Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington : Achdé & Laurent Gerra

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington

Scénariste : Laurent Gerra
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2008)

Résumé :
Alors que la campagne fait rage et que les menaces d’attentat se multiplient, Lucky Luke est chargé d’escorter dans l’Ouest sauvage Rutheford Hayes, candidat à l’investiture suprême.

De Memphis au Texas, des tribus indiennes aux saloons les plus mal famés, la balade ne sera pas de tout repos.

Troisième Lucky Luke signé Gerra et Achdé, l’homme de Washington est une hilarante course poursuite où les mœurs politiques des pieds tendres sont impitoyablement disséquées.

Critique :
Après une guerre civile dévastatrice et 8 ans de bordel avec le président Ulysse Grant qui fit de la corruption un état d’esprit, les États-Unis ont envie d’un président moins corruptible et plus sérieux pour se relever et aller de l’avant.

Il y en a deux, un pour les Démocrates et deux pour les Républicains : un honnête homme et un candidat autoproclamé qui a fait fortune dans le pétrole, vient du Texas et a une sale tronche de DoubleYouBouche…

Le pays n’étant pas sûr, on charge Lucky Luke de protéger le candidat à la présidence, Rutheford Hayes, qui voudrait aller à la rencontre de ces concitoyens, surtout ceux de l’Amérique sauvage.

Les auteurs ont fait un choix assumé (je suppose) avec un candidat Républicain, mais tout comme Lucky Luke, si ce candidat est élu et que son programme est respecté, cet homme me réconciliera avec la politique !

Mais entre nous, il y a peu de chance que les américains soient d’accord avec son programme qui a tendance à donner des droits à ceux qui n’en ont pas et ça fait grincer les dents des électeurs, et de la NRA aussi car il veut restreindre les armes.

Une fois de plus, on part en voyage en train dans l’Amérique, partant à la rencontre d’une partie de sa faune humaine, qu’elle soit des plus sympathiques ou des plus affreuses, comme ces types avec des taies d’oreillers en coton 100% blanc qui s’amuse à faire danser un pauvre Noir.

Les auteurs tirent à boulets rouges sur certaines mentalités, les plus sombres, jouent avec les mots, font des références politiques ou humoristiques à notre monde avec une chanteuse nommée Britney Schpires ou un fou des armes nommé Sam Pallin.

Alternant les piques tout en les enrobant d’humour et l’action, les auteurs ne s’en tirent pas si mal et nous offrent un album correct, agréable à lire, où l’on sourit, mais sans éclats de rire non plus.

Qu’à cela ne tienne, leurs calembours passent comme une lettre à la poste (un jour où il n’y a pas grève) et on a l’impression de se trouver face à un Lucky Luke de l’ancienne génération, celle de Morris chez Dupuis, mais avec plus de références bien ciblées à notre monde qu’il ne le faisait lui, restant plus dans le général, ce qui donne des gags intemporels.

Je ne sais pas comment passeront les références à notre société d’aujourd’hui lorsque ces albums seront lus dans 20 ou 30 ans, comme c’est le cas avec les Lucky Luke de l’époque Dupuis.

Mon seul bémol sera pour le traître dans leur train (comme on avait dans l’album « La caravane ») car c’est à se demande quand à eu lieu la substitution… Parce qu’elle a dû avoir lieu après la présentation, une personne ne pouvant se trouver à deux endroits à la fois.

Bon, je me doute de quand à eu lieu la substitution, mais j’aurais aimé savoir ce qu’était devenu le véritable personnage remplacé par le salopard ! Tout de même, là, il restait un point à éclaircir.

En tout cas, je n’ai pas de regrets de lecture pour cet album, il est agréable, possède de l’humour et un scénario bien mieux réussi que certains albums de ma connaissance et datant de l’ère où Morris passa chez Dargaud (à l’instigation de Goscinny) et où certains albums de ce duo manquaient de sel, de sauce, de liant (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

Et que dire de ceux qui tentèrent de remplacer Goscinny après son décès !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°49, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Publicités

Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris & René Goscinny


Titre : Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1977)

Résumé :
Dans les années 1850, communiquer aux Etats Unis reste souvent un vain mot. Le temps important mis par le courrier à circuler d’Est en Ouest (ou réciproquement) est de nature à décourager les plus enragés. Même les messagers du Pony Express se lassent.

