile un peu leur passé, sinon, je resterai sur ma faim.

En ce qui concerne les parties de jambes en l’air, là, tout le monde est rassasié ! Mais dans cette bédé, ce qui m’intéresse, ce sont des infos sur les personnages, pas sur leurs fesses !

Un deuxième tome pas tout à fait à la hauteur du premier, fort creux dans sa seconde partie et ça casse le rythme. Gageons que dans le suivant, tout cela remonte un peu et que nous en apprenions un peu plus sur les Golden Dogs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°280], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°33], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 1 – Fanny : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 1 – Fanny

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (24/01/2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Londres et ses bas-fonds… Si je n’y descends pas régulièrement durant le Mois Anglais (et durant l’année), il me manque quelque chose.

Non pas que j’apprécie voir la misère humaine mais les bas-fonds sont le pendant de cette société londonienne que l’on disait riche et puissante. Pas pour tout le monde.

Dans cet album qui se déroule peu après 1820, je vais m’accoquiner avec une bande de quatre malfrats, les Golden Dogs.

D’entrée de jeu, le ton est donné avec le tabassage en règle d’un pauvre bougre qui a voler de quoi nourrir sa famille qui crève la dalle. Le juge Aaron estimant que la richesse est un don de Dieu, il n’admet pas qu’un pauvre se serve dans les futures richesses dévolues à la haute.

Le graphisme de Griffo m’a bien plu, sans mauvais jeu de mots, j’apprécie sa griffe. Les couleurs oscillent entre des tons gris ou des plus chaleureux, selon les ambiances.

Clairement, ce n’est pas une bédé pour les petits enfants ! On a du sang, des meurtres, des assassinats, du sperme, des prostituées (dont Fanny à 5 pennies parce qu’elle est une déesse – ne me demandez pas ce qu’elle est capable de faire), de la violence, des pendus, des truands, des voleurs, bref, le genre de monde que l’on ne dédaigne pas côtoyer dans la littérature mais pas en réalité.

Si le scénario ne manque pas d’action et d’ambition, l’intrigue reste néanmoins assez simple mais s’avère efficace et ce premier tome fait passer un moment de lecture fort agréable.

Par contre, nos quatre mousquetaires de la cambriole – version intelligente et rusée – manquent un peu de profondeur et sont esquissés un peu trop rapidement, même Fanny, qui pourtant est l’héroïne de l’album.

James Orwood, le meneur, le cerveau, est le plus mystérieux de tous, tout en étant beau comme un démon. Entre nous, avec moins de scène de sexe, on aurait pu en profiter pour les habiller et les étoffer au lieu de les foutre à poil pour baiser.

On apprend quelques détails de leur passé, mais leur caractère, ce qu’ils sont vraiment, reste encore mystérieux dans ce premier album. En espérant qu’ils soient développés dans les suivants.

Pas de cliffhanger sur le final de ce premier album, mais j’ai apprécié ma lecture et j’ai envie de lire la suite pour voir où nos cocos vont nous entraîner, quels seront leurs prochains vols audacieux et comment tout le monde va évoluer.

PS : c’est pour demain matin, la surprise pour les petits enfants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°277], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°29], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Lupin – Dans l’ombre d’Arsène – Série Netflix 2021 avec Omar Sy [Par Dame Ida, envoyée spéciale]

Présentation :
Assan Diop est un jeune adolescent qui vit seul avec son père, chauffeur de maître et domestique depuis le décès de sa mère.

Dans une passe difficile sur le plan financier et ayant grandement besoin de se renflouer en liquidités, le grand capitaine d’industrie et homme d’affaires Monsieur PELLEGRINI, patron du papa Diop va très opportunément bénéficier de la prime d’assurance d’un collier fort précieux ayant appartenu à la Reine Marie Antoinnette, malencontreusement disparu de son coffre fort.

Évidemment, il faut que quelqu’un paye pour ce vol, et ce sera le père d’Assan que le sort, choisira… Le sort a un peu été aidé dans cette affaire, et pas franchement pour faire triompher la vérité. Assan grandira en s’accrochant au dernier cadeau que son père lui aura fait : un exemplaire des aventures d’Arsène Lupin.

Le Gentleman Cambrioleur finira par devenir un vrai maître à penser pour le jeune homme qui une fois devenu grand et fort devra en découvrir un peu plus sur son passé et ourdir une vengeance que Montecristo n’aurait pas reniée.

Mon avis :
Ma présentation a été volontairement brève et inspirée de ce qu’Omar Sy a bien voulu nous en dire pendant sa tournée de promotion sur tous les plateaux de télévision ces dernières semaines afin d’annoncer la sortie de cette série sur Netflix.

Pas question de spoiler pour préserver votre plaisir éventuel à découvrir la série.

C’est au cours de mon visionnage que j’ai appris par Sieur Toquéfada qu’il avait eu des retours assez négatifs de la série par le biais de ses collègues et amis… et en effet, j’ai pu voir sur le net que beaucoup de gens se montraient très critiques.

