Durango : La jeunesse – Tome 1 – Le premier homme que tu tueras : Yves Swolfs et Roman Surzhenko

Titre : Durango : La jeunesse – Tome 1 – Le premier homme que tu tueras

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Roman Surzhenko

Édition : Soleil (10/11/2022)

Résumé :
Texas 1882. Témoin de l’assassinat de trois cowboys , un jeune vagabond échappe lui-même de justesse au tueur, un professionnel armé d’une carabine équipée d’une lunette.

Le jeune homme est bientôt engagé comme apprenti par le propriétaire du plus grand ranch de la région et pour qui travaillaient les trois victime mais ignore qu’en acceptant cet emploi, il deviendra témoin actif d’une sanglante guerre entre éleveurs.

Critique :
Ah, la jeunesse des héros de bandes dessinées… Du pain béni, une manière de continuer les aventures des héros, d’une autre manière, avec des autres scénaristes aux manettes, de donner un nouveau souffle à une série qui tourne en rond, ou de se faire plus d’argent… Biffez les mentions inutiles.

Blueberry est passé à la casserole (avant que ça ne devienne nullissime, ses aventures de jeunesse), Spirou aussi, Lucky Luke et même à une époque, je me souviens que les Donald, Mickey et consorts y étaient passés aussi.

Alors, le verdict de cette série dérivée consacrée à la jeunesse de celui qui ne se nomme pas en Durango, gadget ou vraie bonne idée ?

Le dessinateur a mieux repris l’univers de Swolfs que Giuseppe Ricciardi (Iko) sur la série mère. Un bon point déjà pour cette nouvelle bédé. Durango est jeune, encore frêle et n’a jamais tiré sur un homme. On apprendra qu’il s’est enfui de chez lui, mais nous n’en saurons pas encore la raison.

Cette jeunesse sera composée de trois albums, autre bon point : elle ne risque pas d’aller se perdre comme la jeunesse de Blueberry.

Et le scénario dans tout cela ? Il prend le temps de se mettre en place, le jeune Durango est un peu effacé dans ce premier album, il vient d’arriver dans un ranch et reste à sa place. Ce qui ne l’empêche pas de voir et de comprendre certaines choses.

Si le récit prend du temps à se mettre en place, c’est qu’il faut construire le triangle (qui ne sera pas amoureux) entre les trois éleveurs, faire monter la pression et les emmener vers le point de rupture. Il faut magouiller, mentir, manipuler les différents clans d’éleveurs et le faire plus rapidement n’aurait pas été réaliste, bien que le feu couve depuis longtemps.

Oui, le scénario est intéressant, il est riche, même si vieux comme le monde. Pourtant, toujours d’actualité : je commets une exaction et je fais accuser un autre à ma place, afin de mettre le feux aux poudres… Vieux truc qui marche toujours !

Les dernières cases de cet album préparent déjà le Durango du futur, avec ces réflexions qu’il se fait en lui-même et qui seront la base de ce qu’il sera plus tard.

Bref, un très bon album, pas un gadget. En espérant qu’il ne faille pas attendre autant entre deux albums que pour la série mère et que la suite soit du même tonneau (c’est-à-dire de bonne facture et pas partir en eau de boudin).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°91], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

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Chito Grant – Intégrale : Jean-Blaise Djian et David Etien

Titre : Chito Grant – Intégrale

Scénariste : Jean-Blaise Djian
Dessinateur : David Etien

Édition : EP Éditions (2017)

Résumé :
Le borgne Chito Grant a un vieux compte à régler avec la ville qui lui a enlevé son père adoptif, sa seule famille. Et ce n’est pas la pulpeuse Texas , la reine de cette ville, qui va l’impressionner.

Seulement, Grant ne se doute pas qu’en pénétrant sur les terres de cette femme richissime, c’est son passé qu’il va rencontrer.

Critique :
Le duo Djian et Etien, je le connais depuis que j’ai découvert la saga des Quatre De Baker Street, mais en ouvrant cette bédé western, je n’ai pas reconnu les dessins de Etien.