Heureusement, le gouvernement américain d’Abraham Lincoln s’en mêle.

Il est décidé d’en finir et de relier Carson City (à l’Ouest) avec Omaha (à l’Est), par le moyen d’une ligne télégraphique, surnommée par les indiens « le fil qui chante » en raison du bruit de ce fil par temps venteux.

Lucky Luke, tout juste débarqué du Pony Express, décide d’intégrer l’équipe reliant Carson City à Salt Lake City, ville de jonction avec la seconde mission, devant elle rejoindre Omaha à Salt Lake City.

Un pari est pris entre les 2 équipes, de 100 000 dollars au premier arrivant.
Ce pari attire les convoitises.

Heureusement Lucky Luke est là pour déjouer les pièges et démasquer les traîtres.

Critique :
Qui n’a jamais connu des problèmes de réseaux ? Qui n’a jamais juré et voué aux gémonies son wi-fi qui crachotait, l’empêchant de ce fait d’avoir une bonne connexion ?

Tout le monde a vécu ça, surtout au début de l’ère Internet et lorsque l’on abandonna les câbles pour le sans fil qui ne chantait plus, c’était souvent avec des coupures.

Alors, imaginez ce que pouvait être le calvaire des gens qui désiraient envoyer un petit mot d’amour à leur douce amie restée de l’autre côté des États-Unis…

Morris et Goscinny l’illustrent d’une très belle manière, drôle, amusante, cynique, détaillée comme il faut pour que l’on comprenne bien que la missive mit du temps à arriver à la belle restée à New-York.

Inimaginable à notre époque où il suffit de textoter ou d’envoyer un mail pour que, dans les secondes qui suivent, le destinataire le reçoive… Dommage qu’à note époque nous n’avions plus un Lucky Luke pour aider dans l’installation des câbles dans l’océan ou ailleurs.

Quand on y pense bien, Lucky Luke, il a tout fait pour l’avancée de l’Amérique : il posé des rails sur la prairie, a fait les guerres indiennes, a posé le fil du télégraphe, s’est occupé du pétrole, a aidé les convois de pionniers sur les pistes dangereuses, a construit un pont sur le Mississippi (qu’il avait remonté avant), a fait la ruée vers l’Ouest, est allé dans les Black Hills… Quel mec, ce Lucky Luke !

Anybref, cet album a une saveur douce-amère puisqu’il est le dernier scénarisé par Goscinny… De facture très classique (trop ?) il fait pourtant mouche car il réuni tous les ingrédients typique d’un Lucky Luke : une chose à accomplir, peu de temps, bien des dangers à affronter et un traître parmi eux qui va saboter pour les ralentir.

Oui, c’est du déjà-vu, c’est du classique, je vous le disais, les auteurs ont réuni tout ce qu’ils avaient déjà utilisés, tout ce qui marche et l’ont réuni dans cet album.

Pourtant, je l’ai apprécié, même si son humour n’est pas relevé, comme si Goscinny faisait dodo ou que Morris lui avait, une fois de plus, interdit de sortir ses jeux de mots.

Il est, certes, dommage que cet album ne soit pas plus brillant, mais malgré tout, il se lit avec plaisir et si on fait attention à tous les petits détails (oiseaux, animaux), on a le sourire durant notre lecture avec quelques running gags qui ne sombrent pas dans le lourd car pas répétitifs ad nauseam et puis, on a beau faire du recyclage de scénario en changeant quelques détails, ça fonctionne toujours, même si cet album est moins drôle que « La caravane », « La diligence » ou « Des rails sur la prairie ».

Un bon album car après, on a mangé notre pain noir et puis, c’est le dernier scénarisé par Goscinny. Après, plus rien ne fut jamais pareil, ni les Lucky Luke (hormis Le Daily Star qui est L’Exception), ni les Astérix.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°48, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance : Jijé

Titre : Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance

Scénariste : Jijé
Dessinateur : Jijé

Édition : Dupuis (1959 / 1985)

Résumé :
Trois histoires dans cet album :
1. LE RANCH DE LA MALCHANCE : Jerry et Pancho sauvent la passagère d’une diligence attaquée par des bandits.

L’un de ces derniers, blessé, est abattu par un de ses acolytes. La jeune dame –Jane Ellis- arrive de Boston pour reprendre le ranch de son oncle décédé.

