Steamboat – Walt Longmire – Tome 10 : Craig Johnson

Titre : Steamboat – Walt Longmire – Tome 10

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister Noire (05/11/2015)
Édition Originale : Spirit of Steamboat (2012)
Traducteur : Sophie Aslanides

Résumé :
Plongé dans la lecture du Chant de Noël de Dickens, le shérif Walt Longmire voit surgir à la porte de son bureau une jeune femme élégante, cicatrice au front et mille questions en tête à propos de son passé et de l’ancien shérif, Lucian Connally.

Mais impossible pour le vieil homme de se rappeler cette femme jusqu’à ce qu’elle prononce le nom de “Steamboat”.

Tous replongent alors dans les souvenirs du Noël 1988 : une tempête de neige apocalyptique, un accident de la route meurtrier, et un seul moyen d’intervenir, un bombardier datant de la Seconde Guerre mondiale appelé “Steamboat” et que Lucian est seul capable de piloter.

Critique :
Si j’avais su que ce court roman (ou cette longue nouvelle) se déroulait à Noël, j’aurais postposé ma lecture et me la serais gardée pour la bonne période, mais puisque je n’avais pas été lire le résumé avant et que le vin était tiré, je l’ai bu.

Désolé mais je ne vous en ai pas laissé une goutte.

On a beau être à Noël et paix aux Hommes, bla bla bla, j’ai dévoré ce roman en une matinée et il n’en est pas resté une miette non plus.

Pour une fois, on a une aventure du shérif Walt Longmire qui ne fait même pas 200 pages, mais purée, quel concentré d’adrénaline !

Adrénaline, aventure et conte de Noël car c’est un bon roman, c’est une belle histoire (oui, si vous avez envie de chanter du Fugain, c’est tout à fait normal), une histoire digne de se produire à Noël car à une autre période, elle n’aurait pas la même saveur.

Retour dans le temps pour notre Walt Longmire et son ancien patron, Lucian Connally, par une nuit de Noël de 1988 où une tempête fait tellement rage dehors qu’elle cloue tous les appareils volants au sol, en ce compris le traîneau du père Noël, sans aucun doute.

Non, rassurez-vous, leur mission, qu’ils ont déjà acceptée, ne sera pas d’aller livrer des joujous aux enfants sages et pas sages, mais de convoyer, avec un vieil avion de la Seconde Guerre Mondiale, une jeune fille accidentée, brûlée à plus de 15%, dans un hôpital capable de la prendre en charge.

*Voix suave* Mesdames et Messieurs, veuillez accrocher vos harnais et cesser de fumer. En cas de problème, pas de masques à oxygène car la cabine n’est pas pressurisée. Enfilez bien des couches de vêtements car la température pourrait descendre à des moins 8.000 au moins (-45°) et vous geler les couilles et tout le reste.

*Voix suave* Le manque de carburant pourrait nous faire chuter dans les montagnes couvertes de neige et personne ne nous retrouverait avant le prochain printemps. Une panne hydraulique peut survenir à tout moment, le gel de la carlingue aussi et un arrêt des hélices n’est pas impossible. N’oubliez pas de laisser vos dernières volontés à la tour de contrôle.

Du rythme, de l’action, l’auteur a des heures de vol et depuis le temps, il maîtrise ses personnages et on sait qu’avec eux, rien n’est impossible, même chevaucher les nuages et la tempête, comme d’autres avant eux avaient chevauchés le fameux Steamboat, le cheval de rodéo qui donna sa silhouette aux plaques du Wyoming.

