Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello : André Benn

Titre : Le magicien de Whitechapel – Tome 1 – Jerrold Piccobello

Scénariste : André Benn
Dessinateur : André Benn

Édition : Dargaud (27/02/2015)

Résumé :
Londres, 1887. Jerrold Piccobello, magicien parmi les plus prestigieux du royaume britannique, se fait une nouvelle fois remballer d’une audition comme un malpropre.

Désespéré, l’homme revient sur les lieux de son enfance, là où tout a commencé et où il fera une rencontre pour le moins inattendue…

Critique :
La magie, ce n’est pas que l’affaire d’Harry Potter et consorts (ou qu’on ne sort pas).

Ici, même les Moldus peuvent être magicien. De très grands magiciens.

Hélas, d’aussi qu’on soit monté, on n’est jamais assis que sur son cul, mais la chute n’en est pas pour autant aussi douloureuse que si on avait chu de l’Empire State Bulding.

Pourtant, Jerrold Piccobello a commencé dans la bas du panier, avec une père décédée et un père qui jouait au Grec, c’est-à-dire qu’il trichait avec les dés (entre autre).

C’est après avoir été refusé pour son numéro et s’être senti devenu has been que Jerrold revient sur les terres qui l’ont vu grandir. Se remémorant sa jeunesse et tous les mauvais coups du sort, il repense aussi avec nostalgie à son mentor, Virgil Webb, Ze best magicien. Celui qui lui a tout appris.

Les dessins ne m’ont pas trop emballés, de plus, à certains moments, on a du mal à différencier Jerrold de Virgil, si on n’est pas trop attentifs.

Dommage que je n’ai pas accroché aux dessins parce que le scénario, de son côté, appelle à la curiosité, à l’envie de découvrir la jeunesse de Jerrold, les coups durs, son insouciance de jeunesse…

Son apprentissage auprès du Gérad Majax de l’époque, du Harry Houdini qui ne s’évade pas, du David Copperfield qui séduit toute les dames après leur avoir montré sa baguette magique, était bien mis en scène et je n’ai pas vu le temps passer durant ma lecture.

Malgré tout, il me manquait un truc pour me faire revenir pour le deuxième acte, pour aller chercher la suite de cette bédé dans les étagères de la biblio et ce truc qui manquait, il est arrivé en final de ce tome et là, je me suis dit que j’allais suivre cette série – au diable les dessins que je n’aime pas – afin de savoir ce qui allait se passer maintenant que notre Jerrold avait passé un contrat inhabituel.

Faudrait peut-être lui signaler qu’il devra utiliser une longue cuillère, car lorsqu’on dîne à la table de ce personnage, vaut mieux en avoir un longue (de cuillère !).

Cul entre deux chaises pour cette chronique. La curiosité est plus forte, je ne résisterai pas, faudra que je lise la suite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau & Maza

Titre : Jour J – Tome 18 – Opération Charlemagne

Scénariste : Fred Duval & Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Maza

Édition : Delcourt Neopolis (19/11/2014)

Résumé :
1943, la France et l’Angleterre sont désormais en guerre.

Une petite légion de volontaires français a choisi de rejoindre Londres pour combattre le régime fasciste de Laval. Ils ne savent pas encore qu’une menace mortelle plane sur la ville…

Le gouvernement français travaille au lancement de fusées. Les réseaux résistants français pourront-ils arrêter l’opération Charlemagne à temps ?

Critique :
Une p’tite uchronie (*), ça vous dit ? Il y en a un peu plus, je vous l’met, ma bonne dame (mon bon monsieur) ?

Pas de bol pour moi, cette bédé est la suite de « Jour J – Tome 14 – Oméga » et si j’avais su, j’aurais lu ce tome 14 car là, j’ai eu l’impression de tomber comme un cheveu dans la soupe.

Afin d’y comprendre quelque chose – nous sommes dans une dystopie, donc, les faits réels sont changés – j’ai farfouillé un peu pour avoir le topo de ce fameux tome 14 où la France a basculé du côté des fascistes.

Imaginons qu’en février 34, un coup d’État avait porté au pouvoir en France un gouvernement fasciste, aidé d’une milice violente : Oméga. Un tel gouvernement aurait sans doute tué dans l’œuf les velléités de réarmement d’Hitler en 1936 et aurait fini par s’opposer à la démocratie britannique. Une nouvelle guerre mondiale commence en 1942 et la France est cette fois dans le mauvais camp !