La propriété semble fortement intéresser un voisin : Tom Halley.

2. ENQUÊTE À SAN JUAN : Un vieux bâtiment, la nuit, où Jerry a décidé de prendre du repos. Du repos ?..

Il parvient à sauver un homme qui va être lynché par quelques cow-boys qui l’accusent d’un meurtre. L’homme s’enfuit. Le lendemain, Jerry rencontre le shérif des lieux et le met au courant.

3. LE TESTAMENT DE L’ONCLE TOM : Jerry et Pancho découvrent le cadavre d’un indien Navajo. Ce dernier, curieusement loin de son territoire, a été abattu dans le dos. Un morceau d’un pli est retrouvé. Cet indice amène nos amis à Yaqui-Town, chez un certain Mansfield.

Critique :
Jerry Spring est un vieux pote de chevauchée, toute petite déjà, je rêvais de posséder un cheval comme le sien : vif, rapide, intelligent, obéissant, bref, un cheval de cirque au service de son maître.

C’est dans les anciens Spirou de mon père que j’ai découvert cet autre redresseur de torts de l’Ouest qui ne fera jamais d’ombre à Lucky Luke car ici, on a moins d’humour (l’humour est différent).

Niveaux dessins, ceux de Jijé sont plus réalistes que ceux de Morris et pas de gros nez dans cette série, mais bien souvent des personnages aux traits qui se ressemblent, comme ici un régisseur de ranch et le conducteur de la diligence.

Je vous le dis de suite, ce n’est pas le meilleur de la série ! La première investigation va très vite, trop vite même et aurait mérité plus que 16 pages de traitement car « la rapidité nuit à l’efficacité » (vous la ressortirez pour ce que vous voulez, cette citation offerte avec cette chronique).

La seconde aventure a plus d’une enquête, mais elle sera, elle aussi, assez rapide, Jerry Spring ayant sans doute regardé « Il était une fois dans l’Ouest » et compris pourquoi Reiner voulait tant acheter les ranchs des environs, à n’importe quel prix, mais celui de la mort pour qui refusait.

Quant à la dernière, qui met en scène Pancho pour une piste à remonter, elle est tellement courte qu’on se demande s’il ne manque pas des pages ! Limite si on ne nous livre pas l’explication finale en vitesse, parce qu’on va se trouver à court de cases et que on est dans un album de 46 pages.

Franchement, Jerry Spring a beau être bourré de bons sentiments (les gentils triomphent des méchants), se terminer toujours bien pour nos héros (même si Pancho, dans les autres albums, est toujours victime du racisme envers les mexicains), là, on est face à des scénarios faiblards de chez faiblards.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°47, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton : Achdé, Pennac & Benacquista

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 4 – Lucky Luke contre Pinkerton

Scénaristes : Daniel Pennac & Tonino Benacquista
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2010)

Résumé :
Rentré d’une mission secrète au Mexique, Lucky Luke découvre qu’un nouveau héros a conquis l’Ouest.

Allan Pinkerton, adepte de méthodes d’investigation révolutionnaires et de la tolérance zéro, veut pousser le justicier solitaire vers la retraite afin de gagner les faveurs du président Lincoln.

Critique :
Il n’est pas facile de reprendre le personnage d’un autre auteur et de se l’approprier, ou, du moins, de ne pas le dénaturer.

Niveau dessins, Achdé tient la route, son Lucky Luke ressemble à celui de Morris, le brin d’herbe en plus (sacrilège la disparition de sa cigarette roulée et pourtant, je suis non fumeuse).

Point de vue humour, on a quelques bons jeux de mots, on retrouve l’ambiance comique des vrais Lucky Luke, avec des petites références à notre époque, comme cet Horatio Caine dans un labo de la Pinkerton.

Mais nous sommes loin de la qualité humoristique de Goscinny, même si ce dernier avait la bride super serrée par le cavalier Morris qui ne lui laissait pas galoper allègrement dans les jeux de mots qui faisaient rire aux éclats ou étaient d’une finesse incomparable.

Retenez bien qu’il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ! Tous les étés, les Ibères deviennent plus rudes… 

Anybref, malgré cet humour qui ne fait pas rire aux éclats mais sourire, on retrouve tout de même ce qui faisait le sel des aventures de Lucky Luke ancienne version (celle de l’époque de Dupuis) avec une population qui relègue Lucky Luke dans les has been, ne jurant plus que par Allan Pinkerton.

