Calvin et Hobbes – Tome 9 – On n’arrête pas le progrès ! : Bill Watterson

Titre : Calvin et Hobbes – Tome 9 – On n’arrête pas le progrès !

Scénariste : Bill Watterson
Dessinateur : Bill Watterson

Édition : Hors collection (2011)
Édition Originale :
Traduction : Laurent Duvault

Résumé :
Calvin est un petit garçon comme les autres qui adorent se raconter des histoires. Il imagine des aventures extraordinaires avec tigre en peluche, Hobbes, doué de parole.

Une création originale de Bill Watterson, qui a su séduire un large public par son inventivité, son humour et son intelligence.

Critique :
Qui c’est qui fout le bordel dans la maison ? Qui c’est qui ne veut jamais que ses parents passent une soirée tranquille au resto ? Qui c’est qui a fait monter le prix du baby-sitting ?

Ben c’est Calvin, bien entendu ! Et après avoir enfermé sa baby-sitter dehors, je pense que le prix va tripler !

Calvin & Hobbes, c’est un de mes duos préférés. Gamine, j’adorais Boule & Bill (je les aime toujours), mais ils étaient bien plus sage que le duo créé par Bill Watterson.

Non, Calvin n’est pas un gentil petit garçon, que du contraire, il est capable de rendre tout le monde chèvre par ses bêtises, ses réflexions et ses excuses pour ne pas faire ses devoirs. Son imagination est débordante, tantôt il se voit en T-Rex dans la cour de l’école, en géant, en Spiff le spationaute ou en Hyperman, un super-héros.

Bien que l’on n’ait pas envie de l’avoir comme petit frère ou comme fils, Calvin reste un personnage plus qu’attachant et ses réflexions ne sont jamais dénuées de vérité. Un philosophe en culottes courtes et au t-shirt rayé.

Quant à son tigre parlant (peluche ou pas ? Mystèèèèère), bien qu’il vendrait toute la famille pour une boîte de thon, bien qu’il s’amuse à sauter sur Calvin lorsque ce dernier rentre de l’école, il est encore plus sarcastique que son jeune ami.

Si la série ne donne jamais de dates ou de références permettant de la situer dans le temps, on peut tout de même la situer dans les années 80/90, bien avant l’apparition des téléphones portables, des smartphones, de lecteurs DVD ou autres gadgets de notre époque.

Cela lui permet avant tout de rester intemporelle et de bien vieillir. De toute façon, la critique de la société américaine, faite par l’auteur, est elle-même intemporelle.

Anybref, les albums de Calvin & Hobbes, ce sont des petits bonbons acidulés, que l’on a envie de bouffer toute la journée, mais que l’on suçote avec parcimonie, pour ne pas arriver trop vite à la fin du paquet (bah, on recommencera à relire les 24 tomes), afin de faire durer le plaisir le plus longtemps possible.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Blackwater – 01 – La Crue : Michael McDowell

Titre : Blackwater – 01 – La Crue

Auteur : Michael McDowell
Édition : Monsieur Toussaint Louverture (07/04/2022)
Édition Originale : Blackwater, book 1: The Flood (1983)
Traduction : Yoko Lacour et Hélène Charrier

Résumé :
Alors que les flots sombres et menaçants de la rivière submergent Perdido, une petite ville du sud de l’Alabama, les Caskey, une riche famille de propriétaires, doivent faire face aux innombrables dégâts provoqués par la crue.

Mené par Mary-Love, la puissante matriarche, et par Oscar, son fils dévoué, le clan s’apprête à se relever.

Mais c’est compter sans l’apparition , aussi soudaine que mystérieuse, d’Elinor Dammert, jeune femme séduisante au passé trouble, dont le seul dessein semble être de s’immiscer au cœur de la famille Caskey.

Critique :
« Puisque vous ne m’avez pas crue, vous m’aurez cuite », comme le disait si bien Jeanne D’Arc sur le bûcher. La ville de Perdido (Alabama du sud) pourrait dire (si elle savait parler) : « Le jour de la crue, j’ai été cuite ».

Submergée par les flots de la Perdido et de la Blackwater, la ville est recouverte d’eau, de boue, tout est dévasté.

La première chose qui m’a attiré, dans cette saga de 6 romans, ce sont les couvertures ! Purée, elles sont magnifiquement ouvragées. Alors, pourquoi pas ?

Ce premier tome pose les bases de la famille Caskey, une famille qui a fait fortune dans le bois, avec une scierie. Nous sommes en 1919 et à cette époque, les Noirs peuvent servir les Blancs, mais pas s’asseoir à leur table.

Les premières pages du livre sont intrigantes : la crue a eu lieu et Oscar Caskey, en barque avec Bray, un de ses employés (Noir), trouve une femme dans l’hôtel de la ville. Elle n’a pas été prévenue de la crue. Bizarre, bizarre se dit Bray (et les lecteurs aussi). Surtout lorsqu’il remarquera la hauteur où l’eau s’est arrêtée, à ce premier étage !

Elinor est un personnage énigmatique. Le côté fantastique vient d’elle. Sans en dire plus, soit les mystères qui l’entourent n’en sont pas (effet d’optique dû au soleil), soit il y a un truc qui sent mauvais dans son cas. Pour moi, ça pue, méfiance !