Le premier tome de Chito Grant date de 2004, celui des Quatre a été publié en 2009.

Il m’a fallu arriver au troisième (et dernier) tome composant cette intégrale pour retrouver les traits caractéristiques du dessinateur Etien.

Le départ avait mal commencé, j’ai détesté les dessins, heureusement que le scénario était à la hauteur. Puis, au fil des albums, le dessin a changé, les couleurs aussi et en lisant une intégrale, c’est plus flagrant qu’en patientant entre deux albums, notamment dans les visages, qui changent au fil des albums, rendant parfois difficile l’identification de certains personnages (le shérif change de couleur de cheveux en quelques cases).

Malgré les dessins qui ne m’ont pas plu, le scénario, bien que conventionnel, est bien cuisiné : un jeune homme arrive dans une ville où le shérif est aussi le tenancier du saloon. Le jeune homme est borgne et il se frite déjà avec le fils de Texas, LA femme qui tient tout le monde dans sa main, sous sa coupe. La Jupiter du coin.

Chito Grant est un personnage auquel on s’attache. Il y a des mystères dans son enfance, il y a des trucs louches dans la ville, dans le passé de son shérif, de sa patronne toute puissante et il faudra attendre le dernier album pour que tout les fils se touchent, donnant un beau feu d’artifice.

Un western conventionnel, qui respecte tous les codes, sauf celui des selles western… Pas de pommeau devant et rien de western dans les selles plates que j’ai vue dessinées sur les chevaux (qui n’étaient pas beaux, eux non plus). Heureusement que le dessin de Etien a évolué dans le bon sens.

Un western bourré de mystères, de suspense, de coups fourrés, de bandits, de recherche dans le passé de Chito, qui ne sait pas d’où il vient, sauf que son père n’était pas son père, mais celui qui l’avait trouvé, abandonné. Classique, en effet, mais les personnages sont bien faits et il est difficile de s’ennuyer dans ce western.

On a même une pointe d’humour lorsque plein d’étrangers arriveront en ville, rendant fou le shérif, qui, suspicieux, soupçonne des mauvais coups à tous les coins de rue, et vu qu’il est couard…

Une bonne intégrale western, que je ne connaissais pas, comme quoi, il y en a toujours à découvrir et là, ce fut une belle rencontre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°74] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Go West Young Man – Intégrale : Collectif

Titre : Go West Young Man – Intégrale

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Bamboo Grand angle (03/11/2021)

Résumé :
« Le parcours sauvage et violent d’une montre pendant la conquête de l’Ouest. Un western qui sent la poudre et la boue…”

En quatorze histoires, Go West young man retrace la conquête de l’Ouest américain, de 1763 à 1938.

Des conflits des grands lacs au désert du Mexique, les destins se succèdent. Trappeurs et pionniers, tribus indiennes, desperados et prostituées vont se battre et survivre dans les grandes plaines, les villes champignons et les guerres interminables.

Si les grands thèmes sont à l’honneur dans cet album, c’est le côté obscur des Hommes qui ressort, présentant avec un goût amer le rêve américain. Racisme, génocide indien, condition des femmes, guerres et misère.

Go West young man est un hommage au western, mais un hommage lucide.

Critique :
Allez, go west ! On enfourche sa monture et on s’élance dans les grandes plaines.

Ou plutôt, on suit le cheminement d’une montre (durant 175 ans) et on revisite l’Histoire américaine, ses saloperies, son ségrégationnisme, ses meurtres, ses massacres, ses guerres et le pony-express (faut bien un truc sympa dans ce programme sombre).

De 1763 à 1938, au travers de 14 récits, de longueurs différentes, les différents dessinateurs vont mettre en images des scènes reflétant l’Amérique.

Pas besoin d’en faire des tonnes : un gros tas de crânes de bisons symbolisent bien le massacre fait par l’Homme Blanc et une réflexion d’un personnage, parlant des Indiens qui ne savent plus chasser et crèvent de faim, sont plus parlants et plus percutants qu’un long discours.

