Marshal Bass – Tome 6 – Los Lobos : Darko Macan et Igor Kordey

Titre : Marshal Bass – Tome 6 – Los Lobos

Scénariste : Darko Macan
Dessinateur : Igor Kordey

Édition : Delcourt (31/03/2021)

Résumé :
Lorsque Bass arrive à la Hacienda où Don Vega a recueilli sa famille, il réalise que le sauvage gang de Los Lobos occupe les lieux.

Leur chef, Joaquin, le frère de Don Vega, convoite même l’une des filles de Bass.

Alors que la cérémonie de mariage se profile, pas moyen de prédire qui sortira vivant de la bataille qui se prépare entre les bandits et la famille de Bass.

Critique :
Désolée, Los Lobos n’est pas le groupe de chanteurs à la mode qui a fait trémousser des gens sur un l’air entraînant de ♫ La Bamba ♪

Non, dans cet album, c’est un gang de bandits sans scrupules, qui en ont marre de leur liberté faite de jours sans manger, de nuits à la belle étoile, alors, ils décident d’aller crécher chez le frangin de leur chef, Don Vega (qui n’est pas apparenté à Zorro).

Pas de bol, c’est ce fameux Don Vega qui poursuivait de ses assiduités la femme de River Bass et c’est dans son hacienda qu’elle est partie vivre, emmenant toute sa marmaille, moins un fils assassiné, moins une fille de 15 ans presque mariée.

Une fois de plus, nous sommes dans un scénario violent. Oubliez le far-west de Lucky Luke, ici, le méchant n’hésitera pas une seconde à flinguer un gamin qui ne lui a rien fait et un gosse pourrait aussi égorger un homme… Il n’y a plus de jeunesse, ma bonne dame !

River Bass est un personnage étrange, on ne sait jamais trop de quel côté il va pencher. Il dit qu’il se fiche de sa femme (Bathsheba), il se trompe dans le nom de ses gosses, il n’est jamais là, mais il est prêt à tout pour défendre les siens et les siens aussi.

Mettant en avant la petite famille de Bass, ce tome ne fait pas dans la dentelle, tout en restant dans l’ultra classique : un homme qui tente de sauver sa famille des bandits assassins, sa famille qui tente de résister, le reste du personnel qui manque de courage pour résister.

Si le scénario est classique, les personnages qui composent la famille Bass le sont moins et ce sont eux qui poussent l’album vers le haut, ainsi que les dessins Igor Kordey. Ils sont spéciaux, j’ai dû m’habituer à eux, mais au moins, sous son crayon, les personnages ne sont pas statiques, comme dans d’autres bédés.

Les dessins sont vivants, l’action est bien rendue et les doubles pages sont toujours époustouflantes.

Les méchants sont des salopards, bien entendu, mais ils ont été travaillés, ils ont leur faiblesses, leurs blessures et l’un d’entre eux ne manquera pas de couilles, entre nous, face à la gamine de Bass, Ruth.

Un western noir (sans mauvais jeu de mot), violent, sans concession, ultra réaliste et tirant plus vers le Tarantino que le Tchoupi. Le far-west n’était pas le pays des Bisounours, que du contraire.

Malgré la violence et les situations dramatiques, la bédé ne devient jamais larmoyante, se permettant même quelques traits d’humour.

Un 6ème album qui continue dans la bonne lignée des premiers et des personnages que l’on continue de découvrir, qui n’ont pas fini de nous surprendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°005] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Hombre : Peter Wiechmann et Rafael Méndez

Titre : Hombre

Scénariste : Peter Wiechmann
Dessinateur : Rafael Méndez 🇪🇸

Édition : Clair de Lune (2011)

Résumé :
Hombre est poursuivi par la justice – par un « Pinkerton », pour des crimes qu’il n’aurait pas commis.

Mais c’est en fait un « juste », qui prend toujours le parti des faibles. Et c’est dur d’être bon dans le monde de brutes du far west !

Critique :
Hombre est une bande dessinée étiquetée « noir et blanc », mais en fait, les planches sont dans des tons bordeaux, bruns, comme les vieilles bédés souples du temps de mon père.

Les « Bessy » étaient publiés dans ces mêmes tons, en alternance avec de ceux en bleus. Ce n’est donc pas une première pour moi.

Mes premières impressions avec les dessins sont bonnes, je les apprécie. Les visages sont expressifs, les décors bien esquissés, l’action bien rendue.

Hombre a deux chasseurs de têtes à ses basques, dont un de la Pinkerton. À force de lui courir après, l’agent a développé pour lui du respect et c’est réciproque puisque Hombre, bien qu’il lui fausse compagnie, n’hésitera pas à venir le sauver des griffes des Apaches.

Cet album est un recueil des aventures de Hombres et entre deux histoires, il y a des pages explicatives sur la vie à cette époque, sur l’Amérique, les Apaches, les Outlaws, le chemin de fer… De quoi se cultiver un peu et toujours en rapport avec l’histoire lue précédemment.

