Walt Slade – Tome 3 – Mort en selle : Bradford Scott

Titre : Walt Slade – Tome 3 – Mort en selle

Auteur : Bradford Scott
Édition :
Édition Originale : Death in the Saddle (1965)
Traducteur : Gérard Colson

Résumé :
À travers une action trépidante où se succèdent les hold-up, les vols de bétails, les attaques de convois et les banques, se dégage l’attachante personnalité de Walt Slade, ranger, sheriff-adjoint, une des gâchettes les plus rapides de l’Ouest et l’un des héros les plus populaires des Etats-Unis.

Opposé à Crater Moral, redoutable Outlaw, il trouve en lui un adversaire digne de ses talents.

Critique :
Walt Slade (prononcez « Wolt Sléde ») est un Texas Ranger qui a tout d’un super héros.

Il est grand, beau, possède des yeux gris très pâles, des cheveux noirs aux reflets bleutés, tire vite et droit, mieux que Lucky Luke et chevauche un superbe étalon noir.

Sans oublier qu’il est intelligent et courageux, qu’il possède de l’intuition pour résoudre ses affaires, il a une très belle voix et chante en s’accompagnant à la guitare…

Oui, Walt a tout du bô gosse, tout en étant honnête et tout se résout grâce à lui.

Littérature de gare, tout à fait.

Collection « Marabout Junior Western »… Mais cherchez pas à comprendre (des psychiatre se sont suicidés en essayant), j’ai pris du plaisir à relire ces trois livres que je possède sur ce Texas Ranger hors du commun et qui a tout pour lui.

On s’embête pas, ça tire dans tous les sens, tout s’arrange à la fin, Walt a toujours les bonnes idées.

Pour se changer les idées et s’aérer l’esprit, rien de mieux ! Et de temps en temps, ça fait du bien au cerveau, ces petits temps de repos sans qu’une célèbre marque de boisson gazeuse n’en profite.

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Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington : Achdé & Laurent Gerra

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington

Scénariste : Laurent Gerra
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2008)

Résumé :
Alors que la campagne fait rage et que les menaces d’attentat se multiplient, Lucky Luke est chargé d’escorter dans l’Ouest sauvage Rutheford Hayes, candidat à l’investiture suprême.

De Memphis au Texas, des tribus indiennes aux saloons les plus mal famés, la balade ne sera pas de tout repos.

Troisième Lucky Luke signé Gerra et Achdé, l’homme de Washington est une hilarante course poursuite où les mœurs politiques des pieds tendres sont impitoyablement disséquées.

Critique :
Après une guerre civile dévastatrice et 8 ans de bordel avec le président Ulysse Grant qui fit de la corruption un état d’esprit, les États-Unis ont envie d’un président moins corruptible et plus sérieux pour se relever et aller de l’avant.

Il y en a deux, un pour les Démocrates et deux pour les Républicains : un honnête homme et un candidat autoproclamé qui a fait fortune dans le pétrole, vient du Texas et a une sale tronche de DoubleYouBouche…

Le pays n’étant pas sûr, on charge Lucky Luke de protéger le candidat à la présidence, Rutheford Hayes, qui voudrait aller à la rencontre de ces concitoyens, surtout ceux de l’Amérique sauvage.

Les auteurs ont fait un choix assumé (je suppose) avec un candidat Républicain, mais tout comme Lucky Luke, si ce candidat est élu et que son programme est respecté, cet homme me réconciliera avec la politique !

Mais entre nous, il y a peu de chance que les américains soient d’accord avec son programme qui a tendance à donner des droits à ceux qui n’en ont pas et ça fait grincer les dents des électeurs, et de la NRA aussi car il veut restreindre les armes.

Une fois de plus, on part en voyage en train dans l’Amérique, partant à la rencontre d’une partie de sa faune humaine, qu’elle soit des plus sympathiques ou des plus affreuses, comme ces types avec des taies d’oreillers en coton 100% blanc qui s’amuse à faire danser un pauvre Noir.

Les auteurs tirent à boulets rouges sur certaines mentalités, les plus sombres, jouent avec les mots, font des références politiques ou humoristiques à notre monde avec une chanteuse nommée Britney Schpires ou un fou des armes nommé Sam Pallin.

Alternant les piques tout en les enrobant d’humour et l’action, les auteurs ne s’en tirent pas si mal et nous offrent un album correct, agréable à lire, où l’on sourit, mais sans éclats de rire non plus.

Qu’à cela ne tienne, leurs calembours passent comme une lettre à la poste (un jour où il n’y a pas grève) et on a l’impression de se trouver face à un Lucky Luke de l’ancienne génération, celle de Morris chez Dupuis, mais avec plus de références bien ciblées à notre monde qu’il ne le faisait lui, restant plus dans le général, ce qui donne des gags intemporels.

Je ne sais pas comment passeront les références à notre société d’aujourd’hui lorsque ces albums seront lus dans 20 ou 30 ans, comme c’est le cas avec les Lucky Luke de l’époque Dupuis.

