Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (2010)

Résumé :
L’étrange docteur Henry Jekyll et Faustine Clerval, sa belle gouvernante, sont sur le départ.

En effet, étant dans l’attente de produits essentiels à ses expériences, fabriqués par l’obscure société suisse Walton, le savant se voit dans l’obligation de se déplacer lui-même pour aller les récupérer.

Si la première partie de leur voyage est l’occasion de voir le docteur Louis Brocq, un éminent confrère français, pour traiter la curieuse dermite qui se développe sur le corps du savant anglais, leur dernière étape en territoire helvétique revêt un caractère on ne peut plus ténébreux.

Effectivement, l’institut Walton, à l’écart de toute civilisation, semble avoir été abandonné, et pour cause !

Quelque chose d’énorme rode autour et en ses murs, un monstre d’une force démoniaque dont l’origine pourrait bien intéresser le scientifique Jekyll.

Critique :
Le titre m’avait fait peur car il sentait les vieux films de la Hammer où l’on faisait s’affronter tous les personnages connus et monstres de la littérature…

Même si Frankenstein n’est que le nom du créateur et pas de sa créature. L’amalgame a été fait et est resté.

Mister Hyde contre Frankenstein, ça sentait déjà bon le pop-corn et les vieilles ficelles pour faire frissonner le public dans les salles obscures de l’époque avec un scénario aussi épais qu’un spéculoos qui a trempé dans le café.

De ce que j’en ai vu pour le moment (1 tome lu), je dirais que le scénario est aussi dur qu’une couque de Dinant (elles sont super dures !) tout en étant mangeable, lui !

Mister Hyde… Tout un programme ! Le dessinateur lui a donné des traits agréables à regarder et un physique qui ferait retourner les dames dans la rue… Problème avec lui, c’est qu’il est sadique, qu’il adore tuer et que je ne voudrais pas le croiser au coin de la rue.

L’âme humaine est sombre, noire, sans espoir et les auteurs font ce qu’il faut pour nous le démonter, mais sans jamais aller dans la démesure ou la surenchère, le tout étant plutôt montré de manière subtile, mais ça ne laisse aucune place au doute.

Même le côté psychologique ne vient pas plomber le récit. Alors qu’on aurait pu avoir des dialogues soporifiques, il n’en est rien et c’est aux travers des relations entre Mister Hyde et sa gouvernante Faustine Clerval que le scénariste nous livrera ses petites réflexions.

Dans des tons sépias monochromes, le dessinateur nous offre des décors plus vrai que nature de la ville de Londres, lui donnant vie, une présence. Lorsque notre duo s’introduira dans des lieux plus angoissants, les décors d’adapteront aussi, donnant une note supplémentaire d’angoisse.

Un bon début pour cette bédé fantastico-gothique qui met en scène deux bêtes de la littérature et se termine par un cliffhanger qui donne envie de se jeter sur le tome suivant. Ça tombe bien, je ne dois pas attendre entre deux publications !

♫ Tu n’savais pas pauvre de toi
Qu’il y a du mister Hyde en moi
Hyde en moi aïe pour toi ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°167].

Mafalda – Tome 02 – Encore Mafalda : Quino

Titre : Mafalda – Tome 02 – Encore Mafalda

Scénariste : Quino
Dessinateur : Quino

Édition : Glénat (1980 – 2010)

Résumé :
La petite Mafalda nous revient ici tout aussi espiègle que dans le précédent album. Elle se pose encore et toujours tout un tas de questions sur le monde qui l’entoure, un monde en constante évolution et difficile à cerner.

Mafalda apparaît comme une sorte d’observateur extérieur à la bêtise engendrée par les autres.

Critique :
Un coup d’barre ? Mafalda et ça repart !

Il fait sombre, le temps est humide, froid, les infos ne donnent pas envie de danser la mazurka, ni le tango, alors je m’injecte une dose de Mafalda et tout va mieux.

Pourtant, dans les réflexions de Mafalda, il y a du cynisme, et que des vérités sur le monde, cela pourrait vous filer la dépression automatiquement, mais non, ça vous file un sourire béat.