Hombre est un fugitif ingénieux, intrépide, bon tireur, sachant survivre dans les territoires Indiens et faisant en sorte de ne pas les tuer s’il peut les étourdir et s’enfuir. C’est un homme bon, rusé et possédant de la morale. Le défenseur de la veuve et des orphelins.

Hombre, c’est une sorte d’ »Agence tous risques » à lui tout seul. Condamné alors qu’il est innocent, il aide les autres, mais n’accepte pas d’être aidé.

Comme dans tout bon western, on a des belles jeunes filles qui se font enlever, puis à peine sortie des griffes des Comancheros, se refont enlever par d’autres salopards et notre bon Hombre se met à la recherche de la jolie jeune fille en détresse. Rien d’exceptionnel, juste du classique !

Malgré le côté ultra-classique de l’album, j’ai malgré tout passé un chouette moment de lecture, les dessins rétros m’ayant emmené dans le passé, lorsque je lisais les vieilles bédés appartenant à mon père (quand il était gamin).

Ça ne révolutionnera pas le genre… Un western pour ceux et celles qui aiment les chevauchées, les condamnés innocents redresseurs de torts, les chevaliers à la longue carabine (non, rien de sexuel, merci) qui sauvent les jeunes filles en détresse, les pauvres gens et qui ensuite, s’en vont vers d’autres aventures.

C’est une bédé qui contribue au moral.

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°114] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°25).

La Révolte du Sonora : Pierre Pelot

Titre : La Révolte du Sonora

Auteur : Pierre Pelot
Édition : G.P. Editions Olympic (01/01/1972)

Résumé :
Mexique 1906. La dictature de Diaz est plus dure que jamais. L’armée régulière, les mercenaires de la Garde blanche traquent impitoyablement les rebelles et notamment les Indiens Yaquis du Sonora, les refoulant toujours plus loin dans les montagnes arides, au profit des grands propriétaires terriens. Cette fois pourtant, le peuple Yaqui de la tribu de Caseo ne reculera plus.

Caseo le vieux demeure sur cette terre sèche qui est sa vie. Il demeure pour lutter. Il sera rejoint par Sando, son fils aîné que l’on surnomme Yaqui Hombre et dont la tête est mise à prix.

Un fossé s’est creusé entre le père et le fils, celui-là reprochant à celui-ci ses méthodes de combat. Et pourtant les deux hommes réapprendront à se respecter mutuellement, unis dans le même combat…

Critique :
Pierre Pelot est un auteur prolifique et de temps en temps, j’ouvre un de ces vieux livres qui fleure bon le vieux papier, les vieilles éditions et qu’on ne déniche plus que dans les brocantes, les vides greniers, les bouquinistes…

Celui-ci était parfait pour le Mois Espagnol (Lusophone), puisqu’il se déroule au Mexique, plus précisément au Sonora, durant la révolte qui eut lieu sous la dictature de Porfirio Diaz.

Elle éclatera le 18 novembre 1910.

L’auteur ne donnera pas de précision sur la dictature, sur toutes les exactions commises. Il aurait fallu plusieurs romans pour raconter tout.

L’auteur dresse un bref résumé en début d’ouvrage, afin que les lecteurs sachent ce qu’il s’est passé et comment était divisé la population mexicaine : les grands propriétaires, la fausse noblesse (les riches, les premiers de cordée), le clergé (riche de sa puissance) et en-dessous, les peones, les paisanos (les paysans, les pauvres travailleurs) mexicains, dont le train de vie n’avait rien à envier à celui des serfs européens du Moyen Age. Et tout, tout, tout en dessous, les indiens.

En 1910, huit cent quarante haciendados environ se partageaient la superficie totale de la terre mexicaine, vivant dans l’opulence sur la sueur versée de plusieurs millions de peones et d’ouvriers.

Une foule énorme, qui tout à coup voulait vivre, qui n’en pouvait plus de colère rentrée, ravalée depuis des années. Un peuple d’esclaves qui ne voulait plus avoir faim, qui voulait être libre et se dressait derrière le boutefeu de la révolution : Francisco I. Madero.

Il expliquera aussi les raison qui poussèrent le peuple au mécontentement. Ce qui fait qu’en commençant cette lecture, je n’étais pas totalement inculte. Pierre Pelot raconte donc une petite histoire dans la Grande, celle d’une tribu Yaqui, qui subissait la domination de Diaz sans savoir pourquoi, sans comprendre.

Qui se faisait refouler sans cesse plus loin, qui avait perdu ses terres dans la plaine, au profit des colons et était allée dans la montagne, avant que les riches veulent encore plus et décident de prendre la montagne aussi, et de les chasser, en passant, ou les exterminer, tiens, encore mieux (ceci n’est pas pensée, mais celle des riches puissants, ceux qui me suivent depuis un certain temps l’auront compris).