Mon seul bémol sera pour le traître dans leur train (comme on avait dans l’album « La caravane ») car c’est à se demande quand à eu lieu la substitution… Parce qu’elle a dû avoir lieu après la présentation, une personne ne pouvant se trouver à deux endroits à la fois.

Bon, je me doute de quand à eu lieu la substitution, mais j’aurais aimé savoir ce qu’était devenu le véritable personnage remplacé par le salopard ! Tout de même, là, il restait un point à éclaircir.

En tout cas, je n’ai pas de regrets de lecture pour cet album, il est agréable, possède de l’humour et un scénario bien mieux réussi que certains albums de ma connaissance et datant de l’ère où Morris passa chez Dargaud (à l’instigation de Goscinny) et où certains albums de ce duo manquaient de sel, de sauce, de liant (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

Et que dire de ceux qui tentèrent de remplacer Goscinny après son décès !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°49, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris & René Goscinny


Titre : Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1977)

Résumé :
Dans les années 1850, communiquer aux Etats Unis reste souvent un vain mot. Le temps important mis par le courrier à circuler d’Est en Ouest (ou réciproquement) est de nature à décourager les plus enragés. Même les messagers du Pony Express se lassent.

Heureusement, le gouvernement américain d’Abraham Lincoln s’en mêle.

Il est décidé d’en finir et de relier Carson City (à l’Ouest) avec Omaha (à l’Est), par le moyen d’une ligne télégraphique, surnommée par les indiens « le fil qui chante » en raison du bruit de ce fil par temps venteux.

Lucky Luke, tout juste débarqué du Pony Express, décide d’intégrer l’équipe reliant Carson City à Salt Lake City, ville de jonction avec la seconde mission, devant elle rejoindre Omaha à Salt Lake City.

Un pari est pris entre les 2 équipes, de 100 000 dollars au premier arrivant.
Ce pari attire les convoitises.

Heureusement Lucky Luke est là pour déjouer les pièges et démasquer les traîtres.

Critique :
Qui n’a jamais connu des problèmes de réseaux ? Qui n’a jamais juré et voué aux gémonies son wi-fi qui crachotait, l’empêchant de ce fait d’avoir une bonne connexion ?

Tout le monde a vécu ça, surtout au début de l’ère Internet et lorsque l’on abandonna les câbles pour le sans fil qui ne chantait plus, c’était souvent avec des coupures.

Alors, imaginez ce que pouvait être le calvaire des gens qui désiraient envoyer un petit mot d’amour à leur douce amie restée de l’autre côté des États-Unis…

Morris et Goscinny l’illustrent d’une très belle manière, drôle, amusante, cynique, détaillée comme il faut pour que l’on comprenne bien que la missive mit du temps à arriver à la belle restée à New-York.

Inimaginable à notre époque où il suffit de textoter ou d’envoyer un mail pour que, dans les secondes qui suivent, le destinataire le reçoive… Dommage qu’à note époque nous n’avions plus un Lucky Luke pour aider dans l’installation des câbles dans l’océan ou ailleurs.

Quand on y pense bien, Lucky Luke, il a tout fait pour l’avancée de l’Amérique : il posé des rails sur la prairie, a fait les guerres indiennes, a posé le fil du télégraphe, s’est occupé du pétrole, a aidé les convois de pionniers sur les pistes dangereuses, a construit un pont sur le Mississippi (qu’il avait remonté avant), a fait la ruée vers l’Ouest, est allé dans les Black Hills… Quel mec, ce Lucky Luke !

Anybref, cet album a une saveur douce-amère puisqu’il est le dernier scénarisé par Goscinny… De facture très classique (trop ?) il fait pourtant mouche car il réuni tous les ingrédients typique d’un Lucky Luke : une chose à accomplir, peu de temps, bien des dangers à affronter et un traître parmi eux qui va saboter pour les ralentir.

Oui, c’est du déjà-vu, c’est du classique, je vous le disais, les auteurs ont réuni tout ce qu’ils avaient déjà utilisés, tout ce qui marche et l’ont réuni dans cet album.

Pourtant, je l’ai apprécié, même si son humour n’est pas relevé, comme si Goscinny faisait dodo ou que Morris lui avait, une fois de plus, interdit de sortir ses jeux de mots.

Il est, certes, dommage que cet album ne soit pas plus brillant, mais malgré tout, il se lit avec plaisir et si on fait attention à tous les petits détails (oiseaux, animaux), on a le sourire durant notre lecture avec quelques running gags qui ne sombrent pas dans le lourd car pas répétitifs ad nauseam et puis, on a beau faire du recyclage de scénario en changeant quelques détails, ça fonctionne toujours, même si cet album est moins drôle que « La caravane », « La diligence » ou « Des rails sur la prairie ».

