22/11/63 : Stephen King

Titre : 22/11/63

Auteur : Stephen King
Édition : Nadine Gassie
Édition Originale : 11/22/63 (2011)
Traducteur :

Résumé :
Jake Epping est un enseignant d’anglais à Lisbon Falls, dans le Maine, qui se fait un revenu complémentaire en enseignant aux adultes dans le programme GED.

Il reçoit un essai de l’un des étudiants : une histoire macabre, déchirante, au sujet d’une nuit il y a 50 ans quand le père d’Harry Dunning est arrivé à la maison, a tué sa mère, sa soeur et son frère avec un marteau. Harry s’en est sortit avec une jambe mal en point, comme le prouve sa démarche actuelle.

Un peu plus tard, Al, l’ami de Jake, lui raconte un secret : sa boutique est un portail vers 1958.

Il enrole Jake dans une folle mission afin d’empêcher le meurtre de John Kennedy. Ainsi sa nouvelle vie en tant que Jakes George Amberson, son nouveau monde d’Elvis et JFK, un monde de grosses voitures américaines, d’un solitaire en difficulté nommé Lee Harvey Oswald et d’une bibliothécaire prénommée Sadie Dunhill, qui devient l’amour de Jake et qui transgresse les règles normales du temps.

Critique postée sur Babelio le 1er avril 2013 :
♫ Mes amis voici le temps venu, d’aller prier pour mon salut, le King, est revenu ! ♪

Ah, Stephen King, tu es responsable de mes premiers frissons, de mes premières « vraies » frousses, tu es l’homme qui a enchanté mes après-midi de lecture avec tes nombreux ouvrages dont mes doigts aggripaient les couvertures, le souffle court et totalement immergée dedans.

Oui, Stephen (tu permets que je te tutoie, vu ce que tu m’as fait vivre) tu es l’auteur qui m’a fait regarder les voitures avec la sueur froide qui me coulait dans le dos et je n’avais (jusqu’à présent) jamais osé lire « Cujo » de peur de regarder mon chien de manière suspicieuse (et j’aurais jamais dû le lire).

Stephen, c’est l’ami Gruz (Blog ÉmOtionS) qui est LE responsable de cette lecture de ton livre, sa critique, plus que dithyrambique, m’ayant poussé à nouveau vers toi…

Et alors, Stephen ? Il paraît que tu es désormais en odeur de sainteté auprès des grands quotidiens francophones ? La faute au nouveau pape ou au fait qu’ils aient ENFIN remarqué ton talent indéniable de conteur-frissoneur hors-pair ?

Comme le dit si bien Le Figaro « Sans la liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloges flatteurs » et dans ton cas, après t’avoir longtemps blâmé, ils te lancent ENFIN des fleurs, et sans le pot.

Ont-ils raison de encenser, comme le fit Gruz, Laurence64 et tous les autres ?

Ma foi (nouveau pape oblige), je dirais « oui » et « non »… et je commencerai par ce qui fâche d’abord :

Stephen, les préliminaires, c’est agréable, il en faut, on a le droit de prendre son temps et de faire languir son partenaire lecteur/trice, mais, à un moment donné, il faut passer à l’acte ! Rentrer dans le sujet.

Trois cent pages en trop… trois cent pages de moins n’auraient pas été du luxe parce qu’à un moment donné, bien que j’ai passé du bon temps à suivre les tribulations de Jake Epping, je l’ai trouvée un peu longue, ton histoire.

Non, Stephen, ne t’en fais pas, cela n’enlève rien à la qualité de ton livre ! Il faut dire que l’assassinat de Kennedy à Daaallaaaas, cet univers impitoyable, ne m’intéressais pas plus que ça, mais que, depuis que j’ai lu ton ouvrage, et bien, cela m’a intrigué plus, surtout au niveau des implications que cela a eu sur le reste du monde et sur les événements qui ont surgi ensuite.

As-tu raison lorsque tu dis – à travers ton personnage de Al – que si Kennedy n’était pas mort, tout ce qui a suivi n’aurait pas eu lieu ?

Hormis cette légère critique sur les pages en trop, tout le reste, c’est du petit lait et j’ai eu plaisir à te retrouver, mon ami que j’avais perdu de vue, bien que cette fois-ci, il n’y ait pas eu de véritables monstres caché dans les placards ou sous le lit pour me coller les sueurs froides.

Le « monstre » n’est d’ailleurs pas un habitué de tes livres (le renouveau du cheptel), mais « Carton Jaune » m’a fait me poser de nombreuses questions quant à sa présence. Une sacré trouvaille !

De plus, on sent que point de vue références, tu les as pompée chez toi-même, mon grand. Ne dit-on pas que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ?

Oui, Stephen, tu nous a pondu un bon roman, j’ai vibré, supputant mille et une choses sur la fin, me demandant si « oui » ou « non », Jack allait y arriver et sur ce qu’il se passerait ensuite.

Tout son périple, ses amis, ses amours, ses emmerdes, je les ai suivi, m’agrippant parfois aux pages de ce livre, me délectant de cette plongée dans cette période qui va de l’année 1958 jusqu’à 1962.

Bigre, je m’y serais crue et j’ai souri avec tendresse devant ces vieilles années (que je n’ai pas connues) jusqu’à ce que Jake, ton personnage principal (ô combien délicieux), ne me rappelle qu’en 58, ce n’était pas « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et que nous étions loin de l’univers des Bisounours, bien que l’on y ait cru, durant un moment, à cet univers enchanteur.