Un jour, ils ont dressé le poing dans le ciel. Ils se sont levés, un fusil dans la main, une fouche, une pioche… Aux armes, Yaquis Indiens (♫). Et comme Sando, devenu un desperado, est de retour près de son père, Caseo, il décide d’aider les siens à résister au soldats.

Oui, c’est une simple histoire. Une histoire ordinaire comme il y en a tant eu. Comme il y en a encore, comme il y en aura encore. On défend sa terre, car à un moment donné, quand on est acculé, qu’on a plus de repli possible, on se redresse et on montre les dents. Fuir n’est plus possible, résister va être difficile, ils risquent tous de mourir, face à des soldats aguerris et mieux équipé.

Le récit avait tout pour me plaire, mais je suis passé un peu à côté de l’affrontement sans paroles entre le père et son fils. L’un aurait aimé qu’il reste, le fils aimerait qu’on soit fier de ce qu’il a fait, de ses combats. Ils sont fiers l’un de l’autre, mais trop fiers que pour l’avouer.

Il manque aussi au récit des émotions et du corps. On ne s’y embête pas, mais l’écriture, un peu trop simple, m’a empêché de vibrer avec ces pauvres gens prêts à tout pour défendre leurs terres (alors que nom de Dieu, c’est le genre de chose qui devrait m’enflammer parce que je suis ainsi : j’aime ma terre et je prendrai le fusil aussi).

Une lecture en demi-teinte. Malgré tout, je garderai les bons côtés de l’histoire : le père et le fils qui ne se comprennent pas et le don de soi pour sauver les siens.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°111] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°08).

Hangman – Les fantômes du bourreau : Sébastien Bouchery

Titre :Hangman – Les fantômes du bourreau

Auteur : Sébastien Bouchery
Édition : LBS (09/03/2022)

Résumé :
Wisconsin, 1885. Assassin notoire, Travis Moses surnommé Le bourreau, sort de prison après 32 ans de réclusion. Prêt à retrouver sa place dans une société métamorphosée par la guerre civile, il retourne vivre dans la ville qui a forgé sa légende. Il y fait la rencontre de Sienna Hawk, journaliste à Chicago, venue pour écrire un livre sur sa vie. Contre une somme attrayante, Moses accepte.

Mais c’est sans compter la rancune tenace du marshal Pilby, prêt à tout pour faire replonger Moses et obtenir, enfin, la vengeance que tous attendent.

Au fil de son histoire qu’il raconte à la journaliste, Moses retrace les souvenirs d’un passé sombre et terrifiant, où la vérité ouvre une porte inattendue qui mène droit dans la tourmente et l’enfer.

Critique :
Ceci est un western qui n’est pas tout à fait un western…

Une grande partie des codes western sont présents, mais pas comme on pourrait le penser. Exit les duels dans la rue, les départ au galop, les attaques de banque, de diligences, de trains et pas de de cow-boys dans les parages…

Juste un shérif, une population en colère, des meurtres horribles de jeunes gens et un homme qui vit à l’écart et que l’on soupçonne d’être l’auteur des 12 disparitions et des 8 corps morts retrouvés. Un des habitants dit avoir trouvé un collier africain appartenant à ce vagabond, Travis Moses, dont on dit qu’il a passé du temps en Afrique.

Non, même si nous sommes dans un western, les allergiques au genre peuvent le lire, sans soucis, car c’est aussi un polar historique, où les ambiances de l’époque sont bien rendues (racisme, phallocratie). Sans oublier la haine de l’autre, les désirs de vengeance, sans même réfléchir afin de savoir si l’homme accusé est bien le coupable.

Puisque de nos jours, on en vient presque à lyncher des gens, sans preuves, juste parce qu’on a dit, sur les réseaux sociaux, que c’étaient des assassins, pédophiles, kidnappeurs…

Vous imaginez la réaction d’une population en 1853 après qu’on lui ait soustrait 12 de ses adolescents ? Autant parler à des sourds lorsqu’on est muet, c’est ce que tentera pourtant de faire le pauvre shérif. Une scène réussie et glaçante.

32 ans plus tard, Travis Moses, le bourreau, est de retour, libéré, délivré. Dans la ville, ça sent plus mauvais qu’un régiment de chiens qui auraient pété dans un ascenseur ! Comment refaire sa vie, comment arriver à la rédemption si personne ne vous tend la main, si toutes les portes se ferment devant vous ?

Divisé en plusieurs parties, ce western qui n’en est pas vraiment un, va aller assez loin dans l’horreur, notamment lorsque Travis Moses va raconter à la journaliste les supplices subis par ses 5 dernières victimes.

L’auteur, sans pour autant basculer dans l’exagéré ou dans la violence gore, juste pour faire du gore, m’a tout de même donné envie d’avoir des patates sur le feu ou des factures à payer… Certains passages sont hard, mais on arrive à les passer tout de même.