Un bon album car après, on a mangé notre pain noir et puis, c’est le dernier scénarisé par Goscinny. Après, plus rien ne fut jamais pareil, ni les Lucky Luke (hormis Le Daily Star qui est L’Exception), ni les Astérix.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°48, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1959 / 1985)

Résumé :
Trois histoires dans cet album :
1. LE RANCH DE LA MALCHANCE : Jerry et Pancho sauvent la passagère d’une diligence attaquée par des bandits.

L’un de ces derniers, blessé, est abattu par un de ses acolytes. La jeune dame –Jane Ellis- arrive de Boston pour reprendre le ranch de son oncle décédé.

La propriété semble fortement intéresser un voisin : Tom Halley.

2. ENQUÊTE À SAN JUAN : Un vieux bâtiment, la nuit, où Jerry a décidé de prendre du repos. Du repos ?..

Il parvient à sauver un homme qui va être lynché par quelques cow-boys qui l’accusent d’un meurtre. L’homme s’enfuit. Le lendemain, Jerry rencontre le shérif des lieux et le met au courant.

3. LE TESTAMENT DE L’ONCLE TOM : Jerry et Pancho découvrent le cadavre d’un indien Navajo. Ce dernier, curieusement loin de son territoire, a été abattu dans le dos. Un morceau d’un pli est retrouvé. Cet indice amène nos amis à Yaqui-Town, chez un certain Mansfield.

Critique :
Jerry Spring est un vieux pote de chevauchée, toute petite déjà, je rêvais de posséder un cheval comme le sien : vif, rapide, intelligent, obéissant, bref, un cheval de cirque au service de son maître.

C’est dans les anciens Spirou de mon père que j’ai découvert cet autre redresseur de torts de l’Ouest qui ne fera jamais d’ombre à Lucky Luke car ici, on a moins d’humour (l’humour est différent).

Niveaux dessins, ceux de Jijé sont plus réalistes que ceux de Morris et pas de gros nez dans cette série, mais bien souvent des personnages aux traits qui se ressemblent, comme ici un régisseur de ranch et le conducteur de la diligence.

Je vous le dis de suite, ce n’est pas le meilleur de la série ! La première investigation va très vite, trop vite même et aurait mérité plus que 16 pages de traitement car « la rapidité nuit à l’efficacité » (vous la ressortirez pour ce que vous voulez, cette citation offerte avec cette chronique).

La seconde aventure a plus d’une enquête, mais elle sera, elle aussi, assez rapide, Jerry Spring ayant sans doute regardé « Il était une fois dans l’Ouest » et compris pourquoi Reiner voulait tant acheter les ranchs des environs, à n’importe quel prix, mais celui de la mort pour qui refusait.

Quant à la dernière, qui met en scène Pancho pour une piste à remonter, elle est tellement courte qu’on se demande s’il ne manque pas des pages ! Limite si on ne nous livre pas l’explication finale en vitesse, parce qu’on va se trouver à court de cases et que on est dans un album de 46 pages.

Franchement, Jerry Spring a beau être bourré de bons sentiments (les gentils triomphent des méchants), se terminer toujours bien pour nos héros (même si Pancho, dans les autres albums, est toujours victime du racisme envers les mexicains), là, on est face à des scénarios faiblards de chez faiblards.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°47, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton : Achdé, Pennac & Benacquista

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton

Scénaristes : Daniel Pennac & Tonino Benacquista
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2010)

Résumé :
Rentré d’une mission secrète au Mexique, Lucky Luke découvre qu’un nouveau héros a conquis l’Ouest.

Allan Pinkerton, adepte de méthodes d’investigation révolutionnaires et de la tolérance zéro, veut pousser le justicier solitaire vers la retraite afin de gagner les faveurs du président Lincoln.

Critique :
Il n’est pas facile de reprendre le personnage d’un autre auteur et de se l’approprier, ou, du moins, de ne pas le dénaturer.

Niveau dessins, Achdé tient la route, son Lucky Luke ressemble à celui de Morris, le brin d’herbe en plus (sacrilège la disparition de sa cigarette roulée et pourtant, je suis non fumeuse).

Point de vue humour, on a quelques bons jeux de mots, on retrouve l’ambiance comique des vrais Lucky Luke, avec des petites références à notre époque, comme cet Horatio Caine dans un labo de la Pinkerton.

Mais nous sommes loin de la qualité humoristique de Goscinny, même si ce dernier avait la bride super serrée par le cavalier Morris qui ne lui laissait pas galoper allègrement dans les jeux de mots qui faisaient rire aux éclats ou étaient d’une finesse incomparable.

Retenez bien qu’il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ! Tous les étés, les Ibères deviennent plus rudes… 

Anybref, malgré cet humour qui ne fait pas rire aux éclats mais sourire, on retrouve tout de même ce qui faisait le sel des aventures de Lucky Luke ancienne version (celle de l’époque de Dupuis) avec une population qui relègue Lucky Luke dans les has been, ne jurant plus que par Allan Pinkerton.

Ce n’est pas la première fois que notre cow-boy solitaire est désavoué par la populace avant que celle-ci ne change son fusil d’épaule et le rappelle au secours. On a eu souvent le cas dans toute l’histoire de notre lonesome cow-boy et dans la vie réelle aussi. Les gens sont des girouettes.