Je n’ai pas cherché à trop écouter ces commentaires. Pourquoi ? Et bien parce que moi, ça m’a bien plu, et je ne voulait pas gâcher mon plaisir en le laissant polluer par les regrets exprimés par d’autres. Laissez moi rester heureuse d’être contente de kiffer, s’il vous plaît.

OK, Omar Sy ne me laisse pas indifférente… Je le trouverais sympathique même s’il jouait un bourreau spécialisé dans l’obtention d’aveux grâce à la torture ! Et puis… Sans être forcément d’une beauté ravageuse, il est grand, costaud, et j’aimerai un peu parfois moi aussi me sentir faible femme ou petite chose à protéger…

Bon… ça y est… Vous savez tout… Dame Ida peut avoir ses petites faiblesses et des petits côtés fleur bleue… Bon… C’est dit, maintenant on peut passer à autre chose et ne plus y revenir.

Et puis… On a de jolis plans sur Paris, capitale de la France, ville lumière et toussa toussa. On se demanderait même si l’Office de Tourisme parisien n’a pas mis des billes dans l’affaire tant on nous balade dans une capitale un peu magnifiée (ben oui, on va pas vous montrer les quartiers les plus glauques ! Mais… en reste-t-il seulement ? La gentrification des quartiers populaires fonctionne à fond les ballons depuis quelques temps!).

Bon… Est-ce qu’on regarde une série pour l’acteur principal ou la ville où elle se déroule ? On est supposée répondre non à cette question… Mais franchement reconnaissez le…

La série Sherlock n’aurait pas eu autant de succès sans Londres et sans des acteurs craquants… Le survols des sites de fans consacrés à la série vous le font comprendre bien vite.

Au-delà d’Omar Sy et des jolies vues de Paris, la série a selon moi quelques qualités scénaristiques. Quelques personnages sympathiques. Même chez les flics qui veulent l’attraper ! Quelques trames secondaires et parallèles permettant de mettre en valeur les aspects les plus attachants des personnages…

Et puis on a un vilain méchant pas beau comme on aime les haïr… Et des personnages de femmes instrumentalisées un peu perdues qu’un vrai Gentleman devrait pouvoir sauver etc.

Au passage on trouvera un fond de critique sociale. Il sera présent mais sans s’appesantir. Juste parce que c’est une donnée qui a du sens pour comprendre le personnage principal et certains aspects de l’intrigue et sans déraper dans la leçon de morale.

De toute façon… la morale n’est jamais sauve dans les histoires dont les héros sont des brigands… Mais ça n’empêche pas en effet, une petite réflexion éthique digne du bac de philo : est-il éthique de cambrioler les salauds qui s’enrichissent sur ton dos ? Mmm…

Personnellement je serais tentée de répondre que ce n’est pas en faisant comme les salauds qu’on se grandit soi-même… Mais bon… Je peux me tromper.

Et puis… Il y a du suspens. Trop de suspens. Surtout à la fin du dernier épisode de la saison. Et oui… Moi je n’aime pas quand une saison se termine et que l’histoire semble loin d’être terminée.

Certes, cela promet (je l’espère) une saison 2… Mais quand la saison 1 se termine ainsi généralement ça donne le ton pour les suivantes… Et j’ai un peu peur qu’une éventuelle future saison 2 me laisse aussi sur la faim.

Bref… Ne pas savoir comment l’intrigue se termine en fin de saison et être prise en otage jusqu’à la sortie de la saison suivante ce n’est franchement pas ma came. Et ça c’est vraiment le truc qui me laisse d’humeur chafouine avec cette série.

Alors oui… On pourra dire que… tout de même… certains stratagèmes, retournements de situation, ou plan du personnage principal ne sont pas très réalistes ou crédibles…

Mais j’aurais bien envie de renvoyer ceux qui feraient une telle remarque vers les précédentes adaptations, voire vers le texte de Maurice Leblanc ! Les histoires de Lupin ne sont pas franchement très crédibles. On leur demande juste d’être distrayantes.

Souvenez vous tout de même que Leblanc et Proust ne jouaient pas dans la même catégorie.

OK… Aujourd’hui lire un livre sans image en entier relève tellement de l’exploit pour 70 % de la population et la Bibliothèque Rose a renoncé à l’utilisation du passé simple…

Alors on imagine vite que pour lire Leblanc dans le texte il faut être un fin lettré super cultivé etc.

Mais, en réalité ce n’était que de la littérature populaire écrite pour distraire un public populaire (enfin… moyennement populaire… car il fallait encore savoir lire!).

Et oui… On avait pas la télé, pas encore la radio… Et pour les longues soirées au coin du feu à la lumière du bec de gaz, si on avait déjà eu autant d’enfants qu’on pouvait en nourrir et qu’on ne voulait plus le risque d’en choper un autre en faisant des galipettes… Et bien on se contentait de lire !

De fait, je ne reprocherais pas à une série qui veut s’inspirer de l’esprit de Lupin de ne pas chercher à être crédible ou vraisemblable à 100 %.