Puis, alors que j’étais captivée par le récit, l’auteur m’a taclée violement, m’envoyant valser au sol. Oh l’enfoiré, je ne l’avais pas vu venir ! Bravo, c’est ce petit plus qui augmentera la cotation de ce western, car cela change tout. On est entré dans une autre dimension.

Des chapitres courts, un récit qui ne manque jamais d’haleine, sans pour autant entrer dans un rythme endiablé, ce western sombre avait tout pour me plaire, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il joue aussi bien sur les ambivalences pour l’assassin Travis Moses. Un coup on le déteste, un coup on souffre avec lui…

Comme dans la chanson de Jacques Dutronc, j’ai retourné ma veste et je l’ai tellement retournée qu’elle craque de tous les côtés. Il en fut de même avec le Marshall Pilby : on comprend son acharnement sur Moses, mais parfois, on aimerait qu’il lui lâche la grappe, puisqu’il a payé sa dette par 32 ans de prison.

Un western sombre, qui ne manque pas de profondeur, de psychologie, avec des personnages bien travaillés, ambigus. L’intrigue est comme une toile d’araignée, mais ce n’est qu’une fois pris dedans que l’on s’en rend compte.

Tout se dévoilera au fil du récit, l’auteur restant le seul maître à bord de son récit et il le pilotera avec brio jusqu’à ce final bourré d’adrénaline, de balles qui sifflent et de révélations qui trouent le cul.

J’ai kiffé son roman western « Dusk«  et « Hangman » le rejoindra sur l’étagère des coups de coeur !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°196] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Apache Junction – Tome 1 – Les loups au crépuscule : Peter Nuyten

Titre : Apache Junction – Tome 1 – Les loups au crépuscule

Scénariste : Peter Nuyten
Dessinateur : Peter Nuyten

Édition : BD must (01/09/2017)

Résumé :
1875, après la mort de Cochise, les Chiricahuas menés par le chef Black Wolf s’échappent de la réserve de San Carlos. Poursuivis par l’armée US comme par les Féderales mexicains, ils convoitent une cargaison d’armes.

Réalisé par Peter Nuyten dans un style très proche du Blueberry de Jean Giraud, Apache Junction est un western superbement dessiné et bien documenté en 3 albums qui forment un récit complet.

Critique :
C’est par le plus grand des hasards que j’avais appris l’existence de cette série western en trois volumes.

Ni une, ni deux, lorsque je suis tombée dessus en librairie, je l’ai ajoutée à mon panier et je me suis empressée de la lire.

La première chose qui frappe (aie), c’est le style des dessins : assez proche d’un Blueberry, période Apache.

Le personnage principal, Roy Clinton (le courrier de Fort Apache), a des petits airs de Blueberry, le nez cassé en moins (et pas la tête de Belmondo). Il pourrait être son cousin.

En plus d’être gâté par de beaux dessins réalistes (les décors sont détaillés aussi, magnifiques), le lecteur ne sera pas en manque de lecture, que ce soit dans les explications de départ (resituer le conflit entre l’armée US et les Apaches) ou dans les phylactères.

L’auteur ne propose pas un scénario binaire avec les gentils soldats, les gentils colons et les vilains Indiens. Non, non, pas de ça dans cette bédé ! Les colons ne sont pas d’une seule teinte et les Apaches non plus, chacun se battant pour sa terre, pour sa famille, pour son peuple ou pour le fric (les Blancs).

Roy Clinton est même réaliste, il sait que les Indiens ne font pas confiance aux Blancs parce que ces derniers les ont trop souvent trompés au fil du temps. Il n’est pas au point de tenir avec eux, mais il les comprend, tout en faisant ce qu’il faut pour rester en vie. On peut comprendre les revendications des autres et tenir à sa vie, c’est normal.

Il y a peu d’action dans ces pages, une grande partie étant l’attente dans la ferme de l’attaque (ou pas) par les Apaches et les soldats du fort qui, d’un autre côté, sont sur la piste de ces mêmes Apaches.

Malgré tout, il y a beaucoup de tension durant ces 40 pages et vu la biographie de fin de bédé, on remarque que l’auteur a fait des recherches sur le sujet afin de ne pas raconter de bêtises.

Il y a de la profondeur dans ce scénario, du suspense, des secrets inavoués (que l’on connaîtra avant la fin de ce premier tome) et notre ami Roy Clinton en a un fameux à nous avouer.

Une belle découverte d’une bédé western dont je ne connaissais pas l’existence (merci au site Bedetheque), que j’ai eu du mal à trouver en librairie et qui coûtait plus cher que les autres. Bon, ça valait le coup ! Maintenant, il me faut acheter les deux autres…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°183], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 40 pages), Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°109], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Pays-Bas).

