[Série] Carnivàle – La Caravane de l’étrange : Une série qui te fera bouffer de la poussière

La Caravane de l’étrange (Carnivàle) est une série télévisée américaine en 24 épisodes de 55 minutes, créée par Daniel Knauf et diffusée entre le 14 septembre 2003 et le 27 mars 2005 sur HBO.

La série créée par Daniel Knauf n’a vécu que deux saisons.

1. Synopsis :

Cette série suit la route d’une fête foraine ambulante (Carnivàle) pendant le Dust Bowl des années trente aux États-Unis. Nous sommes en Oklahoma, durant la Grande Dépression de 1934.

Après la mort de sa mère qui le rejetait par peur et après la saisie de ses terres, Ben Hawkins, un jeune homme doté du pouvoir de guérison et de résurrection, évadé de prison, nouvellement sans domicile trouve refuge au sein de la troupe afin d’échapper à la police.

Il est tourmenté par des rêves étranges et prophétiques qu’il partage avec un prêcheur méthodiste, Justin Crowe, vivant en Californie.

Ces deux personnages seront finalement réunis dans une lutte entre le Bien et le Mal qui est tout sauf manichéenne.

Six saisons étaient prévues, il n’y en aura que 2. Avortée pour raison financière (une faible audience non méritée et la nécessité de trouver un budget pour la série Rome), Carnivale est une série remplie de mystère.

Ce que j’en ai pensé (Saison 1 faite à moitié) : Et bien, c’est assez difficile à expliquer. Conquise ou mitigée ?

Pour le moment, je suis conquise, bien que la série soit spéciale et que le fait qu’elle fut stoppée après 2 saisons, risque de me laisser sur ma faim.

Tant pis, ne boudons pas son plaisir de regarder une série où les images sont si belles, les décors naturels somptueux mais désertiques, les costumes bien dans l’air du temps et où on pourrait presque sentir la crasse qui colle aux habits et à la peau de la troupe de forains dont beaucoup ont tout des freaks (monstres) puisque nous avons une femme à barbe, un homme serpent, des sœurs siamoises, un homme énorme en taille et un nain.

Les premiers épisodes sont assez lents et vous permettent de vous installer dans la troupe qui vient d’accueillir à son bord un jeune et beau garçon, Ben Hawkins, doté d’un étrange pouvoir (mais s’il ne le montre que très peu au début et qu’il le cache devant les autres).

Vous prenez vos marques, apprenez à faire connaissance avec les différents membres de la troupe et leurs particularités pour le moins étranges, limite fantastique (comme cette mère, voyante, qui, paralysée et incapable de parler, le fait par télépathie avec sa fille).

Les personnages sont bien travaillés, complexes, nombreux, mais facile à distinguer, tout ces membres de la troupe hétéroclite : il y a Samson, nain et chef de la troupe qui ne jure que par les ordres du Grand Patron, dont on ne voit jamais le visage, ni même la présence.

Nous avons aussi Rita Sue, la call girl, confrontée en permanence aux désirs libidineux des hommes. Lodz, le voyant aux pouvoirs mystérieux (dont celui de pouvoir lire les rêves) et qui partage une étrange idylle avec Lila, la femme à barbe. Sofie, la diseuse de bonne aventure qui prédit l’avenir à travers les cartes grâce aux pouvoirs de sa mère, paralysée et muette, comme je vous le disais.

Mais ce n’est pas tout, en parallèle, nous suivrons la vie d’un pasteur partageant sa vie avec une sœur protectrice et qui possède une foi qui le métamorphosera. Notre pasteur est confronté à l’arrivée de migrants qui ont fui leur région dévastée par le Dust Bowl et la Grande Dépression.

Il y a un peu de l’œuvre de John Steinbeck dans cette série : même époque que dans « Les Raisins de la Colère », même contexte, même personnes qui ont tout quitté pour aller chercher un monde meilleur du côté de la Californie.

Ce qui m’a frappé directement, c’est l’atmosphère ! Celle-ci est restituée avec un soin et une précision qui forcent le respect, et pas seulement dans les décors, les costumes et les mœurs de l’époque.

On sent le travail de fouilles de la part de Daniel Knauf (le créateur de la série) lorsqu’on entend les dialogues, lorsque l’on découvre les préoccupations et les comportements de certains. Un peu comme si on avait mis en scène un récit trouvé dans un journal de voyage de l’époque.

Ici, ça sent la crasse et la sueur mélangée à la poussière (il pleut si rarement qu’on crache de la poussière), la mesquinerie et les peurs irrationnelles, l’ignorance et la crédulité imbécile, l’avidité et la manipulation. Autant de sentiments qui continuent de prévaloir près d’un siècle plus tard. La situation s’est améliorée, mais bien des choses continuent à l’identique.