Tu m’as bien étonné et je pense que dans ton explication finale, il y ait aussi une référence à Timon, le suricate du « Roi Lion » qui avait bien raison quand il expliquait au jeune Simba que…

Non, je ne spoilerai pas ! Visionnez le dessin animé (et trouvez la phrase) ou lisez le livre !

Bref, un grand moment de lecture, une plongée dans le passé, dans cette Amérique, avec ses bons et ses mauvais côtés, des personnages aussi attachants que la cervelle et le sang de Kennedy sur la veste de son épouse (et les personnages m’ont bien plus collé, même après avoir fermé le livre) et un super travail de fond du King en personne (pas Elvis, mais Stephen).

Des dernières pages qui m’ont fait sourire et presque mit la larme à l’oeil…

Et puis, Stephen, ne t’inquiète pas trop, si j’ai trouvé le livre trop long de 300 pages, Gruz l’a trouvé trop court de 300 pages… la moyenne est faite, non ?

Stephen ? Pourquoi t’arraches-tu donc les cheveux ?

 

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L’esprit des morts : Andrew Taylor

Titre : L’esprit des morts

Auteur : Andrew Taylor
Édition : Cherche Midi (09/06/2016)
Édition Originale : The american boy (2013)
Traducteur : Françoise Smith

Résumé :
Londres, 1819. Thomas Shield devient le professeur particulier d’un jeune Américain, Edgar Poe, et de son meilleur ami, Charles Frant, dont la mère, une femme séduisante et malheureuse, l’attire irrésistiblement.

Lorsqu’un homme est retrouvé mort et que tous les indices convergent vers la famille Frant, Thomas est emporté dans une spirale dont les conséquences risquent d’être lourdes pour lui.

Il décide alors de trouver le coupable mais le piège se referme au fur et à mesure qu’il cherche à s’en échapper. Quel est donc le lien entre ces macabres événements et le jeune Edgar Poe ? Thomas devra traverser bien des épreuves avant que la vérité soit enfin dévoilée…

Mêlant avec brio fiction et réalité, ce roman à l’intrigue haletante nous plonge dans l’atmosphère de l’Angleterre du XIXe siècle, où Edgar Allan Poe passa quatre années de son adolescence : l’agitation des rues londoniennes, les taudis de St Giles et Seven Dials, l’hypocrisie d’une bourgeoisie avide de pouvoir…

Un décor parfait pour un meurtre, des secrets de famille et une galerie de personnages loin d’être aussi respectables qu’ils voudraient le faire croire.

Critique :
La théorie de la relativité te dit que 15 minutes à attendre dans une administration passeront toujours moins vite qu’une heure à boire un verre avec des amis.

De fait, un pavé de 600 pages bourré d’action passera toujours plus vite qu’un court roman chiant de 100 pages.

Mais qu’en est-il de la longueur d’un pavé de 649 pages dans lequel on se fait chier comme un rat mort durant grosso modo les 50 premiers chapitres ??

Un calvaire ? Une horreur ? Une folie à lire ? Du masochisme ? Le tout à la fois, sans doute.

Certes, j’exagère un chouia en disant que je me suis faite chier car, rendons à César ce qui est à lui, les descriptions du Londres de 1819, la distinction nette entre les classes sociales, le racisme ambiant, le mépris pour les sans dents et les saloperies qui se passaient dans les public et private school sont très bien décrites.

Il en est de même pour le fait qu’on suspectera toujours plus vite un indigent ou un de l’Angleterre d’en bas qu’une personne bien née ou fortunée. Même dans les sans-grades, il y avait des grades et un valet de pied pourra se permettre de regarder un précepteur de haut si ce dernier tombe en disgrâce.

Rien que pour cela, le roman mériterait 5 étoiles. La recherche a dû être importante et le tout est amené de manière subtile. Les descriptions de quartiers miséreux est un vrai bonheur aussi.

Le problème est qu’entre le chapitre premier et le  chapitre 54, bon sang, il se passe peu de choses, c’est lent, laborieux et c’est avec un bonheur évident que l’on accueille la mort d’un personnage, pensant, erronément, que ça va bouger un peu plus.

Mais ça n’a pas bougé plus, hélas et plus d’une fois j’ai failli reposer le roman et l’oublier. J’ai persévéré, ça en valait un peu la peine pour les 30 derniers chapitres, mais sans que ce soit non plus un truc de fou.

Dommage car le roman avait tout pour me plaire, du potentiel, une écriture qui rendait justice à l’Angleterre de 1820, des personnages intéressants et une foulitude de petits détails sur la vie de cette époque-là.

Là, on va l’oublier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°4 et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019-Septembre 2019).

Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.

Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic : James Lovegrove

Titre : Les dossiers Cthulhu – Tome 2 – Sherlock Holmes et les Monstruosités du Miskatonic

Auteur : James Lovegrove
Édition : Bragelonne Steampunk (20/02/2019)
Édition Originale : The Cthulhu Casebooks, book 2 : Sherlock Holmes and the Miskatonic Monstrosities
Traducteur : Arnaud Demaegd

Résumé :
Printemps 1895. Malgré quinze années de combat contre des entités surnaturelles, quinze années qui ont coûté sa santé à Sherlock Holmes mais aussi la vie à Mary, épouse du Dr. Watson, les deux amis accourent sans hésiter lorsqu’on les appelle à Bedlam, asile psychiatrique de triste renommée. Ils y rencontrent un étrange patient qui parle r’lyehen, la langue des Grands Anciens.