Historiquement, on suit le chemin du véritable Allan Pinkerton qui n’était pas un enfant de cœur et prêt à tout pour arriver au sommet et faire de son agence qui ne dormait jamais, L’AGENCE de référence avec des nouvelles méthodes, bien plus avancées que celle de notre Lucky Luke, dont la science criminelle, l’espionnage et surtout, les ragots.

Pour ses fiches sur tout le monde, Pinkerton m’a fait penser à la folie de Hoover qui voulait lui aussi ficher tout le monde, même si celui-ci n’arrivera que bien plus tard dans l’Histoire des États-Unis.

Le climat est à la délation pour tout et n’importe quoi, Pinkerton envoie en taule à tour de bras pour des peccadilles et les prisons sont surchargées.

Les emprisonnements ont beau être amusant à découvrir, le tacle est tout de même sévère (et sous la ceinture) car il rappelle les heures sombres de nos pays et je ne reléguerai pas ce genre de comportement au passé car il est toujours présent et nourrissez-le d’un peu de climat de peur ou de jalousie et bardaf, on recommencera les arrestations arbitraires.

Tout ici est emballé dans de l’humour, présenté avec finesse, mais si on se donne la peine de faire une analogie ou de réfléchir un peu, ça fait peur parce que ça pue aussi le Big Brother et de nos jours, plus besoin de se planquer sous le lit, il suffit que tous ceux qui veulent des infos sur nous aillent sur nos profils Fesse Bouc, Touitter, Snap-Chatte, Rince tes grammes, Pine Tes Restes et j’en passe.

Franchement, je ne tirai pas à boulets rouges sur cet album car il vole plus haut que certains à l’époque où Morris avait claqué la porte chez Dupuis pour aller chez Dargaud et où ses scénaristes n’étaient guère inspiré, même le grand Goscinny (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

De plus, contrairement aux albums Les Tontons Dalton et La Terre Promise, les auteurs ne reprennent pas des gags tirés des Tontons Flingueurs ou de Rabbi Jaccob, ce que j’avais trouvé un peu trop facile, même si je n’ai rien contre les clins d’oeils, tant qu’ils ne deviennent pas des transposition de films !

Un bon album de Lucky Luke, pas le meilleur, pas dans l’excellence, pas dans le haut du panier, mais il est correct et j’ai apprécié le côté « ancien » que l’on retrouve dans cet album qui, une fois de plus, met les Dalton en vedette.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°45, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

La piste des ombres – Tome 1 – Pierres brûlantes : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 1 – Pierres brûlantes

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2000)

Résumé :
Texas, 1866. Cette nuit-là, le vieux Zachary Cloverleaf et ses cow-boys, incapables de contenir la folie du bétail, assistent impuissants à un terrifiant spectacle : leur troupeau de mille longhorns englouti en un instant par une montagne…

Quelques années auparavant, Cloverleaf, alors capitaine des Texas Rangers, recueillait le jeune Natanaël Dumont, unique survivant du massacre de sa famille lors de la révolte des Comanches Kwahadis.

En s’enfuyant, l’enfant était tombé dans un puits fraîchement creusé. Il y trouva trois pierres étranges qu’il garda précieusement en souvenir de cette nuit tragique.

Il ignorait que ces pierres renfermaient l’esprit des « Gahe », puissantes divinités selon les légendes indiennes.

Et malheur sur le monde si celui qui possède les pierres sacrées n’a pas le cœur en paix… Prenez garde aux « Gahe »… Prenez garde aux « Pierres Brûlantes »…

Critique :
Lorsque l’on range ses bibliothèques parce qu’on vient d’en ajouter trois nouvelles (vides), on tombe souvent sur des trésors oubliés et cette bédé en fait partie.

Moi qui m’enorgueillissais de ne pas avoir de PAL en bédé et bien, c’était faux car cet album croupissait dans mes étagères depuis des années et des années (plus de 10 ans) et je ne le savais même pas !

Je préconise donc des nettoyages de printemps pour toutes vos biblios au moins 2 fois pas an…

Un western aux relents fantastiques… Fallait oser et fallait le réussir, ce qui est toujours plus difficile, un exercice aussi périlleux que de chevaucher un bronco pour la première fois : le cassage de gueule n’est jamais loin.

Ici, tout est bien maîtrisé et aucune ruade n’est à redouter.

Ce qui nous est raconté en aparté par un vieil indien, sous forme de souvenirs s’apparentant plus à des légendes qu’à la réalité s’avère être en fait la réalité, qui a été rejointe par la légende et nous en apprendrons un peu plus sur ces fameuses Pierres Brûlantes.

Pas de manichéisme dans les personnages, tout le monde a son rôle à jouer et il y a du réalisme dans leurs portraits, leurs caractères. Tous les Sudistes ne sont pas des esclavagistes, tous les Nordistes ne sont pas des preux chevaliers œuvrant pour le Bien de tous, on a des Indiens assassins, des victimes, et il en est de même chez les Blancs.