On ne peut pas dire que l’action est présente dans ce premier tome. Et pourtant, j’ai eu du mal à le lâcher. Les mystères qui entourent le personne d’Elinor, m’ont happé, tel le courant puissant de la rivière.

De plus, j’ai apprécié les autres personnages, même si nous sommes en présence d’une mère limite castratrice, qui ne veut pas que ses enfants partent ailleurs, que son fiston se marie… Mary-Love, puissante matriarche du clan Caskey, est une roublarde, mais elle pourrait tomber sur pire qu’elle.

Oui, à Perdido, ce sont les hommes qui bossent, mais ce sont les femmes qui décident, qui tirent les ficelles, qui manipulent. Girl power ! Attention, les femmes Blanches, bien entendu. N’oubliez pas que nous somme en Alabama du Sud et en 1919 ! Machiavel pourrait trouver à qui parler, avec certaines femmes, dont Mary-Love et Elinor.

La plume de l’auteur est aussi fluide que les cours d’eau, elle glisse toute seule et on a envie de voguer sur les flots de ces deux rivières qui se rejoignent en créant un tourbillon mortel. Merde alors, je viens de succomber aussi à la maladie de l’année : Blackwater ! Paraît que ça se soigne facilement, en lisant tous les tomes. Je vais me soigner, alors !

Sans que ce soit le livre de l’année, l’univers mis en place par l’auteur m’a bien plu, sans pour autant que je puisse vous dire précisément pourquoi. Sans doute grâce au contexte historique (ségrégation raciale), à cette famille peu ordinaire et au personnage mystérieux de Elinor, que l’on n’arrive pas à cerner.

Les tensions, les secrets cachés, le petit côté fantastique maîtrisé, tout ça m’a fait plonger dans ce roman avec plaisir. Je compte remettre mon maillot de bain et aller à nouveau nager dans les eaux troubles de la famille Caskey prochainement.

Alors, qui plongera aussi ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°41] et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Nuit noire, étoiles mortes : Stephen King

Titre : Nuit noire, étoiles mortes

Auteur : Stephen King
Édition : Livre de Poche Fantastique (2014) – 624 pages
Édition Originale : Full dark, no stars (2010)
Traduction : Nadine Gassie

Résumé :
1922
Un fermier du Nebraska assassine sa femme avec la complicité de leur fils pour l’empêcher de vendre sa propriété à un éleveur de porcs. Le début d’une véritable descente aux enfers dans un univers de violence et de paranoïa.

Grand Chauffeur
Une auteure de polar se fait violer sauvagement au bord d’une route. Rendue à moitié folle par l’agression, elle décide de se venger elle-même de l’homme et de son effrayante complice…

Extension Claire
Un homme atteint d’un cancer, fait un pacte faustien avec un inconnu : en échange d’un peu de vie, il vend un ami d’enfance dont il a toujours été jaloux pour souffrir (ô combien !) à sa place…

Bon Ménage
Une femme découvre par hasard qu’elle vit depuis plus de vingt ans aux côtés d’un tueur en série. Que va-t-il se passer maintenant qu’il sait qu’elle sait…

Critique :
1922, l’épouse d’un fermier veut vendre les 100 acres de bonne terre (putain, des bonnes terres), afin qu’une société y installe son usine à abattre des cochons, ce qui apportera de la pollution dans la rivière.

Son époux, fermier de son état ne veut pas (comme je le comprend, quand on aime la terre, on ne la vend pas), alors, il tue sa femme…

— Oui, vas-y, étrangle-là, fout-la dans le puit !
— Rhô, ce n’est pas bien de penser ça, me souffle ma conscience. On ne tue pas pour des terres, fussent-elles bonnes.
— Oh, sa femme, la chieuse, veut les vendre, foutre le camp ailleurs et ne pense même pas à son gamin, qui n’aura plus de terres à hériter, plus tard. La terre, ça ne se vend pas. Hop, dans le puit, la chieuse !

Une écrivaine se fait violer sur le bord de la route.

— Vengeance ! Flingue ce salopard de violeur, je suis d’accord avec toi.
— On ne peut pas se faire justice soi-même ! me crie une fois de plus cette foutue conscience qui ne me laisse pas tranquille.
— La Justice, c’est comme la vierge Marie : à force de ne pas la voir, le doute s’est installé !
— Non, elle ne peut pas tuer son violeur, elle doit aller porter plainte à la police !
— Pfff, la police, elle ne la croira pas, elle lui demandera si elle ne l’a pas un peu cherché et si les flics interrogent l’enfoiré, il dira qu’ils sont eu des rapports sexuels un peu plus violents, mais qu’elle était d’accord. Alors, une balle entre les deux yeux et l’affaire est réglée !

La troisième histoire, assez courte, met mal à l’aise, en cause un personnage qui n’a aucun remords, même pas un soupçon… Quant à la quatrième et dernière, je l’ai moins aimé, elle m’a semblée fort longue dans son développement et je me suis un peu ennuyée, jusqu’au final.

Une fois de plus, le King m’a transformé en lectrice haineuse, appelant ou cautionnant les meurtres, sans que cela me pose problème. C’est grave ? Ce serait un effet King ?

