West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch : Christophe Bec et Michel Suro

Titre : West Legends – Tome 6 – Butch Cassidy & the wild bunch

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateur : Michel Suro

Édition : Soleil Productions (26/01/2022)

Résumé :
Le Wild Bunch de Cassidy terrorise la région depuis trop longtemps. Un avis de recherche avec une forte récompense de 3 500 $ a été posé sur la tête du malfrat, mort ou vif, ce qui attire bon nombre de chasseurs de primes.

Ce soir-là dans un relais, deux d’entre eux semblent être tombés sur une partie de la bande. Cassidy vit-il ses dernières heures ?

Critique :
Je n’avais pas aimé le film « La horde sauvage » et jamais été fan des films avec « Butch Cassidy et The Sundance Kid » (avec Paul Newman et Robert Redford), ce qui pourrait faire penser que cet album n’était pas pour moi.

Eh bien, détrompez-vous, malgré l’extrême violence de ce sixième tome, j’ai apprécié de chevaucher aux côtés de la bande de Butch Cassidy, le Wild Bunch (la horde sauvage).

Les dessins des visages sont bien fait, les décors aussi (même s’ils sont peu nombreux à être en grandes cases) et les couleurs chaleureuses.

Malgré mon évident plaisir devant cette nouvelle histoire, je ne me priverai pas pour souligner les petites choses qui auraient pu être améliorées, notamment dans le rythme de l’histoire.

On commence lentement, avec beaucoup de cases par page, beaucoup de dialogues, de détails. Très bien, c’est agréable, le scénariste prend le temps de nous immerger dans l’époque, les lieux, dans la bande et tout ce qui tourne autour (les shérifs, marshals,…), mais ensuite, une fois la course poursuite engagée, cela s’accélère et on manquera de détails sur la communauté dans la montagne.

Et quelques explications n’auraient pas été superflues. Même s’il est impossible d’expliquer pourquoi des gens peuvent tourner de la sorte (et s’y complaire), même avec un prédicateur fort à la tête de leur communauté, un chouia de modération aurait été appréciable, parce que là, ça tourne un peu trop au récit d’horreur et d’épouvante.

C’était exaltant, il y avait de l’action, du suspense, de l’adrénaline, mais une fois l’épisode terminé et le souffle retombé, on en vient à se demander s’il était nécessaire d’en arriver à cette extrémité.

Ce genre d’extrémités sont réelles, elles ont déjà eu lieu, mais bien souvent dans des circonstances bien précises et limitées dans le temps. J’ai dû mal à croire qu’autant de gens puissent continuer de telles pratiques et s’y vautrer dedans. Moi, là, je vire végan de suite.

Anybref (comme le disais une copinaute), cet album est bon, il sait tenir son lecteur (lectrice) en haleine, lui donner envie de se carapater de la montagne en hurlant après sa mère, il y a de quoi lire dans les phylactères, c’est l’aventure avec un super grand A, on a des femmes hors-la-loi qui n’ont pas froid aux yeux, de la chevauchée dynamique, mais il est à réserver à des adultes et je préciserai que certaines scènes pourraient heurter la sensibilité de certains. J’ai grimacé de dégoût, mais je n’ai pas fermé les yeux.

L’Ouest sauvage dans toute sa splendeur… violente !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°XX], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Moby Dick – Livre second (BD) : Christophe Chabouté et Herman Melville

Titre : Moby Dick – Livre second (BD)

Scénaristes : Christophe Chabouté (d’après l’oeuvre d’Herman Melville)
Dessinateur : Christophe Chabouté

Édition : Vents d’ouest (29/10/2014)

Résumé :
L’adaptation magistrale d’un classique de la littérature américaine Des campagnes de pêche de plus de trois ans, les dangers de l’océan, la chasse elle-même où, armés de simples lances et harpons à bord de légères chaloupes, les marins s’exposent aux réactions redoutables et aux assauts furieux de cachalots de plus de soixante tonnes. En plus de la chasse, le travail

harassant de remorquage, de dépeçage et de fonte du lard afin d’en extraire la précieuse huile ; souvent trois jours d’efforts continus sans le moindre repos… Les conditions de vie extrêmes de ces hommes, les dangers quotidiens où les matelots exorcisent leur peur en la muant en rage à l’encontre des cétacés qu’ils massacrent.

