Astérix- Tome 17 – Le Domaine des dieux : René Goscinny et Albert Uderzo

Titre : Astérix- Tome 17 – Le Domaine des dieux

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1971)

Résumé :
Jules César n’en démord pas : il faut mettre au pas les Irréductibles Gaulois ! Et puisque ces guerriers impénitents refusent d’adhérer à la civilisation romaine, elle s’imposera à eux, de gré ou de force.

C’est dans cette optique que l’architecte Anglaigus est chargé de bâtir autour du village gaulois une ville romaine nouvelle, « Le Domaine des dieux ».

Isolant les Gaulois, elle ne leur laissera plus d’autre choix que s’intégrer ou disparaître.

Pas sûr que les habitants de cette cité nouvelle apprécient le voisinage du « Village des fous »…

Critique :
♫ Promenons-nous dans les bois tant que les architectes romains n’y sont pas ♪ Si les romains y étaient, Idefix les mordrait ♪

Depuis cet album, tout le monde sait qu’Idéfix hurle à la mort quand on déracine un arbre et qu’il ne faut jamais parler sèchement à un Numide.

J’ai beau chercher mais lorsqu’on parle des albums d’Astérix de l’ère Goscinny, je n’arrive pas à en trouver un que je n’aime pas.

Petite, j’en avais, mais c’était parce que je les comprenais pas vraiment…

Dans cet album jouissif qui nous parle d’écologie, d’invasion passive et d’urbanisme sauvage, on joue à domicile.

Puisque Rome veut urbaniser sans concession nos Gaulois qui résistent encore et toujours à l’envahisseur, on va leur apporter de force la civilisation ! Enfin, on va essayer…

Noyer une populace donnée dans une autre, plus importante… Une riche idée, n’est-il pas ? Elle fonctionne, on le sait. On perd une partie de son authenticité quand une minorité est noyée dans une majorité. On se romanise, on se civilise.

Et si on ne veut pas ? Alors, on résiste ! Mais pas facile de résister aux Romains quand il y a la liberté des esclaves en jeu. On voudrait continuer ad vitam æternam de faire repousser les arbres grâce à des glands magiques mais on ne respecterait pas les droits de ces derniers à qui on a promis la liberté une fois le chantier terminé.

— Vous nous empêchez de devenir des hommes libres, en nous empêchant d’achever le travail.

Pas évident non plus le dialogue social lorsqu’il y a contestation et autant nos esclaves que les légionnaires ont des revendications, même s’ils n’ont pas encore de ronds-points pour les faire valoir… Pourtant, tout le monde tourne en rond puisque les demandes des uns (les légionnaires) ne rencontrent jamais les accords des autres (leurs supérieurs).

Ça donnerait envie de CGT par les fenêtres (jeu de mot qui a déjà été fait depuis longtemps par Coluche).

Nos Gaulois sont toujours les mêmes et représentent bien la populace et sa manière d’agir : non on ne veut pas des Romains près de chez nous, mais quand ils viennent acheter des produits au village, le cours du poisson pas frais monte plus vite que son odeur de marée.

De l’humour, toujours de l’humour et des calembours ! La recette fonctionne toujours, le duo est rodé, les personnages bien en place avec leurs caractéristiques qui leur sont propres.

Mais au-delà du rire, ou dans le rire, on a aussi de la réflexion sur le fait de faire travailler plus les esclaves puisqu’on refait pousser la forêt… Sur le fait aussi que c’est le travail qui va les rendre libre… Sur le fait aussi qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils n’ont pas un autre job puisqu’ils sont esclaves de leur travail (et des Romains).

Un excellent album, avec de la profondeur et des sujets qui sont toujours d’actualité, car rien n’a changé, une fois de plus.

Un album qui fera rire les plus grands car ils comprendront mieux les subtilités des jeux de mots, les références à la vie réelle, le cynisme et les tacles du scénariste là où un enfant ne verra que les gags visuels.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°149.

Elfes – Tome 25 – Vengeance noire : Christophe Arleston, Dana Dimat & Stefania Aquaro

Titre : Elfes – Tome 25 – Vengeance noire

Scénariste : Christophe Arleston (Marc Hadrien)
Dessinateur : Dana Dimat & Stefania Aquaro (coloriste)

Édition : Soleil (19/06/2019)

Résumé :
À Slurce, de jeunes recrues suivent les apprentissages des mestres pour devenir des mercenaires efficaces et impitoyables. Des épreuves qui feront d’eux les êtres les plus redoutés des Terres d’Arran.

Tandis qu’un groupe de novices affronte les labyrinthes piégés de la forteresse, un vol de dragons largue des rochers et attaque le sanctuaire des elfes noirs.

Tous les mestres s’interrogent : d’où vient cette armée, qui la dirige et dans quel but ?

Critique :
Enfin, le retour de mon Gaw’yn préféré en mode assassin vénère et plus en mode fleur bleue dont j’avais craint qu’il ne finisse, dans le tome 20.

Tome 20 qui nous avait laissé dans un grand suspense avec le départ de mon Elfe Noir pour une vengeance, ce qui le faisait revenir à son statut d’assassin.