Ce n’est pas la première fois que notre cow-boy solitaire est désavoué par la populace avant que celle-ci ne change son fusil d’épaule et le rappelle au secours. On a eu souvent le cas dans toute l’histoire de notre lonesome cow-boy et dans la vie réelle aussi. Les gens sont des girouettes.

Historiquement, on suit le chemin du véritable Allan Pinkerton qui n’était pas un enfant de cœur et prêt à tout pour arriver au sommet et faire de son agence qui ne dormait jamais, L’AGENCE de référence avec des nouvelles méthodes, bien plus avancées que celle de notre Lucky Luke, dont la science criminelle, l’espionnage et surtout, les ragots.

Pour ses fiches sur tout le monde, Pinkerton m’a fait penser à la folie de Hoover qui voulait lui aussi ficher tout le monde, même si celui-ci n’arrivera que bien plus tard dans l’Histoire des États-Unis.

Le climat est à la délation pour tout et n’importe quoi, Pinkerton envoie en taule à tour de bras pour des peccadilles et les prisons sont surchargées.

Les emprisonnements ont beau être amusant à découvrir, le tacle est tout de même sévère (et sous la ceinture) car il rappelle les heures sombres de nos pays et je ne reléguerai pas ce genre de comportement au passé car il est toujours présent et nourrissez-le d’un peu de climat de peur ou de jalousie et bardaf, on recommencera les arrestations arbitraires.

Tout ici est emballé dans de l’humour, présenté avec finesse, mais si on se donne la peine de faire une analogie ou de réfléchir un peu, ça fait peur parce que ça pue aussi le Big Brother et de nos jours, plus besoin de se planquer sous le lit, il suffit que tous ceux qui veulent des infos sur nous aillent sur nos profils Fesse Bouc, Touitter, Snap-Chatte, Rince tes grammes, Pine Tes Restes et j’en passe.

Franchement, je ne tirai pas à boulets rouges sur cet album car il vole plus haut que certains à l’époque où Morris avait claqué la porte chez Dupuis pour aller chez Dargaud et où ses scénaristes n’étaient guère inspiré, même le grand Goscinny (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

De plus, contrairement aux albums Les Tontons Dalton et La Terre Promise, les auteurs ne reprennent pas des gags tirés des Tontons Flingueurs ou de Rabbi Jaccob, ce que j’avais trouvé un peu trop facile, même si je n’ai rien contre les clins d’oeils, tant qu’ils ne deviennent pas des transposition de films !

Un bon album de Lucky Luke, pas le meilleur, pas dans l’excellence, pas dans le haut du panier, mais il est correct et j’ai apprécié le côté « ancien » que l’on retrouve dans cet album qui, une fois de plus, met les Dalton en vedette.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°45, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

H.H.Holmes – Tome 1 – Englewood : Henri Fabuel & Fabrice Le Hénanff

Titre : H.H.Holmes – Tome 1 – Englewood

Scénariste : Henri Fabuel
Dessinateur : Fabrice Le Hénanff

Édition : Glénat (31/05/2006)

Résumé :
L’histoire vraie du premier serial killer américain ! Londres, 1888 : L’homme suspecté d’avoir commis une série de crimes atroces contre des prostituées a quitté la Grande-Bretagne pour les états-Unis.

On perd sa trace à Chicago, et il faudra du temps aux policiers pour mettre la main sur cet individu qui a le démon en lui, et qui n’a jamais pu réprimer ses pulsions meurtrières.

Cet album relate la carrière criminelle de H.H. Holmes, considéré comme le premier serial killer répertorié dans l’histoire de l’Amérique moderne.

Herman Webster Mudgett, plus connu sous le nom d’H.H. Holmes, pendu en mai 1896, était un vulgaire escroc devenu meurtrier, suspecté d’avoir commis entre cinquante et deux cents meurtres, mais dont un seul a été reconnu.

C’est l’histoire de ce personnage méconnu que conte cette série superbement illustrée par Fabrice Le Hénanff.

Critique :
Sabrez le champagne, voici venu ma chronique la plus courte de l’histoire de toutes mes chroniques !

Les dessins sont touffus, sombres, mal faits, les personnages se ressemblent tous, le scénario est confus, on ne sait pas trop où l’on va se diriger et les tons sépias ne rendent pas justice à l’album.