L’homme, amnésique, est horriblement mutilé.

Les détectives découvrent qu’il s’agit d’un scientifique ayant étudié à l’Université Miskatonic, et l’un des deux survivants d’une expédition maudite visant à capturer un Shoggoth, une créature quasi-mythique.

Mais comment cet homme a-t-il atterri à Londres, et pourquoi a-t-il perdu l’esprit ?

Lorsque le mystérieux patient disparaît, enlevé par des forces occultes, il devient évident que l’affaire ne se limite pas à son cas.

C’est seulement en apprenant ce qui s’est réellement passé lors de cette désastreuse expédition en Nouvelle-Angleterre que Holmes et Watson pourront mettre au jour la vérité, et qui se cache derrière la monstruosité du Miskatonic…

Critique :
Que ceux qui n’aiment pas le steampunk lèvent la main ! Ah oui, quand même…

Bon, pas de panique, ce roman a beau être publié dans la collection Steampunk de chez Bragelonne, il n’y a rien pour en faire un roman steampunk (pas de machines à vapeur, d’automates et autres trucs) mais il y a tout pour en faire un roman fantastique et surnaturel.

Le premier volet ne m’avait pas convaincu, je n’avais pas aimé le Grand Méchant qui expliquait tout à Holmes, ça ne faisait pas vrai.

Il était donc clair que j’allais laisser tomber la saga mais ma copinaute et pigiste occasionnelle, Dame Ida, m’a convaincu du contraire. Et non, elle ne touche pas d’argent de la maison d’édition. Mdr

Je l’ai déjà dit, Holmes et le fantastique, c’est souvent casse-gueule. Pourtant, les auteurs s’y engouffrent comme des assoiffés devant la fontaine à eau. Ça passe parfois, ça casse souvent.

Les Éditions Soleil, dans leur collection 1800, ont mis Holmes à la sauce vampires, voyages dans le temps et Nécronomicon. Avec pour résultat qu’on ait un peu de tout niveau qualité scénaristique.

Là, j’ai eu une fois de plus un coup au cœur en lisant que tout ce que raconte Watson dans le Canon holmésien est faux ! Sherlock Holmes est un détective de l’étrange, traquant sans cesse des créatures qui auraient tout à fait leur place dans l’univers de Harry Potter, en lieu et place de maîtres-chanteurs, voleurs, assassins ou criminels du dimanche.

— Ah oui ? Mon Dieu, je ne nierai pas que l’ennui s’est installé en moi, Watson. Je suis fatigué de cette lutte constante. Je m’aperçois que j’envie la vie que je mène dans vos histoires, où je glisse avec aisance d’une affaire à l’autre en n’affrontant rien de pire que des maîtres chanteurs, des meurtriers, des voleurs de bijoux et la fripouille occasionnelle qui a des vues sur quelque faible femme rougissante. Je parviens à résoudre tous les problèmes avec grâce et sans jamais risquer ni ma santé mentale, ni mon âme. Personne ne pourrait me reprocher de vouloir en finir.

L’univers de Lovecraft m’est parfaitement hermétique, je ne le connais pas. Celui de Holmes, je le maîtrise un peu et son personnage m’a semblé peu conventionnel, peu Holmésien, très différent des récits canoniques, comme si l’auteur avait voulu le mettre à sa sauce, en plus de le plonger dans le bouillon des créatures surnaturelles.

Pourtant, à certains moments, on se demande si on a affaire à un pastiche holmésien ou un pastiche lovecraftien… L’auteur a beau dire le contraire, pour moi, il pastiche deux auteurs.

Si ce livre est mon œuvre, alors je n’ai pas pastiché un auteur, mais deux. Or il faudrait être particulièrement courageux, voire téméraire, pour s’essayer à pareil exercice. Quiconque me connaît vous dira que je ne suis ni l’un ni l’autre.

C’est du grand-écart, ça pourrait faire mal quelque part mais apparemment, l’auteur a de la souplesse et ce que je reprochais au premier volet ne s’est pas renouvelé dans le deuxième. L’écriture est plus subtile, plus posée et de ce fait, le scénario est mieux mis en valeur, ça passe beaucoup mieux.

Construit à la manière des romans « Une étude en rouge » ou du « Signe des quatre », nous avons un récit dans le récit et après les péripéties de Holmes et Watson, un autre personnage racontera ce qu’il s’est réellement passé sur le fleuve Miskatonic lors d’une expédition qui a tourné au fiasco avec seulement deux survivants dont un dans un état pas possible.

Autant où la première partie était une enquête conventionnelle, même si nous sommes dans du fantastique, la seconde, tout en restant dans le genre, fait plus dans le registre aventurier avec l’expédition sur le Miskatonic où des bestioles pas catholiques frayent. Le port de l’armure est conseillé pour se baigner dans ses eaux troubles.

Anybref, si j’avais des réticences pour le premier, je n’en ai plus pour le deuxième, même si je ne m’habituerai jamais à voir Holmes dialoguer avec un espèce de dieu d’un Monde ancien ou du moins, d’un Monde qui n’est pas le nôtre.

Si le ramage et le plumage du troisième volet ressemble à celui du deuxième, alors je serai comblée. Gaffe de ne pas tomber dans les travers de la fin de saga et de la bâcler, comme d’autres ont fait avant lui (et feront après lui).