C’est ainsi que j’aime ce personnage : impitoyable !

À la citadelle de Slurce, on forme la fine fleur des assassins et pour y arriver, s’il faut tueur l’autre, on le fait sans état d’âme.

Un jour, la moitié d’une classe a été mise à mort par l’autre moitié, ceux qui voulaient survivre… Comme ça, vous savez qu’à Slurce, on ne se fait pas de copains, pas de copines.

Gaw’yn a mené une véritable quête pour trouver le moyen de survivre à la malédiction qui touche les Elfes Noirs et est prêt à tout pour mettre fin à son ordre, à ses mestres et aux abominations qui sont cachées dans les grottes.

Si pour moi les dessins des tomes 5 et 10, exécutés par Ma Yi, étaient les plus beaux, je ne peux pas cracher sur ceux-ci car ils ont un excellent rendu et mettent bien en valeur les décors et les techniques de combats des jeunes recrues de Slurce.

Une fois de plus, nous plongerons dans l’âme noire et sans pitié des apprentis assassins où ce ne sont pas toujours les plus forts qui gagnent, mais les plus rusés, les plus fourbes, les plus salauds, les plus dénués d’émotions et de sentiments.

Whu’yn, Moer’yn et Kart’yn, les disciples de Varh’yn, l’ancien mestre de Gaw’yn qui est déchu pour n’avoir pas su le tuer en feront le constat lorsqu’on les lâchera dans un labyrinthe des plus retors où un seul peut sortir victorieux.

De l’action, des combats, du sang, une vengeance à la hauteur de ses ambitions, mais pas que… Gaw’yn a changé au fil des tomes, il a évolué, réfléchi et il sait ce qu’il veut.

Maintenant, aura-t-il l’aide nécessaire pour arriver à ce qu’il veut faire ? Ça, je ne vous le dirai pas et comme vous, je le saurai au prochain épisode.

Le scénariste Arleston (qui ne publie plus sous son pseudo) a su donner une autre direction à la saga des Elfes Noirs et j’espère que la quête de notre Gaw’yn ne va pas tourner en eau de boudin mais se terminer avec une vraie fin avant que tout ne sombre, maintenant que les zombies ne sont plus là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°148.

 

Astérix – Tome 13 – Astérix et le chaudron : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 13 – Astérix et le chaudron

Scénariste : Albert Uderzo
Dessinateur : René Goscinny

Édition : Dargaud (1969)

Résumé :
Réputé pour son courage et sa probité, Astérix se voit chargé de veiller personnellement sur un chaudron rempli de sesterces confié par Moralélastix, chef gaulois d’un village voisin désireux d’échapper à l’impôt romain.

Pendant la nuit, des voleurs s’introduisent dans sa hutte et dérobent le chaudron. Par sa faute, le village est déshonoré. Astérix doit partir, il est banni. Accompagné d’Obélix, qui ne peut se résoudre à laisser son ami, Astérix s’engage dans une épreuve inédite : gagner sa vie pour remplir à nouveau le chaudron de sesterces !

Critique :
Il faut savoir que cet album faisait partie de ceux que je n’aimais pas, lorsque j’étais jeune (je parle de mes 10/12 ans) et qu’il m’a fallu du temps pour y revenir, le relire et le comprendre, un peu comme avec « Le bouclier Arverne ».

Oh, j’avais ri avec les déboires d’Astérix pour remplir un chaudron (qui avait contenu de la soupe à l’oignon) de Sesterces mais je n’avais pas capté les trois quarts de l’album et du message qui était distillé.

De prime abord, il n’est pas pour les enfants, la plupart des jeux de mots et des situations leurs passeront au-dessus de la tête.

Ce qui m’avait choqué, à l’époque (et qui me choque toujours), c’est le bannissement d’Astérix du village. D’accord, il a fait une faute et l’argent confié par un autre chef gaulois a été volé, mais sans même mener une enquête, on le banni du village avec ordre de ne pas y revenir sans le chaudron rempli d’argent.

— Retourne dans le village, Obélix. Tu n’as pas à me suivre ; je suis banni.
— Tu es banni ? Eh bien nous bannirons ensemble !
— MON OBÉLIX !
— Tu croyais vraiment que j’allais te laisser bannir tout seul ? Mais sans Idéfix et moi, tu ne bannirais pas loin !

On banni Astérix ? Non mais allo quoi ? C’est violent pour un gosse de voir pareille chose, d’apprendre que votre village, les vôtres, vos amis, les gens que vous côtoyez tous les jours, ceux avec qui vous luttez encore et toujours contre l’envahisseur romain, vous foutent à la porte du village…

Traumatisant pour un gosse qui découvre cela la première fois. On se pose des questions… En plus de ne pas comprendre grand chose, cet album me donnait toujours le cafard de voir Astérix mis à la porte. Une raison de plus de ne pas aimer cet album.

Et pourtant… Il y en a des thèmes intéressants dans cet album que j’ai compris une fois adulte, notamment le paiement ou pas de l’impôt et l’intelligence avec l’envahisseur.

— Un jour, un collecteur d’impôts est venu… Depuis, nous sommes dispensés d’impôts ! […]
— Et il n’est jamais revenu ?
— Jamais ! Donc, pas de revenu, pas d’impôts !