Tout est nuancé mais sombre, à l’instar des cases de cette bédé où j’ai eu un peu de mal avec les dessins au départ, avant de me laisser emporter par eux ensuite.

Un western qui flirte avec le fantastique, qui valse avec lui, nous entraînant dans une course-poursuite désespérée afin d’arrêter deux jeunes gens, traqués, avec du sang sur les mains et des pierres qu’il ne faut pas utiliser avec la haine chevillée au corps.

Damned, je n’ai pas l’album suivant ! Faudra que je le note sur ma Wish car je compte bien lire les trois albums de la saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°42, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ? : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ?

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1999)

Résumé :
Le général Grant est en danger !

Un traître s’est infiltré parmi les Fédérés pour l’éliminer. Tout le monde est suspecté, on ne peut se fier à personne… Sauf aux deux hommes qui ont dénoncé le complot : Blutch et Chesterfield.

Nos Tuniques préférées se transforment en Bleus à tout faire pour exaucer les moindres caprices du général Grant : goûter sa soupe, cirer ses bottes et surtout essayer de démasquer le traître avant qu’il ne parvienne à ses fins !

Critique :
Chesterfield ne brillera jamais par son intelligence et aura toujours tendance à ouvrir sa grande gueule quand il ne faut pas… Ce qui donne toujours suite à des situations cocasses, drôles, amusantes…

Blutch voulait déserter, une fois de plus, mais sa rencontre avec un soldat mourant va changer la donne car il a beau détester l’armée, apprendre qu’il y a un complot qui vise à tuer le général Grant lui fait reprendre le bon chemin afin d’en avertir le galonné.

La tête de Chesterfield lorsqu’il voit que son caporal veut absolument parler à Grant et que ce dernier finira par le recevoir ! La jalousie était dans ses yeux.

Le général Grant est un grand paranoïaque et suspectera tout le monde de vouloir le tuer, même les autres galonnés, même le général Alexander, même ce pauvre capitaine Stilman, celui qui passe sa vie à siroter du jus d’orange à la paille.

La guerre est toujours en arrière-plan, mais cette fois-ci, faut se transformer en petit Sherlock Holmes afin de savoir qui est le tueur qui doit commettre un attentat afin de tuer le général Grant, chef des armées Nordistes.

S’attaquer à la tête pensante, qu’elle pense ou pas, mais du moins, à la tête commandante, c’est un coup classique dans une guerre, même si les Alliés n’avaient jamais voulu faire assassiner le moustachu, pariant sur le fait qu’il serait remplacé et que celui-là, on ne le connaîtrait pas…

Une fois de plus l’humour de situation est au rendez-vous et il faut prendre cet album avec le second degré car les personnages iront dans le registre du burlesque.

Burlesque, c’est le mot, que ce soit le général et sa paranoïa extrême, ou Chesterfield imbu de sa mission, comprenant trop tard qu’il aurait mieux fait de fermer sa gueule, ou Blutch déguisé en enquêteur à la tête d’une troupe de militaires afin d’en apprendre un peu plus sur le complot qui vise le général…

Ici, rien n’est sérieux, même pas l’homme qui doit assassiner le général. En fait, dans cette aventure, les hommes sont des imbéciles et c’est une femme qui se taillera la part du lion car, elle, elle a du courage et une sacrée paire de couilles (au figuré, bien entendu).

Les auteurs taclerons un bon coup dans les tibias de tous ces messieurs qui pensaient que les femmes n’avaient pas leur place dans leur monde et que c’était des petites choses fragiles à protéger dans la soie et le papier bulles.

Un moment drôle et assez fin, c’est lorsqu’un des soldat demande à un autre de lui définir le rôle de l’éclaireur… Encore un qui aurait mieux fait de fermer sa gueule !

Pas le meilleur, mais comparé à certains autres, on est dans du fin et on évite le lourd.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°38 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 53 – Fingers : Morris & Lo Hartog Van Banda

Titre : Lucky Luke – Tome 53 – Fingers

Scénariste : Lo Hartog Van Banda
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1983)

Résumé :
Finger est un magicien qui à la manie de voler sans qu’il ne s’en aperçoive. Il se fera arrêter, ira en prison et rencontrera les Dalton. Ils vont finir par s’évader tous les cinq et Lucky Luke va partir à leur recherche. Il va réussir à les retrouver et à les ramener en prison.

À cause d’une gaffe de Finger, le gouverneur rend Lucky Luke responsable des actes de Finger. Luke à la lourde responsabilité de surveiller les doigts habiles de Finger.

À cause de ce magicien, Luke et Finger se feront capturer par les Indiens, Finger réussira un vol de banque sous la surveillance de Luke, notre héros se fera mettre en prison et ils vont éviter une guerre avec les Indiens.

Critique :
Est-ce moi ou cette impression que l’ère Lucky Luke post-Goscinny ne vaut pas tripette ??

