Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 09 – Un cow-boy dans le coton : Achdé et Jul

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 09 – Un cow-boy dans le coton

Scénariste : Jul
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (23/10/2020)

Résumé :
Lucky Luke se retrouve bien malgré lui propriétaire d’une immense plantation de coton en Louisiane. Accueilli par les grands planteurs blancs comme l’un des leurs, Lucky Luke va devoir se battre pour redistribuer cet héritage aux fermiers noirs.

Le héros du far-west réussira-t-il à rétablir la justice dans les terrains mouvants des marais de Louisiane ? Dans cette lutte, il sera contre toute attente épaulé par les Dalton venus pour l’éliminer, par les Cajuns du bayou, ces blancs laissés-pour-compte de la prospérité du Sud, et par Bass Reeves, premier Marshall noir des États-Unis.

Critique :
Lucky Luke, comme beaucoup de personnages de littérature, n’a pas le droit de prendre des vacances ou de se reposer : même dans le trou du cul du far-west, il arrive encore à tomber sur des personnes qu’il connaît bien et adios le repos !

Alors, les Dalton, ils font partie du décor, s’ils ne s’évadent pas, ce n’est pas un vrai Lucky Luke.

Par contre, le premier Marshall Noir, Bass Reeves, lui, on ne l’avait jamais vu dans le petit monde du cpw-boy qui tire plus vite que son ombre.

Oui, Bass Reeves, ou le River Bass de la bédé du même nom et qui est plus politiquement correct dans un Lucky Luke que dans la version de Darko Macan et Igor Kordey.

Lucky Luke qui se frotte au racisme du Sud, l’idée est bonne et louable, mais j’ai l’impression qu’on a survolé le sujet sans vraiment entrer dedans et qu’on s’est perdu en cours de route.

Nous sommes dans un Lucky Luke, je comprend que les gars du KKK doivent être caricaturés comme le furent les Indiens, la Cavalerie, les éleveurs, les bandits… Nous sommes là pour rigoler après tout et se moquer de ces gens est une bonne méthode.

Donc, qu’on en fasse des zozos de carnaval ne me dérange absolument pas. Dans l’univers de Lucky Luke, les Méchants sont plus bêtes que méchants, mais c’est la manière dont on résout le problème qui m’en pose un.

Le Deus Ex Machina qui réglera le problème de cet album marchait du temps de Morris et Goscinny mais moins dans les nouvelles aventures… Nous avions manqué de profondeur dans le scénario et j’aurais préféré que l’on règle le problème de manière moins… (titre d’une chanson fort connue sur le Rocher).

En 46 pages, Lucky Luke ne passera pas longtemps dans sa plantation, aura peu de soucis comparé à l’histoire du fermier mit du barbelés sur la prairie ou au milieu des O’Hara et des O’Timmins ou face à un juge et son ours apprivoisé…

On survole le tout, on essaie de bourrer un max de références connues (qui sont amusantes, je ne dis pas le contraire), mais ça nous éloigne du sujet principal : la plantation de coton, l’or blanc du Sud.

Pire, les Dalton feront même tapisserie et nous éloignerons une fois de plus de la plantation pour nous mettre face à des Cajuns et leur manière de parler particulière. Une grande référence du Sud, mais en 46 pages, il faut faire des choix drastiques ou faire plus court.

La présence des Dalton donnera quelques scènes d’humour, notamment leur évasion et leur entrée dans les marais, mais de ce fait, l’auteur survolera le sujet des plantations et des esclaves Noirs qui ne l’étaient plus, tout en l’étant encore.

Même eux sont caricaturés à l’extrême et aucun ne ressort du lot pour rester dans nos mémoires comme est resté Sam, le meilleur verseur de café du Mississippi et du Missouri réunis !

Nous sommes loin des albums de Morris/Goscinny de chez Dupuis où les personnages étaient marquants, fort en gueule, sympathiques, amusants, hauts en couleur, mauvaise foi… Des personnages que l’on n’oublie jamais, qui reste dans nos mémoires, autant les méchants flamboyants tel Joss Jamon que les gentils ou les loufoques. De cet album, je ne retiendrai personne !