Bref, pas vraiment un plaisir pour les yeux ni pour la compréhension, toute cette anarchie.

Pourtant, le pitch de départ était bon : qu’est devenu Jack The Ripper après le meurtre de Mary Jane Kelly ? Il serait parti en Amérique…

Oui, d’après le scénario, mais on se retrouve avec celui qui serait le véritable Jack (et pourvu d’un cocher nommé Netley, comme dans « From Hell » d’Allan Moore) et le tristement célèbre H.H. Holmes à tel point qu’on ne sait plus qui est quoi, ni comment ils se connaissent.

C’est touffu, on ne s’y retrouve pas, on s’y perd, pire, on n’est même pas tenté de lire la suite pour savoir comment cela va tourner.

Je l’ai lu parce que j’avais la bédé sous la main, mais à mon avis, elle va servir de cale à la prochaine escabelle qui sera rendue bancale par un sol inégal.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°44 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

La piste des ombres – Tome 1 – Pierres brûlantes : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 1 – Pierres brûlantes

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2000)

Résumé :
Texas, 1866. Cette nuit-là, le vieux Zachary Cloverleaf et ses cow-boys, incapables de contenir la folie du bétail, assistent impuissants à un terrifiant spectacle : leur troupeau de mille longhorns englouti en un instant par une montagne…

Quelques années auparavant, Cloverleaf, alors capitaine des Texas Rangers, recueillait le jeune Natanaël Dumont, unique survivant du massacre de sa famille lors de la révolte des Comanches Kwahadis.

En s’enfuyant, l’enfant était tombé dans un puits fraîchement creusé. Il y trouva trois pierres étranges qu’il garda précieusement en souvenir de cette nuit tragique.

Il ignorait que ces pierres renfermaient l’esprit des « Gahe », puissantes divinités selon les légendes indiennes.

Et malheur sur le monde si celui qui possède les pierres sacrées n’a pas le cœur en paix… Prenez garde aux « Gahe »… Prenez garde aux « Pierres Brûlantes »…

Critique :
Lorsque l’on range ses bibliothèques parce qu’on vient d’en ajouter trois nouvelles (vides), on tombe souvent sur des trésors oubliés et cette bédé en fait partie.

Moi qui m’enorgueillissais de ne pas avoir de PAL en bédé et bien, c’était faux car cet album croupissait dans mes étagères depuis des années et des années (plus de 10 ans) et je ne le savais même pas !

Je préconise donc des nettoyages de printemps pour toutes vos biblios au moins 2 fois pas an…

Un western aux relents fantastiques… Fallait oser et fallait le réussir, ce qui est toujours plus difficile, un exercice aussi périlleux que de chevaucher un bronco pour la première fois : le cassage de gueule n’est jamais loin.

Ici, tout est bien maîtrisé et aucune ruade n’est à redouter.

Ce qui nous est raconté en aparté par un vieil indien, sous forme de souvenirs s’apparentant plus à des légendes qu’à la réalité s’avère être en fait la réalité, qui a été rejointe par la légende et nous en apprendrons un peu plus sur ces fameuses Pierres Brûlantes.

Pas de manichéisme dans les personnages, tout le monde a son rôle à jouer et il y a du réalisme dans leurs portraits, leurs caractères. Tous les Sudistes ne sont pas des esclavagistes, tous les Nordistes ne sont pas des preux chevaliers œuvrant pour le Bien de tous, on a des Indiens assassins, des victimes, et il en est de même chez les Blancs.

Tout est nuancé mais sombre, à l’instar des cases de cette bédé où j’ai eu un peu de mal avec les dessins au départ, avant de me laisser emporter par eux ensuite.

Un western qui flirte avec le fantastique, qui valse avec lui, nous entraînant dans une course-poursuite désespérée afin d’arrêter deux jeunes gens, traqués, avec du sang sur les mains et des pierres qu’il ne faut pas utiliser avec la haine chevillée au corps.

Damned, je n’ai pas l’album suivant ! Faudra que je le note sur ma Wish car je compte bien lire les trois albums de la saga.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°42, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Bernard Prince – Tome 04 – Aventure à Manhattan : Hermann & Greg

Titre : Bernard Prince – Tome 04 – Aventure à Manhattan

Scénariste : Greg
Dessinateur : Hermann

Édition : Le Lombard (1971)

Résumé :
Fin décembre, l’équipage du Cormoran fait escale à New York afin de livrer des marchandises à un client.