Est-ce moi qui me fais des idées ou bien l’impression que cet album a plus d’un dessin animé que d’une bédé, est réelle ?

Si le départ avait bien commencé et que j’avais souri devant les facéties de Fingers, cet étrange prestidigitateur qui a tout d’un pickpocket, on peut dire qu’ensuite ce fut encore plus laborieux qu’un discours d’un politicien en campagne électorale (là au moins on peut rire ou frémir).

Fingers aurait été génial en petite aventure et puis c’est tout. En longue histoire, c’est poussif, les running-gags sont répétitifs (c’est leur rôle mais là, c’était laborieux) et de ce fait, perdent ce qui faisait leur charme et nous on perd le sourire.

Pourquoi les Sioux entrent-ils sur le sentier de la guerre ? Nul ne le saura. Pourquoi leur chef, Chien Rouge, grand ami de Lucky Luke veut-il le sacrifier ? Si vous le savez, merci de me le faire savoir.

La partie avec le duel entre Lucky Luke et le sorcier des Indiens a tout d’un dessin animé et c’est pauvre scénaristiquement parlant.

La parodie du procès de Fingers reste amusante, on y retrouve l’absurdité qui faisait le sel de l’album « Le juge » sans pour autant arriver à son niveau.

C’est parce que je prends soin de mes albums bédés, sinon, ce dernier aurait valsé par la fenêtre.

Je pensais que l’album du Klondike était pour le moment le moins bon avec les exécrables Bandit Manchot et La Fiancée de Lucky Luke, et bien, ils ont trouvés un nouveau compagnon : Fingers !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°35, Le Challenge  « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Walt Slade – Tome 2 – Les Forbans du pétrole : Bradford Scott

Titre : Walt Slade – Tome 2 – Les Forbans du pétrole

Auteur : Bradford Scott
Édition : Marabout Junior (1967)
Édition Originale : Trail of Guns and Gold (1964)
Traducteur :

Résumé :
La terreur règne sur la petite ville de Traino. Une bande écume la région, attirée par la présence du pétrole. Son chef est inconnu, mais efficace : convois dévalisés, troupeaux décimés, ventes forcées de terre…

Walt Slade, appelé à la rescousse, s’aperçoit bientôt que le mystérieux meneur doit être un des notables de Traino. Mais lequel ? Il faudra tout le flair du ranger pour le découvrir…

Critique :
D’accord, ce n’est pas de la grande littérature, mais je vous jure que pour « casser » la routine des polars/thrillers et autre nouveautés littéraires de l’année dont je me gave, c’est parfait !

Et puis, qu’est ce qu’on ne ferait pas pour le Mois Américain chez Titine (tous les ans en Septembre, venez nombreux).

Dépaysement assuré, chevauchées épiques digne d’un western spaghetti, la musique d’Ennio Morricone en moins, mais rien ne vous empêche de lire le bouquin en écoutant la bande-son de « Il buono, il brutto, il cattivo ».

Ici, face à des hommes prêt à tout pour l’or noir, les habitants d’une petite ville sont désemparés.

Mais putain, que fait Lucky Luke, nom d’une pipe ?? Ah non, pardon, ce n’est pas son aventure à lui, ici, c’est Walt Slade et c’est un poil moins politiquement correct que ce bon vieux Luke car on peut mourir, dans ce roman.

« Autour de ses hanches étroites, il portait une large ceinture à double rangée de cartouches, qui soutenait deux gaines bien huilées. Celles-ci montraient les crosses noires de gros calibres .45… Dans l’Ouest qui avait grandi trop vite, la seule loi était celle du plus fort ou, plus exactement, du plus rapide : le tireur dégainait son colt comme un duelliste son épée. Une gaine mal entretenue pouvait coûter la vie de son négligent propriétaire ».

Les convois sont dévalisés, les troupeaux décimés, les propriétaires terriens sont bien forcé de vendre leurs terres, même s’ils ne le veulent pas, puisqu’on leur demande gentiment… Un colt sur la tempe vous incite fort à signer un bout de papier.

D’ailleurs, Michel Audiard l’a toujours dit : « Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y’a des statistiques là-dessus ».

Heureusement, le ranger Walt Slade va dépatouiller tout cela, châtier les vilains pas beaux et tout rentrera dans l’ordre. Oui, un peu comme dans les Lucky Luke… Mais le sang en plus !

C’est du « Marabout Junior », donc, tout doit finir dans le happy-end. Les Méchants seront punis et les Gentils récompensés.

Tiens, j’ai déjà lu ça ailleurs mais je ne sais plus où… C’était un gros bouquin, mais vraiment très très gros… Et très vieux…

Oui, de temps en temps, les romans de gare, j’aime ça. D’accord, ça ne casse pas trois pattes à un canard mais c’est une petite bouffée d’air frais quand on en a besoin, une pause pour le cerveau en surmenage, une lecture reposante, où on doit juste tourner les pages sans se prendre la tête.