Mafalda a une conscience du monde que les adultes n’ont pas, elle connaît la politique de son pays, nous parle des armes, de la surpopulation qui les guette dans 30 ans, des vacances, de l’école, de la soupe qu’elle n’aime pas, d’environnement…

Bref, cela a beau dater des années 80 (pour la France, pour l’Argentine, c’est de 64 à 73), ça ne vieillit pas même s’il faut tout de même avoir une culture générale correcte pour comprendre ce qui se cache sous les gags d’apparence innocents.

Susanita parle toujours de ses futurs enfants, ne veut rien faire à l’école et offrira à Mafalda quelques petites réflexions sur l’importance de la mode auquel Mafalda répondra par la culture, mais comme le fait se sortir sans culture ne vous envoie pas direct en prison, alors que sans vêtements, si, le gouffre est infranchissable !

La ligne est minimaliste, Quino allant au plus économe dans ses dessins, l’important étant dans les phylactères.

Mafalda, c’est toujours percutant, ça a dû faire grincer des dents à l’époque, en Argentine (pour ceux qui ont compris)… Mais pour moi, c’est un bonbon piquant qui fait du bien.

Rendez-vous avec la mort – Tome 02 – Hercule Poirot (BD) : Didier Quella-Guyot, Marek et Agatha Christie

Titre : Rendez-vous avec la mort – Tome 02 – Hercule Poirot (BD)

Scénariste : Didier Quella-Guyot
Dessinateur : Marek
Adapté de : Agatha Christie

Édition : Paquet (07/08/2019)
Édition Originale : Appointment with Death (1938)

Résumé :
Dans un chic hôtel de Jérusalem, Mrs. Boynton est réputée pour être un véritable tyran avec son entourage.

Quand le corps de la mégère est découvert sans vie sur le site de Pétra, tous ses proches deviennent des suspects potentiels. Le détective Hercule Poirot saura-t-il découvrir le coupable ?…

Cette enquête qui se déroule dans le site mythique de Pétra est inspirée du vécu de la Reine du crime, qui fut mariée à un archéologue…

Critique :
Cela faisait des années que j’avais lu « Rendez-vous avec la mort » et je me suis remis ce roman en mémoire en regardant son adaptation dans « Les petits meurtres d’Agatha Christie ».

Bien entendu, l’équipe du commissaire Swan Laurence n’est pas partie à Pétra, en Jordanie… Mais la mégère de l’adaptation télé était si criante de vérité à tel point que je l’aurais bien assassinée moi-même.

Celle de cette adaptation bédé l’est moins… Fatalement, en 60 pages, on ne sait pas prendre le temps de la rendre horriblement exécrable. Ne me demandez plus comment elle était dans le roman, ça date depuis tellement de temps…

Mon seul bémol pour cette adaptation bédé sera pour les dessins. La tête d’Hercule Poirot ne me revenait absolument pas et c’est embêtant… Moi qui adore David Suchet dans le rôle… Les couleurs étaient elles aussi mal rendues et les tons jaunes ocres étaient du plus mauvais effet, inesthétiques.

Anybref, quand la mégère avale son bouillon de 11h, il est peu de monde pour la pleurer et encore moins le lecteur. Maintenant, le tout est de savoir qui lui a fait passer le goût du pain, même si son décès semble dû à sa mauvaise santé et au périple qu’elle accomplissait avec ses deux enfants, majeurs et vaccinés, mais toujours sous la coupe de môman.

Lorsque Hercule Poirot est dans le coin, un crime est toujours commis, impossible pour lui de profiter de vacances ou d’aller quelque part sans être sollicité, lui et ses petites cellules grises. Le voici chargé de faire toute la lumière sur la mort étrange de la vieille bique.

Le fait d’avoir vu l’épisode dernièrement m’a permis de me remettre en mémoire le mobile du crime, donc, je n’aurais pas dû avoir de surprise… De suite j’ai trouvé le coupable et je ne l’ai plus lâché, jusqu’à la solution finale où Hercule m’a fait comprendre que si la série française gardait les mobiles et les entourloupes de la mère Christie intactes, elle changeait tout de même les identités et bardaf, j’étais tombée dedans à pieds joints.

Une relecture qui m’a fait du bien à la mémoire et m’a donné envie de ressortir cet Hercule Poirot de ma collection afin de le relire et de profiter du beau soleil de Pétra au lieu du temps gris et morne que nous avons pour le moment.

5/5 pour le scénario original d’Agatha Christie mais des points perdus pour les dessins que je n’ai pas vraiment appréciés au niveau de ce cher Hercule Poirot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°166].