Goscinny règlait des comptes dans cet album et c’est bien plus tard que j’ai appris que la date de sortie de l’album (1969) coïncidait avec la sortie de Morris de chez Dupuis, pour une affaire de sous aussi (les albums qu’il voulait en cartonné et que Dupuis publiait en format souple). Goscinny était avec Morris pour le cow-boy le plus rapide de l’Ouest.

La critique du monde du business est acide, caustique, même si le tout est tempéré par de l’humour et des situations cocasses, telle que la chute des prix de la quatorzaine de sangliers et par Obélix qui a quelques réflexions tout à fait appropriées, même s’il n’a rien compris à leur mission.

— C’est bête de jeter de la bonne soupe à l’oignon pour la remplacer par des sesterces !
— Mais Obélix avec des sesterces on peut acheter de la soupe à l’oignon !
— Ben justement ! Ce n’était pas la peine de jeter la soupe à l’oignon qui était déjà dans le chaudron !

— Si on racontait nos aventures aux gens ? Peut-être qu’ils nous paieraient pour les entendre ?
— Je ne m’y connais pas en affaire, mais je peux te dire que ça, ça ne rapportera jamais d’argent !
— Pourtant on appellerait ça: « Les aventures d’Obelix le gaulois » et …
— Ah, tais-toi…

L’acide coule aussi à flot envers ceux qui n’assume pas leur collaboration avec l’ennemi, ceux qui disent, la main sur le cœur, que non, ils ne pactisent pas avec l’envahisseur mais qui, dans le dos de tout le monde, leur lèche les bottes et tente de rouler les autres dans la farine.

Un excellent album qui frappe sous la ceinture, qui est caustique, amer, truffé de jeux de mots. Un album où Astérix va devoir faire quelque chose qu’il ne sait pas faire : gagner de l’argent.

Durant toute l’aventure, il va courir derrière, sans jamais le rattraper et se rendre compte que la potion magique ne lui est pas d’une grande aide pour gagner des sous et remplir son chaudron qui n’est jamais que la métaphore d’une dette à apurer.

Gosse, je n’avais pas très bien compris le final où il était question de l’argent qui ne devrait pas avoir d’odeur mais qui là, en avait une. Ce n’est que plus tard que ça a fait tilt dans mon petit cerveau. C’était un perfide, Moralélastix.

Une fois de plus, un excellent album ! Mais ce n’est pas un scoop que de dire cela puisque toute la collection scénarisée par Goscinny est excellente.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°147.

La piste des ombres – Tome 2 – Trois tombes : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 2 – Trois tombes

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2001)

Résumé :
Badlands, territoires inorganisés du sud Dakota. Depuis la mort du vieux cow-boy Zachary Cloverleaf, voilà un an, le jeune fuyard Natanaël Dumont et sa fiancée Julia Moami vivent reclus dans une « soddy », une cabane en terre, isolée dans les grandes pleines enneigées.

La solitude, la faim et le froid sont leur quotidien.

Un matin, Natanaël est heureux de sa découverte : des bouses de bison séchées, de quoi se chauffer quelque temps.

Mais près de la cabane, Julia pleure devant une petite tombe.

Au loin, des cheyennes observent et attendent. Ils savent que quelque chose va arriver… Et cette chose les terrifie.

Pendant ce temps, sous la pluie du Texas, le vieux Chiricahua Yrigollen raconte l’histoire des « GAHE », des démons indiens enfermés dans les « Pierres Brûlantes », à White Smile l’affranchi : « Je vais te parler des « GAHE », fils, et après tu prendras ton cheval et ton fusil et tu iras les chercher… »

Critique :
De temps en temps, je me fais un petit western… C’est comme un bon whisky, on n’en abuse pas, mais de temps en temps, on s’en file un p’tit coup pour se rincer la glotte (attention, l’abus d’alcool… blablabla).

Munie d’armes à feu et d’un bon cheval, j’ai suivi la piste qui m’a mené à nos deux fuyards : Natanaël et Julia que j’avais rencontré dans le premier tome et perdu de vue depuis 4 mois.

Bon, je n’ai pas eu autant de difficulté que les chasseurs de primes, ni que mon vieil ami White Smile, l’esclave affranchi.

Cette bédé western respecte les codes habituels mais qui a introduit une touche de fantastique avec les pierres maudites que sont les Gahe, celles dont on ne prononce pas le nom.

Le Chiricahua Yrigollen nous en a appris plus sur ces pierres maudites et à la fin de l’album, on se pose la question de savoir ce que Natanaël va en faire comme usage, elles qui n’apportent que mort et désolation et qui ont tendance à semer la mort dans l’entourage de ceux qui les possède, tout en leur apportant protection.

On n’a rien sans rien…

Les dessins sont toujours spéciaux, mais je les apprécie et l’auteur a une grande diversité dans les visages des personnages, dans leurs caractères aussi et pas de manichéisme, sauf pour les 4 chasseurs de primes, mais ils n’ont pas eu le temps de nous montrer le bon côté de leur Force.