Rage sournoisement attisée par cette folie de vengeance aveugle et obsessionnelle du capitaine Achab envers Moby Dick, le cachalot blanc qui lui a arraché la jambe par le passé. Chabouté met sa vision personnelle et sa maîtrise du noir et blanc au service de ce classique de la littérature américaine.

Une adaptation magistrale, fidèle au récit original et à l’esprit d’Herman Melville, reflétant la frontière étroite entre l’acharnement et la folie, baignant dans le sang, l’huile et la sueur d’un navire baleinier de la fin du XIXe siècle.

Critique :
Partir sur un navire à la chasse à la baleine, ça n’a rien d’une croisière qui s’amuse, nageant dans le luxe, bouffant des mets délicats et bronzant sur le pont, les dames minaudant devant le capitaine, uniforme blanc immaculé, sans un cheveux de travers.

La chasse à la baleine, c’est sale, c’est violent, c’est barbare et les conditions de vie des marins feraient défaillir le syndicat de 5 fruits et légumes par jour.

Les marins croupissent dans l’eau sale, froide et super humide (ça, vous ne le saviez pas !). Queequeg est malade, prêt à mourir. Un cercueil pour Queequeg !

Achab, lui, tel un fanatique religieux, fait forger des harpons, les enduisant du sang de ses harponneurs et ne vit que pour sa vengeance, alors qu’en fait, Moby Dick, attaqué, n’a fait que de défendre les autre baleines, tout en se défendant lui-même. Achab étant l’agresseur, il ne faut pas se plaindre ensuite d’y avoir laissé une jambe.

Les dessins, toujours en noir et blanc, expriment bien la folie du capitaine, sa haine pour les baleines, son fanatisme et son égoïsme face aux autres qui encaissent, qui souffrent, les entraînant dans sa descente aux enfers de la vengeance aveugle.

Pourtant, Achab montrera aussi sa faiblesse, son respect pour son second, Starbuck, son désir de le nommer capitaine s’il venait à disparaître. On le pensait cruel, froid, fou et voilà qu’il nous montre un autre visage, plus humain. Pas de manichéisme, son portrait est réaliste.

Dans ce second et dernier album, Moby Dick mène la danse, se retrouve plus présente, s’impose dans les pages et le combat entre elle et Achab est titanesque, jusqu’à son acmé…

Un très bon diptyque pour celles et ceux qui voudraient découvrir le roman de Melville, sans devoir lire les 940 pages de l’édition Phébus. Moins de détails dans la version bédé, certes, mais l’essentiel se trouve dedans (et pas dans Lactel©).

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

John Tanner – Tome 1 – Le captif du peuple des Mille Lacs : Christian Perrissin et Boro Pavlovic

Titre : John Tanner – Tome 1 – Le captif du peuple des Mille Lacs

Scénariste : Christian Perrissin
Dessinateur : Boro Pavlovic

Édition : Glénat (11/09/2009)

Résumé :
1789, Nouveau Monde. John Tanner a 9 ans, il est le fils d’un pasteur fermier qui vit avec ses enfants, sa seconde épouse et deux esclaves noirs dans une petite ferme du Kentucky.

Un matin de printemps que son père est aux champs avec le frère aîné et les boys, John, qui a eu l’interdiction d’aller dehors, parvient à déjouer la surveillance de sa belle-mère et de ses sœurs, et filer en douce. Il est alors kidnappé par deux Indiens Ottawa…

Amené de force dans leur tribu, il est alors adopté par une vieille indienne qui voit en lui la réincarnation de son fils parti quelques mois plus tôt. Par la force des choses, John deviendra un membre à part entière de la tribu, puis un guerrier, et prendra part aux guerres contre les Blancs…

Critique :
La couverture avait attirée mon regard : le dessin de l’Amérindien étais superbe et je me suis laissée tenter. J’ai eu raison, d’ailleurs.

Cette bédé est le véritable récit de la vie du jeune John Tanner, sale gamin qui n’obéissait pas et qui s’est fait enlevé, à l’âge de 9 ans, par deux Indiens Ojibwe.

Le récit de sa captivité n’est pas un long fleuve tranquille.