Un album qui n’est pas mauvais, loin de là, qui possède de l’humour, des situations cocasses, des petites références à des personnages de notre époque et littéraires, un album qui partait d’une bonne intention mais qui n’arrive jamais vraiment à conclure dans le coton à force de se disperser un peu partout pour arriver à tout caser en 46 pages.

Mais au moins, je ne pourrai pas leur reprocher comme dans les autres albums, de mettre en scène des dialogues de films connus (Les Tontons Flingueurs et Rabbi Jacob) pour « Les Tontons Dalton » et « La Terre promise » sans rien inventer de neuf.

Comme je ne suis pas mauvaise joueuse, je lirai encore les nouvelles aventures de Lucky Luke mais mon or blanc à moi restera les albums du duo Morris/Goscinny qui seront très difficile à égaler.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°128].

West legends – Tome 2 – Billy the Kid, the Lincoln County war : Christophe Bec, Emanuela Negrin & Lucio Leoni

Titre : West legends – Tome 2 – Billy the Kid, the Lincoln County war

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateurs : Emanuela Negrin & Lucio Leoni

Édition : Soleil (18/03/2020)

Résumé :
Eté 1878. La rue principale de Lincoln est devenue la plus dangereuse de tout le pays.

Deux factions s’opposent pour obtenir le monopole du commerce : Murphy & Dolan et Tunstall associé à McSween, lesquels ont créé une milice appelée les Regulators, qui compte dans ses rangs Billy the Kid, guidé par l’envie de venger son mentor.

L’affrontement entre les deux camps est inéluctable.

Critique :
Si on m’avait demandé, au pied levé, de brosser le portrait de William Bonney, dit le Kid, c’est avec un grand sourire que je vous aurais dit que c’était un sale gamin amateur de bonbons rouges qu’il chipait chez l’épicier et que la fessée que Lucky Luke lui donna un jour était méritée.

Recalée à l’examen que j’aurais été…

C’est tout le problème de certaines bandes dessinées de notre enfance : elles ne reflétaient en rien la réalité (mais je ne voudrais pas que l’on colle un bandeau dessus afin d’avertir les futurs lecteurs de la fausseté des informations qu’il lira dedans).

Comme je savais en définitive que dalle sur la vie du Kid, cet album aura au moins eu le mérite de m’envoyer au lit moins bête !

Vous connaissiez la guerre de Lincoln ? Non, pas celle de Sécession, celle du comté de Lincoln où le Kid prit part et d’où il tira une partie de sa légende.

Présenté en 8 tableaux qui, de prime abord, pourraient sembler ne pas être lié, la vie du Kid n’a rien d’un morceau d’humour, est faite de violences et de morts. Était-il un tueur impitoyable comme la légende le dit ou bien justement, ce n’est qu’une légende et Billy tua-t-il en état de légitime défense ou afin de venger la mort de son patron, Tunstall ?

Si l’histoire racontée dans l’album reste vague sur les scores de notre jeune tireur et ne porte pas de jugement, elle présente le Kid comme une sorte de chevalier d’honneur prêt à tout afin de venger son patron lâchement assassiné.

La vengeance avec lui se savoure encore chaude, au pire tiède… Le tout étant servi de manière saignante.

Ce récit est mis en valeur par d’excellents dessins qui donnent à ces pages toute la sauvagerie de l’Ouest, sa magnificence (des paysages) et sa vie rude.

Un deuxième album qui aurait sans doute eu une narration plus fluide si on était entré dans le sujet de manière chronologique (ou alors, on aurait pu utiliser des petits flash-back durant l’affrontement de Lincoln County) mais une fois l’étonnement passé, on rentre dans le vif du sujet et l’action est là pour nous tenir en haleine.

Moins bon que Wyatt Earp mais nous sommes dans le correct et au moins, maintenant, je ne dirai plus que le Kid était un voleur de bonbons rouges chez l’épicier du coin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°109].