♫ Il s’appelait Steamboat, c’était un cheval noir ♪ Il était dans les rodéos et moi j’avais 10 ans ♪

Une excellente grande nouvelle ou un excellent court roman (au choix) qui aura plus de goût en période de sapins et de guirlandes clignotantes, mais qui peut se lire aussi dès qu’un coup de blues survient car il est porteur d’amitié, de courage, de bravoure, de don de soi, de grosses paires de couilles et d’émotions, mais bon, vous connaissez Lucian, l’ex-shérif, les sentiments, ça ne se montre pas !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°51 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Dark Horse : Craig Johnson [Walt Longmire 5]

Titre : Dark Horse – Une enquête du shérif Walt Longmire – T5

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister (2013) / Points (2015)

Résumé :
Comment Mary Barsad, si douce, a-t-elle pu abattre son mari de sang-froid ? Elle a tout avoué. Et si les mobiles ne manquent pas : infidèle, magouilleur, il aurait peu avant sa mort enfermé les chevaux de course auxquels elle tenait tant dans sa grange, avant d’y mettre le feu.

Mais le shérif Walt Longmire se méfie des évidences. À Absalom, Wyoming, il décide de mener sa propre enquête …

Critique :
Wade Barsad a enfermé les chevaux de sa femme dans l’écurie et y a foutu le feu… Et elle s’est contentée de lui tirer 6 balles dans la tête ?

Moi, pour un crime pareil, je lui aurais tiré dans les genoux, coupé les couilles et le sexe, les lui aurait fait bouffer, puis, je l’aurais fait écarteler, donné aux fourmis rouges, pendu, guillotiné, éviscéré, ressuscité et puis passé à la chaise électrique avant de l’écorcher vif. Rien de moins.

Mais au lieu de donner une médaille à son épouse Mary, on l’a arrêtée et mise en prison en attendant son procès et cette brave femme qui a vu ses chevaux mourir dans un incendie est arrivée dans la prison de notre shérif préféré, Walt Longmire, policier dans le comté d’Absaroka.

La construction de ce roman mélange habillement le moment présent où notre shérif, déguisé en agent d’assurance, enquête sous couverture dans la petite bourgade d’Absalom afin de s’assurer que Mary Bardsad est bien coupable parce qu’il a comme dirait un doute et en prime, nous avons ce qu’il s’est passé 7 jours avant son immersion dans ce comté encore moins peuplé du Wyoming.

Comme toujours, pas de précipitation dans le déroulement de l’enquête, on prend son temps, on pose les bases, on présente les figurants, on installe les décors, le tout avec une plume qui manie l’humour subtil et l’art de la métaphore, sans pour autant en user et en abuser.

Lire une enquête de Walt Longmire est un dépaysement garantit, avec, en prime, les retrouvailles avec tout son équipe qui sont devenus des amis au fil des romans, sans oublier le chien, qui mènera l’enquête avec son maître et notre autre ami de la Nation Cheyenne, Henry Standing Bear, moins présent dans cet opus, comme le Basque.

Mais l’absence de son équipe de flics est atténuée par la découverte de quelques personnages hauts en couleur et fort sympathiques, tel Hershel le cow-boy solitaire ou Benjamin, le gamin à moitié-Cheyenne et sa mère, à 100% guatémaltèque et sans-papiers.

Des non-dits, des tas de choses suspectes, des magouilles, des embrouilles, de l’alcool, des chevaux, des paysages magnifiques qui donneraient envie de poéter et la violence des Hommes pour contrebalancer cela, ou c’est le contraire, c’est la nature, sa beauté et sa force qui contrebalance la violence de l’Homme.

Une fin dont j’avais senti venir l’odeur car moi aussi j’avais repéré l’anguille sous la roche, mais niveau course-poursuite, on a eu droit à une qui semblait venir tout droit des meilleurs films western ! Yahooooo !

Bref, une fois de plus la plume de Craig Johnson m’a emmenée par delà les montagnes, dans le Wyoming, retrouver des vieux potes, des amis, le tout pour une enquête pas facile, remplie de trous noirs et de pelote de laine à démêler, le tout dans une ambiance assez froide parce que les gens d’Absalom ne sont pas toujours des gens sympas, sauf quelques uns.