Quand je regarde ou lis ce genre d’histoires, je mets mon cerveau critique en mode veille épicétou. Je me laisse guider docilement.

Et en l’occurrence, je me suis laissée d’autant plus docilement guider qu’à ma grande honte, même si j’ai quelques aventures de Lupin sur ma liseuse, je n’ai pas encore lu grand-chose le concernant. Oui, je sais… je dois m’y mettre !

C’est pourquoi je pense, j’ai pu voir la série avec autant de bienveillance et seulement pour ce qu’elle est et non en m’attendant à y trouver quelque chose de particulier.

Je suis en effet persuadée que nombre de fans du Gentleman Cambrioleur ont du visionner cette série en espérant y retrouver quelque chose de leur propre lecture des ouvrages de Leblanc.

Et il s’est produit pour eux, ce qui se produit toujours dans ces cas là. À force de teasing et d’attente fébrile les fans attendent quelque chose de plus en plus précis à mesure que la date de sortie se rapproche et forcément comme une série ne viendra jamais coller aux attentes trop précises ou ciblées d’une frange du public puisqu’elle doit ratisser large… Et bien c’est la grosse déception. Le gros flop.

Mince… Omar il vous l’a bien dit dans le poste ! Son personnage est un fan d’Arsène et s’inspire de lui pour organiser des vols. Arsène lui sert un peu de modèle certes… Mais Omar/Assan n’est pas non plus un clone de Lupin et le scénario de la série n’a pas à être calqué sur l’œuvre de Leblanc même si l’ombre de Lupin est présente d’un bout à l’autre. Il y a quelques références à certaines de ses aventures toutefois…

Mais dans une série qui dit d’emblée s’inspirer du personnage, aucun cahier des charge n’impose un degré précis d’inspiration à respecter pour contenter la critique.

Pour résumer, cette série est à prendre pour ce qu’elle est : un divertissement et pas une œuvre à clés saturée de références pointues. Et si on l’accepte dès le départ, le charme peut opérer.

Cette série a en outre une qualité non négligeable que les copinautes de la Belette Cannibale et la Belette elle-même loueront d’une seule voix : cette série donne envie de lire l’œuvre de Leblanc et de découvrir ou de redécouvrir qui est réellement Arsène Lupin.

Car si en effet, on ne parle que de lui du début à la fin de ces cinq épisodes, il n’y est pas réellement présent (ce que certains regrettent peut-être) et garde de ce fait sa part de mystère.

Nains – Tome 19 – Tadgar des errants : Nicolas Jarry et Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 19 – Tadgar des errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
Le mal n’a qu’à bien se tenir… parce qu’il a trouvé plus malhonnête que lui !

Tadgar le futé, Lygdr la ténébreuse, Damn la séductrice, Wal le fou-furieux et Akab le vieux prêtre défroqué ont un point en commun : aucune loi n’est sacrée à leurs yeux.

Seule leur importe la liberté, tant qu’elle est assaisonnée d’un bon paquet de talions.

Alors, quand cette équipe de hors-la-loi se fait doubler par un nécromancien et se retrouve avec une armée d’orcs, un mage elfe blanc et une cité-état naine aux trousses, ils décident de faire ce que tout nain sensé ferait à leur place : retrouver le mage noir et lui faire cracher ses dents.

Critique :
Tadgard le roublard, Tadgard le magouillard (le mot vient d’être inventé), Tadgard le salopard, Tadgard le pillard, Tadgard le rusé renard qui sait tenir le crachoir pour vous la foutre dans le lard.

Je pourrais dire aussi qu’il ne semble pas être un manche avec son dard, mais ce serait dévoiler les bijoux de la couronne et lui faire de la pub.

La saga des « Errants » m’avait habitué à de la profondeur et des émotions et voici que je me retrouve avec une bande de Nains voleurs, magouilleurs, chipoteurs, filouteurs (un mot de plus) et une belle bande de bras cassé !

Limite une bande de Charlots, juste que nos trois Nains et nos deux Naines ne sont pas des manches en baston et qu’ils possèdent dans leur bande un espèce de guerrier qui ne désire qu’une chose : vous péter la gueule, vous l’écraser et plus vous êtes, plus il est content.

Pour les émotions, j’en suis quitte pour des sourires et des soupirs devant tant de bêtises car Tadgard est roublard, mais il veut toujours avoir le dernier mot et bien souvent, il fout sa bande un peu plus dans la merde.

Et comment on se sort d’une belle merde ?? En foutant la merde autour de soi et en s’enfonçant un peu plus dans les emmerdes…

Serge Lama chantait ♫ d’aventures en aventures, de trains en trains ♪ et nos 5 bras cassés pourraient chanter ♫ de déconfitures en déconfitures, de pépins en pépins ♪ car toujours ils pataugent dedans.

Anybref, un album qui sort de l’ordinaire, qui est plus fun de par son humour et ses situations cocasses de notre troupe de bras cassés qui n’en rate pas une, tous et toutes autant qu’ils et elles sont. La mauvaise foi, le vol, le chapardage, l’envie, l’alcool, la baston, font partie intégrante de leur vie.