Remplaçant un fils mort, l’épouse de Manitugeezik, son ravisseur, le considère comme son fils et l’aime, par contre, avec les autres fils, c’est compliqué, sans parler avec Manitugeezik qui, lorsqu’il a bu, a la main lourde.

Le récit prend son temps, notamment en nous montrant la vie dans cette tribu des Indiens Ojibwe : le travail des femmes, des enfants, les règles à suivre, la chasse, avant de basculer sur une autre tribu, celle des Ottawa, mais bien plus pauvre que la première.

Les dessins sont magnifiques, réalistes, détaillés et les couleurs, dans des tons assez doux, donne à l’ensemble un certain cachet, pour ne pas dire un cachet certain.

En 1789, les colons avaient déjà pris possession de beaucoup de terres, mais pas encore de toutes, comme ce fut le cas ensuite. Le scénariste nous retranscrit, au delà de ce récit de captivité horrible, tous les problèmes des Indiens, notamment l’alcool et la peur de perdre leurs terres face à l’avancée de l’Homme Blanc.

Le pauvre John ne trouve pas sa place parmi la tribu, il n’a pas été élevé comme leurs enfants, pleurniche, n’est pas aussi performant qu’eux, a du mal avec la langue.

On se dit que s’il venait, après quelques années, à retrouver les siens, il aurait à nouveau du mal à s’intégrer, étant perçu comme un étranger à la culture, après avoir séjourné dans la culture Indienne. Bref, le pauvre John serait le cul entre deux chaises, non accepté des deux côtés.

Un bel album, un superbe découverte et il me tarde de découvrir la suite.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 89 pages) et Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Le Révérend – Livre 2 – Chasse à l’homme : Lylian, Augustin Lebon et Hugo Poupelin

Titre : Le Révérend – Livre 2 – Chasse à l’homme

Scénariste : Lylian
Dessinateur : Augustin Lebon

Édition : EP – Wanted Collection (29/04/2015)

Résumé :
Affaibli par ses blessures, Angus accepte de laisser derrière lui sa vengeance et de suivre Deborah pour démarrer une nouvelle vie. Mais Cartus, le shérif, enragé par la mort de ces anciens acolytes et la trahison de Deborah, ne les laissera pas fuir si facilement…

Assisté d’une bande de mercenaires sans foi ni loi, il ne cessera sa traque qu’une fois Le Révérend six pieds sous terre…

Critique :
L’album précédent laissait les lecteurs dans un suspense insoutenable et le révérend Angus Whitecross, dans un piteux état.

Cet album va nous donner une plus grande vue d’ensemble sur la jeunesse d’Angus, sur le comment et le pourquoi il est devenu un chasseurs de primes et surtout, ce qu’il s’est réellement passé lors de l’attaque de la diligence.

Le premier album était consacré à la vengeance d’Angus, envers certains personnages, maintenant, c’est le contraire : la chasse à l’homme est ouverte et c’est Angus le gibier.

Qui dit chasse à l’homme, dit rythme endiablé. Peut-être un peu trop… Ça tire dans tous les sens et les hommes perdent leur bon sens lorsqu’il s’agit d’abattre un autre, quel qu’en soit le prix à payer (en vies humaines, bien entendu).

Hélas, si le premier album était surprenant parce qu’il ne servait pas l’histoire de vengeance comme on a l’habitude de la voir, le second nous sert une chasse à l’homme dans tout ce qu’elle a de plus classique, de plus barbare, de plus horrible, non sans vraiment aller au fond des choses, comme d’autres séries western le font.

Effectivement, Le Révérend n’est pas une série pour les enfants, mais j’ai connu des plus violentes, qui ne se gênaient pas pour y aller franco (Durango, Bouncer) dans le registre de la violence.

Les dessins sont toujours plus que réussis, les couleurs ne sont pas trop sombres, dans l’ensemble, c’est une réussite, dommage que le scénario soit trop conventionnel, même si le passé d’Angus possède une surprise.