Bande dessinée d’espionnage, elle nous montre des exilés français qui sont foutus le camp en Angleterre, refusant le nouveau gouvernement de Laval qui a tout d’un Mussolini, avec moins de prestance, selon une espionne.

Une bédé d’espionnage uchronique, fallait y penser et arriver à ce que l’histoire racontée se tienne car tout le soucis des uchronies est là : changer un fait du passé mais rester cohérent dans le récit que l’on développera à partir de ce changement.

Le pari est réussi dans ce cas-ci et je dois dire que j’ai eu tout de même un peu de mal au départ en lisant le récit puisqu’il allait à l’encontre de ce que je sais et qu’il opposait deux pays qui, s’ils ne se sont jamais aimé, étaient alliée en 39-45.

Voir une France fasciste a de quoi donner des sueurs froides, voir cette France en conflit avec la Perfide Albion durant la Seconde Guerre Mondiale avec un De Gaulle dans un autre rôle que celui qui est connu était plus que perturbant aussi.

Mais malgré ces perturbations, j’ai apprécié ma lecture. Justement, ces perturbations qui donnaient des sueurs froides ont ajouté du piment à cette lecture tant je n’arrêtais pas de penser « Et si putain ça arrivait, un gouvernement fasciste dans un pays voisin du mien ? ».

J’vous dit que j’ai pas bien dormi ? En plus, voir Big Ben brûler… Ça m’a fait un drôle d’effet !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

(*) L’uchronie pour les Nuls : Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. « Uchronie » est un néologisme du XIXe siècle fondé sur le modèle d’utopie, avec un « u » pour préfixe de négation et « chronos » (temps) : étymologiquement, le mot désigne donc un « non-temps », un temps qui n’existe pas.

On utilise également l’anglicisme « histoire alternative » (alternate history). L’histoire contrefactuelle et l’uchronie se distinguent par la prééminence donnée soit à l’événement déclencheur (histoire contrefactuelle), soit à ses suites fictives (uchronie).

L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888 : Céka & Benjamin Blasco-Martinez

Titre : L’Homme de l’année – Tome 13 – 1888

Scénariste : Céka
Dessinateur : Benjamin Blasco-Martinez

Édition : Delcourt Histoire & histoires (18/04/2018)

Résumé :
Comment un rescapé des pogroms russes, arrivé en Angleterre avec sa famille, est devenu le plus célèbre psychopathe de l’ère victorienne ? Rencontrez l’homme qui se cache derrière Jack l’Éventreur…

1888. Londres. Un mystérieux assassin s’attaque aux prostituées de Whitechapel. Les corps sont atrocement mutilés. Qui est capable de telles horreurs ?

Scotland Yard échoue à arrêter celui qui devient le plus célèbre tueur en série de l’histoire.

Un châle maculé de traces ADN nous permet de révéler, plus d’un siècle après l’affaire, l’identité du fameux Jack l’Éventreur et ce qui le poussait à tuer…

Critique :
Enfer et damnation, encore cet Aaron Kosminski et cette stupide histoire de châle bourré de traces d’ADN que j’avais lue dans le roman de Russell Edwards : « Naming Jack The Ripper » (Jack l’éventreur démasqué) !

Bardaf, après quelques cases, lors de la découverte d’un châle dans une vieille malle au grenier, j’ai compris qu’on allait nous proposer cette théorie tout ce qu’il y a de plus loufoque.

Mais bon, le vin était tiré, il fallait le boire, ou plutôt, la bédé était commencée, fallait l’achever.

Juste après cette découverte, les auteurs basculent sur la nuit du 31 août 1888 avec Mary Ann Nichols, ivre et rencontrant son tueur. Par contre, ils oublient de parler de l’incendie sur les docks…

Les dessins ont su donner à ce récit l’atmosphère qu’il lui fallait en présentant, avec réalisme, des bans de brume typiquement londonienne, même si, durant les meurtres, il n’y avait ni fog, ni smog, ni brouillard.