Dans le port, Barney Jordan reçoit une étrange proposition : on lui demande de prendre la place, temporairement et contre une forte rétribution, d’un milliardaire de Boslavie à qui il ressemble étonnement…

Critique :
♫ Dans l’port d’Manhattan, y’a un milliardaire qui fume et un Barney Jordan qui l’alcool écume dans l’port d’Manhattan ♪

Rassurez-vous, je ne vais pas écorcher plus longtemps la chanson de Jacques Brel mais à défaut du port d’Amsterdam (qui n’aurait pas collé avec le Mois Américain), on a le port de Manhattan où nos trois amis viennent d’accoster.

On les a placé dans les quais des transatlantiques et Barney Jordan avait envie de s’arrimer aux côtés du France et de lui demander de se pousser un peu.

Le gros transatlantique est celui d’Aloysus Gerdelsohn, un milliardaire de Boslavie (qui doit se trouver non loin de la Bordurie des aventures de Tintin) et le nom du rafiot a des accents flamand puisqu’il se nomme « Graf Gustav » et « Graaf », ça veut dire comte dans la langue de Vondel du Nord de mon pays qui n’est pas plat.

La substitution, ça n’existe pas (Bécaud, arrête de chanter !) ! Même les sosies de… ne leur sont pas semblables au point d’avoir l’impression d’être face à des jumeaux parfaits. Avec du grimage, on peut y arriver mais faut pas oublier le ramage qui bien souvent n’a rien à voir avec la personne copiée. Souvent copié, mais jamais égalé, pourrait-on dire.

Hormis dans la bédé ou tout peut arriver et puisque Barney Jordan ressemble comme deux gouttes d’eau à Aloysus Gerdelsohn, il lui est demandé de jouer son rôle pour que ce dernier puisse vaquer à ses signatures de contrats sans que son adversaire du pays voisin ne lui les souffle sous le nez.

De l’humour, de l’action, un temps de merde où tombe la neige (non, Adamo, sors de ma tête) et un plan de génie pour arriver à retrouver une personne disparue parce que enlevée.

La Patrouille des Castors l’avait utilisé aussi, cette astuce, dans un de leur album, pour retrouver le vélomoteur de Tapir (Les loups écarlates), mais eux s’étaient adressés aux scouts, Bernard Prince, lui, a bossé à Interpol et connait des truands.

Sans révolutionner le genre, cette aventure est tout de même bien fichue, les décors de Manhattan avec leurs grattes-ciel sublimés par la neige, les rafales de vents, les quartiers sordides bien représentés avec des tons plus sombre, faisant ressortir la glauquitude (oui, j’invente des mots et je vous les offre) des lieux.

Pas de temps mort, du suspense, de l’adrénaline, de l’humour, des retournements de situations, un milliardaire qui a de la suite dans les idées et du courage à revendre, sans oublier un caractère bougon comme son sosie, Barney Jordan.

Une aventure et une enquête, qui, pour une fois, se déroulent dans une vraie ville et pas dans les confins des trous du cul du monde, dans tous ces endroits où nous n’aurions pas envie d’aller en vacances et puis, dans cet album, on ne se frotte pas aux éléments naturels déchaînés, ni à des monstres marins, ni à des pirates, ni à des volcans crachant du feu.

Reposant, cette aventure !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°40 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ? : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 42 – Qui veut la peau du Général ?

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (1999)

Résumé :
Le général Grant est en danger !

Un traître s’est infiltré parmi les Fédérés pour l’éliminer. Tout le monde est suspecté, on ne peut se fier à personne… Sauf aux deux hommes qui ont dénoncé le complot : Blutch et Chesterfield.

Nos Tuniques préférées se transforment en Bleus à tout faire pour exaucer les moindres caprices du général Grant : goûter sa soupe, cirer ses bottes et surtout essayer de démasquer le traître avant qu’il ne parvienne à ses fins !