Malgré tout, c’est une bon diptyque pour celles et ceux qui apprécient les western. Sans être exceptionnel dans le second tome, l’ensemble est des plus correct et je le conseillerais, car il fait passer un moment de lecture agréable, pleine d’adrénaline et de beaux paysages de l’Ouest.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°47], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Le Révérend – Livre 1 – Les diables déchus du Nevada : Lylian, Augustin Lebon et Hugo Poupelin

Titre : Le Révérend – Livre 1 – Les diables déchus du Nevada

Scénariste : Lylian
Dessinateur : Augustin Lebon
Coloriste : Hugo Poupelin

Édition : Emmanuel Proust Atmosphères (2012)

Résumé :
1870. États-Unis d’Amérique. Angus Whitecross, chasseur de primes, est une vraie légende de l’Ouest. Connu sous le nom du Révérend, comment est-il devenu ce tueur implacable ?

Quel traumatisme cache-t-il lors de son retour dans le petit village du Nevada qui l’a vu naître ? Et où il va semer la désolation ? Quelle vengance l’anime ?

Critique :
♫ Des cavaliers masqués, qui surgissent hors désert, courent vers la diligence au galop ♪ (le tout sur l’air de Zorro).

Désert du Névada, 1870, une diligence file vers la petite ville d’Eureka, lorsqu’une attaque par des bandits masqués a lieu…

Flash-back… Un beau jeune homme se réveille après ce cauchemar, ce souvenir enfoui au fond de sa mémoire.

Mais que vient donc foutre un révérend dans la petite ville corrompue par le vice qu’est Eureka ??

Angus Whitecross, bel homme de Dieu, possède deux guns avec des croix chrétiennes dessus. Ceux vus dans la diligence, en 1870… On ne sait toujours pas ce que cet homme vient faire, ce qu’il chercher, mais on a déjà envie de se confesser !

Voilà un western comme je les aime : un scénario qui respecte les codes du genre, une petite ville remplie de vice, de femmes à la cuisse légère, de salon mal famé, de chevaux fatigués et de révolvers prêts à cracher la poudre et les balles.

Alors oui, le scénario est connu, la vengeance est vieille comme le monde. Le but est donc de monter ce vieux récit autrement, de surprendre les lecteurs, de les saisir à vif et de leur donner envie de lire la suite.

Pari réussi ! La soupe est cuisinée dans une autre casserole et fut succulente, parce que je n’ai rien vu venir.

Les dessins sont réalistes, agréables pour les yeux, les couleurs sont lumineuses, sombres lorsqu’il le faut. Un bel album, autant du point de vue graphique qui restitue bien les ambiances du western, qu’au point de vue du scénario, qui, tout en respectant les codes, tout en servant un scénario connu, arrive à surprendre les lecteurs.

Je suis contente de posséder le second tome, afin de mettre fin à cet horrible suspense sur le final (celles et ceux qui l’ont lu à sa sortie ont dû attendre 3 ans avant de pouvoir lire le second et dernier tome, les pauvres).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°45], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

 

Moby Dick – Livre premier (BD) : Christophe Chabouté et Herman Melville

Titre : Moby Dick – Livre premier (BD)

Scénariste : Christophe Chabouté (d’après l’œuvre d’Herman Melville)
Dessinateur : Christophe Chabouté

Édition : Vents d’Ouest (2014)

Résumé :
L’adaptation magistrale d’un classique de la littérature américaine Des campagnes de pêche de plus de trois ans, les dangers de l’océan, la chasse elle-même où, armés de simples lances et harpons à bord de légères chaloupes, les marins s’exposent aux réactions redoutables et aux assauts furieux de cachalots de plus de soixante tonnes.

En plus de la chasse, le travail harassant de remorquage, de dépeçage et de fonte du lard afin d’en extraire la précieuse huile ; souvent trois jours d’efforts continus sans le moindre repos…

Les conditions de vie extrêmes de ces hommes, les dangers quotidiens où les matelots exorcisent leur peur en la muant en rage à l’encontre des cétacés qu’ils massacrent.

Rage sournoisement attisée par cette folie de vengeance aveugle et obsessionnelle du capitaine Achab envers Moby Dick, le cachalot blanc qui lui a arraché la jambe par le passé.

Chabouté met sa vision personnelle et sa maîtrise du noir et blanc au service de ce classique de la littérature américaine. Une adaptation magistrale, fidèle au récit original et à l’esprit d’Herman Melville, reflétant la frontière étroite entre l’acharnement et la folie, baignant dans le sang, l’huile et la sueur d’un navire baleinier de la fin du XIXe siècle.