Les clichés cinématographiques ont la vie dure et effectivement, ça vous plonge encore mieux dans les rues miteuses de Whitechapel si vous ajoutez ces effets spéciaux que sont les brouillards de l’époque victorienne.

La lumière des quelques réverbères est elle-même noyée dans la brume, tamisant la lumière, lui donnant une autre aura, plongeant un peu plus le lecteur dans l’ambiance de 1888 et de ses meurtres. Rien à redire, j’ai aimé les décors.

Les meurtres sont violents, sordides, le sang gicle, bref, on s’y croirait ! Les couleurs, style aquarelles, mettent bien en scène l’histoire, que ce soit au niveau des meurtres ou des événements qui l’entourent puisque nous allons pénétrer au coeur de la vie de Kosminski.

Là où j’ai trouvé que l’on manquait de réalisme, c’est lorsque notre garçon coiffeur, le fameux Aaron Kosminski est vêtu d’un haut-de-forme et d’une belle redingote lorsqu’il quitte son boulot. Apparemment, les apprentis coiffeurs savaient se vêtir. On vit piteusement mais on s’habille en grand seigneur.

Pour mieux comprendre les mobiles du tueur de Whitechapel, les auteurs le mettent en scène dans ce qui fut son passé, avant qu’il n’arrive en Angleterre, quand il était dans son village en Pologne, sous occupation Russe.

Et les Russes, ils s’en prenaient aux Juifs Polonais… Non, rien n’a changé, les boucs émissaires sont toujours les mêmes.

Mettant en scène ce qui aurait pu être la vie de Kosminski, les auteurs lui ont donné une vie, un mobile, un regard un peu fou, dans les tons bruns-rouges des plus troublants et flippants. On frôle même parfois des regards méphistophéliques.

Leur tueur, vu ses yeux fous et son comportement a tout d’un tueur crédible, mais on ne me fera pas gober le test ADN que Russel Edwards a réalisé sur le châle trouvé aux côtés du cadavre de Catherine Eddowes et (sois-disant) volé par un policeman à l’époque (celui arrivé le premier sur les lieux du crime) pour l’offrir à sa femme.

Un truc plein de sang et de coups de couteau, dans la bédé… Quelle femme voudrait de ça ? Là, je n’y crois pas un instant, je n’y ai jamais cru, encore moins en lisant le roman de Edwards, mais la bédé est plus centrée sur les meurtres de 1888 que sur les tests ADN réalisé sur le châle et au final, moi qui pensais soupirer et ronchonner, et bien, c’est tout le contraire qui s’est passé.

La manière d’aborder le sujet, les dessins, la mise en scène, le découpage (si je puis me permettre), les couleurs aquarelles dans les tons qui rendent justice à l’ambiance glauque des rues de Whitechapel, tout ces détails réussis ont fait pencher la balance vers le plaisir livresque, alors que c’était des plus mal barré au départ.

Les auteurs ont bien réussi leurs coups et on a vraiment l’impression d’être face à un potentiel tueur, même si, dans le fond, ce serait trop facile et que de toute façon, pour moi, Jack l’Éventreur doit rester à jamais sans identité, le mythe s’effondre toujours quand on sait.

Une réussite. En mettant de côté le fait que ce châle soit vraiment celui trouvé sur Catherine Eddowes ! Cette vente aux enchères avait attisée la curiosité de cerains Ripperologues mais personne n’a pris cette histoire au sérieux car tous doutaient de l’authenticité de ses origines.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Détectives – Tome 7 – Nathan Else – Else et la mort : Herik Hanna & Sylvain Guinebaud

Titre : Détectives – Tome 7 – Nathan Else – Else et la mort

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Sylvain Guinebaud

Édition : Delcourt (2017)

Résumé :
Trois ans après les sombres événements orchestrés par le tueur 7, Nathan Else profite d’une retraite londonienne méritée.

John Eaton, son célèbre partenaire, voit néanmoins d’un mauvais oeil la sortie d’un nouveau roman consacré à leurs aventures, un récit macabre prédisant la chute du détective.

Alors que Else s’amuse de cette parution, Eaton s’inquiète de nouvelles menaces qui, loin de la fiction, pourraient bien être réelles…

Critique :
Heureusement que j’ai acheté cet album pour clore ma série de Détectives (que j’ai lue sur le tard) car il est bel et bien la prolongation du tome 6.