Un album qui ne possède pas des émotions fortes comme les précédents consacrés aux Errants, mais une belle tranche de rigolade et de poisse pour nos héros.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°133].

Duke – Tome 2 – Celui qui tue : Yves H. et Hermann

Titre : Duke – Tome 2 – Celui qui tue

Scénariste : Yves H.
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (26/01/2018)

Résumé :
Suite à la multiplication des attaques de diligences, le Marshal Sharp doit réunir un groupe d’hommes capables d’arrêter les coupables.

Ceux-ci ont pour seule piste le témoignage de l’unique survivante à ces attaques : une petite fille plongée dans le mutisme, et dont la soif de vengeance semble intarissable.

Duke est ainsi tiré de sa retraite et doit reprendre les armes aux côtés de son frère.

Critique :
Et bien voilà, on a écouté le petit peuple des lecteurs et on a ajouté une pincée d’audace dans son scénario, même si on est toujours sur une histoire classique de chez classique.

Une diligence est attaquée, tout les occupants sont assassinés. Tous ? Non, une petite fille survit encore et toujours.

Fatalement, dans son errance à travers bois, elle tombera sur le repaire des bandits avant de s’échouer dans la cabane de l’épouse de Clem, le frère de Morgan « Duke » Finch.

Il y a des ellipses assez facile, des raccourcis qu’on n’a pas vu venir (notamment la manière dont on se débarrasse de l’homme qui va vous abattre alors qu’on est désarmé et les mains liées dans le dos) et le tout va vite, trop vite.

Au moins, je ne pourrai pas ma plaindre qu’on a fait durer l’histoire juste pour faire un tome de plus, comme ça c’est déjà vu dans d’autres séries.

Les aquarelles sont plus agréables à regarder que dans le tome 1, comme quoi, la persévérance, ça paie parfois, pour les lecteurs, les personnages ont perdu leurs points de petite vérole.

Par contre, les ressemblances avec des personnages des autres séries de Hermann continue, notamment avec l’adjoint Jim qui a des airs de Red Dust. Peg, la gentille prostituée (et qui est la compagne de Duke) a toujours quelques traits de Comanche.

Au moins, dans ce deuxième tome, les femmes ne font plus tapisserie, certaines auraient même des couilles… Et de la violence en elles.

Le personnage de Duke s’étoffe un petit peu et on apprend quelques détails sur sa jeunesse, même si on devra se contenter de ce que l’auteur nous donne comme grain à moudre car il n’est pas entré dans les détails…  Une fois de plus, ça reste fort léger pour les renseignements et la profondeur des personnages.

Comparé au premier tome, celui-ci a plus de punch, même s’il reste ultra classique. Les dessins sont mieux exécutés mais on est toujours dans une pauvreté au niveau des personnages qui semblent être là sans y être, comme si leur père littéraire ne leur avait pas donné assez d’étoffe pour avoir du réalisme et de l’épaisseur.

À voir si on continue de monter de niveau avec le tome 3… En tout cas, je l’espère, parce qu’il y avait moyen de faire bien mieux dans cette série, mais il aurait fallu prendre des risques et développer plus d’audace.

On en a ajouté un peu dans ce deuxième tome, c’est déjà ça…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°71] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Red Grass River : James Carlos Blake

Titre : Red Grass River

Auteur : James Carlos Blake
Édition : Rivages/Thriller (2012) / Rivages Noir (2015)
Édition Originale : Red Grass River : A Legend (1998)
Traduction : Emmanuel Pailler

Résumé :
Sud de la Floride, début du XXe siècle.
À l’abri des forêts marécageuses des Everglades, John Ashley, âme du gang familial et héros populaire, mène une existence flamboyante de bandit de grand chemin, trafiquant d’alcool et braqueur de banques.

De séjours en prison en évasions rocambolesques, d’exils forcés en raids téméraires, de règlements de comptes en conquêtes féminines, il devient la véritable légende vivante de cette région encore très sauvage mais en plein boom qui, à bien des égards, rappelle le Far West à ses plus belles heures.

Le shérif Bobby Baker, homme dur et amer qui a perdu une jambe et dont John a ravi la fiancée, a juré sa perte. Alors que, à l’image des marais impénétrables devant la progression des villes nouvelles, le vieux monde des Indiens et des pistoleros recule, leur affrontement prend des proportions grandioses.

Avec la Prohibition, le gang Ashley voit l’opportunité de se développer comme jamais.

Mais pendant que John, retranché dans les marécages, vit une grande histoire d’amour, que son père lutte contre les forces de l’ordre et l’invasion de mafieux plus structurés venus du Nord, Bobby Baker fourbit ses armes pour un affrontement final en forme de tragédie grecque.