Le Detection Club : Jean Harambat

Titre : Le Detection Club

Scénariste : Jean Harambat
Dessinateur : Jean Harambat

Édition : Dargaud (04/10/2019)

Résumé :
Une île en Cornouailles, années 1930. Le milliardaire Roderick Ghyll invite les membres du Detection Club, qui réunit les grands auteurs britanniques de l’âge d’or du roman à énigme dont les célèbres Agatha Christie et G.K. Chesterton, à se rendre dans sa vaste demeure, la villa Briarcliff.

Ils sont conviés à assister à la démonstration d’un automate, qui, une fois intégrées les données d’un problème policier, résout le crime en livrant le nom du coupable. Mais Ghyll est assassiné…

Critique :
Chouette, une bonne énigme en chambre close, sur une île et en compagnie de 7 écrivains de romans policiers appartenant au célèbre Detection Club.

Ça sent un peu le célèbre roman d’Agatha Christie : dix petits nègres, sauf qu’ici, de meurtre, nous n’en aurons qu’un seul.

Si les dessins sont assez simplistes, le tout sur fond de couleur uni, sans détails, ce qui m’a plu dans cet album, ce sont les dialogues remplis d’humour british, de petites piques, de verve…

C’est plaisant à lire, on passe un bon moment et je me suis piquée de tenter de trouver la clé de l’énigme. Si j’avais trouvé une partie, l’autre m’était restée hermétique.

Et pourtant, une fois éliminé l’impossible, ce qui restait, même improbable, était nécessairement la vérité ! Mais je ne l’ai point vue.

Cluedo grandeur nature où le colonel Moutarde pourrait être G.K Chesterton vu sa carrure et son souffle de vieillard rachitique, mais où le chandelier n’aura que peu de chance d’être l’arme du crime, cette bédé possède une ambiance so british qui ravira les amateurs de whodunit en chambre close et sur île déserte, ce qui donne un double plaisir pour un double mystère.

Si les dessins sont simplistes, les dialogues sont ciselés comme un poignard affûté dans le grand salon et les répliques fusent telles des balles d’un révolver dans le hall.

Le scénario est cuisiné aux petits oignons, a été réglé avec la bonne clé à molette, dans la véranda, ficelé avec la corde dans la bibliothèque, éclairé par un chandelier rempli des lumières de nos 7 auteurs de polars qui, dans le bureau, chercherons la solution avant que la matraque ne les assomme en leur montrant le fin mot de l’affaire, dans le jardin…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°1XX].

 

Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – Tome 1 – Blackchurch : Philippe Charlot et Xavier Fourquemin

Titre : Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom – Tome 1 – Blackchurch

Scénariste : Philippe Charlot
Dessinateur : Xavier Fourquemin

Édition : Vents d’Ouest (08/01/2020)

Résumé :
Lord Harold Alaister Cunningham Talbot, douzième du nom, est l’héritier de l’une des plus grandes familles de l’Angleterre victorienne.

Mais alors que ses nobles ascendances lui assureraient un train de vie confortable et sans effort, ce grand amateur de littérature romanesque décide de se plier à la dure loi du travail en mettant les fruits de sa prestigieuse éducation au service de la police.

Et pas n’importe où : le voilà propulsé inspecteur novice à Blackchurch, l’un des quartiers les plus mal famés de tout Londres !

En arrivant sur place, le candide Harold va découvrir un univers bigarré, peuplé d’escrocs et de fieffés forbans, où l’unique loi qui vaille est celle du silence.

Ses trop bonnes manières risquent de ne pas passer inaperçues… surtout auprès des trois jeunes femmes qui semblent tenir le quartier d’une main de fer.

Critique :
L’Angleterre victorienne, la ville de Londres, les bas-fonds, une enquête, ma foi, tout était réuni pour me tenter et me la faire acheter.

Le pitch de départ est intéressant : un jeune lord, qui ne doit pas travailler, décide tout de même d’entrer dans le monde du boulot.

Il n’ira pas dans une grande banque, mais chez les flics… Et à Blackchurch, un quartier très mal famé de Londres.

— Souviens-toi, Abi, son grand-père, le dixième du nom, avait un certain goût pour la fantaisie lui aussi.
— Oui ! De retour de la chasse au renard, il lui est arrivé de brosser lui-même son cheval… Un excentrique !