Tous les personnages de l’épopée Américaine se retrouvent présentés dans cet album magnifique. On aura les anglais, les colons, les Indiens, les cow-boys, les voleurs de bétail, les détrousseurs de diligence, les trappeurs, Geronimo, les convois qui traversaient le pays, la révolution mexicaine, la guerre de Sécession, le racisme, les puits de pétrole, les prostituées, le pony express, les Tuniques Bleues… dans le bon ordre, bien entendu.

Le fil rouge reliant toutes ces histoires sera la montre, passant de mains en mains, apportant chance ou malchance, finissant souvent recouverte de sang.

Le changement de dessinateur ne pose pas trop de problème, je m’y suis faite très vite, d’autant que j’en connaissais assez bien.

Pour celles et ceux qui aiment le western, je ne dirai qu’une seule chose « GO » et pour les frileux qui ne sont pas fans du genre « GO » aussi ! Voilà de quoi faire un tour de l’Amérique sans bouger de son canapé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°60] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Pawnee : Patrick Prugne

Titre : Pawnee

Scénariste : Patrick Prugne
Dessinateur : Patrick Prugne

Édition : Daniel Maghen (2013)

Résumé :
Alban, jeune soldat français envoyé en Louisiane et porté déserteur, partage à présent la vie des indiens Minetaree. Solidement lié d’amitié avec le trappeur Toussaint Charbonneau, il a abandonné tout espoir de retrouver Louis, l’ami qui l’avait accompagné en Amérique avant de tomber aux mains des Pawnees. Sa décision est prise, il va rentrer en Europe…

Malheureusement, son chemin croise celui de guerriers Shawnees, et d’une bande de miliciens.

Si ces derniers sauvent la vie d’Alban, ils se révèlent d’une sauvagerie et d’une cruauté bien supérieure à celle des indiens qu’ils sont censés combattre…

Critique :
C’est le hasard le plus pur qui m’a fait prendre cette bédé, qui était plus épaisse et plus haute que les autres qui se trouvaient rangées dans le même espace, dans une bouquinerie.

L’inconvénient, c’est qu’apparemment, l’on retrouve dans ces pages les personnages de « Frenchman » et que je n’ai pas lu cet album.

Bon, ce n’était pas trop grave, avec le peu d’indications reçues dans le récit, j’ai tout de même compris l’essentiel.

Les dessins et les couleurs de cette bédé sont magnifiques, des vraies œuvres d’art à l’aquarelle qu’on aurait envie d’accrocher dans son salon.

Le récit se passe en 1811, dans l’ouest du Mississipi, où le jeune Alban, soldat de Napoléon, a déserté et vit chez les Minetarées. Lassé de ne pas avoir retrouvé la trace de son ami, Louis, il décide de retourner en Europe, sans savoir qu’Angèle, sa sœur vient d’arriver sur le continent et fait route vers Philadelphie.

En Amérique, c’est le bordel ! Les soldats français et anglais se tapent sur la gueule, les Indiens ont compris qu’il fallait aussi se battre et ne pas se laisser marcher sur les pieds et des miliciens ont assassinés de Pawnee, juste pour le plaisir.

Mélangeant habillement le contexte historique et les errances d’Alban et de sa soeur, l’auteur développe dans son récit une histoire de vengeance, une histoire de miliciens qui se font dégommer, silencieusement, un par un. Mais qui les attaque ? Je ne dirai rien de plus.

Le scénario est classique au possible. Rien de neuf sous le soleil. Malgré tout, on s’attache aux personnages d’Alban et d’Angèle, on se sent plus proche des guerriers Pawnee, luttant pour leur survie face à la nuée de sauterelles qu’est l’Homme Blanc et on suit le fil du récit avec plaisir, angoisse et on se laisse prendre dans les bras du suspense.

À noter qu’à la fin de l’album, il y a des crayonnés de l’auteur, des petites merveilles qu’on regarde avec beaucoup d’attention.