Critique :
Les Ashley, père et fils, sont une sympathique famille de braqueurs et de trafiquants d’alcool dans les Everglades…

Enfin, sympathiques… Vaut mieux pas chier dans les bottes du patriarche, Jo Ashley. Quant à la mère, elle sait tirer au fusil et vaut mieux être du côté des fils, si on ne veut pas avoir d’emmerdes et finir dans le ventre d’un  alligator.

Ce roman noir, qui a des airs de western, se déroule sur la période qui va de 1912 à 1924. Durant cette courte période, les Ashley vont en commettre, des forfaits.

Qui dit bandits dit police, pour équilibrer la balance et pour bien faire les choses. L’auteur met face aux Ashley la famille Baker. Flics et voyous. Sauf qu’il fut un temps où un des fils Ashley (John) était super pote avec Bob Baker…

Puis un jour, John Asley fourra sa bite dans le minou de la copine de Bob Baker et après cela, plus rien de fut le même…

Les Everglades, surnommées le Jardin de l’Enfer, sont un endroit propice pour distiller de l’alcool de contrebande et le livrer à l’insu des autorités. Lorsque la prohibition surviendra, elle fera les beaux jours de la famille Ashley et sa fortune.

James Carlos Blake nous offre un western sur l’eau, un western sans canassons mais avec des canoës, des barques voguant dans les petits canaux des Everglades… Ici, on braque la banque avec style et décontraction et sans être masqué.

Aux travers de la vie de braqueurs et trafiquants d’alcool flamboyants, l’auteur nous fait vivre une vie de folie, faite de cadavres, de pognon coulant à flot, de balles tirées entre les bandits et les flics, le tout sur fond d’une haine brûlante entre John Ashley et Bob Baker suite à une amitié quasi fraternelle qui vola en éclat pour une copine chipée.

Ce roman aurait pu être sombre mais je l’ai trouvé flamboyant à cause de ses personnages, surtout le clan Ashley, John étant la tête de proue, celui qui s’évade, celui qui braque, qui baise à couilles rabattues et qui, comme ses frères, voue obéissance au patriarche.

Dans ce western humide, on a tous les ingrédients importants (sauf les chevaux) :  fidélité au clan familial, esprit de vengeance, étendre son territoire, partir à la conquête d’une nouvelle Frontière, faire du fric en allant le chercher dans les coffres de la banque, sans oublier la construction chaotique d’un pays, la ville de Miami commençant à se développer et à attirer d’autres trafiquants qui pourraient croire que l’on peut traverser le territoire des Ashley sans payer son tribut.

Ce roman noir n’est pas qu’une éloge de la violence, c’est aussi l’histoire d’une famille, d’un empire, d’une population qui sait ce qu’il coûte de trahir les Ashley, qui en a peur, mais c’est aussi le shérif Baker qui n’hésite pas à déléguer le sale boulot à un autre, sans regarder sur ses méthodes expéditives.

Les salauds sont partout, dans ce roman. Pas de manichéisme.

La plume de James Carlos Blake m’a une fois de plus emportée loin de mon quotidien banal.

Avec lui, je suis devenue trafiquante d’alcool, j’ai arpenté les Everglades, la main sur mon revolver, j’ai braqué des banque, je suis allée au bordel faire ma voyeuse pendant que John prenait du bon temps, j’ai appuyé sur l’accélérateur, poursuivie par la police, je me suis cachée, j’ai découvert l’amour avec un grand A, joué à Bonnie Parker et Clyde Barrow sans que Bardot ne chante dans les oreilles.

Un roman noir serré qui parle aussi de la construction de l’Amérique, de ses travers, de ses bandits, des flics qui laissaient les trafiquants faire pour éviter des problèmes avec la population… L’auteur nous conte cette histoire comme si elle était véridique et je vais vous dire qu’on aurait envie d’y croire tant c’est brillant.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°69] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Coup de vent : Mark Haskell Smith

Titre : Coup de vent

Auteur : Mark Haskell Smith
Édition : Gallmeister Americana (05/09/2019)
Édition Originale : Blown (2018)
Traduction : Julien Guérif

Résumé :
À quoi sert d’avoir dix millions de dollars en devises variées si, comme Neal Nathanson, on se trouve perdu en mer à bord d’un voilier en train de sombrer ? Strictement à rien, sauf à en brûler un sac ou deux dans l’espoir fou d’attirer l’attention.

Sauvé in extremis, Neal se réveille attaché au garde-fou d’une navigatrice en solitaire, méfiante et bien décidée à entendre son histoire. Neal lui parle alors de Bryan, un jeune loup de Wall Street qui a réussi à détourner un magot conséquent avant de s’enfuir dans les Caraïbes.

Bien sûr, la banque qui l’employait a lancé des enquêteurs à sa poursuite, avant que les clients spoliés ne s’aperçoivent (enfin) que les traders sont des voleurs.

C’est ainsi que Neal, accompagnée d’une pro de la finance, la très douée Seo-yun, s’est retrouvé en charge de récupérer l’argent. Simplement, il n’était pas le seul.

Critique :
Oublions pour un moment la rentrée littéraire de septembre 2020 et repartons en arrière pour revenir sur celle de septembre 2019.