Tout ça pour suivre un livre qu’il a découvert… Et il va en découvrir des choses, ce jeune lord qui a toujours pété dans la soie et qui n’a jamais vu la misère, les miséreux, ceux qui crèvent la dalle et qui vivent dans des quartiers malfamés.

Un lord chez les pauvres gens des bas-fonds, c’est toujours drôle (l’inverse aussi) car leurs mondes sont tellement éloignés l’un de l’autre que cela donne des quiproquos amusants.

Notre lord Harold ne connait pas les codes de cette société, ceux de la sienne sont aux antipodes des leurs, il s’exprime bien, les autres pas… En plus, c’est un trouble-fête, notre jeune policier, car il veut faire régner l’ordre et la justice alors que ses collègues veulent juste se la couler douce et toucher des pots-de-vin. Pour qui il se prend, lui ?

On a du mystère avec trois femmes qui semblent diriger le quartier, des personnes inquiétantes et cagoulées qui voudraient éradiquer ce quartier malfamé où règne la prostitution, les bars clandestins, les gangs, les voleurs et autres margoulins. Bref, il y a du pain sur la planche…

Dans les dessins, je retrouve le trait de Xavier Fourquemin et hélas, les mimiques et visages des personnages du Train des Orphelins (qu’il dessinait aussi), ce qui est assez déstabilisant. Certains personnages ont des visages assez semblables et j’aurais apprécié un peu plus de finesse dans leurs traits afin de mieux les distinguer.

Ceci est plus un album qui s’adresse aux plus jeunes. On passe un bon moment de détente avec mais le scénario est assez léger, gentillet, presque. Harold est un grand naïf, très candide, qui ne réalise pas dans quel monde il vient de mettre les pieds, ni dans quel commissariat… C’est amusant et distrayant.

Dans son commissariat, les policiers sont corrompus, lâches, peureux et ne mouftent pas quand un meurtre est déclaré accident par la populace.

Par contre, j’en ai ma claque des commissaires (ou des divisionnaires) qui ne foutent rien, qui ne prennent aucune responsabilité, que ce soit dans les séries policières françaises ou dans les bédés. Dans l’album, le chef de police passe son temps à peindre comme un pied et rien d’autre ne l’intéresse. C’est lourd.

Une bédé qui ravira les plus jeunes, mais qui laissera sans doute un goût de trop peu dans la bouche d’adultes qui auraient aimé un peu plus de profondeur dans le scénario.

Je n’ai rien contre les univers où deux mondes se télescopent, ni pour les situations invraisemblables ou improbables, je suis même bonne cliente habituellement, mais j’espérais un peu plus que de l’humour potache et léger, dû aux maladresses d’un jeune Lord qui ne connait rien de cette vie-là.

Faudra que je lise la suite pour me faire une idée précise de cette nouvelle série car les dernières cases soulèvent un autre mystère en plus de ce qui se trame dans le pub du quartier et dans les hautes sphères.

À voir avec la suite, quand elle paraîtra.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°157].

Les naufragés de la Méduse : Jean-Christophe Deveney et Jean-Sébastien Bordas

Titre : Les naufragés de la Méduse

Scénariste : Jean-Christophe Deveney
Dessinateur : Jean-Sébastien Bordas

Édition : Casterman (03/06/2020)

Résumé :
En 1816, les royalistes reviennent au pouvoir. Le commandement de La Méduse est confié à un noble qui n’a pas navigué depuis vingt-cinq ans.

Le 2 juillet, la frégate échoue sur un haut fond au large du Sénégal. 170 passagers s’installent sur un radeau de fortune.

Deux semaines plus tard, le radeau est retrouvé miraculeusement avec à son bord seulement 17 survivants.

Critique :
Le récit du naufrage de la Méduse, je le connaissais, mais cela change tout lorsque c’est dessiné et qu’il y a une mise en abyme entre le naufrage de la frégate et celle de la vie de Géricault, qui, à cette époque, se noie aussi.

Les auteurs, en alternant le récit du voyage/naufrage de la Méduse et des recherches de Géricault pour son tableau ont donné une autre approche à la tragédie et ont évité de sombrer dans le glauque.