Critique :
La pêche n’a jamais été mon sport favori. Et pour le fruit, je lui préfère la nectarine.

Alors, qu’est-ce que je suis allée foutre dans cette galère, montant sur le pont du Pequod, en compagnie de Queequeg, un harponneur un peu sauvage ?

L’envie de me plonger en entier dans le fameux Moby Dick, de Herman Melville, tout simplement.

Attention, je précise que je suis contre la chasse aux baleines, dauphins et autres mammifères marins. Faut préciser pour les p’tits esprits, pour les grands esprits, pas besoin, ils le savent.

Dans des tons noirs et blancs, avec les premiers cases dont les fonds étaient noirs comme de l’encre, cette adaptation rend bien l’univers du roman, notamment en ce qui concerne la folie vengeresse du capitaine Achab, véritable fou du harpon, rêvant de le planter dans la baleine blanche afin de se venger.

Cela lui fera-t-il repousser sa jambe ? Non, absolument pas… Mais il est parti en guerre malsainte (oui, on dit malsaine, mais c’est un jeu de mots) contre ce pauvre cétacé qui n’a jamais fait que de se défendre contre la mort et de défendre les siens. Merde quoi, faut-il se laisser massacrer en paix ? Baleines, révoltez-vous !

Lorsque l’on regarde Achab, haranguer le chaland, vociférer devant ses matelots, postillonnant sur eux (pas covid friendly, mais à ce moment-là, il n’y en avait pas), gesticulant, hurlant, tel un prédicateur fou appelant à la guerre contre les mécréants.

Et si d’aventure (en aventure ♫), certains n’étaient pas très chauds pour le suivre, la folie de leur capitaine se communiquera à eux, plus facilement que la peste et si après ça, il reste encore des types qui ne veulent pas faire la chasse à la vengeance stupide et aveugle, ils seront mis à l’écart par le capitaine à la jambe de bois (et à l’esprit de bois aussi).

On est avec lui ou contre lui… Starbuck n’aura plus qu’à aller s’ouvrir une chaîne de café à son retour, s’il en revient vivant.

Ce premier album m’a envoûté, subjugué, même si j’ai fait la grimace devant le dépeçage d’une baleine (on a un petit coeur ou on ne l’a pas).

Un premier tome assez fort, qui pose les bases et qui donne envie d’aller lire le suivant de suite.

PS : si le dessinateur et l’adaptateur du roman est un français, le père littéraire de Moby Dick est un américain. Puisque nous faisons le Mois Américain en solitaire (mais à plusieurs) et surtout, puisqu’il n’est pas officiel, je me permet d’ajouter cette chronique à mon bilan personnel. Na ! (petit dictateur durant 30 jours).

Le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Louisiana, la couleur du sang – Tome 2 : Léa Chrétien et Gontran Toussaint

Titre : Louisiana, la couleur du sang – Tome 2

Scénariste : Léa Chrétien
Dessinateur : Gontran Toussaint

Édition : Dargaud (22/01/2022)

Résumé :
Ce deuxième volume de la trilogie « Louisiana » poursuit la saga d’une famille de planteurs dans le sud des États-Unis au XIXe siècle.

Après le décès d’Augustin, patron tyrannique du domaine, sa veuve tente de prendre en main son destin, malgré les conflits qui l’opposent à son fils revenu d’Europe et sa fille aux idées progressistes.

Ce chapitre met de nouveau en lumière la violence d’une société dominée par les hommes sur fond de racisme symbolisé par l’esclavagisme, à la veille de la guerre de Sécession qui fera éclater ce modèle.

Critique :
1961, nous retrouvons Louise Soral, notre grand-mère, mettant en ordre des documents, avant de reprendre le fil de son récit, celui qui eut commença en 1805, dans une plantation sucrière, dans le Sud de l’Amérique.

Laurette, la mère de Joséphine, est en fait la grand-mère de Louise Soral.

Depuis le décès de son mari, Laurette pète un câble, parlant toute seule, devenant raciste (ce qu’elle n’était pas du tout avant) et oubliant que son mari s’est fait sauter le caisson.

Antoine, le frangin de Joséphine est revenu et il n’a pas changé : un buveur, un violeur, un profiteur, un mec qui pense que les autres lui appartiennent et que les esclaves sont des objets dont on peut disposer à l’envi, surtout les femmes.