Voilà une petite pépite bourrée d’humour cynique et grinçant que je n’avais pas encore eu le temps de lire et il aurait été dommage de passer à côté tant elle est bien calibrée.

Qui n’a jamais rêvé de partir au loin avec des millions après avoir arnaqué la banque ? Tentant…

Lorsqu’un trader vole des clients riches à millions, sans que cela se voit, sans avoir les yeux plus gros que le ventre et quand il monte une super combine pour ne pas être retrouvé, là, c’est le moment suprême ! On se lève et on applaudit, pour peu, on ferait un croche-pied à ceux qui tenteraient de le poursuivre.

Hélas, les traders ne peuvent pas voler les clients richissimes d’une banque ! Seule la banque peut les niquer, c’est sa prérogative, mais ne vous montrez pas plus filou qu’elle.

La construction est à rebours : nous commençons pas la scène sur un voilier en perdition, avec un homme qui brûle une partie de l’argent pour attirer l’attention d’un autre bateau. Que fait-il là ? Comment est-il arrivé là ? On le saura ensuite en commençant pas le début.

Roman cynique, grinçant, ironique, original de par sa construction et ses personnages (Bryan LeBlanc notre trader sympa, sa collègue Seo-yun Kim qui se fout de son mariage, le détective Neal et Piet, un nain Noir pourvu d’une grande queue), « Coup de vent » se dévore avec un grand sourire tant on frôle l’absurde et le burlesque à certains moments sans que jamais ça ne foire dans le scénario.

Roman noir, roman policier, roman choral aussi, il ne laisse pas indifférent car on se demande le détective Neal arrivera à retrouver Bryan qui a si bien camouflé son coup, brouillé ses pistes, pris ses précautions… Enfin, on l’espère car vous savez ce qui foire le premier dans un plan de bataille ? Le plan de bataille lui-même !

Sous couvert de cynisme grinçant et d’humour burlesque, l’auteur tacle Wall Street, ses bulles spéculatives, l’argent Roi, les riches qui veulent devenir encore plus riches, les achats d’action qui ne se font plus que pour spéculer, gagner du fric rapidement, avant de les revendre aussi vite.

Le genre de jeu auquel se livrent les super riches et qui laissent sur le carreau les petits, ceux qui ne connaissent pas tout à fait les règles du jeu, ceux qui veulent des placements bon père de famille et qui, quand la bulle éclate, se retrouvent dehors, sans maison, sans argent, tandis que les gros continuent de s’engraisser.

Un roman de bandits et de policiers mais où l’auteur a pris le contre-pied de ce que nous avons l’habitude de lire, qui nous revisite la recette éculée et nous sort un plat goûteux, épicé, sensuel, sexuel, grinçant, politiquement incorrect et aux dialogues drôles, parfois assez crus.

Fallait pas en faire plus pour régaler la lectrice que je suis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°67] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 1 – Le diadème de la princesse de Lamballe : Takashi Morita et Maurice Leblanc

Titre : Arsène Lupin, L’aventurier – Tome 1 – Le diadème de la princesse de Lamballe

Scénariste : Takashi Morita
Dessinateur : Takashi Morita
Édition Originale : Kaitô Lupin Den, Aventurier, book 1 (2013)
Traducteur :Fabien Nabhan

Édition : Kurokawa Seinen (2015)

Résumé :
L’histoire de ce volume, Le Diadème de la princesse, est donc une pièce de théâtre qui avait été écrite alors que Lupin commençait à connaître le succès. De nos jours, cela aurait probablement donné lieu à un film au cinéma.

Une pièce classique dans son déroulement car écrite pour attirer les gens ne connaissant pas encore le personnage, elle reste néanmoins intéressante parce qu’il s’agit de la première apparition de Victoire dans la série mais également parce qu’une partie de l’enfance de Lupin y est décrite.

J’espère que vous apprécierez les nombreux détails qui sont présentés dans cette première aventure, et notamment la façon dont est représentée l’Europe du début du XXe siècle.

Critique :
Ce premier tome de ce manga, je l’avais déjà découvert et lu il y a quelques années, mais je ne l’avais jamais chroniqué et pire, même pas intégré à ma bibliothèque en ligne !

Je me suis donc replongée dedans car j’avais tout oublié.

À l’époque, je n’avais même pas pensé que la princesse de Lamballe ait vraiment existé…

La Révolution Française n’a jamais été enseignée aux petits cancres que nous étions puisque ce n’était pas notre Histoire.

Grâce à Secret d’Histoire spécial sur Marie-Antoinette, je sais depuis le sort horrible réservé à cette pauvre femme. On se couche moins bête de la manière que l’on peut.

Premier constat : le style est assez cartoonesque, surtout dans les expressions exagérées des personnages dont certains sont des caricatures ambulantes.

Pour celui qui n’est pas habitué au style des mangakas, certaines choses pourraient les déstabiliser, comme les « brille » écrit 36 fois devant des bijoux, la tête bizarre du juge d’instruction et autres petites choses habituelles dans les mangas.