 

Bouncer – Tome 02 – La pitié des bourreaux : Alejandro Jodorowsky et François Boucq

Titre : Bouncer – Tome 02 – La pitié des bourreaux

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : François Boucq

Édition : Les Humanoïdes Associés (2002)

Résumé :
Bouncer et Seth sont bien loin du tumulte de Barro City. Le manchot a emmené son neveu dans un endroit retiré, une vallée où lui-même a été initié au maniement des armes et au contrôle de soi.

Seth entame une longue initiation, où souffrance et privation seront son quotidien. Sera t-il prêt à temps pour venger la mort de ses parents ?

Critique :
Dans ce deuxième tome, on clôt l’arc narratif de la vengeance de Seth.

Notre jeune garçon est parti avec son oncle, le Bouncer, pour apprendre à manier les armes, chez celui qui apprit à son oncle à se battre.

L’apprentissage du jeune Padawan ne sera pas chose facile mais au moins, les auteurs ne se sont pas trop épanché dessus, ne nous faisant partager que les scènes les plus mythiques.

Si j’avais trouvé que dans le premier album, le scénariste semblait avoir mis toutes les horreurs possibles et imaginables, toutes les perversions, tout ce qui était le plus abject, il s’est un peu calmé dans son deuxième tome, même si nous sommes toujours très loin de La Petite Maison Dans La Prairie (et heureusement que nous en sommes loin).

L’Ouest dépeint est plus réaliste que celui de Lucky Luke, il est violent, fait de morts, d’attaques de diligence, de ségrégation, de petits esprits, de violences et de morts par les armes à feux.

Si j’ai trouvé que Seth tombait un peu trop vite amoureux et que son histoire d’amûr n’était pas réaliste, tout le reste était profond à souhait et le dilemme dans lequel ses pères littéraires vont le placer est pervers à souhait. Ça, par contre, j’adore !

Le final est assez conventionnel, même si on a une pointe d’horreur avec le diamant retrouvé (je ne vous dirai pas où il était caché) et il termine d’une manière honorable l’arc narratif commencé dans le tome 1.

Si après ces deux albums, la série n’avait pas continué, les lecteurs ne seraient pas restés sur leur faim.

De nos jours, ceux qui n’en veulent plus peuvent s’arrêter après deux stations s’ils estiment que leur chemin de croix fut assez laborieux, mais moi, je continuerai l’aventure car je suis curieuse de voir ce que les tomes suivants me réservent.

Bouncer, ça avait mal commencé entre nous et là, ça c’est réchauffé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°102].

Marshal Bass – Tome 4 – Yuma : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 4 – Yuma

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (2019)

Résumé :
Un bon criminel ne reste jamais vraiment à l’ombre. Même s’il a été incarcéré, Chef Powell règne d’une main de fer sur pénitencier de Yuma grâce à son argent et son influence.

Le marshal adjoint River Bass a pour mission d’infiltrer la prison et de mettre pour de bon un terme aux activité de Powell.

Mais que peut-il faire, seul face à six cents détenus en colère, affamés, désespérés… et prêts à en découdre à tout instant ?

Critique :
— Marshall Bass, votre mission, si vous l’acceptez, sera d’infiltrer le pénitencier de Yuma où un politicien condamné utilise son argent pour y faire la loi et se faire chouchouter.

Voilà donc notre premier marshall Noir de l’Histoire en route pour se faire embastiller.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se refermer ♪ (je ne résiste jamais).

Notre homme a du pain sur la planche puisque le politicien Powell règne en maître sur la prisons, ses prisonniers et les gardiens.

Une fois de plus, l’album est très sombre au niveau du scénario et est à réserver à des adultes avertis. Les couleurs sont lumineuses, nous sommes peut-être à l’ombre mais sous le soleil implacable de Yuma.

Bass est ronchon, il rumine son acte qui a eu lieu à la fin de l’album précédent et ça ne le met pas de bonne humeur. Il va falloir jouer serré pour se faire entendre alors qu’un politicien Blanc distribue son argent comme des Dragibus.