Les personnages de Laurette et Joséphine ne sont plus les mêmes, elles sont bien différentes des deux personnes du premier album. Jeune, Joséphine était amie avec une jeune esclave de la plantation, maintenant, elle ne supporte pas que son fils aime une fille Noire. Ce qui, à cette époque, une telle relation (avec de l’amour et l’envie de se marier) n’était ni morale, ni légale.

Nous sommes loin des idées larges qu’avait la Joséphine du début, de sa tolérance. Elle utilise même des mots honni à notre époque (mais pas à la sienne, bien entendu).

La preuve que tout le monde change, en bien ou en mal. Par contre, l’Histoire se répète, comme toujours, puisqu’elle est un éternel recommencement. On a beau avoir eu l’envie de changer les choses, une fois adulte, une fois mariée et avec un enfant, Joséphine a relégué ses rêves, ses projets.

Quant aux hommes, ils restent les mêmes, surtout son frère et Joséphine a cette horrible impression que la malédiction familiale ne recommence.

J’étais contente que le personnage de Marie Laveau, la prêtresse vaudou, soit plus présente dans cet album. Afin d’asseoir son pouvoir, elle doit acquérir un grand savoir, notamment sur les petits secrets des hommes… C’est le prix à payer pour rester libre, elle qui cumule le fait d’être une femme et Noire de peau.

J’ai préféré cet album au premier, il est sombre, mais d’une manière différente du premier et les personnages avaient moins ce côté manichéen, limite caricatural. Certes, voir Joséphine changer à ce point n’est pas agréable, mais c’est plus conforme à son époque et au moins, elle a plus de nuances.

En prenant de l’âge, les personnages deviennent ce qu’ils n’auraient pas voulu devenir avant. Hormis Jean, le fils de Joséphine, qui, même devenu adulte, reste tolérant, veut changer de vie, épouser la fille Noire qu’il aime toujours. Vous pensez bien que môman Joséphine n’est absolument pas d’accord.

Lorsque Joséphine n’avait pas de responsabilités, il était doux de rêver et de jurer que jamais l’on ne deviendrait comme ses parents ou les autres adultes (on passe par ce moment nous-même, ado), et puis boum, une fois mise devant les responsabilités et une plantation à faire tourner, on finit par devenir comme les autres, ceux qui ricanaient devant l’égalité des races (concept de races qui n’existent pas, en plus).

Ce deuxième album fait aussi le lien entre la narratrice, notre vieille grand-mère (qui a 100 ans, alors) et Jean, le fils de Joséphine.

Les dessins sont toujours réalistes et les coloris, même dans les tons sombres, mettent bien en valeur le travail de graphisme.

Un bon deuxième album, meilleur que le premier, selon mon avis (mais qui ne vaut pas grand-chose), même si, sur la fin, Joséphine dépasse les bornes de toutes les limites… Ah la salope !

Dommage que je ne possède pas le troisième album, celui se termine sur la guerre de Sécession qui se profile et j’aimerais savoir ce qu’il va arriver aux membres restants de cette famille : Joséphine, son fils Jean, son épouse et leur petite fille, Louise…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°42], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Calvin et Hobbes – Tome 9 – On n’arrête pas le progrès ! : Bill Watterson

Titre : Calvin et Hobbes – Tome 9 – On n’arrête pas le progrès !

Scénariste : Bill Watterson
Dessinateur : Bill Watterson

Édition : Hors collection (2011)
Édition Originale :
Traduction : Laurent Duvault

Résumé :
Calvin est un petit garçon comme les autres qui adorent se raconter des histoires. Il imagine des aventures extraordinaires avec tigre en peluche, Hobbes, doué de parole.

Une création originale de Bill Watterson, qui a su séduire un large public par son inventivité, son humour et son intelligence.

Critique :
Qui c’est qui fout le bordel dans la maison ? Qui c’est qui ne veut jamais que ses parents passent une soirée tranquille au resto ? Qui c’est qui a fait monter le prix du baby-sitting ?

Ben c’est Calvin, bien entendu ! Et après avoir enfermé sa baby-sitter dehors, je pense que le prix va tripler !

Calvin & Hobbes, c’est un de mes duos préférés. Gamine, j’adorais Boule & Bill (je les aime toujours), mais ils étaient bien plus sage que le duo créé par Bill Watterson.