Un tome en continuité du précédent, une vie que nos deux fuyards n’avaient pas pensé, pas voulue non plus, car la fuite est toujours plus belle et plus romantique dans les rêves ou lorsqu’on l’entame, ivre d’amour. Après, quand on crève de froid et de faim, il faut autre chose que l’amour et l’eau fraîche.

Les décors sont toujours bien rendus et l’épais tapis de neige qui recouvre tout ajoute une atmosphère froide à ses pages qui recèlent de la violence mais enlève de la sombritude (cherchez pas le mot au dico, il n’y est pas encore entré) au récit assez triste tout de même.

Il m’a fallu du temps avant de mettre la main sur les deux derniers tomes (je ne possédais que le premier), mais j’ai retrouvé le plaisir de la lecture de ce western de suite.

Le mystère n’est pas encore tout à fait levé et je gage que nous aurons des aventures plus folles dans le dernier car ici, c’était un tome de transition. En transit, certes, mais toujours foisonnant de détails et de rythme. Fallait juste faire un pont… On l’a fait dans le sang et la violence.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°146 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Astérix – Tome 06 – Astérix et Cléopâtre : René Goscinny et Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 06 – Astérix et Cléopâtre

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1966)

Résumé :
Jules César nargue Cléopâtre : les Romains construisent des temples et des forums magnifiques alors que les Égyptiens ne construisent plus rien depuis les pyramides.

Vexée, Cléopâtre charge son architecte Numérobis de bâtir un palais pour César en trois mois.

Pour Numérobis, sa seule chance de venir au bout de cette tâche malgré l’obstruction des Romains est de demander l’aide de son vieil ami Panoramix.

Le druide part donc pour l’Égypte lui prêter main-forte, accompagné d’Astérix et Obélix.

Critique :
Quand on relit ses classiques, autant se faire plaisir et aller piocher dans l’excellence, dans la crème de la crème, dans le caviar du haut de la boite.

Les superlatifs sont manquants pour cet album qui emmène nos gaulois au pays des pyramides.

Par contre, depuis un certains film, je dois faire le vide dans mon esprit pour ne pas voir les acteurs ou entendre les répliques du film lorsque je relis la version bédé.

Ma version est avec l’ancienne couverture, celle qui possède les inscriptions concernant tout le matériel qu’il a fallu pour dessiner cette grande aventure.

D’ailleurs, en passant sur le Net, on remarquera une ressemblance entre la couverture de l’album et celle de l’affiche du film avec Elizabeth Taylor et Richard Burton, ce film qui dure 4 heures et qui coûta la peau des fesses, des couilles, ainsi que les yeux de la tête, plus quelques reins (un des films les plus chers de tous les temps, qui mit son studio au bord de la faillite).

À l’époque, du haut de mes 10 ans, je ne le savais pas, malgré tout, cet album me faisait rire et des années après (je ne vous dirai pas combien, na !), il me fait toujours rire car il est tout simplement excellent.

Les jeux de mots sont légions (romaines), les références à notre société aussi (Canal de Suez, les entreprises de construction qui ont du retard), les situations sont cocasses, drôles, hilarantes et on se dit que du haut de ces pyramides, il n’y a pas que vingt siècles qui nous contemplent, mais aussi tout l’humour et le savoir-faire de Goscinny.

Astérix : — Et si un jour vous avez envie de construire autre chose en Egypte, un canal entre la Mer Rouge et la Méditerranée, par exemple… Eh bien, faites appel à quelqu’un de chez nous, par Toutatis !…

Si Numerobis avait été bruxellois, on l’aurait traité de schieven architek (« architecte de guingois », l’insulte décernée par les habitants des Marolles à l’architecte Joseph Poelaert qui nous fit un colossal Palais de Justice, le plus grand du monde, et qui délogea tous ces petites gens de leur quartier) car ses constructions sont vraiment… comment dire ? De travers !

Heureusement que notre architecte de travers et en retard peut compter sur la présence de trois gaulois célèbres. Quatre, si on compte Idéfix. Oui, il compte autant que le druide Panoramix !

Cet album est un album pivot. Ceux qui l’ont précédé étaient très bons, je n’en disconviens pas, mais avec celui-ci, on a franchi (non pas un rubicond) un palier, un seuil, une frontière tant cet album est exceptionnel en tout.

Le problème qui se pose, maintenant, c’est que lorsque je relis l’album, je revois les pitreries de Jamel et celles de Gérard Darmon et je suis toujours étonnée de ne pas y trouver les répliques du film… Et lorsque je vis le film pour la première fois, j’étais étonnée de ne pas y voir toutes les répliques du livre.

Anybref, chez Cléopâtre est un album magnifique, puissant, énorme, magnifique (je l’ai déjà dit ??), exceptionnel (un dico des synonymes, merci) en tout. D’autres l’égalent niveau jeux de mots, mais niveau dépaysement et aventures, avec un voyage en Égypte, on mettait la barre très haute.

Lorsque vous regarderez le sphinx, pensez à Obélix et lorsque vous penserez à Cléopâtre, souvenez-vous de son nez. La déesse Amora (déesse gauloise bien connue) lui montait souvent au nez, nez qu’elle avait remarquable et que l’on dit que s’il eut été plus court, la face du monde en aurait été changée.