C’est violent, c’est noir, c’est sans espoir… Un huis-clos oppressant dont on ne sait pas qu’elle en sera l’issue tant tout semble mal barré pour notre marshall.

Une fois de plus, j’ai passé des moments forts avec mon marshall bourru.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°XX].

Marshal Bass – Tome 3 – Son nom est personne : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 3 – Son nom est personne

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt Néopolis (2018)

Résumé :
Dans la ferme de River Bass, Bathsheba, sa femme, s’occupe de ses nombreux enfants.

Don Hercalio Vega, un riche propriétaire mexicain profite de l’absence du marshal pour passer faire des avances à la mère de famille mais cette dernière n’est pas d’humeur.

Sa fille aînée a disparu avec un indien de passage dont elle s’est entichée. Pas un mot, pas un au revoir, Dieu sait où elle peut être.

Critique :
Marshall Bass n’est pas un gentil marshal tout sympa, que du contraire, il est ambigu au possible, pas lisse du tout, bourré de défauts…

Bref, l’homme est réaliste et dans ce troisième tome archi sombre qui m’a laissé la bouche ouverte, muette de stupéfaction, dans le final, les auteurs ajoutent une facette à ce personnage qui n’a pas fini de nous étonner.

Sa fille aînée n’a rien trouvé de mieux que de foutre le camp avec un Indien dont elle est amoureuse.

Bass, père d’une famille nombreuse, ne donne pas l’impression de s’occuper plus que ça de ses gosses et s’il en a tant, c’est parce qu’il ne sait pas la garder dans son pantalon et qu’il fait coup de la nuit de noces dès qu’il revient près de son épouse.

Course-poursuite au pas, dans la neige, dans le froid, et qui partira dans un sens tout à fait inattendu, non conventionnel, même si les thèmes sont archi-connus. Tout l’intérêt est dans la manière dont les sujets courants sont traités et mis en page.

Je ne serai jamais fan des dessins, mais malgré tout, il faut souligner les décors, grandioses, mettant bien en valeur la nature, son côté implacable, son univers impitoyable (là, vous avez sûrement des envies de fredonner le générique d’une série).

Un album sombre, violent, effroyable dans sa dernière partie, mais j’aime ressortir lessivée d’une lecture car généralement, c’est qu’elle a été bonne.

Mon seul bémol sera toujours pour les dessins et les traits des visages. On aime ou on n’aime pas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°93] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

The Big Sky – Tome 1 – La Captive aux yeux clairs : Alfred Bertram Guthrie

Titre : The Big Sky – Tome 1 – La Captive aux yeux clairs

Auteur : Alfred Bertram Guthrie
Éditions : Actes Sud L’Ouest, le vrai (2014) / Babel (2016)
Édition Originale : The Big Sky (1947)
Traduction : Jean Esch

Résumé :
En 1832, Boone Caudill et ses amis trappeurs rejoignent une expédition vers le Haut-Missouri, vaste région sauvage où vivent les Indiens Blackfeet.

Teal Eye, une jeune Blackfoot, fait partie du voyage. Va-t-elle pouvoir servir de “cadeau” pour les Indiens qui défendent farouchement leur territoire ?

Critique :
La conquête de l’Ouest comme si nous y étions, mais au lieu d’aller de l’Est en Ouest en chariot et de faire le cercle lors des attaques, on va voguer sur le Missouri.

Nous sommes en 1830, toujours avec des fusils à silex, les six-coups qui peuplent nos films western ne sont pas encore inventés.

Le territoire est dangereux, peuplés d’Indiens, de bisons, de castors…

Les paysages sont décrits de façon majestueuse et mon seul regret sera de ne pas les voir en vrai, tant l’auteur les décrit avec force et passion. Mon imagination a fait le travail.

Chez Guthrie, tout est fait avec justesse, sans dichotomie aucune entre les pionniers qui seraient tous gentils et les Indiens tous méchants. Non, non, avec l’auteur, on ne mange pas de ce pain-là et tout est réaliste dans les portraits de chacun qu’il dresse avec finesse.