Ce genre de roman n’auront jamais le Grand Prix des Dialogues mais j’ai déjà lu des romans têtes de gondole qui étaient mal écrits, avec des phrases encore plus basiques que dans cette aventure de Walt Slade.

Alors, what’else ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°33, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Terreur apache : William Riley Burnett

Titre : Terreur apache

Auteur : William Riley Burnett
Édition : Actes Sud – L’Ouest, le vrai (2013)
Édition Originale : Adobe Walls (1953)
Traducteur : Fabienne Duvigneau

Résumé :
1886. Arizona. Un chef apache, Toriano, s’enfuit de la Réserve et sème la terreur chez les colons.

Les tactiques des Apaches rendent impossible de les combattre sans l’aide d’éclaireurs. Walter Grein, dont la ténacité est légendaire, est le meilleur d’entre eux.

Accompagné de sa troupe d’anciens soldats et d’Indiens, il devra capturer Toriano avant qu’il ne mette le pays à feu et à sang. Mais les Apaches sont des guerriers hors pair aux ressources insoupçonnées.

Commence alors une poursuite haletante, traitée au scalpel, truffée de détails fascinants, historiquement justes, jamais politiquement corrects. Et Burnett n’a pas son pareil pour saisir la beauté des canyons, l’angoisse qui sourd de ces paysages rocailleux, la mélancolie des villages en pisé.

Transposé à l’écran (Le Sorcier du Rio Grande) et source d’inspiration du chef-d’oeuvre de Robert Aldrich (Fureur apache), ce dernier combat contre les Apaches s’appuie sur des faits historiques.

Mais surtout, ici tout est vrai, tout est humain, chaque personnage bouleversant dans son courage, ses faiblesses et ses contradictions. Un « western » qui honore le genre, au style impeccable.

Critique :
S’ils eussent été plus, nous aurions eu des problèmes ! Enfin, les nouveaux habitants des États-Unis eussent eu des problèmes si les Apaches eurent été 200.000 au lieu de 6.000 (par un prompt renfort, ils auraient pu…).

Oui, si les terribles guerriers Apaches avaient été plus, sûr qu’ils auraient bouté les colons Blancs hors du territoire.

Ils étaient sans pitié, attaquaient par surprise, évitaient les batailles rangées et fichaient le camp aussi vite, après avoir pillé tout ce qui pouvait se voler. Des guerriers fantômes, presque.

La cavalerie régulière pouvait à peine lutter contre les Apaches. Sans les éclaireurs, rouges et blancs, aucune de ces bandes de maraudeurs n’aurait jamais été mise au pas. Il ne s’agissait pas tant de les combattre que de les trouver. Ils attaquaient, puis s’enfuyaient. Ils évitaient toute bataille rangée. Leurs tactiques étaient l’embuscade et la fuite. Ils vivaient dans le désert comme des lézards. Ils se déplaçaient à pied plus rapidement qu’un soldat à cheval. Ils furent probablement les meilleurs guerriers qu’on ait jamais vus sur cette terre.

Durant tout le récit, nous allons courir après ses fantômes, une petite trouve d’une vingtaine de jeunes guerriers qui ont rejoint Toriano et qui mettent cette partie de l’Arizona et de la frontière avec le Mexique à feu et à sang.

De vrais fantômes car jamais nous ne connaîtrons leur motivations ou leurs aspirations car jamais l’auteur ne leur donnera la parole. Nous suivrons le groupe constitué par Walter Grein, le chef des éclaireurs (bourru, ne souriant jamais et misanthrope) et ses hommes, des marginaux constitués d’un ancien soldat Sudiste alcoolo et d’éclaireurs Indiens, métissés ou que l’on a « civilisés » dans nos écoles de Blancs.

Grein a plus de respect pour ces hommes que pour les bureaucrates de Washington qui pensent beaucoup mais qui ne font pas grand-chose, à part pérorer sur des sujets qu’ils ne connaissent pas (c’est toujours le même de nos jours, dans tous les pays).

♫ Sous le soleil, exactement ♪ Oui, le soleil est implacable et la poursuite impitoyable car la politique et l’administration vont venir s’en mêler, sans oublier les braves gens qui pensent que l’on peut discuter avec Toriano.

Ben non, on ne discute pas, on ne montre pas ses faiblesses, on ne fait pas preuve d’indulgence, sinon, les Apaches se gausseront de vous et cela en sera fini pour vous. Walter Grein le sait, mais certains biens pensants de Washington ne veulent pas le croire, malgré les preuves sous leurs yeux. Ce sont des bureaucrates et ne connaissent rien à la réalité du terrain.

Les Apaches aussi ont un code. Le voici : le plus fort, c’est celui qui tue le plus de monde. Après lui vient le plus grand voleur. Et en troisième position ― mais c’est aussi une force ―, le plus grand menteur. Vous me suivez ? Comment voulez-vous qu’un homme comme Busby puisse traiter avec des gens pareils ? Son indulgence, ils en rient. Ils la voient comme une faiblesse. Ils ne comprennent qu’une seule chose : la force.