Indémodable cet album !

Centurion : Hmm… Ça n’a pas marché… Eh bien, nous attaquerons de tous les côtés à la fois… Déployez-vous !
Légionnaire 1 : Mais on vient de se replier !
Légionnaire 2 : Déployés, on va se faire égorger !
Légionnaire 3 : Égorge, déployé !
Légionnaire 4 : Encore un jeu de mots comme ça, par Jupiter, et je déserte !!!

Numérobis : Tous ces soucis me font tourner le sang ! Les crocodiles vont me trouver immangeable !
Astérix : Tant mieux ! Vous tenez tant que ça à faire un bon repas ?
Numérobis : Mais ce sont des crocodiles sacrés ! On ne peut pas leur donner n’importe quoi à manger !
Obélix : Ils sont fous ces Égyptiens !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°145.

Elfes – Tome 24 – Le Bagne de Komoorth : Eric Corbeyran et Bojan Vukic

Titre : Elfes – Tome 24 – Le Bagne de Komoorth

Scénariste : Eric Corbeyran
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil (17/04/2019)

Résumé :
Nawel a traduit l’antique grimoire relatant l’histoire de Haarn’al, le premier semi-elfe. Il est temps d’en savoir plus et de se plonger dans l’histoire de celui par qui le rapprochement et la dissension sont arrivés.

Chaque jour, sur un archipel perdu appelé Le Roc, l’ancêtre sacré des semi-elfes reçoit la visite de dizaines de curieux impatients de voir de leurs propres yeux le premier bâtard d’une espèce bâtarde dont l’innombrable descendance peinait à trouver sa place au sein d’un monde qui ne voulait pas d’elle.

Les mains d’Haarn’al possédaient en outre un pouvoir. Elles étaient capables de chasser tous les maux…

Critique :
Si dans la saga des Nains, j’ai un faible pour la caste des Errants, dans celle des Elfes j’ai toujours eu de l’affection pour les semis-elfes qui, tout comme les métisses, appartiennent à deux cultures mais sont rejetés par les deux.

Le cul entre deux chaises, n’étant ni tout à fait des Hommes ni tout à fait des Elfes, ce peuple est réduit à une vie d’errance et de merde.

Même dans la grande saga Elfes on n’arrivait pas vraiment à les caser, chaque album pouvant être lu indépendamment des autres et on ne les a pas fait briller dans la résolution du cas de l’invasion des zombies.

Des laissés-pour-comptes à tous les étages, je vous le dis !

Mais quand on est au fond du trou, la seule solution qui reste, c’est de remonter (ou alors de se laisser mourir) et on peut dire que nos semi-elfes vont faire une remontada digne d’un Napoléon revenant de son exil, avec la rage aux dents. Faudra juste éviter la morne plaine de Waterloo…

Dommage que cet album ne possédait pas plus de planches car il aurait mérité un traitement plus approfondi que ce qu’il a eu.

Le dilemme est là : en soi, l’histoire aurait été plus courte si le scénariste n’avait pas développé les histoires de deux des personnages principaux : Tein-Nooh et Oranth’al, la soeur ancienne gladiatrice dans une arène et le frangin ancien guerrier-moine défroqué.

Leurs enfances fut misérable, Dickens n’était pas loin, Hugo non plus. Heureusement que leur père littéraire les a dotés d’un caractère en acier trempé et d’une science du combat (qu’on leur a appris).

Problème, lorsqu’on raconte ses histoires personnelles, l’Histoire centrale, elle, s’en trouve réduite. Ou alors, faut faire un ajout d’une dizaine de planches et faire grossir l’album.

Développer les récits de nos deux Mad Max était une excellente chose, mais j’aurais aimé en savoir plus sur celle du bagne de Komoorth, où l’on vous emprisonne pour un rien et surtout parce que vous êtes un semi-elfe… Vous voyez le parallèle avec notre Histoire à nous ?

Autre parallèle avec les moines guerriers qui combattent l’injustice mais qui eux-mêmes sont injustes… On connaît ça aussi.

Vraiment dommage que l’album n’ait pas été plus long car il y avait matière à faire plus, à pousser un peu plus loin la réflexion car les semis-elfes méritent mieux que des histoires sans réel fil conducteur.

Dans la saga des Nains, la caste des Errants est jusqu’à présent très poussée, très profonde, bourrée d’émotions en tout genre et les semis-elfes auraient mérité le même traitement car ils sont pareils que les Errants.

Malgré tout, les auteurs ont réussi à transformer la donne et à donner un Nouvel Espoir à nos semis-elfes, ceux qui ont été toute leur vie le cul entre deux chaises…

À voir dans le prochain tome quelle direction nos auteurs vont donner à nos Elfes à moitié.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se fermer ♪ (ou s’ouvrir).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°144.

Nains – Tome 16 – Tala de la Forge : Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 16 – Tala de la Forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil (23/10/2019)

Résumé :
Tala est une soeur de la loge de Vaha. Depuis la nuit des temps, sa loge protège les terres d’Arran en conservant en sa citadelle les runes oubliées des nains, qui autrefois menèrent le monde au bord de sa destruction.