Les dessins, en aquarelles, mettent cette histoire bien en valeur : tons chauds lorsque nous sommes en mer et tons plus froids lorsque nous rejoignons Géricault. C’est donc avec les yeux grands ouverts que j’ai commencé ma lecture en découvrant les différents protagonistes : d’un côté, ceux de la Méduse et de l’autre, tous ceux et celles qui gravitaient autour de Géricault.

Les auteurs ont fait un véritable travail d’enquêteurs et Theodore Géricault aussi. Ce dernier voulait peindre de manière originale les naufragés, sortir des tableaux à connotation biblique et frapper un grand coup avec sa toile.

Le montage est lui aussi bien fait puisque l’on a quelques pages sur le voyage de la frégate et ensuite les recherches de Géricault, ses ennuis, ses amours contrariés. S’il n’avait pas de soucis d’argent et pouvait prendre son temps pour exercer son art, notre peintre avait des soucis ailleurs.

Notamment il en aura avec les survivants et témoins du naufrage : Corréard et Savigny qui ne sont pas honnêtes, l’un se mettant en scène comme un héros et l’autre trouvant une fièvre tropicale pour excuser le cannibalisme qui saisit certains des naufragés, quand d’autres mettaient en cause les Noirs qui se trouvaient sur le radeau.

Hé oui, les riches, les bourgeois, le commandant, les dirigeants, eux sont allés dans les canots et les autres, les troisième classe, sont allés s’entasser sur un radeau que l’on n’a pas hésité à rompre les amarres pour s’en débarrasser… Titanic avant l’heure.

Si vous connaissiez les erreurs qui furent commises lors du naufrage et les imbécilités faites par un commandant qui n’avait plus navigué depuis des lustres, pas de panique, cet album vous rafraîchira la mémoire et vous ravira au passage car c’est avec minutie que Géricault mène son enquête, cherche les zones d’ombres, les non-dits, les incohérences dans les différents témoignages, le peintre s’écorchant même avec quelques racistes de bas-étage au passage.

Et en prime, vous saurez tout sur cette toile célèbre, sur son peintre, sur sa réalisation, sa vie, ses amours, ses emmerdes. En prime, vous croiserez Horace Vernet et Delacroix !

Si vous ne saviez rien de rien, pas de soucis non, car après cette lecture, vous saurez tout sur le naufrage ET sur l’élaboration de ce tableau qui est maintenant célèbre. Vous pourrez briller aux repas de famille et en société. Moi-même je me suis cultivée avec délectation car la bédé est un petit bijou de mise en scène intelligente et de dessins superbes.

La folie qui saisit les naufragés sur le radeau est elle aussi bien mise en scène, faite avec réalisme, sans juger, car nous ne savons pas comment nous réagirions, perdu sur un radeau, les pieds dans l’eau salée, sans nourriture, sans eau, sans espoir et sous le soleil…

Certains ont sans doute fait des témoignages douteux afin de ne pas se mettre en cause et se faire juger par une populace toujours prompte à s’enflammer et à vilipender.

Une magnifique bédé qui alterne le récit de la frégate La Méduse avec les recherche de Géricault pour son tableau, une mise en abyme réalisée de main de maître, une biographie de Géricault sans en être une, un récit de naufrage qui tournera à l’horreur mais sans que les auteurs ne sombrent dans le voyeurisme.

Bref, un making of superbement bien fait et si on parle de naufrage, la bédé, elle, ne sombre jamais.

PS : merci à ma soeur de m’avoir offert cet album graphique pour ma Noël. C’était totalement inattendu, surprenant et une putain de bonne idée !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°156].

Murena – Tome 11 – Lemuria : Jean Dufaux et Theo

Titre : Murena – Tome 11 – Lemuria

Scénariste : Jean Dufaux
Dessinateur : Theo

Édition : Dargaud (27/11/2020)

Résumé :
A Rome, au lendemain du grand incendie de juillet 64, l’empereur Néron est en proie au doute. Lucius Murena, son ami, a disparu. Celui-ci aurait-il participé à un complot contre lui, comme certains le prétendent ?

Néron l’a cru, mais ne sait plus quoi penser. L’absence de Lucius le ronge, comme si son propre passé avait disparu, lui aussi. Lucius est entre les mains d’une femme, Lemuria, qui l’a drogué afin de faire de lui l’objet de son plaisir.