Un tome d’entre-deux prometteur, un scénario réussi, des dialogues agréables, amusants, même, parfois, des personnages holmésiens différents de ceux du Canon, du suspense, du mystère, une enquête et de l’aventure avec un grand A.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello : André Benn

Titre : Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello

Scénariste : André Benn
Dessinateur : André Benn

Édition : Dargaud (27/02/2015)

Résumé :
Londres, 1887. Jerrold Piccobello, magicien parmi les plus prestigieux du royaume britannique, se fait une nouvelle fois remballer d’une audition comme un malpropre.

Désespéré, l’homme revient sur les lieux de son enfance, là où tout a commencé et où il fera une rencontre pour le moins inattendue…

Critique :
La magie, ce n’est pas que l’affaire d’Harry Potter et consorts (ou qu’on ne sort pas).

Ici, même les Moldus peuvent être magicien. De très grands magiciens.

Hélas, d’aussi qu’on soit monté, on n’est jamais assis que sur son cul, mais la chute n’en est pas pour autant aussi douloureuse que si on avait chu de l’Empire State Bulding.

Pourtant, Jerrold Piccobello a commencé dans la bas du panier, avec une père décédée et un père qui jouait au Grec, c’est-à-dire qu’il trichait avec les dés (entre autre).

C’est après avoir été refusé pour son numéro et s’être senti devenu has been que Jerrold revient sur les terres qui l’ont vu grandir. Se remémorant sa jeunesse et tous les mauvais coups du sort, il repense aussi avec nostalgie à son mentor, Virgil Webb, Ze best magicien. Celui qui lui a tout appris.

Les dessins ne m’ont pas trop emballés, de plus, à certains moments, on a du mal à différencier Jerrold de Virgil, si on n’est pas trop attentifs.

Dommage que je n’ai pas accroché aux dessins parce que le scénario, de son côté, appelle à la curiosité, à l’envie de découvrir la jeunesse de Jerrold, les coups durs, son insouciance de jeunesse…

Son apprentissage auprès du Gérad Majax de l’époque, du Harry Houdini qui ne s’évade pas, du David Copperfield qui séduit toute les dames après leur avoir montré sa baguette magique, était bien mis en scène et je n’ai pas vu le temps passer durant ma lecture.

Malgré tout, il me manquait un truc pour me faire revenir pour le deuxième acte, pour aller chercher la suite de cette bédé dans les étagères de la biblio et ce truc qui manquait, il est arrivé en final de ce tome et là, je me suis dit que j’allais suivre cette série – au diable les dessins que je n’aime pas – afin de savoir ce qui allait se passer maintenant que notre Jerrold avait passé un contrat inhabituel.

Faudrait peut-être lui signaler qu’il devra utiliser une longue cuillère, car lorsqu’on dîne à la table de ce personnage, vaut mieux en avoir un longue (de cuillère !).

Cul entre deux chaises pour cette chronique. La curiosité est plus forte, je ne résisterai pas, faudra que je lise la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau & Maza

Titre : Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne

Scénariste : Fred Duval & Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Maza

Édition : Delcourt Neopolis (19/11/2014)

Résumé :
1943, la France et l’Angleterre sont désormais en guerre.

Une petite légion de volontaires français a choisi de rejoindre Londres pour combattre le régime fasciste de Laval. Ils ne savent pas encore qu’une menace mortelle plane sur la ville…

Le gouvernement français travaille au lancement de fusées. Les réseaux résistants français pourront-ils arrêter l’opération Charlemagne à temps ?

Critique :
Une p’tite uchronie (*), ça vous dit ? Il y en a un peu plus, je vous l’met, ma bonne dame (mon bon monsieur) ?

Pas de bol pour moi, cette bédé est la suite de « Jour J – Tome 14 – Oméga » et si j’avais su, j’aurais lu ce tome 14 car là, j’ai eu l’impression de tomber comme un cheveu dans la soupe.

Afin d’y comprendre quelque chose – nous sommes dans une dystopie, donc, les faits réels sont changés – j’ai farfouillé un peu pour avoir le topo de ce fameux tome 14 où la France a basculé du côté des fascistes.

Imaginons qu’en février 34, un coup d’État avait porté au pouvoir en France un gouvernement fasciste, aidé d’une milice violente : Oméga. Un tel gouvernement aurait sans doute tué dans l’œuf les velléités de réarmement d’Hitler en 1936 et aurait fini par s’opposer à la démocratie britannique. Une nouvelle guerre mondiale commence en 1942 et la France est cette fois dans le mauvais camp !

Bande dessinée d’espionnage, elle nous montre des exilés français qui sont foutus le camp en Angleterre, refusant le nouveau gouvernement de Laval qui a tout d’un Mussolini, avec moins de prestance, selon une espionne.

Une bédé d’espionnage uchronique, fallait y penser et arriver à ce que l’histoire racontée se tienne car tout le soucis des uchronies est là : changer un fait du passé mais rester cohérent dans le récit que l’on développera à partir de ce changement.

Le pari est réussi dans ce cas-ci et je dois dire que j’ai eu tout de même un peu de mal au départ en lisant le récit puisqu’il allait à l’encontre de ce que je sais et qu’il opposait deux pays qui, s’ils ne se sont jamais aimé, étaient alliée en 39-45.

Voir une France fasciste a de quoi donner des sueurs froides, voir cette France en conflit avec la Perfide Albion durant la Seconde Guerre Mondiale avec un De Gaulle dans un autre rôle que celui qui est connu était plus que perturbant aussi.