La guerrière rentre d’un périple de plusieurs lunes qui l’a menée jusqu’à la cité d’Ardërum-Draz, à la recherche de la rune divine d’Immortalité.

Des cinq soeurs qui sont parties, seule Eti et elle ont survécu. Car ce qu’elles avaient oublié, c’est que tout trésor a son gardien.

Critique :
J’adore lorsque Nicolas Jarry met en scène des bavettes, dans la saga Nains parce que bien souvent, nous sommes face à des Naines qui en ont dans le cerveau et en dans la culotte, qu’elle soit en dentelle ou non.

Petit aparté : existe-t-il une étude complète sur le types de sous-vêtements que portent les Nains et les Naines dans les Terres d’Arran ??

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à notre guerrière Tala qui porte la cartographe de leur Loge, Eti, inanimée, dans un froid de gueux et un blizzard à ne pas mettre un Yéti dehors.

Le scénariste aurait pu commencer par le commencement et nous dérouler leur périple par le commencement, mais cela n’aurait pas eu le même impact, pas eu la même saveur.

En utilisant la vieille technique des flash-back, toujours à bon escient, et toujours par petits morceaux, il nous permet ainsi de ne pas en découvrir trop dès le départ, aiguisant par là notre appétit et nous attirant avec ses petits morceaux de pain dans la trame démente de son histoire.

Démente mais cohérente, comme toujours. Une fois de plus, les Classiques sont de sorties comme l’amitié, l’envie, le pouvoir à n’importe quel prix (si un carriériste lit l’album, il avalera de travers), la vie éternelle, les complots, les magouilles, la magie noire (tiens, elle est étrangère à notre Monde, celle-là) et le sacrifice de sa vie pour autrui.

La Loge de Vaha est une loge composée uniquement de Naines, ce qui donne l’occasion à l’auteur a sortir tous les poncifs qu’un Mâle, qui se croit supérieur, peut sortir à une Naine lorsque celle-ci vit au milieu d’autres Naines… Comme dans notre société humaine.

La société des Nains est très virile, très machiste, très phallocrate et pense que la place de la femme est derrière ses fourneaux à s’occuper des chiards et que dans cette Loge de Vaha, toutes les filles se broutent le nénuphar comme si chez les guerriers Nains, on  se suçait le pieutard l’un l’autre.

Anybref, ce qui fait la force de cet album, en plus des superbes dessins de notre habitué de la saga « de la Forge », ce sont les personnages : profonds, détaillés, forts, qui marquent, bourrés de mystères et qui peuvent surprendre au moment où l’on ne s’y attend pas.

Mais aussi les guest star qui viennent montrer leur renifloir, comme Ulrog, le frère de Jorun et fils tout deux de Redwin, ZE guerrier OF THE Nains.

Ce sont aussi les classiques tels que ceux qui veulent vivre éternellement, qui veulent donner la force à leur ordre et qui, pour ça, n’hésiteront pas à tuer, mutiler, torturer, et plus, si affinités, pour arriver à leur but personnel.

C’est aussi l’Elfe Blanc qui use de magie noire et qui nous suit à la trace comme l’odeur d’une merde de chien lorsqu’on a marché dedans, les sales monstres aux grandes dents en plus…

Est-ce que Tala arrivera à comprendre ce qui lui arrive et ce qui s’est passé à un moment donné de leur quête pour cette Rune d’immortalité ? Va falloir être le détective de sa propre mémoire pour y arriver…. Mais Tala est fortiche.

Tala, c’est aussi l’amûr, l’amitié, la rage, le don de soi, les mystères, le suspense, le souffle de la grande aventure et quelques secrets dévoilés qui font lever la tête des habitués de la saga, tel un paparazzi qui flairerait le bon scoop.

Une fois de plus, un putain d’excellent album, à placer dans mes préférés, dans ceux qui m’ont fait vibrer un max et apportés une sacré dose d’émotions fortes.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°142.

 

Astérix – Tome 07 – Le Combat des chefs : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 7 – Le Combat des chefs

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : dargaud (1966)

Résumé :
Les Romains ont un plan : ils vont demander à un chef de village gallo-romain de défier, lors d’un combat des chefs, Abraracourcix. Tout ce qu’ils ont à faire est de capturer Panoramix avant le combat pour priver son chef de potion magique.

Les Romains parviennent à enlever Panoramix, mais Astérix et Obélix interviennent aussitôt. Ce dernier lance un menhir qui tombe sur le druide.

Panoramix perd la mémoire et la raison. Et c’est à ce moment-là que le chef gallo-romain Aplusbégalix arrive pour défier Abraracourcix.

Critique :
Gosse, j’adorais le combat des chefs car il était déjanté, bourré de choses folles et d’images très colorées.

Je riais comme une folle devant les druides amnésiques s’amusant avec leurs potions, avec Panoramix faisant passer un pauvre romain par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, hurlant de rire lui-même en se roulant au sol…

Je reprenais de plus belle avec toujours ce même soldat romain qu’on avait envoyé en tant qu’espion et qui sentait le poisson.