Je m’insurgerai toujours sur leur méthode pour dessiner des chevaux, comme s’ils n’en avaient jamais vu, leur donnant de gros poitrails, dessinant le collier de chasse fort haut sur l’encolure, sans oublier que tous les personnages tiennent leurs rênes très très longues alors que nous ne sommes pas en monte western.

Les décors, par contre, sont détaillés.

Les personnages, eux, sont assez typés, à la limite de la dichotomie. D’un côté, la gentille Sonia Krichnoff d’origine modeste, opposée à sa maîtresse, l’orgueilleuse Germaine Gournay-Martin, fille d’un millionnaire qui collectionne les peintures, que Lupin prend un malin plaisir à dévaliser.

Un juge d’instruction bête comme ses pieds, un flic, Ganimard, obsédé par Lupin mais intelligent. Par contre, on lui a fait une tête de mourant, quasi de crâne tant on voit l’os de sa mâchoire ressortir et être souligné d’un gros trait noir. Je ne vous parlerai pas de la tronche du juge d’instruction, on dirait qu’il porte un masque tant son visage est lisse et bizarre.

Sans être Sherlock Holmes, on comprend très vite qui est le Duc de Charmerace, de retour d’Antarctique après 7 ans d’absence (comme Hibernatus ? Non, dommage) et prêt à épouser la peste richissime de Germaine. On s’amusera devant tout les autres qui ne se rendent compte de rien.

On a du rythme, de l’action, de l’amusement et l’Arsène Lupin de ce manga est sexy en diable, à la manière d’un Sebastian (Black Butler), mais avec un sourire plus taquin, plus orgueilleux, plus « je suis le plus grand ».

L’avantage, c’est que l’histoire se termine dans ce tome, le suivant étant consacré à une autre affaire. Dans le pire des cas, si vous n’aimez pas, vous ne devrez pas vous coltiner un autre opus pour savoir qui a fait quoi et où.

Autre avantage, c’est que même si vous ne savez rien de Arsène Lupin, vous le devrez pas réviser votre Wiki avant de plonger dans ce manga car il vous dira ce qu’il faut savoir sur le gentleman cambrioleur, et en images !

Ses forces, ses faiblesses, sa méthode, son flegme, son art de la cambriole, son côté bravache et on vous présentera même une partie de son enfance. Ses parents ne pétaient pas dans la soie, comme vous pouvez le deviner.

Anybref, un manga assez dense, avec de l’action, de l’amûr, de la grandiloquence guimauvienne dans les dialogues, un peu trop de bons sentiments pour être honnête, trop de larmes dans les yeux de la pauvre Sonia, mais ça fait passer un agréable moment, sans se prendre la tête.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°182 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°27].

 

Spirou et Fantasio – Tome 10 – Les Pirates du silence : André Franquin

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 10 – Les Pirates du silence

Scénaristes : André Franquin & Maurice Rosy
Dessinateur : André Franquin

Édition : Dupuis (1958)

Résumé :
Spirou et Fantasio sont en reportage à Incognito City. Une bande de malfaiteurs a l’intention de piller la ville grâce au gaz soporifique inventé par Champignac.

Critique :
Pour moi, les meilleurs Spirou et Fantasio sont ceux de Franquin. Question de goût, sans doute, mais mon coeur reste accroché aux albums qu’il a scénarisés et dessinés.

Gosse, j’adorais cet album, je l’ai d’ailleurs tellement lu qu’il en tombe en ruine, rafistolé de partout qu’il est.

Je le trouvais plus drôle que d’autres et à l’âge que j’avais, il me parlait plus que les histoires avec un dictateur (Le dictateur et le champignon) ou une usurpation d’identité (La mauvaise tête) ou de microfilms à récupérer (La corne du rhinocéros).

Avec l’âge, ce sont plutôt ceux qui ne me parlaient pas qui ont ma préférence, maintenant que j’ai un cerveau.

Anybref, je ne vais pas faire ma râleuse non plus car j’ai retrouvé le plaisir que je ressentais lorsque je le lisais enfant.

Le scénario tient sur une ligne, il n’a rien d’exceptionnel non plus car nous sommes dans des cambriolages mais ce qui fait que je reste indulgente avec cet album, c’est le Marsupilami et le grand rôle que son père littéraire lui a donné dans cette aventure, introduisant même une nouvelle particularité à cet étrange animal à longue queue.

Particularité qu’il regrettera ensuite, mais trop tard, le mal était fait et cela donnera un excellent gag à la fin de cette première aventure.

Dans les aventures de Spirou et Fantasio, j’ai toujours adoré l’écureuil Spip et ses mimiques ou ses réflexions souvent très drôles (ici il n’y en a pas), le Marsupilami et son intelligence, le côté un peu fantasque de Fantasio et le côté sérieux de Spirou.