Lucius décide de la fuir, car il doit retrouver sa liberté pour se retrouver lui-même. Mais sa mémoire est incertaine. Seul Pétrone peut l’aider à renouer avec celui qu’il était. Pendant ce temps, dans les cercles du pouvoir, des proches de l’empereur fomentent une cabale.

Devenu l’homme le plus recherché de la ville, Lucius rencontre une femme étrange, surnommée  » l’Hydre « . Elle détient un terrible secret.
Un secret qu’elle ne peut partager qu’avec Néron lui-même…

Trois ans après Le Banquet, le retour très attendu d’une série devenue culte et servie par le trait classique de Theo Caneschi, digne successeur de Philippe Delaby.

Critique :
3 ans que je n’avais pas eu de nouvelles de Lucius Murena, de l’empereur Néron… Ça fait long.

Le nouveau dessinateur est toujours excellent, il a réussi à se fondre dans les chaussures de Philippe Delaby, décédé malheureusement.

Son trait s’affirme et je trouve même Néron plus sexy que dans le tome 9, dessiné encore par Delaby. Quant aux couleurs, elles sont lumineuses.

Que se passe-t-il maintenant ?Lucius, drogué, a perdu la mémoire et est devenu le jouet sexuel de Lemuria.

Chez les Romains, les hommes peuvent devenir des sex-toys, la notion de péché n’existe pas. Entre nous, Lucius donne envie de le transformer en esclave sexuel (évitez de me dénoncer sur #ElleAussi, merci).

Réjouissez-vous, mesdames, dans la bédé Murena, il n’est pas rare de tomber sur des beaux mecs avec la tcholle à l’air et Lucius sortant de l’eau en tenue d’Adam est aussi réjouissant pour les yeux féminins que Ursula Andress l’était pour les mecs, lorsqu’elle sortait de l’eau, dans son maillot (James Bond – Dr No).

Je me suis plongée dans ce nouvel album sans aller relire les précédents, et force est de constater que je m’y suis coulée avec facilité, comme si je les avais quitté le mois dernier.

Par contre, ça ne bouge pas beaucoup… On est toujours sur le schéma amour/haine entre les deux anciens copains Néron et Lucius et à la fin, ça risque de devenir redondant. Néron, grand parano, n’arrive jamais à faire confiance à son ami Lucius et le voit dans chaque complot, alors que le mec qui tire les ficelles reste invisible, même sous ses yeux.

Néron, qui ne se mouche pas du coude non plus. Ce gaillard nous rappelle qu’il est d’essence divine… Ah oui, mec, rien que ça… Et les chevilles, Néron, ça va ? Bon, on a beau être d’essence divine, il reste tout de même un type qui ne sait plus trop à qui il peut faire confiance et ça complote grave dans son dos.

Un nouvel album qui ne fait pas avancer le Schmilblick, pas beaucoup d’action pure et dure, mais des tensions (et pas que dans les slips ou sous les jupettes des Romains) latentes qui risquent d’exploser à un moment donné. Mais quand ? Nul ne le sait.

L’album est magnifiquement dessiné, les couleurs sont superbes, colorées, lumineuses, c’est un plaisir de retrouver les personnages chers à mon coeur, mais bon, ça n’avance pas beaucoup… Par contre, c’est un plaisir de revoir Lucius Murena.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°154].

Elfes – Tome 29 – Lea’saa l’elfe rouge : Jean-Luc Istin et Giovanni Lorusso

Titre : Elfes – Tome 29 – Lea’saa l’elfe rouge

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Giovanni Lorusso

Édition : Soleil (09/12/2020)

Résumé :
Par-delà les Terres d’Arran, s’étend un vaste continent, peuplé d’animaux sauvages et de peuples inconnus, des terres aussi dangereuses que fascinantes, ce sont les Terres d’Ogon.

Des elfes Rouges il ne reste plus que Lea’saa, Feda’saa et leurs deux jumeaux.

Mais le mage Belthoran leur raconte une légende kulu des Terres d’Ogon. Celle-ci évoque leurs dieux les Zul Kassaï.

Or, Zul Kassaï signifie : Immortel à la peau rouge. Lea’saa part pour les terres d’Ogon dans l’espoir que cette légende permettra aux elfes rouges de connaître une nouvelle dynastie.