Je suis juste restée étonnée que les Indiens, dans le roman, ne se soient pas plus inquiétés que ça des massacres de bisons que l’on accomplissait déjà à cette époque. Pensaient-ils aussi que les bisons étaient inépuisables et que l’on pouvait en décimer des tonnes sans que cela ait un impact dans le futur ?

Anybref, dans ce roman dense, l’auteur fait parler sa plume comme d’autres font parler la poudre : ça claque. Les paysages sont grandioses, bien décrits, les trappeurs sont sauvages comme le gibier qu’ils chassent, tout le monde pue le chacal mouillé, les territoires Indiens ne sont pas encore envahis comme ils le seront ensuite…

Comme Boone, on s’en désole à l’avance, on a le coeur serré. C’est la fin d’une époque, le début d’une nouvelle ère et les colons sont tout fous à l’idée de prendre et d’exploiter à mort ces territoires sauvages sur lesquels les Indiens vivent et se déplacent.

Ça commence à sentir mauvais pour les prochaines années…

Un grand roman sur la conquête de l’Ouest où tout est authentique.

Le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Duke– Tome 3 – Je suis une ombre : Yves H. et Hermann

Titre : Duke– Tome 3 – Je suis une ombre

Scénariste : Yves H.
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (2019)

Résumé :
Le riche et puissant Mullins a chargé Duke d’escorter un convoi transportant 100 000 dollars. Mais le voyage est de courte durée : des bandits dirigés par le frère de Duke attaquent la diligence et s’enfuient avec le butin. La mission de Duke a changé : il doit retrouver son frère, avant que les tueurs engagés par Mullins ne s’en chargent.

Critique :
Oui, je suis indulgente avec Duke, je lui ai encore donné une chance de me prouver que je perdais pas mon temps avec lui…

Bon, ce n’est pas encore Byzance niveau des dessins, les femmes ont des mentons proéminents à la cro-magnon, les tons sont trop clairs et avec les visages, on ne sait jamais trop de quelle couleur il est.

Je ne vous parle même pas des chevaux, on dirait tous des carnes aux culs décharnés.

Pourtant, nom d’une pipe, c’est Hermann au dessin et il m’a habitué à mieux, à beaucoup mieux.

Duke doit accomplir sa promesse faite à l’enfoiré de Mullins, l’exploitant sans scrupules de la mine d’or : assurer la sécurité d’un transfert en diligence. Un transfert de 100.000$ que l’on convoie à San Fransisco.

Entre nous, Duke est plus fort pour respecter ses promesses faites au méchant de l’histoire qu’à Peg, sa prostituée à qui il avait promis la Louisiane. Duke, tu es un empaffé de première et elle aurait le droit de te couper les roudoudous et de les monter en porte-clés.

Non mais allo quoi ? Est-ce qu’on envoie 100.000$ par la diligence, avec juste Duke en escorte et deux frangins sur le toit ? En moins de temps qu’il n’en faut à Lupin pour dérober un diamant sur une table, nos grands imbéciles se font braquer et l’argent leur file sous le nez…

Questions : pourquoi les bandits ne portaient-ils pas de masques ? (non, pas ceux pour le covid, mais pour pas qu’on les reconnaisse ??) Pourquoi le frangin de Duke est devenu braqueur ? Envie de pourrir la vie de son frère qui est déjà pourave à mort ?

Une fois de plus, le scénario est conventionnel mais additionné de petites touches qui lui aurait donné plus de prestance si elles avaient été plus nombreuses, mais nous sommes face à un pauvre cavalier solitaire, un tireur de talent, Duke (et non Lucky Luke) qui ne sait pas lutter contre sa vraie nature : c’est un tueur.

Dommage aussi que l’album s’étire parfois sur de nombreuses cases et qu’ailleurs, il prenne des raccourcis un peu trop vite expédiés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°92] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Wanted – Tome 5 – Superstition Mountains : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 5 – Superstition Mountains

Scénariste : Thierry Girod
Dessinateur : Simon Rocca

Édition : Soleil (2000)

Résumé :
Faut-il être impitoyable pour exercer le métier de  » chasseur de primes  » !