Ne cherchez pas des étoiles dans ces pages, tout y est sombre, tout n’y est que noirceur de l’âme humaine. Pourtant, au départ, nous étions en présence de gens ordinaires, pas d’assassins. Oui mais voilà, les circonstances ont fait qu’ils ont basculés du côté obscur de la Force, à tort ou à raison.

La question que je me pose souvent : et moi, qu’aurais-je fait à leur place ? Pourrais-je tuer pour des terres ? Oups, oui. Pourrais-je tuer pour me venger ? Oui, absolument. Serais-je prête à passer un contrat avec le diable et transformer en enfer la vie d’une personne que je n’aime pas ? Oh oui, oh oui, oh oui. Survivre au fait d’apprendre que mon mari est un serial killer ? Là, plus compliqué, faut des épaules solides.

Mais aurais-je le courage (ou la folie) de tuer vraiment ? Là, j’en suis moins sûre. Le vouloir, c’est une chose, le faire, c’en est une autre.

L’art de la nouvelle n’est jamais facile, mais Stephen King a toujours su tirer son épingle du jeu et, une fois de plus, il nous offre des nouvelles sombres, sans lumière, sans rédemption, sans même une once de regret ou de prise de conscience dans les esprits de ceux et celles qui ont franchi la ligne rouge.

Malheureusement, si j’ai aimé cette lecture, je n’ai pas vibré comme il m’arrive de le faire, d’habitude, avec les récits du King. Attention, ces nouvelles sont bonnes, noires, sombres, mais elles manquaient parfois d’émotions brutes, comme l’auteur est capable d’en faire naître dans mon petit coeur.

Sans regretter cette découverte, ce roman ne me marquera pas au fer rouge comme d’autres ont pu le faire (ÇA, Misery, Shining, Simetierre, La ligne verte, Dolores Claiborne, Docteur Sleep).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°30], Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04 : Douglas Preston et Lincoln Child

Titre : Les croassements de la nuit – Inspecteur Pendergast 04

Auteurs : Douglas Preston et Lincoln Child
Édition : J’ai Lu Thriller (2016) – 604 pages
Édition Originale : Still life with crows (2003)
Traduction : Sebastian Danchin

Résumé :
Medicine Creek, un coin paisible du Kansas.
Aussi, quand le shérif Hazen découvre le cadavre dépecé d’une inconnue au milieu d’un champ de maïs, il se demande s’il ne rêve pas : le corps est entouré de flèches indiennes y sur lesquelles ont été empalés des corbeaux.

Œuvre d’un fou ? Rituel satanique ? Il faut le flair de Pendergast, l’agent du FBI, pour comprendre que cette sinistre mise en scène annonce une suite.

Qui sème parmi les habitants une épouvante d’autant plus vive qu’il ne fait pas l’ombre d’un doute, pour Pendergast, que le tueur est l’un d’eux…

Critique :
Ma première rencontre avec le personnage de Pendergast avait eu lieu il y a longtemps et entre lui et moi, le courant n’était pas du tout passé (La chambre des curiosités).

Et puis, un jour, ma copinaute Sharon a posté une chronique sur ce roman-ci et cela m’a donné l’envie de le lire (l’envie d’avoir envie ♫).

Grâce à elle, j’ai fouillé les bouquineries, trouvé le roman (acheté le roman) et sa lecture ne fut qu’une formalité de même pas deux jours, c’est dire s’il se lit tout seul.

Pourtant, les enquêtes de Pendergast ne sont pas de celles où l’on s’agite dans tous le sens, où notre homme en costume sombre court dans tous les sens. Que du contraire, Pendergast est un épicurien, il prend le temps de boire son thé vert, de mener son enquête à son aise, le tout avec l’estomac bien accroché.

Désolée pour ceux ou celles qui mangent, mais les crimes ne sont pas propres du tout, c’est même à la limite du dégueulasse, du gore, comme si un espèce de loup-garou leq avait commis.

Pas de panique, le coupable est bien de notre monde, même si, pour résoudre cette enquête, notre enquêteur du FBI, issu d’un croisement improbable entre Sherlock Holmes (pour son esprit de déduction), Columbo (pour son calme en toute circonstance), un vampire (qui n’aurait rien contre la lumière du jour) pour son élégance et un Indien pour sa science de se déplacer en silence, va remonter le temps dans son esprit afin d’en savoir plus sur un massacre datant du siècle dernier.

Les auteurs nous font découvrir un autre trou du cul de l’Amérique : Medicine Creek, petite bourgade paisible du Kansas et petite bourgade qui se meurt lentement, dû à l’érosion démographique et au fait qu’il n’y ait rien dans le coin, si ce n’est une usine à transformer des dindes et qui ne donne envie à personne d’en manger !

Progressant dans un village où tout le monde se connait, où tout le monde connait tout le monde (l’esprit de clocher était présent), l’enquête de Pendergast va le mener dans une course poursuite des plus éprouvantes pour mon petit cœur et des plus épouvantable, pour les autres. Chocottes garanties !

Tout compte fait, renouer avec Pendergast m’a fait du bien, même s’il est too much puisqu’il cultive des tas de qualités (intelligent, riche, calme, cultivé, bien sapé, poli). Son duo avec Corrie Swanson était des plus intéressants, puisque tous les deux aux antipodes l’un de l’autre.