Critique :
En voyant la couverture de l’album sut le Net, il m’avait semblé reconnaître la belle petite gueule d’amour de Turuk, le semi-orc qui avait ouvert la nouvelle saga « Orcs et gobelins » et bingo, c’est bien mon cul vert sexy en diable !

Ben quoi, les goûts et les couleurs, hein, ça ne se discute pas !

À propos de couleurs, les Elfes Lea’saa et Feda’saa sont Rouges à l’origine, mais sont devenus Noirs ensuite et on subit l’entraînement de tueurs à la citadelle de Slurce…

Bref, ne leur cherchez pas des poux et évitez de vous trouver sur leur chemin quand ils manient l’épée ou le poignard. Pas de bol pour leur race, ils en sont les derniers représentants, avec leurs jumeaux… Pas super super pour se multiplier.

Depuis longtemps, les Elfes Rouges ont été éradiqué des Terres d’Arran et pour retrouver des autres de sa race, Lea’saa va mener l’enquête avec Turuk, le guerrier semi-orc dans les Terres d’Ogon, à l’est de leurs terres.

Voilà que les auteurs nous la joue voyage en terres inconnues. Des terres qui ne fonctionnent pas comme celles d’Aran, où la magie n’a pas court, où les dragons ne peuvent voler et qui, à première vue, ressemble aux terres d’Afrique avec sa savane et ses animaux sauvages.

De l’action, des combats, du suspense, la découverte d’un nouveau monde avec, pour guide, non pas un Livingstone, mais une jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui n’hésite pas à titiller notre semi-Orc sur son odeur corporelle forte (faut oser, moi, j’oserais pas).

Le tout est dessiné avec maestria par Giovanni Lorusso et mis en couleurs par Nanjan, qu’on ne présente plus et qui, une fois de plus, nous offre des couleurs lumineuses qui donnent un coup de boost à notre peau pâle de l’hiver.

La savane est remplie de pièges, de chausse-trappes, de peuplades autochtones pas des plus accueillantes et va falloir faire gaffe à ses miches si on veut arriver au bout de sa quête.

Cet album se termine sur un cliffhanger et faudra attendre janvier 2021 pour poursuivre cette excellente aventure qui explore un peu plus ce monde imaginaire pour mon plus grand plaisir car les auteurs de cette saga ne stagnent pas mais innovent leurs scénarios et on avance.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°153].

Les Naufragés d’Ythaq – Tome 17 – La grotte des faces : Christophe Arleston et Adrien Floch

Titre : Les Naufragés d’Ythaq – Tome 17 – La grotte des faces

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Adrien Floch

Édition : Soleil (09/12/2020)

Résumé :
Alors que le féroce Surkun’hr s’empare de la galaxie, sur Glèbe, Granite est le dernier espoir de la Fédération. Dans la mystérieuse Grotte des Faces, elle pourrait récupérer son pouvoir et contrer la grande attaque qui s’annonce.

Guidée par un étrange chaperon aux identités multiples, elle s’enfonce dans les tunnels qui parsèment la montagne, alors que Narvath et Danaëlle peinent à la rejoindre.

Critique :
Si je me plaignais d’un tome 16 qui tournait en rond comme une grosse partie de ce nouveau cycle, je ne pourrai pas me plaindre du rythme effréné de ce tome qui clôt ce cycle, ni de son feu d’artifice final.

Oserai-je dire que cela va trop vite ? Ok, je sors…

Mes appréhensions sont vite tombées avec ce tome qui met le turbo et je dois dire que j’ai même été surprise de le voir terminer le cycle avec le retour de Surkun’hr, le bouffeur de galaxie, celui que Narvath avait réussi à contrer dans le premier cycle.

Même Calista ne fait pas de conneries, ni sa diva et ne fout pas tout en l’air, ce qui est assez rare que pour être souligné. Mieux, elle fera preuve de courage et osera avoir le bon geste.

Les dessins d’Adrien Floch sont égaux à eux-mêmes, c’est-à-dire très bien, les couleurs sont vives et les cases ne manquent pas de dynamisme.

Le rythme de l’album est vif, alternant les passages entre Granite qui arrive à la fameuse grotte des faces, aidée par son guide et de l’autre, Narvath et Danaëlle qui eux, ont bien du mal à y arriver.

Une fois de plus, c’est tous ensemble qu’ils parviendront à réussir la mission de sauver l’univers, parce que, c’est bien connu : l’union fait la force.