Critique :
Chesterfield ne brillera jamais par son intelligence et aura toujours tendance à ouvrir sa grande gueule quand il ne faut pas… Ce qui donne toujours suite à des situations cocasses, drôles, amusantes…

Blutch voulait déserter, une fois de plus, mais sa rencontre avec un soldat mourant va changer la donne car il a beau détester l’armée, apprendre qu’il y a un complot qui vise à tuer le général Grant lui fait reprendre le bon chemin afin d’en avertir le galonné.

La tête de Chesterfield lorsqu’il voit que son caporal veut absolument parler à Grant et que ce dernier finira par le recevoir ! La jalousie était dans ses yeux.

Le général Grant est un grand paranoïaque et suspectera tout le monde de vouloir le tuer, même les autres galonnés, même le général Alexander, même ce pauvre capitaine Stilman, celui qui passe sa vie à siroter du jus d’orange à la paille.

La guerre est toujours en arrière-plan, mais cette fois-ci, faut se transformer en petit Sherlock Holmes afin de savoir qui est le tueur qui doit commettre un attentat afin de tuer le général Grant, chef des armées Nordistes.

S’attaquer à la tête pensante, qu’elle pense ou pas, mais du moins, à la tête commandante, c’est un coup classique dans une guerre, même si les Alliés n’avaient jamais voulu faire assassiner le moustachu, pariant sur le fait qu’il serait remplacé et que celui-là, on ne le connaîtrait pas…

Une fois de plus l’humour de situation est au rendez-vous et il faut prendre cet album avec le second degré car les personnages iront dans le registre du burlesque.

Burlesque, c’est le mot, que ce soit le général et sa paranoïa extrême, ou Chesterfield imbu de sa mission, comprenant trop tard qu’il aurait mieux fait de fermer sa gueule, ou Blutch déguisé en enquêteur à la tête d’une troupe de militaires afin d’en apprendre un peu plus sur le complot qui vise le général…

Ici, rien n’est sérieux, même pas l’homme qui doit assassiner le général. En fait, dans cette aventure, les hommes sont des imbéciles et c’est une femme qui se taillera la part du lion car, elle, elle a du courage et une sacrée paire de couilles (au figuré, bien entendu).

Les auteurs taclerons un bon coup dans les tibias de tous ces messieurs qui pensaient que les femmes n’avaient pas leur place dans leur monde et que c’était des petites choses fragiles à protéger dans la soie et le papier bulles.

Un moment drôle et assez fin, c’est lorsqu’un des soldat demande à un autre de lui définir le rôle de l’éclaireur… Encore un qui aurait mieux fait de fermer sa gueule !

Pas le meilleur, mais comparé à certains autres, on est dans du fin et on évite le lourd.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°38 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Lucky Luke – Tome 53 – Fingers : Morris & Lo Hartog Van Banda

Titre : Lucky Luke – Tome 53 – Fingers

Scénariste : Lo Hartog Van Banda
Dessinateur : Morris

Édition : Dargaud (1983)

Résumé :
Finger est un magicien qui à la manie de voler sans qu’il ne s’en aperçoive. Il se fera arrêter, ira en prison et rencontrera les Dalton. Ils vont finir par s’évader tous les cinq et Lucky Luke va partir à leur recherche. Il va réussir à les retrouver et à les ramener en prison.

À cause d’une gaffe de Finger, le gouverneur rend Lucky Luke responsable des actes de Finger. Luke à la lourde responsabilité de surveiller les doigts habiles de Finger.

À cause de ce magicien, Luke et Finger se feront capturer par les Indiens, Finger réussira un vol de banque sous la surveillance de Luke, notre héros se fera mettre en prison et ils vont éviter une guerre avec les Indiens.

Critique :
Est-ce moi ou cette impression que l’ère Lucky Luke post-Goscinny ne vaut pas tripette ??

Est-ce moi qui me fais des idées ou bien l’impression que cet album a plus d’un dessin animé que d’une bédé, est réelle ?

Si le départ avait bien commencé et que j’avais souri devant les facéties de Fingers, cet étrange prestidigitateur qui a tout d’un pickpocket, on peut dire qu’ensuite ce fut encore plus laborieux qu’un discours d’un politicien en campagne électorale (là au moins on peut rire ou frémir).

Fingers aurait été génial en petite aventure et puis c’est tout. En longue histoire, c’est poussif, les running-gags sont répétitifs (c’est leur rôle mais là, c’était laborieux) et de ce fait, perdent ce qui faisait leur charme et nous on perd le sourire.