Non, Calvin n’est pas un gentil petit garçon, que du contraire, il est capable de rendre tout le monde chèvre par ses bêtises, ses réflexions et ses excuses pour ne pas faire ses devoirs. Son imagination est débordante, tantôt il se voit en T-Rex dans la cour de l’école, en géant, en Spiff le spationaute ou en Hyperman, un super-héros.

Bien que l’on n’ait pas envie de l’avoir comme petit frère ou comme fils, Calvin reste un personnage plus qu’attachant et ses réflexions ne sont jamais dénuées de vérité. Un philosophe en culottes courtes et au t-shirt rayé.

Quant à son tigre parlant (peluche ou pas ? Mystèèèèère), bien qu’il vendrait toute la famille pour une boîte de thon, bien qu’il s’amuse à sauter sur Calvin lorsque ce dernier rentre de l’école, il est encore plus sarcastique que son jeune ami.

Si la série ne donne jamais de dates ou de références permettant de la situer dans le temps, on peut tout de même la situer dans les années 80/90, bien avant l’apparition des téléphones portables, des smartphones, de lecteurs DVD ou autres gadgets de notre époque.

Cela lui permet avant tout de rester intemporelle et de bien vieillir. De toute façon, la critique de la société américaine, faite par l’auteur, est elle-même intemporelle.

Anybref, les albums de Calvin & Hobbes, ce sont des petits bonbons acidulés, que l’on a envie de bouffer toute la journée, mais que l’on suçote avec parcimonie, pour ne pas arriver trop vite à la fin du paquet (bah, on recommencera à relire les 24 tomes), afin de faire durer le plaisir le plus longtemps possible.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Deadwood Dick – Tome 3 – Black Hat Jack : Mauro Boselli, Stefano Andreucci et Joe R. Lansdale

Titre : Deadwood Dick – Tome 3 – Black Hat Jack

Scénariste : Mauro Boselli et Joe R. Lansdale
Dessinateur : Stefano Andreucci

Édition : Paquet (18/08/2021)
Édition Originale : Deadwood Dick, tomo 3 : Black Hat Jack (2020)
Traduction : Roma Paris London

Résumé :
27 juin 1874, seconde bataille d’Adobe Wells. Deadwood Dick, son ami Black Hat Jack et une centaine de chasseurs de bison font face à des centaines de Comanches, Cheyenne et Kiowas.

Un jour où il n’a pas été facile de conserver son scalp !

Critique :
Chevaucher aux côtés de Deadwood Dick est synonymes d’emmerdes !

Déjà, il est Noir et dans l’Ouest hyper raciste, surtout après la guerre de Sécession, c’est garantit sur facture qu’il va se faire refouler de partout.

Les autres emmerdes qui se pointent, ce sont les Comanches qui circulent dans la plaine et qui n’ont pas l’air d’y être pour se balader et prendre l’air.

Mais lorsque que des centaines de guerriers Comanches, Cheyennes et Kiowas se rassemblent et entrent sur le sentier de la guerre, ça sent le roussi pour les scalps des chasseurs de bisons.

Je me plaignais du tome 2 qui, tout en étant ultra violent, était un peu faiblard du scénario, le tome 3 a comblé mes attentes en me proposant un récit où le scénario n’était pas résumé à sa plus simple expression !

Oui, la violence est omni présente, on ne se bat pas contre des Indiens en la jouant Bisounours, eux-mêmes n’étant pas des enfants de cœur. Avec le recul, on les comprend, ils étaient chez eux, tout compte fait, comme nous le dira, avec philosophie, le copain de Deadwood, Black Hat Jack.

L’auteur n’a pas fait l’erreur de rendre Deadwood Dick solidaires des Indiens, même s’il comprend lui aussi leur rage, il ne va pas se transformer en défenseur de ce peuple, ce serait un peu anachronique et ne donnerait rien d’intéressant point de vue scénaristique.

Il n’a pas la haine des Rouges comme les autres, mais quand il faut se défendre, il n’hésite pas à flinguer, à y aller franco et à risquer ses fesses pour sauver deux pauvres cow-boys solitaires, loin de chez eux. Ah non, un seul, l’autre est déjà mort, tué par les Indiens en colère.