Ce second cycle est en-deçà du premier qui recelaient des tas de surprises et des albums avec du rythme et de l’action, tandis que ce second cycle est plus poussif, plus « je tourne en rond » et si certains tomes auraient pu être plus court, celui qui clôt la résurrection de Surkun’hr aurait pu avoir plus de pages afin de rendre le combat final plus long, plus étoffé, bref, faire durer le suspense (jamais contente !).

Mais au moins, on termine sur une bonne note et je suis soulagée de ne pas avoir tourné en rond une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°152].

Wild West – Tome 1 – Calamity Jane : Thierry Gloris et Jacques Lamontagne

Titre : Wild West – Tome 1 – Calamity Jane

Scénariste : Thierry Gloris
Dessinateur : Jacques Lamontagne

Édition : Dupuis (24/01/2020)

Résumé :
Le paysage de Monument Valley, Tsé Bii’ Ndzisgaii, comme disent les indiens navajos suffit à évoquer la Conquête de l’Ouest. À l’arrière d’une calèche, un garçonnet joue ♫ Oh Suzanna ♪ au banjo.

Mais derrière ce décor majestueux à la tranquillité trompeuse, la mort rôde pour faucher sur la route le rêve américain.

Le prologue met le lecteur au diapason du climat de violence qui règne dans l’Ouest sauvage, avec ses assassins et ses chasseurs de tête, ses proxénètes et ses prostituées.

Rien n’arrête la marche du progrès. Alors que le chemin de fer se construit, dans un territoire à feu et à sang, qu’importent les ravages et l’exploitation.

Originaire du Missouri, la famille de Martha Cannary, avant qu’elle ne devienne la célèbre Calamity Jane, avait elle aussi échoué dans sa traversée, livrant l’orpheline à elle-même.

Critique :
Ça canarde sec dans les ruelles puisqu’après Soleil, c’est au tour de Dupuis de sortir une série western réaliste qui aux antipodes de ce bon vieux Lucky Luke.

Mettez de côté la vision de Calamity Jane que Morris nous a donné car ici, nous sommes dans le réalisme et donc dans la violence, le sexe, la prostitution, le sang, les tripes, les magouilles et j’en passe.

Réaliste ne veut pas dire que ceci est la biographie officielle de Martha Cannary, future Calamity Jane !

L’auteur prend des libertés avec ce que fut la vie de Martha Cannary mais il le fait avec brio, alors, pourquoi pas puisque ce n’est pas une biographie ? Nous n’étions pas présent, de toute façon.

Ce western au dessins plus vrais que nature nous offre des personnages détaillés physiquement ainsi que des décors soit magnifiques (Nature), soit glauques (rues des villes). Mais le tout est somptueux et les couleurs ont été choisies avec soin car elles correspondent bien à l’ambiance.

Le prologue, qui commence de manière bucolique, est déstabilisant car sur le moment, je n’ai pas très bien compris où il allait s’inscrire dans l’histoire, puis, j’ai étudié les cases et j’ai supposé que la gamine avec ses couettes était Martha Cannary allant vers l’Ouest avec ses parents avant que le voyage ne tourne au drame.

Après ces deux pages d’intro qui ne sont pas restées idylliques longtemps, nous entrons de plain-pied dans une bédé à la violence omniprésente, tenant plus de la série Deadwood que de La Petite Maison Dans La Prairie. Au cas où certains n’auraient toujours pas compris…

Cette superbe bédé ne met pas qu’en scène notre future Calamity Jane qui apprend violemment que dans la vie, il y a les prédateurs et les prédatés, mais elle nous fait aussi croiser la route de James Butler Hickok chasseur de primes, dit Wild Bill, qui lui expliquera que Dieu a créé un instrument qui donne l’égalité parfaite entre les hommes et les femmes… Sans doute par l’entremise de Samuel Colt…

Ne cherchez pas la bonté humaine dans ces pages, à cet époque et en ces endroits, elle n’existe pas ou alors, elle n’est jamais désintéressée. Les hommes veulent du sexe et font parler la poudre (ils tirent leurs coups dans tous les sens du terme) et les femmes sont soit bonniches, soit prostituées.

Un excellent album western qui nous montre le far-west de manière réaliste et non pas à la mode Lucky Luke. À découvrir !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°150] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.