Allez, vivement mon prochain voyage dans l’état le moins peuplé en compagnie de mon shérif bougon au caractère d’ours, Walt Longmire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)  et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Enfants de poussière : Craig Johnson [Walt Longmire 4]

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Titre : Enfants de poussière – Walt Longmire 4

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister (2014)

Résumé :
Le comté d’Absaroka, dans le Wyoming, est le comté le moins peuplé de l’État le moins peuplé d’Amérique.

Aussi, y découvrir en bordure de route le corps d’une jeune Asiatique étranglée est-il plutôt déconcertant.

Le coupable paraît pourtant tout désigné quand on trouve, à proximité des lieux du crime, un colosse indien frappé de mutisme en possession du sac à main de la jeune femme.

Mais le shérif Walt Longmire n’est pas du genre à boucler son enquête à la va-vite.

D’autant que le sac de la victime recèle une autre surprise : une vieille photo de Walt prise quarante ans plus tôt, et qui le renvoie à sa première affaire alors qu’il était enquêteur chez les marines, en pleine guerre du Vietnam.

Petit Plus : Enfants de poussière entremêle passé et présent au gré de deux enquêtes aux échos inattendus.

Ce nouveau volet des aventures du shérif Longmire et de son ami de toujours l’Indien Henry Standing Bear, nous entraîne à un rythme haletant des boîtes de nuit de Saïgon aux villes fantômes du Wyoming.

article-2303845-1909A80B000005DC-692_470x610Critique : 
Retrouver Walt Longmire, shérif  du comté d’Absaroka (Wyoming) et toute son équipe, chien compris, c’est comme retrouver de vieux amis.

Avant d’entrer dans le Wyoming, j’avais enfilé ma doudoune, mes gants, mon bonnet, une écharpe… et merde, c’est le mois de juillet ! Allez hop, à poil !

Notre shérif Longmire est bien ennuyé, lui qui voulait passer du temps avec sa fille convalescente, le voilà avec le cadavre d’une jeune vietnamienne retrouvée étranglée à proximité de l’autoroute.

Un suspect ? Oui ! Et de taille !

Les enquêtes de Walt Longmire et de sa fine équipe n’ont rien de « trépidantes », on ne court pas dans tous les sens car ici, on n’est pas dans 24h chrono !

Pourtant, un indien a dû jeter un sort aux pages du livre car il m’était impossible de poser le roman. « Allez, encore un chapitre et puis j’arrête… Allez, encore deux paragraphes… » Résultat, en une journée, il a été dévoré.

Les personnages sont bien travaillés, on prend plaisir à les voir évoluer, s’interroger,… L’équipe qui entoure le shérif n’est pas en reste et c’est vraiment une bande de copains dont je prend plaisir à retrouver à chaque roman. L’Ours étant mon chouchou avec le jeune basque.

Je pensai à mon effrayante adjointe originaire de Philadelphie, au fait qu’elle pouvait tirer, boire et jurer davantage que tous les flics que je connaissais, et au fait qu’elle représentait en ce moment même notre comté à l’Académie de police du Wyoming.

Dans ce roman, le passé et présent s’entremêlent au gré de deux enquêtes : celle au Wyoming, de nos jours, et celle que mena un jour Walt Longmire, alors jeune inspecteur des Marines, au Vietnam. Deux enquêtes à résoudre et ce ne fut pas aussi facile qu’on pourrait le penser.

— Autant chercher une petite bite dans une botte de foin vietnamienne.

Très addictif les chapitres consacrés à la guerre du Vietnam et à l’enquête sur un trafic de drogues. Au début, je me demandais où cela allait nous mener, mais l’auteur connait son job sur le bout des doigts et il nous raccrochera les wagons à la fin de son récit.

— Écoute, ce pays est infesté de drogue, et une grande partie de cette merde vient de notre propre CIA. Il y a du bhanj qui pousse partout, de l’opium dans la montagne et l’héroïne ma thuyi est l’industrie artisanale de choix, par ici. (Il leva sa bière et cogna la mienne.) T’as plus qu’à choisir ton poison. Tiens, mate un peu.