Ladies with guns – Tome 1 : Olivier Bocquet et Anlor

Titre : Ladies with guns – Tome 1

Scénariste : Olivier Bocquet
Dessinateur : Anlor

Édition : Dargaud (14/01/2022)

Résumé :
L’Ouest sauvage n’est pas tendre avec les femmes… Une esclave en fuite, une indienne isolée de sa tribu massacrée, une veuve bourgeoise, une fille de joie et une irlandaise d’une soixantaine d’années réunies par la force des choses. Des hommes qui veulent les maintenir en cage.

Des femmes qui décident d’en découdre, et ça va faire mal. Ladies with guns est l’histoire de la rencontre improbable entre des femmes hors du commun refusant d’être des victimes. Un western iconoclaste et jubilatoire où rien ne vous sera épargné.

Critique :
Le western a toujours été mon dada, surtout en bédé, alors, j’ai sauté sur l’occasion de découvrir cette bédé en avant première via #NetGalley.

Dès les premières cases, on est happé par les mystères qui entourent cette jeune fille dans une cage et ensuite, difficile de lâcher l’album avant la fin.

La chronologie de l’histoire ne suit pas une ligne du temps rigide, les auteurs ayant pris soin de nous raconter le passé de certaines femmes à rebours.

Cette bédé est bourrée d’action, c’est le moins que l’on puisse dire. Difficile de s’embêter avec toutes les péripéties qui arrivent à ces femmes.

Entre nous, ne la laissez pas sous les yeux des petits enfants, la violence est bien présente et les auteurs abordent certains sujets délicats comme l’esclavage et la pédophilie, même si jamais le scénario ne sombre dans l’exagéré (ou le voyeurisme) et que tout cela est montré assez rapidement.

Mais bon, un enfant pourrait se demander pourquoi un adulte, qui ne porte pas de pantalon, veut abuser d’une jeune esclave plus que mineure d’âge.

Il est souvent reproché au western d’être un monde super machiste, peuplé de mecs qui jouent avec des révolvers (jouer avec sa bite est mal vu en société), boivent comme des trous, exercent des violences sur les femmes, ont tous les droits, flinguent à tout vent, pincent les fesses et prennent ce que les femmes ne veulent pas leur donner…

Bref, la phallocratie dans toute sa splendeur ! Dans cette bédé, lorsque les mecs voudront en remonter aux femmes, ils trouveront à qui parler car nos gonzesses ne sont pas de celles qui se laissent faire.

Tout le sel du récit se trouve concentré dans ces 5 femmes que tout sépare. Seules, elles auraient un peu de mal à y arriver (hormis l’amérindienne), mais réunies, auront une force de frappe bien plus grande. L’union fait la force, c’est bien connu.

Voilà donc une bédé western qui, tout en respectant les codes du genre, s’en affranchi pour donner la part belle aux femmes.

L’action est omniprésente, la violence aussi puisque nous ne sommes pas dans un Lucky Luke, mais dans une bédé plus réaliste et qu’en ces temps-là, c’était la jungle, l’Ouest !

Malgré tout, l’humour n’est pas oublié dans les dialogues et les expressions des visages sont très bien rendues. Un vrai plus, dans une bédé, lorsque les visages ne sont pas figés, mais expressifs. Les couleurs sont très belles aussi…

Les bases de l’histoire sont posées, l’album est de la dynamite qui pète dans tous les sens. De mon côté, je serai au rendez-vous pour la suivant. J’espère juste que le scénario du second saura prendre un autre chemin que le côté bang-bang du premier, afin de donner un peu plus de profondeur à l’histoire, de la faire évoluer après le final hautement violent.

Parce que l’action c’est bien durant un moment, mais ça ne saurait pas « rester continuer durer » pendant plusieurs albums. Et puis, le croque-mort risquerait encore de se retrouver sans planches pour faire les cercueils…

Une belle découverte ! J’ai eu raison de me fier à mon instinct, ainsi qu’à la couverture et au titre qui disait tout. Yes ! Merci #NetGalley.

#Laideswithguns #NetGalleyFrance

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages).

 

Mauvaise réputation – Tome 1 – La véritable histoire d’Emmett Dalton : Antoine Ozanam et Emmanuel Bazin

Titre : Mauvaise réputation – Tome 1 – La véritable histoire d’Emmett Dalton

Scénariste : Antoine Ozanam
Dessinateur : Emmanuel Bazin

Édition : Glénat (02/06/2021)

Résumé :
« Qui nous sommes vraiment, nous les Dalton « . 1908. Oklahoma. Emmett Dalton n’est plus un criminel depuis longtemps. Il a payé sa dette à la société, il se contente d’une existence discrète et tente même parfois de visiter l’église pour prier – sans trop de succès pour cette dernière activité.