Les questions que je me posais à propos du tueur de femmes sont résolues, je sais QUI (je m’en doutais mais bon, on peut se tromper) et surtout, POURQUOI.

Dès les premières cases, je me suis demandée si ce n’avait pas été une erreur de l’acheter car la réunion de 6 de nos détectives ne les mettait pas en valeur.

Et puis, j’ai compris : le livre dans le livre. Nathan Else, tout comme Sherlock Holmes, a ses enquêtes publiées et ses fans sont nombreux. Pourtant, ce dernier tome est un ramassis d’horreurs sans noms, comme si l’auteur de cette dernière aventure avait voulu mettre dedans tout ce que la littérature compte de créatures fantastiques.

Si pour Sherlock Holmes, Watson était son biographe, dans le couple Else – Eaton, ce n’est pas ce dernier qui écrits les enquêtes de Nathan Else. Et le dernier livre est une daube sans nom.

On pourrait croire, en commençant ce dernier album, qu’on est dans la simplicité, dans le déjà-vu mais ce serait une grossière erreur que de penser cela car l’auteur avait plus d’un tour dans son sac pour clore magistralement la série.

Mon seul bémol serra pour le fait que les 5 autres détectives (Miss Crumble, Martin Bec, Fréderick Abstraight, Richard Monroe et Ernest Patisson) sont sous-exploités et plongés parfois dans le ridicule, le burlesque.

Vous me direz que l’album est consacré à Nathan Else et pas aux autres, d’accord, mais justement, puisque Nathan Else brille par son absence durant la majeure partie du récit, on aurait pu donner un peu plus de présence aux autres.

De plus, je préférais le physique de John Eaton dans l’album 6, avec les dessins de Mara plutôt que ceux de Sylvain Guinebaud dans ce tome 7.

Malgré ces petits bémols, j’ai passé un bon moment avec ce dernier album, j’ai apprécié les révélations faites car elles lient le tout, la tournure prise par les événements, les coups de pieds au cul et maintenant que je sais tout, il faudrait que je relise « Sept Détectives » pour me remettre tout en tête.

Une bien belle saga, des scénarios bien ficelés, des décors so bristish et des personnages bien détaillés. Il ne me reste plus qu’à découvrir Martin Bec et Richard Monroe.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Clues – Tome 4 – À la croisée des chemins : Mara

Titre : Clues – Tome 4 – À la croisée des chemins

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (01/10/2015)

Résumé :
Suite à l’attentat qui a semble-t-il coûté la vie à Hawkins, Lord Wellington a pris le contrôle du Parlement, tandis que Londres est à présent sous la coupe des Red Arrows et de Pitts.

Mais une résistance, dont l’un des chefs n’est autre qu’Emily, s’est organisée et tente par tous les moyens de confondre Lord Wellington et de contrecarrer les ambitions de Pitts.

Dernier tome de la série « Clues », cet album est celui des ultimes révélations, celui dans lequel Emily découvrira peut-être qui a tué sa mère et qui est son père…

Critique :
— Emily, je suis ton père ! [Voix caverneuse et respiration forte]

Si elle ne savait pas encore QUI avait tué sa mère et QUI était son père, nous, lecteurs, avions déjà découvert la main qui avait tenu l’arme à feu qui mit fin aux jours de sa mother et pour l’identité du père, en faisant un peu marcher ses méninges, le lecteur lambda pouvait le déduire aisément.

Restait à savoir si mes déductions étaient bonnes ! Mais je ne vous dirai rien…

Dans des tons pastels réalisés sans doute à l’aide d’aquarelle, ce dernier album dénote parmi les trois précédents car les couleurs ne sont pas aussi profondes qu’avant mais délavées.

De ce côté là, j’ai moins aimé. Je trouve que cela a nuit à la qualité de l’album et si pour certains plans les délavés allaient comme un gant, pour les intérieurs et les personnages, le rendu n’était pas agréable pour l’œil.

Les dessins, eux, sont un peu différent. Trois ans ont passé entre les deux derniers albums, l’auteure a dû changer quelque peu sa manière de dessiner et de colorier.