Les guerres ont toujours été des saloperies et celle du Vietnam ne fait pas exception à la règle.

On les avait enroulés dans des ponchos en plastique parce que l’armée avait épuisé son stock de sacs mortuaires. Elle avait aussi épuisé son stock de nourriture, de munitions et de médicaments – les morts étaient l’une des rares choses qui semblaient toujours se trouver en abondance.

En peu de chapitres, l’auteur nous fait vivre au travers des récits les combats féroces et barbares qui eurent lieu, nous parle des gradés qui manquèrent de couilles, de parole, de discernement, qui se cachèrent (courage, fuyons !) et punirent ensuite ceux qui en avaient eu deux (de paires de cojones), tout en faisant enquêter son jeune inspecteur.

Durant l’enquête dans le présent, on jouera au chat et à la souris pour terminer sur une page glauque de l’Histoire car là où il y a de la misère humaine, il y aura toujours des gens sans scrupules pour en profiter et se faire du fric sur le dos des autres.

— Ils ont été exploités par les Vietnamiens, les communistes, les Français, et maintenant, ils le sont par nous. Et lorsque cette guerre criminelle sera terminée, je peux te certifier que ce seront eux qui paieront le prix fort.

Encore une enquête rondement menée par notre shérif préféré, Walt Longmire, de l’Histoire avec un grand I, des Indiens, de l’humour, des fines réparties, de l’amitié, et une plume qui m’entraine toujours dans un autre monde, celui de Walt et de son équipe.

Grand Esprit, garde-moi de critiquer mon voisin tant que je n’ai pas marché une heure durant dans ses mocassins.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule, Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (371 pages – xxx pages lues sur le Challenge).

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L’indien blanc : Craig Johnson [Walt Longmire 3]

Titre : L’indien blanc                                                                         big_4

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister (2011)

Résumé :
Walt Longmire est le shérif du comté d’Absaroka depuis près d’un quart de siècle et n’a pas pour habitude de s’éloigner de ses terres familières du Wyoming.

Quand il décide d’accompagner son vieil ami Henry Standing Bear à Philadelphie, où vit sa fille Cady, il ne se doute pas que son séjour va prendre une tournure tragique.

Agressée pour une raison inconnue, Cady se retrouve dans un profond coma, première victime d’une longue liste, et Walt doit se lancer sur la piste d’un vaste réseau des trafiquants de drogue. Commence alors une longue errance urbaine sous la surveillance d’un mystérieux Indien blanc.

Petit Plus : Ce nouveau volet des aventures de Walt Longmire nous entraîne dans une course-poursuite haletante au cœur de la Cité de l’amour fraternel et confirme l’appartenance de ce shérif mélancolique à la famille des grands héros de roman policier.

Critique : 
QUOI ?? Comment cela se fait-il que l’on ne reste pas dans le comté d’Absaroka pour cet opus ?

Comment est-ce possible que cette enquête du shérif Walt Longmire ne se déroule pas dans le trou du cul du Wyoming, sous 50cm de neige ??

Et où c’est qu’il va, mon shérif préféré ? ♫ On the streets of Philadelphia ♪ Bon, d’accord, si c’est pour y retrouver Denzel Washington et Tom Hanks ou écouter The Boss Spingsteen chanter… Non ? Pour y rejoindre sa fille, Cady ? Je suis preneuse !

C’est toujours un plaisir pour moi de remettre mes bottes dans le Wyoming, plus particulièrement dans le comté régit par notre shérif Walt Longmire.

Imaginez combien je fus déstabilisée en apprenant qu’il allait sortir de son bled paumé pour rejoindre la ville de Philadelphie et que je ne passerais pas du temps avec la joyeuse bande habituelle de ses adjoints et flics de service.