Mais malgré ces perturbations, j’ai apprécié ma lecture. Justement, ces perturbations qui donnaient des sueurs froides ont ajouté du piment à cette lecture tant je n’arrêtais pas de penser « Et si putain ça arrivait, un gouvernement fasciste dans un pays voisin du mien ? ».

J’vous dit que j’ai pas bien dormi ? En plus, voir Big Ben brûler… Ça m’a fait un drôle d’effet !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

(*) L’uchronie pour les Nuls : Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. « Uchronie » est un néologisme du XIXe siècle fondé sur le modèle d’utopie, avec un « u » pour préfixe de négation et « chronos » (temps) : étymologiquement, le mot désigne donc un « non-temps », un temps qui n’existe pas.

On utilise également l’anglicisme « histoire alternative » (alternate history). L’histoire contrefactuelle et l’uchronie se distinguent par la prééminence donnée soit à l’événement déclencheur (histoire contrefactuelle), soit à ses suites fictives (uchronie).

Les meurtres de Molly Southbourne : Tade Thompson

Titre : Les meurtres de Molly Southbourne

Auteur : Tade Thompson
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (18/04/2019)
Édition Originale : The murders of Molly Southbourne (2018)
Traducteur : Jean-Daniel Brèque

Résumé :
Molly est frappée par la pire des malédictions. Aussi les règles sont-elles simples, et ses parents les lui assènent depuis son plus jeune âge.

Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi.
Ne saigne pas.
Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent.
Si tu trouves un trou, va chercher tes parents.

Molly se les récite souvent. Quand elle s’ennuie, elle se surprend à les répéter sans l’avoir voulu…

Et si elle ignore d’où lui vient cette terrible affliction, elle n’en connaît en revanche que trop le prix. Celui du sang.

Critique :
La première chose qui m’avait attiré dans ce roman, c’est tout d’abord la couverture qui est superbe et ensuite, ce fut le résumé.

Il n’en dit pas trop, il ne spolie rien, mais il attise la curiosité du lecteur avec ces règles bizarres qui sont imposées à Molly.

« Si tu vois une fille qui te ressemble, cours et bas-toi. Ne saigne pas. Si tu saignes, une compresse, le feu, du détergent. Si tu trouves un trou, va chercher tes parents ».

Lorsque j’étais gosse, les règles étaient plus compréhensibles ! Mais là, je ne comprenais rien et pour savoir le fin mot de l’histoire, pas d’autre choix que de la lire.

La curiosité est un très bon défaut car non seulement, ma curiosité est satisfaite mais en plus, j’ai pris plaisir à découvrir cette novellas qui oscille entre le fantastique, la SF et la dystopie à la Servante écarlate puisque nous allons parler de génétique et de difficulté à avoir des enfants.

Nous sommes dans de la SF, dans du fantastique, mais il y a comme des relents de réalité puisque chez nous aussi, la fertilité est en baisse.

On ajoutera de l’horreur car nous nous retrouvons au fond d’un cachot, avec une femme enchaînée et une autre qui lui raconte sa vie. Une vie assez glauque.

Molly Southbourne est un personnage énigmatique, tout comme son environnement car cette enfant ne va pas à l’école et vit à la campagne, quasi en huis-clos avec ses parents qui lui apprennent à se battre et qui lui inculquent ces drôles de règles dans la tête.

Les lecteurs/trices sensibles auront sans doute les doigts qui se crisperont sur les pages de cette novella, pourtant, aucun détail glauque ou de surenchère de violence, celle qui est décrite dans ce récit est légitime par rapport à l’histoire et à l’instinct de survie.

Dès le départ, l’auteur nous place en situation de malaise, donnant cette envie de fuir cet univers horrifique tout en nous tenant par la main fermement.

Une fois commencé, on va jusqu’au bout, au finish. Impossible de le lâcher tant l’auteur a tissé une toile attractive, nous donnant des morceaux de Mary Shelley avec la créature du Dr Frankenstein mélangés à la manière qu’à le King pour tenir son public en haleine sans pour autant sortir des monstres du placard ou du dessous-de-lit.

C’est horrifique, réaliste (pour la fertilisation en baisse), addictif et bourré de mystère car la malédiction de Molly se révèle sous bien des formes et on se demande même si elle va trouver dans ses études, des réponses à ses questions.

J’ai bien fait, ces derniers temps, d’ajouter des romans de cette maison d’éditions à ma terrible et dantesque PAL car non seulement je sors de mes lectures habituelles mais en plus, je prends plaisir à ces lectures.

Un récit court, bon et intense !

Comme quoi, la taille n’à rien à voir avec le plaisir ressenti. Un bon auteur qui connait son job et la manière de titiller l’organe sensitif de ses lecteurs donnera toujours plus de plaisir littéraire qu’un gros bazar littéraire qui s’embourberait dans un trou noir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Les chroniques de St Mary – Tome 1 – Un monde après l’autre : Jodi Taylor

Titre : Les chroniques de St Mary – Tome 1 – Un monde après l’autre

Auteur : Jodi Taylor
Édition : HC (08/02/2018)
Édition Originale : The Chronicles of St Mary’s, book 1: Just one damned thing after another (2013)
Traducteur : Cindy Colin Kapen

Résumé :
À l’institut St Mary de recherche historique, les historiens n’étudient pas seulement le passé, ils le visitent.

Derrière l’innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé.

Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils « étudient en temps réel les événements majeurs de l’Histoire ».

En se faisant passer pour d’inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n’ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l’Histoire… au risque d’en mourir.

Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l’équipe de l’Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d’embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s’offrent à elle…

De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, la jeune historienne va revivre d’extraordinaires événements.

Alors qu’au sein de l’institut naissent des enjeux de pouvoir…

Critique :
La couverture rouge m’avait tapée dans l’oeil et puis ce fut le résumé.

Des voyages dans le temps ? Mais je ne me sens plus, c’est la méga teuf dans ma tête, là.

Pour parodier Bellemare imité par Gerra : « C’est un bel objet » ! La couverture est richement détaillée et ce n’est qu’après la lecture qu’on comprendra les références de ces dessins.

Le roman, lui, est à la hauteur de sa couverture rouge flashy car il est jubilatoire !

Non seulement les personnages ne manquent pas de piquant ou de sel, mais en plus, le scénario est dynamique, intéressant, fantastique (dans les deux sens du terme) et l’humour est bien présent dans les pages, lui aussi.

Les Historiens qui peuplent l’Institut St Mary sont des cas à part, des sujets d’études pour psychiatre…Pour leurs qualités, citons celle de boire du thé comme des assoiffés et de pouvoir foutre le bordel dès que possible.

Le personnage principal, Madeleine « Max » Maxwell, est, quant à elle, la preuve vivante que l’emmerdement maximum peut être plus que maximum ! Elle est bourrée d’humour, de calembours, de bons mots mais c’est une catastrophe ambulante sur jambes !

Si nous ne sommes pas face à de la grande littérature, de celle qui donne mal à la tête, ce roman a pourtant tout pour lui et se révèle être une excellente lecture à emporter pour ses vacances ou si on a envie de se détendre sans se casser la tête.

Non pas qu’il est simpliste, il est juste normal, même si dans ce roman, vous voyagerez du Crétacé à la Première Guerre Mondiale et que vous irez faire un tour dans la grande bibliothèque d’Alexandrie… ♫ Alexandra ♪ J’ai de la fièvre et toi tu meurs de froid ♪ (bien que là, vu l’incendie qui y fait rage, c’est nous qui aurons chaud aux miches et pas Clo-Clo).

Cette série n’est pas là pour faire dans le registre sérieux, ni pour décrocher un Goncourt, mais au Grand Prix de l’Humour, elle se classerait avec la mention très bien car j’ai souvent souri, pouffé, ri, bien que parfois, on entre dans le registre plus tragique.

Un cocktail détonnant d’humour, de fantastique, de science-fiction (sans voyage dans l’espace), de voyages dans le temps (sans la DeLorean), d’humour, de tragique, d’amour, de relations de travail (elles peuvent être houleuses), de jalousie, de Gentils qui sont loufoques mais gentils et de Méchants qui n’ont rien pour se faire pardonner.

Dit ainsi, ça fait de suite « simpliste » mais vu la qualité du scénario, le fait que les Méchants soient des vrais Méchants ne pose aucun problème. Faudra juste les dégommer pour pouvoir boire son thé tranquille, nom d’un voyage temporel.

À déguster sans modération, avec un zeste de citron vert et du rhum. Non remboursé par la sécurité sociale, ce qui est bien dommage, ça en dériderait peut-être certains… Pas sûr !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le portrait de Dorian Gray : Oscar Wilde

Titre : Le portrait de Dorian Gray

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Folio Classique (2014)/ Livre de Poche -Les Classiques (2016) / Gloriana (2016) / Pocket Classiques (2019)
Édition Originale : The Picture of Dorian Gray (1891)
Traducteur : Vladimir Volkoff

Résumé :
Alors qu’il rend visite à son ami peintre Basil Hallward, Lord Henry rencontre le jeune Dorian Gray.

Émerveillé par sa jeune beauté et sa naïveté, il se lie rapidement d’amitié avec lui et dit, en plaisantant, qu’une fois le portrait terminé, seul celui-ci gardera à jamais cette beauté tandis que Dorian vieillira peu à peu.

Le jeune homme déclare alors qu’il donnerait son âme pour que ce portrait vieillisse à sa place. À ces mots, tous rirent… sur le moment.

Effrayé par ce portrait si parfait, Dorian le laissera chez lui, protégé de la vue de tous, cachant honteusement le secret de son âme…

Le Portrait de Dorian Gray a été rédigé en 1890 puis complété en 1891. Ce roman fantastique est à la fois un manifeste esthétique et un récit moral.

Bien qu’Oscar Wilde y développe l’idée d’un art dégagé de toute éthique, le jeune Dorian Gray va faire face à sa conscience morale à travers son portrait qui porte à sa place les traces de sa perversité et la décadence que le temps inflige aux esprits les plus purs.

Critique :
Toutes les stars en ont rêvé, l’Oréal a essayé de le faire, Botox y est presque arrivé, mais en ce qui concerne la meilleure crème anti-vieillissement, c’est une peinture avec le portrait de Dorian Gray dessus.

Un p’tit coup de pouce du diable, sans aucun doute… Mais au moins, ça fonctionne et vous ne vous ruinerez pas en crème en tout genre ou en opération botox loupée.

Oscar Wilde, je le connais plus aux travers de ses enquêtes qu’aux travers de ses romans, c’est pour cela que j’avais, en 2012, découvert ce roman.