Un bon thriller, bien gore, bien violent, avec un final assez long, rempli de suspense, de sang, de peurs et de violences. Et un inspecteur même pas décoiffé, je parie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°29], et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Nous sommes les chasseurs : Jérémy Fel

Titre : Nous sommes les chasseurs

Auteur : Jérémy Fel
Édition : Rivages (06/10/2021) – 720 pages

Résumé :
Dans un univers sombre et magnétique, où les époques et les lieux se superposent jusqu’au vertige, Gabriel, Damien ou Natasha se débattent avec de vieilles peurs héritées de l’enfance et leurs pulsions les plus inavouables.

Jérémy Fel entraîne ici son lecteur dans un imaginaire éblouissant, où cruauté et trahison règnent en maître.

Comme dans un palais des glaces, les destins se répondent et se reflètent, créant un monde où visible et invisible, réel et fiction, se confondent.

Critique :
Caramba, encore une lecture foirée ! Une fois de plus, je suis passée royalement à côté d’un roman, alors qu’il était conseillé par plusieurs blogueurs de ma connaissance.

Sur Babelio, la majorité des critiques sont positives, même…

Oui mais voilà, je suis restée dubitative devant un tel récit, me paumant régulièrement, me demandant où j’avais mis les pieds.

Si mon précédent pavé (W3 – Le mal par le mal) avait été lu facilement, dans celui-ci, je me suis embourbée assez vite, avant de m’extraire de l’ornière et puis d’y replonger ensuite.

L’écriture de Jérémy Fel est facile à lire, le problème n’est pas venu de là, mais de son roman, mélange audacieux de roman policier, de roman noir, gothique, le tout assaisonné d’une sacrée dose de fantastique puisque l’assassin spécial du chapitre deux, jamais Agatha Christie n’aurait osé le faire.

Ce roman est divisé en dix chapitres, chacun semblant indépendant des autres et donnant l’impression que l’on se trouve dans un recueil de longues nouvelles, chacune n’ayant aucun rapport avec la précédents. Oui mais non, c’est plus complexe qu’un mélange de la réalité et de la fiction.

Il y a bien un fil rouge, ténu, qui relie le tout ensemble, la narration sautant dans le temps, avec les personnages, passant des ponts, mélangeant le tout, comme si l’auteur avait voulu me rendre soule avec son récit (ou que je lâche prise, ce que j’ai failli faire 36 fois) qui saute les époques et les lieux.

Les histoires s’entremêlent, les époques se chevauchent, les gens se croisent, le tout dans une atmosphère angoissante, puisque nous sommes avec le Mal sous toutes ses formes.

On pourrait dire qu’il s’agit d’une cartographie du Mal et que je n’avais pas le plan, ni de GPS, ni de petits cailloux blancs puisque j’ai loupé une partie des fils rouges, ce qui fait que je me suis perdue, que je me suis ennuyée, passant par des chapitres qui m’ont plu alors que d’autres m’ont laissées dans une torpeur littéraire qui ont failli avoir raison de mon acharnement.

Le récit est assez violent, on a droit à tout : inceste, pédophilie, meurtres, cruauté, de barbarie nazie, de manipulations mentales, de tueur en série, de mère mettant leur enfant dans un four, de cannibalisme, de personnes se suicidant toutes ensembles…

Un roman audacieux, je le conviens, mais qui ne me convenait pas du tout. Je conseillerai d’ailleurs aux futurs lecteurs et lectrices de l’aborder lentement, sans se presser, car si vous voulez le dévorer, il vous résistera et comme moi, vous passerez loin de lui…

J’avais l’esprit trop cartésien, sans doute, au moment où j’ai ouvert le livre. Ou alors, j’aurais dû regarder de plus près où je mettais les pieds, afin de ne pas me faire surprendre par un spectre, qui n’était pas celui de Scrooge.

C’est sombre, c’est tortueux, l’auteur ne se refuse rien, mélange les genres littéraires, nous faisant voir les racines du Mal, et moi, je suis resté en gare, laissant le train partir sans moi… Dommage, parce qu’il avait tout pour me plaire, ce roman mettant en scène divers prédateurs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°26] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Le convoyeur – Tome 3 – Ces ténèbres qui nous lient : Tristan Roulot et Dimitri Armand

Titre : Le convoyeur – Tome 3 – Ces ténèbres qui nous lient

Scénariste : Tristan Roulot
Dessinateur : Dimitri Armand

Édition : Le Lombard (20/05/202)

Résumé :
La « Rouille » a peut-être fait disparaître toute trace de fer, mais pas celui qui caractérise la volonté de Minerva. Scientifique devenue sorcière aux yeux du monde, elle a juré de retrouver l’homme qu’elle aime. L’homme qui l’aima avant de répondre à l’appel et devenir le Convoyeur. Ou plutôt… un Convoyeur !

Minerva s’est adjoint les services du Renifleur pour mener à bien sa mission. Mais une femme seule peut-elle faire face à l’inexorable destin de l’humanité, cette multitude au visage unique qu’est le Convoyeur ?