Dans cet album, même si Spip ne nous fera pas part de ses pensées, nous avons tout de même de l’action, du suspense, du mystère, autrement dit, les ingrédients indispensables pour nous faire passer un bon moment, à Incognito City, ville où les reporters sont interdits, ville où les voitures ont des airs de grosses américaines, comme on en retrouvera ensuite dans la seconde petite enquête de nos deux amis, à la recherche du mystère des voitures volées.

Certes, pas le meilleur album, surtout après l’excellent « Repaire de la Murène » que j’adore, mais cette relecture s’est faite avec le sourire, avec le plaisir, toujours présent, même si, maintenant, avec le recul, je ne classerais plus cet histoire dans les meilleures.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°176 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°21].

De Cape et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII : Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

Titre : De Cape et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII

Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou

Édition : Delcourt (22/11/2017)

Résumé :
« Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? » Le fidèle lapin. Eusèbe, autrefois condamné à perpétuité, révèle enfin son passé.

En ces temps de misère et de violence, où de cruels mousquetaires terrorisent les gardes du cardinal et où saltimbanques et spadassins battent l’estrade et croisent le fer, la vie d’un homme ne vaut pas cher.

Alors celle d’un lapin…

Critique :
Mais que diable allait-il faire dans cette galère, le lapin Eusèbe ??

Vous le saurez enfin en lisant cette intégrale qui reprend les tomes 11 ( Vingt mois avant) et 12 (Si ce n’est toi…) de la saga « De cape et de crocs » !

Un des running gag de cette saga était que chaque fois que Eusèbe voulait expliquer comment il avait fini aux galères, un évènement l’empêchait de raconter ses mésaventures.

A tel point que je pensais que ce n’était qu’une plaisanterie des auteurs car imaginer qu’un aussi gentil et naïf lapin (le plus minouche de toute la bédé) ait pu commettre un crime atroce ou un vol horrible pour mériter les galères ??

— QUI A DONNÉ DE LA PAILLE À CE LAPIN ?!
— C’est moi, père
— Pourquoi m’as-tu désobéi ?!
— Parce qu’il est trop mignon !
— TROP MIGNON ?! C’est ma foi vrai…

Et bien non, ce n’était pas une fanfaronnade, Eusèbe s’est bien retrouvé dans la galère après qu’il soit monté à Paris. Cette intégrale vous racontera tout et je vous jure que vous n’êtes pas à l’abri de quelques surprises de taille. Comme quoi, la taille ne fait pas tout.

— Le chemin de Paris ? Malheureux ! N’entendez-vous point ce qu’en disent les colporteurs ? Cette ville est un repaire de brigands ! Elle n’est peuplée que de détrousseurs ! De coupe-jarrets ! De chiffonniers prêts à vous écorcher tout vif pour vendre votre peau au plus offrant ! Les denrées y sont chères et les mœurs dissolues ! Il y a trop de monde ! Trop de bruit ! Petit lapin, je vous en conjure… N’allez pas à Paris !

Suivre Eusèbe passant de personnage secondaire à principal, sans retrouver nos amis Don Lope et Armand est assez difficile car nous n’avons pas eu pour habitude de voir notre lapin naïf aux avants-postes de la narration et de l’aventure.

Les puristes pourraient trouver lourd son côté gentillet et le fait qu’il ne voie jamais la part sombre dans les autres ou qu’il leur pardonne trop facilement, en tout cas, de mon côté, ayant toujours eu un faible pour l’immaculé lapinou, j’étais à la fête.

Débarquer dans un Paris à l’époque des Mousquetaires de Dumas, arpenter les ruelles sales, me faufiler dans la Cour des Miracles, trembler pour mon blanc lapin sans raison, puisque le récit se passant « 20 moins avant » (et non « 20 ans après » comme chez Dumas), je savais que mon white rabbit allait s’en sortir.

Tout ce qui faisait le sel de la saga se retrouve de nouveau dans les pages, que ce soit les dessins superbes ainsi que les multiples références à d’autres œuvres, et là, ce sera au lecteur de retrouver leurs origines, ainsi que de débusquer les poésies, pamphlets, sonnets satiriques ou juste profiter des belles tirades littéraires.

— Vous seriez donc, Horace oryctolague, un de ces auteurs satiriques qui manient l’épistolaire comme on manie les pistolets ?
— Je n’entends point ce que vous dites, mais cela sonne comme de l’esprit.

— Qu’ils soient vêtus de pourpre ou d’azur,je ne vois ici que d’importuns manieurs d’épée, prêts à s’entre-tuer pour un de leurs points d’honneur ridicules ! Vous êtes le passé. Vous êtes le désordre. Je vous ferai connaitre la loi du nouveau temps !

Anybref, on ne s’embête pas dans cette intégrale qui clôt cette saga que j’avais découverte grâce au mensuel Lanfeust Mag, qui tirera sa révérence en février 2019 et dont je vais aussi devoir faire mon deuil.

Le seul bémol viendra qu’Eusèbe s’en sort un peu mieux dans les personnages secondaires que dans les principaux, mais ceci est un détail car j’ai vraiment pris du plaisir dans ces mésaventures.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).