Ici, pas de duels, mais une poursuite, dans les montagnes, dans des reliefs accidentés, sous une chaleur d’enfer, avec des chevaux qui n’en peuvent plus, qui souffrent du manque de nourriture, d’eau et de fatigue et les hommes de même.

La mauvaise humeur gronde car le manque de sommeil (et de café chaud) aigri l’humeur de tous. L’auteur a réussi à nous décrire les paysages grandioses et le climat rude et dur. Non, on ne court pas, on se hâte lentement car la vitesse est impossible et il faut faire gaffe à ce qui pourrait surgir de partout.

Les personnages des poursuivants étaient bien détaillés, Walter Grein, le cynique, est capable de faire preuve de bons sentiments… Par contre, son caractère effronté lui jouera des tours, permetant à l’auteur de parler des différences de points de vues entre les habitants de l’Est, bien protégés, civilisés et ceux de l’Ouest, plus bruts de décoffrage et violents.

Dommage que ce roman, qui ne manque pas de rythme ni d’action, ne donne pas une place plus importantes aux Indiens rebelles, que l’on en sache un peu plus de leur mode de vie, de leur fuite, de leurs attaques.

Tout le récit est tourné vers les Blancs, qu’ils soient soldats, officiers, éclaireurs ou petites gens qui ont peur. Nous aurons juste l’intervention d’un Indien, mais un pacifiste, lui. Je saluerai quand même que l’auteur ne fait jamais preuve de manichéisme. Rendons à César ce qui est à César (Burnett a écrit « Little Caesar », au fait).

Un bon western, âpre, noir, sec, qui ne prend pas de pincettes et appelle un chien un chien, qui ne se voile pas la face et qui balance le politiquement correct aux cactus (pas d’orties dans le désert).

— Vous dites « les Indiens ». Mais il ne s’agit pas juste des Indiens. Il s’agit des Apaches. De nombreux Indiens répondent à la gentillesse : les Pueblos, par exemple, ce sont des gens très aimables ; ou même les Navajos, qui ont renoncé à leurs mauvaises coutumes. Mais pas les Apaches. Savez-vous ce que veut dire « Apache » ? C’est un mot zuni qui signifie « ennemi ». Les autres Indiens les ont désignés ainsi ― eux-mêmes se nomment les « N’De ». En réalité, « ennemis » est bien le terme qui convient : ennemis de la race humaine et de tout ce qui est vivant.

Mais il a manqué une petite touche Indienne dans le récit afin de mettre tout le monde à égalité et de donner la possibilité au lecteur d’avoir de l’empathie (ou pas) pour ces féroces guerriers qui ont semé la mort sur leur passage.

Pas de panique, on enfourche de nouveau son canasson et on poursuit son exploration du western en roman avec la collection L’Ouest, Le Vrai parce que ici, c’était pas du cinéma ! On pue le sueur, on sent pire qu’un chacal et on a mal son cul à force de chevaucher. La belle vie, en quelque sorte.

En bien des manières, avant qu’ils ne s’inclinent devant les Blancs, les Apaches ressemblaient beaucoup aux Spartiates. L’anecdote de l’enfant au renard, qui symbolise la rigueur Spartiate, pourrait bien être une légende apache. Soyons reconnaissants qu’il n’y ait jamais eu plus de six mille Apaches. S’ils avaient été deux cent mille, ils auraient chassé tous les Blancs du Sud-Ouest, y compris la cavalerie régulière.

Pour se coucher moins con au soir : Le personnage de Walter Grein s’inspire en partie du célèbre chef des éclaireurs durant les guerres indiennes, Al Sieber.

Dutchy joue son propre rôle. Cet Indien extraordinaire fut le plus grand traqueur de tout le Sud-Ouest, autant parmi les Rouges que les Blancs. “Celui-qui-marche-dans-la-montagne” était surnommé Coyote Jaune par son propre peuple. Les Blancs l’appelaient Dutchy. C’était un génie.

Toriano fait revivre le grand chef de guerre apache Victorio. Les noms de lieux sont fictifs.

Transposé à l’écran (Le Sorcier du Rio Grande) et source d’inspiration du chef-d’oeuvre de Robert Aldrich (Fureur apache), ce dernier combat contre les Apaches s’appuie sur des faits historiques.

En fait la véritable adaptation cinématographique d’Adobe Walls titre V.O du roman), celle qui capture l’opacité, la narration au scalpel, le refus des clichés, s’intitule Ulzana’s Raid (Fureur apache), un des chefs-d’œuvre de Robert Aldrich et le plus grand western des années 1970 (et merdouille, je ne le possède pas).

Un film rendant palpable ce combat entre l’idéalisme et la réalité brute qui est au cœur des romans de Burnett, ce mélange de grâce épurée et de précision impitoyable, cette vision nette, décapante, qui nous fait regarder le monde autrement (putain, je le veux !).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°32, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.