Mais puisque le chien et Henry Standing Bear, son ami Cheyenne, étaient de la partie, j’ai tout de suite trouvé le voyage intéressant. Mais une fois arrivé à Philadelphie, rien ne s’est passé comme prévu. Bardaf, ce fut l’embardée…

On ne lit pas une enquête du shérif Walt Longmire pour sa vitesse d’action. Le lecteur en quête de thriller ou policier trépidant devra passer sa route… À ses risques et périls car il ratera par la même occasion un roman profond, des personnages humains, un shérif à 100 coups de fusil des flics borderline et alcoolo que l’on a tendance à trop croiser ces derniers temps.

Oui, on ouvre un roman avec Walt Longmire pour retrouver des amis, une famille, une bande de joyeux drilles de flics qui contrebalancent souvent les moments délicats par quelques vannes bien placées. Surtout le shérif.

Nous convînmes de nous rencontrer le lendemain, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, mais avant tout, à l’heure du petit déjeuner. Ils me dirent de garder le portable de Cady. Je leur demandai si j’avais droit à un insigne en plastique du PPD, mais ils me rappelèrent les restrictions budgétaires.

Mon ami Henry Standing Bear disait que la bibliothèque était l’endroit où les avocats allaient dormir pour deux cent cinquante dollars de l’heure environ.

Il faut dire que lorsque vous surnommez votre ami indien « La Nation Cheyenne », que votre adjointe Vic est surnommée par sa famille « La Sainte Terreur » ou « La terreur » tout court et qu’un autre de vos adjoints soit un Basque, ça laisse présager des moments comiques…

Quitter le comté d’Absaroka n’était pas une mauvaise idée, tout compte fait ! Arpenter les steets of Philadelphia fut un plaisir de fin gourmet car ils avaient emmené avec eux un petit morceau du Wyoming.

L’enquête prend son temps, sans trainer non plus, les cadavres se ramassent, telle les feuilles mortes, à la pelle et il faudra faire gaffe de ne pas se recevoir une balle mal placée.

Une enquête menée avec la hache de guerre déterrée mais sans pouvoir faire justice sois-même puisqu’on arrivera toujours, telle la Cavalerie, avec du retard.

De l’humour, une enquête, des moments émouvants, d’autres plus coquins, des balles qui vous frôlent et de la Blanche qu’il ne vaut mieux pas trafiquer.

L’auteur sait comment mélanger tous les ingrédients qui font un bon polar, et il le fait au shaker et pas à la cuillère. J’adore le déguster affalée dans le divan et me laisser porter par son écriture qui ne renie jamais les bons mots ou les pensées philosophique.

Nous nous trouvions dans un endroit qui ressemblait aux réserves indiennes là-bas, chez moi, un endroit où les rêves mourraient sans avoir eu le temps de naître, un endroit pour les vivants et plus probablement pour les morts.

— Nous appelons ça le débourrage forcé. Là, d’où je viens, quand on a un cheval qui a trop de caractère, on l’attache tout simplement à une mule pour la nuit. Quand on revient le lendemain matin, on a un cheval différent.
Elle m’observa.
— J’imagine que c’est toujours la mule qui gagne ?
— Oui presque toujours.

Toujours un plaisir de retrouver la fine équipe de Walt Longmire et de suivre leurs enquêtes, même si celle-ci comportait des tas de poulets philadelphiens.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « Le Mois Américain » chez Titine.

CHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016 CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014

Le camp des morts : Craig Johnson [Walt Longmire 2]

Titre : Le camp des morts                                   big_4

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister (2010)

Résumé :
Lorsque Mari Baroja est empoisonnée à la maison de retraite de Durant, Wyoming, le shérif Walt Longmire se trouve embarqué dans une enquête qui le ramène cinquante ans en arrière. Il se plonge alors dans le passé mystérieux de cette femme et dans celui de son mentor, le shérif Lucian Connally à la poigne légendaire.