A cet exercice, l’homme solitaire, visage ravagé par une cicatrice en forme de W, que tout le monde connaît sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.
Critique :
Tout ça pour ça ? Aurais-je envie de dire après avoir fini cet album.

Qu’est-ce qui a foiré dans ce 5ème album qui possède de l’action, de l’aventure, du rythme et tout ce qui fait qu’un western est un western ?

Juste la sensation qu’on en a fait beaucoup pour pas grand-chose et que le coup de la carte au trésor tatouée sur le crâne d’un frère Bull n’était qu’un prétexte nous refourguer une aventure en deux albums.

Mon copinaute de Babelio, Alfaric, m’a donné le nom : un MacGuffin.

Pourquoi aller enterrer un trésor volé aussi loin de sa ville ?? En territoire Indien, qui plus est ? Au fin fond du trou du cul du trou du cul du trou de cul. Bref, tellement enterré loin qu’il n’est pas temps d’en avoir besoin sur le champ…

Évidemment, dans un album western, un trésor enterré loin des villes et dans un territoire hostile, ça donne matière à scénariser deux albums bourrés d’action, de suspense, de mystère, de retournements de situation, de combats, d’entourloupes en tout genre. Du pain béni pour tout le monde.

Alors oui, j’ai eu du plaisir avec cet album qui est sans temps mort et où notre joyeuse troupe va devoir se faufiler entre les éclaireurs Navajos, les guerriers Apaches et les soldats de Kit Carson, sans oublier qu’on peut croiser d’autres emmerdements sur la route.

Gros dilemme donc pour la cotation… Le scénario est bourré de rebondissements, d’action, le lecteur ne s’embête pas, mais j’ai l’horrible sensation que les auteurs n’avaient pas grand-chose sous la dent et qu’ils ont péchés par facilité en nous pondant le coup de la carte au trésor dont ce dernier est enterré au diable-vauvert.

Maintenant, ceci n’est que mon avis, c’est-à-dire pas grand-chose. D’autres y ont trouvé leur compte, j’y avais trouvé le mien il y a 20 ans et maintenant, même si j’ai passé un bon moment western, j’ai l’impression de m’être fait un peu entuber au niveau du scénario de base.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°91] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Le train des orphelins – Tome 8 – Adieux : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Le train des orphelins – Tome 8 – Adieux

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Bamboo (2017)

Résumé :
À la fin des années 1920, Lisa a été élue maire de Cowpoke Canyon par acclamation. Elle désigne la veuve Goswell comme shérif.

Au grand désespoir du petit Joey, Lisa se laisse courtiser par le beau Lee, venu construire la maison des orphelins. Mais Lee imagine déjà Lisa en épouse soumise.

C’est bien mal la connaître.Soixante-dix ans plus tard, le vieux Joey a pris la route du Connemara, à la rencontre de la petite Louisa. Il est accompagné par la lumineuse Aileen, dont il continue à douter de l’existence réelle.

Devant la situation préoccupante de Louisa, Joey voit un signe envoyé par Lisa et un sens à donner à son histoire.

Critique :
♫ Et voilà, c’est fini ♪… Et c’est le coeur lourd que je termine cette série car je m’étais attachée aux personnages.

Mais je les quitte aussi le cœur léger car je sais que maintenant, tout va bien aller.

La saga du train des orphelins se termine définitivement avec ce tome, même s’il est plus consacré au voyage que va faire Joey pour retrouver ses origines.

Tous les arcs narratifs sont terminés et j’avais le coeur gros en arrivant à la fin car je m’étais attachée à cette bande d’orphelins qui ont suivi des destins fort différents l’un de l’autre.

On pourrait trouver ces deux derniers tomes « hors sujet » mais malgré le fait qu’ils se déroulent plus dans le présent que dans le lointain passé, je les ai trouvé utiles afin de clore cette belle saga d’une manière plus douce, plus complète.