Pourquoi les Sioux entrent-ils sur le sentier de la guerre ? Nul ne le saura. Pourquoi leur chef, Chien Rouge, grand ami de Lucky Luke veut-il le sacrifier ? Si vous le savez, merci de me le faire savoir.

La partie avec le duel entre Lucky Luke et le sorcier des Indiens a tout d’un dessin animé et c’est pauvre scénaristiquement parlant.

La parodie du procès de Fingers reste amusante, on y retrouve l’absurdité qui faisait le sel de l’album « Le juge » sans pour autant arriver à son niveau.

C’est parce que je prends soin de mes albums bédés, sinon, ce dernier aurait valsé par la fenêtre.

Je pensais que l’album du Klondike était pour le moment le moins bon avec les exécrables Bandit Manchot et La Fiancée de Lucky Luke, et bien, ils ont trouvés un nouveau compagnon : Fingers !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°35, Le Challenge  « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le train des orphelins – Tome 1 – Jim : Philippe Charlot & Xavier Fourquemin

Titre : Le train des orphelins – Tome 1 – Jim

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Bamboo (2012)

Résumé :
“La vie est une chienne et moi je ne suis bon à rien. Ne cherche pas à me revoir… Ton père”

1990, dans sa résidence huppée de New-York, Harvey n’est pas surpris par la visite de Jim.

70 ans plus tôt, les deux hommes, alors de jeunes garçons, faisaient connaissance à bord d’un train des orphelins ; un système d’adoption mis en place pour endiguer le nombre massif, sur la côte Est américaine, d’enfants sans famille issus de l’émigration européenne.

Embarqués dans un étrange voyage, Jim et son petit frère expérimenteront la fraternité, l’amitié, la confiance, l’entraide, mais feront aussi les frais de la trahison de ceux qui feraient tout, faute d’être bien nés, pour être bien adoptés…

Critique :
Après Jules et Jim, voici Jim et Joey, deux frères nés sous une mauvaise étoile, ou plutôt, avec une mère qui décède en mettant au monde leur petite soeur et un père qui a le gosier plus qu’en pente et qui ne sait plus, ne veut plus, s’occuper de ses gosses.

Le train des orphelins – Orphan Train Riders – a bel et bien existé, durant 70 ans et plus de 250.000 enfants furent transportés d’une ville à l’autre pour être proposé à l’adoption.

Moi, ça me fait froid dans le dos !

Parce que si pour certains ce fut une chance, si dans tout ces pauvres gosses livrés à eux-mêmes dans les rues de New-York, on en a eu deux qui ont fini gouverneurs, combien d’enfants furent maltraités, utilisés comme main-d’oeuvre bon marché, abusés, affamés,…

Sans oublier qu’on leur a parfois changé le prénom pour coller avec celui d’un fils mort, avec la nationalité des adoptants et qu’on leur a supprimé toutes les photos ou lettres de leurs parents, effaçant par là même, leur identité, leur passé, leurs racines.

À cheval sur deux époques, on se retrouve en 1990 avec la rencontre de deux hommes âgés qui donnent l’impression d’être des anciens du train et qu’il y a un lourd secret entre eux.

Mettant en scène une fratrie d’orphelins – Jim, Joey et ensuite leur petite soeur, Anna – voyageant dans un train sans savoir quel seront leur destin, ni dans quelle famille ils échoueront, l’album est touchant, émouvant, mais sans verser dans le larmoyant.

Les enfants ont été de suite adopté par moi car je les ai trouvé réalistes et le petit Joey m’a touchée avec ses peurs, légitimes, son amour pour son grand frère, qui le lui rend bien et sa manière de parler avec ses « Moi j’aime pas… ».

Le cynisme de certaines personnes est bien mis en avant, la cupidité aussi. De l’autre côté, certains étaient persuadés d’oeuvrer pour le bien des enfants, dont le directeur d’un orphelinat qui ne croyait pas à la théorie du mauvais sang et pensait qu’en sortant les enfants de leur milieu, on leur donnait une chance de faire mieux.

Ce premier tome met en place l’univers de ces Trains, nous présentant des enfants que nous allons suivre durant les différents tomes et le côté flash-back a titillé ma curiosité. De toute façon, même sans cela, j’aurais poursuivis ma lecture car j’ai envie d’en apprendre un peu plus sur ces horreurs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°34 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.