Critique :
Avec les deux premiers tomes aussi emballant, la barre avait été placée très haute et j’attendais donc beaucoup de ce troisième album. Il ne m’a pas déçu, que du contraire.

L’action est omniprésente et les surprises aussi. Déjà que le précédent en recelait déjà de nombreuses.

Le personnage féminin de Minerva la chasseresse est bien réalisé, sans être trop badass, même s’il ne faut pas aller la chercher. Elle a ses failles, ses faiblesses, notamment son amour pour Kivan, son époux disparu.

L’univers post-apo est toujours aussi riche, intéressant et les dessins de Dimitri Armand sont un régal pour les yeux du lecteur (et de la lectrice). Que ce soit les dessins des différents personnages, des décors de forêts, villages, ruines, des combats, des poursuites… Tout y est parfaitement bien esquissé. Les couleurs parachèvent le tout.

Mélangeant la SF, le post-apo, le western, le fantastique, la dystopie, cette série est bien fichue et pour le moment, ne m’a apporté que du plaisir de lecture, me donnant autre chose à lire que ce que je connais, même si l’Humain, mutant ou non, reste le même que sur notre Terre : cupide !

Bien entendu, avec un tel univers, c’est lugubre. Les champignons ne cachent pas les charmantes maisonnettes des Schtroumpfs. Le scénario reste intéressant, riche en découvertes, en surprises et nous ne savons pas encore tout, l’album se terminant, une fois de plus, sur une dernière case qui nous fait rager car il va falloir attendre pour savoir ce qu’il se passera ensuite.

Vivement la suite et j’espère qu’elle sera toujours à la hauteur du programme qu’on nous a offert jusqu’à présent !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°19] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

 

La Conspiration des Fantômes – David Ash 02 : James Herbert [Par Dame Ida, Tourneuse de Tables, de Têtes et de Serviettes]

Titre : La Conspiration des Fantômes – David Ash 02

Auteur : James Herbert
Édition : Milady (2010)
Édition Originale : The ghosts of sleath (1994)
Traduction : Thierry Arson

Présentation Babelio :
Rien ne semblait pouvoir troubler la tranquillité de Sleath, un petit village paisible au cœur de la campagne anglaise… jusqu’à ce que les fantômes apparaissent et une succession d’événements aussi bizarres que terrifiants.

David Ash, enquêteur spécialisé dans les phénomènes, paranormaux, tourmenté par les sombres secrets de son propre passé, est appelé pour élucider la situation, et ce qu’il découvre va le conduire au bord de la folie. Car Sleath est loin d’être le paradis auquel voudraient croire ses habitants, et si les morts sont revenus pour l’anéantir, ce n’est pas par hasard !

L’avis de Dame Ida :
Je n’avais pas vraiment eu de chances dernièrement dans ma quête du grand frisson fantastique…

Une histoire de loup-garou machiste que j’ai abandonnée pour éviter d’exploser le tensiomètre tant le personnage principal était parfaitement imbuvable…

Une série sur un ersatz de monstre du loch Ness qui s’est transformée en histoire sentimentale (sympathique certes, mais ce n’était pas ce que je recherchais alors)…

Il fallait d’urgence que je me refasse !

Je partais donc sur une très classique histoire de fantômes pour me remettre de ces émotions inattendues et enfin claquer des dents à m’en faire péter toutes mes couronnes, pour la plus grande joie de mon dentiste.

Et ben chuis ben aise à m’boudène ! Ou autrement dit, je suis heureuse de n’être pas fâchée de me pâmer de satisfaction, parce que ça déchirait délicatement sa race.

Non seulement les fantômes s’en prennent aux vivants… Mais en plus ils s’en prennent même à d’autres fantômes ! Et pas à n’importe quels fantômes !!! Non Madame ! Ils s’en prennent aux fantômes des gens qu’ils sont conduits eux-mêmes de vie à trépas !

Et oui, leur sadisme peut vous suivre au-delà de votre mort !!!

Bref, vous m’avez comprise : mieux vaut éviter de décéder dans le bucolique village de Sleath !

Enfin une histoire avec des vrais fantômes animés de mauvaises intentions !

Enfin des personnages principaux sympathiques même si chacun à leurs manière ils ont quelque peu morflé ! Et oui, notre enquêteur du paranormal qui ne croit pas trop au paranormal mais un peu quand même parce que… je ne vais pas non plus spoiler… a un peu tendance à lever le coude plus qu’il ne le faudrait.

Mais bon l’alcool est le partenaire séculaire des enquêteurs cabossés n’est-il pas vrai (même s’il est recommandé par les professionnels de santé de modérer sa consommation et, par la police, de n’avoir pas bu avant de prendre le volant!) ? C’est un cliché un peu malheureux. J’aurais préféré notre enquêteur dépendant au Xanax ou affecté de ne je sais quel équivalent de trouble anxieux.

Et ce qui ne gâche rien, c’est que l’auteur nous distille un savant suspens qui monte crescendo, et des rebondissements scénaristiques auxquels je ne m’attendais pas trop, suivant sagement et passivement ma lecture.

L’écriture est cependant assez standard. C’est vrai qu’avec les traductions (traduire c’est trahir un peu, dit-on) ont toujours un peu tendance à éroder les éventuelles originalités stylistiques des auteurs étrangers, et que peu de livres parviennent à se distinguer sur ce registre.