Punaise, quel coup de pied au cul, quelle plaisir de lecture, qu’elle plume que celle de Wilde ! Je ne pouvais pas juger sur ses autres romans, mais celui-ci avec un ton qui m’avait bien plu et qui me plait toujours autant.

Cynique, pince-sans-rire, les répliques sont cinglantes, elles fusent de toutes part, c’est savoureux, ça se déguste avec savoir mais sans sagesse car le roman ne fait pas grossir, malgré le fait qu’il est une friandise plus que gourmande.

Dorian Gray… Rhââ, il est beau, sexy, sensuel, bourré de fric, un vrai dandy qui a plus de présence qu’un fade Mister Grey, celui des 50 nuances… Même le Portrait a une présence, dans ce roman.

Par contre, niveau action, on doit plus en avoir dans les 50 nuances que dans Le Portrait car ce dernier a plus du suspense psychologique et des bons mots, des aphorismes que du roman bourré d’action.

Toute réussite nous attire un ennemi. C’est la médiocrité qui entraîne la popularité.

Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder. Résistez-y, et votre âme languira, tourmentée.

De toute façon, on ne lit pas le Portrait pour le côté thriller mais pour l’écriture de Wilde qui avait dû aussi passer un contrat avec Méphistophélès pour en arriver à un tel niveau. Ça pique et tape sous la ceinture.

Aujourd’hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien.

La chose la plus banale devient délicieuse dès l’instant qu’on la dissimule.

— Les bonnes influences n’existent pas, monsieur. Toute influence est immorale. 

— L’humanité se prend beaucoup trop au sérieux ; c’est le péché originel du monde. Si les hommes des cavernes avaient su rire, l’Histoire serait bien différente. 

Le culte de la beauté et de la jeunesse éternelle, l’égo, la perversion de ce jeune mondain (par un autre homme) pour qui ce culte de la beauté et de la jeunesse vont devenir une priorité et donc, précéder sa chute.

Il n’y a que deux sortes d’êtres qui soient véritablement fascinantes : ceux qui savent absolument tout, et ceux qui ne savent absolument rien.

Le portrait de Dorian Gray a une saveur plus particulière pour moi, holmésienne du dimanche car il rappelle un dîner offert par un américain à deux auteurs anglais bien connu : Conan Doyle et Wilde.

Nos deux auteurs avaient reçu une avance d’un américain nommé Joseph Stoddart, le directeur du Lippincott’s Monthly Magazine, publié simultanément à Londres et à Philadelphie, excusez du peu.

Une avance pour quoi ? Pour écrire chacun un roman, pardi, pas pour participer à Top Chef !

Wilde, écrivit « The picture of Dorian Gray » qui allait scandaliser le Londres littéraire et mondain et Conan Doyle, lui, s’était vu réclamer, non pas un roman historique, mais une autre aventure de Sherlock Holmes ! Ce fut « Le signe des quatre ». Moi je dis qu’on devrait le sanctifier, le Stoddart en en faire un Saint-Stoddart pour que je puisse aller lui brûler un cierge !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Dracula : Bram Stoker

Titre : Dracula

Auteur : Bram Stoker
Édition : Pocket (1993 – 2011 – 2017) / J’ai Lu (2012)
Édition Originale : Dracula (1897)
Traductrice : Lucienne Molitor

Résumé :
Répondant à l’invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux.

Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula.

Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante.

Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l’apesanteur…

Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…

Critique :
Dracula, ça, c’est un vrai vampire !

Fourbe, cruel, buveur de sang humain et s’il le faut, de sang animal, mais le sang de biche innocente n’est pas vraiment à son menu.

Anybref, Dracula n’a rien avoir avec les vampires vegan de Twoilet !

Dracula, je l’avais lu il y a… plus de 25 ans (1993) ! C’était il y a un siècle, une éternité (allez-y, chantez).

À cette époque lointaine, j’avais commencé à le dévorer lorsqu’une commotion cérébrale avait appuyé sur la touche « pause » de la lecture car il m’était impossible de lire plus de quelques lignes tant la douleur me vrillait le crâne.

C’est donc après 3 semaines d’arrêt lecture que j’avais pu et su le reprendre, mais j’avais cette frustration de ne pas avoir pu l’avaler d’un seul coup.

Ma vengeance est accomplie puisque j’ai pu, maintenant, le bouffer tout cru, le sucer jusqu’à la moelle et me pourlécher les canines.

L’avantage de le relire après avoir vu 36 fois le film, c’est que les personnages du livre ont pris les visages des acteurs du film.

Autant où j’avais détesté le style épistolaire des « Liaisons dangereuses » autant où dans Dracula il ne m’avait pas dérangé du tout, que le récit se déroule aux travers d’un journal intime, des lettres de Jonathan Harker ou d’articles de journaux.

Cela lui donne un réalisme bien plus grand qu’avec un narrateur omniscient ou à la première personne du singulier. Bref, ça vous fout la trouille et augmente votre tension, ainsi que votre respiration.

Et bien oui, croyez-moi ou pas, malgré toutes ces années passées, j’ai ressenti toujours des picotements dans l’estomac, des emballements du cœur et le suspense était toujours présent alors que ma mémoire se souvient encore de la plupart des événements.

Je me demande si ce n’est pas ça qui me fait flipper encore plus : le fait de savoir !

Les personnages sont toujours aussi intéressants, intrigants, attachants, surtout Mina qui à l’époque déjà m’avait marquée au fer rouge avec cet amour qui était bien plus beau que le dégoulinant d’une saga de vampires végétariens.