La crise de 1929 fait naître les mêmes sentiments que celle que nous avons eu (et avons encore) en 2007-2008. Les gens sont plus vulnérables, ils cherchent un bouc émissaire plus proche que les banquiers et sont avides d’entendre ce qu’ils veulent entendre.

Les promesses qu’on leur aurait faites avant auraient été rejetée, mais en ces temps de disette, on s’accroche au moindre espoir, on est avide de ces promesses si joliment dites et qui laissent entrevoir des solutions qui ne sont pas réalistes.

Ben Hawkins et le Frère Justin Crowe… Deux personnages centraux.

Ben est appelé à un destin extraordinaire, à sauver sinon l’humanité, du moins la communauté qui l’entoure et qu’il connaît. Ce destin, il l’atteindra après avoir emprunté des routes tortueuses et lentes, après avoir fait bien des haltes dont l’explication symbolique est parfois difficile à comprendre.

Frère Justin Crowe : affichant une fausse bienveillance derrière laquelle on sent gronder une furie destructrice qui se nourrit d’elle-même… Justin parle avec un timbre chaud, enjôleur et un rien menaçant envers ces ouailles perdues. Iris, sa soeur, vit avec lui et pousse la servitude au-delà de la dévotion ou de la résignation.

Les différents épisodes vont suivre le destin de ces deux hommes, dans une sorte d’allégorie du Bien contre le Mal.

Le principe qui a tout du manichéisme primaire ne laisse en rien présager de la complexité des rapports entre les personnages, secondaires ou non.  Non, ici, c’est plus fort que ce qu’on pourrait penser de premier abord.

Inutile de vous gâcher le plaisir de la découverte, je ne m’étendrai pas plus sur l’histoire. Disons simplement qu’au sein de Carnivàle, nul ne pourra échapper en son destin.

En visionnant cette série, je comprends aussi mieux pourquoi elle n’a pas trouvé son public : très complexe, du fantastique, remplie de mystères, pas de rythme endiablé à la « 24H chrono », trop allusif, trop allégorique, trop symbolique, très difficile à interpréter et encore plus à résumer avec des mots… et trop chère à produire ! En fait,  Carnivale ne pouvait voir le jour que sur la chaîne HBO (celle de « Game of thrones »).

Moi, j’ai trouvé mon bonheur dans cette série dont l’histoire progresse comme une espèce de valse saccadée, hésitante, animée par un rythme parfois trop rapide et ensuite trop lent, comme si le tempo ou la cavalier n’était jamais en accord avec nos attentes.

Ronald D. Moore reconnaissait à l’époque que Carnivàle était certainement l’une des séries les plus compliquées qui ait jamais été produite.  Je le comprends.

Malgré tout, j’espère que seules les voies de Dieu resteront impénétrables et que la saison 2 répondra à toutes mes questions.

All right children, let’s shake some dust !

3. Personnages :

    • Ben Hawkins : Le héros de la série : Retrouvé orphelin sur la route de Milfay, Ben va rencontrer une troupe de forains. Doté d’étranges pouvoirs, il va apprendre à maîtriser le don qu’il possède, tantôt bénéfique, tantôt dévastateur. Le jeune Ben va petit à petit s’intégrer à la troupe, et tisser des liens avec les forains.

  • Samson – Le chef de la troupe : C’est celui qui dirige les forains et qui s’occupe de gérer l’itinéraire de la troupe. Étant nain, il compense sa petite taille par ses qualités d’homme : il sait parfaitement alterner douceur et fermeté, et déploie tous les efforts du monde pour que chaque membre soit satisfait à l’intérieur de la troupe.
  • Clayton « Johnesy » Jones : C’est le chef des ouvriers, il monte et démonte les chapiteaux et s’occupe du transport du matériel. Autrefois grand joueur de baseball, il a dû mettre un terme prématuré à sa carrière à cause d’une violente agression dont il sortit avec une grave fracture du genou, qui le contraint à boiter. C’est lui qui va proposer le premier de recueillir Ben, trouvé sur la route de Milfay.
  • Sofie – La diseuse de bonne aventure : C’est une jeune et charmante diseuse de bonne aventure. Elle vit avec sa mère, Apollonia, qui est atteinte d’un mal qui l’empêche de parler et de bouger. Sofie peut communiquer par télépathie avec cette dernière. Dans sa roulotte, elle exécute les ordres que lui envoie sa mère quant aux sens à donner aux cartes qu’elle tire pour ses clients. Très proche de « Johnesy », elle a un caractère bien trempé, et est appréciée dans la troupe.
  • Professeur Lodz – Le voyant : C’est probablement un des personnages les plus mystérieux de la série. Il a la roulotte la plus luxueuse de la troupe, qu’il partage avec sa bien-aimée, Lila, qui est la femme à barbe de la troupe. Lodz est aveugle, mais il est doté d’étranges pouvoir, qui lui permettent de voir de nombreuses choses. Tout de suite très intéressé par Ben, il va essayer de se rapprocher de ce dernier pour comprendre son pouvoir. C’est le personnage le moins apprécié par le reste de la troupe, probablement à cause de la crainte qu’il inspire aux autres.
  • Ruthie – La charmeuse de serpents : C’est une foraine appréciée, qui tient un show avec des serpents. Son fils Gabriel, doté d’une force herculéenne, l’aide et contribue à son numéro en tordant des bouts d’acier comme s’ils étaient en caoutchouc. Ruthie incarne la figure de la bonne mère, attachante et très sympathique.
  • Rita Sue Dreifuss – La call girl : C’est la strip-teaseuse de la troupe. Cette mère de deux filles, toutes deux déjà adolescentes, se plaît à exhiber ses formes généreuses. Elle tient le show le plus regardé de la troupe, avec l’aide de ses filles Libby et Dora, toutes deux aussi call girls. C’est la femme de Stumpy, qui fait la promotion des shows organisés par la troupe.
  • Le Grand Patron – Patron suprême de la caravane : On ne le voit jamais, il se terre derrière l’immense rideau de sa roulotte. Seul Samson a le droit de pénétrer dans cette dernière, pour recevoir les ordres que lui transmet le Grand Patron. C’est un personnage extrêmement mystérieux, que personne n’a jamais vu, mais que tout le monde craint, à l’exception de Ben…