Cela étant cette écriture plutôt simple a un côté « cinématographique ». Disons qu’en suivant cette narration d’une grande précision, les informations et détails amenés par l’auteur m’ont conduite assez facilement à visualiser les lieux et les scènes.

Pourtant, le texte n’est pas réduit à du factuel descriptif, loin s’en faut. Sans que cela ne se transforme en roman psychologique, les mouvements introspectifs des personnages principaux voire secondaires dans une moindre mesure, se déploient de manière suffisante pour les rendre vivant, et palpables.

Ai-je trouvé quelques longueurs parfois ? Humm… Joker ! Je vous laisserai vous faire votre avis sur la question parce qu’en ce moment où je suis un peu surmenée, j’ai un peu tendance à piquer facilement du nez quand je lis. Forcément, quand on relis quatre fois la même page, ça paraît un peu long, non ?

Alors…  Qu’est-ce qui vient du livre ? Qu’est-ce qui vient de moi ? Soyons honnêtes, c’est certainement à 70 % de mon fait.

Et puis dans beaucoup de romans, la progression de l’action n’est pas homogène, s’emballant dans certains passages et se ralentissant dans d’autres. Alors faut-il vraiment parler de longueur ? Je laisserai à vos éminentes sagacités la responsabilité d’un avis à ce propos.

Bref, c’est le genre de romans que j’aimerais bien voir adapté en film, et de préférence un soir Halloween, ou par une nuit d’orage.

Bon… Ce n’est pas du Stephen King non plus… Mais c’est très très très correct du début à la fin.

L’étrange traversée du Saardam : Stuart Turton

Titre : L’étrange traversée du Saardam

Auteur : Stuart Turton
Édition : Sonatine (03/03/2022) – 592 pages
Édition Originale : The Devil and the Dark Water (2020)
Traduction : Fabrice Pointeau

Résumé :
1634. Le Saardam quitte les Indes orientales pour Amsterdam. À son bord : le gouverneur de l’île de Batavia, sa femme et sa fille. Au fond de la cale, un prisonnier : le célèbre détective Samuel Pipps, victime d’une sombre affaire.

Alors que la traversée s’avère difficile et périlleuse, les voyageurs doivent faire face à d’étranges événements.

Un symbole de cendres apparaît sur la grand-voile, une voix terrifiante se fait entendre dans la nuit, et les phénomènes surnaturels se multiplient. Le bateau serait-il hanté, ses occupants maudits ?

Aucune explication rationnelle ne semble possible. Et l’enquête s’avère particulièrement délicate, entre les superstitions des uns et les secrets des autres.

Critique :
Le Saardam n’est pas un désert qu’il faut traverser, non, c’est juste le nom d’un bateau, un indiaman, pour être précise et sa traversée va être des plus étranges…

Qualifier ce roman d’aventures, mi-polar, mi-historique, mi-fantastique, de spécial serait réducteur et pourtant, c’est le mot qui le qualifiera le mieux.

1634… Nous embarquons sur un indiaman de la compagnie néerlandaise des Indes orientales, partant de Batavia (pour les GPS contemporains, inscrivez Jakarta), les cales remplies d’épices et d’une cargaison mystérieuse, secrète.

Nous partîmes 300 (marins, mousquetaires, capitaine, passagers, nobles) et par de promptes emmerdes, décès, assassinats, disparitions, nous terminâmes cette traversée étrange avec beaucoup moins de monde.

Ce roman pourra sa classer dans la catégorie des inclassables ou de ceux difficiles à cataloguer, en raison des nombreuses étiquettes qu’il coche, bien que le roman policier historique soit le plus prégnant.

Le personnage de Sammuel Pipps a tout d’un Sherlock Holmes et son acolyte, Arent Hayes, a tout d’un Watson bodybuildé et bagarreur.

Inconvénient de l’affaire, notre enquêteur chevronné est aux fers, avec interdiction de sortir et donc, impossible pour lui d’enquêter sur les évènements étranges qui frappent le Saardam, comme s’il était victime d’une malédiction, celle de Old Tom.

Les meurtres en huis-clos sont les plus étranges, ici, navigant sur l’océan, nous entrons dans une autre dimension : personne n’a pu monter à bord ou s’en échapper et lorsqu’un meurtre aura lieu dans un cabine hermétiquement fermée, le huis-clos prendra encore plus d’ampleur, surtout qu’il a un arrière-goût de fantastique, de sorcellerie, de malédiction…

Possédant le pied marin, c’est avec enthousiasme que je suis montée sur le pont du Saardam et le mal de mer m’a pris par surprise, alors que tout le monde embarquait et que ça n’en finissait pas…

La mise en place traîne en longueur et il faut attendre encore d’être arrivé à la moitié pour que tout bouge enfin un peu plus. Il y a une profusion de personnages et s’ils sont bien tous décrits et reconnaissables, j’ai réussi à en confondre deux, malgré l’index dans les premières pages (le Chambellan Cornelius Vos et le Marchand-chef Reynier van Schooten).