Le hibou qui l’accompagnait me faisait pisser de rire aussi. Bref, c’était une lecture bidonnante et je ne m’en suis jamais lassée.

Ça, c’était quand j’étais gosse et que je ne voyais que le premier degré de l’histoire, dont les gags très visuels et pas ce qu’il y avait derrière toute cette aventure rocambolesque.

Mon avis en tant qu’adulte ? Je me bidonne toujours devant les jeux de mots, les calembours, les druides qui ont pris un coup de menhir, le pauvre roman dans son arbre, sentant le poisson. Le côté graphique des gags me plait toujours autant.

Par contre, ce que je vois en plus, c’est la pique envers ceux qui, un jour, pactisèrent avec l’envahisseur, voulurent être plus Romains que les Romains quitte, pour cela, à faire des travaux inutiles pour prouver leur Romainitude (néologisme gratuit) et qui, mégalo jusqu’au bout des doigts, auraient bien aimé être calife à la place du calife. Heu, César à la place de César !

Si j’avais en horreur les équations, j’ai toujours gardé le personnage d’Aplusbégalix dans mes préférés, même s’il veut vivre comme les Romains, être Romain, vit comme un Romain et prendre la place d’un autre chef gaulois…

Aplusbégalix exprime bien cette cupidité humaine, lui qui voudrait, après avoir gagné le commandement du village d’Abraracourcix, régner sur l’Empire Romain.

Aplubégalix est aussi la personnification des gens qui se sentent forts devant des faibles mais qui deviennent vert de peur face à un chef gavé de potion magique.

Beaucoup d’humour dans cet album qui n’a pas pris une ride et qui nous raconte, avec talent et drôlerie, les magouilles qui peuvent y avoir pour prendre la place d’un autre, les rêves de gloire de certains qui se voient déjà en haut de l’affiche, oubliant que ceux qui y sont ne laisseront jamais leur place et le danger du lancer de menhir !

Un album où l’on démontre que la force brute n’est pas gagnante à chaque fois car il faut aussi compter avec la ruse et l’endurance…

Un album qui plaira aux plus jeunes comme aux moins jeunes, anybref, un album qui fera rire de 7 à 77 ans même si les lecteurs âgés auront des raisons en plus de rire que les plus jeunes !

— Par Jupiter !!! Que vous est-il arrivé ?
— Ben…nous avons croisé deux gaulois…
— Il faut dire qu’ils avaient un chien avec eux…
— Et deux sangliers !
— Ils étaient cinq, quoi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°140.

Elfes – Tome 23 – Le goût de la mort : Olivier Peru et Stéphane Bileau

Titre : Elfes – Tome 23 – Le goût de la mort

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stéphane Bileau

Édition : Soleil (20/03/2019)

Résumé :
Alyana a réveillé les géants qui parcouraient jadis les terres d’Arran. Ces fléaux, insaisissables malgré leur taille, détruisent tout sur leur passage.

Alyana ne reculera devant rien pour les arrêter.

Ses pouvoirs qui ne cessent de grandir la désignent comme la seule elfe capable d’un tel prodige. Mais les autres elfes Blancs ne voient pas sa puissance comme une bénédiction.

Au contraire, la jeune fille les effraie… Beaucoup la considèrent comme un monstre et sont prêts à se dresser contre elle.

Critique :
Alyana m’avait perturbé dans le tome 18 qui était fort dense et difficile à suivre à cause de tout son côté voyage onirique.

Comment rebondir 5 tomes après lorsque revient le tour des Elfes Blancs, dont notre Alyana…

J’avais quelques craintes en ouvrant cet album.

Elles étaient fondées, ces craintes, mais après ma lecture, elles se sont dissoutes.

Entre nous, pour une meilleure compréhension, je me devrais de relire tous les tomes de la saga car ce foutu tome 18 était des plus obscurs et ne s’en sortait que par la présence de l’orkelin nommé La Poisse (que j’adore).

Alyana… Son père, Fall l’Elfe blanc, était un de mes préférés. Mon chouchou.

Mes premiers pas avec sa fille, l’elfe la plus puissante de la congrégation d’êtres aux oreilles pointues avait foiré et fallait récupérer la mayonnaise avant qu’elle ne tourne encore plus.

Ce que l’auteur a fait, d’une certains manière, même si son recours aux cristaux des Elfes est perturbant puisque nous ne savons jamais s’ils sont importants ou pas. Rien n’a été définit pour ces fichus cailloux brillants sources de pouvoir.

Tiens, ça me rappelle que je n’ai pas encore regardé le dernier Avengers, le fameux Endgame, avec Thanos et ses pierres de pouvoir…

Anybref ! J’ai aimé la narration en analepse à un moment précis du récit, j’ai été trompée par certaines choses au départ (et j’aime quand on me trompe, en littérature) et c’était bien vu de la part du scénariste de monter sa narration de la sorte.

On retrouve notre orkelin préféré, La Poisse, toujours aux côtés d’Alyana, qui a bien du mal à se faire entendre des siens qui la craignent car elle a un pouvoir énorme et qui la voient comme un monstre, rien de moins.