Le scénario est rythmé, comme toujours, Emily est devenue une bonne femme qui n’a peur de rien ni de personne, on est loin de la jeune fille craintive du départ. Elle a pris le taureau par les cornes, voulant par là même prendre les membres des Red Arrows par les couilles et leur tordre jusqu’à que ce qu’elles soient arrachées.

Autant où les trois premiers tomes restaient dans du crédible et du plausible, là, on a tout de même quelques facilités, des raccourcis pris et des changements dont nous n’aurons pas l’arc narratif. Faudra se douter qu’Emily a su y faire pour monter un groupe prêt à combattre les Red.

Le final expédié assez vite, on se retrouve un peu à côté de ses pompes de voir comment tout ça s’est vite résolu, vite terminé, et comment des gens que nous n’avons pas vu blessé ont pu mourir si vite, comme si on voulait s’en débarrasser au plus vite aussi.

Autant où les trois albums précédents étaient bien réalisés en termes de dessins, avec des scénarios cohérents, on a l’impression ici qu’on a tout fourgué dans un seul album, en vitesse, comme si la série pesait, après sept années passées à bosser dessus.

Dommage que le dernier tome soit si rapidement empaqueté et expédié…

Ça me fait penser à une réplique dans le film « Madame Doubtfire » :
— Tu vas vider ses étagères, expédier et empaqueter tous ses films. Après t’attaques ses boites, là. T’empaquètes et t’expédie. T’empaquète tout ça … et tu l’expédie. Des questions ?
— Après empaqueter ?
— T’expédie ! Au travail, gros malin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Clues – Tome 3 – Cicatrices : Mara

Titre : Clues – Tome 3 – Cicatrices

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (20/09/2012)

Résumé :
Londres, 1872. Fraîchement débarqué de province, l’agent Hawkins est envoyé faire ses armes dans un poste de police au cœur du quartier de Whitechapel.

C’est là qu’il rencontrera une jeune femme, Mylena, serveuse au Mill, un bouge fréquenté par le sinistre gang des Red Arrows.

Critique :
On monte dans la DeLorean de Doc et on file vers 1872, quand Nathanaël Hawkins débarqua à Londres pour s’y faire les dents, dans un poste à Whitechapel et qu’il fit la connaissance d’une jolie serveuse.

Intelligent et observateur, le jeune Hawkins était déjà passionné par les mouches et le travail qu’elles accomplissent sur les cadavres, chacune arrivant tour à tour et dans un ordre bien précis.

Pas de chance pour lui, il a mis les pieds dans le nid de fourmi qu’étaient les Red Arrows…

L’avantage de ce troisième tome est que l’on en apprend un peu plus sur le personnage d’Hawkins, sur sa carrière, ses débuts, on comprend enfin pourquoi nous avions vu la photo de qui-nous-savions à la fin du tome 1 et l’auteur nous explique l’origine de son amitié avec le légiste.

Après « PAF Le Chien », voici « PAF Dans Ta Gueule » car là, l’auteure m’a scié les jambes, troué le cul, me laissant avec la mâchoire décrochée pendant quelques secondes (heureusement, vu le temps, pas de mouche à l’horizon pour entrer dedans).

Les dessins sont toujours aussi précis, les détails foisonnent dans certaines cases et les couleurs sont restées dans les tons sobres, ce qui va très bien avec l’ambiance de l’album, plus sombre au niveau de son scénario et de ses personnages.

Un tome genèse qui, s’il ne fait pas avancer la lutte contre le gang des Red Arrows, nous éclaire sur eux ainsi que sur la jeunesse de l’inspecteur Hawkins et comment il est devenu cet inspecteur froid, méticuleux et intelligent.

Mais ce tome ouvre aussi une autre porte, une autre théorie et j’ai peur de la voir confirmée dans l’album suivant, celui qui va clore cette série dont le scénario est bien réalisé, cohérent, plausible et où tous les détails sont pesés.

Par contre, je plains les lecteurs/trices qui ont découvert cette série à ses débuts et qui avaient dû attendre deux ans entre le tome 2 et le 3 et trois ans avant la clôture de la saga. Le suspense a dû être insoutenable.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Clues – Tome 2 – Dans l’Ombre de l’Ennemi : Mara

Titre : Clues – Tome 2 – Dans l’Ombre de l’Ennemi

Scénariste : Mara
Dessinateur : Mara

Édition : Akileos (04/03/2010)

Résumé :
Dans cette suite très attendue, Emily s’investit plus encore dans l’enquête qui doit la conduire à l’assassin de sa mère, au point de mettre sa vie en danger.