Une belle découverte ! Maintenant, je vais me mettre en chasse et tenter de trouver les autres albums de cet auteur, et surtout le premier !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°53] et Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

West Legends – Tome 5 – Wild Bill Hickok, Forty Bastards : Nicolas Jarry, Laci et J. Nanjan

Titre : West Legends – Tome 5 – Wild Bill Hickok, Forty Bastards

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Laci

Édition : Soleil (13/10/2021)

Résumé :
Le train de Wild Bill Hickok déraille quelques heures après son départ. Isolés, les survivants ignorent que la plus grande menace n’est ni les Indiens ni les loups ni le froid, mais la cavalerie des États-Unis, avec à sa tête le pire des fils de putes que l’Ouest ait connu, bien décidé à reprendre ce que Hickok lui a volé, quitte à tuer tous ceux qui se mettront en travers de son chemin.

Critique :
Wild Bill Hickok est une figure moins connue de l’Ouest, mais cette bédé ne nous racontera pas toute sa vie, se contentant de nous narrer un seul épisode, mais quel épisode !

Nous apprendrons qu’il était shérif à Dodge City et qu’il est foutu le camp en vitesse, refusant de nous dire, au début, pourquoi il en est parti si vite.

Les lecteurs, tout comme les autres passagers du train, l’apprendrons au fur et à mesure, ce qui donnera du suspense et du mystère.

Le récit est un classique : des personnes sont traquées par d’autres, des soldats sans scrupules, qui cherchent à mettre la main sur Wild Bill Hickok, le tout dans des paysages enneigés, où il fait froid et où les survivants manquent cruellement de tout.

Classique chasse à l’homme, mais présenté d’une autre manière, ce qui la rend addictive au possible et nous empêche de poser l’album avant d’en avoir tourné la dernière page.

Les personnages, même secondaires, posséderont les caractéristiques de personnages réalistes et même si nous ne saurons rien d’eux, on ne manquera pas de s’attacher à certains. Tous auront leur rôle à jouer, héros ou zéro, survivant ou tombé au champ d’honneur.

Les dessins de Laci sont, comme d’habitude, magnifiques, tout comme les couleurs de Nanjan, que je retrouve souvent dans les coloristes chez Soleil Production.

Bref, je ne vais pas la faire longue, mais je me suis retrouvée devant un excellent album, meilleur que celui avec Buffalo Bill, même si dans celui-ci, c’était aussi le portrait d’un héros fatigué.

Une saga qui me plait toujours aussi bien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°52], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 58 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups : Jirô Taniguchi et Yoshiharu Imaizumi

Titre : Seton, le naturaliste qui voyage – Tome 1 – Lobo, le roi des loups

Scénariste :
Dessinateur : Yoshiharu Imaizumi
Traduction : Thibaud Desbief

Édition : Kana (2006)

Résumé :
Le vieux Lobo, ou « The King », comme l’appelaient les Mexicains, était le terrible chef d’une étonnante meute de loups gris qui ravagea la vallée de Currumpaw pendant des années.

Tous les bergers et fermiers le connaissaient bien, et, partout où il passait avec sa fidèle meute, il semait la terreur, la colère et le désespoir chez les éleveurs.

Critique :
C’est par le plus grand des hasards que je suis tombée sur ce manga, alors que j’en cherchais un autre. Le mot « Loup » a attiré mon attention et il n’a pas traîné longtemps dans ma PAL.

Premier constat : les dessins sont superbes, loin des visages stéréotypés que l’on voit souvent dans les mangas.

Pas de visage avec des mentons effilés, pas de mèches de cheveux que l’on se demande comment elles tiennent, mais des graphismes réalistes et de beaux décors de la Sierra Navada.

Le récit est tiré de celui d’Ernest Thompson Seton, un peintre qui n’a pas trouvé du succès à Paris, avec sa toile sur les loups. On lui a parlé d’un loup, insaisissable, qui défie tous les chasseurs et qui tue le bétail, semblant comprendre les pièges qu’on lui tend.