Attention, dans le film de Coppola (et pas Coppula), ils avaient fait du personnage de Mina un ancien amour de Dracula et la belle en était sa réincarnation, son voyage à Londres pour la retrouver était la raison !

Dans le livre, c’est le fait que Harker se soit enfui qui fait rappliquer notre suceur dare-dare pour le faire taire et puisque de toute façon il voulait y venir pour se faire de nouveaux disciples, autant profiter de l’occasion ! Et puis, Lucy passait par là, une proie facile et hop, le moustique Dracula l’a prise dans ses rets.

Le charme s’est accompli une nouvelle foi, Dracula m’a emporté, parce que oui, je l’adore, malgré le fait que c’est un vampire (ou alors, c’est pour ça, psychanalysez-moi), j’ai vibré durant tout le récit, marmonnant des inutiles « fuyez, pauvres fous » puisque le récit ne pouvait pas changer en mûrissant 26 ans de plus dans mes étagères.

Quel bonheur de relire ce grand roman de vampires, ce récit bit-litt bien plus mordant que certains à qui on a dû mettre une muselière ou limer les dents.

Ma relecture m’a tellement plu qu’elle gagne un demi Sherlock en plus !

Lucie, Lucie c’est moi je sais
Il y a des soirs comme ça où tout
S’écroule autour de vous
Sans trop savoir pourquoi toujours
Regarder devant soi
Sans jamais baisser les bras, je sais
C’est pas le remède à tout
Mais ‘faut se forcer parfois
Lucie, Lucie dépêche toi, on vit
On ne meurt qu’une fois
Et on n’a le temps de rien
Que c’est déjà la fin mais
C’est pas marqué dans les livres
Que le plus important à vivre
Est de vivre au jour le jour
Le temps c’est de l’Amour

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Le fantôme de Canterville et autres contes : Oscar Wilde

Titre : Le fantôme de Canterville

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Larousse Petits classiques (2011) / Folio Junior (2007)
Édition Originale : The Canterville Ghost (1887)
Traducteur : Marie-Hélène Christensen

Résumé :
Bombardé de boulettes de papier et d’oreillers, jamais, durant les trois siècles de sa brillante carrière, le fantôme de Canterville n’a été à ce point ridiculisé !

Mais pour qui se prennent-ils, ces Américains qui s’apprêtent et acheter le manoir de Canterville ?

Rien ne les effraie, ni les squelettes, ni les chaînes, ni les éclats de rire sataniques… De quoi devenir fou, quand on tient, comme tout fantôme qui se respecte, à sa réputation !

Une histoire de fantômes avec frissons, situations extravagantes et éclats de rire ! Tout le talent de conteur et l’humour d’Oscar Wilde…

Dans le registre du rire grinçant, le deuxième conte, « Le Crime de Lord Arthur Savile », narre les mésaventures d’un homme à qui l’on a prédit, en lisant dans les lignes de sa main, qu’il allait commettre un crime.

Du coup, il se sent obligé de tuer quelqu’un, pour se délivrer de cette malédiction. Et l’on termine avec une courte histoire mettant en scène un millionnaire modèle.

Ces trois contes très drôles, écrits à la fin du XIXe siècle, comportent donc quelques expressions ou références obscures pour le lecteur d’aujourd’hui, qui sont expliquées en fin d’ouvrage.

Critique :
Un château hanté par un fantôme qui a sur la conscience bon nombre d’arrêts cardiaques, de frayeurs, de personnes rendues folles, muettes et j’en passe.

Mais au pays de l’Oncle Sam, on n’a pas peur des fantômes et ce n’est pas celui de ce manoir qui va enlever le flegme de ces américains que tous les anglais leur envieraient presque.

Pauvre fantôme, il se retrouve face à des gens qui n’ont pas peur de lui, pire, les jumeaux lui lancent des boulettes de papier ou leurs oreillers.

La première nouvelle m’a fait passer de la frayeur au rire, puis à la gorge nouée. Tout ça en peu de pages car Oscar Wilde est le maître des émotions qu’il fait naître chez son lecteur.

Dommage que cette nouvelle n’ait pas été plus longue car elle avait assurément un potentiel énorme. Si le fantôme avait prêté à rire plus tôt, on n’a plus du tout envie de rire de lui à la fin et malgré ses fautes, on est prêt à lui donner l’absolution.

Pour la deuxième nouvelle, on se rend compte de tout le pouvoir de persuasion que possèdent les chiromanciens !

Votre Mitterand consultait une liseuse d’avenir dans les astres (Elizabeth Teissier), alors on comprend que le pauvre Lord Arthur Savile ait eu envie de connaître son avenir dans les lignes de sa main. Le pire sera qu’il ait cru qu’il allait commettre un meurtre.

Lord Savile n’a rien d’un assassin, pourtant, cette idée va le turlupiner et il va faire en sorte que la prédiction se réalise, l’imbécile ! On peut être un Lord, instruit, riche et terriblement crétin.

J’ai adoré aussi car c’est cynique, perfide et terriblement addictif !

La dernière était très courte mais bonne, comme quoi, n’écoutez pas les personnes qui vous disent que la longueur entre en ligne de compte.

Si les émotions étaient au rendez-vous pour la première et serraient la gorge, les deux autres étaient plus calmes à ce niveau-là. Malgré tout, je n’ai pas retrouvé l’écriture qui m’avait emportée pour Le Portrait de Dorian Gray.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.