Aussi lorsqu’un producteur de cinéma lui propose de participer à l’écriture d’un film consacré aux méfaits de sa légendaire fratrie, il se méfie, refuse, puis réalise finalement qu’une chance lui est offerte : évacuer le mythe, rétablir un semblant de vérité et sauver la réputation de sa famille.

Les quatre frères Dalton ne sont pas nés hors-la-loi. Au contraire ! Ils ont tous endossé le rôle de Marshal à l’aube de leurs carrières, et c’est n’est pas de plein gré qu’ils ont plus tard embrassé des vies de fugitifs…

Qui d’autre qu’Emmett, seul survivant, pour déterrer ces douloureux souvenirs et conter sans hypocrisie la véritable histoire des Dalton.

Critique :
Tout le monde connaît les Dalton, ils sont bêtes et méchants. On connaissait moins les aventures de leurs illustres cousins, juste que c’était Lucky Luke qui les avait mis hors d’état de nuire.

Faites table rase de ce que vous savez sur ces bandits, l’Histoire n’est peut-être pas celle que l’on nous a racontée… Même si elle était bourrée d’humour.

Les planches sont faites d’aquarelles et si au début j’ai eu un peu de mal avec elles, au fur et à mesure de ma lecture, je m’y suis adaptée, trouvant les dessins des visages très bien exécutés. Les couleurs sont assez claires, sobres.

Ce premier album nous raconte la véritable vie du gang Dalton, par l’entremise d’Emmett Dalton, le dernier survivant. Il va raconter leur vie à un producteur de cinéma et, bien que la fiction se même sans doute à la réalité, les frères Dalton sont des gars bien sympathiques dans cet album. N’ayant pas été lire la vérité vraie, je ne puis me prononcer.

N’ayant pas le crime dans le sang, nos frangins étaient même des marshal, au service de la loi. Hélas, représentant de la loi, ça ne paie pas bien son homme et les Dalton quitte leur boulot pour devenir cow-boy.

Quelques combines pas très légales, le vol bête de l’argent du poker suite à des tricheries de la part des autres joueurs et voilà nos frères engagés sur le mauvais côté de la route, sans pour autant que cela soit irrémédiable ou catastrophique. C’est léger comme conneries, pas de quoi en faire des bandits.

Là où tout fout le camp, c’est lorsqu’on les accuse de l’attaque du train de la Wells Fargo et qu’eux ne se laissent pas faire. Normal, lorsqu’on se trouve à l’autre bout du pays et que personne ne veut écouter votre alibi, il y a de quoi être vénère.

C’est plus du western mélancolique, crépusculaire, que du western bang bang. Les flash-back sont bien intégrés dans le fil de l’histoire, les cases de souvenirs s’insérant dans celles du récit de manière harmonieuse.

Un belle bédé western qui se fait témoignage prenant, nostalgique et qui donne un autre éclairage sur les frères Dalton, loin de l’interprétation amusante de Morris dans Lucky Luke, remettant la banque au milieu du village et nous montrant que parfois, des gens biens, peuvent devenir hors-la-loi plus vite que leur ombre, suite à des injustices ou pour tout simplement pour manger à leur fin.

Vivement la suite de ce témoignage d’Emmett Dalton !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XXX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 78 pages).

 

Durango – Tome 18 – L’otage : Yves Swolfs et Giuseppe Ricciardi

Titre : Durango – Tome 18 – L’otage

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Giuseppe Ricciardi
Édition : Soleil (17/11/2021)

Résumé :
Durango sauve deux américains poursuivis par des pistoléros mexicains, maîtresse et conseiller financier d’un homme fortuné, John Glazer qui gère ses investissements au Mexique depuis son hacienda de Tucson. Le fils de Glazer est retenu prisonnier par les guérilleros qui exigent une rançon pour sa libération. Glazer charge Durango de ramener son fils à Tucson.

Critique :
Durango fait partie de mes chouchous en matière de western, au même titre que Blueberry ou Undertaker. Après 5 ans de diète, le retrouver dans une aventure procure une joie immense.

La couverture, très belle, très attirante, avec un Durango aux yeux plissés, chevauchant, l’air déterminé, en compagnie de bandits mexicains, m’avait fait monter la température dans la librairie.

Hélas, j’attendais trop de mon Durango et il n’a pas été à la hauteur, que ce soit au niveau du scénario, très basique ou des dessins de Iko, à la ramasse pour cet album, alors que je les avais appréciés dans le tome 17.

Les couleurs manquaient de chaleur, alors que nous sommes au Mexique et j’ai trouvé les traits des visages un peu brouillons, surtout celui de Durango. La couverture a été composée par son père de toujours, Swolfs, mais les planches d’Iko n’ont pas été à la hauteur.

Le scénario est classique : des bandits mexicains, un trésor, un fils à papa enlevé et détenu en otage, le paiement d’une rançon et personne qui ne fait confiance à l’autre.