Ce manga pourrait sembler partir sur le fantastique, avec ce loup, surnommé Lobo, qui semble comprendre tous les pièges mis en place par les hommes, même par Seton, alors que ce dernier prend moult précautions pour camoufler ses appâts empoisonnés ou ses pièges.

Combats titanesques entre un homme et des loups, dont un semble humain (ou loup-garou), tant il est intelligent, rusé et inattaquable. Le but de Seton était aussi de l’étudier, mais finalement, il passera plus de temps à piéger tout le coin qu’à étudier cette bande de 6 loups.

Ce que je reprocherai à ce manga, c’est le côté « bêtes sauvages » que l’on semble donner à ces loups. En voyant les tableaux de chasse de ces prédateurs, on aurait presque envie de crier haro sur les loups, et pourtant, j’ai tiqué, tant cela me semblait exagéré, limite abusé de sa race !

Deux loups qui, durant une nuit, égorgent 200 moutons, ça fait tout de même un sacré travail, non ? Comme si l’on voulait vraiment les considérer comme des animaux nuisibles, juste bons à abattre…

Par contre, là où le manga m’a frappé en plein coeur, c’est qu’il n’est pas avare en émotions dans sa dernière partie. J’étais à deux doigts de sortir le kleenex tant c’était émouvant, beau, violent et horrible à la fois.

On pourrait en vouloir à Seton d’avoir fait ce qu’il a fait, mais au moins, en voyant l’horrible et magnifique tableau sous ses yeux, il comprendra son erreur, la regrettera et essayera de rétablir les loups. Pas besoin de vous dire qu’il n’y a pas vraiment réussi, l’Homme ayant toujours peur du loup…

Finalement, si j’ai été sceptique au départ, ce manga m’a emporté et à balayé tout sur son passage, comme un ouragan (chantez, maintenant). L’auteur arrive bien à décrire la barbarie des êtres humains, leur cruauté et le fait qu’ils se foutent pas mal de la Nature. L’Homme est bien pire que les loups, et pourtant, ce sont eux qu’on a exterminés, éradiqués…

Une belle trouvaille que j’ai faite, avec ce manga…

PS : Comme les autres volumes concerneront d’autres animaux, je ne pense pas les chercher dans mes bouquineries, ce qui m’a attiré dans celui-ci, c’était les loups.

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch : Christophe Bec et Michel Suro

Titre : West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateur : Michel Suro

Édition : Soleil Productions (26/01/2022)

Résumé :
Le Wild Bunch de Cassidy terrorise la région depuis trop longtemps. Un avis de recherche avec une forte récompense de 3 500 $ a été posé sur la tête du malfrat, mort ou vif, ce qui attire bon nombre de chasseurs de primes.

Ce soir-là dans un relais, deux d’entre eux semblent être tombés sur une partie de la bande. Cassidy vit-il ses dernières heures ?

Critique :
Je n’avais pas aimé le film « La horde sauvage » et jamais été fan des films avec « Butch Cassidy et The Sundance Kid » (avec Paul Newman et Robert Redford), ce qui pourrait faire penser que cet album n’était pas pour moi.

Eh bien, détrompez-vous, malgré l’extrême violence de ce sixième tome, j’ai apprécié de chevaucher aux côtés de la bande de Butch Cassidy, le Wild Bunch (la horde sauvage).

Les dessins des visages sont bien fait, les décors aussi (même s’ils sont peu nombreux à être en grandes cases) et les couleurs chaleureuses.

Malgré mon évident plaisir devant cette nouvelle histoire, je ne me priverai pas pour souligner les petites choses qui auraient pu être améliorées, notamment dans le rythme de l’histoire.

On commence lentement, avec beaucoup de cases par page, beaucoup de dialogues, de détails. Très bien, c’est agréable, le scénariste prend le temps de nous immerger dans l’époque, les lieux, dans la bande et tout ce qui tourne autour (les shérifs, marshals,…), mais ensuite, une fois la course poursuite engagée, cela s’accélère et on manquera de détails sur la communauté dans la montagne.