Tandis que l’histoire douloureuse de la victime trouve peu à peu une résonance dans le présent, d’autres meurtres se mettent sur le chemin des deux shérifs. Aidé par son ami de toujours, l’Indien Henri Standing Bear, son adjointe au langage fleuri et un nouveau venu séduisant, le shérif mélancolique et désabusé se lance à la poursuite de l’assassin à travers les Hautes Plaines enneigées.

Le Camp des morts, le second volet des aventures de Walt Longmire, nous emmène au cœur d’une violence qui se terre dans les paysages magnifiques du Wyoming. Et hisse Craig Johnson au niveau des plus grands.

Critique :
Tout comme le bon vin, les romans mettant en scène le shérif Walt Longmire bonifient au fur et à mesure des chais !

Le premier était déjà un bon cru, mais le deuxième le dépasse d’une grande longueur en bouche tout en dégageant un bouquet des plus fleuri, avec des notes de poudre de fusil, de sang et de cadavres.

Une vieille dame décède à la maison de retraite de Durant, Wyoming et l’ancien shérif Connaly certifie à son successeur, Walt Longmire, que Mari Baroja a été empoisonnée !

Et c’est parti pour un tour dans le passé, une remontée de 50 ans en arrière, rien que ça !

Une plongée dans le passé de l’ancien shérif, quelques exhumations de cadavres des placards, des agressions à la pelle, une famille basque qui a de gros intérêt dans l’extraction du méthane, pendant que dehors, la neige se déchaine. Walt va avoir du pain sur la planche.

Puisqu’il y a de la neige, l’enquête prendra son temps, sans que j’ai ressenti la moindre longueur, de plus, nous avons droit à quelques rebondissements entre les agressions et autres meurtres qui se déroulent dans la ville, à croire que le nouveau shérif attire les cadavres comme une bouse de vache attire les mouches.

La galerie de personnages est toujours haute en couleur, surtout les deux assistantes de Walt, Ruby et Vic, son ami indien Henry Standing Bear, son ex-patron qui a un caractère de dogue affamé, sans oublier l’arrivée d’un p’tit nouveau adjoint qui me plait bien, hormis qu’il a un nom à coucher dehors.

Il avait vingt-huit ans,il mesurait un mètre 75, pesait 83 kilos et avait des cheveux et des yeux bruns. Il était apparemment doué en langues; il parlait espagnol, portugais; français et allemand. Il faudrait que je me renseigne sur son niveau en cheyenne et en crow.

Le shérif a des blessures, comme tout le monde, mais on ne tombe pas dans le cliché du flic alcoolo et plus dépressif qu’un rat crevé.

Walt a beaucoup d’humour et les bons mots parsèment le récit. L’écriture de Craig Johnson est une que j’apprécie beaucoup, sans chichis mais une plume qui me fait sourire.

— Vos savez, on entend des choses à Sheridan sur cet endroit qu’on dit si arriéré, mais jusqu’à maintenant je n’y croyais pas vraiment.
— Eh bien, je suis heureux que nous soyons à la hauteur de toutes les attentes.

**

— Non, ça aurait été du vol, et au Bureau du Shérif, nous essayons de nous abstenir de ce genre de choses.

**

— La boîte de Métamucil a disparu.
— Tu plaisantes ?
— Non, je ne plaisante pas et ils ont une crise de chiasse généralisée ici, genre : on dirait que quelqu’un a volé un des Manuscrits de la mer Morte.

Un récit qui vous entraîne dans le Wyoming profond, au fin fond du trou du cul de l’Amérique, dans une ville où j’ai plaisir à poser mes valises pour suivre les pérégrinations de Walt et de son chien, qui, comme celui du lieutenant Columbo, n’a pas de nom !

L’enquête est bien tournée et je vous conseille de vous baisser parce que parfois, les balles vont siffler comme au far-west.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), Le « Challenge US » chez Noctembule, le « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.