Les Indiens, eux, ne comprennent pas toujours comment ce soldat, Noir, victime des Blancs comme eux (et tout son peuple aussi), peut défendre leur cause et se battre à leur côté. Deadwood est seul, être ami avec un Blanc est mal vu, avec un autre Noir, c’est double emmerdes assurées, alors, faire copains avec les Indiens, ce serait un suicide. Deadwood a choisi son camp.

La saga de Deadwood Dick, c’est du super bon western, violent, bourré de racisme des Blancs (ce qui était la norme à l’époque, ne pas en tenir compte serait débile), mais au moins, il sait se défendre, il a de la répartie, que ce soit avec sa langue ou avec ses colts (et si un Blanc voyait la taille de son tich, il en tomberait à la renverse, sauf sans doute un certain Rocco Sifredi).

Voilà du western comme je les aime : de la violence (non, j’en suis pas fière) et des scénarios qui tiennent la route, qui sont travaillés, même si on sent, dessous, le côté pulp ou dîme novel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°40], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.

Horseback – 01 – 1861 : Hasteda et Nikho

Titre : Horseback 01 – 1861

Scénariste : Hasteda
Dessinateur : Nikho

Édition : Ankama – Label 619 (11/09/2020)

Résumé :
États unifiés d’Amérique, 1861. Après le Texas et l’Oklahoma, c’est le Kansas qui devient le 34e État de l’Union. Après une décennie de Guerres indiennes, l’assassinat d’Abraham Lincoln, la réélection houleuse du Président Richard L. Clarks et sa politique d’expansion agressive, le spectre d’un conflit fratricide n’a jamais été aussi présent.

L’opposition naturelle entre les États Nordistes et Sudistes semble s’être déplacée. C’est l’Union entière qui s’apprête à envahir les territoires de l’Ouest.

Dans le tumulte ambiant, une société de convoyage tire avantage des difficultés de liaison entre les deux blocs. Non loin de Topeka, la capitale du Kansas, la Randall Delivery s’est installée dans le fort abandonné de Hill Haven. Redford J. Randall, son propriétaire, ancien chasseur de primes renommé mais retraité, va accepter un contrat qui risque de changer le destin du pays tout entier.

C’est toute son équipe qui se retrouve empêtrée dans une sordide affaire de génocide indien…

Critique :
Le western, c’est mon péché mignon, alors, lorsque je tombe sur une bédé du genre, avec une couverture agressive et un titre accrocheur, moi, j’ai du mal à résister.

Première nouvelle, lorsque j’ouvre la bédé, c’est que nous sommes dans une uchronie : la guerre de sécession a été évitée, quant aux Indiens, ils ont fait front commun (syndical?) et se retrouvent en guerre contre les colons.

Première impression : putain, les dessins, beurk ! Ok, je simplifie à outrance, mais sérieusement, WTF ? Les traits des visages sont grossiers, fort peu détaillés, et dans certains cases où l’action sera omniprésente, j’aurai même du mal à reconnaître les personnages, à savoir qui se fait tirer dessus, qui s’est fait descendre de l’équipe de Randall.

Leq chevaux sont moches, les harnachements ne ressemblent à rien, que ce soit pour les chevaux montés ou les attelés (là, on dépasse toutes les bêtises du monde, aucun cheval ne saura tirer un chariot harnaché de la sorte).

Les couleurs, c’est encore pire, elles sont moches, tirent sur tous les tons, sont criardes et pas vraiment un plaisir visuel.

Le scénario est un peu brouillon, mais au moins, j’ai réussi à comprendre qu’il y avait une grosse embrouille dans le chargement que notre bande hétéroclite doit convoyer. Comment la bande s’est rencontrée, nous le saurons durant un interlude, le tout sous forme de texte, comme dans un roman.

Le final n’est pas si mal que ça, il y a de l’action, des magouilles, du gore, de la bonne vieille vilenie humaine et cette envie de massacrer les gens qui dérangent, qui gênent, bref, de faire un petit génocide.

Heureusement que de temps en temps, les méchants se font fracasser la gueule…

Pas une bédé qui me marquera l’esprit, hormis pour ses dessins que je n’ai pas aimé (et mes yeux encore moins) !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°37], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain (Non officiel) – Septembre 2022.