L’auteur a réussi à me faire perdre le Nord, mélanger bâbord et tribord, confondu la proue et la poupe, tant son récit était mystérieux et que je ne parvenais pas à trouver les solutions à tous ces phénomènes étranges qui arrivaient aux passagers du Saardam.

D’où proviennent les voix qui parlent aux gens durant leur sommeil, qui a peint les signes sur la grande voile et gravé dans les caisses ? Qui est ce huitième bateau qui n’apparaît que la nuit ?

Sans les explications finales, je n’aurais jamais trouvé et si j’ai apprécié me faire balader de la sorte, avec 100 pages de moins, le rythme aurait été plus soutenu (la palissade, je sais). Le début fastidieux m’a fait boire la tasse.

Oui, la résolution était bien trouvée, digne d’un grand roman policier. Elle était inattendue, sans pour autant égaler le truc de ouf qu’il y avait dans le premier roman (Les sept morts d’Evelyn Hardcastle).

Attention, la résolution comportait une sacrée touche d’originalité que je n’ai pas vu venir. Le fantastique est expliqué, on reste dans le rationnel, alors que dans le premier roman, nous étions sans contestation aucune dans du fantastique.

Si j’avais lu les romans dans le désordre, j’aurais sans doute au plus de plaisir, puisque j’aurais monté de niveau. Ici, par rapport au précédent, cela fait un peu pâle figure, tout en restant un formidable roman d’aventures en mer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°008] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

La Traversée des Temps – 02 – La Porte du ciel : Eric-Emmanuel Schmitt

Titre : La Traversée des Temps – 02 – La Porte du ciel

Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Édition : Albin Michel (03/11/2021) – 581 pages

Résumé :
L’éternité n’empêche pas l’impatience : Noam cherche fougueusement celle qu’il aime, enlevée dans de mystérieuses conditions.

L’enquête le mène au Pays des Eaux douces la Mésopotamie où se produisent des événements inouïs, rien de moins que la domestication des fleuves, l’irrigation des terres, la création des premières villes, l’invention de l’écriture, de l’astronomie.

Noam débarque à Babel où le tyran Nemrod, en recourant à l’esclavage, construit la plus haute tour jamais conçue. Tout en symbolisant la grandeur de la cité, cette Tour permettra de découvrir les astres et d’accéder aux Dieux, offrant une véritable « porte du ciel ».

Grâce à sa fonction de guérisseur, Noam s’introduit dans tous les milieux, auprès des ouvriers, chez la reine Kubaba, le roi Nemrod et son architecte, son astrologue, jusqu’aux pasteurs nomades qui dénoncent et fuient ce monde en train de s’édifier.

Que choisira Noam ? Son bonheur personnel ou les conquêtes de la civilisation ?

Dans ce deuxième tome de la saga La Traversée des Temps, Eric-Emmanuel Schmitt met en jeu les dernières découvertes historiques sur l’Orient ancien, pour nous plonger dans une époque bouillonnante, exaltante, prodigieuse, à laquelle nous devons tant.

Critique :
Le premier tome m’avait emporté au néolithique, m’avait fait vivre un déluge, devenu ensuite, au fil des récits, LE Déluge biblique.

J’avais fait la connaissance de Noam, devenu Noé pour les récits, de Noura, la femme qu’il aime plus que tout et de Derek, celui qui était devenu un sale type.

C’est donc avec grand plaisir que j’ai replongé dans cette folle aventure qui décortique l’Ancien Testament, qui nous fait vivre une partie de ses grands épisodes, nous le montrant sous un autre jour et qui nous fait vivre aussi les débuts de l’Humanité.

Le côté Historique est bien rendu, on sent le travail de l’auteur derrière son récit, qu’il nous conte avec une facilité déconcertante, même si, le début de ce deuxième tome est un peu long et répétitif.

Noam, toujours amoureux de sa Noura, la cherche partout, marche énormément, découvre le Monde après un long sommeil réparateur (dans le sens premier du terme) et à un moment donné, j’ai eu l’impression que l’on tournait un peu en rond, tel un chien après sa queue.

Heureusement, une fois arrivé à Babel, le récit va redevenir intéressant, bouger, nous apprendre des choses, nous présenter des personnages intéressants et hautement attachants, tel la reine Kubaba et Gawan le sorcier (qui n’en est pas vraiment un, vous connaîtrez son truc si vous lisez le roman).

La tour de Babel, celle qui va s’écrouler… Je ne divulgâche pas, tout le monde connaît l’Histoire, le récit, la légende (biffez les mentions que vous ne gardez pas), de plus, la tour est représentée sur la couverture.

Par contre, je resterai muette sur l’autre épisode important de l’Ancien Testament dans lequel Noura aura une importance capitale, bien que je n’aie pas aimé son comportement de manipulatrice.

Dans ce récit, une fois de plus, la fiction se mêle habillement et intelligemment avec l’Histoire de l’Humanité et l’Ancien Testament. L’imaginaire est au pouvoir, le fantastique aussi (immortalité), sans jamais que cela devienne trop lourd.