4. Distribution :

  • Michael J. Anderson (V. F. : Patrice Dozier) : Samson
  • Nick Stahl (V. F. : Alexis Victor) : Ben Hawkins
  • Clancy Brown (V. F. : Paul Borne) : Frère Justin Crowe
  • Amy Madigan (V. F. : Céline Monsarrat) : Iris Crowe
  • Ralph Waite (V. F. : Michel Paulin) : Révérend Norman Balthus
  • Clea DuVall (V. F. : Vanina Pradier) : Sofie
  • Tim DeKay (V. F. : Marc Alfos) : Clayton « Johnesy » Jones
  • Patrick Bauchau (V. F. : Patrick Floersheim) : Professeur Lodz
  • Debra Christofferson (V. F. : Laurence Crouzet) : Lila
  • Diane Salinger : Apollonia
  • Adrienne Barbeau (V. F. : Véronique Augereau) : Ruthie
  • Toby Huss (V. F. : Nicolas Marie) : Felix « Stumpy » Dreifuss
  • Cynthia Ettinger (V. F. : Véronique Alycia) : Rita Sue Dreifuss
  • Carla Gallo (V. F. : Laura Préjean) : Libby Dreifuss
  • Amanda Aday (V. F. : Vanessa Bettane) : Dora Mae Dreifuss

 

« Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, le « Le Mois Américain » chez Titine.

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37 réflexions au sujet de « [Série] Carnivàle – La Caravane de l’étrange : Une série qui te fera bouffer de la poussière »

  1. C’est l’une des plus belles séries que je connaisse.

    Il n’y a pas vraiment de fin puisqu’il n’y a eu que deux saisons mais disons qu’on peut quand même la deviner puisque l’histoire se mêle à l’Histoire.

    Des personnages splendides, une Grande Dépression qui est touchable, un scenario magnifique.

    Elle est sans problème dans mon top 5 de mes séries préférées.

    Aimé par 1 personne

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    • Fallait avoir le câble pour la voir ou aller sur les sites illégaux puisqu’en Belgique, Hadopi, connait pas. De toute façon, c’est illégal et interdit de ralentir l’Internet des gens ou de les en priver. Na !

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  4. Ping : Bilan du Mois Américain : Septembre 2015 | The Cannibal Lecteur

  5. Hello

    Hé ben j’en avais vu quelques épisodes jadis… Je la trouvais pas mal cette série, et je regrettais de n’avoir pas pu voir tous les épisodes de la première saison, restant sur ma faim… J’avais espéré la voir un jour sur une chaîne grand public (on redifuse en boucle des séries de vampires et de loup garous sur la TNT en France… pourquoi pas celle là? Ah oui j’oubliais… rythme trop lent… qui demande de réfléchir… pas de manichéisme bon marché… pas de jolies images proprettes actuelles permettant de placer des produits à la mode…). Si elle s’arrête au bout de la deuxième saison en laissant ses spectateur sur leur faim… pas certaine de faire l’effort de la trouver… 😉

    Aimé par 1 personne

    • Oui, les séries merdiques marchent mieux et repassent en boucle parce que ça laisse du temps de cerveau disponible pour les annonceurs pub !

      Ce fut le même avec Deadwood, trois saisons et puis s’en vont sans nous donner de vraie fin. Et elles sont légions, les bonnes séries dont nous ne saurons jamais la fin, nous laissant sur notre faim, enfin !

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