Le polar : Jacques Baudou & Jean-Jacques Schleret

Titre : Le polar

Auteurs : Jacques Baudou & Jean-Jacques Schleret
Édition : Larousse Guide – Totem (10/01/2000)

Résumé :
Depuis vingt ans la littérature policière a gagné en respectabilité. Elle passionne un public toujours plus nombreux, mais parfois incapable de faire son choix parmi plus des sept cents titres inédits publiés chaque année.

L’ambition de ce guide Totem se veut donc « d’être un outil d’initiation suffisamment clair et ouvert pour permettre au lecteur novice de partir rapidement en exploration ».

Sous une forme qui apparaît très proche du Reader’s Digest, cette découverte débute par une partie historique qui résume l’évolution du roman policier en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis, puis dans des domaines comme le cinéma, la télévision, la radio – le théâtre et la bande dessinée étant traités rapidement.

Suit un dictionnaire, copieusement illustré, dans lequel figurent plus de 250 fiches alphabétiques d’auteurs.

Depuis « Les Maîtres du roman policier » de Robert Deleuse, il n’existait pas de guide du polar. Cette lacune est comblée, mais on regrettera que les éditions Rivages, dont on connaît le rôle décisif dans le polar, soient superbement ignorées.

On s’étonnera de l’exclusion de Manchette et d’Ellroy de la liste des cent meilleurs titres.

Certes, on trouve une dizaine d’auteurs allemands – inédits en France –, mais on regrettera l’absence de stylistes français comme Dessaint, Oppel, Pagan, Vargas ou de romanciers étrangers réputés déjà traduits comme Chesbro, Gonzales Ledesma, Lehane, Mankell, Taibo, Willeford, entre autres. –Claude Mesplède

Critique :
Après avoir lu Le Polar Pour Les Nuls, j’ai poursuivi avec cette autre anthologie consacrée au polars en tous genres et le constat est divisé.

Certes, il est copieux, ce recueil, je dirais même plus, trop copieux !

De plus, là où l’anthologie Pour Les Nuls se lisait facilement (un peu tous les jours) et était claire dans sa présentation, ici, c’est plus sombre, il y a bien plus à lire…

Trop à lire ! Alors, je me suis concentrée sur les auteurs que je connaissais ou sur ceux dont je voulais apprendre un peu plus sur leur biographies et j’ai pris bien moins de notes que lorsque je lisais le Polar Pour Les Nuls.

Pourvu de nombreuses illustrations, cette anthologie est plus à prendre comme un dictionnaire des auteurs de polars en tous genres, le livre que l’on sort si l’on a envie de connaîtrez les œuvres majeures et conseillées de tels ou tels auteurs.

La première partie (jusque p123) est consacrée à la fiction policière dans les romans, à la radio, au cinéma, à la télé et en bédé. De quoi, assurément, aller se coucher moins bête et plus lourd de culture policière dans tous ses états.

La seconde partie étant consacrée au dictionnaire en lui-même où l’on nous brosse les portraits des grands auteurs de polars.

Vachement copieux, même si j’ai remarqué des noms absents dans les auteurs de polar, cette anthologie est à réserver pour les inconditionnels du genre, pour ceux qui veulent la garder à portée de main afin de parfaire leurs connaissances en matière de polars de tous poils.

Évitez de la lire d’un coup, ce serait indigeste et lourd sur l’estomac, il y a trop à lire, mais elle sera parfaite sur votre bureau, à portée de main, un fluo non loin pour tenter de dégager la quintessence de tout ça et ne garder que l’essentiel : des titres de livres à ajouter à votre wish-list et ensuite à votre PAL, histoire de ne pas mourir en passant à côté des 100 meilleurs polars (mais ce n’est qu’une histoire de goût, manière de nous donner des idées, on peut ne pas être d’accord avec cette liste où certains auteurs sont absents).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°87.

Sherlock Holmes – Tome 1 : Leah Moore & John Reppion

Titre : Sherlock Holmes – Tome 1

Scénariste : Leah Moore
Dessinateur : John Reppion

Édition : Panini France (2011)

Résumé :
Chaque fois que l’acteur Robert Downey Jr incarne un personnage, il en fait une star ! Après Iron Man, il a ainsi relancé l’intérêt du public pour le personnage de Sherlock Holmes.

Du coup, l’excentrique détective fait une nouvelle percée dans le monde des comics-books.

Leah Moore (fille d’Alan) et John Reppion (qui nous ont proposé récemment leur vision de Dracula dans la même collection) s’intéressent à sa relation ambiguë avec son ennemi juré Moriarty.

Sherlock comics PlancheA_144658Critique :
Si le canon holmésien est « petit » (4 romans, 56 nouvelles), sa déclinaison en œuvres apocryphes est légion.

Bien entendu, les films de Ritchie et la série de Moffat-Gatiss a réveillé les scénaristes qui se sont empressés de nous produire du Holmes à toutes les sauces, tous les genres.