Ce qui me gêne le plus, ce n’est pas le côté conventionnel de l’histoire, mais la manière dont elle est racontée : sans piments, sans pep’s, sans ce qui faisait le sel d’un Durango de la première heure.

À voir si la suite de cet album m’offrira plus de profondeur, des surprises et des dessins un peu plus agréables que ceux que le dessinateur nous livre dans ce nouveau tome.

Swolfs se concentre sur les scénarios, mais déléguer les dessins à d’autres n’est pas toujours une riche idée. Les albums étaient plus soignés lorsque l’auteur assurait la totale, nous offrant alors de beaux dessins et des bons scénarios.

Durango, reviens-moi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°108 Bis], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°103] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages).

Pulp : Ed Brubaker et Sean Phillips

Titre : Pulp

Scénariste : Ed Brubaker
Dessinateur : Sean Phillips

Édition : Delcourt Contrebande (12/05/2021)

Résumé :
Max Winters, un écrivain de Pulps dans les années 1930 à New York, est entraîné dans une histoire qui rappelle celles qu’il écrit pour cinq cents le mot – des histoires mettant en scène un hors-la-loi du Far West qui rend justice à coups de revolver.

Max sera-t-il aussi efficace que ses héros face à des braqueurs de banque, des espions nazis et des ennemis issus de son passé ?

Critique :
La première chose qui m’a attirée dans cette bédé, c’est la couverture : ses tons orange, la chaleur qui s’en dégageait et l’illustration qui laissait présager bien des choses.

Sans compter le duo d’auteurs dont j’ai déjà découvert une partie de leur œuvre (Fondu au noir et Captain America).

Le récit commence dans un western.

Les couleurs sont dans les tons chauds : des oranges, des jaunes, coloriés à l’arrache, sans suivre les lignes, comme lorsque ma nièce de deux ans colorie… Mais ça donne vraiment mieux dans cette bédé que sur ses gribouillages !

L’histoire se déroulant dans ce western est un pulp (revues populaires très bon marché aux States) et nous comprendrons plus loin ce que ce récit vient faire dans l’autre récit.

Une fois revenu au récit initial, les couleurs reprennent leur juste place et on quitte les tons chaleureux du western en découvrant son auteur : Max Winters, vieil écrivain de nouvelles westerns qu’il vend 5 cents le mot à un magazine éditant des pulps. Oh, pardon, son éditeur vient de diminuer le prix au mot à 2 cent… Chienne de vie !

Le pire viendra ensuite pour Max et la vie se fera encore plus chienne… Bien que ce ne soit pas la vie qui soit une chienne, mais les autres : son patron qui le regarde de haut, l’éditeur qui veut faire des économies, les petites lignes sous le contrat de travail, les petites frappes qui agressaient un Juif dans le métro, les gens impassibles lorsque Max se fait passer à tabac, se fait dépouiller, les sympathisants nazis qui défilent à Times Square…

Les dessins de Sean Phillips sont minimalistes tout en étant rempli de détails dans les décors. Qu’ils concernent les dessins se déroulant en 1939 (le présent) ou ceux du western, qui est un récit dans le récit, avec un parallèle sur la vie de Max Winters en 1895.

Les dialogues sont au cordeau, sans chichis, sans circonlocutions. Ed Brubaker va à l’essentiel, sans pour autant que le fond de son texte en pâtisse. Hitler est au pouvoir en Allemagne et les relents atteignent l’Amérique où la populace acclame le moustachu dans les cinémas, portent le brassard avec la croix gammée et où des riches américains envoient du fric à l’Allemagne d’Hitler.

Cet album est un mélange réussi entre le western, le thriller, le roman noir et les nazis. C’est l’histoire d’un vieil homme au bout du rouleau, qui sait qu’il va y rester un jour, qui ne voit pas le bout du tunnel, qui a perdu son gagne-pain et qui aimerait que sa femme, plus jeune, ne se retrouve pas démunie une fois que sa mort sera venue. Le côté roman noir est bien présent, lui aussi.

Les épisodes western, loin d’être juste là pour distraire les lecteurs, possèdent leur place dans ce thriller et si au début, ce n’était pas vraiment clair, à un moment donné, tout s’éclairera dans notre esprit et les épisodes pulp acquerront toute leur force.

Max Winters n’a rien d’un super-héros, il est vieux, cabossé par la vie, n’a jamais été épargné par elle non plus, a morflé et après une crise cardiaque, il est encore plus diminué qu’avant.

Ne cherchez pas un chevalier blanc dans ce récit, il n’y en a pas et c’est ce qui le rend plus réaliste, lui donne toute sa force. Il n’y a que des gens ordinaires et certains, au lieu de regarder ailleurs, agissent.

C’est clair, c’est net, c’est concis, ça frappe juste où il faut et en peut de mot, l’ancien de la Pinkerton résumera toute la situation à Max Winters.