Parallèlement, ses relations avec l’inspecteur Hawkins continuent à se jouer sur l’air de je t’aime, moi non plus.

Critique :
Reprenant la suite de l’enquête sans attendre plus de quelques minutes, je me suis replongée dans le Londres Victorien en compagnie de notre Emily, notre jolie petite tête-brûlée et de l’inspecteur Hawkins, toujours aussi sec, cassant, froid…

Bien que le réchauffement climatique semble avoir eu lieu sur sa personne…

Il planait un mystère sur la vie avant Scotland Yard pour Hawkins, comme si avant, il avait été un gamin des rues et la dernière image du tome 1 avait été une claque.

Le mystère allait-il être levé de suite ou l’auteure allait-elle faire durer le suspense plus longtemps ? Non, je ne vous dirai rien, mais sachant qu’il reste deux tomes après celui-ci et qu’il faut en garder sous la pédale, je vous laisse à vos déductions !

Dans la continuité du premier, ce deuxième opus continue avec l’enquête sur le gang des Red Arrows, composés non pas de racailles mais de cols blancs amidonnés et de costards de chez Arnys, au moins.

Afin de ne pas tacher leurs belles chemises, nos criminels ont bien entendu des hommes de main qui se chargent de la sale besogne comme filer des coups de surin ou faire péter des bâtiments. Des terroristes made in England…

Les dessins sont toujours aussi détaillés, surtout les intérieurs de maison, les pièces, et nos personnages évolues, Emily devenant plus indépendante, n’hésitant pas à prendre des risques et s’affranchissant de celui qu’elle considérait comme un mentor.

De son côté, Hawkins souffle le chaud et le froid et on ne sait pas trop de quel côté son coeur penche ni ce que recèle son passé, mais ça doit être du lourd pour que le légiste claque la porte.

Au moins, je ne devrai pas attendre deux ans pour lire la suite… Toujours un avantage d’arriver après tout le monde, lorsque les séries sont terminées.

Une belle découverte.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Détectives – Tome 6 – John Eaton, Eaton in love : Herik Hanna & Mara

Titre : Détectives – Tome 6 – John Eaton, Eaton in love

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Mara

Édition : Delcourt (24/08/2016)

Résumé :
En qualité de spécialiste du crime, le réputé docteur Eaton, bras droit de Nathan Else, témoigne lors du procès d’Elizabeth Pumcake, alias « le Monstre botté ».

Quelques mois plus tard, on l’informe que la meurtrière, enfermée avec les pires criminels dans l’hôpital expérimental Beltran, demande à s’entretenir avec lui.

Et pourtant… rien ne relie Lisbeth Pumcake au docteur. Intrigué, Eaton fait un premier pas… au cœur de la folie.

Critique :
Si le docteur Eaton n’est pas une copie du docteur Watson, je veux bien avaler son stéthoscope !

Nous sommes face à un homme qui a exercé une carrière militaire en tant que chirurgien de campagne, qui a travaillé au côté du plus grand détective du monde et qui écrit des livres…

Toute ressemblance n’est absolument pas fortuite !

Même si notre docteur a un petit côté Dr Jekyll et mister Hyde qui fait peur et qui l’éloigne définitivement de ce bon Dr Watson.

Nous retrouvons ici un personnage important du premier tome, notre monstre botté et c’est dans un asile que nous allons pénétrer après avoir assisté à son procès et aux différents témoignages.

Mon premier bémol viendra des dessins que je n’ai pas aimé du tout. Pour moi, ce sont les plus « mauvais » des albums lus dans cette série. Mais bon, ceci est une histoire de goût et si le scénario est à la pointe du crayon, je passerai sur ces traits disgracieux des visages et sur ces dessinateurs qui ne savent pas dessiner des attelages correctement.

Le départ est excellent, les paroles in ou off du docteur sont des plus intéressantes à lire, il y a du texte, du bon texte et cela prend du temps de tout lire, de tout observer.