Faire s’affronter Alyana et l’Haruspice était une brillante idée, surtout que chacun dit que c’est l’autre qui est un danger pour le monde et que même si l’éradication de l’un par l’autre foutra les Terres d’Arran dans un sacré merdier, on n’a pas le choix, il faut passer par la catastrophe horrible pour éviter une autre catastrophe horrible…

La peste et le choléra vont s’affronter et quoiqu’il arrive, on va bouffer notre pain noir.

Le scénariste est un roublard, il sait jouer avec son lecteur, avec ses perceptions, avec ses pieds et comme je vous le disais, j’adore ça ! Induire le doute, introduire le soupçon, séparer pour gouverner, tant qu’à la fin, moi-même je me demandais de quel maux, Alyana ou l’Haruspice était le moindre.

Mêlant adroitement onirisme, grosses bastons, légende des Titans, l’égoïsme de certains Elfes, leur haine des autres peuples (surtout les verts), le doute des uns, la confiance des autres, l’amour d’une mère, celui d’un père et la création d’une arme absolue dans le passé pour pouvoir l’utiliser au moment opportun, on peut dire que les auteurs ont créé une vague qui risque de fracasser bien des Mondes quand elle retombera.

Si le tome 18 n’était pas dans mes favoris, on peut dire qu’avec le scénario du 23 (et ses dessins), la saga avec l’Elfe Alyana vient de remonter dans mon estime.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°139.

Barracuda – Tome 2 – Cicatrices : Jean Dufaux & Jérémy

Titre : Barracuda– Tome 2 – Cicatrices

Scénariste : Jean Dufaux
Dessinateur : Jérémy

Édition : Dargaud (2011)

Résumé :
3 adolescents apprennent à survivre en milieu hostile. Une île infestée de pirates. Un diamant maudit.

Barracuda raconte les aventures pleines de sang et de larmes de trois adolescents au temps des pirates.

L’action se déroule sur une île : la mal nommée Puerto Blanco.

Dans ce 2ème tome, le terrifiant Morkam revient sur l’île pour tenter de se venger de Flynn, le frère de celle qu’il voulut jadis épouser à Londres, et qui l’en empêcha.

Emilio/Emilia, qui dissimule toujours sa véritable identité sexuelle, assistera à la scène… Raffy, enfin remis de ses blessures, ne rêve que de se venger de Maria.

Mais le fils du pirate Blackdog et la belle aristocrate qui vient d’épouser Ferrango, le richissime marchand d’esclaves, tombent amoureux l’un de l’autre.

Les auteurs observent, avec une acuité et une clairvoyance toutes contemporaines, la façon dont Emilio, Raffy et Maria affrontent des situations extrêmes.

Critique :
Hissez haut, mais pas trop car on va rester sur la plancher des vaches et nous ne poserons pas notre jambe de bois sur le pont du Barracuda…

Bien campé sur la terre ferme, nous allons explorer plus en profondeur nos trois personnages principaux : Raffy, le fils de Blackdog le pirate, Emilio qui est toujours travestit en femme et la belle Maria.

Trois ans se sont écoulés et bien des choses ont changé. Maria a pris du galon, Raffy ronge son frein et Emilio va être le témoin du retour d’une sale gueule en la personne de Morkam qui vient demander des comptes à son mentor, Flynn.

Nous ne sommes pas sur l’océan, ni sur le pont du Barracuda, mais croyez-moi, sur la terre ferme, on peut naviguer en eaux troubles, on peut nager dans les complots, dans le mystère, surfer sur le suspense, plonger dans les vieux secrets, s’encanailler avec un roi et batifoler aussi, parce qu’il faut bien que le corps exulte.

Pas de temps mort, des personnages qui gagnent en profondeur, en maturité, qui changent, s’élevant ou touchant le fond avant de reprendre pied, un scénario toujours intéressant et des dessins qui nous emporte loin de notre canapé ou de la grisaille.

Évidemment, on retrouve aussi du classique (tout a été écrit, quasi) mais les vieilles recettes ont été bien cuisinée et malgré des vieilles ficelles usées jusqu’à la trame (les histoires d’amûr), les auteurs nous proposent des pistes nouvelles afin de ne pas stagner dans le marigot, ce qui serait dommage vu que la saga se présente de manière intéressante jusqu’à présent.

On pourra tiquer sur les histoires d’amour cousue de fil blanc mais en apprendre plus sur le passé de Blackdog nous fera oublier quelques roucoulades et roulades intimes. Pour ce qui est de la recherche du diamant, la quête est en stand-by. La suite au prochain épisode, peut-être ?

Les dessins sont toujours de belles factures, les décors sont grandeurs natures et donnent envie d’aller boire des mojitos sur les plage de Puerto Blanco, mais faudra éviter les sales gueules tout de même.

Bon, je n’ai pas encore mis la main sur la suite, mais j’espère tout de même que nous irons respirer les embruns de la mer car nous sommes tout de même dans une série consacrée aux pirates et sans navires, ça donne l’impression qu’il manque l’invité principal, un peu comme un western sans chevaux et sans cow-boys…

PS : 3 mois que cette fiche est prête à être publiée… Ou j’ai du retard ou j’ai eu une mauvaise organisation ! PTDR

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°138.