Pour parler de leur qualité, il me faudrait l’aide de De Funès… Mais si, souvenez-vous, dans « La grande vadrouille », quand Stanislas Lefort, chef d’orchestre à l’Opéra de Paris, a terminé la répétition et qu’il les remercie en disant « Messieurs, c’était très bien… Vous là-bas c’était bien… »

Et bien, ici, c’était…. *grimace d’insatisfaction* Non, vous c’était moyen !

Toute la complexité est de concevoir et de rédiger une intrigue fidèle à l’œuvre originelle… Du moins à ses personnages.

Niveau scénario, il y avait du bon… Londres, 1895. Une explosion de grande ampleur détruit totalement le grand entrepôt à la croisée de Challenger Lane et Doyle’s street.

Simultanément, la presse londonienne annonce la visite imminente du baron allemand Albrecht Lothair, et le rédacteur en chef du journal The Comet reçoit un courrier anonyme.

Ce dernier menace des pires représailles la nation britannique, si cette dernière accueille le fameux baron, au cœur des dissensions continentales relatives au statut de l’Alsace-Lorraine.

Sir Samuel Henry, ancien commissaire-adjoint retiré tôt de la police pour raisons de santé, tuberculeux et alité, écrit à Holmes.

Dans ce courrier, il avertit le célèbre détective qu’il a reçu une lettre anonyme par laquelle il apprend que, malgré son état de mourant, il sera assassiné dans sa chambre le lendemain soir à 19h00 ; son absence au fatidique rendez-vous impliquerait alors la mise à feu de nombreux explosifs disséminés dans Londres.

Holmes se voit convié, par le malade lui-même, à le rejoindre dans sa chambre quelques minutes avant l’échéance… avant d’y être retrouvé – suite à une détonation – un pistolet encore fumant en main devant le corps alité et ensanglanté de la victime, par des policiers et un docteur Watson stupéfaits !

Un meurtre en chambre close, un fameux « whodunit » anglais, Sherlock Holmes accusé de meurtre, une enquête, un meurtre à résoudre, des complots et des mystères. What’else ?

Des indices distillés au fil des pages, à vous de les relever – ou pas – afin d’ajouter un petit plus à votre lecture avant que tout ne soit résolu sur un plateau d’argent à la fin.

Génial, non ? Oui, mais le bât blesse quelque part !

Autant le « Sherlock vs Zombies » était bien fichu comme scénario et niveau dessins, autant ici on n’atteint pas un bon niveau dans les dessins.

Les arrières-plans sont monochromes et les personnages, comment dire… On dirait que parfois ils sont atteint de la petite vérole tant ils ont des petits trous noirs sur le visage. On ne pouvait pas agencer les ombres autrement ? C’est moche !

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Le visage de Watson est bouffi, les dessins sont inégaux, l’encrage est un espèce de flou gênant qui finit par faire réellement mal aux yeux, la tête de Lestrade aurait sans doute mieux convenu à Watson et la tête de bouledogue de Watson, avec un peu de travail, aurait pu aller sur celle de Lestrade.

Et Lestrade qui se permet d’appeler le Dr Watson « John »…

Holmes, lui, il est accusé de meurtre, arrêté, il s’évade et est repris bêtement, accusé levez-vous et hop, innocenté au tribunal, qui en aurait douté ?

Si le scénario avait l’air pas mal dans le postulat de départ, à l’autopsie, il se révèle être assez confus.

Les personnages vont et viennent et leurs actions ne sont pas toujours claires car elles sont parasitées par des scènes de remplissage destinées à créer une atmosphère de tension populaire ou à montrer que Holmes sait se battre, entre autre.

De plus, chaque fois qu’on tourne la page, l’histoire nous est contée avec un autre point de vue narratif, on doit faire face à un changements de lieu, de personnages, le tout sans texte de liaison et cela donne un aspect brouillon à la narration, une incompréhension – ggnnn on est où là ?? – et un sentiment qu’une migraine ne va pas tarder à se pointer !

Les dessins m’avaient fait grimacer, les couleurs aussi, les traits, n’en parlons pas… alors, si on y ajoute une narration alambiquée, moi, je démissionne !

Je pourrais résumer en disant « Tout ça pour ça ?? ». Vu le scénario de départ, je m’attendais à mieux… beaucoup mieux !

Je l’avais achetée en 2011, à sa sortie, lue à ce moment-là mais jamais chroniquée. Ma relecture n’a pas sauvé cet album, mon avis est peut-être même encore pire car je n’ai pris aucun plaisir dans ma relecture et j’ai même perdu ma concentration à certains moments.

Point positif, tout de même : Londres donne vraiment l’impression qu’elle est très sale et poisseuse, y compris dans le West End…. Mais ça ne sauvera pas le bazar !

Étoile 2

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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