Un thriller roman noir western percutant, qui prend tout son sens au fil de la lecture, notamment dans le final rempli d’action, avec l’intensité qui monte crescendo avant l’explosion. C’est une pépite bien noire que nous offrent le duo d’auteurs.

C’est aussi un bel hommage au pulp western et au genre en particulier, soulignant la précarité salariale des auteurs de ces petits récits.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°105], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°100], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 72 pages).

Indeh – Une histoire des guerres apaches : Greg Ruth et Ethan Hawke

Titre : Indeh – Une histoire des guerres apaches

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Hachette Comics (22/03/2017)
Édition Originale : Indeh (Signed Edition): A Story of the Apache Wars (2016)
Traduction : Pascal Bataillard

Résumé :
Année 1872. Au coeur des territoires apaches – vaste région déchirée par des décennies de guerres -, Goyahkla, jeune et brave parmi les braves, vient de perdre sa famille et tout ce qui lui était cher.

Une vision l’amène à rejoindre le chef apache Cochise. Il prend ensuite la tête d’une attaque contre le village mexicain d’Azripe, où il fait montre d’un courage insensé. Ce jeune guerrier est dès lors à jamais transformé : Goyahkla sera désormais Geronimo, héros de tous les Indiens d’Amérique du Nord.

Cette attaque n’est qu’un épisode d’un très long combat. Le mot Indeh, qui signifie « les morts », monte aux lèvres des Apaches, chaque fois qu’ils se battent contre l’ennemi et perdent des êtres chers, en défendant leur terre et leur culture.

Le jour où une paix durable semble avoir été atteinte, la guerre paraît enfin terminée… Mais en est-il vraiment ainsi ?

Critique :
Dans cet épais comics, les guerres Apaches seront vues du côté des Apaches, et non selon le point de vue des Tuniques Bleues.

Heureusement que les mentalités ont un peu changées et que maintenant, on comprend que les colons ont été injustes envers les Amérindiens, cherchant toujours le prétexte pour les exterminer.

Et si pas de prétexte valable, on en inventait un, on mettait en scène des massacres dont on accusait les Indiens et hop, c’était reparti pour un tour.

Dans cet ouvrage, il y a peu d’Homme Blanc qui ont la langue droite. Un militaire sera plus indulgent que ses pairs, plus intelligent aussi, comprenant que Cochise n’a pas enlevé de l’homme qui l’accuse et que tout ceci va mal se terminer.

Qu’il est difficile d’être le seul à s’ériger contre les autres, à défendre ceux que personne ne veut défendre, à faire preuve d’humanité, d’écoute, là où tous les autres ne veulent qu’une seule chose : exterminer la vermine Indienne (ce sont leurs mots, pas mes pensées).

La perfidie et la lâcheté des militaires Blancs atteint des sommets de cruauté lorsqu’ils assassineront Mangas Coloradas, venu négocier la paix et qui finira la tête coupée, mise à bouillir dans un chaudron… Non, les barbares ne sont pas toujours ceux que l’on pense.

Les Apaches voulaient la paix, leurs ennemis étaient les Mexicains. Suite à des injustices, leur colère va se concentrer sur les Visages Pâles et bien des innocents vont périr.

Lorsque l’on s’attaque à votre culture, à ce qui fait de vous tient à cœur, à vos terres, à votre mode de vie, pour aller vous parquer dans des réserves stériles et vous y laisser crever de faim, il est normal que l’on se révolte. Qui sème le vent récolte la tempête et nos anglo-saxons auraient dû méditer sur cette maxime.

Les dessins, en noir et blanc, sont sublimes ! Les crayonnés mettent en valeur des personnages, les accentuent, en laissant d’autres en arrière-plan. Le scénario était déjà très fort, mais les dessins finissent de vous clouer au fauteuil et rendent les émotions encore plus palpables.

Chronique d’un génocide dont on ne lui donnera jamais le nom… Pourtant, c’est un génocide qui a eu lieu : les envahisseurs Blancs n’avaient pas encore assez avec l’immensité de ce nouveau continent, ils leur fallait aussi le peu que les Indiens possédaient : des terres riches, du gibier et de l’or, qui n’intéressait pas ce peuple car inutile, pour eux.

Les Apaches se disaient « Indah » (les vivants) et à cause des colons, des militaires, ils devinrent des « Indeh » (le peuple mort) : lorsqu’un Blanc tombait, il était vite remplacé, mais lorsqu’un Indien tombait, personne n’était là pour prendre sa place.

L’Homme Blanc était comme un nuage de criquet fondant sur une contrée…

Un roman graphique d’une intensité rare, d’une puissance folle, bourré d’émotions, qui vous serrent les tripes car c’est aussi la chronique d’une mort annoncée, celle d’un peuple qui s’est fait génocider (néologisme offert) pour l’appât du gain, parce qu’il était différent et que l’on ne tolère pas la différence…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°100], et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°97].