Je ne vais pas me plaindre d’avoir eu deux albums de plus rien que pour mon plaisir, autant celui des yeux avec les dessins et les couleurs, que celui de mon esprit avec des bons scénarios.

Une fois l’album refermé, j’avais un sourire triste puisque je quittais tout le monde, un sourire amusé car j’avais eu droit à quelques situations cocasses et un sourire ému.

Mon seul regret sera de ne pas avoir eu l’occasion de lire toute la saga l’année dernière…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°90] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Wanted – Tome 4 – L’or sous le scalp : Thierry Girod et Simon Rocca

Titre : Wanted – Tome 4 – L’or sous le scalp

Scénariste : Simon Rocca
Dessinateur : Thierry Girod

Édition : Soleil Productions (1999/2001)

Résumé :
Des plus moches métiers de l’ouest américain, « bounty-hunter » (chasseur de primes) est sans doute le pire. Faut-il être impitoyable pour l’exercer…

À cet exercice, l’homme solitaire au visage ravagé par une cicatrice en forme de “W”, que tous connaissent sous le sobriquet de Wanted, est sans nul doute le plus redoutable.

Pourtant, son coeur de pierre ne s’émeut-il pas en sauvant la vie du jeune métis Yaqui-Jed que d’odieux chasseurs de scalps “les frères Bull” ont laissé pour mort après avoir massacré et scalpé tous les siens ?

À travers l’ouest en proie à la guerre de sécession, au massacre des indiens Navajos par les milices de Kit Carson, à la guerre Apache… il va aider Jed à se venger et à retrouver le trésor accumulé par les pillages des Bull…

Puis l’amour, l’amour pour Rosita, la prostituée enlevée, le mènera à sa recherche dans un Mexique en pleine révolution, occupé par le corps expéditionnaire français, soutien de l’empereur autrichien imposé.
Critique :
Maintenant que Wanted et Yaqui Jed ont réglé leur compte aux frères Bull, les deux hommes se séparent, le métis partant avec une Indienne et notre chasseur de primes s’en retournant dans les bras de la belle Rosita.

Chaque fois que Wanted s’envoie en l’air avec la belle prostituée, bardaf, il y a des gars qui rentrent dans sa piaule, le revolver au poing alors que Wanted a son six-coups bien dressé (non, on ne voit rien).

Les guerres indiennes ont repris de plus belles et il est enrôlé de force dans la bande de Kit Carson afin de chasser, tuer, éradiquer, envoyer dans une réserve tout ce que la région comporte comme Indiens, qu’ils soient Utes, Navajos, Apaches…

Wanted étant à la recherche du trésor des frères Bull (plan tatoué sur le crâne de l’un d’eux), il va chercher à tout prix à se défaire de la bande d’assassins d’Indiens avec qui il doit faire la route.

On a une fois de plus un scénario conventionnel avec un trésor caché et un territoire donné à traverser afin de le retrouver.

Bien entendu, le territoire est peuplé d’irréductibles Indiens (pas des Gaulois, non) qui n’ont pas l’intention de vous laisser faire tranquillou, des mercenaires de Kit Carson qui n’ont pas l’intention de vous foutre la paix non plus… Sinon, sans ces dangers, où serait l’action et le suspense ?

Les dessins évoluent un peu, mais de temps en temps, on retrouve Wanted avec un visage bizarre, mal dessiné. La qualité n’est pas égale dans toutes les planches.

À noter que le chasseur de primes/desperados Lee Charleston a des airs de Lee Van Cleef… 

La relecture n’est pas tendre avec la saga Wanted, moi non plus. Ça se laisse lire sans prise de tête, on a du suspense, de l’action, du rythme, mais rien de neuf sous le soleil.

Comment ça « ça vaut pour toutes les bédés westerns » ?? Ok, je ne dirai pas le contraire, on en a fait le tour en long, en large et en travers, mais il y a toujours moyen de surprendre les lecteurs, même avec du conventionnel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°88] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.