Et quelques explications n’auraient pas été superflues. Même s’il est impossible d’expliquer pourquoi des gens peuvent tourner de la sorte (et s’y complaire), même avec un prédicateur fort à la tête de leur communauté, un chouia de modération aurait été appréciable, parce que là, ça tourne un peu trop au récit d’horreur et d’épouvante.

C’était exaltant, il y avait de l’action, du suspense, de l’adrénaline, mais une fois l’épisode terminé et le souffle retombé, on en vient à se demander s’il était nécessaire d’en arriver à cette extrémité.

Ce genre d’extrémités sont réelles, elles ont déjà eu lieu, mais bien souvent dans des circonstances bien précises et limitées dans le temps. J’ai dû mal à croire qu’autant de gens puissent continuer de telles pratiques et s’y vautrer dedans. Moi, là, je vire végan de suite.

Anybref (comme le disais une copinaute), cet album est bon, il sait tenir son lecteur (lectrice) en haleine, lui donner envie de se carapater de la montagne en hurlant après sa mère, il y a de quoi lire dans les phylactères, c’est l’aventure avec un super grand A, on a des femmes hors-la-loi qui n’ont pas froid aux yeux, de la chevauchée dynamique, mais il est à réserver à des adultes et je préciserai que certaines scènes pourraient heurter la sensibilité de certains. J’ai grimacé de dégoût, mais je n’ai pas fermé les yeux.

L’Ouest sauvage dans toute sa splendeur… violente !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

John Tanner – Tome 1 – Le captif du peuple des Mille Lacs : Christian Perrissin et Boro Pavlovic

Titre : John Tanner – Tome 1 – Le captif du peuple des Mille Lacs

Scénariste : Christian Perrissin
Dessinateur : Boro Pavlovic

Édition : Glénat (11/09/2009)

Résumé :
1789, Nouveau Monde. John Tanner a 9 ans, il est le fils d’un pasteur fermier qui vit avec ses enfants, sa seconde épouse et deux esclaves noirs dans une petite ferme du Kentucky.

Un matin de printemps que son père est aux champs avec le frère aîné et les boys, John, qui a eu l’interdiction d’aller dehors, parvient à déjouer la surveillance de sa belle-mère et de ses sœurs, et filer en douce. Il est alors kidnappé par deux Indiens Ottawa…

Amené de force dans leur tribu, il est alors adopté par une vieille indienne qui voit en lui la réincarnation de son fils parti quelques mois plus tôt. Par la force des choses, John deviendra un membre à part entière de la tribu, puis un guerrier, et prendra part aux guerres contre les Blancs…

Critique :
La couverture avait attirée mon regard : le dessin de l’Amérindien étais superbe et je me suis laissée tenter. J’ai eu raison, d’ailleurs.

Cette bédé est le véritable récit de la vie du jeune John Tanner, sale gamin qui n’obéissait pas et qui s’est fait enlevé, à l’âge de 9 ans, par deux Indiens Ojibwe.

Le récit de sa captivité n’est pas un long fleuve tranquille.

Remplaçant un fils mort, l’épouse de Manitugeezik, son ravisseur, le considère comme son fils et l’aime, par contre, avec les autres fils, c’est compliqué, sans parler avec Manitugeezik qui, lorsqu’il a bu, a la main lourde.

Le récit prend son temps, notamment en nous montrant la vie dans cette tribu des Indiens Ojibwe : le travail des femmes, des enfants, les règles à suivre, la chasse, avant de basculer sur une autre tribu, celle des Ottawa, mais bien plus pauvre que la première.

Les dessins sont magnifiques, réalistes, détaillés et les couleurs, dans des tons assez doux, donne à l’ensemble un certain cachet, pour ne pas dire un cachet certain.