Ceci n’est pas une bédé que l’on expédie en quelques vingt minutes, assurément.

Par contre, les crimes commis dans ses pages resteront toujours un peu énigmatiques, bien que en réfléchissant deux secondes, on se doute de qui les commet, mais on ne sait pas vraiment pourquoi, si ce n’est l’envie de tuer.

Le duel entre le Monstre Botté du premier tome et John Eaton est un haut moment de lecture, une rencontre entre deux monstres, chacun étant différent, mais sans vraiment savoir pourquoi le coupable du premier tome voulait vraiment rencontrer le docteur Eaton.

À moins que le Monstre Botté n’ait compris qui était le tueur…

Ce tome n’est pas vraiment une enquête à proprement parler, c’est autre chose. Une plongée dans l’âme humaine ? Une plongée dans la psyché des criminels ? Une plongée dans la folie ? Un peu de tout ça…

Le final est totalement horrifique, fou, dingue, on ne le voit pas venir du tout et on reste les yeux écarquillés en se demandant si on ne rêve pas. Oh putain, le tacle.

Je suppose que l’on aura la réponse à toutes nos questions dans le septième et dernier tome, celui avec Nathan Else. Ne possédant que les 6 premiers tomes, je me suis mise en quête du septième afin de clore la saga, mais je ne l’ai pas encore lu au moment où je rédige cette chronique.

Nathan Else, ne bouge pas, me voici !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Détectives – Tome 5 – Frédérick Abstraight, A cat in the barrel : Herik Hanna & Julien Motteler

Titre : Détectives – Tome 5 – Frédérick Abstraight, A cat in the barrel

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Julien Motteler

Édition : Delcourt (20/01/2016)

Résumé :
Londres, décembre 1919. Après son échec face à l’égorgeur de Greenhill, l’ancien inspecteur Frédérick Abstraight n’est plus que l’ombre de lui-même.

Devenu une source d’embarras pour ses anciens supérieurs, il est envoyé par ces derniers prendre le bon air et résoudre une mystérieuse affaire de disparition, loin, aussi poins que possible de Londres.

Lorsque le train qui l’emmène se retrouve bloqué par une avalanche, l’indésirable détective ignore, mais plus pour longtemps, que parmi les voyageurs inquiets, un meurtrier est également piégé avec lui.

Critique :
Vu ainsi, on pourrait dire que l’ancien inspecteur Frédérick Abstraight s’est fait agresser par Johnnie Walker et William Lawson tant il est bourré de chez bourré.

Pourtant, des policiers ont été le rechercher, lui qui est maintenant considéré comme le pire des inspecteurs du royaume, alors qu’avant, il était le meilleur.

Sa mission, s’il l’accepte… Retrouvez un chat ! Non, je ne plaisante pas, et les policiers anglais non plus : ce chat a de l’importance, nom d’une croquette Friskies !

Autant où miss Crumble avait de la classe, autant l’ex-inspecteur Abstraight n’en a aucune ! Il boit comme un trou, chasse le dragon et malgré toutes ses tentatives pour se donner la mort, il n’a toujours pas réussi.

Une fois de plus, les dessins sont très agréables à regarder, les couleurs aussi et le scénariste n’était pas en vacances, même si, contrairement au 1, le coup de pied au cul est moins grand.

Malgré tout, je ne m’y attendais pas, d’ailleurs, lorsque le train qui emmenait Abstraight loin de Londres se retrouve bloqué par une chute de neige, j’ai même pensé que nous allions avoir un remake du crime de l’Orient Express.

Que nenni ! On a un train bloqué, de la neige, un crime, deux crimes, trois crimes ? des personnages hauts en couleurs, mais ceci n’est pas un remake de la célèbre enquête de Hercule Poirot sous alcool.

Malgré le fait qu’il soit une épave, j’ai apprécié les réparties cinglantes de Abstraight, son franc-parler et le fait qu’il se foute des ordres, directives et autres.

Oui, Abstraight est un grand enquêteur et non, ce n’est pas de sa faute si l’égorgeur de Greenhill lui a échappé durant sa carrière.

Une bédé polar sous un froid polaire, un suspense mené de main de maître, du mystère bien dosé, un nuage de lait et quelques sucres, on touille et on obtient un thé délicieusement corsé qui se boit avec un petit sourire aux lèvres.