La politique est bien présente, avec ses jeux de pouvoirs, ses guerres, ses ruses pour en éviter une, les débuts de l’espionnage, de l’écriture et la mégalomanie d’un roi qui ne se sent plus péter et se fait construire un immense phallus pour causer avec les Dieux. Faut de viagra©, sa tour débandera…

Le reproche que je ferai à cet opus, c’est le Grand Méchant, Nemrod. Oui, je sais, il existe des dictateurs, des tyrans encore pire que lui, plus sadiques, plus meurtriers, plus mégalos, bref des salopards qui n’auront aucunes circonstances atténuantes. Dans le rôle de l’ordure de service, il est parfait : seul, parano, violent, toujours à la recherche de plus de richesses…

Ce n’est pas le personnage de Nemrod que je remets en question, c’est l’homme qui se cache derrière le roi. Ceux et celles qui l’ont lus savent de qui je veux parler.

S’il y a bien un truc que je n’aime pas, en littérature, ce sont les méchants récurrents. Si Joe Dalton me fait rire, j’apprécie quand l’auteur crée d’autres méchants, au lieu de prendre toujours le même. D’accord, le méchant de ce roman est immortel aussi, mais j’espère qu’il ne va pas s’introduire dans toutes les peaux de tous les salopards de l’Histoire, sinon, je vais faire un malheur. De la diversité, que diable !

Hormis ce bémol, le récit m’a captivé et j’ai dévoré les 580 pages sur deux jours. Le projet de l’auteur est ambitieux : raconter, en 8 volumes, l’Histoire de l’Humanité. Mais le raconter à la manière de Dumas, avec des aventures, de la flamboyance, des amitiés (et sans ghost writer j’espère).

À la fois récit initiatique, quête, roman d’aventure, d’amour, roman historique, biblique, politique, religieux, polar, ce deuxième tome confirme tout le plaisir ressenti dans le premier, malgré mes bémols. Schmitt est un formidable conteur et je serai au rendez-vous pour la partie Égyptienne.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°006] et Le pavé de l’été 2022 (Sur mes Brizées).

Miss Endicott – Tome 2 : Jean-Christophe Derrien et Xavier Fourquemin

Titre : Miss Endicott – Tome 2

Scénariste : Jean-Christophe Derrien
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Le Lombard – Signé (2007)

Résumé :
Prudence Endicott est officiellement une gouvernante tout ce qu’il y a de plus respectable. En réalité, elle est la Conciliatrice de Londres.

Sa mission : résoudre les problèmes des gens. Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand il faut affronter le peuple des Oubliés qui règne sur les dessous de la ville…

Une ambiance très victorienne pour une histoire pleine de fantaisie, truffée de gnomes, de mutants des sous-sols et autres créatures qui mènent la vie dure aux habitants de la surface !

Critique :
La dernière case de Miss Endicott m’avait laissée la bouche ouverte et je ne voulais pas attendre trop longtemps avant de lire la suite et fin de ce diptyque.

La personne qui va aider Miss Endicott à endiguer le « Seigneur des Oubliés » le fera de manière assez violente, tirant d’abord, réfléchissant ensuite, tandis que notre Miss, elle, y va plus au feeeling, sans se presser, mais en sachant parfaitement ce qu’elle fait.

Ce nouveau personnage tirera même la couverture à elle, mettant Miss Prudence Endicott sur le côté, la pensant incapable de résoudre cette affaire épineuse. Ce n’est parce que notre Miss ne tire pas dans tous les sens qu’elle se fiche de l’affaire ou qu’elle ne sera pas capable de la prendre en charge.

Dans ce second album, vu l’action, il est difficile de s’ennuyer. On court sur les toits, on tire avec des gros flingues, Kevin a disparu, les portes des oubliés bientôt vont se fermer (♪)… Bref, ça bouge !

Les révélations seront importantes aussi et je suis tombée de haut, n’ayant pas vu venir l’identité de notre mystérieux Maître des Oubliés.

Comme tous les tyrans de la Terre, le Maître utilise les autres afin de s’arroger le pouvoir, se fichant pas mal ensuite du destin de ces pauvres gens qui vivent en bas, cachés à cause de leurs malformations, oubliés de tous.

Il leur a menti, leur a promis une vie heureuse, qu’ils auraient de meilleurs conditions de vie… En réalité, il les méprise, comme il méprise tout le monde. Comme certains politiciens méprisent aussi leurs électeurs…

L’album ne manque pas d’humour, tout comme le premier, même s’il y en a un peu moins.

Nous sommes au milieu des quartiers défavorisés de Londres, dans les bistrots rempli de types louches, sous terre, mais il ne faut pas oublier la bonne tenue british, of course. De la dignité.

Ce dernier album est un cran en-dessous du premier, je trouve. L’action prend trop le pas sur le reste, notamment avec notre va-t-en-guerre qui tire dans tous les sens, qui gueule, qui donne des ordres et qui dénigre Miss Endicott, lui répétant constamment qu’elle n’est pas capable.

Les mobiles du Méchant sont expliqués, mais je les ai trouvé un peu léger, même s’il n’est pas le premier à vouloir faire de sa ville, de son pays, un endroit pur, où le vice a été éradiqué, la violence aussi, oubliant que pour y arriver, il passe lui-même pas des actions des plus violentes.

Le final est assez nostalgique, triste…

Malgré mon petit bémol pour ce deuxième album, cela reste un diptyque que j’ai apprécié et que je suis contente d’avoir lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°004] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 76 pages).