En 1789, les colons avaient déjà pris possession de beaucoup de terres, mais pas encore de toutes, comme ce fut le cas ensuite. Le scénariste nous retranscrit, au delà de ce récit de captivité horrible, tous les problèmes des Indiens, notamment l’alcool et la peur de perdre leurs terres face à l’avancée de l’Homme Blanc.

Le pauvre John ne trouve pas sa place parmi la tribu, il n’a pas été élevé comme leurs enfants, pleurniche, n’est pas aussi performant qu’eux, a du mal avec la langue.

On se dit que s’il venait, après quelques années, à retrouver les siens, il aurait à nouveau du mal à s’intégrer, étant perçu comme un étranger à la culture, après avoir séjourné dans la culture Indienne. Bref, le pauvre John serait le cul entre deux chaises, non accepté des deux côtés.

Un bel album, un superbe découverte et il me tarde de découvrir la suite.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 89 pages) et Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Le Révérend – Livre 2 – Chasse à l’homme : Lylian, Augustin Lebon et Hugo Poupelin

Titre : Le Révérend – Livre 2 – Chasse à l’homme

Scénariste : Lylian
Dessinateur : Augustin Lebon

Édition : EP – Wanted Collection (29/04/2015)

Résumé :
Affaibli par ses blessures, Angus accepte de laisser derrière lui sa vengeance et de suivre Deborah pour démarrer une nouvelle vie. Mais Cartus, le shérif, enragé par la mort de ces anciens acolytes et la trahison de Deborah, ne les laissera pas fuir si facilement…

Assisté d’une bande de mercenaires sans foi ni loi, il ne cessera sa traque qu’une fois Le Révérend six pieds sous terre…

Critique :
L’album précédent laissait les lecteurs dans un suspense insoutenable et le révérend Angus Whitecross, dans un piteux état.

Cet album va nous donner une plus grande vue d’ensemble sur la jeunesse d’Angus, sur le comment et le pourquoi il est devenu un chasseurs de primes et surtout, ce qu’il s’est réellement passé lors de l’attaque de la diligence.

Le premier album était consacré à la vengeance d’Angus, envers certains personnages, maintenant, c’est le contraire : la chasse à l’homme est ouverte et c’est Angus le gibier.

Qui dit chasse à l’homme, dit rythme endiablé. Peut-être un peu trop… Ça tire dans tous les sens et les hommes perdent leur bon sens lorsqu’il s’agit d’abattre un autre, quel qu’en soit le prix à payer (en vies humaines, bien entendu).

Hélas, si le premier album était surprenant parce qu’il ne servait pas l’histoire de vengeance comme on a l’habitude de la voir, le second nous sert une chasse à l’homme dans tout ce qu’elle a de plus classique, de plus barbare, de plus horrible, non sans vraiment aller au fond des choses, comme d’autres séries western le font.

Effectivement, Le Révérend n’est pas une série pour les enfants, mais j’ai connu des plus violentes, qui ne se gênaient pas pour y aller franco (Durango, Bouncer) dans le registre de la violence.

Les dessins sont toujours plus que réussis, les couleurs ne sont pas trop sombres, dans l’ensemble, c’est une réussite, dommage que le scénario soit trop conventionnel, même si le passé d’Angus possède une surprise.

Malgré tout, c’est une bon diptyque pour celles et ceux qui apprécient les western. Sans être exceptionnel dans le second tome, l’ensemble est des plus correct et je le conseillerais, car il fait passer un moment de lecture agréable, pleine d’adrénaline et de beaux paysages de l’Ouest.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°47], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Brokeback mountain : Annie Proulx

Titre : Brokeback mountain

Auteur : Annie Proulx
Édition : Grasset (2006)
Édition Originale : Close Range (2009)
Traduction : Anne Damour

Résumé :
Brokeback Mountain : un bout de terre sauvage, hors du temps, dans les plaines du Wyoming. Ennis Del Mar et Jack Twist, cow-boys, nomades du désert américain, saisonniers des ranchs, n’ont pas vingt ans.