Un album au scénario cohérent, des personnages hautement suspects, un huis clos et une vieille connaissance qui s’invite à la fin de l’album. Le pied total !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Détectives – Tome 1 – Miss Crumble, Le monstre botté : Herik Hanna & Sylvain Guinebaud

Titre : Détectives – Tome 01 – Miss Crumble, Le monstre botté

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Sylvain Guinebaud

Édition : Delcourt (07/05/2014)

Résumé :
Angleterre, 1918. Au lendemain de la guerre, dans le sympathique village de Sweet Cove, tout respire la douceur de vivre.

Ah, Sweet Cove… Ses jardins bien entretenus, ses salons de thé aux doux parfums de gâteaux fraîchement sortis du fou.

Et en parlant de gâteaux… Une célèbre institutrice retraitée va bientôt s’adonner à son sport préféré : la chasse aux suspects.

Un mystérieux assassin, un véritable colosse au vu des traces de pas laissées derrière lui, sème la mort dans cette paisible campagne.

Et lorsque le « Monstre botté » commet l’erreur de s’en prendre à ses proches, Miss Crumble voit rouge.

La plus gonflée des 7 détectives est de retour dans une enquête en solo. Juste le temps pour elle de révéler l’impossible.

Critique :
Les enquêteuses Anglaises ont toujours un petit truc en plus que les autres n’auront jamais. Est-ce dû au climat de l’Angleterre ? Au charme surannée des petits villages tels qu’on trouve chez nos voisins d’outre-Manche ?

Je ne sais pas. Une chose est sûre, cette miss Crumble ne déroge pas à la règle.

N’allez pas croire que parce qu’elle porte un nom de dessert qu’elle est une vieille tarte, bien qu’elle ait un caractère bien trempé et une main d’acier capable de broyer une paire de burnes.

Miss Crumble a des atouts dans sa manche, de la sagacité, de l’intelligence, un sens de la déduction à faire rougir les enquêteurs mâles célèbres et, si on ne lui avait pas donné ce nom, on aurait même pu l’appeler madame Bellepaire de Loches car elle a la poitrine volumineuse et cette dernière n’a pas encore été soumise aux terribles lois de l’attraction terrestre qui touche certains appâts à partir d’un certain âge, âge certain qu’elle a déjà.

Il est sûr et certain que les hommes qui font sa connaissance ne prendront pas garde à son sens de la déduction, mais verront, en premier lieu, son sens de la séduction, magnifié par ces deux obus, avant de se prendre une de ses cinglantes réparties dans la tronche.

Les Sept détectives m’avaient bluffés et notre Miss Crumble en était, son histoire solo ne pouvait être que bonne. Pari gagné haut la main et entre nous, Miss Crumble a plus d’allure que Agatha Raisin.

Les dessins sont agréables pour les yeux, le petit village de l’Angleterre d’après guerre est bien représenté, on a l’impression que nous avons franchi la Mer du Nord et que nous avons mis le pied chez nos futurs voisins, 100 ans avant leur Brexit.

Les dialogues sont savoureux comme des scones de Dame Ida, onctueux comme une crème qui descendrait toute seule dans la gorge (telles les sucettes à l’anis d’Annie), épicé comme un bon curry et le tout a le goût fumé et précieux d’un Lapsang souchong grand cru !

Anybref, ceci n’est pas une BD qui se dévore en 10 minutes pour cause de dialogues aussi fin que du papier cigarette, mais c’est dense et on est assuré d’en avoir pour son argent en temps de lecture.

Les crimes sont mystérieux, énigmatiques et je n’ai pas su où donner de la tête tant je me creusais les méninges afin de savoir QUI avait tué, nom d’un pipe.

À un moment donné, j’ai suspecté une personne, mais je m’étais fourrée le doigt dans le nez jusqu’au coude. N’ébruitez pas cette erreur au Maître des détectives, merci (Holmes).

Le final, je ne l’ai pas vu venir et je me le suis pris dans la gueule tel un train de l’époque lancé à pleine vitesse. Fallait y penser, c’était vicieux comme je l’aime.

Une réussite en images, en dialogues, en suspense et en « j’en suis tombée sur le cul ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et