Ils se croisent le temps d’un été. La rencontre est fulgurante. Ni le temps, ni l’espace, ni les non-dits, ni la société n’auront raison de cet amour – que seule brisera la mort.

Le récit déchirant d’une passion, au cœur des grands espaces américains, ces somptueuses solitudes dont Annie Proulx est sans conteste l’écrivain le plus inspiré dans la littérature américaine contemporaine.

Pour Ang Lee, réalisateur du film adapté du livre, Le secret de Brokeback Mountain qui a obtenu le Lion d’or 2005 à la Mostra de Venise, c’est « une grande histoire d’amour, une complicité totale et honnête entre deux êtres ».

Critique :
Lorsque j’avais vu le film, il y a un sacré bout de temps, j’avais trouvé que c’était une belle histoire d’amour entre deux hommes.

Deux hommes qui ne peuvent vivre ensemble, parce que dans les années 80, on tabasse les homosexuels à coup de démonte pneu…

La discrétion est donc de mise lorsque deux hommes ressentent des penchants l’un pour l’autre et veulent les assouvir.

Pourtant, dans ce court roman, j’ai dû chercher les émotions, l’amour, tant ça ressemblait plus à du sexe entre deux mecs qui se disent l’un à l’autre qu’ils ne sont pas des pédés.

Effectivement, le terme est barbare, mais les gars, faut pas vous leurrer, vous êtes attiré l’un par l’autre et si au départ il n’y avait que du cul entre vous (et de la bite), on dirait bien qu’ensuite, l’amour s’est déclaré, mais que vous ne vouliez pas vous l’avouer.

Rien à déclarer, messieurs ? Si, moi Jack Twist, j’ai aimé Ennis Del Mar, même si je me suis marié et que j’ai un enfant. Ne pas le voir aussi souvent que j’aurais voulu me détruisait à petit feu. Sans doute n’a-t-il jamais compris à quel point je l’aimais…

Quant à moi, Ennis Del Mar, je ne veux pas le dire, mais Jack m’a manqué durant les 4 années où je ne l’ai pas revu et malgré mon mariage, mes deux gamines que j’aimais plus que tout, je n’ai pas hésité à les abandonner sans trop de remords, mais je n’ai jamais osé avouer à Jack mon amour pour lui. Il aurait dû lire entre les lignes, comme vous, chères lectrices.

Effectivement, il faut lire entre les lignes pour voir l’histoire d’amour derrière celle du sexe brutal. Il faut se mettre dans leur peau, dans leur tête, dans l’époque afin de ressentir la peur que pouvait éprouver les hommes qui étaient homosexuels.

Cela permet aussi de comprendre leur mensonge, leur non-dits, leur virilité affichée, leur déni, leur cachoterie et leur mariage, afin de montrer à tout le monde qu’ils étaient « normaux » (attention, je ne dis pas que l’homosexualité est anormale, je parle de la vision que la majorité des gens avaient de l’homosexualité, à cette époque-là).

Maintenant, dans nos sociétés, dans nos pays, il est plus facile de vivre avec une personne du même sexe que vous qu’ailleurs, à d’autres époques. Il est donc facile de les traiter de couards, de dire qu’Ennis a manqué de courage en ne voulant pas s’installer dans un ranch avec Jack, mais en fait, il avait tout simplement trop à perdre. Ne jugeons pas.

Les dialogues entre nos deux hommes sont comme eux, assez bruts, des phrases courtes, avec peu de mots, peu d’adverbes, bref, limités au strict minimum, ce qui donne parfois l’impression d’être avec des cow-boys bouseux de chez bouseux. C’est assez âpre.

De plus, dans le film, nos deux hommes sont sexy, dans la nouvelle, ils puent, ont les jambes arquées, les dents de travers, bref, ils sont plus réalistes mais moins glamour.

Malgré tout, le film est plus émouvant que le roman et, pour une fois, j’ose dire que l’adaptation est mieux réussie que le support littéraire (ce qui est très rare).

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 94 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.